| Film: "Slumdog millionaire" Sozal · 14 janvier 2009 à 10:17 53 messages · 35 participants · 14 791 affichages | | | | À: Cellinnka · 22 mars 2009 à 15:31 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 41 de 53 · Page 3 de 3 · 2 535 affichages · Partager bonjour, ici sur l'île, on a vu Slumdog millionnaire avec plus de 2 mois de retard par rapport à sa sortie "continentale". Et encore, ce film est passé grâce à la bonne idée d'une association locale de cinéphiles qui organise un festival par semestre !!... 2 projections seulement, une salle comble, pleine d'ambiance, et dehors, plein de spectateurs qui n'ont pas pu rentrer.... Pour ma part un film assez fabuleux, même si certains l'ont perçu comme une daube à la bande originale digne d'une musique de supermarché... j'ai retrouvé l' Inde que j'avais découverte en 2003, voilente, cruelle et magique à la fois. Bravo Danny Boyle, qui a eu le mérite de faire éclater des tabous qui sans doute (mais je peux me tromper) n'apparaissent pas dans le cinéma 100% made in India : le traffic d'enfants, les maltraitances qui leurs sont faites.... un bon moment. C. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Sozal · 26 mars 2009 à 21:08 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 42 de 53 · Page 3 de 3 · 2 486 affichages · Partager Je n’ai vu le film que très récemment et alors que tous mes amis m’avaient dit « c’est GENIAL », c’est le CHEF d’OUVRE de l’année etc... En même temps l’Académie des oscars leur a donné raison ! J’ai beaucoup aimé le film car on y retrouve l’ inde des bidonvilles et que la réalisation est très soignée. Ceci dit le film que j’ai le plus aimé récemment avec l’ Inde en toile de fond c’est « The darjeeling limited » de Wes Anderson: chef d’œuvre !!! Je me permets d’ajouter dans ce post parce que j’ai retrouvé un article paru dans l’édition du journal « le monde » du 31 janvier 2009 (par Sylvie Kauffmann) qui m’avait fortement interpelé : « En Inde, tout finit souvent par un procès, et les plus grands succès hollywoodiens ne sauraient faire exception à la règle, au contraire. C'est ainsi que Christian Colson, producteur du film Slumdog Millionaire, Danny Boyle, son réalisateur, et la société de distribution Warner Bros viennent d'être informés par un tribunal de Bombay qu'ils font l'objet d'une enquête judiciaire pour avoir "heurté les sentiments des habitants des bidonvilles". La plainte a été déposée par un travailleur social, Nicholas Almeida, qui les accuse de "fomenter, au sein de l'establishment capitaliste, la haine contre les pauvres des taudis". Nicholas Almeida n'est pas seul dans sa croisade. Tapeshwar Vishwakarma, secrétaire général du comité d'action des habitants des bidonvilles, a choisi, lui, d'attaquer en diffamation deux compatriotes, deux grands noms de Bollywood, A. R. Rahman, compositeur de la bande-son du film, également connu sous le nom de "Mozart de Madras", et l'acteur Anil Kapoor, qui y tient l'un des principaux rôles, pour avoir appelé les Indiens des "chiens" et les habitants des taudis des "chiens de bidonville". Sans attendre l'issue de ces poursuites, les "chiens" ont commencé à manifester devant certains cinémas et à brûler des effigies de Danny Boyle. Slumdog Millionaire, sorti en France le 14 janvier, raconte l'épopée d'un gamin des taudis de Bombay qui, contre toute attente, triomphe dans l'émission "Qui veut gagner des millions ?". Paré de quatre Golden Globes et de dix nominations aux Oscars, considéré par le Wall Street Journal comme le "premier chef-d'oeuvre mondialisé du monde cinématographique", le film n'a été présenté sur les écrans indiens que le 22 janvier, mais la polémique a vite dépassé le combat des "chiens". Dans ce pays où le cinéma est roi, il n'est guère un critique qui n'ait donné son avis, un aficionado qui n'alimente le débat sur Internet, un acteur qui parvienne à se tenir à l'écart. Un film britannique glorifiant la misère des taudis de Bombay porté aux nues ? Pour certains, le choc est rude. Certes, le Gandhi de Richard Attenborough avait aussi enflammé Hollywood, qui lui attribua huit Oscars. Mais c'était une coproduction anglo-indienne, et, surtout, l' Inde de 2009 n'est pas celle de 1982. Même touchée par la crise financière mondiale, l' Inde du XXIe siècle a