Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible
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OL Oltean Regular ·
Bonjour Jean,

A moins que tu aies gardé le pénible pour la fin?

Hélas ! oui, le pire c'est pour un peu plus tard, pour l'instant je reste sur ces moments de pur bonheur... comme tu l'as deviné... A suivre bientôt sur ce forum 🙂
OL Oltean Regular ·
Je m'excuse auprès d'Oltean de polluer son carnet.

Ce scrupule t'honore. De mon côté les échanges dérivés du thème principal ne me dérangent pas, ils peuvent être porteurs d'informations utiles. Je ne me considère certainement pas comme le "propriétaire" de ce fil de discussion que je n'ai fait qu'initier... et que j'entretiens de temps à autre. Voilà voilà, no problemo comme disent les Simpsons.
OL Oltean Regular ·
Sans mister Goulding, l'histoire du cinéma aurait été autre. C'est lui qui, dans les années 1930, alla persuader John Ford de venir tourner ses westerns dans le désert rouge de Monument Valley. Cela n'avait rien d'évident : sans vraie route, l'endroit n'était pas accessible. L'eau était rare, et la région faisait partie de la réserve navajo.



Mais rien ne put réfréner l'enthousiasme de John Ford pour ce panorama sans équivalent. Il restait donc au cœur de l’Amérique de telles merveilles ! Stagecoach allait révéler John Wayne au monde. Nous connaissons ce film sous le titre maladroitement traduit de La chevauchée fantastique. La diligence de l’histoire, ou son exacte réplique, est exposée devant la maison de Mr Goulding, aujourd’hui transformée en musée, si l’on peut dire. Il s’agit plutôt d’une reconstitution in situ de scènes domestiques de la famille Goulding : la cuisine avec ses ustensiles, le salon équipé d’une TSF et d’un gramophone, la chambre à coucher… On est surpris par la modestie de la maison, si petite dans une perspective si étendue. A deux pas de là, l'authentique cabane de John Wayne.





Plus tard, pour Searchers (La prisonnière du désert), une véritable petite ville allait être construite pour accueillir équipes, acteurs et chevaux.... J'aime à croire que c’est ici même que nous nous installons pour un jour. L'endroit possède un restaurant et quelques chambres. Le lieu est empli de charme, plus encore que l'hôtel The View, un peu trop impersonnel dans sa modernité faussement ancestrale.

Les bâtiments en bois de Goulding’s Lodge, la piscine en contrebas, la vue surplombant un aérodrome desservis par des petits avions de transport, octroient au lieu un indéniable cachet d'authenticité. La vue sur la vallée des monuments est remarquable, bien qu’éloignée de la réserve navajo.





Nous prenons la voiture pour aller voir le Mexican Hat, rocher dont le sommet évoque, paraît-il, un chapeau mexicain. La curiosité est bien là, décevante en réalité, mais l’intérêt se trouve à l’évidence dans la route que nous empruntons. Elle longe en la contournant un peu la Monument Valley, que nous ne finissons pas de contempler. Son paysage héroïque éblouira notre retour vers Goulding’s Lodge.



Notre prochaine étape sera la ville de Kanab, autre haut-lieu des westerns. Mais comme on le verra il ne s’agit pas précisément de la même classe de films.

Le chemin vers Kanab nous rapproche pas à pas des merveilles de la civilisation. Bientôt, affiches publicitaires et annonces de fast food accompagnent notre route. A l’approche du Lake Powell nous faisons le point sur les curiosités de la région, quand une pluie épaisse vient refroidir nos projets. Dans ces conditions il faudra oublier la trempette dans le lac et la visite d’Antelope Canyon, intrigante fissure dans la roche aux jeux de lumières déconcertants, dit-on, mais terriblement dangereuse quand il pleut.



Nous demandons au GPS de nous guider vers l’un des seuls restaurants recommandés par le Routard. La prosaïque ville de Page s’avère dénuée du moindre charme. Nous croisons quelques expéditions de touristes ridiculement juchés sur des camionnettes aménagées mais sans véritable toit. De ce fait, ils sont trempés jusqu’aux os. Je ne me vois décidément pas parmi ces pauvres gens ayant payé pour se faire ainsi exhiber à travers la ville, chemisettes grassement collées au corps et sac plastique sur la tête, tout dégoulinants de flotte… Je me sens aussi gêné qu’eux. Le tourisme organisé en Arizona n’est décidément pas fait pour les jours de pluie.

Nous faisons plusieurs fois le tour du pâté de maisons pour trouver une place à proximité du restaurant Fiesta Mexicana. Quand je descends de l’auto, je constate que les caniveaux sont parcourus d’un flux impétueux et sale, et nous devons faire de grandes enjambées pour ne pas nous trouver à notre tour détrempés.

Heureuse surprise, le restaurant mexicain n’est pas l’endroit toc décrit par le Routard. Le décor est kitsch mais ne fait que reprendre une esthétique courante chez le voisin du sud, comme devrait le savoir tout guide touristique digne de ce nom. La cuisine est savoureuse, le service impeccable assuré par d’authentiques Latinos avec lesquels j’échange quelques phrases, pour changer de mon anglais un peu trop laborieux.

Nous reprenons la route alors que le ciel retrouve en quelques minutes une teinte azurée. Le soleil de la Sun Belt aura tôt fait d’assécher les vestiges de l’averse monumentale. Nous profitons, en quittant Page, d’un arrêt à une station essence de North Wahweap Drive (dont la gérante parle un français émaillé de r délicieusement grasseyés) pour visiter une zone résidentielle construite sur une pente douce inclinée vers le lac. Le quartier est souverainement placide avec ses larges allées et ses villas couleur crème sagement alignées. Chacune possède son double emplacement pour voiture et bateau. Nous étions habitués aux autos spacieuses, nous découvrons les cabin cruisers effilés et équipés de moteurs monstrueux. La plaisance sur le Lac Powell est visiblement affaire de puissance et de vitesse ! Dire que j’imaginais trouver là les inoffensives coques de bois de nos latitudes… Je ne parviens pas à me faire à l’idée qu’ici, l’échelle n’est simplement pas la même.



Direction Kanab, Zion, Bryce, autant de noms qui n’évoquent rien du Far West aux novices que nous sommes. Nous passerons pourtant là-bas les journées les plus typiquement américaines de notre séjour.



IT Itat Globetrotter ·
Hello

J'ai moi aussi un bon souvenir du Goulding's où j'avais logé en 2009. En effet très authentique, chargé d'histoire. Il n'y a guère que le restaurant qui nous avait déçu: cher, quelconque et service sans sourire...

Merci pour cette suite 😉
JO Jonanaclem Veteran ·
votre carnet est un plaisir, j'ai hâte de lire la suite!

pour la ville de Page et les visites alentours, est-ce un choix d'y avoir passé si peu de temps? ne le regrettez-vous pas ?...

je m'explique: lors de la préparation de notre circuit pour juillet 2012, j'avais prévu 1 nuit sur Page pour visiter antelope canyon lower et profiter du lac powell; pensant que ce serait suffisant car on lit souvent que cette ville n'est pas agréable et très touristique. cependant, en lisant des carnets et en voyant des photos, j'ai finalement rajouté une 2ème nuit à Page car je trouve qu'il y a de jolies choses à voir: le lac powell, antelope canyon (faut aussi avoir beau temps!😛 donc sur 2 jours, plus de possibiltés) mais aussi horshoes bend, navajo bridge et lees ferry...

comme vous avez voyagé avec un enfant de 6 ans (notre fils fêtera ses 7 ans à notre retour de voyage), je voulais savoir si vous auriez aimé passer plus de temps dans cette ville et ses alentours ou pas... pour voir si j'ai bien fait de rajouer 1 nuit ou si ce n'est pas nécessaire.

merci.
OL Oltean Regular ·
Bonjour Clémence,

votre carnet est un plaisir, j'ai hâte de lire la suite!

J'en suis ravi !

pour la ville de Page et les visites alentours, est-ce un choix d'y avoir passé si peu de temps? ne le regrettez-vous pas ?...

La réponse est difficile. D'abord, disons que non, parce que nous avons prévu un séjour en deux parties (d'abord un circuit à partir de Las Vegas, puis un parcours de Los Angeles à San Francisco), et que le temps prévu pour chaque partie a été estimé de manière à pouvoir chaque jour faire un peu de route et avoir ensuite un peu de repos (piscine, simples ballades en ville, etc.)

Nous ne voulions pas saturer notre programme c'est pourquoi notre rythme de marche fut assez placide. Sans enfant, évidemment ce ne serait pas la meme chose.

Mais oui, naturellement, nous avons conscience d'avoir raté des visites hors du commun, j'ai parlé des villes fantômes par exemple, Antelope Canyon et ce que vous citez, sans parler de la très faible durée passée à visiter Grand Canyon, Zion, Bryce...

