Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"
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CO Cochize Globetrotter ·
bonjour,

et qu'éprouverais- tu pour ces chercheurs d'or là, tendresse, admiration, stupéfaction, colère?😉

Histoires de prospecteurs d’hier et d’aujourd’hui : l'escroquerie minière du siècle!

l'évocation de la petite manipulation, artisanale, de mon ami Ralph et de sa brosse aux brins de cuivre 🙂et l'actualité financière encore récente du scandale Madoff 😠 m'ont remis en mémoire une escroquerie, unique par son ampleur, vraiment incroyable et basée sur la technique du ''salting'' . Elle était en bonne place dans la presse du côté ouest de l’Atlantique, il y a seulement quelques années et a mis en scène une petite compagnie de Calgary, Bre-X. De ce côté ci on en a peu ou pas parlé et, bien que ce ne soit pas pour moi une histoire vécue, je ne peux pas résister à l’envie de la faire mieux connaître tant elle m’a ‘’diverti’’ . Moins peut être un ancien collègue Canadien qui, bien qu’il ne s’en soit pas vanté, a probablement cédé à la fièvre de l’or et dont les titres ont maintenant moins de valeur que ceux de l’emprunt russe du début du XX ème siècle-- Une parenthèse pour comprendre le sel de l’histoire ( si l’on ose dire) Le géologue minier- prospecteur, de par sa profession a parfois une opportunité toute particulière de franchir la ligne jaune, basculer dans le domaine délictuel: il est souvent le tout premier, avant même sa direction, à être au courant d'une découverte minière et donc à même d'acquérir à bas prix des actions qui sont susceptibles de s'envoler quelques jours plus tard : il se rend alors coupable de ‘’ insider trading’’. En Français on appelle çà un délit d'initié. Cà peut lui coûter son job, une place sur une liste noire et des poursuites ... s’il est pris bien sûr.

Le délit d’initié est une chose- on peut le rencontrer dans pas mal d’activités humaines- mais le pratiquer, en jouant sur un des mythes éternels poursuivi par l’homme, en relançant la fièvre de l’or sur du vent, avec un peu de poudre de perlin-pimpin, un culot monstre et de judicieux communiqués de presse, çà a bien plus d’allure !! Je trouve. Quitte à escroquer… escroquons dans la tradition et avec panache que diable. .Menée à grande échelle comme dans cette histoire la manipulation et le ''salting'' laissent pantois ... Madoff a battu des records dans le domaine de la manipulation financière, quelqu’un chez Bre-X a fait de même dans le domaine de la fraude minière et, par conséquence directe, boursière ce qui était bien sûr l’objectif. Madoff a volatilisé (pliff ! pliff ! pliff !) plusieurs dizaines de milliards sur plusieurs dizaines d’années, Bre-X ‘’seulement’’ quelques milliards (pliff !) mais sur, disons, trois ans ce qui, rapporté à l’année, est aussi une ‘’belle’ performance. Dans cette affaire la naiveté des tiers qui on fait confiance à Bre-X, je veux dire de ceux qui étaient censés avoir un regard critique, a atteint des sommets déroutants. - --

L’escroquerie minière du siècle tragicomédie en 9 actes : distribution des rôles principaux Le géologue : M.G. ingénieur Philippin Le chef-géologue : J.F. supérieur du précédent. Personnage truculent, haut en couleurs, verbe haut également, digne d’une bande dessinée… Le président : D.W. supérieur du précédent. Homme d’Affaires (sic !) à la limite de la banqueroute au moment ou débute l’histoire.

Acte 1/. L'affaire commence en 1987 en Indonésie, à Busang, en pays Dayak : une 'junior company'' (c'est à dire une compagnie que vous et moi avec un groupe d'amis pouvons fonder la semaine prochaine ou presque, avec un peu d’argent) réalise 18 sondages sur un prospect minier à la recherche d'or; ils n'en trouvent pratiquement pas😕

Acte 2/. La "junior company"' propose son affaire à plusieurs ''majors' (grosses compagnies canadiennes, américaines, australiennes) qui envoient des géologues expertiser le site... C'est un bide, vraiment un bide… personne n'en veut.😕 Bof !!! L'affaire est abandonnée.

Acte 3/. 1992 : une autre "junior company", Bre-X de Calgary, entre en scène. J.F. son chef géologue, envoie sur place, pour ‘’trouver quelque chose à vendre’’ M.G. qu’il connaît depuis des années, de précédentes collaborations en Indonésie même et à qui il vient de demander de rejoindre l’équipe.

Acte 4/. M.G. rentre avec des échantillons riches en or et une évaluation positive du potentiel du ‘’gisement ‘’ de Busang😎

Acte 5/ . D.W. qui se trouve alors presque complètement fauché et menacé de banqueroute s'envole vers Djakarta retrouver J.F. qui s'est déjà rendu sur place. Certains disent qu’il a dû emprunter pour ce premier voyage. La magouille apparemment se prépare… mais à l’initiative de qui? On ne sait pas trop. J’ai bien sûr ma petite idée !

Acte 6/. En 1993 un contrat est signé, Bre-X lève des fonds, achète la propriété et réalise de nouveaux forages. Le chef local est...M.G. lui-même bien sûr (sinon la combine ferait long feu) L'action Bre-X oscille alors autour de 40 cents!! (penny stock market au Canada). M.G. envoie les échantillons de sondages à un laboratoire Canadien reconnu et fiable. A noter que si l’analyse est faite au Canada, la préparation des échantillons, donc le broyage, est réalisé sur place en Indonésie, et c'est bien sûr à ce niveau que le salting, par adjonction de poudre aurifère d’origine diverse, va se produire.

Acte 7/. On a touché le jackpot!!! 😎les résultats d'analyse sont superbes. Les commentaires ont dû être chauds dans les bureaux à Calgary. Le champagne de Californie a dû couler à flots.... D'autres résultats arrivent et confortent la découverte😎😎 Les premiers communiqués de presse commencent à faire grimper les actions.

Acte 8/. En 1995 à Busang, notre compère M.G. voyant que la pompe est amorcée, en rajoute une couche ou plutôt une dose... . Des milliers d’ échantillons sont analysés et c'est l'affolement boursier 😎😎😎 A Toronto, à Montreal, à Calgary, à New York. On parle d’une des plus grosses mines d’or du monde en gestation… Tout le monde veut des actions, des particuliers bien sûr mais aussi des fonds de placements dont plusieurs fonds de retraites Canadiens. .. Bre-X a grimpé de 40 cents au départ à 296 dollars!!. La société, qui valait des pennies et qui en réalité vaut toujours des pennies, est capitalisée à plus de 6 milliards de dollars. Les ordinateurs (des géostastiticiens) tournent à en faire chauffer les disques durs pour estimer la quantité d’or présente à Busang.. . Un cabinet bien connu et réputé donne sa propre estimation potentielle du gisement: près de 25 milliards US!! Ouh là... là, çà commence à être chaud, vraiment chaud. Le Président Suharto entre dans la danse, il en voudrait bien sa part... le reste de sa famille aussi. Pendant ce temps nos trois compères, à ce niveau on n'ose plus parler de Pieds Nickelés, ce n'est plus de l'artisanat, c'est de l'industrie, donc disons nos trois chevaliers d'industrie, MG, JF et DW ne se sont pas appauvris 😛 MG la cheville ouvrière de l'aventure, pèserait au moins une trentaine de millions de dollars, JF lui certainement bien plus puisqu’il vendra pour 87 millions de dollars d’action Bre-X à l’automne 1996 juste avant la débâcle ; comme par hasard bien sûr. DW on ne sait pas.

Acte 9/. Au début de 1997 l'action est à son plus haut niveau🙂, En mars, MG dont les nouveaux moyens financiers devaient lui permettre sans trop de peine de nourrir ses quatre épouses... se jette par la portière d'un hélicoptère au dessus de la jungle indonésienne🏴‍☠️.. . peut-être l’a-t-on un peu aidé. On retrouvera son corps, quatre jours plus tard presque entièrement mangé par les animaux. Il sera identifié par deux molaires et l’empreinte d’un pouce…hum ! est- ce bien son corps que l’on a retrouvé ou coule-t-il des jours paisibles quelque part ? par exemple au Brésil pays d’où une de ses épouses dit avoir reçu un virement en…2006 Une compagnie américaine, associé pressenti de Bre-X pour développer le gisement est un plus curieuse que tout le monde, elle fait analyser ses propres échantillons. Les échantillons sont amenés sous garde armée au laboratoire et là... c'est la catastrophe: l'or est présent en quantités insignifiantes (retour aux conclusions d'avant 1992) 😕 La fraude est débusquée.. bien entendu tout les actionnaires veulent vendre😠😠 . l'action tombe de 296 dollars à trois cents, les actionnaires on tout perdu... et c'est la banqueroute

Epilogue DW file aux Bahamas 🙂 où il meurt l’année suivante c'est-à-dire en 1998 en protestant de son innocence. De mort naturelle dit-on, mais peu après que des truands armés et masqués aient tenté de lui soutirer son argent. Poursuivi pour la fraude JF qui lui a établi résidence aux îles Caiman🙂 proteste aussi de son innocence: il n'est pas prouvé qu'il en ait eu connaissance ! C'est la conclusion sérieuse atteinte au tribunal. Tout çà serait donc la faute de MG qui a été bouffé par les cochons sauvages depuis. Il n'était vraiment pas très curieux de ce que bricolaient ses subordonnés ce chef-géologue . Pour moi cette ‘’ignorance’’ est encore plus incroyable que toute la manipulation boursière qui en a suivi. Egalement poursuivi pour délit d'initié il est reconnu innocent là dessus aussi en 2007. Conclusion :si vous avez un jour besoin d’un bon avocat, demandez lui donc le nom du sien, il doit être diablement efficace!!!

Moralité de l'histoire: y’ en a pas !. Mais bon sang, il y a, par contre, là matière à concocter un film passionnant. Or, exotisme, jungle, village de Dayaks perdu dans cette jungle, avec plein de petits cochons qui courent dans tous les sens, bonnes œuvres de Bre-X qui y apporte électricité et autres signes de progrès, héro aux multiples épouses, tractations au Palais présidentiel, et même dit-on intervention d’un ancien Président US auprès de Suharto, micros dans les chambres d’hôtels des cinq étoiIes de Djakarta, , détectives privés embusqués au bar, espionite, contre-mesures électroniques, écrans d’ordinateurs qui moulinent les chiffres, cambriolage des bureaux de Calgary, incendie ( bien malencontreux ) du laboratoire censé abriter les échantillons aurifères stockés en Indonésie, ambiance…puis chute depuis un hélicoptère, corps dévoré par les cochons ou disparition mystérieuse, fuite sous les tropiques…. Tout cela représente déjà pas mal d’ingrédients qui devraient pouvoir être arrangés à la sauce hollywodienne de manière à faire un bon film d’aventures … . En effet ne vient-on pas d’apprendre que l’affaire Madoff va être portée au cinéma. Pourquoi pas l’affaire Busang ? mais…. avec une conclusion différente SVP, j'aime bien les histoires qui ont un fin morale..

Pour ceux que cette affaire à peine croyable intéresse: il existe trois livres, tous Canadiens, dont les deux qui suivent. Gold today, gone tomorrow par Vivian Danielson et James White aux presses du Northern Miner, Canada The Bre-X Fraud by Douglas Goold and Andrew Willis, McClelland and Stewart
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
ML Mlefevre Globetrotter ·
Salut Jean Paul. D'abord merci pour ces nouvelles histoires, toujours aussi bien racontées! Je ne m'en lasse pas!

Merci aussi pour le lien vers cette plaquette de vulgarisation qui est parfaite! Je me demande si les curieuses formations rencontrées dans le désert blanc en Egypte n'auraient pas la même origine que les moqui marbles : une précipitation d'hématite sur un noyau de matière organique (mais lequel?) Marie

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CO Cochize Globetrotter ·
Bonsoir,

Je n’ai jamais visité le White Desert mais j’ai évolué un peu, plus au Sud, dans le désert Soudanais . A l’ouest de Port Soudan dans les Red Sea Hills il reste encore pas mal d’or des pharaons égyptiens ou soudanais 🙂. Pas l’or de leurs bijoux mais… celui des mines d’où venaient leur matière première🙂… Et, cela n’a rien à voir, j’y ai observé des cristallisations ressemblantes, quoique bien moins belles . Celles du White Desert sont évidemment mieux connues et documentées du fait de la fréquentation des lieux et du tourisme ; on en trouve des spécimens jusque dans les rock shops d’Amérique du Nord à des prix…je n’ose pas le dire… c’est indécent😊.

Les structures étoilées ou coniques avec une patine sombre et lustrée sont certainement des pseudomorphoses d’hématite sur marcassite ce qui veut dire que l’hématite a remplacé, en gardant leur forme initiale, des cristaux de marcassite antérieurs ( même formule que la pyrite mais système cristallographique différent). Ces cristallisations acquièrent des formes très variées y compris celles en bâtonnets. Ce qui complique les choses c’est que effectivement, dans d’autres cas : la marcassite elle-même a d’abord pris la place d’ organismes fossiles (pseudomorphose) (comme tu le dis) l’hématite elle-même s’installe directement sur des organismes fossiles, en recouvrement, sans passer par l’étape marcassite ou pyrite. Le cycle de la circulation (géochimie) du fer dans la nature est assez compliquée n’est ce pas ? çà se dépose, au fond de l’océan ou dans la roche, çà se redissous dans l’eau et donc çà se déplace, çà se redépose, çà se redissous dans l’eau etc, … .On appelle çà des ‘’fronts’’

Ces structures étoilées sont en tous cas certainement différentes des simples concrétions ferrugineuses dans lesquelles l’hématite se dépose directement en tant que telle autour d’un nucleus ; comme pour les ‘’Mokis marbles’’ par exemple.

Les petites structures en bâtonnets me semblent formées d’un mélange d’hématite et de goethite (très voisine). Il est probable qu’elles ont elles aussi remplacées des cristallisations antérieures de marcassite qui revêtent, comme je le disais toutes sortes de formes. On connaît incidemment, en dehors des milieux désertiques, dans des mines et grottes, des stalagmites ou stalagtites de goethite ayant remplacé de la marcassite ce qui donne des objets semblables mais en l’occurrence, je ne pense pas que ce soit le cas.

Bonne soirée
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ML Mlefevre Globetrotter ·
Merci Cochize pour ces explications. Il n'est pas impossible que les "bâtonnets caramel" soient d'anciens stalactites ou mites car ils sont toujours asymétriques avec une extrémité évasée qui devait correspondre à leur base d'implantation. Tu penses donc que les pierres de forme spiroïde seraient le résultat d'un phénomène de cristallisation, ça m'épate! A+ Marie
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CO Cochize Globetrotter ·
Voici encore une petite histoire d’ours et de sandwichs !! pardon pour la répétition mais c'est que les ours doivent aimer les sandwichs!

Un ours peut en cacher un autre

C’était le début de l’automne sur la côte Pacifique ; la rivière qui se jetait dans l’océan à la tête de l’inlet quelques kilomètres en aval était envahie par les saumons. Pour eux c’ était la fin de l’histoire. Face au courant, pratiquement immobiles, ils semblaient pourrir vivants, de grands lambeaux de peau rose s’effilochant de leur corps et partant à la dérive au fil de l’eau. Peu esthétique. Du haut de la corniche à flanc de falaise où nous nous trouvions nous observions, sous nos pieds, les ours noirs à la pêche. A la pêche, c’est peut- être exagéré, occupés à se nourrir serait plus exact. En tout cas il ne s’agissait pas d’une pêche ‘’sportive’’ celle là, bien différente de celle où l’on voit un grizzly attraper au vol un saumon ou zigzaguer dans l’eau à la poursuite d’un autre. Il est vrai que parfois c’est le poisson qui semble se jeter dans la gueule du plantigrade, bien positionné.. Bref, ces saumons là avaient, eux, déjà accompli leur devoir de reproduction et semblaient s’offrir aux ours qui n’avaient qu’à se courber pour saisir leurs protéines. Beaucoup moins photogénique en vérité.

Vous auriez pu croire que ces ours, bien nourris, n’éprouveraient pas le besoin de goûter à autre chose que la saumon mais, c’est bien connu l’ours noir est véritablement omnivore et aime bien goûter à tout, la preuve en est….

