À quelles occasions le voyageur peut - ou doit‑il - tenir compte des spécificités locales telles que les salutations, les remerciements, l'hospitalité, dormir, boire et manger, etc.?
Parmi les difficultés auxquelles le voyageur parti loin de chez lui peut être confronté, décrypter les us et coutumes locales en est une. Il n'est pas toujours évident, en effet, lorsqu'on est à l'étranger, de savoir ce qui est autorisé ou pas, ce que l'on peut faire ou ne pas faire.
Au delà des clichés habituels des uns et des autres ou des uns sur les autres, il n'en demeure pas moins que chaque culture ou population possède ses "spécificités sociales" dont il sera toujours utile d'en connaître les bases, et ce même si notre monde tend de plus en plus à s'uniformiser. Bref, à quelle(s) occasion(s) le voyageur peut - ou doit‑il - tenir compte de ces spécificités locales?
À l'évidence, plus on s'éloignera de chez soi et de sa propre culture et plus on se trouvera confronté à des fonctionnements différents vis à vis desquels il faudra plus ou moins s'adapter. Ce sera le cas notamment pour ce qui est des pays non‑occidentaux, lors de rencontres avec des populations aux traditions vivaces ou situées encore un peu à l'écart.
Même si le contact avec le monde extérieur reste limité, voire même inexistant, la tenue vestimentaire de même que l'attitude/comportement général sont les premiers éléments à prendre en considération (surtout si l'on est voyageuse). D'une certaine façon, cela demeure un peu le minimum au niveau du voyage (voire même de la vie de tous les jours), et ce quelle que soit d'ailleurs la destination.
C'est généralement via
sa tenue que s'établit le premier contact avec autrui. Si dans les pays occidentaux et quelques autres il n'y a en principe pas de problèmes (quoique certains lieux, notamment de culte, impliquent évidemment certaines limites), plus on en s'éloigne et plus il y aura de contraintes, d'où l'intérêt de s'habiller "neutre" le plus souvent en voyage.
Comme on peut s'en douter, ce sont avant tout les voyageuses qui seront les plus concernées. Au delà de pays plutôt "intégristes" en la matière (Iran, Pays du golfe...), une tenue jugées à tort ou à raison trop "sexy" pour l'endroit, un short, un décolleté ou même simplement des bras nus peuvent, entre autres, être mal perçus. Il en est de même lorsqu'il s'agit de se baigner.
Quant aux hommes, eux aussi devront faire attention à l'occasion, notamment par rapport au port du short ou de vêtements jugés "militaires".
Enfin, s'habiller local n'est pas forcément toujours des plus judicieux ou peut parfois vite tourner au ridicule. Outre le fait que certaines choses ne sont pas faciles à (bien) porter quand on est pas habitué (le sari pour les femmes par exemple), cela pourra entraîner à l'occasion quelques incompréhensions sinon moqueries de la part des gens du coin.
Comportement et attitude:
Sans parler bien sûr des extrêmes, des choses simples ou admises dans notre pays peuvent choquer ailleurs, et cela souvent sans que l'on s'en rende même vraiment compte.
Par exemple, s'asseoir par terre ou être allongé dans un lieu public, de même que d'être trop tactile (ou à l'inverse pas assez) lors de discussions, peut ne pas passer dans certains pays. Il en est de même pour ce qui est de l'attitude en public entre hommes et femmes (y compris à l'intérieur même d'un couple marié) et, à plus forte raison, si cela touche à l'homosexualité qui malheureusement n'est pas vraiment admise dans nombre de sociétés.
Et puis, logiquement, certains lieux (notamment de culte) ou événements particuliers (Ramadan entre autres) impliquent des choses à faire ou ne pas faire.
C'est bien sûr lors de rencontres formelles ou informelles que l'on devra à l'évidence faire preuve de discernements.
Salutations (et remerciements):
Tout contact commence généralement par des salutations qui, selon les pays, ne revêtent pas la même forme. De la bise à la poignée de main en passant par le simple signe de tête ou au contraire le laïus obligatoire sur la situation du moment de la famille, le panel des salutations est vaste. Sans oublier que l'ensemble peut s'accompagner de gestuelles spécifiques ou de nuances selon ses interlocuteurs et leurs places dans la "hiérarchie".