Je pense que la réponse est strictement personnelle. Nous avons privilégié quelques endroits choisis avec VF et nos guides, tout en ménageant notre temps de conduite. D'autres choix sont évidemment tout à fait respectables.

comme vous avez voyagé avec un enfant de 6 ans (notre fils fêtera ses 7 ans à notre retour de voyage), je voulais savoir si vous auriez aimé passer plus de temps dans cette ville et ses alentours ou pas... pour voir si j'ai bien fait de rajouer 1 nuit ou si ce n'est pas nécessaire.

Je laisserai à plus expérimenté que moi le soin de répondre sur Page, que je n'ai fait que traverser... cependant, la réponse doit prendre en compte ce que vous feriez à la place de la 2e nuit à Page. A choisir entre une journée à Page et une autre à Kanab, je n'hésiterais pas, tant Kanab nous a plu !
OL Oltean Regular ·
J'ai moi aussi un bon souvenir du Goulding's où j'avais logé en 2009. En effet très authentique, chargé d'histoire.

Absolument. C'est pour cela, je crois, que je préfère cet endroit à l'hôtel The View, malgré ses immenses qualités.

Il n'y a guère que le restaurant qui nous avait déçu: cher, quelconque et service sans sourire...

Nous n'y avons mangé qu'une fois. Nous avons été bien reçus et je me souviens avoir dégusté un bel hamburger (mais il y avait mieux ailleurs, c'est vrai). Au passage, le restaurant était bondé de Français... et de Chinois.
JO Jonanaclem Veteran ·
merci pour ces infos.

je pense que nous aurons une partie de circuit commune, celle autour de las vegas par contre, nous avons choisi de remettre à plus tard les villes de la côte et avons privilégié le yellowstone, je verrai en lisant la suite de vos aventres si c'est un choix judicieux avec un enfant!😛... nous aussi, nous essayons de faire un circuit sans trop de route quotidienne et en privilégiant les pauses, enfant oblige!

en fait, pour la partie autour de Page, nous avons prévu de partir de Bryce canyon en fin de matinée, de nous arrêter à Kanab pour manger et visiter le petit musée sur le cinéma, ensuite de poursuivre la route vers Page en nous arrêtant à old paria moovie set et en fin de journée , baignade à Page. le lendemain, on aimerait faire antelope canyon lower le matin et une petite croisière en bateau sur le lac l'aprem. le surlendemain, remonter vers kanab en prenant la route 89A qui passe par lees ferry, horshoes bend et passer la fin d'aprem dans la ville de kanab où nous dormirons avant de partir pour Zion... voilà! je pense qu'on passera tout de même un peu de temps à kanab...
OL Oltean Regular ·
Une énorme lettre K marque de sa blancheur la colline voisine. Kanab s’annonce ainsi de loin aux visiteurs terrestres et aériens. Le Parry Lodge, belle maison coloniale qui rappelle Gone with the wind, se trouve à l’endroit où la route principale s’incurve vers la gauche. Le hall d’accueil est décoré par une multitude de clichés d’acteurs venus ici même tourner des centaines de westerns. Beaucoup de portraits sont dédicacés, mais les noms ne me disent pas grand-chose. Je note qu’au-dessus du passage vers les cuisines, quelqu’un a fixé une photo d’Annie Girardot, avec ces simples mots : « 1931 – lundi 28 février 2011. 79 ans. Bon voyage Annie, we will never forget you ». Les amateurs de cinéma du coin savent donc regarder au-delà de leur production locale. Un pied de nez aux contempteurs de l’Amérique profonde et évidemment inculte.



Notre chambre se trouve dans l’une des habitations qui cernent un grand espace derrière l’accueil. Nous serons protégés des nuisances sonores de la route. Au centre de la place, une vieille grange (Old barn) héberge un cinéma où chaque soir la direction projette un western tourné dans la région. Les séances sont gratuites pour les hôtes.



Nous héritons de l’habitation baptisée « Broderick Crawford », un obscur acteur des années 1950 (qui devait tout de même tourner avec Fellini dans Il Bidone). Un grand lit, un bureau, une salle de bains, une télévision. Pas de réfrigérateur, mais l’accès au distributeur de glace est gratuit. Nous garderons ainsi bien au frais dans une poche isotherme nourriture et boissons.



Le Parry Lodge possède une histoire similaire à celle du Goulding’s Lodge de Monument Valley. Les époux Parry s’employèrent à faire venir les vedettes de Hollywood à Kanab. Sur place, ils trouveraient calme, hébergement, piscine et naturellement les décors ad hoc pour les paysages sauvages. Le Parry Lodge deviendrait ainsi le pied à terre des équipes de tournage.

J'ai le sentiment que la ressemblance s’arrête là. Quand John Ford réalisait ses chefs d’œuvres à Monument Valley, ce sont souvent des tâcherons sans génie qui venaient tourner des séries B à Kanab. Telle est du moins mon impression en contemplant la liste interminable des films réalisés ici, où les classiques ne sont pas absents mais assez rares. L’art irremplaçable du grand cinéaste versus l’industrie ronronnante des seconds couteaux sans lendemain… Je me souviens des secondes parties de soirée de La dernière séance, la fameuse émission disparue d’Eddy Mitchell, avec ses films parfois sympathiques mais bien justement oubliés.

Seuls quelques noms de vedettes donnés aux habitations nous parlent encore : Tyrone Power, Frank Sinatra, et même un certain Ronald Reagan, qui ne devait certes pas espérer accéder à la notoriété par ses seuls talents d’acteur.



Nous testons la piscine. Malgré le grand soleil, l’eau est un peu fraîche, histoire de nous rappeler que la ville est en altitude. 1500 mètres tout de même, c’est un demi-kilomètre plus haut que le centre-ville de Chamonix ! Nous comprenons l’écriteau dressé à l’entrée de Kanab : capitale américaine des sports de neige. Et nous n’étions qu’au début de nos découvertes…



La ville de Kanab pose une incessante question au visiteur de passage. Sommes-nous dans un décor complaisant ou dans la réalité ? Est-là un miroir aux alouettes destiné à éblouir le gogo, ou une authentique cité de l’Ouest ?



La ville est un décor. L’imposante boutique de souvenirs flanquée d’un grizzli en bois massif et d’un indien statufié plus toc que nature ne laisse pas de place au doute. L’endroit est abondamment desservi par des autocars de touristes venus faire le plein de babioles pseudo-navajo ou incontestablement westerns made in China. Au beau milieu des rayonnages, on entend dans le français le plus courant des exclamations sur le prix bon marché des Levi Strauss. Chaque trottoir est muni d’un cadre de bois semblable à ceux qu’utilisaient les cow-boys pour attacher leurs montures avant de se rendre au saloon. Partout, de petits écriteaux racontent la vie d’un acteur venu jadis jouer dans quelque movie périssable. Un peu plus loin, nous visitons un véritable décor de cinéma. Nous sommes dans le faux érigé au rang du réel. L’une des tables exposées a appartenu, dit-on, à Buffalo Bill. L’inventeur du western, cette chanson de geste d’une histoire fantasmée, était aussi un homme d’action, vengeur de Custer et massacreur de bisons. Légende et histoire deviennent à ce point inextricables.



La ville est authentiquement américaine. Ces vieux messieurs qui se baladent stetson sur la tête ne jouent pas un rôle. J’entre dans la boutique de photos pour nettoyer mon capteur. Le propriétaire est un old timer au visage marqué par le soleil de l’Utah. Sa large moustache et son chapeau à bords relevés rappellent les plus belles gueules photographiées par Robert Clark dans son exploration de l’Amérique profonde. Sans fioritures il m’annonce son aversion pour l’univers de la photo numérique avant de me vendre comme à regret un kit de nettoyage. Sa boutique est remplie de matériels hétéroclites, objectifs de l’autre millénaire, trépieds, guitares, poupées et partitions musicales.



A ma fille en arrêt devant une statue grandeur nature du Coyote de Road Runner (Bip Bip), il déclare : « C’est mon personnage favori. Malgré tout ce qu’il vit il essaye encore et encore. He never gives up. » Par la façon dont il énonce ces mots, je devine qu’il s’agit là d’une véritable profession de foi. Il répète : « Never give up. » S’accrocher coûte que coûte à cette petite ville entourée par la nature, inondée de soleil l’été et l’hiver isolée par la neige. Refuser le monde froid du digital. Ne pas céder aux simagrées du monde moderne. Regarder les autocars de visiteurs comme de simples événements épidermiques qui n’altèreront jamais l’âme de la cité. Un parfum d’éternité émane de cette boutique ancrée dans l’histoire.



OL Oltean Regular ·
Plus bas en ville, je remarque la pancarte d’une brocante.



