Bonjour,
Je suis en train de m'organiser à partir de Shanghai une escapade à HuangShan (Montagnes jaunes). Je suis en contact avec une agence de voyage chinoise qui s'appelle China highlights qui me fait une bonne proposition mais à 650 € (avec voyage en avion). J'ai deux questions :
- Peut-on faire l'escapade à HuangShan seul sans assistance locale chinoise (guide - voiture) ?
- Quelqu'un a-t-il déjà utilisé l'agence China highlights ? Peut-on lui faire confiance?
J'ai une certain habitude des voyages en Chine mais prinicpalement dans les grandes villes.
Merci de vos réponses.
G le chinois
Avant-propos :
Pour ceux qui n’ont pas suivi sur voyageforum mon récit sur mon voyage au Gansu l’année dernière et ma préparation de voyage depuis 3 mois, je me présente rapidement ainsi que mon voyage : j’ai 61 ans, des difficultés dans les escaliers (arthrose aux genoux), je voyage en Chine pour la quatrième fois, seule cette année. Mais je ne parle toujours pas chinois sauf quelques mots. Grâce à un avancement j’ai mis un peu d’argent de côté pour financer ce voyage et j’ai obtenu un visa double entrée : deux fois trente jours, avec sortie à Hong Kong au bout des premiers 30 jours.
Je vais essayer de donner des renseignements pratiques tout au long de mon voyage (hôtels, transports, horaires, prix) mais il ne s’agira pas d’un voyage à prix minimum, je m’en excuse pour les VFistes routards. Quand je peux je prends en général des hôtels aux alentours de 300 yuans la chambre (entre 35 et 40 €), pas un lit en dortoir, sauf à HK malheureusement où les prix sont beaucoup plus élevés. Pour les transports aucun vol intérieur : train, bus et voiture louée ou taxi quand ça permet d’aller facilement dans des endroits peu accessibles autrement, là les dépassements de budget sont vites arrivés. J’aurais aimé ne pas dépasser 100 € par jour en moyenne, mais voyageant seule et avec les augmentations de prix en Chine ça va être difficile je crois.
J’ai déjà réservé sur internet (booking.com ou ctrip.com) une bonne partie de mes hébergements. J’ai préparé à l’avance les trajets en train à l’aide de cnvol.com mais ai découvert récemment que chinahighlights donne aussi la disponibilité de places(attention c’est vite complet sur certaines lignes en été) et j’ai réservé mes places à l’avance pour les trois premiers trajets à l’aide d’une agence australienne (adresse en MP ou adressez-vous à Jackfack qui me l’a communiquée, si j’ai des problèmes d’internet, ce qui est le cas en ce moment).
J’emmène pour la première fois un ordinateur dans ce voyage, car j’ai vraiment eu des difficultés à trouver des cafés internet l’année dernière en Chine et lors de notre voyage sur la route de la soie, une petite minorité de nos hôtels mettaient des ordinateurs à disposition de leurs clients. Quant aux imprimantes, il nous a fallu attendre le 40ème jour de notre voyage environ pour en trouver une en bon état de fonctionnement (pour imprimer les réservations d’hôtels). Mais je ne suis pas au top de la technique, notamment pour me connecter facilement à l’internet de chaque hôtel ou pour passer des photos de mon appareil photo au voyageforum.
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Sept ans c'est bien peu de chose, c'est juste un septennat, ce n'est même pas un dixième de l'espérance de vie moyenne d'un mâle français. Et pourtant c'est énorme dans ma courte vie de voyageur. Il y a sept ans, ce n'était pas mon premier voyage, ce n'était pas non plus mon premier voyage seul, ce n'était pas non plus mon premier voyage seul en Chine, et ce n'était pas non plus mon premier voyage seul en Chine où je sois tombé amoureux de ce pays. Mais pour des raisons que je m'explique mal, c'est probablement le voyage qui m'aura le plus marqué, n'ayant jamais ressenti autant de bonheur à visiter une terre étrangère, et ne pensant pas connaître à nouveau un bonheur aussi intense, hélas. C'est donc un souvenir heureux dont j'entretiens méticuleusement la mémoire, me rappelant souvent de tel ou tel visage ou anecdote au détour d'une rue de Shanghai, ou à l'écoute de certaines musiques.
C'était aussi mon plus long voyage: 5 semaines en tout. Pour certains ça peut paraître peu, mais à cette époque où j'étais étudiant, je pouvais me permettre un voyage que je considère aujourd'hui comme d'une longueur à faire rêver. Il y a sept ans jour pour jour, j'étais encore dedans, et à l'approche du cinquième anniversaire de mon immigration en Chine, je me dis qu'il est peut-être enfin temps de coucher cette expérience par écrit, chose que je ne faisais jamais à cette époque où VF n'existait pas.
J'ai longtemps hésité sur le style à adopter. Il est évident qu'avec sept ans de recul et une expérience chinoise beaucoup plus solide, je ne vois plus les choses de la même façon. Mais je vais malgré tout essayer de faire transparaître l'état d'esprit qui était alors le mien. Je pense aussi me souvenir assez précisément de la plupart des détails de ce voyage, ainsi que de leur chronologie approximative, exploit dont je suis parfaitement incapable pour mes autres voyages de la même époque, où je ne prenais pas non plus de notes. Mais puisque je me suis payé le luxe d'attendre sept ans avant d'écrire tout ça, je vais quand même aussi m'offrir le petit plaisir de l'autocritique et du regard neuf. Il serait dommage de ne pas en profiter!
C'était aussi mon plus long voyage: 5 semaines en tout. Pour certains ça peut paraître peu, mais à cette époque où j'étais étudiant, je pouvais me permettre un voyage que je considère aujourd'hui comme d'une longueur à faire rêver. Il y a sept ans jour pour jour, j'étais encore dedans, et à l'approche du cinquième anniversaire de mon immigration en Chine, je me dis qu'il est peut-être enfin temps de coucher cette expérience par écrit, chose que je ne faisais jamais à cette époque où VF n'existait pas.
J'ai longtemps hésité sur le style à adopter. Il est évident qu'avec sept ans de recul et une expérience chinoise beaucoup plus solide, je ne vois plus les choses de la même façon. Mais je vais malgré tout essayer de faire transparaître l'état d'esprit qui était alors le mien. Je pense aussi me souvenir assez précisément de la plupart des détails de ce voyage, ainsi que de leur chronologie approximative, exploit dont je suis parfaitement incapable pour mes autres voyages de la même époque, où je ne prenais pas non plus de notes. Mais puisque je me suis payé le luxe d'attendre sept ans avant d'écrire tout ça, je vais quand même aussi m'offrir le petit plaisir de l'autocritique et du regard neuf. Il serait dommage de ne pas en profiter!
Nous rentrons de 4 semaines en Chine avec nos 5 enfants (4 à 19 ans) :
Shanghai, Suzhou, Hangzhou, Tunxi, Luoyang, Pekin.
Tout s'est déroulé au mieux, de belles découvertes, un dépaysement total,
en somme une très belle aventure familiale dans l'empire du milieu.
Si d'autres "aventuriers" sont interessés par des infos concernant : budget, visites, transports, logements, la Chine quand on a 4 ans et qu'on est européen, que sais je encore...Je peux donner quelques infos et partage d'expériences !
Je n'aurai pas la prétention de paraphraser Albert Londres et son célèbre La Chine en folie, mais les gens qui ont vécu ou voyagé en Chine ont forcément été témoins de trucs un peu délirants. La Chine, et c'est pour ça qu'elle est aussi attirante, est un monde en soi, très différent de ce qui à cours sur le reste de la planète, avec une logique propre, parfois difficilement appréhendable.
Je vous propose donc ce fil d'infos et de discussions un peu fourre-tout sur tout ce qui nous étonne en Chine. Que chacun y apporte librement ses réflexions pour l'enrichir...
Et on commence par la future mode de cet été: http://chine.aujourdhuilemonde.com/contre-les-pervers-les-chinoises-adoptent-les-collants-poilus
Qui connaît la Chine sait que les Chinoises ont les plus belles jambes du monde et ne se cachent pas pour les montrer (LE pays de la minijupe). La suite du raisonnement, par contre, est un peu plus difficile à suivre: "ça me gêne que les gens regardent mes jambes alors, au lieu de ne plus mettre de collants comme le voudrait la logique, j'en mets avec des poils pour les rendre moches" Typiquement chinois... 😎
Et on commence par la future mode de cet été: http://chine.aujourdhuilemonde.com/contre-les-pervers-les-chinoises-adoptent-les-collants-poilus
Qui connaît la Chine sait que les Chinoises ont les plus belles jambes du monde et ne se cachent pas pour les montrer (LE pays de la minijupe). La suite du raisonnement, par contre, est un peu plus difficile à suivre: "ça me gêne que les gens regardent mes jambes alors, au lieu de ne plus mettre de collants comme le voudrait la logique, j'en mets avec des poils pour les rendre moches" Typiquement chinois... 😎