On retrouve un peu ce même principe au niveau des remerciements.
Lors d'une simple visite aussi bien que dans le cadre d'un hébergement chez l'habitant, là aussi des codes existent avec, selon le cas, des formulations, gestes, attitudes, voire cérémoniaux plus ou moins définis que sont censés appliquer chaque partie.
Et puis, bien sûr, l'hospitalité, surtout lorsqu'elle repose sur une notion de "gratuité", "d'échange" ou de "tradition", doit fonctionner sur un principe d'équilibre. Aussi bien en Europe qu'ailleurs, on n'est pas là pour profiter à outrance de celui qui offre l'hospitalité, à plus forte raison s'il ne dispose que de peu de moyens. En ce sens, la pratique de certains voyageurs soit‑disant désargentés visant à vivre quasiment au crochet des populations locales est assez pitoyable. À l'inverse, le visiteur n'est pas non plus une vache à lait prête à se faire dépouiller par tous et pour tout.
Au delà du type de "literie" (lit, hamac, nattes...), certaines traditions ou habitudes jouent sur la façon de dormir, même si en définitive le voyageur n'est que rarement concerné par cela (y compris en résidant chez l'habitant). On préfère ainsi dormir dehors (cour, terrasse) à certaines périodes chez certaines populations, et d'autres cultures font que tout le monde dormira ensemble dans une même pièce ou au contraire hommes et femmes séparés.
Il est à signaler que la notion d'intimité n'est pas forcément la même selon les cultures. Dans certains cas, celle‑ci pourra d'ailleurs être perçue comme limitée pour un occidental. Enfin, dernière chose, dans quelques pays ou hôtels, le fait de ne pas être marié peut obliger un couple à dormir dans des chambres séparées.
Au delà de l'attitude à avoir lors d'un repas, c'est surtout les traditions culinaires locales qui peuvent amener quelques questions: horaires, nombre et durées des repas, façons de manger, plats proposés, interdits alimentaires ou aliments originaux sont parfois autant d'éléments de surprises, sans oublier l'éternel "qui paye quoi".
Il en va de même, d'une certaine façon, pour ce qui est de se désaltérer lorsqu'il s'agit de traditions: de la cérémonie du thé à l'apéro‑maison ou l'alcool local en passant par l'importance sociale du pub/bar dans certains endroits.
En parallèle à tout cela, on notera aussi que même la simple utilisation des toilettes est loin d'être uniforme d'une société à l'autre.
Converser avec son hôte peut être parfois délicat pour le voyageur tant dans le fond que la forme. En effet, selon les pays et populations, la conversation ne revêt déjà pas la même importance et ne se fait pas sur les mêmes rythmes et avec les mêmes attitudes. Il faut aussi considérer les thèmes à aborder et le niveau "autorisé" à défendre ses positions qui varieront du tout au tout selon les endroits et les interlocuteurs (âge, sexe, origine, position sociale, vécu, etc) et leur degrés d'intimité/affinité. De telles disparités peuvent engendrer, à l'occasion, de gros problèmes de compréhension et d'acceptation des points de vue des uns et des autres...
Photos, marchandage et souvenirs:
Trois situations particulières pour lesquelles traditions et coutumes entrent également en jeux.
Dans de nombreux cas ou situations, la prise de photos peut poser problème dès lors qu'il s'agit de personnes. Partout chacun est libre de son image et, si traditionnellement telle population ou catégorie de personnes n'aime ou ne veut pas être prise en photos, il ne vaut pas la peine d'insister. Sinon, dans tous les cas, demander l'autorisation demeure la moindre des choses. Quant à payer ou offrir un cadeau en échange, la pratique est loin de faire l'unanimité, y compris chez les passionnés de la photo.
Le marchandage fait partie des traditions dans de nombreux pays. Dès lors, il n'y a aucun remord à le pratiquer même si bien sûr tout ne se marchande pas et qu'il faut garder en tête la valeur des choses et des sommes en jeux pour les uns et les autres.
Enfin, la chasse aux souvenirs ne doit pas déboucher sur le pillage du patrimoine naturel aussi bien que culturel d'une population. Là aussi, certaines règles sont à suivre pour éviter que soit fait n'importe quoi.

Chinatown, Bangkok, Thaïlande · © VoyageForum