Jour 5 : 24/04/2017 : Zaouiat-Ahansal – Rocher Cathédrale - Anergui (90 km de piste prévus, 250 réalisés)
Après un petit déjeuner très sympathique, le même qu’hier, c’est-à-dire toujours aussi copieux, nous prenons le temps avant de partir de faire une photo avec la dame du gite, qui, bien que ne parlant pas français, a été aux petits soins avec nous, surtout côté cuisine !
Nous réglons la facture 150 dirhams (=15 euros) par personne et par jour : pour le repas du soir, le pique-nique, l’hébergement et les petit-déjeuner ! Ce n’est vraiment pas cher.
Nous partons aujourd’hui pour environ 90 kms seulement, mais que de la piste, direction ANERGUI ! Notre premier guide Khalifa nous a invité à passer une nuit chez lui, en compagnie de sa famille. D’ailleurs nous n’avons pas trop de nouvelles de lui, mais on le verra surement ce soir !
Nous repassons dans le village de Zaouiat, c’est le jour du souk hebdomadaire. On s’y arrête, car Khalifa avait demandé à Mohamed de lui acheter 2 kg d’oranges pour lui rapporter chez lui. A Anergui, un seul souk aussi par semaine, et il n’y a pas toujours de tout, alors c’est sympa de lui en ramener. Nous on achète rien, nos hôtes nous ont encore fourni notre pique-nique de ce midi !
Nous prenons la route, je commence à être malade, depuis hier soir j’ai le nez qui coule … 😕Heureusement, j’ai du Doliprane avec moi et aussi des mouchoirs ! La piste est pour l’instant bien roulante. J’ai demandé à Mohamed pour me mettre à l’avant cette fois … je verrai mieux le paysage, et j’évite ainsi le mal des transports. Les paysages sont superbes, nous traversons la réserve naturelle forestière de TAMGA ça ressemble un peu au sud de la France, avec beaucoup de pins.

Nous arrivons en vue du « rocher Cathédrale », immense bloc de roche au milieu du paysage ! Drôle de nom pur ce rocher en pays musulman, mais bon … Nous faisons quelques photos pour immortaliser l’endroit, en plus on a l’impression d’être seuls au monde on a pour l’instant croisé personne sur cette piste ! C’est top.

Non loin de là, nous tombons sur un groupe de motards italiens, on s’arrête. Ils nous demandent de les prendre en photo. Ils prennent la même direction que nous par la piste, et nous demandent si « ça passe ». Mohamed nous dit que normalement c’est bon, la piste n’est pas très difficile. Les motards repartent dans un nuage de poussière … Très peu de kilomètres plus loin, nous rencontrons deux marocains qui voyagent en VTT, on échange quelques mots, ils se prennent un selfie avec nous. Nous leur souhaitons bon courage pour la suite.
Nous pique-niquons au bord de la rivière. Une fois le ventre plein, on reprend la route, enfin la piste.

Après quelques kilomètres, nous bifurquons sur la piste de droite, au niveau d’un pont en construction. La piste devient plus étroite et caillouteuse, mais plutôt bonne. C’est parti pour la « vraie piste ».
Les kilomètres s’enchainent, tout va bien. Au bout d’un moment, première difficulté pour notre Duster, 2 roues motrices seulement je le rappelle. Tout le monde descend, on observe le terrain, on bouge quelques grosses pierres, on bouche les plus gros trous, et ça passe facile…
Quelques minutes plus tard, nouveau passage plus délicat. Il faut de nouveau préparer le terrain, tout le monde s’y met. Mon chauffeur s’en sort magnifiquement grâce au travail collectif ! C’est ça l’aventure !🙂
Mais alors qu’on en est à plus de la moitié du trajet de cette piste, nous arrivons sur un passage complètement effondré : il y a un gros trou, le vide à côté, une grosse pente à remonter en dévers… Les motards italiens de ce matin sont en train de finir de passer, un par un, avec l’aide ce ceux qui sont de l’autre côté. C’est difficile pour eux. Et pour nous, ben ça passe pas ! On a beau réfléchir, retourner le problème dans tous les sens, avec le Duster, on prend pas le risque de passer là, on peut pas se permettre de le casser ou de rester plantés on aurait tout gagné…😠😠
La décision est prise, il faut rebrousser chemin et tout refaire en sens inverse jusqu’au pont en construction., de là on reprendra une route qui contourne toute la montagne par le barrage de Bin El Ouidane, environ 150 kilomètres de détour sur les routes de montagne ! Autant dire qu’on va arriver tard à Anergui …
Nous sommes arrivés au pont, ici aussi passage très craignos, où j’ai eu une belle trouille ! On passe sur un pont en bois complètement délabré, avec des planches posées dessus, qui bougent, dont certaines sont cassées…
Mohamed descend et guide mon mari pour poser les roues au bon endroit… limite je ferme les yeux ! J’en suis quitte pour une bonne trouille ! 🤪 Un peu dommage pour les souvenirs mais dans ces deux passages difficiles, ça craint tellement, qu’on a même pas eu le réflexe de prendre une photo, pourtant ça aurait valu des points ! Tant pis, cela restera gravé dans notre mémoire perso, c’est bien là l’essentiel.
Le passage vers le lac de Bin El Ouidane est très beau, on a pas tout perdu… Mais la route est encore longue.

