Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Larsay · 12 août 2013 à 9:52 · 3 photos 50 messages · 9 participants · 7 361 affichages | | | | 12 août 2013 à 9:52 Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 1 de 50 · Page 1 de 3 · 5 304 affichages · Partager Bonjour
De retour d’un tour historique de la RC4 entre Lang Son et Cao Bang, voilà !
POURQUOI LE MOT « HISTORIQUE » ?
J'avais déjà fait la RC4, mais sans trop m'attarder car partie d'un grand tour sur Cao Bang, Bao Lac, Dong Van, Ha Giang etc. Cette fois-ci, RC 4 seulement après beaucoup de préparation entre l'Internet et tous mes bouquins sur la guerre d'Indo afin de ne rien "rater"
La RC 4, actuellement Route No. 4 A de Lang Son à Cao Bang et 4 B de Lang Son jusqu'à la côte, est une route super-stratégique car elle longe toute la frontière chinoise entre le golfe du Tonkin et Cao Bang à la pointe nord-est, dont les 3 « portes » de la Chine que sont Mon Cai, Lang Son et Cao Bang. Ceci explique entres autre qu’en 1979, les chinois ont bombardé par surprise et rasé ces 3 villes – en plus de Lao Cai, la 4e « porte » - avant d’envahir le Nord et de prendre une retentissante volée (50 000 morts et plus de 400 chars dans la sciure !!!).
Beaucoup de touristes font la route de Lang Son à Cao Bang sans trop savoir – ou pas du tou -- ce qui s’y est passé en 1950. Et pourtant, le 7 octobre 1950 devrait être une grande date dans l’histoire du monde moderne : en effet, pour la première fois, un peuple colonisé en rébellion a fait subir à une armée de colonisateurs une défaite sanglante qui, en ce qui concerne la France, a annoncé la conclusion inéluctable, reculée de 4 ans par la bêtise des gouvernements de l’époque : Dien Bien Phu. En fait, la Guerre d’Indochine a été perdue à Dong Khé en octobre 1950.
LES ACTEURS:
Du coté asiatique: Ho Chi Minh et Giap, qui sont enfouis dans les calcaires du Nord-est depuis 1941, des bandes Vietminh sans rien, et Mao qui est en train de repousser les troupes de Chang Kai Check sur la frontière sino-vietnamienne.
Du coté français, un gouvernement ignorant tout de l’Indochine, mais aimant beaucoup les milliards qu’elle rapporte, des gros capitalistes installés en Indochine (Banque d’Indochine, Brasseries et Glacières d’Indochine, Michelin -les plantations de caoutchouc- etc.), bien pourris, qui bloquent toutes réformes pour continuer à se remplir les poches, et un Corps Expéditionnaire, les meilleures troupes du monde de l’époque - 30% d’anciens SS dans la Légion, tous les Seigneurs de la guerre qui deviendront célèbres : Bigeard, Jeanpierre, Trinquier, Faulques, Elie de Saint Marc, Ponchardier (ben oui, le future auteur des romans de la Série Noire “Le Gorille”), Vandenberg, “Le Seigneur du delta”, etc., anciens résistants et troupes de la 2e DB de Leclerc et de la 1ère Armée de de Lattre, sans oublier les Tabors marocains, que les Viets craignaient comme la peste. Malheureusement pour eux, ce merveilleux outil militaire est commandé par un incapable complet, mais très doué pour magouiller au Ministère de la Guerre, le général Carpentier, que de Lattre avait viré pour incompétence en 1944. Cet énergumène considère qu’il n’a à connaître ni le terrain, pourtant capital dans une guerre comme celle-là, ni la troupe : c’est l’affaire des subalternes. Lui, il doit rester dans son bureau climatisé de Saigon et faire des synthèses, superbes rapports bien léchés expliquant au gouvernement que tout allait de mieux en mieux (curieux comme l’histoire se répète ; ce sont les mêmes mensonges perpétrés par les généraux US pendant la Guerre du Vietnam, avec les mêmes résultats). En fait, juste avant le désastre, cet incapable affirmait au gouvernement qu’il “avait la situation bien en main et pourrait vraisemblablement renvoyer des troupes en France sous peu”. Le résultat de cette nullité : en 1950, il n’avait encore jamais mis les pieds au Tonkin, sauf pour une rapide visite de Hanoï.
LE CADRE
Le Nord-Est est un capharnaüm de pics calcaires et de canyons ou vallées très profondes, le tout couvert de jungles et truffé de grottes et sillonné par un dédale de petites routes et de pistes qui ne sont que d’immenses coupe-gorges. De Lang Son à Dong Khé, à mi-chemin entre Lang Son et Cao Bang, la route suit une vallée bordées de collines cultivées, et ne présente pas de points particulièrement dangereux. A partir de Dong Khé, c’est le coupe-gorge intégral : la route serpente d’un col à l’autre le long de la rivière avec de chaque côté des pitons calcaires et la rivière en contrebas à droite. Toute manœuvre y est impossible. Un petit canon de montagne dans une grotte dominant la route –et il y en a des centaines- détruisant les camions de tête et de queue d’un convoi, et Boom, plus de convoi. C’est ce que Giap savait bien, et Carpentier pas du tout, vu qu’il n’y avait jamais mis les pieds et refusait d’écouter les nombreux officiers, eux bien au courant de la situation, qui prédisaient une catastrophe et préconisaient l’évacuation de tous les postes entre Cao Bang et l’imprenable Lang Son (évacuation déjà préconisée en 1949 par le Général Revers, mais personne n’a voulu l’écouter, d’autant plus que son rapport au gouvernement était dans les mains de Giap quelques jours après sa distribution aux ministres français, une belle magouille politique où partisans de la colonisation et sûrement le PCF ont trempé.
