FabGreg · 4 janvier 2017 à 22:58 · 104 photos 72 messages · 16 participants · 14 290 affichages | | | | 4 janvier 2017 à 22:58 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:00 Message 1 de 72 · Page 1 de 4 · 9 727 affichages · Partager 5 jours de trek, de Cachora à Hornopampa, complété par la visite de Machu Picchu.
Ce trek du Choquequirao était le principal objectif de mon second voyage au Pérou (1er en 2006), avant qu'un téléphérique (projet retardé) assure un accès aisé au site archéologique, et donc son envahissement par un tourisme de masse.
(cité inca de Choquequirao photographiée depuis l'ushnu, pas un visiteur en vue alors qu'il est déjà 09h20)
Mes remerciements à Cocuy, Simon, et Mayakke dont les contributions sur VoyageForum ont facilité ma préparation.
Voici quel a été le déroulé général de ce trek.
J0 / 7-sept-16 : venant de Andahuaylas, transports via Abancay jusqu'à Limatambo, visite du beau site inca de Tarahuasi, puis du site inca Sayhuite, nuit à Cachora. J1 / 8-sept-16 : marche Cachora -> Marampata J2 / 9-sept-16 : visite de ChoquequiraoJ3 / 10-sept-16 : fin de visite de Choquequirao, marche -> Maizal J4 / 11-sept-16 : Maizal -> Yanama J5 / 12-sept-16 : Yanama -> Hornopampa, transport -> Santa Teresa J6 / 13-sept-16 : Santa Teresa -> Hidroelectrica -> Aguas CalientesJ7 / 14-sept-16 ; Machu Picchu, La Montana, retour Santa Teresa J8 / 15-sept-16 : transports Santa Teresa -> Santa Maria -> Cuzco
Ci-après, la relation de ce trek, réalisé en solo et sans portage. Sac-à-dos complet, car je ne revenais pas sur mes pas.
Fabrice 55 ans lors du trek, bonne condition physique (en dépit d'une spondyl-arthrite ankylosante), non sportif, expérience réduite du trekking (4 j pour une traversée express du Zanskar Nord, 2 j au Quilotoa/ Equateur), bon marcheur en terrain plat et physiquement endurant. | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:12 · Modifié le 15 avr. 2018 à 16:30 Message 2 de 72 · Page 1 de 4 · 9 725 affichages · Partager Pourquoi ce trek du Choquequirao ?
Pourquoi s'embarquer dans ce trek du Choquequirao ? J'ai découvert l'existence de la cité inca de Choquequirao après mon premier voyage au Pérou (j’avais sans succès espéré faire l’Inca Trail, mais c'était déjà complet, les dates proposées étaient celles de l’année suivante !). Peut-être via la rubrique Travel du New York Times, un article du 3 juin 2007 (cf. turizmus.blog.hu/page/8 ou www.nytimes.com/...3/travel/03inca.html ). Renforcé par la lecture du compte-rendu haut en couleurs de felis sur www.ciao.fr/...e_Perou__Avis_877947 en 2005. Mais à l'époque, la perspective de marcher avec de tels dénivelés m'impressionnait. Au même titre que l'absence d'hébergements et de restauration jusqu'à Totora comme le décrivait peu de temps après un compte-rendu sur le web. Un rêve que je n’imaginais pas vivre un jour.
Mes expériences de trek au Ladakh à l’été 2014 prouvent pourtant que ce rêve peut se réaliser. Mais je découvre alors le projet de construire un téléphérique pour desservir le site archéologique de Choquequirao d’ici fin 2015 (nota : la version francophone du Lonely Planet, édition 2016, traduit cablecar en tramway. Coquasse quand on connaît les lieux  ). Déception de courte durée, car le projet est annulé et doit repartir à zéro. Un répit supplémentaire m’est accordé quand le projet est gelé en novembre 2015 du fait d’un différend entre les Régions d’Apurimac et de Cuzco quand à la répartition des revenus. Mais le potentiel touristique et économique est tel que ce projet se fera un jour ou l’autre.
Aussi mieux vaut pour moi ne pas tarder plus à faire ce trek du Choquequirao, d’autant que ma condition physique ne sera pas éternelle.
Le trek du Choquequirao est réputé physiquement exigeant, voire très exigeant, pour sa partie Cachora – Choquequirao en aller-et-retour en agence, et donc avec le support de guide, cuisinier, et portage par mules. Plutôt que de revenir sur ses pas à Cachora, une minorité de trekkeurs poursuivent jusqu’à Machu Picchu, ce que certains appellent " El camino de los locos" (le trek des fous). Ce sera mon cas.
Pourquoi poursuivre au-delà de Choquequirao vers Machu Picchu ? Revenir sur mes pas n’a jamais été à mon goût. Encore plus quand cela induit une épreuve physique comme celle de franchir les dénivelés du canyon de l’Apurimac. Une épreuve similaire à celle de poursuivre de Choquequirao à Maizal à en juger par les dénivelés. Une fois à Maizal, il reste 1 journée de marche vers Yanama, d’où le lendemain matin un colectivo conduit jusqu’à Santa Teresa, Aguas Calientes pouvant alors être atteint le soir même. Alors qu’en revenant à Cachora, il faut 2 j pour revenir à Cuzco, puis une journée supplémentaire pour atteindre Aguas Calientes, soit la même durée qu’en poursuivant le trek jusqu’à Yanama. Cette option a l’avantage de paysages nouveaux et d’être compatible avec un mini-trek via le petit site inca de Llactapata d’où l’on voit Machu Picchu accroché à sa crête. Choix aisé pour moi, je marcherai jusqu’à Yanama !
Reste à en être capable physiquement. A priori, les dénivelés me sont abordables comparés à ceux de la traversée du Zanskar Nord (cf. étape Snertse → Lingshed soit 17 km, d+ 1 370 m, d- 1 130 m, en ~8 h de marche et sans réelle difficulté pour moi) au Ladakh (Nord-Ouest de l' Inde). Les altitudes étaient bien plus élevées (cf. franchissement du Hanuma-La à 4710 m, et surtout du Sengge La à 4940 m) mais je ne portais qu’un sac-à-dos d’appoint. Avec un sac-à-dos complet auquel s'ajoutent tente, matelas et sac de couchage, et alimentation, le portage me semble incontournable, car d’expérience, je peine lorsque mon sac-à-dos dépasse les 15 kg (réserves d’eau comprises).
L'altitude ne devrait pas être un problème, car Choquequirao n'est qu'à 3000 m. Certes, il me faudra franchir le col de San Juan (4150 m) pour rejoindre Yanama (3540 m), mais cela reste fréquentable. Surtout, j'ai déjà passé sans souci plusieurs jours en altitude depuis le début de mon voyage, d'abord en Equateur ( Quito, zone du Quilotoa), puis dans la Cordillère Blanche, et enfin autour de Huancavelica (Laguna Choclococha, 4560 m). De surcroît, j'ai passé les 2 dernières nuits à Andahuaylas et à Cachora, toutes deux à 2980 m d'altitude. Mon organisme doit être bien acclimaté.
D’après les retours d’expérience, le chemin est très simple à suivre, même sans guide. De plus, le relief est suffisamment marqué pour pouvoir s’orienter en consultant les cartes que j’ai pu glaner sur le web. En dépit de l’avertissement dissuasif du gouvernement français (cf. Conseils aux voyageurs : La randonnée de Choquequirao, dans la région de Cusco, est également déconseillée : plusieurs randonneurs y ont été attaqués à main armée et délestés de leurs biens par des groupes se revendiquant du Sentier Lumineux.), le danger semble très faible car cette agression relevait plutôt du brigandage et remonte au 13 août 2011 (cf. diariocorreo.pe/...choquequirao-536661/ ). Par contre, comme toute randonnée peu fréquentée, mieux vaudrait ne pas cheminer seul.
Sur le plan alimentaire, une restauration rustique peut être servie à chaque étape, sauf sur le campement du Choquequirao. Ma réserve de nourriture se limitera donc à des fruits et légumes et des aliments énergétiques d’appoint (objet de mes achats à Ayacucho). Le réchaud est ainsi évitable, quitte à ne pas manger chaud au campement du Choquequirao.
Reste la question de l’ hébergement. La pratique est de coucher sous la tente. Dès lors que le trek passe par des villages, j’imagine néanmoins qu’il devrait être possible de coucher chez l’habitant comme j’ai pu le faire au Zanskar. Certes, pas de village à Choquequirao, mais je peux revenir coucher à Marampata, au prix d’un peu de marche supplémentaire. S’il n’y a pas de lit disponible, au pire, je couche sur un banc, voire sur des couvertures à même le sol comme le font les muletiers à lire un compte-rendu. L’étape de Maizal est plus hasardeuse, car ce n’est pas un village, juste 3 petites fermes éloignées les unes des autres, sans autre possibilité au voisinage. Avec des cuys (espèce andine de cochon d' inde) se baladant au sol dans la cuisine. La perspective de partager le sol avec des cuys ne m’attire guère... Me passer d’équipement de couchage est une petite prise de risque, mais en cette période tardive de la saison et en étant seul, cela me paraît jouable.
A l’issue de cette analyse préparatoire, j’ai envisagé 2 solutions : - louer matériel de couchage et mobiliser un arriero et sa mule jusqu’à Maizal, idéalement en mode partagé avec un autre trekkeur ; - partir sans portage, mais dans ce cas sans couchage, avec l’aléa de coucher chez l’habitant, une pratique non référencée dans la région.
Si j’avais été démarché par un arriero, sans doute aurais-je fait affaire, avec ou sans autre trekkeur pour partager les frais (en incluant la tente). A défaut, je pars en autonomie, c'est-à-dire sans portage de mon sac-à-dos, mais partielle car je vais m’alimenter et coucher chez l’habitant (et donc sans sac-de-couchage ni tente). De surcroît, en solo et jusqu'à Yanama ce qui est vraiment rare : un réel challenge physique généralement réservé à des jeunes gens affûtés !