la croissance ambitieuse, une classe moyenne dynamique et un peloton de milliardaires de choc. Le héros bollywoodien est généralement beau, branché, riche ou en passe de le devenir. Et voilà Danny Boyle accusé de donner dans le "poverty porn", le "porno de la pauvreté". Le critique de cinéma Gautaman Bhaskaran déplore cette oeuvre "qui rabaisse l'Inde pour flatter l'autosatisfaction du monde blanc". "Ce film, c'est l'Inde vue par les Blancs, commente un internaute sur son site. Le problème, c'est que si le film gagne un Oscars, aux yeux du monde cette Inde des Blancs devient l'Inde, la vraie." Le grand acteur Amitabh Bachchan laisse écrire sur son blog que le film "provoque dégoût et douleur chez les nationalistes et les patriotes". Le magazine Outlook India reproche à Danny Boyle "son obsession de la merde" - déjà observée dans un autre de ses films, Trainspotting - à propos d'une scène où l'enfant plonge dans les excréments pour aller arracher un autographe de son idole, Amitabh Bachchan, précisément : "La tendance du jour, c'est de montrer le bas-ventre de l'Inde, l'Inde qui ne brille pas."D'ailleurs, comment expliquer autrement qu'une industrie aussi prolifique que Bollywood ne décroche jamais un Oscar ? Autrement dit, le même film réalisé par un Indien aurait-il eu autant de succès en Occident ? D'autres critiques se placent plus sagement sur le terrain esthétique. Slumdog Millionaire, ce n'est ni Los Olvidados, de Buñuel, ni Cidade de Deus, le film brésilien sur la violence des favelas, disent-ils. "Un film correct, pas un grand film", auquel le public indien fait pour l'instant un accueil prudent. Intellectuel de Bombay, homme de théâtre, acteur de cinéma à ses heures, Gerson da Cunha est profondément agacé par ce débat. "Nous tolérons nos bidonvilles, nous les laissons proliférer, et il ne faudrait pas les montrer ? C'est ridicule ! Mais la réalité est cent fois pire que le film de Boyle !" S'il a un reproche à faire à Slumdog Millionaire, c'est, au contraire, de ne pas dévoiler les ressorts politiques des bidonvilles, "ce cancer" entretenu par les politiciens, qui y monnayent les voix. Quant au discours sur l'ingratitude de l'Occident à l'égard de "nos grands cinéastes indiens", il le laisse froid : c'est vrai, à Cannes, Venise, Berlin, il n'y a pas de films indiens, mais ce n'est pas la faute des organisateurs. "Il semble que nous manquions de talent et d'expertise", dit-il pudiquement. La vérité, accuse-t-il après un silence, c'est que "le nationalisme et la montée de la droite hindoue sont très préoccupants". Alors, que les spectateurs préfèrent les rêves dorés de Bollywood, ça peut se comprendre. Post-scriptum.Au nom de la liberté artistique, un tribunal de New Delhi vient de rejeter l'interdiction de fumer à l'écran décrétée par le gouvernement en 2005. "Un film doit refléter les réalités de la vie, et le tabac est une réalité de la vie", a déclaré le juge. En Indonésie, la question ne se pose plus : le Conseil des oulémas, autorité religieuse musulmane, a interdit aux femmes enceintes et aux enfants de fumer, ainsi qu'aux hommes dans les lieux publics. » | | | À: Sozal · 29 mars 2009 à 18:01 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 43 de 53 · Page 3 de 3 · 2 441 affichages · Partager Excellent film, j'ai pris une bonne claque pour dire un peu vulgairement. Malgré une fin un peu " cliché ", boyle montre la dureté de la vie des jeunes des bidonvilles de mumbai (quelques scenes sont tres dures), le rapport à l'argent et tous les vices que ca engendre. Le jeu n'est qu'un pretexte pour raconter l'histoire de jamal et de latika. La BOF est tres reussie, composée par A.R Rhaman, grand compositeur indien Le ending est un grand moment de cinema, bref je le conseil a tous
J’abonde ! Une des rare fois ou j’ai regardé le générique en entier pour rester sous le charme J’ai adoré la réponse au policier: « Quand on me pose une question, je réponds » Le baiser de fin n’aurait pu exister en Thaïlande.... Le genre de film que l’on archive pour se le repasser de temps a autres a la saison des pluies | | | À: Zlzida · 21 avril 2009 à 8:33 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 44 de 53 · Page 3 de 3 · 2 325 affichages · Partager Pour ma part, je l'ai vue en étant toujours en Inde.
