Nord du Gujarat

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PA Parvat Globetrotter ·
Cliquez sur mon nom, puis en bas de page vous avez la liste de mes carnets :) http://voyageforum.com/v.f?post=6467292;#6467292 :)
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
NI Niclaude Regular ·
bonjour Julie, j'aimerais bien avoir le lien du carnet de voyage de Fabienne dont vous parlez ? merci

Coucou Danielle, En allant sur le profil de Parvat, tu trouveras les carnets de Fabienne et tu pourras choisir ta future destination dans ce magnifique pays. Excellente lecture !
Nicole
AM Amarante63 Veteran ·
Merci à toutes les deux, j'ai du pain sur la planche ! alors Nicole, c'etait bien ces cyclades ??
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
AM Amarante63 Veteran ·
Une question : quel est l'etat des routes et la circulation ? j'avais été épouvantée , en voiture individuelle, lors de mes précédents voyages au Rajastan et inde du sud par l'intensité du trafic...
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
PA Parvat Globetrotter ·
La circulation? Elle est cool, fluide, relax...

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
AM Amarante63 Veteran ·
ah , sur les routes aussi ?
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
CH Chantalmrs Regular ·
Coucou Christine Je ne résiste pas à l'envie de mettre une photo de "l'école du sel" mise en place par Dhanraj MALIK et d'enfants dont l'aire de jeux sont les tas de sel .... Merveilleux souvenirs en lisant ton récit [:)]
FA FabGreg Globetrotter ·
Dans la partie du Gujarat que j'ai exploré (Vadodara, Palitana, Diu, Veraval, Girnar, Pathan, Modhera, Ahmedabad), j'ai trouvé les routes étonnament confortables, bien asphaltées pour la plupart sur lesquelles j'ai circulées. D'où des vitesses moyennes plus élevées que dans le reste de l'Inde.

Mais je n'ai pas été dans le Kuch.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
AM Amarante63 Veteran ·
Merci Fabrice pour l'info, car je gardais de mauvais souvenirs des routes indiennes, notamment un trajet de nuit de 5h d'Agra à une ville en pleine brousse (enfin pour moi !) pour y prendre le train. Sans arret des camions illuminés comme des sapins de Noël face à nous !
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
AM Amarante63 Veteran ·
Est ce que les femmes se laissent volontiers photographier ? j'ai vu sur un post du forum qu'elles refusaient; peut etre certaines ethnies ? Toutes ces femmes sont habillées comme des princesses même pour accomplir les plus durs labeurs...Cela me fait penser à toutes ces ethnies africaines qui ont un sens incroyable de la parure.
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
CH Chris70 Regular ·
Merci à tous pour vos remarques, compléments etc ...

Les femmes, comme les hommes ou les enfants adorent pour la plupart être photographié, mais il faut le demander avec le sourire ... Dans les villages tribaux du Gujarat, j'ai senti certaines réserves, voire un refus au début mais après un moment dans le village, les mêmes femmes sont venues tout sourire vers moi pour que je les prenne en photo... J'ai eu un seul vrai refus cette année, trois femmes avec des vêtements et des bijoux superbes dans un village du Kutch, croisées sur la route, qui ont refusé. J''ai donné des bricoles à leurs gamins pour les amadouer mais refus ferme et définitif. J'était bien déçue car vraiment, des parures de nez extraordinaires, des colliers incroyables (bon, j'ai revu les mêmes types de bijoux à Hodka, puis Bhuj ensuite et j'ai pu faire des photos ...)

Je continue mon carnet avec cette fois, essentiellement des photos de bâtiments... Les jolies femmes seront pour les jours prochains, dans l'extrême nord du Gujarat !

Après Modhera, j'avais prévu d'aller à Patan et d'y passer deux nuits, en vadrouillant dans les villes des environs. On connaissait déjà Patan qui vaut le coup de s'arrêter un peu plus que pour le Rani Ki vav et les tissages Patola, seules choses indiquées sur les guides (n'est-ce pas Fabienne ?) Malkit propose, à un carrefour, d’aller jusqu’à Vadnagar (prévu pour le lendemain en excursion depuis Patan). Pourquoi pas, ce sera fait … et nous aurons plus de temps à Patan demain. La route est plus longue que prévue et nous n’arriverons jamais à Patan ce soir là.

Vadnagar est la ville de naissance de Narendra Modi, le premier ministre indien et aurait sans doute mérité un peu plus de temps, pas pour suivre les traces de Modi mais pour découvrir plus ne détail cette jolie ville, entourée comme souvent au Gujarat de fortifications, de portes monumentales, de rues bordées de maisons proprette, de plusieurs plans d’eau. Je me souviens d’une longue promenade en 2011 qui m’avait laissé sur ma faim car nous avions écourté en raison de la chaleur terrible du milieu de journée. Là, en cette fin d’après-midi, c’est plus agréable. Nous admirons les deux toranas, les vestiges historiques les plus connus de Vadnagar, emblèmes du Gujarat

Un des deux toranas, dommage pour la grille mais impossible de faire sans.

et déambulons un peu dans les rues voisines, un peu désertes à cette heure passons vers une porte sculptée, où des ouvriers s’affairent à des rénovations. Comme l’après-midi est déjà bien avancé, il nous semble que le plus simple serait de dormir ici ce soir. Il y a un hôtel gouvernemental indiqué sur le guide Gujarat, alors séance tenante, nous abandonnons les visites pour essayer de trouver un toit pour la nuit, ce qui nous permettrait de visiter plus en détail Vadnagar … Le GPS connait même l’hôtel et nous y emmène sans encombre, mais là, grosse déception et changement de plan car nous n’avions pas imaginé la situation ubuesque qui nous attendait , ni la fainéantise des employés de l’hôtel gouvernemental, une jolie construction dans un jardin qui a connu des jours meilleurs, dont la façade est ornée de colonnes et de jalis ouvragés.



A l’intérieur, les chambres sont réparties autour d’un grand patio. Ce pourrait être un bel endroit pour se poser mais les employés ne nous y incitent pas. Ils sont cinq à discuter dans le jardin, quasi allongés sur des charpoys et n’ont visiblement pas envie de bouger. Quand on demande à visiter une chambre, on nous répond que Vadnagar est un tout petit village (mon œil, il y a quand même 25 000 habitants au recensement de 2001 dixit Wikipédia), qu’il vaudrait mieux aller dormir à Visnagar, une ville située à une quinzaine de kilomètres, que l’hôtel n’a pas de chambre correcte pour des touristes, que … Nous venons de passer à Visnagar et n’avons aucune envie d’y retourner pour dormir, d’autant que cela nous éloigne de Patan, prévu demain. On insiste un peu, on leur fait ouvrir une chambre, qui n’est pas faite et pue pourtant les produits ménager, le désinfectant ou la naphtaline, utilisée partout en Inde pour éloigner les insectes ! C’est rédhibitoire pour C. qui ne pourra pas respirer correctement si nous dormons là et nous n’avons guère envie non plus de rester dans cet endroit où l’on ne nous souhaite pas ! Nous sommes dépités de devoir quitter si vite Vadnagar, surtout en imaginant le potentiel d’un tel établissement. Malkit ricane et dit que c’est un hôtel gouvernemental dans une petite ville et que les employés se la coulent douce, comme souvent pour les fonctionnaires ! Il n’y a pas qu’en France que les fonctionnaires ont mauvaise réputation … Avant de quitter la ville, petit tour par le magnifique le Hatkeshvar temple, du 15e siècle, qui possède de superbes sculptures.





Dans la cour du temple, la balancelle sert aussi de séchoir à linge

Tout à côté, une autre porte monumentale (il y en aurait six dans la ville) avec des sculptures également … il y a tant à voir dans chaque ville ! A côté de la porte, une jolie scène de la vie quotidienne. J'adore ces petits berceaux !

