GeorgesOZ · 10 janvier 2010 à 7:33 · 5 photos 36 messages · 9 participants · 8 878 affichages | | | |  ..... C'est curieux que l'on ne se soit pas encore rencontré lors de ces nuits dans la Cité des Anges..... les as tu vu monté au ciel ces Anges chaque matin....., si, si, sur le coup des quatre heures je t'assure, crois moi on voit tout ce qu'on veut à cette heure là dans les brumes du Chao Praya au soleil levant.....
C'est vrai aussi qu'il y a des orchestres " live " de partout et souvent de bonne qualité, avec des chanteurs (euses) à la voix suave et remplie de guimauve..... mais trop bien, et nos cavalières d'un soir (ou plusieurs.....) n'en sont que plus frénétiques et sensuelles.... les nuits thailandaises ne finissent jamais..... tant mieux... !! | | | Paraît-il, Claude Chabrol en a aussi tiré un film en 1990. Quelqu’un l’a-t-il vu ? | | | DimancheJe me réveille juste avant 10 heures. Y était dans mes bras il y a encore une minute, maintenant je la laisse entre les bras de Morphée (je ne suis pas jaloux !). Je descends manger mon petit déjeuner vite fait, bien fait, remonte et vois Y prête à partir à son travail. Le dimanche ??? Elle travaille vraiment beaucoup trop ! J’en profite pour me remettre dans les plumes pour deux bonnes heures de plus.
En fin d’après-midi, après avoir travaillé un peu dans ma chambre (il faut bien que je me prépare un peu pour le travail sérieux !), je retrouve Ivan (non, il ne s’appelle ni Alfred, ni Carl !  ) qui vient d’arriver de Hong Kong. J’ai fait appel à son expertise pour m’assister pendant les deux jours et demi de travail que j’ai devant moi. Nous prenons une bière au bar de l’hôtel. Le Majestic Grande est l’un de ces nombreux hôtels tout ce qu’il y a de plus correct à Bangkok, sans être parmi les plus luxueux. Ivan est un type pas compliqué, il n’a aucun plan pour la soirée et il se fie à mon bon conseil.
Nous allons manger dans notre petit restaurant, puis nous proposons à Ivan d’aller prendre un verre à l’ABC. Il ne dit pas non ! Nous y rencontrons d’autres amies de Y, passons une fin de soirée agréable avec, comme toujours, une excellente musique « live ». Y va faire quelques parties de pool avec Ivan à l’étage. Après les histoires salaces qu’il m’a racontées sur les bons moments qu’il a passés en Ukraine, et en particulier autour (ou plutôt sur !  ) des tables de pool, j’aurais peut-être des raisons de m’inquiéter....?  Mais il n’y a pas plus décent qu’Ivan et Y est au-delà de tout soupçon ! À leur retour, Ivan me dit qu’il a eu beau faire, il n’y avait vraiment pas moyen de la laisser gagner. Hahaha ! Je la connais bien, elle est « jaï rohn », elle joue bille en tête sans jamais se donner ne serait-ce qu’un quart de seconde de réflexion. Et ce n’est pas faute de lui avoir expliqué maintes fois, en long et en large, comment mieux jouer !
Nous sommes rentrés relativement tôt à l’hôtel. J’espère enfin dormir une nuit suffisamment longue et réparatrice. Mais non, je n’arrive pas à fermer l’œil. Nous avons discuté de choses sérieuses avec Ivan (pas seulement de la façon dont on joue au pool à Kiev !). Les spéculations font rage dans mon esprit. Je suis pourchassé par tout un tas de pensées. Je vois l’aiguille avancer implacablement. Il est deux heures du matin : « il me reste 4 heures de sommeil, ce n’est pas trop mal ! ». Trois heures : «il faudrait bien que j’arrive à fermer l’œil ! ». Quatre heures : « p%^@@+ de D*^$ ! quand vais-je donc me mettre à dormir ? ». Cinq heures : « comment vais-je survivre aujourd’hui, si je ne dors que cette dernière petite heure ? ». Six heures moins le quart : « et m#$&! ».  Je me lève, me rase, prends ma douche et m’habille. Y s’est réveillée et nous allons prendre notre petit déjeuner. Elle va travailler, elle aussi. | | | « C'est curieux que l'on ne se soit pas encore rencontré lors de ces nuits dans la Cité des Anges..... »
Ca arrivera peut-être un jour, Phêuan Alain ! 
