Parmi mes musiques préférées, il y a le résultat de la confrontation de musiciens africains (principalement du Mali, considéré par beaucoup comme le berceau du blues) et de jazzmen ou bluesmen américains.
Quand chacun fait un pas vers l'autre, cela donne des résultats fascinants.
Voici la liste de mes favoris :
Hank Jones et Cheick Tidiane Seck : Sarala (1995)
C'est un album magnifique ou le vieux pianiste de jazz Hank Jones joue légèrement et humblement avec le malien Seck accompagné d' anciens musiciens du célèbre orchestre du Super Rail Band de Bamako.
"Sarala" signifie "je me confie à toi" en mandingue, et c'est ainsi que les griots affirment leur sincérité.
Cet album est une des rencontres les plus abouties et émouvantes entre le jazz et sa mère Afrique...
Voir critiques ici : http://www.cheick-tidiane-seck.com/francais/critiques3.htm
Ali Farka Touré et Ry Cooder : Talking Timbuktu (1994)
Faut-il présenter ce disque qui est sans doute le plus connu de ma liste ?
Ry Cooder est un guitariste américain amoureux de toutes les musiques.
Le projet Buena Vista Social Club qui a relancé de la musique cubaine, c'est lui.
Avant Buena Vista Social Club, il a réuni quelques musiciens américains de renom avec Ali Farka Touré et deux percussionistes maliens.
Ali Farka Touré est un grand guitariste et chanteur qui interprète ses propres compositions.
Celles-ci, mieux produites et accompagnées que d'habitude, sonnent magnifiquement sur ce disque dans lequel la guitare de Ry Cooder est très discrète.
Taj Mahal et Toumani Diabaté : Kulanjan (1999)
Le fameux bluesman américain Taj Mahal a fait venir aux USA 6 musiciens maliens pour confronter son art à celui de sa terre d'origine.
Toumani Diabaté est un virtuose de la kora, instrument du griot mandingue entre la guitare et la harpe.
Le résultat est une réussite, les titres sont spontanés, inventifs, harmonieux, sereins, enracinés dans la tradition du peuple noir, tirant ici sur les mélodies africaines, rappelant là le blues du Mississippi, toujours à mi-chemin de ces deux cultures dont on sait bien qu'elle ont des racines communes.
Corey Harris : Mississipi to Mali (2004)
Dans le film de Martin Scorcese "Feel like going home", consacré aux liens entre le blues du Mississippi et la musique malienne, Corey Harris tient le rôle de guide.
Fils de bluesman et bluesman lui-même cet anthropologue de 34 ans a fait le voyage musical du retour à la terre mère.
Ce disque en est l'aboutissement, une partie des morceaux ayant été enregistrés aux USA et l'autre au Mali, l'ensemble étant d'une belle unité.
On retrouve sur certains morceaux le son de la guitare d'Ali Farke Touré et sa voix profonde.
Si vous en avez d'autres à conseiller, je suis preneur.
Je souhaites vous faire partager l'album "Now" du groupe Hadouk Trio car c'est une pure merveille orchestré par un trio de musiciens hors pairs....Loy Ehrlich (instruments à cordes et claviers), Didier Malherbe (saxo, flûtes) et Steve Shehan (percussions) vous emménent dans une Afrique millénaire en communion avec la nature, un vrai moment de bonheur....
Bon voyage
Gibraltar
Bon voyage
Gibraltar
Bonjour à tous :)
Je cherche les paroles des chansons de Rokia Traoré. J'ai trouvé une discussion de 2004, mais il n'y avait pas des paroles, alors je cherche toujours ;) Peut-être il y a quelqu'un qui pourrait m'envoyer (ici ou par courriel) les paroles des chansons de cette artiste? Malheuresement ici en Pologne c'est impossible d'achéter les disques de Rokia, alors je suis limité au youtube et autres choses comme ça :( Je suis surtout interressé aux chansons du premier disque, "Mouneïssa".
Merci en avance, Michal
PS. Comme vous pouvez voir, je viens de Pologne et français n'est pas ma langue maternelle, alors excusez-moi pour les erreurs - je voudrais profiter de ce forum pour améliorer mon français aussi :)
Je cherche les paroles des chansons de Rokia Traoré. J'ai trouvé une discussion de 2004, mais il n'y avait pas des paroles, alors je cherche toujours ;) Peut-être il y a quelqu'un qui pourrait m'envoyer (ici ou par courriel) les paroles des chansons de cette artiste? Malheuresement ici en Pologne c'est impossible d'achéter les disques de Rokia, alors je suis limité au youtube et autres choses comme ça :( Je suis surtout interressé aux chansons du premier disque, "Mouneïssa".
Merci en avance, Michal
PS. Comme vous pouvez voir, je viens de Pologne et français n'est pas ma langue maternelle, alors excusez-moi pour les erreurs - je voudrais profiter de ce forum pour améliorer mon français aussi :)
Bonjour
Je cherche à nouer des contacts avec des "fans" d'Othmane Baly, disparu tragiquement lors des inondations à Djanet... Quelel perte !
Heureusement, la troupe est reprise par son fils et j'espère vivement qu'il y aura une continuité de l'oeuvre d'Othmane !
Amitiés,
Elisabeth
Je cherche à nouer des contacts avec des "fans" d'Othmane Baly, disparu tragiquement lors des inondations à Djanet... Quelel perte !
Heureusement, la troupe est reprise par son fils et j'espère vivement qu'il y aura une continuité de l'oeuvre d'Othmane !
Amitiés,
Elisabeth
Bonjour,
je recherche à acheter des CD de musique de relaxation et new age. En particulier les CD de Steve Human et aussi de Jacotte Chollet mais si vous avez d'autres propositions d'artistes je suis ouvert.
Merci !
Merci !
« Il y a beaucoup de héros dans le jazz. Mais peu ont véritablement changé l’histoire du jazz. McCoy Tyner en est un. Il y a un avant et un après Mister McCoy Tyner. » (Craig Taborn, pianiste de jazz américain)
McCoy Tyner, pianiste illuminé et compagnon de Coltrane
Un pianiste hors norme, un géant du jazz a disparu à jamais début mars dernier à l’âge de 81 ans. Acteur clé du légendaire classic quartet de John Coltrane (que complètent Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie), il a joué du piano avec les plus grands de son époque. Avec Bill Evans et Cecil Taylor, McCoy Tyner compte parmi les pianistes de jazz les plus influents de ces 50 dernières années. Son jeu si particulier, puissant et inimitable, a changé l’histoire du jazz moderne. Il mérite bien une digne place dans la généalogie des grands pianistes, aux côtés de Bud Powell, de Thelonious Monk, d’Art Tatum, de Duke Ellington et de Cecil Taylor. …
Né à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1938, McCoy Tyner commence à prendre des leçons de piano à l’âge de 13 ans. Sa carrière musicale débute vraiment en 1959 dans le Jazztet du saxophoniste Benny Golson et trompettiste Art Farmer. En plus, il joue avec Lee Morgan, Max Roach, Stanley Turrentine, Freddie Hubbard, Wayne Shorter, Joe Henderson, Sonny Rollins et Kenny Dorham. Plus tard, en 1960, à 21 ans, le pianiste quitte le Jazztet pour remplacer Steve Kuhn dans le quartet de John Coltrane et y reste membre jusqu’à la fin de 1965. McCoy Tyner est en premier lieu connu pour avoir accompagné – ce qui veut dire ici : a su soutenir et dynamiser le soliste – John Coltrane pendant la partie la plus essentielle de sa carrière, ces cinq années entre 1960 et 1965, au sein de ce classic quartet, formation la plus emblématique du jazz (encore) modal. Dans ladite période, il enregistre avec "son frère" John Coltrane une trentaine d’albums, dont les célèbres My Favorite Things (1961), Africa/Brass (1961), Live at the Village Vanguard (1961), A Love Supreme, chef-d’œuvre de l’histoire de la musique (1964), Live at Birdland (1964), Crescent (1964), Ascension (1965), Meditations (1965), Both directions at once : The lost album (1963/2018), etc. etc. etc. Non seulement le saxophoniste, mais juste la présence de ce pianiste virtuose dans le quatuor de Coltrane est l’un des éléments-clés qui a fait de cet ensemble un des incontournables du jazz des années 60.
Pourtant, Coltrane a laissé à son sideman beaucoup d’espace pour son propre jeu soliste. Et il a brillé par son expressivité exaltante. Avec sa main droite, il pouvait suivre la préférance de Coltrane pour ses soi-disant sheets of sounds. Celle de gauche, en revanche, a utilisé la tradition du stride piano pour créer une richesse et profondeur orchestrales en alternant les registres médium et grave (Tyner était gaucher). Le pianiste reste non seulement ancré dans son attachement à l’instrument, mais aussi humble dans son sens pour la beauté et l’harmonie. Au moment où Coltrane s’est de plus en plus laissé emporter par des zones atonales du free jazz, McCoy Tyner n’a plus voulu le suivre : "I didn’t see myself making any contribution to that music. All I could hear was a lot of noise." Cette position esthétique a conduit inévitablement à quitter le quatuor...
Après le split de Coltrane, McCoy Tyner commence à enregistrer sous son propre nom plusieurs albums post-bop dont Tender Moments (1968), Time for Tyner (1968), Extensions (1970) et surtout The Real McCoy (1967), peut-être son meilleur album de cette période. A partir de 1972, entre le free jazz et le jazz fusion, il cultive sa propre musique, dans laquelle il élargit – en solo, en trio ou en grandes formations – ses expériences des années 60, et collabore avec des musiciens tels que les saxophonistes Sonny Fortune, Gary Bartz, John Stubblefield, Andrew White et Azar Lawrence, le trompettiste Virgil Jones, le violoniste John Blake, le vibraphoniste Bobby Hutcherson, les contrebassistes Joony Booth et Buster Williams, et les batteurs Billy Hart et surtout Alphonse Mouzon. Des grandioses albums attestent cette période féconde : Sahara (1973), Atlantis (1974), Trident (1976) et Enlightment – Live at the Montreux Jazz Festival (1973), le dernier étant pour toujours mon album préféré de McCoy Tyner, ce quartet – à mon avis – sa meilleure formation ever (M.T. - Azar Lawrence - Joony Booth - Alphonse Mouzon).
McCoy Tyner a enregistré plus de 80 albums sous son propre nom, a reçu cinq Grammys, des géants comme Herbie Hancock et Chick Corea l’ont cité comme une influence décisive sur leur propre travail. En 2002, la NEA (National Endowment for the Arts) l’a nommé "Jazz Master". Son dernier album, Solo: Live from San Francisco, date de 2009, qui est décrit avec enthousiasme par la critique comme une preuve de l’impact ininterrompu de son style si puissant : "All of the hallmarks of his sound, from up and down dynamics to the legendary crashing of chords, especially with his left hand, and the stunning virtuosity of his improvisational runs and streaks, assure you that he is in good spirits and has energy to burn off even at his advanced age... This is yet another of the many triumphant recordings Tyner has given to the world…" (Allmusic)
Hery
https://www.youtube.com/watch?v=WXL4c67sX9E
McCoy Tyner, pianiste illuminé et compagnon de Coltrane
Un pianiste hors norme, un géant du jazz a disparu à jamais début mars dernier à l’âge de 81 ans. Acteur clé du légendaire classic quartet de John Coltrane (que complètent Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie), il a joué du piano avec les plus grands de son époque. Avec Bill Evans et Cecil Taylor, McCoy Tyner compte parmi les pianistes de jazz les plus influents de ces 50 dernières années. Son jeu si particulier, puissant et inimitable, a changé l’histoire du jazz moderne. Il mérite bien une digne place dans la généalogie des grands pianistes, aux côtés de Bud Powell, de Thelonious Monk, d’Art Tatum, de Duke Ellington et de Cecil Taylor. …
Né à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1938, McCoy Tyner commence à prendre des leçons de piano à l’âge de 13 ans. Sa carrière musicale débute vraiment en 1959 dans le Jazztet du saxophoniste Benny Golson et trompettiste Art Farmer. En plus, il joue avec Lee Morgan, Max Roach, Stanley Turrentine, Freddie Hubbard, Wayne Shorter, Joe Henderson, Sonny Rollins et Kenny Dorham. Plus tard, en 1960, à 21 ans, le pianiste quitte le Jazztet pour remplacer Steve Kuhn dans le quartet de John Coltrane et y reste membre jusqu’à la fin de 1965. McCoy Tyner est en premier lieu connu pour avoir accompagné – ce qui veut dire ici : a su soutenir et dynamiser le soliste – John Coltrane pendant la partie la plus essentielle de sa carrière, ces cinq années entre 1960 et 1965, au sein de ce classic quartet, formation la plus emblématique du jazz (encore) modal. Dans ladite période, il enregistre avec "son frère" John Coltrane une trentaine d’albums, dont les célèbres My Favorite Things (1961), Africa/Brass (1961), Live at the Village Vanguard (1961), A Love Supreme, chef-d’œuvre de l’histoire de la musique (1964), Live at Birdland (1964), Crescent (1964), Ascension (1965), Meditations (1965), Both directions at once : The lost album (1963/2018), etc. etc. etc. Non seulement le saxophoniste, mais juste la présence de ce pianiste virtuose dans le quatuor de Coltrane est l’un des éléments-clés qui a fait de cet ensemble un des incontournables du jazz des années 60.
Pourtant, Coltrane a laissé à son sideman beaucoup d’espace pour son propre jeu soliste. Et il a brillé par son expressivité exaltante. Avec sa main droite, il pouvait suivre la préférance de Coltrane pour ses soi-disant sheets of sounds. Celle de gauche, en revanche, a utilisé la tradition du stride piano pour créer une richesse et profondeur orchestrales en alternant les registres médium et grave (Tyner était gaucher). Le pianiste reste non seulement ancré dans son attachement à l’instrument, mais aussi humble dans son sens pour la beauté et l’harmonie. Au moment où Coltrane s’est de plus en plus laissé emporter par des zones atonales du free jazz, McCoy Tyner n’a plus voulu le suivre : "I didn’t see myself making any contribution to that music. All I could hear was a lot of noise." Cette position esthétique a conduit inévitablement à quitter le quatuor...
Après le split de Coltrane, McCoy Tyner commence à enregistrer sous son propre nom plusieurs albums post-bop dont Tender Moments (1968), Time for Tyner (1968), Extensions (1970) et surtout The Real McCoy (1967), peut-être son meilleur album de cette période. A partir de 1972, entre le free jazz et le jazz fusion, il cultive sa propre musique, dans laquelle il élargit – en solo, en trio ou en grandes formations – ses expériences des années 60, et collabore avec des musiciens tels que les saxophonistes Sonny Fortune, Gary Bartz, John Stubblefield, Andrew White et Azar Lawrence, le trompettiste Virgil Jones, le violoniste John Blake, le vibraphoniste Bobby Hutcherson, les contrebassistes Joony Booth et Buster Williams, et les batteurs Billy Hart et surtout Alphonse Mouzon. Des grandioses albums attestent cette période féconde : Sahara (1973), Atlantis (1974), Trident (1976) et Enlightment – Live at the Montreux Jazz Festival (1973), le dernier étant pour toujours mon album préféré de McCoy Tyner, ce quartet – à mon avis – sa meilleure formation ever (M.T. - Azar Lawrence - Joony Booth - Alphonse Mouzon).
McCoy Tyner a enregistré plus de 80 albums sous son propre nom, a reçu cinq Grammys, des géants comme Herbie Hancock et Chick Corea l’ont cité comme une influence décisive sur leur propre travail. En 2002, la NEA (National Endowment for the Arts) l’a nommé "Jazz Master". Son dernier album, Solo: Live from San Francisco, date de 2009, qui est décrit avec enthousiasme par la critique comme une preuve de l’impact ininterrompu de son style si puissant : "All of the hallmarks of his sound, from up and down dynamics to the legendary crashing of chords, especially with his left hand, and the stunning virtuosity of his improvisational runs and streaks, assure you that he is in good spirits and has energy to burn off even at his advanced age... This is yet another of the many triumphant recordings Tyner has given to the world…" (Allmusic)
Hery
https://www.youtube.com/watch?v=WXL4c67sX9E
Bonjour,
Il y a 2 ans, j'avais passé 2 soirées à Kilkenny, dans les pubs... et j'ai entendu une bonne dizaine de fois les petits groupes locaux chanter une chanson, rock... La description est sommaire mais... si vous connaissez le nom de la chanson que tous les groupes qui jouent dans les pubs de Kilkenny reprennent... je suis preneur.
Merci
Il y a 2 ans, j'avais passé 2 soirées à Kilkenny, dans les pubs... et j'ai entendu une bonne dizaine de fois les petits groupes locaux chanter une chanson, rock... La description est sommaire mais... si vous connaissez le nom de la chanson que tous les groupes qui jouent dans les pubs de Kilkenny reprennent... je suis preneur.
Merci
Bonjour tout le monde,
Je me compile quelques CD de musique à écouter sur la route (genre: Eagles, Nilsson, Springsteen, Sheryl Crow, Jewell, Dylan, Joan Baez, Cat Stevens, John Denver, 70's....). D'autres bonnes idées? (même de style différent, du moment que c'est pas du hard, de la dance ou de la techno... 🤪...)
Merci! 🙂
Je me compile quelques CD de musique à écouter sur la route (genre: Eagles, Nilsson, Springsteen, Sheryl Crow, Jewell, Dylan, Joan Baez, Cat Stevens, John Denver, 70's....). D'autres bonnes idées? (même de style différent, du moment que c'est pas du hard, de la dance ou de la techno... 🤪...)
Merci! 🙂
Slt,
on m'a parlé d'un artiste Québecois: DUMAS... qui serait pas mal du tout.