LES PRÉMICES
Début 1950, les troupes de Mao arrivent à la frontière du Vietnam, repoussant les troupes nationalistes au Nord Tonkin, que les français parviennent à désarmer, et en Thaïlande du Nord, où elles s’installent dans le Triangle d’or, et en plus des plantations de thé, organisent le trafic d’opium, dont elles contrôleront 80% de la production mondiale dans les années 60-80. Mao a maintenant récupéré les gigantesques dépôts d’armement américains et les camps du Yunnan, où il invite Giap à former des divisions entières, entraînées et surarmées par ses généraux. Les services secrets français, pas plus nuls que les autres, sont parfaitement au courant de la situation et en informent l’Etat Major, qui ne fait rien à part envoyer la Légion à Cao Bang (le célèbre 2e BEP sous les ordres d’un fameux guerrier, le Colonel Charton) et dans des postes le long de la RC 4, dont les principaux sont That Khé, Na Cham, et Dong Khé (plus de petits en haut de chacun des nombreux cols) ; maintenant bien équipé et entrainé, le Vietminh ne cesse de harceler les postes pour « se faire la main ». En 1950, certains convois de ravitaillement perdent jusqu’à 80% de leurs camions entre Dong Khé et Cao Bang.
LE DRAME
Le 25 mai 1950, c’est le coup de semonce : les viets de la célèbre division d’élite 308 s’emparent de Dong Khé et coupent la RC4 en deux, révélant ainsi qu’ils sont maintenant puissants et dotés d’une artillerie. Le 27 mai, les paras du 3e BCCP sautent directement sur le bourg et le reprennent. Le 15 septembre, les viets reprennent Dong Khé, d’où on ne les délogera plus. Carpentier décide d’évacuer la RC 4 entre Cao Bang et Lang Son, ce qui était fort possible par pont aérien, mais, toujours aussi futé, il décide que cela se fera....par la route. Son plan est qu’une colonne dirigée par le colonel Lepage remontera la route à partir de Lang Son, reprendra Dong Khé, et y rencontrera la colonne qui va évacuer Cao Bang. Donc, tout ce beau plan repose sur le fait que Dong Khé sera repris.
Charton quitte donc Cao Bang en emmenant tous les civils –ce qui explique en grande partie l’échec de l’évacuation, et il le savait mais avait refusé de les abandonner à un sort certain. Bien entendu, rien ne passe comme prévu : Lepage ne peut pas reprendre Dong Khé malgré l’héroïsme des parachutistes du 1er BEP, et la RC 4 reste donc coupée ; de plus, Lepage se fait tronçonner par les Viets et, au lieu de secourir Charton, c’est maintenant lui qui lui demande de venir à son secours. Apprenant que Dong Khé est toujours aux mains des viets, Charton quitte la RC 4 pour prendre une piste, celle Quang Liet, contournant Dong Khé, avec ses 2000 civils, dont pas un seul n’en sortira vivant. Bloqué au sud de Dong Khé, la colonne Lepage se retrouve coincée en haut d’une falaise de 300 m surplombant la petite vallée de Coc Xa ; la colonne Chartron se retrouve bloquée également dans la cuvette de Coc Xa, et c’est le rendez-vous de la mort : le 7 octobre 1950, la colonne Lepage est anéantie en haut de la falaise et la colonne Chartron en bas (d’où le terme militaire « se faire coxer »). Bilan : 2 000 soldats français morts et 3 000 prisonniers dont on récupérera moins de 1000 - surtout nord-africains, maintenant bien endoctrinés à la guerre anti-coloniale- à l’arrivée de de Lattre ; les autres ont péri d’inanition et de maladies dans les terribles camps vietminh dont Elie de Saint Marc, qui a connu les deux, dira qu’ils étaient pires que les camps de concentration nazis. Une dizaine d’hommes parviendront à rejoindre Na Cham, dont le grand poste est tenu par le célèbre capitaine Mattéi, après avoir erré des jours dans la jungle.
LA HONTE
Après le drame, la honte intégrale, la panique noire des français. Alors que Lang Son était imprenable, le chef de la garnison, le colonel Constans, décide de l’abandonner « par surprise », donc en ne faisant sauter ni les énormes forts ceinturant la ville, ni les dépôts de tout, qui sont tellement gigantesques qu’ils suffiront à alimenter une division entière de Giap pendant 1 an. Panique également à Hanoi, que les français commencent à évacuer. De Lattre, nommé Chef du Corps expéditionnaire et Gouverneur général de l’Indochine, sauvera la situation en 2 batailles sanglantes : Vin Yenh à l’ouest de Hanoï et Mao Khé au nord, mais, dès le 7 octobre, la guerre d’Indochine est perdue, Giap contrôlant maintenant toute la zone nord-est d’où soldats (y compris de nombreux techniciens chinois et même des troupes) et surtout convois de ravitaillement motorisés au lieu de portage passeront sans problème jusqu’à Dien Bien Phu.
JOUR 1 : HANOI-CHI LANG-LANG SON
C’est la Route No. 1 qui part de la pointe de Camau à l’extrême sud du pays, longe la côte sous le nom de « Route Mandarine » et se termine à Lang Son. Petit arrêt à Chi Lang pour la raison suivante :
Le coup de force japonais (9 mars 1945) En 1940, les japonais occupent le Vietnam et établissent un modus vivendi avec les français de Vichy : nous continuons à gérer le pays à condition de laisser les troupes japonaises contrôler le pays et notamment la frontière chinoise. En mars 1945, leur défaite approchant à grand pas, les japonais se vengent des blancs en organisant le massacre général par traitrise des troupes françaises (à Ha Giang, le gouverneur japonais invite les officiers français à dîner puis les fait abattre, le fort de Ha Giang tombe, et les troupes japonaises se livrent à leurs atrocités habituelles sur les prisonniers et les civils français). Même scénario dans tout le Vietnam, notamment à Hanoi, Saigon et Lang Son, où 460 prisonniers français sont sauvagement massacrés et de nombreux corps coupés en morceaux et enterrés un peu partout dans la ville.
