Treize
C'est dans un désert montagneux -qui pourrait être afghan- mais loin de la fureur des hommes
que j'apprends par téléphone satellite les massacres parisiens.
De stupeur, une antilope se fige et les colombes, vaincues, suspendent leur concert. Incrédule, même la montagne s'est tue.
Au crépuscule la Lune élève son croissant -c'est parfois une hostie- mais ne leurre pas le voyageur éclairé qui sait que dans l'obscurité les étoiles innombrables sont des guides plus fiables.
Afric'Addict
by Voyajou
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Au crépuscule la Lune élève son croissant -c'est parfois une hostie- mais ne leurre pas le voyageur éclairé qui sait que dans l'obscurité les étoiles innombrables sont des guides plus fiables.
Les étoiles qui guident les marins dont les bateau savent affronter les flots furieux sans jamais couler. Fluctuat nec mergitur. S'il t'en prend l'envie, si tu as le temps en rentrant, tu peux te rendre à Bastille ou quai de Valmy, tu verras la magnifique fresque des grapheurs parisiens du Grim team.
Les étoiles qui guident les marins dont les bateau savent affronter les flots furieux sans jamais couler. Fluctuat nec mergitur. S'il t'en prend l'envie, si tu as le temps en rentrant, tu peux te rendre à Bastille ou quai de Valmy, tu verras la magnifique fresque des grapheurs parisiens du Grim team.
Erwan
La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
Ella, Marcus, Miriam, Billy, Ibrahim ... nulles notes n'arrivent encore à enjouer mon cœur. Et pourtant il faut écouter de la musique, continuer à vivre ... mais que c'est dur.
Paris flotte mais ne coule pas, mais Paris n'est plus la même [:/] et nous n'ont plus [:/]
Paris flotte mais ne coule pas, mais Paris n'est plus la même [:/] et nous n'ont plus [:/]
Emma
http://www.manuetjc-tribulations.com
http://www.manuetjc-tribulations.com
salut Emma,
Ella, Marcus, Miriam, Billy, Ibrahim... nulles notes n'arrivent encore à enjouer mon cœur. Et pourtant il faut écouter de la musique, continuer à vivre... mais que c'est dur.
La veille de la mort de ma mère j'ai passé l'après midi avec elle, a chanté pour elle, a chanté et a prié. Bizarrement, la semaine qui a suivi sa mort, ce sont ces mêmes chants que je n'arrêtais pas d'entendre, en moi, c'était comme si c'était elle, qui chantait pour moi, pour soigner la plaie béante.
Ces terroristes sont le fruit de l'ignorance et c'est sur ce terreau que pousse la monstruosité. Alors, au contraire, il faut développer la culture, et la musique en est une part importante. Ecoute Jasser haj youssef, (son dernier album sira), écoute Marcel Khalifé, et pleins d'autres de ces musiciens de culture arabe qui prouvent par l'émotion qu'ils transmettent, que tous les hommes devraient tendre vers une seule chose: l'amour du beau, l'amour de l'autre.
Oui, il faut continuer à vivre et à transmettre l'espoir et la connaissance quoiqu'il arrive. Je suis bien placée pour savoir que c'est dur. C'est là, que la préparation de nos voyages nous apporte une bouffée d'oxygène, une lumière vers laquelle nous tendons. Continuer à vivre, à chanter, à voyager, affronter l'adversité et grandir. C'est notre destin.
Bon courage à toi et aux autres qui vivez en île de France dans ces temps si troublés. À 7000 km, je suis de tout cœur avec vous.
bisous.
Ella, Marcus, Miriam, Billy, Ibrahim... nulles notes n'arrivent encore à enjouer mon cœur. Et pourtant il faut écouter de la musique, continuer à vivre... mais que c'est dur.
La veille de la mort de ma mère j'ai passé l'après midi avec elle, a chanté pour elle, a chanté et a prié. Bizarrement, la semaine qui a suivi sa mort, ce sont ces mêmes chants que je n'arrêtais pas d'entendre, en moi, c'était comme si c'était elle, qui chantait pour moi, pour soigner la plaie béante.
Ces terroristes sont le fruit de l'ignorance et c'est sur ce terreau que pousse la monstruosité. Alors, au contraire, il faut développer la culture, et la musique en est une part importante. Ecoute Jasser haj youssef, (son dernier album sira), écoute Marcel Khalifé, et pleins d'autres de ces musiciens de culture arabe qui prouvent par l'émotion qu'ils transmettent, que tous les hommes devraient tendre vers une seule chose: l'amour du beau, l'amour de l'autre.
Oui, il faut continuer à vivre et à transmettre l'espoir et la connaissance quoiqu'il arrive. Je suis bien placée pour savoir que c'est dur. C'est là, que la préparation de nos voyages nous apporte une bouffée d'oxygène, une lumière vers laquelle nous tendons. Continuer à vivre, à chanter, à voyager, affronter l'adversité et grandir. C'est notre destin.
Bon courage à toi et aux autres qui vivez en île de France dans ces temps si troublés. À 7000 km, je suis de tout cœur avec vous.
bisous.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/
Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/
Impressions d'Afrique et de Namibie
Veux-tu dire qu'il y aurait une relation entre addiction et masochisme ? Penses-tu que je doive consulter ? Me recommanderais-tu AirOne ?
Quant à l'effet que me font l'Afrique et ses habitants, je ne me l'explique toujours pas. Il faudra revenir pour approfondir.
Ella, Marcus, Miriam, Billy, Ibrahim... nulles notes n'arrivent encore à enjouer mon cœur.
Peut-être alors faut-il écouter des compositions tristes ? Le moment est au blues et au gospel. Let my people go (même si le contexte religieux est casse gueule dans les circonstances actuelles) me semble tout indiqué car c'est ce que nous devons dire à ceux qui voudraient nous priver de liberté mais c'est aussi ce que crient leurs propres peuples qu'ils ont déjà réduits au silence et à l'esclavage. Et Ali Farka Touré, bluesman de confession musulmane, dont Talking Timbuktu. https://www.youtube.com/watch?v=F6IDmiKz7ic
Peut-être alors faut-il écouter des compositions tristes ? Le moment est au blues et au gospel. Let my people go (même si le contexte religieux est casse gueule dans les circonstances actuelles) me semble tout indiqué car c'est ce que nous devons dire à ceux qui voudraient nous priver de liberté mais c'est aussi ce que crient leurs propres peuples qu'ils ont déjà réduits au silence et à l'esclavage. Et Ali Farka Touré, bluesman de confession musulmane, dont Talking Timbuktu. https://www.youtube.com/watch?v=F6IDmiKz7ic
Il faudra revenir pour approfondir.
là je suis bien d'accord [;)]
là je suis bien d'accord [;)]
https://apprentisvoyageurs.com
Je trouve qu'on devrait avoir une carte de fidélité ! 5 voyages, un guépard en gros plan offert pour certains, un magnum de bon vin pour certaines, un 4x4 garanti pour d'autres...
...un serval photographiable?[;)]
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
...un lion au KTP ?
Pffff[:p]
Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis (Saint Exupéry)
Je trouve qu'on devrait avoir une carte de fidélité ! 5 voyages, un guépard en gros plan offert pour certains, un magnum de bon vin pour certaines,
excellent [:)] je vote pour .
Nos voyages devraient être pris en charge par l'office du tourisme !
excellent [:)] je vote pour .
Nos voyages devraient être pris en charge par l'office du tourisme !
https://apprentisvoyageurs.com
On a sauté de page...
Le Voyou va plus s'y retrouver dans son carnet quand il va revenir avec tous les bavards qui papotent en l'attendant...
C'est vrai que ça papote un peut trop par ici
Je suis d'accord sauf pour l'animal assuré, c'est pas marrant comme ça
Je suis d'accord sauf pour l'animal assuré, c'est pas marrant comme ça
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
L'amour ne s'explique pas. Il se constate!!!
Quant à consulter un indubitable rêveur, un hyperactif généreux qui loue un 4x4 et qui se trouve obligé d'en trouver un autre en arrivant, qui doit comme toi affronter plein d'imprévus, bref un malade qui partage les mêmes symptômes que toi, comme médecin pour te soigner de l'Afrique, euhhhhh moi...... ce que j'en dis...... c'est que ça dépend du fait que tu veuilles guérir ou pas?
Mais Attila, Muriel, Max et Emma, sont plus avertis que moi. Peut-être qu'ils ont trouvé la solution. Il me semble qu'ils ont moins de galères, oserai-je dire de mauvais sort? D'ailleurs, je ne sais pas comment ils font. Renseignes-toi.
En tout cas, je me marre bien avec vos 2 carnets, à Airone et à toi.
Quant à consulter un indubitable rêveur, un hyperactif généreux qui loue un 4x4 et qui se trouve obligé d'en trouver un autre en arrivant, qui doit comme toi affronter plein d'imprévus, bref un malade qui partage les mêmes symptômes que toi, comme médecin pour te soigner de l'Afrique, euhhhhh moi...... ce que j'en dis...... c'est que ça dépend du fait que tu veuilles guérir ou pas?
Mais Attila, Muriel, Max et Emma, sont plus avertis que moi. Peut-être qu'ils ont trouvé la solution. Il me semble qu'ils ont moins de galères, oserai-je dire de mauvais sort? D'ailleurs, je ne sais pas comment ils font. Renseignes-toi.
En tout cas, je me marre bien avec vos 2 carnets, à Airone et à toi.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/
Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/
Impressions d'Afrique et de Namibie
D'ailleurs, je ne sais pas comment ils font.
Ils ont un style de narration différent et mettent sous les projecteurs d'autres aspects de leur voyage, de leur humour ou de leur sensibilité.
Un carnet, c'est une part de voyage, une part d'invention, une part de rêves. Ou de cauchemars...
