
D'une première visite à Key West en 2012 *, j'avais gardé en mémoire d'excellents souvenirs … j'y suis retourné en avril dernier et avec beaucoup de plaisir j'ai retrouvé l'ambiance et le charme de cette île du bout des USA. Mais durant ce récent week-end sur place, je me suis attaché à compléter ma connaissance de cette île. Mes balades m'ont donc plus particulièrement conduit dans quelques lieux négligés lors de mon premier voyage. Ce sont ces quelques visites que je me propose de partager dans ce récit, illustré par de nombreuses photos. Bonne balade virtuelle sur l'île de Key West.
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Au 907 Whitehead Street, une célèbre résidence … d'écrivain à succès

En 2012, je me souviens être passé devant cette élégante maison coloniale mais la grille était fermée, une pancarte suspendue à l'entrée indiquait : « Closed ». Dommage pour nous, il était trop tard pour la visite, les heures d'ouvertures étaient terminées ! A l'époque, je m'étais bien promis que si par un heureux hasard, un de mes périples me ramenait un jour ou l'autre vers Key West, la visite de cette fameuse habitation serait une de mes priorités. Du souhait à la réalisation ... me voici en cette après-midi devant l'entrée du 907 Whitehead Street et cette fois, la porte est bien ouverte.
Mais pourquoi un tel intérêt pour cette bâtisse ? Certes, elle a du charme avec son architecture coloniale typique des îles, mais il y a un plus … en effet, c'est ici qu'a vécu pendant quelques années Ernest Hemingway, prix Nobel de littérature en 1954. On savait que l'homme avait du talent en tant qu'écrivain, on constate qu'il avait aussi du goût pour les belles demeures. C'est en 1931 que le romancier, journaliste et grand voyageur jeta son dévolue sur cette habitation. Elle avait été construite pour un riche armateur mais son entretien laissait à désirer … qu'à cela ne tienne ! Ernest Hemingway accompagné de Pauline (son épouse du moment, il en a eu 4 !) entrepris des travaux de rénovation de la maison ainsi que du grand jardin tropical qui l'entoure. Ils firent même creuser une piscine dans le sol en corail et aussi une cave à vin sous la maison, des aménagements peu courants sur l'île de Key West dans ces années-là.
La visite ce cette habitation vous fait passer de pièce en pièce … du salon à la salle à manger, de la vaste chambre du couple à celle des enfants. On y retrouve l'atmosphère surannée et paisible dans laquelle vivait à l'époque la famille de l'écrivain. La décoration ainsi que l'ameublement ont été conservés en l'état. Des lustres en cristal ornent les plafonds et un mobilier raffiné, principalement de style espagnol 17ème, meuble les pièces.

Bien sûr, c'est le bureau dans lequel écrivait l'auteur qui est le clou de la visite. Pour le découvrir il faut quitter la construction principale pour se rendre dans une autre bâtisse située juste à l'arrière de la maison de maître. A l'époque Hemingway avait aménagé cet atelier de jardin pour en faire sa pièce d'écriture. Il avait fait réaliser une passerelle qui y menait directement depuis la façade arrière de la maison, c'était plus pratique … De nos jours, il faut emprunter un petit escalier métallique pour monter à l'étage et se retrouver dans l'antre de l'écrivain. Sa machine à écrire est posée sur la table … il ne reste plus qu'à imaginer Ernest Hemingway en pleine création littéraire face aux touches de sa machine à écrire.

L'auteur écrivait ici principalement le matin … plusieurs de ses célèbres ouvrages ont été écrits dans cette pièce : « Pour qui sonne le glas », « Les neiges du Kilimandjaro », « Le soleil se lève aussi » …. Quant aux après-midi, Hemingway les consacrait à la détente, Key West avec son environnement enchanteur s'y prête à merveille. L'auteur était également un féru amateur de pêche au gros. Sur les murs et dans les vitrines de l'habitation de nombreux souvenirs concernant Hemingway ont été rassemblés … Mon regard va se poser avec beaucoup d'intérêt sur des objets et des photos du grand voyageur qu'était le grand Ernest.

Ici, des évocations liées aux séjours espagnols de l'auteur : Pampelune, les arènes et les corridas dont l'auteur était aussi un passionné … et voilà que me reviennent en mémoire des souvenirs de voyage justement à Pampelune. C'était en septembre dernier et je me souviens d'une statue représentant Hemingway, trônant juste devant les grandes arènes de la ville. Ernest Hemingway était un grand voyageur, c'est ainsi que l'on retrouve quelques souvenirs de ses passages de part le monde … comme aussi à La Havane où j'ai le souvenir de la « Bodeguita del Medio » dans Habana Viejo où il avait ses habitudes avec son pêché mignon : le daïquiri !