La garnison du petit fortin de Than Muoi, à une dizaine de kilomètres au nord de Chi Lang (54 km au nord de Hanoi sur la Route No. 1), subit le même sort. Il y a quelques années, en creusant son champ, un paysan a découvert les squelettes des soldats massacrés et le gouvernement vietnamien a autorisé les français à créer un petit cimetière derrière sa maison, le paysan, très sympathique, étant en charge d’entretenir les tombes marquées « Souvenir français » par impossibilité d’identifier les corps sauf celui d’un légionnaire.
Arrivée à Lang Son et visite de forts français. En plus de la vue magnifique de toute la vallée, c’est impressionnant, même complètement démoli par les chinois en 1979. Pour y aller, descendre la rue Dang Ninh, traverser le pont, à droite sur Tran Nhat Duat, qui devient Trang Hung puis tourner à gauche sur la petite rue Duong Déo Giang ; elle serpente dans les montagnes. Dirigez-vous d’abord vers les 2 tours radio sur votre gauche et monter le col ; la vue sur Lang Son est magnifique ; cul-de-sac au fond du col ; un petit chemin vous mène à des blockhaus dominant le col. Retour sur vos pas et vous continuer tout droit pour monter un petit col ; garer la voiture juste avant un grand panneau bleu indiquant Duong Tran Quang Khai 500 m, Truong Su Phan 800 m et prendre le chemin en terre sur votre droite juste avant le panneau ; vous arrivez au pied du plus grand fort de Lang Son, une masse énorme complètement concassée mais impressionnante de puissance, avec de gigantesques morceaux de parois de blockhaus de 2-3 mètres d’épaisseur et ses casemates sous-terraines bétonnées ; contourner les vestiges du fort sur votre gauche (petit chemin) pour passer par derrière et grimper entre de gigantesques blocs de béton jusque sur le toit du fort. Vue superbe sur Lang Son.
JOUR 2 : LANG SON – KY LUA – NA CHAM – DONG KHE
Premier arrêt aux grottes de Ky Lua à 2 km de Lang son sur la RC 4 direction Dong Khé.
Les grottes de Ky Lua Elles servaient d’horrible prison japonaise à la kempetaï, la gestapo japonaise, où tous les prisonniers français ont été massacrés à coups de baïonnettes et de pioche en mars 45. Autre fait historique :
UNE PETITE REVANCHE : L’OPÉRATION HIRONDELLE (17 juillet 1953)
Donc, le Vietminh est, depuis octobre 1950, bien retranché dans les formidables fortifications de Lang Son, où il a accumulé tout le matériel chinois qu’il faut. En 1950, les services secrets français ayant appris qu’une division viet au repos était en train de partir et une autre d’arriver, d’où un certain flottement, le général Navarre, nouveau commandant-en-chef du Corps Expéditionnaire, décide d’une opération aéroportée qui fait encore le sujet d’un enseignement dans les écoles de guerre du monde entier. Le 17 juillet à 8h, 2 bataillons de parachutistes, le 6e BPC de Bigeard et le 8e Choc de Tourret, sautent par surprise sur la ville, foncent sur les grottes où est entassé le matériel vietminh, et en détruisent plus de 5000 tonnes. A 16 heures, tout est terminé et les parachutistes rentrent à Hanoï par la route, accompagnés de centaines de civils Viets pas plus heureux que ça du Paradis communiste. Fou de rage, le général Giap rappelle ses divisions d’élite pour leur couper la route, mais il est trop tard.
II y a 3 grottes-pagodes : Tam Thanh Dông, avec un petit lac souterrain ; en sortant de la grotte de Tam Thanh, prenez la petite route à gauche au fond du parking et la première à droite, jusqu’à des marches à droite ; vous arrivez au sommet du vieux fort français de Thanh Nha Mac (fin du 19e), offrant une autre vue superbe de Lang Son. Retour devant Tam Thanh et vous continuez sur 50 m pour arriver dans le charmant cadre des deux grottes Nhât Thanh et Nhi Than, cette dernière très profonde avec rivière souterraine (entrée 20 000 dong pour Tam Thanh et 20 000 pour les 2 autres).
2e Arrêt à Na Sam ou Na Cham – 30 km de Lang Son - un petit bourg bien sympathique dominé par un énorme fort français dont il ne reste que de très épaisses murailles, celles de droite inaccessibles (poste de radio) et les autres pareil car enfoui es sous la jungle. Petit col à la sortie du bourg, avec vue superbe sur la vallée de la rivière Song Khi. Arrivée au bourg de Dong Khé et nuit à l’hôtel Mai Hien à l’entrée du bourg, le seul fréquentable (demander en arrivant qu’ils vous préparent un petit déjeuner sinon c’est la soupe du matin en ville). Il ne reste rien des forts français de Dong Khé à part un petit blockhausen moellons au milieu du bourg. Par contre, une balade magnifique est à faire pour visiter le QG de Ho Chi Minh et Giap pendant la bataille de la RC4, situé dans le village de Duc Long. Pour y arriver, continuer la rue passant devant le fort et aller tout droit jusqu’au village. Au bout de la route, petit panneau indiquant un chemin à gauche ; vous le prenez et arrivez dans un dédale de pistes bétonnées avec grottes en veux-tu en voilà ; c’est le fameux QG. La maison jaune sur pilotis était là où dormaient Giap et HCM ; vous la contournez et montez les marches ; les grottes sont disséminées à droite et à gauche. Retourner sur la route et continuer à gauche pour arriver à un petit musée intéressant de la bataille d’octobre 1950. Bon diner en ville dans un petit restaurant de rue, le Nha Hang Bao Van.