Bonjour
Je reviens sur le forum après quelques mois de "pause " .
J'ai réservé cette croisière pour fêter mon départ à la retraite .
En dehors des toutes dernières escales , Mascate , Abu Dhabi et Dubai , toutes les autres sont des grandes premières .
J'espère que certains membres du forum qui ont déjà fait ces escales pourront m'aider à les préparer .
Personne n'est inscrit sur le calendrier pour cette croisière mais cette discussion va peut être stimuler certains participants à se faire connaître .
Bien cordialement Claudine
Hello forum,
Did any of you feel the same things we did in China?
We spent a good twenty days there in August. First, we traveled solo around Chengdu, then joined an organized tour for 12 days (Beijing, Pingyao, Xi'an, Guilin, Xingping, Yangshuo, Shanghai, Wuzhen) and extended our stay by 4 extra days to visit Zhangjiajie.
The landscapes were stunning, and we have unforgettable memories... but we were really disappointed by the following points:
- The food: way too spicy. Lacking in flavor, not much taste. I’m speaking "in general" because we did enjoy some good steamed dumplings, smoked pork, and other dumplings... But compared to Thailand, Cambodia, or India, Chinese cuisine didn’t impress us at all.
- The behavior of the Chinese: disrespectful, rushed, agitated. You constantly have to fight—people push, crowd, and overwhelm you... At the entrance to the Terracotta Army (and other sites), it’s a human tidal wave... and I mean that literally. We were carried by the crowd without even touching the ground. It was like a situation where you have one bowl of rice and 20,000 starving people diving for it...
You’re at a ticket counter, and they cut in front of you. You’re in line for boarding, suitcase ready to go on the conveyor belt, and someone shows up out of nowhere to put THEIR suitcase down... even though they have a flight ticket with THEIR seat number and won’t be leaving before you!!!! You’re getting on the bus, and someone shoves past you just so they don’t end up behind you.
It’s like these people only think about themselves. I didn’t see a single person let someone else go first or even ask—it’s as if politeness and respect are completely foreign to them.
It’s honestly exhausting and draining...
- Communication: In every other country we’ve visited, whether in Asia or Europe, we always manage—with English, a few words of Italian, French, or Spanish. In China, I’ll be blunt: if you don’t speak Chinese, you’re screwed. And yet, a pair of kids around ten or twelve years old asked us in English where we were from :)
- Understanding: Here’s the rule. Even if the person you’re talking to speaks a little English and says they understand you... make sure they *really* do, because 9 times out of 10, they don’t. Out of pride or just cluelessness, they’ll give you a big smile and nod, but in reality, they didn’t get what you were saying.
Several times with our group, in the evening at a restaurant, if we hadn’t been helped by someone at another table who spoke a little English, we’d still be there. The classic example: the waiter brings one menu (for 10 people at the table), and we’re all trying to explain that we need 4 or more menus. Five minutes later, he’s still staring at us with that same blank smile...
In 3* or 4* hotels, you go to the front desk for a hot water or AC issue. Three or four staff members just stand there beaming at you. You try to explain with photos or a translator, but in the end, you leave with the problem unresolved.
They don’t speak—they shout... on buses, in hotels...
We were also surprised to find that self-service laundromats were almost nonexistent. We got scammed once at a hotel with an astronomical bill!
As for flights, we flew Air China on the way there and Austrian Airlines on the way back—no comparison. Air China had zero service and food that was "baby food" quality. Austrian Airlines had multiple services, a decent meal, and smiling flight attendants.
I don’t know if any of you had the same experience in this country, but I’m definitely not eager to go back. Whereas if someone offered me India, Thailand, or Vietnam tomorrow, I’d be there in a heartbeat!!!
Did any of you feel the same things we did in China?
We spent a good twenty days there in August. First, we traveled solo around Chengdu, then joined an organized tour for 12 days (Beijing, Pingyao, Xi'an, Guilin, Xingping, Yangshuo, Shanghai, Wuzhen) and extended our stay by 4 extra days to visit Zhangjiajie.
The landscapes were stunning, and we have unforgettable memories... but we were really disappointed by the following points:
- The food: way too spicy. Lacking in flavor, not much taste. I’m speaking "in general" because we did enjoy some good steamed dumplings, smoked pork, and other dumplings... But compared to Thailand, Cambodia, or India, Chinese cuisine didn’t impress us at all.
- The behavior of the Chinese: disrespectful, rushed, agitated. You constantly have to fight—people push, crowd, and overwhelm you... At the entrance to the Terracotta Army (and other sites), it’s a human tidal wave... and I mean that literally. We were carried by the crowd without even touching the ground. It was like a situation where you have one bowl of rice and 20,000 starving people diving for it...
You’re at a ticket counter, and they cut in front of you. You’re in line for boarding, suitcase ready to go on the conveyor belt, and someone shows up out of nowhere to put THEIR suitcase down... even though they have a flight ticket with THEIR seat number and won’t be leaving before you!!!! You’re getting on the bus, and someone shoves past you just so they don’t end up behind you.
It’s like these people only think about themselves. I didn’t see a single person let someone else go first or even ask—it’s as if politeness and respect are completely foreign to them.
It’s honestly exhausting and draining...
- Communication: In every other country we’ve visited, whether in Asia or Europe, we always manage—with English, a few words of Italian, French, or Spanish. In China, I’ll be blunt: if you don’t speak Chinese, you’re screwed. And yet, a pair of kids around ten or twelve years old asked us in English where we were from :)
- Understanding: Here’s the rule. Even if the person you’re talking to speaks a little English and says they understand you... make sure they *really* do, because 9 times out of 10, they don’t. Out of pride or just cluelessness, they’ll give you a big smile and nod, but in reality, they didn’t get what you were saying.
Several times with our group, in the evening at a restaurant, if we hadn’t been helped by someone at another table who spoke a little English, we’d still be there. The classic example: the waiter brings one menu (for 10 people at the table), and we’re all trying to explain that we need 4 or more menus. Five minutes later, he’s still staring at us with that same blank smile...
In 3* or 4* hotels, you go to the front desk for a hot water or AC issue. Three or four staff members just stand there beaming at you. You try to explain with photos or a translator, but in the end, you leave with the problem unresolved.
They don’t speak—they shout... on buses, in hotels...
We were also surprised to find that self-service laundromats were almost nonexistent. We got scammed once at a hotel with an astronomical bill!
As for flights, we flew Air China on the way there and Austrian Airlines on the way back—no comparison. Air China had zero service and food that was "baby food" quality. Austrian Airlines had multiple services, a decent meal, and smiling flight attendants.
I don’t know if any of you had the same experience in this country, but I’m definitely not eager to go back. Whereas if someone offered me India, Thailand, or Vietnam tomorrow, I’d be there in a heartbeat!!!
Partant du principe que tous les pays méritent d’être visités (au moins une fois !), je n’avais donc pas de raison pour ne pas aller en… Corée du Nord. Quand mon « Big Brother » lançât l’idée de faire notre premier voyage ensemble qui plus est dans le dernier pays ‘communiste’ au monde, ma réponse fut : « Let’s go ! »
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activité de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
on voudrait partir entre fin juin et mi juillet 2014 15 jours en chine. On adore les beaux paysage, les randos et decouvrir de nouveaux peuples. Est ce que le climat est bien a ce moment là. Quels sont les incontournables? Les compagnies d'avion? Quel est un bon prix pour le billet d'avion?
merci pour toutes vos infos
Bonjour, ayant bien profité des remarques, conseils et autres suggestions glanés sur VF, je viens à mon tour renvoyer l’ascenseur et vous donner des infos récentes et précises sur notre voyage en Chine.
Budget total pour 2 personnes et 30 jours : 3418 € - avion : 2 vols aller de Bâle/Mulhouse à Guilin et retour de Kunming à Bâle (Air China) : 1433 € - visas x 2 : 190 €
Dépenses sur place : 1745 € dont : - Hôtels : 525.50 € - Transports : 490.40 € - Nourriture : 350.30 € - Visite : 220.70 € - Divers/souvenirs : 158.10 €
Quelques prix en yuans : Bière locale (1/2l) 8 à 15 Thé tasse : 8 à 12 théière 30 à 50 Plat de légumes 12 à 18 Plat légumes avec peu de viande 18 à 25 Plat de viande 30 à 45 Plat de 8 à 10 raviolis 5 à 7 Portion de riz blanc 3 Soupe de nouilles 10 à 15 Breakfast complet 22 à 40 Plateau repas complet (station de bus) 15 Un trajet en bus urbain 1 à 3 Petits en cas dans la rue (beignet, brochette, galette) 1 à 4 Bus de ligne pour 350 km 110
Déroulement du voyage 9/11 Une escale de 7h à Pékin nous permet d’aller faire un tour jusqu’à la Cité Interdite. Après les formalités d’entrée sur le territoire chinois et après avoir vérifié que nos bagages n’avaient pas été débarqués comme pressentis à Francfort, nous changeons de l’argent et prenons le train express puis le métro, il est un peu plus de 7h du matin et il fait 6°, le ciel est gris et brumeux. C’est l’heure de pointe et il faut se battre pour pénétrer dans les rames du métro, c’est chacun pour soi. Nous sortons à la station Tian Anmen et nous nous dirigeons vers la Cité Interdite toute proche. Malgré l’heure matinale, des groupes de visiteurs chinois dirigés par les inévitables guides à fanion et sono gueularde investissent la cité en même temps que nous, mais vu la taille et l’espace de la Cité ils ne seront pas gênants durant notre visite, avançant deux fois plus vite que nous ! Nous allons arpenter cette cité pendant plus de 3h, passant d’immenses cours cérémonielles et froides à des palais tout aussi vastes et imposants qui se ressemblent tous un peu, puis à des cours plus intimistes, côté Ouest à l’atmosphère plus humaine, c’était le lieu de résidence d’habitants moins prestigieux que les régnants. Le ciel s’est découvert et les nombreuses peintures et les ors des poutrages resplendissent au soleil. Nous terminons par le jardin assez kitch avec ses fameuses pierres dressées qu’affectionnent les Chinois. Nous quittons la Cité, en empruntant quelques rues typiques du vieux Pékin les « hutongs » qui bordent la Cité à l’Est et qui nous ramènent vers le métro. Retour vers l’aéroport où nous reprenons un avion pour Guilin avec escale à X’ian. Atterrissage à Guilin vers 20h. Mauvaise surprise pas de bagages ! Premier contact avec l’administration chinoise, celle du bureau des plaintes des bagages perdus après des explications confuses de part et d’autres, c’est normal vu nos manques respectifs de compétences dans la langue de l’autre, on nous assure que nos bagages restés à Pékin seront livrés demain à notre hôtel dans l’après midi. En insistant nous obtenons même 100 yuans pour acheter le nécessaire brosses à dents et dentifrice par exemple ! Il est 22h30 et il nous faut encore prendre la navette pour aller en ville (30 mn) et là négocier un taxi pour nous emmener à l’hôtel. Notre chauffeur à bien du mal à décrypter l’adresse de notre hôtel, pourtant imprimé en caractères chinois (j’avais anticipé les difficultés de communication avec les Chinois). Affamés et fatigués nous terminons notre 1ère journée en commandant un plat de nouilles et des dim sun (ravioles). Il est 23h30 et nous sommes debout depuis 47h…Basta 10/11 Découverte de la ville de Guilin sous un ciel gris mais avec une température clémente. D’emblée on constate que c’est une ville touristique avec son lot de vendeurs qui vous assaillent tout autour du lac et des bus de touristes qui lâchent leurs passagers devant les sites payants (75 yuans pour le Pic de l’éléphant) qui bordent le lac. Le prix exorbitant demandé (ce n’est quand même qu’un parc aménagé) n’a pas l’air de troubler les hordes de Chinois qui se précipitent ! Rencontre et échange avec un français sympathique « Cyclonomade » qui parcourt l’Asie en bicyclette depuis de nombreuses années. Un étudiant chinois qui passait par là et qui apprend l’anglais nous demande s’il peut parler avec nous pour perfectionner son anglais ! Nous partons vers le centre ville de Guilin et découvrons les innombrables petites cantines mobiles qui proposent leurs plats aux passants. En continuant vers le second lac nous pouvons « apprécier » les ajouts architecturaux kitch dont raffolent les Chinois : petit pont chinois en cristal, temple avec bas-reliefs, etc. Après avoir récupéré nos sacs à dos (ouf !) à l’hôtel nous prenons un bus dans l’après-midi pour Yuangshuo et découvrons les embarras de la circulation chinoise : voitures, camions, bus, tricycles, bicyclettes cohabitent dans une anarchie totale dominée par un concert ininterrompu de klaxons. 1 heure ½ plus tard le bus nous laisse au bord d’un trottoir de Yuangshuo. Nous ne savons pas où nous sommes et Yangshuo s’avère plus grand que la petite ville que nous imaginions, de plus les plans sommaires du routard ou du L.P. ne nous sont pas d’un grand secours. Après quelques tergiversations nous prenons un taxi qui nous amène en 10 mn à notre hôtel réservé sur le site Agoda et bien situé au calme le long de la rivière Li (River View Hôtel). Première pause de la journée avec un thé siroté sur notre terrasse qui donne sur la rivière Lijiang. Découverte de la ville très touristique de Yangshuo, avec ses rues très commerçantes comme West Street avec hôtels, restaurants, karaokés, boites de nuit, arpentés par une foule de touristes chinois. Dîner chez Gan’s Noodles, bonne adresse, bonne chère, prix doux. 11/11 Après avoir loué deux VTT à l’hôtel (2x20Y) nous partons en direction de la Montagne de la Lune (Moon Hill en « bon chinois » !) en même temps qu’une centaine de jeunes Chinois également en bicyclette, il est vrai que c’est dimanche. Nous évitons les nombreuses attractions payantes situées le long de la route (grottes diverses) et devant lesquelles des myriades de bus sont garées, pour nous contenter de la Montagne de la Lune, pic karstique sur lequel on peut grimper par un chemin en escalier et qui vous offre une vue superbe sur la vallée en contrebas et les nombreux pics environnants. Peu de monde prêt à s’essouffler pour monter là haut, tant mieux. Nous revenons vers le pont d’où bifurque la route qui longe la rivière Yulong. Arrivés à un débarcadère nous négocions un retour vers le pont en radeau de bambou. Après un marchandage serré, nos vélos sont chargés sur un triporteur qui nous les rendra au pont pendant que nous descendons la rivière sur un radeau de bambou propulsé par la seule force des bras du batelier qui fait avancer le radeau avec sa gaffe. Gros avantage c’est le calme absolu qui nous permet de profiter en toute quiétude du magnifique spectacle des pitons karstiques qui bordent la rivière. Au bout d’1h ¼ et après avoir passé quelques rapides bien inoffensifs nous voilà de retour au pont. Retour en ville 12/11 Toujours en vélo nous partons cette fois en direction du village de Fuli en empruntant les petites routes et en longeant la rivière Lijiang sur sa rive droite dans le sens du courant. Beaux paysages campagnards où alternent les rizières, les zones de cultures maraîchères, les vergers, etc. Pour atteindre Fuli nous prenons le bac dans le village qui se trouve exactement de l’autre côté de la rivière. C’est jour de marché et nous en profitons pour arpenter les allées à l’air libre ou couvertes de ce marché où se retrouvent les vendeurs de fruits et légumes, les bouchers, les poissonniers, les coiffeurs et toute la partie non alimentaire. Après avoir visité le village et goûté gratuitement à l’alcool local dans un débit de boissons, nous reprenons nos vélos et partons vers le Sud en direction du village de Liugong. Un peu perdus dans les rizières avec un chemin qui disparait progressivement du paysage, nous le retrouvons grâce à un paysan-passeur qui nous indique la bonne direction et nous fait passer la rivière pour atteindre Liugong, petit village caractérisé par ses vieilles maisons patriciennes un peu décaties mais qui lui donnent un cachet particulier. Retour en vélo à Yangshuo par une belle lumière de fin d’après-midi. Nous croisons des paysans qui rentrent des champs avec leurs buffles, des femmes qui ramènent du bois ou des légumes sur leur dos ou dans des charrettes, belles scènes bucoliques qui transcendent le temps. 13/11 Beau temps, mais avec un peu de brume, nous partons à pied en direction de la gare de bus pour aller à Yangdi (1h de bus) où nous comptons marchander un radeau de bambou motorisé pour descendre la rivière Li jusqu’à Xingping. Il y a malheureusement peu de touristes individuels à Yangdi et nous ne sommes pas en position de force, mais on arrive quand même à faire baisser le prix officiel de 216 y par personne à 260 y pour 2. Et c’est parti pour plus d’une heure de navigation, nous sommes bien entourés par les gros bateaux qui viennent de Guilin. Paysage magnifique, mais on n’est pas seul pour en jouir, c’est normal ! Arrivés à Xingping nous partons à la recherche du marché et visitons cette petite ville agréable avec son quartier de belles maisons traditionnelles et ses marchands d’estampes chinoises. Déjeuner d’excellents dim sun chez M. Lee (référencé sur un post de VF). Retour en bus à Yangshuo. 14/11 Départ ce matin à 7h15 pour les terrasses de Longji. Pour éviter une perte de temps et des transbordements à Guilin nous avons acheté deux billets direct Yangshuo-rizières de Longji. En fait il n’y a dans ce bus que des touristes qui vont passer la journée à visiter les rizières pour retourner le soir sur Yangshuo ou Guilin. Quant à nous nous resterons sur place deux jours. A cause d’un énorme bouchon au péage de l’autoroute de Guilin nous n’arrivons à l’entrée des rizières qu’à 10h30, avec 1h de retard. Nous quittons nos touristes chinois pour prendre un bus local pour Dazhai où nous arrivons vers 11h30. Du parking il faut à peine 10 mn à pied pour arriver au petit village de Dazhai. Après quelques recherches, nous choisissons l’hôtel situé en face du terrain de sport du village. Dommage qu’il fasse gris et qu’il bruine, le village tout en bois s’étage entre les rizières en terrasse qui grimpent à l’assaut des nuages. Les femmes Yao sont reconnaissables à leurs coiffes dans lesquelles elles enroulent leur longue chevelure. Les maisons tout en bois, à 2 et même 3 étages sont magnifiques et aucun clou n’est utilisé pour leur construction, tout est assemblé par mortaises et tenons chevillés. La plupart des hôtels du village sont vides ou fermés et nous serons les seuls touristes durant notre séjour. 15/11 P’tit-déj. spartiate et local, le temps est à la pluie mais nous décidons quand même de faire les quelques points de vue signalés Pour ce faire nous grimpons jusqu’au village de Tiantou puis au point de vue « Thousand layers of heaven » en passant par le point « Seven stars… ». Dommage que le temps ne soit pas meilleur mais on ne peut qu’admirer l’énorme travail réalisé ici depuis des siècles pour sculpter ainsi la montagne sur près de 1000 m de dénivelé. Nous tentons ensuite d’aller voir « Music of the paradise » mais on rentre très vite dans les nuages qui rendent l’ascension inutile. Nous redescendons vers Dazhai et décidons de changer de village pour voir d’autres points de vue depuis Ping’an à une quinzaine de km. Nous prenons le bus local qui nous laisse au pont d’où s’embranche la route de Ping’an nous attendrons vainement un bus local pour faire les quelques km qui restent à parcourir, finalement nous faisons du stop et une voiture occupée par une couple de chinois avec enfants et belle mère nous véhicule gentiment jusqu’à Ping’an. Depuis le parking il nous faut bien marcher 30mn avant d’arriver dans le centre du village où se trouvent les hôtels, nous nous installons au Qing Hôtel, chambre rustique mais correcte, patronne un peu revêche mais ça ira. Ping’an quoique relativement désert en cette saison est beaucoup plus touristique que Dazhai, toute la montée du parking vers le village se fait en passant devant des dizaines de stands chargés d’articles touristiques il faut dire que Ping’an est le village où arrivent tous les jours des dizaines de bus depuis Guilin , Yanshuo et d’ailleurs et qu’ils en repartent en fin de journée. 16/11 Le temps étant particulièrement bouché, sans aucune visibilité nous reprenons le bus local qui nous amènera jusqu’à Longshen au bout d’1h ½. De là, nous reprenons un bus pour San Jiang (1h30) puis un taxi (30 y) qui nous amène à Chengyang. Après avoir payé la taxe d’entrée (2x60 y) nous prenons une chambre au Drum Tower Hôtel c’est sommaire, il fait froid et humide mais on s’en contentera (60 y). Première reconnaissance du village et de ses fameux « ponts de la pluie et du vent ». une fois de plus c’est en balade à pied que l’on entr’aperçoit le mieux la vie du village, les femmes qui travaillent au champs, nettoient les poissons à la rivière, les charpentiers qui construisent ces superbes maisons en bois, et les vieux qui tapent le carton et discutent de tout et de rien dans la rue ou autour d’un feu de bois dans les espaces réservés comme les « tours du tambour ». Il n’y a plus aucun touriste dès que l’on s’éloigne de plus de 100m du pont de la pluie et du vent le plus connu près de la route et on se retrouve immergé dans la vieille Chine traditionnelle de toujours. 17/11 Changement d’hôtel, nous changeons pour le Dong Village hôtel aux chambres un peu moins sommaires et au restaurant réputé. Heureusement il ne pleut plus et le soleil fait même quelques apparitions. Nous partons nous balader dans les beaux villages qui jouxtent Chengyang : tous ont plusieurs ponts de la pluie et du vent ainsi que des tours du tambour où se retrouvent les vieux bien au chaud devant un brasero. De très beaux moulins à eau sont répartis tout le long de la berge pour irriguer les rizières surplombant la rivière. 18/11 Départ de Chengyang vers 9h. Nous prenons un van pour San Jiang (quand même 300 000 hab.) où j’échouerai à changer de l’argent, un banquier m’avouera qu’aucune banque ici n’est habilitée à changer des devises. Re-bus pour Zhaoxing, que nous atteignons après 3h de route de montagne éprouvante. A notre habitude nous allons visiter quelques hôtels avant de choisir à côté de la police le Zhaoxing hôtel * * dont nous marchandons âprement le prix : résultat 240 y les 2 nuits au lieu de 400 initialement : belle chambre claire et propre avec TV et AC. Nous profitons d’un beau soleil pour visiter le village, on se croirait dans une Venise Dong avec ses nombreux canaux ou rivières qui sillonnent le village. Pour dîner il y a peu de choix, c’est le restaurant du Dong village hôtel qui sera notre préféré. Malgré des lacunes linguistiques de part et d’autres, nous arrivons en allant en cuisine et en montrant dans l’armoire réfrigérée ce qui nous inspire à faire comprendre à la cuisinière ce que nous aimerions manger ( prix imbattable 40 y pour 2). 19/11 Découverte de la campagne environnante, nous prenons le chemin qui monte, monte , à travers les rizières en terrasses jusqu’au village de Tang’An situé tout en haut de la vallée : superbe balade, le chemin est quelque fois difficile à repérer mais il y a peu de risque de se perdre. Au retour nous avons voulu revenir sur Zhaoxing en faisant la boucle par le village de Jilun, mais nous avons perdu la trace du sentier dans les rizières et avons rebroussé chemin, par contre la vue sur les terrasses était superbe et valait bien ce petit détour. Dîner toujours au même endroit, mais cette fois en compagnie d’une trentaine de convives de marque en costume cravate pour les messieurs et robe élégante et talons hauts pour les dames. Discours, toasts et verres d’alcool de riz se succèdent, interrompus par les chants de jeunes femmes en costume local . Nous sommes invités à partager ces moments de convivialité et on nous explique qu’il s’agit d’une réunion de responsables d’investissements touristiques qui rencontrent les représentants des pouvoirs locaux des comtés voisins pour développer le tourisme dans la région. Après de nombreux « Campaï » nous nous quittons la bouche en feu et l’esprit embrumé. 20/11 Mal renseignés, nous ratons le bus local pour Luoxang d’où un bus part à 8h30 pour Kaili. Pour ne pas le rater, nous prenons un taxi pour Luoxang (40 y). Après 3h20 d’autoroute nous voilà à Kaili, le temps de changer de l’argent dans un ATM et nous repartons à 13h pour Guiyang pour encore 3h de route. La gare routière étant loin du centre, comme toujours, nous prenons un taxi qui nous dépose devant l’hôtel prévu dans le centre ville, mais comme il n’est pas terrible nous changeons pour un hôtel devant la gare ferroviaire, hôtel que nous marchandons comme c’est l’usage malgré des incompréhensions linguistiques de part et d’autres. Nous allons faire un tour du côté du marché situé juste à côté de l’hôtel, c’est un quartier très animé avec des vendeurs Ouigours de brochettes, et des dizaines de stands de cuisine de tous les coins de la Chine, c’est vraiment un quartier très animé et sympathique. 21/11 Après un petit déjeuner chinois passable à l’hôtel, nous allons découvrir les charmes matinaux de la ville de Guiyang : adeptes de Taï Chi ou de Qi gong, danseurs de zumba ou de tango, joueurs de badminton, fouetteurs de toupies, calligraphistes qui dessinent sur les trottoirs, amateurs de cerfs-volants, tous sont à l’œuvre dans les parcs ou les rues de la ville. Nous découvrons aussi les fameux marchés aux oiseaux dont les cages sont accrochées aux arbres. Visite d’un bel ensemble religieux formé d’une pagode et d’un pavillon. Retour à l’hôtel, nous récupérons nos bagages et prenons un taxi en direction de la gare routière pour prendre un bus direct pour les chutes de Huangguoshu où nous arrivons 2h1/2 plus tard. En sortant de la gare routière on nous oblige d’abord à passer par la case paiement en nous orientant vers la caisse du site (2x90 y) puis nous allons prospecter les hôtels que nous voyons dans la rue mais on nous fait comprendre qu’ils ne sont pas pour nous ! Après de nouvelles incompréhensions, un Chinois nous emmène dans sa voiture vers un hôtel habilité à nous recevoir 1 km plus loin. Très belle chambre avec tout le confort, TV, AC, ordinateur à disposition dans la chambre, négociée à 120 y la nuit, une bonne affaire. Bon dîner composé grâce au langage des mains effectué devant le réfrigérateur d’un restaurateur… 22/11 Pour trouver l’entrée du site, on nous indique la direction de la route qui descend, au bout d’un bon km nous arrivons devant le 1er site payant : la cascade de Doupotang. A cette heure matinale nous sommes quasiment seuls. La chute est très large mais peu haute. Nous reprenons la route pour faire encore quelques km à pied avant d’arriver au site des plus grandes chutes de Chine, objet de notre séjour ici entre temps nous sommes passés devant une imitation de cathédrale chrétienne implantée dans ce lieu improbable où il n’y a pas de maisons mais des ruines de bâtiments détruits pour on ne sait qu’elle raison ? Avant d’accéder aux chutes on traverse un grand jardin de bonzaïs et de pierres dressées comme les aiment les chinois. On commence maintenant à descendre vers les chutes et on croise de plus en plus de monde, toujours en groupes serrés et bruyants. Les chutes sont vraiment très belles et bruyantes aussi ! On part se promener sur le sentier en boucle qui passe sous les chutes (sans payer de supplément) et on revient vers le point de départ. A la sortie, voulant repartir avec un bus local pour éviter 4 à 5 km à pied sans aucun intérêt , impossible malgré le « big tourist center information » de trouver une seule personne parlant anglais ! Par hasard et par chance nous avons trouvé le bon bus qui nous a ramenés en ville : en fait de ville il s’agit plutôt d’un immense chantier de construction d’avenues et d’immeubles de rapport tout autour de la station de bus qui devait il y a peu se trouver dans un no man’s land. 23/11 On a cru comprendre qu’un bus partait vers 9h en direction de Xingyi, notre prochaine étape mais ne voyant rien venir on croit comprendre (encore une fois) que nous devons nous faire déposer par un taxi à l’entrée de l’autoroute pour faire du stop-bus. Effectivement au bord de l’autoroute et au bout d’une demi-heure nous arrêtons un bus et lui montrons les idéogrammes de Xingyi et nous voilà repartis pour 3h30 de bus sur routes et autoroutes en traversant de magnifiques paysages de gorges et de reliefs karstiques. A Xingyi, grande ville tentaculaire nous prenons un taxi pour le centre ville et nous faisons déposer devant la seule adresse que nous possédions dans cette ville, malheureusement on nous déclare que l’hôtel est plein, c’est bien la 1re fois, et l’employée nous en conseille un autre situé à l’autre bout de la ville dans les faubourgs modernes. Re-taxi et nous voilà devant une super hôtel à la chinoise avec hall de réception immense et froid plein de marbre et de gros meubles en bois massif, nous nous attendions à un prix dissuasif qui finalement sera très correct avec une chambre à 210 y soit 26 €. 24/11 Heureusement une des employées de l‘hôtel parle un peu anglais et grâce à ses petits papiers nous pourrons nous débrouiller pour aller en bus local aux deux endroits qui nous intéressent, les gorges de Maling et la forêt aux 10 000 pics. En 10 mn, avec le bus n°4 pris devant l’hôtel nous arrivons aux gorges de Maling. Après avoir payé la taxe (2x80 y) nous descendons vers le fond de la gorge par un bel escalier entièrement bétonné tout du long. Nous sommes très peu nombreux et la balade est agréable, le chemin passe devant plusieurs cascades très fines et très esthétiques. Au bout de 2h1/2 d’une très belle balade de montées et des descentes dans la gorge nous ressortons du site par le même chemin et reprenons le bus n°4 vers le centre ville. Arrivés en ville nous prenons le bus n°1, puis le 100 qui nous amène à l’entrée du site de la forêt des 10 000 pics. Nous payons la taxe d’entrée (2x80) et partons à pied (ça peut également se faire en voiturette électrique) pour faire ce bel itinéraire de 8 à 9 km sur une route qui domine une très belle vallée environnée de pics karstiques. Arrivés au bout, cette route privée rejoint la route locale où nous reprenons le bus 100 puis le n°1 jusqu’en ville. 25/11 Nous quittons l’hôtel et en taxi nous rejoignons la station de bus où nous apprenons qu’il nous faudra attendre 4h avant de pouvoir continuer vers Shilin. En bons voyageurs habitués à mettre à profit toute attente, nous partons à la découverte d’une ville à priori inintéressante pour un touriste : les 4 heures d’attente se seront vite écoulées tellement il y a de choses à voir : parc public avec toutes les activités que l’on peut y trouver : taï chi, marché aux oiseaux, parents et leurs enfants, vieux qui discutent, puis il y a un marché toujours intéressant à visiter, un peu plus loin il y a une manifestation officielle en faveur du dépistage du sida etc. Le bus part à 13h et c’est parti pour 4h30 jusqu’à Shilin : là le bus nous laisse au bord de la route, à côté d’une station essence ! Que faire ? Où aller ? Nous tentons de nous renseigner mais personne ne parle anglais dans ce coin paumé ! Finalement après diverses tentatives nous reprenons un bus local qui nous dépose dans la zone touristique qui jouxte le site de la forêt de pierres. Nous nous installons dans un hôtel et clôturons la journée avec du canard au menu. 26 /11 Nous prenons le bus n° 5, comme on nous l’a conseillé, il nous laisse à l’entrée du site : c’est un site hyper touristique en Chine et très couru, résultat il est hors de prix : 175y + 50y (pour la voiturette que nous refusons !) =28€. A l’entrée un gigantesque hall aux ¾ vide dans lequel quelques employées attendent le client mais personne ne parle anglais ! on nous indique vaguement l‘entrée du site en nous désignant la route qui contourne le hall en fait nous allons marcher pendant 40 mn, voyant passer des groupes de chinois dans leurs voiturettes électriques nous dévisageant goguenards et se demandant ce que nous faisons à pied ici, avant d’arriver à l’entrée du site proprement dit. Evidement il aurait été plus honnête de placer l’entrée payante ici mais moins rentable car les 50 y de voiturette électrique ne se justifiaient plus, les chinois ont tout compris du bizness ! Que dire du site lui-même ? Il est évidemment exceptionnel même si certains n’y voient qu’un amoncellement de pierres. On s’y baladera plusieurs heures, montant et descendant les sentiers qui serpentent entre ces gros cailloux aux formes extravagantes. Comme toujours les chinois y découvrent des formes identifiables et romanesques que nous aurons souvent du mal à reconnaître, question de culture ? Pour éviter une nouvelle « longue marche » j’avise une sortie qui pourrait s’avérer plus proche de notre hôtel, encore aurait-il fallu que nous prenions le bus 5 dans le bon sens, on avait 50% de chance mais on a perdu puisqu’on s’est retrouvé dans la gare routière de la ville de Shilin à 10 km du site !!! Retour avec le même bus mais en sens contraire, en Chine l’aventure est toujours là où on ne l’attend pas. Nous quittons Shilin en reprenant le bus 5 (cette fois dans le bons sens) et nous nous retrouvons pour la 2me fois à la gare routière de Shilin où nous prenons un bus pour Kunming où nous arrivons 2h plus tard. Comme toujours nous sommes à des années-lumière du centre ville et prenons un taxi sauvage conduit par une femme qui va se jouer à merveilles des embarras de la circulation pour nous amener devant l’hôtel que nous lui avions indiqué le seul hic c’est que l‘hôtel n’existe plus, seul subsiste un bâtiment désaffecté. Pourtant nos deux guides (Routard et Lonely Planet) le mentionnaient dans leurs éditions les plus récentes, comme quoi ou la Chine évolue à une très grande vitesse ou les rééditions des guides sont douteuses …je pense qu’il y a des deux dans cette problématique. Finalement nous trouverons à nous loger un peu plus loin et nous gouterons avec délices à une cuisine européenne bienvenue après 15 jours de cuisine chinoise pas toujours très fine et élaborée. 27/11 Inutile de vouloir petit-déjeuner avant 9h30, beaucoup de restaurants n’ouvrent qu’à cette heure. On se contentera d’un nescafé pris dans la chambre de l’hôtel puis on repart pour la gare routière en bus local (n°2 puis n° 154) soit quand même 1h30 de trajet. Là nous partons pour Jianshui c’est à dire pour 4h40 de bus. Nous choisissons un hôtel dans le centre de la vieille ville de Jianshui et allons visiter la très belle maison de la famille Zhu. C’est un ensemble de belles maisons décorées d’estampes et séparées par des cours intérieures, appartenant à une famille enrichie par les affaires et qui date du début du siècle. Il y règne une atmosphère calme empreinte de nostalgie. 28 /11 Excellent petit-déjeuner à l’hôtel Hua Qing, ciel bleu, nous partons en bus pour aller voir un très beau pont, le pont du double dragon situé à quelques km de Jianshui. Puis nous reprenons bus et tricycle vers Danshang autre village aux vieilles maisons patriciennes de la famille Zhang cette fois. Retour à Jianshui et visite l’après-midi du temple de Confucius, bel ensemble architectural de temples près d’un lac, ici aussi calme et tranquillité des femmes répètent des chants, des hommes jouent aux cartes un peu plus loin, des enfants s’amusent. 29/11 Une fois de plus on va faire du taxi puis du bus, cette fois pour aller à Yuanyang, soit 4h30 de bus tape-cul, vu l’état de la route de montagne qui succède bien vite à l’autoroute du début. Arrivés à Nansha nous reprenons un petit bus local qui va nous monter à Yuanyang. Il fait beau et nous choisissons l’hôtel d’état sur la grande place. Très vite nous sommes sollicités par un chauffeur de taxi qui se propose de nous emmener voir les rizières en terrasses. Nous négocions et partons peu de temps après faire notre première balade motorisée en… tricycle puisque notre chauffeur de taxi es ten fait un chauffeur de tricycle, qu’à cela ne tienne, il faut juste penser à se couvrir car son tricycle est ouvert à tous les vents et à cette altitude il fait souvent froid. Quant aux fesses elles sont déjà bien tannées par les sièges des bus locaux pris depuis plus de 20 jours ! Nous découvrons le panorama qui se dévoile depuis le mirador de Laohuzui et c’est vraiment époustouflant et magique, on reste béat d’admiration devant le colossal travail réalisé par ces paysans depuis des siècles pour sculpter ainsi la montagne et permettre la culture exigeante du riz. Vu de là-haut le spectacle est fantastique avec les reflets du soleil couchant sur les terrasses inondées. Nous ne sommes pas seuls : des photographes japonais suréquipés avec gros reflex et téléobjectifs mitraillent à tout va. 30/11 Levés aux aurores, vers 6h, il fait encore nuit et nous partons toujours en tricycle bien couverts et sous la bruine voir les rizières depuis le mirador de Duoyishu : ici aussi le spectacle est incroyable, malgré une petite pluie, mais cette fois ce sont les reflets du soleil levant qui colorent les rizières inondées, bientôt les dernières nappes de brouillard se lèvent et le soleil se met de la partie ajoutant du contraste et de la lumière à ce spectacle unique. Nous continuons par les terrasses de Bada, nouvel émerveillement et nous nous arrêtons enfin au village de Qing Kou, le village aux fameux toits en forme de champignons, en fait des toitures à 4 pans recouvertes de chaume. La rue principale du village est encombrée par des camions et des tracteurs chargés de chaume et de bambou et les villageois sont justement en train de renouveler les couvertures de chaume. Tous les bras valides ont été réquisitionnés et le village bruit de toutes ces activités. Je pars me promener du côté des moulins où les meules sont mues par la force de l’eau et je fais une incursion dans les rizières toute proches pour profiter d’autres points de vue. Sur la place du village une équipe de la CCTV (télé chinoise) est en train de filmer et d’interviewer les sages du conseil des anciens et je suis fortement sollicité par le réalisateur pour apparaître à côté des anciens peut-être pour montrer l’intérêt que portent les touristes à ce village ! Retour en ville et, oh surprise ! Nous rencontrons des français, c’est bien la 1re fois depuis 3 semaines. 01/12 Nous prenons un petit déjeuner européen à l’hôtel gouvernemental Yunti **** puis reprenons un bus pour Kunming, encore 7h15mn sur les routes à supporter des films de kung-fu et leurs bruits de fond répétitifs et violents ainsi que les raclements de gorge intempestifs de certains voyageurs, nos oreilles souffrent…Arrivés à la gare routière, nous nous débrouillons comme des chefs, bus 154 jusqu’à la gare ferroviaire puis bus 2 sur Beijing Lu jusqu’à un arrêt situé à 100m de notre hôtel. Dîner au restaurant Aoma. 02/12 Petit déj. en chambre (les restaurants sont encore fermés à cette heure) et rebus urbain jusqu’à la station routière ouest où nous prenons un bus pou Dali, départ 9h30, 5h de bus avec en prime un super-bouchon au péage de l’autoroute : Les manœuvres de resquille et de coupe-files des conducteurs au moment de passer devant les quelques cabines de péages sont surréalistes, on voit des 50 tonnes doubler toutes les voitures pour s’intercaler au dernier moment dans la file du péage en 4me ou 5me file… Nous avons quelques difficultés pour comprendre où et quel bus prendre pour aller, de la ville moderne où nous arrivons, à Old Dali qui seule nous intéresse. Finalement, comme toujours après avoir sollicité plusieurs autochtones on nous indique le bus n°8 et l’endroit exact (juste à côté de la gare routière où nous venons d’arriver). 30 mn plus tard nous sommes à la recherche d’un hôtel que nous trouvons en plein dans le centre touristique de Dali, dans une maison de l’ethnie majoritaire ici les Bai le Yin villa. Il fait beau et même chaud, malgré l’altitude (1900m) et nous allons déambuler dans les rues très touristiques de la ville. Fixing Lu et Renmin Lu sont des rues consacrées à 100% au tourisme et sont effectivement arpentées dès potron-minet par des groupes de touristes chinois suivant plus ou moins docilement leur guide et mitraillant tout sur leur chemin sans oublier les représentants de la race routarde européenne qui firent les beaux jours de Dali dont nous sommes sans conteste à leurs yeux les dignes représentants ! Dîner au Bambou café, tenu par un Chinois qui parle, ce qui est rare ici un français impeccable. 03/12 Pour ne pas changer nos habitudes, bus local (45mn) jusqu’au village de Shaping, village situé au nord du lac et où se tient un fameux marché. En fait c’est un tout petit marché installé dans un terrain vague sur un monticule qui domine le lac et fréquenté par les locaux presque tous en habit traditionnel. Pas un touriste, on est vraiment loin de l’agitation mercantile de Dali. Nous repartons en bus et nous nous arrêtons à Zhucheng autre village caractéristique connu pour sa place centrale dont un des côtés est occupé par une scène de théâtre bien conservée et par un bel arbre qui ombrage une partie de la place. On y trouve également des ateliers de tissage de teinture de batiks de couleur indigo. Retour à Dali et excellent dîner au « café de Jack » je m’y sens comme chez moi !!! 04/12 Journée vélo, nous partons en direction du lac dans l’intention de le traverser en bac pour découvrir la rive Est, mais arrivés au débarcadère de Caï Cun nous devons vite déchanter devant les prix exorbitants demandés à savoir 360y pour les deux soit 46 € uniquement pour faire quelques km en bateau. Qu’à cela ne tienne, nous empruntons la belle petite route qui longe le lac en direction du nord ce qui nous permettra et de voir les activités maraîchères côté terre et celles piscicoles côté lac. A cette heure matinale il est 10h !, les paysans sont tous au champ occupés à bonifier leurs terres en répandant les contenus de leurs seaux malodorants chargés de purin. Les pêcheurs quant à eux, démêlent leurs filets et les battent pour faire tomber les petits poissons qui y sont encore accrochés. Après 3h de pédalage tranquille nous rentrons par la route du centre mais avec un vent contraire assez violent ce qui est nettement moins agréable. Retour à Dali, tour externe à pied des trois pagodes et c’est bien suffisant, pour éviter le prix déraisonnable (121 y) réclamé. 05/12 Nous avons loué à quatre (avec Jean-Luc et Denis) un taxi pour faire un tour du lac de 9h à17h pour 300 y. nous commençons par le village de Xizhou qui n’a rien d’extraordinaire, mais comme il y a un marché et un mariage c’est toujours bon à prendre. Nous en verrons un autre à Shangguan, et encore un autre bien plus grand à Wase caractérisé par les nombreux stands non alimentaire qui vendent toutes ces « cochonneries » de mauvaise qualité de fabrication chinoise (c’est quand même normal ici) que nous connaissons bien en France aussi. Les coiffeurs itinérants sont là également ainsi que les rebouteux, les herboristes et les diseuses de bonne aventure. Retour par la même route et arrêt devant les pêcheurs aux cormorans. En fait c’est un spectacle, payant bien sûr, ou des pêcheurs, le sont-ils vraiment ? Font une démonstration de pêche aux cormorans devant des barques remplies de touristes, le tout sous une musique appropriée et sous les applaudissements du public. Très peu pour nous, nous avons continué notre chemin. 06/12 Nouvelle journée bus, de retour cette fois vers Kunming avec un départ direct de Dali à 9h30 et arrivée à 15h après 5h30 de route. 07/12 Avant dernière journée de notre voyage consacré à la visite de la ville que nous avons déjà traversé de part en part plusieurs fois sans jamais la visiter. Nous prenons un bus (n°2) pour nous rapprocher du temple Yuantong qui fait l’objet de notre visite. Prix raisonnable, c’est à signaler pour une fois (2x6 y). Comme souvent c’est une oasis de calme dans une ville très animée, il y a plusieurs bâtiments qui se répartissent autour d’un petit lac. Le temple lui-même très ancien est très beau avec son architecture octogonale. Il est situé au milieu du lac et est accessible par deux beaux ponts de pierre à trois arches. Des fidèles viennent brûler des cierges et des bâtonnets d’encens. Là aussi les marchands du temple vendent leurs bondieuseries kitch. Nous continuions notre chemin et revenons vers le centre ville en direction du marché des oiseaux et des fleurs : déception car il est tout petit et il y très peu de participants. D’ailleurs le quartier à l’air d’être en sursis vu le nombre de maisons détruites qui l’encadrent, en dehors d’une fameuse pharmacie répertoriée dans les guides il y a peu à voir. Juste à côté se déploient les gratte-ciels du Kunming du XXI me siècle où triomphent les enseignes de Carrefour, KFC, Mac Do, Starbucks etc. c’est aussi la Chine mais elle a peu à voir avec celle du marché d’à côté et c’est celle- là qui a le vent en poupe…dernière balade agréable le long de la rivière qui sépare la ville en deux du Nord au Sud. 08/12 Décollage du nouvel aéroport de Kunming en direction de Pékin, puis Munich et enfin Bâle/Mulhouse. Fin du voyage.
Nos coups de cœur
- Les rizières en terrasses de Longji et de Yuanyang. Les gorges de la Maling - La descente en radeau de bambou de la rivière Yulong - Les villages Dong de Chengyang et de Zhaoxing - Les nombreux marchés des villages des minorités ethniques - Des Chinois très serviables malgré d’énormes difficultés de communication
Nos coups de sang ou déceptions
- Les tarifs prohibitifs pour beaucoup de sites touristiques réserver les richesses naturelles et culturelles d’un pays à quelques « happy few » très fortunés est inacceptable. Ainsi une entrée à Shilin (175+50 yuans) représente un mois de salaire d’un chinois moyen. - Les habitudes chinoises qui consistent à se débarrasser au plus vite de tout ce qui encombrent le corps d’où ces bruyants raclements de gorge suivi de crachats incessants… - Les trajets en bus très sonores : Les martèlements des bandes sonores des films de kungfu à fond la caisse, les cris des chinois quand ils téléphonent avec leurs mobiles et ils téléphonent tous à tout bout de champs, les coups de klaxons permanents. - Les gares routières excentrées très loin des centres ville qui obligent systématiquement à prendre bus ou taxi pour les rejoindre, même si on le comprend pour des raisons écologiques. - La télé chinoise tout aussi débile que chez nous avec les mêmes types de jeux, les émissions comiques, les téléréalités, le téléachat, les émissions financières et économiques, la retransmission des séances du parlement, etc. - Une cuisine moins savoureuse et fine que celle des pays limitrophes (Thaïlande, Vietnam ou Laos)et plus grasse. - Une Chine à deux vitesses avec les très riches qui circulent en Lexus, BMW, Mercedes et Audi et les très pauvres que l’on voit dans les villages retirés des campagnes de la province du Guizhou, mais en ville aussi. - Le thé, boisson nationale hors de prix dans de nombreux restaurants : 10 à 15 y la tasse (1,30 à 1,80€) et 40 y (5 €) la théière ! - En général il nous semble que le coût de la vie en Chine est un plus élevé que dans les pays limitrophes du sud-est asiatique.
Scènes typiques chinoises - Les vieux que l’on voit dans des endroits qui leurs sont réservés (tour du tambour dans le Guizhou) où ils s’adonnent aux jeux de société (cartes, mah-jong) en fumant cigarettes ou petites pipes. - Les activités sportives matinales dans les parcs publics : taïchi, Qi gong, zumba, badminton, cerf-volant, toupies, etc. - La taille des poids lourds vraiment lourds : j’ai vu un semi-remorque chargé de 21 voitures. La surcharge se paye souvent par des ruptures d’essieux. - Les embouteillages en entonnoirs au péage d’autoroutes où chaque conducteur essaye de griller la priorité à l’autre. - Les énormes travaux d’infrastructure visibles partout : routes et autoroutes, gratte-ciels… - Le nombre important des véhicules électriques : motos, triporteurs, tracteurs, voitures, camionnettes, c’est d’ailleurs dangereux car on ne les entend pas arriver ! - Peu d’activités avant 8h ou9 h du matin, comme quoi les Chinois ne sont pas aussi matinaux que leurs voisins des pays d’Asie du Sud-est. - La façon dont tous les conducteurs de bus se jouent des radars grâce à leurs détecteurs-scanners. - Grâce à une couverture exceptionnelle (mêmes dans les villages retirés du Guizhou) les Chinois ne se séparent jamais de leur téléphone mobiles qu’ils utilisent partout, dans les rizières comme en ville.
Conseils pour de futurs voyageurs - Disposer d’une liste des noms des lieux à visiter en idéogrammes chinois, et sur place demander à des chinois ayant quelques notions d’anglais de bien vouloir écrire une destination ou un numéro de bus. - Bien évaluer la durée des transports en bus ou en train toujours plus longs que prévus. - Attention, en novembre les régions visitées ont un climat plutôt frais, les matins et les soirs sont frisquets, un pull sera insuffisant, prévoir pulls et polaires ou blousons chauds. - Tous les ATM (distributeurs de billets) n’acceptent pas les cartes internationales, prévoyez une marge surtout si vous voyagez dans des zones rurales ou peu touristiques, ainsi entre Guilin et Kaili pas de change possible.
Remarques et conclusion Très souvent seuls touristes occidentaux, de plus individuels, on s’est sentis « perdus « parmi 1.4 milliards de chinois et on l’a vraiment été entre Dazhai et Shilin. Dépaysement assuré ! Pour tous renseignements précis et adresses diverses vous pouvez nous laisser des messages. Vous pouvez voir une sélection de nos photos en cliquant sur ces liens :
https://picasaweb.google.com/104736052213818628373/ChineProvinceDuGuangxiNovembre2012?authuser=0&authkey=Gv1sRgCPP845jJ98TAGw&feat=directlink https://picasaweb.google.com/104736052213818628373/ChineDuGuizhouAuYunnanNovembreEtDecembre2012?authuser=0&authkey=Gv1sRgCKqjhK3ch5LXBw&feat=directlink
Budget total pour 2 personnes et 30 jours : 3418 € - avion : 2 vols aller de Bâle/Mulhouse à Guilin et retour de Kunming à Bâle (Air China) : 1433 € - visas x 2 : 190 €
Dépenses sur place : 1745 € dont : - Hôtels : 525.50 € - Transports : 490.40 € - Nourriture : 350.30 € - Visite : 220.70 € - Divers/souvenirs : 158.10 €
Quelques prix en yuans : Bière locale (1/2l) 8 à 15 Thé tasse : 8 à 12 théière 30 à 50 Plat de légumes 12 à 18 Plat légumes avec peu de viande 18 à 25 Plat de viande 30 à 45 Plat de 8 à 10 raviolis 5 à 7 Portion de riz blanc 3 Soupe de nouilles 10 à 15 Breakfast complet 22 à 40 Plateau repas complet (station de bus) 15 Un trajet en bus urbain 1 à 3 Petits en cas dans la rue (beignet, brochette, galette) 1 à 4 Bus de ligne pour 350 km 110
Déroulement du voyage 9/11 Une escale de 7h à Pékin nous permet d’aller faire un tour jusqu’à la Cité Interdite. Après les formalités d’entrée sur le territoire chinois et après avoir vérifié que nos bagages n’avaient pas été débarqués comme pressentis à Francfort, nous changeons de l’argent et prenons le train express puis le métro, il est un peu plus de 7h du matin et il fait 6°, le ciel est gris et brumeux. C’est l’heure de pointe et il faut se battre pour pénétrer dans les rames du métro, c’est chacun pour soi. Nous sortons à la station Tian Anmen et nous nous dirigeons vers la Cité Interdite toute proche. Malgré l’heure matinale, des groupes de visiteurs chinois dirigés par les inévitables guides à fanion et sono gueularde investissent la cité en même temps que nous, mais vu la taille et l’espace de la Cité ils ne seront pas gênants durant notre visite, avançant deux fois plus vite que nous ! Nous allons arpenter cette cité pendant plus de 3h, passant d’immenses cours cérémonielles et froides à des palais tout aussi vastes et imposants qui se ressemblent tous un peu, puis à des cours plus intimistes, côté Ouest à l’atmosphère plus humaine, c’était le lieu de résidence d’habitants moins prestigieux que les régnants. Le ciel s’est découvert et les nombreuses peintures et les ors des poutrages resplendissent au soleil. Nous terminons par le jardin assez kitch avec ses fameuses pierres dressées qu’affectionnent les Chinois. Nous quittons la Cité, en empruntant quelques rues typiques du vieux Pékin les « hutongs » qui bordent la Cité à l’Est et qui nous ramènent vers le métro. Retour vers l’aéroport où nous reprenons un avion pour Guilin avec escale à X’ian. Atterrissage à Guilin vers 20h. Mauvaise surprise pas de bagages ! Premier contact avec l’administration chinoise, celle du bureau des plaintes des bagages perdus après des explications confuses de part et d’autres, c’est normal vu nos manques respectifs de compétences dans la langue de l’autre, on nous assure que nos bagages restés à Pékin seront livrés demain à notre hôtel dans l’après midi. En insistant nous obtenons même 100 yuans pour acheter le nécessaire brosses à dents et dentifrice par exemple ! Il est 22h30 et il nous faut encore prendre la navette pour aller en ville (30 mn) et là négocier un taxi pour nous emmener à l’hôtel. Notre chauffeur à bien du mal à décrypter l’adresse de notre hôtel, pourtant imprimé en caractères chinois (j’avais anticipé les difficultés de communication avec les Chinois). Affamés et fatigués nous terminons notre 1ère journée en commandant un plat de nouilles et des dim sun (ravioles). Il est 23h30 et nous sommes debout depuis 47h…Basta 10/11 Découverte de la ville de Guilin sous un ciel gris mais avec une température clémente. D’emblée on constate que c’est une ville touristique avec son lot de vendeurs qui vous assaillent tout autour du lac et des bus de touristes qui lâchent leurs passagers devant les sites payants (75 yuans pour le Pic de l’éléphant) qui bordent le lac. Le prix exorbitant demandé (ce n’est quand même qu’un parc aménagé) n’a pas l’air de troubler les hordes de Chinois qui se précipitent ! Rencontre et échange avec un français sympathique « Cyclonomade » qui parcourt l’Asie en bicyclette depuis de nombreuses années. Un étudiant chinois qui passait par là et qui apprend l’anglais nous demande s’il peut parler avec nous pour perfectionner son anglais ! Nous partons vers le centre ville de Guilin et découvrons les innombrables petites cantines mobiles qui proposent leurs plats aux passants. En continuant vers le second lac nous pouvons « apprécier » les ajouts architecturaux kitch dont raffolent les Chinois : petit pont chinois en cristal, temple avec bas-reliefs, etc. Après avoir récupéré nos sacs à dos (ouf !) à l’hôtel nous prenons un bus dans l’après-midi pour Yuangshuo et découvrons les embarras de la circulation chinoise : voitures, camions, bus, tricycles, bicyclettes cohabitent dans une anarchie totale dominée par un concert ininterrompu de klaxons. 1 heure ½ plus tard le bus nous laisse au bord d’un trottoir de Yuangshuo. Nous ne savons pas où nous sommes et Yangshuo s’avère plus grand que la petite ville que nous imaginions, de plus les plans sommaires du routard ou du L.P. ne nous sont pas d’un grand secours. Après quelques tergiversations nous prenons un taxi qui nous amène en 10 mn à notre hôtel réservé sur le site Agoda et bien situé au calme le long de la rivière Li (River View Hôtel). Première pause de la journée avec un thé siroté sur notre terrasse qui donne sur la rivière Lijiang. Découverte de la ville très touristique de Yangshuo, avec ses rues très commerçantes comme West Street avec hôtels, restaurants, karaokés, boites de nuit, arpentés par une foule de touristes chinois. Dîner chez Gan’s Noodles, bonne adresse, bonne chère, prix doux. 11/11 Après avoir loué deux VTT à l’hôtel (2x20Y) nous partons en direction de la Montagne de la Lune (Moon Hill en « bon chinois » !) en même temps qu’une centaine de jeunes Chinois également en bicyclette, il est vrai que c’est dimanche. Nous évitons les nombreuses attractions payantes situées le long de la route (grottes diverses) et devant lesquelles des myriades de bus sont garées, pour nous contenter de la Montagne de la Lune, pic karstique sur lequel on peut grimper par un chemin en escalier et qui vous offre une vue superbe sur la vallée en contrebas et les nombreux pics environnants. Peu de monde prêt à s’essouffler pour monter là haut, tant mieux. Nous revenons vers le pont d’où bifurque la route qui longe la rivière Yulong. Arrivés à un débarcadère nous négocions un retour vers le pont en radeau de bambou. Après un marchandage serré, nos vélos sont chargés sur un triporteur qui nous les rendra au pont pendant que nous descendons la rivière sur un radeau de bambou propulsé par la seule force des bras du batelier qui fait avancer le radeau avec sa gaffe. Gros avantage c’est le calme absolu qui nous permet de profiter en toute quiétude du magnifique spectacle des pitons karstiques qui bordent la rivière. Au bout d’1h ¼ et après avoir passé quelques rapides bien inoffensifs nous voilà de retour au pont. Retour en ville 12/11 Toujours en vélo nous partons cette fois en direction du village de Fuli en empruntant les petites routes et en longeant la rivière Lijiang sur sa rive droite dans le sens du courant. Beaux paysages campagnards où alternent les rizières, les zones de cultures maraîchères, les vergers, etc. Pour atteindre Fuli nous prenons le bac dans le village qui se trouve exactement de l’autre côté de la rivière. C’est jour de marché et nous en profitons pour arpenter les allées à l’air libre ou couvertes de ce marché où se retrouvent les vendeurs de fruits et légumes, les bouchers, les poissonniers, les coiffeurs et toute la partie non alimentaire. Après avoir visité le village et goûté gratuitement à l’alcool local dans un débit de boissons, nous reprenons nos vélos et partons vers le Sud en direction du village de Liugong. Un peu perdus dans les rizières avec un chemin qui disparait progressivement du paysage, nous le retrouvons grâce à un paysan-passeur qui nous indique la bonne direction et nous fait passer la rivière pour atteindre Liugong, petit village caractérisé par ses vieilles maisons patriciennes un peu décaties mais qui lui donnent un cachet particulier. Retour en vélo à Yangshuo par une belle lumière de fin d’après-midi. Nous croisons des paysans qui rentrent des champs avec leurs buffles, des femmes qui ramènent du bois ou des légumes sur leur dos ou dans des charrettes, belles scènes bucoliques qui transcendent le temps. 13/11 Beau temps, mais avec un peu de brume, nous partons à pied en direction de la gare de bus pour aller à Yangdi (1h de bus) où nous comptons marchander un radeau de bambou motorisé pour descendre la rivière Li jusqu’à Xingping. Il y a malheureusement peu de touristes individuels à Yangdi et nous ne sommes pas en position de force, mais on arrive quand même à faire baisser le prix officiel de 216 y par personne à 260 y pour 2. Et c’est parti pour plus d’une heure de navigation, nous sommes bien entourés par les gros bateaux qui viennent de Guilin. Paysage magnifique, mais on n’est pas seul pour en jouir, c’est normal ! Arrivés à Xingping nous partons à la recherche du marché et visitons cette petite ville agréable avec son quartier de belles maisons traditionnelles et ses marchands d’estampes chinoises. Déjeuner d’excellents dim sun chez M. Lee (référencé sur un post de VF). Retour en bus à Yangshuo. 14/11 Départ ce matin à 7h15 pour les terrasses de Longji. Pour éviter une perte de temps et des transbordements à Guilin nous avons acheté deux billets direct Yangshuo-rizières de Longji. En fait il n’y a dans ce bus que des touristes qui vont passer la journée à visiter les rizières pour retourner le soir sur Yangshuo ou Guilin. Quant à nous nous resterons sur place deux jours. A cause d’un énorme bouchon au péage de l’autoroute de Guilin nous n’arrivons à l’entrée des rizières qu’à 10h30, avec 1h de retard. Nous quittons nos touristes chinois pour prendre un bus local pour Dazhai où nous arrivons vers 11h30. Du parking il faut à peine 10 mn à pied pour arriver au petit village de Dazhai. Après quelques recherches, nous choisissons l’hôtel situé en face du terrain de sport du village. Dommage qu’il fasse gris et qu’il bruine, le village tout en bois s’étage entre les rizières en terrasse qui grimpent à l’assaut des nuages. Les femmes Yao sont reconnaissables à leurs coiffes dans lesquelles elles enroulent leur longue chevelure. Les maisons tout en bois, à 2 et même 3 étages sont magnifiques et aucun clou n’est utilisé pour leur construction, tout est assemblé par mortaises et tenons chevillés. La plupart des hôtels du village sont vides ou fermés et nous serons les seuls touristes durant notre séjour. 15/11 P’tit-déj. spartiate et local, le temps est à la pluie mais nous décidons quand même de faire les quelques points de vue signalés Pour ce faire nous grimpons jusqu’au village de Tiantou puis au point de vue « Thousand layers of heaven » en passant par le point « Seven stars… ». Dommage que le temps ne soit pas meilleur mais on ne peut qu’admirer l’énorme travail réalisé ici depuis des siècles pour sculpter ainsi la montagne sur près de 1000 m de dénivelé. Nous tentons ensuite d’aller voir « Music of the paradise » mais on rentre très vite dans les nuages qui rendent l’ascension inutile. Nous redescendons vers Dazhai et décidons de changer de village pour voir d’autres points de vue depuis Ping’an à une quinzaine de km. Nous prenons le bus local qui nous laisse au pont d’où s’embranche la route de Ping’an nous attendrons vainement un bus local pour faire les quelques km qui restent à parcourir, finalement nous faisons du stop et une voiture occupée par une couple de chinois avec enfants et belle mère nous véhicule gentiment jusqu’à Ping’an. Depuis le parking il nous faut bien marcher 30mn avant d’arriver dans le centre du village où se trouvent les hôtels, nous nous installons au Qing Hôtel, chambre rustique mais correcte, patronne un peu revêche mais ça ira. Ping’an quoique relativement désert en cette saison est beaucoup plus touristique que Dazhai, toute la montée du parking vers le village se fait en passant devant des dizaines de stands chargés d’articles touristiques il faut dire que Ping’an est le village où arrivent tous les jours des dizaines de bus depuis Guilin , Yanshuo et d’ailleurs et qu’ils en repartent en fin de journée. 16/11 Le temps étant particulièrement bouché, sans aucune visibilité nous reprenons le bus local qui nous amènera jusqu’à Longshen au bout d’1h ½. De là, nous reprenons un bus pour San Jiang (1h30) puis un taxi (30 y) qui nous amène à Chengyang. Après avoir payé la taxe d’entrée (2x60 y) nous prenons une chambre au Drum Tower Hôtel c’est sommaire, il fait froid et humide mais on s’en contentera (60 y). Première reconnaissance du village et de ses fameux « ponts de la pluie et du vent ». une fois de plus c’est en balade à pied que l’on entr’aperçoit le mieux la vie du village, les femmes qui travaillent au champs, nettoient les poissons à la rivière, les charpentiers qui construisent ces superbes maisons en bois, et les vieux qui tapent le carton et discutent de tout et de rien dans la rue ou autour d’un feu de bois dans les espaces réservés comme les « tours du tambour ». Il n’y a plus aucun touriste dès que l’on s’éloigne de plus de 100m du pont de la pluie et du vent le plus connu près de la route et on se retrouve immergé dans la vieille Chine traditionnelle de toujours. 17/11 Changement d’hôtel, nous changeons pour le Dong Village hôtel aux chambres un peu moins sommaires et au restaurant réputé. Heureusement il ne pleut plus et le soleil fait même quelques apparitions. Nous partons nous balader dans les beaux villages qui jouxtent Chengyang : tous ont plusieurs ponts de la pluie et du vent ainsi que des tours du tambour où se retrouvent les vieux bien au chaud devant un brasero. De très beaux moulins à eau sont répartis tout le long de la berge pour irriguer les rizières surplombant la rivière. 18/11 Départ de Chengyang vers 9h. Nous prenons un van pour San Jiang (quand même 300 000 hab.) où j’échouerai à changer de l’argent, un banquier m’avouera qu’aucune banque ici n’est habilitée à changer des devises. Re-bus pour Zhaoxing, que nous atteignons après 3h de route de montagne éprouvante. A notre habitude nous allons visiter quelques hôtels avant de choisir à côté de la police le Zhaoxing hôtel * * dont nous marchandons âprement le prix : résultat 240 y les 2 nuits au lieu de 400 initialement : belle chambre claire et propre avec TV et AC. Nous profitons d’un beau soleil pour visiter le village, on se croirait dans une Venise Dong avec ses nombreux canaux ou rivières qui sillonnent le village. Pour dîner il y a peu de choix, c’est le restaurant du Dong village hôtel qui sera notre préféré. Malgré des lacunes linguistiques de part et d’autres, nous arrivons en allant en cuisine et en montrant dans l’armoire réfrigérée ce qui nous inspire à faire comprendre à la cuisinière ce que nous aimerions manger ( prix imbattable 40 y pour 2). 19/11 Découverte de la campagne environnante, nous prenons le chemin qui monte, monte , à travers les rizières en terrasses jusqu’au village de Tang’An situé tout en haut de la vallée : superbe balade, le chemin est quelque fois difficile à repérer mais il y a peu de risque de se perdre. Au retour nous avons voulu revenir sur Zhaoxing en faisant la boucle par le village de Jilun, mais nous avons perdu la trace du sentier dans les rizières et avons rebroussé chemin, par contre la vue sur les terrasses était superbe et valait bien ce petit détour. Dîner toujours au même endroit, mais cette fois en compagnie d’une trentaine de convives de marque en costume cravate pour les messieurs et robe élégante et talons hauts pour les dames. Discours, toasts et verres d’alcool de riz se succèdent, interrompus par les chants de jeunes femmes en costume local . Nous sommes invités à partager ces moments de convivialité et on nous explique qu’il s’agit d’une réunion de responsables d’investissements touristiques qui rencontrent les représentants des pouvoirs locaux des comtés voisins pour développer le tourisme dans la région. Après de nombreux « Campaï » nous nous quittons la bouche en feu et l’esprit embrumé. 20/11 Mal renseignés, nous ratons le bus local pour Luoxang d’où un bus part à 8h30 pour Kaili. Pour ne pas le rater, nous prenons un taxi pour Luoxang (40 y). Après 3h20 d’autoroute nous voilà à Kaili, le temps de changer de l’argent dans un ATM et nous repartons à 13h pour Guiyang pour encore 3h de route. La gare routière étant loin du centre, comme toujours, nous prenons un taxi qui nous dépose devant l’hôtel prévu dans le centre ville, mais comme il n’est pas terrible nous changeons pour un hôtel devant la gare ferroviaire, hôtel que nous marchandons comme c’est l’usage malgré des incompréhensions linguistiques de part et d’autres. Nous allons faire un tour du côté du marché situé juste à côté de l’hôtel, c’est un quartier très animé avec des vendeurs Ouigours de brochettes, et des dizaines de stands de cuisine de tous les coins de la Chine, c’est vraiment un quartier très animé et sympathique. 21/11 Après un petit déjeuner chinois passable à l’hôtel, nous allons découvrir les charmes matinaux de la ville de Guiyang : adeptes de Taï Chi ou de Qi gong, danseurs de zumba ou de tango, joueurs de badminton, fouetteurs de toupies, calligraphistes qui dessinent sur les trottoirs, amateurs de cerfs-volants, tous sont à l’œuvre dans les parcs ou les rues de la ville. Nous découvrons aussi les fameux marchés aux oiseaux dont les cages sont accrochées aux arbres. Visite d’un bel ensemble religieux formé d’une pagode et d’un pavillon. Retour à l’hôtel, nous récupérons nos bagages et prenons un taxi en direction de la gare routière pour prendre un bus direct pour les chutes de Huangguoshu où nous arrivons 2h1/2 plus tard. En sortant de la gare routière on nous oblige d’abord à passer par la case paiement en nous orientant vers la caisse du site (2x90 y) puis nous allons prospecter les hôtels que nous voyons dans la rue mais on nous fait comprendre qu’ils ne sont pas pour nous ! Après de nouvelles incompréhensions, un Chinois nous emmène dans sa voiture vers un hôtel habilité à nous recevoir 1 km plus loin. Très belle chambre avec tout le confort, TV, AC, ordinateur à disposition dans la chambre, négociée à 120 y la nuit, une bonne affaire. Bon dîner composé grâce au langage des mains effectué devant le réfrigérateur d’un restaurateur… 22/11 Pour trouver l’entrée du site, on nous indique la direction de la route qui descend, au bout d’un bon km nous arrivons devant le 1er site payant : la cascade de Doupotang. A cette heure matinale nous sommes quasiment seuls. La chute est très large mais peu haute. Nous reprenons la route pour faire encore quelques km à pied avant d’arriver au site des plus grandes chutes de Chine, objet de notre séjour ici entre temps nous sommes passés devant une imitation de cathédrale chrétienne implantée dans ce lieu improbable où il n’y a pas de maisons mais des ruines de bâtiments détruits pour on ne sait qu’elle raison ? Avant d’accéder aux chutes on traverse un grand jardin de bonzaïs et de pierres dressées comme les aiment les chinois. On commence maintenant à descendre vers les chutes et on croise de plus en plus de monde, toujours en groupes serrés et bruyants. Les chutes sont vraiment très belles et bruyantes aussi ! On part se promener sur le sentier en boucle qui passe sous les chutes (sans payer de supplément) et on revient vers le point de départ. A la sortie, voulant repartir avec un bus local pour éviter 4 à 5 km à pied sans aucun intérêt , impossible malgré le « big tourist center information » de trouver une seule personne parlant anglais ! Par hasard et par chance nous avons trouvé le bon bus qui nous a ramenés en ville : en fait de ville il s’agit plutôt d’un immense chantier de construction d’avenues et d’immeubles de rapport tout autour de la station de bus qui devait il y a peu se trouver dans un no man’s land. 23/11 On a cru comprendre qu’un bus partait vers 9h en direction de Xingyi, notre prochaine étape mais ne voyant rien venir on croit comprendre (encore une fois) que nous devons nous faire déposer par un taxi à l’entrée de l’autoroute pour faire du stop-bus. Effectivement au bord de l’autoroute et au bout d’une demi-heure nous arrêtons un bus et lui montrons les idéogrammes de Xingyi et nous voilà repartis pour 3h30 de bus sur routes et autoroutes en traversant de magnifiques paysages de gorges et de reliefs karstiques. A Xingyi, grande ville tentaculaire nous prenons un taxi pour le centre ville et nous faisons déposer devant la seule adresse que nous possédions dans cette ville, malheureusement on nous déclare que l’hôtel est plein, c’est bien la 1re fois, et l’employée nous en conseille un autre situé à l’autre bout de la ville dans les faubourgs modernes. Re-taxi et nous voilà devant une super hôtel à la chinoise avec hall de réception immense et froid plein de marbre et de gros meubles en bois massif, nous nous attendions à un prix dissuasif qui finalement sera très correct avec une chambre à 210 y soit 26 €. 24/11 Heureusement une des employées de l‘hôtel parle un peu anglais et grâce à ses petits papiers nous pourrons nous débrouiller pour aller en bus local aux deux endroits qui nous intéressent, les gorges de Maling et la forêt aux 10 000 pics. En 10 mn, avec le bus n°4 pris devant l’hôtel nous arrivons aux gorges de Maling. Après avoir payé la taxe (2x80 y) nous descendons vers le fond de la gorge par un bel escalier entièrement bétonné tout du long. Nous sommes très peu nombreux et la balade est agréable, le chemin passe devant plusieurs cascades très fines et très esthétiques. Au bout de 2h1/2 d’une très belle balade de montées et des descentes dans la gorge nous ressortons du site par le même chemin et reprenons le bus n°4 vers le centre ville. Arrivés en ville nous prenons le bus n°1, puis le 100 qui nous amène à l’entrée du site de la forêt des 10 000 pics. Nous payons la taxe d’entrée (2x80) et partons à pied (ça peut également se faire en voiturette électrique) pour faire ce bel itinéraire de 8 à 9 km sur une route qui domine une très belle vallée environnée de pics karstiques. Arrivés au bout, cette route privée rejoint la route locale où nous reprenons le bus 100 puis le n°1 jusqu’en ville. 25/11 Nous quittons l’hôtel et en taxi nous rejoignons la station de bus où nous apprenons qu’il nous faudra attendre 4h avant de pouvoir continuer vers Shilin. En bons voyageurs habitués à mettre à profit toute attente, nous partons à la découverte d’une ville à priori inintéressante pour un touriste : les 4 heures d’attente se seront vite écoulées tellement il y a de choses à voir : parc public avec toutes les activités que l’on peut y trouver : taï chi, marché aux oiseaux, parents et leurs enfants, vieux qui discutent, puis il y a un marché toujours intéressant à visiter, un peu plus loin il y a une manifestation officielle en faveur du dépistage du sida etc. Le bus part à 13h et c’est parti pour 4h30 jusqu’à Shilin : là le bus nous laisse au bord de la route, à côté d’une station essence ! Que faire ? Où aller ? Nous tentons de nous renseigner mais personne ne parle anglais dans ce coin paumé ! Finalement après diverses tentatives nous reprenons un bus local qui nous dépose dans la zone touristique qui jouxte le site de la forêt de pierres. Nous nous installons dans un hôtel et clôturons la journée avec du canard au menu. 26 /11 Nous prenons le bus n° 5, comme on nous l’a conseillé, il nous laisse à l’entrée du site : c’est un site hyper touristique en Chine et très couru, résultat il est hors de prix : 175y + 50y (pour la voiturette que nous refusons !) =28€. A l’entrée un gigantesque hall aux ¾ vide dans lequel quelques employées attendent le client mais personne ne parle anglais ! on nous indique vaguement l‘entrée du site en nous désignant la route qui contourne le hall en fait nous allons marcher pendant 40 mn, voyant passer des groupes de chinois dans leurs voiturettes électriques nous dévisageant goguenards et se demandant ce que nous faisons à pied ici, avant d’arriver à l’entrée du site proprement dit. Evidement il aurait été plus honnête de placer l’entrée payante ici mais moins rentable car les 50 y de voiturette électrique ne se justifiaient plus, les chinois ont tout compris du bizness ! Que dire du site lui-même ? Il est évidemment exceptionnel même si certains n’y voient qu’un amoncellement de pierres. On s’y baladera plusieurs heures, montant et descendant les sentiers qui serpentent entre ces gros cailloux aux formes extravagantes. Comme toujours les chinois y découvrent des formes identifiables et romanesques que nous aurons souvent du mal à reconnaître, question de culture ? Pour éviter une nouvelle « longue marche » j’avise une sortie qui pourrait s’avérer plus proche de notre hôtel, encore aurait-il fallu que nous prenions le bus 5 dans le bon sens, on avait 50% de chance mais on a perdu puisqu’on s’est retrouvé dans la gare routière de la ville de Shilin à 10 km du site !!! Retour avec le même bus mais en sens contraire, en Chine l’aventure est toujours là où on ne l’attend pas. Nous quittons Shilin en reprenant le bus 5 (cette fois dans le bons sens) et nous nous retrouvons pour la 2me fois à la gare routière de Shilin où nous prenons un bus pour Kunming où nous arrivons 2h plus tard. Comme toujours nous sommes à des années-lumière du centre ville et prenons un taxi sauvage conduit par une femme qui va se jouer à merveilles des embarras de la circulation pour nous amener devant l’hôtel que nous lui avions indiqué le seul hic c’est que l‘hôtel n’existe plus, seul subsiste un bâtiment désaffecté. Pourtant nos deux guides (Routard et Lonely Planet) le mentionnaient dans leurs éditions les plus récentes, comme quoi ou la Chine évolue à une très grande vitesse ou les rééditions des guides sont douteuses …je pense qu’il y a des deux dans cette problématique. Finalement nous trouverons à nous loger un peu plus loin et nous gouterons avec délices à une cuisine européenne bienvenue après 15 jours de cuisine chinoise pas toujours très fine et élaborée. 27/11 Inutile de vouloir petit-déjeuner avant 9h30, beaucoup de restaurants n’ouvrent qu’à cette heure. On se contentera d’un nescafé pris dans la chambre de l’hôtel puis on repart pour la gare routière en bus local (n°2 puis n° 154) soit quand même 1h30 de trajet. Là nous partons pour Jianshui c’est à dire pour 4h40 de bus. Nous choisissons un hôtel dans le centre de la vieille ville de Jianshui et allons visiter la très belle maison de la famille Zhu. C’est un ensemble de belles maisons décorées d’estampes et séparées par des cours intérieures, appartenant à une famille enrichie par les affaires et qui date du début du siècle. Il y règne une atmosphère calme empreinte de nostalgie. 28 /11 Excellent petit-déjeuner à l’hôtel Hua Qing, ciel bleu, nous partons en bus pour aller voir un très beau pont, le pont du double dragon situé à quelques km de Jianshui. Puis nous reprenons bus et tricycle vers Danshang autre village aux vieilles maisons patriciennes de la famille Zhang cette fois. Retour à Jianshui et visite l’après-midi du temple de Confucius, bel ensemble architectural de temples près d’un lac, ici aussi calme et tranquillité des femmes répètent des chants, des hommes jouent aux cartes un peu plus loin, des enfants s’amusent. 29/11 Une fois de plus on va faire du taxi puis du bus, cette fois pour aller à Yuanyang, soit 4h30 de bus tape-cul, vu l’état de la route de montagne qui succède bien vite à l’autoroute du début. Arrivés à Nansha nous reprenons un petit bus local qui va nous monter à Yuanyang. Il fait beau et nous choisissons l’hôtel d’état sur la grande place. Très vite nous sommes sollicités par un chauffeur de taxi qui se propose de nous emmener voir les rizières en terrasses. Nous négocions et partons peu de temps après faire notre première balade motorisée en… tricycle puisque notre chauffeur de taxi es ten fait un chauffeur de tricycle, qu’à cela ne tienne, il faut juste penser à se couvrir car son tricycle est ouvert à tous les vents et à cette altitude il fait souvent froid. Quant aux fesses elles sont déjà bien tannées par les sièges des bus locaux pris depuis plus de 20 jours ! Nous découvrons le panorama qui se dévoile depuis le mirador de Laohuzui et c’est vraiment époustouflant et magique, on reste béat d’admiration devant le colossal travail réalisé par ces paysans depuis des siècles pour sculpter ainsi la montagne et permettre la culture exigeante du riz. Vu de là-haut le spectacle est fantastique avec les reflets du soleil couchant sur les terrasses inondées. Nous ne sommes pas seuls : des photographes japonais suréquipés avec gros reflex et téléobjectifs mitraillent à tout va. 30/11 Levés aux aurores, vers 6h, il fait encore nuit et nous partons toujours en tricycle bien couverts et sous la bruine voir les rizières depuis le mirador de Duoyishu : ici aussi le spectacle est incroyable, malgré une petite pluie, mais cette fois ce sont les reflets du soleil levant qui colorent les rizières inondées, bientôt les dernières nappes de brouillard se lèvent et le soleil se met de la partie ajoutant du contraste et de la lumière à ce spectacle unique. Nous continuons par les terrasses de Bada, nouvel émerveillement et nous nous arrêtons enfin au village de Qing Kou, le village aux fameux toits en forme de champignons, en fait des toitures à 4 pans recouvertes de chaume. La rue principale du village est encombrée par des camions et des tracteurs chargés de chaume et de bambou et les villageois sont justement en train de renouveler les couvertures de chaume. Tous les bras valides ont été réquisitionnés et le village bruit de toutes ces activités. Je pars me promener du côté des moulins où les meules sont mues par la force de l’eau et je fais une incursion dans les rizières toute proches pour profiter d’autres points de vue. Sur la place du village une équipe de la CCTV (télé chinoise) est en train de filmer et d’interviewer les sages du conseil des anciens et je suis fortement sollicité par le réalisateur pour apparaître à côté des anciens peut-être pour montrer l’intérêt que portent les touristes à ce village ! Retour en ville et, oh surprise ! Nous rencontrons des français, c’est bien la 1re fois depuis 3 semaines. 01/12 Nous prenons un petit déjeuner européen à l’hôtel gouvernemental Yunti **** puis reprenons un bus pour Kunming, encore 7h15mn sur les routes à supporter des films de kung-fu et leurs bruits de fond répétitifs et violents ainsi que les raclements de gorge intempestifs de certains voyageurs, nos oreilles souffrent…Arrivés à la gare routière, nous nous débrouillons comme des chefs, bus 154 jusqu’à la gare ferroviaire puis bus 2 sur Beijing Lu jusqu’à un arrêt situé à 100m de notre hôtel. Dîner au restaurant Aoma. 02/12 Petit déj. en chambre (les restaurants sont encore fermés à cette heure) et rebus urbain jusqu’à la station routière ouest où nous prenons un bus pou Dali, départ 9h30, 5h de bus avec en prime un super-bouchon au péage de l’autoroute : Les manœuvres de resquille et de coupe-files des conducteurs au moment de passer devant les quelques cabines de péages sont surréalistes, on voit des 50 tonnes doubler toutes les voitures pour s’intercaler au dernier moment dans la file du péage en 4me ou 5me file… Nous avons quelques difficultés pour comprendre où et quel bus prendre pour aller, de la ville moderne où nous arrivons, à Old Dali qui seule nous intéresse. Finalement, comme toujours après avoir sollicité plusieurs autochtones on nous indique le bus n°8 et l’endroit exact (juste à côté de la gare routière où nous venons d’arriver). 30 mn plus tard nous sommes à la recherche d’un hôtel que nous trouvons en plein dans le centre touristique de Dali, dans une maison de l’ethnie majoritaire ici les Bai le Yin villa. Il fait beau et même chaud, malgré l’altitude (1900m) et nous allons déambuler dans les rues très touristiques de la ville. Fixing Lu et Renmin Lu sont des rues consacrées à 100% au tourisme et sont effectivement arpentées dès potron-minet par des groupes de touristes chinois suivant plus ou moins docilement leur guide et mitraillant tout sur leur chemin sans oublier les représentants de la race routarde européenne qui firent les beaux jours de Dali dont nous sommes sans conteste à leurs yeux les dignes représentants ! Dîner au Bambou café, tenu par un Chinois qui parle, ce qui est rare ici un français impeccable. 03/12 Pour ne pas changer nos habitudes, bus local (45mn) jusqu’au village de Shaping, village situé au nord du lac et où se tient un fameux marché. En fait c’est un tout petit marché installé dans un terrain vague sur un monticule qui domine le lac et fréquenté par les locaux presque tous en habit traditionnel. Pas un touriste, on est vraiment loin de l’agitation mercantile de Dali. Nous repartons en bus et nous nous arrêtons à Zhucheng autre village caractéristique connu pour sa place centrale dont un des côtés est occupé par une scène de théâtre bien conservée et par un bel arbre qui ombrage une partie de la place. On y trouve également des ateliers de tissage de teinture de batiks de couleur indigo. Retour à Dali et excellent dîner au « café de Jack » je m’y sens comme chez moi !!! 04/12 Journée vélo, nous partons en direction du lac dans l’intention de le traverser en bac pour découvrir la rive Est, mais arrivés au débarcadère de Caï Cun nous devons vite déchanter devant les prix exorbitants demandés à savoir 360y pour les deux soit 46 € uniquement pour faire quelques km en bateau. Qu’à cela ne tienne, nous empruntons la belle petite route qui longe le lac en direction du nord ce qui nous permettra et de voir les activités maraîchères côté terre et celles piscicoles côté lac. A cette heure matinale il est 10h !, les paysans sont tous au champ occupés à bonifier leurs terres en répandant les contenus de leurs seaux malodorants chargés de purin. Les pêcheurs quant à eux, démêlent leurs filets et les battent pour faire tomber les petits poissons qui y sont encore accrochés. Après 3h de pédalage tranquille nous rentrons par la route du centre mais avec un vent contraire assez violent ce qui est nettement moins agréable. Retour à Dali, tour externe à pied des trois pagodes et c’est bien suffisant, pour éviter le prix déraisonnable (121 y) réclamé. 05/12 Nous avons loué à quatre (avec Jean-Luc et Denis) un taxi pour faire un tour du lac de 9h à17h pour 300 y. nous commençons par le village de Xizhou qui n’a rien d’extraordinaire, mais comme il y a un marché et un mariage c’est toujours bon à prendre. Nous en verrons un autre à Shangguan, et encore un autre bien plus grand à Wase caractérisé par les nombreux stands non alimentaire qui vendent toutes ces « cochonneries » de mauvaise qualité de fabrication chinoise (c’est quand même normal ici) que nous connaissons bien en France aussi. Les coiffeurs itinérants sont là également ainsi que les rebouteux, les herboristes et les diseuses de bonne aventure. Retour par la même route et arrêt devant les pêcheurs aux cormorans. En fait c’est un spectacle, payant bien sûr, ou des pêcheurs, le sont-ils vraiment ? Font une démonstration de pêche aux cormorans devant des barques remplies de touristes, le tout sous une musique appropriée et sous les applaudissements du public. Très peu pour nous, nous avons continué notre chemin. 06/12 Nouvelle journée bus, de retour cette fois vers Kunming avec un départ direct de Dali à 9h30 et arrivée à 15h après 5h30 de route. 07/12 Avant dernière journée de notre voyage consacré à la visite de la ville que nous avons déjà traversé de part en part plusieurs fois sans jamais la visiter. Nous prenons un bus (n°2) pour nous rapprocher du temple Yuantong qui fait l’objet de notre visite. Prix raisonnable, c’est à signaler pour une fois (2x6 y). Comme souvent c’est une oasis de calme dans une ville très animée, il y a plusieurs bâtiments qui se répartissent autour d’un petit lac. Le temple lui-même très ancien est très beau avec son architecture octogonale. Il est situé au milieu du lac et est accessible par deux beaux ponts de pierre à trois arches. Des fidèles viennent brûler des cierges et des bâtonnets d’encens. Là aussi les marchands du temple vendent leurs bondieuseries kitch. Nous continuions notre chemin et revenons vers le centre ville en direction du marché des oiseaux et des fleurs : déception car il est tout petit et il y très peu de participants. D’ailleurs le quartier à l’air d’être en sursis vu le nombre de maisons détruites qui l’encadrent, en dehors d’une fameuse pharmacie répertoriée dans les guides il y a peu à voir. Juste à côté se déploient les gratte-ciels du Kunming du XXI me siècle où triomphent les enseignes de Carrefour, KFC, Mac Do, Starbucks etc. c’est aussi la Chine mais elle a peu à voir avec celle du marché d’à côté et c’est celle- là qui a le vent en poupe…dernière balade agréable le long de la rivière qui sépare la ville en deux du Nord au Sud. 08/12 Décollage du nouvel aéroport de Kunming en direction de Pékin, puis Munich et enfin Bâle/Mulhouse. Fin du voyage.
Nos coups de cœur
- Les rizières en terrasses de Longji et de Yuanyang. Les gorges de la Maling - La descente en radeau de bambou de la rivière Yulong - Les villages Dong de Chengyang et de Zhaoxing - Les nombreux marchés des villages des minorités ethniques - Des Chinois très serviables malgré d’énormes difficultés de communication
Nos coups de sang ou déceptions
- Les tarifs prohibitifs pour beaucoup de sites touristiques réserver les richesses naturelles et culturelles d’un pays à quelques « happy few » très fortunés est inacceptable. Ainsi une entrée à Shilin (175+50 yuans) représente un mois de salaire d’un chinois moyen. - Les habitudes chinoises qui consistent à se débarrasser au plus vite de tout ce qui encombrent le corps d’où ces bruyants raclements de gorge suivi de crachats incessants… - Les trajets en bus très sonores : Les martèlements des bandes sonores des films de kungfu à fond la caisse, les cris des chinois quand ils téléphonent avec leurs mobiles et ils téléphonent tous à tout bout de champs, les coups de klaxons permanents. - Les gares routières excentrées très loin des centres ville qui obligent systématiquement à prendre bus ou taxi pour les rejoindre, même si on le comprend pour des raisons écologiques. - La télé chinoise tout aussi débile que chez nous avec les mêmes types de jeux, les émissions comiques, les téléréalités, le téléachat, les émissions financières et économiques, la retransmission des séances du parlement, etc. - Une cuisine moins savoureuse et fine que celle des pays limitrophes (Thaïlande, Vietnam ou Laos)et plus grasse. - Une Chine à deux vitesses avec les très riches qui circulent en Lexus, BMW, Mercedes et Audi et les très pauvres que l’on voit dans les villages retirés des campagnes de la province du Guizhou, mais en ville aussi. - Le thé, boisson nationale hors de prix dans de nombreux restaurants : 10 à 15 y la tasse (1,30 à 1,80€) et 40 y (5 €) la théière ! - En général il nous semble que le coût de la vie en Chine est un plus élevé que dans les pays limitrophes du sud-est asiatique.
Scènes typiques chinoises - Les vieux que l’on voit dans des endroits qui leurs sont réservés (tour du tambour dans le Guizhou) où ils s’adonnent aux jeux de société (cartes, mah-jong) en fumant cigarettes ou petites pipes. - Les activités sportives matinales dans les parcs publics : taïchi, Qi gong, zumba, badminton, cerf-volant, toupies, etc. - La taille des poids lourds vraiment lourds : j’ai vu un semi-remorque chargé de 21 voitures. La surcharge se paye souvent par des ruptures d’essieux. - Les embouteillages en entonnoirs au péage d’autoroutes où chaque conducteur essaye de griller la priorité à l’autre. - Les énormes travaux d’infrastructure visibles partout : routes et autoroutes, gratte-ciels… - Le nombre important des véhicules électriques : motos, triporteurs, tracteurs, voitures, camionnettes, c’est d’ailleurs dangereux car on ne les entend pas arriver ! - Peu d’activités avant 8h ou9 h du matin, comme quoi les Chinois ne sont pas aussi matinaux que leurs voisins des pays d’Asie du Sud-est. - La façon dont tous les conducteurs de bus se jouent des radars grâce à leurs détecteurs-scanners. - Grâce à une couverture exceptionnelle (mêmes dans les villages retirés du Guizhou) les Chinois ne se séparent jamais de leur téléphone mobiles qu’ils utilisent partout, dans les rizières comme en ville.
Conseils pour de futurs voyageurs - Disposer d’une liste des noms des lieux à visiter en idéogrammes chinois, et sur place demander à des chinois ayant quelques notions d’anglais de bien vouloir écrire une destination ou un numéro de bus. - Bien évaluer la durée des transports en bus ou en train toujours plus longs que prévus. - Attention, en novembre les régions visitées ont un climat plutôt frais, les matins et les soirs sont frisquets, un pull sera insuffisant, prévoir pulls et polaires ou blousons chauds. - Tous les ATM (distributeurs de billets) n’acceptent pas les cartes internationales, prévoyez une marge surtout si vous voyagez dans des zones rurales ou peu touristiques, ainsi entre Guilin et Kaili pas de change possible.
Remarques et conclusion Très souvent seuls touristes occidentaux, de plus individuels, on s’est sentis « perdus « parmi 1.4 milliards de chinois et on l’a vraiment été entre Dazhai et Shilin. Dépaysement assuré ! Pour tous renseignements précis et adresses diverses vous pouvez nous laisser des messages. Vous pouvez voir une sélection de nos photos en cliquant sur ces liens :
https://picasaweb.google.com/104736052213818628373/ChineProvinceDuGuangxiNovembre2012?authuser=0&authkey=Gv1sRgCPP845jJ98TAGw&feat=directlink https://picasaweb.google.com/104736052213818628373/ChineDuGuizhouAuYunnanNovembreEtDecembre2012?authuser=0&authkey=Gv1sRgCKqjhK3ch5LXBw&feat=directlink
Bonjour,
On va peut être faire un voyage de 3/4 semaines en Chine à l'automne avec ma famille. On ne connait pas du tout ce pays.
J'aimerais avoir l'avis de connaisseurs sur la relative "facilité" de ce voyage, sachant qu'on a déjà pas mal voyagé, toujours par nous même avec nos sacs à dos. Par exemple, par rapport à l'Inde, c'est plus compliqué, ou du même ordre, par exemple niveau hygiène, bruit, fatigue des transports, etc... C'est surtout pour savoir à quoi s'attendre et pouvoir prévoir pour nos enfants.
Sinon quel budget prévoir environ par jour pour 2 adultes, hébergement en chambre simple mais propre (guest house, auberge de jeunesse, petit hotel), bouffe simple, transports en commun, etc;;;
Merci d'avance !
Bonjour à tous,
De retour depuis quelques jours j'espère vous faire partager un peu du bonheur qu'a été cette si belle croisière.
Itinéraire : Vancouver (Colombie Britanique), Ketchican (Alaska), Juneau (Alaska), Skagway (Alaska), Glacier Bay National Park (navigation touristique), College Fjord (navigation touristique), Whittier (Alaska), 6 jours de mer (Océan Pacifique), Muroran (Japon), Vladivostok (Russie), Busan (Corée du Sud), Qingdao (Chine), Dalian (Chine), Tianjin (Chine), Pékin (Chine)
11 septembre, Marseille-Vancouver : Le vol avec KLM s'est bien passé si ce n'est un siège inconfortable avec une boule dans le dossier qui a rendu les dernières heures de vol très pénibles. Mais à l'arrivée... une seule valise nous est livrée. Visiblement nous ne sommes pas les seuls dans ce cas, la procédure est bien rodée. Ils nous assurent qu'ils nous livreront la valise le lendemain à l'hôtel.
Heureusement nous avons trois jours avant d'embarquer sur le bateau.
Nous empruntons la Canada Line pour rejoindre le down town. C'est une liaison ferroviaire rapide qui permet d’effectuer le trajet entre l’aéroport international de Vancouver (YVR) et le centre-ville de Vancouver en 26 minutes. Avec une seule valise c'est plus facile!. Pour 3 fois moins cher que le taxi c'est très pratique et notre hôtel se trouve à 750 m. Les citadins sont très sympathiques, dès que nous baissons le nez sur notre plan quelqu'un s'arrête pour nous proposer de l'aide. (Les Français feraient bien d'en prendre de la graine).
Nous posons rapidement nos affaires à l'hôtel. Très bien cet hôtel : l'Hermitage Hôtel, nous sommes même accueillis par une femme qui parle parfaitement le français. Nous choisissons comme à l'habitude d'ignorer le décalage horaire, c'est la meilleure façon de le circonscrire. Nous voilà donc partis à pieds, cela fait du bien de se dérouiller les jambes après toutes ces heures de vol, il fait un temps merveilleux et 27°C. Nous commençons par le quartier Gastown, le centre historique du vieux Vancouver, et l'horloge à vapeur qui produit un sifflement toutes les 15 minutes dans un nuage de vapeur.
Nous allons manger dans la quartier de Yaletown où l'on trouve une multitude de restaurants.

Le lendemain le réveil est difficile sans valise et sans affaires. Si on ne nous ramène pas la valise (comme c'est de plus en plus courant d'après ce que j'ai lu sur le net), faut-il partir sans vêtements (glagla en Alaska!), ou bien tout racheter en deux jours ? C'est difficile pour une croisière. Je suis petite et rien ne me va jamais, en plus ici c'est le pays des "géants", ce serait mieux en Asie pour ma taille... Il n'y a pas de bonne solution et je ne me vois pas rentrer en France, je l'ai tellement rêvée cette croisière. Bon on essaie de ne pas y penser...
Ce matin direction False Creek, le temps est toujours magnifique, et il fait chaud. Nous allons prendre l'Aquabus (petit ferry qui remonte la creek) à Hornby pour traverser jusque Granville Island.

Nous visitons le Public Market, ce sont des halles "de luxe" en quelque sorte où l'on trouve des produits bio et de l'artisanat avec des prix en conséquence! 46$ le kilo de saumon! Heureux sont les ours, ils ont leur propre filière! Nous continuons le parcours de l'aquabus...


Et rejoignons ensuite le Waterfront


Le soir nous nous régalons d'un plat de pâtes dans un restaurant Italien, les meilleures que j'ai mangées. Mais.... les plus chères aussi!!! 116$ !!! Wow! l'arnaque! Si vous voulez l'éviter c'est :

Bonne surprise, la valise est de retour ! Les vacances peuvent commencer ! Ce matin nous partons (le cœur léger) vers Stanley Park pour faire la promenade Seawall qui fait le tour du parc en longeant la mer.



Au nord du parc, Le Lions Gate Bridge, un pont suspendu construit en 1938. Nous passerons bientôt dessous...
Tiens, un petit clin d'œil pour notre ministre de la délinquance qui veut libérer les détenus...
Au cœur du parc, le Beaver Lake, on ne se croirait pas si proche de la ville

Nous traversons le parc et rejoignons Canada Place à pieds par le water front. La promenade est longue mais très belle sous ce si beau soleil.

Le Radiance OTS est à quai, demain ce sera le nôtre.
Nous allons jusque Chinatown mais nous sommes très déçu, il est 17 h et c'est visiblement l'heure de la fermeture. Tout est fermé et sans vie.
Nous avons beaucoup aimé Vancouver, c'est un ville très agréable qui nous a fait penser à Sydney. Les habitants semblent calmes, détendus, courtois et serviables. Mêmes les voitures ne sont pas agressives et respectent les piétons avec le sourire... Ca fait rêver...
De retour depuis quelques jours j'espère vous faire partager un peu du bonheur qu'a été cette si belle croisière.
Itinéraire : Vancouver (Colombie Britanique), Ketchican (Alaska), Juneau (Alaska), Skagway (Alaska), Glacier Bay National Park (navigation touristique), College Fjord (navigation touristique), Whittier (Alaska), 6 jours de mer (Océan Pacifique), Muroran (Japon), Vladivostok (Russie), Busan (Corée du Sud), Qingdao (Chine), Dalian (Chine), Tianjin (Chine), Pékin (Chine)
11 septembre, Marseille-Vancouver : Le vol avec KLM s'est bien passé si ce n'est un siège inconfortable avec une boule dans le dossier qui a rendu les dernières heures de vol très pénibles. Mais à l'arrivée... une seule valise nous est livrée. Visiblement nous ne sommes pas les seuls dans ce cas, la procédure est bien rodée. Ils nous assurent qu'ils nous livreront la valise le lendemain à l'hôtel.
Heureusement nous avons trois jours avant d'embarquer sur le bateau.
Nous empruntons la Canada Line pour rejoindre le down town. C'est une liaison ferroviaire rapide qui permet d’effectuer le trajet entre l’aéroport international de Vancouver (YVR) et le centre-ville de Vancouver en 26 minutes. Avec une seule valise c'est plus facile!. Pour 3 fois moins cher que le taxi c'est très pratique et notre hôtel se trouve à 750 m. Les citadins sont très sympathiques, dès que nous baissons le nez sur notre plan quelqu'un s'arrête pour nous proposer de l'aide. (Les Français feraient bien d'en prendre de la graine).
Nous posons rapidement nos affaires à l'hôtel. Très bien cet hôtel : l'Hermitage Hôtel, nous sommes même accueillis par une femme qui parle parfaitement le français. Nous choisissons comme à l'habitude d'ignorer le décalage horaire, c'est la meilleure façon de le circonscrire. Nous voilà donc partis à pieds, cela fait du bien de se dérouiller les jambes après toutes ces heures de vol, il fait un temps merveilleux et 27°C. Nous commençons par le quartier Gastown, le centre historique du vieux Vancouver, et l'horloge à vapeur qui produit un sifflement toutes les 15 minutes dans un nuage de vapeur.
Nous allons manger dans la quartier de Yaletown où l'on trouve une multitude de restaurants.
Le lendemain le réveil est difficile sans valise et sans affaires. Si on ne nous ramène pas la valise (comme c'est de plus en plus courant d'après ce que j'ai lu sur le net), faut-il partir sans vêtements (glagla en Alaska!), ou bien tout racheter en deux jours ? C'est difficile pour une croisière. Je suis petite et rien ne me va jamais, en plus ici c'est le pays des "géants", ce serait mieux en Asie pour ma taille... Il n'y a pas de bonne solution et je ne me vois pas rentrer en France, je l'ai tellement rêvée cette croisière. Bon on essaie de ne pas y penser...
Ce matin direction False Creek, le temps est toujours magnifique, et il fait chaud. Nous allons prendre l'Aquabus (petit ferry qui remonte la creek) à Hornby pour traverser jusque Granville Island.

Nous visitons le Public Market, ce sont des halles "de luxe" en quelque sorte où l'on trouve des produits bio et de l'artisanat avec des prix en conséquence! 46$ le kilo de saumon! Heureux sont les ours, ils ont leur propre filière! Nous continuons le parcours de l'aquabus...


Et rejoignons ensuite le Waterfront


Le soir nous nous régalons d'un plat de pâtes dans un restaurant Italien, les meilleures que j'ai mangées. Mais.... les plus chères aussi!!! 116$ !!! Wow! l'arnaque! Si vous voulez l'éviter c'est :

Bonne surprise, la valise est de retour ! Les vacances peuvent commencer ! Ce matin nous partons (le cœur léger) vers Stanley Park pour faire la promenade Seawall qui fait le tour du parc en longeant la mer.



Au nord du parc, Le Lions Gate Bridge, un pont suspendu construit en 1938. Nous passerons bientôt dessous...
Tiens, un petit clin d'œil pour notre ministre de la délinquance qui veut libérer les détenus...
Au cœur du parc, le Beaver Lake, on ne se croirait pas si proche de la ville
Nous traversons le parc et rejoignons Canada Place à pieds par le water front. La promenade est longue mais très belle sous ce si beau soleil.