Il est temps de reprendre la route pour se trouver de quoi dormir ce soir … Vu l’heure et la nuit qui commence à tomber, nous décidons de chercher à Siddpuhr plutôt qu’à Patan, plus éloigné encore de 30 kilomètres. L’hôtel Siddharta, à 850 roupies n’est pas si mal, le patron est sympa et agréable, il y a un restaurant au rez-de-chaussée très bien qui ne désemplit pas. Comme je ne réserve rien (pas utile au Gujarat), c'est plus facile d'improviser.

La suite prochainement ... Christine
YO YogaCham Regular ·
Tes photos sont vraiment superbes.

Quel appareil as-tu utilisé, pour toutes ces splendides photos ?
FA FabGreg Globetrotter ·
Superbe torana. D'autant que ce n'est vraiment pas courant en Inde.

Pas mal non plus les petites sculptures décorant la Porte de Ville. Avec la belle lumière d'un soleil déclinant.

Merci encore pour ces beautés indiennes.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
AL Aleph240758 Veteran ·
coucou Christine tu nous gâtes , quel régal , ce torana est magnifique et toujours de belles sculptures et les photos .....bon encore un autre voyage à programmer tu as fait un sacré périple en 15 jours dis donc merci pour ce partage enrichissant..
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
AM Amarante63 Veteran ·
bonjour, quelqu'un a t il dejà assisté à la fête de Shivaratri ? on me signale ça pour le 27 fevrier 2017 près de Girnar. Quelqu'un connait Girnar ? Merci Chris pour ton carnet, un régal ! JE VEUX ALLER !!!
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
FA FabGreg Globetrotter ·
Pour ma part, je ne connais que "Girnar Hill", site à la fois jain et hindou. Réputé présenté quelques 11 000 marches, aller-et-retour à mon avis.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
AL Aleph240758 Veteran ·
oui Ginar Hill est une très rude épreuve, j'ai préféré la montée de Palitana plus courte et quelle beauté tous ces temples, plus d'ambiance durant la montée également je suis partie les 2 fois avant le lever du jour, belles couleurs.. Jungadh est une ville très intéressante, mosquée, belles façades de maisons dans le centre... sympa et peu de touristes du moins lors de mon passage
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
PA Parvat Globetrotter ·
Mais saperlipopette, vas donc lire mon carnet! J'y étais à la Shivaratri...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
AM Amarante63 Veteran ·
Désolée Parvat, mais j'ai lu ton carnet et 2 autres ! mais je n'ai pas la capacité de tout retenir par coeur ! d'autant que quand on n'est jamais allé, on a un peu de mal de situer toutes ces villes...je débute dans mes recherches sur le Gujarat. Je suis retournée voir ton lien, et en effet je me souvenais bien des sadhus, mais sans avoir vraiment retenu le nom de la fête.
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
PA Parvat Globetrotter ·


voyageforum.com/...post=6763234#6763234

P.s: ce serait surement mieux d'ouvrir une discussion avec tes propres questions, plutôt que de les poser toutes ici, sur le carnet de Christine. Mais je ne veux pas être rude... [:)]
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
AM Amarante63 Veteran ·
Désolée, je ne savais pas qu'on ne posait pas de questions dans un carnet de voyage; toutes mes excuses à Chris.
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
CH Chris70 Regular ·
Pas de problème, je pense qu'on peut quand il s'agit du même sujet, Fabienne a du avoir un moment d'exaspération qui ne lui ressemble pas.

Suite du carnet : un long post pour ma matinée à Siddpuhr, encore trop oublié des touristes ...

Lundi 22 février Nous décidons de passer une seconde nuit à Siddpuhr puisque de toute façon, il nous faut repasser par cette ville pour aller à Taranga, une des étapes de mardi. On décide de visiter la ville rapidement le matin pour montrer à C. le quartier des maisons bohras, exceptionnel et d’une grande originalité et d’aller à Patan ensuite. C’était comme d’habitude, sans compter sur les rencontres, les stops dans le bazar car la balade durera trois bonnes heures … Une dame bohra (une communauté musulmane chiite ismaélienne que l'on rencontre essentiellement en Inde, dont toutes les femmes sont vêtues de la même façon, avec une longue jupe, une cape à capuche couvrant les bras - voir photos suivantes ) du Tamil Nadu, en vacances dans sa famille entreprend de nous montrer la maison aux 360 fenêtres. Elle espérait nous faire entrer chez une de ses amies qu’elle apostrophe depuis la rue mais nenni, la dame est en plein ménage et n’a pas l’intention de nous ouvrir sa maison … Dommage, j'aurais bien aimé voir l'intérieur d'une de ces maisons. Nous déambulons un moment dans les rues aux maisons somptueuses que nous redécouvrons avec plaisir.

Notre guide improvisé









On se balade dans les rues commerçantes, bien plus animées que les rues des bohras, dont les maisons ont l’air, pour la plupart désertées par les habitants. Pourtant, çà et là, des frémissements de rénovation apparaissent, ailleurs, des immeubles neufs pas terribles cohabitent avec les maisons anciennes ...





On arrive devant la petite mercerie (difficile de faire plus petit, 2 m2 à tout casser, mais que de merveilles ...) déjà dévalisée il y a 5 ans, puis en 2013 Nous craquons pour des mètres et des mètres de galons brodés et dévastons l’échoppe avec une excitation non dissimulée. Les plus belles pièces, très larges, ornées de perles, de pierreries en plastique mais néanmoins d’un bel effet ne sont qu’à 100 rs le mètre, la plupart des autres à 20, 30 ou 40 selon le travail et le matériel utilisé, voire des tout petits rubans à 2 rs... La mamie (il nous semblait qu’elle avait bien vieilli, la commerçante !) a appelé sa fille, qui nous reconnaît et nous accueille tout sourire.

Elle appelle sa propre fille, Tasneen, une jeune nana vêtue comme les autres, mais avec une tchache et une pêche incroyable. Une vraie femme d’affaire. Elle se définit d’ailleurs comme une business woman en nous expliquant qu’elle est aussi promoteur immobilier en plus d’être mercière. Elle sort une planche en bois de derrière le comptoir contenant le plan d’un lotissement, un « plot » comme elle dit. Elle nous fait l’article en rigolant puis nous explique qu’elle a acheté un immense terrain qu’elle revend par lots de diverses superficies. Le plot sera réservé aux bohras. Prix de lancement, 353 rs le square 2 (pied 2 ). Ils pourront se faire construire une maison à l’extérieur de la ville et du quartier, qui pourtant recèle des merveilles. Ces vielles maisons borhras, une fois retapées et modernisées à l’intérieur, seraient pour nous bien plus intéressantes qu’une maison de lotissement ! Un futur client regarde le plan du lotissement … La charmante Tasneen

Après les achats compulsifs et les sacs bien remplis, après les bananes offertes par la maman, ...



...Tasneen nous emmène visiter la mosquée toute proche, située pile au centre du quartier. Elle veut nous montrer que les borhas sont différents des autres musulmans et nous explique qu'ils sont très propres, très respectueux, calmes, ouverts aux autres … ce que ne sont pas les musulmans ordinaires ! Les borhas ont six prophètes (sans doute les autres aussi car à Damas, il y avait bien le minaret de Jésus à la grande mosquée des Omeyades) dont Jésus, Moïse (Musa), Abraham etc … Elle nous montre l’intérieur de la mosquée, bien moderne et sans trop de charme à mon goût, avec des lustres dorés immenses (j'ai même pas fait une photo !) et aurait souhaité nous faire visiter la maison commune tout à côté mais manque de pot, c’est fermé ! Pas de chance ce matin avec les visites. Tasneen est vraiment sympa et atypique, parlant beaucoup et fort, plaisantant, riant … elle nous montre sa voiture garée tout près de là et nous assène un « Les indiens ont un cerveau »...