JOUR 3 : LE CIRQUE DE COC XA
Journée inoubliable ! Prendre la RC 4 direction Cao Bang ; à un rond-point, prendre à gauche la VIEILLE RC 4 et monter le col de Nguom Kim, site des plus terribles embuscades de la « Route sanglante » ; les panoramas sont époustouflants . A la borne kilométrique « Cao Bang 32 km » (il y a 2 maisons à droite et une à gauche), prendre une petite route à gauche (vérifier bien que vous prenez la bonne en demandant tout simplement « Coc Xa », prononcé Coc Sa ;) ; cette route devient rapidement une piste ; continuez jusqu’à ce que vous ne puissiez pas aller plus loin en 4x4 ; vous êtes dans une vallée idyllique avec, de gauche à droite, les fameuses falaises calcaires de Coc Xa qui ont bloqué les français, la piste, une petite rivière, des rizières, et des collines boisées. Dans le petit village Tay, il y a à gauche une maison-épicerie-bar ; vous avez 2 choix : 4 km à pied pour arriver au pied de la falaise de Coc Xa où les français se sont fait « coxer », ou vous demandez au marchand de vous appeler des motos ; les jeunes locaux, tout souriant et connaissant l’histoire de la bataille, sont tout contents de se faire 100 000 D par moto (nous y sommes allés en moto et sommes rentrés à pied tellement c’est magnifique - y compris les belles Tay en train de repiquer le riz). 2e nuit à Dong Khé, avec diner à la terrasse de l’hôtel, qui n’offre que des œufs durs et une délicieuse soupe de riz au porc émincé.
JOUR 4 : DONG KHE – CAO BANG – PAC BO
Nous avons fait Dong Khé- Cao Bang par la nouvelle RC 4, la vieille étant bloquée par des travaux avant qu’elle ne rejoigne la neuve. Arrivée à Cao Bang ; à votre gauche, restes d’un blockhaus ; prenez la 1ère à gauche qui grimpe jusqu’au plus gros fort ; on ne visite pas car occupé par l’armée vietnamienne mais on peut y voir deux casemates au bord de la rue. Ensuite, traversée du pont et à gauche pour monter jusqu’au mémorial de guerre , d’où l’on a une très belle vue panoramique de la ville.
Pris ensuite la route 203, récemment élargie, direction Pac Bo, à la frontière chinoise. C’est la qu’ Ho Chi Minh a débarqué à pied de Chine le 28 janvier 1941 après 30 ans d’exil on ne sait pas trop où ( Russie et Chine entre autres) et s’est caché jusqu’en 1945 dans une grotte côté Vietnam et une cahute enfouie sous la jungle côté chinois au cas où les français s’approchaient trop près. Pas communiste pour rien, il a tout de suite baptisé la belle rivière « Lénine » et le pic qui domine « Karl Marx » ; tout un programme !  Barrière à l’entrée (20 000 D de droit) et dans le bâtiment à gauche, un petit musée HCM. En octobre 1930, le Parti communiste indochinois (PCI) est créé par Ho Chi Minh et d’autres exilés (il faut d’ailleurs bien remarquer le mot « indochinois », ce qui prouve bien que les viets avaient déjà l’idée bien arrêtée de mettre toute l’Indochine sous contrôle communiste viet, et ce par la force vu qu’aussi bien les laotiens que les cambodgiens les détestaient) ; en mai 1941, une réunion du PCI crée à Pac Bo une organisation paramilitaire, le Việt Nam Ðộc Lập Ðồng Minh Hội, en français Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam, plus connu sous le nom Viet Minh.Retour à Cao Bang pour diner et dormir à Cao Bang – hôtel Huong Sen au bord de la rivière, avec un bon restaurant. J’ai pu constater partout que les viets locaux n’étaient pas plus polis et souriants que les autres fois où j’y étais !
JOUR 5 : CAO BANG – LAC BABE
Nous prenons la RC 3 direction Bac Kan et nous arrêtons à Ban Khéo, rendu célèbre par le livre Par le sang versé de Paul Bonnecarrère, car c’est là que se trouve le fameux Piton Mattéi (facile à repérer : il est à votre droite à la sortie du village, juste à la hauteur de la borne kilométrique indiquant « Bac Kan 68 km »). Hélas, grosse déception : tout a été bulldozé pour construire une maison ; ne restent que quelques petits tas de vieilles briques et un trou rempli de cailloux qui est sans doute la tombe d’Ickewitz, le « garde du corps » de Mattéi.
Nous allons ensuite au lac Babe chez mon grand ami Duy Tho à Pac Ngoi, toujours aussi hilare et francophone, pour un repos bien mérité et de délicieux repas changeant agréablement de la boustifaille le long de la RC 4. | | | À: Larsay · 12 août 2013 à 19:54 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 2 de 50 · Page 1 de 3 · 5 253 affichages · Partager Bonsoir,
Je ne dirais qu'un mot : passionnant et bien documenté..... - ça change agréablement de ce que l'on peut lire quelquefois.
J'y ai retrouvé quelques sites et quelques évènements dont j'avais entendu parler par un occupant des lieux....de l'époque..
Merci à vous d'avoir si bien relaté et si bien agrémenté une partie de l'histoire du Vietnam... enfin de toute cette région.
