5 jours de trek, de Cachora à Hornopampa, complété par la visite de Machu Picchu.
Ce trek du Choquequirao était le principal objectif de mon second voyage au Pérou (1er en 2006), avant qu'un téléphérique (projet retardé) assure un accès aisé au site archéologique, et donc son envahissement par un tourisme de masse.
(cité inca de Choquequirao photographiée depuis l'ushnu, pas un visiteur en vue alors qu'il est déjà 09h20)
Mes remerciements à Cocuy, Simon, et Mayakke dont les contributions sur VoyageForum ont facilité ma préparation.
Voici quel a été le déroulé général de ce trek.
J0 / 7-sept-16 : venant de Andahuaylas, transports via Abancay jusqu'à Limatambo, visite du beau site inca de Tarahuasi, puis du site inca Sayhuite, nuit à Cachora.
J1 / 8-sept-16 : marche Cachora -> Marampata
J2 / 9-sept-16 : visite de Choquequirao
J3 / 10-sept-16 : fin de visite de Choquequirao, marche -> Maizal
J4 / 11-sept-16 : Maizal -> Yanama
J5 / 12-sept-16 : Yanama -> Hornopampa, transport -> Santa Teresa
J6 / 13-sept-16 : Santa Teresa -> Hidroelectrica -> Aguas Calientes
J7 / 14-sept-16 ; Machu Picchu, La Montana, retour Santa Teresa
J8 / 15-sept-16 : transports Santa Teresa -> Santa Maria -> Cuzco
Ci-après, la relation de ce trek, réalisé en solo et sans portage. Sac-à-dos complet, car je ne revenais pas sur mes pas.
Fabrice
55 ans lors du trek, bonne condition physique (en dépit d'une spondyl-arthrite ankylosante), non sportif, expérience réduite du trekking (4 j pour une traversée express du Zanskar Nord, 2 j au Quilotoa/Equateur), bon marcheur en terrain plat et physiquement endurant.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Pourquoi s'embarquer dans ce trek du Choquequirao ? J'ai découvert l'existence de la cité inca de Choquequirao après mon premier voyage au Pérou (j’avais sans succès espéré faire l’Inca Trail, mais c'était déjà complet, les dates proposées étaient celles de l’année suivante !). Peut-être via la rubrique Travel du New York Times, un article du 3 juin 2007 (cf. turizmus.blog.hu/page/8 ou www.nytimes.com/...3/travel/03inca.html). Renforcé par la lecture du compte-rendu haut en couleurs de felis sur www.ciao.fr/...e_Perou__Avis_877947 en 2005. Mais à l'époque, la perspective de marcher avec de tels dénivelés m'impressionnait. Au même titre que l'absence d'hébergements et de restauration jusqu'à Totora comme le décrivait peu de temps après un compte-rendu sur le web. Un rêve que je n’imaginais pas vivre un jour.
Mes expériences de trek au Ladakh à l’été 2014 prouvent pourtant que ce rêve peut se réaliser. Mais je découvre alors le projet de construire un téléphérique pour desservir le site archéologique de Choquequirao d’ici fin 2015 (nota : la version francophone du Lonely Planet, édition 2016, traduit cablecar en tramway. Coquasse quand on connaît les lieux 😎). Déception de courte durée, car le projet est annulé et doit repartir à zéro. Un répit supplémentaire m’est accordé quand le projet est gelé en novembre 2015 du fait d’un différend entre les Régions d’Apurimac et de Cuzco quand à la répartition des revenus. Mais le potentiel touristique et économique est tel que ce projet se fera un jour ou l’autre.
Aussi mieux vaut pour moi ne pas tarder plus à faire ce trek du Choquequirao, d’autant que ma condition physique ne sera pas éternelle.
Le trek du Choquequirao est réputé physiquement exigeant, voire très exigeant, pour sa partie Cachora – Choquequirao en aller-et-retour en agence, et donc avec le support de guide, cuisinier, et portage par mules. Plutôt que de revenir sur ses pas à Cachora, une minorité de trekkeurs poursuivent jusqu’à Machu Picchu, ce que certains appellent "El camino de los locos" (le trek des fous). Ce sera mon cas.
Pourquoi poursuivre au-delà de Choquequirao vers Machu Picchu ? Revenir sur mes pas n’a jamais été à mon goût. Encore plus quand cela induit une épreuve physique comme celle de franchir les dénivelés du canyon de l’Apurimac. Une épreuve similaire à celle de poursuivre de Choquequirao à Maizal à en juger par les dénivelés. Une fois à Maizal, il reste 1 journée de marche vers Yanama, d’où le lendemain matin un colectivo conduit jusqu’à Santa Teresa, Aguas Calientes pouvant alors être atteint le soir même. Alors qu’en revenant à Cachora, il faut 2 j pour revenir à Cuzco, puis une journée supplémentaire pour atteindre Aguas Calientes, soit la même durée qu’en poursuivant le trek jusqu’à Yanama. Cette option a l’avantage de paysages nouveaux et d’être compatible avec un mini-trek via le petit site inca de Llactapata d’où l’on voit Machu Picchu accroché à sa crête. Choix aisé pour moi, je marcherai jusqu’à Yanama !
Reste à en être capable physiquement. A priori, les dénivelés me sont abordables comparés à ceux de la traversée du Zanskar Nord (cf. étape Snertse → Lingshed soit 17 km, d+ 1 370 m, d- 1 130 m, en ~8 h de marche et sans réelle difficulté pour moi) au Ladakh (Nord-Ouest de l'Inde). Les altitudes étaient bien plus élevées (cf. franchissement du Hanuma-La à 4710 m, et surtout du Sengge La à 4940 m) mais je ne portais qu’un sac-à-dos d’appoint. Avec un sac-à-dos complet auquel s'ajoutent tente, matelas et sac de couchage, et alimentation, le portage me semble incontournable, car d’expérience, je peine lorsque mon sac-à-dos dépasse les 15 kg (réserves d’eau comprises).
L'altitude ne devrait pas être un problème, car Choquequirao n'est qu'à 3000 m. Certes, il me faudra franchir le col de San Juan (4150 m) pour rejoindre Yanama (3540 m), mais cela reste fréquentable. Surtout, j'ai déjà passé sans souci plusieurs jours en altitude depuis le début de mon voyage, d'abord en Equateur (Quito, zone du Quilotoa), puis dans la Cordillère Blanche, et enfin autour de Huancavelica (Laguna Choclococha, 4560 m). De surcroît, j'ai passé les 2 dernières nuits à Andahuaylas et à Cachora, toutes deux à 2980 m d'altitude. Mon organisme doit être bien acclimaté.
D’après les retours d’expérience, le chemin est très simple à suivre, même sans guide. De plus, le relief est suffisamment marqué pour pouvoir s’orienter en consultant les cartes que j’ai pu glaner sur le web. En dépit de l’avertissement dissuasif du gouvernement français (cf. Conseils aux voyageurs : La randonnée de Choquequirao, dans la région de Cusco, est également déconseillée : plusieurs randonneurs y ont été attaqués à main armée et délestés de leurs biens par des groupes se revendiquant du Sentier Lumineux.), le danger semble très faible car cette agression relevait plutôt du brigandage et remonte au 13 août 2011 (cf. diariocorreo.pe/...choquequirao-536661/). Par contre, comme toute randonnée peu fréquentée, mieux vaudrait ne pas cheminer seul.
Sur le plan alimentaire, une restauration rustique peut être servie à chaque étape, sauf sur le campement du Choquequirao. Ma réserve de nourriture se limitera donc à des fruits et légumes et des aliments énergétiques d’appoint (objet de mes achats à Ayacucho). Le réchaud est ainsi évitable, quitte à ne pas manger chaud au campement du Choquequirao.
Reste la question de l’hébergement. La pratique est de coucher sous la tente. Dès lors que le trek passe par des villages, j’imagine néanmoins qu’il devrait être possible de coucher chez l’habitant comme j’ai pu le faire au Zanskar. Certes, pas de village à Choquequirao, mais je peux revenir coucher à Marampata, au prix d’un peu de marche supplémentaire. S’il n’y a pas de lit disponible, au pire, je couche sur un banc, voire sur des couvertures à même le sol comme le font les muletiers à lire un compte-rendu. L’étape de Maizal est plus hasardeuse, car ce n’est pas un village, juste 3 petites fermes éloignées les unes des autres, sans autre possibilité au voisinage. Avec des cuys (espèce andine de cochon d'inde) se baladant au sol dans la cuisine. La perspective de partager le sol avec des cuys ne m’attire guère... Me passer d’équipement de couchage est une petite prise de risque, mais en cette période tardive de la saison et en étant seul, cela me paraît jouable.
A l’issue de cette analyse préparatoire, j’ai envisagé 2 solutions :
- louer matériel de couchage et mobiliser un arriero et sa mule jusqu’à Maizal, idéalement en mode partagé avec un autre trekkeur ;
- partir sans portage, mais dans ce cas sans couchage, avec l’aléa de coucher chez l’habitant, une pratique non référencée dans la région.
Si j’avais été démarché par un arriero, sans doute aurais-je fait affaire, avec ou sans autre trekkeur pour partager les frais (en incluant la tente). A défaut, je pars en autonomie, c'est-à-dire sans portage de mon sac-à-dos, mais partielle car je vais m’alimenter et coucher chez l’habitant (et donc sans sac-de-couchage ni tente). De surcroît, en solo et jusqu'à Yanama ce qui est vraiment rare : un réel challenge physique généralement réservé à des jeunes gens affûtés !
Je pars donc pour ce trek du Choquequirao, seul, sans matériel, ni réchaud, ni couchage, et avec peu de provisions alimentaires. Un brin d'inconscience ?
Nevado Padreyoc (5771 m) au soleil couchant, à mon arrivée à Cachora
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Départ 06h22 de l'hospedaje (retardé du fait de l'arrivée tardive de l'eau courante), je prends rapidement congé de la tenancière Mama Queta, quasi personne dans la grand-rue (peut-être conséquence de la fête d’hier soir), mais épiceries ouvertes, j'en profite pour acheter 5 petits pains (malheureusement de la veille) et 6 bananes. J'aurais dû aussi acheter des tomates, des avocats, voire concombres, et du fromage (même si l’offre péruvienne est fade au goût de mon palais français). Bêtement, j’ai oublié ces achats, préoccupé que j’étais de mon retard.
A ce stade, mon sac-à-dos pèse ~10+ kg + 6 l d’eau, soit de l'ordre de 16 kg sur le dos, au-delà de mes 13-15 kg usuels.
Le village est toujours dans l’ombre, mais le soleil illumine déjà les versants des alentours. Il y a 5 jours, à Ayacucho, la consultation des prévisions météo m’avait un peu inquiété, puis cela s’était arrangé les jours suivants. Grand beau hier alors que je visitais les sites incas de Tarahuasi à Limatambo et de Sayhuite, avec en chemin un canyon de l'Apurimac impressionnant et très photogénique. Heureusement pour moi, cette journée commence sous un ciel radieusement bleu.
Arrivé sur la place du village (06h35), je croise un jeune argentin de Salta. Mais il ne part pas pour Choquequirao, il en est revenu hier soir. Décidément, personne avec qui partager un arriero et sa mule. Vamos !
Pas la moindre indication, mais on me confirme qu’il faut que je poursuive sur la route de terre vers le bas du village. Sorti du village, toujours pas la moindre indication, pas même lorsqu’un sentier s’écarte de la route vers la gauche. Gros doute, j’observe où conduisent ces 2 options, mais la forêt voisine ne me permet pas de voir très loin. D’après ce que j’ai retenu des cartes consultées en phase préparatoire, il faut longer la montagne, donc côté gauche. Je me lance donc sur le sentier traversant les champs. Retour bref sur une route de terre où je croise une jeune joggeuse blonde avec un casque audio aux oreilles. Rien qui ne ressemble à une autochtone. Non, me répond-elle, elle n’est pas là pour le trek du Choquequirao. Je ne suis pas sûr d’avoir compris, car Cachora est une destination peu recherchée en dehors de ce trek du Choquequirao.
Enfin (06h58), j'arrive devant le grand panneau officiel marquant le point de départ du trek et annonçant Choquequirao à 31,5 km. Petit sentier plaisant qui commence par bien descendre : il faudra remonter tout ce dénivelé 😠. Pas énorme, mais superflu par rapport à ce qui m’attend… Je croise 4-5 mules revenant à vide avec leur arriero vers Cachora. Traversée d’une belle forêt de gommiers bleus (eucalyptus globulus). Au bout de 3,5 km, passage par l’hacienda Colmena (2780 m). On peut y coucher, s’y restaurer, et même y louer des mules. Une paysanne que j’interroge de loin me confirme que je suis sur le bon chemin. Après remontée sur 1,5 km, le sentier rejoint une route de terre parfaitement carrossable, cela aurait été plus confortable (même si moins agréable pour les sens) de prendre cette route dès son début à Cachora, mais on ne me l'a pas indiquée. A quelque distance (1 km ?), j'aperçois 2 trekkeurs avec bâtons de marche. Je les hèle à titre de salut, sans réponse, puis je reprends la marche.
(vallée de Cachora vue depuis la route de Capuliyoc)
La route de terre poursuit horizontalement en flanc de coteau, sur la gauche du panorama (cf. photo ci-dessous).
(cordillère de Vilcabamba depuis la vallée de Cachora)
En contrebas de la route, la pente descend droit vers le fond de la quebrada Huaynacachora : c’est vraiment très abrupt, proche de la verticale, aucune chance de récupérer un ballon que l’on aurait laissé échapper.
En sens contraire, une caravane de 6 mules revient vers Cachora, mais ni trekkeurs, ni même muletier, en pilotage automatique. Pour ma part, je marche à pas rapides (6 km/h) vers la première étape de la journée, un site où l’on peut s’alimenter et même camper. Alors que j’arrive en vue du bâtiment, je croise un van rempli de trekkeurs. Sans doute une agence les a-t-elle fait coucher là, à moins qu’ils ne soient partis très très tôt du campement de Chiquisca. Peu avant 08h45, j’arrive au site de Capuliyoc.
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Capuli désigne en quechua un type d’arbres qui étaient présents dans cette zone, de nos jours pelée, sans le moindre arbre. Capuliyoc, c’était littéralement "le lieu où on trouve des capuli".
Là, au km 11 du trek, se trouve un bâtiment qui constitue le point de départ et de retour pour les trekkeurs en tour organisé par agence. Avec guide, cuisinier, muletiers, et mules portant sacs-à-dos, tentes, sacs-de-couchage, nourriture, boissons, matériel de cuisson... une caravane ! Bien qu'en terre des camélidés andins, les caravaniers préfèrent la mule car capable de porter jusqu’à 70 kg, bien plus que les 25 kg de portage du lama, l’animal qu’utilisaient les incas avant l’arrivée des conquistadors.
Surprise, devant l’entrée de l’hospedaje, 2 jeunes terminent leur petit-déjeuner : Hankey, un grand gaillard vigoureux, et sa petite et menue compagne, américains en voyage au long-cours en Amérique du Sud dans le cadre d’un projet d’écotourisme. Ont-ils couché sur place ? Non pas, ils ont dormi à l’hacienda Colmena, ce qui explique qu’ils me précèdent.
Alors que je me préoccupe de commander un petit-déjeuner, nous rejoignent Xavier et Ana, le jeune couple franco-catalan déjà rencontré hier soir à Cachora. Ce sont eux que j'ai aperçus sur la route. Ils ont quittés leur hôtel de Cachora à 06h15, soit avant moi, ce qui montre que le sentier initial était finalement plus rapide que la route depuis Cachora. Mais eux ont eu droit à une douche chaude ce matin à leur hôtel. Après m’avoir aperçu venant du sentier, ils ont petit-déjeuné en pique-nique sur la route, ce qui explique qu’ils aient mis si longtemps à me rejoindre. Question petit-déjeuner, on m’oriente vers l’un des baraquements à droite de l’hospedaje : la cuisinière me propose un arroz con huevo : riz + frites + œuf-sur-le-plat. Pas de banane frite en sus, ce qui en ferait un arroz a la cubana ? "No hai" me répond-elle. Qu’à cela ne tienne, je lui propose l’une de celles que j’ai achetées ce matin, mais elle m’apprend que les bananes à frire sont différentes, les miennes se décomposeraient sur la poêle. Dommage.
Le jeune couple américain a terminé de petit-déjeuner et se prépare au grand départ, en phase avec Xavier et Ana. Nous avons tous le même projet, rejoindre Yanama puis Machu Picchu en autonomie. Sauf que chaque duo dispose de sacs-de-couchage, tente, et réchaud. A défaut de partager une tente, je pourrai grappiller un peu d’eau chaude pour ma soupe instantanée.
Je repère au-dessus des baraquements une grande affiche vantant une hospedaje à Marampata. Construction moderne, photos de chambres dignes d'une publicité dans un magazine comme le fait remarquer Xavier. Les muletiers que je questionne me confirment l’existence d’une hospedaje à Marampata. Voilà qui me conforte dans mon choix de partir "léger", moi qui était prêt à dormir sur un plancher de restaurant comme évoqué par l'un des comptes-rendus web. De leur côté, les muletiers s’inquiètent de mes réserves d’eau. Fièrement, j’annonce 6 l d’eau dans mon sac-à-dos, avec en complément des pastilles purifiantes si nécessaire. Rassurés, ils me disent que cela suffira... pour aujourd’hui, car il faut compter au moins 4 l par jour. Gasp, voilà qui me refroidit : je comptais que cela suffise pour 3-4 j car jusqu’à ce jour, ma consommation quotidienne était de 1,5 l d’eau pendant ce voyage. Peut-être les pastilles purifiantes seront-elles utiles cette fois ci. Cela devrait quand même suffire pour ce trek car j’ai de quoi purifier 20 l d’eau!
Mon petit-déjeuner se faisant attendre, j’ai l’impression que la cuisinière s’occupe d’abord de servir les muletiers. J’étais méchante langue : elle pèle les pommes de terre, les taille en frites grossières, les fait frire, réchauffe le riz, et in fine prépare l’œuf-sur-le-plat. Les muletiers auront droit au même plat dans la foulée.
Alors que je suis servi, mes compagnons du jour ont achevé leurs préparatifs et partent en direction du Col de Capuliyoc.