« les as tu vu monté au ciel ces Anges chaque matin....., si, si, sur le coup des quatre heures je t'assure, crois moi on voit tout ce qu'on veut à cette heure là dans les brumes du Chao Praya au soleil levant..... »
Te voila bien poétique ! J’imagine certains de ces anges ont des allures pas très catholiques, hahaha ! 
« C'est vrai aussi qu'il y a des orchestres " live " de partout et souvent de bonne qualité, avec des chanteurs (euses) à la voix suave et remplie de guimauve..... »
J’adore cette « guimauve » bien typique, elle ajoute à la profondeur du pays ! | | | J’adore cette « guimauve » bien typique, elle ajoute à la profondeur du pays !
Tu as raison ..... et dans une moindre mesure, mais pas aussi prononcé qu'en Thailande, on retrouve cela aussi au Cambodge.... mais il est vrai que ces bands sont fantastiques, et j'ai remarqué au mois de décembre que beaucoup d'étrangers profitent de la vague et se sont mélés à ces bands, et parfois même comme vu à Chiang Mai, ou ailleurs, ont leur propre band étranger qui écume bars et restaurants..... mais rien ne vaut les mimiques et les roucoulements d'une thai en train de chanter ou susurrer.....  j'adore ça...... il faut que je cherche à la maison, mais je crois que j'ai une photo de mon amie en train de se fourvoyer avec une guitariste thai..... | | | J'aurai peut-être l'occasion de revenir sur cette fameuse "guimauve" et sur les "roucoulements et les mimiques d'une Thaïe en train de chanter ou susurrer" dont Alan nous parle (il a un don pour trouver les mots qui conviennent!). Pour l'instant, me voici sur le point d'entamer une sérieuse journée de travail......
Lundi
Les amis, cela vous est-il jamais arrivé de passer une nuit blanche, vraiment blanche ? Et bien, croyez-moi, je ne suis pas frais ! D’autant plus que je n’ai pas tellement dormi la nuit de vendredi, venant d’Europe, ni la nuit de samedi à dimanche, à faire la java jusqu’aux petites heures! Et aujourd’hui, pas d’histoires, le travail m’attend.  Nous avons rendez-vous à huit heures trente aux bureaux de STC. Mais je me dis que la fatigue est avant tout un état d’esprit mental et que je n’ai qu’à ignorer le fait que j’ai fait l’impasse complète sur le sommeil, et tout ira bien. Eh ! Je suis quand-même un peu bouddhiste sur les bords, après tout, non ?
Nous arrivons vite près de notre destination avec le « skytrain ». Il est tellement pratique (et propre !), et même pas trop encombré. De là, nous prenons un taxi pour aller à l’immeuble de STC. On nous mène à une salle de réunion où on nous présente à Khun N. C’est lui qui s’occupe de notre affaire et nous faisons connaissance avec son équipe. C’est l’atmosphère cordiale habituelle de ce genre de rencontre professionnelle. On veut nous convaincre de « participer » et on va faire beaucoup d’efforts pour nous démontrer qu’il s‘agit de l’affaire du siècle. À voir ! 
À midi (vite arrivé, ouf !), nous descendons tous au rez-de-chaussée de l’immeuble où se trouvent des commerces. Nous avons une table réservée dans un restaurant et la nourriture est excellente. Puis tout l’après-midi s’étire sur toute la longueur d’une présentation interminable mais heureusement entrecoupée de quelques saines et franches discussions. Quand nous faisons une pause, au milieu des quelques questions usuelles sur ce que nous faisons à Bangkok en dehors du travail etc., Khun N. nous laisse entrevoir qu’il se ferait un plaisir de nous entretenir le soir. Les paroles ne sont pas précises, mais on comprend bien un sous-entendu. En fait, il pourrait tout simplement nous proposer de nous emmener dans un de ces lieux de perdition à Bangkok dont le monde entier parle, devant les autres employés/ées de STC, ça ne choquerait probablement personne !   Mais nous passons cette offre, tout reste d’une courtoisie subtile, légère et bon enfant. | | | mais je crois que j'ai une photo de mon amie en train de se fourvoyer avec une guitariste thai..... 