Cordialement - Kimtwo | | | À: Larsay · 14 août 2013 à 0:26 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 3 de 50 · Page 1 de 3 · 5 226 affichages · Partager Bonjour Jacques
Merci pour ce rappel historique et surtout pour les détails permettant de se diriger pour visiter ces lieux ou la terre a bu tant de sang de nos aînés. En 2011 j'avais mis 3 jours de Cao Bang à Lang Son et cela avait été très rapide, trop rapide. Mon guide jeune s'était bien documenté avant pour pouvoir m’arrêter sur les lieux de combats, d'incendie de la foret, j'avais même pu discuter avec 2 anciens soldats dont un avait combattu les japonais à nos cotés. Il connaissait encore le nom de son capitaine français et m'expliquait via mon guide/interprète son dernier combat dans son village ou nous nous trouvions. Je t'avais envoyé l'adresse d'un éditeur près de chez moi "indo éditions" qui re édite les vieux livres sur l'Indo et en particulier sur la RC 4, Il a aussi édité un livre "les combats de la RC 4" Cao Bang - Lang Son 1947-1950 grand prix 2005 des écrivains combattants, prix honneur et patrie 2005 de la Légion d'Honneur 520 pages 667 photos, des extraits des journaux de marche de régiments, des télégrammes, des directives etc.. on me l'a offert un régal comme tes récits. Promis quand je passe à Ha Noi je t'apporte un exemplaire ou si tu passes à Paris avant je te l'offre. Cordialement
Eric | | | À: Larsay · 14 août 2013 à 1:28 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 4 de 50 · Page 1 de 3 · 5 221 affichages · Partager Salut Jacques
toujours aussi intéressantes tes interventions sur la guerre d Indochine Pour illustrer tes propos un document trouver sur le net.
www.ecpad.fr/...desastre-de-cao-bang
En novembre 2013 j'ai fait ce trajet de la RC4 Cao Bang à Lang Son via Dong Khe J ai voulu visiter le cimetière Français. Hélas il était fermé mais semblait bien entretenu Je suis allé sur le marché non loin de là et j ai rencontré ces trois anciens soldats de l'armée VIET ils étaient ravis de pouvoir échanger quelques mots avec moi et mes amis C'était très prenant de les trouver là souriant, sans ressentiment particulier contre les Français. A l'époque je n'avais que 4 ans, eux en avait 18 à 20 surement.... la magie des rencontres de voyage... Image attachée: Photo postée par le membre Anyem. | | | À: Henon21 · 14 août 2013 à 4:03 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 5 de 50 · Page 1 de 3 · 5 214 affichages · Partager Merci de ce gentil message et surtout de ton offre, mais je ne peux pas l'accepter car ce serait un cadeau beaucoup trop onéreux. Très amicalement
PS Sur la question, voir le DVD Retour sur la RC 4, tourné lors de la visite d'anciens de Cao Bang 50 ans après. Ca prouve bien l'imbécillité des guerres, les combattants d'hier se retrouvant 50 ans après en copains tout souriant et avec force embrassades | | | À: Anyem · 14 août 2013 à 4:22 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 6 de 50 · Page 1 de 3 · 5 213 affichages · Partager Le ressentiment semble être inexistant chez les viets (alors que mes parents ont mis 20 ans après la 2e Guerre mondiale pour mettre les pieds en Allemagne - et ils n'étaient pas d'anciens résistants). J'ai demandé à mon grand ami chauffeur Minh, qui a commencé par conduire des camions sur la piste HCM pendant la guerre du Vietnam, s'il mettrait des américans dans sa jeep et il m'a répondu "oui, c'est le passé, ça ne compte pas" ; et pourtant, à côté des américains, nous avons été des anges ! D'ailleurs, plus de 500 000 américains visitent le Vietnam chaque année sans problème (évidemment, je doute qu'ils soient bien accueillis à My Lai et autres).
Autre chose curieuse : la plupart de ceux qui ont vécu l'une ou l'autre ou les 2 guerres n'aiment pas trop en parler ;à Mai Chau-Ban Lac, il y a le grand-père de mon amie qui a une maison d'hôtes, un pépé qui a "orné" la salle à manger avec un tas de photos-souvenir, y compris une où il est décoré par Giap lui-même (au dessus de la porte d'entrée de la grande pièce pour les clients, 4 photos : Staline, Marx, Lénine, Engels et HCM, ça met tout de suite dans l'ambiance !!!!). Quand j'ai commencé à lui parler de cela, il m'a répondu "français moi pas connaître" alors que je sais qu'il le parle correctement. De même le père de Minh, qui était gardien de la prison de Hanoi, avec lui aussi photos-souvenir de lui avec des prisonniers français (il ne savait d'ailleurs plus où se mettre quand je lesai regardées, j'ai dû lui expliqué que...c'était le passé à oublier). Visiblement, les anciens n'en parlent pas à leurs enfants non plus, qui ne savent même pas où se trouve ceci ou cela de ces guerres dans ou près de leur village ; a Dong Khé, pratiquement personne n'est capable de nous indiquer le chemin pour aller au QG de Giap, c'est pourtant pas loin et, la 1ére fois que je suis allé à Lang Son, nous avons eu un mal fou à trouver quelqu'un qui savait où était l'énorme fort qui domine toute la ville ; il n'y a que dans la vallée de Coc Xa que ça été facile ; les jeunots qui nous ont emmené en moto étaient tout contents de nous arrêter au pied de LA falaise et de pointer du doigt par où Lepage et Chartron étaient arrivés). | | | À: Larsay · 15 août 2013 à 23:55 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 7 de 50 · Page 1 de 3 · 5 169 affichages · Partager Bonjour Jacques
Pour le livre nous réglerons le cas en privé. Attention je suis têtu!