Je pars donc pour ce trek du Choquequirao, seul, sans matériel, ni réchaud, ni couchage, et avec peu de provisions alimentaires. Un brin d'inconscience ?
Nevado Padreyoc (5771 m) au soleil couchant, à mon arrivée à Cachora | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:26 · Modifié le 5 nov. 2018 à 9:06 Message 3 de 72 · Page 1 de 4 · 9 716 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016)
Cachora → Capuliyoc
Départ 06h22 de l'hospedaje (retardé du fait de l'arrivée tardive de l'eau courante), je prends rapidement congé de la tenancière Mama Queta, quasi personne dans la grand-rue (peut-être conséquence de la fête d’hier soir), mais épiceries ouvertes, j'en profite pour acheter 5 petits pains (malheureusement de la veille) et 6 bananes. J'aurais dû aussi acheter des tomates, des avocats, voire concombres, et du fromage (même si l’offre péruvienne est fade au goût de mon palais français). Bêtement, j’ai oublié ces achats, préoccupé que j’étais de mon retard.
A ce stade, mon sac-à-dos pèse ~10+ kg + 6 l d’eau, soit de l'ordre de 16 kg sur le dos, au-delà de mes 13-15 kg usuels.
Le village est toujours dans l’ombre, mais le soleil illumine déjà les versants des alentours. Il y a 5 jours, à Ayacucho, la consultation des prévisions météo m’avait un peu inquiété, puis cela s’était arrangé les jours suivants. Grand beau hier alors que je visitais les sites incas de Tarahuasi à Limatambo et de Sayhuite, avec en chemin un canyon de l'Apurimac impressionnant et très photogénique. Heureusement pour moi, cette journée commence sous un ciel radieusement bleu.
Arrivé sur la place du village (06h35), je croise un jeune argentin de Salta. Mais il ne part pas pour Choquequirao, il en est revenu hier soir. Décidément, personne avec qui partager un arriero et sa mule. Vamos !
Pas la moindre indication, mais on me confirme qu’il faut que je poursuive sur la route de terre vers le bas du village. Sorti du village, toujours pas la moindre indication, pas même lorsqu’un sentier s’écarte de la route vers la gauche. Gros doute, j’observe où conduisent ces 2 options, mais la forêt voisine ne me permet pas de voir très loin. D’après ce que j’ai retenu des cartes consultées en phase préparatoire, il faut longer la montagne, donc côté gauche. Je me lance donc sur le sentier traversant les champs. Retour bref sur une route de terre où je croise une jeune joggeuse blonde avec un casque audio aux oreilles. Rien qui ne ressemble à une autochtone. Non, me répond-elle, elle n’est pas là pour le trek du Choquequirao. Je ne suis pas sûr d’avoir compris, car Cachora est une destination peu recherchée en dehors de ce trek du Choquequirao.
Enfin (06h58), j'arrive devant le grand panneau officiel marquant le point de départ du trek et annonçant Choquequirao à 31,5 km. Petit sentier plaisant qui commence par bien descendre : il faudra remonter tout ce dénivelé  . Pas énorme, mais superflu par rapport à ce qui m’attend... Je croise 4-5 mules revenant à vide avec leur arriero vers Cachora. Traversée d’une belle forêt de gommiers bleus ( eucalyptus globulus). Au bout de 3,5 km, passage par l’hacienda Colmena (2780 m). On peut y coucher, s’y restaurer, et même y louer des mules. Une paysanne que j’interroge de loin me confirme que je suis sur le bon chemin. Après remontée sur 1,5 km, le sentier rejoint une route de terre parfaitement carrossable, cela aurait été plus confortable (même si moins agréable pour les sens) de prendre cette route dès son début à Cachora, mais on ne me l'a pas indiquée. A quelque distance (1 km ?), j'aperçois 2 trekkeurs avec bâtons de marche. Je les hèle à titre de salut, sans réponse, puis je reprends la marche.
(vallée de Cachora vue depuis la route de Capuliyoc)
La route de terre poursuit horizontalement en flanc de coteau, sur la gauche du panorama (cf. photo ci-dessous).
(cordillère de Vilcabamba depuis la vallée de Cachora)
En contrebas de la route, la pente descend droit vers le fond de la quebrada Huaynacachora : c’est vraiment très abrupt, proche de la verticale, aucune chance de récupérer un ballon que l’on aurait laissé échapper.
En sens contraire, une caravane de 6 mules revient vers Cachora, mais ni trekkeurs, ni même muletier, en pilotage automatique. Pour ma part, je marche à pas rapides (6 km/h) vers la première étape de la journée, un site où l’on peut s’alimenter et même camper. Alors que j’arrive en vue du bâtiment, je croise un van rempli de trekkeurs. Sans doute une agence les a-t-elle fait coucher là, à moins qu’ils ne soient partis très très tôt du campement de Chiquisca. Peu avant 08h45, j’arrive au site de Capuliyoc. | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:30 · Modifié le 23 fév. 2020 à 0:30 Message 4 de 72 · Page 1 de 4 · 9 714 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016) suite
Petit-déjeuner à Capuliyoc
Capuli désigne en quechua un type d’arbres qui étaient présents dans cette zone, de nos jours pelée, sans le moindre arbre. Capuliyoc, c’était littéralement "le lieu où on trouve des capuli".
Là, au km 11 du trek, se trouve un bâtiment qui constitue le point de départ et de retour pour les trekkeurs en tour organisé par agence. Avec guide, cuisinier, muletiers, et mules portant sacs-à-dos, tentes, sacs-de-couchage, nourriture, boissons, matériel de cuisson... une caravane ! Bien qu'en terre des camélidés andins, les caravaniers préfèrent la mule car capable de porter jusqu’à 70 kg, bien plus que les 25 kg de portage du lama, l’animal qu’utilisaient les incas avant l’arrivée des conquistadors.
Surprise, devant l’entrée de l’hospedaje, 2 jeunes terminent leur petit-déjeuner : Hankey, un grand gaillard vigoureux, et sa petite et menue compagne, américains en voyage au long-cours en Amérique du Sud dans le cadre d’un projet d’écotourisme. Ont-ils couché sur place ? Non pas, ils ont dormi à l’hacienda Colmena, ce qui explique qu’ils me précèdent.
Alors que je me préoccupe de commander un petit-déjeuner, nous rejoignent Xavier et Ana, le jeune couple franco-catalan déjà rencontré hier soir à Cachora. Ce sont eux que j'ai aperçus sur la route. Ils ont quittés leur hôtel de Cachora à 06h15, soit avant moi, ce qui montre que le sentier initial était finalement plus rapide que la route depuis Cachora. Mais eux ont eu droit à une douche chaude ce matin à leur hôtel. Après m’avoir aperçu venant du sentier, ils ont petit-déjeuné en pique-nique sur la route, ce qui explique qu’ils aient mis si longtemps à me rejoindre. Question petit-déjeuner, on m’oriente vers l’un des baraquements à droite de l’hospedaje : la cuisinière me propose un arroz con huevo : riz + frites + œuf-sur-le-plat. Pas de banane frite en sus, ce qui en ferait un arroz a la cubana ? " No hai" me répond-elle. Qu’à cela ne tienne, je lui propose l’une de celles que j’ai achetées ce matin, mais elle m’apprend que les bananes à frire sont différentes, les miennes se décomposeraient sur la poêle. Dommage.
Le jeune couple américain a terminé de petit-déjeuner et se prépare au grand départ, en phase avec Xavier et Ana. Nous avons tous le même projet, rejoindre Yanama puis Machu Picchu en autonomie. Sauf que chaque duo dispose de sacs-de-couchage, tente, et réchaud. A défaut de partager une tente, je pourrai grappiller un peu d’eau chaude pour ma soupe instantanée.
Je repère au-dessus des baraquements une grande affiche vantant une hospedaje à Marampata. Construction moderne, photos de chambres dignes d'une publicité dans un magazine comme le fait remarquer Xavier. Les muletiers que je questionne me confirment l’existence d’une hospedaje à Marampata. Voilà qui me conforte dans mon choix de partir "léger", moi qui était prêt à dormir sur un plancher de restaurant comme évoqué par l'un des comptes-rendus web. De leur côté, les muletiers s’inquiètent de mes réserves d’eau. Fièrement, j’annonce 6 l d’eau dans mon sac-à-dos, avec en complément des pastilles purifiantes si nécessaire. Rassurés, ils me disent que cela suffira... pour aujourd’hui, car il faut compter au moins 4 l par jour. Gasp, voilà qui me refroidit : je comptais que cela suffise pour 3-4 j car jusqu’à ce jour, ma consommation quotidienne était de 1,5 l d’eau pendant ce voyage. Peut-être les pastilles purifiantes seront-elles utiles cette fois ci. Cela devrait quand même suffire pour ce trek car j’ai de quoi purifier 20 l d’eau!
Mon petit-déjeuner se faisant attendre, j’ai l’impression que la cuisinière s’occupe d’abord de servir les muletiers. J’étais méchante langue : elle pèle les pommes de terre, les taille en frites grossières, les fait frire, réchauffe le riz, et in fine prépare l’œuf-sur-le-plat. Les muletiers auront droit au même plat dans la foulée.
Alors que je suis servi, mes compagnons du jour ont achevé leurs préparatifs et partent en direction du Col de Capuliyoc.