Ma réaction n'est pas aussi noire que la tienne mais j'ai un peu plus de retenus que les amis indiens qui l'ont vu et ont absolument adoré !
Pour ma part, je pense qu'il y a des choses très enjolivés, et des scènes très caricaturales et stéréotypées... L' Inde, ça n'est pas QUE cela, c'est un tout ! Je n'ai jamais ressentie la guerre entre musulmans et hindous, il y a au contraire un très profond respect de la religion de l'autre autour de moi...
J'ai néanmoins beaucoup aimé ce film, sa bande son (qui fait bien entendu un tabac ici à Chennai, étant donné que le compositeur vient d'ici...) et la façon dont le film est tourné. Mais je n'ai pas complétement retrouvé le pays dans lequel je vis... | | | À: Lyra26 · 21 avril 2009 à 10:55 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 45 de 53 · Page 3 de 3 · 2 315 affichages · Partager Comme toi lyra j'ai été très impressionée par le respect de chacun pour la religion de l'autre (chrétiens, musulmans et hindous se confondent..) Ca ne m'étonne pas de Chennai d'apprécier A.R Rahman ;)..
Comme tu le dit, tout est stéréotypé, idéalisé, poussé un peu à l'extreme.. (comme dans beaucoup de films), et ce qui me gène c'est les spectateurs pensant un vrai regard sur l' inde grâce au film, c'est les touristes ignorants qui visitent les slums de mumbai pour voir "les lieux de tournages" (et qui j'espère rentreront avec un autre regard), le terme slumdog est moyen aussi.. La bande son est superbe, mais comme tu le dis, l' Inde c'est tellement plus.. J'y retourne cet été, je suis curieuse d'entendre le feedback des gens.. | | | À: Lyra26 · 22 avril 2009 à 11:51 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 46 de 53 · Page 3 de 3 · 2 280 affichages · Partager malheureusement, l' Inde n'est pas aussi tolérante, et particulièrement l'hindouisme, envers les différentes religions, l'année dernière encore des chrétiens ont été massacrés et les musulmans ont fait aussi l'objet de massacres... donc une tolérance certes, mais régulièrement sous tension !!!! | | | À: Sozal · 13 mai 2009 à 20:03 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 47 de 53 · Page 3 de 3 · 2 194 affichages · Partager Aie Aie Aie, je sens que je vais encore me faire des amis.
Désolé de ne pas hurler avec la meute mais je n'ai pas aimé "Slumdog millionnaire"
1) je suis déja allé plusieurs fois en Inde2) j'avais lu le livre de Vikas Swarup "Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire", titre en anglais "Q & A" (Questions and Answers). 3) j'avais bien aimé Transpotting (Lust for life - Iggy Pop) et The beach (Yeke Yeke - Mory Kante). Tiens quel est le titre de la chanson phare de Slumdog millionnaire ?
J'ai vu le film la veille de mon départ en Chine d'où je n'arrivais pas techniquement à répondre à tous les coups d'encensoir formulés sous le laconique : Film: "Slumdog millionaire" (le mot "film" étant superflu) et ce n'était pas l'envie qui me manquait.
Fort heureusement - pour moi qui cherchais les mots pour étayer mes arguments - en arrivant à Hong Kong je suis tombé sur la critique du film dans le "HK Magazine" et son auteur Pavan Shamdasani était tout à fait en accord avec ce que j'en pensais.
On peut résumer - pour ceux qui sont pressés - sa critique en 1 mot : "Fuck off"
Et pour ceux qui le sont moins en 2 ligne : "The idea that escape from crushing poverty comes not from education, world aid or even socialism, but from a damn game show ? That is absolutely absurd. And as a moral to a feel-good "uplifting" fairy tale is unforgivable."
Et puis pour ceux qui veulent lire l'entièreté de sa critique c'est un peu plus long mais c'est un bon exercice pour la pratique de l'anglais.
