Into Africa
by Voyajou
This discussion is in French, the community’s main language.
Emma, si tu convoques la poésie je m'écrase comme un ksar. Et demande son pardon à la Lune.
(Le poète, ce peigneur de Lune, c'est qui reste plus chic que peigner la girafe 😊)
Du désert dont tu reviens, vivante semble -t'il, à celui où je vis (et visse), la rosée conditionne la vie des succulentes.
Respiration
Ici l'air est sec, qu'il soit chaud ou froid il doit plafonner à un taux d'hygrométrie à défriser un Togolais. On ventile à l'aise, non obstant la fumée bleu havane, et respire plus facilement que les personnages de La tristesse des anges, de Stefansson, qui au long de quatre cent pages de tempêtes et de neige, de tempêtes de neige tentent d'inspirer un filet d'air sans se retrouver asphyxiés par les flocons.
Le livre refermé sur le froid et la mort, on ouvre Kobra, de Deon Meyer. Autant de pages mais brûlantes, qu'on lit le souffle court, et la mort encore. Mais l'action se passe ici et maintenant, d'une terrifiante actualité au moment où les Panama papers font la Une.
Une semaine pour le premier, deux jours pour le second.
Alors, avec qui -et où?- poursuivre ?
La bibliothèque s'épuise.
Retourner en Islande avec la dernière épreuve de Stefansson ? Encore quatre cent pages en apnée, le titre ne laisse aucune chance, D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds, noyé dans la flotte quand ce ne sera pas dans la neige.
Autodafer les livres dans les bûchers de Willem ?
Et reposer les yeux.
Et poser ailleurs le regard?
*
Ces deux-là
Daniel est un Afrikaner bon teint et grand format. Pas moins de deux cent cinquante livres, sans compter qu'il est écrivain. En afrikaans exclusivement, what else. Mais il est aussi traducteur, afrikaans-anglais-hollandais et poète intraduisible, de son propre aveu. Et pourtant, son patronyme est Hugo.
Il aime la musique d'Afrique de l'Ouest et apprécie d'être accueilli par Victor Démé.
En deux heures, au jugé, il descend la bouteille de brandy, non sans me féliciter pour sa qualité. Son père était pasteur adventiste dans un township de Windhoek, en Namibie. Il a grandi en couleurs et son propos s'en ressent. Mais il se considère ici chez lui, lui aussi.
Marlene, ronde toute en plis, est journaliste. Elle se prétend timide mais ne cesse de parler et tient, le plus souvent, des propos intéressants. Son dernier reportage, dont elle n'est pas remise, l'avait amenée à Klaarstroom, là où la vallée défie la montagne, après un déluge qui emporta deux gosses de dix ans dans le désert.
Aux funérailles elle était la seule blanche parmi deux cent coloured et la seule à posséder un appareil photo. Alors, tous exigèrent qu'elle immortalise cet instant, ce moment pendant lequel, l'un après l'autre, chacun étreignit les corps morts.
Ces deux quinquas-là forment un jeune couple épatant.
*
Paella
Au sud d'un autre continent, il faut une journée pour collecter les ingrédients nécessaires à la fabrication d'une paella australe. Les moules charnues à Mossel Bay, le riz rond à George et le safran aussi, un chorizo artisanal dans un village de montagne, une volaille de plein-air chez une fermière résolue et des pois gourmands au marché, du sel du Kalahari et de l'huile d'olive du Karoo: une paella avec ce qu'on trouve, aux origines du plat.
*
La brouette de chantier, matrice idéale pour le dos fatigué des ouvriers.
*
Les yeux d'Elma, gris horizon pailletés d'or, vifs mais concentrés. Le regard d'Elma, posé, attentif, réservé. La beauté sans en jouer.
*
La Terre aurait des vices cachés: un forage pourrait atteindre la nappe en dix mètres, mais ce pourrait être cinquante.
*
Nous convenons d'habiter des lieux, il se trouve qu'ils nous habitent.
Changement d'hémisphère et suspension de ces chroniques expéditives d'une expatriation intermittente. Reprise ultérieure, peut-être sur un média plus adapté à ma nouvelle condition, j'hésite entre Rustica et Côté Sud.
Merci d'être passés à la maison.🙂
Il était une fois au grand Karoo, un voyou breton qui...
Et autres histoires dans quelques mois ?🙂
Changement d'hémisphère et suspension de ces chroniques expéditives d'une expatriation intermittente.
... qui réglera ton problème d'hygrométrie 😉
Reprise ultérieure, peut-être sur un média plus adapté à ma nouvelle condition, j'hésite entre Rustica et Côté Sud
serais-tu devenu auto-entrepreneur ? 😏
Bis gleich
... qui réglera ton problème d'hygrométrie 😉
Reprise ultérieure, peut-être sur un média plus adapté à ma nouvelle condition, j'hésite entre Rustica et Côté Sud
serais-tu devenu auto-entrepreneur ? 😏
Bis gleich
ici, l'air est sec à défriser un togolais.
À la tienne et bon retour , ici l'air est humide à faire boucler une pékinoise .
À la tienne et bon retour , ici l'air est humide à faire boucler une pékinoise .
Erwan
La vie est belle ! La vie est belle ! Je me tue à vous le dire disait la fleur. Et elle meurt ( J.Prévert)
Merci d'être passés à la maison.🙂
La visite a été un peu courte 😮 mais, comme toujours, fort agréable. On pourra (re) venir quand 😉
La visite a été un peu courte 😮 mais, comme toujours, fort agréable. On pourra (re) venir quand 😉
Tu n'étais donc pas rentré ?
A mon tour de m'immiscer sur ton carnet... un carnet qui comme les précédents demande une attention particulière afin d'en saisir toutes les subtilités, mot après mot, phrase après phrase, pensée après pensée. Un territoire qui m'est totalement étranger et que tu sembles si bien connaître et aimer, un récit qui parfois me déroute, au style pourtant imagé et précieux, fragments de voyage parsemé et entrecoupé d'étoiles en formes d'astérisques (Ah non, pas dans celui-là, juste à la fin !)
Tu pourrais pas me faire la même chose sur l'Asie ou sur des pays que j'ai visités ? 😉 Abandonner le Defender, les soirées Braai et les Big Five pour des trajets en bus locaux, une errance dans les villes millénaires, un autre regard poétique...
A mon tour de m'immiscer sur ton carnet... un carnet qui comme les précédents demande une attention particulière afin d'en saisir toutes les subtilités, mot après mot, phrase après phrase, pensée après pensée. Un territoire qui m'est totalement étranger et que tu sembles si bien connaître et aimer, un récit qui parfois me déroute, au style pourtant imagé et précieux, fragments de voyage parsemé et entrecoupé d'étoiles en formes d'astérisques (Ah non, pas dans celui-là, juste à la fin !)
Tu pourrais pas me faire la même chose sur l'Asie ou sur des pays que j'ai visités ? 😉 Abandonner le Defender, les soirées Braai et les Big Five pour des trajets en bus locaux, une errance dans les villes millénaires, un autre regard poétique...
serais-tu devenu auto-entrepreneur ? 😏
En effet. Il se trouve que je recherche un associé mais peut-on rester auto-entrepreneur à deux? T'aurais pas un bon conseiller juridique? 😛 😉
En effet. Il se trouve que je recherche un associé mais peut-on rester auto-entrepreneur à deux? T'aurais pas un bon conseiller juridique? 😛 😉
Et autres histoires dans quelques mois ?🙂
Je suis en négociations exclusives avec « Nous Deux » pour animer leur rubrique maison & jardin. 🤪
Je suis en négociations exclusives avec « Nous Deux » pour animer leur rubrique maison & jardin. 🤪
... ici l'air est humide à faire boucler une pékinoise.
Même en Normandie je peine à le croire. Je me souviens du chantier de la route Lomé-Atakpamé au Togo. Si le pékin originaire de Beijing frisait, c'était sa moustache tandis que les ouvriers togolais la bouclaient. 😮
Même en Normandie je peine à le croire. Je me souviens du chantier de la route Lomé-Atakpamé au Togo. Si le pékin originaire de Beijing frisait, c'était sa moustache tandis que les ouvriers togolais la bouclaient. 😮
On pourra (re) venir quand 😉
Quand tu cesseras de tirer la langue, non mais! 😛 Cependant, si tu viens comme tu es et que tu assures la tonte des acacias, le jardin est à toi.
Quand tu cesseras de tirer la langue, non mais! 😛 Cependant, si tu viens comme tu es et que tu assures la tonte des acacias, le jardin est à toi.
Nous deux ???
J'sais pas si ce que tu écris est dans leur ligne éditoriale...😄
J'sais pas si ce que tu écris est dans leur ligne éditoriale...😄
Tu n'étais donc pas rentré ?
Selon que tu t'adresses au coeur ou à la raison, au corps ou à l'esprit, la réponse ne sera pas la même.
... un récit qui parfois me déroute...
Serait-ce parce que justement il n'y a plus de route et que je prends root?
Tu pourrais pas me faire la même chose sur l'Asie ou sur des pays que j'ai visités ? 😉
J'aurais besoin d'une guide. D'une guide qui ferait de belles photos... 😉
Abandonner... pour des trajets en bus locaux, une errance dans les villes millénaires, un autre regard poétique...
Maintenant que l'Afrique n'est plus une destination mais une assignation, j'y songe. Cette semaine j'ai ressorti ces kurtas de coton blanc acquises lors d'un tour du Sri Lanka... à moto (on ne se refait pas 😊).