Le Radiance OTS est à quai, demain ce sera le nôtre.
Nous allons jusque Chinatown mais nous sommes très déçu, il est 17 h et c'est visiblement l'heure de la fermeture. Tout est fermé et sans vie.
Nous avons beaucoup aimé Vancouver, c'est un ville très agréable qui nous a fait penser à Sydney. Les habitants semblent calmes, détendus, courtois et serviables. Mêmes les voitures ne sont pas agressives et respectent les piétons avec le sourire... Ca fait rêver...
Bonjour à tous et toutes.
Je publie mon premier carnet de voyage sur voyageforum, et j'ai choisi la Chine. Je m'essaie à cette épreuve sans aucune expérience de l'écriture. Je possède une page facebook (page publique et accessible en signature si vous voulez suivre tous mes autres voyages), mais le format facebook, c'est beaucoup d'images et peu de texte (bien que parfois j'essaie de faire des commentaires fournis), c'est le format moderne, on consomme très vite, il faut que ça "parle" immédiatement...
Avec ce carnet, je change donc de format, à savoir beaucoup de texte et peu d'images. J'ai réalisé cette traversée de la Chine en Juin 2016, et j'ai commencé à écrire ce carnet début Avril 2017 aidé par mes photographies qui ont ravivé mes souvenirs. Ne vous attendez pas à un carnet style "compte rendu d'agence de voyage" avec les détails de tous les repas, les horaires des bus et compte rendu sur le confort de la chambre d'hôtel... Il y en aura peut-être un peu de temps en temps, mais ce sont juste mes souvenirs que j'essaie de coucher sur papier. De même certaines journées seront bien développées, alors que d'autres seront vite expédiées. Ben oui, certains jours il ne s'est rien passé de bien intéressant dans mon voyage, en tout cas rien qui justifie que je le détaille sur ce carnet. D'autres journées pourront vous paraître sans intérêt particulier (les journées "d'organisations" par exemple), mais elles font partie à part entière de mon voyage. N'hésitez pas à mettre tous vos commentaires, qu'ils soient bons ou franchement mauvais, je suis ouvert à toutes les réflexions et promis, je ne me vexerais pas si on me dit que j'écris comme un pied ou que ma prose est soporifique!
Contexte du récit: Je m'appelle Denis, je suis un homme voyageant seul, 40 ans révolus au moment des faits, et j'ai quitté mon travail, rendu mon logement, vendu voiture, moto et des tonnes de choses qui composaient mon confort quotidien pour partir "à l'aventure" autour du monde sans date de retour précise... Bref j'ai laissé une vie tranquille et aisée pour m'en aller voir le Monde. Je voyage en "mode backpacker", c'est à dire de manière autonome, la plus économique possible, et sans réelle planification. Je n'avais d'ailleurs pas choisi d'aller en Chine au départ, je pensais plutôt aller en Indonésie et Australie après 6 mois passés en Inde et en Asie du sud-est (le grand classique des voyageurs au long cours!!). Et puis, à cause d'une pensée insignifiante, tout un enchaînement s'est produit dans mon esprit et j'ai finalement radicalement changé mes plans, j'ai bifurqué vers le nord depuis le Vietnam en direction de la Mongolie, et, la Chine étant sur la route, je me suis dit: "Après tout, pourquoi pas?..." C'est parti, je me lance....
Jeudi 2 Juin:
Ce carnet ne commence pas en Chine ou même dans un quelconque aéroport à attendre un vol vers l'empire du milieu, mais au Vietnam, à Hanoi.
Je suis content.
J'ai récupéré hier mon passeport à l'ambassade de Chine, et ô soulagement, il y avait à l'intérieur un visa valide de 30 jours! Ouf! Pourquoi ouf? Tout simplement car je n'étais vraiment pas sûr d'obtenir mon visa. En effet, si on s'en tient à l'ambassade de France, il n'est pas possible d'obtenir un visa chinois à Hanoi (info obsolète et fausse) mais si on écoute tout ce que dit le ministère des affaires étrangères, on ne voyage pas et on reste cloîtré chez soi, mais c'est un autre sujet! Pareil pour les agences à Hanoï: Visa chinois pour un français? Non, trop difficile à avoir selon les unes; oui, mais c'est cher et pas garanti selon les autres....
Bref, n'étant jamais mieux servi que par soi-même, j'ai fait les démarches tout seul et j'ai obtenu mon visa en temps et en heure! Je passerai sur les détails et la montagne de paperasse et de justificatifs nécessaires, mais je dois avouer que j'étais vraiment soulagé quand j'ai ouvert mon passeport et que j'ai vu le visa collé à l'intérieur... Donc je suis content, je suis à mon hôtel à Hanoï, il est 15h, dans une demi-heure je prends un bus pour Lao Cai, ville frontière où je dormirai cette nuit avant de passer demain matin en Chine, il était temps car demain c'est mon dernier jour autorisé au Vietnam!
Sauf que à 16h, puis 16h20, puis 16h45 toujours pas de bus... Le réceptionniste de l'hôtel (à qui j'ai acheté le billet de bus) m'annonce tout penaud après plusieurs coups de fils qu'il y a eu un "empêchement", que je ne peux pas prendre mon bus mais qu'il m'a réservé une place dans le bus du lendemain à la même heure et que pour se faire pardonner il m'offre la nuit d'hôtel... Je ne suis pas encore parti en Chine que déjà ça commence bien....
J'explique alors fermement, mais poliment (mais fermement!) au réceptionniste et à son patron qui l'a rejoint que je ne peux pas attendre un jour de plus, que mon visa vietnamien expire demain, que je dois absolument partir ce soir pour Lao Cai et vu que je lui ai acheté le billet il y a une semaine (une preuve de sortie du territoire vietnamien était nécessaire pour obtenir le visa Chinois, ne me demandez pas pourquoi: si je demande un visa pour aller en Chine, c'est bien que j'ai l'intention de partir du Vietnam, enfin il me semble...), je ne comprends pas cette annulation. Enfin si, je la comprends très bien c'est du surbooking classique...
Bref, après moult négociations et coups de fil, me voici embarqué à 21h dans un bus de nuit pour Sa Pa, avec l'assurance qu'il me laissera à Lao Cai aux environs de 5h du matin...
Mon œil!!
Comme je le craignais, le chauffeur du bus me jette à l'embranchement de la route de Sa Pa et de Lao Cai à 2h du matin et ne daigne même pas faire le très long détour de 4 km pour me laisser au centre-ville....
Bref, je fais un heureux: un chauffeur de taxi qui attendait là et n'espérait plus voir quelqu'un au milieu de la nuit! Ignorant ses sollicitations pour me conduire à "son" hôtel, je lui demande de m'emmener le plus près possible du poste frontière, et lui indique que je me débrouillerai ensuite. Effectivement, le gus me laisse 5 minutes plus tard devant l'entrée d'un bel hôtel qu'il me montre avec insistance... Mais un simple coup d'œil m'indique rapidement que le standing de cet hôtel est bien supérieur au standing de mon portefeuille!
Je remercie le chauffeur de taxi et je repère une terrasse de restaurant couverte par un auvent et avec un grand escalier en bois à plusieurs volées qui m'a l'air bien excentré et à l'abri des regards. Je n'ai aucune envie de chercher d'autres hôtels pour un résultat incertain, je vais donc terminer ma nuit ici, il ne fait pas froid, il fait même bon. Et puis j'ai réussi à dormir un peu dans le bus, même si tous ceux qui connaissent le standard des bus de nuit vietnamiens pourront confirmer que les couchettes ne sont pas, mais alors vraiment pas du tout adaptées à mon mètre 87 et mes 100 kgs!! De plus, demain je serais prêt à partir: le restaurant est situé pile en face du poste frontière vietnamien!
Que demande le peuple?
Un lit....
Vendredi 3 Juin
Quelque chose gratte ma chaussure et me réveille.
Un rat!!!!
Un coup de pied réflexe le fait fuir et je me relève. Le soleil vient de se lever, j'ai mal dormi (comment pouvait-il en être autrement?) et un coup d'œil aux alentours me montre que l'activité a déjà bien commencé: une petite foule attend déjà l'ouverture, prête à se ruer côté chinois. Pour l'instant des barrières empêchent l'accès au pont qui enjambe la rivière rouge, qui sert de frontière naturelle entre les 2 pays.

Il me reste un peu d'eau, je me débarbouille vite fait pour essayer de masquer ma tête de "celui qui a très mal dormi" et je vais m'installer avec les personnes déjà présentes devant le bâtiment des douanes et qui attendent l'ouverture des portes prévue à 8h pétantes.
Un jeune Viet changeur de monnaie au noir m'aborde et me proposant de me racheter mes derniers dongs avec des yuans. Il me reste environ l'équivalent d'une quinzaine de dollars, je lui demande son prix et après un rapide calcul (j'avais vérifié les taux la veille), je m'aperçois qu'il se prend plus de 15% de commission (!) et je lui signifie que je ne suis pas intéressé à ce prix. L'ouverture des portes approchant, il revient régulièrement à la charge avec un prix qui baisse tout aussi régulièrement. Finalement, alors que les portes se sont ouvertes et que la file avance (et moi avec), j'arrive finalement à négocier une petite com' de 5% pour lui que je trouve bien plus honnête. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me fais remettre les billets de 5 yuans un par un dans ma main que je recompte au fur et à mesure pour éviter les tours de passe-passe, puis je prends mes billets, assez content de moi. Tiens, il me semblait qu'il y avait la tête de Mao sur tous les billets chinois... Ceux-là ne l'ont pas, bizarre... "Chinese money??" demandai-je à 2 ou 3 personnes dans la file, et leur réponse positive me rassure.
Le passage au poste frontière fut très rapide, tant du côté vietnamien que du côté chinois, et en moins d'un quart d'heure, je suis passé à Hékou en Chine avec un "Welcome to China!" accompagné d'un large sourire de l'officier d'immigration! Il est 8h30 et il me reste toute la journée pour aller à Yuanyang, ma première destination.
Vous connaissez l'application MAPS.ME pour smartphone? C'est une application fantastique. C'est un peu l'équivalent de google maps, mais surtout ça marche hors ligne, sans aucun réseau ni aucune connection à internet! Il suffit juste de télécharger les cartes à l'avance lorsqu'on a par exemple une connection wi-fi et c'est tout! Grace à MAPS.ME, je sais qu'il y a un distributeur de billets de la Bank of China à 450 m sur la 4ème rue à gauche, et je sais que la station des bus se situe à un peu plus de 4 km au nord de la ville. De plus tous les noms de lieu sont écrits en anglais et en chinois, ce qui me simplifiera énormément la vie pour la suite de mon voyage: en cas de difficultés de compréhension, je n'aurais qu'à montrer mon écran et la ville, le lieu ou la rue et l'adresse où je veux aller pour débloquer bien des situations!
Dans le même ordre d'idée, j'ai aussi téléchargé un petit dictionnaire franco-mandarin qui me sera très utile. Beaucoup de chinois (surtout ceux travaillant dans le tourisme en fait!) ont également ce genre d'appli sur leur smartphone (mandarin-anglais), et la barrière de la langue s'estompe alors très fortement! C'est fou ce que la technologie change les choses! Je pense que cela devait être sinon plus difficile, du moins beaucoup plus long de se faire comprendre ne serait-ce que quelques années en arrière! Il n'y a pas à dire, c'est vraiment extrêmement facile de voyager partout dans le monde à l'heure actuelle...
Revenons à Hékou où je prends un taxi qui me conduit à la gare routière pour la somme raisonnable de 10 yuans (env. 1,40 euros). Au moment de payer, je donne 2 billets de 5 au chauffeur qui les refuse en me demandant 10. "C'est bien 10 yuans" lui dis-je en montrant le chiffre 5 sur les 2 billets -No no, mao, mao! me rétorque-t’il. Puis il sort de son portefeuille un billet de 10 yuans et me lance un "Kuai, kuai OK!!" en me faisant comprendre que ce sont ces billets là qu'il veut. Je réalise à cet instant que mon petit changeur à la sauvette m'a bien eu. Il m'a bien refilé de la vraie monnaie chinoise, mais ce sont des "jiaos" ("mao" dans le langage courant), et il faut 10 jiaos pour faire un yuan (un "kuai" dans ce même langage courant)... Je pensais être un vrai baroudeur aguerri du style "les petites arnaques à 2 balles on me les fait pas à moi", et bien si, on me la fait et bien comme il faut!! Il a bien du rigoler après coup mon petit changeur à la sauvette!!... Bref, mon égo en prend un coup de s'être fait posséder de manière si grossière, mais finalement au bout de 5 secondes je prends ça avec le sourire, tout en me promettant intérieurement que c'est la dernière fois que je me fais avoir.... Je paye le chauffeur de taxi avec un billet de 100 yuans fraîchement sorti quelques minutes plus tôt du distributeur et me dirige vers les guichets de la gare routière.
La préposée aux tickets de bus parlant quelques mots d'anglais, c'est sans problèmes que je me retrouve assis dans le bus pour Yuanyang qui décolle à 10 h précises! Arrivée prévue entre 13 et 14 h, c'est parfait!
C'est un bus local et ça se voit...

Il y a des seaux dans l'allée, et je ne vois pas pourquoi. En fait, je comprendrai très vite après le départ: les chinois (et les chinoises!) ont la très mauvais habitude de cracher bruyamment par terre, et ces seaux sont là pour récupérer les glaviots... Même en Inde où les hommes crachent leur bétel d'un rouge immonde dans la rue, ils arrivent à se retenir et à ne pas cracher dans les bus... Ici ce n'est visiblement pas le cas! Beurk, bienvenue en Chine!
Alors que le trajet se déroule sans encombre pour la plupart des passagers, il n'en est pas de même pour moi... Un courant d'air frais ainsi que (je pense) mon repas de la veille commencent à remuer mes entrailles... Très vite il va falloir que j'aille me soulager... Je profite donc pour étrenner ma jolie appli sur mon smartphone et je lance la traduction de "WC urgent s'il vous plait" et la montre au chauffeur qui n'a pas l'air de comprendre, ainsi que d'autres passagers... Je tente donc "malade ventre WC" (mon appli est basique et ne peut traduire que des mots et pas des phrases)... Toujours pas de résultats et l'incompréhension est visible chez mes interlocuteurs...
Je me résous donc à adopter la bonne vieille méthode du langage des signes: je sors un rouleau de PQ de mon sac à dos, je vais voir le chauffeur en me tenant le ventre de la main gauche, en lui montrant de rouleau de la main droite et lui demande en faisant une belle grimace: "STOP PLEASE!!!" Le chauffeur éclate alors de rire (rapidement suivi par le reste des passagers), puis s'arrête 200 m plus loin en me montrant un buisson derrière lequel je cours me soulager. Finalement la technologie a ses limites dans la communication, et rien ne vaut les vieux trucs éprouvés pour se faire comprendre!
Après ce passage très glamour, mon bus arrive à Yuanyang. Mais ce n'est pas ma destination finale, la ville est dans une vallée, je dois prendre un autre bus pour accéder aux rizières et à leurs villages, situés tout la haut sur les montagnes à plus de 2000 m d'altitude. Visiblement les employés de la gare routière doivent avoir l'habitude de voir débarquer des occidentaux qui veulent aller voir les rizières, car je me retrouve très rapidement dans un minibus juste après avoir prononcé les mots "Yuanyang rice fields"! Ça monte et ça tourne beaucoup jusqu'au village, dans le brouillard et la pluie!
A ma descente de car, un petit bout de femme se précipite sur moi (c'est le mot juste) en me criant des "taxi, taxi!!! Hôtel!!! Hôtel!!!" tout en me montrant sa voiture flambant neuve. Je lui montre l'adresse de mon hôtel (réservé sur booking) et m'annonce un prix de 20 yuans (env 2.80 euros), proposition que j'accepte, ayant auparavant appris grâce à MAPS.ME que mon hôtel se situait dans un autre village distant d'une bonne dizaine de km.
Nouvelle parenthèse scatologique, mes intestins me tortillant à nouveau. J'aurais pu vous épargner ce passage mais finalement non, je me suis dit que ça faisait partie du voyage et de ses... découvertes! Suite à ma demande expresse (j'ai gagné du temps cette fois ci en lui montrant directement mon rouleau de PQ), Mya (puisque c'est son nom) m'indique les toilettes publiques, situées de l'autre côté du parking des bus.
Et là, j'ai cru que j'allais vomir...
Je pensais avoir tout vu en Inde et au Népal en matière d'insalubrité et de manque d'hygiène, mais je me trompais...
Les toilettes publiques du village, c'est 4 murs en briques recouverts d'un toit en tôle. Le sol est entièrement bétonné, et est traversé en son centre par une tranchée en pente d'une quarantaine de cm de large et d'environ un mètre de profondeur. C'est tout. Tout le monde s'accroupit à la queue-leu-leu et se soulage ainsi au vu de tous les autres, aucune cloison, aucune intimité... La tranchée doit être lavée quand le responsable doit la juger trop "pleine", mais visiblement, cela n'a pas été fait depuis longtemps... Au dégoût visuel s'ajoute une odeur absolument écœurante qui me fait hésiter quelques secondes avant de rentrer, mais l'envie est trop forte et je vais rejoindre les 2 chinois déjà en place, non sans avoir pris une grande inspiration avant de passer la porte! Je ressors de cet enfer pour m'apercevoir qu'il pleut des cordes! Le temps de faire les 50 mètres qui me séparent de la voiture de Mya et je suis trempé!!
P***** c'est quoi ce pays?!?!!!!
Il est 4 h de l'après-midi, et pour l'instant depuis hier mes premiers pas en Chine ne sont pas ce qu'on peut appeler un promenade de santé! Je ne suis pas difficile et les voyages "à la roots" ne m'effraient pas, mais là c'est quand même pas mal! Si le reste du pays et du voyage est du même tonneau, je sens que je vais me plaire ici!
Heureusement, les galères vont s'arrêter là, et dans sa grande bonté, le Dieu protecteur des voyageurs (s’il existe) va maintenant inverser la tendance pour ramener un peu d'équilibre!
Tout d'abord je m'aperçois que Mya a embarqué d'autres touristes dans son "taxi": 2 femmes et un petit garçon d'environ 4-5 ans. Nous faisons rapidement connaissance puisque tout comme moi, elles sont Françaises. Cool, ça me remonte un peu le moral de rencontrer des compatriotes! Stéphanie voyage avec sa maman et son fils pour une quinzaine de jours dans le Yunnan et à Shangai. Mais surtout Stéphanie a vécu et travaillé 5 ans en Chine et parle couramment le chinois. Et ça, c'est un avantage considérable!
Pendant le trajet, Stéphanie discute avec Mya, et elle nous apprend qu'il faut d'abord acheter un pass de 100 Yuans (env. 14 euros) pour visiter les rizières. Enfin, techniquement c'est pour avoir accès à tous les points de vue, points de vue qui ont été équipés de barrières à péage depuis que le lieu a été inscrit au patrimoine de l'UNESCO, ils ne perdent pas le Nord ces Chinois! Mya nous informe également que des navettes font régulièrement la liaison entre tous les points de vue, mais elle se propose de nous guider avec sa voiture pour 400 yuans la journée. Stéphanie arrive à négocier 300 yuans (soit 100 yuans chacun) et nous disons banco pour demain.
Finalement, ce sera bien mieux de visiter avec une "locale" à notre rythme, et surtout avec Stéphanie qui enlève complètement la barrière de la langue. Mya me dépose à mon hôtel (le K2 youth hostel) que j'avais pris soin de réserver au préalable sur booking afin de ne pas m'em.... bêter à chercher sur place pour cette première journée. RDV est pris pour le lendemain 8 h devant l'hôtel.
Première bonne surprise: l'hôtel est tout neuf et très clean. Le petit jeune réceptionniste parle suffisamment anglais pour que nous nous comprenions correctement et il me montre le lit dans le dortoir que j'ai réservé. Nouvelle bonne surprise: je suis tout seul dans l'hôtel et j'aurais la chambre entière pour moi, coooool!!! De plus, le dortoir possède une grande baie vitrée qui donne sur une magnifique vue de la vallée et des rizières, d'autant plus que la pluie a disparu et que le soleil est revenu!

Que rajouter? Un très bon repas préparé à l'hôtel même: une succulente et copieuse assiette de fried rice (oui je dois penser à mon estomac!) avec divers légumes et morceaux de poulets me revigore.
Ouf! Cette fois ci, l'entrée en matière est terminée, il est temps de songer à découvrir la Chine dès demain!
Samedi 4 Juin
Comme prévu, Mya me récupère ce matin à 8 h et nous partons pour une journée qui s’avérera magnifique.
Autant la veille nous avons eu de la pluie et du brouillard, autant aujourd'hui nous bénéficierons d'un temps bien ensoleillé dans l'ensemble. Mya nous confirme que nous avons de la chance sur la météo, car cela faisait plusieurs jours qu'il pleuvait. Et le temps redeviendra maussade dès le lendemain.
La majorité des touristes viennent ici en Novembre Décembre, quand les rizières n'ont pas de plants de riz et sont uniquement remplies d'eau, ce qui donne alors aux paysages des allures fantastiques de miroirs en escaliers. En Juin, les rizières sont vertes, mais cela n'enlève rien à leur beauté selon moi. Les rizières sont étagées en escaliers sur plus de 1000 m de dénivelé et sur des milliers d'hectares!

Le travail pour façonner et modeler ainsi la montagne a dû être colossal! Il a été effectué au cours des siècles par les hanis qui vivent ici. L'entretien de ces rizières est tout aussi fastidieux et nous restons admiratifs face aux explications données par Mya. Mya nous emmène bien entendu aux plus beaux points de vue, mais elle nous fait aussi découvrir des petits villages et nous promène jusqu'au milieu même des rizières.

Dans un de ces villages, nous sommes invités à visiter une maison traditionnelle Hani, mais entièrement reconstruite avec tout le confort moderne. En effet, la culture du riz est difficile et il ne se vend pas plus cher parce qu'il vient de Yuanyuang. Du coup, beaucoup de jeunes préfèrent se tourner vers le tourisme qui explose (et qui rapporte bien plus!) et de construire des hôtels ou guest-houses bien laids en béton gris, ou alors aller chercher des opportunités de travail en ville, à Kunming... Le gouvernement local a donc lancé un projet de rénovation des habitats traditionnels en partie pour essayer de retenir les paysans producteurs de riz, et aussi pour donner une "vitrine" à la vue des touristes.

Coup de chance (?), l'architecte responsable du projet est justement dans cette maison aujourd'hui et nous explique l'ordonnancement et l'aménagement intérieur des maisons Hanis autour d'un très bon café que nous avons commandé à la maitresse de maison (qui fait aussi restaurant, mais nous n'avons pas prévenu). Très honnêtement, je n'ai pas retenu grand-chose des explications de l'architecte et de la visite de la maison, car au moment de partir, j'ai demandé combien coutaient les 3 cafés que nous avions commandés, et la réponse de notre hôte me surprend: "One hundred and forty, please".
On se regarde avec Stéphanie, puis elle pose la même question en chinois, histoire d'éviter les malentendus... "Non non, me confirme-elle. C'est bien 140 yuans".
Soit 20 euros pour 3 cafés...
On paye avec le sourire (juste de façade le sourire hein!) vu que tout le monde sourit (sauf nous qui avons été "un poil" surpris du prix), puis nous sortons pour continuer notre promenade dans les rizières en se félicitant de n'avoir pas réservé le repas ici! Bref, cette anecdote est vite oubliée et nous reprenons notre route à travers ces superbes paysages!

Ne voulant pas dépenser des cent et des mille pour le repas de midi, nous demandons à Mya de nous indiquer une gargote locale. Elle nous emmène alors dans un petit boui-boui en nous demandant si nous aimons le buffle. Nous sommes OK pour tester, et nous voici attablés sur des chaises en plastique avec des paysans chinois qui nous regardent amusés en se demandant ce que nous sommes venus faire dans cet endroit, alors qu'il y a tellement de restaurants pour touristes sur les routes principales!! Stéphanie demande alors s’il y a du buffle à manger, mais plusieurs réponses affirmatives ne la rassurent qu'à moitié, et elle demande à la cuisinière de s'approcher pour regarder à l'intérieur de la marmite. Elle revient alors vers nous avec une petite moue et nous annonce que ce qu'on s'apprête à nous servir est bien du buffle, mais des tripes de buffle bouillies!! Et des tripes entières en plus... Ce n'est franchement pas appétissant et nous nous rabattons au dernier moment sur du porc plus classique et pas spécialement mauvais! Pas facile de manger avec des baguettes! J'avais pu m'entraîner un peu au Vietnam, mais là, plus question de demander une fourchette si je n'y arrive pas...
La journée se poursuit ainsi entre magnifiques points de vue officiels qui dominent des vallées encaissées donc les flancs sont recouverts de rizières et promenades au sein de charmants villages et de leurs habitants.

J'ai beaucoup aimé Yuanyuang et j'en ai gardé un bon souvenir.
Tout d'abord parce que c'est la première fois que je voyais des rizières en terrasses aussi gigantesques. J'en avais bien vues quelques-unes au Népal au départ du trek des Annapurnas, mais là on est dans une tout autre échelle! J'aurais pu en voir à Sa Pa au Vietnam, mais la pluie et le brouillard en ont décidé autrement... Ces paysages sont vraiment magnifiques, encore mieux que les photos de rizières en terrasse qui ornaient mes livres de géographie au collège...
Ensuite c'était ma première étape en Chine, ma première étape dans un nouveau pays. Comme je voyage au long cours, les 2-3 premiers jours qui suivent un changement de pays ont une saveur particulière: il faut s'adapter à un nouvel environnement, à une nouvelle langue, à une nouvelle monnaie, à une nouvelle organisation, à une nouvelle manière de vivre et une nouvelle "ambiance", c'est un sentiment que j'attends et que j'apprécie à chaque passage de frontière, et qui fait un des nombreux charmes de mon voyage...
Pour ce soir, j'indique à Mya que je compte me rendre demain à Kunming et elle me répond qu'il y a un bus direct qui part à 9h30. Stéphanie et sa maman ont la même destination que moi, rendez-vous est donc pris pour le lendemain avec Mya qui nous conduira jusqu'à la station de bus!
Pour l'heure, nous finissons la visite de ces très belles rizières et ces superbes paysages avant que le soleil déclinant nous indique qu'il est l'heure de rentrer!




Je publie mon premier carnet de voyage sur voyageforum, et j'ai choisi la Chine. Je m'essaie à cette épreuve sans aucune expérience de l'écriture. Je possède une page facebook (page publique et accessible en signature si vous voulez suivre tous mes autres voyages), mais le format facebook, c'est beaucoup d'images et peu de texte (bien que parfois j'essaie de faire des commentaires fournis), c'est le format moderne, on consomme très vite, il faut que ça "parle" immédiatement...
Avec ce carnet, je change donc de format, à savoir beaucoup de texte et peu d'images. J'ai réalisé cette traversée de la Chine en Juin 2016, et j'ai commencé à écrire ce carnet début Avril 2017 aidé par mes photographies qui ont ravivé mes souvenirs. Ne vous attendez pas à un carnet style "compte rendu d'agence de voyage" avec les détails de tous les repas, les horaires des bus et compte rendu sur le confort de la chambre d'hôtel... Il y en aura peut-être un peu de temps en temps, mais ce sont juste mes souvenirs que j'essaie de coucher sur papier. De même certaines journées seront bien développées, alors que d'autres seront vite expédiées. Ben oui, certains jours il ne s'est rien passé de bien intéressant dans mon voyage, en tout cas rien qui justifie que je le détaille sur ce carnet. D'autres journées pourront vous paraître sans intérêt particulier (les journées "d'organisations" par exemple), mais elles font partie à part entière de mon voyage. N'hésitez pas à mettre tous vos commentaires, qu'ils soient bons ou franchement mauvais, je suis ouvert à toutes les réflexions et promis, je ne me vexerais pas si on me dit que j'écris comme un pied ou que ma prose est soporifique!
Contexte du récit: Je m'appelle Denis, je suis un homme voyageant seul, 40 ans révolus au moment des faits, et j'ai quitté mon travail, rendu mon logement, vendu voiture, moto et des tonnes de choses qui composaient mon confort quotidien pour partir "à l'aventure" autour du monde sans date de retour précise... Bref j'ai laissé une vie tranquille et aisée pour m'en aller voir le Monde. Je voyage en "mode backpacker", c'est à dire de manière autonome, la plus économique possible, et sans réelle planification. Je n'avais d'ailleurs pas choisi d'aller en Chine au départ, je pensais plutôt aller en Indonésie et Australie après 6 mois passés en Inde et en Asie du sud-est (le grand classique des voyageurs au long cours!!). Et puis, à cause d'une pensée insignifiante, tout un enchaînement s'est produit dans mon esprit et j'ai finalement radicalement changé mes plans, j'ai bifurqué vers le nord depuis le Vietnam en direction de la Mongolie, et, la Chine étant sur la route, je me suis dit: "Après tout, pourquoi pas?..." C'est parti, je me lance....
Jeudi 2 Juin:
Ce carnet ne commence pas en Chine ou même dans un quelconque aéroport à attendre un vol vers l'empire du milieu, mais au Vietnam, à Hanoi.
Je suis content.
J'ai récupéré hier mon passeport à l'ambassade de Chine, et ô soulagement, il y avait à l'intérieur un visa valide de 30 jours! Ouf! Pourquoi ouf? Tout simplement car je n'étais vraiment pas sûr d'obtenir mon visa. En effet, si on s'en tient à l'ambassade de France, il n'est pas possible d'obtenir un visa chinois à Hanoi (info obsolète et fausse) mais si on écoute tout ce que dit le ministère des affaires étrangères, on ne voyage pas et on reste cloîtré chez soi, mais c'est un autre sujet! Pareil pour les agences à Hanoï: Visa chinois pour un français? Non, trop difficile à avoir selon les unes; oui, mais c'est cher et pas garanti selon les autres....
Bref, n'étant jamais mieux servi que par soi-même, j'ai fait les démarches tout seul et j'ai obtenu mon visa en temps et en heure! Je passerai sur les détails et la montagne de paperasse et de justificatifs nécessaires, mais je dois avouer que j'étais vraiment soulagé quand j'ai ouvert mon passeport et que j'ai vu le visa collé à l'intérieur... Donc je suis content, je suis à mon hôtel à Hanoï, il est 15h, dans une demi-heure je prends un bus pour Lao Cai, ville frontière où je dormirai cette nuit avant de passer demain matin en Chine, il était temps car demain c'est mon dernier jour autorisé au Vietnam!
Sauf que à 16h, puis 16h20, puis 16h45 toujours pas de bus... Le réceptionniste de l'hôtel (à qui j'ai acheté le billet de bus) m'annonce tout penaud après plusieurs coups de fils qu'il y a eu un "empêchement", que je ne peux pas prendre mon bus mais qu'il m'a réservé une place dans le bus du lendemain à la même heure et que pour se faire pardonner il m'offre la nuit d'hôtel... Je ne suis pas encore parti en Chine que déjà ça commence bien....
J'explique alors fermement, mais poliment (mais fermement!) au réceptionniste et à son patron qui l'a rejoint que je ne peux pas attendre un jour de plus, que mon visa vietnamien expire demain, que je dois absolument partir ce soir pour Lao Cai et vu que je lui ai acheté le billet il y a une semaine (une preuve de sortie du territoire vietnamien était nécessaire pour obtenir le visa Chinois, ne me demandez pas pourquoi: si je demande un visa pour aller en Chine, c'est bien que j'ai l'intention de partir du Vietnam, enfin il me semble...), je ne comprends pas cette annulation. Enfin si, je la comprends très bien c'est du surbooking classique...
Bref, après moult négociations et coups de fil, me voici embarqué à 21h dans un bus de nuit pour Sa Pa, avec l'assurance qu'il me laissera à Lao Cai aux environs de 5h du matin...
Mon œil!!
Comme je le craignais, le chauffeur du bus me jette à l'embranchement de la route de Sa Pa et de Lao Cai à 2h du matin et ne daigne même pas faire le très long détour de 4 km pour me laisser au centre-ville....
Bref, je fais un heureux: un chauffeur de taxi qui attendait là et n'espérait plus voir quelqu'un au milieu de la nuit! Ignorant ses sollicitations pour me conduire à "son" hôtel, je lui demande de m'emmener le plus près possible du poste frontière, et lui indique que je me débrouillerai ensuite. Effectivement, le gus me laisse 5 minutes plus tard devant l'entrée d'un bel hôtel qu'il me montre avec insistance... Mais un simple coup d'œil m'indique rapidement que le standing de cet hôtel est bien supérieur au standing de mon portefeuille!
Je remercie le chauffeur de taxi et je repère une terrasse de restaurant couverte par un auvent et avec un grand escalier en bois à plusieurs volées qui m'a l'air bien excentré et à l'abri des regards. Je n'ai aucune envie de chercher d'autres hôtels pour un résultat incertain, je vais donc terminer ma nuit ici, il ne fait pas froid, il fait même bon. Et puis j'ai réussi à dormir un peu dans le bus, même si tous ceux qui connaissent le standard des bus de nuit vietnamiens pourront confirmer que les couchettes ne sont pas, mais alors vraiment pas du tout adaptées à mon mètre 87 et mes 100 kgs!! De plus, demain je serais prêt à partir: le restaurant est situé pile en face du poste frontière vietnamien!
Que demande le peuple?
Un lit....
Vendredi 3 Juin
Quelque chose gratte ma chaussure et me réveille.
Un rat!!!!
Un coup de pied réflexe le fait fuir et je me relève. Le soleil vient de se lever, j'ai mal dormi (comment pouvait-il en être autrement?) et un coup d'œil aux alentours me montre que l'activité a déjà bien commencé: une petite foule attend déjà l'ouverture, prête à se ruer côté chinois. Pour l'instant des barrières empêchent l'accès au pont qui enjambe la rivière rouge, qui sert de frontière naturelle entre les 2 pays.

Il me reste un peu d'eau, je me débarbouille vite fait pour essayer de masquer ma tête de "celui qui a très mal dormi" et je vais m'installer avec les personnes déjà présentes devant le bâtiment des douanes et qui attendent l'ouverture des portes prévue à 8h pétantes.
Un jeune Viet changeur de monnaie au noir m'aborde et me proposant de me racheter mes derniers dongs avec des yuans. Il me reste environ l'équivalent d'une quinzaine de dollars, je lui demande son prix et après un rapide calcul (j'avais vérifié les taux la veille), je m'aperçois qu'il se prend plus de 15% de commission (!) et je lui signifie que je ne suis pas intéressé à ce prix. L'ouverture des portes approchant, il revient régulièrement à la charge avec un prix qui baisse tout aussi régulièrement. Finalement, alors que les portes se sont ouvertes et que la file avance (et moi avec), j'arrive finalement à négocier une petite com' de 5% pour lui que je trouve bien plus honnête. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me fais remettre les billets de 5 yuans un par un dans ma main que je recompte au fur et à mesure pour éviter les tours de passe-passe, puis je prends mes billets, assez content de moi. Tiens, il me semblait qu'il y avait la tête de Mao sur tous les billets chinois... Ceux-là ne l'ont pas, bizarre... "Chinese money??" demandai-je à 2 ou 3 personnes dans la file, et leur réponse positive me rassure.
Le passage au poste frontière fut très rapide, tant du côté vietnamien que du côté chinois, et en moins d'un quart d'heure, je suis passé à Hékou en Chine avec un "Welcome to China!" accompagné d'un large sourire de l'officier d'immigration! Il est 8h30 et il me reste toute la journée pour aller à Yuanyang, ma première destination.
Vous connaissez l'application MAPS.ME pour smartphone? C'est une application fantastique. C'est un peu l'équivalent de google maps, mais surtout ça marche hors ligne, sans aucun réseau ni aucune connection à internet! Il suffit juste de télécharger les cartes à l'avance lorsqu'on a par exemple une connection wi-fi et c'est tout! Grace à MAPS.ME, je sais qu'il y a un distributeur de billets de la Bank of China à 450 m sur la 4ème rue à gauche, et je sais que la station des bus se situe à un peu plus de 4 km au nord de la ville. De plus tous les noms de lieu sont écrits en anglais et en chinois, ce qui me simplifiera énormément la vie pour la suite de mon voyage: en cas de difficultés de compréhension, je n'aurais qu'à montrer mon écran et la ville, le lieu ou la rue et l'adresse où je veux aller pour débloquer bien des situations!
Dans le même ordre d'idée, j'ai aussi téléchargé un petit dictionnaire franco-mandarin qui me sera très utile. Beaucoup de chinois (surtout ceux travaillant dans le tourisme en fait!) ont également ce genre d'appli sur leur smartphone (mandarin-anglais), et la barrière de la langue s'estompe alors très fortement! C'est fou ce que la technologie change les choses! Je pense que cela devait être sinon plus difficile, du moins beaucoup plus long de se faire comprendre ne serait-ce que quelques années en arrière! Il n'y a pas à dire, c'est vraiment extrêmement facile de voyager partout dans le monde à l'heure actuelle...
Revenons à Hékou où je prends un taxi qui me conduit à la gare routière pour la somme raisonnable de 10 yuans (env. 1,40 euros). Au moment de payer, je donne 2 billets de 5 au chauffeur qui les refuse en me demandant 10. "C'est bien 10 yuans" lui dis-je en montrant le chiffre 5 sur les 2 billets -No no, mao, mao! me rétorque-t’il. Puis il sort de son portefeuille un billet de 10 yuans et me lance un "Kuai, kuai OK!!" en me faisant comprendre que ce sont ces billets là qu'il veut. Je réalise à cet instant que mon petit changeur à la sauvette m'a bien eu. Il m'a bien refilé de la vraie monnaie chinoise, mais ce sont des "jiaos" ("mao" dans le langage courant), et il faut 10 jiaos pour faire un yuan (un "kuai" dans ce même langage courant)... Je pensais être un vrai baroudeur aguerri du style "les petites arnaques à 2 balles on me les fait pas à moi", et bien si, on me la fait et bien comme il faut!! Il a bien du rigoler après coup mon petit changeur à la sauvette!!... Bref, mon égo en prend un coup de s'être fait posséder de manière si grossière, mais finalement au bout de 5 secondes je prends ça avec le sourire, tout en me promettant intérieurement que c'est la dernière fois que je me fais avoir.... Je paye le chauffeur de taxi avec un billet de 100 yuans fraîchement sorti quelques minutes plus tôt du distributeur et me dirige vers les guichets de la gare routière.
La préposée aux tickets de bus parlant quelques mots d'anglais, c'est sans problèmes que je me retrouve assis dans le bus pour Yuanyang qui décolle à 10 h précises! Arrivée prévue entre 13 et 14 h, c'est parfait!
C'est un bus local et ça se voit...

Il y a des seaux dans l'allée, et je ne vois pas pourquoi. En fait, je comprendrai très vite après le départ: les chinois (et les chinoises!) ont la très mauvais habitude de cracher bruyamment par terre, et ces seaux sont là pour récupérer les glaviots... Même en Inde où les hommes crachent leur bétel d'un rouge immonde dans la rue, ils arrivent à se retenir et à ne pas cracher dans les bus... Ici ce n'est visiblement pas le cas! Beurk, bienvenue en Chine!
Alors que le trajet se déroule sans encombre pour la plupart des passagers, il n'en est pas de même pour moi... Un courant d'air frais ainsi que (je pense) mon repas de la veille commencent à remuer mes entrailles... Très vite il va falloir que j'aille me soulager... Je profite donc pour étrenner ma jolie appli sur mon smartphone et je lance la traduction de "WC urgent s'il vous plait" et la montre au chauffeur qui n'a pas l'air de comprendre, ainsi que d'autres passagers... Je tente donc "malade ventre WC" (mon appli est basique et ne peut traduire que des mots et pas des phrases)... Toujours pas de résultats et l'incompréhension est visible chez mes interlocuteurs...
Je me résous donc à adopter la bonne vieille méthode du langage des signes: je sors un rouleau de PQ de mon sac à dos, je vais voir le chauffeur en me tenant le ventre de la main gauche, en lui montrant de rouleau de la main droite et lui demande en faisant une belle grimace: "STOP PLEASE!!!" Le chauffeur éclate alors de rire (rapidement suivi par le reste des passagers), puis s'arrête 200 m plus loin en me montrant un buisson derrière lequel je cours me soulager. Finalement la technologie a ses limites dans la communication, et rien ne vaut les vieux trucs éprouvés pour se faire comprendre!
Après ce passage très glamour, mon bus arrive à Yuanyang. Mais ce n'est pas ma destination finale, la ville est dans une vallée, je dois prendre un autre bus pour accéder aux rizières et à leurs villages, situés tout la haut sur les montagnes à plus de 2000 m d'altitude. Visiblement les employés de la gare routière doivent avoir l'habitude de voir débarquer des occidentaux qui veulent aller voir les rizières, car je me retrouve très rapidement dans un minibus juste après avoir prononcé les mots "Yuanyang rice fields"! Ça monte et ça tourne beaucoup jusqu'au village, dans le brouillard et la pluie!
A ma descente de car, un petit bout de femme se précipite sur moi (c'est le mot juste) en me criant des "taxi, taxi!!! Hôtel!!! Hôtel!!!" tout en me montrant sa voiture flambant neuve. Je lui montre l'adresse de mon hôtel (réservé sur booking) et m'annonce un prix de 20 yuans (env 2.80 euros), proposition que j'accepte, ayant auparavant appris grâce à MAPS.ME que mon hôtel se situait dans un autre village distant d'une bonne dizaine de km.
Nouvelle parenthèse scatologique, mes intestins me tortillant à nouveau. J'aurais pu vous épargner ce passage mais finalement non, je me suis dit que ça faisait partie du voyage et de ses... découvertes! Suite à ma demande expresse (j'ai gagné du temps cette fois ci en lui montrant directement mon rouleau de PQ), Mya (puisque c'est son nom) m'indique les toilettes publiques, situées de l'autre côté du parking des bus.
Et là, j'ai cru que j'allais vomir...
Je pensais avoir tout vu en Inde et au Népal en matière d'insalubrité et de manque d'hygiène, mais je me trompais...
Les toilettes publiques du village, c'est 4 murs en briques recouverts d'un toit en tôle. Le sol est entièrement bétonné, et est traversé en son centre par une tranchée en pente d'une quarantaine de cm de large et d'environ un mètre de profondeur. C'est tout. Tout le monde s'accroupit à la queue-leu-leu et se soulage ainsi au vu de tous les autres, aucune cloison, aucune intimité... La tranchée doit être lavée quand le responsable doit la juger trop "pleine", mais visiblement, cela n'a pas été fait depuis longtemps... Au dégoût visuel s'ajoute une odeur absolument écœurante qui me fait hésiter quelques secondes avant de rentrer, mais l'envie est trop forte et je vais rejoindre les 2 chinois déjà en place, non sans avoir pris une grande inspiration avant de passer la porte! Je ressors de cet enfer pour m'apercevoir qu'il pleut des cordes! Le temps de faire les 50 mètres qui me séparent de la voiture de Mya et je suis trempé!!
P***** c'est quoi ce pays?!?!!!!
Il est 4 h de l'après-midi, et pour l'instant depuis hier mes premiers pas en Chine ne sont pas ce qu'on peut appeler un promenade de santé! Je ne suis pas difficile et les voyages "à la roots" ne m'effraient pas, mais là c'est quand même pas mal! Si le reste du pays et du voyage est du même tonneau, je sens que je vais me plaire ici!
Heureusement, les galères vont s'arrêter là, et dans sa grande bonté, le Dieu protecteur des voyageurs (s’il existe) va maintenant inverser la tendance pour ramener un peu d'équilibre!
Tout d'abord je m'aperçois que Mya a embarqué d'autres touristes dans son "taxi": 2 femmes et un petit garçon d'environ 4-5 ans. Nous faisons rapidement connaissance puisque tout comme moi, elles sont Françaises. Cool, ça me remonte un peu le moral de rencontrer des compatriotes! Stéphanie voyage avec sa maman et son fils pour une quinzaine de jours dans le Yunnan et à Shangai. Mais surtout Stéphanie a vécu et travaillé 5 ans en Chine et parle couramment le chinois. Et ça, c'est un avantage considérable!
Pendant le trajet, Stéphanie discute avec Mya, et elle nous apprend qu'il faut d'abord acheter un pass de 100 Yuans (env. 14 euros) pour visiter les rizières. Enfin, techniquement c'est pour avoir accès à tous les points de vue, points de vue qui ont été équipés de barrières à péage depuis que le lieu a été inscrit au patrimoine de l'UNESCO, ils ne perdent pas le Nord ces Chinois! Mya nous informe également que des navettes font régulièrement la liaison entre tous les points de vue, mais elle se propose de nous guider avec sa voiture pour 400 yuans la journée. Stéphanie arrive à négocier 300 yuans (soit 100 yuans chacun) et nous disons banco pour demain.
Finalement, ce sera bien mieux de visiter avec une "locale" à notre rythme, et surtout avec Stéphanie qui enlève complètement la barrière de la langue. Mya me dépose à mon hôtel (le K2 youth hostel) que j'avais pris soin de réserver au préalable sur booking afin de ne pas m'em.... bêter à chercher sur place pour cette première journée. RDV est pris pour le lendemain 8 h devant l'hôtel.
Première bonne surprise: l'hôtel est tout neuf et très clean. Le petit jeune réceptionniste parle suffisamment anglais pour que nous nous comprenions correctement et il me montre le lit dans le dortoir que j'ai réservé. Nouvelle bonne surprise: je suis tout seul dans l'hôtel et j'aurais la chambre entière pour moi, coooool!!! De plus, le dortoir possède une grande baie vitrée qui donne sur une magnifique vue de la vallée et des rizières, d'autant plus que la pluie a disparu et que le soleil est revenu!

Que rajouter? Un très bon repas préparé à l'hôtel même: une succulente et copieuse assiette de fried rice (oui je dois penser à mon estomac!) avec divers légumes et morceaux de poulets me revigore.
Ouf! Cette fois ci, l'entrée en matière est terminée, il est temps de songer à découvrir la Chine dès demain!
Samedi 4 Juin
Comme prévu, Mya me récupère ce matin à 8 h et nous partons pour une journée qui s’avérera magnifique.
Autant la veille nous avons eu de la pluie et du brouillard, autant aujourd'hui nous bénéficierons d'un temps bien ensoleillé dans l'ensemble. Mya nous confirme que nous avons de la chance sur la météo, car cela faisait plusieurs jours qu'il pleuvait. Et le temps redeviendra maussade dès le lendemain.
La majorité des touristes viennent ici en Novembre Décembre, quand les rizières n'ont pas de plants de riz et sont uniquement remplies d'eau, ce qui donne alors aux paysages des allures fantastiques de miroirs en escaliers. En Juin, les rizières sont vertes, mais cela n'enlève rien à leur beauté selon moi. Les rizières sont étagées en escaliers sur plus de 1000 m de dénivelé et sur des milliers d'hectares!

Le travail pour façonner et modeler ainsi la montagne a dû être colossal! Il a été effectué au cours des siècles par les hanis qui vivent ici. L'entretien de ces rizières est tout aussi fastidieux et nous restons admiratifs face aux explications données par Mya. Mya nous emmène bien entendu aux plus beaux points de vue, mais elle nous fait aussi découvrir des petits villages et nous promène jusqu'au milieu même des rizières.

Dans un de ces villages, nous sommes invités à visiter une maison traditionnelle Hani, mais entièrement reconstruite avec tout le confort moderne. En effet, la culture du riz est difficile et il ne se vend pas plus cher parce qu'il vient de Yuanyuang. Du coup, beaucoup de jeunes préfèrent se tourner vers le tourisme qui explose (et qui rapporte bien plus!) et de construire des hôtels ou guest-houses bien laids en béton gris, ou alors aller chercher des opportunités de travail en ville, à Kunming... Le gouvernement local a donc lancé un projet de rénovation des habitats traditionnels en partie pour essayer de retenir les paysans producteurs de riz, et aussi pour donner une "vitrine" à la vue des touristes.

Coup de chance (?), l'architecte responsable du projet est justement dans cette maison aujourd'hui et nous explique l'ordonnancement et l'aménagement intérieur des maisons Hanis autour d'un très bon café que nous avons commandé à la maitresse de maison (qui fait aussi restaurant, mais nous n'avons pas prévenu). Très honnêtement, je n'ai pas retenu grand-chose des explications de l'architecte et de la visite de la maison, car au moment de partir, j'ai demandé combien coutaient les 3 cafés que nous avions commandés, et la réponse de notre hôte me surprend: "One hundred and forty, please".
On se regarde avec Stéphanie, puis elle pose la même question en chinois, histoire d'éviter les malentendus... "Non non, me confirme-elle. C'est bien 140 yuans".
Soit 20 euros pour 3 cafés...
On paye avec le sourire (juste de façade le sourire hein!) vu que tout le monde sourit (sauf nous qui avons été "un poil" surpris du prix), puis nous sortons pour continuer notre promenade dans les rizières en se félicitant de n'avoir pas réservé le repas ici! Bref, cette anecdote est vite oubliée et nous reprenons notre route à travers ces superbes paysages!

Ne voulant pas dépenser des cent et des mille pour le repas de midi, nous demandons à Mya de nous indiquer une gargote locale. Elle nous emmène alors dans un petit boui-boui en nous demandant si nous aimons le buffle. Nous sommes OK pour tester, et nous voici attablés sur des chaises en plastique avec des paysans chinois qui nous regardent amusés en se demandant ce que nous sommes venus faire dans cet endroit, alors qu'il y a tellement de restaurants pour touristes sur les routes principales!! Stéphanie demande alors s’il y a du buffle à manger, mais plusieurs réponses affirmatives ne la rassurent qu'à moitié, et elle demande à la cuisinière de s'approcher pour regarder à l'intérieur de la marmite. Elle revient alors vers nous avec une petite moue et nous annonce que ce qu'on s'apprête à nous servir est bien du buffle, mais des tripes de buffle bouillies!! Et des tripes entières en plus... Ce n'est franchement pas appétissant et nous nous rabattons au dernier moment sur du porc plus classique et pas spécialement mauvais! Pas facile de manger avec des baguettes! J'avais pu m'entraîner un peu au Vietnam, mais là, plus question de demander une fourchette si je n'y arrive pas...
La journée se poursuit ainsi entre magnifiques points de vue officiels qui dominent des vallées encaissées donc les flancs sont recouverts de rizières et promenades au sein de charmants villages et de leurs habitants.

J'ai beaucoup aimé Yuanyuang et j'en ai gardé un bon souvenir.
Tout d'abord parce que c'est la première fois que je voyais des rizières en terrasses aussi gigantesques. J'en avais bien vues quelques-unes au Népal au départ du trek des Annapurnas, mais là on est dans une tout autre échelle! J'aurais pu en voir à Sa Pa au Vietnam, mais la pluie et le brouillard en ont décidé autrement... Ces paysages sont vraiment magnifiques, encore mieux que les photos de rizières en terrasse qui ornaient mes livres de géographie au collège...
Ensuite c'était ma première étape en Chine, ma première étape dans un nouveau pays. Comme je voyage au long cours, les 2-3 premiers jours qui suivent un changement de pays ont une saveur particulière: il faut s'adapter à un nouvel environnement, à une nouvelle langue, à une nouvelle monnaie, à une nouvelle organisation, à une nouvelle manière de vivre et une nouvelle "ambiance", c'est un sentiment que j'attends et que j'apprécie à chaque passage de frontière, et qui fait un des nombreux charmes de mon voyage...
Pour ce soir, j'indique à Mya que je compte me rendre demain à Kunming et elle me répond qu'il y a un bus direct qui part à 9h30. Stéphanie et sa maman ont la même destination que moi, rendez-vous est donc pris pour le lendemain avec Mya qui nous conduira jusqu'à la station de bus!
Pour l'heure, nous finissons la visite de ces très belles rizières et ces superbes paysages avant que le soleil déclinant nous indique qu'il est l'heure de rentrer!




