salut Toopîl,
J'adore lire votre récit!
Cela fait plaisir à lire, merci beaucoup.
Faire la planche sur la mer de sel quelle chance
Je suis d'accord, mais comme le sel est bien dur, cela ne nécessite aucun effort! c'est cool!
Je vais profiter de la réponse que je te fais pour continuer mon récit.
le 26/08 Nous dormirons au même hôtel ce soir donc nos valises restent au Mitru. Petit déj à 9 h, correcte et varié. 10 h: Nous partons pour découvrir la fabuleuse quebrada de palala et le site du sillar. Nous quittons notre hôtel qui abrite aussi l'agence tupiza tour.

Sur notre passage nous en profitons pour découvrir un autre aspect de Tupiza que nous n'avions pas vu en arrivant. Un globe terrestre surmonte un poteau à un rond point avant de tourner pour emprunter la quebrada.

Sur notre trajet, je suis fascinée par les indiennes en tenues traditionnelles. Le plus extraordinaire est qu'elles savent bénéficier des bienfaits de la médecine moderne, puisque celle ci porte des lunettes. N'a-t-telle pas l'air très intellectuelle, perdue dans ses pensées ou concentrée sur la piste qu'elle emprunte?
Et ce qui me plaît par dessus tout, c'est le chapeau sur la tête. Je trouve que c'est tellement élégant et tellement classe!!!

Ces femmes souvent d'age mur, portent de lourds fardeaux attachés à leur dos, avec une étole qui je le suppose est en laine de lama. Cela rappelle les femmes de tribus africaines, et de façon général, les peuples qui sont restés plus proches de leurs origines et de leurs racines! Il faut vraiment que j'aille en Afrique, un de ces jours!!!
Plus loin, nous constatons que si les plus âgées ont encore la tenue traditionnelle, les plus jeunes arborent des pantalons, ce que je trouve beaucoup moins original pour le coup, mais qui laisse présager du futur de la Bolivie et de la triste uniformisation des modes vestimentaires. Hélas!!!

Puis très vite, nous quittons le village pour emprunter le lit à sec d'une rivière, et nous engager dans la quebrada de palala.
De nombreuses lignes électriques (ou téléphoniques?) zèbrent le ciel dans tous les sens, et je me dis qu'en Martinique, nous ne sommes pas les seuls à avoir une mauvaise gestion des poteaux électriques, et des lignes placées un peu partout de façon anarchique, qui gâchent singulièrement le paysage. Mais, au moins, EDF a l'excuse de lignes réparées en urgence après des cyclones, ou des inondations, réparations temporaires qui ont tendance à devenir durables.
Bref, revenons en Bolivie, où les lignes sont aussi gênantes!

Nous trouvons quand même le moyen de sortir du véhicule pour prendre des photos sans lignes.
N'est-ce-pas mieux? Et le ciel, voyez-vous comme il est beau, ce bleu dans lequel sont disposés autant de flocons blancs.
Et du coup, il y a de nouveau des arbres! Et oui! Des arbres, et verts de surcroit, car il pleut plus souvent ici. Ma peau trésaille de joie, car l'air regorge d'un soupçon d'humidité!!! Après des jours de sécheresse totale, c'est une bouffée d'oxygène.
Ah! Ah! Il est pas bien trouvé mon jeu de mot!!!! Parler d'une bouffée d'oxygène quand on redescend de 4850m à 3000m, c'est certain.

L'humour et l'autodérision, rien de tel pour vous permettre de prendre de la distance par rapport aux évènements et affronter sereinement l'adversité.
Pour le moment, j'ai oublié ma nuit pénible au palacio de sal, et je me laisse émerveillée par ces cathédrales rocheuses.
Avec le contraste du ciel moutonneux, c'est tout simplement splendide.
De part et d'autres de notre 4x4, s'étend le lit immense du cours d'eau dans lequel nous roulons. Le lit d'une rivière, que dis-je, une autoroute en piste. Nous croisons des troupeaux de lamas, de chèvres,

Des cyclistes, des motos, croisent des camions lancés à vive allure, et qui soulèvent des volutes de poussière!