P.S. Je joins une photo pour attester que j'y étais.🤪 Pstt. "pour des trajets en bus locaux" Existe-t-il des bus délocalisés?😇
Selon que tu t'adresses au coeur ou à la raison, au corps ou à l'esprit, la réponse ne sera pas la même.
... un récit qui parfois me déroute...
Serait-ce parce que justement il n'y a plus de route et que je prends root?
Tu pourrais pas me faire la même chose sur l'Asie ou sur des pays que j'ai visités ? 😉
J'aurais besoin d'une guide. D'une guide qui ferait de belles photos... 😉
Abandonner... pour des trajets en bus locaux, une errance dans les villes millénaires, un autre regard poétique...
Maintenant que l'Afrique n'est plus une destination mais une assignation, j'y songe. Cette semaine j'ai ressorti ces kurtas de coton blanc acquises lors d'un tour du Sri Lanka... à moto (on ne se refait pas 😊).
P.S. Je joins une photo pour attester que j'y étais.🤪 Pstt. "pour des trajets en bus locaux" Existe-t-il des bus délocalisés?😇
P.S. Je joins une photo pour attester que j'y étais.🤪
Si tu veux faire ton Dupont-d, faut aussi changer d'avatar... Un apéricube face aux pieds d'un Bouddha de Bamiyan, ça le fait pas ! 😏
Si tu veux faire ton Dupont-d, faut aussi changer d'avatar... Un apéricube face aux pieds d'un Bouddha de Bamiyan, ça le fait pas ! 😏
Les mots sont toujours là, élégants, imagés, cultivés. Ils informent, décrivent, inventent, colorent, attristent, égayent, dessinent ...
Tu évoques un pays, une partie d'un pays, une partie d'un continent et un univers qui me sont totalement étrangers -et qui le resteront, j'en suis persuadée- par petites touches qui accrochent l'imaginaire et c'est un vrai plaisir de découverte.
Mais je crois t'avoir déjà dit tout cela ?
Quelque chose cependant change avec ce carnet.
Ce n'est plus le regard d'un voyageur mais celui d'un sédentaire qui installe, qui s'installe, qui construit, qui fabrique, qui se crée un domaine, qui "apprend" ses voisins... Ce n'est plus le regard de celui qui passe mais de celui qui se pose et qui dispose, qui regarde travailler, qui participe éventuellement pour se distraire, qui "mondanise" avec les voisins aisés et oisifs.
Il me semble que vous reproduisez un peu là-bas votre ici et je suis vraiment curieuse de savoir ce que sera ton regard sur tout ce qui t'entoure, le pays et les gens, au fil du temps... Alors, quand ta pause d'ici sera terminée, s'il te plait, continue à écrire ta vie de là-bas, elle t'enchante et comble la lectrice que je suis.
Dolma
Mais je crois t'avoir déjà dit tout cela ?
Quelque chose cependant change avec ce carnet.
Ce n'est plus le regard d'un voyageur mais celui d'un sédentaire qui installe, qui s'installe, qui construit, qui fabrique, qui se crée un domaine, qui "apprend" ses voisins... Ce n'est plus le regard de celui qui passe mais de celui qui se pose et qui dispose, qui regarde travailler, qui participe éventuellement pour se distraire, qui "mondanise" avec les voisins aisés et oisifs.
Il me semble que vous reproduisez un peu là-bas votre ici et je suis vraiment curieuse de savoir ce que sera ton regard sur tout ce qui t'entoure, le pays et les gens, au fil du temps... Alors, quand ta pause d'ici sera terminée, s'il te plait, continue à écrire ta vie de là-bas, elle t'enchante et comble la lectrice que je suis.
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
Merci. 🙂
Alors, quand ta pause d'ici sera terminée...
En attendant, une rencontre de samedi dernier:
Béret vert élimé engoncé jusqu'aux oreilles sur un crâne qu'on devine ras mais fertile, il est assis sur un banc de pierre depuis deux heures, immobile à l'exclusion des doigts caressant un écran et comme voletant. Le banc est à l'aplomb d'une arcade en ogive de dix fois son âge qui lui fait une seconde coiffe et accentue sa voussure. Une ample veste bronze, informe et maculée, qu'aucune machine ne saurait ravoir et des chaussures de sport d'au moins 48 confirment la stature. Pierre est américain, il a trois maisons en Californie -et la fantaisie d'un Cadet Rousselle-, une autre à Angers, que sa femme française a rendue invivable, et squatte une borie à demi-effondrée à trois lieues de Monpazier. Il me montre sa vie sur un écran fendu en diagonale qui lui ressemble.
Alors, quand ta pause d'ici sera terminée...
En attendant, une rencontre de samedi dernier:
Béret vert élimé engoncé jusqu'aux oreilles sur un crâne qu'on devine ras mais fertile, il est assis sur un banc de pierre depuis deux heures, immobile à l'exclusion des doigts caressant un écran et comme voletant. Le banc est à l'aplomb d'une arcade en ogive de dix fois son âge qui lui fait une seconde coiffe et accentue sa voussure. Une ample veste bronze, informe et maculée, qu'aucune machine ne saurait ravoir et des chaussures de sport d'au moins 48 confirment la stature. Pierre est américain, il a trois maisons en Californie -et la fantaisie d'un Cadet Rousselle-, une autre à Angers, que sa femme française a rendue invivable, et squatte une borie à demi-effondrée à trois lieues de Monpazier. Il me montre sa vie sur un écran fendu en diagonale qui lui ressemble.
En attendant, une rencontre de samedi dernier:
Te voilà déjà reparti là-bas 😮.
Je t'envie de vivre entre ces deux mondes. Mon rêve pour dans ... Putain, 20 ans de boulot encore 🏴☠️
Te voilà déjà reparti là-bas 😮.
Je t'envie de vivre entre ces deux mondes. Mon rêve pour dans ... Putain, 20 ans de boulot encore 🏴☠️
euh tu as l'intention de travailler jusqu'à quel âge .. ou alors tu triche sur ton profil 😉
euh tu as l'intention de travailler jusqu'à quel âge .. ou alors tu triche sur ton profil 😉
Ben 45 ans, 7 ans d'études, tout cela m'amène à une retraite vers 65 ans pour avoir mes trimestres. 🏴☠️
D'un autre côté, dans 20 ans notre système de retraite n'existera plus j'partirai p't'etre plus tôt 🤪
Ben 45 ans, 7 ans d'études, tout cela m'amène à une retraite vers 65 ans pour avoir mes trimestres. 🏴☠️
D'un autre côté, dans 20 ans notre système de retraite n'existera plus j'partirai p't'etre plus tôt 🤪
D'un autre côté, dans 20 ans notre système de retraite n'existera plus j'partirai p't'etre plus tôt
c'est à peu près ce que je me dis 😮
c'est à peu près ce que je me dis 😮
Te voilà déjà reparti là-bas 😮.
squatte une borie à demi-effondrée à trois lieues de Monpazier
A moins qu'une accélération subite de la tectonique des plaques n'ait fait glisser l'Europe sous l'Afrique, il me semble que le Voyou est toujours géolocalisé en France... 😉 Du moins le jour où il a écrit son texte.
Putain, 20 ans de boulot encore 🏴☠️
Tu veux nous gâcher la soirée ??? 😠
squatte une borie à demi-effondrée à trois lieues de Monpazier
A moins qu'une accélération subite de la tectonique des plaques n'ait fait glisser l'Europe sous l'Afrique, il me semble que le Voyou est toujours géolocalisé en France... 😉 Du moins le jour où il a écrit son texte.
Putain, 20 ans de boulot encore 🏴☠️
Tu veux nous gâcher la soirée ??? 😠
Mon rêve pour dans... Putain, 20 ans de boulot encore 🏴☠️
Heureusement il ne manque pas d'activités permettant de vivre entre deux mondes plus tôt. Espion, écrivain, trafiquant (d'influence, de diamants, ce ne sont pas les objets de trafic qui manquent), gigolo ou son pendant féminin, etc. Peut-être as-tu été mal orientée, peut-être n'est-il pas trop tard pour une reconversion? Conseils gratuits, quoique, uniquement dans le cas où (Afrique du Sud). Sur RV uniquement. Hébergement possible. (voir plan)
Heureusement il ne manque pas d'activités permettant de vivre entre deux mondes plus tôt. Espion, écrivain, trafiquant (d'influence, de diamants, ce ne sont pas les objets de trafic qui manquent), gigolo ou son pendant féminin, etc. Peut-être as-tu été mal orientée, peut-être n'est-il pas trop tard pour une reconversion? Conseils gratuits, quoique, uniquement dans le cas où (Afrique du Sud). Sur RV uniquement. Hébergement possible. (voir plan)
Zéro degré le matin
Il en manque 37.2 ! Suis pas Jean-Hugues mais de Dalle, que dalle !
Récital du poêle en fonte, seul face à l'adversité, souffle de baryton, solo de cymbales feutré, le tuyau noir fait l'orgue. Pensée pour l'orque blanche, en voie d'extinction, elle.
Filet d'oryx saisi par le feu, comme je le suis par le froid -mais pour lui c'est bientôt terminé-, patates dans la cendre pour un rond de flanc.
Le frigo ankylosé émet des sons de ménagerie et reste indomptable.
Mille-feuille de couvertures -combien en faudrait-il pour pallier à l'absence de l'autre ? Peut-on troquer l'autre contre des peaux de bêtes ?
Kurt dit qu'il n'a jamais eu aussi froid depuis qu'il habite ici mais c'est un être sensible.
Par chance la maison est vaste, où faire les cent pas faute de mille et une nuits.
Le village se prépare à hiberner, la première neige offre une mantille aux sommets, les polaires et les bonnets sont de sortie.