Notre camp est alors un peu en amont, en bordure de la rivière et de la piste tout terrain qui y donne accès. Encore un tout petit peu plus en amont et au sommet d’un petit promontoire un technicien, casque métallique sur la tête, est occupé à préparer une petite saignée rocheuse qu’il ouvrira un peu plus tard à l’explosif. Sa thermo de café, et ses sandwiches au relish, dans un petit brown bag de papier sont posés sur la roche à proximité. Voilà qu’arrive un ourson, déjà de belle taille et d’apparence pas si ourson que çà. Le jeune et intrépide fouineur s’intéresse à la situation et surtout au sac de sandwichs. Notre homme court alors sus à l’ourson la clef à mollette (d’un bon 40 cm.) levée avec l’intention affirmée de lui faire lâcher son butin. L’ourson, lui a bien l’intention de mettre des sandwiches au relish à son menu. Le sac toujours dans la gueule, il dévale la piste qui mène au camp avec notre homme qui court derrière avec sa clef à molette à la main. Ils sont maintenant tout près du camp. C’est à ce moment là, que nous crions à l’intention du technicien ‘’l’ours, l’ours’’. Notre homme doit se dire : ‘’ bande d’abrutis, je le sais bien qu’il y a un ours puisque je lui donne la chasse’’. Oui… mais ce qu’il n’a pas vu c’est que derrière lui la mère arrive à la rescousse de son rejeton. Imaginez la scène : un jeune ours un sac à sandwiches dans la gueule, pourchassé par un homme casqué, brandissant une clef à molette, lui-même poursuivi par la mère ours. Aie !! Aie !! On dit que, à la différence d’une mère grizzly, l’ourse noire attaque rarement pour protéger son petit : celle-ci doit appartenir à la minorité. Tout cela cependant ne dure qu’un instant, notre pick up truck est en bordure de piste et notre homme pris de court, plutôt que d’en ouvrir la porte et de se réfugier à l’intérieur, bondit dans le plateau. L’ourse n’insiste pas et après un court geste agressif autour du véhicule rejoint son ourson….

Remarquez que le refuge d’un plateau de pickup n’est pas vraiment un gage de sécurité si l’animal a l’intention établie de s’en prendre à l’homme qui s’y trouve. Il y a quelque temps un grizzly, à l’issue d’un séjour forcé chez les Rangers, venait d’être remis en liberté en sautant depuis sa cage portée sur un plateau de pickup. Après avoir esquissé bien naturellement un mouvement de fuite vers la liberté, il se ravise et décide apparemment de faire payer sa captivité à son gardien. Il fait demi-tour et se dresse contre le véhicule, s’en prend à son ex-cage et fait chuter le tout à terre, cage et gardien auquel il inflige des blessures légères avant de prendre la fuite pour de bon.

cochize
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
ML Mlefevre Globetrotter ·
J'imagine le tableau!! Mais le technicien aurait-il vraiment mangé le sandwich parfumé à la bave d'ourson (mangeur de saumon "pourri" en plus)?! A tantôt pour la prochaine histoire! Marie
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CO Cochize Globetrotter ·
mangé les sandwichs ? oh ! que non !! tout comme dans une précédente histoire- et là c’était un sac en toile-le brownbag, bien plus fragile et finalement abandonné par le petit ours ne contenait plus rien de comestible. Mais notre homme qui s’est d’ailleurs fait engueulé par son ‘supervisor’ pour ce comportement imbécile à eu un réflexe de frustration…. j’allais dire animal. Il voulait faire payer l’ours pour avoir perturbé la journée.. Il a seulement vu que quelqu’un (de moins gros que lui) lui chipait son casse croûte et çà il ne pouvait pas le supporter; si l’animal avait été deux fois plus gros il aurait peut-être hésité, mais çà n’est pas certain. Il faut dire que dans le métier on fréquentait de sacrés personnages…

C’est d’ailleurs parfois avec des gaillards de cette trempe, mineurs, foreurs, prospecteurs, bûcherons que dans ma jeunesse j’ai ‘’perfectionné’’ mon anglais parlé après avoir quitté le Québec. J’ai donc découvert un vocabulaire fleuri dont mes 10+ années d’enseignement académique de la langue ne m’avaient pas révélé la richesse!!! __

Bon, voici une petite histoire mettant en scène un petit animal bien différent

Histoire de moufette, qu’on appelle encore bête puante du côté du Québec

Dans le bestiaire d’Amérique du Nord voilà un animal qui occupe une place à part. Pas dangereux-il ne vous mettra pas en pièces comme un grizzly ni ne vous inoculera aucun venin comme un crotale - mais cependant redouté des hommes et pas seulement d’eux. On dit que même un ours fuira plutôt que d’être aspergé du jet (hyper) mal odorant de la bestiole. On dit aussi que la moufette elle-même ne reviendra pas avant longtemps sur un endroit qu’elle a ‘’traité’’ . Ce qui est le plus étonnant c’est que cette petite bête qui suscite immanquablement un réflexe de recul et que les ruraux essaient à tout prix d’empêcher d’accéder à leur sous-sol de peur qu’il rende l’atmosphère irrespirable dans la maison, peut également être (après petite chirurgie ) un animal de compagnie affectueux, apprécié et légal, dans certains Etats. Plutôt belle allure par ailleurs avec, au Canada, sa fourrure noire aux deux bandes blanches, il porte aussi le nom de ''bête puante’’ au Québec, voire ‘’ belle puante’’ 😛 selon quelques uns, probablement par déformation du terme

Si vous n’avez jamais croisé l’itinéraire d’une moufette après qu’elle ait activé son dispositif de dissuasion olfactive il est difficile de vous faire une idée de la manière dont vos narines seront agressées le moment venu. Si sur la route votre voiture a approché une bête écrasée par un précédent véhicule vous en avez déjà une idée ; d’ailleurs avec un vent tant soit peu favorable vous avez senti la chose plus d’un kilomètre avant de la voir 😐!!! Sinon rappelez vous les boules puantes du collège ou imaginez un mélange concentré d’œufs pourris, de H2S, de charogne brûlée, d’ail hyper concentré, de pneus en combustion, dans les deux cas mettez le tout à la puissance 2 et vous ne serez pas loin du compte !!

Ces animaux paisibles sont, tout comme les ours noirs, de vrais omnivores ce qui veut dire qu’ils sont naturellement attirés par la présence humaine à laquelle ils apprennent vite à associer la quête de nourriture. Ils viennent donc communément roder autour des habitations rurales, des campements, la nuit en particulier, et font souvent des rencontres impromptues avec le chien ou le chat de la maison. Si c’est le cas votre animal de compagnie ne va pas apprécier la réaction du visiteur et va devoir subir un traitement adapté pour le débarrasser de son imprégnation😕. Et l’odeur est tenace, parole de prospecteur !!

Si vous avez repéré une moufette dans votre sous-sol ou sous le plancher de votre maison ou cabane vous allez chercher à l’en déloger sans provoquer de réactions défensives . N’essayez pas la méthode qu’un résident du Sud Ouest. avait tentée. Il avait suivi une recette lue quelque part : pour déloger la moufette de votre…. disposez des morceaux de ‘ peanut butter’ à proximité puis régulièrement espacés en direction et dans le désert. L’animal suivra la piste et peut-être ne reviendra-t-il pas sous la maison. Le truc a fonctionné mais…. dans le mauvais sens : le lendemain au lieu d’avoir une moufette sous sa maison il en avait deux.

Comme nombre de maisons assez rudimentaires construites en 2x4, c'est-à-dire en éléments de bois de 2 pouces par 4 pouces de côté, la cabane en bois du camp minier qui me servait un moment de maison d’habitation, était bâtie sur une sorte de vide sanitaire ( !!!) de 50cm de haut et rustiquement fermé par une bardage de bois qui n’était en rien étanche. Imaginez une maison sur pilotis qui seraient de 50cm de haut. Là-dessous, dans ce ‘’vide sanitaire’’ 😕 les multiples occupants précédents du camp qui s’y étaient succédés durant les deux décennies antérieures avaient entassé probablement 2000 bouteilles de bière vides, pas loin d’une centaine de bouteilles de gin, autant de bouteilles de bourbon, quelques dizaines de bouteilles de whiskey, une variété de boîtes de conserves et plein d’autres choses délicates …. Ce genre de lieu, outre le fait qu’il sert souvent de dépotoir, est une invitation à s’y abriter pour toutes sortes de bestioles telles que les rongeurs donc, dans la logique de la chaîne alimentaire, crotales mais aussi …….moufettes, enfin tout ce qu’on appelle là bas ‘’critters’’

Et c’est bien dans ces circonstances qu’a eu lieu ma première rencontre avec la bête puante …..un soir j’en aperçois une se glisser furtivement sous la maison !! nous voilà bien…😐 d’ici à ce qu’elle décide d’y faire son nid et d’y abriter la petite famille à venir!!😠 Plutôt anxieux de déclencher l’aspersion dont je n’ai alors qu’une connaissance livresque, mais ne sachant alors trop que faire, je choisi de ne pas l’en chasser et de tenter la cohabitation. Résumons donc calmement la situation: j’ai un squatter redoutable occupant le niveau 50 cm. sous ma chambre à coucher dont il n’est séparé que par un plancher suspendu, à peu près aux normes de la dernière ruée vers l’or, autant dire qu’il n’est pas très isolant… . Je ne sais pas grand-chose des meurs de notre bête puante ? comment ne pas l’effrayer et la provoquer ? est-elle dérangée par le bruit quand elle dort, comme nombre de mes propres congénères ? que de questions sans réponses.. Hum… par prudence nous ne nous entraînerons pas au clog-dancing (danse en sabots de bois ) avec nos collègues de Nouvelle Angleterre qui occupent la cabane voisine, pendant quelque temps, décidons nous et la prochaine fois que nous descendrons en ville dans la vallée pour nous y approvisionner, nous essayerons de nous renseigner sur la conduite à tenir. Heureusement, remarquons nous, nous n’avons à ce moment ni chien ni chat susceptible de provoquer par une curiosité intempestive notre squatter. Certes oui… mais le samoyède d’un des mineurs qui nous rend visite tous les matins … que se passera-t-il s’il le rencontre ou va fouiner sous la maison ? Les jours qui ont suivi se sont déroulés dans une curieuse et cruelle incertitude mais la moufette ayant d’elle-même décidé de déménager, la cohabitation s’est terminée sans que nous ayons à traverser l’épreuve tant redoutée.

La seconde rencontre, quelques années plus tard dans un camp de tentes, s’est moins bien passée. La moufette attirée par les déchets alimentaires qui n’avaient pas encore été brûlés a fouiné un peu partout et en passant à proximité d’une tente a fait la rencontre du chien d’un géologue… le pauvre chien a fini par en prendre une dose et il n’était pas fier😕 … Je ne vous parle pas du travail que le collègue a eu, lui, pour ‘’désodoriser’’ son chien. Accessoirement le jet de la moufette avait atteint des vêtements qui séchaient près de la tente et, devenus irrécupérables dans les circonstances, ils ont fini incinérés avec les déchets. Traitement définitif…

purification définitive

Si vous êtes un jour vaporisé il y a heureusement des solutions moins radicales que le bûcher, des recettes et des produits commerciaux pour ‘’désodoriser ‘’, vous- même, vos vêtements, votre chien et votre maison. Pour les vêtements certains préconisaient fut un temps de les nettoyer d’abord puis de les enterrer pendant une semaine afin que la terre absorbe l’odeur. Mais la maison, elle c’est évidemment plus compliqué…

Je vais vous indiquer un truc que j'ai imaginé sans avoir jamais eu à m'en servir et qui pourra peut être un jour vous permettre de retrouver votre dignité si vous rencontrez une moufette d’humeur belliqueuse, que vous êtes atteint par son jet et que vous campiez sur un site argileux, par exemple les argiles rouges du Sud ouest Américain. Enduisez vous de boue d’argile et gardez cet emplâtre le plus longtemps possible ou mieux, prenez un bain de boue, immergez vous quelques heures dans l’argile mouillée. Le fort pouvoir absorbant et adsorbant de l’argile va récupérer les molécules malodorantes présentes sur votre peau.

Vous me direz ensuite si çà marche aussi bien que cela devrait en théorie !!
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
CO Cochize Globetrotter ·
bonjour et meilleures salutations estivales🙂,

Mon plus vieux chien, qui était à moitié paralysé, vient de rejoindre les terrains de la chasse éternelle. Le départ de ce vieux compagnon m’a remis en mémoire ma première rencontre avec les Labradors.

De la supériorité du Labrador sur le Caniche dans la vie d’un prospecteur

Il y a de çà quelques années un visiteur me demandait pourquoi mes trois chiens étaient des Labradors. Effet de mode ?. Cette remarque m’ ayant quelque peu agacé et j’avais entrepris de lui conter l’origine, toute personnelle, de mon affection pour les Labradors, qui ont cependant beaucoup d’autres atouts dans… leurs pattes.

Cette année là j’avais engagé Stan pour un site de recherche dans les montagnes du Nord de la Colombie Britannique près de la frontière avec le Yukon. Outre sa compétence professionnelle il était aussi titulaire d’un ‘’Blasting Ticket’’, sorte de Certificat de compétence établissant qu’il savait et était autorisé à utiliser les explosifs industriels par exemple pour ouvrir une tranchée, abattre des rochers instables ou faire sauter un barrage d’arbres flottés obstruant une rivière, inondant l’amont et empêchant le passage à gué et surtout , il était habitué à travailler en solo et disposé a passer l’été entier en montagne dans des conditions frugales comme nous-mêmes. Mais il avait une exigence, une seule : il demandait que l’on ‘embauche’ son Labrador avec lui. Bien sûr on ne lui paierait pas de salaire mais on le nourrirait et surtout on le transporterait. Cette petite bête était bien un Labrador mais d’une stature plutôt impressionnante. Peut- être parce qu’il venait des confins de l’Alaska pays qui comme on le sait est le vrai pays du ‘’big’’. On y trouve les plus gros ours bruns (les Kodiak) les plus gros orignaux ( un panache pouvant atteindre 2 mètres d’envergure ) les plus grosses loutres de mer, les plus gros crabes (le king crab dont l’envergure, pattes déployées, flirte avec le mètre et qui est à l'origine de cette classique et délicieuse combinaison qu'est le ''king crab legs and filet mignon dinner'') les plus gros brochets, les plus gros saumons (le chinook ou king salmon )les plus grands loups, et même….. les plus gros choux … de quoi faire une bonne soupe ou une sacrée potée. Et probablement plein d’autres choses…

Bref cette petite bête, répondait au doux nom de Dammit, pesait un bon 65 kgs. et était bien plus musculeuse et puissante qu’un autre chien du camp de base, un berger allemand , qu’incidemment elle avait failli étrangler un jour de bisbille pour une question territoriale. Dammit, étrange nom pour un fidèle compagnon; il avait dû lui être donné le jour d’une prouesse surprenante de la part du chiot qu’il était alors, si surprenante, peut-être une grosse bêtise, que son maître en était resté ébahi (damn it !). Ce jour de bisbille donc, refusant de céder aux coups du balai qui s’était brisé sur son dos, au seau d’eau versé sur la tête, Dammit maintenait obstinément sa prise sur le cou du berger allemand qu’il avait saisi dans sa gueule🏴‍☠️. Il avait fallu que Stan lui empoigne les testicules et tire vigoureusement dessus pour qu’il lâche prise finalement😕. Dammit m’étonnait par la taille des rondins de bois qu’il transportait ou des arbres tombés qu’il traînait par la gueule. Stan disait de lui ‘’ my dog thinks big !’’

De par sa stature et son poids Dammit prenait évidemment la place d’un passager dans les rotations hélicoptères en montagne ce qui n’était bien sûr neutre en termes de coût.. Je me souviens avoir fait une remarque stupide du genre ‘’ çà serait plus simple si vous aviez un caniche’��. Stupide remarque bien sûr et quelques semaines plus tard je me suis trouvé bien heureux d’avoir ses 65 kgs calorifugés. Stan m’avait évidemment rétorqué une nouvelle fois que c’était lui ET son chien ou personne. D’ailleurs avait-il ajouté à quoi me servirait un caniche si un ours venait rôder près de ma tente. Pfiff !!! Il pensait que son compagnon non seulement pouvait donner l’alerte mais avait de plus suffisamment de présence et d’entregent pour dissuader un intrus tel qu’un ours, en tous cas le temps qu’il empoigne sa carabine si nécessaire. Mais cet aspect des choses rentre dans une autre discussion….

Bon.. le Labrador signe son contrat d’un vigoureux tope la, et… hops !!!! au boulot comme tout le monde…

Stan et Dammit s’installent pour une bonne semaine dans un petit cirque de montagne. Quelques jours plus tard une certaine journée d’été je leur rends visite un peu après midi, mon intention étant de ne rester qu’une paire d’heures. Il est donc convenu que le pilote de l’hélicoptère me récupèrera vers 15 heures. Seulement voilà, les urgences auxquelles un pilote doit répondre priment sur les agendas internes et mon pilote se trouve retenu pour une urgence sanitaire jusque vers 17 heures. Entre-temps, c’est banal en montagne, le temps à brusquement changé. Un épais brouillard glacé cerne et envahit le cirque , nous entendons l’hélicoptère approcher puis tourner autour du cirque mais, malgré plusieurs passages il lui est impossible d’en trouver l’entrée. Le brouillard est si épais que ce serait suicidaire d’insister tant les parois rocheuses sont proches et le passage étroit.