La boutique se trouve un peu à l’écart, dans une maison de taille moyenne. Le propriétaire tiré de sa somnolence par mon irruption m’accueille par une plaisanterie de bienvenue. Je ne sais pas ce qu’il m’a dit, certainement un jeu de mots que mon anglais de cuisine ne me permet pas de comprendre. « Ce n’est pas grave, vous chercherez dans le dictionnaire », ajoute le gérant malicieux, avant de m’inviter à explorer le lieu. Il se renfonce dans son siège et se rendort aussitôt. J’aime les brocantes. Celle-ci a tout du grenier d’une Grandma : vieux jouets, armes décoratives, robes des temps jadis, publicités des fifties… J’aimerais ramener de belles assiettes ornées de dessins naïfs, mais je crains qu’elles ne résistent pas au voyage. Je repars avec une authentique plaque minéralogique aux armes de l’Utah.



Nous visitons le musée de la ville. Une nouvelle fois nous observons que le mot de « musée » est trompeur. Ici, pas d’objets exposés sous verre que l’on contemple pour tromper son ennui. La vaste salle tient à la fois du bazar et de la bibliothèque. La mémoire de la ville y est entreposée. Les archives scolaires côtoient relevés cadastraux, drapeaux et uniformes de parade. Le visiteur a accès à tout. Je consulte un recueil de correspondance. Il s’agit de véritables lettres des années de guerre, écrites depuis l’Europe en feu par les jeunes recrues du pays. J’ai l’impression de fouiller dans des affaires privées tant la correspondance touche à l’intimité des familles. Et pourtant non, je suis bien dans un musée où chaque pièce est dûment répertoriée. L’attachement à la nation, si étonnante pour nous Français qui tenons le patriotisme en piètre estime, surgit du moindre détail. Etoiles, bandes de couleur qui représentent les treize états fondateurs, pygargues à tête blanche sur fond rouge sont partout pour rappeler que nous sommes « sur la terre de la Liberté et la patrie des braves. »



Le Routard énonce doctement que la ville étant située dans l’austère Utah, toute vente d’alcool ne saurait se faire que dans des lieux sévèrement contrôlés. J’ignore sous l’emprise de quel stupéfiant ce chapitre a été rédigé et par quelle aberration il a pu passer les différents stades de contrôle avant publication, car il suffisait de visiter le supermarché du coin pour trouver bouteilles de vin californien et packs de bière impeccablement alignés. En guise de pièce à conviction, je photographie les bouteilles sous le regard des clients amusés.



Je remarque qu’une des bières porte le curieux nom d’Evolution Amber Ale. L’étiquette représente le dessin classique du primate adoptant la station debout puis transformé en homme, ici en train de boire un bon demi. Un sceau précise avec humour : « créé en 27 jours, pas en 7. Darwin approved ». Cette marque a été imaginée précisément pour railler l’obscurantisme des Mormons qui envisagent de bouter Darwin hors de l’école. La simple existence de cette bière démontre, n’en déplaise à certains, que l’Utah n’est pas l’endroit totalitaire que certains esprits bien intentionnés vous vendent, et que la fronde démocratique s’y exerce avec verdeur.





OL Oltean Regular ·
Nous avons choisi Kanab pour sa proximité avec des endroits remarquables. Ainsi pouvons-nous facilement nous rendre au parc national de Zion. Sion, la Jérusalem biblique, la rivière Virgin, les rochers des trois Patriarches rappellent, s’il en était besoin, que nous sommes bien chez les Mormons. La grande question demeure : après le Grand Canyon, allons-nous encore être surpris ? Voir des tas de pierres, après tout, quel intérêt ?



Nous laissons la voiture dans un parking à l’entrée du parc. La visite se fait en bus écologique. Le circuit dessert différentes étapes avec des promenades, des endroits pour se restaurer ou contempler la nature. Nous descendons au cœur du parc. La différence avec le Grand canyon est manifeste : ici à Zion, nous sommes dans le canyon, dont nous contemplons les murailles de part et d’autre. Nous voici donc au bas de toute chose, hôtes d’un monde secret où nous berce le chant bienfaisant d’une rivière. Nous la traversons avec un pont de cordes. D’inoffensifs geckos fuient à notre approche, alors que dans les bosquets luxuriants nous devinons la vigilance empressée d’écureuils insatiables. Partout, des pancartes invitent à ne pas les nourrir, ne serait-ce que pour éviter les morsures. Il nous paraît évident que l’endroit révèle sa splendeur aux promeneurs attentionnés et affranchis de l’impérieux devoir touristique de tout faire à marche forcée. Faire le Grand Canyon, faire Monument Valley, faire Zion dans l’attente de faire Bryce et la côte Ouest, très peu pour moi. Le simple fait d’être là est déjà en soi un incommensurable privilège dont je m’efforce de savourer la quintessence.



Aller à Bryce, pour quoi faire ? Nous avons vu le Grand Canyon depuis le haut, et celui de Zion depuis le bas. Que nous manque-t-il à présent ? Et puis, Bryce, est-ce une dénomination convenable pour un parc national, je vous le demande… Le Désert de la mort, voilà un nom comme il se doit, avec son cortège d’images d’os blanchis et de crânes cornus se décomposant au soleil. Mais quelle image s’impose à vous quand on parle du canyon de Bryce ? C’est bien simple : si l’on excepte éventuellement les portraits de Lalonde ou Hortefeux, aucune.



L’endroit, pour une fois, se visite en voiture. Pas de parking obligatoire ni de navette au gaz pour rallier les différentes haltes du circuit. Nous découvrons une verte vallée offerte jusqu’aux confins du monde. Si canyon il y a, il est si large que seule l’imagination peut se le figurer. Le parc national de Bryce propose une collection insolite de paysages variés, bois de conifères, océans de sable et nappes de rochers ocres. La grande curiosité demeure les hoodoos, curieuses cheminées de pierre engendrées par l’érosion et droites comme des alignements de points d’exclamation. A chaque arrêt, une nouvelle perspective vient enchérir sur l’impression précédente. Nous négligeons à regret les chemins de randonnées prometteurs mais trop exigeants pour les jambes fragiles de notre enfant.



L’endroit est différent de tout ce que nous avons déjà vu. Il tranche sur Zion par son amplitude. Peu de chance ici de se retrouver au même endroit que tous les autres promeneurs tant l’espace est ouvert. Bryce mérite bien plus qu’une journée, nous nous promettons de revenir lors d’un prochain voyage explorer vallées enchanteresses parsemées de cheminées de fées.



Nous bouclons notre première partie du séjour par un retour à Las Vegas. De là, nous prendrons l’avion pour Los Angeles. Le temps des parcs nationaux, des arches de pierre et cheminées de fée est désormais derrière nous… En chemin, nous faisons une halte dans la ville de Saint George, au sud de l’Utah. Je me dirige vers ce que j’identifie enfin comme une grande librairie. Je me rends vite compte que le commerce tourne autour de trois thèmes : God, Son et Holy Spirit. Tous les livres sont soit la Bible, soit des commentaires de la Bible, soit des résumés de commentaires de la Bible. Même au rayon Enfants, je vois des épisodes de la Genèse sous forme de comics ou dessinés à la façon Disney.

J’aperçois enfin un stand Classical Music. Je dois vite déchanter : il n’y a pour ainsi dire que des hymnes ou des transcriptions grand public de chansons d’église chantées par des cowboys à chapeaux blancs. Je déniche à grand- peine un recueil de chorales par le Mormon Tabernacle Choir avec accompagnement d’orchestre symphonique. Une bonne surprise n’est pas à exclure, le chœur de Salt Lake City étant l’un des plus renommés qui soient, même si je n’imagine que trop bien les arrangements consensuels et insipides que je trouverai sur la galette. A défaut de vraie musique classique, le CD rejoindra ma collection pour témoigner de mon passage dans l’Utah et de mes vains efforts pour assouvir ma curiosité intellectuelle.



Midi approche quand la silhouette de Las Vegas apparaît au loin. Notre projet est de déjeuner dans un dinner vers la tour Stratosphere, puis de nous rendre à l’aéroport remettre la Dodge et attraper notre vol. En chemin nous longeons par hasard le Circus Circus avec son dôme en forme de chapiteau. C’est l’un des seuls casinos que nous n’ayons pas exploré en raison de son éloignement du Strip. Voilà l’occasion de parfaire notre expérience de Vegas. Nous changeons illico presto de plan et décidons de visiter le Circus Circus.



L’entrée du casino est si mal indiquée que nous croisons plusieurs fois des groupes de Chinois en quête de repères. Le parking est en travaux et personne n’a jugé bon de signaler les chemins de rechange pour accéder à l’entrée piétons… Nous finissons par l’identifier à la cohue des allées et venues. Après une semaine de grands espaces et de nature, la foule nous agresse comme une décharge de taser. La thématique du Circus Circus est parfaitement claire : fête foraine, grosse rigolade et montagnes de barbapapa.

Dès mon entrée dans le palace, je me sens l’âme du homard plongé dans le bouillon. Je retrouve en un éclair mes pires appréhensions du Las Vegas redouté avant le voyage. L’endroit est engorgé de sons agressifs et soumis à un féroce éclairage. Le décorum bariolé fait mal aux yeux, alors que la fête foraine vomit décibels saturés de hurlements. Des frères d’infortune qui crient leur mal-être devant cet étalage quasi-pornographique ? Hélas non, il s’agit simplement d’amateurs chavirés par des manèges virevoltants.



