Bonjour ŕ tous
Tout juste de retour d’un séjour de deux semaines en
Ouzbékistan, nous avons envie d’alimenter ce forum en remerciement des informations reçues aussi pour nos voyages antérieurs, et surtout pour vous donner envie de découvrir ce pays extraordinaire en individuel. Car les choses bougent, et il n’a jamais été aussi facile et accessible de s’y rendre et de découvrir les lieux mythiques. Le moment est vraiment propice pour découvrir un pays dans lequel le tourisme ne joue pas (encore) un rôle prépondérant, et oů rčgne un accueil et une gentillesse rarement rencontrés et vraiment touchants. Nous sommes revenus ravis de ce voyage qui s'est passé en toute sérénité.
Quelques éléments pratiques :
Une politique trčs récente d’ouverture au tourisme a aboli plusieurs obstacles qui ont auparavant alourdi le voyage en individuel
- - Il existe maintenant la possibilité d’un e-visa, avec un coűt réduit. Cela ne marche pas encore ŕ tous les coups (version beta) mais 20 $ plutôt que 60 $ sans besoin de passer par l’ambassade, c’est appréciable.
- - Plus besoin de déclarer le détail des espčces apportés lors de l’entrée dans le pays (dans la limite de 2000 US$ / personne), ni lors de la sortie.
- - Plus besoin de montrer lors de la sortie du territoire les ‘registration cards’ que chaque hôtel vous remet avec soin lors de la sortie du pays (avant, on faisait apparemment le compte de toutes les nuits pour restreindre l’hébergement chez les particuliers).
- - Les touristes peuvent maintenant acheter librement une carte SIM (pratique pour internet et appels)
- - L’infrastructure hôteličre est en train de s’élargir avec une offre de qualité : nous avons plusieurs fois logés dans les hôtels ou plutôt guesthouses ouverts depuis moins de 6 mois
- - Et last but certainement pas least, surprise trčs agréable : suite ŕ une libéralisation de la politique monétaire intervenue cette année, le taux officiel du soum a été largement divisé par deux. Cela veut dire que par un coup de baguette magique, tout est devenu deux fois moins cher, dans un pays qui ne l’était déjŕ pas tant que ça, et que le marché noir n’a plus de raison d’ętre. 1 Euro vaut maintenant dans les 9 000 soums (oui, on devient vite millionnaire..) Pour vous donner une idée : ŕ 4, nous n’avons pratiquement jamais mangé pour plus de 200 000 soums, soit 22 – 23 Euros, et parfois bien moins que cela. Le budget global s’est élevé en gros ŕ 250 € / personne / semaine tout inclus (y compris l’achat de beaux souvenirs), en logeant dans des B&B ou guesthouse avec sdb privatif et air conditionné.
Question température : nous sommes partis dans la deuxičme moitié d’aoűt et avons assisté ŕ une baisse de températures de 35-39 °C au début du voyage, ŕ 25 – 32 °C vers la fin. Donc tout ŕ fait gérable. Mais le mois de juin / juillet ont dű ętre terribles cette année, avec des températures dépassant le 45 °C. Clairement ŕ éviter.
Notre trajet effectué sur 2 semaines:
Tachkent, puis vol pour
Nukus (ŕ l’ouest du pays), et ŕ partir de ce point, retour par la route étape par étape vers
Tachkent, en passant par
Khiva, Bouchara, Boysun, et
Samarkand.
Comme sur 15 jours, il fallait faire des choix, nous avons fait l’impasse sur la partie
Mer d’Aral (Moynok) et sur la
vallée de la Ferghana, qui doit ętre trčs différente du reste du pays, et certainement aussi intéressants.
Mais nous avons inclus Boysun, un gros bourg au sud du pays, proche de la frontičre afghan. Il ne nous a pas apparu trčs clairement pourquoi cette région a été déclarée patrimoine (immatériel) Unesco, mais nous avons beaucoup apprécié les paysages montagneux aprčs tant de kilomčtes avalés sur le plat, et aussi le fait d’ętre vraiment ŕ l’écart de toutes les routes touristiques, et encore plus en contact direct avec la population.
