en 1er lieu, merci à l'auteur de ce sujet de me permettre de répondre à votre question.
Je re-situe :
A vrai dire, je ne suis pas un enfant d'expatriés dans le sens actuel du terme.
Je suis l'enfant d'une personne (mon père) qui a fait toute son existence en
Asie du Sud-est et d'une mère qui n'est pas expat mais autochtone.
Mon père de part son métier, était fréquement muté et ce parfois en pleine année scolaire.
Ici en
France, quant ça arrive les familles ont la possibilté d'opter pour ce que l'on appelle le céliba-géo (Monsieur part remplir sa mission de plus ou moins longue durée et madame reste en
France avec les enfants pour assurer la continuité de la scolarité en général et ce, de plus, avec les risques inérants au couple en lui-même (" loin des yeux, loin du coeur ")
En Asie à cette époque, quand mon père était muté (et cela pouvait avoir lieu 2 fois dans l'année, peu importe les étâts d'âmes, il avait signé...c'est pour en ch***

) dans une autre ville ou un autre pays : on suivait.
Donc en vrac et principalement :
tchiao les copains, au revoir, c'est promis on s'envoie des lettres et grosses grosses bises au 1er petit flirt (eh oui, c'est beaucoup plus précoce que l'on pense même si les bisous sont sur les joues

) Parfois de nouveaux copains et copines que l'on a reconstitué il y a à peine 4 ou 5 mois.
Il faut souligner également, le fait que quand c'est dans une grande ville, les copains peuvent également être des enfants d'expats un peu plus aisés et qui vont en grandes vacances en métropoles. Eux ne voient plus les copains de l'année scolaire pendant 2 mois comme ici mais pour mon cas par exemple, 2 mois après leur retour en Asie, on se disait tchiao. Donc en fin de compte on avait des amitiés qui duraient 4 mois dans l'année.
Ainsi on apprenait vite à ne pas s'attacher à quelqu'un vu que les ruptures étaient douloureuses.
Aussi plus tard et plus grands, les 1ères ruptures sentimentales sont inscrites à jamais dans un petit coin de notre coeur (notre petit jardin secret)
Côté scolaire pure :
il m'est arrivé de faire 2 voire 3 établissements en 1 année scolaire. Je vous passe les difficultés quand au suivi du programme chez l'un et la suite chez l'autre et encore quand il y avait un fil conducteur. Et comme par la suite je n'étais pas parmis les plus brillant, on ressent vite malgré le jeune âge, le pourquoi on est largué.
J'avais beau aller à des cours de remise à niveau chez Untell ou Untelle le soir après la journée d'école, je ne suivais plus car de plus pendant que je me concentrais sur la remise à niveau, je savais que de toutes les façons le lendemain à l'école officielle de tous les jours, j'allais avoir des difficultés.
je vous passe également les rentrées en cours d'année dans une école avec les 3/4 des élèves qui parlent le Kmer alors que je l'ai oublié depuis 3 ans pour mettre mis au viet si ce n'est la même histoire mais cette fois en laotien.
Je veux bien être un jeune enfant doué pour les langues mais il arrive un moment où rien que par le fait de passer mon temps à comprendre mes nouveaux copains de récrés, je passe à côté de choses basiques à apprendre sur le plan purement scolaire.
Plan purement psy et ses conséquences :
En un je ne vais pas passer mon temps à ne voir que le mauvais côté des choses.
Donc je dirais : effectivement riches expériences. J'ai côtoyé des personnes et des tribus diverses et mangé tous ce qui étaient humainement mangeables et ce sans tabous ni répulsion. Je n'ai pas un nez qui trahit un non-verbal lorsque je renifle une saumur de crevettes (mam-tom) ou un pur produit de Phu-Quoc

Je mange le riz collant avec les doigts et déchire la viande séchée puis grillé avec les dents.
Quand il le faut je fais du bruit en mangeant et adore accompagner les plats d'un bouillon, etc...
Je sais me laver avec une calebasse et un tonneau d'eau tout en ne souillant la réserve.
Je continue à mettre des sarongs à la maison et les enfants peuvent me grimper dessus.
quand je cause avec des autochtones, s'il n'y a pas de chaises, cela ne me dérange pas je sais m'assoir sur mes talons, les bras ballants sur mes genoux.
J'enlève mes claquettes quand je rentre chez quelqu'un, mes enfants et ma femme idem, etc...
Face à une situtation stressante, je sais mettre de la distance et possède une certaine capacité de résilience.
Par contre :
Lorsque je suis arrivé en
France, j'ai appris au travers des conversations un des 1er aspect de ma personne :
l'instabilité congénitale.
Et oui, on cause en
France, mais on met vite des étiquettes aussi, on classe rapidement et quand on arrive pas à classer, on est embêté alors on emploi des terme comme celui celui là ou bien celui de personnalité atypique...