From China. Décembre, Mars 2002, 2003 A travers ce récit, je voudrai vous faire partager mon voyage en Chine. Ce qui m’a décidé à partir ? Les différentes étapes de ce périple. Mes états d’âme. Les lettres des gens qui m’ont suivi à travers mon récit.
Christophe Helin
Après un séjour en mai 2002, Julien revient en France épanoui, transcendé par ce qu’il a vu en Chine. Il Décide de repartir mais pour un an et persuade des amis de venir avec lui. Au début 7 étaient delà partie, pour finir à deux. Novembre 2002 grand départ et quinze jours après, je reçois ce mail qui s’intitule : La Chine en direct.
Salut chris, on est donc bien arrivé en chine, l'avion ne s'est pas écrasé ces l'essentiel, et aujourd'hui je vais me lancer dans un petit résumé de la situation. Donc on est arrivé maintenant depuis deux semaines, sur mon visage un sacré smille de retrouver l'air pollue de Shanghai, respirer à pleins poumons les dioxines chargées me remplit de joie. La Chine c'est avant toutes les odeurs, et à peine passé le portique de l'aéroport, j'avais l'impression de retrouver des vieux chaussons usés mais confortables... des chinois partout évidement, j'ai été trop heureux de voir que je captais un peu ce qui se racontait, un mot sur dix, mais c'est déjà pas mal. Les Chinois me disent sans arrêt que je m'en sors plutôt bien... je sais que ce n'est pas le cas, mais ça fait toujours plaisir de l'entendre : On prend une espèce de van pour regagner notre appartement, mon pote (Jean Charles) sur place est venu nous chercher, et déjà je mangeais du regard tout ce qui me tombait sous les yeux... je reconnais tout ici, les immeubles ravagés, les panneaux de pub partout, les voitures qui filent dans tous les sens, et les vélos... les vélos en veux-tu en voila, certains dont on se demande comment ils font encore pour avancer, la chaîne rouillée et les guidons en vrac, les portes bagages chargés à mort, des vélos à la Chinoise quoi... on arrive à notre appart, l'appart est autant en vrac que les vélos, ceci dit plutôt bien pour un appart chinois... mieux que celui de mon pote par exemple, tout était Un peu crade, voire carrément, mais à coté de ça on a du parquet dans toutes les chambres, une salle de bains raisonnable après nettoyage, et une cuisine presque convenable... on a donc passé nos premiers instants à nettoyer, voire un bon nombre d'heures, on vient d'ailleurs juste de terminer, faut dire qu'on a pris notre temps, rien que le frigo par exemple, je dois y avoir passe 6 heures de nettoyage, et je ne te parle pas des placards de la cuisine, tu rajoutes une heure pour chacun et tu es encore loin du compte... on a aussi fait un nombre pas croyable d'aller retour à carrefour, deux a trois fois par jours au moins, il a fallu tout acheter, et quand je dis tout, c'est tout, tout sauf les fringues que j'avais amenés... j'ai acheté deux oreillers, et une housse de couette, et un matelas vu que j'ai dormi les deux premières nuits sur le parquet avec ma couette, c'est aussi ça la chine, des matelas en béton : La première nuit c'est passé nickel, la deuxième j'ai eu un mal de dos de l'autre monde, du coup je suis retourné à carrouf me faire péter un matelas, un deux places, et mou, ce qui est carrément rare ici, tu verrais le lit à mon colloc, c'est des ressorts entre deux planches en bois... théoriquement on devrait finir de s'installer d'ici un ou deux jours, vivement qu'on se sente un peu chez nous... à part ça, que dire... on va tous les soirs manger au resto du père à dondon, la femme de mon pote qui vit ici, il refuse une fois sur deux de nous faire payer, c'est super gênant, du coup je lui ai dit que si je payais pas je ne reviendrais plus, il a sourit et il a prit mes 10 balles, j'y retourne demain, c'est bœuf au curry : moi je fais que parler aux gens, ça me fait trop plaisir, pour l'instant je ne progresse pas des masses vu que j'ai plutôt tendance à me reposer sur mes acquis, mais c'est déjà ça, je pensais rien savoir en chinois, mais quand je vois comment se débrouillent les autres, je me dis que je m'en sors pas mal... sinon, je passe pour un extra terrestre avec mes rollers, les gens arrêtent pas de me poser des questions, que je ne comprends pas, mais c'est pas grave, je communique c'est l'essentiel. c'est un plaisir de se balader dans les rues, tout le monde est en vélo c'est super agréable, je retrouve les sensations qui me manquaient, à savoir le cœur léger et le plaisir de la découverte : donc pas de problèmes pour le moment, sauf que dixit mon pote chinois, ça risque d'être un peu galère pour refaire les visas, je ne sais pas encore comment je vais faire, mais on va essayer de trouver une solution, visiblement il faut aller à HongKong ou je ne sais pas quoi, mais ça parait pas aussi simple qu'on le pensait... enfin... on verra bien... on va aussi se faire masser assez souvent, y'a rien de mieux pour apprendre à communiquer, et c'est super bon pour mon dos en morceaux : Sinon quoi d'autre, ici au pays des tangbao, des oeufs au vinaigre et des nouilles transparentes, pas grand chose, mais la vie suit son cours, je passe toujours quelques heures par jour au cybercafé, à tchatcher sur micro avec les Français restes à Nice, à boire du thé au citron, manger des soupes devant mon pc et écrire quelques mails... hier je me suis couché à 20h, j’étais trop crevé va savoir pourquoi... à minuit j’avais les yeux tellement ouverts que je n'ai pas réussi à les refermer, je me suis tourné et retourné dans mon lit pendant trois bonnes heures, et à 3h du mat, j'en ai eu marre, je suis sorti en catimini sans réveiller les copains, en mettant mes chaussures sans faire un bruit : après je suis sorti un peu, je suis allé discuter sur micro de 3h à 6h du mat, puis à 6h je suis allé manger des raviolis dans la rue, dans un quartier carrément à l'arrache, y avait plein de chinois qui me mataient mais j’étais content, la chine s'éveillait et j'ai mangé ça au bord de la rue, puis j'ai marche, et marche, pendant au moins 4h... c’était trop bon, j���ai vu des trucs que je n’avais jamais vu, des quartiers à l’abandon que tu imagines même pas, les trottoirs en vrac, c'est un signe caractéristique ici : J'ai donc marché, tellement que je me suis perdu, même avec la carte je ne reconnaissais rien, et quand enfin j'ai réussi à voir ou j'étais, je me suis rendu compte que j’étais revenu à 10m de la maison, mais impossible de reconnaître la rue, c'était hallucinant, je regarde ma carte, et je vois que je suis à coté de chez moi sans m'en rendre compte, ça fait bizarre, les rues se ressemblent mais tu peux passer trois fois au même endroit en ayant l'impression d'être à l'autre bout de la ville... toujours est-il j'ai marché des heures et je n'ai même pas exploré un centième de la ville, c'est encore plus immense que ce que je n'imaginais, la plus petite des rues est plus longue que jean Médecin, à l'aise... je suis rentré à la maison crevé comme un ravioli sans son jus, j'ai regardé le soleil se lever, puis je suis remonté à mon 12ième étage, les autres venaient de se lever et partaient pour l'ambassade, moi je me suis couché... voila en gros, ça c'était pour la petite tranche de vie... sinon pour le voyage en chine, je ne sais pas vraiment si c'est possible de s'en sortir sans parler chinois, en ville mes potes s'en sortent avec un dico et beaucoup de mime, mais je sais pas ce que ça peut donner à l'extérieur ou les gens doivent encore moins parler anglais, et moins qu'ici autant dire que c'est quasiment rien...mais je vais me renseigner et je te dirais ça, en tout cas je m'en sors en chinois, et c'est une belle victoire sur mes années précédentes d'inactivité... bon, je vais aller me chercher une soupe moi, et me finir devant un petit film en chinois... je te redonne des nouvelles dès que tu me réponds, à++ amigo à très bientôt julien dit "Ross le jaune" :
L’arrivée.
L’avion se pose et mes amis ne sont pas à l’aéroport. Je profite des derniers panneaux en anglais avant de rejoindre la ville en le bus. Comment déchiffrer hôtel en idéogramme, premier défi de ces 03 mois de périple, je laisse faire le hasard, enfin le rabatteur qui a su voir en moi un billet vert égaré. Avec mon translate de phrase toutes faites et ma calculette, je me retrouve dans un bel établissement qui met à mal mon budget voyage, mais l’épuisement à raison de moi. Ne me déplaise en déchirant ce brouillard au couteau, j’ai le droit à une magnifique vue sur le centre de la mégapole chinoise. Je redescends de suite avec ma première phrase en chinois : « wo hiao diannao » (je veux un ordinateur), pour annoncer mon arrivé à bon port, ensuite je retourne profiter du luxe de ma chambre avec un bain pour me délasser et dégourdir mes membres restés statiques aussi longtemps. La nuit tombe et je parcours ce vieux quartier au tour de l’hôtel, au milieu des gratte-ciel, ces maisons d’un autre temps ou ces immeubles d’un futur accéléré par ces dirigeants qui font de cette ville un anachronisme permanent. Je déambule laissant traîner mon regard attiré par ces halots de lumière à travers les fenêtres, les portes entrebâillées, autour d’un poêle à même le sol. Je salive déjà en regardant ces plats de pâtes préparés à la minute, m’attabler auprès d’eux pour pouvoir déjà déguster cette denrée rare qu’est le temps, mais pour une sécurité gastrique je me rabats vers un restaurant à l’enseigne bien lumineuse et remplie de monde, ne sachant même pas retrouver le signe désignant bœuf et riz, je me laisse aller pour ce qu’on veux bien me servir : une soupière avec des cubes de je ne sais quoi qui ressemble à de la guimauve et une bière pour faire descendre tout cela…
Welcome la Chine.
Voila déjà 3 jours que je suis arrivé. Tout va pour le mieux et je viens de rejoindre Julien et Michel, chez qui je peux loger. Cela me permet de voir venir les choses et de pouvoir m'acclimater doucement. Que puis-je vous dire commencer, comment vous décrire cet environnement, cette nouvelle vie qui démarre pour moi. Le contraste, voilà ce qui vous frappe en premier: ces immeubles, que dis-je ces tours au milieu de ces quartiers usés (il y a 20000 chantiers perpétuels dans la ville) cette mode occidentale qui envahie-le quotidien et se mélange à la culture ancestrale. Le savoir-vivre qu’ils n’ont pas, on vous bouscule, on vous double dans les files d’attente, dans l’avion à peine les roues posées ils sont tous debout, obliger de les faire rasseoir, dans la rue ça klaxonne à tout va et malgré tout cela il n’y a pas de bagarre. Ces méga stores qui ne font même pas concurrence aux petites échoppes. Le prix des hôtels 40euros en moyenne et le prix d’un repas dans la rue, qui varie entre 30 centimes et 1 euro, (d’ailleurs il y a les prix pour les Chinois, pour les touristes et les Japonais leurs ennemies de toujours), le Macdonald s'est 2, 5 euros, c’est cher pour eux. Il y a toujours un gardien jour & nuit dans chaque immeuble et il y a aussi un liftier dans chaque ascenseur jour & nuit, (la nuit il dort par terre et vous n'osez pas le réveiller pour appuyer sur le bouton), malgré tout cela il y a encore du chômage. J’ai trouvé une salle informatique avec 500 bécanes, je ne vous dis pas pour déchiffrer ce qu’il y a sur l'écran. En arrivant, j'ai déjà joué à Counter Strike (il y a des choses universels maintenant) et la pollution atmosphérique qui recouvre continuellement la ville d un épais brouillard. C’est inimaginable la vie sur cette planète... Je me crois encore dans un rêve, mal réveillé. Mais la réalité me rattrape vite quand vient-le moment de communiquer. Pour cela je me débrouille, je montre un point sur une carte, je présente une phrase toute faite déjà écrit sur mon phrase book et pour manger, je montre du doigt ou je cherche l'idéogramme qui veut dire bœuf, comme cela je ne prends pas de risque. Le plus dur va bientôt arriver, déchiffrer une destination sur les murs de la gare pour pouvoir prendre un billet de transport car il ne parle pas du tout anglais. Enfin en dehors de ces problèmes, j'espère pouvoir aller ou je veux… Semaine ordinaire sur la mégapole.
La pluie tombe sur la mégapole depuis quelques jours, c’est marrant comme toutes les capitales du monde se ressemblent sous la grisaille. Les tours de béton se mélangent au ciel, tout devient monotone et la vie prend un autre rythme. Le mien s'écoule comme celui de Julien et Michel. On se couche vers 4, 5 heures du matin pour ce lever vers 13 heures et on part en ville à la découverte de nouveaux quartiers à explorer. Jeudi nous sommes allés en banlieue shanghaillaise, à CAP 10000, un entrepôt qui abrite 10000 boutiques de fringues à des prix défiant toutes concurrence, j'en connais plus d'une qui serait heureuse. Je m'attarde dans le rayon des cuirs, ou je commence une séance d’essayage et la foule commence à s'agglutiner, car un blanc (occidental) de 1 m 93 dans une veste taille M, il y a de quoi faire rire. Je trouve mon bonheur, une gabardine en cuir du style le Rebel et les négociations débutent, après quelques minutes et 2 échantillons de parfum nous tombons sur un prix: 600 yuans (60 euros. J'ai le sentiment de m’être fait rouler, mais après renseignement on m’a dit que je m’en sortais bien. Nous sommes allés au cinéma voir HERO avec jet li en VO, heureusement qu’il y avait la femme d’un ami qui a pu nous traduire, car on aurait rien compris au film. Il faut que je vous dise aussi, une fois que vous avez goûtée aux salles chinoises, plus jamais vous ne pourrez vous en passer. Il y a les places ordinaires, comme partout. Mais pour 35 yuans vous avez le droit à un canapé 2 places avec une petite tablette, le pied ! . Malheureusement les sonneries de portable viennent gâcher le film car ils sonnent sans cesse dans la salle. Pour vous dire aussi, que les critères de sélection pour un poste de travail se font sur votre portable. Alors ils ont tous le dernier cri, ils sont fous ces chinois ! . Beaucoup de question comme celle ci reste sans réponse. La prostitution est interdite, alors pourquoi y a t'il autant de salon de coiffure? . Comment font-ils pour pouvoir se payer des voitures a 20000 euros? . Qui finance tous ces travaux dans la ville? . Pourquoi, y a t’il autant de prix qui diffère en fonction des gens? . Enfin !, cela ne nous empêche pas de vivre, et nous prenons le temps de savourer notre quotidien. J’ai quelquefois l'impression d'être arrivé-il y a une éternité, tant chaque regard, chaque moment reste à apprendre. Il y avait aussi hier soir une superstition, qui empêchait les filles de sortir la nuit à cause du mauvais esprit qui rodait, ils sont fous ces chinois ! Malgré la grisaille du jour, La nuit, la ville devient électrique les voies rapides sont couvertes de néons noirs, les immeubles multicolores, certaines rues brillent de milles feux et nous, nous déambulons, en taxi, en métro, à travers cette palette de peintre futuriste. Nous sommes allés en discothèque. Une usine recouverte d écran plasma et de spot-light. Les hommes en uniforme policier, reste vigilant au bon déroulement de la soirée, pas de collé serré, pas d’exhibition. Ils sont les derniers garants de l’esprit communiste. Techno à fond, on vous remplie le seau à champagne de cannettes de bière ou autres boissons aseptisées. Entrée gratuite pour les filles avant 9h30pm et à 2 heures du mat tout le monde dehors, ils sont fous ces chinois ! … 13000000 de chinois et moi et moi et moi…
Salut à vous, j espère que vous avez passe un bon réveillon de Noël et que vous avez été recouvert de cadeaux. Ici tout va bien, une vague de froid est venu recouvrir la ville et Noël s’est bien passé. Nous sommes allés dans un restaurant avec Jean Charles (un ami de Julien et Michel qui s’est installé ici), sa femme chinoise, leur petite fille, ses beaux-parents et nous. Pour l’occasion nous nous sommes bien habillés pour faire classe, on avait même les cigares made in China pour frimer jusqu’au bout. Comme nous avions réservé et qu’il n’y avait plus de place, ils ont viré des gens pour que l’on ait notre table. Le fait d’être blanc arrange pas mal de chose ici mais parfois ça peut être le contraire aussi. Nous avons mangé pour 15 euros ou tout était à volonté, mais nous sommes restés très traditionnels, roast-beefs et frites pour nous, la famille a mangé des fruits de mer. A 11h00 pm, nous sommes rentrés chez Jean Charles pour ouvrir une bouteille de champagne (qu’ils ont bu cul sec), ensuite il s’est déguisé en père Noël et nous nous sommes offerts quelques cadeaux, mais les parents de dondon (la femme de Jean Charles) ne comprennent pas grand chose car cette fête n’est pas ancrée dans leurs mœurs, même le Nouvel an chrétien; la fête la plus importante reste le nouvel an chinois qui se déroule début février cette année. J’ai profité de l’occasion pour offrir un lecteur DVD dernier cri à Julien et Michel pour les remercier de m’avoir héberger ces derniers jours, car ici cela ne vaut rien (60 euros). On en a profité pour acheter des DVD et pour vous rendre jaloux: Pour 100 yuans on en a 10 ce n’est pas la peine de s’en priver ou de les louer. J’ai "le seigneur des anneaux 02" en screener (film copié au cinéma sur camera vidéo de mauvaise qualité), j’ai "la chute du faucon noir" en VF, "spy games" et plein d’autre. On a vu aussi "Amélie Poulain 2" et oui ! Mais c est juste "un battement d aile de papillon" avec Audrey Tatou et Faudel qu’ils prennent pour la suite d’Amélie. Je dois vous raconter aussi cette dernière anecdote. Hier après midi nous sommes sortis dans la grande rue touristique et nous nous sommes arrêtés pour prendre un café dans un établissement fashion ou ça coûte plus cher que chez nous, à coté de nous 2 chinoises, le portable et la Heineken sur la table, la clope à la bouche (ce qui est rare ici) et pour passer le temps elles font du canevas, elles sont folles ces chinoises. Sinon la vie s écoule toujours paisiblement dans l’appartement. Une barre d’immeuble terni par la pollution parmi les autres qui longent une voie rapide dans le Nord-est de la ville. Leur appartement se situe au 12ème étage avec vue sur le centre ville et les tours de Pudong. Il y a un gardien et un liftier 24 heures sur 24, mais comme l’immeuble est fermé la nuit, il faut réveiller le gardien et remplir une main courant, ensuite si on veut prendre l’ascenseur il faut réveiller le liftier qui dort sur une planche entre deux chaise pour appuyer sur le bouton, alors nous, tous les soirs on se fait les 12 étages à pied pour le laisser dormir. Leur logement doit avoir une superficie de 90 m2, divise en 4 pièces avec terrasses couvertes, il y a du parquet dans toutes les pièces, équipé cuisine et de climatiseurs (ce qui est un luxe ici), car les amplitudes thermiques sont énormes ici, mais tout le monde ne vit pas dans le même luxe, les Chinois préfèrent vivre dans des appartements sans papier peint laissant le béton brut même sur le sol et faire des économies pour pouvoir consommer comme tout bon citoyen du monde moderne… Moi, j'aime lorsque le jour se lève sur la capitale et que la ville se transforme en fourmilière humaine, je regarde les gens aller et venir à travers la vitre de ma chambre enroulé dans mon duvet avec le froid qui vous garde éveiller, je résiste car je n’ai pas envie de m'endormir, je veux profiter de tout ce temps qui m’est offert et qui glisse trop vite entre les mains. J’ai envie de plein de chose et je ne suis même pas arrive à faire ce que je voulais, c est à dire apprendre un maximum de vocabulaire et savoir lire quelques idéogrammes, mais la hantise l'a emporté et dehors on se repose souvent sur Julien qui se débrouille très bien. On va aussi au supermarché Carrefour (hé, oui !) Pour nous les prix nous semblent corrects mais pour eux c’est un luxe que de venir ici. Ici où les rayons changent de place trois fois par semaine et il y a un responsable pour deux étagères, on ne peut avoir aucun repère. Sur les étalages de vin chinois (piquette) on y trouve des bouteilles de vin français vachement chère et le prix du café à diminuer d’un tiers en une semaine (tant mieux). Le plus intrigant c’est à la poissonnerie, il a bien sur l’éternel étalage de glace avec ses filets tout prêt, il y a aussi des aquariums avec tout sorte de poissons, étrilles, crevettes vivantes et il a des tortues d'eau et des limules, je ne savais pas que ça pouvait se manger, déjà il y a quelque temps je croyais que ça n existait que sur les bouquins d'histoire. Ce soir on est sorti dans un endroit ou aucun occidentaux n’étaient venu auparavant, comme quoi il y a encore des lieux à découvrir un peu partout sur cette planète. Une discothèque avec une piste de roller en parquet, salle d’arcade et piste de danse qui se transforme en karaoké avant 22 heures. On a refait le remake de la boum où on s'est éclaté (moi plus sur les rambardes), c’est marrant car tout le monde faisait de grand écart en me dépassant. Voilà les nouvelles, j’attends le prolongement de visa que j’ai fait aujourd’hui pour pouvoir rester jusqu’en mars et après direction Pékin. Je vous souhaite à tous un bon réveillon du nouvel an et plein de bonne chose...
Promenade pékinoise.
Ici tout va bien le réveillon s’est bien passé, nous sommes retournés au même resto brésilien pour nous empiffrer à nouveau. Après, direction la discothèque pour le passage de la nouvelle année. Ce qui était marrant ce soir, c'était à minuit. 5, 4, 3, 2, 1, OUAIH et basta ! Car pour eux cela ne représente rien de particulier. Mais on a bien rigolé quand même. Je suis devenu un night-cluber plutôt qu'autre chose ces derniers jours. Le 03, nous avons invité des amis chinois pour faire un repas français, filet de bœuf, pommes de terre sautée et nous avons profité pour ouvrir la bouteille de bordeaux St Estephe 1997 et la bouteille de champagne, dernière sensation de France… Je suis arrivé dans la capitale chinoise, Pékin par excellence. Je suis descendu du train lundi matin ou il y faisait une chaleur à mourir, moi qui m’imaginais les trains indiens sans fenêtres et leurs couchettes en dur. Ce matin le ciel est bleu sur la capitale, la pollution n'a pas encore pointé le bout de son nez, le soleil donnait tout ce qu'il pouvait et la température extérieure était de 15 degrés Celsius...en dessous de zéro. Malgré cela j'ai ce sourire niais en descendant du wagon. Je repense à cette carte du monde que l'on vous déploie devant vos yeux à l'école primaire ou on vous demandait d'apprendre des noms de ville par cœur et de les restituer par la suite. J'y suis sur l'un d'eux, j'étais heureux tout simplement. Dans le train j'ai rencontré une personne qui parlait anglais. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut au bout du monde quelqu'un qui parle anglais. C'était une prof de philosophie, ne sachant pas ou loger sur Pékin, elle m'a proposé de la suivre à l'université ou je loge actuellement, je suis dans le dortoir des filles (non je déconne), il y a une guesthouse pour les profs de passage et j'ai pu avoir une chambre tout simplement. Pour commencer, je suis allé sur la place Tienanmen, lieu important pour son histoire et pressé de pouvoir la contempler du regard. Impressionnant, comme à la Havane et sa place José Marty ou eu lieu le grand discours Castriste avec le Ché et Sanfuego. Il y a quelque chose qu’y règne en ces lieux, je ne sais pas quoi, de l'émotion pour commencer, je repensais à tous les évènements qui s’y étaient produits, surtout cette image de ce chinois dresse devant cette colonne de chars, savoir qu'à cet instant il avait fois en ce qu'il pensait même si cela lui à coûter la vie par la suite. Je suis allé faire un tour au musée qui raconte l'histoire de la Chine, en fait ce n'est qu’un grand syndicat d'initiative multiculturel et multicouleur. Hier j'ai visité le Mausolée de Mao s'est tout, euh !, Mao Zedond, pareil, tel nos Invalides à nous avec Napoléon. Vous faites la queue pour traverser 2 pièces en 1 minute chrono, j'admirai ces paysans venus de loin pour cet instant unique, concrétiser du regard tout le symbole d'une vie, je suis resté là à les contempler tellement leurs regards en disaient long, ils se faisaient prendre en photo devant la grande bâtisse, pour marquer à jamais leur pèlerinage, ensuite je suis allé visiter la cité interdite, pareille, quelle magnificence cet endroit, je repensais aux films qui se mélange dans ma tête entre : Le dernier empereur, Kundum et little Buddha. Enfin le rêve était là, au bout du regard. Après je me suis promené dans les parcs adjacents et je regardais les gens patinés sur le lac. Journée logistique car cela faisait 2 jours que je cherchais une salle réseau et un billet d’avion pour Kashi à l'ouest de la chine à la frontière avec le Tadjikistan, car dimanche il y a un grand marché annuel et cela me permettra d’attaquer la route de la soie et fouler du pied le désert du Takla-makan… La visite de la capitale Chinoise continue. Summer palace, résidence d'été des empereurs ou j’ai pu traverser à pied le lac, qui était recouvert d’une énorme épaisseur de glace. Un chinois m’a demandé un stylo, je lui passe le mien et ce met à le graver. Ils se font vraiment de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ensuite je suis allé faire un tour au zoo, qui est très grand. J’ai pu enfin voir un panda, et plein d autres espèces d’animaux que je n’avais jamais pu observer auparavant. Vous allez me dire que la Chine n’est pas capitaliste, mais ils ont une drôle de façon de voir la vie. Chaque fois que vous voulez avancer pour voir des choses de plus en plus intéressantes, ils vous font rajouter quelques yuans. Ils ne perdent pas le nord ces gens là. La grande muraille, j'en ai parcouru 1, 5 km sur les quelques 7000 km qu’elle comprend, mais j'étais très déçu. Je m'imaginais autre chose, nous sommes allés voir les tombeaux de la dynastie Ming et pareille rien de fabuleux. Il y avait une parti fermée à cause de l'influence touristique qui détériore le site. Par contre pour vous faire dépenser de la devise, ils savent faire : L'usine de jade, de poterie et le centre de médecine chinoise ouvert depuis peu, for everybody. Vous avez le droit à une consultation gratuite. On vous touche l'avant bras, on vous scrute les yeux et on tire la langue. Pour moi, on m'a conseillé de prendre les pilules numéro 03 pour enlever les toxines de l’alcool, pour perdre du poids et me sentir moins fatigué, connerie ! . Ils savent vraiment faire du pognon avec n’importe quoi. Même si ce n'est pas du capitaliste, c’en est un chemin parallèle... J’avoue depuis que je suis sur la capitale, je suis allé de temps en temps chez Mac donald. Je suis impardonnable. Car mes repas chinois ne sont pas très équilibrés, je ne sais dire que nioro (bœuf) et mifan (riz). Demain je ne sais de ce qu'il sera fait. En tout cas je ne suis pas malade et j'en suis bien aise… Promenade pékinoise.
Ici tout va bien le réveillon s’est bien passé, nous sommes retournés au même resto brésilien pour nous empiffrer à nouveau. Après, direction la discothèque pour le passage de la nouvelle année. Ce qui était marrant ce soir, c'était à minuit. 5, 4, 3, 2, 1, OUAIH et basta ! Car pour eux cela ne représente rien de particulier. Mais on a bien rigolé quand même. Je suis devenu un night-cluber plutôt qu'autre chose ces derniers jours. Le 03, nous avons invité des amis chinois pour faire un repas français, filet de bœuf, pommes de terre sautée et nous avons profité pour ouvrir la bouteille de bordeaux St Estephe 1997 et la bouteille de champagne, dernière sensation de France… Je suis arrivé dans la capitale chinoise, Pékin par excellence. Je suis descendu du train lundi matin ou il y faisait une chaleur à mourir, moi qui m’imaginais les trains indiens sans fenêtres et leurs couchettes en dur. Ce matin le ciel est bleu sur la capitale, la pollution n'a pas encore pointé le bout de son nez, le soleil donnait tout ce qu'il pouvait et la température extérieure était de 15 degrés Celsius...en dessous de zéro. Malgré cela j'ai ce sourire niais en descendant du wagon. Je repense à cette carte du monde que l'on vous déploie devant vos yeux à l'école primaire ou on vous demandait d'apprendre des noms de ville par cœur et de les restituer par la suite. J'y suis sur l'un d'eux, j'étais heureux tout simplement. Dans le train j'ai rencontré une personne qui parlait anglais. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut au bout du monde quelqu'un qui parle anglais. C'était une prof de philosophie, ne sachant pas ou loger sur Pékin, elle m'a proposé de la suivre à l'université ou je loge actuellement, je suis dans le dortoir des filles (non je déconne), il y a une guesthouse pour les profs de passage et j'ai pu avoir une chambre tout simplement. Pour commencer, je suis allé sur la place Tienanmen, lieu important pour son histoire et pressé de pouvoir la contempler du regard. Impressionnant, comme à la Havane et sa place José Marty ou eu lieu le grand discours Castriste avec le Ché et Sanfuego. Il y a quelque chose qu’y règne en ces lieux, je ne sais pas quoi, de l'émotion pour commencer, je repensais à tous les évènements qui s’y étaient produits, surtout cette image de ce chinois dresse devant cette colonne de chars, savoir qu'à cet instant il avait fois en ce qu'il pensait même si cela lui à coûter la vie par la suite. Je suis allé faire un tour au musée qui raconte l'histoire de la Chine, en fait ce n'est qu’un grand syndicat d'initiative multiculturel et multicouleur. Hier j'ai visité le Mausolée de Mao s'est tout, euh !, Mao Zedond, pareil, tel nos Invalides à nous avec Napoléon. Vous faites la queue pour traverser 2 pièces en 1 minute chrono, j'admirai ces paysans venus de loin pour cet instant unique, concrétiser du regard tout le symbole d'une vie, je suis resté là à les contempler tellement leurs regards en disaient long, ils se faisaient prendre en photo devant la grande bâtisse, pour marquer à jamais leur pèlerinage, ensuite je suis allé visiter la cité interdite, pareille, quelle magnificence cet endroit, je repensais aux films qui se mélange dans ma tête entre : Le dernier empereur, Kundum et little Buddha. Enfin le rêve était là, au bout du regard. Après je me suis promené dans les parcs adjacents et je regardais les gens patinés sur le lac. Journée logistique car cela faisait 2 jours que je cherchais une salle réseau et un billet d’avion pour Kashi à l'ouest de la chine à la frontière avec le Tadjikistan, car dimanche il y a un grand marché annuel et cela me permettra d’attaquer la route de la soie et fouler du pied le désert du Takla-makan… La visite de la capitale Chinoise continue. Summer palace, résidence d'été des empereurs ou j’ai pu traverser à pied le lac, qui était recouvert d’une énorme épaisseur de glace. Un chinois m’a demandé un stylo, je lui passe le mien et ce met à le graver. Ils se font vraiment de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ensuite je suis allé faire un tour au zoo, qui est très grand. J’ai pu enfin voir un panda, et plein d autres espèces d’animaux que je n’avais jamais pu observer auparavant. Vous allez me dire que la Chine n’est pas capitaliste, mais ils ont une drôle de façon de voir la vie. Chaque fois que vous voulez avancer pour voir des choses de plus en plus intéressantes, ils vous font rajouter quelques yuans. Ils ne perdent pas le nord ces gens là. La grande muraille, j'en ai parcouru 1, 5 km sur les quelques 7000 km qu’elle comprend, mais j'étais très déçu. Je m'imaginais autre chose, nous sommes allés voir les tombeaux de la dynastie Ming et pareille rien de fabuleux. Il y avait une parti fermée à cause de l'influence touristique qui détériore le site. Par contre pour vous faire dépenser de la devise, ils savent faire : L'usine de jade, de poterie et le centre de médecine chinoise ouvert depuis peu, for everybody. Vous avez le droit à une consultation gratuite. On vous touche l'avant bras, on vous scrute les yeux et on tire la langue. Pour moi, on m'a conseillé de prendre les pilules numéro 03 pour enlever les toxines de l’alcool, pour perdre du poids et me sentir moins fatigué, connerie ! . Ils savent vraiment faire du pognon avec n’importe quoi. Même si ce n'est pas du capitaliste, c’en est un chemin parallèle... J’avoue depuis que je suis sur la capitale, je suis allé de temps en temps chez Mac donald. Je suis impardonnable. Car mes repas chinois ne sont pas très équilibrés, je ne sais dire que nioro (bœuf) et mifan (riz). Demain je ne sais de ce qu'il sera fait. En tout cas je ne suis pas malade et j'en suis bien aise…
Ballade en pays Ouighours
Je suis à l'ouest de la Chine à la frontière Tadjik, Ouzbek et Kirghiz, légèrement au-dessus, l'Afghanistan, au nord du Cachemire et je suis vivant. Je ne faisais pas le fier dans l'aérogare à Urumqi, avec 6 heures d'attente pour le vol de Kashi, le fait d'arriver à 22 heures n'arrangeait pas les choses, je ne savais rien sur cette destination, je ne savais pas ou j'allais pouvoir me poser, je savais juste qu’aujourd’hui il y avait le plus grand marché d’Asie centrale. J'avais le cerveau qui travaillait pas mal, du à un mauvais rêve réalisé quelques jours auparavant. L'impression de devenir dingue ici car personne ne te comprend, ils parlent une langue que tu ne connais pas et tu te réfugies dans un monologue devant le miroir de l’hôtel. Pour passer le temps, je me suis assis dans un bar ou pour 20 yuans on vous sert une tasse de thé que l'on vous remplit d'eau chaude tous les 10 minutes, à la fin cela devient plus de l'eau aromatisée, j’ai bien du boire mon litre dans l'attente. Je me suis mis sérieusement à apprendre le mandarin, qui ne me sert à rien, car ici, on parle le Ouighours (langage d’origine turc), ils ont un alphabet arabique, certainement l’un des plus vieux de notre planète… L'angoisse est revenue au moment ou l'avion à poser son train d’atterrissage malgré le fait qu'un petit mongol me parle en anglais et des sourires partagés, pour me rassurer, je laissais confiance au hasard, car j'ai lu une fois quelque par ce dicton qui disait: "Le hasard est le moyen que s est donné Dieu pour voyager sur terre" et j'espérai qu'il serait exceptionnellement là aujourd’hui. Dans l'attente des bagages, il y avait une dame d'un certain age néo-zélandaise qui était seule et direct je vais l'accoster pour savoir si elle connaissait un hôtel, elle me répond positivement et qu'un guide venait la chercher, ouf ! Déjà un souci de moins. A l’hôtel je fais l'avare et l’on me propose une chambre à partager pour 40 yuans, je tombe sur une autre étrangère : Valérie qui refuse de céder, donc pas de problème on me trouve une autre chambre. Valérie 55 ans, mentonaise d'origine, seule, une GI (géographiquement instable) qui voyage depuis 4 mois à travers l'Asie centrale et qui bourlingue à travers le monde depuis 30 ans, une SDF de luxe, heureux était cet instant de pouvoir parler français. On bavarda une bonne partie de la nuit de voyage, de géographie et des dernières nouvelles du monde. J'en ai profité pour ouvrir une mignonnette de rhum que ma cousine m’a offert avant de partir. Il n’y avait pas meilleur moment pour en ouvrir une... Je me retourne dans mon lit, je vois qu'il faisait encore noir dehors, super !, je pouvais traîner encore au lit, le réveil sonne quelques instants après, il est 09 heures du mat, j'oubliais qu'il vivait à l'heure de Pékin qui se situe à 3 fuseaux horaires d'ici. Le jour se lève donc à 10h30 officiellement, il n'est que 08h30 à leur montre. Donc pour visiter la ville, je me suis joint à la Néo-zélandaise rencontrée la veille et son guide pour découvrir les merveilles d’Asie. Nous arrivons autour d’un grand foirail. Une fois encore je m’imagine dans cette machine à remonter le temps, 80 ans en arrière, dans le centre de la France, l’Auvergne et ses régions alentour ou se tenaient de grandes foires aux bestiaux. Il est très tôt et la vie s’active doucement. On découpe les moutons au bord de la route pour préparer les samosas et autres plats. On allume les fourneaux de terre cuite qui vont recevoir ces vasques énormes ou l'on va cuire le riz auquel on va additionner des oignons et quelques épices. Des gars font de grands gestes pour allonger de la pâte qui se transformera en spaghetti. Des feux prennent vie à droite et à gauche pour relever la température qui avoisine les -15. Tout le monde nous regarde, on ne s'échange quelques sourires, car je me sens tel un muet au royaume des sourds. Il y en a un, qui nous demande si nous sommes mariés, un autre veut échanger ses bottes en peau contre mes chaussures de marche, l'ambiance est bonne enfant. Après nous retournons en ville au grand bazar. Il y a environ 100000 personnes qui déboulent dans les artères de la ville pour ce jour sacré. Toutes les ethnies sont représentées, chinois, mongol, ouzbek, tadjik, kazakhs, tibétain, etc... Chaque visage a tant à raconter. Ce qui m'éclate le plus, ce sont ces vieux le visage marqué par la rudesse du temps avec leur grande barbe blanche, comme dans le film Himalaya. Tout le monde porte la chapka qui est signe de richesse et chacun ethnie a la sienne. Ici on vient vendre sa production de fruits, de légumes, il y a tout et n importe quoi, tout est bien réparti par secteur. A l'entrée c’est le bois, juste derrière chiens et chats qui viennent juste de naître. Sous les bâches, d’un coté ce sont les vêtements en peau de l'autre les pièces de moto. Sur les étalages de médecine on trouve des bocaux de différentes herbes, accroché à la devanture crâne de bélier, serpents et lézards séchés, médecine locale quoi. J'ai eu beau demandé des explications, mais rien ne m'a été dit. Ils prennent le temps de se faire couper les cheveux au bord de la route à coup de rasoir à main (made in local bien sur), de s'arrêter pour manger à de grandes tables qui font face au fourneau. Je les imagine raconter leurs petites histoires, discuter politique et regarder les filles. Leur vie quotidienne est extraordinaire à mes yeux. Dans l'après midi je retourne seul au marché à bestiaux. Je prends le temps de faire des photos et on vient roder autour de la boite à image, peut être qu'il me prendra en photo ce grand gaillard. Aujourd’hui il y avait 3 chameaux à vendre, on tond les moutons à la cisaille pour qu il soit plus beau, les jeunes montent les chevaux pour les exhiber. Les négociations se font au creux de l’oreille et j'en profite pour acheter un couteau local... J'en ai pris plein les yeux et ce fut une journée somptueuse. Il est 20h00, le soleil est encore là et l’appel de l'estomac se fait sentir... Petite anecdote, j'ai voulu payer avec des pièces chinoises avec lesquelles je faisais mes achats dans les capitales et celles-ci m'ont été refusées, parce qu'ici on ne règle qu'avec des billets, il y en a même de 1/100 d’yuans équivalent à 0, 0012 cts d'euro, incroyable non ! . Petite question: pourquoi n'y a t'il pas de pièce dans les pays pauvres? (réponse un peu plus loin). Lundi, je pars découvrir la vielle ville qui se dresse autour de la mosquée Idkah, ici l'islam est la religion dominante. Je me balade dans les rues et découvre le quartier Ouighour. Je regarde la vie s'écoulé. Les cordonniers sont alignés dos au soleil et s'affèrent à leur besogne. Les bouchers s'exercent sur leur billot à découper le mouton. Les coups de marteau résonnent à travers les ruelles pour donner forme aux futures bassines et autres ustensiles. On joue au billard le long des trottoirs, malgré le froid qui est toujours présent. J'étais loin d'imaginer que cette contrée était aussi accueillante, car ils sont très différents des chinois, qui gardent des traces du communisme sur leur visage et n'arrivent pas à afficher une simple joie. Les gens sont aimables et les sourires s'échangent facilement. On parle anglais même en dehors des hôtels, ce qui est surprennent. Les enfants m'accostent et retint cette éternel phrase: "Hello !, what's you're name". A 14 heures (midi ici), je m'explose le ventre pour 2, 5 yuans à coup de robao (raviole de mouton) et galette de céréale, une fois assis, on vous dépose la théière sur la table. Il faut respecter un petit rituel avant de boire : rincer la tasse avec un fond de thé puis le jeter dans un seau sous la table. Bien sur, c’est l'unique boisson en cette saison, on peut en consommer autant que l'on veut et c’est pareil dans tous les restaurants. Mardi: Après 4 heures de bus (de la rigolade), nous arrivons à Yarkand ville étape. Ici rien d'exceptionnel, si ce n'est la vie du peuple Ouighours replié dans leur quartier ou la vie s'écoule toujours autour d'un poêle, d'un billard. On travail, on recycle ce qui a déjà été recyclé. Qu'elle drôle de vie que la leur...
Mercredi: Bus local pour Hotan (car il y a des bus chinois plus luxueux), ici le chauffage de cabine s'est le tuyau d'échappement qui traverse le véhicule de par en par. Nous voyageons au sud du Takla-Makan désert. Au départ le long de la route, nous croisons plein de carrioles chargées, attelées à de petits ânes, tel un exode. Puis le paysage se dresse devant nous, tel un décor de cinéma. En fond d'écran se dessinent les contreforts de l'Himalaya, avec le Chogori à 8611 mètres et le Jiashuerbulumu à 8034 mètres comme sommets dominants, plateau, plaine désertique, dune enneigée. Le ruban d'asphalte se dresse tel un mètre bleu de maçonnerie tirer sur une feuille grise. Car ici tout n'est que nuance entre le ciel et la terre ; brume, poussière nous accompagne tout le trajet. Le long de celui ci apparaissent au milieu de nulle part des hameaux constitués de treillis en bois et de torchis ou l'on n'y retrouve poste de police et les contrôles ne manquent pas surtout pour la route qui bifurque sur le Tibet. Dans le bus on se sert et on regarde ce grand sec avec son bouquin à la main, on essaye de parler comme lui à travers quelques mots. Jeudi: Hotan, ville au sud du désert du Takla-Makan, selon le guide, on doit faire ses provisions pour aller plus loin. Petit cour d'histoire : Le XinJiang est une région autonome, pour moi un synonyme d'envahir mais plus soft, qui résonne mieux à l'oreille. Les Chinois sont venus ici pour se servir des ressources naturelles et mieux contrôler les pays frontaliers. Leur ville est construite autour du vieux faubourg Ouighour, à coup de préfabriqués, de béton et de néons multicolores, qui transforment la vieille ville en un ghetto sans mur, car les carrioles et les rickshaws sont interdits dans les grandes avenues sans vie (bien sur, il ne serait pas la, je ne pourrai pas communiquer avec vous en ce moment). Celle-ci s'écoule toujours autour d'une mosquée ou le bazar s'anime à coup de musique indienne et orientale qui hurlent à travers des haut-parleurs ou les membranes vivent leurs dernières heures. J'ai l'impression de parcourir un livre d'histoire sur l'ancienne Europe, tellement certain visage me semble familier et leur tenue vestimentaire me rappelle ces vieilles photos en noir et blanc que l'on garde en souvenir. Ici les paysans ont troqué leurs chapkas pour des toques turkmènes. Vendredi: aujourd'hui, nous partons à l'extérieur de la ville découvrir une silk factory ou nous rentrons comme dans moulin et ou personne ne nous interpelle. Ici règne un vacarme de tous les diables avec le bruit des métiers à tisser mécaniques, l'inspection du travail devrait venir y faire un tour histoire de réglementer tout cela. Je voyage ces derniers jours avec Valérie. Pour la définir, je dirai que sa maison c’est le monde, ses pièces préférées en ce moment, Damas (Syrie) et Kuala Lumpur (Indonésie), son luxe: ses 3 petits coussins pour agrémenter ses voyages en bus; son plaisir, quelques livres et la joie d'apprendre de nouvelle chose. Voila pour les nouvelles, les jours à venir ne vont être que déplacement de ville en ville, en début de semaine prochaine on se retrouvera en plein cœur de la chine, d'ici là ne soyez pas trop impatient et je vous souhaite à tous plein de bonne chose… Réponse de la question: parce que le métal aurait plus de valeur que la pièce elle-même, et il serait fondu pour le récupérer.
Ces jours que l’on marque d’une pierre blanche. Dimanche dernier, vous savez une de ces journées qui vous marqueront à jamais... Nous sommes au sud du Takla-makan désert, à Hotan. Cette ville est réputée pour son jade et autrefois pour ses tapis. Comme à Kachgar, le dimanche tous les villages alentour arrivent pour cette grande foire. Ici le marché envahi la route pour la journée, nous retrouvons à peu près les mêmes choses que le week-end précédent. Les tapis ont perdu de leurs qualités et leurs couleurs, le petit tour dans le grand bazar pour le dépaysement. Sur une esplanade pas loin de la mosquée. Il y a un attroupement chinois, un podium se dresse, des stands où l'on distribue des tracts, de la musique, des journalistes. Tout y est rassemblé pour un meeting. Des banderoles sont tendues entre des mâts, et nous découvrons des dessins très compréhensifs représentant des musulmans mal traités. Une propagande anti-islamique, tenu par l’administration chinoise. Je n'en revenais pas de voir que l'on pouvait éduquer un peuple ainsi. Je comprends les mises en garde sur le net et pourquoi il y a des attentats dans le coin. Je prends des photos de ces affiches, Valérie me met en garde car il y a beaucoup de policiers. Ca ne loupe pas, ils me sautent dessus et me réclament mon passeport pour commencer, je dis l’avoir laissé à l'hôtel. J’en vois un regarder mon appareil. La situation devient tendue, je m'extirpe de la foule qui m'entoure. Je réfléchis à toutes les éventualités, il faut que je retourne à l'hôtel car ils vont venir fouiller la chambre, mais ça va sembler très suspect. Delà on se rabat dans restaurant, bien sur nous sommes suivis et quelqu'un en civil s'assoit à notre table et se met à parler anglais, hasard. Valérie élève le ton pour qu'il s'en aille. Nous décidons de partir pour un autre restaurant. Toujours suivi, nous nous engouffrons dans un autre que nous connaissons et de la des policiers rentrent un par un en faisant mine de se servir du thé, de la une personne s'assoie près du poêle et nous observe quelque temps avant de laisse la place à un autre, j’en profite pour changer mon film discrètement sous la table. Apres manger nous sortons pour rejoindre l'hôtel. Un gros 4x4 de police stationne devant, je commençais à imaginer le pire. Mais rien n'était, heureux de trouver la chambre dans le même état qu'en sortant et mes pellicules dans mon sac. On pense à beaucoup de choses, si on avait pu, nous aurions quitté la ville de suite. J'ai crains pour mes films jusqu'à avoir quitter la ville. D’ailleurs ils ne me quitteront plus pour le reste du voyage. Nous pensons que des autorités ont demandé que l'on nous laisse la paix pour qu’il n’y ait pas de problème, car la Chine n'a pas besoin de mauvaise publicité en ce moment. Malgré cela je décide de retourner au bazar, car je sais que les Chinois ne pourront me suivre, dans les ruelles Ouighours et je profite pleinement de cette journée festive. Je trouve le marché aux bestiaux où il y avait 4 chameaux à vendre. Je fais un détour via le stone bazar car la ville est connue pour son jade de bonne qualité et des dealers de pierre vous accoste à la sauvette dans la rue. Après quelques emplettes, mon regard se pose sur ce pauvre parmi les autres. Je le voyais à quatre pattes en train de ramasser des raisins à moitié pourris tombés d'un étalage. Je ne pouvais supporter cette situation, j'avais beau être blindé contre tout cela mais rien n'y faisait. On a beau être conditionné par la télévision se retrouver devant cette situation m'était insupportable. Tout est si différent de l'Inde la religion aidant, ce peuple me semble si proche de nous, il est si différent des autres régions communistes. Il a su garder son éthique, ses convictions, sa joie de vivre, ils n'ont rien demandé à la Chine. C’est vraiment le dernier peuple d'Asie centrale. Je me déplace vers lui, l'interrompt dans sa recherche de nourriture et lui tend 4 malheureux yuans, il se redresse vers moi et me dit nerekme (merci en Ouighour), nerekme, nerekme et s'en retourne au sol, n'ayant de temps à perdre. L'émotion m'envahie et pour ne pas montrer mon désarroi, j'ai recours à mes lunettes pour recouvrir mes yeux qui trahissent ce moment de faiblesse. Je retourne à l'hôtel avec cette image dans ma tête qui ne me quitte plus. Le soir approche et nous retournons en ville pour manger. De petite échoppe mobile envahissent les carrefours le soir venant. On s'arrête pour une pou lao (riz, patate douce, poulet), qui ne coûte qu’un yuan, cinq avec la viande ; on nous trouve même des chaises pour que l'on puisse s'asseoir, ce peuple est vraiment extraordinaire. Par la suite je reste seul en ville pour distribuer des brosses à dent et autre savon que nous collections à travers nos chambres d'hôtel. A qui donner, sur quel critère dois-je me baser, comment reconnaître un pauvre qui vit avec moins d'un dollar par jour, d'un pauvre qui s'en sort à peine avec 2. Je donne tous les jiaos (demi-yuans) que je possède, j'achète quelques nourritures que je redonne par la suite et toujours ce regard, cette gentillesse et s'incline devant vous pour vous dire merci. De retour à la chambre je m'arrête pour la dernière fois dans cette petite boutique comme je faisais ces jours derniers pour acheter un futur cola (Coca cola local), j'aimais ce sourire que me lançaient la vendeuse et son mari à chaque fois que je passais devant. En payant, je lui offre un échantillon de parfum et demande à faire une photo. Oh lala ! branle bas de combat, il faut appeler les voisins, vite, vite, il y a le grand blanc qui veut se servir de sa boite à image. Tout le monde accoure pour être sur la photo. Apres la petite séance, ils m'offrent l'hospitalité et me voilà assis autour du poêle pour partager quelques instants. Il m'offre la cigarette que j'accepte, delà je sors quelques centimes d'euros pour leur offrir, voilà qu'ils m'offrent un samosa et des légumes pour l'accompagner, moi je renchéris avec 2 porte-clefs, ils s'en retournent avec un savon, puis ils ouvrent une bouteille de bière, puis 2, puis 3, pour trinquer. Je ne voulais pas en rester là, j'offre mon opinel au mari, quel couteau bizarre qu'il n'oublie pas d'exhiber à tout le monde. Ils me montrent la vidéo de leur mariage. Ils chantonnent à voie basse, les chansons qu'ils connaissent par cœur en même temps que la vidéo défilent sur cette vielle télé. Lui a 24 ans et elle 22, ils ont un petit garçon, qu'elle n'oublie pas de balancer dans son hamac d'une force assez violente, elle doit répéter des gestes qu'elle a du voir quelque part et les retranscrit bêtement sans se poser de question. Ils veulent que je refasse des photos et on s'en va au milieu de la route au milieu des quelques voitures qui passent, quelle rigolade qui entoure ce moment et je dois me décider à les laisser non sans regret... Quelle journée que celle ci, je retourne à l’hôtel et m'endors bien fatiguer la tête bien remplie...
Sur les traces de Marco Polo.
Nous voila lundi, dans le bus local et nous longeons le sud du désert sur ces longues lignes droites et l'après midi faisant, je pouvais pour la première fois me mettre pieds nus dans mes sandales. Nous logeons dans un petit hôtel de charme local avec le poêle au milieu de la chambre, le hic se sont les sanitaires, qui n’ont pas du être nettoyés depuis 6 bons mois. Ça s'est le résidu du communisme, tout le monde à peut être un travail, mais ils s'en foutent de tout, ils préfèrent glander devant cette nouvelle religion capitalisme : Qu'est la télévision... Le lendemain, le bus qui devait nous prendre est blindé et il ne veut même pas nous faire voyager dans l'allée centrale. Ne voulant pas rester un jour de plus, je décide de faire du stop. Apres 2h30 infructueuse on revient à la case départ et des bus couchettes stationnent devant la gare routière, ils vont sur Urumqi. Nous sommes partant et nous voila coincés dans une couchette de 60 cm de large sur 170 cm, ce n'est pas grave car la route que nous empruntons vaut le détour. Elle traverse le désert du sud au nord. Des heures durant nous ne voyons que du sable. Notre navire croise sur cette highway à travers cet océan de dunes, entretenues à la sueur de l'homme, car elles meurent d'envie d'envahir ce minuscule ruban d'asphalte. Ici pas de bulldozer, mais au milieu de nulle part des camps formés de roulotte où logent les ouvriers armés de pelle et à coup de balai nettoient la route quotidiennement. Il y a les jeux d'ombres qu'exerce le soleil sur le flan de celles-ci. De quoi faire rêver n'importe qui, moi je n'ai pas arrêté d'admirer le paysage, sachant bien que des merveilles comme ça ne me sont visibles au quotidien. Le long de cette ligne de vie, il y a des petits îlots, formés de petites bicoques entourées d'ordures, tel des décors inanimés de modélisme. On s'y arrête juste pour faire de la mécanique, ou un plein. Le soir arrivant, notre bus s'arrête à son tour dans l'un d’eux pour se ravitailler. Dur que de travailler dans un endroit pareil ou la vie ne s'anime uniquement le soir de 7 a 8 pour prendre les quelques pièces de voyageurs perdus. Le froid refait son apparition, les vitres du bus sont gelées et je cherche une position ou je puisse me reposer... Le matin faisant avec ces -15 degrés nous nous faisons balader de gare en gare pour rejoindre la prochaine ville étape. Nous nous décidons pour un train de nuit et la journée se passe à visiter la ville. Ici par exemple les changeurs de cash, n’ont même pas peur de racoler jusqu'à l'intérieur des banques et personne ne dit rien. L'attente du train se fait dans une salle ou chaque rangée correspond à l'un de. Quand l'heure approche, les gens se lèvent se pressent devant les barrières, se collent comme des animaux excités, la pression règne et quand celles- ci s'ouvrent, Ils courent, ils vous bousculent ayant peur de ne pas avoir de place, alors que tout le monde à une réservation et une place attribuée. 6h30 du mat, nous voila dans une petite gare perdue dans le Gansu, on squatte le temps d'un thé et de trouve un moyen de transport pour rejoindre Dunhuang, ville hyper touristique l'été. Super hôtel pour un super prix car nous sommes vraiment dans la morte saison. Apres 3 jours sans s'être lavés, on s'aperçoit qu'il faut attendre 20h00 pour avoir de l'eau chaude au robinet, les boules je vous dis pas. Le soir je me dépêche de rejoindre ce gros tas de sable ou il y a des dunes qui culminent jusqu'a 200 mètres d’altitude, j'arrive trop tard pour le coucher de soleil, ce ne sera que partie remise. Aujourd'hui, on part visiter les Mo Gao grottes ou il y a 45000 m2 de peinture bouddhiste, bien sur, il faut aligner les billets et Valérie en veut pour son argent, car pour elle tous ces sites touristiques payants sont nouveaux, avant, il n'y avait rien de tout ça a travers le monde, très bel endroit et ce magnifique bouddha assis de 35 mètres de haut, tel un Gulliver enfermé pour l'éternité. Deuxième tentative pour le coucher de soleil, j'ai oublié de vous dire, ils ont grillagé tout le site, pour faire encore de l'argent. Je passe par des chemins détournés pour arriver au même endroit et ne pas avoir encore à payer, qu'elle plaisir pour moi que de marcher dans cet endroit, gravir ces montagnes de sable, avec personne a l'horizon. Peut être qu'une petite bière aurait été l'apothéose, mais je n'en demande pas tant. Ici, les caravanes de chameaux ne se sont jamais arrêtées, elles ont juste troqué les cargaisons de soie, d'étoffe, pour des touristes en manque de sensation, mais moi je m'en fou, je suis heureux, je me laisse aller dans une dérive cérébrale et savoure le moment présent. Si le courage est au rendez-vous, demain matin j'y retourne pour le lever de soleil, malgré le froid, mais on verra ça tout à l'heure... Voila pour les dernières nouvelles et je vous dis à dans une semaine, de retour sur Shanghai j’y serai, pour le nouvel an chinois, d'ici portez-vous bien et savourez la vie au quotidien...
Retour à la vie communiste.
Nous venons d'arriver dans la deuxième capitale touristique de la Chine: Xi an. Beaucoup de route ces derniers jours, déjà samedi, il s'est mit à neiger et la route était verglacée. Les Chinois ont le cerveau ramolli, car ils s'en foutent et roulent toujours à la même vitesse, conséquence plein d'accidents le long de la route et au milieu des steppes, il n'y a pas grand monde pour vous ramasser, ils doivent aller au temple avant de décoller pour brûler quelques cierges et croire qu’il ne leur arrivera rien. Nous, on s'en sort bien, on est arrivé à bon port sans aucun dommage. Jayuang, une de ces grandes villes qui s'agrandie vitesse grand V, grâce à cette nouvelle économie qu'est le tourisme ils ont déjà construit des artères surdimensionnées avec rien autour aujourd'hui. Mais demain, hôtel, échoppes à souvenir et hypermarché y prendront place, elle voit très grand pour un avenir proche. On découvre la passe la plus à l'ouest de la grande muraille, que j'admirai tant sur les brochures avant de partir et légère déception quand je découvre le paysage. Sur la brochure c'est vachement bien cadré et ici il n'y a rien en plus. De plus sans guide on se fait un peu promener et je ne pourrais voir la grande muraille dans sa continuité, grosse déception pour moi, parce que je m'imaginais plein de chose dans ma tête et je voulais surtout rêver en vrai et pas à travers ces cartes postales, mais ainsi vont les voyages. Ensuite train de nuit, puis escale pour la journée à Langzou. Je suis agacé ces derniers jours par ce non-savoir-vivre, ce devoir patriotique, que de devoir plumer ces étrangers de passage, ces fonctionnaires et surtout ces femmes qui ne cherchent même pas à vous comprendre et se retournent pour ne pas avoir à croiser votre regard et vous font ce geste de la main pour vous repousser, que cela est énervant. Je me laisse imaginer une parade pour leur apprendre à vivre, à chaque fois que je serai repousser ainsi je devrai balancer une boule puante dans leur bureau, pour qu'ils comprennent le temps de ces quelques minutes mal odorantes... Puis retrain de nuit en place assise, très dur, on arrive quand même à avoir des couchettes une fois a bord. Je dois vous raconter une anecdote, ils sont fous ces chinois. Ils ont des lecteurs VCD (le VCD s'est un DVD de mauvaise qualité) en location dans les trains. Alors le gars passe dans le couloir pour faire votre choix, ensuite on vous installe ce lecteur de poche avec une batterie de voiture entre les jambes et vous voila parti pour une séance de cinéma miniature, vous êtes le pacha du wagon car tout le monde vient squatter autour de vous pour ne pas perdre une miette de ces éclairs de lumières traversant le wagon. En plus les VCD sont souvent des copies de mauvaise qualité. Vue d'un cerveau d'étranger calculateur, ça ne serait pas intéressant à exploiter, dans nos contrées. Aujourd'hui, visite de la 7ième merveille du monde: Terra quota, l'arme de terre cuite, très intéressant et très impressionnant, la journée les touristes visitent et la nuit les archéologues travaillent, ils ne perdent pas le nord ces chinois soit disant communiste. Les parasites que nous sommes, ce sont joints à un groupe de français qui avait leur interprète. En sortant, je voulais acheter des souvenirs, mais me faisant harceler par ces commerçants ambulants qu'ils veulent faire leur chiffre en cette saison de vache maigre, vous balancent des prix défiants toutes concurrences, je ne pouvais même pas marchander, parce que cela aurai été du vol, alors j'ai laissé tomber pour cette fois. Comme quoi on peut être bête parfois... Voila pour les nouvelles. Demain train pour Shanghai pour fêter le nouvel an chinois. Je vous dis à bientôt pur de nouvelle aventure. Et maintenant une page de pub...
Bonne année de la chèvre... Je reviens sur le voyage chronologiquement. A Xi an, sale histoire, en quittant l'hôtel je rends la carte magnétique et la femme de chambre descend rapidement pour montrer une taie d'oreiller tachée, je dois vous dire qu'ici on ne change pas les draps à chaque changement de client, alors un des gars de l'hôtel me demande de payer 10 yuans pour la tache, je commence à voir rouge, jamais je n'aurai pensé qu'on puisse vous faire payer une tache. Au jeu du plus con je commence à exceller. Je remonte dans la chambre, j'explose tous les shampooings et gels douche que je trouve et je lave ce morceau de tissu. Je redescends et le gars ne veut rien savoir, alors la je suis énervé, je préfère payer pour ne pas me retarder et je déchire la tête d'oreille dans le hall de l'hôtel et je la balance par terre. Enfin, je me retrouve dans le train et pareil pour une mauvaise compréhension car sur le tableau des horaires, le train part à 18h00 pour arriver à 11h00, j'ai bien regardé que tout le panneau d'indication était rédigé sur un cycle 24 heures et une fois arrivé à 11 heures du matin le train ne s'arrête pas, je me renseigne et j'apprends que l'on arrive à 23 heures le soir du réveillon. J'étais vert, je n'avais plus rien à manger. Heureusement que la veille au soir, j'ai offert des échantillons de parfum à la famille et un petit jouet au petit et ils m'ont donné un peu de leur repas. Dans le train et même ailleurs, je dis que je suis photographe pour des magazines, je ne vous dis pas le regard des gens qui s'écarquillent au fait de ces 2 mots et quand je sors un des appareils pour prendre une photo, ils se doivent de prendre leur plus belle posture. Je ne renie pas mon métier, mais ou bout du monde le fait de dire que vous êtes serveur, cela a l'air dégradant, car dans pas mal de pays, tout le monde est serveur au moins une fois dans sa vie, porter des assiettes tout le monde sait le faire, on gagne pas beaucoup et culturellement il ne faut pas sortir de St Cyr. Ils ne comprennent pas toujours comment cela peut être différent dans nos contrées et surtout comment un gars qui travaille dans la restauration puisse se payer un voyage comme celui-ci. Pour revenir sur une anecdote sur la photo, aujourd'hui j'ai croisé un photographe professionnel dans la rue commerçante de Shanghai, ça j'en suis sur car il avait 4 appareils photos au tour du cou (Leica m6, r5, r6 et Mamiya 6/6), tout cela d'une valeur de plus 20000 euros, il y en a qui n'ont pas peur. Il faut dire que la rue était noire de monde, tout le monde était de sortie, car ils ont tous reçu la petite enveloppe remplie de quelques yuans et comme les commerces comme par chez nous sont ouverts même les jours fériés pour récupérer l'argent en échange de quelques babioles... Jamais je n'ai entendu autant de bruit, jamais je n'ai vu autant de pétard, jamais je n'aurai cru qu'un changement de date puisse être aussi important. De 23h45 a 00h30, toute la ville est plonge dans vacarme qui dépasse bien les 90 décibels, un brouillard artificiel se crée, les gens se promènent avec des pétards en cartouchière tel Rambo ou autre guerrier et ils balancent ça partout, aux fenêtres des immeubles ou devant les entrées de celle-ci et les gens se regroupent pour assister à ce moment unique de l'année. Sincèrement, il a du être consommé 3 milliards de pétards et autres fusées, rien que sur Shanghai. Pour nous la vie devient assez pénible avec ces fêtes. Comme le nouvel an dure une semaine, ces derniers jours se passent ainsi: 13h00: lever. 15h00: promenade, shopping. 19h00: repas à l'appartement, à l'occidental, car Julien et Michel ont reçu 11 camemberts, 5 emmentals, herbe de Provence et 4 bouteilles de rouge. Sympa, ils m'ont attendu pour entamer tout cela. 20h00: massage, car on est épuise. 22h00: discothèque, ben oui ça dure une semaine. Dur dur, la vie au bout du monde. The China riviera. Comme on le dit bien chez nous, pas de nouvelle, bonne nouvelle. Apres Shanghai et le spring festival qui n'est pas fini et toutes ces soirées marquées par les feux d'artifices à répétition et une vie de night-cluber bien remplie, me revoilà dans le train direction plein sud et le soleil, c'est marrant de se retrouver devant la railwaystation, un mois plus tard et je n'appréhende plus de me retrouver seul face au problème, je me sens bien et préparé pour ne plus affronter une erreur de timing. Les rencontres à bord sont extraordinaires, il y a toujours quelqu'un à bord pour venir vous parler en anglais, pour montrer que lui il sait et pour moi de prendre des renseignements pour la suite. Les décors le long de la voie ferrée, me rappellent la France et surtout le nord, le plat pays, la grisaille, les maisons de briques rouges et les mares aux canards. Je descends à la gare de Guilin (Nice), comme chez nous, tout bon chinois doit y venir. Il y a une simili promenade des anglais avec ses palmiers le long du fleuve et ses montagnes particulières tel des cheminés dressées au milieu du paysage, parc, animation avec des funambulistes, des motos qui tournent dans une sphère de métal, tout pour amuser la galerie. Les restaurants cote cote terrasses ouvertes étalent sur le trottoir tout ce que vous pouvez y manger. Cela va des bacs remplis d'eau avec des carpes et autres poissons, écrevisses, gros clams, grenouilles, etc. Derrière les cages, avec des poules, faisans, pigeons, ragondins et le plus effrayant, les cages avec les chats et les autres ou j'ai fait des bons devant, celle des serpents. Je vous jure que ce n'est pas des conneries. Et puis quoi, on ne sait pas, à n'importe qu'elle heure de la journée, on peut très bien avoir envie de manger un ragoût de chat ou une brochette de serpent. Pour moi quoi qu'il en soit, je préfère le chat... Non je déconne, je reste dans les restaurants à bas prix et je n'ai pas envie d'essayer. Tan pis je mourrai bête, le soir tout y est éclaire, il y a une rue piétonne ou il y fait bon dépense quelques yuans après manger, tout pareil à chez nous. Ensuite j'ai pris le bus pour Yangshuo (St Tropez), après mettre assoupi, je regarde la route et je me crois sur celle qui rejoint le Muy à St Maxime, mais le décor lointain est différent, la ville n'est pas écrite sur toutes les cartes, mais vaut vraiment le détour, ici on ne vit que et par le tourisme, tout bon chinois qui veut survivre se doit de parler anglais, donc pas de problème de traduction. Il faut dire que toutes les villes balnéaires se ressemblent n'importe ou dans le monde. Première ville ou je trouve une chambre à un super tarif comme quoi. J'en profite pour acheter un pantalon léger et je déambule en sandale, je traîne, je bouquine, je regarde la vie s'écouler le long des berges pour recharger les accus en manque de soleil et de chaleur. Au loin ces montagnes usées par l'érosion, paysage féerique qui a su se faire exploiter. Je regarde les bateaux qui se suivent en fil indienne arriver de leur mini croisière, comme ceux sur le Mississipi ont fond plat mais sans ces grande roue à aube. Il y a des pêcheurs sur leur radeau de bambou avec leur cormoran qui ne pêche plus depuis longtemps et préfère se laisser prendre en photo pour quelques pièces. Aujourd'hui, visite à vélo entre ces grands pics, enfin de compte ou je pédale été recouvert à l’époque par la mer il y a des millions d'années, on roule sur les petits chemins entre les rizières, la rivière que l'on traverse à différents endroits sur des digues, les petits villages autochtones ou je découvre des gamins de 10 ans jouent de l'argent aux cartes avec les adultes, on me propose de m'attabler et je sors un billet de 1 jiao ce qui ne représente rien du tout et je vous dis pas la rigolade qui s'en suit. Je reste l’à les regarder jouer quelques instants. Bien sur des que vous posez votre vélo, il y a toujours quelqu'un pour vous vendre, une bouteille d'eau, des cartes postales ou autre babiole locale, tout le monde veut en profiter un peu... Bon voila pour les nouvelles, portez-vous bien.
Rien ne vaut tout l’or du monde.
Himalaya, je me souviens lorsque je t'ai vu pour la première fois, c'était du coté de Darjeeling et tu m'as laissé découvrir tes champs de théier et tes monastères Bouddhistes. La deuxième fois, c'était du coté de Gangtok, la vallée des fleurs et le Kangchenjunga comme toile de fond. Puis tu t'es caché derrière les nuages du coté de Katmandu et je n'ai pu voir ton plus haut sommet. Ensuite tu m'as laissé découvrir le Daulaughiri, l'Annapurna et j'ai pu descendre la Kaligandaki et découvrir le vrai visage des peuples que tu abrites. Pour finir avec les offrandes que l'on te verse à Hariwar et ou tu laisse sortir de tes entrailles les sources du Gange. Tu m'es réapparus lors de ma traversée du Takla-makan désert et tu me faisais obstacle. Te revoilà à nouveau depuis Dali et je reste ébahi devant tes décors somptueux et tes lever de soleil magique, comme sur l'Erbai lake, lumière cristalline qui se reflète comme un miroir sur l'eau et qui donne une autre dimension à la vie de tous les jours, les pêcheurs qui s'activent apparaissent tel un mirage dans l'éclat de tes rayons. Lijiang et sa vallée que tu protèges des nuages de tes sommets environnant et ou il y fait bon vivre... Voila le décors ou je suis depuis quelques jours. Mais pour en arriver la j'ai du voyager beaucoup ces derniers temps, depuis Yangshuo ou j'y ai laisse des visages types vietnamiens. Beaucoup de paysage fabuleux à travers les vitres du train ou du bus. Je me suis arrêté dans la stone Forest, amas de pierre laisser par l'érosion de la mer, il y a des millions d'années, site ou afflux tous les touristes chinois, enfin pour une fois je ne suis pas harcelé par les vendeurs et autres guides, je peux donc déambuler tranquillement à travers ce labyrinthe de pierre, j'y ai même vue 4 photographes chinois professionnels prendre des photos du site. Ensuite train pour Kunming, stop and go, le mauvais temps à fait son apparition, je décide de partir de suite sur Dali et là, l'Himalaya réapparaît devant moi, couvert mais grandiose, la ville ou je viens d'arriver ne me plait pas donc je décide de repartir le lendemain pour Linjiang. La petite anecdote, c’est que le soir je suis allé mange dans un resto local ou nous devions être 12 personnes, il y avait 9 français, comme quoi. C’est en repartant que j'ai pu admirer le lever de soleil sur le lac à travers les vitres du bus, cela valait bien son pesant d'or. Lijiang et sa super guesthouse, un peu excentre de la vielle ville mais pas chère, super clean et super bouffe chinoise, de quoi me remettre d'aplomb pour la suite du voyage. Hier soir c'était le festival des lanternes, la famille m'a attendu pour le repas. On a commencé par faire sauter quelques pétards devant la porte pour attirer les esprits et ensuite nous sommes passés à table qui était recouverte de plusieurs assiettes, avec du ragoût de pintade, escalopine de veau pané, bœuf aux épices, légumes et noix de cajou. Ce soir, j'étais l'invité et je me suis régalé, j'étais le dernier à finir parce que l'on n’arrêtait pas de me resservir et ils attendaient pour sortir de table, enfin les hommes vont dehors fumer la cigarette, les femmes restent pour faire propre, normal; Ensuite tout le monde se retrouve dans le salon, les plus jeunes regardent la télévision et les anciens jouent aux dominos, c'est un rami tout simplement et je suis là, à les regarder à coté du poêle. Qu'elle chance extraordinaire pour moi de pouvoir partager le quotidien de ces gens ! Ici, pourtant cette une société matriarcale (attention les hommes, il faut se tenir à carreau), ce sont les femmes qui dirigent, elles sont toutes types mongols, la peau mate, habillées pareil, blouse bleue, casquette mao, une peau de mouton recouvert de 7 anneaux représentant des étoiles pour se protéger du froid et un carcan en osier remplie de tout et de rien. Les jeunes filles ont un haut, blanc et rouge, autour de la taille un tablier jaune et elles n'arrêtent pas de papoter dans les rues de la vielle ville. Aujourd'hui, grande journée encore, je suis parti a vélo, enfin je me faisais tracter par les motoculteurs pour avancer sans me fatiguer et découvrir le petit bourg voisin Baishan et regarder la vie s'écouler, sans se faire accrocher au son des louquettes, louquettes, (look) des échoppes à souvenir. Ici on joue au croquet et je vous jure que c'est vrai à la Lyonnaise (jeu de boule), alors savoir si les origines du jeu sont françaises ou chinoises, il faudra ouvrir les livres d'histoire, (une photo offerte à celui qui me répondra juste). Ensuite, je continue la visite et je tombe sur: "Hello, I'm the famous doctor Hu", un grand docteur qui connaît aussi bien la médecine occidentale que chinoise, qui vit avec sa famille, son potager extraordinaire ou il y à des herbes uniques qui y poussent et la Dragon jade mountain en toile de fond derrière le village. Il est reconnu par les plus grands praticiens de la planète. "Ok, please seat", je ne risque rien car les consultations sont gratuites et on laisse ce que l'on veut, pas d'arnaque (dixit : les guides). Il me fait lire sa biographie, il est né en 1924 et c'était un pote a Alexandra David Neel qui lui a apprit l'anglais. Ensuite il me fait boire un thé aux herbes, puis, je visite son dispensaire, qui est recouvert de carte de visite du monde entier, je peux apercevoir le jardin ou il cultive des centaines de plantes, ainsi que son "bureau", salle ou est entrepose plein de seaux remplis d'herbes réduites en poudre. Pour finir, il me donne un petit sachet d'une de ses mixtures. Bien sur, sachant qu'il donne des consultations gratuites pour tout le monde, riche ou pauvre, je lui donne 100 yuans, car je sais que cela servira aux autres. Pour ensuite me remercier en français, il me remplit un autre sac de poudre, j'ai de quoi subvenir pour les mois à venir. Ensuite, je m'arrête manger, je laisse le soleil faire ses bienfait sur moi et de fil en aiguille on me propose de faire un billard sur une table d'un autre temps, enfin on s'amuse. Que d'émotion, pour moi et ce n'est pas fini, car je monte découvrir une région autonome du Tibet, pas besoin de ce fameux "travel alien permit" et des spectacles grandioses m'attendent encore. Je vais même rester quelques jours de plus pour profiter de cette vie... Voila pour les nouvelles, portez-vous bien et même si vous ne pouvez être là à coté de moi, je me laisse imaginer les réactions de chacun à travers mes pensées. A bientôt...
Il y a des jours comme ça.
Je dois vous raconter, cette petite escapade dans les Tiger leaping gorge. Pour comprendre, je vais recommencer chronologiquement. Je décolle le matin de Lijiang vers 11h00 pour me rendre à la gare routière, pour prendre le bus, selon les guides il y a un départ toutes les demi-heures. J'achète le ticket et on me dit que le prochain bus part à 14h00, ok j'accepte. Donc j'attends, je vais pour acheter un paquet de gâteau dans une supérette, arriver à la caisse on me dit qu'ils ne peuvent pas me vendre ce paquet, parce que le prix n'est pas marqué dessus, ok j'accepte, alors je me rabats sur une tablette de chocolat, produit de luxe ici. A 14h00 et des brouettes, le bus démarre et s'arrête 20 mètres plus loin, le chauffeur descend pour revenir 10 minutes plus tard. Voila que l'on fait demi-tour pour charger des affaires sur le toit. Ca y est, on part pour faire 100 mètres et faire le plein d'essence. Je commence à avoir la pression et le doute me vient à l'esprit. Si ce n’est pas la bonne direction me voila parti pour perdre la journée et revenir à la case départ. Pourtant j'ai demandé que l'on me pointe sur une carte la destination. Au bout d'une heure je vois un panneau et les idéogrammes indiquent la bonne direction, je peux enfin regarder le paysage et me laisse partir dans mes pensées. Le long de la route, village typique fait de brique de terre, les toits avec les extrémités sculptés, les femmes dans leur tenue locale portant sur elle un arc-en-ciel de couleur. La vallée, ses cultures en terrasse, le blé vert fait son apparition, et les colzas sont déjà fleuris. Qiaotou, ville du départ des gorges te voila, la bourgade s'étale le long de la rivière. A travers les vitres du bus, ce qui apparaît devant moi n'est que désolation, bâtiment dégueulasse et poussière: "welcome to déchargeland". La ville chinoise a été construite à l'arrache sur un axe routier, elle ne ressemble en rien au village que je viens de traverser, jamais je n'ai vu tant de saleté, de poussière, ils doivent l'accepter et les femmes ne s'affèrent plus à la lessive quotidienne. Le problème ! Le problème, c'est que depuis quelques jours j'imaginais les gorges, le décor et ce qui apparaît devant moi et loin de tout ce que je pouvais imaginer, ok j'accepte. Je me rabats sur la guesthouse que tout les routards parlent, de toute façon c’est la seule avec l'enseigne en anglais. La patronne 28 ans, dans des vêtements sales, les cheveux rêches: "ni hao (bonjour), je voudrai un lit". Mais rien ne se fait. Bon je m'attable et je commande une bière pour faire passer tout ça, on me sert avec des arachides qui on du être récolter en 1983, ok j'accepte. J'aimerai savoir ce qui se passe vraiment dans le cerveau ramolli d'un routard qui gagnent 10 fois le salaire d'un local et qui pour des économies de bout de chandelle, vient s'entasser dans un bouiboui pareil et qui en plus décrire cet endroit comme un lieu agréable à vivre. Je demande les toilettes, on m'indique que c'est dehors dans l'une des bâtisses à coté. Je descends dans la cour et par terre de la laine fraîchement tondue, un chien joue dedans, je le regarde et lui dis rigole pas car demain c’est toi qui sera à la place des moutons, ceux ci sont allongés un peu plus loin sans la tête et le sang coule encore des cadavres se répandant dans la cour. De l'autre coté des jeunes gens le chalumeau à la main finissent de nettoyer les têtes. Les latrines, un trou dans le sol, on peut pas se tromper, le mur est blanc marquer dessus WC, en rouge vif, car on ne pourrait aller dans le box juxtaposé, celui ou il y a les cochons. Les toilettes se trouvent dans la porcherie tout simplement, sur un autre mur est marqué: "hot sower ", au moins je ne pourrai pas me tromper pour la douche, je ne vous dis pas l'odeur qu'il y règne. On dirai: "Mad Max", la, pas ok ; la j'accepte plus. Je deviens fou, jamais, jamais, jamais, non jamais je n'aurai pu imaginer tout cela. Je comprends pourquoi les gens disent que les gorges sont magnifiques, car après une nuit ici, tout doit vous sembler radieux, fabuleux, magnifique. Comme il n'y a rien à faire, je retourne dans la salle qui sert de resto et je commande bière sur bière, oublier ce mauvais moment à passer et pour m'occuper, je prends mon cahier pour décrire ce que je vois. Derrière mon dos, on m'observe et on me demande: "what do you write"; J'explique ce que je décris, le joli village que vous habitez: "very beautiful"; "Ah, thank you". Je marmonne tout seul, fini les voyages, fini tout ça, une maison, une femme, des marmos, la téloche, le satellite et les chaînes de voyage. La soirée a débuté, je commande à manger et je regarde la table à coté, 2 hommes, 2 femmes, qui draguent qui en jouant aux cartes et 8 bouteilles de bière de 660 mml chacune ouverte, voila comment on fait passer le temps ici. Les autres sont autour de cette vasque en fonte ou il y a quelques blocs d'anthracites qui se consument. Je crois que l'on m'aurai décrit la ville correctement avant, j'aurai réfléchi à deux fois avant de venir. Vers 10h00, on dédaigne bien me montrer la chambre. Ca sent le poulailler humide. Heureusement que j'ai mon duvet pour me sentir bien. En m'allongeant, je découvre sous l'oreiller une lame de couteau de 20 cm. Ou suis-je tombe. Je m'assoupis en ne fermant qu'un oeil, de toute façon, dans la nuit résonne des feux d'artifices, pétards et les cochons hurlent certainement en attendant la mort. Le matin arrive bien péniblement, je vais pour redescendre dans les magnifiques toilettes de la résidence et vision de carnage, du sang de partout jusque dans les latrines, 3 cadavres de cochon au milieu de tout ça. On commence seulement à passer le jet d'eau; humm !, je me sens en appétit. Petit déjeuner tibétain, galette de blé et on prépare la tampsa : du beurre de yack qui est resté 6 mois sur le bord de la fenêtre et que l’on bat dans un roseau avec de l'eau chaude et des herbes, hummmm ! Que c’est pas bon, ces rance, pour moi c’est imbuvable ça me donne des relents d'estomac, pour eux c’est leur petit bonheur quotidien. Me voila frais comme un gardon pour attaquer les 20 km et 600 mètres de dénivelés. Enfin je parts pour découvrir ce magnifique site. Dans la monter, je marmonne tout ces évènements, avant de tomber en extase devant ce paysage extraordinaire, il faut croire que ce décor féerique valait tout cela. Le soir en rentrant, fatigue, je trouve mon bonheur dans des cannettes de coca. A la fin du repas, la patronne vient me voir et elle me demande ma main en mariage et que je m'installe ici, j'ai cru m'étrangler sur le moment. Le soir, on me change de chambre et je me retrouve au sous-sol dans la cuisine avec 4 chaises et une planche en guise de lit, ok j'accepte, je suis trop mort pour quoi que ce soit et à 10 yuans la nuit je ne vais pas faire le difficile... Par la suite je suis redescendu sur Linjiang, car il n'y a plus de route, ils sont en train de la refaire, pour rejoindre cette fameuse région autonome du Tibet, au lieu des 30 km restant on est obligé de prendre une déviation de 150 km ou 8 heures de route. J'ai préfère laisser tomber. Ps 01: Je ne sais pas comment vous percevez toute cette aventure, mais je vous jure que c’est ce que je vis au quotidien, car via les mails, vous pourriez me prendre pour un mythomane, car je voyage seul. Ps 02: Hervé de Nice a trouvé un début de réponse pour le jeu de boule. « Si je suis le premier à te le prouver, j’ai gagné une photo." Sur la foi de fouilles archéologiques à l'authenticité incontestable, Assyriens, Égyptiens et Chinois pourraient revendiquer la paternité des jeux de boules. Il est tout à fait possible qu'on y jouait quelque part sur la planète aux alentours de l'an 1000 avant Jésus-Christ, comme le montrent de récentes fouilles dans la province du Ho-Nam, en Chine.
Montagne sacrée et pèlerinage à la …
Et me revoilà sur la route, après ces dernières journées pleines d'émotion. Un bus couchette nous emmène de Lijiang à la frontière du Sichuan. Je me régale des paysages, des vallées verdoyantes, culture en terrasse et de ces petits villages le long de la route. En arrivant dans cette région, les petits villages étaient remplacés par des usines et autre centrale électrique (nucléaire, quoi). Dommage pour la vision, mais eux aussi ont le droit à la vie moderne et tout ce qui va avec. Apres le froid, la chaleur arrive à grande pompe et le problème dans le bus, ces qu'on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres car dans le convoi que nous formions avec d'autres véhicules, il y avait 2 camions qui transportaient des ruches et il y avait des abeilles dans tous les azimuts. Arrivé au bled nous voila bloqué pour la nuit, le prochain train ne part que demain. Donc je me retrouve avec 2 étudiants japonais et une israélienne pour partager gîte et couvert. De même pour le train, nous allons de vallée en vallée en coupant à travers les tunnels. Me voila à Emeishan et cette fameuse montagne sacrée. Je laisse les 2 étudiants qui eux ne viennent voir que le temple. Moi après un bon petit déjeuner: croissant, chocolat chaud, nutella. Non il ne faut pas abuser. C'était: sauté de bœuf avec du riz. Je pars en moto taxi, car j'ai loupé le bus et l'heure est déjà bien avancée. Donc après m’être fait rouler car le taxi s'est arrêté au milieu de nulle part pour renégocier la course, je fais semblant de marcher pour lui faire comprendre que je ne payerai pas plus. Il se dépêcha de revenir me prendre avant qu'un autre se fasse le reste de la course. Me voilà prêt pour affronter 2500 mètres de dénivelé sur 22 kilomètres de marche (au sens propre), de plus il faut payer l'entrée pour souffrir: 80 yuans, le comble. Je décolle à 500 mètres d'altitude, équipé seulement d’un petit sac et me reposant sur les petites échoppes le long du parcours qui veulent te refourguer une bouteille d'eau, canne de randonnée ou autre souvenir. Un escalier avec des milliers de marches, que dis-je, des dizaines de milliers de marches que je gravis une par une sans regarder le sommet pour ne pas me décourager, bête comme je suis, j'ai vidé une pellicule complète sur ces satanées marches. Apres 3 heures 30 de grimpette, fatigué, les genoux qui commencent à grincer, je me pose dans un de ces petits snacks qui bordent le long du tracé. Et je me fais matraquer à coup de 44 yuans l'assiette de riz et de légumes. Il n'y a vraiment pas de pitié dans ce monde. Ok tu m'as eu, tu as fait ton beurre. Je rencontre un petit vieux qui par la suite veux absolument que je lui achète ses crampons, car il me fait comprendre qu'il y a de la neige un peu plus haut. Des marches, toujours des marches et au fur et à mesure que j'avance, on m'annonce, il ne vous reste plus que 4 heures, il ne vous reste plus que 3 heures 30. Le froid se fait sentir et la neige est au rendez-vous, je mets ces fameux crampons et je continue doucement. Je suis seul depuis le début car les touristes préfèrent maintenant prendre les câbles cars. Je rachète à boire et le quart d'eau, on vous le facture 7, 8 parfois 10 yuans. Je rattrape des gens sur la fin du parcours, certains me suivent, veulent prouver leur supériorité et je les redouble sur une plate-forme car ils récupèrent leur souffle. Le sommet, ça y est, voilà 7h30 que je suis parti et heureux d’avoir réussi un exploit personnel. Content de voir que si je veux visiter le monastère, il me faut encore débourser quelques sous. Légèrement déçu de ce que j'attendais. Je me rabats sur un dortoir, "hello, one bed 90 yuans", désolé, mais la j'hausse le ton même français qu’ils comprennent à mon intonation de voix que je ne n’ai pas l’intention de me laisser faire, le moine le prend mal et après cette gueulante, le lit passe à 40, qu'est ce qu'on est pas obligé de faire pour pouvoir se loger, ils ont encore le culot de me demander mon passeport, qu'est ce que vous voulez en faire, vous croyez que je vais me barrer avec le matelas pourri que vous m'offrez. Je ne l'ai pas, enfin si, mais ne me cassez pas les pieds, sinon je vais voir ailleurs (ailleurs, où !), il n'y a qu'eux au sommet. Dans ces journées difficiles, on réfléchit et on cherche souvent des réponses à des questions bien loin de notre quotidien. Tout ce que je peux dire aujourd'hui: c’est qu'il n'y a pas de pitié sur cette planète et qu'il n'y a pas de religion qui tienne en ce monde. Juste des hommes et des femmes bon ou mauvais. Le soir repas léger, on vient s'asseoir, on essaye de discuter avec moi et me demander mon point de vue sur le conflit irakien imminent. Je ne traîne pas et je vais me coucher, mais le sommeil ne vient pas comme ça à 3077 mètres… 07h00 je saute du lit et je cours dehors car il y a encore les étoiles qui brillent, mais j'attends avec impatience le soleil, qui va faire son apparition sur cet océan de nuages, parsemés d'îlots qui ne sont que les sommets des montagnes avoisinantes. Très belle image, mais qui aura été mérité chèrement. A 8h00 je redescends comme un voleur et ces plaques de neige que j'avais laissé la veille, je me fais glisser dessus, avec quelques gamelles, ce que j'avais monté la veille en 2h30, je le dégringole en un peu moins d'une heure. Ne voulant plus laisser d'argent dans cette montagne, je redescends en bus, je reprends mon sac et je change de ville, bus, rebus et rerebus, pour finir sur un rickshaw vélo. Leshan me voilà, mais ne t'attend pas de moi que je verse ma devise pour tes sites touristiques et tes fameux Bouddhas, même si ce sont les plus grands du monde. Première turista, après un sorbet au poulet, en plus soit disant dans la région de la chine où on mange le mieux, je commande un morceau poulet, en imaginant qu'il allait me le préparer à la sauce locale. Non on le sort du congélateur, on le découpe sommairement et on me le sert froid encore congeler. Pour l'anecdote du jour: à l'hôtel on me retient 80 yuans pour la clef de la chambre, que je n'ai pas, car c’est une personne à l'étage avec un trousseau qui vous ouvre votre porte. Je suis assez fatigué et je préfère ne rien faire, je me paye une journée occidentale. Je réponds à mes mails, je mange une pizza et bois du coca, je vais dépenser quelques centimes dans une salle d'arcade et je regarde à la télévision les navets de film ou de feuilletons français sous titré en chinois qu'on leur a refourgué. Ce soir vers 18h30 les petits vieux sont de sortie dans la rue piétonne et s'exerce au tai chi, sabre à la main et tout cela dans une chorégraphie mal synchronisée. Le voyage s'achève bientôt et vous savez ce que j'aimerai bien maintenant: c’est une tranche de pain avec du camembert. A bientôt pour les dernières nouvelles.
Mésaventure. Salut à tous, je viens d'arriver sur la mégapole pour les quelques jours qui me restent à passer en Chine. Mais pour en arriver là j'ai eu une petite mésaventure, je vais vous la conter... Arrivé à Chengdu le 25/02, une ville surdimensionnée qui ne me donna pas l’envie de traîner surtout dans ce stress, Shanghai me suffit. Je me dirige vers la gare et avec chance je trouve un ticket de train pour le jour même. Le départ a lieu dans l'après midi, j'ai donc le temps pour faire un petit tour dans le quartier. Je mange, je fais du lèche vitrine, je me fais plaisir en allant me faire masser. Ce qui devait arriver, arriva, je ne vois pas l'heure passée et je loupe le train pour 2 minutes. Je m'énerve légèrement car j'aurai plus l'avoir si on ne m'avait pas fait traverser la gare en long en large et si tout le monde n'avait pas tripoté ce malheureux billet. Enfin, je ne peux que m'en vouloir. Je vais faire changer le billet pour un autre jour et l'on m'annonce qu'il n'y a plus de place dans les trains pour Shanghai pour les jours à venir. On me détourne via Xi an, avec un passe pour voyager sur la plate-forme. Départ le lendemain 08h00. Le wagon des hard seat est déjà plein, je me serre dans l'allée et m'assoie sur mon sac. On arrive à 3h00 pas problème, encore une fois je n'ai pas fait gaffe, ces 03h00 du mat... L'enfer commence malgré la sympathie que je partage avec mes compagnons d'infortune et je ne vous dis pas le regard des gens lorsqu'ils voient un blanc en 2ème classe ; le chariot de nourriture qui veut se frayer un chemin, le flot de gens qui veut arriver au w-c qui se trouve juste derrière moi. Au fur et à mesure des gares le train se remplit de plus belle. A un moment il est impossible d'ouvrir les portes et les gens grimpent par les fenêtres, les places au sol se rétrécissent heure par heure. A 17h00 je pète les plombs, il est impossible de finir le trajet dans ces conditions. Je décide de descendre à la prochaine gare, tan pis je finirai demain, pour descendre, le contrôleur et moi sommes obligés de repousser les gens qui escaladent les fenêtres, pour essayer d'ouvrir la porte. Impossible je m'énerve pour de bon je balance 2 gars pour pouvoir m'extraire à mon tour, lancer mon sac en sens inverse et passer par la fenêtre. Je me demande ou je suis, perdu dans le fin fond de la Chine. Dans la tête depuis la veille, je n'arrête pas de m'en vouloir à m'en couper l'appétit, comme quand on sait que l'on a fait une grosse boulette. La chance me sourit à nouveau, je trouve un train pour Shanghai. Dans cette gare perdue ou les chinois n'ont du voir qu'un blanc via la télévision, en faisant la queue pour un nouveau billet, car la vente des billets se fait de 07h10 a 08h10 et de 18h10 a 19h10. Je choisis une file, la mauvaise et les guichets ouvrent, il est 19h00, une fois après avoir batailler pour défendre ma place dans cette foule, j'ai mon billet sans place, les boules me voilà repartit pour 30 heures sur la plate-forme. Je n'en peux plus, je trouve un téléphone, j'appelle les amis a Shanghai et leurs explique et je les fais traîner au bout du fil car je suis exténué et je me réconforte à travers cette conversation. Je ne veux plus être emmerder et je me cale dans un coin de la gare. Bien sur 1 minute à peine, une quarantaine de personnes s'agglutine autour de moi, me dévisage me regarde écrire, me stresse. Le train arrive, je panique à l'avance de me taper 30 heures dans les même conditions. Arrivé à bord je trouve le contrôleur et pour quelques yuans de plus me trouve une couchette. J'apprécie l'eau pour me débarbouiller, et cette couchette dure. Ou je ne demande pas mon reste pour m'endormir. Plus jamais cela m'arrivera de prendre du bon temps. Pour 2 minutes, je me suis embarqué dans un voyage de 2 jours plein, pour 2 minutes. On est le 28 février, il est 05 heures du matin mon périple se fini... Shanghai me revoilà, un lit, une douche, des amis qui parlent français, un morceau d'emmental qui traîne dans le frigo depuis 3 semaines, un morceau de pain de mie, mais que demande le peuple. Je reprends des forces et nous nous racontons nos histoires. Car ici, l'appartement est devenu un vrai central téléphonique, ça n'arrête pas: "Michel est-la?, alors Julien ou inversement", en anglais en chinois et parfois même en français. Ca n'arrête pas. Attention les filles, 2 french lover sont arrivés sur la ville et ça se sait. Première photo du voyage que j'ai fait développer sur place, pour faire découvrir la Chine aux amis restés ici, dernière balade, dernier shopping, dernier resto, comme dimanche ou nous avons été invités par des amis chinois, nous nous sommes attablés pour 05 heures d'un repas bien arrosé et nous avons bu 26 bouteilles de bière (660mml) a 5... Voila comment ce fini ce périple. Ce seront les dernières nouvelles de mes tribulations... Je voulais dire merci à papa et maman qui ont réglé des petits problèmes laisser en France, ainsi que mon frère. Tous les lecteurs et leurs messages qui mon beaucoup touché et motiver à décrire du mieux que je pouvais le quotidien qui m'était réservé. J'espère que le rêve vous a accompagné à travers ces quelques lignes. Moi j'appréhende le blues de retour parmi vous, mais j'attends un bon repas à la Française. Merci et à tous à très bientôt... PS: Dites, vous n'auriez pas 100 euros à me dépanner pour un nouveau voyage.
Le retour
Ce matin, je rigolais dans la cuisine, préparant mon premier petit déjeuner devant les appareils électriques, le grill pain, la cafetière, le micro onde pour chauffer un peu de lait, que de luxe que notre vie occidentale. Comme fond sonore, j’ai retrouvé ce vieux vinyle à papa de salut les copains que j’ai mit et que je chantonnais dans les transports en commun chinois : «700 millions de chinois et moi et moi et moi » de jacques Dutronc. C’est rigolo car à l’époque dans sa chanson, il n’y en avait que 700 millions... Oui je prends le temps, oui je savoure la cuisine de maman, je reprends la route du bistro. Mon village que je regarde différemment, j’ai envie de le prendre en photo, pourquoi ? . Je ne sais pas. Je crois qu’en dehors des paysages que notre planète regorge, la vie est la même partout, elle s’écoule inexorablement que ce soit à Qiauto (Chine), Cenfuego (Cuba), Arusha (Tanzanie), Gangtok (Sikkim) et à Méru (Picardie). Ces vrai quel souci avons-nous en dehors de boire, dormir, manger et consommer... Les gens, la vie qui s’écoule au centre commercial ou je viens d’aller faire un tour, première remarque à voix haute devant une affiche ou femme dénudée s’exhibe pour promouvoir produit de consommation et le dernier souci de l’homme qu’est: Le cul, la relation sexuelle, biquotidienne, bimensuel, bisannuelles. Les gens me regardent; doucement Christophe, c’est fini les vacances. La première boutique ou j’étais prêt à lancer ce ni hao (bonjour), calme toi me dis-je, ces vraiment fini, tout le monde parle le même langage que toi, ici. Roi de la glande je suis, j’ai envie de faire plein de chose et je m’occupe les mains avec n’importe quoi. J’attends les photos avec impatience tout simplement. La vie ne s’arrête pas, pourtant j’ai envie de descendre du train de la vie quelques temps pour faire le point et le reprendre un peu plus tard. Mais cela est impossible. Les copains casés, la petite graine qu’ils lâchent chacun leur tour, temps de se responsabiliser un peu, car aujourd’hui le monde nous appartient … Le quotidien, un boulot et des fonds pour pouvoir rêver de nouvelles destinations. Il me reste quand même le temps et le plaisir de vous faire découvrir ce voyage…
FIN
Salut Christophe, Merci de ces belles histoires, pour le meilleur et le pire car c'est une réalité que tu vis au quotidien. Je me dis que pour toi, ton retour va être difficile, tu vas réaliser comment sont aussi les Français et eux ont moins le droit d'être aussi peu civiques. Nous les réputés ra- leurs, exigeants, intolérants, si peu courtois, et toujours autant racistes! Ne t'inquiète pas si tu te cherches encore, ta façon de voyager te l'apprend chaque jour et tu ne peux que t'enrichir. Te dire merci pour nous faire passer tes belles émotions qui nous rapprochent un peu de ces peuples. Nous aimons voyager avec tes écrits comme tu peux l'imaginer, et c'est toujours un grand plaisir. Alors bonne route et prend bien soin de toi dans ta poursuite... Pour ma part, j'aimerais vivre en partie ton expédition, surtout en ce moment! A bientôt de te lire, au fait ne change rien pour tes écrits, tout va bien, l'essentiel passe... Bises et pensées de nous trois et une très belle année enrichissante, n'est-ce pas? Marisa, Guillaume & Lothaire
Avant tout chose meilleure vœux bonne année et bonne santé et plein de bonne chose. Bref ! En tout cas ça me fait très plaisir d’avoir de tes nouvelles, c'est génial de pouvoir écrire com-me tu le fais. C'est comme si je lisais un livre par bribe c'est vraiment sympa ne change rien, et puis ça me fait voyager aussi. N'oublie pas de prendre plein de photo, et fait gaffe à toi. David.
Merci pour tes récits. Je suis au boulot quand je reçois le dernier. Quel contraste entre les mondes ! Je t'envie !!! Il faut vivre ses rêves, et c'est ce que tu fais. Je n'ai pas tant de choses à raconter. Il fait très froid ici, le paysage est recouvert de neige, je vais peut être aller skier demain. Mardi, je m'envole pour Paris où j'ai 3 jours de congrès. Rien de bien palpitant. Louis
J'espère que ton voyage se passe bien, toi l'intrépide explorateur de contrées parfois dangereuses comme le Tibet. Sans vouloir me faire passer pour ta grand-mère, fais attention lorsque tu ne connais pas toutes les différences entre toi et les autochtones qui peuvent engendrer des malentendus. Je me félicite souvent de connaître quelqu'un comme toi car ton état d'esprit est précieux parce que rare, attaché que tu es à d'autres valeurs que l'argent et tutti quanti. Continue sur cette voie-là et reviens-nous entier. A bientôt. Jean yves. Bravo et merci pour ton voyage que tu nous fais partager... t'es quand même un peu barjot mais bon tu fais ce que tu avais envie et c'est cool !!! C'est excellent de te voir t'émerveiller devant toutes ces choses que tu vois et ça me fait rêver... j'espère que tu nous emmèneras quelques photos en Corse... Ici, tout va bien c'est les vacances scolaires alors on a un peu plus de monde mais c'est quand même tranquille, il fait très beau et on a beaucoup de neige mais bon ça ne vaut pas : L’Himalaya... Bon tu rentres quand sur notre continent ??? Amuse-toi bien... A bientôt !!! Maëlig Que te dire à part merci Christophe, merci de nous faire partager tes aventures... Tu as raison, même si nous ne sommes pas la pour admirer tout cela en direct avec toi c très agréable de pouvoir ne serai ce que l'imaginer, pouvoir s'évader l'espace de quelques phrases de mon quotidien assez morne je dois bien te l'avouer car pour l'instant encore, je me borne à réviser mes examens. J'espère que tu en profiteras encore et que tu auras une petite pensée pour nous pauvres occidentaux enfermés dans nos habitudes. Même si mes mails se font rare il n'empêche que je pense souvent a toi et à toutes les merveilles que tu vois. J'espère qu'un fois de retour tu ne manqueras pas de faire un petit tour sur Nice de manière a ce que tu puisses m'en dire plus de vive voix. A bientôt et merci encore. Hervé Non, je ne me formalise pas si tu n'as pas le temps de me répondre et j'imagine que je te fatigue avec mes questions... En tout cas, je te lis avec de plus en plus de plaisir vu que tes comptes rendus sont de plus en plus poétiques et agréables. Surtout le dernier sur l'Himalaya: ça m'a fait un pincement au cœur de te savoir en un si beau lieu d'autant que jusqu'a présent, la plus belle chose que j'ai vu de ma vie, c'est ce lever de soleil sur le Kangchenjunga... Allez continue à me faire rêver, moi qui suis dans cette réalité ennuyeuse. J'espère que tu n'es pas trop fatigué et que tu t'alimentes bien. Prends soin de toi. Bisous. Julie Hé ! Oui il y a des jours comme ça où je suis particulièrement heureuse d'avoir de tes nouvelles et de me marrer toute seule devant mon ordi en les lisant. Quand je pense à tous nos petits soucis matériels du moment, ta pensée philosophique "une femme, une maison et des marmos" m'éclate ! J'ai l'impression que tu vis des moments exceptionnels et à toi. Je te remercie de nous les faire si souvent partager. Cela fait parfois rêver du bout du monde mais les détails calment très souvent ces envies quand comme moi on aime son confort minimum. Aussi pour le fin fond de la chine, je me contenterai d'admirer tes photos à ton retour. Malgré les petits tracas quotidiens, tout va bien et notre appart prend forme. Nous approchons de la fin et ta chambre (celle des amis) est presque prête! Cela ne nous empêchera pas de décompresser ensemble où que ce soit. A très bientôt. Nous attendons de te revoir avec impatience. Gros bisous. Isa & Laurent C'est génial, je garde tous tes textes pour que tu puisses publier un livre en les illustrant de tes photos. J'adore !!! Je voyage à fond !! C'est super, je t'envie à mort, même si je sais que je ne pourrai jamais au grand jamais faire ça !! Je suis à fond avec toi !! Vivement le prochain message. Raconte tout, tout !!! Gros bisous. Gaétane & Cédric
A bientôt.
Après un séjour en mai 2002, Julien revient en France épanoui, transcendé par ce qu’il a vu en Chine. Il Décide de repartir mais pour un an et persuade des amis de venir avec lui. Au début 7 étaient delà partie, pour finir à deux. Novembre 2002 grand départ et quinze jours après, je reçois ce mail qui s’intitule : La Chine en direct.
Salut chris, on est donc bien arrivé en chine, l'avion ne s'est pas écrasé ces l'essentiel, et aujourd'hui je vais me lancer dans un petit résumé de la situation. Donc on est arrivé maintenant depuis deux semaines, sur mon visage un sacré smille de retrouver l'air pollue de Shanghai, respirer à pleins poumons les dioxines chargées me remplit de joie. La Chine c'est avant toutes les odeurs, et à peine passé le portique de l'aéroport, j'avais l'impression de retrouver des vieux chaussons usés mais confortables... des chinois partout évidement, j'ai été trop heureux de voir que je captais un peu ce qui se racontait, un mot sur dix, mais c'est déjà pas mal. Les Chinois me disent sans arrêt que je m'en sors plutôt bien... je sais que ce n'est pas le cas, mais ça fait toujours plaisir de l'entendre : On prend une espèce de van pour regagner notre appartement, mon pote (Jean Charles) sur place est venu nous chercher, et déjà je mangeais du regard tout ce qui me tombait sous les yeux... je reconnais tout ici, les immeubles ravagés, les panneaux de pub partout, les voitures qui filent dans tous les sens, et les vélos... les vélos en veux-tu en voila, certains dont on se demande comment ils font encore pour avancer, la chaîne rouillée et les guidons en vrac, les portes bagages chargés à mort, des vélos à la Chinoise quoi... on arrive à notre appart, l'appart est autant en vrac que les vélos, ceci dit plutôt bien pour un appart chinois... mieux que celui de mon pote par exemple, tout était Un peu crade, voire carrément, mais à coté de ça on a du parquet dans toutes les chambres, une salle de bains raisonnable après nettoyage, et une cuisine presque convenable... on a donc passé nos premiers instants à nettoyer, voire un bon nombre d'heures, on vient d'ailleurs juste de terminer, faut dire qu'on a pris notre temps, rien que le frigo par exemple, je dois y avoir passe 6 heures de nettoyage, et je ne te parle pas des placards de la cuisine, tu rajoutes une heure pour chacun et tu es encore loin du compte... on a aussi fait un nombre pas croyable d'aller retour à carrefour, deux a trois fois par jours au moins, il a fallu tout acheter, et quand je dis tout, c'est tout, tout sauf les fringues que j'avais amenés... j'ai acheté deux oreillers, et une housse de couette, et un matelas vu que j'ai dormi les deux premières nuits sur le parquet avec ma couette, c'est aussi ça la chine, des matelas en béton : La première nuit c'est passé nickel, la deuxième j'ai eu un mal de dos de l'autre monde, du coup je suis retourné à carrouf me faire péter un matelas, un deux places, et mou, ce qui est carrément rare ici, tu verrais le lit à mon colloc, c'est des ressorts entre deux planches en bois... théoriquement on devrait finir de s'installer d'ici un ou deux jours, vivement qu'on se sente un peu chez nous... à part ça, que dire... on va tous les soirs manger au resto du père à dondon, la femme de mon pote qui vit ici, il refuse une fois sur deux de nous faire payer, c'est super gênant, du coup je lui ai dit que si je payais pas je ne reviendrais plus, il a sourit et il a prit mes 10 balles, j'y retourne demain, c'est bœuf au curry : moi je fais que parler aux gens, ça me fait trop plaisir, pour l'instant je ne progresse pas des masses vu que j'ai plutôt tendance à me reposer sur mes acquis, mais c'est déjà ça, je pensais rien savoir en chinois, mais quand je vois comment se débrouillent les autres, je me dis que je m'en sors pas mal... sinon, je passe pour un extra terrestre avec mes rollers, les gens arrêtent pas de me poser des questions, que je ne comprends pas, mais c'est pas grave, je communique c'est l'essentiel. c'est un plaisir de se balader dans les rues, tout le monde est en vélo c'est super agréable, je retrouve les sensations qui me manquaient, à savoir le cœur léger et le plaisir de la découverte : donc pas de problèmes pour le moment, sauf que dixit mon pote chinois, ça risque d'être un peu galère pour refaire les visas, je ne sais pas encore comment je vais faire, mais on va essayer de trouver une solution, visiblement il faut aller à HongKong ou je ne sais pas quoi, mais ça parait pas aussi simple qu'on le pensait... enfin... on verra bien... on va aussi se faire masser assez souvent, y'a rien de mieux pour apprendre à communiquer, et c'est super bon pour mon dos en morceaux : Sinon quoi d'autre, ici au pays des tangbao, des oeufs au vinaigre et des nouilles transparentes, pas grand chose, mais la vie suit son cours, je passe toujours quelques heures par jour au cybercafé, à tchatcher sur micro avec les Français restes à Nice, à boire du thé au citron, manger des soupes devant mon pc et écrire quelques mails... hier je me suis couché à 20h, j’étais trop crevé va savoir pourquoi... à minuit j’avais les yeux tellement ouverts que je n'ai pas réussi à les refermer, je me suis tourné et retourné dans mon lit pendant trois bonnes heures, et à 3h du mat, j'en ai eu marre, je suis sorti en catimini sans réveiller les copains, en mettant mes chaussures sans faire un bruit : après je suis sorti un peu, je suis allé discuter sur micro de 3h à 6h du mat, puis à 6h je suis allé manger des raviolis dans la rue, dans un quartier carrément à l'arrache, y avait plein de chinois qui me mataient mais j’étais content, la chine s'éveillait et j'ai mangé ça au bord de la rue, puis j'ai marche, et marche, pendant au moins 4h... c’était trop bon, j���ai vu des trucs que je n’avais jamais vu, des quartiers à l’abandon que tu imagines même pas, les trottoirs en vrac, c'est un signe caractéristique ici : J'ai donc marché, tellement que je me suis perdu, même avec la carte je ne reconnaissais rien, et quand enfin j'ai réussi à voir ou j'étais, je me suis rendu compte que j’étais revenu à 10m de la maison, mais impossible de reconnaître la rue, c'était hallucinant, je regarde ma carte, et je vois que je suis à coté de chez moi sans m'en rendre compte, ça fait bizarre, les rues se ressemblent mais tu peux passer trois fois au même endroit en ayant l'impression d'être à l'autre bout de la ville... toujours est-il j'ai marché des heures et je n'ai même pas exploré un centième de la ville, c'est encore plus immense que ce que je n'imaginais, la plus petite des rues est plus longue que jean Médecin, à l'aise... je suis rentré à la maison crevé comme un ravioli sans son jus, j'ai regardé le soleil se lever, puis je suis remonté à mon 12ième étage, les autres venaient de se lever et partaient pour l'ambassade, moi je me suis couché... voila en gros, ça c'était pour la petite tranche de vie... sinon pour le voyage en chine, je ne sais pas vraiment si c'est possible de s'en sortir sans parler chinois, en ville mes potes s'en sortent avec un dico et beaucoup de mime, mais je sais pas ce que ça peut donner à l'extérieur ou les gens doivent encore moins parler anglais, et moins qu'ici autant dire que c'est quasiment rien...mais je vais me renseigner et je te dirais ça, en tout cas je m'en sors en chinois, et c'est une belle victoire sur mes années précédentes d'inactivité... bon, je vais aller me chercher une soupe moi, et me finir devant un petit film en chinois... je te redonne des nouvelles dès que tu me réponds, à++ amigo à très bientôt julien dit "Ross le jaune" :
L’arrivée.
L’avion se pose et mes amis ne sont pas à l’aéroport. Je profite des derniers panneaux en anglais avant de rejoindre la ville en le bus. Comment déchiffrer hôtel en idéogramme, premier défi de ces 03 mois de périple, je laisse faire le hasard, enfin le rabatteur qui a su voir en moi un billet vert égaré. Avec mon translate de phrase toutes faites et ma calculette, je me retrouve dans un bel établissement qui met à mal mon budget voyage, mais l’épuisement à raison de moi. Ne me déplaise en déchirant ce brouillard au couteau, j’ai le droit à une magnifique vue sur le centre de la mégapole chinoise. Je redescends de suite avec ma première phrase en chinois : « wo hiao diannao » (je veux un ordinateur), pour annoncer mon arrivé à bon port, ensuite je retourne profiter du luxe de ma chambre avec un bain pour me délasser et dégourdir mes membres restés statiques aussi longtemps. La nuit tombe et je parcours ce vieux quartier au tour de l’hôtel, au milieu des gratte-ciel, ces maisons d’un autre temps ou ces immeubles d’un futur accéléré par ces dirigeants qui font de cette ville un anachronisme permanent. Je déambule laissant traîner mon regard attiré par ces halots de lumière à travers les fenêtres, les portes entrebâillées, autour d’un poêle à même le sol. Je salive déjà en regardant ces plats de pâtes préparés à la minute, m’attabler auprès d’eux pour pouvoir déjà déguster cette denrée rare qu’est le temps, mais pour une sécurité gastrique je me rabats vers un restaurant à l’enseigne bien lumineuse et remplie de monde, ne sachant même pas retrouver le signe désignant bœuf et riz, je me laisse aller pour ce qu’on veux bien me servir : une soupière avec des cubes de je ne sais quoi qui ressemble à de la guimauve et une bière pour faire descendre tout cela…
Welcome la Chine.
Voila déjà 3 jours que je suis arrivé. Tout va pour le mieux et je viens de rejoindre Julien et Michel, chez qui je peux loger. Cela me permet de voir venir les choses et de pouvoir m'acclimater doucement. Que puis-je vous dire commencer, comment vous décrire cet environnement, cette nouvelle vie qui démarre pour moi. Le contraste, voilà ce qui vous frappe en premier: ces immeubles, que dis-je ces tours au milieu de ces quartiers usés (il y a 20000 chantiers perpétuels dans la ville) cette mode occidentale qui envahie-le quotidien et se mélange à la culture ancestrale. Le savoir-vivre qu’ils n’ont pas, on vous bouscule, on vous double dans les files d’attente, dans l’avion à peine les roues posées ils sont tous debout, obliger de les faire rasseoir, dans la rue ça klaxonne à tout va et malgré tout cela il n’y a pas de bagarre. Ces méga stores qui ne font même pas concurrence aux petites échoppes. Le prix des hôtels 40euros en moyenne et le prix d’un repas dans la rue, qui varie entre 30 centimes et 1 euro, (d’ailleurs il y a les prix pour les Chinois, pour les touristes et les Japonais leurs ennemies de toujours), le Macdonald s'est 2, 5 euros, c’est cher pour eux. Il y a toujours un gardien jour & nuit dans chaque immeuble et il y a aussi un liftier dans chaque ascenseur jour & nuit, (la nuit il dort par terre et vous n'osez pas le réveiller pour appuyer sur le bouton), malgré tout cela il y a encore du chômage. J’ai trouvé une salle informatique avec 500 bécanes, je ne vous dis pas pour déchiffrer ce qu’il y a sur l'écran. En arrivant, j'ai déjà joué à Counter Strike (il y a des choses universels maintenant) et la pollution atmosphérique qui recouvre continuellement la ville d un épais brouillard. C’est inimaginable la vie sur cette planète... Je me crois encore dans un rêve, mal réveillé. Mais la réalité me rattrape vite quand vient-le moment de communiquer. Pour cela je me débrouille, je montre un point sur une carte, je présente une phrase toute faite déjà écrit sur mon phrase book et pour manger, je montre du doigt ou je cherche l'idéogramme qui veut dire bœuf, comme cela je ne prends pas de risque. Le plus dur va bientôt arriver, déchiffrer une destination sur les murs de la gare pour pouvoir prendre un billet de transport car il ne parle pas du tout anglais. Enfin en dehors de ces problèmes, j'espère pouvoir aller ou je veux… Semaine ordinaire sur la mégapole.
La pluie tombe sur la mégapole depuis quelques jours, c’est marrant comme toutes les capitales du monde se ressemblent sous la grisaille. Les tours de béton se mélangent au ciel, tout devient monotone et la vie prend un autre rythme. Le mien s'écoule comme celui de Julien et Michel. On se couche vers 4, 5 heures du matin pour ce lever vers 13 heures et on part en ville à la découverte de nouveaux quartiers à explorer. Jeudi nous sommes allés en banlieue shanghaillaise, à CAP 10000, un entrepôt qui abrite 10000 boutiques de fringues à des prix défiant toutes concurrence, j'en connais plus d'une qui serait heureuse. Je m'attarde dans le rayon des cuirs, ou je commence une séance d’essayage et la foule commence à s'agglutiner, car un blanc (occidental) de 1 m 93 dans une veste taille M, il y a de quoi faire rire. Je trouve mon bonheur, une gabardine en cuir du style le Rebel et les négociations débutent, après quelques minutes et 2 échantillons de parfum nous tombons sur un prix: 600 yuans (60 euros. J'ai le sentiment de m’être fait rouler, mais après renseignement on m’a dit que je m’en sortais bien. Nous sommes allés au cinéma voir HERO avec jet li en VO, heureusement qu’il y avait la femme d’un ami qui a pu nous traduire, car on aurait rien compris au film. Il faut que je vous dise aussi, une fois que vous avez goûtée aux salles chinoises, plus jamais vous ne pourrez vous en passer. Il y a les places ordinaires, comme partout. Mais pour 35 yuans vous avez le droit à un canapé 2 places avec une petite tablette, le pied ! . Malheureusement les sonneries de portable viennent gâcher le film car ils sonnent sans cesse dans la salle. Pour vous dire aussi, que les critères de sélection pour un poste de travail se font sur votre portable. Alors ils ont tous le dernier cri, ils sont fous ces chinois ! . Beaucoup de question comme celle ci reste sans réponse. La prostitution est interdite, alors pourquoi y a t'il autant de salon de coiffure? . Comment font-ils pour pouvoir se payer des voitures a 20000 euros? . Qui finance tous ces travaux dans la ville? . Pourquoi, y a t’il autant de prix qui diffère en fonction des gens? . Enfin !, cela ne nous empêche pas de vivre, et nous prenons le temps de savourer notre quotidien. J’ai quelquefois l'impression d'être arrivé-il y a une éternité, tant chaque regard, chaque moment reste à apprendre. Il y avait aussi hier soir une superstition, qui empêchait les filles de sortir la nuit à cause du mauvais esprit qui rodait, ils sont fous ces chinois ! Malgré la grisaille du jour, La nuit, la ville devient électrique les voies rapides sont couvertes de néons noirs, les immeubles multicolores, certaines rues brillent de milles feux et nous, nous déambulons, en taxi, en métro, à travers cette palette de peintre futuriste. Nous sommes allés en discothèque. Une usine recouverte d écran plasma et de spot-light. Les hommes en uniforme policier, reste vigilant au bon déroulement de la soirée, pas de collé serré, pas d’exhibition. Ils sont les derniers garants de l’esprit communiste. Techno à fond, on vous remplie le seau à champagne de cannettes de bière ou autres boissons aseptisées. Entrée gratuite pour les filles avant 9h30pm et à 2 heures du mat tout le monde dehors, ils sont fous ces chinois ! … 13000000 de chinois et moi et moi et moi…
Salut à vous, j espère que vous avez passe un bon réveillon de Noël et que vous avez été recouvert de cadeaux. Ici tout va bien, une vague de froid est venu recouvrir la ville et Noël s’est bien passé. Nous sommes allés dans un restaurant avec Jean Charles (un ami de Julien et Michel qui s’est installé ici), sa femme chinoise, leur petite fille, ses beaux-parents et nous. Pour l’occasion nous nous sommes bien habillés pour faire classe, on avait même les cigares made in China pour frimer jusqu’au bout. Comme nous avions réservé et qu’il n’y avait plus de place, ils ont viré des gens pour que l’on ait notre table. Le fait d’être blanc arrange pas mal de chose ici mais parfois ça peut être le contraire aussi. Nous avons mangé pour 15 euros ou tout était à volonté, mais nous sommes restés très traditionnels, roast-beefs et frites pour nous, la famille a mangé des fruits de mer. A 11h00 pm, nous sommes rentrés chez Jean Charles pour ouvrir une bouteille de champagne (qu’ils ont bu cul sec), ensuite il s’est déguisé en père Noël et nous nous sommes offerts quelques cadeaux, mais les parents de dondon (la femme de Jean Charles) ne comprennent pas grand chose car cette fête n’est pas ancrée dans leurs mœurs, même le Nouvel an chrétien; la fête la plus importante reste le nouvel an chinois qui se déroule début février cette année. J’ai profité de l’occasion pour offrir un lecteur DVD dernier cri à Julien et Michel pour les remercier de m’avoir héberger ces derniers jours, car ici cela ne vaut rien (60 euros). On en a profité pour acheter des DVD et pour vous rendre jaloux: Pour 100 yuans on en a 10 ce n’est pas la peine de s’en priver ou de les louer. J’ai "le seigneur des anneaux 02" en screener (film copié au cinéma sur camera vidéo de mauvaise qualité), j’ai "la chute du faucon noir" en VF, "spy games" et plein d’autre. On a vu aussi "Amélie Poulain 2" et oui ! Mais c est juste "un battement d aile de papillon" avec Audrey Tatou et Faudel qu’ils prennent pour la suite d’Amélie. Je dois vous raconter aussi cette dernière anecdote. Hier après midi nous sommes sortis dans la grande rue touristique et nous nous sommes arrêtés pour prendre un café dans un établissement fashion ou ça coûte plus cher que chez nous, à coté de nous 2 chinoises, le portable et la Heineken sur la table, la clope à la bouche (ce qui est rare ici) et pour passer le temps elles font du canevas, elles sont folles ces chinoises. Sinon la vie s écoule toujours paisiblement dans l’appartement. Une barre d’immeuble terni par la pollution parmi les autres qui longent une voie rapide dans le Nord-est de la ville. Leur appartement se situe au 12ème étage avec vue sur le centre ville et les tours de Pudong. Il y a un gardien et un liftier 24 heures sur 24, mais comme l’immeuble est fermé la nuit, il faut réveiller le gardien et remplir une main courant, ensuite si on veut prendre l’ascenseur il faut réveiller le liftier qui dort sur une planche entre deux chaise pour appuyer sur le bouton, alors nous, tous les soirs on se fait les 12 étages à pied pour le laisser dormir. Leur logement doit avoir une superficie de 90 m2, divise en 4 pièces avec terrasses couvertes, il y a du parquet dans toutes les pièces, équipé cuisine et de climatiseurs (ce qui est un luxe ici), car les amplitudes thermiques sont énormes ici, mais tout le monde ne vit pas dans le même luxe, les Chinois préfèrent vivre dans des appartements sans papier peint laissant le béton brut même sur le sol et faire des économies pour pouvoir consommer comme tout bon citoyen du monde moderne… Moi, j'aime lorsque le jour se lève sur la capitale et que la ville se transforme en fourmilière humaine, je regarde les gens aller et venir à travers la vitre de ma chambre enroulé dans mon duvet avec le froid qui vous garde éveiller, je résiste car je n’ai pas envie de m'endormir, je veux profiter de tout ce temps qui m’est offert et qui glisse trop vite entre les mains. J’ai envie de plein de chose et je ne suis même pas arrive à faire ce que je voulais, c est à dire apprendre un maximum de vocabulaire et savoir lire quelques idéogrammes, mais la hantise l'a emporté et dehors on se repose souvent sur Julien qui se débrouille très bien. On va aussi au supermarché Carrefour (hé, oui !) Pour nous les prix nous semblent corrects mais pour eux c’est un luxe que de venir ici. Ici où les rayons changent de place trois fois par semaine et il y a un responsable pour deux étagères, on ne peut avoir aucun repère. Sur les étalages de vin chinois (piquette) on y trouve des bouteilles de vin français vachement chère et le prix du café à diminuer d’un tiers en une semaine (tant mieux). Le plus intrigant c’est à la poissonnerie, il a bien sur l’éternel étalage de glace avec ses filets tout prêt, il y a aussi des aquariums avec tout sorte de poissons, étrilles, crevettes vivantes et il a des tortues d'eau et des limules, je ne savais pas que ça pouvait se manger, déjà il y a quelque temps je croyais que ça n existait que sur les bouquins d'histoire. Ce soir on est sorti dans un endroit ou aucun occidentaux n’étaient venu auparavant, comme quoi il y a encore des lieux à découvrir un peu partout sur cette planète. Une discothèque avec une piste de roller en parquet, salle d’arcade et piste de danse qui se transforme en karaoké avant 22 heures. On a refait le remake de la boum où on s'est éclaté (moi plus sur les rambardes), c’est marrant car tout le monde faisait de grand écart en me dépassant. Voilà les nouvelles, j’attends le prolongement de visa que j’ai fait aujourd’hui pour pouvoir rester jusqu’en mars et après direction Pékin. Je vous souhaite à tous un bon réveillon du nouvel an et plein de bonne chose...
Promenade pékinoise.
Ici tout va bien le réveillon s’est bien passé, nous sommes retournés au même resto brésilien pour nous empiffrer à nouveau. Après, direction la discothèque pour le passage de la nouvelle année. Ce qui était marrant ce soir, c'était à minuit. 5, 4, 3, 2, 1, OUAIH et basta ! Car pour eux cela ne représente rien de particulier. Mais on a bien rigolé quand même. Je suis devenu un night-cluber plutôt qu'autre chose ces derniers jours. Le 03, nous avons invité des amis chinois pour faire un repas français, filet de bœuf, pommes de terre sautée et nous avons profité pour ouvrir la bouteille de bordeaux St Estephe 1997 et la bouteille de champagne, dernière sensation de France… Je suis arrivé dans la capitale chinoise, Pékin par excellence. Je suis descendu du train lundi matin ou il y faisait une chaleur à mourir, moi qui m’imaginais les trains indiens sans fenêtres et leurs couchettes en dur. Ce matin le ciel est bleu sur la capitale, la pollution n'a pas encore pointé le bout de son nez, le soleil donnait tout ce qu'il pouvait et la température extérieure était de 15 degrés Celsius...en dessous de zéro. Malgré cela j'ai ce sourire niais en descendant du wagon. Je repense à cette carte du monde que l'on vous déploie devant vos yeux à l'école primaire ou on vous demandait d'apprendre des noms de ville par cœur et de les restituer par la suite. J'y suis sur l'un d'eux, j'étais heureux tout simplement. Dans le train j'ai rencontré une personne qui parlait anglais. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut au bout du monde quelqu'un qui parle anglais. C'était une prof de philosophie, ne sachant pas ou loger sur Pékin, elle m'a proposé de la suivre à l'université ou je loge actuellement, je suis dans le dortoir des filles (non je déconne), il y a une guesthouse pour les profs de passage et j'ai pu avoir une chambre tout simplement. Pour commencer, je suis allé sur la place Tienanmen, lieu important pour son histoire et pressé de pouvoir la contempler du regard. Impressionnant, comme à la Havane et sa place José Marty ou eu lieu le grand discours Castriste avec le Ché et Sanfuego. Il y a quelque chose qu’y règne en ces lieux, je ne sais pas quoi, de l'émotion pour commencer, je repensais à tous les évènements qui s’y étaient produits, surtout cette image de ce chinois dresse devant cette colonne de chars, savoir qu'à cet instant il avait fois en ce qu'il pensait même si cela lui à coûter la vie par la suite. Je suis allé faire un tour au musée qui raconte l'histoire de la Chine, en fait ce n'est qu’un grand syndicat d'initiative multiculturel et multicouleur. Hier j'ai visité le Mausolée de Mao s'est tout, euh !, Mao Zedond, pareil, tel nos Invalides à nous avec Napoléon. Vous faites la queue pour traverser 2 pièces en 1 minute chrono, j'admirai ces paysans venus de loin pour cet instant unique, concrétiser du regard tout le symbole d'une vie, je suis resté là à les contempler tellement leurs regards en disaient long, ils se faisaient prendre en photo devant la grande bâtisse, pour marquer à jamais leur pèlerinage, ensuite je suis allé visiter la cité interdite, pareille, quelle magnificence cet endroit, je repensais aux films qui se mélange dans ma tête entre : Le dernier empereur, Kundum et little Buddha. Enfin le rêve était là, au bout du regard. Après je me suis promené dans les parcs adjacents et je regardais les gens patinés sur le lac. Journée logistique car cela faisait 2 jours que je cherchais une salle réseau et un billet d’avion pour Kashi à l'ouest de la chine à la frontière avec le Tadjikistan, car dimanche il y a un grand marché annuel et cela me permettra d’attaquer la route de la soie et fouler du pied le désert du Takla-makan… La visite de la capitale Chinoise continue. Summer palace, résidence d'été des empereurs ou j’ai pu traverser à pied le lac, qui était recouvert d’une énorme épaisseur de glace. Un chinois m’a demandé un stylo, je lui passe le mien et ce met à le graver. Ils se font vraiment de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ensuite je suis allé faire un tour au zoo, qui est très grand. J’ai pu enfin voir un panda, et plein d autres espèces d’animaux que je n’avais jamais pu observer auparavant. Vous allez me dire que la Chine n’est pas capitaliste, mais ils ont une drôle de façon de voir la vie. Chaque fois que vous voulez avancer pour voir des choses de plus en plus intéressantes, ils vous font rajouter quelques yuans. Ils ne perdent pas le nord ces gens là. La grande muraille, j'en ai parcouru 1, 5 km sur les quelques 7000 km qu’elle comprend, mais j'étais très déçu. Je m'imaginais autre chose, nous sommes allés voir les tombeaux de la dynastie Ming et pareille rien de fabuleux. Il y avait une parti fermée à cause de l'influence touristique qui détériore le site. Par contre pour vous faire dépenser de la devise, ils savent faire : L'usine de jade, de poterie et le centre de médecine chinoise ouvert depuis peu, for everybody. Vous avez le droit à une consultation gratuite. On vous touche l'avant bras, on vous scrute les yeux et on tire la langue. Pour moi, on m'a conseillé de prendre les pilules numéro 03 pour enlever les toxines de l’alcool, pour perdre du poids et me sentir moins fatigué, connerie ! . Ils savent vraiment faire du pognon avec n’importe quoi. Même si ce n'est pas du capitaliste, c’en est un chemin parallèle... J’avoue depuis que je suis sur la capitale, je suis allé de temps en temps chez Mac donald. Je suis impardonnable. Car mes repas chinois ne sont pas très équilibrés, je ne sais dire que nioro (bœuf) et mifan (riz). Demain je ne sais de ce qu'il sera fait. En tout cas je ne suis pas malade et j'en suis bien aise… Promenade pékinoise.
Ici tout va bien le réveillon s’est bien passé, nous sommes retournés au même resto brésilien pour nous empiffrer à nouveau. Après, direction la discothèque pour le passage de la nouvelle année. Ce qui était marrant ce soir, c'était à minuit. 5, 4, 3, 2, 1, OUAIH et basta ! Car pour eux cela ne représente rien de particulier. Mais on a bien rigolé quand même. Je suis devenu un night-cluber plutôt qu'autre chose ces derniers jours. Le 03, nous avons invité des amis chinois pour faire un repas français, filet de bœuf, pommes de terre sautée et nous avons profité pour ouvrir la bouteille de bordeaux St Estephe 1997 et la bouteille de champagne, dernière sensation de France… Je suis arrivé dans la capitale chinoise, Pékin par excellence. Je suis descendu du train lundi matin ou il y faisait une chaleur à mourir, moi qui m’imaginais les trains indiens sans fenêtres et leurs couchettes en dur. Ce matin le ciel est bleu sur la capitale, la pollution n'a pas encore pointé le bout de son nez, le soleil donnait tout ce qu'il pouvait et la température extérieure était de 15 degrés Celsius...en dessous de zéro. Malgré cela j'ai ce sourire niais en descendant du wagon. Je repense à cette carte du monde que l'on vous déploie devant vos yeux à l'école primaire ou on vous demandait d'apprendre des noms de ville par cœur et de les restituer par la suite. J'y suis sur l'un d'eux, j'étais heureux tout simplement. Dans le train j'ai rencontré une personne qui parlait anglais. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut au bout du monde quelqu'un qui parle anglais. C'était une prof de philosophie, ne sachant pas ou loger sur Pékin, elle m'a proposé de la suivre à l'université ou je loge actuellement, je suis dans le dortoir des filles (non je déconne), il y a une guesthouse pour les profs de passage et j'ai pu avoir une chambre tout simplement. Pour commencer, je suis allé sur la place Tienanmen, lieu important pour son histoire et pressé de pouvoir la contempler du regard. Impressionnant, comme à la Havane et sa place José Marty ou eu lieu le grand discours Castriste avec le Ché et Sanfuego. Il y a quelque chose qu’y règne en ces lieux, je ne sais pas quoi, de l'émotion pour commencer, je repensais à tous les évènements qui s’y étaient produits, surtout cette image de ce chinois dresse devant cette colonne de chars, savoir qu'à cet instant il avait fois en ce qu'il pensait même si cela lui à coûter la vie par la suite. Je suis allé faire un tour au musée qui raconte l'histoire de la Chine, en fait ce n'est qu’un grand syndicat d'initiative multiculturel et multicouleur. Hier j'ai visité le Mausolée de Mao s'est tout, euh !, Mao Zedond, pareil, tel nos Invalides à nous avec Napoléon. Vous faites la queue pour traverser 2 pièces en 1 minute chrono, j'admirai ces paysans venus de loin pour cet instant unique, concrétiser du regard tout le symbole d'une vie, je suis resté là à les contempler tellement leurs regards en disaient long, ils se faisaient prendre en photo devant la grande bâtisse, pour marquer à jamais leur pèlerinage, ensuite je suis allé visiter la cité interdite, pareille, quelle magnificence cet endroit, je repensais aux films qui se mélange dans ma tête entre : Le dernier empereur, Kundum et little Buddha. Enfin le rêve était là, au bout du regard. Après je me suis promené dans les parcs adjacents et je regardais les gens patinés sur le lac. Journée logistique car cela faisait 2 jours que je cherchais une salle réseau et un billet d’avion pour Kashi à l'ouest de la chine à la frontière avec le Tadjikistan, car dimanche il y a un grand marché annuel et cela me permettra d’attaquer la route de la soie et fouler du pied le désert du Takla-makan… La visite de la capitale Chinoise continue. Summer palace, résidence d'été des empereurs ou j’ai pu traverser à pied le lac, qui était recouvert d’une énorme épaisseur de glace. Un chinois m’a demandé un stylo, je lui passe le mien et ce met à le graver. Ils se font vraiment de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ensuite je suis allé faire un tour au zoo, qui est très grand. J’ai pu enfin voir un panda, et plein d autres espèces d’animaux que je n’avais jamais pu observer auparavant. Vous allez me dire que la Chine n’est pas capitaliste, mais ils ont une drôle de façon de voir la vie. Chaque fois que vous voulez avancer pour voir des choses de plus en plus intéressantes, ils vous font rajouter quelques yuans. Ils ne perdent pas le nord ces gens là. La grande muraille, j'en ai parcouru 1, 5 km sur les quelques 7000 km qu’elle comprend, mais j'étais très déçu. Je m'imaginais autre chose, nous sommes allés voir les tombeaux de la dynastie Ming et pareille rien de fabuleux. Il y avait une parti fermée à cause de l'influence touristique qui détériore le site. Par contre pour vous faire dépenser de la devise, ils savent faire : L'usine de jade, de poterie et le centre de médecine chinoise ouvert depuis peu, for everybody. Vous avez le droit à une consultation gratuite. On vous touche l'avant bras, on vous scrute les yeux et on tire la langue. Pour moi, on m'a conseillé de prendre les pilules numéro 03 pour enlever les toxines de l’alcool, pour perdre du poids et me sentir moins fatigué, connerie ! . Ils savent vraiment faire du pognon avec n’importe quoi. Même si ce n'est pas du capitaliste, c’en est un chemin parallèle... J’avoue depuis que je suis sur la capitale, je suis allé de temps en temps chez Mac donald. Je suis impardonnable. Car mes repas chinois ne sont pas très équilibrés, je ne sais dire que nioro (bœuf) et mifan (riz). Demain je ne sais de ce qu'il sera fait. En tout cas je ne suis pas malade et j'en suis bien aise…
Ballade en pays Ouighours
Je suis à l'ouest de la Chine à la frontière Tadjik, Ouzbek et Kirghiz, légèrement au-dessus, l'Afghanistan, au nord du Cachemire et je suis vivant. Je ne faisais pas le fier dans l'aérogare à Urumqi, avec 6 heures d'attente pour le vol de Kashi, le fait d'arriver à 22 heures n'arrangeait pas les choses, je ne savais rien sur cette destination, je ne savais pas ou j'allais pouvoir me poser, je savais juste qu’aujourd’hui il y avait le plus grand marché d’Asie centrale. J'avais le cerveau qui travaillait pas mal, du à un mauvais rêve réalisé quelques jours auparavant. L'impression de devenir dingue ici car personne ne te comprend, ils parlent une langue que tu ne connais pas et tu te réfugies dans un monologue devant le miroir de l’hôtel. Pour passer le temps, je me suis assis dans un bar ou pour 20 yuans on vous sert une tasse de thé que l'on vous remplit d'eau chaude tous les 10 minutes, à la fin cela devient plus de l'eau aromatisée, j’ai bien du boire mon litre dans l'attente. Je me suis mis sérieusement à apprendre le mandarin, qui ne me sert à rien, car ici, on parle le Ouighours (langage d’origine turc), ils ont un alphabet arabique, certainement l’un des plus vieux de notre planète… L'angoisse est revenue au moment ou l'avion à poser son train d’atterrissage malgré le fait qu'un petit mongol me parle en anglais et des sourires partagés, pour me rassurer, je laissais confiance au hasard, car j'ai lu une fois quelque par ce dicton qui disait: "Le hasard est le moyen que s est donné Dieu pour voyager sur terre" et j'espérai qu'il serait exceptionnellement là aujourd’hui. Dans l'attente des bagages, il y avait une dame d'un certain age néo-zélandaise qui était seule et direct je vais l'accoster pour savoir si elle connaissait un hôtel, elle me répond positivement et qu'un guide venait la chercher, ouf ! Déjà un souci de moins. A l’hôtel je fais l'avare et l’on me propose une chambre à partager pour 40 yuans, je tombe sur une autre étrangère : Valérie qui refuse de céder, donc pas de problème on me trouve une autre chambre. Valérie 55 ans, mentonaise d'origine, seule, une GI (géographiquement instable) qui voyage depuis 4 mois à travers l'Asie centrale et qui bourlingue à travers le monde depuis 30 ans, une SDF de luxe, heureux était cet instant de pouvoir parler français. On bavarda une bonne partie de la nuit de voyage, de géographie et des dernières nouvelles du monde. J'en ai profité pour ouvrir une mignonnette de rhum que ma cousine m’a offert avant de partir. Il n’y avait pas meilleur moment pour en ouvrir une... Je me retourne dans mon lit, je vois qu'il faisait encore noir dehors, super !, je pouvais traîner encore au lit, le réveil sonne quelques instants après, il est 09 heures du mat, j'oubliais qu'il vivait à l'heure de Pékin qui se situe à 3 fuseaux horaires d'ici. Le jour se lève donc à 10h30 officiellement, il n'est que 08h30 à leur montre. Donc pour visiter la ville, je me suis joint à la Néo-zélandaise rencontrée la veille et son guide pour découvrir les merveilles d’Asie. Nous arrivons autour d’un grand foirail. Une fois encore je m’imagine dans cette machine à remonter le temps, 80 ans en arrière, dans le centre de la France, l’Auvergne et ses régions alentour ou se tenaient de grandes foires aux bestiaux. Il est très tôt et la vie s’active doucement. On découpe les moutons au bord de la route pour préparer les samosas et autres plats. On allume les fourneaux de terre cuite qui vont recevoir ces vasques énormes ou l'on va cuire le riz auquel on va additionner des oignons et quelques épices. Des gars font de grands gestes pour allonger de la pâte qui se transformera en spaghetti. Des feux prennent vie à droite et à gauche pour relever la température qui avoisine les -15. Tout le monde nous regarde, on ne s'échange quelques sourires, car je me sens tel un muet au royaume des sourds. Il y en a un, qui nous demande si nous sommes mariés, un autre veut échanger ses bottes en peau contre mes chaussures de marche, l'ambiance est bonne enfant. Après nous retournons en ville au grand bazar. Il y a environ 100000 personnes qui déboulent dans les artères de la ville pour ce jour sacré. Toutes les ethnies sont représentées, chinois, mongol, ouzbek, tadjik, kazakhs, tibétain, etc... Chaque visage a tant à raconter. Ce qui m'éclate le plus, ce sont ces vieux le visage marqué par la rudesse du temps avec leur grande barbe blanche, comme dans le film Himalaya. Tout le monde porte la chapka qui est signe de richesse et chacun ethnie a la sienne. Ici on vient vendre sa production de fruits, de légumes, il y a tout et n importe quoi, tout est bien réparti par secteur. A l'entrée c’est le bois, juste derrière chiens et chats qui viennent juste de naître. Sous les bâches, d’un coté ce sont les vêtements en peau de l'autre les pièces de moto. Sur les étalages de médecine on trouve des bocaux de différentes herbes, accroché à la devanture crâne de bélier, serpents et lézards séchés, médecine locale quoi. J'ai eu beau demandé des explications, mais rien ne m'a été dit. Ils prennent le temps de se faire couper les cheveux au bord de la route à coup de rasoir à main (made in local bien sur), de s'arrêter pour manger à de grandes tables qui font face au fourneau. Je les imagine raconter leurs petites histoires, discuter politique et regarder les filles. Leur vie quotidienne est extraordinaire à mes yeux. Dans l'après midi je retourne seul au marché à bestiaux. Je prends le temps de faire des photos et on vient roder autour de la boite à image, peut être qu'il me prendra en photo ce grand gaillard. Aujourd’hui il y avait 3 chameaux à vendre, on tond les moutons à la cisaille pour qu il soit plus beau, les jeunes montent les chevaux pour les exhiber. Les négociations se font au creux de l’oreille et j'en profite pour acheter un couteau local... J'en ai pris plein les yeux et ce fut une journée somptueuse. Il est 20h00, le soleil est encore là et l’appel de l'estomac se fait sentir... Petite anecdote, j'ai voulu payer avec des pièces chinoises avec lesquelles je faisais mes achats dans les capitales et celles-ci m'ont été refusées, parce qu'ici on ne règle qu'avec des billets, il y en a même de 1/100 d’yuans équivalent à 0, 0012 cts d'euro, incroyable non ! . Petite question: pourquoi n'y a t'il pas de pièce dans les pays pauvres? (réponse un peu plus loin). Lundi, je pars découvrir la vielle ville qui se dresse autour de la mosquée Idkah, ici l'islam est la religion dominante. Je me balade dans les rues et découvre le quartier Ouighour. Je regarde la vie s'écoulé. Les cordonniers sont alignés dos au soleil et s'affèrent à leur besogne. Les bouchers s'exercent sur leur billot à découper le mouton. Les coups de marteau résonnent à travers les ruelles pour donner forme aux futures bassines et autres ustensiles. On joue au billard le long des trottoirs, malgré le froid qui est toujours présent. J'étais loin d'imaginer que cette contrée était aussi accueillante, car ils sont très différents des chinois, qui gardent des traces du communisme sur leur visage et n'arrivent pas à afficher une simple joie. Les gens sont aimables et les sourires s'échangent facilement. On parle anglais même en dehors des hôtels, ce qui est surprennent. Les enfants m'accostent et retint cette éternel phrase: "Hello !, what's you're name". A 14 heures (midi ici), je m'explose le ventre pour 2, 5 yuans à coup de robao (raviole de mouton) et galette de céréale, une fois assis, on vous dépose la théière sur la table. Il faut respecter un petit rituel avant de boire : rincer la tasse avec un fond de thé puis le jeter dans un seau sous la table. Bien sur, c’est l'unique boisson en cette saison, on peut en consommer autant que l'on veut et c’est pareil dans tous les restaurants. Mardi: Après 4 heures de bus (de la rigolade), nous arrivons à Yarkand ville étape. Ici rien d'exceptionnel, si ce n'est la vie du peuple Ouighours replié dans leur quartier ou la vie s'écoule toujours autour d'un poêle, d'un billard. On travail, on recycle ce qui a déjà été recyclé. Qu'elle drôle de vie que la leur...
Mercredi: Bus local pour Hotan (car il y a des bus chinois plus luxueux), ici le chauffage de cabine s'est le tuyau d'échappement qui traverse le véhicule de par en par. Nous voyageons au sud du Takla-Makan désert. Au départ le long de la route, nous croisons plein de carrioles chargées, attelées à de petits ânes, tel un exode. Puis le paysage se dresse devant nous, tel un décor de cinéma. En fond d'écran se dessinent les contreforts de l'Himalaya, avec le Chogori à 8611 mètres et le Jiashuerbulumu à 8034 mètres comme sommets dominants, plateau, plaine désertique, dune enneigée. Le ruban d'asphalte se dresse tel un mètre bleu de maçonnerie tirer sur une feuille grise. Car ici tout n'est que nuance entre le ciel et la terre ; brume, poussière nous accompagne tout le trajet. Le long de celui ci apparaissent au milieu de nulle part des hameaux constitués de treillis en bois et de torchis ou l'on n'y retrouve poste de police et les contrôles ne manquent pas surtout pour la route qui bifurque sur le Tibet. Dans le bus on se sert et on regarde ce grand sec avec son bouquin à la main, on essaye de parler comme lui à travers quelques mots. Jeudi: Hotan, ville au sud du désert du Takla-Makan, selon le guide, on doit faire ses provisions pour aller plus loin. Petit cour d'histoire : Le XinJiang est une région autonome, pour moi un synonyme d'envahir mais plus soft, qui résonne mieux à l'oreille. Les Chinois sont venus ici pour se servir des ressources naturelles et mieux contrôler les pays frontaliers. Leur ville est construite autour du vieux faubourg Ouighour, à coup de préfabriqués, de béton et de néons multicolores, qui transforment la vieille ville en un ghetto sans mur, car les carrioles et les rickshaws sont interdits dans les grandes avenues sans vie (bien sur, il ne serait pas la, je ne pourrai pas communiquer avec vous en ce moment). Celle-ci s'écoule toujours autour d'une mosquée ou le bazar s'anime à coup de musique indienne et orientale qui hurlent à travers des haut-parleurs ou les membranes vivent leurs dernières heures. J'ai l'impression de parcourir un livre d'histoire sur l'ancienne Europe, tellement certain visage me semble familier et leur tenue vestimentaire me rappelle ces vieilles photos en noir et blanc que l'on garde en souvenir. Ici les paysans ont troqué leurs chapkas pour des toques turkmènes. Vendredi: aujourd'hui, nous partons à l'extérieur de la ville découvrir une silk factory ou nous rentrons comme dans moulin et ou personne ne nous interpelle. Ici règne un vacarme de tous les diables avec le bruit des métiers à tisser mécaniques, l'inspection du travail devrait venir y faire un tour histoire de réglementer tout cela. Je voyage ces derniers jours avec Valérie. Pour la définir, je dirai que sa maison c’est le monde, ses pièces préférées en ce moment, Damas (Syrie) et Kuala Lumpur (Indonésie), son luxe: ses 3 petits coussins pour agrémenter ses voyages en bus; son plaisir, quelques livres et la joie d'apprendre de nouvelle chose. Voila pour les nouvelles, les jours à venir ne vont être que déplacement de ville en ville, en début de semaine prochaine on se retrouvera en plein cœur de la chine, d'ici là ne soyez pas trop impatient et je vous souhaite à tous plein de bonne chose… Réponse de la question: parce que le métal aurait plus de valeur que la pièce elle-même, et il serait fondu pour le récupérer.
Ces jours que l’on marque d’une pierre blanche. Dimanche dernier, vous savez une de ces journées qui vous marqueront à jamais... Nous sommes au sud du Takla-makan désert, à Hotan. Cette ville est réputée pour son jade et autrefois pour ses tapis. Comme à Kachgar, le dimanche tous les villages alentour arrivent pour cette grande foire. Ici le marché envahi la route pour la journée, nous retrouvons à peu près les mêmes choses que le week-end précédent. Les tapis ont perdu de leurs qualités et leurs couleurs, le petit tour dans le grand bazar pour le dépaysement. Sur une esplanade pas loin de la mosquée. Il y a un attroupement chinois, un podium se dresse, des stands où l'on distribue des tracts, de la musique, des journalistes. Tout y est rassemblé pour un meeting. Des banderoles sont tendues entre des mâts, et nous découvrons des dessins très compréhensifs représentant des musulmans mal traités. Une propagande anti-islamique, tenu par l’administration chinoise. Je n'en revenais pas de voir que l'on pouvait éduquer un peuple ainsi. Je comprends les mises en garde sur le net et pourquoi il y a des attentats dans le coin. Je prends des photos de ces affiches, Valérie me met en garde car il y a beaucoup de policiers. Ca ne loupe pas, ils me sautent dessus et me réclament mon passeport pour commencer, je dis l’avoir laissé à l'hôtel. J’en vois un regarder mon appareil. La situation devient tendue, je m'extirpe de la foule qui m'entoure. Je réfléchis à toutes les éventualités, il faut que je retourne à l'hôtel car ils vont venir fouiller la chambre, mais ça va sembler très suspect. Delà on se rabat dans restaurant, bien sur nous sommes suivis et quelqu'un en civil s'assoit à notre table et se met à parler anglais, hasard. Valérie élève le ton pour qu'il s'en aille. Nous décidons de partir pour un autre restaurant. Toujours suivi, nous nous engouffrons dans un autre que nous connaissons et de la des policiers rentrent un par un en faisant mine de se servir du thé, de la une personne s'assoie près du poêle et nous observe quelque temps avant de laisse la place à un autre, j’en profite pour changer mon film discrètement sous la table. Apres manger nous sortons pour rejoindre l'hôtel. Un gros 4x4 de police stationne devant, je commençais à imaginer le pire. Mais rien n'était, heureux de trouver la chambre dans le même état qu'en sortant et mes pellicules dans mon sac. On pense à beaucoup de choses, si on avait pu, nous aurions quitté la ville de suite. J'ai crains pour mes films jusqu'à avoir quitter la ville. D’ailleurs ils ne me quitteront plus pour le reste du voyage. Nous pensons que des autorités ont demandé que l'on nous laisse la paix pour qu’il n’y ait pas de problème, car la Chine n'a pas besoin de mauvaise publicité en ce moment. Malgré cela je décide de retourner au bazar, car je sais que les Chinois ne pourront me suivre, dans les ruelles Ouighours et je profite pleinement de cette journée festive. Je trouve le marché aux bestiaux où il y avait 4 chameaux à vendre. Je fais un détour via le stone bazar car la ville est connue pour son jade de bonne qualité et des dealers de pierre vous accoste à la sauvette dans la rue. Après quelques emplettes, mon regard se pose sur ce pauvre parmi les autres. Je le voyais à quatre pattes en train de ramasser des raisins à moitié pourris tombés d'un étalage. Je ne pouvais supporter cette situation, j'avais beau être blindé contre tout cela mais rien n'y faisait. On a beau être conditionné par la télévision se retrouver devant cette situation m'était insupportable. Tout est si différent de l'Inde la religion aidant, ce peuple me semble si proche de nous, il est si différent des autres régions communistes. Il a su garder son éthique, ses convictions, sa joie de vivre, ils n'ont rien demandé à la Chine. C’est vraiment le dernier peuple d'Asie centrale. Je me déplace vers lui, l'interrompt dans sa recherche de nourriture et lui tend 4 malheureux yuans, il se redresse vers moi et me dit nerekme (merci en Ouighour), nerekme, nerekme et s'en retourne au sol, n'ayant de temps à perdre. L'émotion m'envahie et pour ne pas montrer mon désarroi, j'ai recours à mes lunettes pour recouvrir mes yeux qui trahissent ce moment de faiblesse. Je retourne à l'hôtel avec cette image dans ma tête qui ne me quitte plus. Le soir approche et nous retournons en ville pour manger. De petite échoppe mobile envahissent les carrefours le soir venant. On s'arrête pour une pou lao (riz, patate douce, poulet), qui ne coûte qu’un yuan, cinq avec la viande ; on nous trouve même des chaises pour que l'on puisse s'asseoir, ce peuple est vraiment extraordinaire. Par la suite je reste seul en ville pour distribuer des brosses à dent et autre savon que nous collections à travers nos chambres d'hôtel. A qui donner, sur quel critère dois-je me baser, comment reconnaître un pauvre qui vit avec moins d'un dollar par jour, d'un pauvre qui s'en sort à peine avec 2. Je donne tous les jiaos (demi-yuans) que je possède, j'achète quelques nourritures que je redonne par la suite et toujours ce regard, cette gentillesse et s'incline devant vous pour vous dire merci. De retour à la chambre je m'arrête pour la dernière fois dans cette petite boutique comme je faisais ces jours derniers pour acheter un futur cola (Coca cola local), j'aimais ce sourire que me lançaient la vendeuse et son mari à chaque fois que je passais devant. En payant, je lui offre un échantillon de parfum et demande à faire une photo. Oh lala ! branle bas de combat, il faut appeler les voisins, vite, vite, il y a le grand blanc qui veut se servir de sa boite à image. Tout le monde accoure pour être sur la photo. Apres la petite séance, ils m'offrent l'hospitalité et me voilà assis autour du poêle pour partager quelques instants. Il m'offre la cigarette que j'accepte, delà je sors quelques centimes d'euros pour leur offrir, voilà qu'ils m'offrent un samosa et des légumes pour l'accompagner, moi je renchéris avec 2 porte-clefs, ils s'en retournent avec un savon, puis ils ouvrent une bouteille de bière, puis 2, puis 3, pour trinquer. Je ne voulais pas en rester là, j'offre mon opinel au mari, quel couteau bizarre qu'il n'oublie pas d'exhiber à tout le monde. Ils me montrent la vidéo de leur mariage. Ils chantonnent à voie basse, les chansons qu'ils connaissent par cœur en même temps que la vidéo défilent sur cette vielle télé. Lui a 24 ans et elle 22, ils ont un petit garçon, qu'elle n'oublie pas de balancer dans son hamac d'une force assez violente, elle doit répéter des gestes qu'elle a du voir quelque part et les retranscrit bêtement sans se poser de question. Ils veulent que je refasse des photos et on s'en va au milieu de la route au milieu des quelques voitures qui passent, quelle rigolade qui entoure ce moment et je dois me décider à les laisser non sans regret... Quelle journée que celle ci, je retourne à l’hôtel et m'endors bien fatiguer la tête bien remplie...
Sur les traces de Marco Polo.
Nous voila lundi, dans le bus local et nous longeons le sud du désert sur ces longues lignes droites et l'après midi faisant, je pouvais pour la première fois me mettre pieds nus dans mes sandales. Nous logeons dans un petit hôtel de charme local avec le poêle au milieu de la chambre, le hic se sont les sanitaires, qui n’ont pas du être nettoyés depuis 6 bons mois. Ça s'est le résidu du communisme, tout le monde à peut être un travail, mais ils s'en foutent de tout, ils préfèrent glander devant cette nouvelle religion capitalisme : Qu'est la télévision... Le lendemain, le bus qui devait nous prendre est blindé et il ne veut même pas nous faire voyager dans l'allée centrale. Ne voulant pas rester un jour de plus, je décide de faire du stop. Apres 2h30 infructueuse on revient à la case départ et des bus couchettes stationnent devant la gare routière, ils vont sur Urumqi. Nous sommes partant et nous voila coincés dans une couchette de 60 cm de large sur 170 cm, ce n'est pas grave car la route que nous empruntons vaut le détour. Elle traverse le désert du sud au nord. Des heures durant nous ne voyons que du sable. Notre navire croise sur cette highway à travers cet océan de dunes, entretenues à la sueur de l'homme, car elles meurent d'envie d'envahir ce minuscule ruban d'asphalte. Ici pas de bulldozer, mais au milieu de nulle part des camps formés de roulotte où logent les ouvriers armés de pelle et à coup de balai nettoient la route quotidiennement. Il y a les jeux d'ombres qu'exerce le soleil sur le flan de celles-ci. De quoi faire rêver n'importe qui, moi je n'ai pas arrêté d'admirer le paysage, sachant bien que des merveilles comme ça ne me sont visibles au quotidien. Le long de cette ligne de vie, il y a des petits îlots, formés de petites bicoques entourées d'ordures, tel des décors inanimés de modélisme. On s'y arrête juste pour faire de la mécanique, ou un plein. Le soir arrivant, notre bus s'arrête à son tour dans l'un d’eux pour se ravitailler. Dur que de travailler dans un endroit pareil ou la vie ne s'anime uniquement le soir de 7 a 8 pour prendre les quelques pièces de voyageurs perdus. Le froid refait son apparition, les vitres du bus sont gelées et je cherche une position ou je puisse me reposer... Le matin faisant avec ces -15 degrés nous nous faisons balader de gare en gare pour rejoindre la prochaine ville étape. Nous nous décidons pour un train de nuit et la journée se passe à visiter la ville. Ici par exemple les changeurs de cash, n’ont même pas peur de racoler jusqu'à l'intérieur des banques et personne ne dit rien. L'attente du train se fait dans une salle ou chaque rangée correspond à l'un de. Quand l'heure approche, les gens se lèvent se pressent devant les barrières, se collent comme des animaux excités, la pression règne et quand celles- ci s'ouvrent, Ils courent, ils vous bousculent ayant peur de ne pas avoir de place, alors que tout le monde à une réservation et une place attribuée. 6h30 du mat, nous voila dans une petite gare perdue dans le Gansu, on squatte le temps d'un thé et de trouve un moyen de transport pour rejoindre Dunhuang, ville hyper touristique l'été. Super hôtel pour un super prix car nous sommes vraiment dans la morte saison. Apres 3 jours sans s'être lavés, on s'aperçoit qu'il faut attendre 20h00 pour avoir de l'eau chaude au robinet, les boules je vous dis pas. Le soir je me dépêche de rejoindre ce gros tas de sable ou il y a des dunes qui culminent jusqu'a 200 mètres d’altitude, j'arrive trop tard pour le coucher de soleil, ce ne sera que partie remise. Aujourd'hui, on part visiter les Mo Gao grottes ou il y a 45000 m2 de peinture bouddhiste, bien sur, il faut aligner les billets et Valérie en veut pour son argent, car pour elle tous ces sites touristiques payants sont nouveaux, avant, il n'y avait rien de tout ça a travers le monde, très bel endroit et ce magnifique bouddha assis de 35 mètres de haut, tel un Gulliver enfermé pour l'éternité. Deuxième tentative pour le coucher de soleil, j'ai oublié de vous dire, ils ont grillagé tout le site, pour faire encore de l'argent. Je passe par des chemins détournés pour arriver au même endroit et ne pas avoir encore à payer, qu'elle plaisir pour moi que de marcher dans cet endroit, gravir ces montagnes de sable, avec personne a l'horizon. Peut être qu'une petite bière aurait été l'apothéose, mais je n'en demande pas tant. Ici, les caravanes de chameaux ne se sont jamais arrêtées, elles ont juste troqué les cargaisons de soie, d'étoffe, pour des touristes en manque de sensation, mais moi je m'en fou, je suis heureux, je me laisse aller dans une dérive cérébrale et savoure le moment présent. Si le courage est au rendez-vous, demain matin j'y retourne pour le lever de soleil, malgré le froid, mais on verra ça tout à l'heure... Voila pour les dernières nouvelles et je vous dis à dans une semaine, de retour sur Shanghai j’y serai, pour le nouvel an chinois, d'ici portez-vous bien et savourez la vie au quotidien...
Retour à la vie communiste.
Nous venons d'arriver dans la deuxième capitale touristique de la Chine: Xi an. Beaucoup de route ces derniers jours, déjà samedi, il s'est mit à neiger et la route était verglacée. Les Chinois ont le cerveau ramolli, car ils s'en foutent et roulent toujours à la même vitesse, conséquence plein d'accidents le long de la route et au milieu des steppes, il n'y a pas grand monde pour vous ramasser, ils doivent aller au temple avant de décoller pour brûler quelques cierges et croire qu’il ne leur arrivera rien. Nous, on s'en sort bien, on est arrivé à bon port sans aucun dommage. Jayuang, une de ces grandes villes qui s'agrandie vitesse grand V, grâce à cette nouvelle économie qu'est le tourisme ils ont déjà construit des artères surdimensionnées avec rien autour aujourd'hui. Mais demain, hôtel, échoppes à souvenir et hypermarché y prendront place, elle voit très grand pour un avenir proche. On découvre la passe la plus à l'ouest de la grande muraille, que j'admirai tant sur les brochures avant de partir et légère déception quand je découvre le paysage. Sur la brochure c'est vachement bien cadré et ici il n'y a rien en plus. De plus sans guide on se fait un peu promener et je ne pourrais voir la grande muraille dans sa continuité, grosse déception pour moi, parce que je m'imaginais plein de chose dans ma tête et je voulais surtout rêver en vrai et pas à travers ces cartes postales, mais ainsi vont les voyages. Ensuite train de nuit, puis escale pour la journée à Langzou. Je suis agacé ces derniers jours par ce non-savoir-vivre, ce devoir patriotique, que de devoir plumer ces étrangers de passage, ces fonctionnaires et surtout ces femmes qui ne cherchent même pas à vous comprendre et se retournent pour ne pas avoir à croiser votre regard et vous font ce geste de la main pour vous repousser, que cela est énervant. Je me laisse imaginer une parade pour leur apprendre à vivre, à chaque fois que je serai repousser ainsi je devrai balancer une boule puante dans leur bureau, pour qu'ils comprennent le temps de ces quelques minutes mal odorantes... Puis retrain de nuit en place assise, très dur, on arrive quand même à avoir des couchettes une fois a bord. Je dois vous raconter une anecdote, ils sont fous ces chinois. Ils ont des lecteurs VCD (le VCD s'est un DVD de mauvaise qualité) en location dans les trains. Alors le gars passe dans le couloir pour faire votre choix, ensuite on vous installe ce lecteur de poche avec une batterie de voiture entre les jambes et vous voila parti pour une séance de cinéma miniature, vous êtes le pacha du wagon car tout le monde vient squatter autour de vous pour ne pas perdre une miette de ces éclairs de lumières traversant le wagon. En plus les VCD sont souvent des copies de mauvaise qualité. Vue d'un cerveau d'étranger calculateur, ça ne serait pas intéressant à exploiter, dans nos contrées. Aujourd'hui, visite de la 7ième merveille du monde: Terra quota, l'arme de terre cuite, très intéressant et très impressionnant, la journée les touristes visitent et la nuit les archéologues travaillent, ils ne perdent pas le nord ces chinois soit disant communiste. Les parasites que nous sommes, ce sont joints à un groupe de français qui avait leur interprète. En sortant, je voulais acheter des souvenirs, mais me faisant harceler par ces commerçants ambulants qu'ils veulent faire leur chiffre en cette saison de vache maigre, vous balancent des prix défiants toutes concurrences, je ne pouvais même pas marchander, parce que cela aurai été du vol, alors j'ai laissé tomber pour cette fois. Comme quoi on peut être bête parfois... Voila pour les nouvelles. Demain train pour Shanghai pour fêter le nouvel an chinois. Je vous dis à bientôt pur de nouvelle aventure. Et maintenant une page de pub...
Bonne année de la chèvre... Je reviens sur le voyage chronologiquement. A Xi an, sale histoire, en quittant l'hôtel je rends la carte magnétique et la femme de chambre descend rapidement pour montrer une taie d'oreiller tachée, je dois vous dire qu'ici on ne change pas les draps à chaque changement de client, alors un des gars de l'hôtel me demande de payer 10 yuans pour la tache, je commence à voir rouge, jamais je n'aurai pensé qu'on puisse vous faire payer une tache. Au jeu du plus con je commence à exceller. Je remonte dans la chambre, j'explose tous les shampooings et gels douche que je trouve et je lave ce morceau de tissu. Je redescends et le gars ne veut rien savoir, alors la je suis énervé, je préfère payer pour ne pas me retarder et je déchire la tête d'oreille dans le hall de l'hôtel et je la balance par terre. Enfin, je me retrouve dans le train et pareil pour une mauvaise compréhension car sur le tableau des horaires, le train part à 18h00 pour arriver à 11h00, j'ai bien regardé que tout le panneau d'indication était rédigé sur un cycle 24 heures et une fois arrivé à 11 heures du matin le train ne s'arrête pas, je me renseigne et j'apprends que l'on arrive à 23 heures le soir du réveillon. J'étais vert, je n'avais plus rien à manger. Heureusement que la veille au soir, j'ai offert des échantillons de parfum à la famille et un petit jouet au petit et ils m'ont donné un peu de leur repas. Dans le train et même ailleurs, je dis que je suis photographe pour des magazines, je ne vous dis pas le regard des gens qui s'écarquillent au fait de ces 2 mots et quand je sors un des appareils pour prendre une photo, ils se doivent de prendre leur plus belle posture. Je ne renie pas mon métier, mais ou bout du monde le fait de dire que vous êtes serveur, cela a l'air dégradant, car dans pas mal de pays, tout le monde est serveur au moins une fois dans sa vie, porter des assiettes tout le monde sait le faire, on gagne pas beaucoup et culturellement il ne faut pas sortir de St Cyr. Ils ne comprennent pas toujours comment cela peut être différent dans nos contrées et surtout comment un gars qui travaille dans la restauration puisse se payer un voyage comme celui-ci. Pour revenir sur une anecdote sur la photo, aujourd'hui j'ai croisé un photographe professionnel dans la rue commerçante de Shanghai, ça j'en suis sur car il avait 4 appareils photos au tour du cou (Leica m6, r5, r6 et Mamiya 6/6), tout cela d'une valeur de plus 20000 euros, il y en a qui n'ont pas peur. Il faut dire que la rue était noire de monde, tout le monde était de sortie, car ils ont tous reçu la petite enveloppe remplie de quelques yuans et comme les commerces comme par chez nous sont ouverts même les jours fériés pour récupérer l'argent en échange de quelques babioles... Jamais je n'ai entendu autant de bruit, jamais je n'ai vu autant de pétard, jamais je n'aurai cru qu'un changement de date puisse être aussi important. De 23h45 a 00h30, toute la ville est plonge dans vacarme qui dépasse bien les 90 décibels, un brouillard artificiel se crée, les gens se promènent avec des pétards en cartouchière tel Rambo ou autre guerrier et ils balancent ça partout, aux fenêtres des immeubles ou devant les entrées de celle-ci et les gens se regroupent pour assister à ce moment unique de l'année. Sincèrement, il a du être consommé 3 milliards de pétards et autres fusées, rien que sur Shanghai. Pour nous la vie devient assez pénible avec ces fêtes. Comme le nouvel an dure une semaine, ces derniers jours se passent ainsi: 13h00: lever. 15h00: promenade, shopping. 19h00: repas à l'appartement, à l'occidental, car Julien et Michel ont reçu 11 camemberts, 5 emmentals, herbe de Provence et 4 bouteilles de rouge. Sympa, ils m'ont attendu pour entamer tout cela. 20h00: massage, car on est épuise. 22h00: discothèque, ben oui ça dure une semaine. Dur dur, la vie au bout du monde. The China riviera. Comme on le dit bien chez nous, pas de nouvelle, bonne nouvelle. Apres Shanghai et le spring festival qui n'est pas fini et toutes ces soirées marquées par les feux d'artifices à répétition et une vie de night-cluber bien remplie, me revoilà dans le train direction plein sud et le soleil, c'est marrant de se retrouver devant la railwaystation, un mois plus tard et je n'appréhende plus de me retrouver seul face au problème, je me sens bien et préparé pour ne plus affronter une erreur de timing. Les rencontres à bord sont extraordinaires, il y a toujours quelqu'un à bord pour venir vous parler en anglais, pour montrer que lui il sait et pour moi de prendre des renseignements pour la suite. Les décors le long de la voie ferrée, me rappellent la France et surtout le nord, le plat pays, la grisaille, les maisons de briques rouges et les mares aux canards. Je descends à la gare de Guilin (Nice), comme chez nous, tout bon chinois doit y venir. Il y a une simili promenade des anglais avec ses palmiers le long du fleuve et ses montagnes particulières tel des cheminés dressées au milieu du paysage, parc, animation avec des funambulistes, des motos qui tournent dans une sphère de métal, tout pour amuser la galerie. Les restaurants cote cote terrasses ouvertes étalent sur le trottoir tout ce que vous pouvez y manger. Cela va des bacs remplis d'eau avec des carpes et autres poissons, écrevisses, gros clams, grenouilles, etc. Derrière les cages, avec des poules, faisans, pigeons, ragondins et le plus effrayant, les cages avec les chats et les autres ou j'ai fait des bons devant, celle des serpents. Je vous jure que ce n'est pas des conneries. Et puis quoi, on ne sait pas, à n'importe qu'elle heure de la journée, on peut très bien avoir envie de manger un ragoût de chat ou une brochette de serpent. Pour moi quoi qu'il en soit, je préfère le chat... Non je déconne, je reste dans les restaurants à bas prix et je n'ai pas envie d'essayer. Tan pis je mourrai bête, le soir tout y est éclaire, il y a une rue piétonne ou il y fait bon dépense quelques yuans après manger, tout pareil à chez nous. Ensuite j'ai pris le bus pour Yangshuo (St Tropez), après mettre assoupi, je regarde la route et je me crois sur celle qui rejoint le Muy à St Maxime, mais le décor lointain est différent, la ville n'est pas écrite sur toutes les cartes, mais vaut vraiment le détour, ici on ne vit que et par le tourisme, tout bon chinois qui veut survivre se doit de parler anglais, donc pas de problème de traduction. Il faut dire que toutes les villes balnéaires se ressemblent n'importe ou dans le monde. Première ville ou je trouve une chambre à un super tarif comme quoi. J'en profite pour acheter un pantalon léger et je déambule en sandale, je traîne, je bouquine, je regarde la vie s'écouler le long des berges pour recharger les accus en manque de soleil et de chaleur. Au loin ces montagnes usées par l'érosion, paysage féerique qui a su se faire exploiter. Je regarde les bateaux qui se suivent en fil indienne arriver de leur mini croisière, comme ceux sur le Mississipi ont fond plat mais sans ces grande roue à aube. Il y a des pêcheurs sur leur radeau de bambou avec leur cormoran qui ne pêche plus depuis longtemps et préfère se laisser prendre en photo pour quelques pièces. Aujourd'hui, visite à vélo entre ces grands pics, enfin de compte ou je pédale été recouvert à l’époque par la mer il y a des millions d'années, on roule sur les petits chemins entre les rizières, la rivière que l'on traverse à différents endroits sur des digues, les petits villages autochtones ou je découvre des gamins de 10 ans jouent de l'argent aux cartes avec les adultes, on me propose de m'attabler et je sors un billet de 1 jiao ce qui ne représente rien du tout et je vous dis pas la rigolade qui s'en suit. Je reste l’à les regarder jouer quelques instants. Bien sur des que vous posez votre vélo, il y a toujours quelqu'un pour vous vendre, une bouteille d'eau, des cartes postales ou autre babiole locale, tout le monde veut en profiter un peu... Bon voila pour les nouvelles, portez-vous bien.
Rien ne vaut tout l’or du monde.
Himalaya, je me souviens lorsque je t'ai vu pour la première fois, c'était du coté de Darjeeling et tu m'as laissé découvrir tes champs de théier et tes monastères Bouddhistes. La deuxième fois, c'était du coté de Gangtok, la vallée des fleurs et le Kangchenjunga comme toile de fond. Puis tu t'es caché derrière les nuages du coté de Katmandu et je n'ai pu voir ton plus haut sommet. Ensuite tu m'as laissé découvrir le Daulaughiri, l'Annapurna et j'ai pu descendre la Kaligandaki et découvrir le vrai visage des peuples que tu abrites. Pour finir avec les offrandes que l'on te verse à Hariwar et ou tu laisse sortir de tes entrailles les sources du Gange. Tu m'es réapparus lors de ma traversée du Takla-makan désert et tu me faisais obstacle. Te revoilà à nouveau depuis Dali et je reste ébahi devant tes décors somptueux et tes lever de soleil magique, comme sur l'Erbai lake, lumière cristalline qui se reflète comme un miroir sur l'eau et qui donne une autre dimension à la vie de tous les jours, les pêcheurs qui s'activent apparaissent tel un mirage dans l'éclat de tes rayons. Lijiang et sa vallée que tu protèges des nuages de tes sommets environnant et ou il y fait bon vivre... Voila le décors ou je suis depuis quelques jours. Mais pour en arriver la j'ai du voyager beaucoup ces derniers temps, depuis Yangshuo ou j'y ai laisse des visages types vietnamiens. Beaucoup de paysage fabuleux à travers les vitres du train ou du bus. Je me suis arrêté dans la stone Forest, amas de pierre laisser par l'érosion de la mer, il y a des millions d'années, site ou afflux tous les touristes chinois, enfin pour une fois je ne suis pas harcelé par les vendeurs et autres guides, je peux donc déambuler tranquillement à travers ce labyrinthe de pierre, j'y ai même vue 4 photographes chinois professionnels prendre des photos du site. Ensuite train pour Kunming, stop and go, le mauvais temps à fait son apparition, je décide de partir de suite sur Dali et là, l'Himalaya réapparaît devant moi, couvert mais grandiose, la ville ou je viens d'arriver ne me plait pas donc je décide de repartir le lendemain pour Linjiang. La petite anecdote, c’est que le soir je suis allé mange dans un resto local ou nous devions être 12 personnes, il y avait 9 français, comme quoi. C’est en repartant que j'ai pu admirer le lever de soleil sur le lac à travers les vitres du bus, cela valait bien son pesant d'or. Lijiang et sa super guesthouse, un peu excentre de la vielle ville mais pas chère, super clean et super bouffe chinoise, de quoi me remettre d'aplomb pour la suite du voyage. Hier soir c'était le festival des lanternes, la famille m'a attendu pour le repas. On a commencé par faire sauter quelques pétards devant la porte pour attirer les esprits et ensuite nous sommes passés à table qui était recouverte de plusieurs assiettes, avec du ragoût de pintade, escalopine de veau pané, bœuf aux épices, légumes et noix de cajou. Ce soir, j'étais l'invité et je me suis régalé, j'étais le dernier à finir parce que l'on n’arrêtait pas de me resservir et ils attendaient pour sortir de table, enfin les hommes vont dehors fumer la cigarette, les femmes restent pour faire propre, normal; Ensuite tout le monde se retrouve dans le salon, les plus jeunes regardent la télévision et les anciens jouent aux dominos, c'est un rami tout simplement et je suis là, à les regarder à coté du poêle. Qu'elle chance extraordinaire pour moi de pouvoir partager le quotidien de ces gens ! Ici, pourtant cette une société matriarcale (attention les hommes, il faut se tenir à carreau), ce sont les femmes qui dirigent, elles sont toutes types mongols, la peau mate, habillées pareil, blouse bleue, casquette mao, une peau de mouton recouvert de 7 anneaux représentant des étoiles pour se protéger du froid et un carcan en osier remplie de tout et de rien. Les jeunes filles ont un haut, blanc et rouge, autour de la taille un tablier jaune et elles n'arrêtent pas de papoter dans les rues de la vielle ville. Aujourd'hui, grande journée encore, je suis parti a vélo, enfin je me faisais tracter par les motoculteurs pour avancer sans me fatiguer et découvrir le petit bourg voisin Baishan et regarder la vie s'écouler, sans se faire accrocher au son des louquettes, louquettes, (look) des échoppes à souvenir. Ici on joue au croquet et je vous jure que c'est vrai à la Lyonnaise (jeu de boule), alors savoir si les origines du jeu sont françaises ou chinoises, il faudra ouvrir les livres d'histoire, (une photo offerte à celui qui me répondra juste). Ensuite, je continue la visite et je tombe sur: "Hello, I'm the famous doctor Hu", un grand docteur qui connaît aussi bien la médecine occidentale que chinoise, qui vit avec sa famille, son potager extraordinaire ou il y à des herbes uniques qui y poussent et la Dragon jade mountain en toile de fond derrière le village. Il est reconnu par les plus grands praticiens de la planète. "Ok, please seat", je ne risque rien car les consultations sont gratuites et on laisse ce que l'on veut, pas d'arnaque (dixit : les guides). Il me fait lire sa biographie, il est né en 1924 et c'était un pote a Alexandra David Neel qui lui a apprit l'anglais. Ensuite il me fait boire un thé aux herbes, puis, je visite son dispensaire, qui est recouvert de carte de visite du monde entier, je peux apercevoir le jardin ou il cultive des centaines de plantes, ainsi que son "bureau", salle ou est entrepose plein de seaux remplis d'herbes réduites en poudre. Pour finir, il me donne un petit sachet d'une de ses mixtures. Bien sur, sachant qu'il donne des consultations gratuites pour tout le monde, riche ou pauvre, je lui donne 100 yuans, car je sais que cela servira aux autres. Pour ensuite me remercier en français, il me remplit un autre sac de poudre, j'ai de quoi subvenir pour les mois à venir. Ensuite, je m'arrête manger, je laisse le soleil faire ses bienfait sur moi et de fil en aiguille on me propose de faire un billard sur une table d'un autre temps, enfin on s'amuse. Que d'émotion, pour moi et ce n'est pas fini, car je monte découvrir une région autonome du Tibet, pas besoin de ce fameux "travel alien permit" et des spectacles grandioses m'attendent encore. Je vais même rester quelques jours de plus pour profiter de cette vie... Voila pour les nouvelles, portez-vous bien et même si vous ne pouvez être là à coté de moi, je me laisse imaginer les réactions de chacun à travers mes pensées. A bientôt...
Il y a des jours comme ça.
Je dois vous raconter, cette petite escapade dans les Tiger leaping gorge. Pour comprendre, je vais recommencer chronologiquement. Je décolle le matin de Lijiang vers 11h00 pour me rendre à la gare routière, pour prendre le bus, selon les guides il y a un départ toutes les demi-heures. J'achète le ticket et on me dit que le prochain bus part à 14h00, ok j'accepte. Donc j'attends, je vais pour acheter un paquet de gâteau dans une supérette, arriver à la caisse on me dit qu'ils ne peuvent pas me vendre ce paquet, parce que le prix n'est pas marqué dessus, ok j'accepte, alors je me rabats sur une tablette de chocolat, produit de luxe ici. A 14h00 et des brouettes, le bus démarre et s'arrête 20 mètres plus loin, le chauffeur descend pour revenir 10 minutes plus tard. Voila que l'on fait demi-tour pour charger des affaires sur le toit. Ca y est, on part pour faire 100 mètres et faire le plein d'essence. Je commence à avoir la pression et le doute me vient à l'esprit. Si ce n’est pas la bonne direction me voila parti pour perdre la journée et revenir à la case départ. Pourtant j'ai demandé que l'on me pointe sur une carte la destination. Au bout d'une heure je vois un panneau et les idéogrammes indiquent la bonne direction, je peux enfin regarder le paysage et me laisse partir dans mes pensées. Le long de la route, village typique fait de brique de terre, les toits avec les extrémités sculptés, les femmes dans leur tenue locale portant sur elle un arc-en-ciel de couleur. La vallée, ses cultures en terrasse, le blé vert fait son apparition, et les colzas sont déjà fleuris. Qiaotou, ville du départ des gorges te voila, la bourgade s'étale le long de la rivière. A travers les vitres du bus, ce qui apparaît devant moi n'est que désolation, bâtiment dégueulasse et poussière: "welcome to déchargeland". La ville chinoise a été construite à l'arrache sur un axe routier, elle ne ressemble en rien au village que je viens de traverser, jamais je n'ai vu tant de saleté, de poussière, ils doivent l'accepter et les femmes ne s'affèrent plus à la lessive quotidienne. Le problème ! Le problème, c'est que depuis quelques jours j'imaginais les gorges, le décor et ce qui apparaît devant moi et loin de tout ce que je pouvais imaginer, ok j'accepte. Je me rabats sur la guesthouse que tout les routards parlent, de toute façon c’est la seule avec l'enseigne en anglais. La patronne 28 ans, dans des vêtements sales, les cheveux rêches: "ni hao (bonjour), je voudrai un lit". Mais rien ne se fait. Bon je m'attable et je commande une bière pour faire passer tout ça, on me sert avec des arachides qui on du être récolter en 1983, ok j'accepte. J'aimerai savoir ce qui se passe vraiment dans le cerveau ramolli d'un routard qui gagnent 10 fois le salaire d'un local et qui pour des économies de bout de chandelle, vient s'entasser dans un bouiboui pareil et qui en plus décrire cet endroit comme un lieu agréable à vivre. Je demande les toilettes, on m'indique que c'est dehors dans l'une des bâtisses à coté. Je descends dans la cour et par terre de la laine fraîchement tondue, un chien joue dedans, je le regarde et lui dis rigole pas car demain c’est toi qui sera à la place des moutons, ceux ci sont allongés un peu plus loin sans la tête et le sang coule encore des cadavres se répandant dans la cour. De l'autre coté des jeunes gens le chalumeau à la main finissent de nettoyer les têtes. Les latrines, un trou dans le sol, on peut pas se tromper, le mur est blanc marquer dessus WC, en rouge vif, car on ne pourrait aller dans le box juxtaposé, celui ou il y a les cochons. Les toilettes se trouvent dans la porcherie tout simplement, sur un autre mur est marqué: "hot sower ", au moins je ne pourrai pas me tromper pour la douche, je ne vous dis pas l'odeur qu'il y règne. On dirai: "Mad Max", la, pas ok ; la j'accepte plus. Je deviens fou, jamais, jamais, jamais, non jamais je n'aurai pu imaginer tout cela. Je comprends pourquoi les gens disent que les gorges sont magnifiques, car après une nuit ici, tout doit vous sembler radieux, fabuleux, magnifique. Comme il n'y a rien à faire, je retourne dans la salle qui sert de resto et je commande bière sur bière, oublier ce mauvais moment à passer et pour m'occuper, je prends mon cahier pour décrire ce que je vois. Derrière mon dos, on m'observe et on me demande: "what do you write"; J'explique ce que je décris, le joli village que vous habitez: "very beautiful"; "Ah, thank you". Je marmonne tout seul, fini les voyages, fini tout ça, une maison, une femme, des marmos, la téloche, le satellite et les chaînes de voyage. La soirée a débuté, je commande à manger et je regarde la table à coté, 2 hommes, 2 femmes, qui draguent qui en jouant aux cartes et 8 bouteilles de bière de 660 mml chacune ouverte, voila comment on fait passer le temps ici. Les autres sont autour de cette vasque en fonte ou il y a quelques blocs d'anthracites qui se consument. Je crois que l'on m'aurai décrit la ville correctement avant, j'aurai réfléchi à deux fois avant de venir. Vers 10h00, on dédaigne bien me montrer la chambre. Ca sent le poulailler humide. Heureusement que j'ai mon duvet pour me sentir bien. En m'allongeant, je découvre sous l'oreiller une lame de couteau de 20 cm. Ou suis-je tombe. Je m'assoupis en ne fermant qu'un oeil, de toute façon, dans la nuit résonne des feux d'artifices, pétards et les cochons hurlent certainement en attendant la mort. Le matin arrive bien péniblement, je vais pour redescendre dans les magnifiques toilettes de la résidence et vision de carnage, du sang de partout jusque dans les latrines, 3 cadavres de cochon au milieu de tout ça. On commence seulement à passer le jet d'eau; humm !, je me sens en appétit. Petit déjeuner tibétain, galette de blé et on prépare la tampsa : du beurre de yack qui est resté 6 mois sur le bord de la fenêtre et que l’on bat dans un roseau avec de l'eau chaude et des herbes, hummmm ! Que c’est pas bon, ces rance, pour moi c’est imbuvable ça me donne des relents d'estomac, pour eux c’est leur petit bonheur quotidien. Me voila frais comme un gardon pour attaquer les 20 km et 600 mètres de dénivelés. Enfin je parts pour découvrir ce magnifique site. Dans la monter, je marmonne tout ces évènements, avant de tomber en extase devant ce paysage extraordinaire, il faut croire que ce décor féerique valait tout cela. Le soir en rentrant, fatigue, je trouve mon bonheur dans des cannettes de coca. A la fin du repas, la patronne vient me voir et elle me demande ma main en mariage et que je m'installe ici, j'ai cru m'étrangler sur le moment. Le soir, on me change de chambre et je me retrouve au sous-sol dans la cuisine avec 4 chaises et une planche en guise de lit, ok j'accepte, je suis trop mort pour quoi que ce soit et à 10 yuans la nuit je ne vais pas faire le difficile... Par la suite je suis redescendu sur Linjiang, car il n'y a plus de route, ils sont en train de la refaire, pour rejoindre cette fameuse région autonome du Tibet, au lieu des 30 km restant on est obligé de prendre une déviation de 150 km ou 8 heures de route. J'ai préfère laisser tomber. Ps 01: Je ne sais pas comment vous percevez toute cette aventure, mais je vous jure que c’est ce que je vis au quotidien, car via les mails, vous pourriez me prendre pour un mythomane, car je voyage seul. Ps 02: Hervé de Nice a trouvé un début de réponse pour le jeu de boule. « Si je suis le premier à te le prouver, j’ai gagné une photo." Sur la foi de fouilles archéologiques à l'authenticité incontestable, Assyriens, Égyptiens et Chinois pourraient revendiquer la paternité des jeux de boules. Il est tout à fait possible qu'on y jouait quelque part sur la planète aux alentours de l'an 1000 avant Jésus-Christ, comme le montrent de récentes fouilles dans la province du Ho-Nam, en Chine.
Montagne sacrée et pèlerinage à la …
Et me revoilà sur la route, après ces dernières journées pleines d'émotion. Un bus couchette nous emmène de Lijiang à la frontière du Sichuan. Je me régale des paysages, des vallées verdoyantes, culture en terrasse et de ces petits villages le long de la route. En arrivant dans cette région, les petits villages étaient remplacés par des usines et autre centrale électrique (nucléaire, quoi). Dommage pour la vision, mais eux aussi ont le droit à la vie moderne et tout ce qui va avec. Apres le froid, la chaleur arrive à grande pompe et le problème dans le bus, ces qu'on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres car dans le convoi que nous formions avec d'autres véhicules, il y avait 2 camions qui transportaient des ruches et il y avait des abeilles dans tous les azimuts. Arrivé au bled nous voila bloqué pour la nuit, le prochain train ne part que demain. Donc je me retrouve avec 2 étudiants japonais et une israélienne pour partager gîte et couvert. De même pour le train, nous allons de vallée en vallée en coupant à travers les tunnels. Me voila à Emeishan et cette fameuse montagne sacrée. Je laisse les 2 étudiants qui eux ne viennent voir que le temple. Moi après un bon petit déjeuner: croissant, chocolat chaud, nutella. Non il ne faut pas abuser. C'était: sauté de bœuf avec du riz. Je pars en moto taxi, car j'ai loupé le bus et l'heure est déjà bien avancée. Donc après m’être fait rouler car le taxi s'est arrêté au milieu de nulle part pour renégocier la course, je fais semblant de marcher pour lui faire comprendre que je ne payerai pas plus. Il se dépêcha de revenir me prendre avant qu'un autre se fasse le reste de la course. Me voilà prêt pour affronter 2500 mètres de dénivelé sur 22 kilomètres de marche (au sens propre), de plus il faut payer l'entrée pour souffrir: 80 yuans, le comble. Je décolle à 500 mètres d'altitude, équipé seulement d’un petit sac et me reposant sur les petites échoppes le long du parcours qui veulent te refourguer une bouteille d'eau, canne de randonnée ou autre souvenir. Un escalier avec des milliers de marches, que dis-je, des dizaines de milliers de marches que je gravis une par une sans regarder le sommet pour ne pas me décourager, bête comme je suis, j'ai vidé une pellicule complète sur ces satanées marches. Apres 3 heures 30 de grimpette, fatigué, les genoux qui commencent à grincer, je me pose dans un de ces petits snacks qui bordent le long du tracé. Et je me fais matraquer à coup de 44 yuans l'assiette de riz et de légumes. Il n'y a vraiment pas de pitié dans ce monde. Ok tu m'as eu, tu as fait ton beurre. Je rencontre un petit vieux qui par la suite veux absolument que je lui achète ses crampons, car il me fait comprendre qu'il y a de la neige un peu plus haut. Des marches, toujours des marches et au fur et à mesure que j'avance, on m'annonce, il ne vous reste plus que 4 heures, il ne vous reste plus que 3 heures 30. Le froid se fait sentir et la neige est au rendez-vous, je mets ces fameux crampons et je continue doucement. Je suis seul depuis le début car les touristes préfèrent maintenant prendre les câbles cars. Je rachète à boire et le quart d'eau, on vous le facture 7, 8 parfois 10 yuans. Je rattrape des gens sur la fin du parcours, certains me suivent, veulent prouver leur supériorité et je les redouble sur une plate-forme car ils récupèrent leur souffle. Le sommet, ça y est, voilà 7h30 que je suis parti et heureux d’avoir réussi un exploit personnel. Content de voir que si je veux visiter le monastère, il me faut encore débourser quelques sous. Légèrement déçu de ce que j'attendais. Je me rabats sur un dortoir, "hello, one bed 90 yuans", désolé, mais la j'hausse le ton même français qu’ils comprennent à mon intonation de voix que je ne n’ai pas l’intention de me laisser faire, le moine le prend mal et après cette gueulante, le lit passe à 40, qu'est ce qu'on est pas obligé de faire pour pouvoir se loger, ils ont encore le culot de me demander mon passeport, qu'est ce que vous voulez en faire, vous croyez que je vais me barrer avec le matelas pourri que vous m'offrez. Je ne l'ai pas, enfin si, mais ne me cassez pas les pieds, sinon je vais voir ailleurs (ailleurs, où !), il n'y a qu'eux au sommet. Dans ces journées difficiles, on réfléchit et on cherche souvent des réponses à des questions bien loin de notre quotidien. Tout ce que je peux dire aujourd'hui: c’est qu'il n'y a pas de pitié sur cette planète et qu'il n'y a pas de religion qui tienne en ce monde. Juste des hommes et des femmes bon ou mauvais. Le soir repas léger, on vient s'asseoir, on essaye de discuter avec moi et me demander mon point de vue sur le conflit irakien imminent. Je ne traîne pas et je vais me coucher, mais le sommeil ne vient pas comme ça à 3077 mètres… 07h00 je saute du lit et je cours dehors car il y a encore les étoiles qui brillent, mais j'attends avec impatience le soleil, qui va faire son apparition sur cet océan de nuages, parsemés d'îlots qui ne sont que les sommets des montagnes avoisinantes. Très belle image, mais qui aura été mérité chèrement. A 8h00 je redescends comme un voleur et ces plaques de neige que j'avais laissé la veille, je me fais glisser dessus, avec quelques gamelles, ce que j'avais monté la veille en 2h30, je le dégringole en un peu moins d'une heure. Ne voulant plus laisser d'argent dans cette montagne, je redescends en bus, je reprends mon sac et je change de ville, bus, rebus et rerebus, pour finir sur un rickshaw vélo. Leshan me voilà, mais ne t'attend pas de moi que je verse ma devise pour tes sites touristiques et tes fameux Bouddhas, même si ce sont les plus grands du monde. Première turista, après un sorbet au poulet, en plus soit disant dans la région de la chine où on mange le mieux, je commande un morceau poulet, en imaginant qu'il allait me le préparer à la sauce locale. Non on le sort du congélateur, on le découpe sommairement et on me le sert froid encore congeler. Pour l'anecdote du jour: à l'hôtel on me retient 80 yuans pour la clef de la chambre, que je n'ai pas, car c’est une personne à l'étage avec un trousseau qui vous ouvre votre porte. Je suis assez fatigué et je préfère ne rien faire, je me paye une journée occidentale. Je réponds à mes mails, je mange une pizza et bois du coca, je vais dépenser quelques centimes dans une salle d'arcade et je regarde à la télévision les navets de film ou de feuilletons français sous titré en chinois qu'on leur a refourgué. Ce soir vers 18h30 les petits vieux sont de sortie dans la rue piétonne et s'exerce au tai chi, sabre à la main et tout cela dans une chorégraphie mal synchronisée. Le voyage s'achève bientôt et vous savez ce que j'aimerai bien maintenant: c’est une tranche de pain avec du camembert. A bientôt pour les dernières nouvelles.
Mésaventure. Salut à tous, je viens d'arriver sur la mégapole pour les quelques jours qui me restent à passer en Chine. Mais pour en arriver là j'ai eu une petite mésaventure, je vais vous la conter... Arrivé à Chengdu le 25/02, une ville surdimensionnée qui ne me donna pas l’envie de traîner surtout dans ce stress, Shanghai me suffit. Je me dirige vers la gare et avec chance je trouve un ticket de train pour le jour même. Le départ a lieu dans l'après midi, j'ai donc le temps pour faire un petit tour dans le quartier. Je mange, je fais du lèche vitrine, je me fais plaisir en allant me faire masser. Ce qui devait arriver, arriva, je ne vois pas l'heure passée et je loupe le train pour 2 minutes. Je m'énerve légèrement car j'aurai plus l'avoir si on ne m'avait pas fait traverser la gare en long en large et si tout le monde n'avait pas tripoté ce malheureux billet. Enfin, je ne peux que m'en vouloir. Je vais faire changer le billet pour un autre jour et l'on m'annonce qu'il n'y a plus de place dans les trains pour Shanghai pour les jours à venir. On me détourne via Xi an, avec un passe pour voyager sur la plate-forme. Départ le lendemain 08h00. Le wagon des hard seat est déjà plein, je me serre dans l'allée et m'assoie sur mon sac. On arrive à 3h00 pas problème, encore une fois je n'ai pas fait gaffe, ces 03h00 du mat... L'enfer commence malgré la sympathie que je partage avec mes compagnons d'infortune et je ne vous dis pas le regard des gens lorsqu'ils voient un blanc en 2ème classe ; le chariot de nourriture qui veut se frayer un chemin, le flot de gens qui veut arriver au w-c qui se trouve juste derrière moi. Au fur et à mesure des gares le train se remplit de plus belle. A un moment il est impossible d'ouvrir les portes et les gens grimpent par les fenêtres, les places au sol se rétrécissent heure par heure. A 17h00 je pète les plombs, il est impossible de finir le trajet dans ces conditions. Je décide de descendre à la prochaine gare, tan pis je finirai demain, pour descendre, le contrôleur et moi sommes obligés de repousser les gens qui escaladent les fenêtres, pour essayer d'ouvrir la porte. Impossible je m'énerve pour de bon je balance 2 gars pour pouvoir m'extraire à mon tour, lancer mon sac en sens inverse et passer par la fenêtre. Je me demande ou je suis, perdu dans le fin fond de la Chine. Dans la tête depuis la veille, je n'arrête pas de m'en vouloir à m'en couper l'appétit, comme quand on sait que l'on a fait une grosse boulette. La chance me sourit à nouveau, je trouve un train pour Shanghai. Dans cette gare perdue ou les chinois n'ont du voir qu'un blanc via la télévision, en faisant la queue pour un nouveau billet, car la vente des billets se fait de 07h10 a 08h10 et de 18h10 a 19h10. Je choisis une file, la mauvaise et les guichets ouvrent, il est 19h00, une fois après avoir batailler pour défendre ma place dans cette foule, j'ai mon billet sans place, les boules me voilà repartit pour 30 heures sur la plate-forme. Je n'en peux plus, je trouve un téléphone, j'appelle les amis a Shanghai et leurs explique et je les fais traîner au bout du fil car je suis exténué et je me réconforte à travers cette conversation. Je ne veux plus être emmerder et je me cale dans un coin de la gare. Bien sur 1 minute à peine, une quarantaine de personnes s'agglutine autour de moi, me dévisage me regarde écrire, me stresse. Le train arrive, je panique à l'avance de me taper 30 heures dans les même conditions. Arrivé à bord je trouve le contrôleur et pour quelques yuans de plus me trouve une couchette. J'apprécie l'eau pour me débarbouiller, et cette couchette dure. Ou je ne demande pas mon reste pour m'endormir. Plus jamais cela m'arrivera de prendre du bon temps. Pour 2 minutes, je me suis embarqué dans un voyage de 2 jours plein, pour 2 minutes. On est le 28 février, il est 05 heures du matin mon périple se fini... Shanghai me revoilà, un lit, une douche, des amis qui parlent français, un morceau d'emmental qui traîne dans le frigo depuis 3 semaines, un morceau de pain de mie, mais que demande le peuple. Je reprends des forces et nous nous racontons nos histoires. Car ici, l'appartement est devenu un vrai central téléphonique, ça n'arrête pas: "Michel est-la?, alors Julien ou inversement", en anglais en chinois et parfois même en français. Ca n'arrête pas. Attention les filles, 2 french lover sont arrivés sur la ville et ça se sait. Première photo du voyage que j'ai fait développer sur place, pour faire découvrir la Chine aux amis restés ici, dernière balade, dernier shopping, dernier resto, comme dimanche ou nous avons été invités par des amis chinois, nous nous sommes attablés pour 05 heures d'un repas bien arrosé et nous avons bu 26 bouteilles de bière (660mml) a 5... Voila comment ce fini ce périple. Ce seront les dernières nouvelles de mes tribulations... Je voulais dire merci à papa et maman qui ont réglé des petits problèmes laisser en France, ainsi que mon frère. Tous les lecteurs et leurs messages qui mon beaucoup touché et motiver à décrire du mieux que je pouvais le quotidien qui m'était réservé. J'espère que le rêve vous a accompagné à travers ces quelques lignes. Moi j'appréhende le blues de retour parmi vous, mais j'attends un bon repas à la Française. Merci et à tous à très bientôt... PS: Dites, vous n'auriez pas 100 euros à me dépanner pour un nouveau voyage.
Le retour
Ce matin, je rigolais dans la cuisine, préparant mon premier petit déjeuner devant les appareils électriques, le grill pain, la cafetière, le micro onde pour chauffer un peu de lait, que de luxe que notre vie occidentale. Comme fond sonore, j’ai retrouvé ce vieux vinyle à papa de salut les copains que j’ai mit et que je chantonnais dans les transports en commun chinois : «700 millions de chinois et moi et moi et moi » de jacques Dutronc. C’est rigolo car à l’époque dans sa chanson, il n’y en avait que 700 millions... Oui je prends le temps, oui je savoure la cuisine de maman, je reprends la route du bistro. Mon village que je regarde différemment, j’ai envie de le prendre en photo, pourquoi ? . Je ne sais pas. Je crois qu’en dehors des paysages que notre planète regorge, la vie est la même partout, elle s’écoule inexorablement que ce soit à Qiauto (Chine), Cenfuego (Cuba), Arusha (Tanzanie), Gangtok (Sikkim) et à Méru (Picardie). Ces vrai quel souci avons-nous en dehors de boire, dormir, manger et consommer... Les gens, la vie qui s’écoule au centre commercial ou je viens d’aller faire un tour, première remarque à voix haute devant une affiche ou femme dénudée s’exhibe pour promouvoir produit de consommation et le dernier souci de l’homme qu’est: Le cul, la relation sexuelle, biquotidienne, bimensuel, bisannuelles. Les gens me regardent; doucement Christophe, c’est fini les vacances. La première boutique ou j’étais prêt à lancer ce ni hao (bonjour), calme toi me dis-je, ces vraiment fini, tout le monde parle le même langage que toi, ici. Roi de la glande je suis, j’ai envie de faire plein de chose et je m’occupe les mains avec n’importe quoi. J’attends les photos avec impatience tout simplement. La vie ne s’arrête pas, pourtant j’ai envie de descendre du train de la vie quelques temps pour faire le point et le reprendre un peu plus tard. Mais cela est impossible. Les copains casés, la petite graine qu’ils lâchent chacun leur tour, temps de se responsabiliser un peu, car aujourd’hui le monde nous appartient … Le quotidien, un boulot et des fonds pour pouvoir rêver de nouvelles destinations. Il me reste quand même le temps et le plaisir de vous faire découvrir ce voyage…
FIN
Salut Christophe, Merci de ces belles histoires, pour le meilleur et le pire car c'est une réalité que tu vis au quotidien. Je me dis que pour toi, ton retour va être difficile, tu vas réaliser comment sont aussi les Français et eux ont moins le droit d'être aussi peu civiques. Nous les réputés ra- leurs, exigeants, intolérants, si peu courtois, et toujours autant racistes! Ne t'inquiète pas si tu te cherches encore, ta façon de voyager te l'apprend chaque jour et tu ne peux que t'enrichir. Te dire merci pour nous faire passer tes belles émotions qui nous rapprochent un peu de ces peuples. Nous aimons voyager avec tes écrits comme tu peux l'imaginer, et c'est toujours un grand plaisir. Alors bonne route et prend bien soin de toi dans ta poursuite... Pour ma part, j'aimerais vivre en partie ton expédition, surtout en ce moment! A bientôt de te lire, au fait ne change rien pour tes écrits, tout va bien, l'essentiel passe... Bises et pensées de nous trois et une très belle année enrichissante, n'est-ce pas? Marisa, Guillaume & Lothaire
Avant tout chose meilleure vœux bonne année et bonne santé et plein de bonne chose. Bref ! En tout cas ça me fait très plaisir d’avoir de tes nouvelles, c'est génial de pouvoir écrire com-me tu le fais. C'est comme si je lisais un livre par bribe c'est vraiment sympa ne change rien, et puis ça me fait voyager aussi. N'oublie pas de prendre plein de photo, et fait gaffe à toi. David.
Merci pour tes récits. Je suis au boulot quand je reçois le dernier. Quel contraste entre les mondes ! Je t'envie !!! Il faut vivre ses rêves, et c'est ce que tu fais. Je n'ai pas tant de choses à raconter. Il fait très froid ici, le paysage est recouvert de neige, je vais peut être aller skier demain. Mardi, je m'envole pour Paris où j'ai 3 jours de congrès. Rien de bien palpitant. Louis
J'espère que ton voyage se passe bien, toi l'intrépide explorateur de contrées parfois dangereuses comme le Tibet. Sans vouloir me faire passer pour ta grand-mère, fais attention lorsque tu ne connais pas toutes les différences entre toi et les autochtones qui peuvent engendrer des malentendus. Je me félicite souvent de connaître quelqu'un comme toi car ton état d'esprit est précieux parce que rare, attaché que tu es à d'autres valeurs que l'argent et tutti quanti. Continue sur cette voie-là et reviens-nous entier. A bientôt. Jean yves. Bravo et merci pour ton voyage que tu nous fais partager... t'es quand même un peu barjot mais bon tu fais ce que tu avais envie et c'est cool !!! C'est excellent de te voir t'émerveiller devant toutes ces choses que tu vois et ça me fait rêver... j'espère que tu nous emmèneras quelques photos en Corse... Ici, tout va bien c'est les vacances scolaires alors on a un peu plus de monde mais c'est quand même tranquille, il fait très beau et on a beaucoup de neige mais bon ça ne vaut pas : L’Himalaya... Bon tu rentres quand sur notre continent ??? Amuse-toi bien... A bientôt !!! Maëlig Que te dire à part merci Christophe, merci de nous faire partager tes aventures... Tu as raison, même si nous ne sommes pas la pour admirer tout cela en direct avec toi c très agréable de pouvoir ne serai ce que l'imaginer, pouvoir s'évader l'espace de quelques phrases de mon quotidien assez morne je dois bien te l'avouer car pour l'instant encore, je me borne à réviser mes examens. J'espère que tu en profiteras encore et que tu auras une petite pensée pour nous pauvres occidentaux enfermés dans nos habitudes. Même si mes mails se font rare il n'empêche que je pense souvent a toi et à toutes les merveilles que tu vois. J'espère qu'un fois de retour tu ne manqueras pas de faire un petit tour sur Nice de manière a ce que tu puisses m'en dire plus de vive voix. A bientôt et merci encore. Hervé Non, je ne me formalise pas si tu n'as pas le temps de me répondre et j'imagine que je te fatigue avec mes questions... En tout cas, je te lis avec de plus en plus de plaisir vu que tes comptes rendus sont de plus en plus poétiques et agréables. Surtout le dernier sur l'Himalaya: ça m'a fait un pincement au cœur de te savoir en un si beau lieu d'autant que jusqu'a présent, la plus belle chose que j'ai vu de ma vie, c'est ce lever de soleil sur le Kangchenjunga... Allez continue à me faire rêver, moi qui suis dans cette réalité ennuyeuse. J'espère que tu n'es pas trop fatigué et que tu t'alimentes bien. Prends soin de toi. Bisous. Julie Hé ! Oui il y a des jours comme ça où je suis particulièrement heureuse d'avoir de tes nouvelles et de me marrer toute seule devant mon ordi en les lisant. Quand je pense à tous nos petits soucis matériels du moment, ta pensée philosophique "une femme, une maison et des marmos" m'éclate ! J'ai l'impression que tu vis des moments exceptionnels et à toi. Je te remercie de nous les faire si souvent partager. Cela fait parfois rêver du bout du monde mais les détails calment très souvent ces envies quand comme moi on aime son confort minimum. Aussi pour le fin fond de la chine, je me contenterai d'admirer tes photos à ton retour. Malgré les petits tracas quotidiens, tout va bien et notre appart prend forme. Nous approchons de la fin et ta chambre (celle des amis) est presque prête! Cela ne nous empêchera pas de décompresser ensemble où que ce soit. A très bientôt. Nous attendons de te revoir avec impatience. Gros bisous. Isa & Laurent C'est génial, je garde tous tes textes pour que tu puisses publier un livre en les illustrant de tes photos. J'adore !!! Je voyage à fond !! C'est super, je t'envie à mort, même si je sais que je ne pourrai jamais au grand jamais faire ça !! Je suis à fond avec toi !! Vivement le prochain message. Raconte tout, tout !!! Gros bisous. Gaétane & Cédric
A bientôt.
Bonjour a tous
J'ouvre le post de cette croisiére du Msc Splendida qui partira de Shanghai dans 224 jours le temps encore pour échanger les bons plans .
Joyeuses Pâques
Mich74
Mich74
Je me suis lancée il y a peu dans mon premier carnet de voyage : tour de l’Allemagne en famille. Ce premier carnet a été plus simple à réaliser que prévu. Du coup, je me lance dans un carnet sur un séjour plus lointain, que je voulais réaliser depuis un moment
Avant toute chose, quelques mots de présentation. Ce carnet raconte un voyage en Chine effectué en septembre-octobre 2016. Je ne mentionnerai quasiment jamais de prix car ils ont pu varier.
Nous sommes un couple de trentenaires, encore sans enfant au moment de ce voyage. Nous aimons découvrir le monde et nous ne sommes pas du genre à rester des heures dans notre hébergement. Le matin on se lève, on petit-déjeune parfois, on prend nos affaires, on s'en va et on ne rentre que tard le soir. Quand nous arrivons en journée, on dépose rapidement les valises et on y va.
Nous ne sommes pas des backpackers vu que nous voyageons avec des valises rigides ;-) A l'usage je trouve ça bien plus pratique pour s'organiser et on peut transporter des choses fragiles. Nous préférons opter pour des logements confortables, en chambre double avec notre salle de bain, plutôt que des dortoirs. Le budget est plus élevé c'est sûr, mais on est plus en forme pour profiter de nos journées. On essaie un maximum de choisir des hébergements tenus par des locaux.
J'adore organiser des circuits pour nos vacances, prendre le temps de regarder ce qu'il y a à visiter, les endroits qui m'inspirent. A la fin, il y a toujours plus de choses à faire que nous avons de temps sur place, du coup je revoie mais objectifs à la baisse et je me lance dans les réservations. Mon conjoint, que j'appellerai ici P pour simplifier, n'est pas difficile et se laisse porter. Il agira sur place et dégainera son anglais alors que je ferai ma timide.
Bref, voici le planning de ces 21 jours en Chine. Je me suis concentrée sur la partie la plus accessible en transports terrestres une fois sur place (je stresse en avion, alors si on peut éviter et en plus limiter notre empreinte carbone, nous préférons). Nous sommes donc restés entre Beijing au nord, Xi'an à l'ouest, Yangshuo au sud et Shangaï à l'est. Nous avons essentiellement pris les trains à grande vitesse locaux. Nous sommes partis de mi-septembre à début octobre et pour éviter l'affluence dans les trains lors des vacances en Chine début octobre, nous avons décidé de rentrer sur Beijing juste avant et de visiter la ville à ce moment-là. Le reste plus en détails au jour le jour. Si vous voulez accéder à un jour en particulier, vous pouvez cliquer directement dessus, je mettrai les liens au fur et à mesure.