(Col de Capuliyoc, avec le Nevado Quriwayrachina en arrière-plan)
Mon arroz con huevo est rustique, mais c’est une source d’énergie bienvenue. Alors que je termine mon petit-déjeuner avec une douce tisane de pomme, arrive un van d’où émergent 5 trekkeurs et leur guide. Mules et muletiers présents les attendaient. Sur le coup, je n'ai pas fait le calcul, mais pour arriver maintenant, ils ont dû partir très tôt de Cuzco, style 04h00-05h00, car il faut compter environ 4 h de route.
Alors que j’entends le guide présenter les membres de l’équipe support à ses clients, il est temps (09h20) pour moi de repartir : Vamos ! | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:37 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:03 Message 5 de 72 · Page 1 de 4 · 9 709 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016) suite
Capuliyoc → Playa Rosalina
<Depuis 2017 ou 2018 (d’après des témoignages web), c’est là qu’il faut au préalable acheter le billet d’entrée à Choquequirao à un guichet.>
Un agréable chemin, relativement large, me conduit en flanc de coteau au bout de 500 m au Col de Capuliyoc (2945 m) au km 11,5 où j’arrive à 09h30. Col est ici un terme impropre, car on ne passe pas d'une vallée à une autre, mais d'une contre-vallée (celle de Cachora) au versant Est du canyon de l'Apurimac.
(canyon de l'Apurimac en amont de Capuliyoc)
Là est installé un mirador, et c’est légitime car s’offrent d'ici de belles vues plongeantes sur le canyon de l'Apurimac. Saisissantes. Cela sera le cas durant toute cette première journée. Le trek se justifie rien que pour cette journée.
Apurimac, c’est littéralement "le dieu qui murmure", une terminologie associée à un oracle. A l’époque inca, le rio Apurimac était aussi appelé Capac Mayu, c’est-à-dire "le grand fleuve". Depuis sa source aux environs du célèbre canyon de la Colca, ce cours d’eau creuse d’impressionnantes gorges, jusqu’à 3 000 m. La pratique péruvienne est de changer le nom du cours d’eau chaque fois qu’il s’unit à un cours d’eau de puissance similaire. Ainsi, après 731 km, l’Apurimac devient Ene en rencontrant le rio Mantaro, puis Tambo en s’unissant au Rio Perené, puis Ucayali en s’unissant au Rio Urubamba. A ce titre, c’est l'un des principaux affluents de l'Amazone. Depuis sa source au Misti, l’Apurimac aura parcouru 1 070 km jusqu’à son confluent avec l’Urubamba.
Sous l’abri se reposent à l’ombre 2-3 brésiliens de retour de Choquequirao, avec leur guide et un muletier. Les vues sur le canyon de l'Apurimac et la Cordillère Vilcabamba sont magnifiques. Face à nous, la Quebrada de Cotacoca. Le guide m'indique où se situe Choquequirao, loin en aval du Rio Apurimac, sur le versant opposé. Précisément sur la crête juste en-dessous du sommet qui émerge des nuages. Je lui fais confiance mais je ne distingue rien à l’œil nu. Au cas où, je fais quelques photos de la zone indiquée en zoomant au maximum. A contrôler ce soir, car avec la lumière ambiante, je ne vois rien sur l'écran de l’appareil photo.
(canyon de l'Apurimac en aval de Capulyoc)
Pour le moment, j'admire ce panorama très large, à peu près à 300°, avec en vedette le Rio Apurimac que l'on aperçoit par endroits tel un mince ruban argenté. Quelques sommets enneigés, les Nevado Padreyoc (5771 m) et Wayna Cachora, mais on remarque surtout un relief très prononcé, avec évidemment le canyon creusé par le Rio Apurimac, mais aussi des quebradas sur les versants opposés. Moins de dénivelé que le canyon du Maranon lorsque je l’ai traversé en voiture, mais des vues beaucoup plus spectaculaires.
A ce niveau de Rio Apurimac, les versants sont assez pelés (en cette saison tout du moins, car c’est très verdoyant pendant la saison des pluies), réduits généralement à de l’herbe sèche, quelques arbustes (souvent secs), des cactus... Par contre, en direction de Choquequirao, le versant opposé est totalement verdoyant, une belle illustration de l'effet de foehn.
Contempler ce panorama, c'est aussi pour moi l'occasion d'appréhender ce qui m'attend pour l'après-midi, à savoir la montée vers Santa Rosa, étape où coucher avant Choquequirao. C'est ce pourquoi je me suis préparé physiquement en réalisant quelques balades au cours de mon voyage (trek du Quilotoa en sens montant, Chutes de Gocta en sens montant aussi, Laguna 64). Mais, hormis peut-être la montée vers le Quilotoa ( Equateur), ils n’étaient que des amuses-bouches en regard de défi qui m’attend. Voir ces versants abrupts qu'il faudra descendre puis monter est déjà une épreuve psychologique. Mieux vaut le savoir avant.
Dans l'immédiat, il me faut déjà descendre vers le fond du canyon, quelque 1 500 m de dénivelé négatif ! A titre de comparaison, le trek du Chemin de l'Inca commence gentiment le premier jour par des alternances de montée et descente pour un total de 640 m de dénivelé positif et 490 m de dénivelé négatif. Le trek de Choquequirao se poursuit par un étroit sentier très pentu zigzagant dans une pente abrupte : 14 zigzags ont compté des trekkeurs lors de leur remontée, au retour de Choquequirao. Certains en parlent comme "le zigzag de la mort". Moins physique à la descente, mais il faut rester vigilant pour ne pas risquer un incident. Une entorse serait évidemment malvenue...
(descente depuis le col de Capuliyoc)
Dès le premier segment en descente, je ressens une douleur vive au genou gauche. Gasp, je n'avais pas eu le moindre souci lors de mes randonnées préparatoires. Si j'ai aussi mal que dans la descente du Col du Torrent (Val d'Hérens en Valais, Suisse), lors d'une balade effectuée il y a 1 mois à titre d'entraînement physique, il me faudra renoncer et remonter vers Cachora. En dépit de ma préparation physique, c'est le moment de vérité. Je poursuis prudemment, à un rythme mesuré, veillant à ne pas trébucher ni à glisser. Vitesse modérée dans cette descente car très pentue, chemin avec petits cailloux instables, et le précipice au bord du sentier.
Plus bas, une dizaines de marcheurs en file indienne montent vers moi. Quand je les croise, j’ai la surprise d’y découvrir des personnes relativement âgées, soixantaine avancée, voire plus. A priori, hispanisant, semblant péruviens. Puis une jeune suissesse de Fribourg, réconfortée quand je lui indique que le col est proche.
Heureusement pour moi, ma douleur au genou gauche passe en moins d’une 1/2 h pour ne plus jamais me gêner : mystérieux décidément.
Vers 10h00, je retrouve mes compagnons de trek en pause sous un abri. Sans doute était-ce le mirador de Cocamasana (2320 m). Cocamasana signifierait en quechua "le lieu où se sèche la feuille de coca". Pour ma part, je n'ai pas tant besoin de me reposer, ni de coca, mais je fais étape pour photographier le paysage depuis ce mirador. Debout sur le petit muret séparant du vide, ce qui fait frémir Ana, la jeune catalane. Pendant ma session photos, mes compagnons reprennent leur route, encore un temps de retard pour moi.
(Quebrada de Cotacoca, avec les sommets du Kiswar, Nevado Padreyoc (5771 m), et Wayna Cachora)
La suite se fait sur un chemin en pente légère. Je croise une femme sur un cheval (à moins que cela ne soit une mule de selle) conduit par un arriero. Plus loin, une femme en solo, mais sans sac-à-dos, accompagnant sans doute la femme à cheval. J’imaginais que le groupe de trekkeurs en agence allait me rattraper, allégés qu’ils sont par le portage, mais ce n’est pas encore le cas. Cela prouve que mon rythme de marche est correct... en descente  . Il en sera autrement quand cela montera...
10h48 : passage en corniche, à flanc de falaise, mais ne présentant pas la moindre difficulté, il faut juste rester sur le chemin.
11h00 : Chiquisca est en vue, mais il y a encore une bonne distance et quelque 200 m de dénivelé négatif. Maintenant, je distingue bien Choquequirao.
11h09-11h15 Traversée d'un bosquet de eriotheca vargasii, connus localement comme des "arbres de coton" en raison des fibres capillaires obtenues à partir de fruits. Ses branches sont couvertes d'épiphytes, principalement tillandsias et quelques broméliacées.
Prise en photo de quelques cactus, dont cactus tuna décoratif avec ses « pétales ». Peut-être aussi un rare Corryocactus squarrosus en fleur (couleur rouge). Par endroit, un agave d’Amérique dresse sa hampe florale 5 à 10 m au-dessus du sol. C’est vraiment impressionnant, surtout quand on sait que cette hampe est la fin fugitive de cette plante grasse, un ultime effort pour engendrer une descendance. Quelques mois plus tard, l’agave meurt d’épuisement. De ce qu’il me semble, c’est déjà le cas en cette saison et cette hampe est toute sèche.
Bientôt, je retrouve le jeune couple franco-catalan, en pause sous un abri sous roche, et s'alimentant. Alors que nous conversions arrive un jeune trekkeur : cet argentin de 26 ans de Buenos Aires s’appelle Emmanuel, et randonne en solo comme moi, mais avec équipement pour le couchage. La petitesse de son sac-à-dos m’impressionne. Le temps d’une courte conversation, il repart d’un bon pas, et je ne tarde pas à le suivre.
Le sentier longe une plantation de canne à sucre, et quelques minutes plus tard, peu après midi, j’arrive au km 19 à Chiquisca / Chikiska (1870 m), un campement situé sur une terrasse naturelle 3 km après Cocamasana.