(Col de Capuliyoc, avec le Nevado Quriwayrachina en arrière-plan)
Mon arroz con huevo est rustique, mais c’est une source d’énergie bienvenue. Alors que je termine mon petit-déjeuner avec une douce tisane de pomme, arrive un van d’où émergent 5 trekkeurs et leur guide. Mules et muletiers présents les attendaient. Sur le coup, je n'ai pas fait le calcul, mais pour arriver maintenant, ils ont dû partir très tôt de Cuzco, style 04h00-05h00, car il faut compter environ 4 h de route.
Alors que j’entends le guide présenter les membres de l’équipe support à ses clients, il est temps (09h20) pour moi de repartir : Vamos !
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Un agréable chemin, relativement large, me conduit en flanc de coteau au bout de 500 m au Col de Capuliyoc (2945 m) au km 11,5 où j’arrive à 09h30. Col est ici un terme impropre, car on ne passe pas d'une vallée à une autre, mais d'une contre-vallée (celle de Cachora) au versant Est du canyon de l'Apurimac.
(canyon de l'Apurimac en amont de Capuliyoc)
Là est installé un mirador, et c’est légitime car s’offrent d'ici de belles vues plongeantes sur le canyon de l'Apurimac. Saisissantes. Cela sera le cas durant toute cette première journée. Le trek se justifie rien que pour cette journée.
Apurimac, c’est littéralement "le dieu qui murmure", une terminologie associée à un oracle. A l’époque inca, le rio Apurimac était aussi appelé Capac Mayu, c’est-à-dire "le grand fleuve". Depuis sa source aux environs du célèbre canyon de la Colca, ce cours d’eau creuse d’impressionnantes gorges, jusqu’à 3 000 m. La pratique péruvienne est de changer le nom du cours d’eau chaque fois qu’il s’unit à un cours d’eau de puissance similaire. Ainsi, après 731 km, l’Apurimac devient Ene en rencontrant le rio Mantaro, puis Tambo en s’unissant au Rio Perené, puis Ucayali en s’unissant au Rio Urubamba. A ce titre, c’est l'un des principaux affluents de l'Amazone. Depuis sa source au Misti, l’Apurimac aura parcouru 1 070 km jusqu’à son confluent avec l’Urubamba.
Sous l’abri se reposent à l’ombre 2-3 brésiliens de retour de Choquequirao, avec leur guide et un muletier. Les vues sur le canyon de l'Apurimac et la Cordillère Vilcabamba sont magnifiques. Face à nous, la Quebrada de Cotacoca. Le guide m'indique où se situe Choquequirao, loin en aval du Rio Apurimac, sur le versant opposé. Précisément sur la crête juste en-dessous du sommet qui émerge des nuages. Je lui fais confiance mais je ne distingue rien à l’œil nu. Au cas où, je fais quelques photos de la zone indiquée en zoomant au maximum. A contrôler ce soir, car avec la lumière ambiante, je ne vois rien sur l'écran de l’appareil photo.
(canyon de l'Apurimac en aval de Capulyoc)
Pour le moment, j'admire ce panorama très large, à peu près à 300°, avec en vedette le Rio Apurimac que l'on aperçoit par endroits tel un mince ruban argenté. Quelques sommets enneigés, les Nevado Padreyoc (5771 m) et Wayna Cachora, mais on remarque surtout un relief très prononcé, avec évidemment le canyon creusé par le Rio Apurimac, mais aussi des quebradas sur les versants opposés. Moins de dénivelé que le canyon du Maranon lorsque je l’ai traversé en voiture, mais des vues beaucoup plus spectaculaires.
A ce niveau de Rio Apurimac, les versants sont assez pelés (en cette saison tout du moins, car c’est très verdoyant pendant la saison des pluies), réduits généralement à de l’herbe sèche, quelques arbustes (souvent secs), des cactus... Par contre, en direction de Choquequirao, le versant opposé est totalement verdoyant, une belle illustration de l'effet de foehn.
Contempler ce panorama, c'est aussi pour moi l'occasion d'appréhender ce qui m'attend pour l'après-midi, à savoir la montée vers Santa Rosa, étape où coucher avant Choquequirao. C'est ce pourquoi je me suis préparé physiquement en réalisant quelques balades au cours de mon voyage (trek du Quilotoa en sens montant, Chutes de Gocta en sens montant aussi, Laguna 64). Mais, hormis peut-être la montée vers le Quilotoa (Equateur), ils n’étaient que des amuses-bouches en regard de défi qui m’attend. Voir ces versants abrupts qu'il faudra descendre puis monter est déjà une épreuve psychologique. Mieux vaut le savoir avant.
Dans l'immédiat, il me faut déjà descendre vers le fond du canyon, quelque 1 500 m de dénivelé négatif ! A titre de comparaison, le trek du Chemin de l'Inca commence gentiment le premier jour par des alternances de montée et descente pour un total de 640 m de dénivelé positif et 490 m de dénivelé négatif. Le trek de Choquequirao se poursuit par un étroit sentier très pentu zigzagant dans une pente abrupte : 14 zigzags ont compté des trekkeurs lors de leur remontée, au retour de Choquequirao. Certains en parlent comme "le zigzag de la mort". Moins physique à la descente, mais il faut rester vigilant pour ne pas risquer un incident. Une entorse serait évidemment malvenue...
(descente depuis le col de Capuliyoc)
Dès le premier segment en descente, je ressens une douleur vive au genou gauche. Gasp, je n'avais pas eu le moindre souci lors de mes randonnées préparatoires. Si j'ai aussi mal que dans la descente du Col du Torrent (Val d'Hérens en Valais, Suisse), lors d'une balade effectuée il y a 1 mois à titre d'entraînement physique, il me faudra renoncer et remonter vers Cachora. En dépit de ma préparation physique, c'est le moment de vérité. Je poursuis prudemment, à un rythme mesuré, veillant à ne pas trébucher ni à glisser. Vitesse modérée dans cette descente car très pentue, chemin avec petits cailloux instables, et le précipice au bord du sentier.
Plus bas, une dizaines de marcheurs en file indienne montent vers moi. Quand je les croise, j’ai la surprise d’y découvrir des personnes relativement âgées, soixantaine avancée, voire plus. A priori, hispanisant, semblant péruviens. Puis une jeune suissesse de Fribourg, réconfortée quand je lui indique que le col est proche.
Heureusement pour moi, ma douleur au genou gauche passe en moins d’une 1/2 h pour ne plus jamais me gêner : mystérieux décidément.
Vers 10h00, je retrouve mes compagnons de trek en pause sous un abri. Sans doute était-ce le mirador de Cocamasana (2320 m). Cocamasana signifierait en quechua "le lieu où se sèche la feuille de coca". Pour ma part, je n'ai pas tant besoin de me reposer, ni de coca, mais je fais étape pour photographier le paysage depuis ce mirador. Debout sur le petit muret séparant du vide, ce qui fait frémir Ana, la jeune catalane. Pendant ma session photos, mes compagnons reprennent leur route, encore un temps de retard pour moi.
(Quebrada de Cotacoca, avec les sommets du Kiswar, Nevado Padreyoc (5771 m), et Wayna Cachora)
La suite se fait sur un chemin en pente légère. Je croise une femme sur un cheval (à moins que cela ne soit une mule de selle) conduit par un arriero. Plus loin, une femme en solo, mais sans sac-à-dos, accompagnant sans doute la femme à cheval. J’imaginais que le groupe de trekkeurs en agence allait me rattraper, allégés qu’ils sont par le portage, mais ce n’est pas encore le cas. Cela prouve que mon rythme de marche est correct... en descente 😉. Il en sera autrement quand cela montera...
10h48 : passage en corniche, à flanc de falaise, mais ne présentant pas la moindre difficulté, il faut juste rester sur le chemin.
11h00 : Chiquisca est en vue, mais il y a encore une bonne distance et quelque 200 m de dénivelé négatif. Maintenant, je distingue bien Choquequirao.
11h09-11h15 Traversée d'un bosquet de eriotheca vargasii, connus localement comme des "arbres de coton" en raison des fibres capillaires obtenues à partir de fruits. Ses branches sont couvertes d'épiphytes, principalement tillandsias et quelques broméliacées.
Prise en photo de quelques cactus, dont cactus tuna décoratif avec ses « pétales ». Peut-être aussi un rare Corryocactus squarrosus en fleur (couleur rouge). Par endroit, un agave d’Amérique dresse sa hampe florale 5 à 10 m au-dessus du sol. C’est vraiment impressionnant, surtout quand on sait que cette hampe est la fin fugitive de cette plante grasse, un ultime effort pour engendrer une descendance. Quelques mois plus tard, l’agave meurt d’épuisement. De ce qu’il me semble, c’est déjà le cas en cette saison et cette hampe est toute sèche.
Bientôt, je retrouve le jeune couple franco-catalan, en pause sous un abri sous roche, et s'alimentant. Alors que nous conversions arrive un jeune trekkeur : cet argentin de 26 ans de Buenos Aires s’appelle Emmanuel, et randonne en solo comme moi, mais avec équipement pour le couchage. La petitesse de son sac-à-dos m’impressionne. Le temps d’une courte conversation, il repart d’un bon pas, et je ne tarde pas à le suivre.
Le sentier longe une plantation de canne à sucre, et quelques minutes plus tard, peu après midi, j’arrive au km 19 à Chiquisca / Chikiska (1870 m), un campement situé sur une terrasse naturelle 3 km après Cocamasana.
(oasis de Chiquisca, l'étape suivante, Playa Rosalina, étant 400 m plus bas au bord de l'Apurimac au niveau de l'éboulement grisé)
Constitué de quelques baraques, de sanitaires en dur, et d’un campement, Chiquisca est un havre délicieux car s’y trouvent quelques arbres et y passe un léger courant d’air. Ce campement est classiquement utilisé en jour 1 par les trekkeurs partis tardivement de Cuzco, ainsi qu’en jour 2 ou 3 en revenant de Choquequirao. J'y retrouve l’argentin Emmanuel et le couple de jeunes américains qui s’alimentent. Hankey s’agenouille aux pieds de sa compagne pour lui masser les jambes, car elle a visiblement souffert de la descente.
Constatant que j’ai déjà bu près de 2 l d’eau, à titre d’information, je demande à la vendeuse du baraquement s’il est possible de boire l’eau de la fontaine : "No problemo, ma uso sus pastillas". Ce n’est donc pas là que je vais renouveler ma provision d’eau, mais pas de souci, car il me reste encore 4 l. Le temps de me rafraîchir la tête et les bras sous le robinet d’eau (bien fraîche), je suis le premier du groupe à repartir.
Avant l’approche finale du rio Apurimac, le sentier descend (12h44) une centaine de mètres en zigzag dans la pente, car au-delà une falaise empêche de poursuivre en flanc de montagne. Les 2 jeunes américains me rattrapent et je les laisse passer bien volontiers. Ana et Xavier m’avaient indiqué que Hankey avançait très fort et que sa compagne avait à cœur de le suivre de près. De fait, ils gambadent tels des cabris dans cette pente abrupte. Ce qui est étonnant, c’est que Hankey, qui a déjà réalisé ce trek de Choquequirao, nous a annoncé des temps de marche assez exagérés si je me réfère aux comptes-rendus lus sur le web.
Pour ma part, je descends prudemment, ayant le souci d’éviter une entorse et de préserver mes articulations, tout particulièrement le genou gauche qui s’était manifesté en début de matinée. Sur le versant opposé, le chemin monte en zigzag jusqu’à un petit bosquet verdoyant, sans doute Santa Rosa Baja.
Au-dessus, la pente est très raide, l'étape suivante Marampata n’apparaissant pas car sur un replat.
Plus je descends vers le fond du canyon, plus la température monte. Une vraie fournaise, sans le moindre arbre pour s’abriter du soleil. Heureusement, une bonne brise atténue la sensation de chaleur. A 13h25, j’arrive au bord du rio Apurimac à Playa Rosalina.
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Située au km 21, Playa Rosalina (~1470 m) présente un cadre que j’avais mal anticipé : chaleur intense dans un environnement sec, seulement quelques arbres et des cactus Browningia viridis (espèce endémique dans le canyon de l'Apurimac, jusqu'à 10 m de haut). Bien différent de la végétation tropicale que j'imaginais, me référant à tort au fond du Canyon du Maranon. Moi qui avais l’intention d’acheter des fruits et des légumes aux paysans du coin, c’est raté.
(canyon de l'Apurimac en amont de Playa Rosalina)
D’ailleurs, il n’y a là aucune maison d’habitation, juste un poste de contrôle et quelques baraquements (sanitaires, réserves ?), a priori vestiges d’un lodge établi en 2010 et resté inachevé. Sur cette aire de campement bénéficiant d’un accès confortable à l’eau courante, campent les trekkeurs partis le matin de Cachora et arrivant trop tardivement pour entamer l’abrupte montée vers l’étape suivante. Sans doute Hiram Bingham (célèbre découvreur de Machu Picchu) a-t-il passé une nuit en ce lieu, avant sa visite de Choquequirao en février 1909 (il reviendra en 1910).
(campement de Playa Rosalina et son pont sur l'Apurimac, éboulement de 2011 en arrière-plan)
Rejoignant le poste de contrôle, j’y retrouve sans surprise le jeune couple américain. Nous sommes assis côté nord au bord d’une grande table extérieure, abritée du soleil par le toit. Une relative fraîcheur bienvenue dans cette fournaise ambiante. Nous sommes bientôt rejoints par Emmanuel, le jeune argentin, puis par le couple franco-catalan.
A cette heure, le fond du canyon est balayé par un vent intense, éloignant les simulies réputées nombreuses en cet endroit. A l’intérieur du bâtiment, le gardien de l’INC mange avec un collègue, et je le blague en lui demandant ce qu'il propose à manger. Un humour qu’il n’a pas d’emblée compris… Nota : pas de ravitaillement proposé à Playa Rosalina.
Le gardien nous fait remplir son registre officiel, sorte de contrôle d’accès à Choquequirao. J’imagine qu’il s’agit de vérifier que nul n’est manquant car on demande la destination finale, Choquequirao ou au-delà (Machu Picchu généralement). Après avoir renseigné ma partie, je consulte ce grand cahier : j’y retrouve les mentions des 2 françaises et des 2 suissesses croisées peu après Capuliyoc, mais sur les derniers jours, les péruviens y apparaissent très majoritaires. Ce matin même, 2 suisses se sont déclarés, donc nous précédant. Plus tôt dans la saison, je remarque une forte proportion de français parmi les trekkeurs, rien de surprenant compte tenu de la popularité de ce trek parmi les jeunes voyageurs français. A en juger par la destination renseignée, les randonneurs qui poursuivent au-delà de Choquequirao en direction de Machu Picchu sont vraiment peu nombreux. Alors que c’est justement ce que va faire chacun d’entre-nous.
Dans l’immédiat, c’est repos pour tous, conversations à bâtons rompus, exercices musculaires pour certains. Pour ma part, je me sustente : céréales croustillantes granola (piochées dans un sachet de 800 g et non en barre énergétique), un petit pain, une banane, des fruits secs. Peu en quantité, mais c’est énergétique.
Le groupe en agence que j’imaginais sur nos talons ne se manifeste toujours pas. Le temps passe, ma pause a duré presque 1 heure, la chaleur ambiante va commencer à se dissiper, il est temps de reprendre la marche.
Au préalable, chacun sort son répulsif pour se protéger des redoutables simulies réputées infester la zone. Les simulies sont de petits moucherons dont la morsure insensible provoque des cloques douloureusement irritantes encore plusieurs jours après. On en trouve surtout dans les zones chaudes, spécialement près des cours d'eau. La plupart des trekkeurs les prennent pour des moustiques, à tort. C’est la plaie sur ce trek du Choquequirao, la seconde épreuve après les difficiles dénivelés. Marchant en jean, je n’ai pas trop à craindre pour mes jambes, mon souci porte plus sur mes avant-bras. Difficile de marcher en manches longues sous une telle chaleur. Quand bien même, cela laisserait les mains exposées. Cherchant mon répulsif anti-moustiques dans mon sac-à-dos, j’échoue à le trouver. Je réalise alors que j'avais mis mon répulsif anti moustiques dans mes affaires de toilette, celles que j'ai oubliées chez moi en France. Il est trop tard pour pallier à cet oubli, pas le moindre commerce dans le coin, pas même une habitation, juste ce poste de contrôle.
14h20 passé, notre petit groupe se remet en route. Avant de quitter Playa Rosalina, nous profitons de l’eau courante pour nous rafraîchir la tête et les membres.
Pour poursuivre au-delà de Playa Rosalina, il faut franchir le Rio Apurimac. En 1909, Bingham avait bénéficié d’un pont lancé sur ce puissant cours d'eau. Mais ce pont n’existait déjà plus 2 ans plus tard, il fallut alors s’en remettre à une oroya (nacelle tirée sur un câble). Situation qui redevint d’actualité le 17 avril 2012 lorsque le pont en place depuis 1994 fut emporté du fait du refoulement causé par un éboulement en aval. Eboulement en fait très proche et toujours bien visible. L’actuel pont (plus de 80 m de long) est récent, établi seulement depuis août 2014. A noter que le guide Lonely Planet Peru de mars 2016 ne référence pas ce nouveau pont, prouvant que certaines informations n’y sont toujours pas actualisées 19 mois plus tard. A noter aussi que Google Maps ne l’affichait pas non plus en vue satellite au 29/12/16, soit au moins 17 mois de retard dans sa mise à jour. Pas de surprise pour moi, car de nombreux trekkeurs en rendent compte sur le web.
Je suis le premier à m’engager sur le pont. C’est surprenant, mais ce pont d’apparence solide est en fait assez flexible : y marcher le fait osciller de haut en bas. Au milieu du pont, je m’arrête pour une petite session photo, laissant passer mes compagnons. Légèrement en aval subsistent sur chaque rive les 2 portiques de l’ancien pont, auxquels sont toujours liés les câbles de suspension. Le nouveau pont est bien plus haut au-dessus de l’eau, donc a priori moins vulnérable en cas de crue.