Qu'en pensez vous? Je crois que c de la chanson à texte mais j'en suis pas sur... pouvez vous m'eclairer là dessus aussi?
merci d'avance, bye 😎
on m'a parlé d'un artiste Québecois: DUMAS... qui serait pas mal du tout.
Qu'en pensez vous? Je crois que c de la chanson à texte mais j'en suis pas sur... pouvez vous m'eclairer là dessus aussi?
merci d'avance, bye 😎
«Mr. Thomas's voice is that of a man muttering in a crowd. You think he's talking to himself until you realize he's actually talking to you.» (Greil Marcus)
La voix de M. Thomas est celle d'un homme marmonnant dans une foule. Vous pensez qu'il se parle à lui-même jusqu'à ce que vous réalisiez qu'en réalité il est en train de vous parler.
A year ago, a singular monument passed away
Tall and imposing, he embodied the character of Père Ubu and captivated with his physical presence as much as his voice. His distinctive tone, audacity, and aura made him a respected and truly unique figure over the past five decades: David Thomas.
Born in Miami but primarily raised in Cleveland, Ohio, David Thomas was a central figure in Cleveland’s underground experimental rock scene—a regional movement that would later give rise to Devo and Nine Inch Nails. He first gained recognition as part of the group Rocket From the Tombs, which, though it never recorded an album, became an influential local act during its brief existence. Known for his high-pitched, near-falsetto voice and his unconventional taste for professor-style stage costumes, Thomas stood out as much in person as his music did on record.
In 1975, several members of Rocket From the Tombs split off to form Pere Ubu—a band named after a play by French writer Alfred Jarry. The group (labeled with many tags or none at all: garage, industrial, experimental, rock, art-rock, avant-garde, punk, new wave) was extremely ahead of its time (and remains incredibly stimulating today), embarking on an unprecedented journey blending punk, post-rock, and an insane art-rock sophistication. Their albums, filled with literary allusions and wounded poetry, were sung-spoken in Thomas’s singular style. The band’s boldness was evident everywhere, mixing brass (especially clarinet), electric instruments, and a constant effort to connect with American musical traditions.
During its initial run from 1975 to 1982, Pere Ubu was an unclassifiable group, fusing the loose energy of garage rock (a term used by D.T. to describe Pere Ubu’s music) with 1960s rock, funk bass, heavy saxophones, and Thomas’s dominant presence. Though they predated the rise of post-punk, Pere Ubu embodied that sound in all its sharp, repressed, and unpredictable nature—largely thanks to Thomas’s wild spirit. The band’s clever absurdity and adventurous approach inspired other groups, including Joy Division, Sonic Youth, Pixies, and R.E.M.
In 1978, Pere Ubu released The Modern Dance, their debut album, followed by Dub Housing (1978), New Picnic Time (1979), and The Art of Walking (1980). Though it never achieved commercial success, the album found its audience among eccentric punks and art-rock fans, intriguing many with its singular blend of rock, punk, new wave, and experimental prog. After a few lineup changes and a brief breakup, Pere Ubu released four more albums in a frenzy of creativity. Song of the Bailing Man briefly served as the group’s final album upon their split in 1982. For their 1987 return, Pere Ubu recorded The Tenement Year the following year. The band reunited intermittently over the following decades under Thomas’s leadership, who remained the sole founding member throughout the group’s existence, releasing 14 albums—not counting live records. Pere Ubu’s last full album with Thomas was Trouble on Big Beat Street, released in 2023.
Last year, on April 24, 2025, David Thomas, the founder and leader of the influential and avant-garde rock group Pere Ubu, passed away at his home in Brighton, England, at the age of 71.
hgb

https://www.youtube.com/watch?v=qHfZovOsXlI&list=RDqHfZovOsXlI&start_radio=1
La voix de M. Thomas est celle d'un homme marmonnant dans une foule. Vous pensez qu'il se parle à lui-même jusqu'à ce que vous réalisiez qu'en réalité il est en train de vous parler.
A year ago, a singular monument passed away
Tall and imposing, he embodied the character of Père Ubu and captivated with his physical presence as much as his voice. His distinctive tone, audacity, and aura made him a respected and truly unique figure over the past five decades: David Thomas.
Born in Miami but primarily raised in Cleveland, Ohio, David Thomas was a central figure in Cleveland’s underground experimental rock scene—a regional movement that would later give rise to Devo and Nine Inch Nails. He first gained recognition as part of the group Rocket From the Tombs, which, though it never recorded an album, became an influential local act during its brief existence. Known for his high-pitched, near-falsetto voice and his unconventional taste for professor-style stage costumes, Thomas stood out as much in person as his music did on record.
In 1975, several members of Rocket From the Tombs split off to form Pere Ubu—a band named after a play by French writer Alfred Jarry. The group (labeled with many tags or none at all: garage, industrial, experimental, rock, art-rock, avant-garde, punk, new wave) was extremely ahead of its time (and remains incredibly stimulating today), embarking on an unprecedented journey blending punk, post-rock, and an insane art-rock sophistication. Their albums, filled with literary allusions and wounded poetry, were sung-spoken in Thomas’s singular style. The band’s boldness was evident everywhere, mixing brass (especially clarinet), electric instruments, and a constant effort to connect with American musical traditions.
During its initial run from 1975 to 1982, Pere Ubu was an unclassifiable group, fusing the loose energy of garage rock (a term used by D.T. to describe Pere Ubu’s music) with 1960s rock, funk bass, heavy saxophones, and Thomas’s dominant presence. Though they predated the rise of post-punk, Pere Ubu embodied that sound in all its sharp, repressed, and unpredictable nature—largely thanks to Thomas’s wild spirit. The band’s clever absurdity and adventurous approach inspired other groups, including Joy Division, Sonic Youth, Pixies, and R.E.M.
In 1978, Pere Ubu released The Modern Dance, their debut album, followed by Dub Housing (1978), New Picnic Time (1979), and The Art of Walking (1980). Though it never achieved commercial success, the album found its audience among eccentric punks and art-rock fans, intriguing many with its singular blend of rock, punk, new wave, and experimental prog. After a few lineup changes and a brief breakup, Pere Ubu released four more albums in a frenzy of creativity. Song of the Bailing Man briefly served as the group’s final album upon their split in 1982. For their 1987 return, Pere Ubu recorded The Tenement Year the following year. The band reunited intermittently over the following decades under Thomas’s leadership, who remained the sole founding member throughout the group’s existence, releasing 14 albums—not counting live records. Pere Ubu’s last full album with Thomas was Trouble on Big Beat Street, released in 2023.
Last year, on April 24, 2025, David Thomas, the founder and leader of the influential and avant-garde rock group Pere Ubu, passed away at his home in Brighton, England, at the age of 71.
hgb

https://www.youtube.com/watch?v=qHfZovOsXlI&list=RDqHfZovOsXlI&start_radio=1
Pour sortir de la grisaille, ces vidéos de Peter Gabriel, pour moi LE passeur de la musique du monde en Occident, celui qui a le plus mis en valeur les artistes venus des quatre coins de la planète :
Avec Nusrat Fateh Ali Khan, juste avant son décès. P. Gabriel ne peut même pas cacher combien il est impressionné :
https://www.youtube.com/watch?v=B5KcEy3y23w
Avec Youssou N'Dour, irrésistible :
https://www.youtube.com/watch?v=0UmepmY5jSk
Avec Geoffrey Oryema, pré-Apartheid :
https://www.youtube.com/watch?v=B0wIrkXcE8Y
And on and on...
Avec Nusrat Fateh Ali Khan, juste avant son décès. P. Gabriel ne peut même pas cacher combien il est impressionné :
https://www.youtube.com/watch?v=B5KcEy3y23w
Avec Youssou N'Dour, irrésistible :
https://www.youtube.com/watch?v=0UmepmY5jSk
Avec Geoffrey Oryema, pré-Apartheid :
https://www.youtube.com/watch?v=B0wIrkXcE8Y
And on and on...
"It's hard to imagine a more impressive and passionate rendering of Malian music on classical guitar." (Banning Eyre, Afropop Worldwide)
Répertoire mandingue retranscrit en guitare classique
Quelle prouesse ! Le guitariste sud-africain Derek Gripper réussit à transcrire avec brio le répertoire de kora pour la guitare classique à six cordes et fait ainsi entrer la guitare africaine dans le courant classique...
On se raconte : après avoir écouté les premiers enregistrements de guitare, le virtuose de kora, Toumani Diabaté, demande la productrice Lucy Durán d'attester qu’elle avait effectivement vu une seule personne jouer cette musique sur une seule guitare. Par la suite, Toumani Diabaté invite Gripper à collaborer avec lui au Mali et à se produire dans la foulée au Festival Acoustik de Bamako au début 2016. Gripper joue également à différentes reprises à Londres avec la légende de la guitare classique, John Williams, et avec l'incroyable Debashish Bhattacharya en tant que joueur de slide guitare indien, avec lequel il continue à collaborer cette année.
Gripper commence sa formation musicale à l'âge de 6 ans sur le violon d'abord. Après avoir étudié la musique classique au Cap pendant 13 ans, il recherche de nouveaux défis musicaux. Cette recherche le mène au sous-continent indien, où il étudie la musique carnatique de l'Inde du Sud. Après son retour, il se concentre sur la guitare en essayant de trouver une nouvelle direction pour son instrument. Il s'absorbe dans la musique à plusieurs couches d'Olivier Messiaen et dans les structures polyrythmiques de la musique répétitive de Steve Reich, ainsi que dans la musique de J.S. Bach. Gripper s'inspire également du compositeur et guitariste brésilien Egberto Gismonti.
Ses projets musicaux les plus récents incorporent des transcriptions et des improvisations centrées autour les œuvres des compositeurs-interprètes africains, tels que Madosini (Afrique du Sud), Ali Farka Touré, Ballaké Sissoko, Salif Keïta et Fanta Sacko (tous Mali) et Amadu Bansang Jobarteh (Gambie), ainsi que ses propres compositions basées sur la musique du Cap occidental de l'Afrique du Sud et au-delà. Dans son neuvième album, "One Night on Earth : Music from the Strings of Mali" (2012), enregistré lors d'une séance nocturne, Gripper explore l'incroyable richesse du patrimoine séculaire musical africain/malien, en retranscrivant magistralement pour la guitare classique des compositions de kora. Un véritable régal pour les oreilles, un exploit prodigieux que John Williams pensait "totalement impossible jusqu’au moment où j’ai entendu Derek Gripper le faire."
Gripper continue à explorer la ligne entre improvisation et interprétation classique, en appliquant des leçons qu'il a apprises des grands maîtres d'Afrique, et telles comprises tout de la composition à l'interprétation de la musique de J.S. Bach.
Enjoy it, Hery
Vidéo 1 (Derek Gripper : NPR Music Tiny Desk Concert) :
https://www.youtube.com/watch?v=55QnOlXckOk
Vidéo 2 (Derek Gripper Live at the Slave Church, Cape Town) :
https://www.youtube.com/watch?v=TRhPRKz2EIQ
Répertoire mandingue retranscrit en guitare classique
Quelle prouesse ! Le guitariste sud-africain Derek Gripper réussit à transcrire avec brio le répertoire de kora pour la guitare classique à six cordes et fait ainsi entrer la guitare africaine dans le courant classique...
On se raconte : après avoir écouté les premiers enregistrements de guitare, le virtuose de kora, Toumani Diabaté, demande la productrice Lucy Durán d'attester qu’elle avait effectivement vu une seule personne jouer cette musique sur une seule guitare. Par la suite, Toumani Diabaté invite Gripper à collaborer avec lui au Mali et à se produire dans la foulée au Festival Acoustik de Bamako au début 2016. Gripper joue également à différentes reprises à Londres avec la légende de la guitare classique, John Williams, et avec l'incroyable Debashish Bhattacharya en tant que joueur de slide guitare indien, avec lequel il continue à collaborer cette année.
Gripper commence sa formation musicale à l'âge de 6 ans sur le violon d'abord. Après avoir étudié la musique classique au Cap pendant 13 ans, il recherche de nouveaux défis musicaux. Cette recherche le mène au sous-continent indien, où il étudie la musique carnatique de l'Inde du Sud. Après son retour, il se concentre sur la guitare en essayant de trouver une nouvelle direction pour son instrument. Il s'absorbe dans la musique à plusieurs couches d'Olivier Messiaen et dans les structures polyrythmiques de la musique répétitive de Steve Reich, ainsi que dans la musique de J.S. Bach. Gripper s'inspire également du compositeur et guitariste brésilien Egberto Gismonti.
Ses projets musicaux les plus récents incorporent des transcriptions et des improvisations centrées autour les œuvres des compositeurs-interprètes africains, tels que Madosini (Afrique du Sud), Ali Farka Touré, Ballaké Sissoko, Salif Keïta et Fanta Sacko (tous Mali) et Amadu Bansang Jobarteh (Gambie), ainsi que ses propres compositions basées sur la musique du Cap occidental de l'Afrique du Sud et au-delà. Dans son neuvième album, "One Night on Earth : Music from the Strings of Mali" (2012), enregistré lors d'une séance nocturne, Gripper explore l'incroyable richesse du patrimoine séculaire musical africain/malien, en retranscrivant magistralement pour la guitare classique des compositions de kora. Un véritable régal pour les oreilles, un exploit prodigieux que John Williams pensait "totalement impossible jusqu’au moment où j’ai entendu Derek Gripper le faire."
Gripper continue à explorer la ligne entre improvisation et interprétation classique, en appliquant des leçons qu'il a apprises des grands maîtres d'Afrique, et telles comprises tout de la composition à l'interprétation de la musique de J.S. Bach.
Enjoy it, Hery
Vidéo 1 (Derek Gripper : NPR Music Tiny Desk Concert) :
https://www.youtube.com/watch?v=55QnOlXckOk
Vidéo 2 (Derek Gripper Live at the Slave Church, Cape Town) :
https://www.youtube.com/watch?v=TRhPRKz2EIQ
"Few pieces of music straddle the divide between cultural artifact, radical manifesto of musical intention, and wide popularity like Terry Riley’s In C" (Matt Starling, bandcamp.com ; 2015)
"When I wrote In C, for instance – believe it or not – that was an act of bravery because nobody was writing tonal music then." (Terry Riley)
Musique minimaliste au Mali
La liste des pièces vraiment révolutionnaires de la musique du 20e siècle n'est pas trop longue : parmi les pièces inédites figure Le Sacre du Printemps (1913) d'Igor Stravinsky, et un autre exemple authentique est, à mon avis, In C (1964), pièce majeure du compositeur américain Terry Riley. Cinquante ans plus tard, cette œuvre minimaliste – la plus connue et la plus jouée encore de nos jours, un classique de la musique du 20e siècle et le représentant par excellence du minimalisme américain –, composée pour 35 instrumentistes fait l'objet d'une renaissance en une version africaine/malienne et en outre sous forme d'un film en ligne interactif aussi exaltant et pédagogique (Tate Modern and Africa Express present Terry Riley’s In C Mali, voir la vidéo II en bas) ...
Cette première version africaine est un hommage à la musique minimaliste, dite également répétitive, de l'octogénaire et à la fois un hymne au Mali. Les musiciens de l'Africa Express, projet amorcé par les Anglais Damon Albarn (Blur, Gorillaz) et Brian Eno, accompagnés par le chef d'orchestre et violoniste allemand André de Ridder, les guitaristes Nick Zinner (du groupe indie Yeah Yeah Yeahs) et Jeff Wootton (Gorillaz, Damo Suzuki), et tout particulièrement par une douzaine de jeunes artistes prometteurs du Mali, tous très talentueux mais encore peu connus, se sont retrouvés à s'engager à un avenir commun du Mali : "Nous sommes venus pour soutenir le peuple, la société civile. Au moyen de la musique, nous avons voulu démontrer la cohérence : prendre position contre la guerre, jouer ensemble, improviser, produire et donner aux jeunes musiciens maliens l'occasion de se faire remarquer", explique le manager français, Marc-Antoine Moreau qui s'occupe aussi du groupe tombouctouais Songhoy Blues, d'Amadou & Mariam et de Mamani Keïta.
La caméra se déplace à travers les rues de Bamako, capte les gens au bord de la rue – à moto et à voiture, à pied et à fauteuil roulant – avant d'arrêter à l'entrée de la Maison des Jeunes, club de jeunes et institution socio-éducative de Bamako, avec ses belles mosaïques, étant le lieu où à la fin de l'été 2013 a pris résidence ce projet de musique britannique-africain pour enregistrer un album intitulé Africa Express presents…Terry Riley’s In C Mali, accompagné d'une vidéo qui traduit ledit enregistrement en belles images de la capitale malienne : cette vidéo, quant à elle, nous fait plonger avec confusion dans le tourbillon de la chaleur bamakoise, dans une exploration hasardeuse des rues de la ville, entremêlés d’images des musiciens et de la Maison des Jeunes (voir la vidéo I en bas) ...
Les artistes dans la Maison des Jeunes sont : André de Ridder (violon, kalimba, guitare baritone, chef d'orchestre), Adama Koïta (kamalengoni), Djelifily Sacko (kora), Modibo Diawara (kora), Guindo Sala (imzad), Nick Zinner (guitare électrique), Jeff Wootton (guitare électrique), Cheick Diallo (flûte peule), Damon Albarn (mélodica), Alou Coulibaly (calebasse), Kalifa Koné (balafon), Mémé Koné (balafon), Andi Toma (kalimba, percussions), Madou Mbaye (djembé, percussions), Brian Eno (voix), Bijou (voix) et Olugbenga Adelekan (voix) ...