Quelques pas me mettent, pour la première fois en Amérique, en présence de la racaille. Le terme est peut-être excessif, je l’accorde, mais telle est l’impression que je ressens alors face à la brochette de blousons de cuir aux mines fermées, fermement campés sur leur territoire en marge des festivités, attendant on ne sait quoi ou on ne sait qui en scrutant la foule. Nous ne nous attardons pas pour approfondir l’observation.
JO Jonanaclem Veteran ·
heureuse de lire la suite mais vous me mettez le doute...vous n' avez fait aucune rando ni à Zion ni à Bryce... Pensez-vous que cela soit vraiment trop dur pour les enfants?

Car nous y serons l'été prochain avec notre fils de presque 7 ans (soit un peu comme votre fille) et j'ai prévu des randos qui me paraissent simples sur le papier😛! - à Zion: riverside walk et emerald pool (les 2 premiers bassins) - à Bryce: navajo loop+ queens garden; je ne peux pas imaginer la râter celle- là quite à porter mon fils sur le dos!!!!😉 Bon, ensuite, tout dépend des enfants mais là, en vous lisant, je crains d'en avoir trop prévu surtout qu'on aura fait avant le yellowstone...
PI Pitimerguez Veteran ·
heureuse de lire la suite mais vous me mettez le doute...vous n' avez fait aucune rando ni à Zion ni à Bryce... Pensez-vous que cela soit vraiment trop dur pour les enfants?

Car nous y serons l'été prochain avec notre fils de presque 7 ans (soit un peu comme votre fille) et j'ai prévu des randos qui me paraissent simples sur le papier😛! - à Zion: riverside walk et emerald pool (les 2 premiers bassins) - à Bryce: navajo loop+ queens garden; je ne peux pas imaginer la râter celle- là quite à porter mon fils sur le dos!!!!😉 Bon, ensuite, tout dépend des enfants mais là, en vous lisant, je crains d'en avoir trop prévu surtout qu'on aura fait avant le yellowstone...

A mon avis, pas de problème pour ce genre de randos avec un enfant de 7 ans. Celle de riverside walk ne mérite même pas ce nom là d'ailleurs, elle est faisable en déambulateur.
OL Oltean Regular ·
Bonjour Clémence,

heureuse de lire la suite mais vous me mettez le doute...vous n' avez fait aucune rando ni à Zion ni à Bryce... Pensez-vous que cela soit vraiment trop dur pour les enfants?

Nous n'étions pas partis dans l'idée de faire des randonnées, mais nous avons tout de même essayé à Zion et Bryce. Mon constat est qu'à l'age de 5 ans c'est un peu limite, mais je pense sincèrement qu'avec deux années de plus ça ne posera plus de problème. J'ai regardé les autres familles, je ne me souviens pas d'avoir noté des randonneurs aussi jeunes que notre fille.

Bon, ensuite, tout dépend des enfants mais là, en vous lisant, je crains d'en avoir trop prévu surtout qu'on aura fait avant le yellowstone...

A voir en détail, mais sur le principe ce doit être faisable, surtout avec les attirails de rangers juniors qu'on trouve dans les boutiques du parc, qui devraient plaire à tout enfant de cet âge.
JO Jonanaclem Veteran ·
me voilà rassurée!!!surtout que je viens d'acheter les billets d'avion ce matin: ça y est, c'est lancé!!!! pour riverside walk, j'avais effectivement cru comprendre qu'elle était facile et sympa et je garde l'espoir de pousser un peu dans les narrows...
PI Pitimerguez Veteran ·
pour riverside walk, j'avais effectivement cru comprendre qu'elle était facile et sympa et je garde l'espoir de pousser un peu dans les narrows...

Facile, sans aucun doute. Sympa...je suis moins convaincu ou alors il vaut mieux y être très tôt, sinon c'est blindé de monde. Comme petite balade sympa et facile à Zion, celle de Canyon overlook est pas mal : http://www.zionnational-park.com/zion-canyon-overlook-trail.htm
JO Jonanaclem Veteran ·
oui, j'ai lu que riverside était très fréquentée, nous essaierons de la faire à la fraîche mais je disais sympa pour les enfants car je crois qu'elle est assez à l'ombre et avez plein de ptts écureuils...bon, on verra bien! pour celle d'overlook, elle est également au programme de la veille!!

j'ai effectivement prévu qqs randos, j'espère qu'avec la chaleur, nous arriverons à les faire...
MA Max68 Globetrotter ·
Bonjour,

C'est l'opposition du meilleur et du pire qui m'a attiré, mais c'est le style, impeccable qui m'a retenu.

Merci pour ce carnet très agréable à lire.🙂

Si j'ai bien compris nous commençons à entrevoir le pire 😉 ... vivement la suite

cordialement

Max
https://apprentisvoyageurs.com
OL Oltean Regular ·
me voilà rassurée!!!surtout que je viens d'acheter les billets d'avion ce matin: ça y est, c'est lancé!!!!

Des billets d'avion ce matin pour l'été 2012 ? Bravo, je suis admiratif devant une telle prévoyance. Nous les avions pris en janvier (6 mois à l'avance) et c'était tout juste suffisant, quant aux hôtels, ils étaient déjà quasi complets..
JO Jonanaclem Veteran ·
et oui, je m'y prends toujours à l'avance car je suis un peu exigeante et je veux avoir la qualité (les hotels choisis aux bonnes dates, les bons vols avec les meilleurs horaires!) aux meilleurs prix!! et c'est pire pour ce voyage puisqu'on part avec notre fils, je veux absolument les hotels chosis!!

et pour yellowstone, il a fallu réserver les lodges dans le parc avant même d'avoir les billets d'avion, donc il fallait que le circuit soit déjà bien ficelé! il y avait tout de même la possibilité d'annuler sans frais!
OL Oltean Regular ·
C'est l'opposition du meilleur et du pire qui m'a attiré, mais c'est le style, impeccable qui m'a retenu.

Eh bien, j'en suis réellement très heureux. Merci de me lire !

Merci pour ce carnet très agréable à lire.🙂 Si j'ai bien compris nous commençons à entrevoir le pire 😉 ... vivement la suite

Hélas oui, nous entrons dans la partie pénible du voyage. D'après ce que nous avons vu, la plupart des voyageurs partent de San Francisco ou Los Angeles pour finir par les parcs nationaux, nous avons fait l'inverse (pas par choix, mais par contrainte de disponibilité de billet d'avion). Du coup après l'éblouissement nous revenons à une réalité plus... commune. Cela étant dit, je suis certain que certaines étapes du voyage ne pourront jamais me plaire, quel que soit l'ordre de la visite, comme j'essayerai de le raconter...

(PS - J'ai visité ton blog en signature, instructif et très vivant, j'y reviendrai)
OL Oltean Regular ·
et oui, je m'y prends toujours à l'avance car je suis un peu exigeante et je veux avoir la qualité (les hotels choisis aux bonnes dates, les bons vols avec les meilleurs horaires!) aux meilleurs prix!! et c'est pire pour ce voyage puisqu'on part avec notre fils, je veux absolument les hotels chosis!!

Démarche très bien étudiée à ce que je vois. Pour nous, j'avais utilisé les Miles de la carte Flying Blue, ce qui m'a "offert" un billet gratuit (sauf les taxes). Mais en revanche j'ai dû attendre que le solde soit assez élevé pour procéder à l'achat, ce qui a engendré encore du délai. Bon, comme aux USA on a tout payé avec la carte American Express, on a profité du voyage pour pas mal recharger le solde de Miles. Tant qu'à dépenser, autant que ça profite...
MA Max68 Globetrotter ·
J'ai visité ton blog en signature, instructif et très vivant, j'y reviendrai

merci 😊

je suis certain que certaines étapes du voyage ne pourront jamais me plaire, quel que soit l'ordre de la visite

vu ce que tu as laissé entrevoir du programme de la deuxième partie ... je compatis

Cordialement

Max
https://apprentisvoyageurs.com
OL Oltean Regular ·
L’autoréférentialité du nom « Circus Circus » me met la puce à l’oreille. Je me demande en un éclair d’ironie si les fondateurs du casino n’ont pas voulu rendre un hommage au Festivus Festivus de Philippe Muray. Le jouir sans entraves de cette euphorie perpétuelle n’est-elle pas incarnée en ce lieu même par celui qui cirque qu’il cirque ? Quelle meilleure tactique que le confuso-onirisme végasien pour enterrer les restes de l’Histoire au son des machines à sous, et célébrer ainsi le règne du mort-vivant infantile et voué à le rester, monstrueusement enfanté par le nouveau millénaire au beau milieu des vivats ?