Aurons-nous une aurore australe ?
Dans peu de jours, je quitterai le Karoo (great!), je prendrai la route pour m'affermir le poil. Irai-je au Lesotho faire de la luge 4x4 (modèle qui présente l'avantage de faire remonte-pente) et tenter d'élever au moins le corps ? Irai-je au Kalahari faire l'autruche ? Dans les deux cas, aucune chance de friser.
…/...
La nuit précédent le départ, marchant dans un bush rocailleux j'aperçois un peu tard des lionnes tapies dans l'ombre zébrée d'un euphorbe. Je recule rapidement mais calmement, elles ne bougent pas, sauf une qui semble avoir l'intention de me saluer. Elle approche au pas, elle est en marche avant, moi en marche arrière, elle allonge la foulée, je suis à fond, elle prend le galop, c'est une intention pressante, je n'en demandais pas tant, je gesticule et hurle, c'est ce qu'il faut faire. Par malheur, je fais une faute de ton et hurle d'effroi, elle entend la nuance. Néanmoins, elle stoppe à mes pieds et commence à m'encercler à elle toute seule, c'est bon, suis pas Blandine, elle se fait un film ou quoi ?
Je me réveille pile poil à ce moment-là.
Est-ce pour ce rêve qu'au sortir du village la voiture a pris la direction du Lesotho plutôt que celle du Kalahari ?
L'homme qui aimait les San En route, déjeuner inattendu dans une maison qui vient d'ouvrir à Richmond et dont les propriétaires, avec l'enthousiasme des débutants, savent mettre l'agneau du Karoo dans tout ses états, et moi avec. Le café est franc avec une pointe d'acidité, plus que parfait avec la tablette de chocolat personnelle de la patronne. Ils sont de ces sud-africains blancs, de ceux qui n'ont pas voulu, ou pas pu, quitter leur pays et sont concernés par la mise en place du BEE, le Black Economic Empowerment, la discrimination positive locale à ceci près qu'elle bénéficie à la majorité, et qui n'ont d'autre issue que de créer leur emploi. Je me faisais une joie de découvrir Philippolis qui fut la première implantation permanente des pionniers dans ce qui est aujourd'hui le Free State où naquit l'éphémère État Libre d'Orange, tentative des Boers d'échapper à la tutelle anglaise (1). Mais, à peine entré dans la ville, je réalise que je suis déjà venu. Voilà ce que c'est de voyager nez au vent. Je loge dans une maison jouxtant celle où naquit Laurens Van Der Post et dans laquelle il passa les vingt dernières années de sa vie. Ses cendres sont au cimetière local planté de rosiers rouges et blancs et inhabituellement bien entretenu. Dans Le monde perdu du Kalahari, il rapporte son expédition dans le désert éponyme, à la recherche des derniers San vivant encore comme ils vivaient depuis qu'ils furent les premiers habitants de cette terre. Je le cite : « Ce livre est l'histoire d'un voyage dans une vaste terre aride, à la recherche de quelque pur vestige du Premier Peuple, unique et quasi disparu, de mon pays natal : les Boschimans d'Afrique. Ce voyage avait commencé dans les profondeurs de mon être... » Philippolis, Persépolis, c'est le lieu où commencer la lecture de Remonter l'Orénoque de Mathias Enard -comment peut-il être Persan?- qui sera mon compagnon pour une brève remontée vers les sources de l'Orange River, qu'au Lesotho on appelle Senqu. Longue baignoire, lit équipé d'une alèse chauffante, à la fois luxe et leurre pour le voyageur esseulé, pour moins de vingt euros l'étape est confortable. L'hôte dit que les températures seront négatives cette nuit encore. Il était marin à Durban avant de se retirer ici et de louer une partie de sa maison. Dans le champ la jouxtant, il a mis à jour une ancre en tôle qui a donné son nom, en afrikaans, à l'établissement : Anker. Mais qu'est-ce qui l'amarre sur ma terrasse alors que des stalactites me pendent au nez ? Aux murs de la chambre sont accrochés des tableaux authentiques représentant des koudous s'abreuvant -proie facile-, des impalas aux aguets et des zèbres placides. Si les lionnes reviennent elles auront de quoi m'épargner. (1) Le comble de l'Anglais: après avoir porté le fer de par le monde et forcé la moitié de l'humanité dans les siècles passés, ne pas supporter le minimum de concessions qu'implique la coexistence. Grand mal leur en fasse! Et vive l'Écosse libre!
Qu'est-ce que j'dois faire ? Entré au Lesotho par un poste au sud de Maseru, j'entreprends de gagner le Ramabanta Trading Post par une piste qui coupe dans la montagne. Elle est annoncée gravillonnée sauf sur un dernier tronçon indiqué « off road and difficult » et comportant le franchissement d'une rivière. Dans la première partie, des vestiges de gravier ont laissé la roche à nu mais on avance. Dans la seconde, par endroits il n'y a plus de piste, plus du tout. Elle a été emportée dans la pente et je me demande comment ce sera plus loin. Bien sûr, il n'y a aucune voiture et les bergers rencontrés me confirment simplement que c'est bien la route de Ramabanta et que, eux, ils la passent... à pied. Qu'est-ce que j'dois faire ? Des reconnaissances... à pied. Deux gamins me font signe de stopper. Je les engueule: - Vous devriez pas être à l'école -c'est ce qu'il faut dire-? - Mais m'sieur, on est en vacances. - Et vos moutons, ils sont où vos moutons? - Nous on les garde pas m'sieur, puisqu'on va à l'école. - Vous voulez quoi ? - Sweets, m'sieur. - Nan mais ça va pas, c'est beaucoup trop dangereux pour vos quenottes, mon manuel du Savoir-être avec les pauvres est formel. Attendez, que je m'y reporte. Voilà, je dois vous donner un crayon et un cahier, et encore, ce serait mieux de les donner à votre école, elle est où votre école ? - M'sieur, nous sommes en vacances, elle est fermée. - Bon, de toutes façons, je vous les donne pas, comment je vais écrire moi ? Patientez, je consulte. - Khaï, khaï ! - I beg your pardon ? - Il fait froid m'sieur. - Vous voulez une couverture peut-être ? - Oh oui, m'sieur. Je sors d'un sac la couverture de compagnie aérienne que je portais sur les épaules le matin du débarquement et m'apprête à la leur donner -c'est ma journée Robin des Bois- quand je réalise qu'ils sont deux. Vais pas faire mon Salomon en plus, hein, démerdez-vous. Plus loin, un attroupement attire mon attention. Quelques dizaines de personnes se tiennent au pied d'un grand arbre, qui n'a rien d'un arbre à palabres, même si la discussion semble animée. Quelques hommes sont dans la ramure. Chantent-ils ? Comme des scies ! L'arbre porte des feuilles or les arbres manquent au Lesotho. M'en vais leur expliquer leur inconséquence, mais où ai-je donc rangé ma panoplie d'écolo ? Je m'arrête au niveau du chantier, une branche maîtresse est sur le point de céder, et moi aussi. Les femmes sont taillées comme des bûcheronnes. J'sais pas quoi faire. Je prends une photo de l'assemblée aux anges et poursuis mon calvaire. Le Lesotho, le pays où il se passe toujours quelque chose.
En chiffres Moins trois degrés. Mille huit cent mètres au-dessus de la mer. Soixante mètres-carrés. Trois cent mètres-cubes à réchauffer. Mur en pierres, quatre-vingt d'épaisseur. Une alèse chauffante avec position nuit complète. Tisane nuit tranquille en rupture. Groupe électrogène en marche à la tombée du jour, soit dix-sept heures trente, pour trois heures. Une cheminée. Quatre bûchettes. Un radiateur électrique à bain d'huile six éléments, modèle d'appoint pour salle de bain en France, alimenté cinq heures par jour. Un sourire figé. (adresse sur demande. Joindre une lettre de motivation)
L'Euro à Thaba Tseka En fin d'après-midi, j'ai fais le tour du gros bourg à pied. Les déballeurs remballaient, les taxis hélaient, les bergers et les bouviers ramenaient les troupeaux en ville, concert de cloches, cacophonie des enceintes de rues. Homme ou femme, jeune ou vieux, chaque personne rencontrée plantait son regard dans le mien. Du coup, je louchais pour soutenir la demande, la prochaine fois je porterai des lunettes de soleil. Difficile de savoir ce que ces regards exprimaient, j'ai cru percevoir de la curiosité et de la fierté. L'euro se porte bien, mieux que le Maloti, monnaie locale assujettie au Rand sud-africain. Mais compte-tenu de ce que le pays importe, l'effet de cette faiblesse est atténué pour la majorité de la population. Au bar surchauffé du Motherland, l'Europe est un continent, pas un projet mis à mal. Par contre L'Euro, celui qui compte, est à l'écran. Une demi-douzaine de gaillards siffle des bières au zinc, dos à l'écran. Un jeune couple sirote des cocktails et enchaîne les selfies. Une femme opulente, sorte de Mama Benz locale arrivée en Audi Q7 dernier cri, martyrise son mobile. Moi, je lis. Ovation dans le poste, tous détournent la tête, trop tard pour voir le but. Bon, qu'est-ce qu'on disait ? Pendant l'entracte, il est amusant de voir les commentateurs zoulous, cravates vertes en jabot, évoquer les prouesses du Buffon. J'observe qu'aucune des deux équipes ne compte de joueur de couleur.
