Bonjour Spikywhy
J'espère que l'ambiance délétère ici ne vous a pas amené à renoncer au
Lesotho.
Voici des précisions concernant le tronçon de l'A3 entre Thaba Tseka et
Mokhotlong que j'ai emprunté il y a quelques jours.
Il y a cent dix kilomètres entre les deux villes et en voici l'état, dans le sens TT >
Mokhotlong qui serait le votre.
D'abord 78 kms de bonne route de terre et gravier, compte tenu du relief, compter deux heures. Passable en Peugeot 106.
Ensuite, 7 kms qui sont la montée et la descente du Menoaneng Pass. Cette partie est en moins bon état que lors de mon dernier passage en mars 2015. Il me sera confirmé, au village suivant, que la niveleuse n'est pas passée après la saison des pluies de cette année et nous verrons pourquoi. On progresse sur des cailloux mais le fond est ferme et sûr.
Il n'y a nul besoin d'un 4X4, de sa motricité et de son adhérence. Il faut progresser lentement en faisant attention où on met les roues pour ne pas toucher avec le châssis (de la même façon qu'un randonneur le ferait avec ses croquenots sur un chemin escarpé et caillouteux). Même en touchant, à cette vitesse il y a peu de risque de casser quoi que ce soit. Votre Qashqai ne doit pas avoir une garde au sol très inférieure à celle de mon Defender (la protection en aluminium installée pour protéger les organes vitaux est à 21 cm du sol) et votre châssis court sera un atout. Je suis passé en vingt minutes sans entendre un caillou, passez-y une demi-heure, il y a à voir. Plusieurs taxis minibus font la liaison et, entre l'état de leurs suspensions et le poids des quinze passagers, les châssis sont plus bas que celui d'une Polo. Ils progressent doucement, doucement, doucement -c'est par ailleurs une règle de conduite de base en situation difficile, quel que soit le support.
Suivent une douzaine de kilomètres de piste neuve. Le coin est en travaux et il vont refaire le passage du col plus tard, voilà pourquoi la niveleuse n'est pas passée.
Le parcours se termine par une douzaine de kilomètres de goudron.
Trois heures de roulage pur feront l'affaire mais il faut y consacrer plus de temps. C'est le dernier axe majeur du pays à ne pas être goudronné mais praticable sans 4x4 et c'est là, plus qu'ailleurs, que vous approcherez le
Lesotho rural, d'autant mieux que vous ne roulerez pas vite. Cette section est par ailleurs souvent considérée comme traversant parmi les plus beaux paysages du pays.
Françis et sa femme dont j'ai oublié le prénom -qu'elle me pardonne et ne me moleste pas- m'avaient précédé dans le col, avec cette voiture qui leur est précieuse. Ils procèdent à quelques réglages et comme ils forment un couple moderne, monsieur recoud une garniture et madame resserre les boulons à la clé de vingt deux. Ce sont eux qui m'ont expliqué ce que je rapporte plus haut.
Par contre, en arrivant à
Mokhotlong la progression devient difficile. Ces habitants d'un village voisin réclament le goudronnage de la piste qui y mène. Ils chantent, ils dansent, et après ils rouspéteront parce qu'il faudra ferrer les chevaux.
Si vous passez par là et que vous allez ensuite au
Sani Pass, vous pouvez le descendre sans 4X4, c'est non seulement devenu facile mais désormais autorisé (malgré la pancarte restée en place, juste à la barrière du poste du
Lesotho, qui indique « 4x4 only »). Jusqu'à l'an passé, seul le dernier kilomètre avant le sommet avait été refait (deux ans auparavant, après qu'il ait été emporté par les pluies). Depuis, les huit kilomètres qui conduisent au poste de police sud-africain ont été aménagés et comme le dit un policier hilare « maintenant vous pouvez le descendre avec une Corolla ». Le 4X4 est toujours exigé pour la montée. Une histoire de lobbying des compagnies de Underberg qui emmènent les touristes à la journée au
Lesotho avec leurs 4X4. Les mêmes qui essaient de faire capoter le vote du KwaZulu Natal pour le goudronnage de
Sani Pass. Pour l'anecdote, il y a trois ou quatre ans, je l'ai grimpé avec un Toyota 4x4, on m'a donc laissé passer. Après le poste (sans faire mon vantard, hein, juste pour le fun) je l'ai mis en deux roues motrices et j'ai grimpé ainsi, sans recourir au vitesses courtes. C'était chaud dans les épingles mais c'est passé.