Bref que de circulation au beau milieu de cet environnement magique. Nous nous dépêchons de faire monter nos vitres avant qu'il ne nous croise. Maintenant nous sommes de vrais pros, sauf quand la vitre de mon mari décide de faire des siennes et décide de rester baissée. Ce genre de truc arrive comme par hasard, toujours au mauvais moment. Du coup, nous profitons, comme la moto, du nuage de poussière!!! 🏴☠️

Mais bon, nous ne sommes plus à cela près, et nous poursuivons notre avancée en direction du site du sillar.
L'autoroute devient route, puis chemin, grimpe et grimpe encore pour s'accrocher à flanc de montagne. Nous empruntons une piste très étroite sans aucun garde fous! Pendant qu'on continue de monter, l'air se rafraîchit et la respiration demande plus d'effort, je commence à m'interroger sur l'éventualité du croisement d'un autre véhicule. Je suppose que nous ne sommes pas les seuls à l'emprunter cette piste. Si une voiture arrive, où va -t-elle passer? Et puis une voiture, passe encore, mais un camion?
Au moins en montant, nous sommes du côté de la montagne, donc du bon côté pour un croisement. C'est l'autre qui prendrait des risques, me dis-je avec sollicitude!!

Là, je vous garantie qu'il n'y a pas d'effet d'optique.
Et ainsi de suite nous arrivons sans encombre au site du sillar perché à plus de 4000m.

La vue est saisissante, malgré la brume qui règne de façon persistante.
Des aiguilles de roches parsèment les environs et sont autant de tuyaux d'orgues entonnant l'hymne à la beauté de la nature.

L'harmonie est totale entre ciel et terre, et nous, au milieu, profitons de l'effet thx.

Puis nous redescendons, pour nous rapprocher des orgues. Cela ne rappelle-t-il pas Bryce canyon?

Peut-on parler de hoodoos? mystère. Mais qu'est-ce que c'est beau!!

En redescendant, on se rend encore plus compte de l'étroitesse et de la sinuosité de la piste. Et, la question qui m'avait lanciné à l'allée revient bien plus pressante car cette fois-ci nous sommes côté ravin. Lorsque nous nous arrêtons pour les photos, je supplie Samuel, qui est mort de rire, de faire attention. Des nuages de poussières s'élèvent à chaque fois, et mes chaussures de randonnées passent du vert au gris terreux, quand je saute du 4x4 pour atterrir dans du sable amoncelé le long de la piste. Le véhicule pourrait déraper à n'importe quel moment si ce n'était la dextérité de notre chauffeur préféré, aussi suis-je quand même rassérénée.
"Ils son complètement à côté de la plaque, dans les documentaires montés à la télé" lui dis-je, " ils parlent de LA route de la mort, en Bolivie", pour faire référence à celle descendant de la Paz à Coroico. Ils devraient plutôt parler DES routes de la mort et y inclure celle là.

Et puis mes craintes prennent corps, ou plutôt se matérialisent. Au loin, un nuage de poussière arrive en face, une moto dis-je, faite que ce soit seulement une moto. Eh bien, non!

C'est un 4x4 qui heureusement a la bonne idée de se mettre dans le recoin de la montagne afin de nous laisser passer. Samuel s'amuse vraiment de mes remarques et rigole. Pendant qu'il roule, somme toute à vive allure (de mon point de vue mais pas du sien) sur une telle piste, je regarde par la vitre baissée et constate qu'on n'est vraiment pas très loin du bord.
Nous poursuivons notre descente et croisons encore une animita. La vie est vraiment peu de choses, n'est-ce pas? Ces petites chapelles qui rendent hommage aux morts sur la route, me rappellent que liberté totale équivaut aussi à danger total. Pas de limitation de vitesse, pas de garde fous, pas de dos d'âne, pas de radars, elle est pas belle la vie!! Mais les ravins et précipices qui sont juxtaposés à la piste, ne se contentent pas de donner une contravention si on quitte la piste. Mais restons positifs! Profitons des paysages!