(oasis de Chiquisca, l'étape suivante, Playa Rosalina, étant 400 m plus bas au bord de l'Apurimac au niveau de l'éboulement grisé)
Constitué de quelques baraques, de sanitaires en dur, et d’un campement, Chiquisca est un havre délicieux car s’y trouvent quelques arbres et y passe un léger courant d’air. Ce campement est classiquement utilisé en jour 1 par les trekkeurs partis tardivement de Cuzco, ainsi qu’en jour 2 ou 3 en revenant de Choquequirao. J'y retrouve l’argentin Emmanuel et le couple de jeunes américains qui s’alimentent. Hankey s’agenouille aux pieds de sa compagne pour lui masser les jambes, car elle a visiblement souffert de la descente.
Constatant que j’ai déjà bu près de 2 l d’eau, à titre d’information, je demande à la vendeuse du baraquement s’il est possible de boire l’eau de la fontaine : " No problemo, ma uso sus pastillas". Ce n’est donc pas là que je vais renouveler ma provision d’eau, mais pas de souci, car il me reste encore 4 l. Le temps de me rafraîchir la tête et les bras sous le robinet d’eau (bien fraîche), je suis le premier du groupe à repartir.
Avant l’approche finale du rio Apurimac, le sentier descend (12h44) une centaine de mètres en zigzag dans la pente, car au-delà une falaise empêche de poursuivre en flanc de montagne. Les 2 jeunes américains me rattrapent et je les laisse passer bien volontiers. Ana et Xavier m’avaient indiqué que Hankey avançait très fort et que sa compagne avait à cœur de le suivre de près. De fait, ils gambadent tels des cabris dans cette pente abrupte. Ce qui est étonnant, c’est que Hankey, qui a déjà réalisé ce trek de Choquequirao, nous a annoncé des temps de marche assez exagérés si je me réfère aux comptes-rendus lus sur le web.
Pour ma part, je descends prudemment, ayant le souci d’éviter une entorse et de préserver mes articulations, tout particulièrement le genou gauche qui s’était manifesté en début de matinée. Sur le versant opposé, le chemin monte en zigzag jusqu’à un petit bosquet verdoyant, sans doute Santa Rosa Baja.
Au-dessus, la pente est très raide, l'étape suivante Marampata n’apparaissant pas car sur un replat.
Plus je descends vers le fond du canyon, plus la température monte. Une vraie fournaise, sans le moindre arbre pour s’abriter du soleil. Heureusement, une bonne brise atténue la sensation de chaleur. A 13h25, j’arrive au bord du rio Apurimac à Playa Rosalina. | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:42 · Modifié le 19 jan. 2018 à 12:33 Message 6 de 72 · Page 1 de 4 · 9 707 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016) suite
Pause à Playa Rosalina
Située au km 21, Playa Rosalina (~1470 m) présente un cadre que j’avais mal anticipé : chaleur intense dans un environnement sec, seulement quelques arbres et des cactus Browningia viridis (espèce endémique dans le canyon de l'Apurimac, jusqu'à 10 m de haut). Bien différent de la végétation tropicale que j'imaginais, me référant à tort au fond du Canyon du Maranon. Moi qui avais l’intention d’acheter des fruits et des légumes aux paysans du coin, c’est raté.
(canyon de l'Apurimac en amont de Playa Rosalina)
D’ailleurs, il n’y a là aucune maison d’habitation, juste un poste de contrôle et quelques baraquements (sanitaires, réserves ?), a priori vestiges d’un lodge établi en 2010 et resté inachevé. Sur cette aire de campement bénéficiant d’un accès confortable à l’eau courante, campent les trekkeurs partis le matin de Cachora et arrivant trop tardivement pour entamer l’abrupte montée vers l’étape suivante. Sans doute Hiram Bingham (célèbre découvreur de Machu Picchu) a-t-il passé une nuit en ce lieu, avant sa visite de Choquequirao en février 1909 (il reviendra en 1910).
(campement de Playa Rosalina et son pont sur l'Apurimac, éboulement de 2011 en arrière-plan)
Rejoignant le poste de contrôle, j’y retrouve sans surprise le jeune couple américain. Nous sommes assis côté nord au bord d’une grande table extérieure, abritée du soleil par le toit. Une relative fraîcheur bienvenue dans cette fournaise ambiante. Nous sommes bientôt rejoints par Emmanuel, le jeune argentin, puis par le couple franco-catalan.
A cette heure, le fond du canyon est balayé par un vent intense, éloignant les simulies réputées nombreuses en cet endroit. A l’intérieur du bâtiment, le gardien de l’INC mange avec un collègue, et je le blague en lui demandant ce qu'il propose à manger. Un humour qu’il n’a pas d’emblée compris... Nota : pas de ravitaillement proposé à Playa Rosalina.
Le gardien nous fait remplir son registre officiel, sorte de contrôle d’accès à Choquequirao. J’imagine qu’il s’agit de vérifier que nul n’est manquant car on demande la destination finale, Choquequirao ou au-delà ( Machu Picchu généralement). Après avoir renseigné ma partie, je consulte ce grand cahier : j’y retrouve les mentions des 2 françaises et des 2 suissesses croisées peu après Capuliyoc, mais sur les derniers jours, les péruviens y apparaissent très majoritaires. Ce matin même, 2 suisses se sont déclarés, donc nous précédant. Plus tôt dans la saison, je remarque une forte proportion de français parmi les trekkeurs, rien de surprenant compte tenu de la popularité de ce trek parmi les jeunes voyageurs français. A en juger par la destination renseignée, les randonneurs qui poursuivent au-delà de Choquequirao en direction de Machu Picchu sont vraiment peu nombreux. Alors que c’est justement ce que va faire chacun d’entre-nous.
Dans l’immédiat, c’est repos pour tous, conversations à bâtons rompus, exercices musculaires pour certains. Pour ma part, je me sustente : céréales croustillantes granola (piochées dans un sachet de 800 g et non en barre énergétique), un petit pain, une banane, des fruits secs. Peu en quantité, mais c’est énergétique.
Le groupe en agence que j’imaginais sur nos talons ne se manifeste toujours pas. Le temps passe, ma pause a duré presque 1 heure, la chaleur ambiante va commencer à se dissiper, il est temps de reprendre la marche.
Au préalable, chacun sort son répulsif pour se protéger des redoutables simulies réputées infester la zone. Les simulies sont de petits moucherons dont la morsure insensible provoque des cloques douloureusement irritantes encore plusieurs jours après. On en trouve surtout dans les zones chaudes, spécialement près des cours d'eau. La plupart des trekkeurs les prennent pour des moustiques, à tort. C’est la plaie sur ce trek du Choquequirao, la seconde épreuve après les difficiles dénivelés. Marchant en jean, je n’ai pas trop à craindre pour mes jambes, mon souci porte plus sur mes avant-bras. Difficile de marcher en manches longues sous une telle chaleur. Quand bien même, cela laisserait les mains exposées. Cherchant mon répulsif anti-moustiques dans mon sac-à-dos, j’échoue à le trouver. Je réalise alors que j'avais mis mon répulsif anti moustiques dans mes affaires de toilette, celles que j'ai oubliées chez moi en France. Il est trop tard pour pallier à cet oubli, pas le moindre commerce dans le coin, pas même une habitation, juste ce poste de contrôle.
14h20 passé, notre petit groupe se remet en route. Avant de quitter Playa Rosalina, nous profitons de l’eau courante pour nous rafraîchir la tête et les membres.
Pour poursuivre au-delà de Playa Rosalina, il faut franchir le Rio Apurimac. En 1909, Bingham avait bénéficié d’un pont lancé sur ce puissant cours d'eau. Mais ce pont n’existait déjà plus 2 ans plus tard, il fallut alors s’en remettre à une oroya (nacelle tirée sur un câble). Situation qui redevint d’actualité le 17 avril 2012 lorsque le pont en place depuis 1994 fut emporté du fait du refoulement causé par un éboulement en aval. Eboulement en fait très proche et toujours bien visible. L’actuel pont (plus de 80 m de long) est récent, établi seulement depuis août 2014. A noter que le guide Lonely Planet Peru de mars 2016 ne référence pas ce nouveau pont, prouvant que certaines informations n’y sont toujours pas actualisées 19 mois plus tard. A noter aussi que Google Maps ne l’affichait pas non plus en vue satellite au 29/12/16, soit au moins 17 mois de retard dans sa mise à jour. Pas de surprise pour moi, car de nombreux trekkeurs en rendent compte sur le web.
Je suis le premier à m’engager sur le pont. C’est surprenant, mais ce pont d’apparence solide est en fait assez flexible : y marcher le fait osciller de haut en bas. Au milieu du pont, je m’arrête pour une petite session photo, laissant passer mes compagnons. Légèrement en aval subsistent sur chaque rive les 2 portiques de l’ancien pont, auxquels sont toujours liés les câbles de suspension. Le nouveau pont est bien plus haut au-dessus de l’eau, donc a priori moins vulnérable en cas de crue.
En franchissant ce pont, nous quittons le Département de l'Apurimac et entrons dans le Département de Cuzco, plus précisément son District de Santa Teresa. | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:47 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:11 Message 7 de 72 · Page 1 de 4 · 9 704 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016) suite
Playa Rosalina → Santa Rosa Baja
Sur l’autre rive, nous attend le gros morceau de cette journée de marche : un dénivelé d'environ 500 m jusqu'à la prochaine étape, Santa Rosa Baja. D’emblée, le chemin part sec dans une forte pente ( 30° de moyenne entre Playa Rosalina et Santa Rosa Baja), il faut vraiment « mettre la crémaillère », et je me laisse rapidement distancer. Autant à plat ou en descente, j’ai conservé un très bon rythme de marche, autant je peine dès que la pente est forte : alors que dans le passé je montais un dénivelé de 100 m en 10’, il m’en faut désormais le double, voire plus. Au premier virage, je retrouve la jeune catalane Ana en pause qui se lamente sur son manque d’énergie. Quand elle repart, c’est tout de même moi qui reste en arrière-garde  .
