| Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Songsam · 24 novembre 2025 à 11:56 · 21 photos 58 messages · 15 participants · 2 393 affichages | | | | À: Songsam · 1 décembre 2025 à 16:32 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 21 de 58 · Page 2 de 3 · 611 affichages · Partager Le pont
Nous ne sommes restés à Mandalay que pendant la journée pour visiter ce qu'il y avait à voir. Vers 23h nous reprenons la voiture pour un nouveau trajet nocturne jusqu'à Pagan qui ne devrait pas durer plus de 5-6 heures si nous n'avons pas de panne(s) (j'ai espoir), ce qui nous ferait arriver à destination de très bonne heure. Le temps de poser nos sacs dans un guesthouse et de faire un brin de toilette et on sera sur les pagodes au plus tôt, à l'heure idéale de la matinée pour la bonne lumière permettant les bonnes photos. D'ici là nous en sommes à notre deuxième nuit consécutive sans dormir dans un lit et la visite de Mandalay et de ses alentours s'étant faite à un rythme soutenu, on est épuisés. L'occupation de la "chambre" est encore la même: une (toujours la même) devant et à l'arrière une fille sur chaque banquette et entre les deux, au sol, les 2 gars et la quatrième fille. Malgré l'inconfort dû aussi à l'état de la route on s'endort facilement.
L'arrêt du bruit du moteur et des secousses me réveillent: on ne roule plus. Je ne bouge pas, j'attends la suite. En tendant un peu l'oreille j'entends Sonny qui discute avec des voix inconnues. Je m'assois et regarde: les flics. Leur discussion se prolonge, ce qui est mauvais signe. Je descends et, la tête dans le seau, vais au nouvelles. Avant même de parler j'entr'aperçois déjà le problème: nous avons un pont à franchir mais son accès est fermé par une barrière que les pandores semblent être chargés de garder baissée. C'est ennuyeux car il doit en être dans la police comme dans l'armée, ce n'est jamais aux + intelligents éléments que l'on confie ce genre de mission. Sonny m'informe que la barrière ne sera levée qu'à 6h. Je regarde ma montre: il est 1h... J'essaye d'entamer la conversation avec celui des 4-5 flics qui semble être le + gradé mais sa réaction est de me demander mon passeport. Lit-il une autre langue que le birman? J'en doute. Entre temps mes pax se sont réveillés et sont désormais tous visibles. Je m'attends à ce qu'il demande qu'est-ce qu'un groupe de 6 touristes peut bien faire de nuit dans un tel transport de surcroit officiellement non habilité pour, probablement qu'il devine déjà la réponse et que ça sent les soucis pour nous dont Sonny et moi en particulier. Mais non, il me rend mon passeport, bon... Il n'en reste pas moins que nous sommes bloqués là et que ça ne fait pas du tout mes affaires, déjà car il ne nous dit rien du tout de poireauter pendant 5h en rase campagne et mal accompagnés mais aussi parce que ça va nous faire arriver à Pagan beaucoup + tard à la pire heure de la journée, or dans l'équipe se trouvent d'autres photographes. Conclusion: il faut que j'essaye la psychologie à ma façon...