Il va me falloir passer la nuit sur place. Pour la nourriture cela ne pose pas de problèmes les réserves de Stan sont surdimensionnées d’autant que je viens de lui apporter un paquet de T-bones maintenant enfoui au plus profond de la congère de neige voisine rescapée de l'hiver passé. Mais pour dormir … ? Stan à sa tente, mais, de type Igloo, étanche, isothermique, gonflable, etc… elle est, malheureusement pour moi, strictement individuelle. Il y a une autre tente , plus grande à côté de celle de Stan , c’est celle de Dammit, elle sert aussi d’abri pendant la journée et pour manger ; elle est loin d’être étanche, elle serait plutôt ouverte à tous vents. Je regarde au fond de mon sac, damnation! (ou damn it! si l’on préfère)…. comme les jeunes écervelés que j’essaie de former je suis parti ‘tout nu’ sans ma couverture aluminium de survie😠 sans même un vêtement chaud digne de ce nom.!!. Pas d’échappatoire, il va falloir que je demande l’hospitalité à Dammit. J’espère qu’il acceptera de partager sa tente et sa couverture avec moi….

C’est donc cette nuit là, passée blotti contre Dammit, que j’ai apprécié ses 65 kgs calorifugés. Qu’est ce que j’aurais foutu d’un caniche de 5kgs. en effet ? Et en fin de compte l’avantage de dormir avec Dammit plutôt qu’avec Stan était double : il ne ronflait pas et, comme tout canidé, il affichait 39° 🙂au lieu de 37° comme un homo sapiens.

C’est aussi cette nuit là que je me suis dit promis de renvoyer l’ascenseur et rendre leur hospitalité aux Labradors dès que j’en aurais l’opportunité. Les miens, ceux qui me tiennent compagnie actuellement, ne sont pas aussi puissants que Dammit… mais l’un deux, cependant bien moins lourd que moi, m’a malgré tout traîné sur plusieurs mètres par sa laisse un jour oû il avait envie de rejoindre un congénère.

L’amitié et la collaboration du prospecteur et de son chien est une vieille affaire. Le chien est un compagnon et il porte sa part de charge. Regardez par exemple la première photo ; elle a été prise au Yukon (Klondike) en 1896. Le chien porte toute la batterie de cuisine du prospecteur. La seconde photo a aussi été prise du côté du Yukon une bonne centaine d’années plus tard par un confrère. A suivre : petites histoires de la ‘’dry belt’’ de Colombie Britannique et du Washington
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Aaaaaaah!... Quel plaisir de retrouver tes histoires, elles me manquaient! 🙂 🙂 🙂 J'espère que tu en as encore tout un tas comme celle-ci! Je ne sais plus à la suite de quelle mésaventure, il y a longtemps, on avait décidé d'acheter des couvertures de survie, que l'on traîne de voyage en voyage, au cas où... mais j'ai toujours été dubitative devant ces minces feuilles d'aluminium. Tu penses que ça aurait pu te protéger suffisamment du froid? A bientôt 😉, Pascale
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CO Cochize Globetrotter ·
...et bien concernant la feuille d'aluminium je ne saurais trop le dire; si j'en avais, en principe toujours une au fond du sac je n'ai jamais eu l'occasion de m'en servir. Un bon feu de bois est certainement mieux ... à condition bien sûr que l'on se trouve en dessous de la ligne des arbres et pas au dessus ... D'autres ont peut-être eu à en utiliser..

jean-paul
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
CO Cochize Globetrotter ·
bonjour,

voici le récit d'une rencontre avec un prospecteur malchanceux

Petites histoires de la Dry Belt de Colombie Britannique : rencontre avec ‘’Double Rhum’’ le prospecteur malchanceux

Ce village Canadien tout près de la frontière entre Colombie Britannique et Washington, se trouve dans l’extrémité septentrionale du ‘shrub desert ‘ qui s’étend depuis le Mexique , traverse Nouveau Mexique et Arizona , le Nevada, une partie de l’Utah , l’Eastern Oregon , l’Eastern Washington pour finir dans le sud de la Colombie Britannique (disons vers Kamloops pour donner une idée) où il est connu sous le nom de Dry Belt , localement sous celui de Little Arizona , ce qui dit bien ce que cela veut dire tant au niveau des paysages que du climat. Ce ‘’shrub desert’’ étiré sur plusieurs milliers de kilomètres s’insère donc pour une bonne part, entre Rocheuses à l’Est et Chaînes Côtières et Cascades à l’Ouest.

Dans ce domaine de terrains peu végétalisés, souvent dénudés et de forts contrastes thermiques certains phénomènes sont bien plus visibles qu’ailleurs. Il est ainsi parcouru de ‘’dust twisters’’ sortes de mini ou micro tornades de sable et de poussière, parfois curieusement zigzagantes (tel le Diable de Tasmanie du dessin animé!) souvent fugaces et évanescentes qui semblent s’évanouir tels des esprits joueurs pour se reformer un peu plus loin. De fait ces dust twisters, qui ne dépassent souvent pas un mètre de diamètre et quelques mètres de haut tout en pouvant cependant atteindre des dimensions bien plus conséquentes (photo) sont aussi connus dans le Sud Ouest Américain sous le nom de ‘’ dust devils’’ ou ‘’dancing devils’ . Ils passent pour la manifestation d’esprits dans la tradition Amérindienne, notamment Navajo, bons ou mauvais esprits selon le sens de leur rotation d’ailleurs.

Ce ‘shrub desert ’ a depuis longtemps été colonisé par le Western rattlesnake que l’on trouve jusqu’à une altitude étonnante dans l’Okanagan de Colombie Britannique sous la variante du Northern Pacific rattlesnake et qui semble s’être adapté à des températures assez basses. Je me souviens en avoir vu un, bien vivant, à la surface du sol en forêt et en altitude, n’ayant donc pas encore hiberné alors que les premières neiges d’automne venaient de tomber. Quoique visiblement peu alerte il s’est instantanément lové, en position de défense.

Cette région a aussi été, beaucoup plus récemment, colonisée par une autre icône de l’Ouest, allochtone elle, ‘’tumbleweed’ la bien nommée. Desséchée, plus ou moins sphérique, elle peut, comme au cinéma, être gentiment roulée par la brise ou bondir comme une balle de squash, contre la porte du motel quand le vent souffle fort, au printemps notamment, et finit par s’accumuler en monceaux inextricables contre un obstacle tel qu’un clôture :

Je m’y trouvais alors, dans ce cadre, en début d’été. Après la journée passée sous le soleil brûlant des montagnes un arrêt à la taverne locale était devenu un passage non pas obligé quand on a de la bière fraîche au réfrigérateur au motel mais bien tentant malgré tout.. Non pas que la taverne fût d’un abord particulièrement attirant , le bâtiment tout à fait anonyme, dans la rue principale n’avait même pas un enseigne colorée engageante au nom évocateur hérité de la tradition anglaise et que l’on trouve occasionnellement en B.C. Mais la pression, c’est quand même plus rafraîchissant que la canette

Cette taverne était le genre d’établissement où il fallait un bon moment à vos yeux pour s’habituer à la pénombre quand vous arriviez de la lumière crue de l’extérieur et dans lequel la country ou la blue-grass règnait en maître tandis que , sur une estrade, de jeunes femmes court vêtues les ‘’go-go dancers’’ s’évertuaient à créer une ambiance en s’agitant confusément dans tous les sens ce qui semblait laisser plutôt amorphes les habitués plus préoccupés par le contenu de leur verre et pensant probablement au moment où ils devraient ressortir dans la fournaise extérieure. A peine étiez vous assis que, sans que vous ayez eu le temps de demander quoique ce soit, une serveuse presque aussi désabusée que ses clients, déposait devant vous deux grands verres. A peine aviez-vous fini de boire le premier qu’elle était de retour avec deux autres et ainsi de suite…. Le consommateur devait toujours avoir deux bières pleines devant lui, manière de maintenir …. la pression. En conséquence de quoi, la bière étant comme on le sait un diurétique éprouvé, le va et vient devant le ‘’men’s room’’ ne faiblissait pas.

Parmi les habitués de cette pénombre un peu ambigüe figuraient toujours deux ou trois ‘bras cassés’ du type de ceux qui- dans le temps- devaient fuir par derrière en renversant leur chaise dans leur précipitation dès qu’ils voyaient entrer les agents du Forest Service à la recherche d’hommes valides, de 18 à 50 ans, pour aider à combattre le nouvel incendie de forêt . Et puis il y avait aussi les piliers de taverne qui eux n’auraient jamais risqué d’être réquisitionnés tant leur inaptitude à se rendre utile était flagrante pour raison d’imbibition permanente. J’avais fait la connaissance de l’un de ces personnages dont le vrai nom était Pete mais que j’avais baptisé ‘’Double-Rhum’’ -bien que son quotidien fût plutôt fait de bières et accessoirement de gin- en souvenir d’un personnage de bande dessinée de mon enfance. Tant par son physique buriné, sa démarche souvent approximative , son accoutrement souvent hétéroclite, que par son discours souvent dilué dans la bière il incarnait à mes yeux le vieil alcoolique sympathique qui fait partie de la galerie de personnages de la ‘’mythologie’’ de l’Ouest . Il en était une caricature presque aussi achevée que le personnage de la B.D. Un jour, mon accent l’ayant intrigué, nous avions lié conversation et les jours suivants je me dirigeais directement vers sa table pour écouter les histoires qu’il contait inlassablement à tout auditoire bien disposé . Bien sûr pour les gens du village c’était un vieux radoteur, un ‘drivelling old fool’ un peu timbré, ce qui était probablement un peu vrai mais pour moi, il représentait un peu du sel de l’Ouest .

Quoique ayant passé la plus grande partie de sa vie dans l’Ouest Pete était originaire de l’Est qu’il avait quitté dans sa jeunesse dans l’espoir de faire fortune en prospectant le cuivre et l’or . Les grands classiques, il en connaissait la plupart, disait-il, les Cariboos, le Kootenay, la Fraser, la Higland Valley, le Klondike, le Nevada, la Californie avaient tour à tour porté ses espoirs. Des ‘’claims’’ c’est à dire des droits miniers, il en avait ‘piquetés’ un peu partout . Les ‘mother lodes’ mythiques ayant alimenté nombre de placers de la Province il les avait aussi traqués, comme les chevaliers d’une autre époque le Saint Graal.. . mais il était resté comme la majorité de ses collègues et comme dans la chanson de Charles Aznavour un de ceux à qui la chance n’avait jamais souri. A la différence de son collègue (le prospecteur intrépide dont j’ai raconté l’histoire il y a quelque temps) il n’avait jamais pu s’acheter d’hydravion pour se déplacer. Maintenant il rêvait encore de ce que cela aurait pu être…L’âge venu, il s’était mentalement rabattu sur la recherche des trésors cachés dans la région même, ceux que la tradition orale disait être enfouis à la suite d’un hold- up de banque, de diligence, de l’attaque d’un convoi de mules le long du canyon de la Fraser, à la fin du XIXème siècle ou encore à la suite du crash d’un avion gouvernemental chargé d’or récupéré des Nazis vers la fin de la seconde guerre mondiale. Il était de ceux pour qui le village de Cache-Creek, carrefour routier sur la Transcanadienne, ancienne cache pour la ‘grande trappe’, que beaucoup de voyageurs traversent entre Vancouver à Calgary , devait son nom à un butin caché par un ‘’outlaw’’ des années 80 et il avait encore sa petite idée des endroits où le butin pourrait être enfoui.

Il avait une sorte d'obsession , il revenait toujours et c'était bien avant que mon travail m’amène dans cette Province, sur les Badlands du sud Saskatchewan, encore connues sous le nom de Muddy Badlands, à cheval sur le Montana, repaire des outlaws, desesperados, de toute spécialité, de tout acabit, pilleurs de banques ou de diligences voleurs de chevaux ou de bétail, hantés par de célèbres fantômes dont ceux de Butch Cassidy et le Sundance Kid ( notez que ces deux là devaient être doués d’ubiquité car on retrouve trace de leur passage un peu partout). C’était apparemment une sorte de sanctuaire-refuge, un autre ‘robbers roost’ , le terminal d’une véritable ligne que les outlaws de l’époque avaient aménagée, organisée un peu comme une ligne de diligence, avec des caches, sinon des relais, préalablement préparées du sud au nord à travers toute l’étendue de l’ouest des Etats Unis . Son idée était que le long de cet itinéraire de plusieurs milliers de kilomètres il y avait sûrement des caches, des butins enfouis restant à trouver… Certes un bon nombre de cherche-fortune avait déjà essayé avant lui mais avec du matériel rustique, des ‘’poêles à frire’’ peu sensibles du type de celles que l’on trouvait alors à l’Army and Navy près de Gastown à Vancouver, sur Cordova. Il était persuadé qu’avec le matériel beaucoup plus sensible des professionnels (vos machins à protons disait-il ) tels que celui que j’utilisais, nous serions à nous deux en mesure de nous enrichir.. Aussi fascinants que fussent ses brumeux projets je n’étais évidemment pas en mesure de l’aider à les réaliser; à défaut je luis payais donc ma tournée de ‘draft’ ce qui lui procurait au moins une petite satisfaction immédiate et l’aidait à oublier l’injustice de ce monde.

Un vrai personnage Pete , tous des sujets de Westerns ses récits ….un vrai office du Tourisme pour passionnés d’histoires de l’Ouest , pas forcément made in USA Par exemple un autre de ses récits favoris était l’histoire de ce Pasteur qui vers la fin de l’Ouest ancien , puisque c’était autour de 1912 , officiait dans une petite communauté de Colombie Britannique dépourvue de station de la RCMP . Ce remarquable homme d’Eglise, dépassant les six pieds sous la toise, se trouvait aussi être une sorte de vétérinaire et surtout, c’est le sel de l’histoire, tireur émérite. A la différence de Bossuet c’est cette dernière qualité, plus que la teneur de ses prêches, qui l’a fait passer à la postérité. Rentrant chez lui après un service religieux et apprenant qu’une demie douzaine de hors la loi venait d’attaquer la banque locale, il aurait troqué sa Bible contre son fusil Enfield pour joindre le ‘’possee’’ chargé de les rattraper et, pris dans une fusillade aurait, en quatre balles tirées, abattu quatre des fuyards. Plus fort que Robert Mitchum dans ‘’5 Cards stud’’ (Cinq cartes à abattre) du fameux Henry Hathaway de 1968 !!!

Au fait ceux qui passeraient par hasard dans le Sud Saskatchewan, dans le coin des Muddy Badlands à Coronach au sud de Regina, et qui souhaiteraient en savoir plus sur la saga de la ‘’Outlaws trail’’ peuvent s’adresser au ranch ci- dessous pour une visite guidée. Mais téléphonez avant: vous aurez noté , en passant la mise en ambiance dès la grille d’entrée du ranch !!
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Hello Jean-Paul! 🙂 🙂

Contente que les premiers frimas t'aient fait rentrer au coin du feu pour continuer à raconter tes histoires 😉.

Je ne savais pas ce shrub desert était si étendu du nord au sud... Effectivement nous avons déjà vu de ces tumbleweeds, peut-être bien au Nevada (?), et aussi des dust twisters, surtout le long de la Hwy 50.

J'ai encore adoré cette histoire si bien racontée! Merci!! 🙂

Pascale
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ML Mlefevre Globetrotter ·
Merci Cochize pour cette nouvelle chronique du sud-ouest profond! C'est toujours un régal, on se croirait au cinéma car tu racontes si bien que les images nous sautent aux neurones! A bientôt j'espère pour une nouvelle histoire! Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
CO Cochize Globetrotter ·
La chasse au géologue est-t-elle ouverte ?.....

les collines autour de ma maison résonnent depuis quelques jours des cris et des coups de fusils de chasseurs : la chasse au sanglier est ouverte dans la garrigue. Les journaux parlent des problèmes liés à une surpopulation indiscutable par rapport aux activités agricoles voisines. La chasse est une solution partielle au problème, j'en parle en indépendance n'étant moi-même ni chasseur, ni agriculteur......

Mais un corollaire au sujet est celui de l'accident de chasse : y-aura-t-il des morts cette année ? Ou combien y en aura-t-il ?

Ce qui me ramène à l'esprit d'autres histoires de chasse...

Aux Etats Unis, la profession sujette à toutes les blagues, la cible professionnelle privilégiée des dessinateurs humoristes est probablement celle des avocats.

Parmi les thèmes utilisés j'aime bien celui de de la ''lawyer hunting season'' ( Season). A ce moment là de l'année les citoyens nourrissant une rancoeur tenace contre un de ces hommes de loi seraient en mesure de lui trouver un exutoire grâce à la chasse.