Pour les déplacements : L’essentiel s’est fait par ‘taxi’ (voiture avec chauffeur) qu’on peut facilement trouver partout, via les hôtels par exemple. Les prix sont négociables, en douceur.
A avoir en tęte : c’est un pays assez étendu, trčs majoritairement plat et désertique (type steppe). Les déplacements entre villes peuvent donc ętre un peu longs, pe. 450 km, soit bien 6 heures de route. Cependant, alors męme que nous avons fait pas mal de déplacement, cela ne nous a pas posé de problčme. Il faut juste faire attention ŕ la taille de la voiture et surtout du coffre (les voitures roulent au gaz et le coffre est donc réduit).
Les routes sont dans un état variable, mais beaucoup de travaux sont en cours pour les améliorer ou pour créer de sortes d’ « auto-routes ». Les ouzbeks sont ŕ notre avis de bons chauffeurs, sachant manier nids de poule et routes parfois imprévisibles avec beaucoup de calme, et nous n’avons pas vu d’accidents sur la route.
Nous avons pris le train uniquement pour le trajet
Samarkand –
Tachkent (prévoir le billet de train en avance, ces trains sont souvent complets), et comme indiqué, un vol pour le trajet au début :
Tachkent –
Nukus.
Pour les réservations des B&B / guesthouses / hôtels, nous n’avons que peu prévu par avance. Mais tout est trčs simple via booking ou autres plateformes : on peut réserver sans męme avoir ŕ indiquer la carte de crédit. Si vous souhaitez toutefois d’avoir un meilleur tarif et/ ou faire profiter les locaux plutôt que booking, n’hésitez pas ŕ appeler l’établissement de votre choix pour réserver en direct.
Tous nos logements étaient ŕ minima corrects, plus souvent bons ou trčs bons, avec un gros coup de cśur pour un boutique hotel ŕ
Samarkand, situé dans la vielle ville, dans une vielle bâtisse traditionnelle, et offrant un accueil particuličrement attentif.
Pour conclure, quelques faits marquants pour nous :
- - La curiosité trčs bienveillante et la trčs grande gentillesse des ouzbeks, ainsi que leur calme – tout semble posé, męme dans les bazar. Pas de mendicité, ni sollicitations insistantes.
- - Le fait de bouger dans un pays qui semble (encore) écarté de la mondialisation : les écrans de toute sorte jouent un rôle minime, aucun Hamburger McDo ou autre ŕ l’horizon, les gens préfčrent faire leurs courses au bazar plutôt que dans les (trčs rares) supermarchés, les habits sont souvent traditionnels sans ętre folkloriques... au sujet des habits d’ailleurs, les ouzbeks y consacrent beaucoup d’attention, et tendent ŕ ętre ‘bien habillés’ en toute circonstance (ce qui peut trancher avec le côté plus négligé des touristes, ŕ l’exception des italiens, toujours impressionnants d’élégance...)
- - Au sujet du tourisme d’ailleurs, beaucoup de tourisme intérieur au pays, et aussi pas mal de touristes d’autres pays d’Asie Centrale (ce qui pour notre regard inexpérimenté fait tout aussi ‘couleur locale’), pas mal de coréens et quelques japonais aussi... le côté ‘asiatique’ est bien présent.
- - Bien sűr, l’incroyable beauté des monuments dans les villes mythiques, parfois ŕ couper le souffle. Un diner au restaurant la terrasse ŕ Khiva au coucher du soleil fait partie de grands moments magiques de ce voyage
- - Mais aussi le fait d’une remodélisation ŕ outrance des villes, qui tendent ŕ détruire les veilles maisons pour construire du tout moderne, ou qui cachent les parties anciennes derričre des murailles pour qu’elles soient moins visibles pour les touristes qui suivent du coup un parcours presque balisé. Cela est poussé ŕ l’outrance dans la ville de Chakrizabh, ville de naissance de Tamerlan.
Un dernier conseil: ŕ défaut d’apprendre l’ouzbek, apprenez un tout petit peu de russe... nous ne l’avons pas fait et l’avons vraiment regretté !
Avec plaisir pour répondre ŕ des questions.
ninouz
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