Ainsi les employeurs en règle générale préfèrent un russophone à un lusophone ?
Parce qu'ils n'y connaissent pas grand-chose et parce qu'ils se laissent facilement impressionner par la difficulté de la langue russe... Certains DRH devraient prendre des cours de langues autres que l'anglais

... La grammaire russe est effectivement difficile. L'alphabet ne pose pas de problèmes, ça s'apprend très vite. Mais bon nombre de personnes qui n'ont étudié que des langues latines ou germaniques se laissent impressionner par le fait de ne pas arriver à déchiffrer dès le premier jour (comme si maîtriser l'alphabet latin me permettait de parler turc ou vietnamien, ce qui n'est pas le cas!).
Le portugais est injustement méprisé, entre autres par certains employeurs qui pensent, quelle erreur! que le portugais est la langue des femmes de ménage (à moins qu'il ne s'agisse d'une société brésilienne

). Pourtant, la grammaire du portugais est plus complexe que celle de l'espagnol (système pronominal, davantage de temps verbaux). Par conséquent, si, dans la perception de certaines personnes, on associe le degré d'intelligence aux langues parlées
(langue slave = grammaire complexe = gros QI / langue latine = facile = bas niveau), cette vision est fausse. On disait la même chose de l'allemand dans l'orientation des élèves de l'enseignement secondaire: une langue à déclinaisons, c'est pour les bons élèves...

Le choix dépendra du projet professionnel, du secteur d'activité et des pays qui vous passionnent. Si vous souhaitez travailler avec le
Brésil, sachez qu'avec l'anglais, vous resterez un(e) gringo (a); que l'espagnol est pratiqué par beaucoup de Brésiliens dans les milieux d'affaires afin d'occuper des positions stratégiques dans le reste de l'Amérique Latine; mais que pour vous ouvrir des portes, il faudra vous mettre au portugais. Avec une expérience de l'espagnol, vous allez résoudre facilement les problèmes de vocabulaire, en faisant toutefois attention aux faux amis. La prononciation est également très différente, qu'il s'agisse du portugais du
Brésil ou du
Portugal et que ce soit par rapport à l'espagnol d'
Espagne ou d'Amérique Latine.
Dans le tourisme, le russe peut être un plus, mais à en juger par l'afflux récent de visiteurs brésiliens en
France, le portugais le sera aussi!
Pour ce qui est du travail avec la
Russie, beaucoup d'interlocuteurs ne parlent encore pas ou peu anglais. Les gens qui n'ont pas eu l'occasion de pratiquer l'anglais, même s'ils ont des notions scolaires, se lassent vite et là encore, la pratique du russe vous ouvrira des portes. Par rapport à démarrer en portugais, démarrer en russe sera peut-être plus ingrat; il faudra davantage de temps avant de commencer à comprendre un texte; mais par la suite, avec une bonne maîtrise de la langue étudiée, les problèmes seront un peu les mêmes: comment continuer à pratiquer pour ne pas laisser rouiller ses connaissances...