L'ancienne candidate à la présidence Sarah Palin et ex-gouverneur d'Alaska était réputée être capable non seulement de chasser l'orignal mais encore de le vider, de le découper etc... toutes choses faites sur place, ce qu'en anglais on désigne sous le nom unique de ''field dressing''. Et ce n'est pas une mince affaire.... Peut-être que la réputation était un peu au delà de la réalité !!

Il se murmurait aussi que la même Sarah Palin était capable d'en faire autant à un avocat. Donc en saison, avocats d'Alaska ...restez en ville….

De ces choses là j'ai connaissance parce qu'avec un vieil ami, attorney de Denver, plein d'humour nous échangeons de temps en temps des morceaux choisis.....

Revenons en à l'époque de l'histoire…. Dans le Nord de la Colombie Britannique

En ce qui me concerne, n'étant pas avocat, je pensais que je risquais rien mais un jour de septembre, la chasse à l'orignal étant ouverte, j'ai bien cru que la chasse au géologue l'était aussi.

Dans la région des Skeena et Stikine cette belle journée ensoleillée je me trouve seul en forêt. Un première ondée neigeuse a saupoudré le feuillage la campagne d'été tire à sa fin.

Un hélicoptère vient de me lâcher et doit me reprendre en fin de journée, une douzaine de kilomètres plus loin. Avant de me déposer il a d'ailleurs survolé le point de ''sortie'' prévu pour s'assurer qu'il pourra s'y poser en fin de journée.

Je sens que la journée va être superbe et je suis …. enfin seul ! Je fais de temps en temps une entorse à la procédure auto-imposée qui consiste à ne pas envoyer un homme seul en forêt ou en montagne mais c'est tellement agréable de se retrouver en solo en n'ayant personne d'autre à gérer que soi-même . Vous ressentez alors, en ce moment privilégié, un sentiment de grande liberté pendant une journée au cours de laquelle vous êtes coupé des em...... quotidiens. En principe pas un être humain dans les 50 kilomètres et peut-être 100. La sécurité n'est pas négligée, le pilote sait où je me trouve et j'ai laissé mon itinéraire sur une photo aérienne au camp.

Sac au dos, à la boussole Sylva qui pend à mon cou je marche droit, j'espère, vers le point que j'ai l'intention d'examiner. Végétation certes peu dense de sapins, épiceas, bouleaux et autres essences mais végétation malgré tout, ce n'est pas le terrain dégagé de la montagne à plus haute altitude ou de la toundra à plus haute latitude.

Les seuls bruits sont ceux de mes pas et des brindilles ou branchages morts qu'il brisent de temps à autre. Il est loin le temps oû je marchais en chantant pour... avertir la faune locale de mon arrivée. Pas d'appel d'animaux ou d'appelant, rien qui pourrait indiquer la présence d'un gros animal ou d'un autre humain à proximité. Sé-ré-ni-t-é !!

J'ai à la ceinture , d'un côté mon couteau, une boussole de précision et mon marteau et de l'autre mon Ruger 44 Magnum pour lequel la Gendarmerie Royale (RCMP) de Victoria m'a accordé un permis de port tant que je reste dans le secteur géographique opérationnel défini par la licence (Omineca, Skeena, Stikine). J'appartiens à une génération qui connait encore peu la bombe à poivre et surtout pour laquelle ce gadget ne remplacera jamais un gros calibre en cas de situation vraiment délicate (si on le maitrise suffisamment bien, évidemment)

Et soudain deux coups de feu claquent, le tir d'un arme puissante, pas celui d'une 30x30.

Pas loin d'ici mais heureusement en hauteur une balle au moins a touché un branchage , des débris sont tombés de l'arbre . N... de D... Un troisième coup de feu passe plus loin, je ne sais trop où. Je suis déjà à terre et d'instinct lâche en l'air trois ou quatre coups du Ruger, le plus vite possible et en même temps hurle je ne sais plus trop quoi à l'intention du tireur invisible. Probablement dans la gamme S.O.B et synonymes approchés... Et j'attends ...en rechargeant mon arme. On ne sait jamais..

Ce qui vient de se passer est très certainement le fait d'un chasseur imbécile qui, arrivé comme moi par les airs, s'est crû seul au monde et a fait feu en direction d'un bruit provoqué par la progression d'un animal... croyait-il. Toutes les années il y a des morts liées à l'incompétence de tels individus. Chez nous dans la garrigue ou en forêt ils croient tirer sur un sanglier -qu'ils ne voient pas- et tuent un confrère. Ailleurs c'est en chassant l'orignal.

Mais en regardant alentours en prenant conscience de l'environnement je suis un peu inquiet. Qu'une balle au moins tirée d'une longue distance par une arme de chasse puissante ait pu '' voyager'' jusque dans mon voisinage avant de percuter un obstacle voilà qui est étonnant. Comme je disais la végétation arboricole n'est pas dense mais il y en a une et d'autres arbres auraient du arrêter un projectile venant de loin. D'un autre côté il n'y a pratiquement pas de sous bois et la visibilité à distance est plutôt bonne. Je ne vois rien de particulier aussi loin que je regarde.

C'est donc peut-être autre chose … Peut être que des abrutis essaient de rejouer ''Deliverance'' . Peut-être que... mon chemin a croisé celui d'un cinglé. Près de dix ans auparavant au Québec, un jeune collègue doctorant Indien de Bombay J.D.C . qui avait trouvé refuge pour la nuit dans la cabane d'un garde-feu solitaire avait été fusillé à bout touchant en pleine poitrine, avec une 22, endormi dans son sac de couchage par son hôte apparemment pris de folie et qui avait pris la fuite en canoe. Son guide l'ayant chargé dans son propre canoe l'avait conduit en pleine nuit à un camp en aval d'où un Beaver l'avait emmené sur Chicoutimi. Opéré en urgence, un poumon plein de sang, il s'en était sorti mais de justesse.

Bref ! Sur le moment j'ai autre chose à faire que de me livrer à ces disgressions. J'attends, toujours couché, combien de temps.... ? je ne m'en souviens plus. Ce qui est sûr c'est que je n'entends plus rien... ou bien le tireur en face en entendant tonner le Ruger a eu honte de son inconscience et a fui ou bien -si c'est un cinglé- il s'est dit que le gibier n'était pas sans arguments. ....et il a fui aussi.

Il a bien fallu que je finisse par me lever mais j'avoue que l'insouciance du début de journée s'était quelque peu évaporée. Je n'ai jamais connu l'origine des coups de feu qui m'ont gâché la journée.
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Ah, le conteur Cochize est de retour! 🙂 J'ai bien failli passer à côté, moi aussi, tellement tu étais bien caché dans les fourrés 😎😉. Cela dit je n'aurais pas adoré me retrouver dans semblable situation 😐... Mamma miaaaaaa! 🏴‍☠️ Il t'en est arrivé, des aventures, toutes plus étonnantes ou exceptionnelles les unes que les autres, et j'espère que tu vas te remettre à nous les raconter avec ton talent habituel 🙂🙂. Je me régale d'avance...

Bonne soirée à tous deux,

Pascale
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CO Cochize Globetrotter ·
Le prospecteur, l'ours et le couguar..

l'histoire qui suit ne m'est pas personnelle mais elle est tellement insolite, tellement inédite et a donné lieu, outre Atlantique, a tant de commentaires que je n'ai pas résisté à l'envie de la diffuser

en résumé :

Vers la fin mars un certain Robert Biggs 69 ans habitant dans le nord de la Californie et qui parcourt la montagne depuis près d'un demi-siècle était sorti pour orpailler un peu d'or.

Il raconte que son chemin a croisé celui d'une mère ours ( ours noir) accompagnée de son petit, une mère ours de sa connaissance en quelque sorte puisqu'il l'avait déjà croisée à deux reprises dans le secteur et avait eu l'occasion d'échanger un regard avec elle...

Donc, ce jour là, ayant une nouvelle fois rencontré calmement son regard avant de s'écarter de son chemin, il est soudainement attaqué, par derrière, par un couguar embusqué qui lui bondit à la nuque ( attaquer un animal à la nuque, çà c'est disons... classique pour le couguar). Il est protégé d'une morsure grave par son sac à dos mais tombe à terre et lutte avec le chat avec son pic de prospecteur...

En un instant la mère ours encore toute proche ''arrive à la rescousse'' bondit sur le félin qu'elle saisit à son tour au cou... une nouvelle bagarre s'ensuit entre les deux animaux ... qui se conclut par la fuite du félin....

La mère ours et le prospecteur échangent encore un regard et l'ours s'éloigne rejoindre son petit...

Homo sapiens se dit persuadé que l'ours est intervenu avec l'intention de le sauver de l'attaque du cougar..

… mais d'autres on dit que l'ours ayant estimé l'homme inoffensif ( peut-être parce qu'il l' avait déjà ''testé'' ) a simplement voulu éliminer le risque cougar, lui un vrai danger pour son petit.... point à la ligne!

... d'autres encore ont dit que Robert a du tomber dans l'escalier en revenant de la taverne, se faire griffer par le chat du voisin et qu'il lui fallait bien trouver une histoire pour éviter une scène de ménage... !

en tous cas çà ferait une belle histoire pour un film de Walt Disney...non ? Man Says Bear Saved Him From Mountain Lion Attack In Butte Man Attacked by Mountain Lion, Saved by Bear - ABC News cochize
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Hello Jean-Paul!

Quelle bonne idée tu as de venir conter des histoires, alors que dehors c'est la tempête, pluie et rafales furieuses, et que ronronne la cuisinière à bois... Et quand en plus ce sont des histoires d'ours... 🙂 🙂

Bises,

Pascale
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NI Ninou98 Veteran ·
Quelle superbe "file" dommage qu'elle ait été abandonnée ! Pour ce soir je l'abandonne sur cette étrange histoire de loups qui vous surveillaient pour vous déguster ou pour vous apprivoiser ? on ne saura jamais. Je reviendrai bien vite lire les autres histoires. Ninou
Le succès doit être mesuré non pas tant par la position que l'on a atteint dans la vie ... que par les obstacles que l'on a du surmonter tout en essayant de réussir. - Washington Booker T. Ouest USA 2011 > http://patetninou.net
CO Cochize Globetrotter ·
bonjour Ninou

superbe "file" dommage qu'elle ait été abandonnée

......on parle beaucoup d'ours ces jours ci sur ce forum... comme il fait trop chaud pour couper du bois voici une petite histoire, un petit drame de la vie en forêt

La funeste obstination d'un ours affamé

cette année là dans le Pacific Northwest et en particulier dans le Nord et le Centre de la Colombie Britannique le printemps était tardif . Dans la vaste région à l' ouest du grand réservoir qu'est le WILLISTON LAKE la débacle était complète dans les vallées ....les lacs étaient libérés pour les avions à flotteurs mais en altitude il allait falloir attendre encore un peu.

Ce n'était pour nous pas très gênant, nous avions un hélicoptère à disposition et... nous ne comptions pas sur le redémarrage de la nature pour assurer notre subsistence. D'autres avaient d'avantage de raisons de se plaindre, par exemple les ours sortis de leur hibernation, alors que la végétation , elle, ne l'était pas encore vraiment... nombre d'entre eux avaient la faim au ventre.

…. 4 hommes viennent d'installer leur camp pour plusieurs semaines en forêt en bordure immédiate du rivage d' un petit lac . Il disposent de trois tentes dont une, servant de cuisine-réfectoire, a été équipée d'un gros réfrigérateur alimenté par un cylindre de propane. Un luxe et un bonheur pas si habituels que çà à cette époque, pour y conserver les T-bones, bacon et autres saucisses, certes mais aussi pour disposer de fantaisies telles que Cokes, root-beer et autres soft-drinks bien frais. En matière de sécurité ils disposent d'une radio permettant un contact permanent avec le camp de base, à peu près à une heure de vol.

Tout est donc bien qui …..commence bien🙂.

Quant à la suite. …😕..

Au camp de base donc ...le haut parleur de la radio situé dans la cuisine réfectoire - souvent occupée par l'un ou l'autre des membres de l'équipe venu y boire une tasse de café, sans parler bien sur du cuisinier- se met à crépiter au rythme saccadé d'une voix stressée. La réception n'est pas très bonne..... il est question de l'attaque par un gros ours noir qui a saccagé le camp avant d'être mis en fuite par un tintamarre de poeles à frire et le tir tendu de petites fusées-stylo de détresse. Une bonne partie de ces petites fusées-stylo y a passé mais l'intrus a finit par fuir lorsque l'une d'entre elles après lui avoir frôlé la tête a gerbé tout près … ce qui a du lui faire voir trente six chandelles !!

Les deux personnes présentes prennent d'abord l'affaire à la rigolade : donnes lui un coup de poele sur la tête.... grattes lui un morceau de guitare pour l'adoucir... ' etc.... mais là bas on n'est pas rassuré, on a peur que l'animal ne revienne à la charge... et on va rester sur ses gardes.

Quelques heures plus tard la radio crépite de nouveau...

Là bas c'est le capharnaum, l'ours est revenu … Il a chargé … plus déterminé que jamais il a chargé la tente cuisine mettant en fuite les hommes qui se trouvaient sur son passage... l'un a grimpé à l'épinette la plus proche. Ce jeune homme plus habitué à parcourir les bibliothèques universitaires que la grande nature de l'Ouest me dira plus tard qu'il ne pensait pas avoir la capacité de grimper aussi vite, aussi haut... en me montrant les lacérations qui marquent ses bras et son visage, dues non pas aux griffes de l'ours mais aux chicots de branchages brisés auxquels il s'est frotté. Comme quoi l'adrénaline donne des crampons sinon des ailes... L'animal a proprement, enfin c'est une manière de parler, forcé et plié la porte du réfrigérateur, l'a mis à terre et fait bombance sur les T-bones... bacon et saucisses diverses. Les prospecteurs ont réussi à le mettre en fuite de nouveau en le harcelant de leurs dernières fusées dont l'une a d'ailleurs causé un petit départ de feu, mais il n'a pas vraiment décampé et rôde à proximité...

C'en est trop pour les membres de l'équipe qui n'ont pas d'arme et qu'un début de panique gagne et on les comprend. Il faut intervenir avant que cela ne tourne vraiment mal, l'animal semblant en effet être devenu furieux poussé par la faim et l'éclatement des fusées qui n'ont pas suffi à le mettre en fuite définitivement , ce qui nous paraît incompréhensible...

A ma demande le pilote prépare donc son hélicoptère, un BELL 206 Jet Ranger. Son mécano fait le plein … Voyant que je pars seul avec le pilote il demande si on peut l'emmener …. je quitte rarement le camp, çà me fera une balade dit-il. Nous l'emmenons donc ce qui se révèlera utile un peu plus tard.. Je saisis le Lee-Enfield 303 ( un fusil de la deuxième guerre mondiale dans les Armées Britanniques et Canadiennes et que l'on trouvait encore à l'époque pour une poignée de dollars à Army and Navy Gastown à Vancouver) et nous voilà en l'air.

Bientôt centenaire, Army and Navy Gastown est dédié à la gamme bon marché mais de tradition Canadienne. On y a toujours trouvé et on y trouve encore de tout comme chez WALMART mais par tradition, en matière de camping et de matériel adapté à la vie dans la nature, il est certainement plus fourni qu'un banal Walmart. C'est là bas un peu l'équivalent des ''Stocks américains'' apparus dans les années 50 en France et pendant des décennies il était quasiment incontournable à tout outdoorsman

Bref nous volons le ciel est clair, visibilité à l'infini ... tout d'un coup un témoin rouge s'allume sur le tableau de bord... pression d'huile en chute libre.. puis un autre témoin. Qu'est ce que c'est que çà lâche Dave le pilote en se tournant inquiet vers son mécanicien assis derrière. Ambiance..😐.. va falloir peut-être bien te préparer à te mettre en autorotation dit le mécano....on est à plus de 2000 pieds, c'est plus qu'il n'en faut ... vises la rive du lac devant nous quoi ? aboie Dave récemment sorti des Forces Canadiennes oû il appris à piloter et qui remplace temporairement notre pilote en titre lequel est beaucoup plus expérimenté je me dis '' est-ce-qu'il a déjà tenté çà depuis l'école 😮 ?

Mais, Dieu soit loué, Dave pose son engin turbine en régime et sans encombre, sur la plage du lac survolé. Vérifications faites par le mécano les niveaux sont bons, c'est donc le témoin seul qui est en cause ( comme plus tard sur ma foutue PEUGEOT 605😠)... on peut re-décoller.

Un peu plus tard nous touchons le rivage, près du camp dont l'ours fait le siège, après avoir fait un peu de stationnaire pour bien se présenter et éventuellement faire fuir l'animal.. Bien entendu la rotation des pales a provoqué là dessous un remue-ménage infernal .. et l'animal a de nouveau pris la fuite mais c'est vrai qu'il a foutu un sacré bazar … ''he is running amok'' me dit un des hommes présents. Fusil armé à la main je m'avance quelque peu à l'intérieur du bois, ...on ne l'aperçoit nulle part.