Ils ont un style de narration différent et mettent sous les projecteurs d'autres aspects de leur voyage, de leur humour ou de leur sensibilité.
Un carnet, c'est une part de voyage, une part d'invention, une part de rêves. Ou de cauchemars...
coucou,
Tu veux dire que vous avez des galères aussi??? Non!!!!!! Pas possible!!!!
Tu voudrais pas nous raconter une histoire qui vous serait arrivée, histoire de compatir au sort de Airone et Voyajou.....afin qu'ils se sentent moins seuls!!!!!!
Un carnet, c'est une part de voyage, une part d'invention, une part de rêves. Ou de cauchemars...
Ou le tout en même temps!!!!! Chez Airone va savoir!!!!! Chez Voyou, je m'interroge??
Tu veux dire que vous avez des galères aussi??? Non!!!!!! Pas possible!!!!
Tu voudrais pas nous raconter une histoire qui vous serait arrivée, histoire de compatir au sort de Airone et Voyajou.....afin qu'ils se sentent moins seuls!!!!!!
Un carnet, c'est une part de voyage, une part d'invention, une part de rêves. Ou de cauchemars...
Ou le tout en même temps!!!!! Chez Airone va savoir!!!!! Chez Voyou, je m'interroge??
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/
Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/
Impressions d'Afrique et de Namibie
Botswana et Namibie en diagonale
Les derniers éléphants
Le Mkgadikgadi conserve ses animaux même en fin de saison sèche, grâce aux commodités de la Boteti River. A l'ouest de cette longitude et au sud de cette latitude, il n'y a plus d'éléphants libres en Afrique et ce sont les derniers de cette diagonale. Nous restons longuement dans leurs pattes débonnaires. A Njuca Hills, campement exclusif isolé dominant la savane blonde, la nuit a tenu ses promesses dont la certitude qu'aucun humain ne se manifesterait entre le coucher et le lever du soleil. On retrouve avec plaisir l'outarde hélicoptère souvent nichée en bord de piste, qui décolle et atterrit à la verticale et vole sans cesser d'émettre un cri au diapason de ses battements d'ailes au point que je me demande s'il s'agit d'un cri ou d'un problème d'articulation, genre niveau de synovie insuffisant. Ce qui me fait penser à vérifier ceux de la voiture.
Rien
Le sud-est namibien est méconnu car on a coutume de dire qu'il n'y a rien à y voir ni rien à y faire. Au mieux le traverse-t-on pour gagner un parc sud-africain. Ce sont des heures sur des pistes de gravier à travers un bush à hauteur d'homme piqué d'acacias. De loin en loin, un bosquet d'arbres de haut jet signale le siège d'une ferme et ce bosquet procure plus que de l'ombre et qu'un brise-vent, il est la manifestation de la volonté, de la détermination ou de l'acharnement à vivre ici, de l'enracinement des générations qui l'ont arrosé et ont résisté à la tentation de le couper pour se chauffer ou pour cuisiner. Parfois, la piste longe ou franchit les longues dunes rouges caractéristiques du Désert du Kalahari. Cette région inhospitalière était celle du peuple San. Les fermiers blancs sont arrivés et ont clôturé le désert en fermes immenses et les San sont désormais ouvriers agricoles. Mais qu'ont fait les fermiers à part s'approprier le sable ? Les terres ne sont pas cultivables et je ne suis pas certain que l'élevage très extensif qu'on y pratique porte plus de chèvres et de vaches qu'il ne nourrissait d'antilopes et de zèbres.
Unique
Bien sûr chacun de nous l'est, de même que chaque lieu. Mais n'en est-il pas de plus uniques que d'autres ? N’est-il pas des uniques duplicables et d'autres pas ? On objectera que le Fish River Canyon est moins spectaculaire que le Grand mais c'est qu'orienté nord-sud il est moins chatoyant et plus difficile à capturer, laissant place à l'esprit (du lieu). Sans compter que les Sans l'habitaient déjà quand le Grand ignorait encore l'existence de l'Homme. Depuis la douche extérieure, superfétatoire mais seul refuge abrité du vent (le même forcené qui sculpte les lieux de toute éternité) où s'adonner à l'addiction cubaine dont la cape tabac est en harmonie avec les lieux, le regard embrasse l'entière perspective du canyon, sillons géants, strates et renflements, épiderme lézardé par un Zorro frénétique. Strates minérales millénaires affolant des strates cérébrales éphémères. L'horizon finit par une chaîne hérissée qui déchire le ciel et celui par qui tout arrive, en déclinant, creuse encore le relief. Il faut bien que lui aussi participe à l'ouvrage. Dans ce règne minéral survivent des euphorbes rabougris et des arbres-à-carquois, candélabres que chaque rafale menace de briser. Des investisseurs audacieux et un architecte inspiré ont érigé on the edge of eternity un lieu de pierre, de fer, de verre et de béton aux volumes généreux. Comment faire petit ici ? Ce qui est peint l'est dans les teintes éteintes du canyon : ocres, taupe, vert-de-gris, pain brûlé, Terre de Sienne et tutti quanti. Un caméléon. La nuit durant un vent assourdissant me tient éveillé, abasourdi d'étoiles.
Geert
Nous le devinons de loin bien qu'il ne soulève guère de poussière. Contrairement au Malawi ou au Mozambique, il n'y a pas ici de cyclistes locaux à part ceux du dimanche. Même dans ces pays, on reconnaît de loin la silhouette particulière de l'overlander-cycliste, on ne pouvait donc le manquer sur cette piste déserte du Richtersveld. Nous l'approchons au ralenti pour ne pas l'effrayer ni l'empoussièrer et, arrivés à sa hauteur, lui proposons de l'eau fraîche. Il n'est pas midi, ce n'est pas l'heure de la bière. Il est Belge, seul depuis onze mois sur les routes de l'Afrique. Parti du Cameroun il espère arriver à Madagascar. Ses cheveux ont la longueur de son voyage, il rit, il est riche, il est beau. Je ne sais même pas s'il s'appelle Geert.
Afrique du Sud
Justice de couleur ?
La maison qui nous est chère dans cette petite ville du Northern Cape fait face à la Magistrate's Court. Tous les jours, la rue est une cour des miracles, on y pleure et on y rit, mais il se passe quelque chose de spécial aujourd'hui : des Blancs en robe noire descendent de belles voitures. Renseignements pris, on juge une meurtrière qui arrivera au tribunal pedibus, en prévenue libre. Ici, les paniers à salade sont des cellules à l'arrière de pick-up 4X4, c'est idéal pour essorer un prévenu. L'audience se tient en afrikaans, seule l'avocate des parties civiles s'exprime en anglais et devinez qui fait l'interprète : l'avocat de la défense ! La juge porte la coiffure afro d'Angela et pour le reste on dirait notre actuelle Garde des Sceaux, elle est posée mais autoritaire et surveille jusqu'à la précision de la traduction. La greffière disparaît derrière un ordinateur et le procureur est fatigué. Une douzaine d'individus représentent l'autorité, deux sont euro-africains (l'avocate des parties civiles et l'un des deux avocats de la défense), les autres sont noirs. L'accusée, comme ceux qui l'ont précédée et comme ceux qui la suivront, est métisse (couloured) de même que la totalité du public. L'accusée menace de faire exploser son box, non qu'elle se rebelle mais tant elle est colossale. Elle doit avoir vingt-cinq ans et se dandine doucement d'un pied sur l'autre. On lui donnera peu la parole et elle la prendra encore moins. Nous sommes une petite dizaine sur les bancs du public et un jeune métis recroquevillé m'éclaire brièvement lorsque la terreur en noir et rouge consulte ses notes. Après une demi-heure d'audience la prévenue quitte la salle, je vois son visage pour la première fois et y coulent des larmes de crocodile, dans la rue elle retrouve des amis et rit avec eux. Le jugement est mis en délibéré.
Quatre millions
Quatre millions de rands soit deux cent soixante quinze mille euros (deux cent cinquante années d'un salaire à terre dans le coin) ! C'est ce que le bateau du collègue du plombier a récolté en quatre jours ! Pas lors de l'installation d'une usine à gaz durable dans la maison d'un happy few mais en pêchant des diamants. Comme beaucoup, comme partout, il a deux métiers pour faire face à ces putains de mois qui n'en finissent pas (qui inventera le mois d'une semaine?). La mer est clôturée en concessions, chacun y pompe sans empalmer sur le bien d'autrui alors même que la clôture est invisible. Les concessions s'épuisent, comme les hommes, s'amaigrissent comme eux. Au fil de millions d'années, l'Orange River a promené son embouchure sur plus de cinq cent kilomètres de littoral et arrosé l'Atlantique et ses rivages de diamants. En un siècle de transe nous avons collecté ce qui l'était facilement. Désormais opèrent au large, dans les eaux internationales, des bateaux qui sont des plates-formes diamantifères hébergeant mille travailleurs venus du monde entier et payés en dollars pour des journées interminables qui ne feront pas les fins du mois ici.
Trans-génico-atlantique
Ce midi, frigorifiés dans le Namaqualand, nous tentons une opération survie dans ce qui se nomme restaurant. La small seafood pizza coûte moins de trois euros. Avec le doggy bag elle nous fera quatre repas (j'emploie le mot repas par abus de langage). Après avoir préparé la veille un carpaccio de langouste et sa réduction de bisque, après avoir transformé en tartare les huîtres triple zéro de Kleinsee, je cherche désespérément la seafood dans le maelstrom . Qu'à cela ne tienne, nourrissons l'esprit grâce à la connexion internet. Et qu'apprend-on ? Que les Etats-Unis autorisent la commercialisation des saumons transgéniques ! Quoi, ils n'avaient pas assez à bouffer ? Leur obésité chronique n'est-elle pas déjà une mutation ? Je veux bien comprendre qu'on transgénique la perche du Nil (mais n'est-elle pas déjà monstre-tueuse?) pour nourrir des affamés, mais là, quand même, c'est d'un sans gène. Y a-t-il un pilote à la passerelle ?