Avant de partir : les préparatifs pratiques Jour 1 et 2 : arrivée à Beijing (Pékin) Jour 3 : la grande muraille à Badaling Jour 4 : le train rapide Jour 4 (suite) : Pingyao Jour 5 : Xi'an Jour 5 (suite) : Xi'an Jour 6 : mont Huashan Jour 7 : transit vers Zhangjiajie Jour 8 : Zhangjiajie National Forest Park Jour 9 : Zhangjiajie, mont Tianmen Jour 9 (suite) : route vers Fenghuang Jour 10 : Fenghuang Jour 11 : trajet vers les rizières Longji Jour 12 : Longji Jour 12 (suite) : Longji Jour 13 : Yangshuo Jour 13 (suite) : Yangshuo Jour 14 : trajet vers Hangzhou Jour 15 : Hangzhou Jour 15 (suite) : Hangzhou Jour 16 : Shanghaï Jour 16 (suite) : Shanghaï Jour 16 (suite) : Shanghaï, soirée Jour 17 : Zhouzhuan Jour 18 : Suzhou Jour 19 : Suzhou et trajet vers Beijing Jour 20 : Beijing (Pékin), cité interdite Jour 20 (suite) : Beijing (Pékin), temple des lamas Jour 21 : Beijing (Pékin), temple du ciel Jour 21 (suite) : Beijing (Pékin), palais d'été Jour 21 (suite) : Beijing (Pékin), parc olympique Jour 22 : retour Conclusion
Concernant le budget, je n’ai plus les chiffres exacts mais voilà quelques infos : - billets Strasbourg-Francfort-Beijing avec Lufthansa environ 500€/personne - budget total sur place pour 21 jours un peu moins de 1 500€/personne (avec les souvenirs, boissons, …) - de mémoire la moyenne du budget hébergements doit être de 40€ par nuit pour deux - les trains rapides ne sont pas très chers, surtout comparés à l’Europe (prix sur trip.com) - les visites et entrées dans les parcs ne sont pas donnés, il faut prévoir un vrai budget. Il faut savoir qu’il faut souvent rajouter des frais annexes, parfois obligatoires, comme les bus internes ou les téléphériques. Notre budget visites est bien supérieur à notre budget transport sur place. - les repas ne coûtent vraiment pas cher sauf dans les grands restaurants renommés
Dernière précision importante, à chaque fois que je parlerai de touristes, il s’agit de touristes chinois. Nous n’avons croisé que très peu d’occidentaux. Nous avons même passé plusieurs jours sans en voir un seul.