Rencontre au sommet Sur la terrasse du plus haut pub d'Afrique, je tergiverse. Je descends ou je descends pas ? Quitter le Lesotho pourrait bien attendre demain matin mais la descente du Sani Pass est plus belle en après-midi. Un quadragénaire de type indien s'approche et me demande si je redescends, je lui réponds y réfléchir, pourquoi ? Il me demande un lift. Est-ce que j'ai l'air d'un ascenseur descendant ? Nous serions quatre, précise-t-il. C'est que mon camion n'a que trois sièges et que tout est déjà bien encombré, je me demande si je vais pas rester, finalement. Nous sommes montés ce matin en marchant depuis le poste de police sud-africain où nous avons laissé la voiture, tenez, voici ma femme et mes deux filles. Mazette, ces forcenés se sont offert mille mètres de dénivelé sur huit kilomètres, en trois heures croit-il utile d'ajouter. Je sais quoi faire, je prépare la voiture et on y va. Les deux adolescentes sont vautrées sur les sacs à l'arrière du Defender, parfois ce sont les sacs qui se vautrent sur elles. Délassées, délacées, les rires fusent dans les lacets, elles trouvent la situation bien plus confortable que celle de ce matin. Larryn et Samandree sont sud-africains, leurs ancêtres ont quitté l'Inde à l'avant-siècle passé, ils sont tous les deux professeurs de mathématiques à Durban et leurs filles y sont étudiantes. Larryn filme toute la descente, genre ouaah ; il m'enverra le film. Et j'ai enfin rencontré les personnes qui m'apprendront Durban, ville si hermétique au touriste occidental.
L'homme qui aimait les San En route, déjeuner inattendu dans une maison qui vient d'ouvrir à Richmond et dont les propriétaires, avec l'enthousiasme des débutants, savent mettre l'agneau du Karoo dans tout ses états, et moi avec. Le café est franc avec une pointe d'acidité, plus que parfait avec la tablette de chocolat personnelle de la patronne. Ils sont de ces sud-africains blancs, de ceux qui n'ont pas voulu, ou pas pu, quitter leur pays et sont concernés par la mise en place du BEE, le Black Economic Empowerment, la discrimination positive locale à ceci près qu'elle bénéficie à la majorité, et qui n'ont d'autre issue que de créer leur emploi. Je me faisais une joie de découvrir Philippolis qui fut la première implantation permanente des pionniers dans ce qui est aujourd'hui le Free State où naquit l'éphémère État Libre d'Orange, tentative des Boers d'échapper à la tutelle anglaise (1). Mais, à peine entré dans la ville, je réalise que je suis déjà venu. Voilà ce que c'est de voyager nez au vent. Je loge dans une maison jouxtant celle où naquit Laurens Van Der Post et dans laquelle il passa les vingt dernières années de sa vie. Ses cendres sont au cimetière local planté de rosiers rouges et blancs et inhabituellement bien entretenu. Dans Le monde perdu du Kalahari, il rapporte son expédition dans le désert éponyme, à la recherche des derniers San vivant encore comme ils vivaient depuis qu'ils furent les premiers habitants de cette terre. Je le cite : « Ce livre est l'histoire d'un voyage dans une vaste terre aride, à la recherche de quelque pur vestige du Premier Peuple, unique et quasi disparu, de mon pays natal : les Boschimans d'Afrique. Ce voyage avait commencé dans les profondeurs de mon être... » Philippolis, Persépolis, c'est le lieu où commencer la lecture de Remonter l'Orénoque de Mathias Enard -comment peut-il être Persan?- qui sera mon compagnon pour une brève remontée vers les sources de l'Orange River, qu'au Lesotho on appelle Senqu. Longue baignoire, lit équipé d'une alèse chauffante, à la fois luxe et leurre pour le voyageur esseulé, pour moins de vingt euros l'étape est confortable. L'hôte dit que les températures seront négatives cette nuit encore. Il était marin à Durban avant de se retirer ici et de louer une partie de sa maison. Dans le champ la jouxtant, il a mis à jour une ancre en tôle qui a donné son nom, en afrikaans, à l'établissement : Anker. Mais qu'est-ce qui l'amarre sur ma terrasse alors que des stalactites me pendent au nez ? Aux murs de la chambre sont accrochés des tableaux authentiques représentant des koudous s'abreuvant -proie facile-, des impalas aux aguets et des zèbres placides. Si les lionnes reviennent elles auront de quoi m'épargner. (1) Le comble de l'Anglais: après avoir porté le fer de par le monde et forcé la moitié de l'humanité dans les siècles passés, ne pas supporter le minimum de concessions qu'implique la coexistence. Grand mal leur en fasse! Et vive l'Écosse libre!
Qu'est-ce que j'dois faire ? Entré au Lesotho par un poste au sud de Maseru, j'entreprends de gagner le Ramabanta Trading Post par une piste qui coupe dans la montagne. Elle est annoncée gravillonnée sauf sur un dernier tronçon indiqué « off road and difficult » et comportant le franchissement d'une rivière. Dans la première partie, des vestiges de gravier ont laissé la roche à nu mais on avance. Dans la seconde, par endroits il n'y a plus de piste, plus du tout. Elle a été emportée dans la pente et je me demande comment ce sera plus loin. Bien sûr, il n'y a aucune voiture et les bergers rencontrés me confirment simplement que c'est bien la route de Ramabanta et que, eux, ils la passent... à pied. Qu'est-ce que j'dois faire ? Des reconnaissances... à pied. Deux gamins me font signe de stopper. Je les engueule: - Vous devriez pas être à l'école -c'est ce qu'il faut dire-? - Mais m'sieur, on est en vacances. - Et vos moutons, ils sont où vos moutons? - Nous on les garde pas m'sieur, puisqu'on va à l'école. - Vous voulez quoi ? - Sweets, m'sieur. - Nan mais ça va pas, c'est beaucoup trop dangereux pour vos quenottes, mon manuel du Savoir-être avec les pauvres est formel. Attendez, que je m'y reporte. Voilà, je dois vous donner un crayon et un cahier, et encore, ce serait mieux de les donner à votre école, elle est où votre école ? - M'sieur, nous sommes en vacances, elle est fermée. - Bon, de toutes façons, je vous les donne pas, comment je vais écrire moi ? Patientez, je consulte. - Khaï, khaï ! - I beg your pardon ? - Il fait froid m'sieur. - Vous voulez une couverture peut-être ? - Oh oui, m'sieur. Je sors d'un sac la couverture de compagnie aérienne que je portais sur les épaules le matin du débarquement et m'apprête à la leur donner -c'est ma journée Robin des Bois- quand je réalise qu'ils sont deux. Vais pas faire mon Salomon en plus, hein, démerdez-vous. Plus loin, un attroupement attire mon attention. Quelques dizaines de personnes se tiennent au pied d'un grand arbre, qui n'a rien d'un arbre à palabres, même si la discussion semble animée. Quelques hommes sont dans la ramure. Chantent-ils ? Comme des scies ! L'arbre porte des feuilles or les arbres manquent au Lesotho. M'en vais leur expliquer leur inconséquence, mais où ai-je donc rangé ma panoplie d'écolo ? Je m'arrête au niveau du chantier, une branche maîtresse est sur le point de céder, et moi aussi. Les femmes sont taillées comme des bûcheronnes. J'sais pas quoi faire. Je prends une photo de l'assemblée aux anges et poursuis mon calvaire. Le Lesotho, le pays où il se passe toujours quelque chose.
En chiffres Moins trois degrés. Mille huit cent mètres au-dessus de la mer. Soixante mètres-carrés. Trois cent mètres-cubes à réchauffer. Mur en pierres, quatre-vingt d'épaisseur. Une alèse chauffante avec position nuit complète. Tisane nuit tranquille en rupture. Groupe électrogène en marche à la tombée du jour, soit dix-sept heures trente, pour trois heures. Une cheminée. Quatre bûchettes. Un radiateur électrique à bain d'huile six éléments, modèle d'appoint pour salle de bain en France, alimenté cinq heures par jour. Un sourire figé. (adresse sur demande. Joindre une lettre de motivation)
L'Euro à Thaba Tseka En fin d'après-midi, j'ai fais le tour du gros bourg à pied. Les déballeurs remballaient, les taxis hélaient, les bergers et les bouviers ramenaient les troupeaux en ville, concert de cloches, cacophonie des enceintes de rues. Homme ou femme, jeune ou vieux, chaque personne rencontrée plantait son regard dans le mien. Du coup, je louchais pour soutenir la demande, la prochaine fois je porterai des lunettes de soleil. Difficile de savoir ce que ces regards exprimaient, j'ai cru percevoir de la curiosité et de la fierté. L'euro se porte bien, mieux que le Maloti, monnaie locale assujettie au Rand sud-africain. Mais compte-tenu de ce que le pays importe, l'effet de cette faiblesse est atténué pour la majorité de la population. Au bar surchauffé du Motherland, l'Europe est un continent, pas un projet mis à mal. Par contre L'Euro, celui qui compte, est à l'écran. Une demi-douzaine de gaillards siffle des bières au zinc, dos à l'écran. Un jeune couple sirote des cocktails et enchaîne les selfies. Une femme opulente, sorte de Mama Benz locale arrivée en Audi Q7 dernier cri, martyrise son mobile. Moi, je lis. Ovation dans le poste, tous détournent la tête, trop tard pour voir le but. Bon, qu'est-ce qu'on disait ? Pendant l'entracte, il est amusant de voir les commentateurs zoulous, cravates vertes en jabot, évoquer les prouesses du Buffon. J'observe qu'aucune des deux équipes ne compte de joueur de couleur.