Le chemin traverse une forêt sèche, quasiment aussi aride que le versant opposé, mais plus arboré. Sans être beaucoup montés en altitude, s’offrent déjà à nous des vues superbes sur le canyon de l'Apurimac. Sur le versant opposé, je repère une file de trekkeurs descendant à un rythme soutenu. Sans doute le groupe en agence arrivé à Capuliyoc alors que je m’élançais. Probablement vont-ils coucher à Playa Rosalina, dommage pour eux car ce n’est pas un campement très agréable, d’autant qu’il est réputé infesté de simulies.
(canyon de l'Apurimac vers l'amont, on aperçoit la terrasse verte de Chiquisca sur la droite)
Je monte à pas mesurés, devant faire de nombreuses pauses, et pas seulement à chaque virage, c'est dur... Abondants coups de suée, le moteur chauffe en montée ;-) Jamais agréable quand la sueur goutte dans les yeux. Pour compenser cette suée, boire abondamment s’impose, mes réserves d’eau s’amenuisent : mes 6 l seront suffisants pour ce jour, mais j’ai consommé beaucoup plus que je ne l’avais imaginé. Avantage, cela allège d’autant mon sac-à-dos. 
Après 2 h de montée, je rejoins enfin mes compagnons de randonnée déjà installés à Santa Rosa Baja (13°25'04.5"S 72°50'49.3"W), 1940 m sur Google Maps (2035 m, 2100 m selon certaines sources, moyennant sans doute avec l’altitude plus élevée de Santa Rosa Alta). C’est là, au km 24, que campent les trekkeurs affûtés partis tôt le matin de Cachora. J'imaginais un village mais que nenni. Juste une modeste aire de campement (en fait, il y en a une seconde juste une centaine de mètres plus loin vers l’ouest, mais je ne l’ai pas remarquée) associée à une tienda (boutique) proposant boissons, snacking, et restauration de survie.
Une plantation de canne à sucre est mentionnée autour de Santa Rosa, mais je ne l’ai pas remarquée. Il y aurait aussi des avocatiers, des bananiers, et des papayers. Sur la rive gauche, on peut distinguer (jumelles recommandées) le petit site archéologique de Incaraccay / Inkahuasi, mais je l’ignorais alors. Dommage, même si sans trop de regrets.
Alors que Hankey monte sa tente avec sa compagne, Ana et Xavier sont attablés près de la tienda, sirotant une bière sous un auvent couvert d’ichu. Je ne suis pas encore assis que la tenancière, Senora Euphémia, s’enquiert de ma commande. Désolé, je n’ai besoin de rien, ce n’est qu’une pause. Gros étonnement de sa part, pourquoi ne pas rester à Santa Rosa. J’explique alors que je n’ai ni tente, ni même sac-de-couchage, et que je compte aller coucher à l’hospedaje de Marampata. Petit mensonge, car mon projet initial était bien de coucher à Santa Rosa que j’imaginais être un petit village.
La Senora Euphémia me propose bien de partager sa couche (?!?), mais je ne suis pas tenté, d'autant que je détecte vite l'attaque de simulies. En hâte, j’enfile une chemise pour protéger mes avant-bras, mais mains et visage restent exposés, et les attaques persistent. Emmanuel, le jeune argentin m’offre aussi de partager sa tente, mais je décline poliment sa proposition. Sans écarter toutefois un possible repli. Mon objectif est de rejoindre Santa Rosa Alta, voire Marampata. La tenancière m’explique alors comment trouver l’hospedaje à Marampata, ce que j’écoute d’une oreille un peu discrète, confiant que je suis de pouvoir trouver par moi-même.
Alors que je finis de me préparer, Hankey se plaint d’une vive douleur corporelle. Juste sortie d’une rapide douche, Ana, kinésithérapeute de profession, vient tenter de le soulager par des massages. Pour ma part, sac-à-dos remis en ordre, je repars à 17h09 pour Santa Rosa Alta, voire pour Marampata annoncé à 2h30 de marche, au moins 3 h pour moi. | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:51 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:15 Message 8 de 72 · Page 1 de 4 · 9 701 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016) suite
Santa Rosa Baja → Marampata
Santa Rosa Alta (2200 m) n'est qu'à 1 km (~30’ normalement), mais la pente est toujours aussi forte. Arrivé sur place avant 18h00, j’aperçois avec satisfaction un bâtiment en dur. S’y trouvent des toilettes et douches. Un autre bâtiment en contrebas, mais aucune réponse à mes holà. Grosse déception : ce n'est pas un village, juste un campement, et la tienda associée semble fermée, personne ne répond à mes retentissants « holà ! ». Alors, redescendre à Santa Rosa Baja ou poursuivre jusqu’à Marampata ?
L’option Santa Rosa Baja est aisée, il suffit de descendre, je peux partager la tente d’Emmanuel, mais l’étape de demain sera dure. L’option Marampata est elle physiquement très exigeante après cette journée passée à marcher : 3 km, mais surtout 700 m de dénivelé positif. J'anticipe au moins 2 h de marche, sans doute bien plus du fait de mon rythme lent dès que cela monte fortement et du fait de la fatigue accumulée depuis ce matin. Je ne pourrai pas arriver avant la tombée de la nuit. Avantage tout de même, l’étape de demain sera très facile et me permettra de passer une journée presque entière à visiter le site de Choquequirao. Surtout, je vais pouvoir passer la nuit dans le confort de l’hospedaje de Marampata.
Comme je me sens encore suffisamment d’énergie, je décide de poursuivre jusqu’à Marampata. Montée vers Marampata, en franchissant une zone très pentue, irriguée à certaines périodes de l'année par l'arroyo Uchuhuerta.
Peu après Santa Rosa Alta, je croise un jeune qui se révèle être allemand : l’occasion d’une conversation pour exercer ma langue allemande, un classique depuis le début de mon voyage en Equateur. Cela fait plusieurs mois qu’il crapahute en Amérique du Sud. Plusieurs jours après, le couple franco-catalan m’apprendra qu’il n’a que 16 ans ! Courte conversation tout de même car j’ai encore une longue montée.
La montée vers Marampata s’effectue intégralement sur une zone très pentue, irriguée par l'arroyo Uchuhuerta pendant la saison des pluies. Rien de tel en septembre. Alors que je progresse lentement, un chien m'aboie soudainement dessus, je ne l'avais pas entendu approcher. Le suit un arriero avec quelques mules. L’occasion de le questionner sur le temps restant pour atteindre Marampata. Le muletier m'annonce encore 3 h de montée, alors que je marche déjà depuis 1 h... J’ose espérer qu’il sous-estime grandement mes capacités de marcheur.
La nuit tombant dès 18h00, je mets en service ma lampe frontale à 18h20. Passer devant la borne du km 26 me réconforte, même si ma progression s’avère lente. Bien trop lente à mon goût, mais la pente ne faiblit pas. Sur ce chemin progressant toujours en zigzags, je fais désormais halte à chaque virage, parfois même avant. Cela m’aurait sans doute réconforté de savoir ce qu’en disait Hiram Bingham : " En certains endroits, le chemin devenait si abrupt qu’il nous était alors plus facile d’avancer à quatre pattes". Il se souvenait aussi avoir dû s’arrêter pour se reposer tous les dix mètres environ.
Dans l'obscurité, je dépasse quelques mules isolées, sans muletier, laissées libres pour la nuit. Sur le versant opposé, lumières d'un village, a priori celui de Kiuñalla, où devrait être implantée la station de départ du futur téléphérique (appel d’offres lancé en 2014 mais à l’arrêt du fait de désaccord entre les Départements de Cuzco et d’Apurimac sur le partage des revenus).
Du fait de l’obscurité, je ne peux observer la transition écologique d’une forêt décidue sèche avec fruticées (équivalent de notre maquis méditerranéen) à un reliquat de forêt des nuages. De même, je ne peux plus me baser sur le versant opposé pour apprécier mon élévation dans le dénivelé.
Ne voyant toujours pas la borne du km 27, j’active sur mon ordiphone le positionnement GPS sur la carte Google Maps de la région. Du fait de l’incertitude sur la couverture réseau (et aussi pour ne pas encourir d’onéreux frais d’itinérance), j’avais enregistré cette carte avant mon départ de France, une excellente précaution. En affichant la vue "relief" (avec courbes de niveau), je peux ainsi suivre ma progression en dénivelé. Progression qui se confirme être très très lente. A plusieurs reprises, je crois être arrivé en apercevant comme des lumières semblant vaciller au loin. Mais elles disparaissent au bout d’un moment. Si au début, j’imagine qu’elles sont cachées par des arbres, je finis par comprendre que ce sont en fait des insectes volants luminescents, similaires aux lucioles. Vive déception.
Grand réconfort lorsque ma lampe frontale éclaire vers 20h20 la borne du km 28 du trek : j'arrive à Marampata ! | | | À: FabGreg · 4 janvier 2017 à 23:56 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:16 Message 9 de 72 · Page 1 de 4 · 9 697 affichages · Partager Premier jour (8 septembre 2016) fin
Soirée à Marampata (2918 m)
Une sorte de mirador est aménagé vers la gauche, un banc sous un auvent, et j’y fais pause. Quel soulagement d’être arrivé, car cela n’en finissait pas : cela fait 3 heures que j’ai quitté Santa Rosa Baja. Après cette courte pause, je reprends la marche, vite rendue facile par une nette inflexion de la pente. D’aucuns évoquent le Col de Marampata, mais le terme est impropre car on ne passe pas d’une vallée à une autre, juste une pente fortement réduite. Le chemin devient sentier bordé d’un tapis herbeux, mais se présente une complication inattendue : le sentier se révèle soudain obstrué par des branchages, un peu comme des ronces. Impossible de passer à travers, encore moins au-dessus. En m’écartant d’une dizaine de mètres vers la droite, je trouve une zone moins dense où je parviens à passer, et je reviens vers le sentier.
