
Nalesnik
Banlieue Parisienne, France

21 juillet 2008 à 17:36
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La règle de la conduite est simple en Inde: ça passe ou ça casse. Et c'est le plus gros qui passe: le camion et le bus ont priorité sur le minibus qui a priorité sur la voiture qui a priorité sur l'autorickshaw, qui a priorité sur la moto qui a priorité sur le vélo qui a priorité sur le piéton qui a priorité sur le chien, le singe, le paon, le chat et l'écureuil. Le char à zébus doit bien se situer quelque part dans cette hiérarchie routière, mais je n'ai pas encore bien compris où. Un poids-lourd indien est un "roi de la route", certains arborent même fièrement leur titre de "road king" écrit en grosses lettres sur une pancarte au dessus du pare-brise. Son chauffeur conduit comme un forcené, en klaxonnant sans arrêt, à un volume insupportable pour exiger que tout ce qui est plus petit que lui se pousse, si nécessaire dans le bas côté. Quand aux vaches sacrées, elles sont généralement effrayées par le klaxon, et s'écartent, évitant au "road king" de ralentir. La nuit, la plupart des chauffeurs de bus qui n'ont pas le temps de dormir, se maintiennent en éveil grâce à un stupéfiant nommé le "bhang" lequel ne leur garantit pas une concentration optimale. C'est à ce moment là que les tragiques accidents de bus sont les plus fréquents, lorsqu'ils quittent la route, ou heurtent un poids lourd dans le dos (car les camions n'ont pas de phares arrière), ou de plein fouet lors d'une manoeuvre de dépassement hardie. Au petit matin, sur certaines routes, l'on peut s'amuser à compter les carcasses de bus et de camions. "Very nice accident, Sir!" s'exclame à chaque fois votre chauffeur de taxi, s'il est un tant soit peu jovial. Un conducteur indien n'aime pas attendre ne serait-ce que 10 secondes, le temps que la visibilité se fasse, ni que la route se libère. Donc quand il est gros, il n'hésite pas à, passer en escomptant que les autres se poussent, et parfois c'est la cata. Pour le reste (chocs contre plus petits que lui), il est blindé, au sens propre et figuré. On ajoutera à cela que qu'il y a fort peu de panneaux de signalisation, excepté les éternels "sharp curve, go slow" (virage dangereux, roulez lentement) et autres "respect traffic rules" (respectez les règles de circulation). Quant aux panneaux indicateurs, qui sont situés à environ 1m du sol, quant ils ne sont pas cachés par un tas de marchandises ou d'ordures, ils sont souvent écrits, hors des grandes villes et des routes principales, dans la langue de l'Etat que vous traversez, avec son alphabet propre, ce qui interdit toute lecture. Il faut donc demander son chemin au passant, ce que font tous les chauffeurs de taxi plusieurs fois par jour, mais la majorité, voire la totalité des passants ne comprennent que la langue de leur Etat. Sans ami indien local, aucune chance de s'y retrouver, à moins d'avoir un GPS. Enfin, j'allais oublier, la vitesse moyenne d'un trajet automobile en Inde est de 40km/h.
Si tu ouvres tes yeux d'enfant, le voyage commence au seuil de ta maison
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