Le concept de musique minimaliste trouve son origine dans les Etats-Unis au début des années 60 (La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich, John Adams) et se sait un contre-courant de l'atonalité et de la musique sérielle en Europe (Arnold Schönberg, Anton Webern, Pierre Boulez) et dont les caractéristiques sont le retour à la tonalité (et/ou à la modalité), l'intrépidité aux harmonies simples, l'utilisation d'une pulsation rythmique mais aussi d'une densification d'un temps "oriental" statique, la répétition de courts motifs mélodiques, harmoniques ou rythmiques (avec également d'infimes variations) comme principale technique de composition, et la réduction du matériau musical au "minimal" manifeste. Mais lesquelles sont les particularités de In C, pourquoi cette composition a-elle tourné au coup de fouet pour un nouveau et influent courant de musique ?! Ce sont notamment les instructions du compositeur pour la pratique d'exécution de In C : la partition (voir en bas de page, photo IV !) ne précise ni l’instrumentation, ni le nombre de musiciens et ne donne aucune précision quant à la dynamique ou à l’articulation. Elle tient sur seulement une page contenant cinquante-trois fragments (ou : motifs, modules, riffs, patterns) mélodiques-rythmiques qui comprennent autant une note unique que de courtes phrases. Le musicien joue chacun des fragments autant de fois qu’il le souhaite avant de passer au suivant. Cependant, les fragments doivent être joués dans l'ordre, de 1 à 53, et être répétés un nombre suffisant de fois, de plus, les musiciens ne doivent hésiter à s'arrêter de jouer de temps à autre afin d'écouter l'ensembre ni prendre trop d'avance ou de retard les uns par rapport aux autres. La pièce se déroule dans un tempo constant maintenu grâce à une pulsation jouée en do majeur (en anglais : in c) dans l’aigu du piano (ou marimba etc.), note la plus courante dans la musique occidentale, immédiatement reconnaissable et réconfortante, qui a dans cette pièce fonction de métronome et est donc point de repère sempiternel pour les musiciens ("In the beginning was the pulse"). Terry Riley apporte une importance particulière à cette note accentuée dans le titre. La couleur, les nuances, le mouvement, en gros la musicalité est laissée au libre choix de l'interprète. L’exécution, dont la durée varie suivant l’effectif et les choix individuels (elle peut osciller entre un quart d'heure et deux heures), prend fin lorsque tous les musiciens ont accédé le dernier fragment. Tout compte fait, on craque pour une pièce à la fois orgiaque et méditative, un puzzle multicolore en qualité hypnotique et un voyage intemporel et magique au cœur de la tonalité et de la polyphonie ...
Il y a pas mal d'enregistrements qui rivalisent pour le titre de la version "définitive" de In C mais à mon sens cette interprétation africaine/malienne qui dispose autant de plaisir du jeu parmi les participants cherche son pareil, et tout le plaisir vient des combinaisions polyrythmiques qui se font et se défont dans le croisement des différentes parties que tout musicien joue. Elle se présente de manière dense et "terreuse", ludique et joyeuse mais pas du tout académique, un fait qui est dû bien sûr aussi aux percussions (pas prévues à l'origine de Riley). Au spectacle dans la cour de la Maison des Jeunes, le do majeur est joué par la kalimba et le balafon. L'interprétation de l'Africa Express est certes fidèle à l'esprit de l'original, conserve donc la "nature" du minimalisme mais les instrumentistes maliens – balafonistes, koraistes, flûtiste peule, joueurs de kamalengoni, de sokou (imzad), de djembé et de calebasse – apportent à la pièce "une coloration radicalement nouvelle, celle de la terre ocre du Mandé, ainsi qu'une dynamique inhabituelle" (Les Inrocks). La transe originale de cette pièce est retrouvée à la perfection mais agrémentée et imprégnée de cette âme, de cette humanité si typique de la musique malienne : un moment somptueux est là où la musique arrête brusquement et l'un des musiciens maliens commence à parler presque timidement : il se rappelle à ses débuts d'apprendre à jouer de son instrument, la kora. Incroyable, un moment qui souffle l'esprit, pardi ! Cette interprétation étourdissante ici présentée par Africa Express transcende la proposition originelle et en inaugure la dimension africaine (ou : malienne), une interprétation qui sait apprécier de manière plus qu'évocatrice le 50e anniversaire de la pièce majeure et au fait l'héritage musical d'un compositeur hors pair : "I am overwhelmed and delighted by this cd. I was not quite prepared for such an incredible journey, hearing the soul of Africa in joyous flight over those 53 patterns of In C. This ensemble feeds the piece with ancient threads of musical wisdom and humanity indicating to me that this work is a vessel ready to receive and be shaped by the spontaneous feelings and colours of the magician/musician. I could not ask for a greater gift for this daughter’s 50th birthday."
Hery
Appendice (discographie, vidéos) :
Discographie (1970–2015) :
• Africa Express (2014). Africa Express presents... Terry Riley's In C Mali. Transgressive Rec. (40:45)
Autres interprétations gravées sur cd (ou parfois vinyle et mp3) de In C :
• Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. (2003). In C. Squealer Music. (20:31) • Adrian Utley's Guitar Orchestra (2013). ...presents Terry Riley's 'In C' featuring 18 guitars, 4 organs, bass clarinet and percussion. Invada. (61:23) • Akchoté, Noël (2014). In C – Pt.1 (Arr. for Guitar Synthesizer). (mp3). Noël Akchoté Downloads. (3:31) • American Festival of Microtonal Music (2007). Ear Gardens. Pitch. . (23:11) • Balmer, Hans (2010). Minimal Flute. Fontastix. . (40:04) • Bang On A Can (2001). In C (version for chamber ensemble). Alliance. (45:30) • DésAccordes / d-zAkord (2005). In C (Terry Riley). Gazul Rec. (49:04) • Ensemble Ictus (2006). In C. Recorded live on May 31, 1997 at Chapelle des Brigittines, Brussels. Cypres. (64:58) • Ensemble Percussione Ricerca/Eddy De Fanti (2004). In C/Djembe. Materiali Sonori. (41:01) • Ensemble Piano Circus (1991). Six Pianos/In C. Argo. (20:00) • European Music Project/Zignorii++ (2002). Terry Riley – In C. Wergo. (60:48) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2009). In C Remixed. (19 tracks). Innova. (en total : 137:20) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2010). Terry Riley: In C (Live @ Le Poisson Rouge ). Ghostly Int. (61:28) • Hillier, Paul/Ars Nova Copenhagen/Percurama Percussion Ensemble (2006). In C. Dacapo. (55:19) • L'Infonie (1970). Volume 33 - Mantra (adapted from Terry Riley's In C). (vinyle). Polydor. (29:30) • Orkest de Volharding/Jussi Jaatinen (2013). The Minimalists. Mode Rec. . (51:29) • Oxford Minimalist Ensemble/Alexander Campkin (2013). In C. Academy Rec. (43:28) • Quebec Contemporary Music Society/Raôul Duguay/Walter Boudreau (2000). Riley: In C... Atma Classique. (35:46) • Re-Sound (2002). In C. Move Rec. (56:59) • Shanghai Film Symphony Orchestra (2012). In C (Remastered Edition). Esoteric. (41:57) • State University Center of Creative and Performing Arts (1979). In C. (vinyle). Sony. (42:03) • Terry Riley/Cacciapaglia Ensemble (2015). In C. Performed live at Aterforum Festival, July 9, 1988. Mirumir. • Terry Riley/Repetition Orchestra (2001). Live at Moscow Conservatory. Long Arms Rec. . (env. 40:00) • Terry Riley In C. 25th Anniversary Concert. Presented by New Music Theatre and Life on the Water in collaboration with the Good Sound Foundation, San Francisco. New Albion Rec., 1995. (76:20) • The Gothenburg Combo (2015). Guitarscapes. GBG Combo. . (24:43) • The New Audience Ensemble (2006). Live at the Edge. Odessa Mama Rec. (16:36) • The Salt Lake Electric Ensemble (2010). The Salt Lake Electric Ensemble perform Terry Riley's In C. Crescent Phase. (65:56) • The Sensorium Saxophone Orchestra (2012). Terry Riley – In C. Living Rec. (30:33) • The Styrenes (2002). In C. Enja. (53:22) • Ut Gret (2006). Recent Fossils. 3-cd-box. Ear-X-tacy Rec. . (64:11) • Van Veen, Jeroen (2007). Minimal Piano Collection, Volumes I–IX. 9-cd-box. Brilliant Classics. (version piano, 57:56)
Vidéos :
• Vidéo I – réalisation par Roland Hamilton. In C in extenso avec de belles images de Bamako :
https://www.youtube.com/watch?v=_FXQ68ZkWVw
• Vidéo II – présentation de In C Mali dans la Modern Tate Gallery, Londres :
https://interlude.fm/v/V5PDXA
"When I wrote In C, for instance – believe it or not – that was an act of bravery because nobody was writing tonal music then." (Terry Riley)
Musique minimaliste au Mali
La liste des pièces vraiment révolutionnaires de la musique du 20e siècle n'est pas trop longue : parmi les pièces inédites figure Le Sacre du Printemps (1913) d'Igor Stravinsky, et un autre exemple authentique est, à mon avis, In C (1964), pièce majeure du compositeur américain Terry Riley. Cinquante ans plus tard, cette œuvre minimaliste – la plus connue et la plus jouée encore de nos jours, un classique de la musique du 20e siècle et le représentant par excellence du minimalisme américain –, composée pour 35 instrumentistes fait l'objet d'une renaissance en une version africaine/malienne et en outre sous forme d'un film en ligne interactif aussi exaltant et pédagogique (Tate Modern and Africa Express present Terry Riley’s In C Mali, voir la vidéo II en bas) ...
Cette première version africaine est un hommage à la musique minimaliste, dite également répétitive, de l'octogénaire et à la fois un hymne au Mali. Les musiciens de l'Africa Express, projet amorcé par les Anglais Damon Albarn (Blur, Gorillaz) et Brian Eno, accompagnés par le chef d'orchestre et violoniste allemand André de Ridder, les guitaristes Nick Zinner (du groupe indie Yeah Yeah Yeahs) et Jeff Wootton (Gorillaz, Damo Suzuki), et tout particulièrement par une douzaine de jeunes artistes prometteurs du Mali, tous très talentueux mais encore peu connus, se sont retrouvés à s'engager à un avenir commun du Mali : "Nous sommes venus pour soutenir le peuple, la société civile. Au moyen de la musique, nous avons voulu démontrer la cohérence : prendre position contre la guerre, jouer ensemble, improviser, produire et donner aux jeunes musiciens maliens l'occasion de se faire remarquer", explique le manager français, Marc-Antoine Moreau qui s'occupe aussi du groupe tombouctouais Songhoy Blues, d'Amadou & Mariam et de Mamani Keïta.
La caméra se déplace à travers les rues de Bamako, capte les gens au bord de la rue – à moto et à voiture, à pied et à fauteuil roulant – avant d'arrêter à l'entrée de la Maison des Jeunes, club de jeunes et institution socio-éducative de Bamako, avec ses belles mosaïques, étant le lieu où à la fin de l'été 2013 a pris résidence ce projet de musique britannique-africain pour enregistrer un album intitulé Africa Express presents…Terry Riley’s In C Mali, accompagné d'une vidéo qui traduit ledit enregistrement en belles images de la capitale malienne : cette vidéo, quant à elle, nous fait plonger avec confusion dans le tourbillon de la chaleur bamakoise, dans une exploration hasardeuse des rues de la ville, entremêlés d’images des musiciens et de la Maison des Jeunes (voir la vidéo I en bas) ...
Les artistes dans la Maison des Jeunes sont : André de Ridder (violon, kalimba, guitare baritone, chef d'orchestre), Adama Koïta (kamalengoni), Djelifily Sacko (kora), Modibo Diawara (kora), Guindo Sala (imzad), Nick Zinner (guitare électrique), Jeff Wootton (guitare électrique), Cheick Diallo (flûte peule), Damon Albarn (mélodica), Alou Coulibaly (calebasse), Kalifa Koné (balafon), Mémé Koné (balafon), Andi Toma (kalimba, percussions), Madou Mbaye (djembé, percussions), Brian Eno (voix), Bijou (voix) et Olugbenga Adelekan (voix) ...
Le concept de musique minimaliste trouve son origine dans les Etats-Unis au début des années 60 (La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich, John Adams) et se sait un contre-courant de l'atonalité et de la musique sérielle en Europe (Arnold Schönberg, Anton Webern, Pierre Boulez) et dont les caractéristiques sont le retour à la tonalité (et/ou à la modalité), l'intrépidité aux harmonies simples, l'utilisation d'une pulsation rythmique mais aussi d'une densification d'un temps "oriental" statique, la répétition de courts motifs mélodiques, harmoniques ou rythmiques (avec également d'infimes variations) comme principale technique de composition, et la réduction du matériau musical au "minimal" manifeste. Mais lesquelles sont les particularités de In C, pourquoi cette composition a-elle tourné au coup de fouet pour un nouveau et influent courant de musique ?! Ce sont notamment les instructions du compositeur pour la pratique d'exécution de In C : la partition (voir en bas de page, photo IV !) ne précise ni l’instrumentation, ni le nombre de musiciens et ne donne aucune précision quant à la dynamique ou à l’articulation. Elle tient sur seulement une page contenant cinquante-trois fragments (ou : motifs, modules, riffs, patterns) mélodiques-rythmiques qui comprennent autant une note unique que de courtes phrases. Le musicien joue chacun des fragments autant de fois qu’il le souhaite avant de passer au suivant. Cependant, les fragments doivent être joués dans l'ordre, de 1 à 53, et être répétés un nombre suffisant de fois, de plus, les musiciens ne doivent hésiter à s'arrêter de jouer de temps à autre afin d'écouter l'ensembre ni prendre trop d'avance ou de retard les uns par rapport aux autres. La pièce se déroule dans un tempo constant maintenu grâce à une pulsation jouée en do majeur (en anglais : in c) dans l’aigu du piano (ou marimba etc.), note la plus courante dans la musique occidentale, immédiatement reconnaissable et réconfortante, qui a dans cette pièce fonction de métronome et est donc point de repère sempiternel pour les musiciens ("In the beginning was the pulse"). Terry Riley apporte une importance particulière à cette note accentuée dans le titre. La couleur, les nuances, le mouvement, en gros la musicalité est laissée au libre choix de l'interprète. L’exécution, dont la durée varie suivant l’effectif et les choix individuels (elle peut osciller entre un quart d'heure et deux heures), prend fin lorsque tous les musiciens ont accédé le dernier fragment. Tout compte fait, on craque pour une pièce à la fois orgiaque et méditative, un puzzle multicolore en qualité hypnotique et un voyage intemporel et magique au cœur de la tonalité et de la polyphonie ...
Il y a pas mal d'enregistrements qui rivalisent pour le titre de la version "définitive" de In C mais à mon sens cette interprétation africaine/malienne qui dispose autant de plaisir du jeu parmi les participants cherche son pareil, et tout le plaisir vient des combinaisions polyrythmiques qui se font et se défont dans le croisement des différentes parties que tout musicien joue. Elle se présente de manière dense et "terreuse", ludique et joyeuse mais pas du tout académique, un fait qui est dû bien sûr aussi aux percussions (pas prévues à l'origine de Riley). Au spectacle dans la cour de la Maison des Jeunes, le do majeur est joué par la kalimba et le balafon. L'interprétation de l'Africa Express est certes fidèle à l'esprit de l'original, conserve donc la "nature" du minimalisme mais les instrumentistes maliens – balafonistes, koraistes, flûtiste peule, joueurs de kamalengoni, de sokou (imzad), de djembé et de calebasse – apportent à la pièce "une coloration radicalement nouvelle, celle de la terre ocre du Mandé, ainsi qu'une dynamique inhabituelle" (Les Inrocks). La transe originale de cette pièce est retrouvée à la perfection mais agrémentée et imprégnée de cette âme, de cette humanité si typique de la musique malienne : un moment somptueux est là où la musique arrête brusquement et l'un des musiciens maliens commence à parler presque timidement : il se rappelle à ses débuts d'apprendre à jouer de son instrument, la kora. Incroyable, un moment qui souffle l'esprit, pardi ! Cette interprétation étourdissante ici présentée par Africa Express transcende la proposition originelle et en inaugure la dimension africaine (ou : malienne), une interprétation qui sait apprécier de manière plus qu'évocatrice le 50e anniversaire de la pièce majeure et au fait l'héritage musical d'un compositeur hors pair : "I am overwhelmed and delighted by this cd. I was not quite prepared for such an incredible journey, hearing the soul of Africa in joyous flight over those 53 patterns of In C. This ensemble feeds the piece with ancient threads of musical wisdom and humanity indicating to me that this work is a vessel ready to receive and be shaped by the spontaneous feelings and colours of the magician/musician. I could not ask for a greater gift for this daughter’s 50th birthday."