De là, 2-3 maisons très très espacées sont en vue, grâce à leurs éclairages, très réduits d’ailleurs. Aucunement le village auquel je m’attendais, moi qui imaginais des ruelles et même des restaurants (car un compte-rendu rapportait que les muletiers sans tente dormaient à même le sol des restaurants). Pas âme qui vive, cela ne va pas être facile pour trouver l'hospedaje. Je comprends mieux pourquoi la tenancière de Santa Rosa Baja avait à cœur de m’indiquer sa localisation, et je regrette maintenant de ne pas y avoir prêté attention.
Devant la maison loin en contrebas, quelqu’un paraît avec une lampe à la main : " Hospedaje ?" clame-je. " Si !" me répond la femme qui se rapproche de moi avec une grosse lanterne. Gros coup de chance, car elle a repéré ma lampe frontale dans la nuit. J’ai beau lui demandé de seulement m’indiquer où aller, elle chemine devant moi, d’abord sur le sentier, puis une petite descente vers une maison toutes lumières éteintes. Mais il lui faut réveiller la maisonnée, car dans la région, dès 20h00 voire avant, tout le monde est au lit : " Marie-Belle ! Marie-Belle !". J’apprends alors que c’est sa fille. Comme cela ne suffit pas, elle se plaque au sol, se glisse sous la barrière de ronces dressée à l’entrée de la ferme. Alors que je veux la suivre, elle m’en dissuade fermement, et devant la difficulté, j'obtempère. De ce qu’elle m’expliquera, c’est fait pour empêcher les mules en liberté de faire des dégâts. La voilà frappant à la porte, faisant le tour de la maison, et continuant à crier " Marie-Belle !". Jamais je n’aurai insisté de la sorte.
In fine, une lumière apparaît, et on lui répond. Un homme apparaît, il vient libérer l’accès de sa barrière de ronces. Oui, il est possible de dormir ici pour cette nuit. Pas le moment de négocier, je ne demande donc pas le prix de la nuitée... Me demandant de patienter, il me laisse dans une petite masure, une unique pièce ouverte sur l’un des côtés, une sorte d’annexe occupée par une longue table et des bancs latéraux. Au pire, je peux coucher sur le banc adossé au mur le plus long. L’attente me paraît longue, 15-20', sans doute le temps de "redresser" la chambre.
Revenant me chercher vers 20h50, mon logeur me présente la chambre (13°24'12.5"S 72°51'14.8"W) : 2 lits simples, aucun meuble, murs en adobe, sol en terre battue, absence d’éclairage (Marampata n’est pas raccordé au réseau électrique), c’est rustique mais cela semble propre, avec un rien d’élégance du fait de la lumineuse couverture bleue sur l’un des lits. Dans un petit bâtiment séparé, mon logeur me montre les toilettes et une modeste douche. Je me contenterai d’utiliser les toilettes pour ce soir car il fait déjà frais.
Avant de me quitter, mon logeur propose sa grosse lampe portative pour assurer l’éclairage de la chambre : proposition que je décline car j’ai ma lampe frontale, mais que j’accepte après insistance. Mieux vaut effectivement économiser les piles de ma lampe frontale.
Du fait de l'heure avancée, mon dîner se réduira à taper dans mes réserves : céréales granola, une banane, 2 pruneaux secs. Il fait bien frais dans cette chambre, à 2850 m, les nuits sont fraîches en cette saison hivernale. D’ailleurs, une étonnante succession d’éternuements me saisit, j’espère que je ne suis pas en train de tomber malade, ce n’est ni le lieu ni le moment lors de ce trek. Avec cette fraîcheur ambiante, je n’ai pas le courage de me changer et je me glisse tout habillé dans le lit. Un lit bien froid en ce début de nuit, le temps que je le chauffe naturellement. Les épaisses et lourdes couvertures ne sont vraiment pas de trop !
Avant de m’endormir, je passe en revue les photos de la journée, une exercice quotidien au cours duquel je procède à une seconde sélection, la première intervenant dès la prise d’une séquence. A revoir ces merveilleux paysages, cela me confirme que c’était une bien belle journée. | | | À: FabGreg · 8 janvier 2017 à 20:18 · Modifié le 31 jan. 2017 à 23:00 Message 10 de 72 · Page 1 de 4 · 9 510 affichages · Partager Bilan de cette première journée de trek
- 28 km parcourus (Cachora -> Marampata). - dénivelé positif (d+) : 1 902 m. - dénivelé négatif (d-) : 1 720 m. - 11h30 de marche, 2h30 en pause prolongée,
Beaucoup plus que je n’avais ambitionné de faire, cette journée restera dans mes annales.
Par segment :
- Cachora - Capuliyoc : 11,1 km, d+ 252 m, d- 250 m, 2h10 de marche - Capuliyoc - Chiquisca : 6,2 km, d+ 90 m, d- 1 100 m, ~3 h de marche - Chiquisca - Playa Rosalina : 3,1 km, d+ 0 m, d- 400 m, ~1 h de marche - Playa Rosalina - Santa Rosa Baja : 3,6 km, d+ 470 m, d- 0 m, 2 h de marche - Santa Rosa Baja - Marampata : 4,0 km, d+ 940 m, d- 0 m, 3h10 de marche (concluant une longue journée)
Si la journée a été physiquement éprouvante, ma condition physique n’en a pas subi les conséquences, pas de courbatures, pas la moindre ampoule. Je suis passé à travers les simulies, hormis quelques piqûres sans doute subies pendant ma courte halte à Santa Rosa Baja. Qu’est-ce que cela démange ! | | | À: FabGreg · 9 janvier 2017 à 21:40 Message 11 de 72 · Page 1 de 4 · 9 461 affichages · Partager coucou Fabrice mais tu es fou de faire tout ça en une journée !!! les vues sont magnifiques je vais suivre la suite pour info le macérat de cassis en goutte est très bien pour les problèmes de genoux (anti inflammatoire) mariejo | | | À: FabGreg · 12 janvier 2017 à 2:50 Message 12 de 72 · Page 1 de 4 · 9 393 affichages · Partager Bonjour, Fabrice
Ça c'est du compte-rendu ! vivant, précis, qui donne envie de se coltiner à la chose... Suivant vos conseils, j'ai posté ma proposition "Trek pour découvrir Choquequirao" dans la partie "Voyage en solo" du forum Pérou (imitant en cela beaucoup de "solitaires ne détestant pas la compagnie" qui s'y trouvaient déjà). Les dates que je propose (17, 18,19 et 20 Mars 2017) sont raisonnablement négociables. Si vous terminez votre compte-rendu assez vite, je suis sûr que j'aurai des candidats : vous allez tellement leur donner envie que je vais avoir l'embarras du choix, ou alors on ira en caravane, tous à la queue-leu-leu... Allez, au boulot, Fabrice ! P Elle avait raison votre cuisinière : pour faire des "bananes grillées" (platano maduro), il faut utiliser de grosses bananes plantains. | | | À: Lajtdubokl · 12 janvier 2017 à 21:45 Message 13 de 72 · Page 1 de 4 · 9 303 affichages · Partager C'est noté Pierre. 2ème journée pour cette fin-de-semaine.
Les dates que je propose (17, 18,19 et 20 Mars 2017) sont raisonnablement négociables.
Encore en saison des pluies. Avantage, les versants pelés seront très verdoyants d'après ce que j'ai observé sur divers comptes-rendus sur le web.
Par contre, certains chemins seront très boueux, surtout entre Maizal et Yanama.
Elle avait raison votre cuisinière : pour faire des "bananes grillées" (platano maduro), il faut utiliser de grosses bananes plantains.
Je ne doutais aucunement de son avis. En voyage, je n'arrête pas d'apprendre tout au long de la journée. Il me reste à savoir faire la différence sur un marché.
Fabrice | | | À: Aleph240758 · 14 janvier 2017 à 13:21 Message 14 de 72 · Page 1 de 4 · 9 116 affichages · Partager mais tu es fou de faire tout ça en une journée !!!
C'est bien ce que j'ai déclaré le lendemain. cf. récit à suivre.
les vues sont magnifiques
Pourtant, mes photos ne rendent pas justice à la splendeur du canyon de l'Apurimac.
pour info le macérat de cassis en goutte est très bien pour les problèmes de genoux (anti inflammatoire)
Heureusement pour moi, cette douleur au genou est vraiment très occasionnelle, sans que j'arrive à y trouver un cause. Pourvu que cela dure...
Fabrice | | | À: FabGreg · 14 janvier 2017 à 13:28 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:19 Message 15 de 72 · Page 1 de 4 · 9 112 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016)
Début de matinée à Marampata
Après cette nuit à Marampata, réveil habituel à 05h30, mais pas signe d’activité dans la ferme. Il me faudra donc patienter pour que l'on me serve le petit-déjeuner. En attendant le réveil de la maisonnée, je consulte mes notes préparatoires à la visite de Choquequirao : le site archéologique est situé à moins de 4 km de Marampata et peu de dénivelé pour l’atteindre. Suite à cette lecture, je vais tenter un abri au campement de Choquequirao, en ayant en repli l’option de partager la tente du jeune argentin. Au pire, je reviendrai à Marampata, mais je préférerais éviter. Du fait de la fraîcheur ambiante, je ne suis pas très vaillant pour tester la douche, j’en profite pour observer les alentours.
Plutôt qu'un village, Marampata est un hameau ( caserio dans son acceptation péruvienne et non espagnole) de moins d’une dizaine de maisons dispersées sur un terrain peu escarpé, très verdoyant, un petit paradis comparé aux versants pelés traversés hier. Les maisons sont assez espacées les unes des autres. Rien à voir avec le village que j’imaginais.