Je vais à la voiture et y prends discrètement dans mon sac un paquet de cigarettes que j'ouvre et vide des trois quarts de son contenu. C'est la marque avec le cowboy, pour un birman un seul paquet coute l'équivalent d'environ 4 jours de salaire au cours officiel. Devant tout le monde j'offre une clope à Sonny, au chauffeur et chacune de mes ouailles. " non, merci, je ne fume pas" décline la première de celles-ci. " si, aujourd'hui vous fumez tous! Prenez-en une, allumez-là, faites semblant et ayez l'air détendusMais vu que j'ai fait en sorte qu'il ne reste que 5 cigarettes dans le paquet, il n'y en a pas assez. " ah zut, j'en ai plus" dis-je d'un air faussement marri en montrant le paquet vide pour bien les prendre tous à témoin, dont bien évidemment la flicaille qui ne perd pas une bouchée de la scène mais comme "ils sont en service" je ne leur en ai pas offert... Je retourne à mon sac, le sors de la voiture, plonge la main dedans et en ressors par erreur volontaire 2 paquets, soit un de trop que j'offre à Sonny de l'air du gars qui a le coeur sur la main et préfère agir ainsi que de se faire suer à remettre le paquet dans le sac. Je finis la distribution à ceux de mes G.M. non encore servis. Je les regarde amusé en train de faire semblant d'être fumeurs, c'est rigolo. Puis du geste j'avise Chauffeur " et toi, tu en veux aussi un paquet? Bien sur que oui, il le fumera ou le vendra. Re-plongée de ma main dans mon sac, en sors carrément la cartouche de façon bien visible de tous, en extrais un paquet et le lui donne. On continue de fumer tranquillos, parlant entre nous et ne montrant surtout aucune impatience. Les képis nous regardent. Puis au bout d'un moment, du geste: " vous en voulez une?Le chef répond affirmativement, les autres suivent. Je les sers en disant " j'aime bien cette marque-là, et vous?Sonny traduit, réponse positive. " je les ai achetées à bon prix à l'aéroport de Bangkok. Ici, çà coute cher? (je suis diabolique...) Réponse cette fois-ci ultra positive. Puis je regarde successivement la barrière baissée d'un air très ennuyé, la cartouche de clopes, puis eux. " vous en voulez un paquet?Question inutile, je fouille dans mon sac, trouve la deuxième cartouche et leur offre 2 paquets chacun.
Le chef adresse un signe à l'un de ses sbires, la barrière se lève, on remonte dans la voiture, on trace. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Songsam · 1 décembre 2025 à 17:53 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 22 de 58 · Page 2 de 3 · 605 affichages · Partager J’ai pris un vol pour Heho puis un taxi pour Aungban. Ensuite un bus jusqu’à Loikaw. | | | À: Songsam · 1 décembre 2025 à 21:19 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 23 de 58 · Page 2 de 3 · 593 affichages · Partager Alors ça Thierry, c'est ce qui s'appelle la jouer finement ! Je suis fan de ta capacité d'adaptation 😂 | | | À: Songsam · 3 décembre 2025 à 15:16 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 24 de 58 · Page 2 de 3 · 554 affichages · Partager L'avion.
Nous sommes à Pagan, au matin, après avoir hier visité en char à bœufs ses 10000 (effectivement, j'ai compté) pagodes puis ensuite passé une nuit réparatrice dans un guesthouse après 2 consécutives dans la voiture. Il est aux alentours de 9h, nous nous apprêtons à quitter la ville pour Kalaw, à environ 250km. Aujourd'hui sera donc une liaison de ville à ville en journée. Y'a-t-il moins de risque de se faire choper sur ce trajet-ci? Je ne sais pas, on verra bien.
Dès que nous sortons de l'hébergement nous sentons tous quelque chose de bizarre, inhabituel, les gens ont un comportement que nous ne connaissons pas en Birmanie, ils parlent plus et plus fort, je les sens agités, l'ambiance semble électrique, même Chauffeur d'ordinaire si discret et effacé parle. Nous sommes en train de charger nos sacs dans la voiture lorsque Sonny m'aborde: « ce matin un avion en provenance de Rangoon s'est écrasé durant son atterrissage« ??? » réagis-je. « habituellement ce vol est essentiellement rempli de touristes, est-ce que tu veux qu'on aille voir?Je réfléchis 5 secondes. « nonMa réponse semble l'embêter, lui irait bien zieuter... « l'aéroport est loin?« non, tout près.« vas-y si tu veux, avec Chauffeur, mais nous on y va pas, on vous attend là, ne soyez pas longs.J'apprends la nouvelle à ma petite bande qui s'en trouve bien sur abasourdie et lui explique la situation. On décharge nos sacs vite fait et nos 2 birmans partent avec le pick-up.
