Bonjour,
Et ça prouve (encore une fois) que les compagnies aériennes "essaient" faire un coup - et souvent ça passe... (dommage pour les passagers)....
Bonjour,
Il ne s'agit pas vraiment de "faire un coup", mais plutôt d'un trou dans la réglementation. Pour rappel, le droit, c'est au mot près, et à la virgule près.
Article 5 du règlement 261/2004 du Parlement européen et du Conseil (encore en vigueur jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau règlement, dans un an), je cite :
" Annulations
1. En cas d'annulation d'un vol, les passagers concernés:
a) se voient offrir par le transporteur aérien effectif une assistance conformément à l'article 8;
b) se voient offrir par le transporteur aérien effectif une assistance
conformément à l'article 9, paragraphe 1,
point a), et paragraphe 2, de même que, dans le cas d'un réacheminement lorsque l'heure de départ raisonnablement attendue du nouveau vol est
au moins le jour suivant le départ planifié pour le vol annulé, l'assistance prévue à l'article 9, paragraphe 1,
points b) et c), et [..]" fin de citation.
Il y a donc deux cas distincts. Le premier cas n'ouvre droit qu'à l'article 9, paragraphe 1,
point a), et paragraphe 2. Seul le deuxième cas (réacheminement au moins le jour suivant) ouvre droit aux
points b) et c).
Article 9 (je cite) :
"Droit à une prise en charge
1. Lorsqu'il est fait référence au présent article, les passagers se voient offrir gratuitement:
a) des rafraîchissements et des possibilités de se restaurer en suffisance compte tenu du délai d'attente;
b) un hébergement à l'hôtel aux cas où:
- un séjour d'attente d'une ou plusieurs nuits est nécessaire, ou
- lorsqu'un séjour s'ajoutant à celui prévu par le passager est nécessaire;
c) le transport depuis l'aéroport jusqu'au lieu d'hébergement (hôtel ou autre).
2. En outre, le passager se voit proposer la possibilité d'effectuer gratuitement deux appels téléphoniques ou d'envoyer gratuitement deux télex, deux télécopies ou deux messages électroniques." fin de citation.
Or le réacheminement proposé
n'est pas le jour suivant, mais la veille. La logique voudrait que ce soit pareil, mais, droit et logique, ce n'est pas la même chose, même s'il n'est nullement interdit aux compagnies aériennes de faire un geste commercial (rare).
Dans le cas d'un vol annulé, que ce soit dans ce cas, ou dans un autre, la 1ère chose à faire n'est pas de contacter (ou répondre) à la compagnie aérienne. La toute première chose à faire est de vérifier sur
www.google.com/travel/flights
les autres vols disponibles, sans tenir compte des éventuelles escales, pour deux raisons.
La première raison est détaillée là (ne pas tenir compte de l'aspect indemnisation si annulation + de 14 jours avant) :
retardimportantavion.wordpress.com/...les-meill...
/
et exemple de procédure :
retardimportantavion.wordpress.com/...s-extraor...
La deuxième raison, qui correspond au cas soulevé ici, est de pouvoir proposer à la compagnie aérienne un autre réacheminement qui sera, très probablement, accepté sans aucune discussion, par la compagnie aérienne, sans aucun supplément à payer.
Dans le cas présent, il existait la possibilité d'un vol opéré par Air France, puis Delta, via
Paris (+ 1 autre escale) au lieu du vol KLM, puis Delta, via
Amsterdam (+ une autre escale), les deux vols à correspondance étant d'une durée totale comparable.
Air France, Delta, et KLM ont l'habitude de travailler main dans la main, et l'accord était quasiment certain d'avance, sans aucun supplément à payer.
Mais, une fois qu'un passager a accepté un réacheminement proposé, c'est définitif.
Par ailleurs, je souhaite rebondir sur un autre aspect du cas soulevé. Le passager nous dit avoir acheté un billet KLM à Air France - KLM tandis qu'il envisageait une action contre Air France - KLM.
Il est fréquent, devant le tribunal, de voir un passager sans avocat, avoir engagé une action contre Air France - KLM, ou contre Air France, alors que le vol était opéré par KLM. Pour rappel, Air France - KLM est une société holding et non une compagnie aérienne, tandis qu' Air France et KLM sont deux compagnies aériennes bien distinctes sur le plan juridique, même si elles appartiennent à la même société holding.
La plaidoirie du défendeur se résume toujours à, seulement, quelques mots : "Nous ne sommes pas le transporteur aérien effectif". Le juge ne peut que donner tort au passager qui a engagé une action contre une entreprise étrangère au litige, au lieu d'engager l'action contre le "transporteur aérien effectif", c'est à dire KLM.
Cordialement