Mon positivisme ne dure pas très longtemps. Encore un nuage de poussière! "Ah, non", dis-je, "pas encore"! "Ils ne peuvent pas attendre que nous soyons rentrés" dis-je à Samuel qui est écroulé de rire. "Comment? Tu n'as pas pensé à signaler que cette piste était interdite au reste de la circulation, le temps que nous l'empruntions?" lui dis-je encore. Du coup, ce sont mon mari et Samuel qui gloussent! Le nuage est important et mon mari me dit qu'il pense que cette fois-ci, c'est un camion. "Mais non", lui dis-je, mettant en pratique la politique de l'autruche, " mais non, mais, non, tu te trompes".
Puis,
"Horreur", C'EST UN CAMION!

Vite, Samuel, vite. Où est-ce qu'on se planque? Ou est le recoin, pour se mettre à l'abri? Ne peut-on se coincer contre la montagne et le laisser près du ravin? Brusquement, je me sens l'âme d'une conductrice anglaise!!
Mais Samuel, imperturbable, habitué qu'il est, manœuvre comme un chef, et nous passons les doigts dans le nez, à côté du camion qui s'est coincé contre la montagne. Je crois qu'ils sont habitués tous les 2. Les doigts dans le nez, en fait, nous passons à 2 doigts du précipice plutôt. Mais nous passons sains et saufs! Je félicite notre chauffeur, et tache de faire redescendre ma montée d'adrénaline.
Sains et saufs, nous sommes de retour vers 13 h, émerveillés des paysages et contents d'être en une seule pièce. Nous cherchons un resto où déjeuner en compagnie de Samuel, qui ne nous quitte plus. Celui que nous trouvons pas loin du Mitru, s'appelle la Torre italiana, et est garni de commentaires élogieux sur leurs tacos, leurs ensaladas, en plusieurs langues, écrits par des touristes reconnaissants.
La carte du menu est vraiment bien fournie et je fais remarquer à Samuel que nous allons nous régaler avec tout ce choix. D'autant plus, que les plats sont illustrés par des photos et donnent vraiment l'eau à la bouche. Samuel est sceptique sur le fait qu'ils aient vraiment tout ce qu'ils affichent. "Faut rester positif", lui dis-je.
La fillette du restaurateur rentre un peu plus tard, dans les bras de sa mère, elle a 3 ans, mais c'est une vrai pipelette, qui me trouve à son gout pour être sa camarade de jeu. Une longue discussion s'en suit, grâce à l'aide efficace de Samuel, qui traduit en espagnol compréhensible par moi ce que dit l'enfant.
Elle nous observe pendant que mon mari et moi choisissons nos plats. Très bien, nous dit la serveuse.
Puis c'est au tour de Samuel, "no hay " répond la mère de l'enfant. Ouaw! Je me dis que Samuel a réussi à trouver le plat qu'il n'y avait pas! Il est vraiment trop fort. Et je le félicite! Il prend un autre plat, à la place.
"No hay" répond la serveuse de nouveau. Mon mari et moi, nous nous regardons, gagner d'un irrépressible fou rire. Le pichon! Du coup, la serveuse mal à l'aise car elle comprend bien la situation, explique à Samuel que tout ce qu'il a choisi, ce sont des plats appréciés par les boliviens. Or, comme elle n'a que de la clientèle étrangère, elle ne fait que les plats appréciés par les étrangers!!! Du coup, nous sommes écroulés de rire, à nous rouler sous la table tellement la situation est cocasse!!
"Enfin, Samuel, quelle idée de vouloir manger bolivien en Bolivie!!! Mais voyons, à quoi penses -tu? " lui disons nous!!!!! Lui même est mort de rire, et entre 2 fous rire, finit par demander à mon mari son avis et prend un repas pour touriste! Comme on nous avait averti que les tacos sont très "piquantes" , nous choisissons des choses moins épicées: pâtes a la carbonara pour mon mari, soupe aux végétaux et quinoa pour moi, poulet à la plancha ( comprenez sans os) pour Samuel!
Mais même pour les boissons, c'est la même chose. Quand nous commandons nos jus de pêche au lait, il n'y a aucun problème. Arrivé au tour de Samuel il semble que sa commande de jus d'orange au lait ne soit pas possible. Re crise de fou rire! Et ce sera le thème de tout le repas, entrecoupé des discussions avec l'enfant de la serveuse.
Comme je suis entrain de photographier les plats qui nous sont servis, elle se rapproche et veut absolument que la prenne en photo, pour chaque fois, venir voir le chef d'oeuvre que cela donne. J'ai au moins 5 à 6 photos d'elle, et si sa mère n'était pas intervenue, elle en aurait réclamée encore d'autres.
N'est-elle pas craquante?