Y sont élevés poules, cochons, quelques vaches, et évidemment des cuy (forme géante du cobaye / cochon d’ Inde, jusqu’à 4 kg, et élevé pour être mangé), quoique je n’en ai pas vu dans cette ferme. Aussi des mules pour le transport, et quelques chevaux. Dans les environs sont cultivés quinoa, pommes de terre, maïs, tomates, yucca, etc. La coca serait aussi possible...
06h30 : Marie-Belle, la tenancière de l’hospedaje, distribue du maïs aux poulets, puis va à la cuisine préparer mon petit-déjeuner.
En attendant que ce petit-déjeuner soit prêt, je rédige des notes synthétiques sur mon premier jour de trek, tant que la mémoire ne s’est pas estompée.
Vers 07h00, m’est enfin servi mon petit-déjeuner : le classique arroz con huevo (riz + œuf-sur-le-plat), sauf qu'ici du yucca se substitue aux frites, quelques rondelles de tomate venant décorer. Malheureusement, le riz est froid, comme c’est souvent le cas au Pérou.
En boisson d’accompagnement, un grand thermos d’eau chaude associé à un sachet de café instantané. En dépit du café cultivé au Pérou, cet instantané vient du Chili, voilà qui enfreint ma préférence à consommer local. N’ayant pas le choix, je ne fais pas le difficile, et je le consomme avec force d’eau chaude et sucre de canne. De quoi bien m’hydrater, autant d’eau que je n’aurai pas à porter. Car hier, j’ai bu 5 litres d’eau, sans compter la tisane de pomme consommée au petit-déjeuner à Capuliyoc. Il ne me reste donc plus qu’un unique litre d’eau. Pas d’inquiétude toutefois car mes informations indiquent que l’eau est disponible au campement du Choquequirao. Eau non garantie potable, mais j’ai mes pastilles purifiantes.
08h00 passé, je commence à guetter le passage de mes compagnons de la veille, le couple franco-catalan, le couple américain, et le jeune argentin Emmanuel. Car s’ils sont partis à 05h30 de Santa Rosa Baja, ils pourraient arriver à Marampata vers 08h00. Si je n’avais choisi de les attendre, j’aurais expédié beaucoup plus rapidement mon petit-déjeuner.
En attendant, j’échange avec le jeune fils de la maisonnée, Alexander Gutierez Conza, un gamin d’environ 8 ans à mon avis. Comme souvent lors de mes voyages, je l’initie à un peu de vocabulaire français, formules de courtoisie et comment compter jusqu’à 10. Une petite graine semée qui l’aidera peut-être à dialoguer avec les nombreux trekkeurs francophones en route pour Choquequirao.
Marie-Belle, la maman, tient une petite épicerie dans la baraque à l’entrée de la ferme, là où était dressée cette nuit la barrière de ronces. Il y a là un peu de tout : riz, pâtes, plats instantanés, boissons gazeuses, imposantes bouteilles de bière, eau, large choix de snacking en tout genre, rien qui ne m’intéresse. Hormis des légumes, ce qui me permet d’acheter 6 petites tomates, de quoi pallier à mon manque d’achats à Cachora. Sans surprise, le prix n’est pas favorable, mais c’est compréhensible même si les tomates viennent du jardin et n’ont donc pas eu à être transportées jusqu’ici. J’en profite pour payer la nuitée et le petit-déjeuner. Rapport qualité / prix plutôt décevant comparé à mes expériences au Pérou : 25 S la nuitée, il n’y a qu’à Ayacucho que j’ai payé une chambre autant, mais pour un confort très supérieur. A mettre au compte de l’éloignement et du manque de concurrence. De même, 8 S le petit-déjeuner, à comparer au 5 S payé à Capuliyoc hier matin. Certes le riz a été transporté à dos de mules, mais tout le reste vient de la ferme : l’œuf (a priori), pommes de terre, tomates que l’on peut espérer bio.
Pour me laver les dents et le visage, je dois demander à déconnecter le tuyau d’arrosage de l’unique robinet disponible. On est bien dans une ferme !
08h30 passé, mes compagnons de marche ne sont toujours pas visibles, et je commencent à m’en inquiéter. Car hier, j’ai quitté Santa Rosa Baja alors que Hankey était saisi de vives douleurs. A 08h40, des trekkeurs passent, mais ce ne sont pas mes compagnons, c'est le groupe en agence qui in fine a couché à Santa Rosa Baja, au second campement. Ils ignorent tout de mes compagnons de marche. Leur guide me reconnaissant (il m'avait repéré avant mon départ de Capuliyoc), comprend que j'ai marché hier jusqu'à Marampata et déclare en français : " vous êtes un bon marcheur". Je lui rétorque que je suis surtout un peu fou...
08h50, le petit Alexandre part à l’école. Dans l’instant, cela ne m’a pas surpris, mais a posteriori, je réalise que cela doit être une classe multi-niveaux du fait de la modestie de ce hameau, d’autant qu’il n’y a pas d’autre hameau à moins d’une demi-journée de marche (au rythme des paysans du cru).
Devant la maisonnée, le mari s’est mis à l’œuvre avec 2 compagnons : l’un mélange terre et paille, l’autre transporte le mélange en brouette, et le mari moule des briques de terre crue laissées à sécher sur cette partie de terrain plat.
En observant les environs, je réalise que l’on voit clairement une partie du site de Choquequirao. Je découvrirai ultérieurement qu’il s’agit de Pikiwasi.
Les nuages se sont dissipés, le soleil resplendit, je me décide à 09h25 à partir sans plus attendre mes compagnons de la veille. J’espère tout de même que Hankey n’a pas un grave problème de santé. Vamos a Choquequirao! | | | À: FabGreg · 14 janvier 2017 à 13:32 · Modifié le 31 jan. 2017 à 13:06 Message 16 de 72 · Page 1 de 4 · 9 108 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
Marampata → campement de Choquequirao
Quelques minutes de marche suffisent pour déboucher sur l’autre versant, et je découvre l’ensemble du site archéologique de Choquequirao, dont se détachent dans le bas les terrasses agricoles. Depuis le chemin, ces terrasses sont très impressionnantes, car accrochées au bord de la falaise. D’une certaine manière, elles en sont le prolongement.
(versant sud du site archéologique de Choquequirao, dominant le canyon de l'Apurimac)
(Cité inca de Choquequirao : quartier-bas Hurin Choquequirao sur le côté gauche, quartier-haut Hanan Choquequirao en partie supérieure à droite, grandes terrasses supérieures s'étendant horizontalement jusqu'au côté droit de la photo)
(terrasses agricoles de Paraqtepata)
Le chemin est agréable, quasi plan, parfois même ombragé, dans un cadre humide, très verdoyant, traversant une forêt de type "forêt de nuage" (sans doute l’effet des eaux de fonte issues du Nevado Quri Wayrachina).
Au bout d’une demi-heure, j’arrive au poste de contrôle de l'INC (Instituto Nacional de Cultur), au lieu-dit de Sunchupata (2820 m). Le registre montre que je n’ai été précédé ce matin que par le groupe de trekkeurs avec agence, 4 américains et un sud-africain qui vont jusqu'à Machu Picchu. Avant que je ne m’inscrive, me voilà rejoint par Emmanuel, le jeune argentin. Le gardien nous demande à chacun 55 S, ce qui me fait rugir pour la forme, mais je savais que c’était le tarif 2016, en forte augmentation sur les 37 S de l’an passé. A ma surprise, Emmanuel mentionne qu’il reviendra à Cachora, et donc qu’il ne poursuit pas jusqu’à Machu Picchu contrairement à ce que j’avais compris. De quoi comprendre la petitesse de son sac-à-dos car l’essentiel de ses affaires sont restées à Cuzco.
Avant de nous laisser poursuivre, le gardien présente sommairement le site s’aidant d’un schéma dessiné. Plutôt que d’essayer de mémoriser ce schéma, je le photographie (09h58).
M’inquiétant auprès du gardien de savoir où je pourrai coucher, ne disposant pas de tente (et désormais sans possible partage avec Emmanuel), il m’indique qu’il y a un bâtiment en dur en bout de campement et qu’il est possible de s’y abriter. Au pire, je retournerai coucher à Marampata, mais ce serait un supplément de marche, qui plus est à rebours.
Depuis le poste de contrôle, le chemin poursuit à flanc de montagne vers la quebrada de Chunchumayo, quasi plan hormis quelques courtes montées et descentes pour éviter des passages trop ravinés. C'est de conserve et en conversant qu’Emmanuel et moi approchons le site archéologique.
De ce versant, s’offrent des vues spectaculaires sur les terrasses agricoles construites sur des pentes très très prononcées, juste au-dessus de falaises.
(terrasses agricoles de Paqchayoq, avec légèrement au-dessus les baraquements de l'équipe des fouilles archéologiques)
De quoi être admiratif des techniques de construction des incas, c’est vraiment bluffant : ils sont fous ces incas ! Les autres zones archéologiques restent pour l’essentiel dissimulées par l’abondante végétation sur ce versant bien arboré.
Nous avons tant conversé que je n’ai même pas noté le franchissement du rio Chunchumayo, pourtant d’un bon débit comme je le verrai plus tard depuis les terrasses agricoles.
Au premier embranchement, nous nous séparons car avant de débuter la visite, je préfère déposer mon sac-à-dos au campement de Choquequirao. Le sentier descend gentiment jusqu’à une bande de terrain plat tout en longueur, tel une très longue terrasse, c’est le campement (11h08).