Rencontre au sommet Sur la terrasse du plus haut pub d'Afrique, je tergiverse. Je descends ou je descends pas ? Quitter le Lesotho pourrait bien attendre demain matin mais la descente du Sani Pass est plus belle en après-midi. Un quadragénaire de type indien s'approche et me demande si je redescends, je lui réponds y réfléchir, pourquoi ? Il me demande un lift. Est-ce que j'ai l'air d'un ascenseur descendant ? Nous serions quatre, précise-t-il. C'est que mon camion n'a que trois sièges et que tout est déjà bien encombré, je me demande si je vais pas rester, finalement. Nous sommes montés ce matin en marchant depuis le poste de police sud-africain où nous avons laissé la voiture, tenez, voici ma femme et mes deux filles. Mazette, ces forcenés se sont offert mille mètres de dénivelé sur huit kilomètres, en trois heures croit-il utile d'ajouter. Je sais quoi faire, je prépare la voiture et on y va. Les deux adolescentes sont vautrées sur les sacs à l'arrière du Defender, parfois ce sont les sacs qui se vautrent sur elles. Délassées, délacées, les rires fusent dans les lacets, elles trouvent la situation bien plus confortable que celle de ce matin. Larryn et Samandree sont sud-africains, leurs ancêtres ont quitté l'Inde à l'avant-siècle passé, ils sont tous les deux professeurs de mathématiques à Durban et leurs filles y sont étudiantes. Larryn filme toute la descente, genre ouaah ; il m'enverra le film. Et j'ai enfin rencontré les personnes qui m'apprendront Durban, ville si hermétique au touriste occidental.
Le dénuement du Lesotho l'hiver.

Toujours plus! Manifestation à Mokhotlong des habitants d'un village voisin qui réclament le goudronnage de la piste qui y conduit.
Sur la AirOne 4X4 track, des gamins qui se souviennent de lui le saluent.
Des rhinos dans la prairie, une éruption volcanique au Lesotho, c'est un scoop Voyage Forum! Même les envoyés permanents de la presse française en Afrique du Sud n'étaient pas là !

Toujours plus! Manifestation à Mokhotlong des habitants d'un village voisin qui réclament le goudronnage de la piste qui y conduit.

Sur la AirOne 4X4 track, des gamins qui se souviennent de lui le saluent.

Des rhinos dans la prairie, une éruption volcanique au Lesotho, c'est un scoop Voyage Forum! Même les envoyés permanents de la presse française en Afrique du Sud n'étaient pas là !

Il faisait trop chaud en Bretagne ? 😉
Merci pour ces belles "images" 🙂
Et bon voyage ... si on peut encore ainsi nommer tes pérégrinations 😏
Merci pour ces belles "images" 🙂
Et bon voyage ... si on peut encore ainsi nommer tes pérégrinations 😏
Courage, va bientôt faire presque chaud ! 😄
Mazette, ces forcenés se sont offert mille mètres de dénivelé sur huit kilomètres, en trois heures
Faut croire que certains marcheurs ont su garder le feu sacré.
Mazette, ces forcenés se sont offert mille mètres de dénivelé sur huit kilomètres, en trois heures
Faut croire que certains marcheurs ont su garder le feu sacré.
Tisane nuit tranquille en rupture.
Métaphysique du tube à mercure et autres phénomènes étranges
Cher toi,
Est-on en droit de prévenir le lecteur que tes textes présentent un grave danger pour la santé ?
Te lire désarticule l’entre-tympans, ratatine le poumon, déprogramme la centrifugeuse, ankylose les phalanges (dans les cas extrêmes, risque de nécrose, les doigts tombent… en rade sur le clavier), dévaste les rotules porteuses, fait grimper le mercure interne, affole le compteur cardiaque, réveille la bête jalouse tapie au fin fond du Moi freudien, astique l’ego, crée des turbulences au niveau du PND (plafond neuronal déficient), engourdit la zone cérébrale, plombe l’inconscient, réduit l’ambition en bouillie dépressive, affecte l’énergie pulsionnelle, démodélise la pensée, désidentifie, plonge l’intelligence dans un tiède marigot jusqu’à ce que celle-ci devienne flasque matière, désagrège l’inspiration, avorte les phrases, nie les mots, angoisse, hystérise, freine la libido*, renvoie à l’état d’embryon…
Nom d’un Khaï, khaï ! Comment fais-tu ? Mutant, martien !
*ocv *bis : Ceci dit, le mythe du baroudeur en prend un sacré coup avec la tisane Nuit tranquille… Moi qui imaginais que tu te jetais des liqueurs de python royal à longueur de route… Faut bien te trouver une faiblesse pour pouvoir passer la nuit tranquille, hein…
Métaphysique du tube à mercure et autres phénomènes étranges
Cher toi,
Est-on en droit de prévenir le lecteur que tes textes présentent un grave danger pour la santé ?
Te lire désarticule l’entre-tympans, ratatine le poumon, déprogramme la centrifugeuse, ankylose les phalanges (dans les cas extrêmes, risque de nécrose, les doigts tombent… en rade sur le clavier), dévaste les rotules porteuses, fait grimper le mercure interne, affole le compteur cardiaque, réveille la bête jalouse tapie au fin fond du Moi freudien, astique l’ego, crée des turbulences au niveau du PND (plafond neuronal déficient), engourdit la zone cérébrale, plombe l’inconscient, réduit l’ambition en bouillie dépressive, affecte l’énergie pulsionnelle, démodélise la pensée, désidentifie, plonge l’intelligence dans un tiède marigot jusqu’à ce que celle-ci devienne flasque matière, désagrège l’inspiration, avorte les phrases, nie les mots, angoisse, hystérise, freine la libido*, renvoie à l’état d’embryon…
Nom d’un Khaï, khaï ! Comment fais-tu ? Mutant, martien !
*ocv *bis : Ceci dit, le mythe du baroudeur en prend un sacré coup avec la tisane Nuit tranquille… Moi qui imaginais que tu te jetais des liqueurs de python royal à longueur de route… Faut bien te trouver une faiblesse pour pouvoir passer la nuit tranquille, hein…
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Comment fais-tu ?
Il carbure à l'aspirine ?
Il carbure à l'aspirine ?
Il carbure à l'aspirine ?
Il est vrai que l’aspirine prévient la stagnation et autres ralentissements… attention toutefois aux effets secondaires…
Il est vrai que l’aspirine prévient la stagnation et autres ralentissements… attention toutefois aux effets secondaires…
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
Tu aurais du choisir Kardégic comme surnom... 😇
Dis donc, tu veux concurrencer AirOne avec tes divagations nocturnes. Il manque quelques majuscules et points d'exclamation pour y mettre de l'intensité 😉
En tout cas, par tes précédents récits, tu avais déclenché mon envie d'aller au Royaume dans le Ciel, tu ne fais que la confirmer avec ce nouveau voyage. 🙂
Finalement notre prochaine visite Afriqu'australienne sera animalière, mais j'espère bien que la suivante sera plus royale.
En tout cas, par tes précédents récits, tu avais déclenché mon envie d'aller au Royaume dans le Ciel, tu ne fais que la confirmer avec ce nouveau voyage. 🙂
Finalement notre prochaine visite Afriqu'australienne sera animalière, mais j'espère bien que la suivante sera plus royale.
Pérégriner n'est-ce pas encore voyager ? Si tu veux dire que c'est pas des vacances, alors là, je suis d'accord ! 😛
Courage, va bientôt faire presque chaud !
Aux nouvelles que je reçois de Bretagne, il semble que mon hiver est plus beau que votre été. Tu gèleras sous peu, toi aussi. 😛
Aux nouvelles que je reçois de Bretagne, il semble que mon hiver est plus beau que votre été. Tu gèleras sous peu, toi aussi. 😛
Tes palpitations m'enchantent mais c'est quand même une lourde responsabilité. Je vais poursuivre mon récit en vers classiques, c'est bon pour le rythme... cardiaque.
J'ai consulté le sorcier local: il t'a prescrit l'inhalation de poudre de carapace de tortue du Karoo, la plus lente du monde. Je t'envoie un colis par la prochaine caravane. Tiens bon !
Emma, AirOne manque ici, non?
Il m'a demandé d'assurer l'intérim, merci pour votre indulgence.
Méandre de l'Orange au Lesotho (merci de l'indulgence pour la photo, aussi 😉).

Méandre de l'Orange au Lesotho (merci de l'indulgence pour la photo, aussi 😉).

Aux nouvelles que je reçois de Bretagne, il semble que mon hiver est plus beau que votre été
En Bretagne, certainement. 😏
Ailleurs... 😎
Tu gèleras sous peu, toi aussi. 😛
Grog, chemise de nuit en pilou, chaussettes en mohair et bonnet de nuit en polaire, je suis parée ! 😄
En Bretagne, certainement. 😏
Ailleurs... 😎
Tu gèleras sous peu, toi aussi. 😛
Grog, chemise de nuit en pilou, chaussettes en mohair et bonnet de nuit en polaire, je suis parée ! 😄
Emma, AirOne manque ici, non?
Ben oui. D'abord il y a eu Pierre77N (même son site perso n'est plus accessible) puis Nammanu, puis AirOne, tout le monde disparait de VF, c'est inquiétant non 😮 😠
Bon heureusement, il y a encore d'irréductibles gaulois pour essayer de distraire le VFiste 😏
Méandre de l'Orange au Lesotho (merci de l'indulgence pour la photo, aussi 😉).
Je préfère tout de même un Lesotho plus vert 😛
Bonne continuation JL.
Ben oui. D'abord il y a eu Pierre77N (même son site perso n'est plus accessible) puis Nammanu, puis AirOne, tout le monde disparait de VF, c'est inquiétant non 😮 😠
Bon heureusement, il y a encore d'irréductibles gaulois pour essayer de distraire le VFiste 😏
Méandre de l'Orange au Lesotho (merci de l'indulgence pour la photo, aussi 😉).