Avant toute chose, quelques mots de présentation. Ce carnet raconte un voyage en Chine effectué en septembre-octobre 2016. Je ne mentionnerai quasiment jamais de prix car ils ont pu varier.
Nous sommes un couple de trentenaires, encore sans enfant au moment de ce voyage. Nous aimons découvrir le monde et nous ne sommes pas du genre à rester des heures dans notre hébergement. Le matin on se lève, on petit-déjeune parfois, on prend nos affaires, on s'en va et on ne rentre que tard le soir. Quand nous arrivons en journée, on dépose rapidement les valises et on y va.
Nous ne sommes pas des backpackers vu que nous voyageons avec des valises rigides ;-) A l'usage je trouve ça bien plus pratique pour s'organiser et on peut transporter des choses fragiles. Nous préférons opter pour des logements confortables, en chambre double avec notre salle de bain, plutôt que des dortoirs. Le budget est plus élevé c'est sûr, mais on est plus en forme pour profiter de nos journées. On essaie un maximum de choisir des hébergements tenus par des locaux.
J'adore organiser des circuits pour nos vacances, prendre le temps de regarder ce qu'il y a à visiter, les endroits qui m'inspirent. A la fin, il y a toujours plus de choses à faire que nous avons de temps sur place, du coup je revoie mais objectifs à la baisse et je me lance dans les réservations. Mon conjoint, que j'appellerai ici P pour simplifier, n'est pas difficile et se laisse porter. Il agira sur place et dégainera son anglais alors que je ferai ma timide.
Bref, voici le planning de ces 21 jours en Chine. Je me suis concentrée sur la partie la plus accessible en transports terrestres une fois sur place (je stresse en avion, alors si on peut éviter et en plus limiter notre empreinte carbone, nous préférons). Nous sommes donc restés entre Beijing au nord, Xi'an à l'ouest, Yangshuo au sud et Shangaï à l'est. Nous avons essentiellement pris les trains à grande vitesse locaux. Nous sommes partis de mi-septembre à début octobre et pour éviter l'affluence dans les trains lors des vacances en Chine début octobre, nous avons décidé de rentrer sur Beijing juste avant et de visiter la ville à ce moment-là. Le reste plus en détails au jour le jour. Si vous voulez accéder à un jour en particulier, vous pouvez cliquer directement dessus, je mettrai les liens au fur et à mesure.