Le tour de la question fait, sachant que l'ours reviendra certainement et qu'il peut également représenter un risque lors des déplacements liés au travail je laisse le Lee-Enfield au responsable du camp. Il est devenu évident que l'animal devra être abattu s'il maintient son comportement agressif. On ne peut pas travailler avec dans le voisinage un ''rogue'' qui risque de tourner à la prédation à la prochaine rencontre

Et de fait à peine rentré au camp de base j'apprends par la radio que l'animal est une nouvelle fois revenu à la charge et qu'il a fini par payer de sa vie son entêtement....

Tout çà pour dire quoi ? .... qu'il ne suffit pas toujours de faire du tapage avec des casseroles pour faire fuir un ours ( même noir!) vraiment affamé et déterminé
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
NI Ninou98 Veteran ·
Bonsoir Cochise,

Quelle histoire !! Pauvre petit ours 🙁 Il avait faim le pôvre... Moi, j'ai peur des serpents et des araignées je n'ai jamais eu peur des ours et celui que l'on a vu de tout près en 2005 semblait bien "bonhomme". Tout le monde me dit que je suis frappadingue mais, j'aime les ours.

Ca t'est vraiment arrivé tout ça ? C'est extraordinaire.

Bonne soirée, la mienne sera bonne c'est certain puisque j'ai ENFIN un peu de temps pour traîner ici 😉 Ninou
Le succès doit être mesuré non pas tant par la position que l'on a atteint dans la vie ... que par les obstacles que l'on a du surmonter tout en essayant de réussir. - Washington Booker T. Ouest USA 2011 > http://patetninou.net
NI Ninou98 Veteran ·
Hello,

De temps en temps je reviens lire une (ou deux) de tes histoire extraordinaires !

Merci

Ninou
Le succès doit être mesuré non pas tant par la position que l'on a atteint dans la vie ... que par les obstacles que l'on a du surmonter tout en essayant de réussir. - Washington Booker T. Ouest USA 2011 > http://patetninou.net
CO Cochize Globetrotter ·
comme promis un peu plus tôt à Kashtin...

Le chat et les corneilles

On sait les corvidés particulièrement intelligents, dotés d'un sens aigu de l'observation et capables de développer des initiatives étonnantes.

Dans le Pacific Northwest je savais qu'ils se groupent parfois pour attaquer et chasser un bald eagle menaçant pour leur progéniture mais jusqu'à ce jour là je n'aurais pas imaginé qu'ils pouvaient s'en prendre à mon chat..

bon sang !

c'est arrivé en Colombie Britannique..

Une clairière dans la forêt , en bordure de la rivière fournissant eau pour la cuisine, le Tang et les ablutions... à l'arrière plan les montagnes aux sommets enneigés en ce début juin, le tout à trois ou quatre kilomètres de la tête d'un inlet venu du Pacifique

Vers 1920, la localité avait été le siège d'une mini ruée vers l'or. Une des dernières de la période historique c'est à dire de celles dont les acteurs étaient vous et moi - manière de parler- avant qu'interviennent les compagnies et leurs technologies. Maintenant c'était un tranquille village de bûcherons, de pécheurs avec également une petite communauté amérindienne dont les membres nous ''faisaient cadeau'' de temps en temps d'un saumon frais, la vente leur en étant, à ce moment là, interdite. Echanges de cadeaux....çà c'était permis

Au moment de cette histoire le lieu n' était pas encore une destination pour touristes en quête ''d'authenticité'' . On y avait accès soit avec une bonne voiture par la gravel road un peu à ses risques et périls si l'on considérait le ballet des camions de logging avec lesquels on risquait d'avoir à rejouer ''Duel'', soit par hydravion, comme le facteur qui délivrait le courrier deux ou trois fois par semaine depuis Vancouver.

Un ''General Store'' rustique alimentait en produits de base alimentaires ou autres nécessités, la petite communauté et faisait fonction de Post Office. Dans une arrière salle , à usage normalement de réserve, mais que l'on dégageait pour l'occasion, on passait de temps en temps des films amenés par l'hydravion du facteur. Ces soirées cinéma …..auxquelles nous avions assisté une paire de fois, assis sur les chaises et des bancs rassemblés à la va-vite, avaient un parfum rétro suave et suranné …. évoquant ce que devait être le rendez-vous du cinéma rural de nos grands parents dans la salle de café ou la salle paroissiale précurseurs des salles des fêtes ou des salles communautaires

Ce village avait évidemment sa décharge qui se trouvait être à peu de distance du camp. J'ai raconté comment nous avions lié des relations de bon voisinage avec les ours qui la fréquentaient quotidiennement, en venant à prendre leur défense contre les maniaques de la gâchette du coin.

Mais la décharge était également lieu de rendez-vous et cantine pour de nombreux autres pique-assiettes dont les intrépides corneilles. Comme les ours ces oiseaux semblaient résider sur les flancs de la montagne d'oû ils descendaient pour s'alimenter.

Un jour les corneilles ont commencé à se poser sur les arbres en bordure de la clairière .

Apparemment elles s'intéressaient de près à ce qui se passait dans le camp et surtout à son potentiel alimentaire , devenant de plus en plus hardies … autour de la fosse à barbecue, autour de la tente cuisine. Cela avait des avantages : elles débarrassaient notre espace vital des résidus alimentaires égarés. D'autres oiseaux , les ''blue jays'' manifestaient communément pareille effronterie mais solitaires ou en couples, ils ne causaient pas de réelle nuisance. Et lorsqu'un individu trop entreprenant s'infiltrait ''à la piote'' à l'intérieur de la tente cuisine, mon chat que cela agaçait si profondément qu'il en claquait des mâchoires en fouettant de la queue, le faisait s'envoler. Les corneilles au contraire des blue jays, sans s'approcher aussi près des tentes, semblaient de plus en plus nombreuses et commençaient à être envahissantes leurs crailles incessants, pas particulièrement harmonieux, devenaient agaçants . A les voir, tous ces oiseaux noirs perchés autour du camp vous auriez pensé, à coup sûr, aux ''Oiseaux'' d' Hitchcok mais moi, je n'y pensais pas.

Et un jour....

depuis la tente j'entends mon chat miauler de manière inhabituelle et les corneilles crailler de plus belle. Au moment oû je sors de la tente le ''miron'' ( les lyonnais d'origine comprendront, ceux d'adoption .😛..je ne suis pas sûr). Le miron donc, se rue à l'intérieur, apeuré, pour se réfugier sous le lit tandis qu'une demie douzaine d'oiseaux s'égaillent sur fond de froissements d'ailes.....

Quelques jours plus tard...

de nouveau j'entends des miaulements apeurés et la craille des corneilles et cette fois je saisis du premier coup d'oeil. En bordure de clairière le chat est tapi au pied d'un arbre et les corneilles l'assiègent. Ce que je trouve extraordinaire c'est que certaines prennent d'abord de l'altitude avant de se laisser tomber en piqué ( comme si elles voulaient acquérir de la vitesse) sans cependant aller jusqu'à le heurter mais comme pour le forcer à quitter son couvert. En tous cas on dirait bien qu'elles ont décidé de varier leur diète et de mettre mon chat à leur menu. Il ne me semble pas qu'il s'agisse d'un simple mobbing dont sont coutumières certaines espèces d'oiseaux (corneilles entre autres) vis à vis de leur prédateur qui aurait été déclenché par l'attitude de mon petit compagnon. Quoique je n'en sois pas si sûr... il s'est peut-être attaqué à un oisillon !

Mais c'est mon chat … mon chat qui ne craint pas généralement pas la confrontation avec d'autres habitants de la forêt , il en porte les traces avec ses oreilles en dents de scie...mais ce jour là il est désarmé, traumatisé, par cette attaque venue du ciel, incapable de traverser le découvert pour se réfugier dans la tente. Mon sang ne fait qu'un tour, oiseaux noirs.... oiseaux du diable ! je m'en vais les massacrer ! En tous cas c'est ma première pensée puis .. me souvenant de récits de ma jeunesse je décide d'en sacrifier un pour sauver mon chat, faire fuir la meute ailée et éviter d'avoir à abattre un plus grand nombre d'oiseaux.

J'aime bien les corneilles..mais j'aime encore mieux mon chat.

Carabine à la main je m'approche donc du bord de clairière et sacrifie un oiseau....

L'oiseau abattu , ses congénères envolés, faute d'avoir un mur de grange pour l'y clouer- selon la tradition immémoriale de nos ancêtres paysans chez qui le sens de la nature se teintait d'une bonne dose de superstition - je pends la victime expiatoire par une patte, au bout d'une ficelle, bien en vue à la branche d'un arbre mort en espérant que le message sera reçu..

Pas de corneilles le reste de la journée ni pendant un jour ou deux. Et puis.... les oiseaux noirs sont revenus , épisodiquement, comme auparavant.. Mon chat, lui, à appris à s'en méfier en restant à couvert le plus possible … ce qui ne perturbe pas trop ses habitudes puisque, nyctalope, il conduit ses petites activités de chasseur la nuit venue..

Les oiseaux donc ont repris leurs évolutions en bordure de clairière, à ''la piote'' autour de la fosse à barbecue ... rien ne paraît changé... ils semblent tous uniquement préoccupés par la recherche de nourriture. Et cependant... bientôt, en laissant le regard vagabonder j'en aperçois un qui semble ne pas avoir faim, sinon pourquoi resterait-il impassible tourné vers le camp. Bof ! Je n'y fais pas plus attention que çà et chasse tout ce petit monde en criant et gesticulant.

Encore quelques jours plus tard...

Ils sont de nouveau là.. et il y en a encore un, immobile, silencieux, qui semble se détacher de la quête de nourriture des autres... Ils m'emmerdent ces volatiles...ils vont encore embusquer mon chat... je rentre saisir ma Winchester ….. cette fois je vais tirer en l'air deux ou trois coups , çà devrait suffire à les éparpiller pour un moment.

Pas le temps de réfléchir plus longtemps... à peine suis-je sorti de la tente avec la carabine à la main et fait quelques pas dans la direction des corneilles que ''l'oiseau impassible'' se met à pialler et s'envole … et tout le reste de la 'volaille' fait de même.

Assez interloqué je finis par comprendre que l'oiseau impassible était probablement une sentinelle qui avait intégré le danger de la carabine ! .

Bien plus tard, en France j'ai appris d'un lieutenant de louveterie que ces oiseaux savaient effectivement reconnaître le danger poser par un fusil brandi par un humain...mais la sentinelle ?

Comme chez les suricates , marmottes ou chiens de prairie ?

Maintenant je surveille toujours les colonies de corneilles mais c'est pour le plaisir d'observer leur va et vient quand elles s'activent à la construction de leurs nids perchés dans les hautes ramures des platanes de la rue principale du village
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
IS Isap29 Globetrotter ·
Bonjour Jean-Paul,

j'ai lu d'une traite, à voie haute pour ma femme dans la pièce à côté. Superbe récit et j'ai beau avoir vécu assez longtemps à la campagne, je n'aéi jamais constaté ce comportement. Belle observation et encore merci.
KA Kashtin Globetrotter ·
Ah, c'est super de pouvoir lire à nouveau tes histoires!! J'espère que tu as pris autant de plaisir à l'écrire que moi à la lire et que ça va t'avoir remis sur les rails 😉...

Il y a des animaux que je trouve particulièrement extraordinaires, par leur intelligence mais aussi leur proximité avec certaines habitudes humaines: les éléphants, les ours et... les (grands) corbeaux, justement! Au camping de Chaco Canyon, on savait qu'il fallait faire attention à eux et ranger toute la nourriture dans le 4 x 4, ce qu'on avait fait. Mais en rentrant, le soir, quelle ne fut pas notre surprise de voir que nos gallons d'eau, qui ne nous avaient pas paru des plus appétissants et qu'on avait laissés sur la table, étaient complètement troués, becquetés, fichus!

D'autres oiseaux , les ''blue jays'' manifestaient communément pareille effronterie

Ah oui, ceux-là sont sacrément culottés! A venir piquer la nourriture dans les assiettes, voire repartir avec la boîte d'allumettes! Celui-là n'avait pas dû être déçu du voyage 😎.

On y avait accès soit avec une bonne voiture par la gravel road un peu à ses risques et périls si l'on considérait le ballet des camions de logging avec lesquels on risquait d'avoir à rejouer ''Duel'',

On s'est aussi trouvés sur ce genre de piste aux Queen Charlotte 🏴‍☠️. C'était très impressionnant !!

Bon, maintenant je vais finir de faire lire ton histoire à Alain. J'avais bien commencé moi aussi, comme Alain-Pierre, à faire la lectrice, mais j'ai abandonné en cours de route!

"A bientôt pour de nouvelles aventures!" 🙂

Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
NI Ninou98 Veteran ·
Hello,

Quel plaisir de retrouver vos histoires ! Merci

Ninou
Le succès doit être mesuré non pas tant par la position que l'on a atteint dans la vie ... que par les obstacles que l'on a du surmonter tout en essayant de réussir. - Washington Booker T. Ouest USA 2011 > http://patetninou.net
KA Kashtin Globetrotter ·
Bonjour,

Je me permets de poster ici trois liens concernant les ours que Cochize a postés ailleurs. Je crois que c'est vraiment l'endroit ad hoc. Ces gros nounours sont à la fois craquants, drôles, attendrissants... en photo et en vidéo 😉.

28 ours aux attitudes furieusement humaines

Black bears play hide-and-seek in images captured by

Mama bear disciplines her cub

🙂🙂,

Pascale
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CO Cochize Globetrotter ·
à propos de faune...

La nuit du huard ! (Night of the loon !)

brr....brr.... 😛!

à cette époque il n'y avait ni la richesse d'internet ni la réactivité des videos personnelles... qui font qu'une rencontre animalière exceptionnelle fait le tour du monde en quelques heures. Comme par exemple la video de l'ourson alpiniste mis en ligne par l'ami Sedonax, avant même TF 1.

Seuls quelques films animaliers pouvaient donner éventuellement donner aux amateurs un aperçu sonore de la faune...à condition d'avoir eu la chance d'en voir un

ce qui n'était pas le cas de notre étudiant et explique donc son émotion ce soir là .....

Il venait d'arriver au Canada pour un job d'été de 3 mois comme assistant d'un géologue. C'était en même temps son premier job, son premier voyage au Canada et peut-être bien même son premier campement en dehors de Palavas les flots.....manière de parler .

Déposé sur la rive du lac par un beaver avec l'essentiel du matériel dont une tente, un canoe et de la nourriture il avait tout ce qu'il fallait pour éventuellement s'installer lui- même... sauf un peu d'expérience bien sûr. Tout ce qu'il connaissait du Canada tenant probablement à quelques lectures de jeunesse, à de vieux films comme maria chapdelaine, Rose Marie ROSEMARIE

oû l'opérette dont ce dernier était tiré

bref....

Le Beaver reparti pour ramener son chef et le reste du matériel le jeune homme patientait ....

mais comme cela arrive fréquemment dans ce genre de situation un grain de sable se glissa dans la mécanique , une urgence sanitaire qui devait retenir le Beaver une paire d'heures de plus que prévu...

de sorte que son retour se faisait attendre et que la noirceur tombait...😐

le jeune français commençait à être un peu désorienté , il n'était même pas sûr de savoir monter la tente qui n'avait pas grand chose à voir avec celles de sa tendre jeunesse...il allait devoir coucher dans le sac de couchage sur le sable...

et voilà que des sons étranges, des hurlements d'outre-tombe, des cris de déments se font entendre du fond du lac et semblent se rapprocher..😮 ils sont de plus en plus puissants et notre jeune ami se sent frissonner, l'inquiétude remplace la perplexité . Des ours, des loups, un bigfoot, des zombies ... mais qu'est ce qui peut bien faire des bruits pareils. Le jeune homme se saisit de la grande hache au manche marqué de rouge qui se trouve au milieu du matériel , prêt à vendre chèrement sa vie...😛

jusqu'à ce qu'il aperçoive des sortes de canards (croyait-il) glissant paisiblement sur l'eau et se rende compte que ce sont eux qui produisent ces sons étranges...

ce fût sa première rencontre avec une des icônes du Nord et surtout du Canada

ce bel oiseau qu'on dirait dessiné à la plume et à l'encre de chine, qu'on appelle huard au Québec, loon chez les anglophones ce que l'on peut traduire par lunatique, loufoque, dérangé, cinglé etc …

et qui réflète bien le sentiment que la sérénade ou l'aubade qu'il donne peut inspirer

et dont le chant est si ...spécial que les francophones peuvent dire parfois '' fou comme un huard''

les anglophones eux ont concocté le terme LooneyTunes pour désigner les personnages déjantés qui ont enchanté des générations

et si vous voulez un vrai et durable souvenir Canadien...

vous pouvez peut-être aller au zoo de Saint Félicien...

mais vous pouvez sûrement aller voir et écouter travailler les castors la nuit ou aller passer '' une nuit sur le lac '' et frissonner en écoutant le chant du huard ( montez un peu le son... çà rend mieux🙂)

LOON CALLS AT NIGHT

ou celui auquel il peut effectivement faire penser par moments, celui du loup....