Apprenant notre souhait d'aller à pied au temple de Rudra Malaya, Tasneen nous dégotte illico pour nous guider deux dames borhas haute en couleur (cette année, les couleurs pastels et tristes habituelles sont passées de mode et les bohras arborent des vêtements bien plus colorés, qui sont presque jolis !) qu’elle connaît et qu’elle sait habiter vers le temple. Elle rentrent chez elles après leur marché, donc pas de problème pour nous accompagner, sauf qu'elles ne parlent pas un mot d'anglais et filent devant sans nous parler...



Une photo de 2013 pour vous montrer l'évolution de la mode bohra. La mode 2013 est plus fadasse, n'est-ce pas ? Rassurez vous, il y a aussi des saris à Siddpuhr, mais c'est un post consacré aux bohras ... Petite parenthèse : j'ai eu l'occasion de visiter le Dargah Bohra de Burhanpur à l'extrême sud du Madhya Pradesh où des centaines de borhas de toute l'Inde venaient se recueillir, et là, les broderies sur les vêtements valaient quelquefois leur pesant d'or ! Un verre à cocktail avec paille et fruits sur la jupe, des animaux, des bouquets brodés ... chacune avait rivalisé d'imagination pour améliorer la tenue traditionnelle ... Si un jour il me prend l'envie de mettre en ligne d'anciens voyages, vous verrez cette débauche de motifs.

Nous cheminons avec elles dans le bazar, en essayant de ne pas les perdre car on fait quelques arrêts photos pour des brackets sculptés et des scènes de rues.









On arrive devant le «Rudra Mahalaya» temple construit au 10 ème ou 12ème siècle selon les sources ! Bon, nous ne sommes pas à 200 ans près. Il devait être énorme mais est bien ruiné aujourd’hui. Il est continuellement surveillé par la police ou l’armée qui campe dans l’enceinte du temple, fermée par des grillages. Comme en 2013, on nous laisse entrer et regarder mais interdiction formelle de prendre des photos. On réussira quand même à en voler quelques unes de l’extérieur car les restes de Toranas sont superbes. Détruit par les musulmans il y a fort longtemps, le temple est devenu une mosquée, puis redevenu temple ou plutôt, site archéologique surveillé par quatre militaires ou policiers peu aimables, en tricot de corps allongés sur des charpoys à l’ombre ...





Bon, j'ai atteint mon quota de photos, Patan, Taranga, Poshina etc ... attendront encore un peu, mais pour ceux qui suivent, rassurez vous, je suis en vacances depuis ce soir (yes !) et j'aurai un peu plus de temps ... Je l'aurai distillé ce carnet ! C'est pour cela qu'Aleph trouve que j'ai fait des tonnes de choses en 15 jours. Comme il me faut 3 posts pour une journée, ceci explique cela ...

Christine
FA FabGreg Globetrotter ·
Merci de m'avoir fait découvrir les Bohras.

Détruit par les musulmans il y a fort longtemps, le temple est devenu une mosquée, puis redevenu temple ou plutôt, site archéologique surveillé par quatre militaires ou policiers peu aimables

Avec un tel pedigree, je comprends la sensibilité des autorités indiennes. Quand on sait ce qui est advenu de la Mosquée d'Ayodhya. Non seulement détruite pierre par pierre, mais le site est désormais une véritable zone de guerre en période de cessez-le-feu provisoire. Plus difficile à accéder que l'aéroport international de Delhi.

Si un jour il me prend l'envie de mettre en ligne d'anciens voyages, vous verrez cette débauche de motifs.

Teasing honteux.

Avec ces vacances dont tu nous parles, cela devrait pouvoir se faire, non ?

A tes pieds, front contre terre, je dépose ma respectueuse demande ...

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
AL Aleph240758 Veteran ·
magnifique !!! mais quelle bonne idée ma chère de nous proposer d'autres carnets mais oui évidemment qu'on en redemande !!! et même à dose homéopathique ça marche ces rubans incroyable et beau....j'adore ...je ne suis pas couturière mais bon c'est pas grave .. merci de nous faire rêver et bonnes vacances marie
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
AN An5 Veteran ·
J'aimerais bien une petite photo avec les réalisations faites à partir des rubans, tissus.... J'accumule ainsi, comme beaucoup, des achats relégués dans un tiroir, achetés ici et là, qui après distribution ne sont plus que souvenirs. Quels bons souvenirs tout de même! Et Oui Oui d'autres récits après celui là. Merci
PA Pachyderme Veteran ·
bonne vacances et merci ! (prend ton temps pour raconter pense à ceux qui partent pas tout de suite!) Sabine
https://youtu.be/Zf3BvhjWTKg?si=1YaiHFtGqzqgC54P
EN Encorelle Regular ·
Oui je me posais la même question..."Que fait elle de ces mètres de ruban brodé?"

et je répète....merci de prendre le temps de partager ce voyage!
"Je vous souhaite de rêver à n'en plus finir, et l'envie d'en réaliser quelques uns...je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier." Jacques Brel
AM Amarante63 Veteran ·
Sidpuhr a dû être une merveille en son temps...Merci sur ces renseignements sur les Bohras, ces femmes m'avaient intriguées quand je l'avais vues à l'aéroport de Doha. On attend la suite...Merci encore !
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
UR Urulu ·
Merci Christine! Je suis votre voyage de l´Argentine avec beaucoup d´intérêt. Je demande des excuses pour mon français, il ne sera pas de qualité parce que ça fait très longtemps que je n´écris pas dans cette langue, mais je ne peux plus rester indifférente a vos récits e t je veux participer! J´ai fait trois voyages en Inde, le premier en 1982 et le dernier en janvier 2016 au Gujarat. Je suis allée avec ma belle fille et mon petit fils de 24 ans, un grand plaisir de partager entre trois générations tant des découvertes. Je suis en train de préparer maintenant un autre voyage au Gujarat avec deux amies pour janvier 2017 et vos carnets sont une grande inspiration, merci encore. J´ai trouvé un très intéressant blog : https://thatandthisinmumbai.wordpress.com/2015/03/06/travel-the-grand-and-empty-vohrawads-of-sidhpur/ j´espere que vous aimerez!. J´attends avec impatiente la suite...
urulu
CH Chris70 Regular ·
Merci Lucia pour le lien du blog, je viens d'y passer un moment et l'ai mis dans mes favoris tant il est riche d'informations sur plein de sites. Pour Fabgreg, il y a un article sur le Rudra Malaya temple très intéressant et à la fin de l'article, un lien sur un autre site relatant l'histoire du temple, sa redécouverte après l'effondrement du mur de la mosquée lors de fortes pluies, les premières fouilles de l'ASI etc ..

Votre français est parfait. Belle préparation de votre prochain voyage au Gujarat (d'Argentine, c'est une sacré expédition !) Si vous avez des questions, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir.

Bon, c'est pas le tout, il va me falloir quand même continuer mon carnet, et j'ai beau être en vacances, j'ai pas encore trouvé le temps ...

Après la petite balade à Siddpuhr, départ immédiat pour Patan distante d’une trentaine de km pour revoir le Rani ki vav entre autre. Rapide repas au Tulsi, un resto familial très bon situé au rez-de chaussée de l'hôtel du même nom, assez récent et très correct, dans lequel je comptais dormir la veille. Une bonne adresse pour Patan. Petit tour à l'ATM où nous assistons à une scène inédite : les indiennes qui nous suivaient se sont déchaussées et ont laissé leurs chaussures devant la porte du distributeur !

Le Rani Ki Vav est le puits le plus extraordinaire pour ses sculptures, il y en aurait plus de 800 sur les murs, toutes plus belles les unes que les autres et la visite est un enchantement, même pour la troisième fois ! Le grès jaune de l’édifice, les sculptures, les colonnes rendent l’endroit magique. Le puits n'est pas complet, mais ce qui reste, waouh !