Une demi-heure plus tard ils reviennent, décomposés. « c'est horrible, ils sont tous morts. Sous le choc l'arrière de l'avion s'est séparé du reste, les gens ont été éjectés...Puis gêné et honteux, il ajoute tout bas « les corps encore intacts étaient nus...Je vois. « et les autres, ceux de l'avant de l'avion?Un temps passe, je le sens prêt à vomir. Chauffeur s'est éloigné, sûrement content pour une fois de ne pas parler anglais. « ils ont tous brûlé.Mes pèlerins ont eux aussi écouté la conversation. Nous sommes tous bouleversés, ne parlons pas, ne nous regardons pas, encaissons. Que faire par rapport à l'évènement? S'il y avait eu des survivants, j'aurais pu proposer de rester un jour de plus pour leur prendre un peu la main, quitte à chambouler la suite du périple, mais là? Et par rapport à mes ouailles choquées, que faire? Rien, je décide qu'ils s'en remettront. Ce qui par contre me turlupine est que l'avion ayant été plein de touristes, la nouvelle de la catastrophe risque d'arriver jusque dans nos contrées occidentales... Nous chargeons de nouveau les sacs et pouvons partir. Mais ne démarrons pas.
Sonny discute avec un gros flic, seul contrairement à l'usage, qui lui montre discrètement quelque chose que je ne parviens pas à voir. On attend. Leur discussion se prolonge, or on a encore 250 bornes à faire. De loin le flic nous désigne puis ils se pointent à l'arrière du pick-up. Sonny s'adresse alors à moi très gêné car il sait que dans le contexte de cette matinée particulière je vais piger et que ça ne va pas me plaire: « il voudrait savoir ce qu'il peut faire de çà...Le condé m'exhibe alors d'un air plein d'espoir un traveller-chèque SFCV de 1000 francs. Il n'en a probablement jamais vu auparavant mais il a compris que c'est du fric. Je regarde le traveller, il n'est revêtu que d'une seule signature alors que s'il en était bénéficiaire il y en aurait 2. Et de toutes façons qui aurait besoin de donner 1000 balles de surcroît en TC à un flic qui plus est birman alors que 2 paquets de clopes peuvent suffire pour le corrompre (vous connaissez mon expérience sur le sujet...)? « rien.Sonny traduit. Air dépité de l'autre qui pose alors une autre question: « 1000 francs, çà fait combien en dollars?« au moins 1500 » mens-je très sérieusement avec délectation. Et oui mon gros lard tu ne gagneras pas l'équivalent d'un ou deux ans de salaire supplémentaire de façon si inespérée. Sonny comprend tout de suite qu'au niveau conversion en $ j'ai raconté une grosse salade mais semblant aussi s'en délecter se garde bien de le dire à monsieur le gros enfoiré. Le détrousseur de cadavres s'en va, la tête pleine de rêves qui s'écroulent.
Mais je reste songeur : cette histoire de traveller en francs me laisse deviner que parmi les victimes de l'avion pourraient bien se trouver, entre autres, des français, ce qui me conforte dans mon idée que l'info sur le crash pourrait bien parvenir en France. Je retiens Sonny par le bras avant qu'il ne rejoigne l'avant de la voiture: « attends, on ne part pas tout de suite.
Il faut d'une façon ou d'une autre que ma petite bande rassure ses proches en France (et au Mexique!). Mais comment? Par téléphone? Si c'est possible, obtenir une communication risque de prendre des heures, alors 5... Par télégramme? C'est faisable ici? Je l'sens pas. Par e-mail? Zut de zut, ça n'a pas encore été inventé, comment arrive-t-on à vivre sans depuis des millénaires??... Je cogite et re-cogite.... Par swift? Ts ts ts, la Birmanie n'est pas concrètement reliée au système, je n'y trouverai pas de moyen d'envoyer un 999. Mais le coup du swift me donne une idée qui faramine.