Sa pelouse a souffert, mais cette verdure égaye sous ce bon soleil. A proximité des sanitaires œuvrent des hommes arborant tous un t-shirt d’un jaune lumineux et mentionnant "The Green Machine", affairés à monter des tentes et à préparer un repas. Ces accompagnateurs de l’agence Alpaca Expeditions prennent en charge le groupe de trekkeurs américains.
Je poursuis jusqu’au petit bâtiment à l’autre bout du campement, là où d’après le gardien, je pourrai trouver un abri. Le bâtiment lui-même est fermé à clé. Devant, un espace couvert, sans doute celui évoqué par le gardien, mais ce n’est pas bien propre, des cendres un peu partout, ouvert à tout vent, nul endroit où je puisse raisonnablement coucher. Dans l’immédiat, je dissimule mon sac-à-dos derrière ce bâtiment et reviens vers l’entrée du campement inspecter les toilettes et douches : pas propre du tout côté hommes, fréquentable côté femmes. Mais rien qui ne puisse m’héberger.
L’eau courante est bien disponible, mais elle est réfrigérante. Je suis tenté de la consommer tel quel, car le risque me semble réduit du fait de la distance réduite depuis le Nevado Corihuayrachina dont l’eau est issue. Mais la prudence l’emporte et je passe 2 l en traitement AquaTabs.
Il est temps de partir en visite, mais par quoi commencer ?
Les archéologues ont divisé le parc archéologique de Choquequirao en 12 secteurs, la plupart assez éloignés les uns des autres. Hésitant entre les terrasses agricoles vues depuis le chemin d’accès et les réputées terrasses aux lamas, je sollicite l’avis d’accompagnateurs "The Green Machine") : " Igual" me répond-on. Comme il fait grand beau, peut-être vaut-il mieux commencer par les terrasses aux lamas, car les terrasses agricoles ne présentent pas de spécificité particulière.
Déjà avancé (11h25) sur le chemin menant à la partie haute de Choquequirao, je raisonne selon l’ensoleillement. Dès lors que les terrasses aux lamas sont exposées à l’ouest, c’est la fin d’après-midi qui sera idéale, bénéficiant d’une lumière moins agressive. Alors qu’au contraire les terrasses agricoles exposées au sud-est seront dans l’ombre. Demi-tour donc, place aux terrasses agricoles. | | | À: FabGreg · 15 janvier 2017 à 13:06 · Modifié le 15 jan. 2017 à 21:12 Message 17 de 72 · Page 1 de 4 · 9 003 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
A la recherche des terrasses agricoles de Choquequirao
Demandant par où passer pour rejoindre les terrasses agricoles, on me montre la direction du bas. Parvenu au bas du campement, et en l’absence d’indication visible, je suis le chemin longeant les terrasses du campement. Au bout, un panneau indique la direction de San Ignacio avec la mention que le chemin est condamné, du fait d’éboulements d’après les explications présentées. Pas d’inquiétude car les terrasses agricoles se situent bien avant la descente vers San Ignacio.
Le chemin traverse un corral à l’usage des mules, tranquilles et ne prêtant pas attention à ma présence. Puis poursuit en flanc de coteau jusqu’à aboutir à un barrage de branchements. Certes, c’est peut-être pour refréner les velléités d’une mule baladeuse, mais cela me semble trop net pour être l’accès aux terrasses.
(quebrada de Chunchumayo, site de Paqchayoc à gauche de la cascade. Nota : en venant de Marampata, on traverse cette quebrada à mi-hauteur, d'où les montées et descentes pour éviter les couloirs d'éboulement)
Alors que je rebrousse chemin, j’aperçois partant vers le bas ce qui semble un sentier dans une pente très prononcée. Mais il se perd dans la forêt et je dois bientôt m’accrocher à des arbustes pour quelques passages un peu hasardeux. Décidément vraiment trop périlleux pour des visiteurs normaux, qui d’ailleurs auraient abandonné depuis bien longtemps. Je me résous à revenir sur mes pas, et remonter au chemin.
Revenant vers le campement, je repère à nouveau un sentier partant vers le bas. J’y crois, poursuivant avec obstination en dépit d’un environnement non balisé, très pentu et aventureux, mais arrivé presque à la hauteur des terrasses agricoles, je dois me rendre à l’évidence : je ne peux y accéder par là. Fausse piste là encore.
(terrasses agricoles de Paqchayoq, avec les cascades du rio Chunchumayo)
(vue plongeante sur Paqchayoq)
Retour au campement (12h19, j’ai perdu presque 1 heure), avec un peu de ressentiment à l’égard de l’équipe qui m’a laissé partir dans une mauvaise direction. Arrivant au campement par le bas, je découvre alors un panneau indiquant les terrasses agricoles : je n’étais pas descendu assez bas, trompé par le chemin menant à San Ignacio.
En descendant vers les terrasses agricoles, je croise le groupe de trekkeurs américains un peu interloqués à me voir sans guide, encore plus de découvrir que je n'ai pas même de mule pour porter mon sac-à-dos. A l’embranchement entre les 2 zones de terrasses agricoles, je décide de commencer par la zone de Paqchayoq.
Juste avant d'accéder aux terrasses agricoles de Paqchayoc, je dépasse quelques bâtiments sur la gauche dont je me rapproche. D'abord des dortoirs avec lits superposés, puis un bâtiment d’où viennent des bruits de conversations : c’est un réfectoire. | | | À: FabGreg · 15 janvier 2017 à 13:20 · Modifié le 18 jan. 2017 à 0:54 Message 18 de 72 · Page 1 de 4 · 8 997 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
Déjeuner aux terrasses agricoles de Paqchayoq
Curieux, je questionne ceux attablés près de la porte sur ce qu’ils mangent. Là déjeune l'équipe des fouilles archéologiques, et je suis vite invité à partager leur repas. Après m’être fait prier, j’accepte volontiers l’invitation, pas tant pour le plat en lui-même que pour l’opportunité de dialoguer avec ces archéologues. Une première pour moi qui dans ma jeunesse voulait devenir archéologue.
Aussitôt attablé, m’est servi le plat : du yucca frit accompagné d’une copieuse plâtrée de riz parsemé de quelques petits copeaux de légumes (12h48).
Pas très goûteux, mais cela nourrit. Mes propositions de paiement sont vertement repoussées. J'ai beau insisté, habitué que je suis à la pratique iranienne du taroof (on n'accepte qu'à la 3ème proposition), rien n'y fait, je suis invité gracieusement pour ce repas.
Au sein de l’équipe, la division des tâches est claire : les hommes sont terrassiers, les femmes (jeunes) sont archéologues, sauf une palynologue (étude des pollens, mais appliquée à l’archéologie)... et la cuisinière ! Cuisinière qui avec insistance se renseigne sur mon état civil (prudemment, je me déclare marié) et se propose de m'héberger pour la nuit. Encore plus volontaire quand elle apprend que je connais Raqchi, son village d'origine et où se trouvent les vestiges d'un beau temple inca (visité en 2006).
Discussion soutenue avec les archéologues, tout particulièrement la palynologue qui parle un peu français. L’équipe reste toute la saison de fouilles sur site, ainsi, les femmes ne rentreront à Cuzco qu’à la fin septembre. Par mes photos, découverte admirative du Temple du Soleil de Ingapirca qui leur était inconnu.
(temple du Soleil à Ingapirca, près de Cuenca, Equateur)
Mais je n’apprendrai rien sur les recherches archéologiques du moment. Il est vrai que l'archéologie moderne est désormais très technique, analysant désormais ce que l'activité des anciens occupants à laisser comme trace. Les découvertes comme celle des terrasses aux lamas (2004) sont rarissimes de nos jours.
Repas achevé (sauf moi qui tarde, ayant été trop bavard), tous sortent et forment un large cercle devant le réfectoire, assis à même le sol. Quelques discours et j’apprends que l’on célèbre un anniversaire, celui du chef de l'équipe des terrassiers. Une bouteille et des gobelets passent de main en main. De la chicha pensais-je, mais non, c’est du cambray, de la bière de canne à sucre (cambraï en phonétique francophone). Plus alcoolisée qu’une chicha, mais c’est léger et bon. Quelques mois après mon voyage, je découvrirai que le cambray correspond à la boisson alcoolisée artisanale proposée aux campements de Chiquisca et de Santa Rosa, pour moins cher que son équivalent en eau.
Passe aussi de main en main un jerrycan, et l’on me propose très naturellement de goûter à son contenu : c’est du cañaso. Un peu soupçonneux, je demande quelques explications sur cette boisson visiblement artisanale. A ce que l’on m’explique, je comprends que ce breuvage est de l’alcool de canne de maïs, fruit d’une distillation, et similaire à de la vodka. Effectivement, c’est très fort, 30-40°, mais associé à du miel, cela se révèle agréable.
C'est donc tardivement, et légèrement alcoolisé, que je débute la visite des terrasses Paqchayoq. | | | À: FabGreg · 16 janvier 2017 à 23:13 Message 19 de 72 · Page 1 de 4 · 8 868 affichages · Partager Ah quel périple ! Beaucoup de plaisir à lire ce carnet très détaillé, on est vraiment dans l'ambiance avec tous ces détails.
C'est loin d'être comparable à votre périple mais j'ai fait le trek du Salkantey l'année dernière. Mon premier vrai trek. À vous lire, je me dis que la prochaine fois, partir en autonomie n'est pas inenvisageable.
Au plaisir de lire la suite... | | | À: FabGreg · 17 janvier 2017 à 14:06 Message 20 de 72 · Page 1 de 4 · 8 807 affichages · Partager Super récit très détaillé, de quoi envisager de le faire un de ces jours, avec des étapes probablement plus courtes quand même ! 
Il ne me reste plus qu'à patienter pour la suite... | Carnets similaires sur le Pérou: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 12 307 visiteurs en ligne depuis une heure! |