Suite et FIN! 🙂🙂🙂
Ushuaia - Parc Tierra del Fuego
Version avec photos:
http://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_123.htmlMardi 28
C’est sous un ciel tristounet que nous partons tous les quatre, Françoise, Gérard, Alain et moi, vers l’ouest, direction le parc Tierra del Fuego. Fondé en 1960, il s’étend sur 63 0000 ha de lacs, de forêts et de montagnes aux sommets enneigés même en été – la température peut alors monter jusqu’à 10 °C ! Ici prend fin la Ruta 3, après 3080 km de bons et loyaux services.
On peut voir sur la carte ci-dessous que la route, la piste, en fait, ne traverse qu'une infime partie de l'extrême sud du parc.
Il y a pas mal de circulation, ce qui nous surprend. Des voitures individuelles mais surtout des taxis et des cars. Le changement est radical, nous n’avions plus vu de cars de touristes depuis le Perito Moreno.
Nous nous garons en bordure de la baie Ensenada.
Dommage que le ciel soit terne et gris et qu’un rayon de soleil ne puisse se poser sur les roches bleu-vert qui plongent dans l’eau transparente.
Le sentier suit la côte, plonge vers les criques de galets, remonte sous le couvert des arbres, sombre et humide, éclairé çà et là par les taches blanches des petites orchidées sur le sol, et par les boules orangées du pan de Indio, ce champignon parasite des nothofagus – proches des hêtres, avec des feuilles plus petites – qui se défendent en développant des excroissances étonnantes et magnifiques (il y en a un bel exemple sur la page de l’estancia Harberton). Il est comestible, mais à première vue, avec son allure entre la vesse-de-loup et le clavaire – également comestibles jeunes –, il ne nous emballe pas plus que ça… Par contre, ces petites boules de Noël suspendues aux branches sont très esthétiques et tout à fait de circonstance.
D'un commun accord, nous décidons de rebrousser chemin pour visiter d'autres parties du parc, notamment la baie Lapataia.
A l'arrière-plan, dans les tourbières cuivrées, deux bandurrias (Theristicus melanopis) ou ibis à face noire. De loin ils paraissent petits, mais mesurent environ 75 cm de longueur et 70 cm de hauteur.
Au loin encore, et là le Canon 500 mm de Gérard est indispensable, un couple de grands grèbes (Prodiceps major) a fait son nid, comme à l’habitude, au milieu de l’eau. Au 70/200 c'est un peu flou, mais on distingue quand même le mâle, sur l'eau, et la femelle qui couve.
Il y a du monde à Lapataia… Aussi, je photographie la borne blanche qui marque le point ultime de la Ruta 3... et un canard huppé (Anas Specularoides) qui paresse sur l’eau, et nous partons pour le petit sentier de la Baliza.
Il fait un froid de canard, c’est le cas de le dire. Dans les sous-bois, humides à souhait, on fait d’étranges rencontres…
Avant d’arriver à la baie, on constate les dégâts faits par les castors, mais ils restent invisibles. Introduits par le Canada en 1946 pour le commerce des fourrures, ce fut un échec de ce point de vue-là – les températures étant beaucoup moins froides que dans l’hémisphère Nord, ils développèrent une fourrure moins épaisse et invendable –, par contre ils proliférèrent et causèrent des ravages sans précédent !
Le sentier de la balise débouche sur une autre vue de la baie Lapataia.
A partir de là, dans un calme absolu, nous allons passer deux heures à photographier les oiseaux…
Assez loin, j'aperçois un merle austral, qui se fond parfaitement avec les rochers qui l'entourent.
On retrouve le brassemer argenté ou canard vapeur croisé dans le canal de Beagle (Tachyeres pteneres). Du moins un de ses semblables, avec toute une nichée.
Est-ce une attitude d’intimidation ? Il ne faut pas oublier que cette espèce est agressive…
Passé le premier instant d'émerveillement, on se rend compte que la couleur rouge n'est que... de la peinture pour signaler la balise! Mais les plissements tourmentés de la roche restent superbes.