Two words if you’re planning on seeing “Slumdog Millionaire” after its Oscar win. The first is DON’T. So is the second. “Slumdog” is the classic award-winner: the fairytale, the heart-warmer. The story of an orphaned child who, through sheer will and determination, pulls his shit-stained socks up to not only save himself from an inevitable life of crime through the improbable act of defeating an unbeatable TV game show, but to do it all and get the gorgeous love-at-first-sight girl while he’s at it. Cultural obliviousness be damned, this is the kind of movie that encourages audiences to congratulate themselves because, for a couple of hours at least, they can sympathize with these strange brown people in the cozy confines of a cinema full of like-minded folk. Fuck off. A British-based Indian writes a novel. A British screenwriter adapts it for a British director with a largely British-raised cast. Oh, the horrors of our poverty-stricken country, the tragedy of white man’s burden! Why, oh why did we ever let you fine holy-milk-colored filmmakers depart from our sullied lands? Only a true colonialist can show us the way—through a movie. If—and this is a really big “if”—you can ignore the fact that “Slumdog” is full of patronizing, racist schmaltz that exploits its “poverty porn” setting to tell a fable where love conquers all, then at least try not to ignore its underlying pro-capitalist message—a notion that in these days is questionable at best. The idea that escape from crushing poverty comes not from education, world aid or even socialism, but from a damn game show? That is absolutely absurd. And as a moral to a feel-good “uplifting” fairy tale (as every critic likes to call “Slumdog”) is unforgivable. This film suffers from all of the classic sins of exploitation: it reduces a complex and troubled society into a bunch of evil “slumdogs”, and they use sugarcoated pop-cinematography and even an M.I.A. soundtrack (you know, because she’s brown) to make it palatable—“magical” even—to westerners. So this is what the world will now see as “ India.”
Que dire de plus. Peut être d'aller (re)voir "Salaam Bombay" de Mira Nair (musique de L. Subramaniam svp). | | | À: Ragamuffin · 14 mai 2009 à 12:10 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 48 de 53 · Page 3 de 3 · 2 290 affichages · Partager Tiens quel est le titre de la chanson phare de Slumdog millionnaire ?
paper planes, de MIA. Voir ici ... | | | À: CyrilleG · 14 mai 2009 à 14:03 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 49 de 53 · Page 3 de 3 · 1 980 affichages · Partager la chanson phare, il me semble que c'est plutot "jai Ho", reprise en radios et dans le générique du film, dans la bande annonce....
(originale, sans les pussycat dolls)
meme si paper planes reste ma préférée, parce que bon ce passage sur le toit du train, c'est quand meme un des plus beaux moments | | | À: Mahadeva45 · 14 mai 2009 à 14:15 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 50 de 53 · Page 3 de 3 · 1 972 affichages · Partager Exact ! En revanche paper planes m'est bien plus resté dans les oreilles... J'ai beaucoup aimé la BO. Je trouve qu'elle contribue beaucoup au charme du film. | | | À: Ragamuffin · 14 mai 2009 à 14:28 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 51 de 53 · Page 3 de 3 · 1 970 affichages · Partager Salaam Bombay a eu beaucoup moins de promo mais est nettement mieux fait; toutefois, niveau "poverty porn", je pense qu'on peut y appliquer la meme critique, excepté que ce n'est pas "esthétisé" de la meme manière..."poverty porn", la cité de la joie aussi?
ensuite dans la critique en anglais, que Slumdog soit un film british adapté d'un "indian based british" n'en fait pas un film plein de préjugés racistes pour autant; il y a des clichés, c'est sur, mais peut etre moins que dans un Bollywood qui ne montre de l' Inde qu'un pur mirage... on dirait qu'il y a de la rancoeur à ce qu'un film sur l' inde soit fait par un anglais...à ce compte là aucun cinéaste ne devrait essayer de faire de films sur d'autre pays que le leur
je suis d'accord sur le fait que le happy ending efface toute critique sociale, et conforte encore plus une logique capitaliste en soi malfaisante, mais ce film a-t-il réellement prétention a être autre chose qu'un divertissement? j'avais lu le bouquin lors de sa sortie, l'avait aimé comme un roman et pas comme un essai ethnographique; de meme pour le film que j'ai apprécié comme divertissement..
enfin, je crois que ce qui énerve est que la misère soit montrée, ça ne fait pas plaisir à la classe moyenne indienne; et tu dois le savoir aussi, ils ne supportent pas quand on essaie de lancer une discussion sur la misère, qui a leurs yeux n'existe pas ou n'est le fait que des musulmans ou de feignasses sous-douées qui ralentissent le pays
qu'il ait eu 8 oscars, bon d'accord, la culpabilité occidentale a joué pour beaucoup, et c'est le conte de fée formaté que tout le monde est pret à accepter et comprendre; mais ça n'en fait pas une merde pour autant, bon sang de bois! | | | À: Sozal · 13 juin 2009 à 11:48 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 52 de 53 · Page 3 de 3 · 1 856 affichages · Partager Tout et son contraire a été dit dans cette discussion, et selon le point de vue, tout peut être argumenté et défendu.