"Se fourvoyer"??? Il faut que tu nous la trouves, cette photo. Si, si, j'insiste! | | |  ..... bon, si tu insistes... pourvu qu'elle ne lise jamais ton carnet parce que elle va se trouver affreuse, c'est vrai qu'elle n'est pas à son avantage, mais il faut dire que la nuit était déjà bien avancée (et les bières aussi, j'ai du la porter pour rentrer.....  )....... Images attachées: Photo postée par le membre Alan. Photo postée par le membre Alan. Photo postée par le membre Alan. Photo postée par le membre Alan. | | | Lundi (suite)
Cette première journée de « travail » s’est enfin terminée. Comment j’ai pu tenir le coup après une nuit blanche totale (et la nouba des deux journées précédentes), je me le demande bien ! Il doit y avoir quelque chose dans l’oxygène qu’on respire à Bangkok.....
Le soir, Y nous retrouve au bar de l’hôtel, accompagnée de son amie Pohn. Il faut que je dise quelques mots sur ces femmes. Elles sont bien braves et courageuses, venues de leurs « mùu bâan » (villages) de l’Isaan et perdues dans Bangkok, avec souvent des enfants que leurs hommes volages et inconstants leur ont laissés à charge.  Sans compter qu’elles s’évertuent toujours à envoyer un peu d’argent à leurs familles restées au village. Y ne fait pas exception à la règle. « Sa famille s’était défaite depuis la mort de ses parents », m’avait-elle dit, il y a déjà longtemps. J’ai dû constater par la suite qu’il faut parfois ne pas interpréter trop littéralement.... Je crois que quiconque a de l’argent dans une famille thaïe en fait profiter les autres.
Les gens de l’Isaan ont cette réputation d’être de bons travailleurs, courageux et dociles, et ils ont su se faire lentement apprécier dans le reste du pays où ils se sont exilés par millions. Au moins 10 à 15% de la population de l’Isaan, dit-on – plus d’un million de personnes - travaillent à Bangkok-même. Avez-vous remarqué que parfois Bangkok ne semble pas si surpeuplée que ça ? C’est qu’il y a un reflux énorme à la saison des pluies, quand beaucoup de ces provinciaux retournent « au pays » pour transplanter le riz de la famille: « dam naa » semble être une activité tellement ancrée dans la psychologie de ces gens que je me demande à quel moment un comportement devient un instinct, à quel moment on pourrait oser penser à une mutation...
Les Thaïs des plaines centrales ont longtemps méprisé les gens de l’Isaan parce qu’ils sont souvent très bruns de peau (parfois carrément noirs !), qu’ils sont moins évolués économiquement et qu’ils parlent des dialectes très différents du Thaï standard (surtout des dialectes Lao). Mais, pour le dire carrément, ces femmes ont des cœurs en or et sont des petits bijoux de dévouement. Prenons Y, par exemple : en plus de son physique agréable et de sa vivacité charmante, sa gentillesse et son cœur pur en font tout simplement une très belle personne,  et à ceux qui me diraient qu’elle a eu de la chance de me rencontrer, je répondrais que moi aussi j’ai eu de la chance de la rencontrer !
Nous prenons un taxi pour Suan Lum dont j’aime bien le marché le soir et où il y a quelques restaurants sympathiques. Nous nous trouvons désorientés au milieu des échoppes. Nous franchissons un portique de pierre, une reproduction assez fidèle des ruines khmères de Pimaï, peut-être ? Nous passons à côté d’une tribune où on est en train de mettre en place un spectacle qui va divertir les gens attablés dans un grand « food court » de plein air. Nous poussons un peu plus loin et arrivons à un restaurant de fruits de mer. Y et Porn passent les commandes en montrant du doigt les créatures vivantes qui vont finir dans nos assiettes et en discutant de la manière dont elles vont être préparées. Le repas est excellent mais l’addition est salée, l’équivalent de 90 euros!  Eh bé ! C’est que nous avons donné un peu généreusement dans le homard et autres denrées de choix !  Peu importe, si Ivan et moi étions allés tous seuls dans un restaurant un peu huppé, la note aurait été tout aussi lourde, et je prends donc allégrement la note à mon compte.