Hery
Appendice (discographie, vidéos) :
Discographie (1970–2015) :
• Africa Express (2014). Africa Express presents... Terry Riley's In C Mali. Transgressive Rec. (40:45)
Autres interprétations gravées sur cd (ou parfois vinyle et mp3) de In C :
• Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. (2003). In C. Squealer Music. (20:31) • Adrian Utley's Guitar Orchestra (2013). ...presents Terry Riley's 'In C' featuring 18 guitars, 4 organs, bass clarinet and percussion. Invada. (61:23) • Akchoté, Noël (2014). In C – Pt.1 (Arr. for Guitar Synthesizer). (mp3). Noël Akchoté Downloads. (3:31) • American Festival of Microtonal Music (2007). Ear Gardens. Pitch. . (23:11) • Balmer, Hans (2010). Minimal Flute. Fontastix. . (40:04) • Bang On A Can (2001). In C (version for chamber ensemble). Alliance. (45:30) • DésAccordes / d-zAkord (2005). In C (Terry Riley). Gazul Rec. (49:04) • Ensemble Ictus (2006). In C. Recorded live on May 31, 1997 at Chapelle des Brigittines, Brussels. Cypres. (64:58) • Ensemble Percussione Ricerca/Eddy De Fanti (2004). In C/Djembe. Materiali Sonori. (41:01) • Ensemble Piano Circus (1991). Six Pianos/In C. Argo. (20:00) • European Music Project/Zignorii++ (2002). Terry Riley – In C. Wergo. (60:48) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2009). In C Remixed. (19 tracks). Innova. (en total : 137:20) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2010). Terry Riley: In C (Live @ Le Poisson Rouge ). Ghostly Int. (61:28) • Hillier, Paul/Ars Nova Copenhagen/Percurama Percussion Ensemble (2006). In C. Dacapo. (55:19) • L'Infonie (1970). Volume 33 - Mantra (adapted from Terry Riley's In C). (vinyle). Polydor. (29:30) • Orkest de Volharding/Jussi Jaatinen (2013). The Minimalists. Mode Rec. . (51:29) • Oxford Minimalist Ensemble/Alexander Campkin (2013). In C. Academy Rec. (43:28) • Quebec Contemporary Music Society/Raôul Duguay/Walter Boudreau (2000). Riley: In C... Atma Classique. (35:46) • Re-Sound (2002). In C. Move Rec. (56:59) • Shanghai Film Symphony Orchestra (2012). In C (Remastered Edition). Esoteric. (41:57) • State University Center of Creative and Performing Arts (1979). In C. (vinyle). Sony. (42:03) • Terry Riley/Cacciapaglia Ensemble (2015). In C. Performed live at Aterforum Festival, July 9, 1988. Mirumir. • Terry Riley/Repetition Orchestra (2001). Live at Moscow Conservatory. Long Arms Rec. . (env. 40:00) • Terry Riley In C. 25th Anniversary Concert. Presented by New Music Theatre and Life on the Water in collaboration with the Good Sound Foundation, San Francisco. New Albion Rec., 1995. (76:20) • The Gothenburg Combo (2015). Guitarscapes. GBG Combo. . (24:43) • The New Audience Ensemble (2006). Live at the Edge. Odessa Mama Rec. (16:36) • The Salt Lake Electric Ensemble (2010). The Salt Lake Electric Ensemble perform Terry Riley's In C. Crescent Phase. (65:56) • The Sensorium Saxophone Orchestra (2012). Terry Riley – In C. Living Rec. (30:33) • The Styrenes (2002). In C. Enja. (53:22) • Ut Gret (2006). Recent Fossils. 3-cd-box. Ear-X-tacy Rec. . (64:11) • Van Veen, Jeroen (2007). Minimal Piano Collection, Volumes I–IX. 9-cd-box. Brilliant Classics. (version piano, 57:56)
Vidéos :
• Vidéo I – réalisation par Roland Hamilton. In C in extenso avec de belles images de Bamako :
https://www.youtube.com/watch?v=_FXQ68ZkWVw
• Vidéo II – présentation de In C Mali dans la Modern Tate Gallery, Londres :
https://interlude.fm/v/V5PDXA
Le "Viking de la 6e Avenue"
Louis Thomas Hardin a.k.a. Moondog, est une légende. A Manhattan, ce musicien-compositeur hors normes hante les rues dans les années fin-40–70, vêtu comme au moyen-âge, en casque à cornes, cheveux longs et barbe blanche. Peu connu par le grand public, ce musicien ambulant et personnage excentrique, frappé de cécíté depuis son adolescence, est considéré pourtant et à juste titre comme l'un des compositeurs majeurs du 20e siècle.
Le 26 mai 1916, Hardin voit le jour à Marysville (Kansas). Il passe son enfance en Caroline du Nord, dans le Wisconsin, dans le Wyoming, puis dans le Missouri. Dans les réserves indiennes qu'il visite avec son père, un pasteur protestant, il apprend les rythmes des indigènes. A l'âge de 13 ans, il perd la vue en jouant avec une amorce de dynamite. Mais surdoué il continue la musique grâce au braille. A partir de 1933, il visite l'école pour aveugles et plus tard le high school à Iowa où il fait son premier apprentissage de la musique classique et de divers instruments (violon, piano, orgue ...). Dès le début, il développe une passion pour la musique tonale et pour le principe du contrepoint ; jusqu'à sa mort, il reste son défenseur assidu. Hardin dévore tous les livres sur la théorie de la musique disponibles en braille. En 1943, Moondog reçoit une bourse d'études et s'installe à New York City pour être à côté de la scène classique : il devient l'ami d'Arthur Rodzinski, directeur musical du New York Philarmonic qui l'autorise à assister aux répétitions. La même année, Hardin prend une nouvelle "identité" : il commence à utiliser le nom de "Moondog" en souvenir de son chien qui hurlait à la lune.
A partir de la fin de l'année 1949, Moondog élit le trottoir des rues pour quartier général où il se produit, vêtu d'un poncho et un casque à cornes qui lui attire plusieurs surnoms dont celui de "Viking de la 6e Avenue" : au coin de la 54e Rue et de la 6e Avenue, le "Moondog's Corner", il chante, déclame et vend ses propres poèmes, joue de ses instruments (dont beaucoup fabriqués par lui-même) ou philosophe avec les passants. Ce sera son mode de vie pendant plus de 25 ans ...
En 1949/50, Moondog réalise ses premiers enregistrements (sur disques 78 tours) pour un petit label newyorkais. Devenu une figure emblématique du quartier, les grands labels attirent l'attention sur lui : il enregistre pour Epic en 1953, pour Prestige et Capitol en 1957. Dans ces enregistrements émerge déjà le style très personnel de Moondog, style qui puis son inspiration dans des genres très variés : des influences médiévales (canons, passacaille, rondes ...), de jazz et de musiques traditionnelles (des Amérindiens, des Caraïbes). Dans les années 60, Moondog fait dans la rue la connaissance de Philip Glass, de Steve Reich et plus tard aussi de Terry Riley, les principaux compositeurs de la musique minimaliste et répétitive avec lesquels Moondog travaille et même enregistre (ces bandes n'ont jamais été éditées). Glass et Reich le proclament même "fondateur du minimalisme" mais Moondog le rejette strictement. A défaut, Moondog s'explique : "Though I was born in the United States, I consider myself 'a European in exile', for my heart and soul are in Europe. I am a classicist at heart, and everything is classically conceived, in form, content and interpretation ... I feel like I have one foot planted in America and one in Europe, or one in the present and one in the past. Rhythmically, I am considered to be in the present, even avant garde, whereas melodically and harmonically I am very much in the past. But the present becomes the past just as the future becomes the present. As I say in one of my lyrics, 'Today is yesterday's tomorrow which is now ..."
En 1969 et 1972, les albums les plus connus (et, à mon avis, les meilleurs) de Moondog sortent : Moondog (voir la photo en bas !) et Moondog 2, publiés par Columbia/CBS. En 1974, Moondog disparaît brusquement des rues de Manhattan, certains le croient mort. En fait, en janvier 1974, après une invitation pour deux concerts à Francfort-sur-le-Main, Moondog décide de rester en Europe, continent auquel il se sent très attaché (voir la citation en haut). Vers 1975/76, une jeune étudiante allemande fait sa connaissance dans les rues de Recklinghausen, petite ville dans la région de la Ruhr, et décide de l'héberger chez ses parents à Oer-Erkenschwick, sa nouvelle résidence. Elle devient son assistante, son manager et transcrit ses partitions. Elle donne une nouvelle impulsion à sa carrière puisqu'en quelques années le label allemand Roof Music édite de formidables albums dont Moondog in Europe (1977/78), H'art Songs (1978) et A new Sound of an old Instrument (1979), une série de morceaux pour orgue en solo ou en duo. Dans les années 80, seulement deux disques de Moondog sont publiés : Facets (1981) et Bracelli (1988). Dans la foulée, Moondog fait l'ouverture des Trans Musicales de Rennes (France) où il rencontre le chansonnier suisse Stephan Eicher avec lequel il collabore à l'album My Place. Courtisé dans les années 60 par Allen Ginsberg et William Burroughs, ce maître de la musique contemporaine devient maintenant le héros d'Elvis Costello et de John Zorn et dirige même le Brooklyn Philharmonic Chamber Orchestra. Frank Zappa l'adore.
Il y a 15 ans, Moondog s'éteint le 8 septembre 1999 à Münster (Westphalie), à l'âge de 83. Durant sa vie, il écrit énormément de musique : plus de 300 madrigaux, passacailles, canons et autres musiques pour orchestres à cordes, orchestres à vent, piano, orgue ... et environ 80 symphonies. L'enregistrement de son dernier concert, donné en juillet 1999, deux mois avant sa mort, au Festival MIMI à Arles, est publié fin 2004, en tant que deuxième volume du double cd intitulé The German Years 1977–1999 (sur Roof Music). Catégoriser la musique de Moondog est un exercice assez désespéré. Son œuvre est plus ou moins inclassable : la seule constante dans l'univers de Moondog reste le contrepoint, pour lui le nec plus ultra de la musique. Sur ce point, il était toujours ultra conservateur ...
Ecoutez la musique de Moondog, magnifique !
Musique de Moondog sur Amazon.fr :
http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1/278-6394390-5746210?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Daps&field-keywords=Moondog
Biographies :
Amaury Cornut (2014). Moondog. (Coll. 'Musiques'). Marseille : Le Mot et le Reste. 144 pages. (en fr.) Robert Scotto (2007). Moondog. The viking of 6th Avenue. Préface de Philip Glass. Port Townsend : Process Media. 280 pages. (en angl.)
Site :
www.fr-moondog.com (animé par Amaury Cornut)
(note : photos no.2 & 3 tirées de l'internet)
Hery


Louis Thomas Hardin a.k.a. Moondog, est une légende. A Manhattan, ce musicien-compositeur hors normes hante les rues dans les années fin-40–70, vêtu comme au moyen-âge, en casque à cornes, cheveux longs et barbe blanche. Peu connu par le grand public, ce musicien ambulant et personnage excentrique, frappé de cécíté depuis son adolescence, est considéré pourtant et à juste titre comme l'un des compositeurs majeurs du 20e siècle.
Le 26 mai 1916, Hardin voit le jour à Marysville (Kansas). Il passe son enfance en Caroline du Nord, dans le Wisconsin, dans le Wyoming, puis dans le Missouri. Dans les réserves indiennes qu'il visite avec son père, un pasteur protestant, il apprend les rythmes des indigènes. A l'âge de 13 ans, il perd la vue en jouant avec une amorce de dynamite. Mais surdoué il continue la musique grâce au braille. A partir de 1933, il visite l'école pour aveugles et plus tard le high school à Iowa où il fait son premier apprentissage de la musique classique et de divers instruments (violon, piano, orgue ...). Dès le début, il développe une passion pour la musique tonale et pour le principe du contrepoint ; jusqu'à sa mort, il reste son défenseur assidu. Hardin dévore tous les livres sur la théorie de la musique disponibles en braille. En 1943, Moondog reçoit une bourse d'études et s'installe à New York City pour être à côté de la scène classique : il devient l'ami d'Arthur Rodzinski, directeur musical du New York Philarmonic qui l'autorise à assister aux répétitions. La même année, Hardin prend une nouvelle "identité" : il commence à utiliser le nom de "Moondog" en souvenir de son chien qui hurlait à la lune.
A partir de la fin de l'année 1949, Moondog élit le trottoir des rues pour quartier général où il se produit, vêtu d'un poncho et un casque à cornes qui lui attire plusieurs surnoms dont celui de "Viking de la 6e Avenue" : au coin de la 54e Rue et de la 6e Avenue, le "Moondog's Corner", il chante, déclame et vend ses propres poèmes, joue de ses instruments (dont beaucoup fabriqués par lui-même) ou philosophe avec les passants. Ce sera son mode de vie pendant plus de 25 ans ...
En 1949/50, Moondog réalise ses premiers enregistrements (sur disques 78 tours) pour un petit label newyorkais. Devenu une figure emblématique du quartier, les grands labels attirent l'attention sur lui : il enregistre pour Epic en 1953, pour Prestige et Capitol en 1957. Dans ces enregistrements émerge déjà le style très personnel de Moondog, style qui puis son inspiration dans des genres très variés : des influences médiévales (canons, passacaille, rondes ...), de jazz et de musiques traditionnelles (des Amérindiens, des Caraïbes). Dans les années 60, Moondog fait dans la rue la connaissance de Philip Glass, de Steve Reich et plus tard aussi de Terry Riley, les principaux compositeurs de la musique minimaliste et répétitive avec lesquels Moondog travaille et même enregistre (ces bandes n'ont jamais été éditées). Glass et Reich le proclament même "fondateur du minimalisme" mais Moondog le rejette strictement. A défaut, Moondog s'explique : "Though I was born in the United States, I consider myself 'a European in exile', for my heart and soul are in Europe. I am a classicist at heart, and everything is classically conceived, in form, content and interpretation ... I feel like I have one foot planted in America and one in Europe, or one in the present and one in the past. Rhythmically, I am considered to be in the present, even avant garde, whereas melodically and harmonically I am very much in the past. But the present becomes the past just as the future becomes the present. As I say in one of my lyrics, 'Today is yesterday's tomorrow which is now ..."
En 1969 et 1972, les albums les plus connus (et, à mon avis, les meilleurs) de Moondog sortent : Moondog (voir la photo en bas !) et Moondog 2, publiés par Columbia/CBS. En 1974, Moondog disparaît brusquement des rues de Manhattan, certains le croient mort. En fait, en janvier 1974, après une invitation pour deux concerts à Francfort-sur-le-Main, Moondog décide de rester en Europe, continent auquel il se sent très attaché (voir la citation en haut). Vers 1975/76, une jeune étudiante allemande fait sa connaissance dans les rues de Recklinghausen, petite ville dans la région de la Ruhr, et décide de l'héberger chez ses parents à Oer-Erkenschwick, sa nouvelle résidence. Elle devient son assistante, son manager et transcrit ses partitions. Elle donne une nouvelle impulsion à sa carrière puisqu'en quelques années le label allemand Roof Music édite de formidables albums dont Moondog in Europe (1977/78), H'art Songs (1978) et A new Sound of an old Instrument (1979), une série de morceaux pour orgue en solo ou en duo. Dans les années 80, seulement deux disques de Moondog sont publiés : Facets (1981) et Bracelli (1988). Dans la foulée, Moondog fait l'ouverture des Trans Musicales de Rennes (France) où il rencontre le chansonnier suisse Stephan Eicher avec lequel il collabore à l'album My Place. Courtisé dans les années 60 par Allen Ginsberg et William Burroughs, ce maître de la musique contemporaine devient maintenant le héros d'Elvis Costello et de John Zorn et dirige même le Brooklyn Philharmonic Chamber Orchestra. Frank Zappa l'adore.
Il y a 15 ans, Moondog s'éteint le 8 septembre 1999 à Münster (Westphalie), à l'âge de 83. Durant sa vie, il écrit énormément de musique : plus de 300 madrigaux, passacailles, canons et autres musiques pour orchestres à cordes, orchestres à vent, piano, orgue ... et environ 80 symphonies. L'enregistrement de son dernier concert, donné en juillet 1999, deux mois avant sa mort, au Festival MIMI à Arles, est publié fin 2004, en tant que deuxième volume du double cd intitulé The German Years 1977–1999 (sur Roof Music). Catégoriser la musique de Moondog est un exercice assez désespéré. Son œuvre est plus ou moins inclassable : la seule constante dans l'univers de Moondog reste le contrepoint, pour lui le nec plus ultra de la musique. Sur ce point, il était toujours ultra conservateur ...
Ecoutez la musique de Moondog, magnifique !
Musique de Moondog sur Amazon.fr :
http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1/278-6394390-5746210?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Daps&field-keywords=Moondog
Biographies :
Amaury Cornut (2014). Moondog. (Coll. 'Musiques'). Marseille : Le Mot et le Reste. 144 pages. (en fr.) Robert Scotto (2007). Moondog. The viking of 6th Avenue. Préface de Philip Glass. Port Townsend : Process Media. 280 pages. (en angl.)
Site :
www.fr-moondog.com (animé par Amaury Cornut)
(note : photos no.2 & 3 tirées de l'internet)
Hery



"You didn't have to , because Mr. Threadgill's music sounds like nobody else's, and often gives you all its information at once, a whole complicated system of harmony and motion. Once heard, that's it: You've got it for life." (New York Times)
Tout sauf dogmatique : Henry Threadgill
L'improvisateur, compositeur et bandleader américain Henry Threadgill est l'une des figures essentielles du jazz contemporain. Depuis plus de 40 ans, il suit les sonorités dans sa tête et crée une musique très personnelle, toujours créative et en constante évolution : "stagnation" est un mot étrange pour lui ("To stop seeking, to stop moving, is death"). Sans aucun doute – Henry Threadgill est un solitaire sur la scène de jazz internationale ...
Né en 1944 à Chicago, Henry (Luther) Threadgill étudie au conservatoire de sa ville natale et à la Governors State University (Illinois). Adolescent, il joue du saxophone dans des fanfares, accompagne les chanteurs de blues dans les clubs de Chicago et se lance dans les divers styles de musique étatsuniens (gospel, blues, rock, soul, latin ...). En 1964, Threadgill s'intègre dans le Muhal Richard Abrams Experimental Band (avec Roscoe Mitchell et Joseph Jarman), un "foyer" du jazz avantgardiste en ville. Dans le même temps, il rejoint l'Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), coopérative de jeunes musiciens créatifs s'inscrivant dans la mouvance du "free jazz". A l'avenir, cette association voit naître beaucoup de maîtres de la "Great Black Music. Ancient to the Future", tels que Anthony Braxton, George Lewis, Lester Bowie, Roscoe Mitchell, Leroy Jenkins, Wadada Leo Smith ... et Henry Threadgill.