Je préfère tout de même un Lesotho plus vert 😛
Bonne continuation JL.
Des cimes aux abysses
Quitter les hauteurs, c'est choir un peu. Et ce peuple unique qu'on laisse, quand le reverra-t-on ? La route est belle, sinueuse mais rapide, jusqu'à l'arrivée au pays des Xhosas où on est projeté dans un relief de Massif Central, mais qui serait littoral. Pendant cent cinquante kilomètres, il n'est pas un lieu sans habitation. Où qu'on s'arrête et tourne sur soi-même il y en a toujours dix ou cent, parfois mille, éparpillées dans la montagne -le Plan Local d'Urbanisme n'est pas encore en application. Heureusement, les façades sont une palette de couleurs acidulées -est-ce pour cacher leur amertume ?
L'objectif est Port St Johns, édifié à l'embouchure d'une rivière et qui fut une petite Goa locale. Les premières fois j'ai aimé cette ville, avant de ne plus l'aimer. Je crois bien qu'elle s'en moque.
Qu'y vois-je -alors que je n'ai pas vu un Blanc de la journée-, des gars roses et blonds en bermuda, serviette sur l'épaule, à plein pick-up. Qu'entends-je, tous les hébergements seraient complets -il y a plusieurs centaines de lits ici- parce que ces gars-là seraient venus s'amuser dans l'eau.
Je termine dans une cabane, sous le pont. Quinze euros mais ça ne vaut pas plus. Ou alors beaucoup plus.
Usale ngoxolo, au revoir Port St Johns, il ne manque pas de lieux sauvages et beaux sur la Wild Coast.
Au plus près de la côte du Transkei Une journée d'oiseau, cinquante kilomètres d'une embouchure à l'autre mais cent quarante par le Wild Coast 4wd Trail et des heures de shaker. Une petite fille traînant sur la piste une valise, aussi haute qu'elle, équipée de quatre roulettes dont pas une n'est motrice. Une fashion victim, mini robe noire ajustée -en lycra, je crois- portant un potjee de fonte d'au moins trente litres. Difficile, dans ces conditions, d'adopter la démarche empruntée des podiums. Alors que je suis arrêté pour faire le point, un type secoue la portière, les yeux révulsés, plus bourré que chamane, c'est pas lui qui va m'indiquer la bonne voie. Une jeune femme en uniforme m'enjoignant de stopper. Je l'embarque. Novangeli, vingt deux ans, est étudiante à Mthatha, la grande ville xhosa, et me montre fièrement son relevé de notes en soulignant sa deuxième place en mathématiques. Ici, on ne redoute pas de noter, ni de classer. Elle étudie le management et, après qu'elle m'ait dérouté de trois kilomètres pour l'amener chez ses parents, je trouve qu'elle a quelques dispositions. Dans une crique, avec leur club de plongée, des touristes asiatiques déguisés en mammifères marins. J'espère qu'il ne s'agit pas de Japonais venus poser des puces de radio-guidage sur 'nos' baleines. Et un millier d'autres personnes. Des rivières qu'on franchit à gué le long de ponts effondrés, des montagnes russes dans les mornes, un pique-nique sur un éperon avancé dans l'Indien. Des chèvres poilues, des vaches bossues et des cochons noirs, comme les corses. Pas une clôture. Une crampe aux zygomatiques. Une journée bien remplie, sans blanc ni Blanc, achevée par l'incongruité d'un oxtail face au ressac. Quel boucan fait l'Océan quand il tente de submerger la terre. Il pourrait pas rester au large et nous lâcher la plage ? Nota : Ce qu'il y a d'exceptionnel sur la Wild Coast, qui est unique sur le continent, c'est que les rivières se passent de la médiation des fleuves -ces rois fainéants- pour accéder à l'Océan. Elles sont plus d'une trentaine sur trois cent kilomètres de côte à atteindre l'extase. Certaines ne pouvant s'empêcher de faire des cascades. S'en suit un relief côtier à tomber.
Le sans-culottes de Qunu J'avais prévu de m'arrêter enfin à Qunu après y être tant passé, c'est sur une nationale, mais aussi à Mvezo, parce que là est le berceau de Mandela et que là où on est né est un déterminant. Signalétique mozambicaine – saviez-vous que ce sérieux facétieux épousa en secondes noces la veuve du président mozambicain dont l'avion fut vraisemblablement la cible d'un missile sud-africain? Précisons qu'il n'était pas encore aux commandes- ou est-ce par pudeur et refus du culte de la personnalité affirmé par celui qui a marqué un demi-siècle au delà de son pays ? Toujours est-il que je me suis perdu. Jusqu'à ce que j'interroge un vieil homme croisé sur la piste. Septuagénaire longiligne, barbe taillée et canne sculptée, parlant anglais, l'élégance naturelle des Xhoxas, il m'indique une direction et me propose de m'y guider. Je rebrousse chemin sur le coteau avec à main gauche et en contrebas Qunu. Quelques kilomètres plus loin il me prie de stopper : il est arrivé là où il se rendait. Il me montre d'un geste ample la vallée: « Madiba's house ». Il m'a roulé dans la farine comme Madiba l'a fait avec ses anciens geôliers. Je lui pardonne volontiers.
Sur le dos du cochon Je n'ai pas eu de neige au Lesotho mais elle est annoncée pour cette nuit sur les hauteurs des Amathole Mountains. Allons donc. Hogsback est la découverte de ce voyage -que serait un voyage sans découverte ? Des Anglais maniaques du jardinage, comme ils sont parfois et toujours avec une certaine réussite, ont créé ce village dans un massif qui surplombe la platitude environnante et culmine à deux mille mètres. Village qui est devenu un lieu de villégiature -puis de randonnées depuis qu'une civilisation marche pour le plaisir- et compte toujours des jardins d'autant plus magnifiques qu'ils sont inattendus ici. Comme il se doit des artistes se sont installés, il se dégage des lieux une ambiance New Age et les forêts locales auraient inspiré Tolkien. Il est amusant de constater que les Noirs habitant le village y vivent à nouveau comme ils vivaient avant d'être mis en coupe réglée par plus fort qu'eux -c'est toujours la même histoire-, puis d'être exclus de ces lieux. Les troupeaux vont librement et il faut tenir toutes les barrières des jardins fermées. Je loge à The Edge, un ensemble de cottages alignés sur la corniche. Bois à profusion pour la cheminée. Demain je parcourrai le labyrinthe qui serait un des plus longs du monde, mille quatre cent mètres pour en atteindre le centre et en ressortir, ça reste à ma portée d'autant que c'est dénivelé zéro. Cependant, la brochure évoque une préparation psycho-physique, je sais pas si je vais y arriver. Il y aurait de l'énergie là dedans qu'il s'agirait de capter. Arrivé au centre, je serais entre mon passé et mon futur, bon d'accord, mais dans mon fauteuil pas moins. Il est également question de faire des progrès spirituels, là il y a de la marge -comment ça c'est pas le moment de faire de l'esprit ? Bref, si je comprends bien, il s'agirait d'avancer en tournant en rond. Deux choses m'inquiètent. Est-ce qu'on tourne à l'envers dans les labyrinthes de l'hémisphère sud, comme l'eau dans le lavabo ? Il est recommandé de ne pas emporter son téléphone mais si je me perds ? J'imagine qu'il est interdit de crier (même un cri primal?). Allez, s'il neige cette nuit, j'y vais à l'aube. Être le premier à fouler la neige du labyrinthe, c'est un coup à gagner des vies ! Au matin nulle neige mais de la pluie. Comment s'élever avec un plafond si bas ? Le site du labyrinthe surplombe une gorge abritant une forêt indigène -c'est bon ça. Les vues sont belles, on les voit à 360° un nombre de fois que je n'ai pas calculé, mais ça distrait -c'est pas bon ça. J'ai pas fait un chrono vu qu'il est recommandé de laisser sa montre au vestiaire mais sur le sol cimenté -c'est pas bon ça- c'était possible. En plus, comme les virages à gauche succèdent aux virages à droite l'usure des pneus est régulière. Arrivé au centre, en forme de trèfle à six feuilles -si c'est pas de la chance, ça!-, j'étais un tel concentré d'énergie que j'ai fusé hors du truc, d'un rayon de dix mètres, en une seconde quarante (Le Guinness était pas là, évidemment). La notice d'utilisation du labyrinthe ménage un emplacement où reporter son expérience. J'écris, en spirale : ressort-ressortir-méandre-nombril-compas-déboussolé-toupie et je dois m'arrêter car je suis arrivé au centre de mon propos. De mon point de vue c'est plutôt un truc à emberlificoter l'esprit, voire à le perdre. La chute de l'Éden fut déjà un coup dur mais au moins nous marchions droit vers de nouveaux horizons sur une Terre plate et voilà que nous tournons dans des labyrinthes sur une Terre ronde. Quelles pommes ! Au village, Smily -c'est son nom d'artiste- allume un feu sur le bas-côté pour y cuire les figurines de terre qu'il façonne. Baissant d'un ton et d'un air entendu, il me propose aussi des champignons m'expliquant comment... euh... les préparer. Voilà un autre moyen, certes pas très catholique, d'élever l'esprit. Je me demande si la pâte à modeler ne serait pas une couverture. Je descends ou je descends pas ? J'avise finalement une piste, le Michel's Pass, classée « 4X4 only » comportant des passages annoncés « bad dirt road » et même « washed away road ». Après les vues de l'esprit et les paradis artificiels, la perspective de l'enfer mal pavé m'émoustille.