En repartant, nous nous arrêtons pour boire quelque chose de chaud à la confiteria. La salle est accueillante, et vide, dans un coin un minuscule comptoir de un mètre de large. Nous allons commander les boissons. Deux personnes sont en train de discuter et nous tendent, sans nous regarder, des tasses à moitié remplies. C’est ce qui s’appelle s’en ficher royalement.
De retour à la table, nous apercevons, accrochée au mur juste au-dessus, une petite affiche disant de ne pas oublier la propina, c’est-à-dire le pourboire ! Alors là, nous sommes scotchés !! Bien sûr, nous n’avons rien laissé.
Dehors, c’est le rendez-vous des caracaras chimango (Milvago chimango).
Mercredi 29
Nous passons la journée tous les quatre, tranquilles, à la cabaña. Demain nous nous quittons et nous profitons de nos derniers moments ensemble.
Jeudi 30
Aujourd'hui, départ pour Buenos Aires à 13 h 13 avec LAN argentina (quelle précision de l'aviation argentine!). Nous quittons à regret notre « cabaña del Beagle », le meilleur hébergement que nous ayons eu depuis vingt ans (si l'on excepte Godbout, au Québec), et Alejandro, le propriétaire, particulièrement adorable. Il nous a appelé un taxi pour l'aéroport, sa femme ayant pris la voiture, et nous l'a payé.
Quelle n'est pas notre surprise, après avoir poireauté une bonne demi-heure dans une des files d'embarquement, d'apprendre par haut-parleur que le vol prévu pour 13 heures ne partira qu'à 15 h 40! Aucune explication n’est donnée! A l’enregistrement, on nous donne deux tickets pour manger un plateau-repas à la cafétéria de l'autre côté du couloir: deux minuscules bouts de bœuf bourguignon, ou plutôt de gras et de cartilages, et deux cuillerées à soupe de purée ni salée ni beurrée. Pas de pain, de hors-d'œuvre ou de dessert...
A bord, et passé l'escale d'El Calafate, où l'avion s'est vidé puis rempli à nouveau, nous nous retrouvons dans une vraie volière! Tout le monde est debout dans la travée centrale, les uns à faire des exercices pour les jambes – étirements, grands écarts, flexions... –, les plus jeunes à jouer et crier, d'autres encore à raconter leur vie aux voisins devant et derrière, en haussant le ton pour se faire entendre. Alain et moi n'en pouvons plus!
Le repas du soir – mais il n'était pas prévu –, se résume à trois petits gâteaux et un verre de jus d'orange.
A l'atterrissage, nous restons une demi-heure fermés dans l'avion, sans aucune information. En fait, l'unique navette se fait désirer, et lorsqu'elle arrive enfin il faut encore attendre qu'elle ait fini sa rotation pour sortir de là. Nous ferons partie de la deuxième fournée. Et nous terminerons bons derniers pour récupérer nos bagages que l'on commençait à croire perdus!
Au final, ça aura été le vol de tous les superlatifs négatifs... Et dire que nous avions choisi LAN pour son sérieux, plutôt qu'Aerolineas argentinas ! Heureusement, Herge est là, ce qui est bien agréable, et nous amène à l'appartement que nous lui avions loué en novembre, où nous arrivons enfin vers 22 heures.
Ce vol Ushuaia - Buenos Aires aura été presque aussi long qu'un Paris - Los Angeles...
Vendredi 31
Dernier jour du voyage... Alain part ce matin chercher un livre dans une librairie, mais il revient bredouille. De nombreux commerces sont déjà fermés, aujourd'hui 31 décembre, et en allant à l'aéroport nous constaterons que la ville tourne vraiment au ralenti. Les vacances d'été ont commencé...
Samedi 1er janvier 2011
Le vol de retour avec Air France s'est passé sans problèmes, si l'on excepte les trois bonnes heures de turbulences au départ.
A Paris il fait gris et froid...