Rien encore
Mais du rien en relief, ce qui est mieux que rien. Au débouché de chaque col c'est un premier matin du monde . Puis, l'horizon se vide, un rien plat. De vastes fermes se succèdent dont beaucoup sont anonymes (KR 54, KR 55) mais celles qui sont baptisées le sont à l'eau avec des compositions de rivier, vlei, fontein ou spring. Ne sont restés à Liliefontein que les métis, regroupés autour d'une église méthodiste de 1855, ouailles abandonnées. Le dernier révérend est parti depuis un demi-siècle. Kliprand est fière de sa minuscule highschool juchée sur un promontoire. Nous suivons la piste de sable qui se la coule douce dans la vallée : ne sommes-nous pas de l'eau ?
Dis-moi oui
Par un dimanche béni, j'ai dit oui au mendiant en faction, dès sept heures, à la sortie du supermarché. Il exprimait sa demande en afrikaans mais l'appuyait du geste universel qui consiste à montrer son ventre. Ni son regard, ni sa silhouette ne permettaient de douter de sa sincérité. Nous marquons une pause à un embranchement avant d'emprunter une piste qui franchit à gué la Doring Rivier lorsque, des bâtiments de la ferme proche, sort un métis qui confirme, en afrikaans, que la rivière est franchissable puis répète castle, castle. Je lui dis que je n'ai pas de château mais de laWindhoek. Miracle, il parle le namibien ! Une Windhoek Draught fraîche dans ce coin de désert, c'est Noël. J'ai aussi donné de l'eau à des oiseaux qui tiraient la langue mais demandaient deux fois, ui-ui. Le Border Collie de la ferme où nous campons, sans cesser de couver le springbok de trois mois que le berger a nourri au biberon, s'approche du braai. Par malchance, ce soir c'est mouton et un chien de berger ne mange pas de mouton. Je lui propose un biscuit qu'il dédaigne avant de se raviser. Plus tard, j'ai encore dis oui, mais on ne m'avait rien demandé.
Des nouvelles de Grey
Anatomie inchangée, un massif. Veines pourpres au coucher, roses au lever, les carotides cariatides, le nez comme une péninsule à l'arête épatée, le double front plissé. L'épine dorsale un peu raide mais il s'en accommode depuis des millénaires et il ne bouge plus guère. Coeur de pierre, insondable, un roc qui nous enterrera tous. Et toujours cet épiderme aux cinquante nuances de grès.
Le syndrome du polder
Dans le Massif du Cederberg, la superficie de la ferme ou repose Grey est de vingt deux mille hectares (un quadrilatère de quinze kilomètres de côté) composés pour l'essentiel de montagnes. Il n'y a ni routes, ni chemins et la végétation étique ne nourrit pas son mouton. La vallée en cul de sac où sont établis les bâtiments est prise dans la pince d'un crabe géant -heureusement, lorsqu'il est de cette couleur il n'est plus dangereux- où coule une rivière toujours vive. Grâce à quoi le paysan cultive deux hectares de luzerne entourés de digues pour retenir l'eau mais, cette fois, à l'intérieur (chacun sait qu'aux antipodes, le cours de l'eau est inversé). Luzerne qu'il fauche et fane chaque mois pendant huit mois, ce foin constituant une part décisive de la ration de la petite troupe de cent brebis.
Être ou faire, voir ou être vu.
Il existe bien des manières d'être en safari, ou de le faire. En swahili, safari signifie voyage mais restons-en au safari animalier. Lorsqu'on voyage dans leur habitat, ne pas voir un éléphant ou une girafe relève de la malchance alors que voir un léopard sauvage procède de la chance, qui qu'on soit et quoi qu'on fasse, sauf à être dans la traque. Savoir que le léopard -qui doit à sa discrétion de survivre dans les montagnes habitées du Karoo- est là, savoir que je ne le verrai pas, lui sachant que je suis là, m'observant peut-être, le savoir me suffit. Le savoir fait l'être.
Les derniers éléphants
Le Mkgadikgadi conserve ses animaux même en fin de saison sèche, grâce aux commodités de la Boteti River. A l'ouest de cette longitude et au sud de cette latitude, il n'y a plus d'éléphants libres en Afrique et ce sont les derniers de cette diagonale. Nous restons longuement dans leurs pattes débonnaires. A Njuca Hills, campement exclusif isolé dominant la savane blonde, la nuit a tenu ses promesses dont la certitude qu'aucun humain ne se manifesterait entre le coucher et le lever du soleil. On retrouve avec plaisir l'outarde hélicoptère souvent nichée en bord de piste, qui décolle et atterrit à la verticale et vole sans cesser d'émettre un cri au diapason de ses battements d'ailes au point que je me demande s'il s'agit d'un cri ou d'un problème d'articulation, genre niveau de synovie insuffisant. Ce qui me fait penser à vérifier ceux de la voiture.
Rien
Le sud-est namibien est méconnu car on a coutume de dire qu'il n'y a rien à y voir ni rien à y faire. Au mieux le traverse-t-on pour gagner un parc sud-africain. Ce sont des heures sur des pistes de gravier à travers un bush à hauteur d'homme piqué d'acacias. De loin en loin, un bosquet d'arbres de haut jet signale le siège d'une ferme et ce bosquet procure plus que de l'ombre et qu'un brise-vent, il est la manifestation de la volonté, de la détermination ou de l'acharnement à vivre ici, de l'enracinement des générations qui l'ont arrosé et ont résisté à la tentation de le couper pour se chauffer ou pour cuisiner. Parfois, la piste longe ou franchit les longues dunes rouges caractéristiques du Désert du Kalahari. Cette région inhospitalière était celle du peuple San. Les fermiers blancs sont arrivés et ont clôturé le désert en fermes immenses et les San sont désormais ouvriers agricoles. Mais qu'ont fait les fermiers à part s'approprier le sable ? Les terres ne sont pas cultivables et je ne suis pas certain que l'élevage très extensif qu'on y pratique porte plus de chèvres et de vaches qu'il ne nourrissait d'antilopes et de zèbres.
Unique
Bien sûr chacun de nous l'est, de même que chaque lieu. Mais n'en est-il pas de plus uniques que d'autres ? N’est-il pas des uniques duplicables et d'autres pas ? On objectera que le Fish River Canyon est moins spectaculaire que le Grand mais c'est qu'orienté nord-sud il est moins chatoyant et plus difficile à capturer, laissant place à l'esprit (du lieu). Sans compter que les Sans l'habitaient déjà quand le Grand ignorait encore l'existence de l'Homme. Depuis la douche extérieure, superfétatoire mais seul refuge abrité du vent (le même forcené qui sculpte les lieux de toute éternité) où s'adonner à l'addiction cubaine dont la cape tabac est en harmonie avec les lieux, le regard embrasse l'entière perspective du canyon, sillons géants, strates et renflements, épiderme lézardé par un Zorro frénétique. Strates minérales millénaires affolant des strates cérébrales éphémères. L'horizon finit par une chaîne hérissée qui déchire le ciel et celui par qui tout arrive, en déclinant, creuse encore le relief. Il faut bien que lui aussi participe à l'ouvrage. Dans ce règne minéral survivent des euphorbes rabougris et des arbres-à-carquois, candélabres que chaque rafale menace de briser. Des investisseurs audacieux et un architecte inspiré ont érigé on the edge of eternity un lieu de pierre, de fer, de verre et de béton aux volumes généreux. Comment faire petit ici ? Ce qui est peint l'est dans les teintes éteintes du canyon : ocres, taupe, vert-de-gris, pain brûlé, Terre de Sienne et tutti quanti. Un caméléon. La nuit durant un vent assourdissant me tient éveillé, abasourdi d'étoiles.
Geert
Nous le devinons de loin bien qu'il ne soulève guère de poussière. Contrairement au Malawi ou au Mozambique, il n'y a pas ici de cyclistes locaux à part ceux du dimanche. Même dans ces pays, on reconnaît de loin la silhouette particulière de l'overlander-cycliste, on ne pouvait donc le manquer sur cette piste déserte du Richtersveld. Nous l'approchons au ralenti pour ne pas l'effrayer ni l'empoussièrer et, arrivés à sa hauteur, lui proposons de l'eau fraîche. Il n'est pas midi, ce n'est pas l'heure de la bière. Il est Belge, seul depuis onze mois sur les routes de l'Afrique. Parti du Cameroun il espère arriver à Madagascar. Ses cheveux ont la longueur de son voyage, il rit, il est riche, il est beau. Je ne sais même pas s'il s'appelle Geert.
Afrique du Sud
Justice de couleur ?