Après leur avoir expliqué pourquoi, je demande aux membres de mon clube de m'écrire lisiblement sur une feuille les nom, prénom et n° de téléphone d'un proche et à Sonny de me trouver soit un bureau de poste important soit un centre de communications soit une boite suffisamment conséquente pour posséder... une machine télex. Avec ça je serai sûr que l'info est bien parvenue à destination et ce sera rapide (il me reste des cigarettes et des échantillons de parfum). A qui envoyer un télex? Et à quel numéro? Vous avez çà, vous, dans votre carnet d'adresses? Moi non. Mais je connais par coeur celui du service international de mon employeur (lequel n'est pas l'association de voyages qui m'a envoyé ici). Afin de perturber le moins possible l'opérateur birman qui transmettra mon télex, j'en rédige le texte en anglais pour expliquer succinctement la situation, y indiquer quoi faire à réception et y ajoute les coordonnées que mes filles et gars m'ont écrit. Dans ma boite, à Paris, ils savent où je suis et comment, je ne doute donc pas un instant qu'à réception de mon télex ils réagiront et prendront leur téléphone pour appeler les gens indiqués sur la liste, y compris au Mexique.
Une heure plus tard j'ai la copie du télex dans ma poche et nous roulons (enfin!) vers Kalaw.
Quelques jours après nous apprendrons que le pilote de l'avion faisait de la contrebande d'essence et que probablement par discrétion il n'en avait pas ajouté le poids conséquent dans l'ordinateur de bord dans son calcul pour l'atterrissage. | | | À: Songsam · 4 décembre 2025 à 17:26 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 25 de 58 · Page 2 de 3 · 534 affichages · Partager | | | À: Songsam · 5 décembre 2025 à 18:05 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 26 de 58 · Page 2 de 3 · 517 affichages · Partager Merci pour l'article et la suite du récit. Toujours aussi mouvement et passionnant à lire. | | | À: Songsam · 6 décembre 2025 à 16:33 · Modifié le 15 déc. 2025 à 14:42 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 27 de 58 · Page 2 de 3 · 496 affichages · Partager Dernière partie.
Après avoir quitté la vie trépidante de Pagan, nous poursuivons pour une nuit à Kalaw avant de parcourir tôt le lendemain matin la soixantaine de kilomètres qui nous séparent du lac Inlé. Après le reste de la journée passée sur le lac nous dormons à Taunggyi. Nous passons le 7ème jour dans le pick-up afin de rejoindre Thazi. Celui-ci étant le dernier passé avec nos 2 birmans, je décide pour fêter nos adieux d'ouvrir la bouteille de whisky que j'avais éventuellement à offrir en «cadeau» mais qui n'a finalement pas servi (je ne vais tout de même pas la trimballer de nouveau pour le vol retour...). Pour l'occasion Sonny et la mexicaine nous ont rejoints à l'arrière. Bien qu'un litre pour 7 ne fasse pas tant que ça, il y a quand même de l'ambiance...
Le soir nous sommes à la gare de Thazi afin d'y prendre le train de nuit pour Rangoon que je n'ai pu réserver plus tôt. Problème 1: trouver 6 places dans la classe la moins mauvaise au dernier moment. Me méfiant des fonctionnaires que je pourrais trouver au guichet, j'ai mis des échantillons de parfum dans la poche de mon jean et un paquet de cigarettes dans celle de ma chemise. Le guichetier m'informe qu'il y a de la place. Mais arborant un air soupçonneux il semble d'abord s'étonner que j'en achète 6 (il faut dire que dans ma situation je suis un peu gonflé sur ce coup-là...) puis finalement ne dit rien. Survient alors le problème n°2: je dois obligatoirement payer avec des Kyats obtenus au cours officiel, or la seule fois où j'ai changé officiellement était à Rangoon au sortir de l'avion parce qu'il était obligatoire de changer 100$ minimum, pour tout le reste je l'ai fait au noir au fur et à mesure du périple. Pour prouver que mes Kyats ont bien été obtenus légalement, je dois montrer la feuille qui accompagne chaque voyageur du 1er au dernier jour où chaque banque doit noter les montants changés, or à part les 100$ du début, la date de transaction indiquant que c'était il y a presque une semaine, la mienne est vierge. Je lui tends, il constate. Mais c'est lui qui est le plus gêné car depuis le début de ce circuit j'ai appris à mettre mes scrupules de côté. Pour lui ôter son embarras, je lui propose discrètement le paquet de clopes neuf que j'ai dans ma poche et 2 échantillons for your wife. Il va tout de suite mieux et accepte mes Kyats qu'on sait même pas d'où ils viennent, me rend ma feuille et me donne les précieux billets. Je retourne à l'extérieur pour rejoindre ma petite troupe ainsi que Sonny et Chauffeur (eux deux ne pouvant prendre le risque d'entrer dans la gare, tout le monde m'attendait dehors) à qui nous faisons nos adieux. Effusions, presque larmes, see you next time, puis ils remontent dans le pick-up et s'en vont vers je ne sais où à la recherche de nouveaux voyageurs à conduire.