Construit au milieu du 11e siècle, le puits de la reine a été ensablé pendant des siècles par des crues de la Sarasvati, assez proche dans le passé. C’est ce qui a sauvé les sculpture, aussi précises qu’au 11e siècle, contrairement à celle de Modhera de la même époque, exposées aux intempéries, au soleil, au temps qui passe …







Là encore, beaucoup de touristes indiens sur leur trente-et-un, photos mutuelles car ils sont intéressants et exotiques pour nous comme nous le sommes pour eux. Le peu de touristes au Gujarat fait que nous ne passons pas inaperçus … Pause à l’ombre sur les marches pour admirer le travail des architectes et des sculpteurs et les saris et autres vêtements traditionnels toujours fabuleux.







Ces trois belles nous ont couru après pour que je les prenne en photo. Leurs saris fleuris dans les tons pastels sont rarement vus !

Cette année, on a fait l'impasse sur le Sahastralinga Talav, un réservoir construit au XIe et XIIe siècle très intéressant. Situé à 1 ou 2 km du Rani Ki vav, en prenant la route à droite à la sortie du puits, ce réservoir mérite une visite, tout comme les mausolées musulmans situés à quelques centaines de mètres de là, en suivant un petit chemin de terre. Je vous mets quelques photos d'un autre voyage pour vous donner envie d'explorer un peu plus les environs du puits si d'aventure vous passez à Patan ...









Visite rapide du musée de Patan qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable puis recherche de l’autre puits de la ville, le Trikam Barot ni vav, construit au 18e avec beaucoup de colonnes récupérées au Rani Ki vav. Bien plus petit, enchâssé entre des maisons, il a quand même fière allure.

L'entrée du grand temple jaïn a subi, depuis mon dernier passage un petit lifting pas très heureux : les deux superbes et immenses éléphants colorés qui encadrent la porte d’entrée principale ont été repeint en blanc et doré et les éléphants, qui jouaient avec une balle ou quelque chose de rond s’amusent maintenant avec un ballon de foot blanc et or ! C’est un peu incongru ! Les photos sont pas terribles mais parlantes !

Nous déambulons dans le bazar, bien encombré (la traversée de la rue principale fut épique, entre les voitures, les deux-roues, les rikshaws, les centaines de promeneurs, un défilé de mariage etc ... Entre les moments « on admire les beaux restes architecturaux », on procède à des achats divers … Des commerçants nous offrent un chaï, on rentre dans un atelier où des jeunes filles collent patiemment des perles et des pierres en plastiques sur des bracelets et autres bijoux fantaisies. Là aussi, nous avons un franc succès avec les ouvrières.

Retour à Siddpur par une belle route, sous la belle lumière indienne de fin de journée que j’aime temps. Le mariage pressenti ce matin bat son plein dans le parc adjacent à notre hôtel : tambours, pétards, serpents de pétards crépitants, bref, beaucoup de bruit, des danses dans la rue … comment allons-nous dormir ?

Après notre apéro habituel dans la chambre et le dîner au resto de l’hôtel, le propriétaire de l'hôtel nous propose d’aller voir le mariage de près. Nous sommes accueillis chaleureusement et des invités nous expliquent le déroulement de la cérémonie. Les mariés, plus tout jeunes (une bonne trentaine d’années) sont assis sur des fauteuils richement décorés, sur un podium - kiosque surélevé. Les belles sœurs s’affairent autour des mariés, qui ont des tonnes de fleurs à leurs pieds. Toutes les femmes ont les mains et les pieds ornés de dessins au henné. Les tenues sont magnifiques comme il se doit ... Quelle galère pour les mariés de rester toute une soirée sur ce podium, à sourire, remercier les invités qui défilent les uns après les autres, déposent des présents à leurs pieds etc ...



AM Amarante63 Veteran ·
Coucou Chris, SVP, j'attends la suite.... je suis en train d'etablir mon circuit...merci d'avance...
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
UR Urulu ·
Merci Christine! Moi aussi je suis en vacances...mais d´hiver et je profiterai pour préparer le voyage avec vos carnets et des blogs de gens de l´Inde comme celui que je vous ai envoyé un abrazo!!!
urulu
AM Amarante63 Veteran ·
Y a -t il un moyen d'imprimer ton texte Chris, sans les photos, en dehors d'un copié-collé un peu fastidieux ?
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
CH Chris70 Regular ·
Dany, Je pense pas que tu puisses faire autrement que de copier coller. J'ai quelques morceaux sous word mais pas dans le bon sens ... je rajoute au début du texte, pour gagner du temps ce qui fait que c'est en vrac et il manque des épisodes, écrits directement sur VF. Envoie moi ton adresse mail en message privé si tu veux une copie de ce brouillon et tu verras si tu peux en faire quelque chose.

Pour ta question plus ancienne sur les tissus et les galons, je fais du cartonnage (des boîtes de formes et d'usages variés, des casiers à colliers, des tiroirs, des albums photos...) et de la couture (des pochettes, des sacs, des tuniques etc ...). J'en offre donc pas de trace mais j'en ai aussi pas mal à la maison, à l'occasion, je prendrai quelques photos mais je ne sais pas si mes "productions" ont leur place sur VF, ce n'est guère le sujet !

Allez, je continue un peu mon carnet, il fait trop chaud pour rester dehors.

Mardi 23 février (cela commence par dater !)

A 8 h 40, nous sommes dans l’auto, prêts pour une journée de découverte. Aujourd’hui et demain, tout est complètement nouveau pour nous tous, y compris Malkit. Nous allons découvrir l'extrême nord du Gujarat, mis de côté lors de mes précédents voyages. Premier arrêt minute au bord de la route où nous avons repéré au passage des poteries et des cloches en terre cuite. Stop Malkit ! Demi tour immédiat et achat sans marchander de mobiles de clochettes en terre cuites à 100 rs qui tintinnabulent depuis dans mon jardin et d’un gros pot noir pour 50 !! Dommage que nous ne puissions pas rapporter sans encombre plus de ces gros pots. 55 km plus loin, arrêt au temple jaïn de Taranga, l’Ajitanath temple, dédié au deuxième tirtankhara jaïn, situé en haut d’une colline caillouteuse, Taranga Hill, un des points les plus au sud des monts Aravelis, les montagnes croisées souvent au Rajasthan qui est tout proche. Le temple a été repeint maintes et maintes fois, et la pierre nue comme on préfère n’est qu’un souvenir … le temple est rose et semble neuf mais il date pourtant du 12e siècle …









Les sculptures sont superbes, mais le clou de la visite restera pour nous l’éléphant en bois coloré composé des corps de 14 femmes : pattes, corps, trompes sont formés par des femmes entières, de différentes positions. C’est superbe et complètement inattendu. J’avais déjà vu sur des fresques ici ou là le même principe mais en trois dimensions c’est autre chose. Il nous faut ruser pour réussir à le photographier car la photo, comme souvent est interdite à l’intérieur et le gardien veille … On en a oublié de regarder l’immense statue de 5 m d’un tirtankhara signalée dans le guide ! La photo est nulle mais tant pis ...



A l’extérieur, quelques pèlerins jaïns, des moines et nonnes en tenues traditionnelles blanche et beige et des touristes indiens en grande tenue se promènent et rentrent dans tous les oratoires, nombreux sur l’esplanade. Tout autour du temple, des chaos rocheux du plus bel effet. L’endroit est très beau, le ciel est d’un bleu intense et avec le temple beige rosé, c’est photogénique. Au moment où nous quittons le temple, une nuée de scolaires bien excités débarque.

Après une cinquantaine de km d’une belle route vallonnée (nous sommes dans les contreforts des Aravellis, et ce pour les deux prochains jours) et un paysage très vert, nous arrivons à Ambaji, une petite ville de pèlerinage, quasi à la frontière du Rajasthan. Cela fait plusieurs années que j’ai envie de visiter le temple d’Ambaji, qui en réalité n’est pas exceptionnel mais belles découvertes néanmoins dans cette petite ville. Le temple n'ouvrant qu'à 13 h, on essaie de trouver sur le guide Gujarat comment occuper ce temps … Il y aurait un musée tribal, la Gurjari tribal foundation, située près du Mansarovar Kund. Vu comme cela, cela semble simple. Effectivement tout le monde connaît le réservoir et nous y arrivons rapidement sans problème. Par contre, la fondation semble inconnue. Après avoir demandé plusieurs fois sans succès aux passants et commerçants « Gurjari foundation » ou « Tribal museum », Malkit prend les choses en main et se renseigne auprès d’un commerçant qui ne sait rien mais téléphone à une connaissance qui pourrait savoir … Bref c’est pas simple, on attend dans le quartier et en profitons pour voir le Mansarovar kund du 16ème siècle, pas terrible, enfin, pas si mal mais on a vu tant de belles choses ces derniers jours que nous devenons difficiles !