Avant de partir : les préparatifs pratiques Jour 1 et 2 : arrivée à Beijing (Pékin) Jour 3 : la grande muraille à Badaling Jour 4 : le train rapide Jour 4 (suite) : Pingyao Jour 5 : Xi'an Jour 5 (suite) : Xi'an Jour 6 : mont Huashan Jour 7 : transit vers Zhangjiajie Jour 8 : Zhangjiajie National Forest Park Jour 9 : Zhangjiajie, mont Tianmen Jour 9 (suite) : route vers Fenghuang Jour 10 : Fenghuang Jour 11 : trajet vers les rizières Longji Jour 12 : Longji Jour 12 (suite) : Longji Jour 13 : Yangshuo Jour 13 (suite) : Yangshuo Jour 14 : trajet vers Hangzhou Jour 15 : Hangzhou Jour 15 (suite) : Hangzhou Jour 16 : Shanghaï Jour 16 (suite) : Shanghaï Jour 16 (suite) : Shanghaï, soirée Jour 17 : Zhouzhuan Jour 18 : Suzhou Jour 19 : Suzhou et trajet vers Beijing Jour 20 : Beijing (Pékin), cité interdite Jour 20 (suite) : Beijing (Pékin), temple des lamas Jour 21 : Beijing (Pékin), temple du ciel Jour 21 (suite) : Beijing (Pékin), palais d'été Jour 21 (suite) : Beijing (Pékin), parc olympique Jour 22 : retour Conclusion
Concernant le budget, je n’ai plus les chiffres exacts mais voilà quelques infos : - billets Strasbourg-Francfort-Beijing avec Lufthansa environ 500€/personne - budget total sur place pour 21 jours un peu moins de 1 500€/personne (avec les souvenirs, boissons, …) - de mémoire la moyenne du budget hébergements doit être de 40€ par nuit pour deux - les trains rapides ne sont pas très chers, surtout comparés à l’Europe (prix sur trip.com) - les visites et entrées dans les parcs ne sont pas donnés, il faut prévoir un vrai budget. Il faut savoir qu’il faut souvent rajouter des frais annexes, parfois obligatoires, comme les bus internes ou les téléphériques. Notre budget visites est bien supérieur à notre budget transport sur place. - les repas ne coûtent vraiment pas cher sauf dans les grands restaurants renommés
Dernière précision importante, à chaque fois que je parlerai de touristes, il s’agit de touristes chinois. Nous n’avons croisé que très peu d’occidentaux. Nous avons même passé plusieurs jours sans en voir un seul.

...Sur le Westerdam de Holland America Line
Bonjour et bienvenue à tous pour embarquer avec nous dans cette longue croisière !
C’est une fois de plus un itinéraire hors du commun, riche et varié qui a été la raison de notre choix pour cette croisière. Ajouter à cela un prix particulièrement attractif, 4800 euros la cabine extérieure, au milieu du bateau, pont 4, avec une grande baie vitrée fixe, pour 28 jours de croisière et de découvertes.
Deux semaines avant le départ les prix avaient encore baissés, et une cabine balcon était disponible à quelques cabines de celle que j’avais réservée pour à peine plus cher. J’ai demandé à payer la différence pour l’obtenir mais Un Ocean De Croisiere, l’intermédiaire de HAL en France a refusé. Pourtant les canadiens avec qui nous partons se sont vus proposer un « upgrade » par la compagnie. Autant dire que je n’étais pas très contente.
L’itinéraire :
Shanghai (Chine, 2 jours), Qingdao (Chine), Tianjin (Pékin, Chine, 2 jours), Nagasaki (Japon), Jeju (Corée du Sud), Séoul (Corée du Sud), Kagoshima (Japon), Shanghai (2 jours), Fukuoka (Japon), Busan (Corée du Sud), Naha (Okinawa, Japon), Ishigaki (Sakishima Islands, Japon), Hualien (Taiwan), Keelung (Taiwan), Kaohsiung (Taiwan), Manille (Philippines), Hong Kong (Chine)

La croisière commence le 17 février mais dès le 13 février nous partons pour Shanghai afin de profiter de quelques jours sur place pour découvrir la ville que nous ne connaissons pas et que j’ai hâte de voir.
Le dernier vol du soir à Marseille est bondé pour rejoindre les différents vols de nuit au départ de Roissy. Le vol direct depuis CDG pour Shanghai passe rapidement, après Auckland, Shanghai ne parait pas bien loin.
Dès notre arrivée dans l’aérogare nous sommes harponnés par un pseudo représentant des hôtels, il a les badges de plusieurs grandes chaînes épinglées sur sa veste et essaie de se faire passer pour le responsable des transferts des hôtels. Il m’enlève ma valise des mains et je suis obligée de courir pour le rattraper et la récupérer. Il essaie de nous vendre un taxi à 850 ¥ (110€), beaucoup trop cher, ce n’est pas le prix que j’ai vu sur le net avant de partir.
Nous arrivons à nous en débarrasser et aussitôt un autre nous accoste avec le même procédé, cette fois c’est 550 ¥ rapidement tombés à 350 ¥ mais je cramponne ma valise et nous le semons dans les escalators.
Pour finir nous arrivons à trouver un stand officiel de taxi à l’extérieur où le prix est de 340 ¥ (44€), il y a aussi des taxis à prendre librement mais je suis méfiante. J’ai par la suite appris que c’était au minimum 320 ¥ quand on quittait l’aéroport pour aller en ville.
Tout au long de notre séjour nous avons à de multiples reprises pris les taxis qui fourmillent dans la ville. Ils fonctionnent très bien, avec un compteur et le prix est modique. Nous n’avons jamais eu aucun problème. Mais quand on arrive à l’aéroport ou pour aller au terminal de croisière, c’est une autre histoire…
Nous arrivons à notre hôtel à 20h45, c’est un Hôtel Boutique superbe. Une rose et des chocolats nous attendent dans la chambre qui est immense et très belle. Des « snacks » sont offerts gracieusement tous les soirs de 22h à 23h30. En réalité c’est un petit repas composé de soupe, de riz et de pâtes cuisinées à la chinoises, le tout très bon. Des boissons sont disponibles, dont du thé à la rose délicieux.
Bonjour et bienvenue à tous pour embarquer avec nous dans cette longue croisière !
C’est une fois de plus un itinéraire hors du commun, riche et varié qui a été la raison de notre choix pour cette croisière. Ajouter à cela un prix particulièrement attractif, 4800 euros la cabine extérieure, au milieu du bateau, pont 4, avec une grande baie vitrée fixe, pour 28 jours de croisière et de découvertes.
Deux semaines avant le départ les prix avaient encore baissés, et une cabine balcon était disponible à quelques cabines de celle que j’avais réservée pour à peine plus cher. J’ai demandé à payer la différence pour l’obtenir mais Un Ocean De Croisiere, l’intermédiaire de HAL en France a refusé. Pourtant les canadiens avec qui nous partons se sont vus proposer un « upgrade » par la compagnie. Autant dire que je n’étais pas très contente.
L’itinéraire :
Shanghai (Chine, 2 jours), Qingdao (Chine), Tianjin (Pékin, Chine, 2 jours), Nagasaki (Japon), Jeju (Corée du Sud), Séoul (Corée du Sud), Kagoshima (Japon), Shanghai (2 jours), Fukuoka (Japon), Busan (Corée du Sud), Naha (Okinawa, Japon), Ishigaki (Sakishima Islands, Japon), Hualien (Taiwan), Keelung (Taiwan), Kaohsiung (Taiwan), Manille (Philippines), Hong Kong (Chine)