En franchissant ce pont, nous quittons le Département de l'Apurimac et entrons dans le Département de Cuzco, plus précisément son District de Santa Teresa.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Sur l’autre rive, nous attend le gros morceau de cette journée de marche : un dénivelé d'environ 500 m jusqu'à la prochaine étape, Santa Rosa Baja. D’emblée, le chemin part sec dans une forte pente (30° de moyenne entre Playa Rosalina et Santa Rosa Baja), il faut vraiment « mettre la crémaillère », et je me laisse rapidement distancer. Autant à plat ou en descente, j’ai conservé un très bon rythme de marche, autant je peine dès que la pente est forte : alors que dans le passé je montais un dénivelé de 100 m en 10’, il m’en faut désormais le double, voire plus. Au premier virage, je retrouve la jeune catalane Ana en pause qui se lamente sur son manque d’énergie. Quand elle repart, c’est tout de même moi qui reste en arrière-garde 🤪.
Le chemin traverse une forêt sèche, quasiment aussi aride que le versant opposé, mais plus arboré. Sans être beaucoup montés en altitude, s’offrent déjà à nous des vues superbes sur le canyon de l'Apurimac. Sur le versant opposé, je repère une file de trekkeurs descendant à un rythme soutenu. Sans doute le groupe en agence arrivé à Capuliyoc alors que je m’élançais. Probablement vont-ils coucher à Playa Rosalina, dommage pour eux car ce n’est pas un campement très agréable, d’autant qu’il est réputé infesté de simulies.
(canyon de l'Apurimac vers l'amont, on aperçoit la terrasse verte de Chiquisca sur la droite)
Je monte à pas mesurés, devant faire de nombreuses pauses, et pas seulement à chaque virage, c'est dur… Abondants coups de suée, le moteur chauffe en montée ;-) Jamais agréable quand la sueur goutte dans les yeux. Pour compenser cette suée, boire abondamment s’impose, mes réserves d’eau s’amenuisent : mes 6 l seront suffisants pour ce jour, mais j’ai consommé beaucoup plus que je ne l’avais imaginé. Avantage, cela allège d’autant mon sac-à-dos. 🙂
Après 2 h de montée, je rejoins enfin mes compagnons de randonnée déjà installés à Santa Rosa Baja (13°25'04.5"S 72°50'49.3"W), 1940 m sur Google Maps (2035 m, 2100 m selon certaines sources, moyennant sans doute avec l’altitude plus élevée de Santa Rosa Alta). C’est là, au km 24, que campent les trekkeurs affûtés partis tôt le matin de Cachora. J'imaginais un village mais que nenni. Juste une modeste aire de campement (en fait, il y en a une seconde juste une centaine de mètres plus loin vers l’ouest, mais je ne l’ai pas remarquée) associée à une tienda (boutique) proposant boissons, snacking, et restauration de survie.
Une plantation de canne à sucre est mentionnée autour de Santa Rosa, mais je ne l’ai pas remarquée. Il y aurait aussi des avocatiers, des bananiers, et des papayers. Sur la rive gauche, on peut distinguer (jumelles recommandées) le petit site archéologique de Incaraccay / Inkahuasi, mais je l’ignorais alors. Dommage, même si sans trop de regrets.
Alors que Hankey monte sa tente avec sa compagne, Ana et Xavier sont attablés près de la tienda, sirotant une bière sous un auvent couvert d’ichu. Je ne suis pas encore assis que la tenancière, Senora Euphémia, s’enquiert de ma commande. Désolé, je n’ai besoin de rien, ce n’est qu’une pause. Gros étonnement de sa part, pourquoi ne pas rester à Santa Rosa. J’explique alors que je n’ai ni tente, ni même sac-de-couchage, et que je compte aller coucher à l’hospedaje de Marampata. Petit mensonge, car mon projet initial était bien de coucher à Santa Rosa que j’imaginais être un petit village.
La Senora Euphémia me propose bien de partager sa couche (?!?), mais je ne suis pas tenté, d'autant que je détecte vite l'attaque de simulies. En hâte, j’enfile une chemise pour protéger mes avant-bras, mais mains et visage restent exposés, et les attaques persistent. Emmanuel, le jeune argentin m’offre aussi de partager sa tente, mais je décline poliment sa proposition. Sans écarter toutefois un possible repli. Mon objectif est de rejoindre Santa Rosa Alta, voire Marampata. La tenancière m’explique alors comment trouver l’hospedaje à Marampata, ce que j’écoute d’une oreille un peu discrète, confiant que je suis de pouvoir trouver par moi-même.
Alors que je finis de me préparer, Hankey se plaint d’une vive douleur corporelle. Juste sortie d’une rapide douche, Ana, kinésithérapeute de profession, vient tenter de le soulager par des massages. Pour ma part, sac-à-dos remis en ordre, je repars à 17h09 pour Santa Rosa Alta, voire pour Marampata annoncé à 2h30 de marche, au moins 3 h pour moi.
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Santa Rosa Alta (2200 m) n'est qu'à 1 km (~30’ normalement), mais la pente est toujours aussi forte. Arrivé sur place avant 18h00, j’aperçois avec satisfaction un bâtiment en dur. S’y trouvent des toilettes et douches. Un autre bâtiment en contrebas, mais aucune réponse à mes holà. Grosse déception : ce n'est pas un village, juste un campement, et la tienda associée semble fermée, personne ne répond à mes retentissants « holà ! ». Alors, redescendre à Santa Rosa Baja ou poursuivre jusqu’à Marampata ?
L’option Santa Rosa Baja est aisée, il suffit de descendre, je peux partager la tente d’Emmanuel, mais l’étape de demain sera dure. L’option Marampata est elle physiquement très exigeante après cette journée passée à marcher : 3 km, mais surtout 700 m de dénivelé positif. J'anticipe au moins 2 h de marche, sans doute bien plus du fait de mon rythme lent dès que cela monte fortement et du fait de la fatigue accumulée depuis ce matin. Je ne pourrai pas arriver avant la tombée de la nuit. Avantage tout de même, l’étape de demain sera très facile et me permettra de passer une journée presque entière à visiter le site de Choquequirao. Surtout, je vais pouvoir passer la nuit dans le confort de l’hospedaje de Marampata.
Comme je me sens encore suffisamment d’énergie, je décide de poursuivre jusqu’à Marampata. Montée vers Marampata, en franchissant une zone très pentue, irriguée à certaines périodes de l'année par l'arroyo Uchuhuerta.
Peu après Santa Rosa Alta, je croise un jeune qui se révèle être allemand : l’occasion d’une conversation pour exercer ma langue allemande, un classique depuis le début de mon voyage en Equateur. Cela fait plusieurs mois qu’il crapahute en Amérique du Sud. Plusieurs jours après, le couple franco-catalan m’apprendra qu’il n’a que 16 ans ! Courte conversation tout de même car j’ai encore une longue montée.
La montée vers Marampata s’effectue intégralement sur une zone très pentue, irriguée par l'arroyo Uchuhuerta pendant la saison des pluies. Rien de tel en septembre. Alors que je progresse lentement, un chien m'aboie soudainement dessus, je ne l'avais pas entendu approcher. Le suit un arriero avec quelques mules. L’occasion de le questionner sur le temps restant pour atteindre Marampata. Le muletier m'annonce encore 3 h de montée, alors que je marche déjà depuis 1 h… J’ose espérer qu’il sous-estime grandement mes capacités de marcheur.
La nuit tombant dès 18h00, je mets en service ma lampe frontale à 18h20. Passer devant la borne du km 26 me réconforte, même si ma progression s’avère lente. Bien trop lente à mon goût, mais la pente ne faiblit pas. Sur ce chemin progressant toujours en zigzags, je fais désormais halte à chaque virage, parfois même avant. Cela m’aurait sans doute réconforté de savoir ce qu’en disait Hiram Bingham : "En certains endroits, le chemin devenait si abrupt qu’il nous était alors plus facile d’avancer à quatre pattes". Il se souvenait aussi avoir dû s’arrêter pour se reposer tous les dix mètres environ.
Dans l'obscurité, je dépasse quelques mules isolées, sans muletier, laissées libres pour la nuit. Sur le versant opposé, lumières d'un village, a priori celui de Kiuñalla, où devrait être implantée la station de départ du futur téléphérique (appel d’offres lancé en 2014 mais à l’arrêt du fait de désaccord entre les Départements de Cuzco et d’Apurimac sur le partage des revenus).
Du fait de l’obscurité, je ne peux observer la transition écologique d’une forêt décidue sèche avec fruticées (équivalent de notre maquis méditerranéen) à un reliquat de forêt des nuages. De même, je ne peux plus me baser sur le versant opposé pour apprécier mon élévation dans le dénivelé.
Ne voyant toujours pas la borne du km 27, j’active sur mon ordiphone le positionnement GPS sur la carte Google Maps de la région. Du fait de l’incertitude sur la couverture réseau (et aussi pour ne pas encourir d’onéreux frais d’itinérance), j’avais enregistré cette carte avant mon départ de France, une excellente précaution. En affichant la vue "relief" (avec courbes de niveau), je peux ainsi suivre ma progression en dénivelé. Progression qui se confirme être très très lente. A plusieurs reprises, je crois être arrivé en apercevant comme des lumières semblant vaciller au loin. Mais elles disparaissent au bout d’un moment. Si au début, j’imagine qu’elles sont cachées par des arbres, je finis par comprendre que ce sont en fait des insectes volants luminescents, similaires aux lucioles. Vive déception.
Grand réconfort lorsque ma lampe frontale éclaire vers 20h20 la borne du km 28 du trek : j'arrive à Marampata !
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Une sorte de mirador est aménagé vers la gauche, un banc sous un auvent, et j’y fais pause. Quel soulagement d’être arrivé, car cela n’en finissait pas : cela fait 3 heures que j’ai quitté Santa Rosa Baja. Après cette courte pause, je reprends la marche, vite rendue facile par une nette inflexion de la pente. D’aucuns évoquent le Col de Marampata, mais le terme est impropre car on ne passe pas d’une vallée à une autre, juste une pente fortement réduite. Le chemin devient sentier bordé d’un tapis herbeux, mais se présente une complication inattendue : le sentier se révèle soudain obstrué par des branchages, un peu comme des ronces. Impossible de passer à travers, encore moins au-dessus. En m’écartant d’une dizaine de mètres vers la droite, je trouve une zone moins dense où je parviens à passer, et je reviens vers le sentier.
De là, 2-3 maisons très très espacées sont en vue, grâce à leurs éclairages, très réduits d’ailleurs. Aucunement le village auquel je m’attendais, moi qui imaginais des ruelles et même des restaurants (car un compte-rendu rapportait que les muletiers sans tente dormaient à même le sol des restaurants). Pas âme qui vive, cela ne va pas être facile pour trouver l'hospedaje. Je comprends mieux pourquoi la tenancière de Santa Rosa Baja avait à cœur de m’indiquer sa localisation, et je regrette maintenant de ne pas y avoir prêté attention.
Devant la maison loin en contrebas, quelqu’un paraît avec une lampe à la main : "Hospedaje ?" clame-je. "Si !" me répond la femme qui se rapproche de moi avec une grosse lanterne. Gros coup de chance, car elle a repéré ma lampe frontale dans la nuit. J’ai beau lui demandé de seulement m’indiquer où aller, elle chemine devant moi, d’abord sur le sentier, puis une petite descente vers une maison toutes lumières éteintes. Mais il lui faut réveiller la maisonnée, car dans la région, dès 20h00 voire avant, tout le monde est au lit : "Marie-Belle ! Marie-Belle !". J’apprends alors que c’est sa fille. Comme cela ne suffit pas, elle se plaque au sol, se glisse sous la barrière de ronces dressée à l’entrée de la ferme. Alors que je veux la suivre, elle m’en dissuade fermement, et devant la difficulté, j'obtempère. De ce qu’elle m’expliquera, c’est fait pour empêcher les mules en liberté de faire des dégâts. La voilà frappant à la porte, faisant le tour de la maison, et continuant à crier "Marie-Belle !". Jamais je n’aurai insisté de la sorte.
In fine, une lumière apparaît, et on lui répond. Un homme apparaît, il vient libérer l’accès de sa barrière de ronces. Oui, il est possible de dormir ici pour cette nuit. Pas le moment de négocier, je ne demande donc pas le prix de la nuitée… Me demandant de patienter, il me laisse dans une petite masure, une unique pièce ouverte sur l’un des côtés, une sorte d’annexe occupée par une longue table et des bancs latéraux. Au pire, je peux coucher sur le banc adossé au mur le plus long. L’attente me paraît longue, 15-20', sans doute le temps de "redresser" la chambre.
Revenant me chercher vers 20h50, mon logeur me présente la chambre (13°24'12.5"S 72°51'14.8"W) : 2 lits simples, aucun meuble, murs en adobe, sol en terre battue, absence d’éclairage (Marampata n’est pas raccordé au réseau électrique), c’est rustique mais cela semble propre, avec un rien d’élégance du fait de la lumineuse couverture bleue sur l’un des lits. Dans un petit bâtiment séparé, mon logeur me montre les toilettes et une modeste douche. Je me contenterai d’utiliser les toilettes pour ce soir car il fait déjà frais.
Avant de me quitter, mon logeur propose sa grosse lampe portative pour assurer l’éclairage de la chambre : proposition que je décline car j’ai ma lampe frontale, mais que j’accepte après insistance. Mieux vaut effectivement économiser les piles de ma lampe frontale.
Du fait de l'heure avancée, mon dîner se réduira à taper dans mes réserves : céréales granola, une banane, 2 pruneaux secs. Il fait bien frais dans cette chambre, à 2850 m, les nuits sont fraîches en cette saison hivernale. D’ailleurs, une étonnante succession d’éternuements me saisit, j’espère que je ne suis pas en train de tomber malade, ce n’est ni le lieu ni le moment lors de ce trek. Avec cette fraîcheur ambiante, je n’ai pas le courage de me changer et je me glisse tout habillé dans le lit. Un lit bien froid en ce début de nuit, le temps que je le chauffe naturellement. Les épaisses et lourdes couvertures ne sont vraiment pas de trop !
Avant de m’endormir, je passe en revue les photos de la journée, une exercice quotidien au cours duquel je procède à une seconde sélection, la première intervenant dès la prise d’une séquence. A revoir ces merveilleux paysages, cela me confirme que c’était une bien belle journée.
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- 28 km parcourus (Cachora -> Marampata).
- dénivelé positif (d+) : 1 902 m.
- dénivelé négatif (d-) : 1 720 m.
- 11h30 de marche, 2h30 en pause prolongée,
Beaucoup plus que je n’avais ambitionné de faire, cette journée restera dans mes annales.
Par segment :
- Cachora - Capuliyoc : 11,1 km, d+ 252 m, d- 250 m, 2h10 de marche
- Capuliyoc - Chiquisca : 6,2 km, d+ 90 m, d- 1 100 m, ~3 h de marche
- Chiquisca - Playa Rosalina : 3,1 km, d+ 0 m, d- 400 m, ~1 h de marche
- Playa Rosalina - Santa Rosa Baja : 3,6 km, d+ 470 m, d- 0 m, 2 h de marche
- Santa Rosa Baja - Marampata : 4,0 km, d+ 940 m, d- 0 m, 3h10 de marche (concluant une longue journée)
Si la journée a été physiquement éprouvante, ma condition physique n’en a pas subi les conséquences, pas de courbatures, pas la moindre ampoule. Je suis passé à travers les simulies, hormis quelques piqûres sans doute subies pendant ma courte halte à Santa Rosa Baja. Qu’est-ce que cela démange !
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coucou Fabrice
mais tu es fou de faire tout ça en une journée !!!
les vues sont magnifiques
je vais suivre la suite
pour info le macérat de cassis en goutte est très bien pour les problèmes de genoux ( anti inflammatoire )
mariejo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir...
Paulo Coelho
Ça c'est du compte-rendu ! vivant, précis, qui donne envie de se coltiner à la chose...
Suivant vos conseils, j'ai posté ma proposition "Trek pour découvrir Choquequirao" dans la partie "Voyage en solo" du forum Pérou (imitant en cela beaucoup de "solitaires ne détestant pas la compagnie" qui s'y trouvaient déjà). Les dates que je propose (17, 18 ,19 et 20 Mars 2017) sont raisonnablement négociables.
Si vous terminez votre compte-rendu assez vite, je suis sûr que j'aurai des candidats : vous allez tellement leur donner envie que je vais avoir l'embarras du choix, ou alors on ira en caravane, tous à la queue-leu-leu... Allez, au boulot, Fabrice !
P:S:
Elle avait raison votre cuisinière : pour faire des "bananes grillées" (platano maduro), il faut utiliser de grosses bananes plantains.
"Etre est plus indispensable qu'avoir. Le rêve, c'est d'avoir de quoi être." Frédéric Dard (San Antonio)
C'est noté Pierre. 2ème journée pour cette fin-de-semaine.
Les dates que je propose (17, 18,19 et 20 Mars 2017) sont raisonnablement négociables.
Encore en saison des pluies. Avantage, les versants pelés seront très verdoyants d'après ce que j'ai observé sur divers comptes-rendus sur le web.
Par contre, certains chemins seront très boueux, surtout entre Maizal et Yanama.
Elle avait raison votre cuisinière : pour faire des "bananes grillées" (platano maduro), il faut utiliser de grosses bananes plantains.
Je ne doutais aucunement de son avis. En voyage, je n'arrête pas d'apprendre tout au long de la journée. Il me reste à savoir faire la différence sur un marché.
Fabrice
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Après cette nuit à Marampata, réveil habituel à 05h30, mais pas signe d’activité dans la ferme. Il me faudra donc patienter pour que l'on me serve le petit-déjeuner. En attendant le réveil de la maisonnée, je consulte mes notes préparatoires à la visite de Choquequirao : le site archéologique est situé à moins de 4 km de Marampata et peu de dénivelé pour l’atteindre. Suite à cette lecture, je vais tenter un abri au campement de Choquequirao, en ayant en repli l’option de partager la tente du jeune argentin. Au pire, je reviendrai à Marampata, mais je préférerais éviter. Du fait de la fraîcheur ambiante, je ne suis pas très vaillant pour tester la douche, j’en profite pour observer les alentours.
Plutôt qu'un village, Marampata est un hameau (caserio dans son acceptation péruvienne et non espagnole) de moins d’une dizaine de maisons dispersées sur un terrain peu escarpé, très verdoyant, un petit paradis comparé aux versants pelés traversés hier. Les maisons sont assez espacées les unes des autres. Rien à voir avec le village que j’imaginais.