La maison qui nous est chère dans cette petite ville du Northern Cape fait face à la Magistrate's Court. Tous les jours, la rue est une cour des miracles, on y pleure et on y rit, mais il se passe quelque chose de spécial aujourd'hui : des Blancs en robe noire descendent de belles voitures. Renseignements pris, on juge une meurtrière qui arrivera au tribunal pedibus, en prévenue libre. Ici, les paniers à salade sont des cellules à l'arrière de pick-up 4X4, c'est idéal pour essorer un prévenu. L'audience se tient en afrikaans, seule l'avocate des parties civiles s'exprime en anglais et devinez qui fait l'interprète : l'avocat de la défense ! La juge porte la coiffure afro d'Angela et pour le reste on dirait notre actuelle Garde des Sceaux, elle est posée mais autoritaire et surveille jusqu'à la précision de la traduction. La greffière disparaît derrière un ordinateur et le procureur est fatigué. Une douzaine d'individus représentent l'autorité, deux sont euro-africains (l'avocate des parties civiles et l'un des deux avocats de la défense), les autres sont noirs. L'accusée, comme ceux qui l'ont précédée et comme ceux qui la suivront, est métisse (couloured) de même que la totalité du public. L'accusée menace de faire exploser son box, non qu'elle se rebelle mais tant elle est colossale. Elle doit avoir vingt-cinq ans et se dandine doucement d'un pied sur l'autre. On lui donnera peu la parole et elle la prendra encore moins. Nous sommes une petite dizaine sur les bancs du public et un jeune métis recroquevillé m'éclaire brièvement lorsque la terreur en noir et rouge consulte ses notes. Après une demi-heure d'audience la prévenue quitte la salle, je vois son visage pour la première fois et y coulent des larmes de crocodile, dans la rue elle retrouve des amis et rit avec eux. Le jugement est mis en délibéré.
Quatre millions
Quatre millions de rands soit deux cent soixante quinze mille euros (deux cent cinquante années d'un salaire à terre dans le coin) ! C'est ce que le bateau du collègue du plombier a récolté en quatre jours ! Pas lors de l'installation d'une usine à gaz durable dans la maison d'un happy few mais en pêchant des diamants. Comme beaucoup, comme partout, il a deux métiers pour faire face à ces putains de mois qui n'en finissent pas (qui inventera le mois d'une semaine?). La mer est clôturée en concessions, chacun y pompe sans empalmer sur le bien d'autrui alors même que la clôture est invisible. Les concessions s'épuisent, comme les hommes, s'amaigrissent comme eux. Au fil de millions d'années, l'Orange River a promené son embouchure sur plus de cinq cent kilomètres de littoral et arrosé l'Atlantique et ses rivages de diamants. En un siècle de transe nous avons collecté ce qui l'était facilement. Désormais opèrent au large, dans les eaux internationales, des bateaux qui sont des plates-formes diamantifères hébergeant mille travailleurs venus du monde entier et payés en dollars pour des journées interminables qui ne feront pas les fins du mois ici.
Trans-génico-atlantique
Ce midi, frigorifiés dans le Namaqualand, nous tentons une opération survie dans ce qui se nomme restaurant. La small seafood pizza coûte moins de trois euros. Avec le doggy bag elle nous fera quatre repas (j'emploie le mot repas par abus de langage). Après avoir préparé la veille un carpaccio de langouste et sa réduction de bisque, après avoir transformé en tartare les huîtres triple zéro de Kleinsee, je cherche désespérément la seafood dans le maelstrom . Qu'à cela ne tienne, nourrissons l'esprit grâce à la connexion internet. Et qu'apprend-on ? Que les Etats-Unis autorisent la commercialisation des saumons transgéniques ! Quoi, ils n'avaient pas assez à bouffer ? Leur obésité chronique n'est-elle pas déjà une mutation ? Je veux bien comprendre qu'on transgénique la perche du Nil (mais n'est-elle pas déjà monstre-tueuse?) pour nourrir des affamés, mais là, quand même, c'est d'un sans gène. Y a-t-il un pilote à la passerelle ?
Rien encore
Mais du rien en relief, ce qui est mieux que rien. Au débouché de chaque col c'est un premier matin du monde . Puis, l'horizon se vide, un rien plat. De vastes fermes se succèdent dont beaucoup sont anonymes (KR 54, KR 55) mais celles qui sont baptisées le sont à l'eau avec des compositions de rivier, vlei, fontein ou spring. Ne sont restés à Liliefontein que les métis, regroupés autour d'une église méthodiste de 1855, ouailles abandonnées. Le dernier révérend est parti depuis un demi-siècle. Kliprand est fière de sa minuscule highschool juchée sur un promontoire. Nous suivons la piste de sable qui se la coule douce dans la vallée : ne sommes-nous pas de l'eau ?
Dis-moi oui
Par un dimanche béni, j'ai dit oui au mendiant en faction, dès sept heures, à la sortie du supermarché. Il exprimait sa demande en afrikaans mais l'appuyait du geste universel qui consiste à montrer son ventre. Ni son regard, ni sa silhouette ne permettaient de douter de sa sincérité. Nous marquons une pause à un embranchement avant d'emprunter une piste qui franchit à gué la Doring Rivier lorsque, des bâtiments de la ferme proche, sort un métis qui confirme, en afrikaans, que la rivière est franchissable puis répète castle, castle. Je lui dis que je n'ai pas de château mais de laWindhoek. Miracle, il parle le namibien ! Une Windhoek Draught fraîche dans ce coin de désert, c'est Noël. J'ai aussi donné de l'eau à des oiseaux qui tiraient la langue mais demandaient deux fois, ui-ui. Le Border Collie de la ferme où nous campons, sans cesser de couver le springbok de trois mois que le berger a nourri au biberon, s'approche du braai. Par malchance, ce soir c'est mouton et un chien de berger ne mange pas de mouton. Je lui propose un biscuit qu'il dédaigne avant de se raviser. Plus tard, j'ai encore dis oui, mais on ne m'avait rien demandé.
Des nouvelles de Grey
Anatomie inchangée, un massif. Veines pourpres au coucher, roses au lever, les carotides cariatides, le nez comme une péninsule à l'arête épatée, le double front plissé. L'épine dorsale un peu raide mais il s'en accommode depuis des millénaires et il ne bouge plus guère. Coeur de pierre, insondable, un roc qui nous enterrera tous. Et toujours cet épiderme aux cinquante nuances de grès.
Le syndrome du polder
Dans le Massif du Cederberg, la superficie de la ferme ou repose Grey est de vingt deux mille hectares (un quadrilatère de quinze kilomètres de côté) composés pour l'essentiel de montagnes. Il n'y a ni routes, ni chemins et la végétation étique ne nourrit pas son mouton. La vallée en cul de sac où sont établis les bâtiments est prise dans la pince d'un crabe géant -heureusement, lorsqu'il est de cette couleur il n'est plus dangereux- où coule une rivière toujours vive. Grâce à quoi le paysan cultive deux hectares de luzerne entourés de digues pour retenir l'eau mais, cette fois, à l'intérieur (chacun sait qu'aux antipodes, le cours de l'eau est inversé). Luzerne qu'il fauche et fane chaque mois pendant huit mois, ce foin constituant une part décisive de la ration de la petite troupe de cent brebis.
Être ou faire, voir ou être vu.
Il existe bien des manières d'être en safari, ou de le faire. En swahili, safari signifie voyage mais restons-en au safari animalier. Lorsqu'on voyage dans leur habitat, ne pas voir un éléphant ou une girafe relève de la malchance alors que voir un léopard sauvage procède de la chance, qui qu'on soit et quoi qu'on fasse, sauf à être dans la traque. Savoir que le léopard -qui doit à sa discrétion de survivre dans les montagnes habitées du Karoo- est là, savoir que je ne le verrai pas, lui sachant que je suis là, m'observant peut-être, le savoir me suffit. Le savoir fait l'être.
la superficie de la ferme ou repose Grey est de vingt deux mille hectares
Soit 7 000 Ha de plus de le Liechtenstein ! [;)]
Soit 7 000 Ha de plus de le Liechtenstein ! [;)]
michel85200
Ce qui me rappelle cette anecdote lors d'un voyage en Australie Occidentale, très au nord de Perth. Dans une station-service road house installée sur une ferme, je demandais au pompiste quelle en etait la superficie et il me répondit: bien plus grande que la France!
Comme je t'ai: je sors de quelques jours dans le Cederberg et je sais désormais, après les avoir tous testés, quel est le meilleur camping du coin: au Mount Ceder, trois emplacement isolés cernés des montagnes rouges. (Quoi, tu me l'avais dit? ). A l'inverse Oasis baisse et devient d'année en année un peu plus bordélique.
Comme je t'ai: je sors de quelques jours dans le Cederberg et je sais désormais, après les avoir tous testés, quel est le meilleur camping du coin: au Mount Ceder, trois emplacement isolés cernés des montagnes rouges. (Quoi, tu me l'avais dit? ). A l'inverse Oasis baisse et devient d'année en année un peu plus bordélique.
(Quoi, tu me l'avais dit? ).
Pour une fois !
Et je comptais bien que tu essaierais ! [;)]
De mon côté, avec de la chance, je tenterais Die Hel et Baviaanskloof de long en large à l'automne 2016.
PE, Mountain Zebra, Camdeboo, Karoo, Die Hel, Knysna (une pause sans 4x4) et Baviaans avant de retourner à PE.
Cross fingers !
Pour une fois !
Et je comptais bien que tu essaierais ! [;)]
De mon côté, avec de la chance, je tenterais Die Hel et Baviaanskloof de long en large à l'automne 2016.
PE, Mountain Zebra, Camdeboo, Karoo, Die Hel, Knysna (une pause sans 4x4) et Baviaans avant de retourner à PE.
Cross fingers !
michel85200
Bien sûr chacun de nous l'est, de même que chaque lieu. Mais n'en est-il pas de plus uniques que d'autres ? N’est-il pas des uniques duplicables et d'autres pas ?
On objectera que le Fish River Canyon est moins spectaculaire que le Grand mais c'est qu'orienté nord-sud il est moins chatoyant et plus difficile à capturer, laissant place à l'esprit (du lieu). Sans compter que les Sans l'habitaient déjà quand le Grand ignorait encore l'existence de l'Homme
J'ai eu l'occasion de visiter ces 2 canyons, et je suis tout à fait d'accord avec ce que tu viens de dire. C'est vrai que le grand canyon est gigantesque, mais chaque canyon a son charme et son envoutement. Aux USA, il n'y a pas que le grand canyon. Il y en a des quantités. Bryce canyon que tu connais bien, Il y a strike valley, qui est moins connue mais tout aussi bien.