Dans les années 70, le saxophoniste-flûtiste s'installe à New York City, où il co-fonde avec Fred Hopkins (contrebasse) et Steve McCall (batterie) le fameux trio Air, un des groupes de premier plan des années 70, après la révolution de "free jazz", qui interprète des ragtimes de Scott Joplin et des mélodies de Jelly Roll Morton (dans l'album "Air Lore", en 1980), au regard du caractère avantgardiste de ce trio un engagement prestigieux à la tradition, ainsi que des morceaux de leur propre composition. Le groupe se fait connaître par les improvisations collectives ainsi que par le jeu de Threadgill, qui offre à la flûte et à la clarinette des sonorités amples tandis qu'il préfère les intonations free et violentes, aux saxophones (alto, ténor et baryton). A cette époque, le multiinstrumentiste enregistre également avec des musiciens comme David Murray, Anthony Braxton, Julius Hemphill, Roscoe Mitchell, Billy Bang ou Muhal Richard Abrams. En total, il prend part à près de 150 enregistrements.
A partir des années 80, Threadgill commence à composer pour des ensembles plus élargis et fonde ses propres formations dont X-75 (avec quatre bassistes), Sextett (avec deux batteurs et Deidre Murray au violoncelle), Make A Move et surtout Very Very Circus, un septette rassemblant des instruments inhabituels, dont deux tubas et deux/trois guitares électriques, pour pratiquer un concept ouvert à de différents éléments stylistiques et qui estompe les frontières entre composition et improvisation. Magnifiques à cette époque les compositions de Threadgill, la structuration de ses longs morceaux, la diversité quant au tempo et à l'espace ainsi que la manière dont il aboute délicatement la section rythmique avec les saxe/trompette/trombone/violoncelle. Puis, au bout d'une absence à long terme, Henry Threadgill est de retour, accompagné encore d'une nouvelle formation, Zooid, elle aussi à une instrumentation plutôt atypique et peu courant pour une formation de jazz : ce quintette est composé de l'excellent guitariste Liberty Elman, du tromboniste et tubiste Jose Davila qui accompagne Threadgill depuis une dizaine d'années, du batteur Elliot Humberto Kavee, du violoncelliste Christopher Hoffman, et enfin du leader et saxophoniste alto jouant aussi de la flûte et de la flûte basse. Avec cet ensemble eeeenfin, Henry Threadgill connaît un succès à la hauteur de son talent, la meilleure critique américaine et une attention croissante de la part du public ; leur dernier album "Tomorrow Sunny/The Revelry, Spp" (2012) reçoit un accueil enthousiaste du côté de la presse internationale : "Sa musique nous a toujours semblé réunir des traits contradictoires : elle repose en effet sur des associations de timbres éloignés (flûte et guitare d’un côté, tuba ou trombone, basse électrique de l’autre), elle combine de façon unique une sorte de fragilité de surface qui ne masque jamais la rigueur rythmique ni la force d’une affirmation insistante. Bref, elle est à l’image du musicien, modeste et discret en apparence, mais opiniâtre et conscient de la qualité de son apport" (Jazz Magazine). Un album totalement idiosyncrasique, original et unique, conçu d'une façon explorative et présenté par un ensemble extraordinaire & son compositeur et bandleader.
Pour Zooid, Threadgill développe de nouvelles techniques d'improvisation, une nouvelle stratégie compositionnelle inspirée par la musique d'Edgar Varèse (qui invente d'ailleurs le terme "organized sound"), une "serial intervallic language" selon ses propres paroles : les compositions sont organisées le long d'une série de blocs d'intervalle (accord) de trois notes, dont chacune est assignée à un musicien, qui est libre de se déplacer dans ces intervalles, imporovisant des mélodies et créant un contrepoint d'un intervalle à l'autre. Un système qui encourage les musiciens à chercher de nouvelles façons d'improviser, ils se challengent et prennent l'initiative de tirer la musique dans une direction. Ainsi, Threadgill définit un nouveau modèle de "free" jazz, au sens de la musique libre et créative (lesdnj.com). "Je veux que la musique nous emporte de l'état dans lequel nous sommes. C'est pas moi seulement qui crée la musique, tous mes musiciens y contribuent. Travailler un morceau veut dire ne pas jouer seulement un morceau mais le découvrir et explorer – une sorte de recherche. Nous voulons savoir où il peut nous conduire et ce que nous pouvons "détecter" sur le chemin. Nous essayons d'accomplir son potentiel et nous nous rapprochons de la musique à une attitude pour qui la subdivision individuelle des parties instrumentales est aussi importante que l'égalité entre elles", expose-t-il sa vision. Les musiciens ont la plus grande liberté qu'ils veulent, et la musique détermine le degré de liberté de chacun. Mais tout musicien dans l'ensemble est responsable pour le tout. De la sorte s'élabore une musique polyphonique, en mosaïque et labyrinthique, qui brille en timbres extraordinaires, une musique de "jazz" (Threadgill même rejette ce terme pour désigner sa musique) qui jouit d'une sensibilité relevant de celle d'une musique de chambre, sans parfois abandonner des rythmes groovy. La musique de Zooid est un régal pour les oreilles, les sens et les cœurs ...
Selon les New York Times, Henry Threadgill est "probablement le compositeur de jazz le plus important de sa génération", en tout cas un extraordinaire concepteur de la composition, un brillant instrumentiste et bandleader et sans aucun doute aujourd'hui l’une des dernières et plus grandes figures historiques de la "Great Black Music" !
Henry Threadgill & Zooid Henry Threadgill – saxophone alto, flûte, arrangements et compositions Christopher Hoffman – violoncelle Jose Davila – trombone, tuba Liberty Ellman – guitare acoustique Elliot Humberto Kavee – batterie (Stomu Takeishi – contrebasse)
Petit hommage de ma part (en allemand) : http://christophwagnermusic.blogspot.de/search/label/Herbert%20Braun
A lire : http://www.nytimes.com/2009/11/08/arts/music/08chin.html?pagewanted=all&_r=0 // http://www.nytimes.com/2014/07/31/arts/music/henry-threadgill-and-zooid-at-the-village-vanguard.html
Discographie illustrée (en anglais) : http://discography.backstrom.se/threadgill/
Extrait discographique (à ne pas rater !) :
Henry Threadgill (2010) : Complete Remastered Black Saint Recordings. CAM (7-CD-Box-Set). – Air : Live Air – Air : Air Mail – Air : New Air - Live at Montreal International Jazz Festival – New Air : Air Show No.1 – Very Very Circus : Spirit of Nuff...Nuff – Henry Threadgill : Song Out Of My Trees – Flute Force Four : Flutistry Henry Threadgill & Zooid (2001) : Up Popped The Two Lips. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2009) : this brings us to, volume 1. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2010) : this brings us to, volume 2. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2012) : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp. Pi Recordings.
Hery

Tout sauf dogmatique : Henry Threadgill
L'improvisateur, compositeur et bandleader américain Henry Threadgill est l'une des figures essentielles du jazz contemporain. Depuis plus de 40 ans, il suit les sonorités dans sa tête et crée une musique très personnelle, toujours créative et en constante évolution : "stagnation" est un mot étrange pour lui ("To stop seeking, to stop moving, is death"). Sans aucun doute – Henry Threadgill est un solitaire sur la scène de jazz internationale ...
Né en 1944 à Chicago, Henry (Luther) Threadgill étudie au conservatoire de sa ville natale et à la Governors State University (Illinois). Adolescent, il joue du saxophone dans des fanfares, accompagne les chanteurs de blues dans les clubs de Chicago et se lance dans les divers styles de musique étatsuniens (gospel, blues, rock, soul, latin ...). En 1964, Threadgill s'intègre dans le Muhal Richard Abrams Experimental Band (avec Roscoe Mitchell et Joseph Jarman), un "foyer" du jazz avantgardiste en ville. Dans le même temps, il rejoint l'Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), coopérative de jeunes musiciens créatifs s'inscrivant dans la mouvance du "free jazz". A l'avenir, cette association voit naître beaucoup de maîtres de la "Great Black Music. Ancient to the Future", tels que Anthony Braxton, George Lewis, Lester Bowie, Roscoe Mitchell, Leroy Jenkins, Wadada Leo Smith ... et Henry Threadgill.
Dans les années 70, le saxophoniste-flûtiste s'installe à New York City, où il co-fonde avec Fred Hopkins (contrebasse) et Steve McCall (batterie) le fameux trio Air, un des groupes de premier plan des années 70, après la révolution de "free jazz", qui interprète des ragtimes de Scott Joplin et des mélodies de Jelly Roll Morton (dans l'album "Air Lore", en 1980), au regard du caractère avantgardiste de ce trio un engagement prestigieux à la tradition, ainsi que des morceaux de leur propre composition. Le groupe se fait connaître par les improvisations collectives ainsi que par le jeu de Threadgill, qui offre à la flûte et à la clarinette des sonorités amples tandis qu'il préfère les intonations free et violentes, aux saxophones (alto, ténor et baryton). A cette époque, le multiinstrumentiste enregistre également avec des musiciens comme David Murray, Anthony Braxton, Julius Hemphill, Roscoe Mitchell, Billy Bang ou Muhal Richard Abrams. En total, il prend part à près de 150 enregistrements.
A partir des années 80, Threadgill commence à composer pour des ensembles plus élargis et fonde ses propres formations dont X-75 (avec quatre bassistes), Sextett (avec deux batteurs et Deidre Murray au violoncelle), Make A Move et surtout Very Very Circus, un septette rassemblant des instruments inhabituels, dont deux tubas et deux/trois guitares électriques, pour pratiquer un concept ouvert à de différents éléments stylistiques et qui estompe les frontières entre composition et improvisation. Magnifiques à cette époque les compositions de Threadgill, la structuration de ses longs morceaux, la diversité quant au tempo et à l'espace ainsi que la manière dont il aboute délicatement la section rythmique avec les saxe/trompette/trombone/violoncelle. Puis, au bout d'une absence à long terme, Henry Threadgill est de retour, accompagné encore d'une nouvelle formation, Zooid, elle aussi à une instrumentation plutôt atypique et peu courant pour une formation de jazz : ce quintette est composé de l'excellent guitariste Liberty Elman, du tromboniste et tubiste Jose Davila qui accompagne Threadgill depuis une dizaine d'années, du batteur Elliot Humberto Kavee, du violoncelliste Christopher Hoffman, et enfin du leader et saxophoniste alto jouant aussi de la flûte et de la flûte basse. Avec cet ensemble eeeenfin, Henry Threadgill connaît un succès à la hauteur de son talent, la meilleure critique américaine et une attention croissante de la part du public ; leur dernier album "Tomorrow Sunny/The Revelry, Spp" (2012) reçoit un accueil enthousiaste du côté de la presse internationale : "Sa musique nous a toujours semblé réunir des traits contradictoires : elle repose en effet sur des associations de timbres éloignés (flûte et guitare d’un côté, tuba ou trombone, basse électrique de l’autre), elle combine de façon unique une sorte de fragilité de surface qui ne masque jamais la rigueur rythmique ni la force d’une affirmation insistante. Bref, elle est à l’image du musicien, modeste et discret en apparence, mais opiniâtre et conscient de la qualité de son apport" (Jazz Magazine). Un album totalement idiosyncrasique, original et unique, conçu d'une façon explorative et présenté par un ensemble extraordinaire & son compositeur et bandleader.
Pour Zooid, Threadgill développe de nouvelles techniques d'improvisation, une nouvelle stratégie compositionnelle inspirée par la musique d'Edgar Varèse (qui invente d'ailleurs le terme "organized sound"), une "serial intervallic language" selon ses propres paroles : les compositions sont organisées le long d'une série de blocs d'intervalle (accord) de trois notes, dont chacune est assignée à un musicien, qui est libre de se déplacer dans ces intervalles, imporovisant des mélodies et créant un contrepoint d'un intervalle à l'autre. Un système qui encourage les musiciens à chercher de nouvelles façons d'improviser, ils se challengent et prennent l'initiative de tirer la musique dans une direction. Ainsi, Threadgill définit un nouveau modèle de "free" jazz, au sens de la musique libre et créative (lesdnj.com). "Je veux que la musique nous emporte de l'état dans lequel nous sommes. C'est pas moi seulement qui crée la musique, tous mes musiciens y contribuent. Travailler un morceau veut dire ne pas jouer seulement un morceau mais le découvrir et explorer – une sorte de recherche. Nous voulons savoir où il peut nous conduire et ce que nous pouvons "détecter" sur le chemin. Nous essayons d'accomplir son potentiel et nous nous rapprochons de la musique à une attitude pour qui la subdivision individuelle des parties instrumentales est aussi importante que l'égalité entre elles", expose-t-il sa vision. Les musiciens ont la plus grande liberté qu'ils veulent, et la musique détermine le degré de liberté de chacun. Mais tout musicien dans l'ensemble est responsable pour le tout. De la sorte s'élabore une musique polyphonique, en mosaïque et labyrinthique, qui brille en timbres extraordinaires, une musique de "jazz" (Threadgill même rejette ce terme pour désigner sa musique) qui jouit d'une sensibilité relevant de celle d'une musique de chambre, sans parfois abandonner des rythmes groovy. La musique de Zooid est un régal pour les oreilles, les sens et les cœurs ...
Selon les New York Times, Henry Threadgill est "probablement le compositeur de jazz le plus important de sa génération", en tout cas un extraordinaire concepteur de la composition, un brillant instrumentiste et bandleader et sans aucun doute aujourd'hui l’une des dernières et plus grandes figures historiques de la "Great Black Music" !
Henry Threadgill & Zooid Henry Threadgill – saxophone alto, flûte, arrangements et compositions Christopher Hoffman – violoncelle Jose Davila – trombone, tuba Liberty Ellman – guitare acoustique Elliot Humberto Kavee – batterie (Stomu Takeishi – contrebasse)
Petit hommage de ma part (en allemand) : http://christophwagnermusic.blogspot.de/search/label/Herbert%20Braun
A lire : http://www.nytimes.com/2009/11/08/arts/music/08chin.html?pagewanted=all&_r=0 // http://www.nytimes.com/2014/07/31/arts/music/henry-threadgill-and-zooid-at-the-village-vanguard.html
Discographie illustrée (en anglais) : http://discography.backstrom.se/threadgill/
Extrait discographique (à ne pas rater !) :
Henry Threadgill (2010) : Complete Remastered Black Saint Recordings. CAM (7-CD-Box-Set). – Air : Live Air – Air : Air Mail – Air : New Air - Live at Montreal International Jazz Festival – New Air : Air Show No.1 – Very Very Circus : Spirit of Nuff...Nuff – Henry Threadgill : Song Out Of My Trees – Flute Force Four : Flutistry Henry Threadgill & Zooid (2001) : Up Popped The Two Lips. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2009) : this brings us to, volume 1. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2010) : this brings us to, volume 2. Pi Recordings. Henry Threadgill & Zooid (2012) : Tomorrow Sunny / The Revelry, Spp. Pi Recordings.
Hery


"Koïté writes songs with subtle hooks and durable melodies, and he sings in a velvety tenor that excludes strength and intimacy. It's no surprise that his songs dwell on the need to protest and preserve Malian Culture." (Banning Eyre – Rhythm 29, May 1999)
Tout au long de sa carrière forte de 5 CDs (dont le double-CD "Fôly! Live around the World") et d'innombrables concerts autour du monde, l'artiste malien à la renommée internationale, Habib Koïté, a su développer un jeu de guitare personnel dans lequel on peut décéler tout autant des influences de chez lui que celles d'autres styles musicaux comme le blues ou même, ici ou là, quelques touches de "son" cubain, de reggae ou de flamenco. En outre, il combine tout aussi bien les traditions des chasseurs du Wassoulou que les nouvelles danses populaires urbaines de Bamako, les mélodies bambara de Ségou ou les chants tamasheq de Tombouctou. On trouve également dans sa musique une bonne quantité du riche instrumentarium traditionnel malien comme le tama(ba), le tamani, la calebasse, le ngoni, le balafon ou le kamalengoni, tous mettant parfaitement en valeur son chant intimiste.
En mars 2014, ce guitariste virtuose issu d'une lignée de griots donne des concerts à ...
11/03 : NL-Amsterdam, People's place
12/03 : BEL-Bruxelles, Centre Culturel d'Auderghem
13/03 : NL-Rotterdam, Lantaren Venster
14/03 : NL-Utrecht, RASA
16/03 : FR-Paris, Cabaret Sauvagae
18/03 : ALL-Freiburg, Jazzhaus
19/03 : ALL-Erlangen, E-Werk
20/03 : ALL-Darmstadt, Central Station
21/03 : AUT-Innsbruck, Treibhaus
24/03 : ALL-München, Muffathalle/Ampere
28/03 : S-Malmö, Mixed Musik Malmo Arena
29/03 : S-Nacka (Stockholm), Selam
C'est surtout sur scène que se révèle la musique de Habib Koïté, imprégnée de traditions maliennes et bien inscrite dans son époque. Donc, la vivre en concert, ça vaut le coup, promis !
VIVE LE MALI !!!
Hery

Tout au long de sa carrière forte de 5 CDs (dont le double-CD "Fôly! Live around the World") et d'innombrables concerts autour du monde, l'artiste malien à la renommée internationale, Habib Koïté, a su développer un jeu de guitare personnel dans lequel on peut décéler tout autant des influences de chez lui que celles d'autres styles musicaux comme le blues ou même, ici ou là, quelques touches de "son" cubain, de reggae ou de flamenco. En outre, il combine tout aussi bien les traditions des chasseurs du Wassoulou que les nouvelles danses populaires urbaines de Bamako, les mélodies bambara de Ségou ou les chants tamasheq de Tombouctou. On trouve également dans sa musique une bonne quantité du riche instrumentarium traditionnel malien comme le tama(ba), le tamani, la calebasse, le ngoni, le balafon ou le kamalengoni, tous mettant parfaitement en valeur son chant intimiste.
En mars 2014, ce guitariste virtuose issu d'une lignée de griots donne des concerts à ...