Y sont élevés poules, cochons, quelques vaches, et évidemment des cuy (forme géante du cobaye / cochon d’Inde, jusqu’à 4 kg, et élevé pour être mangé), quoique je n’en ai pas vu dans cette ferme. Aussi des mules pour le transport, et quelques chevaux. Dans les environs sont cultivés quinoa, pommes de terre, maïs, tomates, yucca, etc. La coca serait aussi possible...
06h30 : Marie-Belle, la tenancière de l’hospedaje, distribue du maïs aux poulets, puis va à la cuisine préparer mon petit-déjeuner.
En attendant que ce petit-déjeuner soit prêt, je rédige des notes synthétiques sur mon premier jour de trek, tant que la mémoire ne s’est pas estompée.
Vers 07h00, m’est enfin servi mon petit-déjeuner : le classique arroz con huevo (riz + œuf-sur-le-plat), sauf qu'ici du yucca se substitue aux frites, quelques rondelles de tomate venant décorer. Malheureusement, le riz est froid, comme c’est souvent le cas au Pérou.
En boisson d’accompagnement, un grand thermos d’eau chaude associé à un sachet de café instantané. En dépit du café cultivé au Pérou, cet instantané vient du Chili, voilà qui enfreint ma préférence à consommer local. N’ayant pas le choix, je ne fais pas le difficile, et je le consomme avec force d’eau chaude et sucre de canne. De quoi bien m’hydrater, autant d’eau que je n’aurai pas à porter. Car hier, j’ai bu 5 litres d’eau, sans compter la tisane de pomme consommée au petit-déjeuner à Capuliyoc. Il ne me reste donc plus qu’un unique litre d’eau. Pas d’inquiétude toutefois car mes informations indiquent que l’eau est disponible au campement du Choquequirao. Eau non garantie potable, mais j’ai mes pastilles purifiantes.
08h00 passé, je commence à guetter le passage de mes compagnons de la veille, le couple franco-catalan, le couple américain, et le jeune argentin Emmanuel. Car s’ils sont partis à 05h30 de Santa Rosa Baja, ils pourraient arriver à Marampata vers 08h00. Si je n’avais choisi de les attendre, j’aurais expédié beaucoup plus rapidement mon petit-déjeuner.
En attendant, j’échange avec le jeune fils de la maisonnée, Alexander Gutierez Conza, un gamin d’environ 8 ans à mon avis. Comme souvent lors de mes voyages, je l’initie à un peu de vocabulaire français, formules de courtoisie et comment compter jusqu’à 10. Une petite graine semée qui l’aidera peut-être à dialoguer avec les nombreux trekkeurs francophones en route pour Choquequirao.
Marie-Belle, la maman, tient une petite épicerie dans la baraque à l’entrée de la ferme, là où était dressée cette nuit la barrière de ronces. Il y a là un peu de tout : riz, pâtes, plats instantanés, boissons gazeuses, imposantes bouteilles de bière, eau, large choix de snacking en tout genre, rien qui ne m’intéresse. Hormis des légumes, ce qui me permet d’acheter 6 petites tomates, de quoi pallier à mon manque d’achats à Cachora. Sans surprise, le prix n’est pas favorable, mais c’est compréhensible même si les tomates viennent du jardin et n’ont donc pas eu à être transportées jusqu’ici. J’en profite pour payer la nuitée et le petit-déjeuner. Rapport qualité / prix plutôt décevant comparé à mes expériences au Pérou : 25 S la nuitée, il n’y a qu’à Ayacucho que j’ai payé une chambre autant, mais pour un confort très supérieur. A mettre au compte de l’éloignement et du manque de concurrence. De même, 8 S le petit-déjeuner, à comparer au 5 S payé à Capuliyoc hier matin. Certes le riz a été transporté à dos de mules, mais tout le reste vient de la ferme : l’œuf (a priori), pommes de terre, tomates que l’on peut espérer bio.
Pour me laver les dents et le visage, je dois demander à déconnecter le tuyau d’arrosage de l’unique robinet disponible. On est bien dans une ferme !
08h30 passé, mes compagnons de marche ne sont toujours pas visibles, et je commencent à m’en inquiéter. Car hier, j’ai quitté Santa Rosa Baja alors que Hankey était saisi de vives douleurs. A 08h40, des trekkeurs passent, mais ce ne sont pas mes compagnons, c'est le groupe en agence qui in fine a couché à Santa Rosa Baja, au second campement. Ils ignorent tout de mes compagnons de marche. Leur guide me reconnaissant (il m'avait repéré avant mon départ de Capuliyoc), comprend que j'ai marché hier jusqu'à Marampata et déclare en français : "vous êtes un bon marcheur". Je lui rétorque que je suis surtout un peu fou...
08h50, le petit Alexandre part à l’école. Dans l’instant, cela ne m’a pas surpris, mais a posteriori, je réalise que cela doit être une classe multi-niveaux du fait de la modestie de ce hameau, d’autant qu’il n’y a pas d’autre hameau à moins d’une demi-journée de marche (au rythme des paysans du cru).
Devant la maisonnée, le mari s’est mis à l’œuvre avec 2 compagnons : l’un mélange terre et paille, l’autre transporte le mélange en brouette, et le mari moule des briques de terre crue laissées à sécher sur cette partie de terrain plat.
En observant les environs, je réalise que l’on voit clairement une partie du site de Choquequirao. Je découvrirai ultérieurement qu’il s’agit de Pikiwasi.
Les nuages se sont dissipés, le soleil resplendit, je me décide à 09h25 à partir sans plus attendre mes compagnons de la veille. J’espère tout de même que Hankey n’a pas un grave problème de santé. Vamos a Choquequirao!
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Quelques minutes de marche suffisent pour déboucher sur l’autre versant, et je découvre l’ensemble du site archéologique de Choquequirao, dont se détachent dans le bas les terrasses agricoles. Depuis le chemin, ces terrasses sont très impressionnantes, car accrochées au bord de la falaise. D’une certaine manière, elles en sont le prolongement.
(versant sud du site archéologique de Choquequirao, dominant le canyon de l'Apurimac)
(Cité inca de Choquequirao : quartier-bas Hurin Choquequirao sur le côté gauche, quartier-haut Hanan Choquequirao en partie supérieure à droite, grandes terrasses supérieures s'étendant horizontalement jusqu'au côté droit de la photo)
(terrasses agricoles de Paraqtepata)
Le chemin est agréable, quasi plan, parfois même ombragé, dans un cadre humide, très verdoyant, traversant une forêt de type "forêt de nuage" (sans doute l’effet des eaux de fonte issues du Nevado Quri Wayrachina).
Au bout d’une demi-heure, j’arrive au poste de contrôle de l'INC (Instituto Nacional de Cultur), au lieu-dit de Sunchupata (2820 m). Le registre montre que je n’ai été précédé ce matin que par le groupe de trekkeurs avec agence, 4 américains et un sud-africain qui vont jusqu'à Machu Picchu. Avant que je ne m’inscrive, me voilà rejoint par Emmanuel, le jeune argentin. Le gardien nous demande à chacun 55 S, ce qui me fait rugir pour la forme, mais je savais que c’était le tarif 2016, en forte augmentation sur les 37 S de l’an passé. A ma surprise, Emmanuel mentionne qu’il reviendra à Cachora, et donc qu’il ne poursuit pas jusqu’à Machu Picchu contrairement à ce que j’avais compris. De quoi comprendre la petitesse de son sac-à-dos car l’essentiel de ses affaires sont restées à Cuzco.
Avant de nous laisser poursuivre, le gardien présente sommairement le site s’aidant d’un schéma dessiné. Plutôt que d’essayer de mémoriser ce schéma, je le photographie (09h58).
M’inquiétant auprès du gardien de savoir où je pourrai coucher, ne disposant pas de tente (et désormais sans possible partage avec Emmanuel), il m’indique qu’il y a un bâtiment en dur en bout de campement et qu’il est possible de s’y abriter. Au pire, je retournerai coucher à Marampata, mais ce serait un supplément de marche, qui plus est à rebours.
Depuis le poste de contrôle, le chemin poursuit à flanc de montagne vers la quebrada de Chunchumayo, quasi plan hormis quelques courtes montées et descentes pour éviter des passages trop ravinés. C'est de conserve et en conversant qu’Emmanuel et moi approchons le site archéologique.
De ce versant, s’offrent des vues spectaculaires sur les terrasses agricoles construites sur des pentes très très prononcées, juste au-dessus de falaises.
(terrasses agricoles de Paqchayoq, avec légèrement au-dessus les baraquements de l'équipe des fouilles archéologiques)
De quoi être admiratif des techniques de construction des incas, c’est vraiment bluffant : ils sont fous ces incas ! Les autres zones archéologiques restent pour l’essentiel dissimulées par l’abondante végétation sur ce versant bien arboré.
Nous avons tant conversé que je n’ai même pas noté le franchissement du rio Chunchumayo, pourtant d’un bon débit comme je le verrai plus tard depuis les terrasses agricoles.
Au premier embranchement, nous nous séparons car avant de débuter la visite, je préfère déposer mon sac-à-dos au campement de Choquequirao. Le sentier descend gentiment jusqu’à une bande de terrain plat tout en longueur, tel une très longue terrasse, c’est le campement (11h08).
Sa pelouse a souffert, mais cette verdure égaye sous ce bon soleil. A proximité des sanitaires œuvrent des hommes arborant tous un t-shirt d’un jaune lumineux et mentionnant "The Green Machine", affairés à monter des tentes et à préparer un repas. Ces accompagnateurs de l’agence Alpaca Expeditions prennent en charge le groupe de trekkeurs américains.
Je poursuis jusqu’au petit bâtiment à l’autre bout du campement, là où d’après le gardien, je pourrai trouver un abri. Le bâtiment lui-même est fermé à clé. Devant, un espace couvert, sans doute celui évoqué par le gardien, mais ce n’est pas bien propre, des cendres un peu partout, ouvert à tout vent, nul endroit où je puisse raisonnablement coucher. Dans l’immédiat, je dissimule mon sac-à-dos derrière ce bâtiment et reviens vers l’entrée du campement inspecter les toilettes et douches : pas propre du tout côté hommes, fréquentable côté femmes. Mais rien qui ne puisse m’héberger.
L’eau courante est bien disponible, mais elle est réfrigérante. Je suis tenté de la consommer tel quel, car le risque me semble réduit du fait de la distance réduite depuis le Nevado Corihuayrachina dont l’eau est issue. Mais la prudence l’emporte et je passe 2 l en traitement AquaTabs.
Il est temps de partir en visite, mais par quoi commencer ?
Les archéologues ont divisé le parc archéologique de Choquequirao en 12 secteurs, la plupart assez éloignés les uns des autres. Hésitant entre les terrasses agricoles vues depuis le chemin d’accès et les réputées terrasses aux lamas, je sollicite l’avis d’accompagnateurs "The Green Machine") : "Igual" me répond-on. Comme il fait grand beau, peut-être vaut-il mieux commencer par les terrasses aux lamas, car les terrasses agricoles ne présentent pas de spécificité particulière.
Déjà avancé (11h25) sur le chemin menant à la partie haute de Choquequirao, je raisonne selon l’ensoleillement. Dès lors que les terrasses aux lamas sont exposées à l’ouest, c’est la fin d’après-midi qui sera idéale, bénéficiant d’une lumière moins agressive. Alors qu’au contraire les terrasses agricoles exposées au sud-est seront dans l’ombre. Demi-tour donc, place aux terrasses agricoles.
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A la recherche des terrasses agricoles de Choquequirao
Demandant par où passer pour rejoindre les terrasses agricoles, on me montre la direction du bas. Parvenu au bas du campement, et en l’absence d’indication visible, je suis le chemin longeant les terrasses du campement. Au bout, un panneau indique la direction de San Ignacio avec la mention que le chemin est condamné, du fait d’éboulements d’après les explications présentées. Pas d’inquiétude car les terrasses agricoles se situent bien avant la descente vers San Ignacio.
Le chemin traverse un corral à l’usage des mules, tranquilles et ne prêtant pas attention à ma présence. Puis poursuit en flanc de coteau jusqu’à aboutir à un barrage de branchements. Certes, c’est peut-être pour refréner les velléités d’une mule baladeuse, mais cela me semble trop net pour être l’accès aux terrasses.
(quebrada de Chunchumayo, site de Paqchayoc à gauche de la cascade. Nota : en venant de Marampata, on traverse cette quebrada à mi-hauteur, d'où les montées et descentes pour éviter les couloirs d'éboulement)
Alors que je rebrousse chemin, j’aperçois partant vers le bas ce qui semble un sentier dans une pente très prononcée. Mais il se perd dans la forêt et je dois bientôt m’accrocher à des arbustes pour quelques passages un peu hasardeux. Décidément vraiment trop périlleux pour des visiteurs normaux, qui d’ailleurs auraient abandonné depuis bien longtemps. Je me résous à revenir sur mes pas, et remonter au chemin.
Revenant vers le campement, je repère à nouveau un sentier partant vers le bas. J’y crois, poursuivant avec obstination en dépit d’un environnement non balisé, très pentu et aventureux, mais arrivé presque à la hauteur des terrasses agricoles, je dois me rendre à l’évidence : je ne peux y accéder par là. Fausse piste là encore.
(terrasses agricoles de Paqchayoq, avec les cascades du rio Chunchumayo)
(vue plongeante sur Paqchayoq)
Retour au campement (12h19, j’ai perdu presque 1 heure), avec un peu de ressentiment à l’égard de l’équipe qui m’a laissé partir dans une mauvaise direction. Arrivant au campement par le bas, je découvre alors un panneau indiquant les terrasses agricoles : je n’étais pas descendu assez bas, trompé par le chemin menant à San Ignacio.
En descendant vers les terrasses agricoles, je croise le groupe de trekkeurs américains un peu interloqués à me voir sans guide, encore plus de découvrir que je n'ai pas même de mule pour porter mon sac-à-dos. A l’embranchement entre les 2 zones de terrasses agricoles, je décide de commencer par la zone de Paqchayoq.
Juste avant d'accéder aux terrasses agricoles de Paqchayoc, je dépasse quelques bâtiments sur la gauche dont je me rapproche. D'abord des dortoirs avec lits superposés, puis un bâtiment d’où viennent des bruits de conversations : c’est un réfectoire.
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Curieux, je questionne ceux attablés près de la porte sur ce qu’ils mangent. Là déjeune l'équipe des fouilles archéologiques, et je suis vite invité à partager leur repas. Après m’être fait prier, j’accepte volontiers l’invitation, pas tant pour le plat en lui-même que pour l’opportunité de dialoguer avec ces archéologues. Une première pour moi qui dans ma jeunesse voulait devenir archéologue.
Aussitôt attablé, m’est servi le plat : du yucca frit accompagné d’une copieuse plâtrée de riz parsemé de quelques petits copeaux de légumes (12h48).
Pas très goûteux, mais cela nourrit. Mes propositions de paiement sont vertement repoussées. J'ai beau insisté, habitué que je suis à la pratique iranienne du taroof (on n'accepte qu'à la 3ème proposition), rien n'y fait, je suis invité gracieusement pour ce repas.
Au sein de l’équipe, la division des tâches est claire : les hommes sont terrassiers, les femmes (jeunes) sont archéologues, sauf une palynologue (étude des pollens, mais appliquée à l’archéologie)... et la cuisinière ! Cuisinière qui avec insistance se renseigne sur mon état civil (prudemment, je me déclare marié) et se propose de m'héberger pour la nuit. Encore plus volontaire quand elle apprend que je connais Raqchi, son village d'origine et où se trouvent les vestiges d'un beau temple inca (visité en 2006).
Discussion soutenue avec les archéologues, tout particulièrement la palynologue qui parle un peu français. L’équipe reste toute la saison de fouilles sur site, ainsi, les femmes ne rentreront à Cuzco qu’à la fin septembre. Par mes photos, découverte admirative du Temple du Soleil de Ingapirca qui leur était inconnu.
(temple du Soleil à Ingapirca, près de Cuenca, Equateur)
Mais je n’apprendrai rien sur les recherches archéologiques du moment. Il est vrai que l'archéologie moderne est désormais très technique, analysant désormais ce que l'activité des anciens occupants à laisser comme trace. Les découvertes comme celle des terrasses aux lamas (2004) sont rarissimes de nos jours.
Repas achevé (sauf moi qui tarde, ayant été trop bavard), tous sortent et forment un large cercle devant le réfectoire, assis à même le sol. Quelques discours et j’apprends que l’on célèbre un anniversaire, celui du chef de l'équipe des terrassiers. Une bouteille et des gobelets passent de main en main. De la chicha pensais-je, mais non, c’est du cambray, de la bière de canne à sucre (cambraï en phonétique francophone). Plus alcoolisée qu’une chicha, mais c’est léger et bon. Quelques mois après mon voyage, je découvrirai que le cambray correspond à la boisson alcoolisée artisanale proposée aux campements de Chiquisca et de Santa Rosa, pour moins cher que son équivalent en eau.
Passe aussi de main en main un jerrycan, et l’on me propose très naturellement de goûter à son contenu : c’est du cañaso. Un peu soupçonneux, je demande quelques explications sur cette boisson visiblement artisanale. A ce que l’on m’explique, je comprends que ce breuvage est de l’alcool de canne de maïs, fruit d’une distillation, et similaire à de la vodka. Effectivement, c’est très fort, 30-40°, mais associé à du miel, cela se révèle agréable.
C'est donc tardivement, et légèrement alcoolisé, que je débute la visite des terrasses Paqchayoq.
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Ah quel périple ! Beaucoup de plaisir à lire ce carnet très détaillé, on est vraiment dans l'ambiance avec tous ces détails.
C'est loin d'être comparable à votre périple mais j'ai fait le trek du Salkantey l'année dernière. Mon premier vrai trek. À vous lire, je me dis que la prochaine fois, partir en autonomie n'est pas inenvisageable.
Situé en partie basse du site archéologique de Choquequirao, Paqchayoq (paqcha signifie "cascade" en quechua) est constitué essentiellement de terrasses agricoles s’étageant entre 2600 et 2640 m d’altitude.