À Corinne Au terme d'une trop longue route, j'arrive dans l'est du Great Karoo, les marches de la maison, encore cinq heures de conduite. Un tour de reconnaissance dans Somerset East m'amène devant une guesthouse séduisante. À chaque jour suffit sa peine. La maison est un ancien orphelinat, fermé après qu'il ait perdu des enfants et laissé à l'abandon, lui aussi. C'est un vaste bâtiment au plan en « H » transformé, transfiguré par Vega et Stephen. Vega est une étoile, Stephen une fusée, cinquante ans qu'ils font route intergalactique de concert. Ils étaient fermiers et leurs fils poursuivent l'élevage de vaches, de moutons et de chèvres à mohair sur une surface grande comme Paris, dix mille hectares. Le séjour non organisé commence par une heure de vol avec Vega, j'arrive pas à décrocher. Une éclipse et je me prends la fusée par le travers avant que la star revienne, mine de rien, tenter de me circonvenir. Tous deux sont passionnants, fascinants lorsqu'ils évoquent leur vie de fermiers, leurs relations avec les employés Noirs « nous avions besoin d'eux, ils avaient besoin de nous ». Paternalisme dirions-nous. Ils confirment que dans les fermes les relations ont peu changé. Et soudain m'apparaît Corinne, journaliste adroite mais honnête d'un journal de gauche. Corinne Moutout fut l'envoyée permanente en Afrique du Sud du quotidien Libération, avant et après la libération de Mandela. Revenue pour couvrir la Coupe du Monde de Rugby de 1995, celle-là où Mandela président assura le spectacle, elle refit un tour du pays, rencontrant les nouveaux acteurs et faisant ses adieux aux lieux anciens. Dans Aurores sud-africaines, le livre relatant ce voyage, elle 'avoue', confuse mais lucide, comme décillée, le trouble et le doute qui sont les siens face aux Afrikaners. Il ne serait pas tout noir ce peuple de battants, attaché mordicus à ses valeurs, qui reconnaît ses erreurs et fait preuve d'une capacité d'adaptation peu commune.
Éloge de la lenteur Le premier arrive avant le jour, pas très matinal à cette saison, ramasse des brindilles d'acacia, d'une planche fait du petit bois et allume un feu. Ce feu sera en quelque sorte leur machine à café mais sans café, ils viendront souvent s'y réchauffer, silencieux. Trois autres suivent le jour, les derniers arrivent en pointillés, précédant de peu le soleil. Ils sont huit, la cinquantaine mais ils ne font plus les quatre cent coups depuis longtemps. Avoir cinquante ans, pour un maçon qui a souvent commencé à quinze, ce n'est nulle part une sinécure, encore moins sur un continent où on n'est plus très loin de l'espérance de vie. Ils sont tout courbatus, gourds dans les déplacements, lents dans les mouvements, mais d'une précision admirable dans le jeté de truelle, avec une ampleur dans la taloche et une douceur dans la finition à l'éponge qui doit réjouir le ciment. Ils sont huit sur le chantier mais jamais huit à travailler simultanément , en tous cas pas au sens fordien du terme. L'organisation du travail est d'une subtilité qui m'échappe en partie. Le patron est là, indiscernable pour qui ne le connaît pas, les ordres, quand il en est, sont donnés d'un regard entendu. Ceux qui manifestement ajoutent à l'ouvrage à un moment donné reçoivent le soutien de ceux qui sont assis ou allongés dans le sable, commentaires, blagues, jusqu'au moment où ils se lèvent pour évaluer la perspective ou vérifier un alignement. Tous semblent concernés par la bonne fin de l'édifice.
*
Pour terminer, deux ou trois choses qu'il faut que je vous dise. Contrairement à ce qu'il est convenu d'admettre Adélaïde n'est pas en Australie mais en Afrique du Sud, dans l'Eastern Cape précisément. Dans la petite ville de Cookhouse, il n'y a même pas de restaurant. Enfin, dans les récits de mon enfance il faisait toujours chaud en Afrique et je trouve regrettable qu'on abuse de la crédulité des lecteurs, surtout si jeunes.
Au plus près de la côte du Transkei Une journée d'oiseau, cinquante kilomètres d'une embouchure à l'autre mais cent quarante par le Wild Coast 4wd Trail et des heures de shaker. Une petite fille traînant sur la piste une valise, aussi haute qu'elle, équipée de quatre roulettes dont pas une n'est motrice. Une fashion victim, mini robe noire ajustée -en lycra, je crois- portant un potjee de fonte d'au moins trente litres. Difficile, dans ces conditions, d'adopter la démarche empruntée des podiums. Alors que je suis arrêté pour faire le point, un type secoue la portière, les yeux révulsés, plus bourré que chamane, c'est pas lui qui va m'indiquer la bonne voie. Une jeune femme en uniforme m'enjoignant de stopper. Je l'embarque. Novangeli, vingt deux ans, est étudiante à Mthatha, la grande ville xhosa, et me montre fièrement son relevé de notes en soulignant sa deuxième place en mathématiques. Ici, on ne redoute pas de noter, ni de classer. Elle étudie le management et, après qu'elle m'ait dérouté de trois kilomètres pour l'amener chez ses parents, je trouve qu'elle a quelques dispositions. Dans une crique, avec leur club de plongée, des touristes asiatiques déguisés en mammifères marins. J'espère qu'il ne s'agit pas de Japonais venus poser des puces de radio-guidage sur 'nos' baleines. Et un millier d'autres personnes. Des rivières qu'on franchit à gué le long de ponts effondrés, des montagnes russes dans les mornes, un pique-nique sur un éperon avancé dans l'Indien. Des chèvres poilues, des vaches bossues et des cochons noirs, comme les corses. Pas une clôture. Une crampe aux zygomatiques. Une journée bien remplie, sans blanc ni Blanc, achevée par l'incongruité d'un oxtail face au ressac. Quel boucan fait l'Océan quand il tente de submerger la terre. Il pourrait pas rester au large et nous lâcher la plage ? Nota : Ce qu'il y a d'exceptionnel sur la Wild Coast, qui est unique sur le continent, c'est que les rivières se passent de la médiation des fleuves -ces rois fainéants- pour accéder à l'Océan. Elles sont plus d'une trentaine sur trois cent kilomètres de côte à atteindre l'extase. Certaines ne pouvant s'empêcher de faire des cascades. S'en suit un relief côtier à tomber.
Le sans-culottes de Qunu J'avais prévu de m'arrêter enfin à Qunu après y être tant passé, c'est sur une nationale, mais aussi à Mvezo, parce que là est le berceau de Mandela et que là où on est né est un déterminant. Signalétique mozambicaine – saviez-vous que ce sérieux facétieux épousa en secondes noces la veuve du président mozambicain dont l'avion fut vraisemblablement la cible d'un missile sud-africain? Précisons qu'il n'était pas encore aux commandes- ou est-ce par pudeur et refus du culte de la personnalité affirmé par celui qui a marqué un demi-siècle au delà de son pays ? Toujours est-il que je me suis perdu. Jusqu'à ce que j'interroge un vieil homme croisé sur la piste. Septuagénaire longiligne, barbe taillée et canne sculptée, parlant anglais, l'élégance naturelle des Xhoxas, il m'indique une direction et me propose de m'y guider. Je rebrousse chemin sur le coteau avec à main gauche et en contrebas Qunu. Quelques kilomètres plus loin il me prie de stopper : il est arrivé là où il se rendait. Il me montre d'un geste ample la vallée: « Madiba's house ». Il m'a roulé dans la farine comme Madiba l'a fait avec ses anciens geôliers. Je lui pardonne volontiers.