Comme d’habitude, pourrions nous dire, nous allons descendre quelques verres à l’ABC. Bonne musique, faut-il le répéter ? Même les serveuses ne peuvent se retenir et tanguent en apportant les boissons. Certaines se mettent carrément à danser quand elles ont un petit répit entre deux commandes.  Il faut le voir pour le croire, mais, hé ! nous sommes en Thaïlande et travailler ne veut pas dire être triste, oh là que non ! Dans ce pays, on veut avoir du « sanùk », de l’amusement, dans presque toutes les activités.
De retour à l’hôtel, il est de nouveau minuit bien passé. Je tombe dans un sommeil profond et réparateur. | | | Ah, mais quelle turpitude, Alain !!! C’est du propre! 
Tant de gens sympathiques avec qui s’acoquiner dans cette bonne ville de Krung Theep! | | | Joli titre. On a de sérieuses références je vois.... 
........ouais, perso j'ai traversé Clichy aujourd'hui, ben Sukhumvit c'est quand même mieux........ | | | Mardi
Et une autre journée commence à 6 heures du matin. Les heures sont longues dans les bureaux de STC.  Le soir, je suggère à Y d’aller dans un cabaret Isaan. « Bonne idée ! » s’exclame-t-elle, enthousiaste. Nous sautons dans un taxi et nous nous perdons quelque part du côté est de Bangkok. Il est déjà dans les dix heures du soir mais il n’y a presque personne. Nous ne sommes qu’en début de semaine, après tout ! Nous venons juste de nous installer à une table devant la scène que Fáa (« ciel ») et une amie, Bpuu (« crabe ») nous rejoignent.
Nous commandons tout un tas de plats et une bouteille de Red Label. Ivan qui disait aimer les plats épicés m’avoue être surpris par le feu de cette nourriture, qui est excellente comme toujours. Rien que prendre un peu de salade aux vermicelles et on cherche les pages jaunes pour trouver le numéro des pompiers !   Heureusement, il y a autant de glaçons que l’on veut, et il suffit de descendre verre après verre pour rafraîchir son gosier ! Ivan ne supporte pas le whisky et se met à la bière. Les filles et moi, donc, les introductions étant vite passées, nous nous mettons à tutoyer la bouteille de Red Label.  C’était encore l’époque où Y ne faisait pas la moue devant un bon verre, avant qu’elle ne se décide, à la suite d’une retraite passée au wat, à ne plus boire une goutte.
Sur la scène, les musiciens nous divertissent d’un répertoire Isaan classique, enchaînant morceau sur morceau sans déjanter. Les chanteurs se succèdent les uns aux autres. L’atmosphère commence à se réchauffer un peu et quelques gens se mettent à danser entre les tables. Pendant un interlude, Y va se planter devant la scène, fait face à la salle, fait le geste de porter un micro à la bouche et se met à nous chanter une ou deux chansons !
Puis deux danseuses superbement habillées dans un style traditionnel viennent nous régaler d’une danse classique. Quel dommage que je n’aie pas de meilleur appareil photo, je les aurais filmées, elles sont si gracieuses ! Elles dansent les jambes fléchies, peut-être pour mieux faire ressortir les mouvements de leurs bras aux formes bien dessinées ?
Comme dans le « wayang orang » de Java ou les danses balinaises, on reconnaît bien les origines indiennes de cette danse. Elle est tout droit sortie des épopées du Mahabharata et du Ramayana, et fait donc partie du courant d’influence vishnouïte. Quand on parle des influences hindouistes sur la culture thaïe, et sur d’autres cultures de l’ Asie du Sud-Est, c’est en effet l’influence vishnouïte qui me semble la plus marquée. J’en avais fait la remarque dans un autre poste «Peuples de l’Asie (suite) : Ayutthaya – L’influence culturelle hindoue » : voyageforum.com/...turelle%20hindoue%20 ;
La complexité et la sophistication indiennes ont peut-être été perdues en cours de route, mais je préfère ces versions asiatiques où il n’y a pas ces roulements des yeux et ces dodelinements de tête perpétuels qui m’agacent. | | | Je ne vous ai pas beaucoup gâtés, question photos, alors en voici au moins une que j’ai prise de ces danseuses. Pas terrible (sauf pour ceux qui apprécient le « granulé ») mais ça donnera une impression, je pense.