L'étendue de la polémique, microcosmique sur le forum, et macrocosmique en Inde, montre que ce film a le mérite de soulever des problèmes, quelle soit la manière, que l'on peut juger selon ses goûts et perspectives personnels.
En tout cas, le succès mondial du film a secoué le landerneau des tenants de la "Shining India" (l' Inde qui Brille, celle des 30% d'Indiens ayant accés à la consommation), notamment parmi les élites indienes. Emblématique est la réaction d'Amithab Bachchan, protagoniste involontaire du film qui étala sa rage dans la presse indienne, contre un film présentant l' Inde comme un pays sous-développé. Le pauvre Amithab a dû ravaler de sa superbe, en applaudissant comme tout le monde, lorsque Shah Rukh Khan a honoré les acteurs indiens de Slumdog, en particulier les gosses des bidonvilles, en les faisant monter sur la scène des Filmfare Awards (l'équivalent indien des Oscars).
Suite au succès du Parti du Congrès aux élections législatives indiennes, Manmohan Singh, le Premier Ministre indien récemment reconduit dans ses fonctions, vient de promulguer un plan visant à supprimer tous les bidonvilles indiens en 5 ans. On se demande comment il compte faire. Peut-être veut-il généraliser ce qui a déjà commencé à Bombay... L'important, en l'occurence, est que les politiciens se croient obligés de prendre en compte la réalité des bidonvilles dans leurs discours. Est-ce un effet Slumdog? Qu'importe: la vraie question sera de savoir ce que l'on compte faire des habitants. Si on les reloge dans de grands ensembles, comme il est prévu à Dharavi, on se retrouvera bientôt avec des "cités" à problèmes, comme en France. D'autre part, on sait déjà que l'on ne pourra pas reloger tout le monde...
Je termine par quelques nouvelles des enfants acteurs dont la vie semble moins rose que celle de Dev Patel et de Freida Pinto, et dont le sort récent illustre certaines questions que je viens d'évoquer:
- le père de Rubina Ali (la petite fille) a essayé de la vendre, pour 200.000 euros environ, à un indien vivant dans un pays du Golfe. Le prix était justifié par le fait que la petite était désormais une enfant oscarisée. La mère a porté plainte, le père a été momentanément arrêté, puis libéré.
- dans le cadre de la politique de suppression des bidonvilles bombayottes, et de leur remplacement par de grands immeubles, la maison d'Azzahruddin Ismaël (le petit garçon) a été rasée. Il est arrivé la même chose à la maison de Rubina Ali, dont le père a été blessé par la police durant la démolition. Il a fallu que l'affaire soit médiatisée, et que Dany Boyle arrive à la rescousse, pour que les familles des deux enfants soient relogées. Leurs voisins n'ont pas eu la même chance, et aucune star de cinéma indienne ne semble s'être émue, ni SRK, ni Bachchan, ni aucune autre. Boyle avait versé 500.000 dollars à l'ONG Jai Ho Trust, censée reloger les enfants, et qui n'était visiblement pas parvenu à le faire avant le retour en Inde de Boyle, lequel avait également reversé 744.000 dollars de recettes du film à l'ONG Plan, destinée à s'occuper de l'accès à l'éducation et aux soins médicaux des gosses des bidonvilles bombayottes.
J'oubliais: Dany Boyle compte adapter le célèbre livre Bombay Maximum City, de Sukhetu Mehta. | | | À: Sozal · 13 juin 2009 à 18:31 Re: Film: "Slumdog millionaire" Message 53 de 53 · Page 3 de 3 · 1 841 affichages · Partager J'ai adoré le film, et lu le livre très récemment, que j'ai trouvé encore meilleur. Original, comme façon de présenter l'histoire en se servant du jeu... | Discussions similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 163 visiteurs en ligne depuis une heure! |