L’imbécillité des guerres tu as raison. De plus elles sont souvent déclarées par des civils mais faites par des militaires. Ces mêmes militaires qui sont les plus grands pacifistes justement parce qu'ils connaissent bien les horreurs de ces guerres. Je me souviens des propos de Pierre Schoendoerffer après la présentation du film "Le jour le plus long" disant très beau film retrace bien l'histoire du "D-Day" mais ne montre pas les atrocités d'une guerre.
Amicalement
Eric | | | À: Henon21 · 16 août 2013 à 0:01 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 8 de 50 · Page 1 de 3 · 5 163 affichages · Partager Bonjour Jacques
Pour le livre nous réglerons le cas en privé. Attention je suis têtu!
L’imbécillité des guerres tu as raison. De plus elles sont souvent déclarées par des civils mais faites par des militaires. Ces mêmes militaires qui sont les plus grands pacifistes justement parce qu'ils connaissent bien les horreurs de ces guerres. Je me souviens des propos de Pierre Schoendoerffer après la présentation du film "Le jour le plus long" disant très beau film retrace bien l'histoire du "D-Day" mais ne montre pas les atrocités d'une guerre.
Amicalement
Eric
Bonsoir,
Sauf erreur de ma part, n'est-ce pas Paul Valéry qui a confirmé que "la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui, eux, se connaissent bien ? - On reste bien dans l'horreur des conflits... 
Bien cordialement - Kimtwo | | | À: Anyem · 16 août 2013 à 0:26 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 9 de 50 · Page 1 de 3 · 5 163 affichages · Partager Bonjour
Merci pour ton lien qui amène à un film très instructif sur la RC 4, il est vrai les gens sont très discrets sur leur participation à ces conflits. Comme vous j'ai parfois rencontré des viets qui ont un peu parlé d'anecdotes dans un camp comme dans un autre. A Dien Bien Phu un Colonel viet, sachant par mon guide que j'étais un ancien officier de réserve, m'a proposé 3 bâtons d'encens pour les déposer sur leur monument aux morts, ce que j'ai fait avec respect pour ces anciens combattants fussent ils à cette époque nos ennemis.
Cdlt
Eric | | | À: Henon21 · 16 août 2013 à 4:57 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 10 de 50 · Page 1 de 3 · 5 140 affichages · Partager Bonjour Eric et les autres
Je donne a nouveau le lien sur le desastre de Cao Bang car je me suis appreçu que celui donné initialement renvoyait sur une page soit disante disparue
www.ecpad.fr/...desastre-de-cao-bang
En fait après vérification il est impossible d'accéder au documentaire en cliquant directement sur ce lien, je ne sais pas pour quelle raison, surement protégé....
Donc dans Google il suffit de chercher : desastre de cao bang pour accéder plus facilement à ce film de 12 à 13 minutes
j'ai à nouveau regardé ce documentaire. La dernière image de ce film montre de très jeunes vietnamiennes avec des enfants dans le dos, prêtes à être évacuées.... QUE LA GUERRE EST TRISTE ET SALE
Deux questions: (peut être que Jacques pourra y répondre)
1/ quelle est l’ethnie concernée, les femmes sont toutes de noir vêtues et coiffées J ai retrouvé sur un document photo la dénomination de femmes THO mais dans le secteur de Cao Bang l'ethnie la plus présente est la THAI, appelée aussi THAI THO
2/où ces femmes ont elles été évacuées et que sont elles devenus avec leur bébé et enfants et peut être aussi les hommes - désignés comme partisans dans le docu -
Cordialement | | | À: Anyem · 16 août 2013 à 6:24 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 11 de 50 · Page 1 de 3 · 4 935 affichages · Partager Les civils étaient pour la plupart des TAY (pas Thaï, bien qu'apparntés mais les tay sont entrés beaucoup plus tôt au Vietnam et parlent un très vieux thaï) et des Thos + quelques viet et des chinois. Cette histoire de Tho (70 000 membres apparentés aux muong) n'est pas claire du tout. Beaucoup de livres d'histoire de la RC 4 parlent de Tho, féroces partisans des français, mais personne dans la région n'en n'a jamais entendu parler quand je leur demande où sont leurs villages, et l'excellent livre du musée ethnologique de Hanoi The great families of ethnic groups in Vietnam les situe actuellement dans la province de Nghe An et quelques familles dans celle de Thanh Hoa, les deux au sud du delta du fleuve Rouge.
Quant à ce que sont devenus les civils et partisans de Cao Bang, un certain nombre ont été ramenés à Hanoi dans les junkers qui approvisionnaient encore Cao Bang (et encore un beau scandale : de nombreux blessés n'ont pa été évacués et se sont "payés" la retraite) ; aux autres, qu'il considérait comme "ses" civils, Chartron leur a donné le choix entre le suivre ou rester à Cao Bang ; personne n'a voulu rester donc il a trainé derrière lui plus de 2000 civils dont 500 partisans, hommes, femmes et enfants de tous âges (beaucoup d'historiens de la défaite disent qu'il s'en serait sorti s'ils les avaient laissés, ce qui est plus que probable) et pratiquement aucun n'en a réchappé sur la piste de Quang Liet, morts de fatigue ou massacrés par les viets ; il n'en restait déjà plus quand la colonne Chartron est arrivée à Coc Xa.