(zone nord-est de Paqchayoc, avec le Rio Chunchumayo en arrière-plan)
Ma visite débute à 14h57, au pas de charge, tant parce que le soleil est déjà fuyant sur ces terrasses agricoles que parce que je veux aussi visiter la partie haute de Choquequirao, tout particulièrement les terrasses aux lamas. Déjà depuis l’autre versant, en arrivant depuis Marampata, le site était impressionnant, mais il l’est tout autant quand on est sur place.
Paqchayoq comprend 80 terrasses réparties en 6 colonnes. De longs escaliers descendent droit à travers les terrasses. Même au pas de charge, je veille à ne pas manquer une marche, car en trek, il est critique de préserver son "moyen de transport". D’autant que je suis conscient de ma légère alcoolisation.
(exemple d'escalier traversant les terrasses agricoles)
Dans mon empressement, je me perds dans l'enchevêtrement des terrasses. Certes, il y a de multiples fléchages bleus "Siga la flecha", mais ils ne sont pas toujours aisés à repérer. Pour quelques uns, je ne les interprète pas correctement. Non pas tant sur la direction, mais sur le niveau précis où il faut tourner. Une petite difficulté que je n’anticipais pas, et cela me retarde un peu dans ma visite.
L’itinéraire prescrit par ce fléchage bleu induit beaucoup de montées et descentes : dur dur pour les cuisses, car les marches sont très hautes, un classique de l’architecture inca toujours surprenant eu égard au gabarit modeste des indiens. Malheureusement pas la moindre information archéologique sur le site. Heureusement que du fait de mon premier voyage de 2006, je suis un peu initié à l’architecture inca. Encore que dans le cas présent, il n’y a pas grand-chose à comprendre. Hormis une bâtisse sur le côté gauche, la Chakra Camayoq ("responsable des cultures" en quechua), qui est supposée avoir été la maison du gardien préposé au site.
(la Chakra Camayoq sur le côté droit, cascade du Rio Chunchumayo en arrière-plan)
La cascade du Rio Chunchumayo donne son nom au site, car paqcha signifie "cascade" en quechua.
(Chakra Camayoc, aussi appelée Casa de la Caida de Agua, maison de la cascade)
Etonnant contraste que la présence de ces constructions humaines, marquées par une géométrie affirmée associant lignes droites et angles tout aussi droits, au cœur de cette nature sauvage et âpre de l’Apurimac. Contraste souligné par les jeux d'ombre en ce milieu d'après-midi.
Ce que je ne réalise pas, c’est que si ces terrasses agricoles sont si nettes, c’est grâce à leur entretien régulier, car la nature reprend vite ses droits (cf. photos in hiking.topicwise.com/...page/?page_id=414981, reflétant la situation en mars 2015, en saison humide).
Orientées vers le sud-est, ces terrasses agricoles bénéficient d’une bonne irrigation grâce à leur proximité avec le rio Chunchumayo alimenté toute l’année par la fonte du glacier du Nevado Quri Wayrachina / Corihuayrachina (littéralement "fonderie de l’or" en quechua). Du site, on a d’ailleurs une vue dégagée sur sa cascade.
(au nord-est de Paqchayoc, la quebrada de Chunchumayo, le torrent issu du Nevado Quri Wayrachina)
D’après les chercheurs, le microclimat ambiant aurait favorisé la culture de la coca, expliquant ainsi pour partie le choix de cette montagne pour y établir une cité. Plus en aval de l’Apurimac, la coca est actuellement largement cultivée et alimente un trafic de drogue plus ou moins associé avec le Sendero Luminoso. Une réalité à l’origine des recommandations alarmantes du Ministère des Affaires Étrangères français. Mais c’est bien en aval, car de nos jours, il n’y a pas la moindre feuille de coca sur ces terrasses agricoles de Choquequirao.
La coca est une plante utilisée de longue date par les populations andines pour ses propriétés médicinales (apaisant la faim et atténuant les effets de l'altitude). Entre autres par les incas qui en faisaient un large usage dans leurs rites religieux, une pratique qui perdure avec le chamanisme andin. Les fouilles en cours fourniront peut-être des données tangibles à la palynologue.
(terrasses agricoles en zone ouest de Paqchayoc)
En zone ouest, les terrasses suivent le terrain en arc-de-cercle, et forment ainsi une sorte de théâtre. J’avoue que sur le moment même, je n’y ai pas songé, mais cela m’est apparu à revoir mes photos.
Cette zone ouest est un peu à l’écart et j’ai un peu de mal à m’en extraire, revenant plusieurs fois sur des terrasses déjà explorées, avant de parvenir à trouver la sortie. Il est 15h24, soit une visite achevée en moins d’1/2 h, je n’ai vraiment pas traîné. Même si en 2006 j’avais déjà vu d’impressionnantes terrasses agricoles à Pisaq, à Ollantaytambo, et à Machu Picchu, sans oublier les originales terrasses circulaires de Moray, celles de Paqchayoq sont saisissantes par la grande déclivité dans laquelle elles s’inscrivent.
(canyon de l'Apurimac à l'ouest de Choquequirao, vu depuis Paqchayoc)
Tenté un instant à visiter les autres terrasses agricoles de Choquequirao, le site voisin de Paraqtepata (secteur X), je dois y renoncer du fait de l'horaire avancé, avec le léger regret d'avoir passé tant de temps à déjeuner. Mais c'était l'occasion d'un échange culturel avec les jeunes archéologues puis les terrassiers. Depuis mon premier voyage en Iran (2007), j'ai compris que le voyage peut être plus riche que les seules visites.
Une renonciation judicieuse car il est plus que temps d’entamer ma remontée vers le campement, avec un peu de peine face à une pente si raide. Surtout, il y a quand même un dénivelé positif de 280 m. J’arrive au campement vers 16h15, ce qui confirme que mon rythme d’ascension est de 20’ pour 100 m de dénivelé, alors qu’il y a 10 ans, 10’ me suffisait… Et encore, c’est sans charge aujourd’hui. Le temps de passer encore 2 l d’eau en traitement AquaTabs, et je poursuis ma montée jusqu'à la cité de Choquequirao.
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Ces terrasses agricoles sont souvent délaissées par les visiteurs :
- d'une part parce qu'elles sont bien à l'écart des autres sites du parc archéologique, avec un dénivelé décourageant,
- d'autre part parce que le reste du site est plus photogénique.
Il faut d'ailleurs que je poursuive ma rédaction pour en rendre compte.
A suivre !
Fabrice
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Le sentier traverse la forêt, souvent droit dans la pente, et présente de nombreux passages de marches, heureusement courts.
Cela s’avère plus loin que ne le laissait imaginer le plan présenté ce matin par le gardien du site à la billetterie. Et donc plus long. Vais-je parvenir aux terrasses aux lamas avant le coucher du soleil ?
Au bout d’environ 180 m de dénivelé, le sentier aboutit à un chemin quasi horizontal. Bientôt, je franchis une barrière en bois par une étroite ouverture, sans doute pour empêcher l’entrée de mules en vadrouille. Un grand panneau annonce la cité de Choquequirao.
Aussi orthographié Choquekirao, Choquekirau, Choqek'iraw.
En aymara (quechua selon certaines sources), Choque signifie "or" (et tout ce qui s’y rattache), Quirao signifie "berceau". Choquequirao serait "Le berceau de l’or". Pourtant, on n’a jamais retrouvé la moindre parcelle d'or sur le site. Peut-être Choquequirao ferait référence au rougeoiement du sommet voisin Corihuayrachina lors du coucher du soleil. D’ailleurs, en quechua, cori signifie "or", et huayrachini désigne le four à vent utilisé pour fondre ce métal à l’époque précolombienne. D’aucuns évoquent aussi la ressemblance du profil oriental de la cité avec le profil d'un berceau de style andin.
La cité semble avoir été construite sous le règne de Tupac Yupanqui, et sans doute en s’inspirant de Machu Picchu, établi par son père Pachacutec. La construction s'appuya sur la roche locale, plutôt friable, ce qui exigeait l'emploi d'un mortier à base d'argile. Les murs ne présentent donc pas l'admirable ajustement fin que l'on admire à Machu Picchu ou Cuzco, voire même Pisaq. Les trouvailles archéologiques récentes montrent que le site était déjà occupé avant l’arrivée des Incas, a minima par les Chankas.
Choquequirao aurait été abandonnée par les incas vers 1572, date de la capture du dernier souverain Tupac Amaru.
Une centaine de mètres plus loin, j’arrive à un site étonnant (16h45), il s’agit de grandes terrasses supérieures (3040 m), constituant le secteur VII.
(les grandes terrasses vues depuis la Place Principale)
Présentant seulement 3 niveaux, elles sont constituées de murs de 3-4 m de haut, chaque terrasse ayant environ 10 m de large. Surtout, elles sont d’une longueur impressionnante, plus de 200 m. Si longues qu’il est difficile de les photographier.
(base des grandes terrasses vers l'ouest, depuis le milieu)
(base des grandes terrasses vers l'est, depuis le milieu)
D’être déjà dans l’ombre ne les favorisent guère au plan photogénique. En l’absence de panneau indicateur, je les gravis, mais fais vite face à une impossibilité de progresser. Après plusieurs essais infructueux, je reviens au pied de la terrasse du bas. En fait, ce support empierré est le chemin à suivre.
A noter que les communications des archéologues n'évoquent jamais un usage agricole pour ces grandes terrasses. Est-ce une omission involontaire ou une vérité avérée par une étude des pollens retrouvés dans le sol ? Ainsi, ces grandes terrasses pourraient avoir été vouées à la culture de plantes à usage sacerdotale et/ou médicinal. Difficile d'imaginer que cette énorme construction n'aurait été entreprise que pour stabiliser le terrain.
A l’extrémité ouest de ces grandes terrasses, un sentier se poursuit et me mène rapidement à une grande esplanade gazonnée (16h54) : c’est la Place Principale (~3030 m) constituant le secteur III.
Située quasiment sur la crête, la Place Principale s’étend sur plus de 40 m de long, et environ 25 m de large. Des bâtiments sur son côté nord, l’arrivée d’un aqueduc côté ouest, et ce qui est considéré comme un temple côté sud. Un bref coup d’œil aux bâtiments et à l’arrivée de l’aqueduc, le temps de faire quelques photos du lieu. Visite express car le soleil décline sur la ligne des montagnes et j'ai à cœur de découvrir les célèbres terrasses aux lamas sous un bel éclairage.
(arrivée de l'aqueduc, avec l'ushnu en haut à droite)
En l’absence d’indication visible au niveau de la Place principale, je cherche (17h01) côté nord-ouest l’accès à ces terrasses aux lamas. Je découvre un petit panneau indicateur, mais la direction à suivre n’est pas très claire. Après quelques fausses-pistes, je trouve un sentier descendant dans la pente. Ma course contre le soleil continue. Sera t-il encore rayonnant lorsque j’arriverai aux terrasses aux lamas ?
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Suite à ton retour quelques petites questions pratiques.
Je cherche un "joli" trek pas fréquenté et ce dont tu parles pourrait nous convenir. Couple sportif montagnard.
Cependant je ne désire pas assurer le portage et préserver mes genoux pour les saisons à venir.
Alors
- Est ce facile de trouver un arriero et à quel endroit ? As tu une idée du prix ? (c'est une ligne droite, il doit donc faire 1/2 tour à la fin)
- Est ce possible de trouver tente et matériel pour dormir dans le même secteur
- Pour le ravitaillement, est il possible de manger correctement
- Est ce facile de trouver un arriero et à quel endroit ?
Comme je l'ai écrit, j'ai été un peu étonné de ne pas avoir été prospecté à Cachora. Il est vrai que je suis arrivé tard en fin de journée, et que je suis parti peu après le lever du soleil. Mais plusieurs comptes-rendus lus sur le web témoignent du recrutement à Cachora même d'un arriero et de sa mule. Y compris le jour même. Classiquement, c'est pour l'aller-et-retour vers Choquequirao.
Dans le cas où l'on poursuit vers Vitcos / Vilcabamba au-delà de Yanama, il risque de ne pas avoir de volontaires. Il faudra alors changer d'arriero à Yanama. A priori pas de souci si l'on poursuit jusqu'à Totora, car cela rapproche l'arriero de Cachora comme le montre une carte géographique. Il lui suffit de couper à travers la Cordillère de Vilcabamba pour se retrouver à Cachora.
De ce que j'avais compris, chaque hôtelier a ses arrieros "partenaires" à proposer à la clientèle.
Il y a sans doute une saisonnalité, car cette activité rentre en concurrence avec la mobilisation par les agences de Cuzco (pointe en juillet/août) et avec les travaux agricoles (quand ?).
Pour cet aspect et le reste de la logistique à prévoir, je recommande la présentation haute en couleurs de Mayake sur la base de son expérience de 2012. A lire sur mayake.wordpress.com/...tree-du-choquekirao/ et suivants. Un verbe délicieusement imagé.
As tu une idée du prix ?
Ma seule idée, ce sont les témoignages que j'ai pu lire sur le web. Le plus récent lors de mon étude préparatoire rapportait pour janvier 2016 les tarifs suivants :
- mule 30 S/j,
- arriero 35 S/j,
- repas arriero 10 S/j
A priori, l'arriero assure lui-même son hébergement. Tarifs assez proches de ce que j'avais lu rapporté pour 2014.
(c'est une ligne droite, il doit donc faire 1/2 tour à la fin)
Pas de ligne droite si l'on consulte la carte géographique. Mais oui si c'est pour signifier que je ne suis pas revenu à Cachora. Dans ce cas, il faut rémunérer l'arriero pour son retour. Mais les autochtones vont beaucoup plus vite que les trekkeurs occidentaux, et utilisent des "raccourcis". Ainsi, il leur suffit de 2 jours pour revenir de Totora à Cachora.
- Est ce possible de trouver tente et matériel pour dormir dans le même secteur
En général, les trekkeurs viennent avec leur équipement ou le louent à Cuzco. Mais cela serait aussi possible à Cachora (cf. témoignage de Mayake).
- Pour le ravitaillement, est il possible de manger correctement
Tout dépend évidemment ce que l'on appelle "correctement". Mon expérience a été correcte en ce sens que j'ai été rassasié et que je ne suis pas tombé malade. Mais cela s'est réduit systématiquement à un arroz con huevo (avec frittes ou yucca). Les comptes-rendus sur le web sont unanimes à se plaindre de la cuisson des pâtes avec ou sans sauce tomate. Sans doute une question de goût local...
Voilà de quoi patienter en attendant que je reprenne la suite de mon récit.
Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Bonjour Fabrice et merci pour ce récit pour le moins détaillé .
Nous avons effectué ce même parcours voilà déjà 3 ans et en vous relisant je ressent toutes vos impressions , les odeurs des chemins la beauté des paysages et la beauté de cœur des Péruviens .
Merci de nous faire revivre ces beaux moments même si je trouvais que "ça montait fort " rire....
Cordialement Anne et Claude.
"Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue". A Einstein
Effectivement, les pentes dans cette région de l'Apurimac sont particulièrement prononcées. Rien qu'à les contempler, c'est déjà un supplice psychologique. Heureusement pour moi, j'étais un trekkeur "averti", préparé que j'étais après avoir vu des photos publiées çà et là sur le web.
Si vous avez effectué ce trek il y a 3 ans, cela prouve néanmoins que ces pentes ne résistent pas à coeur vaillant, même à la soixantaine bien avancée.
Merci aussi pour cette belle photo de La Compania de Cuzco, à laquelle l'ancien élève des Jésuites, que je suis, ne peut qu'être sensible.
Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Le sentier descend en faisant des lacets dans une pente abrupte et me conduit assez vite (17h10) à une petite terrasse ornée d’une frise blanche en zigzag (~3000 m), une caractéristique que je n’avais pas encore vu sur un site inca.
Certains y voient l'influence des Chachapoyas. Il est vrai que ces motifs sont présents sur les bâtiments à Kuelap, ainsi que sur nombre de leurs demeures de la région, comme j’ai pu le constater il y a 2 semaines au début de mon voyage. Ces frises représenteraient le serpent, un animal divinisé dans les cultures andines. Etait-ce le fruit d’échanges culturels ou la marque du travail d’une communauté déplacée (mitimae) comme l’imposait souvent le conquérant inca ?
A voir le soleil déjà bas sur le versant opposé, je réalise qu’il sera caché bien avant 18h00, l’horaire habituel de son coucher en cette saison. Je presse donc le pas autant que possible, en évitant de me mettre en danger sur ce terrain si escarpé. Les terrasses s’échelonnent sur une centaine de mètres dans la pente, alors que le sentier serpente dans ce versant arboré, à une quinzaine de mètres sur la gauche à l’écart des terrasses.
Pour la seconde fois de la journée, je croise le groupe des trekkeurs en agence qui revient justement des terrasses aux lamas. Ce n’est plus très loin, me dit-on. Leur guide me recommande d’aller au mirador. Comme je n’avais pas connaissance de ce mirador, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris, je retiens juste qu’il faut aller jusqu’au bas des terrasses. Je verrait bien sur place. Le sentier poursuit en zigzaguant dans la pente, parfois équipé de marches en bois, évidemment pas d’origine inca. Si l’INC a jugé nécessaire d’installer ces marches, cela illustre bien que la déclivité est vraiment très forte. J’appréhende déjà l’effort qu’il faudra produire pour remonter au retour. Ces terrasses sont beaucoup plus en contrebas que je ne l'imaginais.
Après 14 virages, le sentier aboutit (17h22) aux premières terrasses aux lamas (~2900 m).
Découvertes seulement en septembre 2004 par l’archéologue péruvien Zenobio Valencia, ces terrasses aux lamas sont une spécificité unique de Choquequirao. Il ne s’agit aucunement de lamas pâturant sur des terrasses, comme j’ai déjà pu le voir en 2006 à Machu Picchu. Ces terrasses aux lamas correspondent à des lamas représentés de profil sur les murs de soutènement. La technique est simple mais efficace : au sein des murs de soutènement faits de pierres grises (comme toute terrasse inca), sont ici incrustées quelques pierres blanches, lesquelles dessinent le profil d’un lama. Un peu comme une mosaïque. D’après l’archéologue français Patrick Lecoq, le style très schématique de ces lamas s’inspire de celui des tissages textiles, un style que l’on retrouve encore de nos jours sur les pulls, ponchos, bonnets, ceintures... commercialisés dans les Andes. Ce style représentatif est aussi similaire à celui des petits objets d’orfèvrerie retrouvés lors de fouilles sur d’autres sites, comme à Machu Picchu.