Le quartier est animé et il y a pas mal de femmes vêtues de tenues traditionnelles encore inconnue pour nous à admirer. Les résultats de la communication téléphonique sont sans appel, la fondation, privée, une initiative d’un passionné d’art tribal n’existe plus. Dommage !





On se promène dans la ville et dans la grande rue, des dizaines de jeunes filles sont installées sur le terre plein central en béton qui sépare les deux voies avec des paniers de légumes. Le terre-plein est leur stand. Elles sont magnifiques, avec leurs énormes boucles d’oreilles en argent, leurs vêtements originaux pourtant pas très esthétiques (le prénom de chacune est brodé sur la blouse, ainsi que d’autres mots que bien entendu, nous ne comprenons pas !), leurs multiples colliers, leurs foulards brodés et inscrustés de miroirs. Chacune a, cousu sur les manches, une fleur en tissu en plus ou moins bon état, un élément indispensable de la tenue Garasia (nom de l’ethnie) mais dont elles pourraient se dispenser, tant c’est moderne et moche.









On déjeune vite fait au Gormeh Thaal, le resto de l’hôtel moderne « Ambaji international » qui, comme son nom l’indique, ne propose que des thalis. C’est pas grave, on a faim, on a chaud et pas le courage de traverser la ville pour trouver autre chose. On est à peine installés que cinq plateaux métalliques contenants des petits bols sont déposés sur notre table et c’est parti pour une distribution incroyable de différents mets. Un homme passe avec un ustensile métallique contenant des casiers avec les plats du jour et à un rythme effréné, il remplit nos bols avec un tour de main exceptionnel. On a à peine finit un bol qu’il le remplit à nouveau, un autre dépose sans arrêt sur nos plateaux des chapatis, naans et autres pains indiens.

Visite rapide du temple (no photo !) Le sol en marbre blanc est brûlant à cette heure et nous devons bien entendu marcher pieds nus ! Heureusement, sur les côtés, les marchands du temple ont installés des bâches devant leurs échoppes pour ombrager et c’est un peu plus gérable de marcher … des dizaines de boutiques, proposant des articles religieux, des jouets, des cuillères en bois, des bijoux, bref, toujours le même attirail mystico-commercial comme dirait C. Là encore, le temple nous semble trop moderne (on devient vraiment difficile mais on aime mieux le décati que le ripoliné, et là, il y a des travaux de peinture en cours … la shikkara blanche est en court de ripolinage doré ! – j’ai lu en rentrant un article sur internet qui expliquait que les jaïns ont fait une donation permettant d’acheter 14 kg d’or pour repeindre la shikkara ...)

On reprend la route, on dépasse kumbharia et son superbe temple jaïn ancien (j’ai vu au retour des photos sur internet qui me font saliver, temple très ancien, qui ressemble à Ranakpur …) car quand je m’inquiète de Kumbharia, nous l’avons dépassé et on a même du se dire, bah, un temple jaïn de plus ou de moins … Tellement omnibulée par la découverte des petits chevaux de Poshina, j’en ai oublié d’être précise sur mon programme pour cette journée « découverte ».

Bref, nous n’avons pas visité le temple de Kumbharia mais du coup, après une jolie route un peu sinueuse, nous arrivons vers 15 h à Poshina dans le superbe hôtel que j’ai repéré, le Dargabah Poshina facile à trouver, en plein centre du village de Poshina. Un portier en tenue ouvre grand la grille dès qu’il aperçoit notre voiture et s’occupe de décharger nos bagages alors que nous n’avons aucune réservation. En juillet dernier, quand l’idée de ce voyage a germé, j’avais échangé quelques mails avec le Maharadjah sans donner suite. C’est un bel endroit, un vieux palais ressemblant plus à ceux du Rajasthan tout proche que ceux du Gujarat datant pour la plupart du début du 20e siècle. Le palais est un peu décati, dans son jus mais avec de la belle déco ici et là (des pots en terre, des sculptures en pierre et en métal, du joli mobilier de jardin), des bougainvilliers en fleurs qui grimpent sur les murs blancs, des passages entre deux bâtiments, des patios, bref, un endroit où se poser tranquillement. Les chambres sont pas mal mais surévaluées (la chasse d’eau fonctionne très mal, il n’y a pas de poubelles dans les chambres, ledites chambres ne sont pas immenses comparé à ce que nous avons déjà pratiqué au Rajasthan par le passé ou à Balaram, le palais hôtel vers Palampur) car le maharadjah demande 7000 rs pour la moins chère avec le repas du soir, le petit déjeuner et une promenade en jeep . Autres prix, 8000 et 9000 selon la catégorie mais nous n’avons pas vu les chambres, estimant que celles à 7000 nous conviendraient tout à fait ! Cela change de Siddhpur à 950 rs ! On part se balader dans le village en attendant l'heure de l'excursion sur les sites de chevaux votifs. Au bazar, c’est marrant, mais tous les vendeurs de petits chevaux et autres poteries (et il y en a pas mal) sont aussi tailleur. Au premier plan, les poteries, et derrière, un homme penché sur une machine à coudre, et ce systématiquement ! Dans les petites rues derrières le bazar, on voit des artisans fabriquer des couteaux, des flèches (ils sont bien guerriers par ici !) et un potier en pleine action, en train de façonner les fameux petits chevaux de Poshina. Il fabrique les pattes et le corps d’un côté, puis le cou et la tête, puis il assemble les deux morceaux avant cuisson. Là encore, la terre est noire et une gamine est occupée à badigeonner les pièces finies avec un engobe rouge. On craque toutes pour un petit cheval à 100 roupies, une folie !





Nous prolongeons la balade par la visite d’un minuscule temple ancien, qui ne semble plus être utilisé pour le culte et par les cénotaphes de la famille régnante, posés l’un à côté de l’autre à l’extrémité du village, devant des maisons ! Sont-ce les maisons qui sont arrivées après les cénotaphes ou l’inverse ?





Pour les milliers de chevaux il vous faudra attendre un peu, j'ai mon quota de photos pour ce post et envie de profiter un peu du jardin, il doit faire moins chaud, cela fait deux heures que je suis sur ce message ...
AN An5 Veteran ·
Toujours accroc à ce magnifique récit. Merci beaucoup de continuer avec chaque fois tant de détails et de précisions. Les tenues des indiennes laissent effectivement dubitatif... L'Inde est vraiment le pays des extrêmes! La Ceramiste que je suis, attend les petits chevaux avec impatience mais je sais que c'est un gros travail de rédiger et illustrer un tel carnet. À bientôt donc.
PA Parvat Globetrotter ·
Si ca prend du temps d'écrire un carnet, tu sais aussi le plaisir que c'est de lire les carnets [:)] Je me permets de mettre une photo des chevaux de Bishnupur, (West Bengal) légèrement différents...



(Et je confirme, Christine fait des merveilles de ses mains! )
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
AN An5 Veteran ·
Oui Parvat quel plaisir de lire ces carnets car je suis aussi complètement accroc aux tiens! Et du coup, Je suis toujours dubitative sur notre prochaine destination indienne. Pour nous qui avons voyagé dans les états du Sud, tout est encore à découvrir dans le nord... En attendant, je voyage à travers ces carnets, j'imagine les réalisations de Christine et j'entends les cloches qui tintinnabulent.[:)]
AM Amarante63 Veteran ·
Photos superbes encore une fois !! Merci Chris de nous consacrer tout ce temps ! Les Garasia font partie de l'ethnie des Bhil ? Justement, j'envisage d'aller à la foire de Baneschwar debut fevrier 2017, et je viens de constater que c'est dans ce coin...Je t'avais envoyé un mp le 7 juillet, peut etre que tu ne l'as pas reçu, je te renvoie un autre...je veux bien de ton brouillon !
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
TI Tiane25 ·
Bravo Christine et Félicitations pour ce super carnet de voyage !