Dans le train les sièges sont de type que l'on peut allonger presque horizontalement, pas de clim. Conformément à mes espérances, c'est la meilleure classe, les couchettes n'existent pas. Mises à part les nuées d'insectes qui volent autour des néons tout près de nos têtes, ça va. On parvient à dormir suffisamment pour arriver à Rangoon le lendemain (presque) frais et dispos.
En milieu de journée nous sommes à l'aéroport pour le vol retour. Théoriquement les officiers devraient vérifier que nos sommes de devises non birmanes restantes soient égales à celles de l'arrivée moins les montants changés en banque au fur et à mesure, ce qui avec les changes au noir que nous avons tous fait durant le voyage ne sera pas notre cas. Or ici je ne pourrai pas régler le problème globalement, mes baroudeurs devront se débrouiller individuellement. Je leur ai donc préalablement distribué à chacun plusieurs échantillons et 2 paquets de cette marque de cigarettes dont le nom est formé de 3 chiffres identiques, elle aussi appréciée des birmans et que j'avais conservé à cet effet. Je leur ai aussi expliqué ce qu'il ne faut pas faire pour être un «bon corrupteur», du genre dire à l'officier quelque chose comme «tiens prends ça et fous moi la paix», il faut y aller plus finement. Evidemment ça flippe un peu dans la troupe, jusqu'ici ils étaient habitués à me regarder faire, pas un ne bronche, même la mexicaine est devenue (très provisoirement...) muette. Dans une tentative de les rassurer je les préviens que j'irai en premier puis attendrai ensuite à côté qu'ils soient à leur tour tous passés. Mais finalement aucun contrôle de l'argent ne sera effectué, les gars se contentent juste de reprendre nos feuilles sans même les regarder: limite vexant! Ensuite passage devant les douaniers qui eux vérifient bien que nos richesses matérielles vérifiées et notées à l'arrivée sont toujours là au départ, ici on a bon donc pas de soucis.
Re-bus RATP, re-vol Burma Airways, adios Birmanie. Le voyage a été speed et intense mais c'était bien. | | | À: Songsam · 6 décembre 2025 à 23:41 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 28 de 58 · Page 2 de 3 · 481 affichages · Partager Je suis allée en Birmanie au début des années 2000. Ça a légèrement changé... 
C'était alors moins trinche que le Laos ou le Cambodge visités à peu près à la même époque.
Quasi normal pour un voyageur hormis le fait de la quasi inutilité de la carte bancaire.
Quoique... | | | À: Songsam · 7 décembre 2025 à 19:01 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 29 de 58 · Page 2 de 3 · 449 affichages · Partager Qui n'est pas passé par le Point de Mulhouse, parmi les voyageurs de notre génération ! Moi aussi... Vous 1987, moi 1984... Avez-vous entendu parler du circuit "Délivrance" ?... Comme vous j'ai ce problème, toutes des diapos dans les années 80, beaucoup, beaucoup, que je n'ai jamais scannées, en boutique trop cher.
