Bonjour,
De toute façon, si ce n'est pas pour son prénom, un enfant peut parfaitement être la risée des autres pour plein de choses : il est trop gros/petit/maigre, il porte des lunettes, il n'aime pas tel ou tel groupe de musique, il est bon élève/c'est un cancre, il a un handicap etc....
On ne pourra jamais enfermer son enfant sous cloche et lui éviter tous les malheurs du monde, moqueries comprises !
Donc choisir un prénom bien de chez nous uniquement pour lui éviter les moqueries est une fausse solution à un vrai problème, pour la raison que je viens juste d'expliquer.
Choisissons un prénom à notre gout, qui nous plait pour telle ou telle raison (son étymologie, par exemple : en prénom thai pour revenir au sujet, j'adore Manirat, qui signifie pierre précieuse. Je connais une fille de 12 ans en
Italie, les parents l'ont adopté en
Thaïlande et ma foi, elle n'a jamais eu de problèmes avec son prénom alors qu'en
Italie, les prénoms exotiques passent encore moins bien que chez nous !), et pas pour lui éviter des moqueries : on ne va pas choisir un prénom qu'on déteste seulement pour éviter les problèmes à l'enfant, non ???
Et un enfant qui reçoit des moqueries peut apprendre à répondre à ces moqueries, chose que j'ai du apprendre dès le plus jeune age malgré un prénom qui peut se fondre dans la masse : j'ai reçu des moqueries à gogo du fait de ma surdité, de ma petite taille et aussi à cause de mon coté intello qui a servi à compenser mon double handicap (surdité unilatérale préverbale (=apparue bébé, avant l'age de la parole) et TDAH, nom technique de la maladie des enfants hyperactifs). Ces deux pathologies engendrent une hypersensibilité auditive, en clair, le bruit m'est rapidement
douloureux et pas seulement insupportable, et a également fait que ma vie sociale avec les enfants était réduite au strict minimum).
Je n'ai jamais prêté beaucoup d'attention à ces moqueries, elles me rentraient par l'oreille entendante et ressortaient par l'oreille cophotique.
Je passais davantage mon temps avec les adultes, même si certains disaient de moi que le fait d'être incapable/de ne pas vouloir me mêler aux autres enfants faisait de moi quelqu'un qui méprise autrui. Je passais du temps avec eux parce que j'y apprenais une certaine sagesse de celui qui a vécu, et ma baby-sitter de quand j'étais enfant, une amie de plus de 20 ans maintenant, disait que je lui ai aussi appris beaucoup. Sa famille, une famille béninoise composée de 4 enfants (elle était l'ainée), tous bien plus âgés que moi, bref, je me sentais bien entourée d'adultes, qui m'acceptaient avec mes qualités et mes capacités, mais aussi mes défauts et mes difficultés.
Certes, ça fait mal de savoir ça, mais il vaut mieux apprendre à passer au-dessus et faire les choses que l'on aime, du moment que ça ne fait de mal ni à soi ni à autrui : au nom de qui et de quoi un enfant fait du mal parce qu'il préfère rester avec les adultes et qu'il y trouve davantage son compte avec eux ? Celle qui a dit ça, une prof d'anglais de collège, avait une mentalité très petite bourgeoise bien comme il faut et en plus, elle était hyper hypocrite, et qui plus est, elle n'était jamais sortie de chez elle (elle n'avait, du moins à l'époque car ça date d'il y a au moins 10 ans, jamais côtoyé d'enfant handicapé, ni d'enfant venant d'un pays en voie de développement etc....), et donc, ses leçons de morale à deux balles n'ont jamais eu d'impact sur moi, ayant continué à faire mes choix comme je les ai toujours fait, c'est à dire sans considérer le moins du monde le qu'en-dira-t-on.
Après tout, les conseilleurs ne sont pas les payeurs....
(elle m'avait dit en classe de 3ème, alors que je ne l'avais plus comme prof, qu'elle était fière que j'aie pu vouloir et organiser mon stage en entreprise en
Italie. Ses félicitations ne m'avaient fait ni chaud, ni froid, je m'étais bornée à un simple "merci" de politesse mais pas plus : je l'ai fait et j'y suis arrivée au bout pour moi, pas pour elle, je l'ai fait parce que ça me fait plaisir et j'ai beaucoup appris durant ce tout premier voyage en solo à l'étranger à l'age de 15 ans, mais je ne l'ai fait pour personne d'autre que pour moi)
En conclusion, le prénom n'est malheureusement pas une garantie sur facture que l'enfant ne subira jamais de moquerie. On choisit un prénom parce qu'il nous plait, sachant que la mode des prénoms change aussi vite que la mode vestimentaire.....