Wolves Howling at the Lake

Brr....brr...!
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
BL Bluemesa Veteran ·
hier j ai pecher le saumon😛

http://www.youtube.com/watch?v=CVS1UfCfxlU
CO Cochize Globetrotter ·
hello!

il faut dire que l'ours et en particulier le grizzly … chez vous, je veux dire en Amérique du Nord, c'est du pain bénit pour les publicitaires et les cinéastes qui le mettent pour ainsi dire à toutes les sauces

entre ours dressés, manipulations informatiques, costumes d'ours et autres artifices on ne sait plus parfois oû finit l'un et commence l'autre quand c'est bien mélangé !

mais pour en rester aux ours dressés …..

souvent les ours d'Hollywood et ceux des pubs sont d'ailleurs ceux d'une Canadienne de l'Alberta ruth labarge

qui présente ses principales vedettes et leur abondante filmographie ( films.... spots commerciaux) ci-dessous :

Hollywood animal trainer Grizzly bear video movie TV

de quoi se distraire un peu!🙂
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Hello Jean-Paul,

Ah, j'espère que tu vas continuer à nous régaler avec tes histoires. 🙂 Pauvre étudiant, il ne devait pas en mener large et je me mets à sa place... (J'ai quand même bien ri avec Rose-Marie! 😎) J'aime beaucoup la petite vidéo du lac avec le son 😉. Et j'aime beaucoup aussi les huards, je trouve que ce sont des oiseaux superbes. Les premiers qu'on a vus, c'était sur un lac (bien sûr, tu me diras) du côté du Nisga'a Memorial Lava Bed Park, en revenant de Hyder, ça commence à faire un bout de temps, mais je m'en souviens encore. On avait aussi vu les traces d'un kermode près de Terrace...

Les vidéos d'ours, comme ça, me font penser à Timothy Treadwell (Grizzly Man). Il croyait bien les connaître, depuis dix ans qu'il vivait une partie de l'année avec eux, mais il a fini par se faire avoir par excès de confiance.

Sinon, pour parler des loups... Aurais-tu pensé que chez nous (en Lozère) c'est quasi la révolution? Une fois, à l'automne, en revenant du resto, on a failli ne pas pouvoir rentrer à cause d'une manif "anti-loups" qui bloquait la route, heureusement qu'on a pu couper par les bois. Et il y a deux trois jours, on a entendu à France-Info que les loups étaient de retour en Lozère et semaient la panique 🤪. Quand on discute avec les éleveurs, il y a une meute ici, une meute là, mais personne là non plus n'a vu la queue d'un seul... Si on pense aux dégâts que causent les chiens errants! Même le nôtre, il y a bien longtemps, qui partait avec deux de ses copains faire de très longues randos, a une fois blessé une brebis du paysan en face (de l'autre côté du champ, derrière le rideau de frênes, je ne sais pas si tu te souviens). Bon, ça ne nous empêchera pas d'aller aux champis, on a bien suivi l'enseignement de Ménatory 😉.

Pascale
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BL Bluemesa Veteran ·
Bonjour

moi j ai vu le loup , mais j ai pas vu la bete 🤪
KA Kashtin Globetrotter ·
Bonjour,

moi j ai vu le loup , mais j ai pas vu la bete 🤪

Et moi aucun des deux... 🙂 Mais dans notre hameau la bête a tué un petit berger.

Sinon il y a longtemps j'ai entendu un loup, j'en suis certaine, du côté de Chateauneuf-de-Randon, j'étais avec deux chiens, la queue entre les pattes, les oreilles basses, collés dans mes jambes. Et en face, sur la crête, le hurlement d'un loup. A la fois impressionnant et fascinant. J'ai pourtant bien connu "celui qui a tué le dernier loup de Lozère", "Léopold", paix à son âme 🤪. Or c'était dans sa jeunesse, donc bien avant "mon" loup... 😐
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CO Cochize Globetrotter ·
Sinon, pour parler des loups... Aurais-tu pensé que chez nous (en Lozère) c'est quasi la révolution

ILS arrivent par l'Est....les Alpes occupées ils franchissent le Rhône et envahissent le Massif Central.... rôdent la nuit autour de Langogne....et remontent vers le Nord, vers Paris, par les Cévennes et le Morvan

ILS arrivent par le Nord Est, les Ardennes...

ILS entrent en Belgique

Le loup est à la frontière belge !

franchissent la Meuse à la mi-mai....

franchissent la Meuse à la mi-mai.... ceci me rappelle quelque chose... il y a comme un air de déjà-vu😠...mais quoi ?

ILS progressent...

Les loups bientôt aux portes de Paris ?

espérons qu'à la mi-juin, vers le 14 juin par exemple, la chanson de Serge Regianni

Serge Reggiani - Les Loups sont entrés dans Paris

ne redevienne pas d'actualité 😛
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
On rit, on rit 😎, mais en haute Lozère ça chauffe ! 😐

Pauvre loup, qui concentre encore tous les fantasmes et toutes les peurs, croque-mitaine des adultes après avoir été celui des enfants. On passe de la Mère-Grand aux brebis, et on lui colle sur le dos les méfaits des chiens errants. Il y a quelques années, près de chez nous, il y avait eu un véritable carnage dans un troupeau de moutons, et il n'était pas question alors du Grand Méchant Loup. Mais voilà que maintenant on oublie les chiens ! Disparus, envolés, enfermés... Alors quand à Chateauneuf(-de-Randon) deux brebis sont retrouvées égorgées, on peut avoir des doutes sur l'origine du méfait, et pourtant tout le monde s'engouffre dans la brèche. La Bête est de retour! 😮

Le loup n'est pas présent en Grande-Bretagne et pourtant "30 000 moutons et 5 000 à 10 000 agneaux sont tués par des chiens errants chaque année". Eternel débat...🤪

Très bonne, la chanson de Reggiani, je l'avais oubliée (et lui avec) 😎.
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CO Cochize Globetrotter ·
À l'époque et aussi plus tard beaucoup pensaient que la chanson ''Les loups sont entrés dans Paris'' était une allusion à juin 40 ...

le 14 juin 40 pour être précis...l'entrée des troupes allemandes à Paris … un mois après avoir franchi la Meuse..

Il s'en défendait... mais il faut avouer que le rapprochement était tentant..
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Pour moi ça ne faisait aucun doute que les loups étaient les Allemands... Je ne savais pas qu'il s'en était défendu...
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CO Cochize Globetrotter ·
Histoires d'avions et de pilotes

ici dans les basses terres

nous n'avons pas encore de loups mais nous avons des incendies

chaque été passent au dessus de mon toit les Canadairs qui, après avoir écopé dans le Rhône, vont lutter contre les feux de forêt ou de garrigue...

Récemment sur la Trans Labrador Highway un camion de marchandises et une niveleuse dont les chemins se croisaient .. se sont percutés !

étonnant...non😮 !

Le moteur du camion a pris feu..

la réaction a été rapide...

vu l'éloignement des secours terrestres un Canadair CL 415 a été dépêché. La video de l'intervention a circulé, montrant

l'action....

Watch a water bomber plane drop its load on a truck fire in …

travail de haute précision.... frappe ''chirurgicale'' diraient maintenant les militaires

Certainement que l'incendie a été éteint , pas de doute là dessus -quand ce ne serait que soufflé par l'effet Red Adair- mais la question que je me suis alors posée c'était de savoir comment la carrosserie du camion avait pris çà...

parce que une pareille masse d'eau, nominalement plus de cinq tonnes, larguée si près de la cible çà représente une sacrée énergie

Ce qui m'a rappelé une mésaventure rapportée par un des '' bushpilots'' , pilotes de brousse avec qui je volais fréquemment .

Je parle de la mésaventure survenue à un Canadien qui venait d 'apponter son Cessna et déchargeait les provisions pour le chalet du bord du lac lorsque le hasard a voulu que passe par là une de ses bonnes relations, pilote professionnel

A cette époque là en Amérique du Nord, Canadiens et Américains utilisaient encore beaucoup d'anciens avions militaires de la Seconde Guerre mondiale transformés en bombardiers à eau. C'était avant que Bombardier fasse connaître son savoir-faire un peu partout dans le monde avec sa reprise de Canadair et l'exportation de ses fameux avions du même nom, les Canadairs

Parmi les différents modèles militaires ainsi reconvertis se trouvait l' Avenger … cet avion lance-torpilles ventru , que l'on connait tous si on a vu le film MIDWAY et... si l'on a lu la biographie de George Bush Sr. puisqu'il en pilotait un dans la guerre du Pacifique et a même été abattu par la DCA japonaise ses équipiers tués, il a eu le temps de larguer sa torpille sur la cible avant de remonter un peu et sauter en parachute sur l'océan

L'Avenger comme '' bombardier à eau'' est lui en fait demeuré en service bien longtemps...dans le temps même des Bombardier Canadairs, au Nouveau Brunswick notamment oû il en est resté deux jusqu'en 2010. En 2010 l'un s'est écrasé mais c'était suite à la crise cardiaque du pilote; le dernier a été retiré du service en 2012 pour être mis dans un musée.

http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/...-lus...

Bref...

donc pendant que notre homme décharge ses provisions son ami pilote est en service en l'air. Ayant chargé son ''bombardier à eau''un peu auparavant pour aller combattre un feu de forêt mais ayant été rappelé à la base depuis ...il lui faut larguer ses presque 3 tonnes d'eau avant de rentrer.

Reconnaissant l'hydravion apponté et les personnes qui s'affairent pas très loin , il décide de rire un peu, pique vers le Cessna et largue sa charge... mais il descend trop bas et celle-ci fait masse.Le paquet de deux ou trois tonnes d'eau descend donc droit sur le petit avion … et le brise en deux...

alleluia 😕!

''Mon'' pilote n'était pas non plus dépourvu de périodes facétieuses..( si on peut appeler les choses comme çà !) mais sans les mêmes conséquences...

Après un séjour de plus de deux mois en forêt il en avait marre de ne voir que des épinettes , encore des épinettes, toujours des épinettes ou autres résineux. Jamais une belle prairie ...Aussi redescendant du Nord en terrain habité et abordant un paysage rural et champêtre c'est avec joie qu'il aperçoit un paisible troupeau de vaches dans la prairie bucolique et fleurie...🙂

enfin des vaches...on va les saluer dit-il

aussitôt dit aussitôt fait... il pique sur le troupeau pendant que je me cramponne au siège, serre les dents et... les fesses en voyant s'approcher à toute vitesse les arbres en bordure de la prairie...

les pauvres vaches totalement affolées, s'égaient dans toutes les directions... je ne sais pas si ce genre d'émotion est très favorable à la lactation et n'ai jamais sû s'il y a eu des vêlages prématurés dans le troupeau …. mais les fermiers - s'ils ont assisté à la scène- ont certainement peu apprécié le stampede .

Ceci dit j'ai toujours eu les plus sincères respect et admiration pour les ''bush pilots'' Canadiens (et Américains) qui ont joué et jouent encore un rôle important dans le développement des immensités bor��ales du pays …. respect teinté d'une petite crainte en voyant l'étroitesse des plans d'eau sur lesquels ils arrivaient à nous poser et surtout d'oû ils arrivaient à nous sortir - ce n'était pas toujours les mêmes -sans écrêter les épinettes...

il y a parfois des compétitions : qui atterrira et décollera le plus court

Alaska Bush Pilots Short Take Off Competition

Bon ! Ce n'est pas avec un hydravion et ce ne sont pas Beaver chargés... mais c'est impressionnant

et peut -être encore plus cet avion Canadien successeur du légendaire Beaver qui peut lui peut emporter 19 passagers

Twin Otter short landing & takeoff
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Hello Jean-Paul,

Je viens de te répondre, la page est partie et est revenue vide 🙁.

Bref, je résume: quand je pense à tous les avions que tu(vous) as pris, tous les décollages, les atterrissages, tous les "gigotages" 😉 en plein ciel, les imprévus... hou là là!!

La blague (maline) du pilote larguant ses trois tonnes sur l'avion du copain... sympa! 🏴‍☠️

Quant aux vidéos, je ne me rends pas trop compte de l'exploit. Je vois bien quand même que ça a l'air serré, et surtout que je n'aurais pas du tout aimé être à côté ou derrière le pilote 😉.
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CO Cochize Globetrotter ·
Bonjour aux voyageurs

inspiré par un message de Pong sur un autre sujet voici une petite histoire pour un dimanche gris:

le ghost camp, l'étonnant packrat d'Amérique du Nord, le mystère de l'anneau d'argent et les progrès de la science au Grand Canyon

rien que çà...

Les ghost towns et les ghost camps généralement vestiges d'activités passées minières (mining camp) ou forestières (logging camp) constituent un sujet prisé des touristes parmi les mythes et le folklore de l'Ouest

A ces vestiges est souvent associé un animal intéressant, un rongeur, une sorte de rat mais qui a plutôt l'image sympathique d'un écureuil que celle peu conviviale d'un rat de cave. Bien que ressemblant à ce dernier il se rapproche du premier par un queue touffue et non pas lisse ainsi que par ses meurs bien connues d'accapareur que j'expliquerai plus bas

J'ai fait connaissance du bushy tail packrat ou woodrat cet étonnant rongeur nord américain dans ce qui subsistait d'un ancien camp minier de la première moitié du siècle (XX ème bien sûr) réhabilité pour le besoin des activités en cours de sorte que j'avais pû y loger moi-même pendant six mois dans l'ancienne cabine du superintendent alors que les mineurs allaient dormir soit dans leur mobile home à une dizaine de kilomètres dans un trailer park aménagé là où était en train de se créer une véritable ville nouvelle récemment ''incorporée'' …. soit dans un village traditionel à quelques dizaines de kilomètres de route en bas dans la vallée

et ceci comment ? . à la suite de la disparition mystérieuse d'un anneau d'argent, un university ring... !

Traditionnellement un camp du début du XX siècle comportait encore - en dehors de ce qui touchait directement au travail de la mine- un certain nombre de bâtiments de vie caractéristiques construits sur place en dont les plus importants étaient bien sûr :

la bunk house sorte de dorm ou dortoir, appellation héritée du bâtiment qui abritait dans l'ouest les cowhands et oû dormaient les ouvriers mineurs , dans des bunkbeds

le mess hall appellation dérivée du mess militaire, sorte de réfectoire qui abritait aussi la cookery, ou régnait sans partage le cook dont le rôle était de la plus haute importance dans les circonstances

un exemple pris dans le nord Ontario :

Steep Rock Ontario : Cookery Building –

Ces bâtiments de bois étaient parfois montés sur plots , sortes de pilotis courts permettant un vide sanitaire pour isoler le plancher de vie du terrain sous jacent et qui même s'il avait été muni d'un bardage au départ était depuis ouvert à tout vent… et à toute bestiole

les bestioles justement...

Les plus nombreuses étaient bien sûr les petits rongeurs de toutes sortes, souris entre autres. Et qui dit rongeurs dit serpents... dont bien sûr les crotales hôtes indésirables s'il en est.

Un autre hôte indésirable quoique non dangereux mais qu'il valait mieux ne pas déranger brutalement… c'était la moufette

Comment se débarrasser ''proprement'' c'est à dire sans émission malodorante d'une moufette qui avait décidé de squatter le soubassement de votre cabane.

Voilà un sujet passionnant. Certains préconisaient la ruse suivante : disposez, à intervalles réguliers de petits morceaux de viande à partir de votre sous-sol vers la forêt ou le désert , ce qui devrait avoir pour effet de réorienter la bestiole vers la dite forêt ou le dit désert.

Quelqu'un aurait essayé un soir …On raconte que le lendemain matin...il y aurait eu deux moufettes au lieu d'une sous le plancher. Le piège avait fonctionné... mais pas dans le bon sens.

Parmi les hôtes plus sympathiques il y avait bien sûr le malicieux racoon et enfin notre packrat

Revenons en donc à nos packrats...

Il faut d'abord connaître un peu la sympathique petite bête que l'on trouve un peu partout en Amérique du Nord sauf semble-t-il dans le Pacifique Nord Ouest

Animal surtout nocturne, atteignant 20 à 25 centimètres avec la queue, il a en commun avec le castor une ou deux choses : comme lui il se sert de sa queue pour envoyer des messages sonores, le castor en frappant le plan d'eau, lui en tambourinant sur les feuilles sèches (par exemple) mais surtout comme lui il construit de véritables petites cabanes dômales oupyramidales, pouvant atteindre un mètre de haut et presque 2mètres de diamètre, faites de branchages entremêlés, mais pas en bordure de l'eau vers laquelle il n'est pas particulièrement attiré.