De l'intérieur ... à l'extérieur, et l'on se met à longer chaque côté de l'habitation en profitant des terrasses balcons avec vue imprenable sur la végétation luxuriante du jardin tropical : une profusion de palmiers, de flamboyants, de banians, d'hibiscus et de bougainvilliers en fleurs.
Dans cette villa ainsi que dans les allées du jardin, d'autres curiosités attirent immanquablement les visiteurs. Eux aussi sont liés à l'illustre écrivain mais pour le moins, ils sont vraiment inattendus … Je veux évoquer maintenant les descendants des chats du bon Ernest. L'homme était très attaché à ces doux animaux de compagnie et dans un de ses textes il a même écrit cette phrase : « Le chat est d'une honnêteté absolue : les êtres humains cachent, pour une raison ou une autre, leurs sentiments. Les chats non. ». Un vraie déclaration d'amour ! Partout dans les pièces de la maison ainsi que dans le parc on croise au cours de la visite de nombreux chats. Là, sur le lit de la chambre de l'écrivain ou ici au pied d'un bougainvillier. Il y en aurait actuellement une soixantaine, autant qu'à l'époque de l'écrivain. Et parmi tous ces félins, une trentaine est « polydactil ». Non, ce n'est pas une race de chats qui ne nous est pas familière mais le nom donné aux chats possédant des pattes à six griffes. Le résultat d'un caractère génétique qui s'est transmis de générations en générations … et à l'origine, on trouve un des fameux chats d'Hemingway. Sans doute fiers de leur anatomie originale ou trop agacés par la curiosité répétées des visiteurs, ces chats aux six griffes ne laissent pas facilement photographier leurs étranges pattes, tant pis pour moi ! En tout cas celui-là a bien six griffes, si, si ... mais à observer la façon dont il se gratte, on imagine qu'il a aussi des puces !

Le couple Hemingway s'amusait à donner à leurs chats des noms de célébrités : écrivains ou acteurs de cinéma ? Il y a eu ainsi un Shakespeare ou une Kim Novak. D'ailleurs on peut voir au fond du jardin sa tombe, pas celle de l'actrice mais celle de la chatte du même nom, elle est en première ligne dans le cimetière des chats de la propriété.

Avant de quitter l'élégante villa coloniale, je fais un dernier tour le long de la véranda qui entoure l'ensemble de l'habitation. Sur la partie exposée côté sud, je tombe une nouvelle fois sous le charme de la vue. De là, elle s'étend au-delà du jardin d'agrément en effet, comme semblant émergé au-dessus des arbres, le phare de Key West pointe sa lanterne. Une vue séduisante et privilégiée très appréciable même si ce n'est pas une vue sur la mer.

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Le point culminant de Key West, vu d'en bas, de l'intérieur et d'en haut ...

J'avais en mémoire le souvenir de cette haute colonne dont la lanterne domine ainsi la cime des arbres et une grande partie de l'île. Un phare s'observe d'abord depuis le sol (ou depuis le large) mais il est également intéressant de profiter d'un tel belvédère pour admirer le panorama alentour ... ce que je n'avais pas fait lors de mon précédent séjour. Le moment est donc venu de combler cette lacune. D'un pas bien décidé, voilà que je pénètre dans le phare. L'intérieur, à l'image de la peinture extérieure, s'avère tout en noir et blanc : des murs clairs contrastent avec l'escalier central, un colimaçon sans fin de couleur sombre.


88 marches sont à gravir si l'on veut atteindre la lanterne et surtout la plateforme perchée tout en haut. Le fameux point culminant de Key West plafonne à seulement 30 mètres de hauteur ! La récompense de l'ascension, elle est maintenant à portée de vue : un panorama à 360° sur Key West. Une petite brise de mer bien appréciable vous attend à la sortie alors que l'on commence déjà à contempler le paysage.

La perspective vers le sud est la première à attirer mon regard avec en toile de fond un splendide horizon bleu marine. Là où on l'aperçoit une tour de structure métallique (une base militaire) était situé à l'origine le premier phare de Key West. Un phare en bois qui n'a pas longtemps résisté aux assauts de l'ouragan de 1846 ! L'emplacement du phare actuel, plus à l'écart du bord de mer et donc des déferlantes a été édifié en 1847 et en dur, avec des briques, c'était plus sûr afin de mieux résister aux intempéries. En 1894 des travaux l'on fait « grandir » de quelques mètres de hauteur passant ainsi de 22 mètres à pratiquement 30. La raison ? Son faisceau n'était, paraît-il, pas suffisamment visible depuis la mer. Une mer parsemée tout autour des côtes de l'île de dangereux récifs … responsables de nombreux naufrages !

Depuis ce mirador, on se plaît à balayer des yeux la vue des environs : un patchwork composé de constructions hétéroclites. Alternent ainsi des résidences contemporaines et des maisons traditionnelles en bois, des églises avec clocher et des toits terrasses … le tout agrémenté d'une végétation bien présente. En contrebas, il y a une villa que je cherche des yeux, celle où a résidé quelques temps Ernest Hemingway … ça y est, je la distingue bien au milieu de son parc, c'est bien elle avec ses galeries extérieures et ses murs aux tons chauds.

Dans le jardin attenant au phare, la visite se poursuit par un passage dans l'ancienne maison des gardiens de ce lighthouse. Une collection d'objets y est présentée entre souvenirs de ses occupants, instruments de mesure et histoire maritime des Keys.

Dans ce qui est devenu un petit musée, on peut y voir (entre autres …) des photos du phare de Key West (première version) avec ses 22 mètres (en 1880) ainsi que le phare d'une autre île, Sand Key, dont l'architecture est bien différente.









































