Mardi (suite)L’un des chanteurs suivants est un « katoei », ou « lady boy ». Le terme français « travesti » ne rend pas justice à ce qu’est un « katoei ». C’est un phénomène répandu et accepté dans ce pays. Ce seraient des âmes réincarnées ainsi pour résoudre des conflits hommes-femmes qu’ils/elles n’avaient pas pu résoudre dans une vie précédente. « Il » se met à raconter des blagues entre deux chansons. Il a dû nous remarquer car il fait une allusion aux « phûuchaï faràng làw» dans le public. Eh ! Mais c’est de moi et d’Ivan qu’il parle : « les beaux étrangers » ! Les gens rient.
Quand il finit son numéro, Y lui fait signe de venir à notre table. Je n’arrive pas à suivre la conversation qui s’ensuit, mais je comprends qu’il est de Chiang Raï, dans l’extrême nord du pays, et non de l’Isaan. Les femmes s’exclament ravies : « Il parle Lao ! ». Les gens de l’Isaan sont un peu tatillons sur la dénomination « Lao », parce que cela a été trop souvent utilisé par les Thaïs « centraux » comme une insulte à leur égard – Y m’a fait la tête les deux ou trois fois que je lui ai dit qu’en fait elle est « techniquement » Lao. Mais là, visiblement, aucune retenue pour appeler leur dialecte « du Lao » !
La musique a repris de plus belle et nous dansons le « Maw Lam ». Je prends quelques photos : Y et Fáa, ivres d’allégresse (et de whisky ?), nom de Dieu ! elles ne font pas semblant ! (photo) Ivan s’y est mis lui aussi. Décidément, il est vraiment impeccable, ce bon vieil Ivan. Je prends deux ou trois photos de lui avec les femmes et le « katoeï » dans des poses d’une lascivité cocasse (photos que je ne montre pas par souci d’anonymat, désolé !).
Les sourires autour de nous, crénom de nom ! c’est un baume sur le cœur ! Le groupe de jeunes installés à côté de nous sont en pleine euphorie, comme pratiquement toute la salle qui s’est bien remplie entre-temps. Les mecs ont des bonnes bouilles et sont heureux de nous voir, Ivan et moi, participer à l’état d’âme général. On se sent bien et il n’y a qu’à se laisser porter par les bonnes vibrations. Nous nous offrons mutuellement des verres, trinquons sur nos pas de danse, nous nous serrons les mains de complicité. Je sais que plus tard j’aurai des retours de mémoire sur ces moments fabuleux, et que j’en aurai les larmes aux yeux.
Nous avons du mal à tirer les femmes du cabaret. Elles sont passablement éméchées et même fatiguées continueraient bien volontiers à danser. Mais il est plus d’une heure du matin et demain il faut travailler ! L’addition ? Nous nous en tirons à 70 euros pour le tout (la bouteille de Red Label en constituant plus de la moitié). Nous en avons eu pour notre argent ! Image attachée: | | | ........ouais, perso j'ai traversé Clichy aujourd'hui, ben Sukhumvit c'est quand même mieux........
Connais pas Clichy mais je pourrai te donner mon avis sur Sukhumvit demain. | | | Mercredi
Réveil à 6 heures, comme d’habitude, mais cela devient plus facile. Il y a quand-même une différence entre dormir 4 bonnes heures et ne pas dormir du tout, comme il y a deux jours ! Ivan et moi avons encore quelques heures à passer dans les bureaux de STC. Des échos de maw lam continuent à résonner dans nos têtes et on imagine une armée d’enzymes déployée pour décomposer les restes d’alcool qui flottent encore dans nos cerveaux....  Oh ! Ce n’est pas trop grave, c’est assez sympathique ici aussi. Rung, la jeune femme qui reste avec nous au cas où nous aurions besoin de quelque chose, est en train de lire sur l’histoire nazie. Nous bavardons un peu sur le sujet qui, dit-elle, l’intéresse beaucoup comme l’histoire européenne en général. Étonnant ! Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un Thaï ou une Thaïe avec ce genre d’intérêt. 