Elles sont structurées, une partie pour dormir , une autre pour manger les provisions collectées un peu partout et amassées à la manière d'un écureuil. Une autre encore servant de latrine... qui est nettoyée périodiquement et enfin une zône destinée à recueillir … des objets divers à usage à première vue purement... décoratifs

Elles sont souvent adossées à une protection naturelle tel qu'une grosse souche d'arbre abattue ou édifiées à l'intérieur d'une anfractuosité naturelle , sorte d'habitation troglodyte, comme notamment dans les déserts du Sud Ouest. L'ensemble est solide on dit qu'il résiste à l'attaque d'un prédateur tel que le coyote et qu'il est toujours doté d'une sortie de secours... !

Et bien sûr le packrat sait utiliser tous les recoins offerts par un camp minier abandonné (ou de n'importe quel atelier d'ailleurs) d'oû l'association fréquente entre les deux

Dans le camp dont il est question les packrats ne s'étaient pas installés sous une baraque mais dans un appentis attenant au mess hall appenti couvert mais ouvert d'un côté et dans lequel se trouvait installée une chambre froide un grand meuble de bois massif de 2mètres de haut. Entre cette chambre froide – qui n'était plus en service- et le toit se trouvait un espace confiné, bien protégé tout à fait analogue à une petite caverne rocheuse. Une petite corniche intérieure faisait le tour de l'appentis

Pendant un temps personne ne s 'était rendu compte de rien le nid , enfoncé dans l'espace confiné, n'étant pas vraiment visible d'en bas ou en tous cas pas identifiable mais un soir alors qu'il faisait déjà nuit en allant manger dans le réfectoire quelqu'un entend un trottinement vers le haut de l'appenti et levant la tête aperçoit une ombre défiler sur la corniche..puis une deuxième, on devine l'émotion...

puis nous nous sommes habitués à leur présence, un peu comme à celle des loirs hôtes familiers de nombres de maisons rurales et qui ne sont après tout qu'une sorte de packrats en miniature. Il arrivait même que l'un d'entre eux traversât le réfectoire à l'heure du repas car s'il est discret le packrat s'habitue apparemment assez vite à la coexistence avec les humains..

Un certain jour quelqu'un avait déposé sur la table la chevalière en argent de son Université et l'y avait oubliée jusqu'au lendemain . Le lendemain la chevalière avait disparu. Disparition qui pendant deux ou trois jours est restée totalement incompréhensible...un vrai mystère à la Gaston Leroux. Portes fermées pendant la nuit... pas de traces d'effraction...

Jusqu'à ce que une autre personne parle des habitudes de kleptomane du packrat , connu nous dit-il pour collecter et amasser dans son ''nid'' absolument toutes sortes d'objets inutiles, enfin inutiles pour lui, en particulier des objets brillants. Par exemple des clefs , des pièces de monnaie, des montres, des lunettes, des écrous, des débris métalliques, une petite lampe torche etc.. etc... Pire ou mieux qu'un inventaire à la Prévert. Il e dit même qu'un mineur qui un soir avait déposé son dentier sur une table ne l'a pas retrouvé à son réveil

On se saisit d' un escabeau pour voir ce qui se passe au dessus de la chambre froide d'oû les petites bêtes sont temporairement absentes et on y trouve au milieu d'un tas de débris ... la chevalière bien sûr

quand on a vu l'intérieur d'un nid de packrats dans un ghost camp..quand on a vu çà … et bien on comprend mieux que l'on puisse dire de quelqu'un qui ramasse toutes sortes de choses inutiles dans les vide greniers, brocantes et autre marchés aux puces '' he is such a packrat''

et tout çà nous mène oû ?....

à regarder une autre particularité des moeurs de la petite bête....

comme le castor c'est donc un ingénieur expérimenté qui sait rendre sa demeure inviolable à ses principaux prédateurs, allant juqu'à utiliser des épines de Cholla pour dissuader un agresseur et qui, son nid construit, continue à le renforcer et y apporter des matériaux divers

et comme liant à ses matériaux de construction il utilise ...son urine laquelle, du fait de son régime alimentaire est très riche en calcium et durcit avec le temps agissant comme un ciment naturel..

de tout cela il résulte que si sa hutte, qui peut servir à de nombreuses générations successives, est protégée des intempéries ce qui est le cas quand elle a été construite à l'intérieur d'une anfractuosité rocheuse comme souvent dans le sud ouest et en particulier dans les falaises du Grand Canyon et bien... elle se fossilise et peut survivre pendant des milliers d'années voire des dizaines de milliers d'années préservant par la même les témoins du temps passé..

… depuis des fragments de poterie pré-colombiennes jusqu'à des ossements d'animaux ou des pollens disparus de la région....ce qui fait le bonheur des archéologues et de ceux qui étudient les climats anciens au travers de ce que on appelle alors les Packrat Middens

Et ces témoins révèlent plein de choses:

What Do Pack Rats Reveal About Ancient Chaco ...

Packrats« Chihuahuan Desert Nature Center

Conclusion pratique : en camping sauvage comme vous ne saurez probablement pas si des packrats vont visiter la tente nocturnement... éviter de laisser traîner vos clefs, vos bijoux, votre bague de fiançailles et même.. votre dentier

on pourrait peut-être rajoutez çà aux conseils de Pong !

Conseilspour établir son circuit dans l'Ouest américain(résumé)
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Bonsoir Jean-Paul,

Ils sont passionnants, ces petits packrats (et ton histoire aussi), et vraiment trop mignons! Je pensais aux lérots justement (les loirs sont nettement plus gros). Je me souviens, il y a longtemps déjà, quand on est arrivés en Lozère, une nuit, alors que j'avais accroché au mur au-dessus du lit un chapeau de paille auquel était suspendu un collier de graines, d'avoir été réveillée par un léger cliquetis... J'écoute... ça se passe à un mètre au-dessus de ma tête... 😐 J'allume... et là... qu'est-ce que je vois? Un lérot assis tranquillement, qui me regarde, aussi étonné que moi ! 🙂 Heureusement que j'aime beaucoup ces petites bêtes, j'imagine celui ou celle qui en a la phobie! (Si ça avait été une araignée!!! 🏴‍☠️)

Très bonne, la ruse de la moufette 😎... enfin, très bonne pour les moufettes!

Les packrats, ou plutôt leurs nids, sont donc infiniment précieux pour les archéologues!

Merci pour cette belle histoire, si bien racontée, comme toujours!

Pascale
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CO Cochize Globetrotter ·
hello Pascale

Ils sont passionnants, ces petits packrats

Je n'en ai pas crû mes yeux.. la coincidence est trop forte

avant-hier je postais un message puisé dans mes souvenirs sur le packrat d'Amérique du Nord qui avait dérobé la chevalière d'Université d'un collègue...

hier en faisant des recherches sur les journaux locaux d'autrefois qui animaient et constituaient un élément essentiel du ''paysage'' des petites villes

comme ils sont d'ailleurs présentés dans de nombreux westerns ou autres films ....

je suis tombé sur quoi.... sur une histoire de packrat

donc aujourd'hui voici l'histoire..

The Prairie Star est un journal local du Montana rural, fondé vers 1870, et qui survit grâce aux contributions de ses lecteurs travaillant depuis la maison...

on y parle beaucoup d'élevage, de bestiaux, de produits et de machinerie agricoles...

et de traditions que l'on dirait chez nous ''paysannes''

un de ces contributeurs plus ou moins permanents, un chanteur de country western local, y tient une rubrique portant le joli nom de ''Meadows muffins'' que l'on peut traduire par '' La bouse de vache'' mais que je rendrais plus discrètement par ''Au pays des vaches'' ''

même si cette video est plus explicite : Meadow Muffin Blues

pour les paroles : Meadow Muffin Blues Lyrics

bref...

dans la rubrique en question je tombe donc sur cette histoire savoureuse, rédigée volontairement en langage fleuri du monde rural

The case of Dick 'n' Billy's missin' stuff ... I smell a rat!

que j e me suis amusé à mettre en français.....

Des choses disparaissent chez Dick et Billy.... ou une histoire pas très catholique !

Dis donc Billy t'aurais pas vu la breloque de ma vieille montre de laiton ? demanda Dick en farfouillant dans le bric brac posé sur la caisse à pommes près du caisson- couchette de bois. La vieille caisse était posée, debout à côté de la tête de la couchette et servait de table de nuit de fortune et de fourre-tout

'' tu veux dire celle vieille breloque de chez Miles City Saddlery qui était à ton père ?'' répondit Billy en avalant la moitié d'un sandwich au pain de seigle tout frais

''ouais ! Elle était marquée au nom de Al Furstnow.. tu sais bien.. le célèbre bourrelier et tout çà ...J'arrive pas à la trouver et je sais pourtant qu 'elle était juste là avec tout le reste''

''ben non ! J' lai pas vu'' répondit Billy en avalant une grange gorgée de son breuvage

Dick continua de fouiller dans son tas de précieuses possessions mais sans arriver à retrouver cette vieille breloque de montre, si spéciale, en forme d'une petite selle et à laquelle il tenait tant .

Il n'arrivait pas à croire que son vieux copain ait pu la prendre ….mais alors oû diable pouvait-elle être ? Après tout il n'y avait qu'eux dans la cabane et cette breloque devait bien être quelque part !

Bien que Dick n'accusât pas ouvertement Billy d'avoir déplacé sa précieuse breloque, il n'avait pas réellement besoin de le faire. Billy le sentait bien et était ennuyé à la seule pensée que cette idée puisse traverser la tête de son copain

mais la disparition de la breloque n'était que la première d'une série.

D'autres choses ont commencé à disparaître dans leur vieille cabane. Un jour ou deux plus tard Billy ne trouva plus le minuscule tournevis qu'il utilisait pour ajuster ses lunettes.

Bien entendu Dick n'avait aucune idée de l'endroit oû il pouvait être....ce qui amena Billy à penser que son copain pouvait l'avoir caché quelque part en représailles pour la disparition de sa breloque

La situation devenait plutôt tendue dans la cabane, les deux vieux copains commençant à se suspecter mutuellement de toutes sortes de sournoiseries

Ce fut ensuite le petit canif dont Dick se servait pour se curer les ongles et puis tout d'un coup Billy s'aperçut que sa petite réserve de pièces de cinq cents ( des Buffalo nickels) s'était évaporée..il devait y en avoir quatre ou cinq dans une vieille tasse café sur le rebord de la fenêtre. Et soudain.. Hop ! Elles n'y étaient plus !

Si c'était un jeu çà commençait à bien faire. Chacun des deux vieux garçons pensait que l'autre était en train de mal tourner et çà menaçait de détruire une complicité de 40 ans. Il a des choses qui ne sont pas drôles du tout et la plaisanterie avait dépassé les bornes

-- - --

Le mystère s'éclaircit au beau milieu d'une nuit du mois de juin. Dick n'arrive pas à dormir et s'asseoit sur le rebord de sa couchette pour se rouler une cigarette. De jour il fait çà d'une main mais la nuit il se sert des deux. Il entend une sorte de grattement venant de l'autre côté de la cabane et pense que ce doit être une souris... mais quand il craque son allumette ...il comprend tout.

Devant lui, bien en vue dans la lumière de l'allumette il voit un foutu blackrat... farfouillant et faisant son marché dans les possessions de Billy entassées sur le rebord de sa fenètre

Dick fait un saut en arrière et lui jette sa botte mais dans la pénombre çà ne sert pas à grand chose. Encore une chance qu'il ne fracasse pas la fenêtre.

Tout ce remue ménage réveille Billy et l' agace car il était entrain de rêver à Maxine la serveuse de chez Stockman

''qu'est ce que c'est que ce bordel'' hurle-t-il à Dick lequel donne des coups partout comme s'il essayait de tuer quelque chose dans l'obscurité

''packrat'' hurle Dick en réponse en lançant sa deuxième botte

Monsieur Packrat fait alors une erreur qui manque de lui coûter la vie en sautant du rebord de la fenêtre pour éviter la seconde botte... il se loupe et tombe directement dans un fût de 120 litres, posé près de la porte et qui sert de poubelle.

Les compères venaient de se débarasser de son contenu à la décharge sauvage l'après-midi de sorte qu' il est vide de tout, si ce n'est bien sûr de la demie-douzaine de cans de bières bues depuis

Packrat est … fait comme un rat (ndt). Les parois du fût sont trop lisses pour lui permettre de s'en échapper et Dick vient de le prendre en flagrant délit Dick rallume l'éclairage électrique … Billy reprend ses esprits, il est maintenant bien sorti de son rêve romantique et voit son chum grimaçant, penché sur le fût, l'oeil mauvais

''je tiens le petit salopard'' ricane-t-il en regardant le coupable à l'intérieur du fût. Le packrat est bien coincé et il doit le savoir … pas moyen pour lui de s'échapper

''jm' en vais gazer la petite canaille'' hurle Dick en empoignant la bombe d' aérosol de démarrage qui se trouve toujours à portée de main car elle leur sert à démarrer leur vieux John Deere tous les matins.

Et il commence à vaporiser copieusement l'intérieur du fût...

''par pitié '' crie Billy ''ouvre la foutue porte avant que nous soyons tous morts, çà prend à la gorge fort là dedans''

Faites un effort d'imagination : Billy est encore dans sa couchette, appuyé sur un coude il suit le spectacle. Dick, pieds nus gesticule dans son Union suit traditionnel sa cigarette, fraîchement et grossièrement roulée et allumée, au bec , s'évertuant à gazer à mort un packrat qu'il a acculé au fond d'une poubelle...

Dick atteint la porte qu'il ouvre pour plaire à son copain... à ce moment là çà commence vraiment à serrer la gorge dans la cabane...

C'est au moment oû il se penche au dessus du fût pour y voir si sa victime a trépassé... que le désastre frappe. Un débris de cendre incandescente de sa cigarette grossièrement roulée main se détache et tombe dans la poubelle chargée de fluide de démarrage et qui contient le packrat, toujours en vie

Catastrophe !

Le mélange gazeux dans la poubelle n'est pas qu'un petit peu inflammable et il pète à la figure de Dick. Tel le baron de Munchhausen (ndt) le pauvre petit packrat qui se trouvait à cheval sur une des cans de bière est projeté avec elle du fond de la poubelle jusqu'au plafond de la cabane avant de retomber sur le sol.

Il ne demande pas son reste, ne s'attarde pas d'avantage sur les lieux, prend la porte au plus vite, son pelage couleur de pêche encore fûmant dans la lumière lunaire et traverse la cour comme un éclair comme s'il avait la queue en feu...ce qui était probablement le cas.. Pour ne plus jamais réapparaître

Dick, lui, a eu moins de chance et se n'est pas sorti aussi bien de l'affaire que sa victime désignée, sourcils et moustache complètement brûlés, visage enfûmé et fumant, ratatiné et rouge comme un homard bien cuit

Bill ne l'a pas ménagé ''çà te servira de leçon' dit-il en riant et regardant son compère à moitié carbonisé. '' je t'avais bien dit que je n'avaispas pris ta maudite breloque'' -- Tout est bien qui finit bien. Les deux compères se sont rapapillotés quand ils ont réalisé ce qui était arrivé. Ils ont retrouvé tous les objets disparus quelques jours plus tard sous une partie du plancher distendu, derrière le poêle à bois
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
CO Cochize Globetrotter ·
à propos de Nouvel An....

Deux manières de ''sortir du bois'' pour le réveillon du Nouvel An... petit conte de chantier ordinaire (ou presque)

Vers les années 1860 des bûcherons de la région de Lavaltrie qui se trouvaient sur un chantier dans le bois auraient bien aimer sortir du bois et rentrer sur les rives du Saint Laurent pour embrasser leur blonde pour le Nouvel An...

Mais la glace avait pris la rivière et les canoes d'écorce qui les avaient amenés sur le chantier ne servaient à rien.. pour ''sortir'' il aurait fallu des jours et des jours de raquette et çà...c'était pas possible.

Impossible donc de sortir et les gars se lamentaient , ils buvaient plus fort que d'habitude et s'endormaient parfois en rêvant dans la cambuse.. à la manière de crisser leur camp d'icitte sans abandonner le chantier

et voilà que l'un deux, un certain Baptiste, qui était plus malin que les autres a une idée ...il était forcément plus malin puisqu'il a fait appel au Malin, plus connu dans ces temps là sous le nom de Satan ou de Belzébuth

Satan donc qui était toujours en quête de bonnes affaires et à la recherche d'âmes fit une proposition généreuse àun groupe de sept d'entre eux. Ils embarqueraient dans leur canoé d'écorce et lui d'un souffle puissant les ferait voler par dessus rivières lacs et montagnes jusqu'à Lavaltrie oû ils pourraient embrasser leur blonde. Sur le coup de six heures du matin Satan s'engageait à les ramener au chantier et eux ils garderaient leur âme à condition qu'ils prennent bien la précaution de ne toucher aucune croix de clocher d'église pendant le survol des villages

C'est la raison pour laquelle si l'on examine attentivement les nombreuses peintures qui immortalisent cette scène de la chasse galerie on voit souvent le Diable accompagner le canoé volant , soit dans les airs, soit du sol caché derrière un arbre. Comme par exemple dans le coin gauche en bas de la reproduction de ce tableau au dessus de mon ordinateur, un tout petit Diable noir en forme de chien .... !