Sur le dos du cochon Je n'ai pas eu de neige au Lesotho mais elle est annoncée pour cette nuit sur les hauteurs des Amathole Mountains. Allons donc. Hogsback est la découverte de ce voyage -que serait un voyage sans découverte ? Des Anglais maniaques du jardinage, comme ils sont parfois et toujours avec une certaine réussite, ont créé ce village dans un massif qui surplombe la platitude environnante et culmine à deux mille mètres. Village qui est devenu un lieu de villégiature -puis de randonnées depuis qu'une civilisation marche pour le plaisir- et compte toujours des jardins d'autant plus magnifiques qu'ils sont inattendus ici. Comme il se doit des artistes se sont installés, il se dégage des lieux une ambiance New Age et les forêts locales auraient inspiré Tolkien. Il est amusant de constater que les Noirs habitant le village y vivent à nouveau comme ils vivaient avant d'être mis en coupe réglée par plus fort qu'eux -c'est toujours la même histoire-, puis d'être exclus de ces lieux. Les troupeaux vont librement et il faut tenir toutes les barrières des jardins fermées. Je loge à The Edge, un ensemble de cottages alignés sur la corniche. Bois à profusion pour la cheminée. Demain je parcourrai le labyrinthe qui serait un des plus longs du monde, mille quatre cent mètres pour en atteindre le centre et en ressortir, ça reste à ma portée d'autant que c'est dénivelé zéro. Cependant, la brochure évoque une préparation psycho-physique, je sais pas si je vais y arriver. Il y aurait de l'énergie là dedans qu'il s'agirait de capter. Arrivé au centre, je serais entre mon passé et mon futur, bon d'accord, mais dans mon fauteuil pas moins. Il est également question de faire des progrès spirituels, là il y a de la marge -comment ça c'est pas le moment de faire de l'esprit ? Bref, si je comprends bien, il s'agirait d'avancer en tournant en rond. Deux choses m'inquiètent. Est-ce qu'on tourne à l'envers dans les labyrinthes de l'hémisphère sud, comme l'eau dans le lavabo ? Il est recommandé de ne pas emporter son téléphone mais si je me perds ? J'imagine qu'il est interdit de crier (même un cri primal?). Allez, s'il neige cette nuit, j'y vais à l'aube. Être le premier à fouler la neige du labyrinthe, c'est un coup à gagner des vies ! Au matin nulle neige mais de la pluie. Comment s'élever avec un plafond si bas ? Le site du labyrinthe surplombe une gorge abritant une forêt indigène -c'est bon ça. Les vues sont belles, on les voit à 360° un nombre de fois que je n'ai pas calculé, mais ça distrait -c'est pas bon ça. J'ai pas fait un chrono vu qu'il est recommandé de laisser sa montre au vestiaire mais sur le sol cimenté -c'est pas bon ça- c'était possible. En plus, comme les virages à gauche succèdent aux virages à droite l'usure des pneus est régulière. Arrivé au centre, en forme de trèfle à six feuilles -si c'est pas de la chance, ça!-, j'étais un tel concentré d'énergie que j'ai fusé hors du truc, d'un rayon de dix mètres, en une seconde quarante (Le Guinness était pas là, évidemment). La notice d'utilisation du labyrinthe ménage un emplacement où reporter son expérience. J'écris, en spirale : ressort-ressortir-méandre-nombril-compas-déboussolé-toupie et je dois m'arrêter car je suis arrivé au centre de mon propos. De mon point de vue c'est plutôt un truc à emberlificoter l'esprit, voire à le perdre. La chute de l'Éden fut déjà un coup dur mais au moins nous marchions droit vers de nouveaux horizons sur une Terre plate et voilà que nous tournons dans des labyrinthes sur une Terre ronde. Quelles pommes ! Au village, Smily -c'est son nom d'artiste- allume un feu sur le bas-côté pour y cuire les figurines de terre qu'il façonne. Baissant d'un ton et d'un air entendu, il me propose aussi des champignons m'expliquant comment... euh... les préparer. Voilà un autre moyen, certes pas très catholique, d'élever l'esprit. Je me demande si la pâte à modeler ne serait pas une couverture. Je descends ou je descends pas ? J'avise finalement une piste, le Michel's Pass, classée « 4X4 only » comportant des passages annoncés « bad dirt road » et même « washed away road ». Après les vues de l'esprit et les paradis artificiels, la perspective de l'enfer mal pavé m'émoustille.
À Corinne Au terme d'une trop longue route, j'arrive dans l'est du Great Karoo, les marches de la maison, encore cinq heures de conduite. Un tour de reconnaissance dans Somerset East m'amène devant une guesthouse séduisante. À chaque jour suffit sa peine. La maison est un ancien orphelinat, fermé après qu'il ait perdu des enfants et laissé à l'abandon, lui aussi. C'est un vaste bâtiment au plan en « H » transformé, transfiguré par Vega et Stephen. Vega est une étoile, Stephen une fusée, cinquante ans qu'ils font route intergalactique de concert. Ils étaient fermiers et leurs fils poursuivent l'élevage de vaches, de moutons et de chèvres à mohair sur une surface grande comme Paris, dix mille hectares. Le séjour non organisé commence par une heure de vol avec Vega, j'arrive pas à décrocher. Une éclipse et je me prends la fusée par le travers avant que la star revienne, mine de rien, tenter de me circonvenir. Tous deux sont passionnants, fascinants lorsqu'ils évoquent leur vie de fermiers, leurs relations avec les employés Noirs « nous avions besoin d'eux, ils avaient besoin de nous ». Paternalisme dirions-nous. Ils confirment que dans les fermes les relations ont peu changé. Et soudain m'apparaît Corinne, journaliste adroite mais honnête d'un journal de gauche. Corinne Moutout fut l'envoyée permanente en Afrique du Sud du quotidien Libération, avant et après la libération de Mandela. Revenue pour couvrir la Coupe du Monde de Rugby de 1995, celle-là où Mandela président assura le spectacle, elle refit un tour du pays, rencontrant les nouveaux acteurs et faisant ses adieux aux lieux anciens. Dans Aurores sud-africaines, le livre relatant ce voyage, elle 'avoue', confuse mais lucide, comme décillée, le trouble et le doute qui sont les siens face aux Afrikaners. Il ne serait pas tout noir ce peuple de battants, attaché mordicus à ses valeurs, qui reconnaît ses erreurs et fait preuve d'une capacité d'adaptation peu commune.
Éloge de la lenteur Le premier arrive avant le jour, pas très matinal à cette saison, ramasse des brindilles d'acacia, d'une planche fait du petit bois et allume un feu. Ce feu sera en quelque sorte leur machine à café mais sans café, ils viendront souvent s'y réchauffer, silencieux. Trois autres suivent le jour, les derniers arrivent en pointillés, précédant de peu le soleil. Ils sont huit, la cinquantaine mais ils ne font plus les quatre cent coups depuis longtemps. Avoir cinquante ans, pour un maçon qui a souvent commencé à quinze, ce n'est nulle part une sinécure, encore moins sur un continent où on n'est plus très loin de l'espérance de vie. Ils sont tout courbatus, gourds dans les déplacements, lents dans les mouvements, mais d'une précision admirable dans le jeté de truelle, avec une ampleur dans la taloche et une douceur dans la finition à l'éponge qui doit réjouir le ciment. Ils sont huit sur le chantier mais jamais huit à travailler simultanément , en tous cas pas au sens fordien du terme. L'organisation du travail est d'une subtilité qui m'échappe en partie. Le patron est là, indiscernable pour qui ne le connaît pas, les ordres, quand il en est, sont donnés d'un regard entendu. Ceux qui manifestement ajoutent à l'ouvrage à un moment donné reçoivent le soutien de ceux qui sont assis ou allongés dans le sable, commentaires, blagues, jusqu'au moment où ils se lèvent pour évaluer la perspective ou vérifier un alignement. Tous semblent concernés par la bonne fin de l'édifice.
*
Pour terminer, deux ou trois choses qu'il faut que je vous dise. Contrairement à ce qu'il est convenu d'admettre Adélaïde n'est pas en Australie mais en Afrique du Sud, dans l'Eastern Cape précisément. Dans la petite ville de Cookhouse, il n'y a même pas de restaurant. Enfin, dans les récits de mon enfance il faisait toujours chaud en Afrique et je trouve regrettable qu'on abuse de la crédulité des lecteurs, surtout si jeunes.
Coucou Voyou,
Il m'a roulé dans la farine comme Madiba l'a fait avec ses anciens geôliers. Je lui pardonne volontiers.
Décidément..... 😏
Enfin, dans les récits de mon enfance il faisait toujours chaud en Afrique et je trouve regrettable qu'on abuse de la crédulité des lecteurs, surtout si jeunes.
Bah ouais, maintenant que tu y vis, tu profites de la vraie réalité, pas du côté pub!!!!😏 Et surtout tu as gardé ton âme d'enfant, c'est-y pas beau, ça? Ceci dit, c'est comme la pub pour l'enfer!!!!!!! C'est toujours truqué!!!
Ils sont huit sur le chantier mais jamais huit à travailler simultanément, en tous cas pas au sens fordien du terme.
Ah que c'est vrai ça!!!!! Nous eu l'occasion de bien rigoler devant ces ouvriers si nombreux travaillant chacun leur tour. Trop comique de retrouver des scènes que je rencontrais en Martinique il n'y a pas si longtemps!!! Le fordisme, c'est pas cool!!!
Bonne suite de pérégrination.
A+
Il m'a roulé dans la farine comme Madiba l'a fait avec ses anciens geôliers. Je lui pardonne volontiers.
Décidément..... 😏
Enfin, dans les récits de mon enfance il faisait toujours chaud en Afrique et je trouve regrettable qu'on abuse de la crédulité des lecteurs, surtout si jeunes.
Bah ouais, maintenant que tu y vis, tu profites de la vraie réalité, pas du côté pub!!!!😏 Et surtout tu as gardé ton âme d'enfant, c'est-y pas beau, ça? Ceci dit, c'est comme la pub pour l'enfer!!!!!!! C'est toujours truqué!!!
Ils sont huit sur le chantier mais jamais huit à travailler simultanément, en tous cas pas au sens fordien du terme.
Ah que c'est vrai ça!!!!! Nous eu l'occasion de bien rigoler devant ces ouvriers si nombreux travaillant chacun leur tour. Trop comique de retrouver des scènes que je rencontrais en Martinique il n'y a pas si longtemps!!! Le fordisme, c'est pas cool!!!
Bonne suite de pérégrination.
A+
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/
Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/
Impressions d'Afrique et de Namibie
Excellent 🙂,
J'avais raté l'opus à sa sortie 😮
Merci pour ces belles images ...😎
J'avais raté l'opus à sa sortie 😮
Merci pour ces belles images ...😎
Ah des photos .... 😛
Merci Jean-Luc de nous faire voyager avec tes mots, qui remplacent, presque, les photos !
Merci Jean-Luc de nous faire voyager avec tes mots, qui remplacent, presque, les photos !
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela
https://www.en-voyages.fr
Merci une fois de plus Voyajou pour ce magnifique 6ème carnet! Il s'en dégage beaucoup de tendresse pour ce pays et ses habitants; un pays avec une histoire tragique et pourtant si extraordinaire. Tu nous incites à aller y découvrir ses secrets et ses états d'âme, à plonger dans son cœur et à s'imprégner de ce qu'elle est aujourd'hui, comme une étreinte, cette belle Afrique du Sud!
mayrig
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