Un cri de mon estomac met fin à cette digression involontaire de mes neurones. On a beau s’interroger sur la post-histoire, il faut bien s’alimenter. Un premier restaurant est fermé. Ou plutôt non, il est grand ouvert, mais vide. Personne à table, personne derrière le comptoir, aucun serveur, aucune explication, seule la vacuité d’une salle illuminée et sans vie.

Nous fuyons cette scène de cauchemar en nous réfugiant dans un Mexicain rapide. Mauvaise pioche, la foule s’y presse déjà et l’attente s’annonce longue… Nous goûtons sans plaisir les plats qui nous sont enfin desservis. Chers et sans saveur : décidément, le Circus Circus a tout pour plaire ! en quittant le restaurant je feins une douleur au ventre pour alerter les amateurs de la file d’attente. Mon jeu de benêt apostrophe un Américain entre deux âges : « Hey, do you mean the food is really bad here ? » « worst than that », répliqué-je, heureux d’avoir été compris. Comment la pantomime vient au secours de la gastronomie !



Rendre la voiture à Alamo est un jeu d’enfants. Nous arrivons dans le parking du loueur où un agent examine brièvement le véhicule, appuie sur un bouton de son terminal portable et me tend une facturette. « That’s all right. You can go. » Adieu, Dodge Nitro aux chromes enchanteurs, tu buvais beaucoup mais nous t’aimions bien. Ce soir nous dormirons à Los Angeles.

A la cité des Anges nous attend une autre voiture de location. Nous la rendrons directement à l’aéroport de San Francisco : en Californie, les frais d’abandon sont offerts, profitons-en ! Le choix du modèle est plus mince, au propre comme au figuré. Nous repartons au volant d’une Jeep Patriot. Ce n’est pas un monstre comme la Dodge, mais un solide 4x4 à l’électronique moderne, mieux adapté à la ville.

Les abords de l’aéroport sont sans charme particulier. Nous longeons immeubles de bureau et habitations prosaïques au fil du trajet vers l’hôtel. Pour celui-ci, nous avons cassé la tirelire et aligné les dollars : le Comfort Inn Near Walk of Fame se trouve au cœur même de Hollywood, sur le Sunset Boulevard si cher aux vrais cinéphiles.



Je m’impatiente à découvrir ce quartier mythique tant la banlieue sans fin que nous n’en finissons pas de traverser me pèse, quand le GPS m’arrache à mes pensées. « Vous êtes arrivés », énonce l’engin. Comment cela, voyons donc, le TomTom a dû se tromper. Cette avenue sombre et bétonnée ne saurait être le Sunset Boulevard, n’est-ce pas ? Et l’hôtel si onéreux de nos rêves se serait transformé en cette sorte d’Ibis de périphérie, aux murs défraîchis ?



Nous devons nous rendre à l’évidence. Hollywood n’est pas le lieu chic et choc que nous convoitions. Peut-être demain, la visite de l’avenue des stars et des quartiers résidentiels sous un soleil radieux nous fera changer d’avis. Pour l’heure nous nous mettons en quête d’un endroit pour le dîner.

Nous faisons quelques pas dans le quartier. J’ignore pourquoi en Amérique l’éclairage public paraît faiblard, toujours est-il que la pénombre de cette ville inconnue ne nous incite pas à nous éloigner de l’hôtel. Une petite place à deux pas de là offre quelques restaurants rapides de cuisine exotique. Je note la présence sur le parking d’un cabriolet occupé par une caricature de Marylin Monroe dans Sept ans de réflexion : même « Subway dress » blanche plissée, mais la plastique de Lova Moor. Étrange mariage entre le sexy chic et le vulgaire… Dans le fast food thaï que nous choisissons, nous trouvons une créature au maquillage outrancier juchée sur des talons démesurés. Mais ce n’est pas un travesti, simplement une habitante du coin qui se promène ainsi, de la façon la plus naturelle qui soit. Pour la première fois, j’ai l’impression de voir une femme déguisée en drag queen. Il faut se rendre à l’évidence : nous ne sommes plus chez les Mormons.



La cuisine est plutôt savoureuse quoi que trop copieuse, comme d’habitude. Je note que tous les convives possèdent un ordinateur portable et qu’ils l’utilisent couramment à table. Los Angeles offre toutes les apparences d’une cité branchée. Ce n’est certes pas une surprise.

Au petit matin, nous rejoignons Hollywood Boulevard à pied. Depuis le Comfort Inn, c’est l’affaire de dix minutes. Contrairement à ce que nous imaginions, le trottoir n’est pas décoré par les traces de mains des célébrités, mais par des étoiles. Chaque étoile est associée à une vedette du cinéma, de la musique, de la radio, de la télévision ou du théâtre. Voilà donc le Walk of Fame si renommé. Quelques noms sont connus, pour le reste, il faudrait chercher dans les encyclopédies. Par un curieux hasard, nous trouvons l'étoile de Broderick Crawford, nous faisant ressouvenir du déjà lointain séjour à Kanab. Nous commençons à photographier quelques étoiles mais la tâche s’avère rapidement inutile (elles sont toutes identiques au symbole et au nom près) et fastidieuse (plusieurs milliers d’étoiles).



Nous voici enfin devant le Grauman's Chinese Theatre. Il s’agit d’un cinéma décoré à la façon chinoise. Sur son esplanade se trouvent les traces tant convoitées. Je suis surpris de ne ressentir aucune émotion. Je ne vois là que de minuscules empreintes dans le béton, sans charme particulier, et cela m’agace de voir se côtoyer légendes du 7e art et phénomènes de mode. Comment a-t-on pu faire voisiner l’immense Cary Grant et les pénibles personnages de Star Wars, comme s’il s’agissait de véritables acteurs, et comme si La guerre des étoiles était un authentique chef d’œuvre ? Que fait le génial Groucho Marx sur le même plan – c’est le cas de le dire – que Daniel Ratcliffe ? Je navigue entre les déconvenues. Je trouve Steven Spielberg, mais pas Orson Welles, Woody Allen ou Milos Forman… et pour cause, ils n’y sont pas. L’esplanade est envahie de touristes excités qui, c’est un comble, piétinent allègrement les témoignages imprimés dans le sol en s’interpellant les uns les autres.





Fuyons. Mini appareil photo discrètement calé au creux de la paume, je m’approche d’une doublure de Catwoman pour faire quelques clichés de la sculpturale créature. Mais je tombe sur plus fort que moi. La fausse actrice tend un doigt vers mon objectif qu’elle a aussitôt repéré et me fait explicitement comprendre qu’elle ne tolère aucune photo. A sa véhémence elle croit bon, en me tournant ostensiblement le dos (qu’elle a pulpeux), d’ajouter un geste injurieux. Pourtant, c’est bien connu, « l’insulte ne déshonore que son auteur ». J’en déduis que Catwoman n’a pas lu Confucius.



Notre premier contact avec Hollywood a tout de la douche froide. Pas question de rester sur une impression défavorable, nous prenons place dans un mini-bus pour visiter les beaux quartiers avec les villas des stars. Beverly Hills, nous voilà !

VO Voyajou Globetrotter ·
Bonjour, Cette lente descente vers le pénible, de mieux en mieux écrite, de plus en plus prenante, ça promet. Prend ton temps, peaufine, cisèle, fignole le suspense. Les mélos, c'est encore mieux que les comédies.
IT Itat Globetrotter ·
Notre premier contact avec Hollywood a tout de la douche froide. Pas question de rester sur une impression défavorable, nous prenons place dans un mini-bus pour visiter les beaux quartiers avec les villas des stars. Beverly Hills, nous voilà !

Aïe je crains le pire 🤪. Je pense que tu es tombé dans le piège des idées reçues sur Los Angeles, d'où les mauvaises surprises... Pourtant, c'est une ville où j'ai plaisir à aller. Il y a tant de choses à voir, c'est une ville tentaculaire, fourre-tout...

Mais selon les fausses idées que le touriste peut se faire, il est forcément déçu: c'est le fameux triptyque: Hollywood luxe, plages où il fait bon se baigner, maisons de stars...

@++
OL Oltean Regular ·
Salut Thibaud,

Aïe je crains le pire 🤪. Je pense que tu es tombé dans le piège des idées reçues sur Los Angeles, d'où les mauvaises surprises...

Mais le "piège" des idées reçues s'est retrouvé tout à l'honneur du Grand Canyon, Zion... et même, dans une certaine mesure, de Vegas, dans notre expérience. Pour des visiteurs inexpérimentés, et au vu du peu de temps consacré à chaque étape, il va de soi que nous faisons un choix parmi les "incontournables", histoire de transformer les préjugés en opinions.

Pourtant, c'est une ville où j'ai plaisir à aller. Il y a tant de choses à voir, c'est une ville tentaculaire, fourre-tout...

Certainement, tu verras que nous ferons part de ce gigantisme inexploré dans la conclusion.
OL Oltean Regular ·
Bonjour,

Cette lente descente vers le pénible, de mieux en mieux écrite, de plus en plus prenante, ça promet.