Je connais un tas de pays où le Carpentier aurait été fusillé (de Lattre l'avait viré de son état-major en 44 pour incompétence mais c'était un grand protégé de Juin, qui ne s'est jamais conduit correctement pendant la guerre d'Indo, y compris refuser de prendre le commandement en Indo fin octobre 50 ; seule l' Afrique du Nord l'intéressait) ; au lieu de ça, Carpentier a été nommé par Juin Commandant-en-chef des troupes françaises de l'OTAN ; il faut le faire !!!! En fait, le plus dég... dans les conséquences hiérarchiques, c'est que le seul "puni" a été le général Alessandri, commandant au Tonkin et un héros qui avait réussi à échapper avec des milliers d'hommes à échapper aux japs en mars 1945 en traversant des centaines de km de jungle montagneuse jusqu'en Chine (où les américains les ont parqués dans des camps pour "Vichysisme") ; limogé, Alessandri, le bouc émissaire, alors qu'il avait énergiquement protesté contre le plan d'évacuation du Carpentier et avait même désobéi aux ordres en allant voir Chartron à Cao Bang pour lui avouer la vérité : l'évacuation par la route. Bref, que des scandales ! | | | À: Anyem · 22 août 2013 à 9:36 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 12 de 50 · Page 1 de 3 · 4 859 affichages · Partager Je viens de relire pour la n'ième le livre de Bodard "l'Humiliation', dont toute la dernière partie explique en détails le désastre de Dong Khé. C'est effrayant !! Je cite :
Dong Khé, c'est le drame de l'incohérence absolue. Les soldats meurent mais les responsabilités sont ailleurs, loin dans le temps, loin dans l'espace. Avant cela, il y a tout un processus de décompositions, de contradictions, d'incertitudes et d'ignorance... Tout est faussé - c'est la sanction de toutes les médiocrités et de toutes les hypocrisies. Car tout est confondu : à Paris, le Gouvernement ne s'occupe jamais de l'Indochine. Il fait confiance en ses généraux. Les deux proncipaux se haïssent. Le Gouvernement n'a pas d'opinion... Tout est absurbe, jusqu'à la lie, jusqu'au sang. En 1950, ce qui va à la bataille attendue contre Giap, c'est un Corps expéditionnaire non commandé, pris entre la gloriole, la facilité et la peur... La responsabilité en incombe à l'incapacité qui a peu à peu envahi tous les rouages du Corps expéditionnaire - une incapacité totale, pleine de combines et de finesse, une incapacité qui fera rugir de fureur et de honte de Lattre quand il arrivera en Indochine...trop tard... La bétise militaire n'est pas simple, comme on pourrait le croire. Rien n'est plus complexe, plein de subtilités, plein de causes jésuitiques et mesquines. A partir des plus médiocres intrigues, du mélange des ruses et des naïvetés, on en arrive à échafauder des théories absolument fausses - que l'on applique.
La grande théorie dans cette histoire, c'est qu'en en dépit de toutes les preuves qui s'amoncelaient, "il n'y avait pas de divisions vietminh en formation en Chine", c'était une invention des services secrets et des Cassandre. Deux faits invraisemblables -entres beaucoup d'autres ! En septembre 1950, le Gouvernement dit à Carpentier qui se plaignait des protestations d'Alessandri, commandant au Tonkin et le seul qui y voyait clair: "C'est vous le Commandant-en-Chef" (sous-entendu "il doit obéir à vos ordres") ; une semaine plus tard, à Alessandri qui était allé en désespoir de cause à Paris défendre son intelligent plan d'évacuation : "Retournez en Indochine ; on a besoin de vous; vous êtes le seul qui s'y connaissez" (sous-entendu "Vous avez raison de vous opposer au plan de Carpentier". A noter que dans les 2 cas, ça n'est pas dit clairement, on reste dans le vague, ça permet de diluer les responsabilités en cas de pépin. 2e détail effarant ; pendant qu'Alessandri était à Paris, le Carpentier a nommé à sa place le général Marchand, qui s'est écrié "Mon Dieu, quelle tuile !" | | | À: Larsay · 22 août 2013 à 10:55 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 13 de 50 · Page 1 de 3 · 4 849 affichages · Partager Bonjour,
J'étais sur cette route il y a 9 mois. C'est avec une grande émotion que j'ai vu défiler ce paysage derrière les vitres du bus. Mon trajet à été Mon Cai, Lang son et Cao Bang par cette fameuse RC4 ou mon oncle à trouvé la mort dans une embuscade à cette époque. J'ai entendu dire qu'en face des français il y avait des troupes chinoises alliées au vietminh. Ce fut un peu les mêmes sentiments qui m'ont assaillis quand j'ai "visité" le champ de bataille de Verdun ou mon grand père s'est battu pendant des mois.
Michel. | | | À: Migu · 22 août 2013 à 11:27 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 14 de 50 · Page 1 de 3 · 4 842 affichages · Partager Des troupes chinoises, on n'en est pas très sûr ; par contre, une foultitude de conseillers chinois, il y en a eu tout le temps à partir de fin 1950, y compris pendant la bataille de DBP (d'ailleurs, Giap ne le cache pas dans son livre sur la bataille). Le seul cas que je connaisse de troupes chinoises intervenant directement est quand le Vietnminh n'arrivait pas à se débarrasser du célèbre chef de guerre h'mong Cha Quan Lo dans les montagnes au nord de Bac Ha, et a demandé aux chinois de les aider. | | | À: Migu · 22 août 2013 à 11:56 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 15 de 50 · Page 1 de 3 · 4 839 affichages · Partager Et une autre bien bonne à propos du Carpentier ! Comme il aimait bien soigner sa pub en France et qu'évacuer Cao Bang n'était pas très reluisant, ne voilà-t'il pas que pour clamer une victoire, le 29 septembre 1950, il organise une énorme opération, plus de 10 000 hommes, pour aller occuper Tay Nguyen, un ville au nord de Hanoi sur la route de Cao Bang. Opération réussie et fanfaronnée à grands renforts de trompette, réussie car il n'y avait plus de troupes Vietnminh à Tay Nguyen, elles étaient sur la RC 4. Résultat de cette brillante stratégie : alors que les français se faisaient tronçonner à Dong Khé, 10 000 de nos meilleurs hommes occupaient Tay Nguyen, où il n' y avait pas de viets à se mettre sous la dent, et qu'on a dû évacuer en 4e vitesse pour protéger Hanoi après l'abandon de Langson. Quant je dis qu'on aurait dû le fusiller ! | | | À: Larsay · 22 août 2013 à 13:27 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 16 de 50 · Page 1 de 3 · 4 824 affichages · Partager Bonjour,
je pense qu'il s'agit de Thai Nguyen et non de Tay Nguyen qui se trouve au sud du Viet-Nam. En tout cas merci pour ces petites leçons d'histoire très instructives pour ma part. | | | À: Larsay · 22 août 2013 à 23:45 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 17 de 50 · Page 1 de 3 · 4 806 affichages · Partager Bonjour Jacques.