Et oui, jamais plus de 2 ans dans la même entreprise et pour les plus sérieuses, celle qui savent garder leur personnel.
Dans certaines boîtes c'étaient le mois voire 15 jours.
Mon record : 1/2 journée et encore cadeau des heures de la matinée effectuées.
J'avais dit à ce patron que j'arrivais d'un pays où nous avions l'habitude de courber l'échine mais que nous ne baissions pas notre pantalon pour autant

Toujours une envie de bouger, de voir d'autres horizons, d'autres personnes, de vivre des expériences conjugales différentes à chaque fois. J'en ai souffert et ai fait souffrir des personnes qui pensaient qu'à les côtoyer j'allais m'assagir.
Oui je me suis calmé, la Quarantaine passée... et pourquoi,
Parce que j'ai rencontré une personne qui ne m'a jamais mis la pression, jamais demandé la réussite social (rien à faire du monospace à partir d'un enfant et d'un labrador)
Une personne qui n'a jamais employé le mot " instable " à mon égard.
Elle ne m'a jamais demandé de l'enmener dans des endroits exotiques ni de lui faire un enfant.
Qui ne m'a jamais demandé de cuisiner des plats exotiques sous prétexte qu'ayant vécu là-bas que ce devait être inné.
Face à cette instant magique comme on en découvre au détour d'un chemin face à une plante, un lagoon ou un poisson coloré, je me suis dis que j'allais posé mes valises et adieu pour un moment la
Norvège, les Fjords, le désert californien, l'
Afrique du Nord, la
Russie, la Forêt Noire, La Savoie ou les bords du Léman.
Car en fin de compte mon bonheur n'était pas là dans mes ballades géographiques sans fin ou dans quelques herbes exotiques mais dans un village de
France.
Avec mon épouse nous avons d'adorables enfants.
Dans la Pyramide de Maslow, nous en sommes à nous réaliser.
Donc, ce n'est pas à ce moment là que je vais de nouveau répéter le schéma paternel.
J'ai réussi à tourner une page, à faire le tour de cette instabilité congénitale, ce n'est pas le moment vis à vis de femme et enfants de retomber dans les mêmes galères (j'ai dit que j'allais faire court, donc je passe sur les moments de galères familiales dans le fin fond de Paksé ou de Xuan-Loc) galères cependant réactualisées au goût du jour sur son lit d'anarques (3 fois mes parents sont repartis financièrement à zéro en notre présence. Ah, c'est certain, on en est pas mort. Mais c'est assez à ce jour sans pour autant désirer vivre dans un confort et une sécurité à tous niveaux)
Voilà un peu le résultat de la vie d'un enfant par monts et par vaux.
Aussi, je parle ici pour moi.
Cependant, nous avons réussi à nous retrouver les Eurasiens de notre bande de
Saïgon au boûts de pratiquement 35 ans de recherches chacun dans son coin.
Sur une dizaine de garçons (je pourrais parler des filles une autre fois) je suis le seul marié une seul fois (sur le tard certe) Tous en sont en moyenne à une 2ème famille voire 3 progénitures de 3 lits différents.
Tous porte une plaie jamais refermée en eux.
30% ont connu un traitement psy
1 s'est suicidé
1 est chez Chrishn*
1 est aux neuroleptiques majeurs
Au niveau entreprise, nous avons pratiquement en commun le fait de ne pouvoir à un haut niveau, supporter une pression collègiale. Expert en son domaine mais seul dans son coin.
En ce qui concerne les enfants de cette génération : c'est pas trop mal dans l'ensemble malgré tout.
Les parents ayant par réflexe su rester pudique.
A la prochaîne