Merci, maintenant j'espère seulement être à la hauteur de cette promesse...

Prend ton temps, peaufine, cisèle, fignole le suspense. Les mélos, c'est encore mieux que les comédies.

Il est vrai que le tour en minibus touche au pathétique...
OL Oltean Regular ·
Le minibus sans toit offre une splendide vue sur les longs palmiers d’Hollywood. Curieux arbres, avec leur tronc interminable surplombé d’un petit panache de palmes. Nous les voyons défiler au-dessus de nos têtes alors que le véhicule s’approche du quartier des stars. Notre chauffeur, Alan, sert aussi de guide. Il parle beaucoup et avec enthousiasme dans un micro-cravate. Nous entendons son verbiage à travers un casque audio.



Bientôt nous voilà à Berverly Hills. Le quartier est très vert, si vert que la végétation cache par son épaisseur la vue que l’on pourrait avoir sur les résidences. De temps à autre le bus stoppe et nous apercevons, à travers un petit espace dans les frondaisons, un peu de mur blanc avec un œil de bœuf surmonté d’un morceau de toit rouge, bref un bout de villa. C’est là qu’habiterait, ou aurait habité, une actrice dans le vent ou un chanteur à succès. Alors, chacun brandit son appareil et photographie le petit bout de villa. Le bus repart et s’arrête bientôt devant un portail. Attention, pas n’importe quel portail : derrière celui-ci se trouve la somptueuse propriété de telle star, avec escalier de marbre, ses vingt-huit chambres et sept salles de bain. Alors, tout le monde brandit de nouveau son appareil et photographie le portail.



Je me demande ce que les touristes feront avec ces photos. Rentrés chez eux, ils les présenteront à leurs amis et collègues en expliquant que se trouve, derrière cette bête plaque de fer forgé, la somptueuse propriété de telle star, avec escalier de marbre, ses vingt-huit chambres et sept salles de bain ? Y mettront-ils au moins le même enthousiasme que notre guide visiblement transporté par toutes les merveilles invisibles qu’il nous décrit par le menu, comme s’il en était le secret architecte ?

Le minibus croise le chemin d’une dame d’un certain âge. Elle promène simplement son chien. Alan (sournois personnage) ralentit insensiblement, et voilà vingt objectifs nerveusement pointés vers la pauvre dame, aussitôt numérisée en milliards de pixels. Vous voulez répandre votre image aux quatre coins du monde ? Emmenez Mirza faire ses besoins à Beverly Hills.



Cette première partie nous a donc présenté quelques murs, beaucoup de haies, et des portails célèbres. Le quartier est calme, certes, et plutôt agréable, il faut bien le reconnaître. Je ne sais pas à quoi je m’attendais en achetant le billet pour cette coûteuse expédition, mais certainement pas à me faire transporter entre murs, haies et portails au son d’un commentaire exalté.

Le guide décrète que nous avons eu notre content de visions de rêves à Beverly Hills et dirige tout de go son véhicule vers un quartier résidentiel voisin. Il s’arrête devant quelques villas en nous demandant de regarder comment sont ornés leurs jardins. Ici, une haie en forme de voiture, là, un buisson taillé en lama, et ainsi de suite. Je me demande s’il ne va pas poursuivre en nous présentant des collections de nains de jardin en salopettes, avec brouettes et bonnets rouges. Une voiture particulière, mécontente des arrêts fréquents de notre bus, réclame le passage et finit par nous doubler avec un bref coup de klaxon. « Oh, you know, people here… They really hate us », nous confie Alan dans un accès de franchise. Je pense qu’il est dans le vrai, tant moi-même pense saisir les raisons de cette haine.



Nous continuons le périple par le quartier commerçant. Rodeo drive, ses boutiques de luxe avec sa clientèle argentée, ses tarifs exorbitants et ses parcmètres qui acceptent les cartes de crédit. Je tends le cou pour voir si les consommatrices du coin ressemblent à Julia Roberts, mais je vois surtout des femmes voilées.

Le minibus s’oriente enfin vers les hauteurs de la ville. Nous traversons des quartiers qui nous font penser au film La défense Lincoln. Enfin le véhicule s’immobilise. En face de nous, à flanc de colline, les lettres toutes blanches H O L L Y W O O D. « Le symbole le plus photographié au monde », tonitrue Alan dans mon casque comme s’il découvrait à l’instant même le célèbre alignement.



Le minibus nous laisse dans un parking quelque part derrière le Théâtre Chinois. C’est l’heure du déjeuner. Nous avons faim, le soleil a tapé très fort, et la petite s’est ennuyée pendant toute la visite. Ce n’est pas un bon moment pour les enfants. Et si on me demande mon avis, pour les adultes non plus.



Nous voici au Pig'n whistle, restaurant d'Hollywood Boulevard plutôt accueillant avec son décor de bois. Après deux heures de plein soleil sur une banquette synthétique, la lumière tamisée nous fait un bien fou. Sur chaque mur, des écrans plats diffusent la finale de la coupe du monde de football féminin. Nous ignorions à quel point le public ici suit son équipe nationale de soccer. Depuis quelques jours, impossible d’ignorer l’événement, à la une des journaux au même titre que le règlement de la dette. Il est bien connu que dans ce pays c’est avant tout un sport que les filles apprennent à l’école. Nous assistons à la défaite des Américaines contre le cours du jeu, bien contrecarrées par une équipe japonaise opportuniste.



Dans un souci de chasse aux calories j’ai commandé une salade. Précaution inutile, elle arrive recouverte d’une couche de tacos baignés dans un fromage fondant bien gras.

Pas très loin d’ici, sur le Boulevard du Crépuscule, se trouve selon notre guide favori un magasin nommé « Amoeba music ». Mon dictionnaire m’apprend qu’« amoeba » se traduit par « amibe ». Etrange nom pour une chaîne qui se présente comme « the World's Largest Independent Record Store ». Une sorte de FNAC alternative, me dis-je en poussant la porte du magasin.



Me voici aussitôt dans une sorte d’immense hall de gare. La clientèle hésite entre amateurs de piercings aux cheveux jaunes et gothiques au teint pâle. Pour l’atmosphère feutrée et bobo de la FNAC, on repassera. Y a-t-il au moins un rayon musique classique ? Oui, là-bas, tout au fond. J’y trouve enfin du consistant : Leonard Bernstein et William Schuman, Ferde Grofé avec notamment la Death Valley Suite dirigée par le compositeur. Et un CD de compilation de Morton Gould, connu de tous les Français de ma génération grâce au générique des Dossiers de l’Ecran qui terrifiait tant le gamin que j’étais. Tout cela est vendu d’occasion, à moins de 4 dollars l’article. Je constaterai à l’écoute que la qualité des CD est irréprochable.



L’après-midi à Los Angeles se poursuit par du shopping. Rien de lourd, seulement quelques emplettes de babioles pour offrir à notre retour. Nous imaginions le cœur d’Hollywood comme une sorte de Champs-Elysées tropicaux, avec de luxueuses boutiques invitant les flâneurs au lèche-vitrine. Nous nous retrouvons dans la Goutte d’Or avec des palmiers. Foule agitée et criarde, magasins de pin’s et tee-shirts, commerçants désinvoltes, circulation automobile intense. Nous voyons plusieurs personnes fouiller les poubelles.



Seule éclaircie après Amoeba Music, un magasin dédié à la pinup Betty Page. Rien de vraiment sulfureux ici, mais un lieu tranquille et évocateur avec ses collections vintage du plus bel effet. Des mères de famille bon teint y examinent avec intérêt des robes sages ou glamour. Voilà donc la scandaleuse playmate des années 60 devenue l’icône du bon goût.

Pour balancer le mauvais moment de la visite en minibus, nous avons promis à notre fille un tour aux Studios Universal. Il y a une attraction avec des dinosaures, et notre fille adore les dinosaures. Nous craignons juste qu’elle soit trop petite et qu’elle ne soit traumatisée par ces grosses bêtes articulées avec leurs dents pointues…

Heureusement il y a aussi le Simpsons Ride qui, pensons-nous alors, nous permettra de revenir à un rire salutaire. Nous nous trompions. Avec l’insouciance de l’ignorance, nous nous apprêtons à un réveil tôt. Demain, nous serons les premiers à entrer dans le parc des studios Universal.

MA Mayflower Regular ·
C'est super ! j'adore votre récit et votre façon amusante de décrire votre séjour américain ! 😎

Excellent ! je dévore chaque ligne et ça me rappelle de bons souvenirs !

Merci pour le partage.