Du temps des incas, la principale voie d’accès (découverte en août 2005) à Choquequirao venait de Vilcabamba et Vitcos au-dessus du rio Yanama et passait juste en contrebas de ces terrasses. Après avoir franchi la porte d’accès, le visiteur d’antan découvrait au détour du sentier ces grands panneaux a priori à vocation cérémonielle. Exposées à l’ouest, et donc particulièrement mises en valeur au soleil couchant, ces représentations stylisées sont parfois appelées Los Llamas del Sol (les lamas du soleil).
L’ensemble comprend 129 terrasses, relativement courtes (1,5 m de large), s’étageant entre 2 766 m et 3 010 m dans une pente très prononcée, jusqu’à 70 à 80 % ! Mais seules 18 de ces terrasses sont ornées d’un ou plusieurs lamas. En général, un unique lama est représenté par terrasse, mais 2 terrasses disposent de 3 lamas, et 2 autres terrasses présentent en sus du lama au format standard un lama de petite taille. Un peu comme un lama femelle et son petit. Un détail attendrissant.
Au total, ce sont donc 24 lamas qui accueillaient le visiteur.
Je descends prudemment au travers des terrasses, d'autant que les marches y sont particulièrement hautes. C’est pentu, c’est très pentu, de quoi avoir le vertige. Ils étaient fous ces incas !
(vue plongeante le long des terrasses aux lamas)
Par l’escalier, je parviens jusqu’au bas des terrasses (~2840 m d’après Google Maps), qu'un sentier longe en direction du mirador. Le temps d'atteindre ce mirador (17h29) d'où l'on peut admirer l’ensemble des terrasses aux lamas, j'ai eu une quinzaine de secondes pour les photographier, et le soleil s'est caché derrière les montagnes. Il était temps d'arriver !
Au plus près des terrasses, on ne peut le percevoir, mais depuis le mirador, on réalise que ces lamas ne sont pas répartis au hasard dans la pente. D'après l'architecte américain Vincent Lee, ces effigies constitueraient une caravane de lamas conduite par un arriero représenté sur l'une des terrasses au niveau inférieur. En effet, ces lamas sont en ligne comme ils pourraient l’être sur un sentier serpentant dans la pente. Ainsi, ils apparaissent comme une caravane, avec l’arriero fermant la marche. Je n’ai pas vu ce dernier, oubliant même d’en chercher la représentation, mais il est effectivement présent au plus bas, certains visiteurs le qualifiant d’extra-terrestre (il est vrai qu’il est très très schématique et sa tête surdimensionnée rappelle le casque d’un cosmonaute).
D’après l’archéologue Percy Paz, cette caravane se dirige vers Yanama, une étape du trek en direction de Machu Picchu. Pour ma part, j’y vois tout simplement une caravane faisant l’ascension de ce versant vers la cité de Choquequirao.
En zone supérieure, la présence de plusieurs lamas sur une même terrasse, ainsi que de couple femelle / petit, fait plutôt penser à un troupeau en pâturage.
L’usage des terrasses reste en débat. Eu égard à l’immense effort qu’il a fallu réaliser pour construire ces terrasses dans une pente si abrupte, il est difficile de ne pas envisager un usage agricole. Par exemple pour y cultiver du mais. Sauf que les plants de maïs atteignent 1,70 m de haut, ce qui aurait alors dissimulé les mosaïques aux lamas.
Pour approfondir le sujet, lire :
- "Terrasses aux mosaïques de Choqek’iraw : Description générale et premières interprétations" (Patrick Lecoq, Journal de la société des américanistes, déc-08) in jsa.revues.org/11497, présentant en détail ces terrasses aux lamas et les interprétations des archéologues, puis l’analyse de l’auteur.
- "Choquequirao (IV) Descripción y aproximación histórica", Présentation étoffée (2012) en espagnol avec de belles photos illustratives in formentinatura.wordpress.com/...-historical-acc..., dont une partie couvre en détail les terrasses aux lamas avec entre autres une photo pour chacun des lamas représentés et pour l’arriero.
Maintenant que le soleil est caché, la nuit ne va pas tarder. C’est donc à pas forcé que je reviens vers la cité. Contrairement à ce que j’appréhendais, je ne peine pas trop à remonter.
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Peu avant 18h00, je suis de retour à la Place Principale. En arrivant du bas du versant nord-ouest, je réalise le côté hors norme du canal : un véritable aqueduc descendant la crête.
Je ne traîne pas et prends vite le sentier descendant côté versant Est vers le site de Pikiwasi. En une dizaine de minutes, j’arrive sur ce site modeste.
Qualifié souvent de centre administratif, Pikiwasi / Pikihuasi ("maison de la puce" en quechua) est un ensemble de maisons populaires d’après l’architecture des bâtiments et ce que les archéologues y ont retrouvé : morceaux de céramiques, traces de foyer, os calcinés de lamas et cuys, mortiers…
Pour le non initié, Pikiwasi présente surtout des murs séparant des habitats collés les uns aux autres. Rien de très excitant, je traverse rapidement le site, sans y trouver quoi que ce soit qui retienne mon intérêt. Quelques minutes plus tard, j’essaie de trouver le sentier conduisant au campement. Mais l’obscurité gagne et, ne trouvant pas ce sentier, je décide de revenir sur mes pas, d’abord à la Place Principale, puis au campement par l’itinéraire suivi à l’aller.
Revenu à l’embranchement pour le Col de Choquequirao, je mets en service ma lampe frontale, car le sentier du campement s’enfonce dans la forêt. En dépit de cet éclairage, je me fais un peu peur à plusieurs reprises du fait des portions d’escalier. Ce n’est vraiment pas le moment de se faire une entorse. Heureusement sans croiser un ours à lunettes, espèce présente dans les environs.
Alors que j’approche du campement, je rencontre le gardien du site, à côté d’une maison en dur que je n’avais pas repéré auparavant. Surprise, il m’indique que mes jeunes "compagnons" de la veille (le couple américain et le couple franco-catalan) ne sont pas entrés à Choquequirao. J'espère qu'il ne leur ait rien arrivé de fâcheux, mais je suis tout de même inquiet car Hankey se plaignait de douleurs lorsque j’ai quitté Santa Rosa Baja hier soir.
Une fumée épaisse s'échappe de la maison où vivent les gardiens du site, venant parfois à notre hauteur. Cela prend à la gorge et interrompt le dialogue. Au cours de la conversation, je me montre admiratif du bâtiment et du confort que j'imagine, mais cela n’incite pas mon interlocuteur à me proposer l’hospitalité. Il est vrai que cela serait pour les gardiens une infraction, et surtout un précédent délicat à gérer à l'avenir.
A défaut, je rejoins le campement où je vais devoir préparer le dîner et déterminer où dormir.
(nota pour ceux qui avaient déjà lu la première page, j'y ai ajouté plusieurs photos ce 04/02 soir)
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J'ai effectué la même rando début avril 2016, avec portage des sacs, et c'est intéressant de confronter mon expérience à la vôtre! J'y étais également allé en mai 2009 mais cette fois-là en aller-retour Cachora-Choquequirao et en portant nous-mêmes tout le barda.
Pour répondre sur la question de l'arriero et des tarifs, nous sommes arrivés dans l'après-midi à Cachora et avons réussi à trouver un arriero avec un cheval et une mule pour un départ le lendemain matin. Et ce, sans parler espagnol...ce qui n'était pas une mince affaire. Je me suis adressé au poste de police et avec l'aide d'un lexique, on y est arrivé. D'abord dirigé vers une sorte de patriarche local, j'ai ensuite rencontré le "patron" d'un arriero, ou plutôt sa patronne.
De mémoire nous avons payé 35 NS par jour et par animal, 40 NS par jour pour l'arriero. Théoriquement cela incluait ses repas, en pratique l'arriero nous a dit plus tard que non...vu le prix des repas (5 à 10NS), nous lui en avons payé quelques uns. C'était pour aller jusqu'à Totora et avec son retour on nous a donc compté 8 jours, ce qui est normal. Donc un total de 880 NS. Après négo je crois qu'on est tombé à 800 ou 850, je ne me souviens plus.
Nous avons dormi à la Casa de Salcantay (l'hôtel presque chic du coin) et là-bas les tarifs demandés pour l'arriero et les mules étaient plus élevés, de l'ordre de 45 à 50 NS je crois. Au passage, la patronne de cet hôtel est très gentille et serviable. Nous n'avions pas assez de liquide pour tout la rando et avions avec nous un jeune ado de 12 ans, elle a gentiment proposé de nous avancer de l'argent et nous l'avons ensuite remboursée par virement, une fois rentrés à Cusco. Tout cela alors que nous avions décliné son offre pour les mules. Une belle confiance!
Je rêve que ce téléphérique ne soit jamais construit et que je puisse un jour retourner sur le site quand il sera davantage sorti de la forêt...ces deux voyages là-bas étaient extraordinaires.
D'une part, pour vos informations récentes sur le portage de Cachora à Totora.
D'autre part, pour la photo jointe, prise dans la descente du Col de San Juan vers Yanama, et représentant le passage le plus spectaculaire de tout le trek. C'est l'unique endroit où j'ai vraiment veillé attentivement où je mettais les pieds, car je craignais qu'un faux-pas me fasse passer dans le vide. Je l'aborderai évidemment dans la suite de ce carnet de trek.
Ce qui est très intéressant avec votre photo, c'est que l'on y voit des marcheurs (ma photo n'en a pas, rançon d'un trek solitaire), et surtout que le cadre naturel est beaucoup plus verdoyant (avr-16) que lors de mon passage en septembre. Evidemment, je joindrai quelques photos pour constater la différence.
Mais pour l'instant, je n'en suis encore qu'à ma nuitée à Choquequirao. A suivre !
Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Alors que je me dirige vers le fond du campement, je croise l’un des américains, et au vu de son apparence, je lui demande s’il ne serait pas d’origine indien. Si fait, il est originaire du Karnataka. L’occasion pour moi d’évoquer le beau voyage que j’y ai fait au printemps 2015, notamment ma grande admiration des temples Chalukya (Aihole, Pattadakal) et Hoyasala (Belur, Halebid, Somnathpur). Nous conversons longuement sur mes expériences indiennes qui l’étonnent. Le reste de son groupe prend l’apéritif dans la tente-mess dressée par l’agence, on vient nous proposer un verre : non merci, très peu pour moi. Notre conversation s’interrompt alors que le dîner va leur être servi.
Question dîner, je comptais sur le réchaud du couple franco-catalan (ils m’en avaient fait la proposition hier), mais il faudra m’en passer puisqu’ils ne sont pas là ce soir. Récupérant mon sac-à-dos dissimulé derrière le petit bâtiment au fond du campement, j’y prélève mes victuailles et me rapproche de la tente-mess. Non pas que je veuille partager quoique ce soit, d’ailleurs je m’installe côté cuisine. Ainsi, l’éclairage de la tente-mess me permet de ne pas consommer les piles de ma lampe frontale.
Dîner de survie avec de la soupe instantanée de maïs Maggi diluée à l'eau froide, des céréales granola, quelques tomates, 2 petits pains, et une banane. Beaucoup plus humble que le dîner du groupe d'américains dans leur tente-mess, même si leurs pizzas et spaghettis ne me font aucunement envie. J’avoue que j’aurais tout de même volontiers accepter de l’eau chaude pour ma soupe...
A la fin de leur dîner, les américains ont droit à l’exposé par leur guide du programme de leur journée à venir : ce qu’ils verront, à quel endroit c’est tranquille, à quel moment l’effort sera exigeant, l’importance de rester solidaire dans l’épreuve, etc.
Passé 20h30, chacun regagne sa tente... et moi le bâtiment au fond du campement. La porte en tôle est fermée, mais la fenêtre n’est obturée que par une toile plastique punaisée sur les montants. En dégageant le bas de cette toile plastique, je peux jeter un coup d’oeil à l’intérieur : une pièce vide hormis 5 matelas empilés, voilà qui m'arrange. Un petit rétablissement sur les poignets et je m’introduis dans cette pièce.
J'y passerai la nuit en dépit d'une tenace odeur de suie. La pièce aurait servi à cuisiner d'après ce qu'avait évoqué le gardien du site… Comme la seule fenêtre n'est plus obturée, le fond de l'air est frais. Je me couche tout habillé, anorak et gants compris. En cours de nuit, j'ajouterai même une deuxième paire de chaussettes chaudes.
Réveil programmé pour un peu avant 05h30, car ma 3ème journée de trek sera conséquente.
P.S. : je ne suis pas fier de cette nuitée un peu squattée. Le choix raisonnable aurait été de revenir coucher à Marampata, en n'attendant pas que la nuit tombe sur Choquequirao.
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- 11 km parcourus, dont 3 km de trek Marampata → campement de Choquequirao.
- dénivelé positif (d+) : 1 150 m
- dénivelé négatif (d-) : 1 150 m
temps de marche non pertinent du fait des visites.
Par segment :
- Marampata → Campement : 3 km, d+ 250 m, d- 250 m,
- erreurs initiales avant Paqchayoq : d+ 300 m, d- 300 m,
- descente Campement -> Paqchayoq : d- 280 m,
- descentes & remontées sur le site de Paqchayoq : au moins 5 fois d+ 40 m / d- 40m,
- remontée Paqchayoq -> Campement : d+ 280 m,
- montée Campement -> Place principale : d+ 180 m,
- descente + remontée Place principale <-> Terrasses aux lamas : d+ 180 m, d- 180 m,
- descente + remontée Place principale <-> Pikiwasi : d+ 30 m, d- 30 m.
- redescente au campement : d-180 m.
Ce qui devait n'être qu'une courte journée de trek, c'est révélé finalement équivalent à une journée de trek bien remplie. Car le site archéologique étant réparti sur la pente, les cuisses et les mollets sont bien mis à contribution !
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Levé à 05h20, je remets promptement les 2 matelas utilisés sur le tas, comme je les avais trouvés, puis je ressors du bâtiment par la fenêtre.
Dehors, il y a déjà un bon soleil, mais le ciel est très nuageux. Probablement la brume matinale.
(Campement de Choquequirao. Au fond, le bâtiment dans lequel j'ai trouvé refuge la nuit dernière)
Avant de partir, je remplis 2 l d’eau à la fontaine et j’y glisse dans la foulée 2 pastilles de traitement AquaTabs. Cela devrait suffire jusqu'au prochain point d'eau, à Pincha Unuyoc.
Peu après le départ des trekkeurs américains, je quitte moi aussi le campement (05h46). A mon programme, ce que je n’ai pas eu le temps de visiter hier, puis poursuite du trek jusqu’à Maizal, lieu de mon prochain hébergement.
Ce matin, point d’hésitation sur ce sentier déjà suivi hier. Juste après le franchissement de la barrière délimitant le site archéologique, je dépose mon sac-à-dos derrière un muret, le dissimulant ainsi à la vue des prochains visiteurs. Sauf à ce qu’ils se retournent une fois franchie la barrière...
Dépassant sans hésitation les grandes terrasses, j’arrive promptement sur la Place Principale.
(les grandes terrasses noyées dans le brouillard, vues depuis la Place Principale)
Le site est toujours couvert par la brume matinale, mais j’ai la surprise d’y retrouver le groupe de trekkeurs américains. Leur guide leur fait faire la visite, et, alors que je me balade sur le site, j’écoute de loin et un peu distraitement ses explications. Rien de bien nouveau pour moi.
Les bâtiments incas ne présentent pas de caractéristiques admirables même s’ils sont bien construits. On n’y retrouve pas les énormes blocs visibles à Cuzco, Ollantaytambo, ou Machu Picchu, s’emboîtant parfaitement sans le moindre interstice.
La raison en est toute simple. Il n’y avait pas de gisement d’andésite à proximité de Choquequirao. La roche locale ne se prêtant pas à ces remarquables agencements, les constructions reposent ici sur des murs de pierres sèches plus ordinaires dans leur apparence.
Croisant le groupe, je me risque néanmoins à questionner le guide : vous parlez d’ichu pour la toiture, mais il n’y en a pas dans la région. "Si, si, beaucoup d’ichu entre Maizal et Yanama", me répond-il. J’aurai l’occasion de vérifier cela demain puisque c’est précisément sur l’itinéraire du trek.
Alors que le site est toujours noyé dans la brume matinale, je monte (07h14) vers l’ushnu (secteur V de Choquequirao).
Qu’est-ce qu’un ushnu (usnu en quechua) ? Le terme est polysémique. Selon les sources historiques, ce serait au choix :
- un bassin ou une fontaine associée à un gnomon, l’ensemble constituant un axis mundi ;
- une structure de pierre au milieu d’une place d’où l’Inca (ou son représentant) présidait aux cérémonies ;
- un centre cérémoniel.
Un ushnu se trouvait au centre de la grand-place de Cuzco. La plupart des ushnus ont été détruits par les espagnols dans leur volonté d’éradiquer la religion des incas.
L’ushnu de Choquequirao a été construit par arasement du petit sommet de l’arête dominant la Place Principale. Entouré d’un petit muret de pierres, il constitue une plate-forme ovale d’environ 30 m de large sur 50 m de long.
(la plate-forme de l'ushnu de Choquequirao)
Cet ushnu s’avère ainsi beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Il ne ressemble aucunement à l’ushnu que j’ai visité à Vilcashuaman, lequel répondait mieux à la définition d’une structure de pierre d’où l’on présidait à des cérémonies. D’aucun en font un observatoire astronomique, mais cette seule finalité n’aurait pas exigé l’arasement d’une si vaste surface. A mon avis, c’était aussi un espace de réunion. Ce qui est sûr, c’est que cet espace a servi d’héliport pour la visite du Président Toledo le 1er octobre 2003. Moins sportif que la voie d’accès pédestre...
Du fait de la brume, on ne voit pas le site archéologique, ou seulement partiellement et très fugitivement. C'est fantomatique !
(vue de Choquequirao depuis l'ushnu)
Pas très photogénique alors que c’est le meilleur point de vue sur la Place Principale et le Quartier Inférieur.