Namaste Christine ! J'ai vu et partagé tes photos indiennes chez toi, j'ai écouté ton CR de voyage au Gujarat , c'était super, j'aime partager ces moments avec toi et sur VF , j'ai beaucoup de plaisir à découvrir et relire les pages de ton carnet de voyage : beau brin de plume et superbes photos ! On te dit souvent que dans une vie antérieure tu as dû être Indienne !!! cela doit être vrai !

En tous cas, pas de problème pour Christine pour vous composer un voyage en Inde... De tête, elle vous organise un itinéraire, puis vous le peaufine, dans les détails, à l'ordi, puis vous donne un tas de documents sur les lieux, les "choses" à ne pas rater, des adresses, des hôtels... c'est mieux qu'un guide, parce qu'elle les a tous lus et qu'elle vous en fait un synthèse.... elle a un disque dur "Inde" dans la tête, ! ! !

Nous sommes quatre (femmes de 60 à 75 ans ! ! Hé !!) avec Malkit comme chauffeur, nous avons fait un circuit de 24 jours au Gujarat en janvier 2016. Un circuit préparé par notre amie christine ....ce fut super, le top à tous les niveaux ! un régal au quotidien ! a tel point qu'un autre voyage avec Malkit est programmé pour nous en janvier 2017 Ce sera mon 10 ème voyage en Inde (1er voyage en 1978 ! sacs à dos, transports en commun) La formule voiture +Chauffeur est extrêmement confortable et Malkit est un ami q'on aime retrouver! MERCI Christine, MERCI Malkit !
YO YogaCham Regular ·
Chris70,

qu'est-ce que ton récit et tes photos peuvent me faire rêver !

L'Inde est tellement grandiose ! Quand vais-je pouvoir y retourner ?? je languis !
AL Aleph240758 Veteran ·
grandiose !! en plus on découvre toujours de nouveaux lieux, c'est génial avec Fabienne vous devriez publier tous ces beaux carnets qui font rêver j'ai hâte de voir ces chevaux, je connais ceux du Tamil Nadu complètement différents , dans quelques mois , je vais découvrir ceux de Bishnupur et peut être d'autres dans la région west Bengal mais ce sera une autre histoire les sculptures à ce temple sont vraiment très belle ..... merci Chris et c'est bien finalement d'aller lentement on savoure hum ça fait du bien
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
CH Chris70 Regular ·
Finalement, je n'ai pas plus de temps lorsque je suis en vacances que pendant l'année ... Mes excuses à ceux (celles surtout, d'après les messages) qui attendent la suite.

En fin d'après midi, on part, cheveux au vent, dans la jeep décapotée conduite par le fils du Maharadjah, Harendrapal Sinh, tout de blanc vêtu, un chapeau sur la tête, à travers les rues du village (le bazar, les cénotaphes) puis dans la campagne. A la sortie du village, plein de détritus, comme partout. Notre noble chauffeur nous explique que toutes les petites poches en plastique qui traînent partout sont en fait des récipients à alcool de contrebande. L’alcool est interdit au Gujarat mais les hommes ont recours à toutes sortes d’expédients pour s’en procurer. Au cours de la balade, on croisera d’ailleurs un groupe d’hommes bien avinés (enfin, surement pas de vin !) dont un plutôt agressif. La route est belle mais très sinueuse et l’héritier de Poshina nous annonce sans cesse quand on croise une autre route « par là, c’est le Rajasthan à 2 km », « Ici, le Rajasthan est à 5 km » … Nous sommes vraiment à l’extrême nord du Gujarat, et demain, nous allons redescendre un peu plus au sud pour de nouvelles découvertes ... pas question de passer tout de suite au Rajasthan !

Le paysage est très verdoyant malgré la présence de chaos rocheux : rivière, montagnes au loin, palmiers etc … La jeep s’arrête au bord de la route et il faut marcher un peu pour arriver au premier site. Un gamin embarqué avec nous reste pour garder la voiture. Plus de 6000 chevaux votifs, plus ou moins anciens, plus ou moins grands, sont alignés par série au pied d’un arbre sacré, tout près d’une grande rivière quasi à sec. Ce n’est pas toujours le cas et on nous explique que lors d’une forte mousson, la rivière en crue a tout emporté sauf les chevaux qui sont restés en place. Cet évènement a encore augmenté la ferveur populaire des tribus bhils qui apportent et vénèrent ces chevaux. C’est superbe et nous ne regrettons pas la chambre à 7000 rs, seul moyen d’admirer cet ensemble exceptionnel. Vu les tours et les détours dans la campagne, je ne pense pas pouvoir retrouver seule ces endroits. Malkit et sa mémoire d’éléphant n’étaient pas là, pas de place dans la jeep selon Mr Sinh !







On s’arrête vers une école dans une ferme dans son jus : étable, cuisine et chambre dans la même pièce. Il y a même une poule installée dans un panier suspendu dans la pièce qui sert visiblement à tout. L’odeur en témoigne … Les enfants sont soit bien sales, soit tout nus. Le "maharadjah" distribue un gâteau à chacun des enfants qui attendent sagement leur tour, sans émeute.

Après quelques kilomètres en jeep, nous voici arrivés près du second site de chevaux votifs. Une nouvelle petite marche dans la campagne avant d’arriver sur le site qui est impressionnant, il y a des milliers de chevaux, certains tout simples comme ceux vus dans le bazar, d’autres montés par des cavaliers rigolos, quelques éléphants … D’après notre guide, il y en aurait eu jusqu’à 60 000 au plus, en ce moment, un peu moins car certains sont cassés et mis en tas dans un coin pour faire de la place(on ne jette jamais vraiment une idole ou une offrande !) L'endroit est magique : les chevaux sont installés sur des grandes dalles naturelles de pierre, les monts Aravellis en arrière-plan, un peu plus loin, un énorme banian avec des vaches et des buffles à l’ombre des racines. On reste un moment à discuter en admirant les milliers de chevaux et le coucher du soleil.









On rentre à la nuit tombée, prenons une petite bière sur notre terrasse privative puis repas – buffet dans une salle à manger immense. Il y a quelques touristes à l’hôtel dont un groupe qui regarde un spectacle dans la cour en buvant l’apéro, spectacle que nous esquivons … le portier – guide de l’après-midi danse ou plutôt bouge en rythme dans sa tenue habituelle avec un fusil !, un autre mec est déguisé en femme avec un sari rose fuschia le recouvrant de pied en cap, quelques musiciens tambourinent et gratouillent des cordes. Bof ! Mercredi 24

De Poshina, juste une petite heure de route jusqu’à Khedbrahma pour voir le temple de Brahma (un des deux seuls spécimens en Inde avec celui de Pushkar), mais surtout le puits qui jouxte le temple, repéré dans les livres d’architecture achetés lors de notre premier voyage. Le temple contient, au lieu des traditionnels Nandis, véhicule de Shiva, des cygnes, véhicule de Brahma. L’un d’eux est « encapé » avec la queue qui dépasse, c’est assez kitsch !