À midi, nous allons manger en bas de la tour. Dans le hall, juste devant nous, on vend quelque chose à un stand provisoire. Ce qu’on vend, peu importe, mais les filles sont jolies et ont des jambes à couper le souffle.  Le reste de la journée se déroule rapidement. Retour à l’hôtel pour récupérer les valises et en route pour l’aéroport, car « le devoir » m’appelle ailleurs (et il faut aussi que je me repose un peu). Quand je la quitte, Y a le visage levé vers moi pour quelques derniers baisers. Je vois bien sa tristesse de me voir partir, et je sais qu’elle se retient pour ne pas pleurer. J’en ai aussi le cœur gros.  Mais il ne faudra pas longtemps avant que je ne la retrouve. | | | Dans les pages qui précèdent, un phénomène a été brièvement évoqué qui sévit – et dur ! – dans ce merveilleux pays qu’est la Thaïlande, mais nous n’y étions pas vraiment revenus et avions peut-être laissé quelques lecteurs dans l’expectative. Réparons cela !
Il s’agit du phénomène de la « guimauve », celui des chansons suaves, doucereuses, mielleuses, mièvres, etc. qui ravagent le paysage musical thaï; celui des chansons dites du style « Lûuk Thûng » et le plus souvent chantées par des filles ou des femmes Isaan. Il serait faux de dire que tous les Thaïs apprécient ce genre, mais ceux qui le font en ont un engouement difficile à décrire. Beaucoup n’écoutent que ça, et se moquent bien de tous les autres genres. Ils vont aux concerts de « Lûuk Thûng» comme s’il s’agissait d’une grande messe. C’est un culte !  Recueillement religieux, extase ou délire, il faut voir pour croire. Aux premières mesures des airs les plus populaires, les filles et les femmes ne peuvent se contrôler, il faut qu’elles entonnent les chansons (dont elles en connaissent souvent des dizaines par cœur). Et comme le disait Alain, elles chantent (ou susurrent) avec force mimiques impayables. Il faut aussi voir les figures dramatiques, d'un style unique, exécutées par les groupes de danseurs ou danseuses qui accompagnent les chanteuses. 
Et de quoi parlent ces chansons ? Ce n’est pas sorcier, c’est de l’amour, toujours de l’amôôûr, comme dans tout autre pays. Le plus souvent, il semble, des amours frustrées ou impossibles. Le personnage de la fille trompée par son amoureux ou dont celui qu’elle aime en aime une autre revient avec une fréquence inéluctable. Oh! les thèmes ne vont pas chercher bien haut dans les sphères raréfiées de l’intellect. « Lûuk Thûng» veut dire « enfants des champs », ce qui trahit bien les racines populaires, campagnardes même, du genre. Mais on aurait tort de dénigrer ou de faire la fine bouche. Il faut savoir reconnaître la valeur et la qualité d’une culture qui va droit au cœur de millions de gens. Bien des gens crachaient sur le blues, par exemple...
Je donne quelques liens sur plusieurs versions d’une des chansons les plus populaires, « Mâi Châi Faen Tham Thaen Mâi Dâi » (« Je ne suis pas ta petite amie, Je ne peux pas la remplacer ») un grand classique du genre. La chanteuse, Takkataen Chonlada, a une voix précise et douce, hmmmm !  Rien qu’à voir ses pommettes bien saillantes, on sait qu’elle sort tout droit de l’Isaan. Entonnez les premiers mots « Gkô Yàak Duulae....» et observez la réaction de la « Thaïe moyenne » et vous serez étonnés. Le réflexe du petit coup de marteau sur le genou, chez le docteur, est à peine plus immédiat.
Versions doucereuses, mais aussi des versions au tempo plus soutenu. Qu’on ne s’étonne pas de l’ensemble de jeunes filles qui sautillent allégrement pour accompagner Takkataen, cela fait tout à fait partie du répertoire ! Pour savoir rire, les Thaïs sont vraiment très forts !
Et puis, pendant que j'y suis, j’ajoute le lien d’une chanson de Taï Orathaï, « Wan Têe Bo Mee Âay » (« Le jour où l’amant est absent », ou bien « Le jour où il n’y a pas d’amant »), une autre de ces chansons dont, une fois en tête, on ne peut plus se débarrasser ! Le dernier lien en est encore une autre, trouvée au hasard, un style personnel encore différent mais toujours dans le même esprit.
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