11/03 : NL-Amsterdam, People's place
12/03 : BEL-Bruxelles, Centre Culturel d'Auderghem
13/03 : NL-Rotterdam, Lantaren Venster
14/03 : NL-Utrecht, RASA
16/03 : FR-Paris, Cabaret Sauvagae
18/03 : ALL-Freiburg, Jazzhaus
19/03 : ALL-Erlangen, E-Werk
20/03 : ALL-Darmstadt, Central Station
21/03 : AUT-Innsbruck, Treibhaus
24/03 : ALL-München, Muffathalle/Ampere
28/03 : S-Malmö, Mixed Musik Malmo Arena
29/03 : S-Nacka (Stockholm), Selam
C'est surtout sur scène que se révèle la musique de Habib Koïté, imprégnée de traditions maliennes et bien inscrite dans son époque. Donc, la vivre en concert, ça vaut le coup, promis !
VIVE LE MALI !!!
Hery

Bonjour,
lors de mon dernier passage à Bangkok, j'ai enregistré dans un café une musique d'un groupe thailandais diffusé par un juke box. Le problème était que le nom était écrit en Thaï et que personne dans le bar n'écrivait en caractère latin.
Bref utilisant cette musique pour un p'tit film, j'aime (et c'est la moindre des choses) au générique citer mes sources, mon emprunt.
Si quelqu'un pouvait donc me dire le nom du groupe, voire me donner un lien vers I tunes ou autre, ça serait formidable.
Merci par avance Christophji
Pour écouter la musique, allez sur mon site en signature puis cliquer sur l'onglet : "trip films" puis "chiang maï" puis "night street market"
lors de mon dernier passage à Bangkok, j'ai enregistré dans un café une musique d'un groupe thailandais diffusé par un juke box. Le problème était que le nom était écrit en Thaï et que personne dans le bar n'écrivait en caractère latin.
Bref utilisant cette musique pour un p'tit film, j'aime (et c'est la moindre des choses) au générique citer mes sources, mon emprunt.
Si quelqu'un pouvait donc me dire le nom du groupe, voire me donner un lien vers I tunes ou autre, ça serait formidable.
Merci par avance Christophji
Pour écouter la musique, allez sur mon site en signature puis cliquer sur l'onglet : "trip films" puis "chiang maï" puis "night street market"
bonjour à tous,
la decouverte de l'ouest, ou tout au moins d'une partie de l'ouest, va nécéssiter de longues heures de voiture ou l"on va "tailler la route".......
est ce que certaines musiques vous ont parues plus adaptées à ce périple que d'autres ? ou du moins créaient encore plus l"ambiance ..
qu'est ce qui vous a ému ? qu'est ce que vous conseillez ?
a+ jc
ps j'ai prevu pour le moment :springsteen, bob seger, jj cale, calvin russell, creedance, stray cats, un peu de zztop, clapton , chris isaak........oups, elvis aussi , of course
la decouverte de l'ouest, ou tout au moins d'une partie de l'ouest, va nécéssiter de longues heures de voiture ou l"on va "tailler la route".......
est ce que certaines musiques vous ont parues plus adaptées à ce périple que d'autres ? ou du moins créaient encore plus l"ambiance ..
qu'est ce qui vous a ému ? qu'est ce que vous conseillez ?
a+ jc
ps j'ai prevu pour le moment :springsteen, bob seger, jj cale, calvin russell, creedance, stray cats, un peu de zztop, clapton , chris isaak........oups, elvis aussi , of course
Bonjour,
Je suis une admiratrice inconditionnelle de cette dame, aussi belle que virtuose. J’espère que vous aimerez…
http://www.youtube.com/watch?v=JtrthXXmKgA
Le lien ci-dessous renvoie directement à un site qui lui est consacré. Texte en français en cliquant en haut à droite.
http://www.liufangmusic.net/English/index.html
Je suis une admiratrice inconditionnelle de cette dame, aussi belle que virtuose. J’espère que vous aimerez…
http://www.youtube.com/watch?v=JtrthXXmKgA
Le lien ci-dessous renvoie directement à un site qui lui est consacré. Texte en français en cliquant en haut à droite.
http://www.liufangmusic.net/English/index.html
salut a tous je reviens de cuba et jai entendu une chanson que jaimerais faire decouvrir a ma copine le proble est que jai pas demander le titre ou linterprete mais je sais seulement que ca dit adonde bas cest un genre de slow bon si ca dit quelque chose a quelqun je serais tres heureux de savoir cest quoi le titre merci a lavance et a bientot...😉
Bonjour,
J'ai réalisé un circuit dans l 'ouest américain, il y a plus d'un mois. J'en garde un excellent souvenir et c'est dur de reprendre une vie "normale" !
Afin de continuer de vivre ce voyage, connaissez-vous une compilation de musique permettant de retranscrire l'ambiance qu'il y a là bas ?
Merci d'avance pour vos réponses !
J'ai réalisé un circuit dans l 'ouest américain, il y a plus d'un mois. J'en garde un excellent souvenir et c'est dur de reprendre une vie "normale" !
Afin de continuer de vivre ce voyage, connaissez-vous une compilation de musique permettant de retranscrire l'ambiance qu'il y a là bas ?
Merci d'avance pour vos réponses !
😛 salut a tous,
je suis actuellement à la recherche de musique relaxation zen a travers, les cultures et civilisations. Dans le cadre de mon nouveau projet, je souhaite etudier l'art et la communication du toucher, a travers les cultures du monde, afin de d'enrichir mes connaissances et compétences en tant que praticienne de masseges; Merci a tous pour votre aide a trè biento Léna
je suis actuellement à la recherche de musique relaxation zen a travers, les cultures et civilisations. Dans le cadre de mon nouveau projet, je souhaite etudier l'art et la communication du toucher, a travers les cultures du monde, afin de d'enrichir mes connaissances et compétences en tant que praticienne de masseges; Merci a tous pour votre aide a trè biento Léna
Salut à vous, Ô extra-terrestres, si vous existez??????
J'irai en Afrique du sud (entre autres) en 2015 (finalement)
Si parmi vous, il y en a qui prennent le temps d'aller écouter de la musique en Afrique du sud, même si, je sais, je sais, on y va pour les animaux, mais quand même..... il y a une vie culturelle la-bas, hein?
Voici un article que j'ai trouvé qui donne le nom des clubs de jazz à Johannesburg. http://www.travelstart.co.za/blog/jazzing-it-up-in-jozi/
J'ai trouvé le jazzy rainbow à Durban si vous en connaissez d'autres , ça m'intéresse. http://www.zajazz.net/venue.php?venue=570
et à Cape town, le restaurant asoka http://www.zajazz.net/details.php?id=131990
Il y a un concert hall à Cape town! yes! http://www.zajazz.net/venue.php?venue=221
Je vais aussi me renseigner pour les lieux de découverte de musiques traditionnelles,
Bon, voilà, amateurs de musique dans ces contrées australes, si jamais vous existez, faites moi un signe sur ce post, ainsi je pourrai dire les amateurs de musique en afrique australe existent, je les ai rencontrés!
J'irai en Afrique du sud (entre autres) en 2015 (finalement)
Si parmi vous, il y en a qui prennent le temps d'aller écouter de la musique en Afrique du sud, même si, je sais, je sais, on y va pour les animaux, mais quand même..... il y a une vie culturelle la-bas, hein?
Voici un article que j'ai trouvé qui donne le nom des clubs de jazz à Johannesburg. http://www.travelstart.co.za/blog/jazzing-it-up-in-jozi/
J'ai trouvé le jazzy rainbow à Durban si vous en connaissez d'autres , ça m'intéresse. http://www.zajazz.net/venue.php?venue=570
et à Cape town, le restaurant asoka http://www.zajazz.net/details.php?id=131990
Il y a un concert hall à Cape town! yes! http://www.zajazz.net/venue.php?venue=221
Je vais aussi me renseigner pour les lieux de découverte de musiques traditionnelles,
Bon, voilà, amateurs de musique dans ces contrées australes, si jamais vous existez, faites moi un signe sur ce post, ainsi je pourrai dire les amateurs de musique en afrique australe existent, je les ai rencontrés!
« He is not a composer but an inventor – of genius » (Arnold Schönberg sur John Cage)
A la recherche d’une indeterminacy de plus en plus radicale
Le 5 septembre 1912, JOHN CAGE voit le jour à Los Angeles (Californie), jour qui marque la naissance d’un des compositeurs les plus importants et les plus radicaux du 20e siècle. Son activité musicale a élargi l’univers de la musique, notamment avec l’utilisation qu’il a faite des sons (y compris les bruits) et des silences dans l’espace-temps musical. Des prestations uniques mettant en scène des techniques de compositions innovatrices, comme p.ex. la musique aléatoire (mais souvent en rapport avec le reproche de l’anarchisme), ont fait de lui un compositeur incontournable de la musique contemporaine : il intègre dans ses partitions des sonorités jusque là considérées comme des bruits et introduit la notion de hasard et de silence total dans la musique. De plus, dans la vision musicale de Cage, tous les participants sont assimilés, le chef d’orchestre ne conduit plus, aucun centre visuel en concert, ce sont les musiciens qui décident comment et avec quel instrument interpréter une composition. Et même la durée d’une pièce est à eux. Bref, Cage renverse le chef d’orchestre, la partition et notamment lui aussi, le compositeur.
A ses débuts, John Cage préfère une instrumentation inhabituelle : l’ensemble de percussions. Depuis son « Quartett » (1935), des pièces pour percussions sont pendant plusieurs années au centre de sa créativité musicale avant de se tourner pour longtemps vers le piano.
La composition peut-être la plus radicale et certainement la plus connue de cet avantgardiste est le légendaire « 4:33 » (1952) qui ne consiste qu’en 4 minutes et 33 secondes de silence : l’interprète est astreint à se placer tout immobile devant son instrument et à ne produire aucun son ; du silence composé, du silence comme acte artistique, de la musique comme non-musique. La pièce suit la conclusion simple qu’il y a de la musique partout où l’on écoute : et pour Cage des bruits dans les rues, le toussotement dans l’auditoire, le grincement des chaises appartiennent à la musique également ; Cage en parle d’une « music of reality » qui, comme si c’est tout naturel, prend en compte des bruits pour son univers des sonorités. Il ne faut qu’y être sensible, ou comme dit Cage même : « Music is everywhere, you just have to have the ears to hear it » …
Plus que tout le reste, plus que ses pièces pour percussions, même plus que son « 4:33 », et plus que sa philosophie de la musique ou que l’étrangeté de ses dernières œuvres, c’est lui qui a rendu célèbre le compositeur John Cage : le « Prepared Piano » (1940-52), parfois qualifié, avec humour, de « musique gamelan à deux mains ». Si d’aucuns connaissent encore aujourd’hui le nom de John Cage, et l’associent à quoi qu’il soit, c’est bien l’invention de sa musique pour piano préparé. Mais d’autre côté, cette invention a peu fait école, a trouvé peu d’émules si l’on s’abstient d’un petit nombre de compositeurs (Arvo Pärt, Alfred Schnittke) et musiciens (Irène Schweizer, Keith Tippett).
Cette découverte du potentiel de « préparation » d’un piano à queue est due au départ, plus qu’à une volonté consciente, à un problème de place : en 1940, Cage compose une musique de ballet pour l’Afroaméricaine Syvilla Fort. L’espace disponible pour la représentation est tout simplement trop petit pour un ensemble de percussions que projetait Cage d’abord. Mais il fait de nécessité vertu et trouve la solution décisive : prendre des objets adéquats à coincer entre les cordes de l’instrument – des gommes de toutes tailles, des vis de toutes sortes, du bambou, du tissu, des morceaux de bois etc. etc. pour en modifier le son de manière totalement aléatoire (voir la photo en bas !). Sauf exception, les pièces pour piano préparé sont composées pour des représentations choréographiques ; les raisons pratiques ont sûrement joué un rôle (comme si souvent chez Cage) : un sac de vis et d’écrous, de gommes et de morceaux de bois est sans nul doute plus facile et moins cher à transporter que tout un ensemble de percussionnistes, et toute réflexion concernant la place devient superflue : on la trouve (pour caser un piano à queue) dans n’importe quelle salle de spectacle. Justement, dans les années 40, Cage voyage beaucoup comme pianiste accompagnateur, avec différentes troupes de danseurs dont surtout celle de Merce Cunningham. Toutes ces compositions pour piano préparé des années 1942-52, dont les célèbres « Sonatas and Interludes for Prepared Piano », mettent l’interprète en face de questions fort inhabituelles. Car avant d’avoir joué la moindre note, les problèmes se pressent et demandent à être résolus, qui ne sont pas tous de nature pianistique : le premier problème concerne les questions d’édition pure et simple. Et avant tout celui des préparations. Même si Cage les indique avec une très grande précision, beaucoup de questions restent en suspend ... Le cycle « Sonatas and Interludes », une œuvre inattendue à plusieurs égards date des années 1946-48 : à une structure formelle, strictement parlant, symétrique (4 premiers sonates – interlude I – 4 sonates – interlude II – interlude III – 4 sonates – interlude IV – 4 sonates) est ajoutée un arrière-plan philosophique. Avant de s’intéresser au bouddhisme zen, il s’est penché de très près sur l’esthétique de l’Inde ancienne. Donc, le cycle repose sur un modèle indien, ici la conception des huit ou neuf émotions de base (les « bhavas »). La préparation pour les « Sonatas and Interludes » est de plus grande importance, elle dure 2 à 3 heures dans des conditions optimales (la pure durée de la musique fait environ une heure). Elle est plus savante mais aussi beaucoup plus nuancée que dans la plupart des pièces brèves pour piano préparé écrites par Cage auparavant.
Dans les années 50, John Cage met au point les deux principes de composition qui vont demeurer essentielles pour toutes ses œuvres ultérieures et lui donner sa place au sein de l’histoire de la musique : l’emploi du hasard dans la composition d’œuvres sérielles (change composition) et le renoncement à une partition fixe, devant se ressembler le plus possible à chaque exécution, au profit d’indications de jeu plus ouvertes, laissant à l’interprète des libertés jusque-là impensables (indeterminacy). Son œuvre pour piano comprend des moments clefs de cette évolution dont « Music of Changes » (1951), œuvre s’avérant être l’une de ses œuvres les plus exigeantes, un grand cycle en quatre parties.
Après le « Concert for piano and orchestra » (1958) et durant de nombreuses années, John Cage fait preuve d’abstinence dans le domaine de la musique pour piano. Ce n’est qu’à la fin des années 70 qu’il revient quasiment à la composition et à composer à nouveau mais pas exclusivement des œuvres pour ou au moins avec piano. Des œuvres de grande envergure et virtuoses, portant toutes le nom d’« Etudes » se succèdent rapidement, dont pour le piano les « Etudes Boreales » et les « Etudes Australes », pour le violon les « Freeman-Etudes ». Toutes ces compositions sont extrêmement compliquées, en partie à la limite du possible sur le plan de la réalisation technique pour l’interprète. Quant aux « Etudes Australes », à une durée de 4 heures, elles reposent sur des cartes célèstes de la voûte étoilée de l’hémisphère sud sur lesquelles Cage a posé du papier calque et qu’il a travaillé ensuite après des opérations bien précises – tirées entre autres du I Ging – (densité, altérations, fréquence d’un accord, etc.). Ces études forment dans l’ensemble un processus de concentration, on voit apparaître avec chaque morceau de plus en plus d’accords, les notes seules sont de plus en plus rares ...
Un des compositeurs les plus importants pour John Cage est Eric Satie. Mis à part Arnold Schönberg et Henry Cowell (ses professeurs), il ne s’intéresse aussi longtemps, et de façon aussi approfondie et diversifiée, à aucun autre compositeur. Dans l’œuvre musicale de Cage, on trouve des passages dans lesquels son style se révèle proche de celui de Satie. Sur le plan de l’esthétique, Cage se fascine de l’attitude antiromantique de Satie et, de plus, de l’idée d’une musique statique et ne se développant pas (p.ex. présentée entre autres avec les célèbres « Gymnopédies »), et sur le niveau stylistique, ce sont la simplicité des rythmes et le ton retenu de l’expression qu’attirent les faveurs de John Cage pour ce compositeur français. Plusieurs oeuvres qui rendent hommage à Satie le témoignent dont « In a Landscape » (1948), « Dream » (1948), « Perpetual Tango » (1984) et son hommage le plus connu, « Cheap imitation » (1969), pièce tripartite, que Cage arrange aussi pour violon, pour orchestre et pour voix chantée ...
Dans sa dernière période (1985-1992), John Cage compose les soi-disant « Number Pieces » : l’interprète décide du commencement et de la fin de l’émission sonore avec son chronomètre, c.à.d. agissant à l’intérieur de ce qu’il appelle « time brackets » (parenthèses de temps).
Même si John Cage est considéré jusqu’à aujourd’hui comme charlatan ou au moins comme excentrique en raison de ses idées souvent grotesques, son influence sur le monde de la musique est plus évidente que jamais : si c’est au jazz libre (Anthony Braxton, Keith Tippett, John Zorn), au pop expérimental (Keith Rowe), au remix électronique (Christian Marclay, Bob Ostertag avec ses « Plunderphonics ») ou parmi les compositeurs de la musique avant-garde (Morton Feldman, Harry Partch, Christian Wolff, les minimalistes Philip Glass et Steve Reich, etc. pp.) – sa pensée musicale s’est implantée partout.
Le 12 août 1992, John Cage, le rébelle, décède à New York. Ce 5 septembre, il aurait fêté ses 100 ans ...