Ce que j'ai le plus apprécié à Fish river canyon, c'est la majesté du site. Et j'ai adoré la couleur marron des roches.

De plus la couleur des roches est complètement différentes de celles du grand canyon. Au grand canyon c'est le rouge qui domine.

Même la façon dont les fleuves ont creusé la roche est différente. Au grand canyon en voilà le résultat avec le colorado.
Voilà ce que ça donne avec la fish river.
Du peu que j'ai vu en Namibie, le Fish river canyon est nul doute ce qui m'a le plus conquis.
Et moi qui suis une grande habituée des Etats-Unis et de l'ouest américain en particulier, je reconnais que chaque site a son charme particulier et qu'on ne peut se dire que puisqu'on en a vu un, on peut aisément faire l'impasse sur l'autre. C'est dommage de raisonner comme ça.
En tout cas, je partage ton point de vue sur le fait que le sud de la Namibie est extrêmement enchanteur.

Il faudra que j'aille voir les chutes victoria par moi-même pour en apprécier leur singularité par rapport à celles d'iguazu ou des chutes de niagara falls, pour ne citer que les plus célèbres.
Je n'ai vu que très peu de l'Afrique, mais j'ai apprécié ses particularités. Même si je reste une amoureuse du continent américain (nord et sud), il y a vraiment des choses sympas dans cet autre continent, et les animaux ne sont qu'une petite partie de ce côté sympa.
PS. Je ne suis pas poète comme toi pour me contenter des mots. J'ai besoin d'illustrer par des photos.
J'ai eu l'occasion de visiter ces 2 canyons, et je suis tout à fait d'accord avec ce que tu viens de dire. C'est vrai que le grand canyon est gigantesque, mais chaque canyon a son charme et son envoutement. Aux USA, il n'y a pas que le grand canyon. Il y en a des quantités. Bryce canyon que tu connais bien, Il y a strike valley, qui est moins connue mais tout aussi bien.

Ce que j'ai le plus apprécié à Fish river canyon, c'est la majesté du site. Et j'ai adoré la couleur marron des roches.

De plus la couleur des roches est complètement différentes de celles du grand canyon. Au grand canyon c'est le rouge qui domine.

Même la façon dont les fleuves ont creusé la roche est différente. Au grand canyon en voilà le résultat avec le colorado.

Voilà ce que ça donne avec la fish river.

Du peu que j'ai vu en Namibie, le Fish river canyon est nul doute ce qui m'a le plus conquis.
Et moi qui suis une grande habituée des Etats-Unis et de l'ouest américain en particulier, je reconnais que chaque site a son charme particulier et qu'on ne peut se dire que puisqu'on en a vu un, on peut aisément faire l'impasse sur l'autre. C'est dommage de raisonner comme ça.
En tout cas, je partage ton point de vue sur le fait que le sud de la Namibie est extrêmement enchanteur.