A côté du temple, le puits, très simple en apparence. Comme d’habitude, on descend plusieurs niveaux soutenus par des colonnes fort simple … le clou du spectacle est dans le fût du puits, décoré de dizaines de mini temples. C’est très beau malgré les chiures de pigeons (nombreux à être perchés sur les templions), les papiers, les toiles d’araignées …

Nous ne prenons pas le temps de nous balader à Khedbrahma, il nous reste pas mal de choses à voir aujourd’hui et nous allons même amorcer notre retour sur Delhi. C'était juste un arrêt "minute"

Départ pour Idar situé 20 à 30 km plus au sud, une ville construite en partie sur un chaos rocheux. Il y a pas mal de choses à voir et je pense que la ville mériterait une journée, ou une bonne demi- journée d’après les lectures de blogs ou sites d’indiens que j’ai pu lire, mais nous n’avons pas le temps, juste celui de la découverte, pour s’imprégner de l’ambiance du bazar du bois, pour voir le chaos rocheux de plus près. Je prévois toujours trop de chose à voir et certaines villes me reverront sans doute passer... Sans plan ni aucune indication, nous marchons au hasard dans les ruelles du bazar, les maisons sont jolies avec des encorbellements en bois, des brackets sculptés, des balcons, des couleurs acidulées, des portes superbes … qui ont connu des jours meilleurs.



Nous ne verrons ni le palais ni le temple (repérés sur un blog indien), car la route ou plutôt la rue d’accès est un égout à ciel ouvert et j’ai l’interdiction de mes compagnons d’avancer plus loin et de mettre un pied dans cette ruelle malgré ma curiosité insatiable. J’obéis, il faut savoir raison garder quelquefois et j’ai pas vraiment envie de glisser dans la merde.

La vieille ville est vraiment jolie, les gens sont sympathiques, surtout dans la rue des artisans du bois (wooden toys) quand on achète quelques objets … Tout le monde s’affaire : une femme coupe à la scie des petits bouts de branchages qui deviendront un morceau d’objet, des hommes sont assis devant des tours à bois. Chacun a l’air spécialisé dans un objet précis.

En regagnant la grande rue, pas très loin de la traditionnelle horloge, belle scène avec trois femmes superbement habillées et bijoutées devant une graineterie en gros : toutes les trois ont une large jupe bleue bordée de galons rouge, un foulard fleuri quasi identique qui leur couvre les cheveux et la poitrine, un peu comme une tunique, plusieurs colliers, des boucles d’oreilles en argent à tomber, une boucle de nez, des bracelets blancs de l’épaule au coude, puis sur le poignet, des bracelets de pieds énormes à chaque cheville et pour compléter le tableau, des tatouages tribaux sur le front. Encore une série de trois femmes habillées de la même façon, comme à Nirona et Mandvi. C’est une coutume ou quoi ? En tout cas, tout cet attirail doit être très lourd pour aller faire les courses !



Le guide Gujarat indique un « Rani Talav » que nous ne pouvons pas manquer … En regardant le GPS, on repère le point d'eau et on s’enfonce dans une petite rue à la sortie de la ville mais point de Talav (étang), mais, grâce à la vue perçante de Malkit, on dégote un nouveau puits, au milieu de rien, ou plutôt entre deux chaos rocheux. Il a de superbes colonnes sculptées et des brackets originaux. Le puits n’a pas de nom et la pancarte très abimée et plus très lisible de l’ASI indique simplement « Vav, Idar : water for the thirsty ». Jolie expression !







La suite (et fin), très bientôt ...
AL Aleph240758 Veteran ·
énorme !!! merci , merci beaucoup!! bises marie
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
CH Chantalmrs Regular ·
Magnifiques ces chevaux ! Merci pour ce partage de découverte [:)]
AM Amarante63 Veteran ·
Magnifiques et étonnants ces chevaux votifs ! et belles femmes aux bijoux ! j'ai hâte d'y être ! Merci Chris
Dany Les pieds ne vont que là où le cœur veut.
EN Encorelle Regular ·
je continues de suivre ce périple, en silence, ....et je me régales! Merci Chris
"Je vous souhaite de rêver à n'en plus finir, et l'envie d'en réaliser quelques uns...je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier." Jacques Brel
AL Aleph240758 Veteran ·
bonjour Gisèle mais il n'est jamais trop tard pour commencer ce carnet du sud !!! nous on aime bien les lire aussi !!! mariejo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
CH Chris70 Regular ·
Bonjour

Les chevaux du Tamil Nadu ont l'air superbes. J'ai déjà eu l'occasion de voir des photos, cela donne envie. Au Gujarat, beaucoup plus nombreux mais plus rustiques et plus petits. Bon voyage avec Malkit au Gujarat, n'hésitez pas à me poser des questions sur des lieux improbables qu'il retrouvera sans problème, mais sans avoir les documents explicatifs que j'ai concocté ou trouvé pour les visites. Il a une mémoire d'éléphant.

Je continue mon carnet ...

A 14 h 30, après un déjeuner rapide dans un dhaba juste avant l’embranchement pour Polo Forest, nous commençons notre découverte des monuments de Polo Forest, des temples disséminés dans la campagne sur une quinzaine de km. Nous sommes munis d’un document du GTRDC (Gujarat Tourism etc …) pour nous aider, plus le GPS … Le premier temple indiqué est le Shiva Vrisheswar Mandir, un temple fraichement repeint. « Om Shiva, Om Shiva » à plein pot dans les hauts-parleurs, singes joueurs, stop rapide, trop ripoliné, trop refait à neuf.

Retour sur le circuit proposé par le GRTDC pour quelques kilomètres. Il me semble que nous avons dépassé le deuxième temple, qui aurait du se trouver sur le bord de la route assez rapidement. Des gens que Malkit interrogent nous renvoient en arrière. Nous avions bien dépassé le second temple ! Ce qui semblait simple sur le papier se révèle un peu plus complexe … En fait, les temples ne sont pas exactement (pour certains) sur le bord de la route, comme cela apparait sur le document. Les indications de l’ASI existent mais il faut un sacré œil pour les repérer car elles sont couvertes de poussière et quasi invisibles si l’on ne fait pas attention. On arrive à un ensemble un peu ruiné mais néanmoins intéressant du 10e siècle. Les toits sont effondrés ou presque mais les portes sont finement sculptées (un peu comme ceux de la même époque vus au Madhya Pradesh une autre année).

On reprend la voiture pour quelques kilomètres encore et arrivons au Shakti temple, un ensemble de plusieurs bâtiments dont certains sont en triste état, consacrés à Shiva datant du 10ème siècle. Il fait très chaud et la rivière qui coule au bas des temples ne rafraîchit pas l’atmosphère. C’est un très bel endroit, sur les contreforts des Aravellis, avec les collines boisées en arrière-plan, la rivière, les arbres aux fleurs orangées qui donnent un coup de peps à l’ensemble, les pierres sculptées … Le temple se mérite car il est situé sur une haute plateforme que l’on atteint après quatre volées de six marches.



Le torana d’entrée a encore une belle allure, deux des quatre templions qui entourent le temple central ont dû être retapés par l’ASI car ils sont en super état et arborent des sculptures et un toit magnifiques, les deux autres ne sont plus qu’un souvenir, il ne reste que les soubassements. L’ensemble s’appelle le Shakti Panchayata puisque qu’il s’agit d’un ensemble de cinq sanctuaires.

Sur la route, restes d’un tout petit temple enchâssé dans un fromager qui a complètement pris le dessus … Quelques kilomètres plus loin, sur le bord de la route, comme prévu sur le plan, un temple entouré de hauts murs. C’est le plus imposant de tous ceux que nous avons vu pour l’instant et nous ne serons pas, comme les autres fois, seuls pour visiter. Deux bus d’écoliers sont stationnés devant les murs et les gamins grimpent partout … Les coffres des bus sont remplis de grosses casseroles, d’immenses poêles, d’une passoire énorme, de gobelets et thalis en métal, d’une cocotte-minute qui a vu des jours meilleurs et de divers matériaux. En Inde, quand on pique-nique en sortie scolaire, on pique-nique sérieusement ! J’imagine que les cuisiniers de l’école ont préparé du riz, du dal et des légumes pour tout ce petit monde…



Le panneau de l’ASI, un peu moins poussiéreux que les premiers que nous avons rencontrés nous indiquent que nous sommes au Sharaneshwar temple, du 15ème siècle, lui aussi dédié à Shiva et que ce type de temple entouré d’une enceinte (enclosure !) n’est pas courant dans le nord de l’Inde). Il y a une entrée principale aménagée dans le mur d’enceinte qui ressemble aux portes que nous avons pu voir dans les villes fortifiées du Gujarat, avec de beaux brackets, des faux balcons ouvragés. Le temple devait être assez important : il est original, composé de deux étages encore debouts (le toit a disparu) et d’une espèce de véranda qui coure tout autour du bâtiment, et ce sur les deux étages. La véranda est soutenue par des colonnes sculptées sur la partie supérieure.