Editions discographiques les plus actuelles de John Cage :
1) John Cage, The Works for Percussion 1 (mode records 299). Avec Percussion Group Cincinnati. 2) John Cage, Etudes Australes (Wergo WER 6740 2). 4 cds. Avec Susanne Liebner, piano. Superbe édition, gigantesque !!! 3) John Cage, As it is (ECM New Series 2268). Alexei Lubimov, pianos & Natalia Pschenitschnikova, voix. Grandiose édition des mises en musique lyriques de James Joyce, E.E. Cummings et Gertrude Stein ainsi que des premières pièces pour piano préparé. 4) John Cage, Empty Words (EWR 1102/3). 2 cds. Sylvia Alexandra Schimag, voix.
Bonne écoute !
Herbert
A la recherche d’une indeterminacy de plus en plus radicale
Le 5 septembre 1912, JOHN CAGE voit le jour à Los Angeles (Californie), jour qui marque la naissance d’un des compositeurs les plus importants et les plus radicaux du 20e siècle. Son activité musicale a élargi l’univers de la musique, notamment avec l’utilisation qu’il a faite des sons (y compris les bruits) et des silences dans l’espace-temps musical. Des prestations uniques mettant en scène des techniques de compositions innovatrices, comme p.ex. la musique aléatoire (mais souvent en rapport avec le reproche de l’anarchisme), ont fait de lui un compositeur incontournable de la musique contemporaine : il intègre dans ses partitions des sonorités jusque là considérées comme des bruits et introduit la notion de hasard et de silence total dans la musique. De plus, dans la vision musicale de Cage, tous les participants sont assimilés, le chef d’orchestre ne conduit plus, aucun centre visuel en concert, ce sont les musiciens qui décident comment et avec quel instrument interpréter une composition. Et même la durée d’une pièce est à eux. Bref, Cage renverse le chef d’orchestre, la partition et notamment lui aussi, le compositeur.
A ses débuts, John Cage préfère une instrumentation inhabituelle : l’ensemble de percussions. Depuis son « Quartett » (1935), des pièces pour percussions sont pendant plusieurs années au centre de sa créativité musicale avant de se tourner pour longtemps vers le piano.
La composition peut-être la plus radicale et certainement la plus connue de cet avantgardiste est le légendaire « 4:33 » (1952) qui ne consiste qu’en 4 minutes et 33 secondes de silence : l’interprète est astreint à se placer tout immobile devant son instrument et à ne produire aucun son ; du silence composé, du silence comme acte artistique, de la musique comme non-musique. La pièce suit la conclusion simple qu’il y a de la musique partout où l’on écoute : et pour Cage des bruits dans les rues, le toussotement dans l’auditoire, le grincement des chaises appartiennent à la musique également ; Cage en parle d’une « music of reality » qui, comme si c’est tout naturel, prend en compte des bruits pour son univers des sonorités. Il ne faut qu’y être sensible, ou comme dit Cage même : « Music is everywhere, you just have to have the ears to hear it » …
Plus que tout le reste, plus que ses pièces pour percussions, même plus que son « 4:33 », et plus que sa philosophie de la musique ou que l’étrangeté de ses dernières œuvres, c’est lui qui a rendu célèbre le compositeur John Cage : le « Prepared Piano » (1940-52), parfois qualifié, avec humour, de « musique gamelan à deux mains ». Si d’aucuns connaissent encore aujourd’hui le nom de John Cage, et l’associent à quoi qu’il soit, c’est bien l’invention de sa musique pour piano préparé. Mais d’autre côté, cette invention a peu fait école, a trouvé peu d’émules si l’on s’abstient d’un petit nombre de compositeurs (Arvo Pärt, Alfred Schnittke) et musiciens (Irène Schweizer, Keith Tippett).
Cette découverte du potentiel de « préparation » d’un piano à queue est due au départ, plus qu’à une volonté consciente, à un problème de place : en 1940, Cage compose une musique de ballet pour l’Afroaméricaine Syvilla Fort. L’espace disponible pour la représentation est tout simplement trop petit pour un ensemble de percussions que projetait Cage d’abord. Mais il fait de nécessité vertu et trouve la solution décisive : prendre des objets adéquats à coincer entre les cordes de l’instrument – des gommes de toutes tailles, des vis de toutes sortes, du bambou, du tissu, des morceaux de bois etc. etc. pour en modifier le son de manière totalement aléatoire (voir la photo en bas !). Sauf exception, les pièces pour piano préparé sont composées pour des représentations choréographiques ; les raisons pratiques ont sûrement joué un rôle (comme si souvent chez Cage) : un sac de vis et d’écrous, de gommes et de morceaux de bois est sans nul doute plus facile et moins cher à transporter que tout un ensemble de percussionnistes, et toute réflexion concernant la place devient superflue : on la trouve (pour caser un piano à queue) dans n’importe quelle salle de spectacle. Justement, dans les années 40, Cage voyage beaucoup comme pianiste accompagnateur, avec différentes troupes de danseurs dont surtout celle de Merce Cunningham. Toutes ces compositions pour piano préparé des années 1942-52, dont les célèbres « Sonatas and Interludes for Prepared Piano », mettent l’interprète en face de questions fort inhabituelles. Car avant d’avoir joué la moindre note, les problèmes se pressent et demandent à être résolus, qui ne sont pas tous de nature pianistique : le premier problème concerne les questions d’édition pure et simple. Et avant tout celui des préparations. Même si Cage les indique avec une très grande précision, beaucoup de questions restent en suspend ... Le cycle « Sonatas and Interludes », une œuvre inattendue à plusieurs égards date des années 1946-48 : à une structure formelle, strictement parlant, symétrique (4 premiers sonates – interlude I – 4 sonates – interlude II – interlude III – 4 sonates – interlude IV – 4 sonates) est ajoutée un arrière-plan philosophique. Avant de s’intéresser au bouddhisme zen, il s’est penché de très près sur l’esthétique de l’Inde ancienne. Donc, le cycle repose sur un modèle indien, ici la conception des huit ou neuf émotions de base (les « bhavas »). La préparation pour les « Sonatas and Interludes » est de plus grande importance, elle dure 2 à 3 heures dans des conditions optimales (la pure durée de la musique fait environ une heure). Elle est plus savante mais aussi beaucoup plus nuancée que dans la plupart des pièces brèves pour piano préparé écrites par Cage auparavant.
Dans les années 50, John Cage met au point les deux principes de composition qui vont demeurer essentielles pour toutes ses œuvres ultérieures et lui donner sa place au sein de l’histoire de la musique : l’emploi du hasard dans la composition d’œuvres sérielles (change composition) et le renoncement à une partition fixe, devant se ressembler le plus possible à chaque exécution, au profit d’indications de jeu plus ouvertes, laissant à l’interprète des libertés jusque-là impensables (indeterminacy). Son œuvre pour piano comprend des moments clefs de cette évolution dont « Music of Changes » (1951), œuvre s’avérant être l’une de ses œuvres les plus exigeantes, un grand cycle en quatre parties.
Après le « Concert for piano and orchestra » (1958) et durant de nombreuses années, John Cage fait preuve d’abstinence dans le domaine de la musique pour piano. Ce n’est qu’à la fin des années 70 qu’il revient quasiment à la composition et à composer à nouveau mais pas exclusivement des œuvres pour ou au moins avec piano. Des œuvres de grande envergure et virtuoses, portant toutes le nom d’« Etudes » se succèdent rapidement, dont pour le piano les « Etudes Boreales » et les « Etudes Australes », pour le violon les « Freeman-Etudes ». Toutes ces compositions sont extrêmement compliquées, en partie à la limite du possible sur le plan de la réalisation technique pour l’interprète. Quant aux « Etudes Australes », à une durée de 4 heures, elles reposent sur des cartes célèstes de la voûte étoilée de l’hémisphère sud sur lesquelles Cage a posé du papier calque et qu’il a travaillé ensuite après des opérations bien précises – tirées entre autres du I Ging – (densité, altérations, fréquence d’un accord, etc.). Ces études forment dans l’ensemble un processus de concentration, on voit apparaître avec chaque morceau de plus en plus d’accords, les notes seules sont de plus en plus rares ...
Un des compositeurs les plus importants pour John Cage est Eric Satie. Mis à part Arnold Schönberg et Henry Cowell (ses professeurs), il ne s’intéresse aussi longtemps, et de façon aussi approfondie et diversifiée, à aucun autre compositeur. Dans l’œuvre musicale de Cage, on trouve des passages dans lesquels son style se révèle proche de celui de Satie. Sur le plan de l’esthétique, Cage se fascine de l’attitude antiromantique de Satie et, de plus, de l’idée d’une musique statique et ne se développant pas (p.ex. présentée entre autres avec les célèbres « Gymnopédies »), et sur le niveau stylistique, ce sont la simplicité des rythmes et le ton retenu de l’expression qu’attirent les faveurs de John Cage pour ce compositeur français. Plusieurs oeuvres qui rendent hommage à Satie le témoignent dont « In a Landscape » (1948), « Dream » (1948), « Perpetual Tango » (1984) et son hommage le plus connu, « Cheap imitation » (1969), pièce tripartite, que Cage arrange aussi pour violon, pour orchestre et pour voix chantée ...
Dans sa dernière période (1985-1992), John Cage compose les soi-disant « Number Pieces » : l’interprète décide du commencement et de la fin de l’émission sonore avec son chronomètre, c.à.d. agissant à l’intérieur de ce qu’il appelle « time brackets » (parenthèses de temps).
Même si John Cage est considéré jusqu’à aujourd’hui comme charlatan ou au moins comme excentrique en raison de ses idées souvent grotesques, son influence sur le monde de la musique est plus évidente que jamais : si c’est au jazz libre (Anthony Braxton, Keith Tippett, John Zorn), au pop expérimental (Keith Rowe), au remix électronique (Christian Marclay, Bob Ostertag avec ses « Plunderphonics ») ou parmi les compositeurs de la musique avant-garde (Morton Feldman, Harry Partch, Christian Wolff, les minimalistes Philip Glass et Steve Reich, etc. pp.) – sa pensée musicale s’est implantée partout.
Le 12 août 1992, John Cage, le rébelle, décède à New York. Ce 5 septembre, il aurait fêté ses 100 ans ...
Editions discographiques les plus actuelles de John Cage :
1) John Cage, The Works for Percussion 1 (mode records 299). Avec Percussion Group Cincinnati. 2) John Cage, Etudes Australes (Wergo WER 6740 2). 4 cds. Avec Susanne Liebner, piano. Superbe édition, gigantesque !!! 3) John Cage, As it is (ECM New Series 2268). Alexei Lubimov, pianos & Natalia Pschenitschnikova, voix. Grandiose édition des mises en musique lyriques de James Joyce, E.E. Cummings et Gertrude Stein ainsi que des premières pièces pour piano préparé. 4) John Cage, Empty Words (EWR 1102/3). 2 cds. Sylvia Alexandra Schimag, voix.
Bonne écoute !
Herbert
« Sunjata » en musique
The art of eloquence has no secrets for us ; without us the names of kings would vanish into oblivion ; we are the memory of mankind (Mamadou Kouyaté, griot renommé de la Guinée)
Pour Choucarde
I ni sògòma, Anne, voici une liste (incomplète) des versions traditionnelles et modernes de « Sunjata » qui parlent de et rappellent toutes à l’histoire de Sunjata Keita, grand roi et grand guerrier à l’époque qui fonda le puissant empire Mandé. Il est donc l’incarnation d’une identité de ces peuples. Aujourd’hui, chaque famille malienne ou guinéenne sait encore quel rôle ont joué ses ancêtres dans l’unification de l’empire, quelle place lui a été attribuée par la constitution. Salif Keita, le plus fameux musicien de l’actuel Mali, descend de Sunjata Keita. « Sunjata » est la chanson la plus célèbre des griots en Afrique de l’Ouest ...
Anne, dans notre correspondance privée qui m’inspirait à démarrer cette discussion, je t’ai racontée avec enthousiasme de versions gigantesques du Rail Band (avec Salif Keita) qui me plaisent tant (voir 5a et 5b). Voici la liste ...
1. Boubacar Traoré : « Soundiata » (6 :10)
Source : "Sa golo (Kar Kar)", de Boubacar Traoré (Indigo, 2008)
http://www.amazon.com/Sa-Golo-Baboucar-Traore/dp/B000024LV8/ref=sr_1_9?ie=UTF8&s=music&qid=1255727432&sr=1-9
2. Foday Musa Suso : « Sunjata » (6:36)
Source : "Kora Music from the Gambia", de Foda Musa Suso (Smithsonian Folkways Rec, 1978)
http://www.starzik.com/mp3/produits/Kora_Music_from_the_Gambia-106843.html
3. Famille de Diabaté (Kela) dont Lansine Diabaté : « Sunjata fasa* » (9 :45)
Source : "An Bè Kelen / We are One - Griot music from Mali #1", de la Famille de Diabaté de Kela (Pan Rec, 1994)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec a SONY professional walkman WM D-6 à Kela (Mali, 1993), dans un setting traditionnel et environnement naturel. Voix masculin et féminin par Lansine Diabaté et Bintan Kouyaté, accompagnés par Mamadou Diabaté (ngoni).
http://www.amazon.com/We-Are-One-Be-Kelen/dp/B0000036ZZ
4. Siramori Diabaté : « Sunjata fasa » (13:15)
Source : "Siramori Diabaté – Griot music from Mali #3", de Siramori Diabaté (PAN Rec, 2002)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec un SONY TCS-350 stereo cassette recorder dans la maison de la fameuse griotte Siramori Diabaté à Kangaba (Mali, 1989). Voix solo par Siramori Diabaté, accompagnée par Sidiki Kouyaté (guitare acoustique).
http://www.abeillemusique.com/CD/Musiques-du-monde/Afrique-de-l-Ouest/Mali/PAN2104/0713958210420/Pan-Records/Siramoni-diabate/Griot-music-from-Mali-3/cleart-7870.html
https://openaccess.leidenuniv.nl/bitstream/1887/2777/1/1241586_031.pdf (hommage à la Grande Dame du jeliya, Siramori Diabaté, écrit par Jan Jansen)
5a. Rail Band : « Soundiata (l’exil) » (chanté par Mory Kanté ; 27:49)
5b. Rail Band : « Soundiata » (chanté par Salif Keita ; 14:45)
5c. Rail Band : « Soundiata (nouvelle version) » (10:29)
Sources : "Belle Epoque, vol.1 : Soundiata", du Rail Band (Sterns, 2007). De plus, les pièces A et B sur "Salif Keita & Mory Kanté : Mali Stars Vol.1" (Syllart, 1988 ; voir aussi la photo ci-jointe), la pièce C sur "Rail Band. Mory Kanté et Salif Keita" (Sonodisc, 1998)
Quant à ces versions rock, à des rythmes dansants, celle de Salif Keita, noble (5b), met l’accent sur la victoire de Sunjata. En revanche, Mory Kanté est un descendant du plus grand adversaire de Sunjata, Sumanworo Kanté, un nyamakala, griot-forgeron, la musique est son vrai métier. Dans sa version (5a), Mory Kanté choisit l’exil de Sunjata et décrit la puissance du roi-sorcier Sumanworo, la ruse de Jakoma Doka, l’ancêtre des griots.
Sept cent ans plus tard, l’histoire se reproduit. Quelle rencontre : dos à dos, Mory « Sumanworo » Kanté contre Salif « Sunjata » Keita, ... et que le meilleur gagne (dans nos cœurs) !!!
http://www.emusic.com/album/Rail-Band-Belle-Epoque-Vol-1-Soundiata-MP3-Download/11094132.html
http://www.musicline.de/de/product/3307513875024/387768
6. Djelimady Tounkara : « Sunjata » (0:38)
Source : "In Griot Time : String Music from Mali", div. Artistes (Stern's Africa)
Version acoustique. Guitare solo de Djelimady Tounkara, premier guitariste et chef d’orchestre de l'actuel Super Rail Band, lui aussi ayant participé aux enregistrements des pièces 5a et 5b.
http://www.amazon.com/Griot-Time-String-Music-Mali/dp/B00004UB2Q
7. Tiken Jah Fakoly : « Sundjata » (5:05)
Source : "Cours d’Histoire", de Tiken Jah Fakoly (Barclay, 1999)
Version reggae.
http://www.amazon.com/Cours-dHistoire-Tiken-Jah-Fakoly/dp/B000E9X2XO/ref=sr_1_5?ie=UTF8&s=music&qid=1255727366&sr=1-5
8. Kélétigui et ses Tambourinis: « Soundiata » (5:51)
Source : "Authenticité - The Syliphone Years", div. Artistes (Sterns, 2007)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0023E9DTA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255731406&sr=8-1-fkmr0
9. Sidiki Diabate/Batourou Sékou Kouyaté : « Sunjata »
Source : "Cordes Anciennes", de Sidiki Diabaté/Batourou Sékou Kouyaté/Djelimady Sissoko/N'Fa Diabaté (Buda, 2000)
http://www.amazon.fr/Mali-Cordes-Anciennes-Artistes-Divers/dp/B00004XQFY/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=music&qid=1255730639&sr=8-1
10. Djeli Sékou Kouyaté : « Sundjata Fasa » (8:07)
Source : "Tafory", de Djeli Sékou Kouyaté (cdtrrracks, 2001)
http://cdtrrracks.com/bid1220984.html
11. Manjul: "Tribute to Soundiata" (3:57)
Source : "Faso Kanou/Dub to Mali", de Manjul (Rough Trade, 2005)
Version dub.
http://www.amazon.fr/Faso-Kanou-Manjul/dp/B000BOIUBG/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=music&qid=1255768689&sr=8-4
12. Cora Connection : « Sunjata » (1:01)
Source : "Private Demo Tape", de Cora Connection (1995)
http://www.coraconnection.com/
13. Tidiani Koné : « Soundiata (by Lassine Koné) » (4:24)
Source : "Demeli", de Tidiani Koné (Espace Africa, 2001)
Version jazzy. Tidiani Koné (saxo/trompette) est ancien membre du Rail Band des années 70 (voir 5a et 5b).