A cette époque en effet pour la Birmanie le visa n'était que d'une semaine, je le savais car j'avais une amie qui avait parrainé une petite fille birmane et elle s'y rendait, et c'est comme cela que j'ai commencé à m'intéresser à la Birmanie, où je ne me suis rendue (sorry, au Myanmar) qu'en.... 2012, à deux filles, complètement en libre avec les transports locaux. Visa de 28 jours, un Air Asia depuis Bangkok, cependant certaines régions restaient toujours interdites aux touristes, et dans certains endroits je me suis sentie "surveillée". Il y avait une main-mise des agences de voyage qui réservaient la totalité des souvent seulement 20 chambres des guesthouses pour un groupe, ou des voyageurs indépendants mais qui bookaient tous leurs hôtels au travers d'une agence. Mais ça n'a pas été trop galère et ça s'est bien passé, avec beaucoup de rencontres. Et un sacré tour quand même du nord au sud. Maintenant le Myanmar, c'est à nouveau "compliqué". On en a eu de la chance d'y être allé ! | | | À: Horizont · 8 décembre 2025 à 16:20 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 30 de 58 · Page 2 de 3 · 412 affichages · Partager moi 1984... Avez-vous entendu parler du circuit "Délivrance" ?...
Non, mais quelqu'un en parle dans ce blog, voyage effectué en 1984 justement: jocie.free.fr/..._rca/page15_rca.html | | | À: Songsam · 8 décembre 2025 à 18:27 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 31 de 58 · Page 2 de 3 · 402 affichages · Partager Quelle aventure ce voyage! C'était passionnant à lire, merci. Je suis allée au Myanmar en 2004, sans oser organiser le voyage moi-même. C'était un circuit avec Nouvelles Frontières, une dizaine de personnes averties qu'il ne fallait pas être exigeant sur le confort, les transports et la gastronomie! Ce fut passionnant, nous avions un guide francophone, partisan d'Aung Sang Su Khi qui était alors en prison. Ledit guide était ravi de pouvoir s'exprimer librement car les chauffeurs ne parlaient pas français, donc pas d'espionnage possible. Il nous faisait éviter les boutiques pour touristes qui appartenaient aux militaires et nous conseillait dans tout les sites de partager nos achats entre divers petits vendeurs pour aider un maximum de familles, plutôt que de les regrouper pour négocier un meilleur prix...qui nous aurait fait gagner 1 ou 2 €. Dans les sites importants nous étions accueillis au pied du bus par des enfants rieurs qui vendaient des babioles en disant en français "c'est joli, c'est pas cher et c'est moi qui l'ai fait'"! Ils étaient irrésistibles mais le guide avait prévenu: "s'ils gagnent de l'argent comme ça, ils n'iront pas à l'école". Évidemment nous avons visité beaucoup de sites et monuments merveilleux. Nous étions habitués aux voyages en Asie du Sud-Est, je suis amatrice d'artisanat: textiles, vanneries, bois sculptés... au Myanmar, je me suis éclatée. A l'époque nous avions droit à 25 kg de bagages par personne sur ThaiAirwais sans limitation du nombre de bagages. Je partais avec des grands sacs vides dans ma valise. J'ai rapporté quantité de choses, surtout des objets usuels comme cette hotte qui m'a servi de bagage à main au retour et que j'utilise comme réserve de papier dans les toilettes! J'ai acheté beaucoup de tissages, notamment des cotons fins, des grandes marionnettes somptueusement vêtues, des laques. Certains tissages étaient vendus de façon originale quand nous descendions l'Irrawady en bateau: des femmes sur de petites embarcations lançaient leurs tissus aux marins de notre bateau qui ne s'arrêtait pas, on achetait ce qui nous plaisait et les femmes récupéraient l'argent et les invendus quand le bateau faisait le trajet de retour. Autre souvenir, flippant celui-là: la conduite du bus en montagne ! Nous avions un chauffeur et un aide chauffeur...parce que la circulation se faisait à droite mais le bus avait le volant à droite aussi, donc le chauffeur ne voyait rien quand il fallait doubler, notre survie dépendait de l'aide chauffeur De plus les routes étaient défoncées, il subsistait au mieux 50cm ou 1 m de bitume au centre de la chaussée, ce qui fait que la conduite à droite était théorique comme le raconte aussi Songsam presque 20 ans plus tôt. Nous avons même roulé de nuit en montagne suite à une panne ou crevaison, évidemment une grande partie de ce qui circulait sur la route n'était pas éclairé. J'étais assise près d'une fenêtre sur la gauche du car, je vois encore les petites lumières des villages au fond du précipice quand le car roulait à gauche au lieu de la droite! Le guide nous a dit qu'on aurait eu plus peur de jour!