Sur la route, à l’entrée d’un village, nous serons également contrôlés par des policiers, qui nous font passer un contrôle assez long, tout noter de nos identités, nos passeports et veulent savoir où on va passer la nuit. Heureusement Mohamed est avec nous pour expliquer tout ça et tranquilliser ces policiers un peu suspicieux … Encore un avantage d’avoir un guide avec nous. Sinon, je pense qu’on aurait été bons pour leur donner un bakchich … Mohamed confirme que ces pratiques sont courantes.
Encore beaucoup plus loin, les routes sont belles, enfin surtout niveau paysage, car niveau revêtement, ben c’est le Maroc quoi … nous arrivons enfin en vue d’Anergui !

Il nous faut encore noter nos identités sur une feuille, que nous donnerons à l’entrée du village pour le « caïd », autrement dit le chef du village. Tout est sous contrôle ici …
Pour arriver chez Khalifa, il faut encore prendre une piste en terre sur 5 kms. La piste est assez difficile et très étroite, oh là là que c’est dur… Mohamed avait téléphoné pour prévenir de notre retard, il nous informe aussi que Khalifa n’est toujours pas rentré … on ne le verra pas ce soir alors qu’on est invités chez lui !!😕
Les deux plus grands enfants de Khalifa nous attendent là où il faut laisser la voiture, j’ai bien cru qu’on arriverait jamais. Il est tellement tard qu’il fait quasi-nuit. Moi qui pensait être enfin arrivée, que nenni !! Pour aller jusqu’à la maison de Khalifa, il faut encore emprunter un tout petit sentier de terre qui chemine à droite, à gauche, on monte, on descend … ça n’en finit pas … Et en plus il fait nuit, on y voit plus rien.
Les gamins, habitués à la montagne et à leurs petits chemins galopent comme des lapins ! Inévitablement, je finis par glisser et me vautrer lamentablement … 😏 Bon, pas grave, je me suis pas fait mal. Dire que j’ai une frontale dans mon sac, ah si su, j’aurais pu la sortir !
Au bout de 10 minutes, nous sommes ENFIN arrivés ! Ben je vous le dis, Anergui, ça se mérite …Nous entrons chez Khadija, la femme de Khalifa, qui nous présente toute la petite famille. Il y a Yassine (10 ans), Aimat (8 ans) et la petite dernière Hajar (prononcer raja, 1 an et demi).
Khadija est très accueillante, et nous offre bien sûr le thé de bienvenue dans la pièce principale, très très grande, avec une toute petite table basse et quelques coussins, et c’est tout ...
Je dois dire que je suis un peu surprise, je ne m’attendais pas à une maison comme ça… Khalifa, qui gagne relativement bien sa vie comme guide, je pense, par rapport au revenu moyen des habitants de la montagne, chez lui il n’y a pas d’eau courante. Les toilettes sont à la turque seulement, avec un seau et un récipient pour tirer la chasse. Il y a tout de même l’électricité et une télé dans une pièce qui je pense doit être la chambre de la famille. La maison est très grande, mais presque vide… ça fait un peu bizarre.
Mais on sent ici que l’hospitalité n’est pas un vain mot. Nous aurons droit à un très bon repas. D’abord un tagine, toujours très bon ! On en reprend deux fois, pour faire honneur au plat. Nous pensions arriver ensuite au dessert, ah ben non ! Il y a ensuite un deuxième plat, comme nous l’explique Mohamed. Il s’agit d’un plat de pâtes, genre spaghettis, mais beaucoup plus fins, que l’on saupoudre de sucre glace ! C’est pour le moins inhabituel pour nous.😮 On goûte … Oh, mais c’est super bon ! Mais après le tagine, ça fait tout de même beaucoup… Khadija nous dit qu’il faut manger, l’expression est « Tich-Tich », ce qui veut dire en gros « allez mange» !!
A partir de ce jour là, nous répéterons souvent ses paroles, pour nous rappeler notre hôte d’un jour : « tich-tich » !😏😏
Nous offrons ensuite à Khadija le morceau de Comté que nous avons ramené de France. Je pense qu’ils ne connaissent pas. Tout le monde en prend un bout pour goûter. Les enfants aiment bien, je ne sais pas si Khalifa reviendra chez lui avant qu’il n’y en ait plus ...
Khadija nous propose de rester avec elle demain, elle veut nous préparer un couscous pour le midi !! C’est tentant …
Entre temps les enfants sont partis se coucher, il est bien tard, et demain, ils ont école… Nous aussi, on est cuits, alors hop au lit. Khadija nous a préparé une chambre, à côté du salon, avec chacun un matelas posé sur le sol, des draps et deux grosses couvertures de laine chacun, je pense qu’on va pas avoir froid.