Il faudra que j'aille voir les chutes victoria par moi-même pour en apprécier leur singularité par rapport à celles d'iguazu ou des chutes de niagara falls, pour ne citer que les plus célèbres.
Je n'ai vu que très peu de l'Afrique, mais j'ai apprécié ses particularités. Même si je reste une amoureuse du continent américain (nord et sud), il y a vraiment des choses sympas dans cet autre continent, et les animaux ne sont qu'une petite partie de ce côté sympa.
PS. Je ne suis pas poète comme toi pour me contenter des mots. J'ai besoin d'illustrer par des photos.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/
Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/
Impressions d'Afrique et de Namibie
Le Mkgadikgadi conserve ses animaux même en fin de saison sèche, grâce aux commodités de la Boteti River. A l'ouest de cette longitude et au sud de cette latitude, il n'y a plus d'éléphants libres en Afrique et ce sont les derniers de cette diagonale. Nous restons longuement dans leurs pattes débonnaires.
Je te recommande un trajet que tu as déjà fait : tu te rends dans le CKGR en entrant très classiquement par Matswere gate, tu passes quelques jours dans cette partie du Kalahari et tu ressortiras, une fois n'est pas coutume, par Tsau gate. Durant ce périple, tu t'attacheras à compulser fiévreusement le sol sur le bord de la piste entre Rakops et Matswere, puis sur la piste qui longe la cloture en allant vers Tsau gate et que verras tu ? Tu verras ces grosses boules jaunâtres qui ne sont autres que des bouses d'éléphant, tu en verras certes peu à l'Est de Matswere, mais moultes en rejoignant Tsau gate. D'ailleurs si tu prends la peine, contrairement à mes recommandations, de lever ton regard du chemin pour examiner la cloture à ta droite, tu constateras comme moi qu'elle est considérablement défoncée en beaucoup d'endroits : eh oui, il y a des éléphants dans le Kalahari, j'en suis sûr.
Savoir que le léopard -qui doit à sa discrétion de survivre dans les montagnes habitées du Karoo- est là, savoir que je ne le verrai pas, lui sachant que je suis là, m'observant peut-être, le savoir me suffit. Le savoir fait l'être.
Jusqu'à il y a peu, ça ne me suffisait pas : il faut le voir une fois, puis j'ai appris à aimer l'entendre sans le voir.
Je te recommande un trajet que tu as déjà fait : tu te rends dans le CKGR en entrant très classiquement par Matswere gate, tu passes quelques jours dans cette partie du Kalahari et tu ressortiras, une fois n'est pas coutume, par Tsau gate. Durant ce périple, tu t'attacheras à compulser fiévreusement le sol sur le bord de la piste entre Rakops et Matswere, puis sur la piste qui longe la cloture en allant vers Tsau gate et que verras tu ? Tu verras ces grosses boules jaunâtres qui ne sont autres que des bouses d'éléphant, tu en verras certes peu à l'Est de Matswere, mais moultes en rejoignant Tsau gate. D'ailleurs si tu prends la peine, contrairement à mes recommandations, de lever ton regard du chemin pour examiner la cloture à ta droite, tu constateras comme moi qu'elle est considérablement défoncée en beaucoup d'endroits : eh oui, il y a des éléphants dans le Kalahari, j'en suis sûr.
Savoir que le léopard -qui doit à sa discrétion de survivre dans les montagnes habitées du Karoo- est là, savoir que je ne le verrai pas, lui sachant que je suis là, m'observant peut-être, le savoir me suffit. Le savoir fait l'être.
Jusqu'à il y a peu, ça ne me suffisait pas : il faut le voir une fois, puis j'ai appris à aimer l'entendre sans le voir.
Erwan
La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
il faut le voir une fois, puis j'ai appris à aimer l'entendre sans le voir.
oh oui, les entendre la nuit autour de la tente sans pouvoir les voir ... c'est fantastiquement fantasmagorique [:P] ... on adore les écouter, les identifier... Là une hyène ouup ouuup ouuup, là un léopard qui respire comme un asthmatique, là un hippopotame qui rigole et naturellement le lion qui feule ... [:)]
Bon après si on me torture (si peu) je veux bien avouer que si en plus je peux les voir le lendemain matin
oh oui, les entendre la nuit autour de la tente sans pouvoir les voir ... c'est fantastiquement fantasmagorique [:P] ... on adore les écouter, les identifier... Là une hyène ouup ouuup ouuup, là un léopard qui respire comme un asthmatique, là un hippopotame qui rigole et naturellement le lion qui feule ... [:)]
Bon après si on me torture (si peu) je veux bien avouer que si en plus je peux les voir le lendemain matin
https://apprentisvoyageurs.com
Manquait plus que ça ! Du scatotourisme. Jusqu'où te mènera ton imagination?
J'avais d'abord écrit «il n'y a plus guère d'éléphants libres» en me disant qu'il s'en trouverait bien un pour dire qu'on avait vu les éléphants de Palmwag escalader Messum Crater pour voir les baleines.
Je n'avais ni astrolabe, ni sextant et pourtant, ignorant la prudence qu'il convient d'observer en milieu sauvage, j'avais supprimé le guère.
Mais revenons à nos crottes. Les rangers de Matswere ont aussi tenté de me faire croire que depuis quelques années il arrivait que des éléphants leur rendent visite. Après enquête approfondie in situ, voici ce qu'il en est : ce sont les bousiers (Scarabaeus laticollis facetius) qui font leur pelote dans le Makgadideuxfois et la roule jusque là où ils t'ont mis le nez dedans.
Quant à faire un Tsau au Kalahari, ça va pas être possible, là, tout de suite. Je viens d'arriver, pour huit jours, dans une jolie maison entourée d'oliviers et l'activité principale consistera à gagner pedibus le centre du village deux fois par jour : vers dix heures pour un espresso et vers treize heures pour une des multiples variations de l'agneau du Karoo et, surtout, pour le meilleur cheesecake du pays. Et ça, ce n'est pas une fable.
Quant à faire un Tsau au Kalahari, ça va pas être possible, là, tout de suite. Je viens d'arriver, pour huit jours, dans une jolie maison entourée d'oliviers et l'activité principale consistera à gagner pedibus le centre du village deux fois par jour : vers dix heures pour un espresso et vers treize heures pour une des multiples variations de l'agneau du Karoo et, surtout, pour le meilleur cheesecake du pays. Et ça, ce n'est pas une fable.
Bon, tant pis, je pensais que mon scoop t'ét(r)onnerait[:/] En allait au village, prend bien garde à ne pas marcher dedans : les bousiers sont partout ! Mind the shit comme ils disent là bas.[:|]
Bon, tant pis, je pensais que mon scoop t'ét(r)onnerait[:/] En allait au village, prend bien garde à ne pas marcher dedans : les bousiers sont partout ! Mind the shit comme ils disent là bas.[:|]
Erwan
La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
Voila, j'ai une bonne connexion et vais pouvoir vous proposer quelques modestes images.
Mais, tout d'abord (facile), j'ai un doute avec celle-ci: elle m'a frappé comme possible nouvel avatar du fait du V comme Voyajou que forment les branches de l'arbre.
Tout d'un coup, j'ai un doute affreux.


Mais, tout à coup, j'ai un doute affreux.
La taille du V... sans doute ?
La taille du V... sans doute ?
Un doute minuscule alors...
Copieuse !
Faut comprendre .....ce sont des branches souples ...il venait juste de réussir à les écarter ....
Qui boit l'eau d'une terre étrangère doit en suivre les coutumes (proverbe Mongol)
Dans l'intérieur, au nord du Mozambique.
Marché: pré-salissage

Marché: militante

Thé fumé


Marché: pré-salissage

Marché: militante

Thé fumé


'tain, vous trois, vous m'aidez pas.
Bisque c'est ça, je me retire.
Au sud du Lac Malawi, dans les plantations de Mulanje.

Mulanje, la compétition de golf débute dans quelques minutes: viser le seau

Malawi, Liwonde NP: préparation du petit déjeuner


Mulanje, la compétition de golf débute dans quelques minutes: viser le seau

Malawi, Liwonde NP: préparation du petit déjeuner

Liwonde NP: un baobab au petit-déjeuner

Baston
Lac Malawi: Fluctuat nec mergitur


Baston

Lac Malawi: Fluctuat nec mergitur

Merci Jean Luc
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
Merci Diam' pour cette analyse comparée des canyons.
Ma Co a un penchant certain pour Bryce (c'est qui ce Bryce?)
Une vue exclusive de Fish River Canyon (le parcourir fatigue):


Pierre, en clin d'œil à ton avatar, un autre substitut:


Transports au Malawi.








Ma Co a un penchant certain pour Bryce (c'est qui ce Bryce?)
Est-ce que ta co c'est la dame allongée sur le muret en ciment sur la photo? Tu appelles ça une photo du fish river canyon??
Quant à ta question métaphysique concernant Bryce, je laisse le soin à quelqu'un d'autre d'y répondre.
Petit cadeau pour elle.

Ce sont des gâteaux au chocolat saupoudrés de sucre glace.

Est-ce que ta co c'est la dame allongée sur le muret en ciment sur la photo? Tu appelles ça une photo du fish river canyon??
Quant à ta question métaphysique concernant Bryce, je laisse le soin à quelqu'un d'autre d'y répondre.
Petit cadeau pour elle.

Ce sont des gâteaux au chocolat saupoudrés de sucre glace.

Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/
Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/
Impressions d'Afrique et de Namibie
Un nouveau carnet de Voyajou.. Super !
Bon, je croyais arriver après la bataille (13 semaines de voyage prévues de déjà 5 pages de bavardages, commentaires....[;)] Et bien sûr toujours les mêmes qui viennent "encombrer" le carnet de Voyajou [:P][:P])
Eh bien non, juste à temps pour les photos! [:)] Merci, merci de les avoir réclamées...
Merci Voyajou de ce nouveau carnet qui me donne envie de repartir en Afrique... même si on vient de rentrer de Birmanie... même si le Mozambique ne semble pas une destination si facile pour les touristes que nous sommes... ou plutôt parce que!... même si tes déboires douanes/policiers au Malawi m'inquiètent un peu...
Encore plein de lecture et plein de photos en perspective... pour cette destination tellement magique [;)]
Une autre Afric'Addict[:P]
Merci Voyajou de ce nouveau carnet qui me donne envie de repartir en Afrique... même si on vient de rentrer de Birmanie... même si le Mozambique ne semble pas une destination si facile pour les touristes que nous sommes... ou plutôt parce que!... même si tes déboires douanes/policiers au Malawi m'inquiètent un peu...
Encore plein de lecture et plein de photos en perspective... pour cette destination tellement magique [;)]
Une autre Afric'Addict[:P]
Cop
Cop, traduction : flic. On l'a échappé belle avec la COP 21, une de plus et c'était : 22, v'la les flics, un accord contraignant (n'y a-t-il pas comme un pléonasme dans cette expression?) Dans le Karoo, cette année est également la plus chaude depuis que les données sont enregistrées. Les urbains disent chaude, les ruraux traduisent sèche et, si ce n'est pas exactement la même chose, c'est autrement plus grave. Les prévisionnistes n'attendent pas de pluies significatives avant l'automne 2016, soit en mars. A Prince Albert, l'eau dévale encore des Swartberg Mountains par une réseau d'artères en pierre, de veines en ciment puis de veinules en plastique pour irriguer la ville. Il existe des droits précis à l'ouverture des vannes privées qui se mesurent en heures hebdomadaires. Pas besoin de police, il ne viendrait à personne l'idée d'abuser du bien commun. Tels les Masaïs, ils prélèvent sur la bête sans la tuer. Il y a ceux qui ont la chance de posséder un forage mais la nappe est sensible à la pluie et, déjà, le débit est affaibli. Il y a les exploitants agricoles qui, ici comme ailleurs, bénéficient de passe-droits et irriguent des plantations qui ailleurs s'en passent. Et il y a ceux de North End, essentiellement métis, que ne desservent pas les canaux et qui ne disposent que du quota municipal. Pas grave, ils n'ont ni jardins, ni piscines.
Omelette norvégienne
Nous arrivons de deux mois de route couverts de poussière, comme la voiture. Immédiatement, nous ressentons que nous ne sommes pas au bon endroit. Le « welcome » en fer forgé et les déclarations peace and love des décorations font long feu. On nous soumet à une interminable présentation des lieux, l'accent étant mis sur ce qu'il est interdit de faire (par exemple, d'utiliser du bois dans le barbecue) et ce qu'il convient de faire (aérer les lieux, fumer à l'emplacement dédié, soit en plein cagnard sur les sièges les plus inconfortables -s'ils pouvaient crever d'insolation!-. Nous apprendrons que D. (une des rares norvégiennes acclimatées en Afrique) vapote depuis trois ans après avoir fumé deux paquets par jours). Le faux chaud deviendra un vrai froid (comme dans l'omelette sus-dite) quand, lors de son inspection quotidienne, en notre absence, D. relèvera une odeur de mégots dans la poubelle. S'ensuivra une explication orageuse, elle nous enjoignant de quitter les lieux, moi l'assurant que je fumerai à l'abri du soleil tant que durera ma réservation. Ce que j'ai fait ! Son homme, un latin, s'en va souvent camper dans le bush. Sans elle. Trop de poussière. On le comprend.
Parallèles des antipodes
C'est également Entre ciel et terre que je lis le roman éponyme de Stefansson. C'est un titre étrange, Entre ciel et terre. N'est-ce pas notre sort à tous de notre vivant ? Alors que morts -une des obsessions du roman- nous sommes au premier ou sous la seconde, là où siège l'enfer (ce sont les croyances en vigueur en Islande au début du siècle dernier). Je le lis dans Die Hel (l'Enfer), une vallée aride où le vent s'échauffe sur les pierriers brûlants, accélère dans la vallée qui s'étrécit en défilé et vous saisit à la gorge (c'est cependant moins douloureux que de l'être par la léoparde qui allaite dans l'escarpement). Je suffoque, comme le gamin dans une tempête de neige. Mais ici, contrairement à celui qui sévit en Mer d'Islande, le vent est prévisible. C'est un paresseux qui se lève dans l'après-midi, fait son affaire de cinq à sept et s'éclipse à la Lune. Une vingtaine de familles vécurent plus d'un siècle dans cette vallée, profonde comme un fjord, isolées du reste du monde jusqu'à il y a cinquante ans. Au menu : pain, lait et viande de chèvre (à la même époque, pour les pêcheurs islandais c'était pain, lait et morue). Pas trace ici d'un pêcheur épris de poésie mais celle d'une institutrice artiste incrustant sa maison avec ce qu'elle trouvait là. La lecture est d'abord difficile, comme les rouleaux à franchir avant la haute mer, mais, pas plus qu'on ne lâche une rame, on ne saute une page. On s'habitue à la houle, sans l'aimer pour autant. A force de souquer on s'accoutume à l'effort, la lecture devient plus coulée. Ce n'est jamais la Mer de la Tranquillité mais on s'amarine et, comme les personnages, on fait contre mauvaise fortune bon cœur.
Une ferme dans le désert
La piste de vingt cinq kilomètres serpente dans la montagne aride et s'achève dans une vallée miraculeuse, petite et gironde, généreuse. L'eau indomptée caracole des sommets, on la dompte dans un bassin comme un corral, elle en ressort docile, au service de l'homme. C'est elle qui permet ces plantations de figuiers incongrues, elle qui irrigue les vergers de pêches, d'abricots et de grenades où les ouvriers agricoles, au retour de la journée de travail et avant de regagner leurs pénates, se retrouvent et partagent les fruits tombés. Des glaneurs. Les vergers sont ceinturés de moellons, ceux-là même qu'il a fallu récolter avant de pouvoir planter. La famille de Lieza s'est installée ici il y a cent cinquante ans. Elle allaite un rejeton de la huitième génération. Sa présence ici est une évidence, elle embellit les lieux qui la magnifient en retour. Elle nous alloue une maison sans électricité, alimentée en eau par un torrent. Aucune onde ne parvient ici autres que celles que nous émettons.
Le porte-savon
Fox était pharmacien puis, un mauvais jour, il a rassemblé ses économies pour acheter une ferme. L'affaire périclita et le trouva ruiné. Adieu moutons et vignes. Il est sourd comme un pot mais bavard comme une pie, sec comme son environnement et a la même tête que les oiseaux qui viennent lui manger dans la main. C'est un coquin qui saisit l'occasion de la présentation de la douche extérieure -avec vue sur le lac et les montagnes- pour offrir à ma Co ses services de porte-savon, si besoin est. Il enfourche sa moto pour faire le tour de son domaine : il est gardien de barrage, comme il n'y a plus de gardiens de phare. Il est le lieu. Et le fait.
Le niveau du lac est à 25% de la capacité, dont la moitié est de la vase. L'eau limoneuse prend la teinte des rives, comme pour se faire oublier du soleil qui l'évapore sans vergogne. Qui régulera le soleil ? De l'autre côté du réservoir, à l'entrée d'un col, une dizaine d'éminences, rondes comme des crânes et coiffées à l'iroquoise d'une ligne de pierre façonnée par l'érosion, sont l'armée d'Hannibal. De toutes parts, nous sommes cernés. Le lac forme un V et, en son centre, la langue de pierre s'allonge, sèche, marquée de strates stigmates de jours meilleurs. Les logements sont ceux qui furent édifiés pour les ouvriers affectés à la construction du barrage. Nous sommes seuls et choisissons celui du contremaître qui offre la plus belle vue et est le seul à bénéficier d'un auvent.
Into Africa
Que faire face à l'addiction ? S'en affranchir ? S'y couler ? Si Karen Blixen, qui commence son récit par I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills, m'autorise cette paraphrase : I have a house in Africa at the foot of the Swartberg Mountains.
* * *
The End (roar!)
