CHOBERLOO L'EXPIATION Choberloo! Choberloo ! Choberloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons;
D'un côté c'est la
Namibie et de l'autre le
Botswana.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Choberloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !
Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Grouchy !
- C'était Blücher.
L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme,
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,
Ne fut plus, dans les cris des mourants qu'on égorge,
Qu'un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Comprenant qu'ils allaient mourir dans cette fête,
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.
Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre,
Choberloo, ce plateau funèbre et solitaire,
Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,
Tremble encor d'avoir vu la fuite des géants !
RÊVE D'ENFANTNous repartons dans l'autre sens et tombons immédiatement sur des lions au bord de la route qui siestent sous un acacia, une lionne qui porte un collier, un jeune lion et 4 lionceaux, une autre voiture arrive, nous laissons la place.
Alors que nous longeons à niveau la rivière, je surveille distraitement un buffle sur ma droite,
je le passe, et, ah : un autre à gauche,
je le passe et, oh ! 2 autres à droite et encore d'autres à gauche ! Merde ! Nous sommes au milieu d'un troupeau ! Je m'arrête et me retourne, il y en a des dizaines derrière dans les buissons et des deux côtés, devant c'est pareil...autant continuer...
Nous serrons les fesses et avançons au pas sous le regard particulièrement stupide et borné de ces énormes ruminants qui donnent la désagréable impression de n'attendre qu'un prétexte pour vous rentrer dedans...
Mais c'est quoi le prétexte ?

Pour commencer, nous décidons de ne les regarder qu'à la dérobée, du coin de l'œil, l'allure est galinacesque, 5 km/h, pas plus, nous transpirons tellement qu'il doit suinter comme un filet de bave à l'arrière du véhicule nous faisant apparaître tel un énorme escargot, tant mieux : chacun sait que les buffles n'aiment pas les escargots.
Prions pour que ne viennent pas les cigognes...
Mètres après mètres nous progressons et finissons par sortir du pack. Ils étaient bien 200 !
Plus la journée avance, plus les buffles, éléphants et autres amphibies se rapprochent du fleuve, ça devient littéralement infréquentable, nous devons faire le plein de gaz et builder's world ferme à 17h30, ne traînons pas.
Pour sortir, il faut passer par les collines, la piste du fleuve est en sens unique, mais dans l'autre sens, nous nous engageons donc sur une piste perdue dans la broussaille, très sablonneuse, pénible où l'on ne voit pas grand chose.
Mais voilà, sentant sans doute ma lassitude, il est apparu, lui qui m'a fait rêver durant mon enfance quand nous compulsions ces petites encyclopédies animalières, les animaux d'Europe, les animaux, d'Asie, les animaux d'Afrique. Dans ce dernier ouvrage, l'un des hôtes du continent m'impressionnait tout particulièrement par sa superbe : l'hippotrague noir.
Alors que je m'escrimais dans le sable profond à monter cette fichue colline, il bondit devant la voiture, nous passe à peine à 10 m devant, un grand mâle noir de geai, énorme, et poursuit sa course dans le bush.
(cette photo n'est pas de moi)
Je m'arrête stupéfait.
"C'était quoi?" me demande t'on à l'unisson.
J'explique alors mes rêves d'enfant en relançant la voiture et scrutant les fourrés dans l'espoir de croiser à nouveau ce seigneur, ce n'est pas un, mais 15 d'entre eux qui nous passent à nouveau devant, plus petits, moins noirs, ils s'arrêtent un peu plus loin dans les buissons et nous observent.
Quel bonheur de les avoir croisés. Nous sortons du parc éblouis par cette journée et partons vers
kasane en quête du builder's shop.
ÇA COMMENCE A ME GONFLER CES PPM !Devoir gonfler une bouteille de gaz n'est pas en soi quelque chose de surprenant pour un plongeur comme moi, j'ai moi même un compresseur et regonfle régulièrement mes blocs de plongée.
C'est juste que pour le gaz, en
France, tu ramènes ta bouteille de gaz vide et tu pars avec une autre, pleine...
Là, tu arrives avec ta bouteille vide et tu repars avec ta bouteille pleine.
Admettons.
En allant vers builders world, je fantasmais le magasin comme un espèce de Castorama local, un Bricomarché, voir un Leroy merlin tout blanc, tout propre...après tout, leurs supermarchés sont tellement similaires aux nôtres !
J'arrivais donc dans la rue indiquée, avisais deux grands hangars encadrant une grille entrouverte. Un panneau indique clairement que c'est bien là.
Fichtre !
Derrière la grille, une guérite, autour de la guérite une vingtaine d'hommes fort gaillards, qui en uniforme builders world, qui en bleu de chauffe taillent le bout de gras, dans la cours encadrée par les deux hangars et la grille, un capharnaüm improbable constitués de divers produits de construction.
Je me retourne vers les passagères :
"Une volontaire pour..." Mais telles les légionnaires d'Asterix, elles regardent toutes au plafond en sifflotant."
"Déconnez pas les filles, ce sera plus facile pour vous, les hommes sont plus prévenant envers les filles, moi, à tous les coups ils vont me faire poireauter."
"C'est ça, tu enverrais ta fille en short traverser un groupe d'une vingtaine de mastars ? c'est du joli !"
"Ma fille, non...tu as raison... mais ma femme peut-être ?"
"C'est du joli !"
"Bon, ben c'est non alors ?"../
"Bon, ben j'y vais..."
Je me rapproche de la grille, ils ont laissé entrouvert, juste de quoi laisser passer 1 personne
Je me glisse dans l'interstice, ma minuscule bouteille de gaz brandie devant moi en guise de laisser passer.
L'effet fut immédiat, un gars en bleu de chauffe se précipite "yo wanna fill it si' ?"
"Euh yo nig...euh, je veux dire yes sir !"
" come with me" ce que je fis, il me conduit tout d'abord vers la caisse, je me félicite de l'avoir trouvé, car dénicher la caisse dans ce merdier, c'est déjà quelque chose, je paie pour un refil de 3kg, on me refile déjà un reçu et le gars me conduit à l'opposé, dans l'autre hangar, vers une espèce de cage où se trouve le préposé au gonflage (métier à haut risque que seuls acceptent de faire les condamné à la réclusion criminelle, à qui on ne demande, du reste, pas leur avis) Le bagnard prend ma bouteille bleue et l'entraine dans sa cage, il me la restitue peu après, plus lourde. Je file 5 PP à mon guide et quitte le monde des bâtisseurs.
Ils ne nous reste plus qu'à faire le plein et filer vers Senyati.
Rien à faire : pas de 50 ppm, aucune station n'en propose, je me résous donc à prendre l'abominable 500 ppm mais je décide de le filtrer, pour se faire, je sacrifie une paire de chaussettes que je confie au pompiste incrédule, lui demandant de chausser son bec de pompe.
Manifestement c'est une première !
Un doute me prend, il me confirme qu'en 5 ans de carrière, c'est la première fois qu'on lui demande ça.
J'en déduis qu'il ne voit pas souvent de Discovery...
Malheureusement, la pompe non plus ne l'entend pas de cette oreille, elle bloque !
Merde...
Je trouve une solution habile : remplissons les jerricans et je me fais fort de filtrer dans un deuxième temps.
Le gars me remplit donc mes deux bidons et me regarde intrigué les remettre dans le coffre emballés dans leur grand sac poub' 300 l en prenant garde à ce que le reste du chargement ne me tombe pas sur la gueule...
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