En l’absence d’éclaircie, je poursuis ma visite par la Maison du Prêtre (07h23-07h25) située dans le Secteur VI de Choquequirao. En descendant à l’est depuis l’ushnu, on trouve 2 pièces jumelles. Elles ont 2 étages et sont entourées d’un mur comprenant une seule entrée. Malgré leur nom, leur usage reste incertain.
L’ensemble de ce secteur est très accessoire et je reviens vite à l’ushnu.
Toujours pas d’éclaircie dans cette épaisse brume. Pour patienter, je prends mon petit-déjeuner : barre énergétique, pain, tomate, banane, sans doute aussi des fruits secs… Comme Le temps ne se lève toujours pas, je rédige quelques notes sur mon carnet de voyage, de quoi garder le souvenir de la journée d’hier. Peu avant 09h00, le site se dégage de la brume, mais en l’absence de soleil, il reste dans une tonalité grise peu photogénique.
(vue de Choquequirao depuis l'ushnu. S'y distinguent clairement la Place Principale et le Quartier-Bas, les grandes terrasses, et le Quartier-Haut d'où descend l'aqueduc)
Peu après, arrive le jeune américain Hankey, bientôt rejoint par sa compagne. Hier, ils ont passé une journée tranquille avec Xavier et Ana à Marampata où ils ont couché. Voilà un scénario de paresseux auquel je n’avais pas pensé. Au moins, je suis rassuré qu’ils ne leur soient rien arrivés de fâcheux. Hankey et sa compagne vont faire une rapide visite de Choquequirao, sans les terrasses agricoles du bas, puis poursuivront pour aller coucher à Maizal. On se retrouvera donc.
In fine (09h20), le soleil apparaît sur le site suffisamment dégagé pour que je puisse le photographier.
(Place Principale et Quartier-Bas vus depuis l'ushnu)
Ma longue attente a été récompensée, cela faisait quand même plus de 2 heures que je patientais... De retour sur la Place Principale, il est pressant que je reprenne le trek, car c’est aujourd'hui une étape exigeante, avec d’impressionnants dénivelés. En fait, c’est du même acabit que ma première journée de trek. Redoutable donc, d’autant plus qu’il est déjà tard (09h30) dans cette matinée.
De retour à l’entrée du site archéologique, au niveau de la barrière régulant l’accès, je croise deux jeunes couples de péruviens qui se révèlent venir d’Arequipa. L’occasion de témoigner du plaisir que j’avais eu à visiter Arequipa en 2006. Avant de les quitter, je leur sers de photographe, eux posant fièrement devant le panneau annonçant le site archéologique de Choquequirao.
Ceci fait, je récupère mon sac-à-dos toujours planqué derrière le petit monticule de pierres, et je m’engage sans tarder sur le sentier conduisant au Col de Choquequirao.
A suivre, Choquequirao -> Maizal
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Vos photos montrent une grosse différence avec celles que j'ai prises en avril 2016. Bien sûr il y a le passage de la saison sèche mais je pense qu'ils doivent aussi utiliser du désherbant pour éviter que ça repousse. Ci-joint quelques photos pour comparer.
J'imagine le nombre d'heures de travail pour, chaque année désherber et tailler la végétation, ils vont devoir mobiliser les grands moyens s'ils veulent continuer à extraire le reste du site de la forêt. Vous avez aussi dû remarquer tous les vestiges de murs qu'on devine sous les arbres, en particulier lorsqu'on descend vers le bas du site...je suis curieux de voir à quoi ressemblera le site dans quelques années.
Mais je préfère l'avoir visité seul (nous étions 2 en 2009, 3 en 2016, personne d'autre sur l'ensemble du site à part 2-3 ouvriers), plutôt que de le voir mieux dégagé mais couvert de touristes.
Je lis avec plaisir le récit de votre rando, ça me rappelle de bons souvenirs, j'attends la suite! J'avais souffert dans la fin de la montée vers Maizal...
En début de montée (10h00), une trouée dans la végétation me permet de revoir l’ushnu dominant le Temple et la Place Principale. De là, on identifie bien l’arasement du sommet.
20 minutes plus tard, le sentier traverse l’aqueduc qui autrefois alimentait Choquequirao en eau. Bel ouvrage.
Un quart d’heure plus tard, l’ushnu apparaît tel un héliport.
La montée vers le col s’avère plus longue que je n’imaginais. Je peine bien, devant m’arrêter à plusieurs reprises pour reprendre un peu mon souffle. L’occasion de se retourner pour revoir à distance l’ushnu dominant le Place Principale. Malheureusement, la végétation environnante ne permet pas d’avoir une vue pleinement dégagée. Au moins, cela protège un peu des rayons du soleil qui sont vite devenus ardents.
L’arrivée au Col de Choquequirao (officiellement 3272 m, conforté par la vue OpenCycleMap, en dépit des 3340 m affichés sur Google Maps) constitue un grand réconfort, car je trouvais que cela n’en finissait pas. Là encore, c’est plus un passage qu’un col au sens traditionnel. On passe d’une vallée à une autre par une épaule, au même titre que le Col de Capulyoc.
Là, une trouée dans la végétation permet l’une des plus belles vues du site, avec le Quartier-Haut (que j’ai oublié de visiter), la Place Principale, et l’ushnu se succédant sur la crête, quasiment dans un même axe. Malheureusement, je tarde à saisir mon appareil photo… et un nuage passe, plongeant le site dans l’ombre. Gasp. Je décide donc de patienter que le soleil revienne éclairer le site. Capricieux ce soleil, il se fait prier 5-10’.
11h00 je quitte le col et m’engage dans la Vallée du Rio Blanco.
Depuis le col de Choquequirao, on quitte vite la forêt pour retrouver un versant pelé, juste quelques arbustes secs, des cactus, de l’ichu, ainsi que du tarwi (lupin alpin) et du chillka (une plante médicinale à usage anti-inflammatoire). Comme à l’accoutumée sur ce trek, la pente est abrupte, le chemin raide, et la descente se révèle ardue du fait d'un sol caillouteux et instable. De surcroît, c’est très poussiéreux. Ce sentier est vraiment très désagréable. En planifiant mon trek, j’imaginais tracer à mon rythme standard (6 km/h) dans cette descente, mais j’en suis loin, très loin, aussi lent que si je montais ce sentier. Toutefois, mieux vaut cheminer lentement que se faire une entorse ou pire. D’ailleurs, inopinément, je me retrouve soudain les fesses par terre. Il a suffi d’un petit caillou qui s’échappe sous mon pied.
Désormais, je comprends pourquoi Cocuy (membre de VoyageForum) évaluait en niveau T3 la difficulté de ce segment du trek. Lorsque j’avais lu son résumé de trek, un niveau T3 ne signifiait rien pour moi, néophyte du trekking (en dépit de mon expérience ponctuelle au Ladakh). Mais confronté à ce terrain, je souffre. Je vais jusqu’à récupérer un bâton de marche, a priori issu d’une hampe de cactus. Sans piquants évidemment ;-)
De ce niveau du sentier, on a une vue plongeante sur le canyon de l’Apurimac. Ce puissant rio y apparaît comme un ruban vert serpentant au fond du canyon.
Un panneau officiel signale la présence d’oiseaux particuliers dans les environs. J’avoue ne pas y avoir prêté attention, mais aucun chant notable, ni de vol original. Je n’ai pas même souvenir d’avoir remarqué un oiseau.
Enfin, le sentier parvient dans une zone moins pentue, avec des espaces planes visiblement utilisés pour bivouaquer, sans doute aussi camper. A priori, cela doit être le lieu-dit dénommé Tajonal. J'imaginais y retrouver le groupe d'américains, mais point du tout. Poursuivons !
Hankey me rejoint, sa compagne n’étant a priori pas très loin. Leur visite du site de Choquequirao a dû être vraiment express. En fait, ils n’ont même pas vu les terrasses aux lamas. Clairement, ils n’ont pas la fibre archéologue, chacun ses goûts… Dans cette pente devenue raisonnable, mon rythme est compétitif et je colle à Hankey. Peu avant 13h00, un panneau officiel signale la présence d’ours à lunettes dans les environs. Quelques minutes plus tard (13h00), nous arrivons au site de Pincha Unuyoc.
Pincha Unuyoc (2419 m) est un site pré-inca constitué d’un ensemble de 57 terrasses agricoles en arc-de-cercle, se présentant étonnamment comme un théâtre grec (ou romain), tel celui d’Epidaure. Découvert en 1998 à l’occasion de recherches périphériques au site archéologique de Choquequirao, il en constitue le Secteur XII. Les archéologues supposent que ces terrasses agricoles approvisionnaient la Cité de Choquequirao.
Face à ce simili théâtre, le rio Yanama rugit dans son canyon.
Dans cette vallée ont été retrouvés d’autres sites archéologiques, dont celui de Cota Coca découvert en avril 2002. Pincha Unuyoc se situe justement sur le chemin inca qui reliait Cota Coca à Choquequirao.
Ce site agricole était irrigué, avec de l’eau courante canalisée et descendant de fontaine en fontaine au milieu de ces terrasses. C’est toujours le cas, et comme cette eau est potable sans traitement, le site est donc tout indiqué pour y pique-niquer.
Je m’installe au soleil à côté d’une des fontaines. Hankey et sa compagne se sont installés à l’écart dans l’une des petites bâtisses du site.
Mon déjeuner est léger : céréales, tomates, pain, bananes, fruits secs, ma routine de survie… Juste un souci, je subis l’assaut de simulies. Pour éviter leurs piqûres, je bouge continuellement les mains.
Alors qu'il n'y a pas le moindre village aux alentours (le plus proche est celui de Marampata), un homme à cheval apparaît à « l'entrée » du site, semble nous observer (inspecter ?) à distance, puis repart sans le moindre signe ni interrogation. Une séquence qui reste énigmatique. A posteriori, j’aurais pu craindre une reconnaissance du Sendero Luminoso...
Collation terminée, je me réapprovisionne en eau potable, retrouvant ainsi mes 6 l d’eau (et le handicap de poids que cela constitue). Ceci fait (13h43), sans attendre le couple américain (de toute façon, ils seront plus rapides que moi dans la montée à venir), je reprends la marche vers le RIo Blanco.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Peu après Pincha Unuyoc, le sentier quitte un environnement arboré et se retrouve sur un versant sec où les arbres sont rares.
Le sentier poursuit en descendant vers le Río Blanco / Yuraqmayu en quechua, lequel s’enfonce au fond du canyon.
Sur le versant opposé, j'aperçois la caravane des américains qui part à l'assaut de la pente, leur guide marquant le rythme en tête. Bien régulièrement, sans arrêt, distances maintenues entre chacun, d’apparence quasi militaire. C'est très pentu, et j'admire le rythme soutenu de ces trekkeurs américains. Même s’ils n'ont qu’un sac de balade sur le dos, les mules assurant le portage de leurs affaires...
(le sentier zigzagant à l'assaut du versant de Maizal... jusqu'au haut de la photo, et au-delà ! 😮)
Hankey me rattrape alors que s’amorce la dernière descente vers le Rio Blanco. La pente redevient très marquée (14h30), ce qui m’oblige à grandement réduire la vitesse, et je laisse filer Hankey rejoint par sa compagne.
C’est assez étonnant ce que la Nature façonne. Dans le cas présent, il ne s’agit clairement pas d’un relief creusé dans le roc.
(moraine avant le confluent du Rio Blanco et du Rio Yanama)
J’ai plutôt l’impression que l’on a ici affaire à une gigantesque moraine, laissée par le glacier issu du Nevado Quri Wayrachina qui devait occuper cette vallée. Depuis son retrait, le Rio Blanco a trouvé une voie de sortie, puis creuse régulièrement son lit dans ce cadre étonnant. Plus en amont, le Rio Blanco est déjà engorgé.
(le Rio Blanco engorgé)
Le sentier passe à côté de quelques arbres à l’allure fantomatique.
Pas le moindre feuillage, mais comme des chevelures blanches pendant sur les branches, sans doute la marque d’une espèce parasite comme on peut en trouver dans certaines forêts alpines. Avec en sus quelques vertes broméliacées (ressemblant à des Tillandsia fasciculata), non parasites mais épiphytes (c’est-à-dire se suffisant à elle-même, sans tirer sa subsistance de l’arbre hôte).
S’ensuit une lente et précautionneuse descente en zigzag jusqu’au Rio Blanco. Une vingtaine de minutes plus tard, je retrouve Hankey et sa compagne se rafraîchissant au bord du Rio Blanco. D’après des comptes-rendus lus sur le web, certains trekkeurs s'y baignent même. Bien tentant, mais les simulies sont réputées y sévir intensément. Le Comte de Sartiges, un des tout premiers visiteurs occidentaux de Choquequirao, les évoquaient déjà "nombreux et voraces" lors de son passage en 1834 : "il était impossible de respirer, de boire, ou manger, sans absorber quantités de ces créatures insupportables". Aussi, je préfère m'abstenir et poursuivre la marche.
(vallon du Rio Blanco)
Le sentier continue vers l’aval, tout en restant à distance du Rio Blanco. Il faut traverser plusieurs pierriers, témoignages de rochers et galets charriés par ce puissant torrent. Sur un tel terrain, le bâton de marche n’est d’aucune utilité, comme cela sera le cas pour la montée à venir. Il est donc temps de m’en séparer, car il sera plutôt gênant pour la suite.
Est-ce l’effet du bruissement de l’eau qui coule, mais un subit besoin d’uriner m’amène à m’éloigner du torrent, car j’ai le souci de ne pas le polluer.
J’arrive bientôt en vue du pont sur le Rio Blanco (1905 m). Un pont, qui n’existait pas il y a quelques années, et qui est parfois emporté lors de la saison des pluies.
(pontet sur le Rio Blanco)
En terme de pont, c’est plutôt un pontet : de part et d’autre du rio, 2 piles constituées d’une accumulation de grosses pierres, entre lesquelles sont lancés 2 troncs recouverts de branchages. Rien à voir avec le nouveau pont suspendu sur le Rio Apurimac. En amont, le rio Blanco résulte de l’union du rio Victoria et du rio Silvestre. Quelque 800 m plus loin en aval, le Rio Blanco rejoint le Rio Yanama au confluent desquels Hugh Thompson et Gary Ziegler ont retrouvé en avril 2002 une cité inca perdue baptisée Cota Coca (1850 m).
Le Rio Blanco porte bien son nom, car il arbore une blancheur due aux éclats de son flot impétueux, peut-être aussi à l’origine glaciaire de ses eaux. Là, avant de poursuivre et d’entamer la montée, je m’accorde une courte pause à côté du pont, sans me baigner évidemment, je me contente de me rafraîchir le visage et le haut du corps.
Hankey et sa compagne ne tardent pas à me rejoindre. Si je les devance pour franchir le pont (15h05), je les laisse passer devant moi sur le chemin, car je ne pourrai aucunement soutenir leur rythme. Dans le passé, des trekkeurs avaient peiné à localiser le début du sentier sur la rive droite, mais ce n’est plus le cas lorsque le pont est présent : ce sentier est juste au voisinage du pont.
Maintenant, les choses sérieuses commencent vraiment. La montée vers Maizal est digne de celle du premier jour entre Playa Rosalina et Santa Rosa, avec une pente qui me paraît plus forte encore.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Je vais étayer ma démonstration que tu es un voyageur aventurier!!
Plutôt que de revenir sur ses pas à Cachora, une minorité de trekkeurs poursuivent jusqu’à Machu Picchu, ce que certains appellent "El camino de los locos" (le trek des fous). Ce sera mon cas.
Ils sont nombreux les touristes qui font le trek des fous??
partir sans portage, mais dans ce cas sans couchage, avec l’aléa de coucher chez l’habitant, une pratique non référencée dans la région.
Mais c'est pas de l'aventure, ça, non pas du tout!!!
Un brin d’inconscience peut-être, je pars sans sac-de-couchage ni tente, car je pense trouver hébergement dans les villages.
Ah!!! Il t'arrive quand même d'être réaliste!!! C'est bien!!!
Pour ma part, je n'ai pas tant besoin de me reposer, mais je fais étape pour prendre des photos depuis ce mirador. Debout sur le petit muret séparant du vide, de quoi faire frémir Ana, la catalane.
Inconscient, tu as dit?😮
10h48 : passage en corniche, à flanc de falaise, mais ne présentant pas la moindre difficulté, il faut juste rester sur le chemin.
Bah voyons!! Voilà ce qui s'appelle de l'humour: il suffit juste de rester sur le chemin..... pour ne pas tomber!!!!!
C’est surprenant, mais ce pont d’apparence solide est en fait assez flexible : y marcher le fait osciller de haut en bas. Au milieu du pont, je m’arrête pour une petite session photo, laissant passer mes compagnons. Légèrement en aval subsistent sur chaque rive les 2 portiques de l’ancien pont, auxquels sont toujours liés les câbles de suspension.
J'aime bien ce genre de pont. J'en ai emprunté un du même genre au Chili, au parc torres del paine. Tu rebondis quand tu marches, c'est cool!!!
Pas d’inquiétude toutefois car mes informations indiquent que l’eau est disponible au campement du Choquequirao. Eau non garantie potable, mais j’ai mes pastilles purifiantes.
Pourquoi n'as-tu pas demandé de l'eau à Marie-Belle, la tenancière de l’hospedaje à marampata avant de repartir?
Leur guide me reconnaissant (il m'avait repéré avant mon départ de Capuliyoc), comprend que j'ai marché hier jusqu'à Marampata et déclare en français : "vous êtes un bon marcheur". Je lui rétorque que je suis surtout un peu fou...
Hein!!!! Fou?🤪
A ce que l’on m’explique, je comprends que ce breuvage est de l’alcool de canne de maïs, fruit d’une distillation, et similaire à de la vodka. Effectivement, c’est très fort, 30-40°, mais associé à du miel, cela se révèle agréable.
Un peu faible en degré comparé au rhum blanc de chez nous qui est à 55°!! Et avant, on en trouvait à 62°!!!
Paqchayoq comprend 80 terrasses réparties en 6 colonnes. De longs escaliers descendent droit à travers les terrasses. Même au pas de charge, je veille à ne pas manquer une marche, car en trek, il est critique de préserver son "moyen de transport". D’autant que je suis conscient de ma légère alcoolisation.