Concernant les Thos sur la RC4 : ce serait mi-1948 que 2 sections Thos et une section Nung parachutistes sont formées à Cao Bang à base de partisans venant des Formations Indochinoises. Elles sont commandées à leur création par les S/Lts Dabezies et de Buyer, puis ultérieurement par les les lieutenants Romblay et Chaumier (ce dernier on le retrouve sur des photos à Na Cham en 1950) Novembre 1949 Après le repli des "antennes de Cao Bang" Ces 3 sections quittent les Formations Indochinoises pour rejoindre l'unité parachutiste Tho formée à Lang Son.Unité d'intervention de la Zone Frontière, celle ci opère au profit des secteurs de Lang Son et de Cao Bang. Juin 1950 intervention dans le secteur de Cao Bang avec le 3eBCCP 17 Septembre 1950 Parachutées à That Khe en même temps que le 1er BEP, elles renforcent la défense de la garnison. 9 Octobre 1950 Elles participent à la défense du poste et du pont De Song Ky Cong, attaqués dans la nuit du 9 au 10. 10-11 octobre 1950 Avant-Garde de la colonne de repli de la garnison de That Khe - elles traversent le Song Ky Cong à gué, et rejoignent Na Cham le 11 au matin. 12-18 Octobre 1950 Elles assurent la défense du terrain d'aviation de Lang Son, avant l'évacuation de la garnison. Elles sont par la suite intégrées au 10è BCCP.. Devinez ou j'ai trouvé cela 
Ce WE j'ai trouvé chez un bouquiniste : "La Bataille de DONG KHË" de Erwan Bergot et l'on retrouve aux dates du 10-11 octobre la Cie Tho en action.
En fait comme vous l'écriviez ils ne sont pas originaires de cette région mais affectés dans ce secteur.
Les 2 livres comportent des photos de ces sections Tho et Nung. Il y avait aussi à Cao Bang une cie de supplétifs Thaï.
A plus pour tes récits | | | À: Anhho · 23 août 2013 à 4:58 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 18 de 50 · Page 1 de 3 · 4 801 affichages · Partager Vous avez raison, il s'agit bien de Thai Nguyen ; je me trompe souvent car, dans toute la région, ce ne sont pas des thaïs mais des Tay (même souche à l'origine mais les Tay sont rentrés au Vietnam bien avant les thaïs).
PS. Si toute cette histoire vous intéresse, mettez la main sur les 3 livres de Lucien Bodard L'Enlisement, l'Humiliation et l'Aventure ; c'est fantastique à lire (Bodard était le correspondant de France Soir pendant toute la guerre d'Indo ; ses 3 livres se lisent comme un reportage de grand reporter). | | | À: Henon21 · 23 août 2013 à 5:07 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 19 de 50 · Page 1 de 3 · 4 798 affichages · Partager J'ai fait d'autres recherches et tous les livres d'ethnologie confirment bien que les Tho, apparentés aux Muong, avec 3 groupes principaux, les Kéo, Mon et Cuoi, se sont installés dans l'ouest des provinces de Nghe An et de Thanh Hoa, au sud du delta du fleuve Rouge. Il semblerait donc qe nous ayins amené dans la région de Cao Bang des partsisans Tho venant de cette région... et des demoiselles, Jean Axelrod parlant desdites demoiselles de BMC dans son excellent livre -A LIRE - Marie casse-croûte (livre passionnant vu qu'Axelrod avait été nommé Gouverneur de Cao Bang et a reconstruit la ville détruite en 1945 ; il y raconte donc toute l'épopée de la Légion à Cao Bang, ainsi que les histoires de convois sur la RC 4). | | | À: Henon21 · 24 août 2013 à 8:03 Re: Tour historique de la RC 4 entre Lang Son et Cao Bang Message 20 de 50 · Page 1 de 3 · 4 770 affichages · Partager Je me suis trompé en écrivant cela :
Bloqué au sud de Dong Khé, la colonne Lepage se retrouve coincée en haut d’une falaise de 300 m surplombant la petite vallée de Coc Xa ; la colonne Chartron se retrouve bloquée également dans la cuvette de Coc Xa,
C'est le contraire ! Lepage ne pouvant pas reprendre Dong Khé et assailli par les viets est descendu dans la cuvette de Coc Xa et Chartron, qui arrivait par les crêtes Sud, où il était en relative sécurité, est descendu après dans la cuvette suite aux messages radio désespérés de demande de secours de Lepage, dont la colonne se faisait tronçonner à Coc Xa ; si Chartron avait continué sur les crêtes au lieu de secourir Lepage (alors qu'il était déjà trop tard), il s'en serait sorti car les viets n'avaient pas encore bloqué l'accès au tout proche That Khé, encore aux mains des français. | Discussions similaires sur le Vietnam: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 628 visiteurs en ligne depuis une heure! |