Merci de m'avoir replongée dans ces souvenirs.
J'ai utilisé des tissages pour faire des coussins
Bol ultra fin et souple, technique traditionnelle: armature en fines lamelles de bambou, tissage de crin de cheval recouvert de laque véritable (résine d'arbuste), décoré à la feuille d'or.
cantine traditionnelle en vannerie laquée et gravée qui servait à transporter les repas. Et balle en vannerie pour le jeu populaire, appelé takraw en Thaïlande. | | | À: Gaura · 9 décembre 2025 à 14:34 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 32 de 58 · Page 2 de 3 · 376 affichages · Partager je suis amatrice d'artisanat: textiles, vanneries, bois sculptés... au Myanmar, je me suis éclatée.
Je ne rapporte jamais de souvenirs mais mes co-aventuriers ne s'étaient pas gênés. Il faut dire que ça ne leur coutait pas cher car souvent ils les troquaient contre la monnaie d'échange que représentaient les échantillons de parfum dont les birmans raffolaient. Une fois j'ai même payé tout un repas (pour 8) avec 3-4 d'entre eux.
C'était passionnant à lire
Ce n'est pas tout à fait terminé, il me reste encore à achever le récit par un court épilogue, mais merci pour les fleurs. | | | À: Songsam · 11 décembre 2025 à 18:06 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 33 de 58 · Page 2 de 3 · 357 affichages · Partager C'est sympa, ce genre de carnet vintage et c'est toujours trop court pour le lecteur. Dire que maintenant nous faisons les difficiles devant le moindre aléa... | | | À: Songsam · 12 décembre 2025 à 13:40 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 34 de 58 · Page 2 de 3 · 342 affichages · Partager Epilogue.
Au retour à Bangkok, ma prestation est terminée. J'ai eu la chance de n'avoir aucun casse-pieds dans la troupe, heureusement car cela aurait pu compromettre le bon déroulement d'un circuit effectué dans ces conditions si particulières. Nous gueuletonnons tous ensemble. Certains doivent prendre leur vol retour sur Paris le jour d'après, les autres ont encore quelques jours à tuer sans savoir vraiment où et il me reste 2 semaines. Le lendemain je dois aller sur Silom au bureau de Bkk de l'agence pour qui j'ai accompagné, les autres vont qui prendre leur avion, qui visiter le Wat Phra Keo. Le soir ces derniers se joignent à moi dans un train pour Chiang Mai. Là-bas je leur fais visiter le peu que je connaisse (ce n'est alors que mon 2ème séjour dans cette ville). 4 jours + tard ils prennent un vol matinal pour la capitale après m'avoir laissé à la réception du guesthouse une petite lettre toute gentille pour me signifier qu'ils sont contents de leur voyage, je l'ai toujours. Nous ne nous sommes jamais revus.
Je continue seul vers Chiang Rai. | | | À: Songsam · 12 décembre 2025 à 22:38 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 35 de 58 · Page 2 de 3 · 331 affichages · Partager Merci pour ce partage d'aventure avec un grand A Thierry. Et aussi, comme beaucoup ici, pour le rappel à mes souvenirs d'un pays cher à mon coeur. J'espère vraiment qu'ils finiront par trouver la paix ! C'était quand ta dernière fois en Birmanie ? | | | À: Solene40 · 14 décembre 2025 à 13:15 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 36 de 58 · Page 2 de 3 · 304 affichages · Partager Je n'y suis jamais retourné. Sauf une fois en 2010 en douce pour photographier la metering station du gazoduc Total, mais c'était juste de l'autre côté de la frontière et je n'avais pu rester qu'une heure à cause d'un troufion birman qui montait la garde en n'ayant de cesse de m'enquiquiner.
