Nous continuons jusqu’à Nauplie, (nouvelle ville). la ville est dominé par le fort de Palamède, où fut enfermé le héro de l’indépendance Théodoros Kolokotrónis. On gravit 999 marches pour visiter L’Acronauplie. Il vaut mieux monter le matin avant qu’il ne fasse chaud, très chaud.

La vue récompense l’effort, on aperçoit la forteresse de Bourdzi, construite par les Vénitiens au XV° siècle pour protéger la ville contre les pirates des Cyclades.

Près de Nauplie, il ne faut pas manquer Epidaure, comme des fouilles ont mis à jour un petit théâtre, nous avons vu celui-ci :

Au lieu de celui-là. C’est ballot ! (merci Jean-Marc pour la photo)

En route pour Monenvasia, il y aurait une ville sur cet îlot aux paroies escarpées ?

D’abord construite comme un refuge contre les invasions, la ville au XII° siècle devient un centre commercial exportant le vin de Malvoisie (dérivé de Monemvasia). Ce cépage dérivé du pinot noir, appelé maintenant pinot gris, conquis l’Europe. Un vin blanc si doux, qu’au XVème siècle, le duc de Clarence, frère du roi d'Angleterre Edouard IV qui l'avait condamné à mort, choisit pour supplice d'être noyé dans un tonneau de malvoisie.
La ville a résisté aux croisés en 1204, mais succomba, après trois ans de siège, sainte patience. Elle passa aux mains du prince d'Achaïe que l’on disait poète.
Il faut dormir à Monemvasia. Ainsi on peut visiter, à son aise, les rues pavées les escaliers les fortifications. Dans la journée, les rues étant étroites, il est parfois impossible de passer.

Nous n’avons pas regretté d’avoir pris un hôtel dans la ville même, le soir et le matin de bonne heure, les rues redeviennent calmes. Il est alors possible de découvrir le dédale de rue et d’escaliers conduisant jusqu’à l’enceinte.

Le lendemain nous louons les services d’un porteur qui transporte nos bagages dans une brouette. Nous partons en direction du Magne. Le majeur de la main que dessine la carte. Nous allons tout au bout du doigt. Nous passons par le très beau village de village de Vatheia, toujours habité.

Une partie du village est abandonnée. Ville fantôme aux maisons de pierre effondrée, laissant de hauts pans de mur comme des tours moyenâgeuses.

Nous continuons vers le bout du Magne, où nous pouvons apercevoir la mer de trois cotés. Nous prenons une route étroite et pentue, nous arrivons à Porto Kagio. La traduction donne le port aux cailles où ces « cotumix » feraient escale. Cette anse présente un abri naturel contre la houle.

Nous serions, selon Prosper Baccuet, peintre français du XIX° siècle, au pays des Kokovougnotes, appellation mystérieuse. Dans toute cette partie de la Laconie, les maisons ont des allures de châteaux forts, les constructions récentes gardent ce style.

Un sentier conduit à la pointe, nous sommes au bout du doigt.

Sur le chemin une chapelle très simple. La porte est fermée par un simple verrou à pousser. A l’intérieur une profusion d’icônes. Chacun peut venir se recueillir ou simplement contempler ces œuvres d’art.
Nous logeons dans un petit hôtel où le patron communique en allemand. Terrasses avec vue sur le mouillage.

Dans l’auberge locale, quelques clients sont venus en voilier. Nous tentons de commander du vin en essayant d'éviter le vin de cubitainer. Quelques bouteilles, sont exposées, nous montrons celle qui nous parait digne. La patronne vient nous dire qu’elle ne peut nous la vendre au verre, puis elle revient encore s’assurer à que nous avons bien compris son prix ! Le prix serait encore attractif en France, mais là il dépasse le coût du repas pour deux personnes.
Première bonne surprise en matière de vin et dans ce village éloigné de l’approvisionnement.

En partant nous apercevons l’église à laquelle est rattaché le village. Le dôme de couleur bleue se voit de loin.

Nous faisons route vers Katacolo, après le mouillage tranquille, laissé ce matin, avec quelques regrets, voici ce que nous découvrons :

Nous comprenons que nous sommes dans un port d’escale de croisière. Des bateaux de plus de 330 m de long accueillant jusqu’à 7200 personnes à bord, dont 1500 travaillent. 5700 personnes qui aiment voyager ensemble, cela fait chaud au cœur ! Imaginez le débarquement dans un village de 600 habitants. Nous sommes partis assez vite trouver un hôtel près de la mer mais plus tranquille. A trois kilomètres, nous trouvons un hôtel dont l’arrière-cour ressemble à cela :

Pas trop mal mais devant c’est comment ?

Bon, en dehors de la ligne électrique et du palmier, qui n’est pas dans le meilleur axe, pour deux nuits…
Question tranquillité, il n’y aura que deux chambres occupées le premier soir. Le lendemain nous avons rencontré des représentants d’agence de voyage grecque, étonnés de nous voir dans cet hôtel, sans groupe ni accompagnateurs. Ils proposaient leur services de guide, aux croisiéristes, dans la langue des passagers (jusqu’à six langues parlées pour l’un d’eux), à des prix inférieurs à celui des visites vendues sur le bateau. Ils travaillaient, à leur mesure, au redressement de la Grèce, en concurrençant des compagnies américaines. Nous les avons rencontrés, à nouveau, à Olympie en plein travail.