Il y a ici et là des pierres non remontées qu’habituellement nous ne pouvons admirer de près. 4 pierres triangulaires devant former initialement le plafond d’une « chapelle » latérale gisent sur le sol : sur chacune d’elle, des musiciens aux pattes d’oiseaux avec des instruments différents.







La rivière coule tranquillement tout le long de la route et curieusement, c’est extrêmement propre et bucolique. Pas de papier gras ni de sacs plastiques comme partout ailleurs. Les indiens ont l’air de respecter les pancartes « Keep clean Polo Forest » ! Il faudrait mettre ce type de pancarte un peu partout dans le pays si cela marche ici, pourquoi pas ailleurs !

Arrêt rapide dans un autre temple du 15e siècle, toujours consacré à Shiva, en piteux état lui aussi mais très photogénique car la pierre est très rouge et les sculptures ressortent bien.







Dernier arrêt pour l’ensemble jaïn. Il faut traverser pieds nus un gué bétonné submergé par la rivière. Il y a beaucoup de monde, des indiens uniquement, en famille, en sortie scolaire ou en groupes d’amis.

Le passage de la rivière est marrant pour tout le monde sauf pour C. qui se rend compte, au milieu du gué qu’elle n’a plus qu’une chaussure à la main. Il y a pourtant un grillage de chaque côté du gué mais un grillage troué par endroit ... On regarde autour de nous en vain, le courant a du emporter la chaussure … qui était très confortable pour voyager. Sa paire de basket étant dans la valise, malheureusement située en dernière position dans le coffre, C jette l’éponge et décide de rester vers Malkit pendant que nous partons en exploration. Nous marchons quelques centaines de mètres sur un chemin au milieu d’une forêt encore clairsemée à cette époque de l’année et arrivons dans un lieu magnifique. Des ruines devant nous, mais sur la droite, une centaine de mètres plus loin, un temple très original et très beau, avec des jalis incroyables, représentant pour certains des animaux ou des personnages.











Devant toutes ces belles choses, je me décide à aller chercher C. et Malkit. Je les retrouve devant le gué et les envoie admirer le temple (C. avec mes chaussures du 41 à ses pieds en 38 !) Pendant ce temps-là, je suis pieds nus au bord du gué à multiplier les selfies (c’est eux qui font des selfies, pas moi !) avec tous les indiens qui passent par-là (jeunes en goguette, profs ou instits accompagnants les élèves …)et se demandent bien ce que je fais là, assise seule les pieds dans l’eau. De mon côté, je ne me gêne pas pour photographier tout ce petit monde et le temps passe vite.



Je mets pas mal de photos de Polo Forest pour vous donner une idée de l’endroit, je n’ai pas trouvé grand-chose sur internet quand j’ai préparé mon circuit.

C’était notre dernière visite au Gujarat, puisque nous commençons notre remontée sur Delhi juste après Polo Forest… On rejoint assez rapidement Vijaynagar et de là, par une route très belle mais sinueuse passant dans des villages du sud du Rajasthan, on arrive sur l’autoroute menant à Udaipur. Petit arrêt chaï et clop à Rishavdeo en prenant le temps de revoir, de nuit, le superbe temple (photos inmontrables, nulles) et ses immenses éléphants en pierre verte qui montent la garde devant l’entrée. Je l'ai déjà visité lors d'un autre voyage et ce temple vaut vraiment la visite, tout comme Dungarpur, tout près de là, une petite ville du sud du Rajasthan, encore pas très visitée. Arrivés à Udaipur vers 20 h 30 juste pour dormir, dans un superbe hôtel pas cher que Malkit connaissait situé dans la périphérie, au bord d’un des lacs. Pas le courage d’aller en ville après cette journée bien remplie, on se contente d’admirer la vue depuis le resto sur le toit.

Jeudi 25 et vendredi 26 février

Deux longues journées de route, entrecoupées de pauses chai, dhaba, derniers achats (on a encore de la place !) pour remonter sur Delhi, même si il n'y a que 750 km ... ou plutôt parce que 750 km en Inde, c'est pas de la tarte ! Udaipur - Jaipur le jeudi et Jaipur - Delhi le vendredi ... une sacré expédition mais on l'a déjà fait par le passé. On aurait pu prendre l'avion et laisser Malkit rentrer seul mais nous n'avons jamais envie de le quitter trop tôt et préférons l'accompagner pour cette "épreuve" !

En vrac, quelques remarques : - nous sommes très étonnés du développement de Jaipur où nous n'avons pas mis les pieds depuis 2010 : la ville s'est modernisée incroyablement dans les faubourgs. Le centre est toujours aussi beau, une unité architecturale qu'aucune ville du Madhya, de l'Uttar ou du Gujarat n'arrive à égaler, même à 5%. Je comprends pourquoi le Rajasthan est proposé par les Tour opérateurs , même si je n'ai plus envie pour ma part, d'y retourner (il faut dire que je connais bien, mais trop touristique, trop de sollicitations de toutes parts). Le traverser en partie chaque année pour rentrer me suffit !

- La circulation est toujours aussi dingue sur la route entre Jaipur et Delhi mais il nous semble que c'est plus policé, moins dangereux. Presque plus vu de véhicules à contresens. L'Inde change vite !

- Arrivés vers 15 h à Delhi, on retourne au musée de l'artisanat (craft museum qui est plutôt un musée d'art tribal) encore en travaux, partiellement fermé et encore gratuit cette année. Chaque année, on y repasse, espérant la fin des travaux et la réouverture de toutes les salles mais cela traîne ... A ne pas manquer, même si il n'est pas encore fonctionnel complètement, tant pour les collections à l'intérieur que les reconstitutions de l'habitat tribal ou les mises en scènes à l'extérieur, avec des sculptures de chevaux en terre cuite, des peintures tribales. Une superbe boutique vient d'ouvrir avec des objets de toute beauté, à des prix intéressants et étiquetés !

- Encore pas pris le temps de repasser une journée à Delhi, cela fait bien longtemps que je n'y arrive que la veille du départ, dommage, mais à chaque fois, je n'arrive pas à tout caser ce que je voudrais ! Du musée, on va saluer et dîner dans la famille de Malkit, qui vit pas très loin de l'aéroport. Son épouse nous a entre autres plats, préparé des aubergines divines. Le temps passe vite et il est déjà l'heure de rejoindre l'aéroport, notre vol est à minuit ce vendredi !

Encore un magnifique voyage en Inde, qui ne sera pas le dernier ... j'ai déjà quelques idées pour le prochain !
PA Pachyderme Veteran ·
merci pour ce joli partage! j'ai bien aimé (entre autres) tes photos des gens et leur belle manière de s'habiller (ta photo des trois dames assises au début de ton récit..il y a longtemps!.. je la trouve magnifique, bref comme quoi les voyages en voiture avec chauffeur ça a l'air sympa aussi! merci![:)]
https://youtu.be/Zf3BvhjWTKg?si=1YaiHFtGqzqgC54P
GI Gilloug Veteran ·
Merci ! Merci ! et ....encore Merci !

Promets nous de ne pas supprimer ton carnet car... tu m'as donné envie de découvrir le Gujarat lors de mon prochain voyage ! Il me sera extrêmement utile !!!!

Take care
Si l'on ne meurt qu'une fois...alors vivons à l'infini!

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