Cop, traduction : flic. On l'a échappé belle avec la COP 21, une de plus et c'était : 22, v'la les flics, un accord contraignant (n'y a-t-il pas comme un pléonasme dans cette expression?) Dans le Karoo, cette année est également la plus chaude depuis que les données sont enregistrées. Les urbains disent chaude, les ruraux traduisent sèche et, si ce n'est pas exactement la même chose, c'est autrement plus grave. Les prévisionnistes n'attendent pas de pluies significatives avant l'automne 2016, soit en mars. A Prince Albert, l'eau dévale encore des Swartberg Mountains par une réseau d'artères en pierre, de veines en ciment puis de veinules en plastique pour irriguer la ville. Il existe des droits précis à l'ouverture des vannes privées qui se mesurent en heures hebdomadaires. Pas besoin de police, il ne viendrait à personne l'idée d'abuser du bien commun. Tels les Masaïs, ils prélèvent sur la bête sans la tuer. Il y a ceux qui ont la chance de posséder un forage mais la nappe est sensible à la pluie et, déjà, le débit est affaibli. Il y a les exploitants agricoles qui, ici comme ailleurs, bénéficient de passe-droits et irriguent des plantations qui ailleurs s'en passent. Et il y a ceux de North End, essentiellement métis, que ne desservent pas les canaux et qui ne disposent que du quota municipal. Pas grave, ils n'ont ni jardins, ni piscines.
Omelette norvégienne
Nous arrivons de deux mois de route couverts de poussière, comme la voiture. Immédiatement, nous ressentons que nous ne sommes pas au bon endroit. Le « welcome » en fer forgé et les déclarations peace and love des décorations font long feu. On nous soumet à une interminable présentation des lieux, l'accent étant mis sur ce qu'il est interdit de faire (par exemple, d'utiliser du bois dans le barbecue) et ce qu'il convient de faire (aérer les lieux, fumer à l'emplacement dédié, soit en plein cagnard sur les sièges les plus inconfortables -s'ils pouvaient crever d'insolation!-. Nous apprendrons que D. (une des rares norvégiennes acclimatées en Afrique) vapote depuis trois ans après avoir fumé deux paquets par jours). Le faux chaud deviendra un vrai froid (comme dans l'omelette sus-dite) quand, lors de son inspection quotidienne, en notre absence, D. relèvera une odeur de mégots dans la poubelle. S'ensuivra une explication orageuse, elle nous enjoignant de quitter les lieux, moi l'assurant que je fumerai à l'abri du soleil tant que durera ma réservation. Ce que j'ai fait ! Son homme, un latin, s'en va souvent camper dans le bush. Sans elle. Trop de poussière. On le comprend.
Parallèles des antipodes
C'est également Entre ciel et terre que je lis le roman éponyme de Stefansson. C'est un titre étrange, Entre ciel et terre. N'est-ce pas notre sort à tous de notre vivant ? Alors que morts -une des obsessions du roman- nous sommes au premier ou sous la seconde, là où siège l'enfer (ce sont les croyances en vigueur en Islande au début du siècle dernier). Je le lis dans Die Hel (l'Enfer), une vallée aride où le vent s'échauffe sur les pierriers brûlants, accélère dans la vallée qui s'étrécit en défilé et vous saisit à la gorge (c'est cependant moins douloureux que de l'être par la léoparde qui allaite dans l'escarpement). Je suffoque, comme le gamin dans une tempête de neige. Mais ici, contrairement à celui qui sévit en Mer d'Islande, le vent est prévisible. C'est un paresseux qui se lève dans l'après-midi, fait son affaire de cinq à sept et s'éclipse à la Lune. Une vingtaine de familles vécurent plus d'un siècle dans cette vallée, profonde comme un fjord, isolées du reste du monde jusqu'à il y a cinquante ans. Au menu : pain, lait et viande de chèvre (à la même époque, pour les pêcheurs islandais c'était pain, lait et morue). Pas trace ici d'un pêcheur épris de poésie mais celle d'une institutrice artiste incrustant sa maison avec ce qu'elle trouvait là. La lecture est d'abord difficile, comme les rouleaux à franchir avant la haute mer, mais, pas plus qu'on ne lâche une rame, on ne saute une page. On s'habitue à la houle, sans l'aimer pour autant. A force de souquer on s'accoutume à l'effort, la lecture devient plus coulée. Ce n'est jamais la Mer de la Tranquillité mais on s'amarine et, comme les personnages, on fait contre mauvaise fortune bon cœur.
Une ferme dans le désert
La piste de vingt cinq kilomètres serpente dans la montagne aride et s'achève dans une vallée miraculeuse, petite et gironde, généreuse. L'eau indomptée caracole des sommets, on la dompte dans un bassin comme un corral, elle en ressort docile, au service de l'homme. C'est elle qui permet ces plantations de figuiers incongrues, elle qui irrigue les vergers de pêches, d'abricots et de grenades où les ouvriers agricoles, au retour de la journée de travail et avant de regagner leurs pénates, se retrouvent et partagent les fruits tombés. Des glaneurs. Les vergers sont ceinturés de moellons, ceux-là même qu'il a fallu récolter avant de pouvoir planter. La famille de Lieza s'est installée ici il y a cent cinquante ans. Elle allaite un rejeton de la huitième génération. Sa présence ici est une évidence, elle embellit les lieux qui la magnifient en retour. Elle nous alloue une maison sans électricité, alimentée en eau par un torrent. Aucune onde ne parvient ici autres que celles que nous émettons.
Le porte-savon
Fox était pharmacien puis, un mauvais jour, il a rassemblé ses économies pour acheter une ferme. L'affaire périclita et le trouva ruiné. Adieu moutons et vignes. Il est sourd comme un pot mais bavard comme une pie, sec comme son environnement et a la même tête que les oiseaux qui viennent lui manger dans la main. C'est un coquin qui saisit l'occasion de la présentation de la douche extérieure -avec vue sur le lac et les montagnes- pour offrir à ma Co ses services de porte-savon, si besoin est. Il enfourche sa moto pour faire le tour de son domaine : il est gardien de barrage, comme il n'y a plus de gardiens de phare. Il est le lieu. Et le fait.
Le niveau du lac est à 25% de la capacité, dont la moitié est de la vase. L'eau limoneuse prend la teinte des rives, comme pour se faire oublier du soleil qui l'évapore sans vergogne. Qui régulera le soleil ? De l'autre côté du réservoir, à l'entrée d'un col, une dizaine d'éminences, rondes comme des crânes et coiffées à l'iroquoise d'une ligne de pierre façonnée par l'érosion, sont l'armée d'Hannibal. De toutes parts, nous sommes cernés. Le lac forme un V et, en son centre, la langue de pierre s'allonge, sèche, marquée de strates stigmates de jours meilleurs. Les logements sont ceux qui furent édifiés pour les ouvriers affectés à la construction du barrage. Nous sommes seuls et choisissons celui du contremaître qui offre la plus belle vue et est le seul à bénéficier d'un auvent.
Into Africa
Que faire face à l'addiction ? S'en affranchir ? S'y couler ? Si Karen Blixen, qui commence son récit par I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills, m'autorise cette paraphrase : I have a house in Africa at the foot of the Swartberg Mountains.
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The End (roar!)
The end ... retour au port ?
C'est toujours avec le même plaisir ... moi qui est toujours préféré le livre au film, tes textes remplaçant les photos me conviennent à merveille pour alimenter mes rêves
MERCi [:)]
C'est toujours avec le même plaisir ... moi qui est toujours préféré le livre au film, tes textes remplaçant les photos me conviennent à merveille pour alimenter mes rêves
MERCi [:)]
https://apprentisvoyageurs.com
The End (roar!)
Welcome home then. [:)]
Welcome home then. [:)]
Erwan
La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
Hi there,
The end ?? The end of what ? Not the real one I hope ?
Leaving Africa for how long ?
Hope to read you again and again. I just love it.
The end ?? The end of what ? Not the real one I hope ?
Leaving Africa for how long ?
Hope to read you again and again. I just love it.
mayrig
Merci !
michel85200
Merci pour ces beaux mots
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
Trugarez Jean-Luc [:)]
Mais ici, contrairement à celui qui sévit en Mer d'Islande,
Rrrrrrr le vent Islandais où comment te gâcher un voyage . Ceci étant, tu peux y observer de curieux phénomènes, la pluie qui tombe à l'horizontale (si si) ou encore l'eau des cascades qui remontent au dessus des cascades (si si). Et non, je n'avais pas bu [:P]
Mais ici, contrairement à celui qui sévit en Mer d'Islande,
Rrrrrrr le vent Islandais où comment te gâcher un voyage . Ceci étant, tu peux y observer de curieux phénomènes, la pluie qui tombe à l'horizontale (si si) ou encore l'eau des cascades qui remontent au dessus des cascades (si si). Et non, je n'avais pas bu [:P]
Emma
http://www.manuetjc-tribulations.com
http://www.manuetjc-tribulations.com
Bon retour en Le Driandie ! [;)]
The End (roar!)
C'est un tout petit roar, ça ... Le féroce lion de la MGM se serait transformé en un timide chaton ?

The End (roar!)
C'est un tout petit roar, ça ... Le féroce lion de la MGM se serait transformé en un timide chaton ?

Que faire face à l'addiction ? S'en affranchir ? S'y couler ?
Tu te poses encore la question ? [:)] (heureuse de te retrouver, plus près, pour quelques mois...)
Tu te poses encore la question ? [:)] (heureuse de te retrouver, plus près, pour quelques mois...)
Mes photos sur Flickr:
https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums
"Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".