Rachel
"la sagesse est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit" (Oscar Wilde). "ne pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves"

www.my-americandream.com
MA Maguiloma Regular ·
Je suis rassurée, moi qui avait (un peu) regretté de ne pas avoir pris de tour bus pour voir ces fameuses villas, finalement en voiture, on en a vu autant que vous 😛 On avait acheté un guide chez Warner avec les adresses de ces villas mais la plupart sont fantaisistes, le GPS ne les connait pas !!!
"De la France vers l'Allemagne en passant par les USA" http://maguiloma.blog4ever.com

L'Ouest américain autrement: de Seattle à San Diego : https://voyageforum.com/v.f?post=4511252;page=unread#unread
OL Oltean Regular ·
C'est super ! j'adore votre récit et votre façon amusante de décrire votre séjour américain ! 😎

Merci à vous ! tant qu'à décrire des moments moins agréables, autant les rendre animés, n'est-ce pas ? quitte à provoquer le débat.

à bientôt
OL Oltean Regular ·
Je suis rassurée, moi qui avait (un peu) regretté de ne pas avoir pris de tour bus pour voir ces fameuses villas, finalement en voiture, on en a vu autant que vous 😛

C'est à dire, pas grand chose non plus ? condoléances. Nous avons préféré prendre le tour guidé pensant que le chauffeur pourrait nous faire découvrir des choses intéressantes. A vrai dire j'aurais préféré la voix du GPS.

On avait acheté un guide chez Warner avec les adresses de ces villas mais la plupart sont fantaisistes, le GPS ne les connait pas !!!

Ah ? étonnant. Nous avons vu des gens vendre des cartes, paraît-il bien renseignées. M'enfin, si c'est pour voir des portails, pas la peine de traverser un océan et un continent.
MA Mayflower Regular ·
votre fils de 7 ans pourra largement faire les randonnées !

Notre fils a 5 ans maintenant et il fait de la randonnée avec du dénivelé, sans rechigner, au contraire.

Il avait 2 ans et demi en 2008 et il marchait pas mal, même si mon mari l'avait souvent dans le dos. A zion il a fait seul la ballade de Riverside walk. Il faut habituer les enfants à la randonnée ! car tout est question d'entraînement ! c'est vrai que navajo loop c'est quand même hard la remontée !! mais c'est un tt petit peu dur juste à la fin car le reste est facile et agréable.

Et puis en plus dans l'ouest, c'est tellement magnifique qu'on trouve de suite la motivation !😛
"la sagesse est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit" (Oscar Wilde). "ne pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves"

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MA Maguiloma Regular ·
En effet, pas grand chose non plus mais c'était moins cher 😉

Je suis d'accord aussi pour le Walk of Fame, on se demande comment certains ont pu obtenir de mettre leurs empreintes, peut-être en payant (cher!).
"De la France vers l'Allemagne en passant par les USA" http://maguiloma.blog4ever.com

L'Ouest américain autrement: de Seattle à San Diego : https://voyageforum.com/v.f?post=4511252;page=unread#unread
OL Oltean Regular ·
En effet, pas grand chose non plus mais c'était moins cher 😉

Oh, on n'a pas dû payer beaucoup plus que la location d'une auto, et on a au moins la certitude d'avoir vu l'essentiel. Enfin, quand je dis "vu", on se comprend, n'est-ce pas.

Je suis d'accord aussi pour le Walk of Fame, on se demande comment certains ont pu obtenir de mettre leurs empreintes, peut-être en payant (cher!).

Le Walk of Fame, ce sont les étoiles, et je crois savoir qu'en effet on doit payer pour figurer sur le trottoir. Les empreintes devant le Chinese Theatre sont un ramassis de n'importe quoi, mais je pense que l'idée originelle était assez séduisante et que l'affaire a perdu de son lustre au fil du temps... et peut-être de la disparition des grands films.
XF Xfg59 Veteran ·
Bonjour, Je suis votre carnet depuis un moment et voulais vous faire du plaisir que j'ai à le lire ; surtout pour le style soigné et sans complaisance. Vraiment dommage pour LA... on dirait que vous êtes passé à côté de la "vraie" ville (c'est tout sauf un reproche 😉) qui peut être vraiment attachante. Malheureusement je pense qu'y aller pour n'y faire qu'un tour des villas de millionnaires et se promener sur le walk of fame, c'est comme visiter Montmartre et monter en haut de la Tour Eiffel et penser qu'on a tout vu de Paris... Pour la marche, ne sous-estimez pas votre enfant : à 5 ans les nôtres avalaient déjà des kilomètres à Yosemite et Sequoia, et le petit dernier va s'y mettre aussi dès l'été prochain ; il aura 4 ans. Les grands espaces et la liberté, ça les stimule 😉 !
Maison à louer à Moab : http://voyageforum.com/discussion/loue-maison-moab-3-chambres-piscine-jaccuzzi-d6633799/

Carnets de voyage (Colorado, Wyoming, Dakota du Sud / Ouest canadien / Moab / Afrique du Sud) : voir profil
OL Oltean Regular ·
Bonjour, Je suis votre carnet depuis un moment et voulais vous faire du plaisir que j'ai à le lire ; surtout pour le style soigné et sans complaisance.

Très bien ! je voulais éviter les deux travers "tout est impeccable" et "rien ne convient". Avec les Etats-Unis c'est toujours difficile de garder la tête froide tant notre histoire (je parle en tant que Français) véhicule d'idées reçues et de sentiments de haine et d'amour mélangés.

Vraiment dommage pour LA... on dirait que vous êtes passé à côté de la "vraie" ville (c'est tout sauf un reproche 😉) qui peut être vraiment attachante. Malheureusement je pense qu'y aller pour n'y faire qu'un tour des villas de millionnaires et se promener sur le walk of fame, c'est comme visiter Montmartre et monter en haut de la Tour Eiffel et penser qu'on a tout vu de Paris...

L'analogie me plaît beaucoup. En effet en visitant Los Angeles nous avons beaucoup pensé à Montmartre (un quartier gâché par le tourisme à mon avis). Je parle de la Goutte d'Or dans mon carnet, Montmartre n'est pas si loin (dans la géographie et dans l'esprit). De ce fait suis parfaitement conscient de n'avoir presque rien vu de cette ville, c'est ce que je disais à Itat. Je me contente d'essayer de partager ce que j'ai vécu, c'est déjà ça, et cela n'engage pas ce que je n'ai pas pu voir...

Pour la marche, ne sous-estimez pas votre enfant : à 5 les nôtres avalaient déjà des kilomètres, et le petit dernier va s'y mettre aussi dès l'été prochain ; il aura 4 ans. Les grands espaces et la liberté, ça les stimule 😉 !

Merci de ce témoignage. On a fait des tentatives, surtout à Zion. Quand je dis que c'était limite pour elle, c'est qu'on aurait pu persévérer et peut-être arriver à en faire, mais sans aucune garantie - et je me voyais mal faire l'aller en famille la fleur au fusil, pour au retour porter ma fille sur les épaules. Bon, on aurait vu plus d'enfants de 5 ans faire ces randonnées, ça nous aurait peut-être décidé.
XF Xfg59 Veteran ·
De ce fait suis parfaitement conscient de n'avoir presque rien vu de cette ville, c'est ce que je disais à Itat. Je me contente d'essayer de partager ce que j'ai vécu, c'est déjà ça, et cela n'engage pas ce que je n'ai pas pu voir...

Et c'est bien comme cela que je l'ai compris. Mais je suis toujours navré de voir que L.A. laisse si souvent des impressions négatives lorsqu'on n'a pas le temps (ou ne prend pas) le temps de la découvrir. C'est plus fort que moi, ce besoin de lui rendre justice...

On a fait des tentatives, surtout à Zion. Quand je dis que c'était limite pour elle, c'est qu'on aurait pu persévérer et peut-être arriver à en faire, mais sans aucune garantie - et je me voyais mal faire l'aller en famille la fleur au fusil, pour au retour porter ma fille sur les épaules.

Je vous concède aussi que la chaleur dans les régions visitées n'aide pas forcément. Mais bon, j'ai pu constater que les enfants, même jeunes, ont souvent plus de ressources et d'énergie que nous...
Maison à louer à Moab : http://voyageforum.com/discussion/loue-maison-moab-3-chambres-piscine-jaccuzzi-d6633799/

Carnets de voyage (Colorado, Wyoming, Dakota du Sud / Ouest canadien / Moab / Afrique du Sud) : voir profil
HE Herikles Globetrotter ·
Salut A, 🙂

LA fût mon baptême américain, et mon coup de foudre pour ce pays. Quand je dis LA, je pense bien sûr à l'agglomération. Santa Monica, Malibu, Venice déjantée... 3 séjours déjà (seulement😕). Très intéressés par les maisons américaines, Beverly Hills ne peut échapper au programme.😊 Nous y avons parcouru toutes les rues, et on y voit vraiment des maisons superbes. Je ne sais pas bien où vont les "tours" organisés, mais ils doivent emprunter des circuits bien discrets pour ne pas gêner les habitants, et on voit assez souvent ici des témoignages sur des propriétés cachées derrières des murs. Mais je conçois parfaitement que ça ne puisse pas plaire à tout le monde.😉

Pour le reste, j'apprécie beaucoup ton carnet. 🙂

(...) sentiments de haine et d'amour mélangés.