"A propos de TotalEnergies au Myanmar" totalenergies.com/...se-retire-du-myanmar
La metering station côté birman:
et son pendant côté thaï:
Le gazoduc lui-même est souterrain, plaque qui en marque l'emplacement:
| | | À: Songsam · 14 décembre 2025 à 14:27 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 37 de 58 · Page 2 de 3 · 297 affichages · Partager Merci pour ce récit, bien écrit et qui ravive quelques souvenirs....et de mon côté ce que je me rappelle de ce pays est plutôt flou, et tu m’as fait revenir le souvenir des paquets de cigarettes cadeau/corruption......bravo pour la mémoire !
Ou tu écrivais un carnet au jour le jour ? | | | À: Songsam · 14 décembre 2025 à 18:44 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 38 de 58 · Page 2 de 3 · 286 affichages · Partager Je ne rapporte pas de "souvenirs" au sens habituel du terme. Je suis fascinée par le fait que dans toutes les cultures on a réalisé avec des moyens limités, des objets utilitaires de toute beauté. Ils sont fonctionnels et aussi décorés pour être beaux. Par exemple le laque extrait des arbres recouvre les vanneries pour les rendre imperméables et les utiliser comme récipient pour la cuisine, ou pour conserver les semences de céréales à l'abri des rongeurs. De même que les poteries fragiles sont recouvertes de vannerie ou de savants tressages de corde pour les transporter facilement et éviter la casse si elles s'entrechoquent. On trouvait des tissages et des vanneries magnifiques partout mais je savais que cela allait disparaître avec le "progrès" technique et j'éprouvais le besoin de conserver ces savoir-faire. Ce que j'ai acheté il y a 35 ans dans les ethnies thaïlandaises ou il y a 20 ans au Vietnam ne se trouve maintenant que chez les antiquaires. Les "souvenirs" vendus actuellement sont fabriqués dans les usines chinoises, j'ai vu les Hmongs en Thaïlande ou au Vietnam assembler des sacs de pompons et de sujets en tissu venus de Chine pour nous fabriquer des guirlandes qui étaient étiquetées "artisanales" dans des boutiques "humanitaires" et sur les fameux marchés de nuit dont les touristes raffolent. Je suis contente d'avoir vu ces pays avant que leur artisanat disparaisse, mais je trouve normal que les ethnies minoritaires comme ils disent, souvent méprisées par le pouvoir politique, puissent améliorer leurs ressources et leur niveau de vie. Avec le contenu de mes armoires, je pourrais faire un musée des textiles d' Asie du Sud Est et de Roumanie...J'ai des sarongs, des châles de mariées, des porte-bébés, des sacs et des coiffes en tous genres, achetés directement à celles qui les ont faits à un prix qui respectait leur travail. Dans ce sens-la ce sont de vrais "souvenirs" de qualité pour moi. | | | À: Dennis2 · 15 décembre 2025 à 15:09 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 39 de 58 · Page 2 de 3 · 265 affichages · Partager et tu m’as fait revenir le souvenir des paquets de cigarettes cadeau/corruption....
Est-ce que lorsque tu y es allé leurs billets de banque étaient encore de valeur faciale brisée?
Ou tu écrivais un carnet au jour le jour ?
Non, ni en Birmanie ni ailleurs. En plus je déteste écrire, ça vient du fait que bien que né gaucher mes parents m'ont forcé à apprendre à écrire de la main droite. | | | À: Songsam · 15 décembre 2025 à 16:43 Re: Vieilles péripéties (ô combien!) birmanes. Message 40 de 58 · Page 2 de 3 · 257 affichages · Partager Hello, non aucun souvenir de la monnaie à l’époque......ton récit m’a rappelé qu’il fallait donner des cigarettes à l’aéroport en arrivant pour éviter le change obligatoire....ils devaient se faire des fortunes en revendant toutes ces clopes les officiers..... | Carnets similaires sur la Birmanie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 992 visiteurs en ligne depuis une heure! |