J'ai rencontré
Swami Pranavananda à Madras l'an passé, et comme tu le dis, il est vraiment sympa et rigolo, pour peu qu'on l'aborde naturellement, sans mettre en avant qu'on l'a vu à la télé, car c'est une personne simple et chaleureuse.
En plus il est bien de chez nous, ô habitant de l'Île Singulière, puisque que Christian Fabre (c'est son nom) est originaire de Béziers et a gardé l'accent du Sud-Ouest.
Cela dit, il est loin d'être un rigolo. Sa société,
Fashion International, qui travaille avec les plus grands couturiers parisiens, permet à des centaines de familles des Kolly Hills de vivre mieux, en même temps qu'elle est l'un des plus gros contribuables du Tamil Nadu.
Il faut aussi rappeller que l'enrichissement n'est pas une faute pour les hindous: il suffit de regarder leurs dieux bien portants et ventripotents, en particulier Ganesh, qui lève les obstacles en affaires, ou Lakshmi, déesse de l'abondance. On peut donc être un homme d'affaires et un
sannyasin (un renonçant), chose impensable dans le christianisme. C'est d'ailleurs cette qualité de
swami qui lui ouvre bien des portes en
Inde, en même temps qu'elle impressionne ses partenaires occidentaux.
Pour ce qui est de sa
people-isation, cela est tout à fait juste: en plus de sa médiatisation,
Swami Pranavananda fait partie intégrante du
Who's Who de Madras et on le retrouve dans bien des receptions, cocktails, inaugurations, remises de décorations...
Mais n'est il pas normal que les médias s'intéressent à un être aussi surprenant?
[Dans cette discussion, j'ai laissé quelques liens relatifs au swami français:
voyageforum.com/...du_en_juin_D1019372/
]
J'aurais tout de même aimé que l'on montrât dans l'émission au moins un autre exemple de Français s'illustrant en
Inde, par exemple dans le domaine de l'humanitaire, car s'il est juste de montrer la
Shining India (l'
Inde qui brille), dont les Français, encore victimes de préjugés quart-mondistes, n'ont pas beaucoup entendu parler, il était dommage de n'évoquer l'
Inde qui souffre qu'à travers quelques brêves allusions: un bébé décharné dans les bras de Lady Mountbatten des mourants dans les mouroirs de Mère Thérésa une évocation de la pauvreté de 30 secondes dans la bouche de Stéphane
Bern
La séquence sur la pollution du Gange venait donner une touche plus grave à l'ensemble, mais il est vrai que maintenant, l'écologie, c'est
très tendance...
La partie consacrée à Bollywood était intéressante de par son originalité: enfin, l'on cesse de nous montrer l'éternelle Aishawarya Raï, remplacée en l'occurence par Priyanka Chopra (autre ex Miss Monde), beaucoup moins connue en Occident, mais beaucoup plus représentative, car plébiscitée par le public bollywoodien. C'est en effet la star féminine la plus téléchargée sur Internet. D'autre part,
Bern, qui ne connait rien à Bollywood, a fait preuve de prudence et de retenue: il s'est gardé de tout jugement moral ou esthétique, se bornant à donner des chiffres et à évoquer une occidentalisation récente des films qu'il appelle "ouverture".
Les séquences historiques m'ont paru constituer un bon rappel bien résumé mais j'aurais préféré que
Pondichéry ne soit pas seulement cantonnée à ces images d'archives datant de la cession du territoire à l'
Inde, et apparaisse aussi dans les séquences plus actuelles.
Pour finir, cela m'a fait plaisir de voir la vieille maharani Ayesha, mythe vivant, encore pleine d'allure malgré son grand âge.