Pour ceux que ca interesse, voici le texte de la nouvelle constition que j'ai pu trouver non sans mal
www.parliament.go.th/...70517151204_2007.pdf
resque un an après le coup d'Etat du 19 septembre 2006 qui a renvoyé la
Thaïlande à ses habitudes putschistes, les 45 millions d'électeurs du royaume étaient appelés aux urnes, dimanche 19 août, pour participer au référendum organisé par les militaires au pouvoir. Le but est de justifier les motifs pour lesquels ils ont renversé le chef élu du gouvernement, Thaksin Shinawatra : populisme, népotisme et corruption.
Il s'agit d'adopter une nouvelle Constitution garantissant qu'aucun parti politique n'empiétera à l'avenir sur les prérogatives de la classe bureaucratique et militaire regroupée autour du Palais royal, dans cette monarchie - théoriquement - constitutionnelle en vigueur depuis 1932, qui a déjà connu une vingtaine de putschs réussis ou déjoués et à peu près autant de lois fondamentales.Le principe du référendum est une nouveauté. Le pays vit depuis 1947 sous l'autorité débonnaire du roi Bhumibol Adulyadej, souverain adulé qui célèbre son 80e anniversaire le 5 décembre, mais dont la santé est déclinante. Ni la junte, ni le monde politique, ni le Trône n'ont déployé d'efforts pédagogiques à la mesure de l'événement auprès d'une population divisée entre une élite urbaine marchande et éduquée et des milieux ruraux dépendant en grande partie des subsides consentis à leur production agricole par la riche
Bangkok et habitués à voter pour le plus offrant.
Les autorités se sont contentées d'incitations matérielles - logistique, gratuité des transports - pour garantir une participation maximale, et ont promis que des élections - prévues pour novembre - suivront l'adoption du texte. Son rejet serait une surprise, mais une participation mitigée décevrait les militaires. Ceux-ci peuvent aussi promulguer sans nouvelle consultation un texte basé sur de précédentes Constitutions, dont celle qu'ils ont abrogée, datant de 1997.
Le régime parlementaire prévaut depuis 1997 et a permis à M. Thaksin, milliardaire devenu politicien, exilé depuis lors à
Londres, de bousculer, à l'avantage électoral et financier de ses amis, un système paternaliste en vigueur à partir des années 1980, surnommé
"démocratie mi-cuite", dans lequel les militaires et les hauts bureaucrates faisaient et défaisaient à volonté de fluctuantes coalitions gouvernementales. C'est sur ce système que la nouvelle Loi fondamentale tend à revenir, en supprimant quelques dispositifs introduits dans celle de 1997 - après un coup d'Etat sanglant cinq ans plus tôt - limitant les prérogatives occultes dans l'organisation du pouvoir.
Les militaires ont insisté pour que la nouvelle Constitution leur rende la haute main sur un Sénat nommé et non plus élu, et limite l'influence d'une formation politique puissante telle que l'était le parti populiste de M. Thaksin, le Thai Rak Thai ("Les Thaïlandais pour la
Thaïlande", TRT, dissous).
LE MONDE | 18.08.07 | 13h41 • Mis à jour le 19.08.07 | 08h16
BANGKOK, CORRESPONDANT