Plus d'un siècle plus tard l'histoire a bien failli se répéter...j'en apporte ici témoignage

cette histoire là ne s'est pas déroulée dans un camp de bûcherons mais dans un camp de mineurs et de prospecteurs

ce qui dans l'esprit est la même chose, bûcherons, prospecteurs, mineurs parfois, puis constructeurs de barrages et pétroliers, les uns et les autres étant des ''gens de chantier'' pour qui l'expression ''sortir '' était alors à prendre à la lettre au terme de la période de travail assignée.

Ce qui m'amène à une petite disgression culturelle: observez qu'à l'heure actuelle l'expression ''être sorti du bois'' n'a pas la même signification au Québec et en France . Au Québec quand on dit que l'on n'est pas sorti du bois on veut dire que l'on n'est pas tiré d'affaire ce que l'on rend également, en France en tous cas, par on n'est pas sorti de l'auberge (ou du tunnel etc...)

expression équivalente à l'anglais''out of the woods''..

ce qui ne veut pas dire nécessairement que la québécoise soit simplement la traduction de l'américaine puisque - si l'on se réfère à l'usage du terme avec sa signification littérale - encore récemment, sur le terrain, on raccourcissait même l'expression de la manière suivante :

''quand sort-il'' pour demander quand Untel reviendrait de son séjour dans le bois (en forêt) pour un repos de quelques jours au camp de base

de même le pilote de l'hydravion disais '' demain je vais sortir Michel sur la rivière Machin''.

ce qui montre bien que l'expression a ses propres racines francophones

en France, par contre sortir du bois c'est se manifester au grand jour, révéler ses vraies intentions, ne plus avoir peur de se montrer

ma conclusion personnelle :

-souvent en Amérique du Nord on peut y voir un héritage du temps oû la forêt pouvait représenter un danger particulier pour les pionniers qui la traversaient puis, en particulier pour le Québec, une allusion au temps où les travaux dans la forêt étaient simplement, d'avantage que maintenant, synonymes de pénibilité, rudesse et risques de toutes sortes.

-en France j'y vois une allusion au temps oû on se cachait dans la forêt (le bois) pour échapper par exemple aux 'archers du Roy ' ou pour y fomenter des mauvais coups😠

mais peut-être que je me trompe... !

Bref....revenons à nos moutons

l'histoire ne s'est pas non plus passé au Québec mais en Colombie Britannique à South Seas

….drôle de nom pour ce camp minier de montagne en Colombie Britannique

drôle de nom car les mers du Sud ...on en était bien loin sauf dans l'esprit du prospecteur qui en était à l'origine et qui, ayant fait fortune quelque part en trouvant de l'or dans les mers du Sud , espérait que le nom lui porterait chance une seconde fois.

camp au milieu de la forêt d'épinettes

en bas dans la vallée, à une ou deux heures de piste et de route c' était little Arizona l'extrémité nord de ce vaste shrub desert qui s'étend du sud au nord à l'abri des montagnes et des pluies du Pacifique depuis le Mexique. Little Arizona que les locaux appellaient aussi la dry belt .. .l'Ouest sans les roches rouges mais avec parfois l'icône dont je parlais dans un autre post les tumbleweeds et aussi une autre icône, le crotale.

en bas dans la vallée c'était aussi le village oû l'on descendait deux fois par mois pour charger le pick up de provisions

Un pick up bien équipé .. un treuil, une pelle, un hi-jack, une scie à chaîne , 4 chaines, tout çà fourré dans le caisson arrière... çà permettait de faire face à la plupart des situations.....

mais pas à toutes...

Le mois de décembre avait été festif ...

çà avait d'abord été, le 4 décembre, le banquet traditionnel de la Sainte Barbe, vieille tradition des mineurs d'Europe, importée par les Français et adoptée par les anglophones du camp... le début de la saison des fêtes.

Il faut dire que si la Sainte Barbe était honorée par certaines unités des Forces armées Canadiennes dont les artilleurs, elle ne l'était pas particulièrement pas par les mineurs de Colombie Britannique qui avaient apparemment abandonné la tradition de l'ancienne Europe

Dans le bunkhouse, le cuisinier du camp, un néo Canadien d'origine scandinave et qui avait passé ses premières années au Québec dans les camps d'exploration, avait dressé deux grandes tables garnies d'un smorgasbord de sa préparation

La Sainte Barbe dans le camp c'était le jour du cook ou du couque si l'on préfère...Dans la rude vie des camps l'homme tenait une place éminente.... et contribuait largement à maintenir le moral.

En retour il jouissait de prérogatives qui le plaçaient quelque peu à part ''c'est moi qui run la cookerie'' disait-il. Quand on entrait dans sa cookerie c'est un peu comme quand on entrait dans le cabinet du médecin : on pouvait garder sa casquette mais on obéissait au maître des lieux...point

Après la Sainte Barbe cet homme de l'art - héritage Scandinave oblige - avait tenu à célébrer, le 13 décembre, la Sainte Lucie occasion de mettre sur la table une ou deux spécialités scandinaves comme le lutefisk et le lefse

Enfin, bien sûr il y avait eu Noël, célébré au camp avec quelques jours d'avance juste avant que les équipes débauchent et se rendent dans leur famille... à Vancouver ou ailleurs et même au Québec.

Mais il restait encore le réveillon du Nouvel An à fêter…

et pour çà nous n'étions plus que trois... trois personnes, gardiens du temple, restaient au camp pour les Fêtes, mon épouse, moi-même et Raynald un technicien du lac Saint Jean qui s'était porté volontaire pour surveiller et entretenir le groupe électrogène absolument indispensable, pas tant pour nous fournir en électricité – nous aurions pu nous éclairer avec des Coleman et nous chauffer avec le propane en bouteilles - que pour alimenter la pompe qui gardait hors eau les travaux souterrains en cours...

Mais malgré ces servitudes de chantier une absence d'une nuit était possible et nous avions prévu avec délices de répondre à l'invitation du réveillon de la Saint Sylvestre de notre plus proche voisin, l'ingénieur d'un autre camp, situé à une trentaine de kilomètres et qui résidait avec sa famille au village dans la vallée. Avec délices.... un rare moment de sophistication en perspective...manger à une vraie table recouverte d'une nappe immaculée, dans de la vraie vaisselle avec des couverts peut être d'argent, boire du vin dans des verres destinés exclusivement à cet usage, s'essuyer, en cas de besoin, les lèvres avec une vraie serviette, être servis par la Maîtresse de maison dans une belle robe au lieu d'un barbu quinquagénaire au langage coloré et à la tenue approximative... sans le risque qu'un packrat audacieux s'infiltre dans la salle à manger et vienne vous narguer en plein milieu du repas

Il devait bien y avoir dans nos paquetages une cravate pour moi et ...une robe pour mon épouse....en cherchant bien😛

Mais dans la nuit du 30 au 31 la neige commence à tomber … dru... dru et le matin du 31 elle tombe toujours.. une neige record comme il en arrive de temps en temps ...bientôt il est clair que mon pick up même équipé comme il l'est n'atteindra même pas le bout du camp. De nos jours nous sortirions les motos à neige mais à l'époque si les ski-doo commençaient à circuler un peu partout nous n'en avions pas au camp dont l'accès était maintenu normalement par le CAT (erpillar) de plus gros camps de la région..ou d'une entreprise de la vallée

mais ce jour là était exceptionnel, beaucoup de services en mode minimum, et après avoir bondi sur le radio téléphone pour tenter d'obtenir de l'aide je me suis vite rendu compte que ce n'était pas gagné …que nous risquions de ne pas pouvoir sortir et que notre petit camp risquait bien de rester coupé du monde jusqu'au moins au lendemain.

adieu réveillon civilisé, cravate, robe, lumières de la ville... ou du village ...

nous vl'a mal amanchés dit Raynald ou quelque chose comme çà...

et il ajouta :

''à ct' heure comme on peut plus compter sur SANTA (Claus) pour sortir y'a plus qu'à faire appel à SATAN comme dans la chasse galerie '' et devant mon incompréhension il entreprit de me conter la merveilleuse l'histoire du canoe volant

c'est vrai que nous nous trouvions à peu près aussi mal amanchés que les bûcherons de Lavaltrie mais pour faire appel à Satan il faut y croire, comme on croit à Santa et moi je croyais d'avantage au radio téléphone auquel je retournai donc conter mes déboires...

des fois que Satan serait à l'écoute.. !

car le radiotéléphone avait ceci de particulier que lorsque vous appeliez un interlocuteur donné tous les autres du réseau entendaient le message,

nous nous étions quasi résignés à un Nouvel An forestier dans la nature sauvage ''en compagnie des orignaux et des loups''(sic!) quand une voix bien timbrée, pas du tout démoniaque, sortit de l'appareil..

un appel de quelqu'un que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam et qui m'offrait de venir nous ouvrir la route dans la journée…. sans que l'on ait à hypothéquer notre âme, tout au plus à entrebaîller le portefeuille

et dans l'après midi voilà que dans le cliquetis de ses chenilles et le raclement de sa lame surgit non pas Satan mais un joli petit Caterpillar D6 et ses quelques 200 chevaux au bout de la piste..... la cavalerie venue nous raccorder au monde

Bien la Bonne Année !
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
KA Kashtin Globetrotter ·
Hello Jean-Paul!

J'étais complètement passée à côté de ton histoire, postée en fait juste quand on est partis aux US. 😎 (Houla la, la vidéo!! Je me suis pincée, j'en croyais ni mes yeux ni mes oreilles!!)

Bon, je passe à la suivante, plus récente 😉...
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
KA Kashtin Globetrotter ·
Merci, Jean-Paul, pour cette nouvelle histoire émaillée d'expressions québécoises... 😉, tellement dépaysante, et qui m'a régalée 🙂. A chaque fois je me dis que vous avez vécu des années extraordinaires – même si probablement pas faciles.

(J'ai reconnu ton bureau dans la photo attachée 😉.)

Pascale
https://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/ http://voyageforum.com/forum/etats-unis_flore_ouest_americain_en_mai_D1621474/
TR Trois14 Globetrotter ·
Bonsoir Jean-Paul

Rien ne vaut une de tes merveilleuses histoires si bien contées avant d'aller se coucher, pour se transporter par la pensée dans le Grand Nord du continent américain, si attachant, dans des situations peu ordinaires (et même souvent extraordinaires), mais qui sonnent tellement vrai. Une bonne nuit garantie, pleine de rêves de grands espaces enneigés et d'aventures ! Merci.

Je reviens sur la tradition du fameux banquet de la Sainte Barbe, encore aujourd'hui largement répandue, et attendue avec impatience par beaucoup, avant la période de Noël. Car si Sainte Barbe est bien avant tout la sainte patronne des mineurs, elle est finalement devenue bien plus que cela. Et sa lumineuse idée du banquet du 4 décembre a été étendue à beaucoup de situations.

D'abord et par extension à tous les gros chantiers de terrassements. Ainsi de tout temps, la Sainte Barbe a été dignement célébrée par les constructeurs de grands barrages, français en particulier. Puis la tradition s'est étendue tout naturellement aux maçons, et aux grands constructeurs. Et de fil en aiguille à tous les grands chantiers de travaux public. Ainsi, je peux te garantir que dans un méga chantier de construction (d'un ouvrage nucléaire par exemple), il serait malvenu (et peu productif) de fixer une réunion importante le 4 décembre : c'est le jour du banquet, et le rendement laisse un peu à désirer 😉.

Puis, je ne sais pour quelle raison (toujours le banquet probablement), la Sainte Barbe est devenue également aujourd'hui l'égérie des pompiers. Ainsi donc, par précaution, soyez prudents avec les allumettes le 4 décembre !

Bonne fêtes de fin d'année à toi, et à tous tes lecteurs enthousiastes.

Jean-Pierre
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
CO Cochize Globetrotter ·
😮 bonsoir J P

Ainsi, je peux te garantir que dans un méga chantier de construction (d'un ouvrage nucléaire par exemple), il serait malvenu (et peu productif) de fixer une réunion importante le 4 décembre : c'est le jour du banquet, et le rendement laisse un peu à désirer 😉.

et bien merci pour tes précisions, comme le disait un jour Aquilegia '' you learn something new every day ''

parce que pour dire vrai j'ignorais que la Sainte Barbe qui depuis l'apparition de la poudre et après les mineurs protégeait déjà pas mal de métiers touchant au feu (ou au poil !) dont nombre de militaires de nombre de pays avait encore étendu sa bénévolente protection à des chantiers civils de surface modernes comme ceux auxquels tu fais allusion …..

il est vrai qu'en associant nucléaire et feu ….on se dit que l'on a peut-être bien besoin d'elle si tu vois ce que je veux dire !

…pour aller dans ton sens :

- dans les mines de charbon Normandes de Littry une des toutes premières mines de charbon de France, peut-être même la première, ouverte vers 1760 même les Révolutionnaires au plus fort de leur entreprise de ''libre pensée'' ( sic!) ne sont pas parvenus à faire travailler les mineurs un 4 décembre

- bien plus près de nous et selon AFTES:: Association Française des Tunnels et de l'Espace ...souterrain le chantier du tunnel sous la Manche tournait 7j/7j mais seulement 364 jours par an... il s'arrêtait le 4 décembre pour la Sainte Barbe

voilà au moins une tradition qui perdure🙂

j'ai toujours eu une admiration et un respect marqués pour les mineurs , gueules noires ou autres et depuis mes années étudiantes j'ai gardé certaines images gravées au burin....

celle de ces mineurs d'une mine de pyrite près de Lyon dont les vêtements pendaient en lambeaux, dont la peau des bras était rougie du fait des gouttes d'eau chargées d'acide générées par son oydation et ruissellant du toit... l'infirmerie n'arrêtait pas de traiter les yeux des gens avec des collyres... et c'était pas au XIX ème siècle...

celle de ce mineur Canadien dans un chantier souterrain de recherche qui était chargé de forer les trous de charge pour l'explosif avant abattage et que j'ai surpris travaillant dans l'obscurité : je descendais faire une tournée et m'approchant du poste j'entendais le marteau perforateur à air comprimé mais ne voyait aucune lueur et ce n'est que lorsque ma frontale éclaira la scène que je me rendis compte qu'il travaillait dans le noir sa propre frontale étant tombée en panne...

il mesurait l'écartement des trous de l'auréole de tir avec la paume de la main ….😮😮 !

Joyeuses Fêtes
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
CO Cochize Globetrotter ·
Retour mon message n° 3 ‘’Pisté par les loups du Labrador ’’

mon étrange rencontre avec les loups qui nous ont suivi sur plus de deux journées de canoe et que le chantre de Animism, la Canadienne Tanya Tagaq aurait certainement su interpréter vocalement a gardé son mystère au fil des ans…

mais en visionnant la video ci-dessous, une idée saugrenue m’a traversé l’esprit …. et si c’était mon canoe rouge qui, pour une raison ou une autre, avait excité leur curiosité? Dans l’endroit oû nous circulions les touristes ne venaient alors pas, seuls des pécheurs au portefeuille bien garni, arrivant souvent des grandes métropoles de l’Est américain s’y aventuraient en hydravion.. ces loups n’avaient peut-être jamais vu de canoe ( rouge ou pas car je ne crois pas qu’ils reconnaissent cette couleur?)

quoiqu’il en soit apprécions en fond sonore, le hurlement du loup arctique qui, lui, s’en est pris directement au canoe et avec.. une farouche détermination

Arctic Wolf vs PakCanoe….. .....

et s’il vous paraît parfois étrange pour en avoir entendu d’autres en Lozère … c’est qu’il s’agit en réalité d’un Chant de gorge inuit — créé pour la circonstance précisément par l’auteur de ‘’ Animism’’Tanya Tagaq Gillis...

...une célèbre throat singer Inuit qui a développé une nouvelle forme, bien personnelle et hybride, de throat singing. Dans son répertoire habituel on se laisse facilement envoûter par la poésie étrange, parfois violente, voire dérangeante qui s’en dégage à la limite des capacités de la voix humaine dans l’actualité récente : juillet 2017

Festival de Jazz de Montréal: Tanya Tagaq, la björk inuit

un peu plus ancienne:

Tanya Tagaq in Puebla Mexico
Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)

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