Exact. Mais la haine me semble dominante chez ceux qui n'y ont jamais mis les pieds.🤪
Les concours photos VF
OL Oltean Regular ·
Et c'est bien comme cela que je l'ai compris. Mais je suis toujours navré de voir que L.A. laisse si souvent des impressions négatives lorsqu'on n'a pas le temps (ou ne prend pas) le temps de la découvrir. C'est plus fort que moi, ce besoin de lui rendre justice...

C'est tout à votre honneur. Ce site sert aussi (surtout ?) à cela.

Alors, en quelques mots, quels sont pour vous les meilleures choses à voir ou à vivre à Los Angeles ?
KA Karibou77 Veteran ·
Salut A, 🙂

LA fût mon baptême américain, et mon coup de foudre pour ce pays. Quand je dis LA, je pense bien sûr à l'agglomération. Santa Monica, Malibu, Venice déjantée... 3 séjours déjà (seulement😕). Très intéressés par les maisons américaines, Beverly Hills ne peut échapper au programme.😊 Nous y avons parcouru toutes les rues, et on y voit vraiment des maisons superbes. Je ne sais pas bien où vont les "tours" organisés, mais ils doivent emprunter des circuits bien discrets pour ne pas gêner les habitants, et on voit assez souvent ici des témoignages sur des propriétés cachées derrières des murs. Mais je conçois parfaitement que ça ne puisse plaire à tout le monde.😉

Pour le reste, j'apprécie beaucoup ton carnet. 🙂

(...) sentiments de haine et d'amour mélangés.

Exact. Mais la haine me semble dominante chez ceux qui n'y ont jamais mis les pieds.🤪

Ca me rassure je croyais que j'étais un ovni 😉

C'est vrai ça et c'est dur de lutter contre les préjugés !
http://kasperd.com : Carnets et photos de voyages
OL Oltean Regular ·
Salut A, 🙂

Hello Erik !

LA fût mon baptême américain, et mon coup de foudre pour ce pays. Quand je dis LA, je pense bien sûr à l'agglomération. Santa Monica, Malibu, Venice déjantée... 3 séjours déjà (seulement😕).

Visiteur assidu, à ce que je comprends.

Très intéressés par les maisons américaines, Beverly Hills ne peut échapper au programme.😊 Nous y avons parcouru toutes les rues, et on y voit vraiment des maisons superbes. Je ne sais pas bien où vont les "tours" organisés, mais ils doivent emprunter des circuits bien discrets pour ne pas gêner les habitants, et on voit assez souvent ici des témoignages sur des propriétés cachées derrières des murs. Mais je conçois parfaitement que ça ne puisse plaire à tout le monde.😉

En effet... surtout qu'on est embarqués dans une sorte de bétaillère (je caricature, hein) avec ce sentiment horrible d'être trimballés selon les bons vouloirs du chauffeur-guide, sans possibilité de rester un peu plus où cela semble avoir un début d'intérêt.

Pour le reste, j'apprécie beaucoup ton carnet. 🙂

Enchanté !

Exact. Mais la haine me semble dominante chez ceux qui n'y ont jamais mis les pieds.🤪

Sans doute, pour vouloir "y aller", faut-il déjà comprendre l'intérêt de vouloir remettre en cause certaines certitudes. Mais bon, on a des rapports compliqués avec les Etats-Unis, il suffit de regarder les infos... ou de lire le Routard :)
VO Voyajou Globetrotter ·
Sans doute, pour vouloir "y aller", faut-il déjà comprendre l'intérêt de vouloir remettre en cause certaines certitudes

Bon là, on monte encore en gamme: bienvenue au café-philo😉
XF Xfg59 Veteran ·
Alors, en quelques mots, quels sont pour vous les meilleures choses à voir ou à vivre à Los Angeles ?

En quelques mots 🤪😛 ? Quelques idées : - monter au Getty Center, pour le site, l'architecture, les jardins, les collections, et la vue... - à Malibu, visiter la Getty Villa. Pompei ressuscitée au bord du Pacifique !! - déjeûner un plat cajun au Gumbo Pot du Farmers Market, ou autre chose ! - admirer la ville tentaculaire depuis Griffith Observatory - se mélanger à la foule sur Venice Beach, profiter de la plage à Santa Monica ou à Manhattan Beach - flâner sur le campus d'UCLA - parcourir Mulholland Drive de nuit - découvrir la côte, subitement presque sauvage; à Rancho Palos Verdes - prendre un verre au crépuscule au bar de l'hôtel Bonaventure - découvrir El Pueblo Los Angeles, ultime vestige des origines de la ville, à 2 pas du quartier des affaires et de ses buildings - à Long Beach, visiter l'aquarium, le Queen Mary, et prendre le bateau pour Catalina Island - assister à un concert à Hollywood Bowl - aller à la "messe" à Crystal Cathedral - visiter les musées du Miracle Mile : LACMA, La Brea Tar Pits (super avec les enfants)... - emmener petits et grands dans les parcs d'Anaheim, et dans les studios de cinema Ce sont, en un peu plus que quelques mots, les premières idées qui me viennent à l'esprit...
Maison à louer à Moab : http://voyageforum.com/discussion/loue-maison-moab-3-chambres-piscine-jaccuzzi-d6633799/

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XF Xfg59 Veteran ·
Mais la haine me semble dominante chez ceux qui n'y ont jamais mis les pieds.🤪

Méconnaissance et préjugés, facteurs de haine 🤪
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OL Oltean Regular ·
Sans doute, pour vouloir "y aller", faut-il déjà comprendre l'intérêt de vouloir remettre en cause certaines certitudes

Bon là, on monte encore en gamme: bienvenue au café-philo😉

Mais non, c'est très simple mais sans doute maladroitement exprimé. Disons plutôt que le dogmatique anti-Américains ne verra pas l'intérêt de faire le voyage, ou pas au même point que l'honnête homme.

Cela dit, certains sont si pétris de préjugés que nulle expérience ne peut entamer leurs certitudes...
OL Oltean Regular ·
En quelques mots 🤪😛 ? Quelques idées : - monter au Getty Center, pour le site, l'architecture, les jardins, les collections, et la vue... - à Malibu, visiter la Getty Villa. Pompei ressuscitée au bord du Pacifique !! - déjeûner un plat cajun au Gumbo Pot du Farmers Market, ou autre chose ! - admirer la ville tentaculaire depuis Griffith Observatory - se mélanger à la foule sur Venice Beach, profiter de la plage à Santa Monica ou à Manhattan Beach - flâner sur le campus d'UCLA - parcourir Mulholland Drive de nuit - découvrir la côte, subitement presque sauvage; à Rancho Palos Verdes - prendre un verre au crépuscule au bar de l'hôtel Bonaventure - découvrir El Pueblo Los Angeles, ultime vestige des origines de la ville, à 2 pas du quartier des affaires et de ses buildings - à Long Beach, visiter l'aquarium, le Queen Mary, et prendre le bateau pour Catalina Island - assister à un concert à Hollywood Bowl - aller à la "messe" à Crystal Cathedral - visiter les musées du Miracle Mile : LACMA, La Brea Tar Pits (super avec les enfants)... - emmener petits et grands dans les parcs d'Anaheim, et dans les studios de cinema Ce sont, en un peu plus que quelques mots, les premières idées qui me viennent à l'esprit...

Merci de cette réponse détaillée, je n'en espérais pas autant. Nous avons visité la côte, mais au-delà de Santa Barbara. Le Queen Mary me plairait, pour l'aquarium nous avons commencé par celui du Mandalay à Las Vegas pour terminer par celui de Monterey, époustouflant.

Un concert à Hollywood Bowl me dirait bien, quoi que j'aie des réserves sur le chef actuel Gustavo Dudamel, que je trouve surévalué par la critique. Nous sommes passés à Mulholland Drive avec le minibus, je crois, ça ne m'a pas marqué.

Quant aux studios de cinéma, nous sommes passés par Universal... objet de prochaines publications ici bas.
XF Xfg59 Veteran ·
Merci de cette réponse détaillée, je n'en espérais pas autant. Nous avons visité la côte, mais au-delà de Santa Barbara. Le Queen Mary me plairait, pour l'aquarium nous avons commencé par celui du Mandalay à Las Vegas pour terminer par celui de Monterey, époustouflant.

Je connais aussi ces deux là. Si le Mandala Bay est loin derrière, l'aquarium de Long Beach tient la comparaison avec celui de Monterey.
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IT Itat Globetrotter ·
Quant aux studios de cinéma, nous sommes passés par Universal... objet de prochaines publications ici bas.

Hello

Universal est surtout un parc d'attractions. Les "vrais" studios de cinéma à visiter sont plutôt Warner Bros (fait en 2009), Paramount (fait en 2010)et Sony (non fait).

@++ 😉

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