C'est vraiment très drôle, et nous passons du temps dans le resto avec elle. Il est 15 h quand nous sortons. Promenade? propose Samuel. Sieste, répondons nous. On se met d 'accord pour un rendez vous dans le hall à 19 h 30. Pendant la sieste de mon mari, finalement, je n'ai pas sommeil et j’écris des mails sur l'Ipad. Il m'a montré comment faire les accents, et tout doucement ils ont réapparu. Puis, je fais une pause pour dîner.
En route, nous croisons une fiesta dans la rue. Intrigués et curieux, nous nous avançons pour aller voir. Brusquement, une alarme se déclenche au fond de moi, et je ralentis le pas. Trop tard! Les 2 gars n'ont pas remarqué et ont continué sur leur lancée. Alors, je les suis. Mon mari est le premier attrapé par une dame qui l'emmène danser, Samuel qui est bolivien est épargné, puis une autre dame m'attrape aussi pour m'emmener danser. Samuel, mort de rire, a récupéré mon appareil photo pour immortaliser la scène. A la fin de la danse, ces indiens qui viennent de Cochabamba, aux abords du lac Titicaca, nous présentent, à mon mari et moi, un gobelet de 2 cl d'un breuvage inconnu.
C'est une kyrielle d'alarmes qui se déclenchent dans ma tête: je sais avec certitude qu'il ne faut à aucun prix que je boive ce truc. C'est de l'alcool dis-je, mais mon mari et moi sommes de nouveau séparés. Moi, je me retrouve entourée par une dame, puis un homme complètement ivres, puis un deuxème, qui font tout leur possible pour me forcer à boire. Et moi, je fais l'idiote qui ne comprend rien et qui dit "no" à tout. Puis, ils m’entraînent vers uns reproduction de la madone de Cochabamba, m'expliquant que c'est sa fête. Et là, j'ai un éclair de génie, j'offre mon gobelet à la statue, aux pieds de laquelle se trouve de nombreuses bougies. Déconcertés par mon geste, on me lâche et j'en profite pour fuir et retrouver Samuel, qui ne s'est rendu compte de rien. Mon mari a lui aussi réussi à se libérer, mais a hélas dû boire le breuvage. Oh non, lui dis- je désolée! On est en haute altitude: 2950 m!
L 'effet n'est pas immédiat alors, comme il y a 2 jours, il n'avait pas eu de problèmes, je me persuade que ce sera pareil. Nous poursuivons notre ballade, église place, restaurant. Le même qu'à midi, toujours avec la même fillette qui veut capter toute mon attention. Hélas, tout de suite après sa soupe, mon mari commence a transpirer, puis il m'informe qu'il est barbouillé. Et voila, une autre nuit très difficile en perspective. Nous précipitons la patronne pour qu'elle nous apporte l'addition, après avoir demandé quelque chose pour lutter contre l'effet de l'alcool. Du maté, nous a-t-elle proposé. Nous partons hâtivement, une fois terminé le maté, et nous rentrons précipitamment à l’hôtel.
Diarrhées, vomissements, alternent toute la nuit. Le truc qu'il a bu est pire que la liqueur à base de pisco que j'avais absorbée au palace de sel. Etant passée par là, 2 jours avant, je ne peux que compatir à sa douleur, et le veiller, proposant du smecta qui est aussitôt rejeté, et je n'ai pas d'antivomitifs! Au moins, lui ne grelotte pas, me dis je pour me consoler, car les larmes sont entrain de couler sur mes joues. Du coup, je passe mon temps à écrire des mails à ma famille que j'enverrai le matin , en ne mentionnant surtout pas l'épreuve que nous sommes entrain de vivre pour ne pas les inquiéter .
Dire que ce midi, nous avions les larmes aux yeux tellement la situation de Samuel nous faisait rire! Rires et pleurs! C'est la vie!
La ballade à cheval que je pensais faire avec Samuel, demain, est tombée dans les wc avec le repas de mon mari. Il faut remettre la chambre à midi au plus tard, et bien nous resterons la-bas jusqu’à midi.
A plus tard!