http://www.amazon.fr/gp/product/B0025BM3OI/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732094&sr=8-16
14. Mamadou Diabaté : « Soundiata Keita » (4:41)
Source : "Douga Mansa", de Mamadou Diabaté (World Village, 2008)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0024N8LWA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732514&sr=8-19
15. Fodé Seydou Bangoura : « Soundiata » (6:19)
Source : "Fakoly 1", de Fodé Seydou Bangoura (Fodé Seydou Bangoura Rec, 2006)
http://www.amazon.fr/Fakoly-1/dp/B002FGCTQK/ref=pd_rhf_p_t_4
16. Ensemble Fula Flute : « Soundiata » (6:57)
Source : "Fula Flute", de l'Ensemble Fula Flute (Blue Monster Rec, 2002)
Chanson traditionnelle. L'Ensemble Fula Flute intègre le tambin, flûte peule traditionnelle du Fouta Jalon (Guinée). Première flûtiste de cet ensemble et maître reconnu du tambin est Bailo Bah.
http://www.amazon.fr/gp/product/B002FNBRCA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255733410&sr=8-25
17. Ensemble Instumental National du Mali : « Soundiata ou l’épopée Mandingue, 1ère partie/2ème partie »
Source : "Soundiata ou l’épopée Mandingue", de l’Ensemble Instrumental National du Mali (Mali Konkan, 1977)
http://www.radioafrica.com.au/Discographies/Kunkan.html
18a. Omar Jobarteh, Yaya Jobarteh e.a. « Sunjata » (5:40)
18b. Jewuru Suso, Bobo Kuyateh e.a. « Sunjata » (3:03)
Source : "Jali Kunda. Griots of West Africa and Beyond", de Foday Musa Suso/Philip Glass (Ellipsis Arts, 1997)
Version A était enregistrée à Tabato/Guinée-Bissau (à des balaphones, tambours, chant), version B à Kolda/Sénégal (à des voix féminines exclusivement).
http://www.amazon.com/Jali-Kunda-Griots-Africa-Beyond/dp/B0000059TM
Autres enregistrements traditionnels et modernes du répertoire Mande (Sunjata) :
Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale (Guinée an X : Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale, Syliphone 1970) ; Yamourou Diabaté (Première anthologie de la musique malienne/vol.1, Ministère de l’Information du Mali/BM 1971) ; Bazoumana Sissoko (1971) ; Siramori Diabaté (Tirimagan ) Ministère de l’Information du Mali/BM 1971; Kele Monson Diabaté (Proclamation de l’épopée de Sunjata accompagnée par guitare et koni, 19??) ; National Badema (Tiramakan, Syllart 1983) ; Cheikh M. Smith (Toubabou Balafola, PAM 1993) ; Kouyaté Family of Niagassola (Toureille 1992) ; Kélétigui Diabaté (Kélétigui Diabaté, Mission de Coopération Française 1996) ; Kandia Kouyaté (Mandenkalou , Sterns 1999) ; Les Merveilles du Mali (Maravillas de Mali/Les Merveilles du Mali, Mélodie 1998) ; Kouyaté Sory Kandia (L’épopée du Mandingue : Kouyate Sory Kandia et son trio de musique traditionnelle/2 vols., Syliphone 1990) ...
Je te/vous souhaite bien du plaisir à écouter ces merveilleuses musiques !
VIVE LE MALI !!! VIVE AUSSI LA GUINÉE (qui souffre tant présentement) !!!
hgb
* en bamana, fasa veut dire "louange".
The art of eloquence has no secrets for us ; without us the names of kings would vanish into oblivion ; we are the memory of mankind (Mamadou Kouyaté, griot renommé de la Guinée)
Pour Choucarde
I ni sògòma, Anne, voici une liste (incomplète) des versions traditionnelles et modernes de « Sunjata » qui parlent de et rappellent toutes à l’histoire de Sunjata Keita, grand roi et grand guerrier à l’époque qui fonda le puissant empire Mandé. Il est donc l’incarnation d’une identité de ces peuples. Aujourd’hui, chaque famille malienne ou guinéenne sait encore quel rôle ont joué ses ancêtres dans l’unification de l’empire, quelle place lui a été attribuée par la constitution. Salif Keita, le plus fameux musicien de l’actuel Mali, descend de Sunjata Keita. « Sunjata » est la chanson la plus célèbre des griots en Afrique de l’Ouest ...
Anne, dans notre correspondance privée qui m’inspirait à démarrer cette discussion, je t’ai racontée avec enthousiasme de versions gigantesques du Rail Band (avec Salif Keita) qui me plaisent tant (voir 5a et 5b). Voici la liste ...
1. Boubacar Traoré : « Soundiata » (6 :10)
Source : "Sa golo (Kar Kar)", de Boubacar Traoré (Indigo, 2008)
http://www.amazon.com/Sa-Golo-Baboucar-Traore/dp/B000024LV8/ref=sr_1_9?ie=UTF8&s=music&qid=1255727432&sr=1-9
2. Foday Musa Suso : « Sunjata » (6:36)
Source : "Kora Music from the Gambia", de Foda Musa Suso (Smithsonian Folkways Rec, 1978)
http://www.starzik.com/mp3/produits/Kora_Music_from_the_Gambia-106843.html
3. Famille de Diabaté (Kela) dont Lansine Diabaté : « Sunjata fasa* » (9 :45)
Source : "An Bè Kelen / We are One - Griot music from Mali #1", de la Famille de Diabaté de Kela (Pan Rec, 1994)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec a SONY professional walkman WM D-6 à Kela (Mali, 1993), dans un setting traditionnel et environnement naturel. Voix masculin et féminin par Lansine Diabaté et Bintan Kouyaté, accompagnés par Mamadou Diabaté (ngoni).
http://www.amazon.com/We-Are-One-Be-Kelen/dp/B0000036ZZ
4. Siramori Diabaté : « Sunjata fasa » (13:15)
Source : "Siramori Diabaté – Griot music from Mali #3", de Siramori Diabaté (PAN Rec, 2002)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec un SONY TCS-350 stereo cassette recorder dans la maison de la fameuse griotte Siramori Diabaté à Kangaba (Mali, 1989). Voix solo par Siramori Diabaté, accompagnée par Sidiki Kouyaté (guitare acoustique).
http://www.abeillemusique.com/CD/Musiques-du-monde/Afrique-de-l-Ouest/Mali/PAN2104/0713958210420/Pan-Records/Siramoni-diabate/Griot-music-from-Mali-3/cleart-7870.html
https://openaccess.leidenuniv.nl/bitstream/1887/2777/1/1241586_031.pdf (hommage à la Grande Dame du jeliya, Siramori Diabaté, écrit par Jan Jansen)
5a. Rail Band : « Soundiata (l’exil) » (chanté par Mory Kanté ; 27:49)
5b. Rail Band : « Soundiata » (chanté par Salif Keita ; 14:45)
5c. Rail Band : « Soundiata (nouvelle version) » (10:29)
Sources : "Belle Epoque, vol.1 : Soundiata", du Rail Band (Sterns, 2007). De plus, les pièces A et B sur "Salif Keita & Mory Kanté : Mali Stars Vol.1" (Syllart, 1988 ; voir aussi la photo ci-jointe), la pièce C sur "Rail Band. Mory Kanté et Salif Keita" (Sonodisc, 1998)
Quant à ces versions rock, à des rythmes dansants, celle de Salif Keita, noble (5b), met l’accent sur la victoire de Sunjata. En revanche, Mory Kanté est un descendant du plus grand adversaire de Sunjata, Sumanworo Kanté, un nyamakala, griot-forgeron, la musique est son vrai métier. Dans sa version (5a), Mory Kanté choisit l’exil de Sunjata et décrit la puissance du roi-sorcier Sumanworo, la ruse de Jakoma Doka, l’ancêtre des griots.
Sept cent ans plus tard, l’histoire se reproduit. Quelle rencontre : dos à dos, Mory « Sumanworo » Kanté contre Salif « Sunjata » Keita, ... et que le meilleur gagne (dans nos cœurs) !!!
http://www.emusic.com/album/Rail-Band-Belle-Epoque-Vol-1-Soundiata-MP3-Download/11094132.html
http://www.musicline.de/de/product/3307513875024/387768
6. Djelimady Tounkara : « Sunjata » (0:38)
Source : "In Griot Time : String Music from Mali", div. Artistes (Stern's Africa)
Version acoustique. Guitare solo de Djelimady Tounkara, premier guitariste et chef d’orchestre de l'actuel Super Rail Band, lui aussi ayant participé aux enregistrements des pièces 5a et 5b.
http://www.amazon.com/Griot-Time-String-Music-Mali/dp/B00004UB2Q
7. Tiken Jah Fakoly : « Sundjata » (5:05)
Source : "Cours d’Histoire", de Tiken Jah Fakoly (Barclay, 1999)
Version reggae.
http://www.amazon.com/Cours-dHistoire-Tiken-Jah-Fakoly/dp/B000E9X2XO/ref=sr_1_5?ie=UTF8&s=music&qid=1255727366&sr=1-5
8. Kélétigui et ses Tambourinis: « Soundiata » (5:51)
Source : "Authenticité - The Syliphone Years", div. Artistes (Sterns, 2007)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0023E9DTA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255731406&sr=8-1-fkmr0
9. Sidiki Diabate/Batourou Sékou Kouyaté : « Sunjata »
Source : "Cordes Anciennes", de Sidiki Diabaté/Batourou Sékou Kouyaté/Djelimady Sissoko/N'Fa Diabaté (Buda, 2000)
http://www.amazon.fr/Mali-Cordes-Anciennes-Artistes-Divers/dp/B00004XQFY/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=music&qid=1255730639&sr=8-1
10. Djeli Sékou Kouyaté : « Sundjata Fasa » (8:07)
Source : "Tafory", de Djeli Sékou Kouyaté (cdtrrracks, 2001)
http://cdtrrracks.com/bid1220984.html
11. Manjul: "Tribute to Soundiata" (3:57)
Source : "Faso Kanou/Dub to Mali", de Manjul (Rough Trade, 2005)
Version dub.
http://www.amazon.fr/Faso-Kanou-Manjul/dp/B000BOIUBG/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=music&qid=1255768689&sr=8-4
12. Cora Connection : « Sunjata » (1:01)
Source : "Private Demo Tape", de Cora Connection (1995)
http://www.coraconnection.com/
13. Tidiani Koné : « Soundiata (by Lassine Koné) » (4:24)
Source : "Demeli", de Tidiani Koné (Espace Africa, 2001)
Version jazzy. Tidiani Koné (saxo/trompette) est ancien membre du Rail Band des années 70 (voir 5a et 5b).
http://www.amazon.fr/gp/product/B0025BM3OI/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732094&sr=8-16
14. Mamadou Diabaté : « Soundiata Keita » (4:41)
Source : "Douga Mansa", de Mamadou Diabaté (World Village, 2008)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0024N8LWA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732514&sr=8-19
15. Fodé Seydou Bangoura : « Soundiata » (6:19)
Source : "Fakoly 1", de Fodé Seydou Bangoura (Fodé Seydou Bangoura Rec, 2006)
http://www.amazon.fr/Fakoly-1/dp/B002FGCTQK/ref=pd_rhf_p_t_4
16. Ensemble Fula Flute : « Soundiata » (6:57)
Source : "Fula Flute", de l'Ensemble Fula Flute (Blue Monster Rec, 2002)
Chanson traditionnelle. L'Ensemble Fula Flute intègre le tambin, flûte peule traditionnelle du Fouta Jalon (Guinée). Première flûtiste de cet ensemble et maître reconnu du tambin est Bailo Bah.
http://www.amazon.fr/gp/product/B002FNBRCA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255733410&sr=8-25
17. Ensemble Instumental National du Mali : « Soundiata ou l’épopée Mandingue, 1ère partie/2ème partie »
Source : "Soundiata ou l’épopée Mandingue", de l’Ensemble Instrumental National du Mali (Mali Konkan, 1977)
http://www.radioafrica.com.au/Discographies/Kunkan.html
18a. Omar Jobarteh, Yaya Jobarteh e.a. « Sunjata » (5:40)
18b. Jewuru Suso, Bobo Kuyateh e.a. « Sunjata » (3:03)
Source : "Jali Kunda. Griots of West Africa and Beyond", de Foday Musa Suso/Philip Glass (Ellipsis Arts, 1997)
Version A était enregistrée à Tabato/Guinée-Bissau (à des balaphones, tambours, chant), version B à Kolda/Sénégal (à des voix féminines exclusivement).
http://www.amazon.com/Jali-Kunda-Griots-Africa-Beyond/dp/B0000059TM
Autres enregistrements traditionnels et modernes du répertoire Mande (Sunjata) :
Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale (Guinée an X : Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale, Syliphone 1970) ; Yamourou Diabaté (Première anthologie de la musique malienne/vol.1, Ministère de l’Information du Mali/BM 1971) ; Bazoumana Sissoko (1971) ; Siramori Diabaté (Tirimagan ) Ministère de l’Information du Mali/BM 1971; Kele Monson Diabaté (Proclamation de l’épopée de Sunjata accompagnée par guitare et koni, 19??) ; National Badema (Tiramakan, Syllart 1983) ; Cheikh M. Smith (Toubabou Balafola, PAM 1993) ; Kouyaté Family of Niagassola (Toureille 1992) ; Kélétigui Diabaté (Kélétigui Diabaté, Mission de Coopération Française 1996) ; Kandia Kouyaté (Mandenkalou , Sterns 1999) ; Les Merveilles du Mali (Maravillas de Mali/Les Merveilles du Mali, Mélodie 1998) ; Kouyaté Sory Kandia (L’épopée du Mandingue : Kouyate Sory Kandia et son trio de musique traditionnelle/2 vols., Syliphone 1990) ...
Je te/vous souhaite bien du plaisir à écouter ces merveilleuses musiques !
VIVE LE MALI !!! VIVE AUSSI LA GUINÉE (qui souffre tant présentement) !!!
hgb
* en bamana, fasa veut dire "louange".
Bonjour, 🙂
Je prépare actuellement un voyage dans les états du Sud-ouest US. (Arizona, Vouveau-Mexique, Colorado, Nevada, Utah, Californie) 3 ou 4 semaines en voiture, seul.
Je cherche des conseils en matière de musique Folk/Folk-rock (pas country...) pour accompagner ce voyage solitaire dans les grandes étendues désertiques.😛
Bon, je connais bien un peu Bob Dylan, Neil Young. Plus récemment, j'ai beaucoup aimé Damien Rice. Mais même si j'apprécie cette musique, je n'y connais pas grand chose.
bref, j'ai besoin de conseils. Surtout des ballades. Des trucs plutôt récents. Mais n'importe... Des trucs qui vont bien pour la route.
Je vous remercie pour votre aide 🙂
Je prépare actuellement un voyage dans les états du Sud-ouest US. (Arizona, Vouveau-Mexique, Colorado, Nevada, Utah, Californie) 3 ou 4 semaines en voiture, seul.
Je cherche des conseils en matière de musique Folk/Folk-rock (pas country...) pour accompagner ce voyage solitaire dans les grandes étendues désertiques.😛
Bon, je connais bien un peu Bob Dylan, Neil Young. Plus récemment, j'ai beaucoup aimé Damien Rice. Mais même si j'apprécie cette musique, je n'y connais pas grand chose.
bref, j'ai besoin de conseils. Surtout des ballades. Des trucs plutôt récents. Mais n'importe... Des trucs qui vont bien pour la route.
Je vous remercie pour votre aide 🙂
Bonjour à tous et à toutes
Afin de réaliser un petit clip vidéo sur les Etats-Unis, j'aurai besoin d'avoir le maximum de titres de musiques américaines du 20ème siècle qui ont fait la légende de ce pays. J'accepte tout type de musique, du country au rock, en passant par les BO de grand films américains. Cela peut aussi être des musiques connues passant dans les restaurants typiques américains ou à ambiance américaine (Tommys, Buffalo) . Je n'ai pas de chanteurs particuliers, cela peut très bien aller de Stevie Wonder à Elvis Presley, ou bien les Jackson Five ou encore Bob Dylan. Mon seul critère est qu'il faut que cela soit des musiques connues. Ma recherche s'étends des années 1950 aux années 1990.
J'ai déjà quelques musiques comme: -Hotel California/ Eagles - Knockin on Heaven's door/ Bob Dylan - Isn't she lovely/ Stevie Wonder - Memphis, Tennessee/ Elvis Presley - I want your back/ Jackson 5
Merci d'avance pour vos réponses et bonne journée à tous et à toutes :)
Afin de réaliser un petit clip vidéo sur les Etats-Unis, j'aurai besoin d'avoir le maximum de titres de musiques américaines du 20ème siècle qui ont fait la légende de ce pays. J'accepte tout type de musique, du country au rock, en passant par les BO de grand films américains. Cela peut aussi être des musiques connues passant dans les restaurants typiques américains ou à ambiance américaine (Tommys, Buffalo) . Je n'ai pas de chanteurs particuliers, cela peut très bien aller de Stevie Wonder à Elvis Presley, ou bien les Jackson Five ou encore Bob Dylan. Mon seul critère est qu'il faut que cela soit des musiques connues. Ma recherche s'étends des années 1950 aux années 1990.
J'ai déjà quelques musiques comme: -Hotel California/ Eagles - Knockin on Heaven's door/ Bob Dylan - Isn't she lovely/ Stevie Wonder - Memphis, Tennessee/ Elvis Presley - I want your back/ Jackson 5
Merci d'avance pour vos réponses et bonne journée à tous et à toutes :)
J'Adore ce duo de chanteur et j, aimerais bien savoir s'il existe d'autre duo aussi populaire qu, eux avec aussi une musique un peu rythmée sans être nécessairement du Bachata.
Merci