C'est ça le plus marrant: tu es conscient!!!!😏
Je descends prudemment au travers des terrasses, d'autant que les marches y sont particulièrement hautes. C’est pentu, c’est très pentu, de quoi avoir le vertige. Ils étaient fous ces incas !
oui, mais p'têt ben qu'ils n'avaient pas le choix eux!!!!!😏
Passé 20h30, chacun regagne sa tente... et moi le bâtiment au fond du campement. La porte en tôle est fermée, mais la fenêtre n’est obturée que par une toile plastique punaisée sur les montants. En dégageant le bas de cette toile plastique, je peux jeter un coup d’oeil à l’intérieur : une pièce vide hormis 5 matelas empilés, voilà qui m'arrange. Un petit rétablissement sur les poignets et je m’introduis dans cette pièce.
P.S. : je ne suis pas fier de cette nuitée un peu squattée. Le choix raisonnable aurait été de revenir coucher à Marampata, en n'attendant pas que la nuit tombe sur Choquequirao
Endroit improbable ai-je dit, hein?
Maintenant, les choses sérieuses commencent vraiment. La montée vers Maizal est digne de celle du premier jour, avec une pente qui me paraît plus forte encore.
Ah oui, donc jusque là c'était juste une partie de plaisir!!!
Voilà, si après ça tu dis encore que tu n'es pas aventurier.....😉
Le sentier part à 30° dans la pente, peut-être plus. Face à une telle pente, il faut mettre la crémaillère. Depuis le versant opposé, j’ai bien vu que cela monte sans interruption, et c’est toujours très pentu.
Le sentier n’est pas agréable du tout : terre poussiéreuse, cailloux instables. Plusieurs fois, je dérape.
Cette montée s’avère vraiment très dure pour moi, car cela monte fort, sans jamais faiblir : toujours et toujours une pente aussi marquée. Plus de 50 % me semble t-il, alors que la moyenne référencée n’est que de 25 %. En fait, mes sens ne sont pas abusés, car des trekkeurs outillés ont relevé un maximum à 56 %.
En amont du Rio Blanco, 2 petites quebradas s’offrent au regard.
Au fur et à mesure que je monte, je suis toujours plus emballé par la vue sur la quebrada de droite, celle au sud. Le Rio Silvestre y a creusé d’abruptes gorges. Pas encore très profondes, mais cela ne tardera pas… à l’échelle du temps géologique naturellement.
Par moment, dans le but d’évaluer le dénivelé déjà monté, je scrute le versant d’où je viens. Si la descente finale vers le Rio Blanco se voit clairement, je n’arrive pas à repérer plus haut le chemin que j’ai suivi. Pas même Pincha Unuyoc.
(versant sud de la quebrada de Victoria, avec le sentier descendu avant d'arriver au Rio Blanco)
En fait, c’était normal pour ce site archéologique car ses terrasses sont orientées vers le Rio Yanama, au nord-ouest, à l’abri d’une crête, et donc dissimulées depuis mon lieu d’observation.
Un trekkeur a compté 36 lacets jusqu'à la ferme de Maizal, mais je n’ai pas vérifié, même pas essayé. Il devient vite nécessaire que je fasse un pause à chaque virage, parfois même à mi-parcours quand le segment est un peu long. Dès qu'un rocher apparaît au bord du chemin, la tentation est forte et j’en profite alors pour m’y adosser quelques minutes. En l’absence de rocher, je fais parfois même pause en m'asseyant à même le chemin. Pas propre, mais à défaut d'une autre possibilité…
Le jour baisse. En me basant sur le versant opposé, j’ai l’impression de ne pas avoir atteint le milieu de la montée jusqu’à Maizal. Dur, c’est dur. L’obscurité gagnant, je dois allumer ma lampe frontale (18h15).
Désormais sans repère visible d’altitude, je consulte régulièrement mon positionnement GPS sur la carte Google Maps hors ligne enregistrée sur mon ordiphone. Sans surprise, ma progression est… lente, très lente. Au moins, je ne me laisse pas abuser par les insectes fluorescents, instruit que j’ai été lors de mon approche de Marampata. Même si parfois j’espère tout de même avoir aperçu la lanterne d’une maison. Mais non…
Le sentier rejoint un chemin, quasi horizontal (19h30). En l’absence d’indication, je choisis de poursuivre dans le sens légèrement montant. J’aboutis bientôt sur une prairie dégagée, ce qui est bon signe même si le chemin s’arrête net (en fait, il se poursuivait côté gauche en lisière de forêt, et rejoignait Maizal Alto). Enthousiaste, je poursuis sur la prairie, mais je constate vite qu’il n’y a ni lumière, ni le moindre bruit. Moralement, c’est la douche froide. A posteriori, là (13°21'18.8"S 72°53'16.7"W) se trouve un petit bâtiment, sans doute l’une des 3 fermes de la zone de Maizal : désaffectée ou déjà endormie ? Ou peut-être n’est-ce utilisé que lors des récoltes...
Je reviens alors sur mes pas et, de retour à l’embranchement, je poursuis tout droit dans le sens légèrement descendant.
C’est un chemin assez large, agréable, faible pente, sans cailloux, a priori à couvert sous les arbres (difficile d’en être sûr de nuit). Bon signe, il y a des crottes de mule au sol. Quelque 5’ plus tard, le chemin est barré par des branchages que je contourne aisément. Légère hésitation, car j’ai déjà regretté à Choquequirao d’avoir poursuivi, mais en l’absence d’autre solution… Je marche d’un bon pas (sans avoir à monter, je retrouve mon rythme standard, 6 km/h). Rythme d’autant plus allègre que je m’imagine bientôt arrivé à destination. Mais rien, pas la moindre lumière en vue, pas même à l’horizon. Et la descente se poursuit, ce que je n’ai jamais lu rapporté dans le moindre compte-rendu. Confirmé en consultant une vue capturée sur OpenCycleMap lors de la préparation du trek. D’évidence, je ne suis pas sur le bon itinéraire, je décide donc à regret de revenir sur mes pas.
L’inquiétude me gagne : me voilà égaré en forêt, de nuit et en altitude, sans équipement pour camper. D’autant que je ne comprends pas où j’ai pu faire erreur. A priori, je ne dois être pas très éloigné de ma destination, à en juger par l’altitude indiquée par le positionnement GPS sur ma carte Google Maps enregistrée sur l’ordiphone. Sauf que cette carte hors ligne n’affiche pas Maizal (sans doute une question de finesse, car Maizal est pourtant bien indiqué sur la version en ligne), cela ne va pas m’aider pas à trouver le bon chemin. Dommage que je n’ai pas pensé alors à utiliser Maps.me, car sa carte hors ligne référence le campement Saint-Valentin à défaut d’afficher les lignes de niveau.
Alors que j’allais atteindre l’embranchement initial (~20h00), j’aperçois sur la gauche comme un poteau. Sauvé ! Un panneau indique "Camping Valentin 15’ " et sa direction. En effet, un sentier part du côté amont du chemin. De jour, je ne l’aurais évidemment pas manqué, mais de nuit, il n’était pas dans l’axe de ma lampe frontale car je marchais droit. Me voilà rassuré ! Je marche avec une vigueur retrouvée, l’espoir fait… marcher 😉. Cela monte raide, le sentier serpentant dans la pente, quittant bientôt la forêt. Toujours pas trace de la ferme, alors que les 15’ annoncées sont bien dépassées.
A plusieurs reprises, je consulte mon positionnement GPS sur la carte hors ligne de Google Maps pour évaluer le dénivelé restant (car je connais l’altitude officielle de Maizal Bajo). Un positionnement qui dysfonctionne car il me fait descendre en altitude alors que je n’arrête pas de monter. Soit erreur GPS (courant dans des gorges, mais ce n’est pas le contexte présent), soit modélisation erronée du relief par Google Maps. C'est le plus probable car l’altimétrie SRTM de la NASA ne fournit que des points distants de 60 m à partir desquels les cartographies modélisent d'hypothétiques lignes de niveau).
Je commence à trouver le temps bien long quand paraît un nouveau panneau annonçant « 2 minutes ». Une indication qui tombe à point pour me rassurer. Bientôt, je distingue des bruits de voix, j’aperçois de la lumière, cela fait du bien d’arriver (20h30). En fait, ce qui est indiqué à 15’ par Valentin exige une demi-heure pour les trekkeurs occidentaux tel que le rapporte leurs comptes-rendus sur le web. J’étais donc dans les temps...
Point de faux espoir, je sens bien que j’arrive, mais je me heurte à une haie infranchissable : à droite, à gauche, je ne trouve pas d’accès. Alors je hèle ceux que j’entends. A ce que l’on me répond, je comprends qu’il faut faire un détour par la gauche. De fait, une vingtaine de mètres plus loin sur la gauche, une trouée dans la haie me laisse passer, , et je retrouve promptement l’équipe de l’agence Alpaca Expeditions, les trekkeurs américains terminant leur dîner. Quel soulagement ! Où est la ferme qui pourrait m’héberger ? On m’indique la direction à suivre, c’est juste à côté en allant à gauche. A la lumière de ma lampe frontale, je constate que j’arrive dans une cour de ferme, mais aucune réponse à mes "ola !". Si ce n'est un chien qui me hurle dessus. Aurais-je mal compris, je reviens au bivouac pour valider ma compréhension, ce que l’on me confirme. Le patron de l’expédition mandate un des muletiers pour m’accompagner. Lequel marche jusqu’à la porte d’entrée d’un bâtiment sur la droite, et, interpelle vigoureusement la maisonnée. Ses appels trouvent réponse, un homme ouvre la porte. Sans doute était-ce Valentin, car le lieu-dit est appelé "La Ferme de Valentin".
Dialogue rapide entre l’homme et le muletier : je vais pouvoir disposer d’un lit, mais il m’est demandé de patienter. Pas de problème pour moi, j’ai tout mon temps. Dans ma planification, Maizal constituait le principal aléa en terme logistique, car point d’hébergement disponible, seulement quelques aires de campement. Ainsi, je n’imaginais même pas bénéficier d’un lit, car un compte-rendu sur le web évoquait d’avoir à partager la cuisine avec des cuys, à même le sol en terre battue.
S’écoule alors 5-10’, je n’ai pas noté. Mon attention se concentre sur ce chien qui n'arrête pas d'aboyer sur moi. Enfin, la porte s’ouvre, Valentin me fait entrer dans une pièce relativement étroite, coupée par un rideau tant côté droit que côté gauche. Sur la gauche, le long du mur extérieur, le lit qui m’est destiné.
J’ai l’impression qu’il y a eu réaménagement et que quelqu’un de la famille m’a libéré ce lit. J’en suis honteux mais il est trop tard pour refuser. Conscient que j’ai réveillé la maisonnée, je n’ose pas demander si l’on peut me faire à manger. Couché sans dîner, c’est bon pour la chrono-nutrition.
Ecartant le rideau sur la droite de la pièce, Valentin va se recoucher. A l’expérience de la nuit précédente, je sors mon anorak du sac-à-dos, au cas où, mais les épaisses (et lourdes !) couvertures sur le lit s’avéreront bien suffisantes.
Après une éprouvante journée de marche (surtout la montée après le Rio Blanco) et la difficulté à trouver Maizal, tout est bien qui finit bien. Demain sera plus physiquement moins exigeant.
A suivre : bilan de cette 3ème journée de trek
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Bonne année Fab!! Tout plein de voyages à venir!!!
Là, ce n'est pas un miracle de Noël, mais du jour de l'an!!
Mon cœur a palpité, j'ai été à court de souffle, j'ai ressenti ta fatigue extrême, et ton découragement... Punaise, c'est que j'ai flippé!!! comme tu dis, heureusement tout fini bien... mais quand même, tu aurais fait comment sinon? Comment se fait-il que tes durées de treks soient si longues, qu'elles te fassent arriver systématiquement en pleine nuit? Ne peux-tu pas couper le trajet en 2? Il n'y a rien avant, c'est ça?
Bon mais à part ça, tu n'es pas un aventurier!!! Bah non!!!
En tout cas merci pour la suite. C'est vraiment très courageux de t'y être plongé un 1er janvier!!!!
Comment se fait-il que tes durées de treks soient si longues, qu'elles te fassent arriver systématiquement en pleine nuit?
Du camping de Choquequirao à Maizal Bajo, il y a de l'ordre de 17 km à marcher.
Dans mon planning, il s'agissait de marcher pendant 8 h. En partant vers 08h00, cela permettait d'arriver avant 17h00 en tenant compte du temps pour se sustenter à la mi-journée.
Dans les faits, ce programme a été doublement remis en cause :
1°) comme j'avais tardé la veille (temps passé avec les archéologues), je n'avais pu visiter l'ushnu et avais donc prévu de m'y rendre pour le début de journée.
2°) du fait des nuages, je suis resté à l'ushnu jusqu'à 09h30. D'où environ 2 h de retard sur mon plan de marche.
S'est ajouté en sus ma relative lenteur d'une part à la descente avant Pincha Unuyoc (je n'avais pas envisagé un terrain si délicat), et surtout à la montée depuis le Rio Blanco.
Le groupe des américains en agence témoigne du réalisme de cette étape, car je les ai croisés le matin à Choquequirao lors de leur visite de la ville basse, et ils sont arrivés bien avant la tombée de la nuit. De plus, le jeune couple américain a marché directement de Marampata à Maizal Bajo, avec même une brève visite de Choquequirao (ushnu inclus, mais sans les terrasses agricoles).
Ne peux-tu pas couper le trajet en 2? Il n'y a rien avant, c'est ça?
Certains groupes font étape à Pincha Unuyoc, profitant des terrains plats et de la disponibilité d'eau courante (et potable !) sur les lieux. Mais il faut disposer d'équipements de campement, ce qui n'était pas mon cas. C'était déjà hasardeux pour Maizal où ma seule assurance était de pouvoir disposer d'un abri à même la terre battue.
mais quand même, tu aurais fait comment sinon?
Pour être franc, je n'avais pas envisagé d'arriver de nuit. Et surtout, je n'imaginais aucunement ne pas trouver Maizal. Si je n'étais pas arrivé à destination, il m'aurait fallu coucher à la belle étoile...
à part ça, tu n'es pas un aventurier!!!
Seul, je me permets quelques plans aventureux : dans le cas présent, c'était l'étape Maizal sans équipement de campement.
Accompagné, je serais forcément parti avec tente et sac-de-couchage, et j'aurais embauché un arriero et sa mule pour portage.
Par contre, la partie Cachora - Choquequirao n'est pas aventureuse dès lors que l'on peut coucher chez l'habitant à Marampata. Sous réserve de partir très tôt de Cachora et de marcher longuement.
Fabrice
P.S. : à la lumière de ma récente expérience de trekking au Népal avec sac-de-couchage 4 saisons, je réduirai le contenu du sac-à-dos et me passerai du portage.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
Je modérerais quand même un peu ton optimisme quant à cette étape.
C'est clairement la plus dure dans tous les circuits de trek de Vilcabamba, et tout le monde préfère partir tôt pour cette portion car le moindre coup de fatigue ou une personne un peu lente en montée ou en descente occasionnera vite un retard. De plus les camps intermédiaires (pinchaunuyoc et rio blanco) n'ont pas d'infrastructures.
Tu n'es pas le premier à te faire avoir, j'en vois à chaque fois ;-). Le piège de cette étape c'est qu'on ne se rend pas compte de sa difficulté sur les cartes basiques ou avant de partir, ce n'est qu'une fois passé le col Choquequirao avec la vue sur la descente et la remontée en face qu'on prend la mesure de l'épreuve. Un coup d’œil à une carte ign ou google earth permet d’éviter ce genre de surprise.
Attention à ceux qui voyagent en solo sur cet itinéraire, une cheville foulée ou pétée sur ce tronçon et vous n'aurez plus qu'a espérer qu'un groupe ou un muletier passe ce jour là (pas gagné en basse saison !),
Attention aussi au téléphone : aucune couverture réseau depuis Capuliyoc jusqu'à Huancacalle ou Santa Teresa, seulement un peu de réseau sur la haut d'une crête au col San Juan (victoria) entre Maizal et Yanama.
Tu n'es pas le premier à te faire avoir, j'en vois à chaque fois ;-). Le piège de cette étape c'est qu'on ne se rend pas compte de sa difficulté sur les cartes basiques
Dans mon cas, je ne me suis pas fait avoir. J'étais pleinement conscient de la difficulté de la montée vers Maizal, j'avais connaissance des dénivelés, et je disposais de cartes correctes (ne serait-ce que les vues en ligne OpenCycleMap ou OpenTopoMap avec affichage des lignes de niveau).
Tout au plus ai-je été trompé par la descente depuis le col de Choquequirao, car je n'imaginais pas un terrain si dérapant. Sur un terrain correct, je peux être très très rapide en descente (cf. 1h30 seulement pour rejoindre la route depuis la Laguna 69, Cordillera Blanca). Mais dans la descente de Choquequirao vers le Rio Blanco, j'ai vraiment été au pas à pas, marchant très lentement. Sans doute 1 h de retard sur ce qui aurait été mon planning détaillé (ce que je n'ai débuté qu'à partir de 2017 pour mes treks au Népal).
Donc pas d'excuses. En attendant que la brume libère le site archéologique de Choquequirao, je savais que mon retard serait dommageable pour mon arrivée à Maizal. Même si je n'imaginais aucunement avoir tant de mal à trouver la ferme de Valentin.
Attention à ceux qui voyagent en solo sur cet itinéraire, une cheville foulée ou pétée sur ce tronçon et vous n'aurez plus qu'a espérer qu'un groupe ou un muletier passe ce jour là (pas gagné en basse saison !),
C'est précisément en pensant à un tel aléa que j'ai été très très précautionneux lors de la descente vers le Rio Blanco. En milieu de saison (début septembre), je n'ai effectivement croisé personne hormis le jeune couple américain et le cavalier aperçu à Pincha Unuyoc.
Attention aussi au téléphone : aucune couverture réseau depuis Capuliyoc jusqu'à Huancacalle ou Santa Teresa, seulement un peu de réseau sur la haut d'une crête au col San Juan (victoria) entre Maizal et Yanama.
Je confirme la couverture en téléphonie mobile sur le Col San Juan.
Il me semble que le téléphone couvre aussi Yanama, mais je n'en suis plus sûr. En tout cas, pas d'Internet à Yanama en septembre 2016.
Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
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We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!