La croisière commence le 17 février mais dès le 13 février nous partons pour Shanghai afin de profiter de quelques jours sur place pour découvrir la ville que nous ne connaissons pas et que j’ai hâte de voir.
Le dernier vol du soir à Marseille est bondé pour rejoindre les différents vols de nuit au départ de Roissy. Le vol direct depuis CDG pour Shanghai passe rapidement, après Auckland, Shanghai ne parait pas bien loin.
Dès notre arrivée dans l’aérogare nous sommes harponnés par un pseudo représentant des hôtels, il a les badges de plusieurs grandes chaînes épinglées sur sa veste et essaie de se faire passer pour le responsable des transferts des hôtels. Il m’enlève ma valise des mains et je suis obligée de courir pour le rattraper et la récupérer. Il essaie de nous vendre un taxi à 850 ¥ (110€), beaucoup trop cher, ce n’est pas le prix que j’ai vu sur le net avant de partir.
Nous arrivons à nous en débarrasser et aussitôt un autre nous accoste avec le même procédé, cette fois c’est 550 ¥ rapidement tombés à 350 ¥ mais je cramponne ma valise et nous le semons dans les escalators.
Pour finir nous arrivons à trouver un stand officiel de taxi à l’extérieur où le prix est de 340 ¥ (44€), il y a aussi des taxis à prendre librement mais je suis méfiante. J’ai par la suite appris que c’était au minimum 320 ¥ quand on quittait l’aéroport pour aller en ville.
Tout au long de notre séjour nous avons à de multiples reprises pris les taxis qui fourmillent dans la ville. Ils fonctionnent très bien, avec un compteur et le prix est modique. Nous n’avons jamais eu aucun problème. Mais quand on arrive à l’aéroport ou pour aller au terminal de croisière, c’est une autre histoire…
Nous arrivons à notre hôtel à 20h45, c’est un Hôtel Boutique superbe. Une rose et des chocolats nous attendent dans la chambre qui est immense et très belle. Des « snacks » sont offerts gracieusement tous les soirs de 22h à 23h30. En réalité c’est un petit repas composé de soupe, de riz et de pâtes cuisinées à la chinoises, le tout très bon. Des boissons sont disponibles, dont du thé à la rose délicieux.
Voici le compte rendu d'une croisière à bord du Mariner of the Seas (compagnie Royal Caribbean), effectuée du 14 au 19 avril 2017 au départ de Shanghai. Nous sommes restés deux nuits à Shanghai avant d’embarquer.
Les escales sont les suivantes : - SHANGHAI (Chine) - en mer - FUKUOKA (Japon) - KUMAMOTO(Japon) - en mer - SHANGHAI (Chine)
Je souhaite préciser que cet itinéraire n’était pas celui que nous avions réservé initialement (Shanghai, Jeju island, Busan, Kumamoto, en mer, Shanghai) mais cinq semaines avant le départ la Royal Caribbean a modifié l’itinéraire et a supprimé les deux escales coréennes et en a rajouté une au Japon…
Le but de ce compte rendu est d’aider les personnes qui comme nous préparent les visites avant le départ pour faire le maximum de choses par soi-même (sans acheter les visites proposées par le bateau) pour passer de belles vacances tout en restant raisonnable côté budget ! Bien entendu la compagnie propose des excursions pour ceux qui préfèrent se laisser guider et qui acceptent de payer le prix fort. Vous trouverez aussi des informations sur le bateau en lui-même.
Le compte rendu est organisé par partie : - explication sur l’exemption de visa pour la chine (le fameux 144h !), - précisions sur l'avant croisière et nos 2 jours de visite sur Shanghai, - détails de toutes les escales - précisions sur le bateau (restauration, excursions, spectacles...), - précisions sur la fin de croisière (débarquement) - la dernière journée de visite sur Shanghai, - le retour, - une partie budget. Bien entendu ce compte rendu n’engage que nous et n’est le reflet que de notre voyage et de nos centres d’intérêt.
Des sites internet très utiles pour préparer son voyage : - Google maps permet d’avoir des plans, permet de planifier ses trajets en métro (entre l’aéroport et l’hôtel par exemple ou entre l’aéroport et le port ou les choses intéressantes à visiter) - cruisemapper permet de situer l’emplacement du port, car avant de prévoir quoi voir il faut encore savoir où se situe le bateau ! - benenofukuoka est le blog d’une française habitant à Fukuoka. Son site est une réelle pépite pour Fukuoka mais aussi pour Kumamoto. - nishitetsu est le site officiel des transports pour Fukuoka , vous y trouverez les horaires et plan pour le bus et le train notamment en anglais.
🙂L’EXEMPTION DE VISA DE 144H POUR SHANGHAI
Voilà ce qui nous a empêché de dormir pendant plusieurs nuits… ! En version simplifié, un passager de croisière a le droit de bénéficier d’une exemption de visa d’une durée de 144h s’il vient d’un pays A (la France) et que sa destination finale est un pays B (le Japon ici), il est considéré en transit à Shanghai. Depuis janvier 2016 cette exemption a été allongée en durée (72h à 144h) et détail important elle ne concerne plus seulement les passagers prenant l’avion mais aussi les croisiéristes. Vous devez avoir sur vous impérativement la facture ou votre carnet de bord mentionnant l’itinéraire du bateau ainsi que les billets d’avion retour en version papier.
Cette exemption étant récente, personne n’est vraiment au courant… Voilà ce qui pour nous à alimenter la peur d’être refoulés à l’embarquement à Nice (comme j’avais pu lire sur certains témoignages !). Nous avons contacté Air France par mail (jamais de réponse) puis par téléphone (comment perdre 8€ pour rien) pour finalement entendre qu’ils n’étaient pas responsables si on n’avait pas de visa et qu’ils ne vendaient pas de billet de bateau… La compagnie aérienne China Eastern line n’était pas au courant non plus (compagnie aérienne basée à Shanghai quand même… !). L’ambassade de Chine est injoignable par téléphone ni par mail… L’ambassade de France à Shanghai n’a pas d’adresse mail ! Royal Caribbean m’a vaguement répondu que si l’immigration nous laissait passer, eux n’exigeait pas d’autres documents, bien entendu ils n’ont pas voulu me fournir un document écrit. J’ai lu sur des forums que d’autres compagnies de croisière exigent toujours des visas alors vérifiez bien avant de réserver vu le montant du visa pour la Chine et la démarche pas vraiment simple pour l’obtenir si on habite loin de Paris… Finalement, je vais rassurer ceux qui ne dorment pas depuis plusieurs nuits ou hésitent à réserver une croisière Royal Caribbean ou leur vol… Pour prouver nos droits, nous avions imprimé plusieurs documents attestant de cette exemption de visa (l’alliance skyteam dont air France et china eastern font partie, ministère des affaires étrangères, le site officiel du tourisme de Shanghai, et surtout l’immigration de Shanghai : http://sh-immigration.gov.cn/listPageEn.aspx?lx=40&id=4421 ). En fait nous n’avons pas eu besoin de les montrer.
Jour J, une nuit de plus à ne pas dormir, la fameuse peur que le réveil ne sonne pas… et toujours ce fichu visa ! Départ depuis Nice et là grande surprise, personne au comptoir d’Air France… Nous nous enregistrons donc sur des machines 2h avant le départ. On ne s’attendait pas à ça ! On retrouvera nos valises directement à Shanghai même si nous faisons escale à Paris. On passe comme d’habitude les contrôles et on se retrouve dans l’avion… Ni contents, ni rassurés car cette histoire d’exemption nous trotte toujours dans la tête… Concrètement juste avant l’arrivée à Shanghai, on nous a donné un formulaire dans l’avion qui finalement ne sert à rien de compléter. En sortant de l’avion, dans le hall, et avant de prendre vos valises, vous aller passer l’immigration. Un guichet tout à droite est spécialement prévu et bien indiqué en gros « 24h,144h transit ». Il n’y a pas foule ! Vous vous présentez à ce guichet en montrant la facture du bateau avec l’itinéraire. Dans notre cas on a aussi montré la facture de l’hôtel pour expliquer qu’on restait 2 nuits sur place avant de prendre le bateau. Ils parlent anglais et comprennent mais prennent bien le temps de lire tous les documents qu’on donne. Le douanier nous donne un papier bleu à remplir par personne. Et oh miracle (ceux qui cherchent des informations à ce sujet comprendront pourquoi j’écris « oh miracle » !) on obtient le fameux stickers collé sur notre passeport qui nous autorise à rester sur Shanghai pendant 6 jours. La procédure est un peu longue car ils ont photocopié les documents de la croisière et nos passeports. Derrière nous il y avait un couple de français qui prenait le quantum qui partait le jour même et eux ils ont obtenu un visa de transit de 24h gratuitement aussi.
🙂PRECISIONS SUR L'AVANT CROISIERE (vols, visite de Shanghai sur 2 jours complets, trajet jusqu’au port)
Départ le mardi 11 avril à 8h depuis Nice. Vol effectué sur Air France en deux fois : Nice-Paris puis Paris-Shanghai, sans changement d’aéroport. Nous nous étions gardés 3h30 d’escale à Paris pour pouvoir tranquillement changer de terminal et surtout ne pas être pris au dépourvu si on nous modifiait les horaires de vol (ce qui a été le cas mais de 5 minutes alors rien de bien grave !). Rien à redire concernant Air France, repas correct, oreiller et couverture pour le long courrier, film en français… Arrivée à Shanghai à 7h55 le matin du mercredi 12 avril.
Arrivé à l’aéroport, après avoir passé l’immigration puis récupéré nos valises, nous sommes partis à la recherche d’un ATM pour sortir de l’argent. Pour donner une indication, car cela est variable selon les banques, on a retiré 411€ et on a perdu 15€ de frais. On a comparé et c’est bien plus avantageux que de changer sur place (aéroport ou même en ville d’ailleurs). Après cela dépend de votre banque et du montant retiré car c’est un part fixe plus un pourcentage du montant retiré.
Nous avons effectué le trajet entre l’aéroport et l’hôtel en maglev (train magnétique roulant à 431km/h !) puis métro. On a acheté un one day pass avec maglev (environ 7€50 par personne) pour pouvoir faire un trajet en maglev puis en illimité pour le métro pendant 24h (et pas jusqu’à minuit, réellement 24h à partir du moment où on le valide). Vous pouvez aussi acheter un one day pass sans maglev (1€65 envrion par personne). Se déplacer en métro est facile, par contre il scanne les sacs à dos et valise à chaque station donc on perd 2 minutes mais rien de bien méchant. Côté fréquentation, parfois c’est presque vide, parfois il ne faut pas être agoraphobe ! Tout dépend de l’heure et de la station de métro.
Nous avons choisi l’hotel phoenix situé 17 South Yunnan Road, Near east yan`an Road, Huangpu. 97€ pour deux nuits sans petit déjeuner. L’hôtel a un bon rapport qualité prix, chambre propre, non fumeur. Il est idéalement placé pour visiter le yu-garden, le bund, à 5min du métro ! Situé dans une rue avec beaucoup de petits restaurants dont un communiquant avec l’hôtel (avec images pour choisir ce qu’on mange!) et une supérette au coin de la rue (parfait pour l’eau notamment). Rue très calme pour dormir. C’est simple et efficace et très très bien placé surtout. Quartier où on s’est senti en sécurité. Gros point positif, notre vol arrivant à 8h nous avons aussi sélectionné cet hôtel pour le fait de pouvoir déposer les valises dès 10h, et pareil le jour du départ on pouvait les laisser jusqu’à 12h pour pouvoir visiter un peu avant de prendre le chemin du port…
😏Jour 1 : SHANGHAI
Le programme de la journée était le suivant : visiter le jardin Yu garden, traverser le pont avec des angles, voir le temple du dieu de la ville, marcher le long du Bund, marcher sur Nanjing road puis revenir à l’hôtel en métro, faire une petite sieste (obligatoire après plus de 16h de trajet), puis voir le bund de nuit.
météo : beau et chaud, un ciel sans nuage ! Au soleil en manches courtes, à l’ombre on sortait le petit gilet polaire…Parfait pour faire du tourisme.
Après avoir déposé nos valises à l’hôtel vers 10h, nous avons marché jusqu’au quartier du Yu garden. C’est un endroit très touristique qui concentre beaucoup de petits commerces pour touristes, le jardin traditionnel et le temple du dieu de la ville. Nous avons visité le temple (10 rmb), joli mais pas très grand finalement, parfait pour commencer notre périple asiatique. Nous avons ensuite traversé la foule pour apercevoir le pont avec les angles droits, impossible à traverser tellement il était bondé… Le Yu garden (40 rmb soit 5€30) était plus calme. Le jardin est très joli, vraiment inhabituel pour nous, très vaste, un véritable labyrinthe. On a bien dû mettre 1h pour le visiter. Nous avons ensuite mangé dans un petit restaurant, avec des photos et des prix affichés clairement. Pour 60rmb à deux (8€), ce n’était pas cher pour un lieu si touristique.
Depuis le jardin, direction le bund. La ligne de métro n’étant pas à côté, nous avons marché pendant un très long moment tout le long de la yuangpu river. On s’est posé devant la fameuse vue de Shanghai : le Bund ! Puis nous avons marché sur nanjing road qui est une immense rue commerçante où l’on retrouve les grandes marques internationales (peu d’intérêt à nos yeux mais de toute façon c’était le chemin du retour à l’hôtel). Nous avons pris le métro (pour une station !) pour revenir à l’hôtel.
Vers 17h nous étions à l’hôtel pour pouvoir se reposer un petit peu afin de pouvoir ressortir à la tombée de la nuit.
Un peu plus reposés, nous sommes repartis vers le Bund à pied, puis nous avons à nouveau marché sur nanjing road. La nuit c’est différent. Le Bund est magique de nuit comme de jour. Pour notre première soirée nous avons mangé au restaurant de l’hôtel, très bon et pas cher et super copieux ! Environ 50 rmb (6€60) pour nous 2. Heureusement qu’on n’avait plus que 2 étages à monter car après avoir mangé pour quatre, on n’aurait pas pu traverser toute la ville !
bilan de notre journée: Une première journée riche en découverte, entre tradition (temple et jardin) et modernité (la vue du Bund et la nanjing road). Et le plaisir de manger local en plus !
😏jour 2 : SHANGHAI
Le programme de la journée était le suivant : visiter le village d’eauZhujiajiao donné pour 1h de bus depuis Shanghai, revenir sur Shanghai pour visiter les temples Longhua et Jing’an (finalement pas visité par manque de temps) puis se promener dans l’ancienne concession française.
météo : beau et chaud, comme le jour précédent ! Un vrai régal…
Après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner au lit rapide nous sommes partis à la recherche de l’arrêt de bus (à 15 minutes à pied de l’hôtel). Premier défi de la journée car c’est un bus que seuls les locaux prennent, sans numéro. L’arrêt de bus se situe près de l’intersection de la rue Pu'an et de la rue Jinling mais sur la rue Pu’an (côté parc). Le bus est rose et part toutes les 30 minutes (de 6h à 21h). Voici le nom de la ligne : Huzhu Express Line: HuZhu GaoSu KuaiXian 沪朱高速快线. Le billet de bus coute 12 rmb (envrion 1€60) par personne et par trajet, la personne demande le paiement pendant le trajet. Nous avons attrapé celui de 8h en courant un peu comme des sauvages car au début nous n’étions pas sur la bonne rue et les contrôleurs d’un autre bus nous ont montré qu’on devait revenir sur nos pas et tourner ! Heureusement que j’avais le nom de la ligne en chinois pour pouvoir leur montrer… Il restait deux places dans le bus, juste parfait pour nous ! Le bus était rempli par les locaux, ils nous ont regardés comme deux extra-terrestres… Le papy à côté de mon mari a essayé d’entamer la conversation en chinois, il nous a montré des photos du village d’eau, a pris nos documents pour les regarder. Drôlement curieux mais pas méchant. 1h30 plus tard nous arrivons, il s’agit du terminal du bus (il fait d’autres arrêts avant), impossible de se tromper. Il faut suivre la sortie piétonne, traverser la route, aller vers la gauche puis sur la droite en direction du parking pour les voitures. Tourner à gauche en longeant les petits commerces puis la première à droite, vous trouverez l’office du tourisme de Zhujiajiao sur votre droite. Surtout ne pas trop les déranger trop tôt, car quand j’y suis rentrée elles étaient trois, les trois plongées sur leur smartphone. Pour visiter le village vous avez plusieurs options. Soit tout faire en marchant, soit acheter un pass (3 pass possibles à différents prix pour pouvoir accéder à plus ou moins de lieux). Il vous donne une carte si vous choisissez un pass payant. Si vous voulez visiter simplement en deux ou trois heures en déambulant tranquillement je vous conseille d’imprimer une carte avant de partir ! Il y a bien une carte affichée à côté de l’office du tourisme mais elle n’est pas terrible côté précision. Finalement on continue notre chemin en suivant un peu les locaux et 5 minutes après nous sommes au pied du plus grand pont, le symbole souvent pris en photo. Le site en lui-même est assez étendu et si vous marchez un peu en dehors des quelques rues commerçantes principales comme nous (pour voir la véritable vie locale), il faut bien compter 3h pour visiter ce village encore habité. C’est une petite Venise chinoise où vous ne ferez sans doute pas les meilleurs affaires côté commerce mais vous avez l’embarras du choix (alimentaire, cosmétique, tissu, bazar…). Vous pouvez aussi faire un tour en barque.
Nous avons mangé dans un petit restaurant musulman situé en face du terminal des bus. En fait ce qui a attiré notre regard c’est que quelqu’un étirait la pâte pour faire (on a compris ensuite) des nouilles, on s’est arrêté pour regarder et finalement on est entré pour manger, là au moins ce n’était pas pour les touristes ! On est monté à l’étage, même avec des photos on avait bien du mal à savoir ce qu’on allait manger alors on a entamé la conversation avec notre voisin de table qui parlait anglais. C’est en demandant quel plat il fallait demander pour avoir des nouilles et de la viande qu’on a su que c’était un restaurant musulman (j’ai mis les pieds dans le plat en demandant s’il y avait du porc… je ne pouvais pas deviner !). On a pris un potage tout simple et un plat en sauce avec des nouilles et de l’agneau, le tout pour 25 rmb (soit 3€40 pour deux) ! Un vrai régal ! Dans le potage les nouilles étaient très fines, dans le plat plus épaisses, délicieuses dans les deux cas, et très copieux. On conseille, on envoie même la photo du restaurant si vous êtes intéressés, car c’était vraiment délicieux et à un prix défiant toute concurrence.
Vers 13h nous avons pris le bus en sens inverse, retour vers Shanghai. Seul petit problème, tous les bus présents dans le terminal étaient roses et aucun n’avait le nom qui correspondait à ce que j’avais sur mon papier… alors on a dû demander aux passagers en montrant le nom en chinois avant de trouver le bon bus (pas de conducteurs au volant avant le départ). C’est le système D…! Le trajet a duré 1h40, c’est très embouteillé sauf en pleine ville où c’est presque vide et extrêmement silencieux (voitures et scooters électriques pour la plupart). C’est dangereux quand on traverse, il faut bien ouvrir les yeux et ne pas se fier aux bruits…
Vu l’heure de retour et en sachant que les temples ferment à 16h30 ou 17h nous ne pouvions plus visiter les deux temples, nous avons choisi de voir le plus authentique (d’après les commentaires dans les guides touristiques) : Longhua. Nous avons pris le métro (one day pass à 18 rmb soit 2€40 par personne) pour environ 45 minutes de trajet. Se déplacer en métro ne coute quasiment rien, surtout qu’on utilisera ce même pass pour aller jusqu’au port le lendemain !
15h30 c’est le début de la visite du temple. On y restera 1h. Le lieu est grand et désert, parfait pour les photos ! C’est un joli temple arboré, la pagode à l’entrée est splendide tout comme la grande porte. On change d’univers en traversant les nuages d’encens à l’entrée. Le prix est de 10rmb (1€30).
On reprend le métro pour se diriger vers l’ancienne concession française. On marchera 2h entre Yan’an road et l’arrêt de métro Xintiandi en passant par Fuxing park. Les rues sont arborées ce qui donne du charme à ce quartier. On y trouve une partie avec des petits commerces hauts de gamme puis autour de l’arrêt de métro un grand centre commercial luxueux (sauf au sous-sol où on a un petit super marché haut de gamme tout de même). Quartier sans grand intérêt à nos yeux. Il y a la possibilité de voir ce grand quartier à vélo, d’ailleurs on peut visiter Shanghai entièrement à vélo car il y a des vélos en location dans toutes les rues, les vélos sont récents. Après il ne faut pas avoir peur du danger…
Nous rentrons en métro à l’hôtel, et nous cherchons un restaurant pour diner. On mangera finalement dans la rue de l’hôtel, dans un petit restaurant où de nombreux chinois font la queue (c’est souvent bon signe !). Le cuisinier fait frire sur le trottoir des tranches de porc pané dans une immense friteuse (très propre par contre). En fait il faut d’abord payer (soit en espèce soit en scannant un code avec son smartphone), on récupère un jeton puis on fait la queue. Quand on est arrivé à la caisse très sommaire le jeune homme nous a montré des photos de plusieurs plats, on a choisi le porc pané avec du riz « rice vegetable » et j’ai montré des raviolis (dumpling). Depuis la veille on voyait un peu partout des personnes en train de les farcir puis de les former alors on voulait gouter. On ne savait pas trop s’ils allaient arriver frits ou en bouillon, et finalement c’était en bouillon, peu gouteux, bon mais pas transcendant, tout dépend de la farce en fait. Le porc pané était très bon et croustillant, le riz est arrivé avec des légumes asiatiques cuisinés sautés, très bon et équilibré, et une fois encore super copieux pour les deux plats et pour pas cher.
bilan de notre journée: Une deuxième journée superbe. Le village d’eau est très joli et authentique si on se donne la peine d’aller plus loin que les rues très touristiques, le lieu a beaucoup de charme. Le temple Longhua est lui aussi très beau, bien plus vaste et plus vert que le temple vu la veille (du dieu de la ville). La partie concession française est inutile à voir (ce n’est que notre avis bien sûr). On a aussi pris beaucoup de plaisir à déguster des plats traditionnels comme les nouilles notamment.
😏jour 3 : SHANGHAI + embarquement à bord du Mariner of the seas
Au programme aujourd’hui : visite rapide du musée de Shanghai, changer des rmb en monnaie japonaise, se rendre au port pour embarquer.
météo : encore beau et chaud, vraiment idéal !
Petit déjeuner pris, en route pour le musée de Shanghai, à pied depuis l’hôtel… Encore une fois la situation de l’hôtel était vraiment parfaite. Le musée ouvre à 9h et est gratuit. On vous conseille d’attendre du côté de la fontaine car il y a beaucoup moins de monde qu’à l’entrée principale située exactement à l’opposé. En 1h nous avons visité le musée en entier d’un pas normal mais sans lire toutes les étiquettes non plus…. Le musée est intéressant, la partie concernant l’écriture est magnifique. Vous trouverez un plan en français au rez de chaussée.
Direction la bank of china, située pas très loin, car les taux étaient très bas pour convertir des yuans en yen japonais. Pour vous donner une idée, on a transformé 869 rmb en 14 000 yen, on a perdu 0€65… pour environ 115€ ! C’est juste un peu long, environ 20 minutes car ils photocopient le passeport et demande beaucoup d’information et la personne avait du mal car on n’avait pas d’adresse à lui donner vu qu’on prenait le bateau le jour même.
10h15 Retour à l’hôtel, on récupère nos valises et c’est parti pour le métro. Le trajet par google map est donné pour un peu moins de 2h. Ligne 8 puis ligne 3 jusqu’à Baoyang road. Au fur et à mesure on récupère du monde avec des valises, tout le monde va au port ! A la sortie du métro, sur votre gauche à côté du parking à scooter et vélo vous avez un arrêt de bus. Il s’agit d’un bus local qui récupère tous les passagers et qui va jusqu’à l’entrée du port. On a bien attenu 25 minutes avant qu’il n’arrive, et autant vous dire qu’il faut faire vite pour descendre du métro sinon vous attendrez le suivant. Le trajet coute 2 rmb (25c, la ruine !) à payer en entrant dans le bus. En arrivant au port, il faudra trainer les valises sur 1km environ, en marchant sur le côté gauche du pont.
12h30 c’est l’arrivée devant le bateau. Il y a des chinois partout, ça court, ça parle fort, ça se bouscule… On est loin de l’américain civilisé ! Sans vouloir faire de cliché bien sûr. On dépose nos valises puis on cherche où doit-on s’enregistrer. En fait on traverse d’abord un petit bâtiment plein à craquer mais qui semble ne pas nous concerner, on a cru comprendre que ce sont des bureaux non permanents des agences de voyage du coin qui ont vendu la croisière (beaucoup de chinois portent les colliers avec le nom des agences dessus). Finalement on se dirige vers la file pour les membres qui passent en priorité (on est membres emerald) et là on se retrouve coincé derrière une mamie en fauteuil roulant, en fait toute la famille veut embarquer en priorité avec elle (plutôt que de faire 2h d’attente on peut comprendre) donc ça hurle pour passer en force… Un membre du personnel nous prend en charge en voyant notre tête d’européen et nos papiers de réservation et nous amène directement au comptoir d’enregistrement. Je ne suis pas spécialement pour les privilèges mais là pour le coup passer devant tout le monde on a apprécié car le bâtiment était vraiment rempli ! On comprend pourquoi ils construisent deux autres énormes bâtiments (peut-être d’autres terminaux plus adaptés ?). Finalement on nous demande comme d’habitude nos passeports, mais aussi plus étonnant nos billets d’avion retour. On nous fait une photocopie des passeports en nous expliquant que c’est pour le Japon. On nous donne nos sea pass et c’est parti pour l’immigration. A nouveau on doit remplir un papier pour quitter la chine, ils inscrivent la date de départ sur le 144h obtenu à l’aéroport. La procédure est longue, ils observent minutieusement les billets d’avion retour. Oui oui, promis on quitte la Chine… ! On monte sur la passerelle, ultime contrôle, le personnel prendra des photos de nos billets d’avion retour puis vérifiera encore notre 144h… et nos passeports sont confisqués, et enfin nous voilà à bord ! Soulagement, c’est le début de « la suite des vacances »… ! Pour information il existe pour ceux qui arrivent le jour même, une navette Royal Caribbean entre l’aéroport et le port.
A peine arrivés à bord, nous déposons nos sacs à dos et allons directement à la salle à manger pour savoir où est notre table pour le restaurant du soir. En temps normal le numéro est inscrit sur la sea pass et ils essaient autant que possible de faire par langue, donc entre francophones. La salle est vide, on déambule et on rencontre finalement un responsable de salle qui nous dit que sur cette croisière les tables ne sont pas attribuées et qu’il faut venir à 20h pour choisir sa table… On revit alors la cohue de l’embarquement et on se dit « non ça risque d’être trop le bazar… » On tente alors un étage plus haut et on rencontre un autre chef de salle qui vient tout de suite nous voir. On lui dit qu’on ne parle pas chinois (il aurait pu s’en douter…) et qu’on souhaiterait une table pour deux, on lui explique également qu’il y a deux ans nous étions déjà à bord du Mariner of the seas et qu’on était sur une petite table pour deux, vraiment parfaite, située au pont 3 dans une petite salle… Qui ne tente rien n’a rien ! Et il nous regarde avec un grand sourire, et nous répond « ok no problem ! » et on descend pour noter le numéro de table sur notre sea pass. En ressortant de la salle on s’aperçoit alors que cette petite salle est réservée aux personnes qui ont des suites… ce qui n’est pas notre cas ! On ne sait pas si ce geste a été fait car on a une tête d’européen ou s’il a vu sur notre sea pass qu’on était membres emerald (je les avais dans les mains).
On monte alors au windjammer pour se restaurer. Le buffet est plein mais on trouve encore deux places. C’est copieux, très variés, très orientés asiatique pour certains plats (ce qui nous convient mais qui peut déplaire si on n’aime pas). On retrouve les classiques : hot dog, hamburger, frites, des plats en sauce, un morceau de bœuf grillé à la découpe, des crudités, des salades, des desserts, des fruits, du pain…
Après midi farniente…et installation dans notre modeste cabine !
Le lendemain, premier jour en mer, est très appréciable après nos visites sur Shanghai, un jour à rien faire cela repose un peu. Pour ceux qui arrivent le jour même, le premier jour en mer doit également être apprécié pour se remettre des 7h de décalage horaire avec le Japon (6h avec Shanghai). Le temps est vraiment brumeux, on ne voit pas la mer depuis le pont 12… !
🙂LES ESCALES
😏FUKUOKA 7h00 - 19h00 Le bateau est amarré en pleine ville, c’est difficile de faire mieux pour visiter par soi-même !
météo : beau et chaud, un ciel toujours sans nuage ! Encore une superbe journée.
Au programme de la journée : visiter Dazaifu dont deux de ses temples (Komyozenji et Tenmangu), rentrer sur Fukuoka pour visiter les ruines du château situées dans le parc Mazairu , le jardin japonais situé dans le parc Ohori et le parc en lui-même puis visiter les temples Tôchôji, Shôfukuji et Jotenji situés à Fukuoka.
Après un bon petit déjeuner (interdiction de sortir autre chose d’un point de vue alimentaire que des bouteilles d’eau du bateau en débarquant au Japon), nous descendons les escaliers tranquillement en direction de la sortie. Un membre d’équipage placé devant les escaliers nous arrête et nous demande si nous sommes des passagers… On trouve la question étrange mais finalement on explique que oui et que nous souhaitons descendre du bateau, elle nous laisse passer.
Nous débarquons du bateau en premier, nous rentrons dans le terminal d’un pas déterminé. On nous prend la température : 34°C pour mon mari, 35°C pour moi, l’officier a bien vu que son thermomètre a un petit problème mais il nous laisse passer ! On nous colle une grosse étiquette au dos de la photocopie du passeport (à faire chez soi, ou à demander à l’embarquement à Shanghai). Puis finalement on nous donne deux chaises et on nous demande d’attendre. En fait les japonais qui sortent du bateau d’une manière définitive sont prioritaires donc on attend sagement… Personne ne passera devant nous, en voyant les chinois arriver en masse, on demande alors si nous pouvons passer et on nous dit que oui. Finalement on passe officiellement l’immigration, les sacs sont fouillés.
Il faut savoir que pour pouvoir sortir du bateau à Kumamoto il est impératif de passer l’immigration à Fukuoka (avant 9h de mémoire) car pour le moment (projet en cours d’après les explications d’un membre d’équipage) à Kumamoto il n’y a pas de bâtiment pour l’immigration, on descend directement sur le quai.
Nous sortons du bâtiment vers 7h30 et nous cherchons où acheter les pass pour la journée (bus et métro illimités + un aller-retour en train). Il faut sortir du bâtiment, longer le parking du bus et rentrer dans le bâtiment situé à votre droite en sortant du bateau.
A l’accueil, ils vendent des pass à la journée (soit que bus et métro illimités à 820Y ,6€75, soit bus et métro illimités + un trajet aller-retour en train pour visiter le site de Dazaifu à 1340Y, 11€ environ) mais aussi des tickets à l’unité. Il faut bien faire le calcul avant d’acheter le one-day pass pour vérifier que c’est rentable, dans notre cas il a été largement amorti. Le trajet simple pour se faire déposer au centre ville coute 190Y. Le train pour aller à Dazaifu coute 800Y aller-retour. Le choix du pass se justifie pas le prix mais aussi par la simplicité d’utilisation, il faut simplement montrer au chauffeur du bus, ou au personnel avant d’accéder au quai (métro ou train). Pas besoin de manipuler de la monnaie à chaque fois qu’on sort du bus (on entre par le milieu du bus, on sort devant et on paie en sortant).
On prend donc le bus pour aller jusqu’à Tenjin Kita. Pendant le trajet nous discutons avec deux chinoises qui descendent elles aussi du bateau et veulent aller à Dazaifu mais ne savent pas comment faire, du coup on fait le voyage à 4. On a bien rigolé car elles pensaient qu’on était des danseurs sur le bateau (la veille il y a avait un superbe spectacle avec des danseurs et des chanteurs de type européen). A quatre nous cherchons la gare puis les quais. La gare est immense (boutiques, restaurants, arrêt de métro, quais pour les trains…) et est organisée sur plusieurs niveaux. Tout est bien indiqué en anglais et avec des petits dessins. Par contre pour facilement identifier le bon train et le bon quai on a utilisé les horaires car c’était la seule chose d’écrite qu’on pouvait comprendre ! Le trajet en train dure 35 minutes et il y a un changement à faire, c’est bien indiqué si on a pris le temps avant d’identifier la bonne ligne. Il faut savoir qu’il y a trois types de train qui font le trajet entre la gare et dazaifu (avec plus ou moins d’arrêt).
Arrivés sur place, nous traversons la rue commerçante de Dazaifu. On observe les stands qui font les fameux petits beignets fourrés à la pâte de haricot rouge sucrée. Un beignet coute 120Y (1€), c’est bon et vraiment différent de ce qu’on mange habituellement. Il y a beaucoup de stand et beaucoup de monde sur le site en lui-même. Sur le site il y a beaucoup de temple, plus ou moins grands. Nous avions décidé de voir les deux principaux : le Komyozenji et le Tenmangu. Le deuxième est le plus grand et le plus connu. Vous traverserez trois ponts pour le visiter, c’est très joli. Le komyozenji est plus petit et nous n’avons pu voir que le petit jardin minéral situé à l’entrée, le temple étant réservé à la prière le jour où nous y étions (un dimanche). Nous avons pris la peine de marcher un peu à l’arrière du Tenmangu pour aller jusqu’à un petit temple situé dans les hauteurs (20 minutes de marche). Nous sommes passés sous les célèbres portes rouges japonaises à travers la forêt, c’était désert… comme si la foule ne visitait que le Tenmangu. Après avoir visité les deux temples, nous sommes redescendus et nous avons marché jusqu’au petit parc d’attraction attiré par la musique… Nous nous sommes posés à regarder un magnifique spectacle de danse de différentes écoles. Les tenues étaient superbes et colorées. Cela devait être un évènement important car il y avait même des équipes de télévision. Rester au soleil était difficile tellement il faisait chaud…
Avant de rentrer à Fukuoka nous avons pris le temps de déguster un beignet fourré à la viande à 270Y, 2€22 (voir le site de benefukuoka pour avoir l’adresse exacte du restaurant car il n’est pas dans la rue principale mais un tout petit peu en retrait). C’était très bon, un peu délicat à déguster avec les baguettes par contre !
Retour à Fukuoka en train, après avoir regardé une autre représentation, dans la rue commerçante cette fois-ci (il y avait plusieurs endroits où les gens dansaient). C’était magnifique !
A la gare nous avons pris le métro pour aller jusqu’aux parcs Ohori et Mazairu qui sont l’un à côté de l’autre, toujours en montrant notre pass avant d’accéder au quai.
Les ruines du château ne sont pas immenses mais la porte encore entière laisse imaginer la taille du château qui existait avant. Nous nous sommes posés un moment sous les prunus encore en fleurs parmi les japonais qui finissaient leur pique-nique.
A 14h nous avons ensuite visité le jardin japonais situé au bout du lac du parc Ohori. L’entrée est à 240Y (1€97) par personne mais on n’a payé moins (on a payé le tarif groupe, va savoir pourquoi…). Il est petit mais très joli. Nous avons eu la chance d’assister à des séances photos de mariage en tenue traditionnelle. Les deux mariées étaient très belles. Le fait de venir un dimanche permet de voir les gens « vivrent ». Le parc ferme à 17h.Il faut compter 30 minutes pour visiter ce joli jardin voire plus si vous faites des photos.
Dans ce parc Ohori il y a aussi le musée d’art mais qui est fermé jusqu’en 2018.
Nous avons ensuite traversé le lac avant de rejoindre la station de métro. C’était drôle de voir les pédalos en forme de cygne… Vu l’heure nous avions encore le temps de visiter les temples Tochigi, Shôfukuji et Jotenji. Nous avons donc repris le métro jusqu’à l’arrêt Gion.
Le temple Tôchôji est juste en face de vous en sortant du métro. Avec sa belle pagode rouge vous ne pouvez pas le rater. La pagode est magnifique, il y a aussi un petit jardin japonais dans l’enceinte du temple. C’est gratuit et il ferme à 17h. Vous pouvez monter à l’étage pour voir un très grand bouddha.
Le temple Shôfukuji est situé à 5 minutes à pied de l’autre. C’est un style différent, beaucoup plus ancien, gratuit et toujours ouvert. Le parc est arboré et désert… C’est apaisant et très joli.
Enfin, 5 minutes de marche encore, et nous arrivons au temple Jotenji. Il s’agit d’un grand temple et de plusieurs plus petits. Certains sont fermés au public mais on peut voir en passant la tête un beau jardin minéral. Il n’y a personne, c’est très joli et apaisant.
Encore 5 minutes de marche et nous avons fait une boucle, retour à l’arrêt de métro Gion. Nous marchons en direction du port (attention ça roule à gauche !) pour trouver l’arrêt de bus qui nous emmènera jusqu’au bateau. Si vous êtes motivés et encore en forme vous pouvez aussi marcher, vous êtes à 2km du port presque toujours en ligne droite !
bilan de notre journée à terre : Une journée bien remplie et pourtant sans se presser ! Jamais nous n’aurions imaginé pouvoir visiter les 3 temples de Fukuoka en fin d’après-midi… Beaucoup de découverte, rien de redondant… On ne regrette pas le voyage jusqu’à Dazaifu, l’escale étant longue, ça vaut le coup !
😏KUMAMOTO 8h00 – 20h00
Le bateau est à quai au port de Yatsushiro. C’est à environ 40km de Kumamoto.
météo : pluie, pluie et pluie… une météo peu propice aux visites, mais bon on fera avec… Et encore on s’estime chanceux car les plus grosses averses seront quand nous sommes dans les transports en commun (train puis tram plus tard dans la journée !).
Au programme de la journée : prendre le taxi puis le train pour rejoindre Kumamoto, monter au 14ème étage de la mairie, faire le tour du château, visiter le jardin japonais suizenji, déambuler dans le centre commercial shimotori pas loin du château, rentrer au port.
L’heure de sortie autorisée était donnée pour 8h30. A 8h15 nous étions déjà prêts alors on descend les escaliers puis on se dit de toute façon on attendra chacun notre tour avant de pouvoir descendre du bateau. Et en fait, tout comme la veille, personne ne nous arrête. On se retrouve nez à nez avec l’immigration japonaise montée à bord pour faire les contrôles (car il n’y a pas de bâtiments, on descend directement sur le quai). Ils n’ont pas fini d’installer les tables alors on attend tranquillement. Quelqu’un nous aperçoit et toujours la même question, est ce que vous êtes des passagers ? Toujours la même chose, on explique que oui et qu’on veut simplement descendre. On a le droit à une fouille minutieuse (ils ont même ouvert le porte-monnaie de mon mari !). Je demande à un japonais de m’écrire le nom du port en japonais (pour pouvoir montrer au taxi le soir pour rentrer).
Pour rejoindre Kumamoto rapidement mais en limitant nos dépenses nous avions fait le choix de prendre le taxi jusqu’à la gare de shin-yatsushiro puis de prendre le train jusqu’à Kumamoto. Le prix du taxi entre le port et la gare est d’environ 3000Y (soit 25€ les 15 minutes). Il existe une navette gratuite qui vous prend au port et marque plusieurs arrêts dont le temple de la ville de Yatsushiro, le centre-ville et un grand centre commercial situé en dehors de la ville. Les navettes partent toutes les 30 minutes mais n’étaient pas en service avant 9h. Elles ne passent pas par la gare… On la prendra le soir pour éviter de repayer 25€ de taxi. En rentrant dans le taxi on vous donne un petit papier où il est écrit en anglais, chinois, japonais « je suis un passager de croisière, ramenez moi au port de Yatsushiro s’il vous plait ».
Arrivés à la gare un peu avant 9h, nous tombons sur les artistes qui avaient fait leur show la veille sur le bateau, un duo de comique anglo-japonais excellents ! On discute 5 minutes car le spectacle était vraiment délirant et ils nous expliquent qu’ils prennent le shinkansen.
On se pose quelques minutes pour réfléchir au problème du retour, on rentre dans l’office du tourisme situé dans la gare. Ils sont très gentils et nous donnent les horaires des trains, de la navette gratuite et le plan de la ville en anglais. Le soir on rentrera donc en s’arrêtant à l’arrêt de train suivant puis on marchera jusqu’au centre-ville puis on prendra la navette gratuite. Un peu long mais 100% gratuit…
En attendant, il faut déjà prendre le train local. Il faut compter 5€30 (650Y) par personne par trajet pour rejoindre Kumamoto. Si vous prenez le shinkansen c’est environ 20€ par personne et par trajet, mais c’est plus rapide. Les quais sont totalement isolés alors nous n’avons pas eu la chance de le voir sauf à travers des grilles perforées. Par contre plus loin on a pu voir un entrepôt de shinkansen, il y en avait des dizaines...
Bref, 9h45 nous arrivons à Kumamoto. Il pleut des cordes, nous regardons dans les petites boutiques dans la gare pour voir le prix d’un parapluie… On hésite car après faut se le trainer toute la journée, on regarde dehors et il ne pleut plus une goutte ! Les averses commencent et s’arrêtent aussi rapidement…On aura droit à ce phénomène météorologique plusieurs fois dans la journée.
On achète donc notre pass pour le tram dans la gare puis on sort. Le prix d’un trajet en tram est de 170Y, le pass illimité coute 500Y. L’arrêt de tram est facile à trouver, il est en face de la gare. 15 minutes après nous sortons du tram et nous montons au quatorzième et dernier étage de la mairie pour avoir une superbe vue sur le château sinistré. Cela peut sembler bizarre de rentrer dans un bâtiment administratif mais on a le droit. La vue est belle et cela vaut le détour car prendre de la hauteur est la seule façon de voir l’ensemble du site.
En sortant de la mairie nous faisons le tour du château en suivant les douves. Depuis le tremblement de terre d’avril 2016, la visite est limitée. On peut faire le tour du château mais on ne pénètre pas à l’intérieur. Tout est devenu gratuit par contre. Le tour du château prend une bonne heure et permet d’apprécier la vue sur les différents bâtiments encore entiers ou sur les ruines, c’est impressionnant de voir des murs entiers totalement éventrés… Les travaux sont estimés pour environ 20 ans et on comprend pourquoi en voyant l’ampleur des dégâts ! Malgré le tremblement de terre, la visite du château est un incontournable, il reste majestueux et impressionnant par sa taille. Heureusement il n’a pas plu pendant cette visite… Vous trouverez sur le site de benenofukuoka une carte du château avec les différents points de vue pour faire des photos.
Pendant le tour vous aurez l’occasion de voir deux petits temples. Le deuxième en bas du château était désert, la visite se fait en 5 minutes mais c’est agréable de le faire seuls.
Nous reprenons le tram en direction du suizenji garden. C’est un jardin japonais touristique, le deuxième incontournable de la ville. Il est beau et vallonné. Il y a une représentation du mont Fuji et un bel étang. Le prix est de 400Y par personne (3€20 environ). Il faut compter 1h dans le jardin pour visiter tranquillement. Même sous la pluie nous y sommes restés 1h… !
13h30 Nous reprenons le tram B et nous nous arrêtons à Torichosuji Station. C’est une belle rue commerçante couverte. On découvre les boutiques spécialisées dans le karaoké. C’est drôle et décalé pour nous. On cherche un petit restaurant local pour manger, le petit déjeuner commence à dater…. Finalement on mangera dans un bon petit restaurant, très propre, et très bon. On a mangé 5 raviolis grillés, du riz et du porc mariné et un bouillon avec des nouilles (des ramens) pour environ 8€. En fait ils faisaient de la publicité au milieu de la rue couverte et on s’est dit pourquoi pas, on a pris les coupons, on a eu du mal à trouver l’endroit mais cela en valait la peine ! Ils proposaient une carte avec des images, rien en anglais mais l’un des serveurs parlait anglais. On s’est débrouillé comme on pouvait, le serveur était adorable. Une très bonne adresse. Pareil on peut donner l’adresse si jamais…
15h, on se dirige vers la gare en tram. On reprend les billets mais cette fois-ci jusqu’à l’arrêt de train principal Yatsushiro. C’est un peu plus cher. C’est la ligne Kagoshima. Les gens attendent en ligne bien sagement rangés sur le quai. Je dérange avec un grand sourire notre voisine de devant en lui montrant notre billet pour être certains de bien monter dans le bon train… Tous les trains que nous avons pris au Japon étaient ponctuels !
Arrivés à Yatsushiro, nous marcherons environ 30 minutes (presque toujours tout droit) avant de trouver l’arrêt de la navette gratuite situé en face du temple. Nous avons traversé la ville et la rue commerçante, tout était désert, c’est vraiment un endroit où il n’y a rien à voir à part ce joli temple (enfin vu de l’extérieur car vu qu’il pleuvait à nouveau beaucoup nous sommes restés bien gentiment assis à l’arrêt de bus). Nous avons attendu environ 30 minutes car une des navettes a été annulée… Heureusement qu’on avait nos vestes de pluie car certains chinois en short et sandales devaient sacrément avoir froids.
Un peu avant 17h, la navette arrive, enfin ! Vu l’heure on décide alors de s’arrêter au centre commercial desservi par la navette pour voir si on trouve des petits souvenirs et utiliser nos derniers yens japonais. Nous y resterons 1h, c’est en réalité un supermarché et une bonne vingtaine de boutiques. Nous avons été très surpris en marchant dans le supermarché car forcément les produits ne sont pas les mêmes que chez nous. C’est vraiment dépaysant. Ils vendent par exemple des baguettes d’apprentissage pour apprendre aux enfants à manger avec des baguettes. Forcément chez nous ça serait plus compliqué à trouver… Une heure plus tard et quelques souvenirs achetés à l’effigie du Kumamon (un ours noir mignon emblématique de Kumamoto) nous attendons la navette. Manque de chance, elle est complète, nous devons patienter 30 minutes de plus dans le froid… Nous prendrons donc la dernière navette, puis nous roulons en direction du port. Nous sommes fatigués car la journée a été belle mais éreintante sous la pluie… Arrivés au port on découvre une bonne quinzaine de bus qui attendent chacun leur tout pour décharger les gens en excursion. Il pleut des cordes donc tout le monde reste dans les bus. Notre chauffeur explique que lui c’est la navette gratuite et qu’en gros il ne veut pas vraiment attendre 2h sur le quai et il double tout le monde… et nous dépose devant le bateau. On a eu de la chance d’avoir un chauffeur un peu gonflé !
bilan de notre journée à terre : Encore une belle journée ! Les différents éléments du château sont impressionnants, le jardin était beau, le repas excellent ! Même si la météo n’était pas avec nous, nous n’avons eu aucun regret d’aller jusqu’à Kumamoto car à Yatsushiro il n’y avait pas de quoi occuper toute la journée… C’est notre impression et aussi celles des deux chinoises qui avaient été à Dazaifu la veille avec nous, qu’on a retrouvé le soir même dans le bateau et qui étaient très déçus de ne pas avoir pris le train pour aller jusqu’à Kumamoto avec nous.
Les 2 escales sont vraiment intéressantes et permettent la découverte de sites très variés. Entre les temples, les parcs, les jardins et le château, tout se complète parfaitement et donne un joli petit aperçu rapide du Japon.
🙂DETAILS SUR LE BATEAU
Côté restauration...
Nous avons mangé au : - windjammer (buffet) : surtout testé au petit déjeuner et une fois à midi le premier jour à Shanghai. La nourriture est variée, on trouve de chaque côté du buffet un endroit spécialisé asiatique (le nom de ce buffet est Jade). Vous avez des croissants, du beurre, des confitures, des muffins, de la viennoiserie, du jambon, du bacon, des pommes de terres paillasson, des crudités, des fromages en tranche, des fruits, des yaourts, du lait en brick, du lait chaud, du chocolat au lait (sur demande !)… Bref beaucoup de choix et vous rajouter à ça des nouilles, du riz sautés, des bouillons, des marmites entières d’œufs durs ! On a remarqué quelque chose d’amusant, les chinois se jettent sur les laitages (yaourts et briquettes de lait) et les œufs durs au petit déjeuner. Ils doivent rire en voyant nos croissants…Chacun ses habitudes. Pour les habitués, ne chercher pas des english muffins, il n’y en n’a pas au départ de Shanghai. Et si vous voulez des baggles il faut les demander là où ils grillent le pain. Ils sont bien cachés !
- salle de restaurant : La carte du menu (en anglais mais avec des images) a changé. On trouve au choix 5 entrées, puis 4 plats non asiatiques puis 4 plats asiatiques. La carte des desserts comprend 4 desserts et des sorbets et glaces. On a retrouvé certaines entrées, les escargots notamment et certains plats qu’on avait déjà eus à bord d’autres bateaux de la même compagnie comme la souris d’agneau au romarin avec de la purée et des petits légumes. Pareil pour les desserts, on a retrouvé la crème brulée à la banane et le soufflé au chocolat et sa sauce au capuccino… Nous avons très bien mangé. Tous les soirs parmi les quatre plats non asiatique il y avait toujours un plat de pâtes avec des sauces variées.
- Lors de nos journées en mer, nous avons été mangés au Johnny rockets pour le déjeuner. En fait on paie 6.95$ par personne et on peut manger tout ce que l’on veut. Les hamburgers sont très bons, les frites et les oignons frits aussi. Le super sundae au chocolat… miam, un délice aussi ! La tarte aux pommes et à la canelle également ! Heureusement qu’on marche toujours beaucoup dans la journée et qu’on ne prend presque jamais les ascenseurs… ! Il y a juste un détail qui nous a fait sourire, comme il y a deux ans d’ailleurs, le personnel asiatique ne « colle » toujours pas par rapport à l’ambiance américaine du restaurant… ! Un autre détail, le restaurant était presque vide, on a mangé avec des officiers ou du personnel non asiatique pour les deux repas. Notre serveuse nous a expliqué que les chinoises voulaient garder la ligne et ne pas habituer les enfants à manger ce genre de nourriture. Du coup c’était super calme… ! Contrairement au windjammer les jours en mer qui était pris d’assaut…
2.Côté excursions... Nous avons l’habitude de programmer nos excursions par nous-même et cette croisière s’y prête vraiment ! Nous n’avons pas acheté d’excursions proposées par la compagnie Royal Caribbean. Je ne peux donc pas juger de la qualité.
Par contre à bord il n’y avait que 3 excursions proposées à la vente, c’est très peu : - 4h de visite à Fukuoka pour voir un temple, le jardin japonais du parc ohori, la tour de Fukuoka, 89$ - 4h de visite à Kumamoto pour voir un parc situé à côté du château et le suizenji garden, 99$ - 4h de visite à Shanghai puis ils vous déposent soit à l’hôtel soit à l’aéroport 75$.
Avant de partir il faut savoir qu’en réservant depuis le site américain j’avais vu qu’il proposait aussi à Fukuoka une excursion qui allait à Dazaifu, environ 100€ par personne mais apparemment elle n’était pas à la vente depuis le bateau.
J’ai gardé le descriptif en anglais des excursions, si quelqu’un le veut, dites le moi et j’envoie.
3.Côté spectacles... Nous avons assisté à plusieurs spectacles à bord du mariner of the seas, en général à 21h15, tous de très bonne qualité voire excellente !
Pour la première fois depuis qu’on voyage avec cette compagnie on a vu qu’il vendait un spectacle payant, pas cher (9$) mais pour le principe je préfère le dire. C’est un spectacle de cirque sur glace, il y a eu plusieurs représentations pendant les deux jours en mer. Nous n’y avons pas assisté.
On a vu un duo de comiques sans parole. On a vraiment beaucoup rigolé. Les chinois participent beaucoup plus que les européens pendant ce genre de spectacle. Pour vous donner une idée, un moment un des artistes prend une chaussure d’un passager et la renifle et fait semblant de montrer qu’elle ne sent pas bon, le passager s’est levé et lui a envoyé l’autre chaussure sur scène (par chance pas dans la tête !). Le comique anglais (rencontré à la gare) nous a expliqué qu’il adorait faire ses spectacles en Asie justement pour cette interaction avec le public chinois. Excellent show.
On a aussi vu un spectacle de danseurs et chanteurs qui restent sur le bateau. Beau spectacle, divertissant, vivant, coloré. Les décors sont travaillés.
On a assisté également à un concert au violon mais après 5 minutes nous avons quitté la salle de spectacle, trop fatigués pour vraiment en profiter. L’artiste n’est pas en cause… !
Enfin nous avons vu un spectacle d’un illusionniste chinois. Il était simplement impressionnant… ! Avec toujours la même question sans réponse : mais comment il fait… ? C’était scotchant ! Excellent show également.
4.Côté activités sportives sur le bateau... - mur d'escalade : pas tenté ! Mais tenté sur un autre bateau de la même compagnie et c’est vraiment sympa surtout un jour en mer ! Pour le coup avec la brume épaisse et le vent le premier jour en mer il ne devait pas y avoir grand monde… - piste de marche et course : pas utilisée ! Ni par nous ni par les autres d’une manière générale, faut bien avouer que le premier jour en mer on ne voyait pas l’autre bout du bateau tellement il y avait de la brume (la corne de brume a sonné toute la journée !) et pareil l’après-midi du deuxième jour en mer… - piscine du solarium : pas testée mais il y a toujours une personne qui surveille ce qui est agréable pour éviter les enfants turbulents… - jacuzzi : beau et grand mais pas testés non plus - terrain de golf : testé avec un énorme vent, juste pour le fun ! - terrain de basket : pas testé ! Mais utilisé à chaque fois que nous sommes passés pas loin.
Une petite remarque concernant la bibliothèque, elle a été transformée en pharmacie japonaise. C’est assez drôle car les étiquettes indiquant les langues des livres sont encore en place…
5.Le bateau en lui-même et quelques ressentis... en vrac !
Bateau assez grand avec beaucoup d’endroit pour se poser (sans forcément voir la mer par contre). La promenade intérieure reste agréable quand le temps est maussade. On a pris plaisir à faire quelques tours sur le pont extérieur tout en haut même avec un grand vent.
Aucun problème pour prendre des serviettes et avoir un transat de libre mais en même temps vu le temps cela se comprend…
Pour les personnes parlant peu ou mal anglais, il y a à l’accueil un tunisien qui s’appelle Idi et qui parle français. Il est très gentil, on l’avait rencontré il y a deux ans à bord du même bateau. Il y a aussi un indou toujours à l’accueil qui lui aussi parle français. Vous trouverez aussi quelques mauriciens surtout au niveau des cabines. Le journal de bord est en mandarin ou anglais, par défaut on prendra l’anglais. C’est la première fois qu’on a la carte du restaurant en anglais mais avec les images c’est tout à fait compréhensible si vous ne parlez pas un anglais irréprochable.
Les chinois sont assez calmes à bord. Sauf le premier jour où ils se pressent tous pour déposer 150$ sur leur compte à bord sinon ils ne peuvent pas débarquer du bateau au Japon (cette mesure ne concerne pas les gens qui ont enregistré une carte de crédit à bord). En fait un officier nous a expliqué qu’ils avaient été obligé de mettre cette procédure en place à cause de passagers chinois qui un jour d’escale étaient volontairement restés au Japon et n’étaient donc pas remontés à bord.
On voudrait en profiter pour dire qu’à de nombreuses reprises on a pu constater deux choses : - en ayant une tête d’européen, le personnel « non asiatique » vient vers nous avec le sourire pour nous demander si on a besoin de quelque chose ou tout simplement pour discuter (le dernier soir je me suis retrouvée à discuter en anglais avec un brésilien qui m’expliquait que c’était son compagnon qui faisait le rôle du policier sur la passerelle pendant la chanson YMCA), comme s’ils étaient contents de voir d’autres personnes que des chinois. Un autre exemple, un jour on attendait à la réception, il y avait au moins une vingtaine de personnes devant nous, et un membre du personnel (non asiatique) est venu directement me voir pour savoir ce qu’il pouvait faire pour nous. - en ayant une tête d’européen, l’ensemble du personnel asiatique a plutôt tendance à fuir (les photographes nous ont évités à plusieurs reprises, pareil pour les personnes qui font de la publicité pour les restaurants payants…) Ce ne sont que des ressentis bien sûr et on ne souhaite pas généraliser à l’ensemble du personnel qui peu importe sa nationalité est toujours assez souriant et efficace.
Enfin lors de la soirée habillée, nous étions presque les seuls à s’être habillés pour l’occasion. On s’est fait regarder comme deux ovnis en tenue de soirée ! A côté ne nous dans la salle de restaurant un homme était en short et en basket, sur un autre bateau il ne serait pas rentrés dans cette tenue là je pense…
Les chinois voyagent beaucoup en famille, alors il y avait beaucoup d’enfants à bord et beaucoup de personnes d’un âge avancé.
En partant de Kumamoto le commandant a fait une annonce en expliquant que la météo serait mauvaise pour la nuit, que le bateau était prévu pour naviguer sur une mer déchainée mais qu’on pouvait ressentir des secousses. Il a annoncé des creux de 3 à 6 mètres de hauteur, c’est légèrement anxiogène pour s’endormir tranquillement ! En fait cette nuit-là c’est vrai, le bateau a bien bougé. Mais rien d’insurmontable pour autant. Entre la brume et la houle, il devait y avoir du monde à la passerelle… !
Dernière chose, les chinois d’une manière générale achètent beaucoup de choses pendant les escales (couches pour bébé, produits de beauté, produits panasonic…) du coup le soir les contrôles à bord sont assez longs vu qu’ils scannent toutes les marchandises.
🙂DEBARQUEMENT Etant membres emerald on est censé sortir après les passagers en suite et avant tous les autres du coup, et finalement ça a été un peu la cohue car beaucoup de personnes n’ont pas respectés les lieux de rdv et les horaires qui vont avec… Gros problème d’organisation et manque de personnel pour gérer la porte de sortie.
Nous avions fait le choix de garder une valise pour pouvoir sortir du bateau avec. Nous avons placé l’autre valise devant la porte avant 22h comme demandé. Nous avons été récupérés nos passeports la veille du débarquement. Une seule personne peut aller chercher tous les passeports pour la cabine à condition d’avoir toutes les seapass.
A l’immigration en sortant du bateau on nous a demandé nos billets d’avion retour et de remplir une demande pour une exemption de visa de 144h puis finalement en lisant le document elle s’est aperçue que nous reprenions l’avion dans la nuit donc que nous n’avions pas d’hôtel donc elle nous a fait remplir les documents pour l’exemption de 24h. Notre vol étant à 00h05. Ce qui veut aussi dire que vous pouvez avoir deux exemptions de visa de 144h !
Pour sortir du port il existe une navette gratuite (free shuttle bus) qui vous dépose jusqu’à l’arrêt de métro de la ligne 3. On prend la navette, il faut porter ces valises dans le bus (pas pratique du tout car ce n’est pas un bus de ville et ils n’ouvrent pas les soutes!). 15 minutes après nous étions déposés à l’arrêt de métro.
De nombreux taxis attendent si vous préférez cette option.
🙂DERNIER JOUR DE VISITE DE SHANGHAI
Au programme de ce dernier jour : déposer les valises en consigne à la gare, visiter le temple Zenhru, visiter le marché aux fleurs, visiter le temple du bouddha de jade et voir le quartier artistique M50. Reprendre nos valises puis partir à l’aéroport en métro.
Il a déjà fallu acheter un one day pass métro à la station (2€22 par personne pour un pass illimité pour le métro).
Arrivés à la gare (assez grande, les couloirs sont interminables surtout en trainant les deux grosses valises !), nous avons cherchés des consignes. J’avais lu qu’il fallait compter envion 10 rmb sur plusieurs forums. J’ai demandé à un premier endroit il voulait 60 rmb pour les deux valises, j’ai demandé à un deuxième endroit il voulait 100 rmb pour les deux valises. Finalement après négociation on a payé 50rmb pour les deux grandes valises. Les consignes se trouvent à l’extérieur du batiment principal mais facilement repérable. Je pense qu’on aurait pu payer moins cher mais on ne voulait pas perdre une heure pour gagner au final 2€.
Le temple Zenhru est facilement accessible en métro, l’arrêt de métro s’appelle même zenhru temple… Il n’est absolument pas touristique et on traverse un petit quartier beaucoup plus populaire qu’au centre-ville de Shanghai pour y accéder. Si je ne devais choisir qu’un seul temple, je prendrai sans hésiter celui-là. Il est authentique mais ne chercher pas le rouge, ici les rubans sont jaunes… Sa pagode est belle et haute. Les bonsaïs sont magnifiques, le temple est grand et fleuris. On voit les appartements des moines au-dessus des salles de prières.
Caojiadu flower market est notre prochain arrêt, nous reprenons le métro pour rejoindre ce fameux marché aux fleurs. C’est un grand bâtiment où de nombreux marchands proposent leurs fleurs. Des vraies, des fausses, des cailloux, des milliers de petites plantes grasses, des compositions de roses pour les hôtels ou les réceptions, des tournesols géants, des bambous du bonheur… un rayon entier pour les aquariums, et des orchidées partout ! Un arrêt qui sort des sentiers classiques de visite mais qui mérite le détour ! Autant le dire nous étions presque les seuls non-chinois dans le bâtiment mais c’est vraiment unique ! Et là on se dit mais pourquoi on ne peut pas ramener quelques petites plantes grasses en France…quel dommage!
On reprend le métro en direction cette fois-ci du temple du bouddha de jade. Il est 13h30 et nous commençons à avoir faim. On regarde un peu les restaurants à la sortie du métro et on voit quelqu’un manger dans un bol en fonte posé dans un panier en osier, un plat très appétissant. On s’approche, on regarde les dessins, un peu les prix. Allez hop on rentre. Personne ne parle anglais, les dessins sont peu explicites… Je montre un plat en essayant au moins de savoir la viande qu’il y a dedans (des abats ou du poulet ?) et finalement le cuisinier part en cuisine pour revenir avec du porc mariné en tranche cru. On part sur ça puis une autre marmite avec du poulet. On nous donne deux bols de bouillon, qu’on n’a pas commandé mais bon on les mange. Très gouteux ! Puis arrivent les deux marmites avec de la salade, du riz, de la sauce soja au fond, la viande mariné… Très bon pour les deux mais celle au poulet est quasi immangeable tellement c’est piquant ! Les cuisiniers mangent à côté de nous, c’est la fin du service et nous font gouter des pommes de terre super fondante en sauce qu’ils ont dans leur plat, ils sont vraiment curieux et sympathiques. On a remarqué par contre qu’ils ne proposent jamais à boire de manière systématique, que ça soit à Shanghai ou au Japon. Les gens rentrent souvent avec leur boisson. Je ne sais pas si c’est que dans les petits restaurants pour les locaux ou si c’est une pratique généralisée ou si c’est parce qu’on a déjà du mal à se faire comprendre ne parlant pas chinois…
On marche ensuite, le ventre plein, vers le temple du bouddha de jade. L’entrée est de 20rmb par personne. Il y a plusieurs bâtiments, c’est en partie en chantier. C’est joli mais sans plus par rapport à Zenhru. Et surtout c’est rempli de groupes de touristes en voyage organisé. Les deux bouddhas taillés dans le jade sont somptueux par contre.
On marche alors vers le quartier artistique M50. Peut-être est-ce lié au fait que la plupart des galeries soient situées dans les étages mais nous n’arrivons pas à nous motiver à y entrer… On en visitera deux mais cette rencontre artistique est plutôt un raté. Le quartier est plus tourné « bon chic bon genre ». On s’arrête pour observer des tagueurs en pleine action.
On repart ensuite vers la gare en métro pour reprendre nos valises. On reprendra ensuite le métro , toujours avec nos pass, jusqu’à l’aéroport (sans maglev vu qu’on a le temps). Le trajet retour de la gare jusqu’à l’aéroport semble interminable. Sur la ligne 2 si vous la prenez pour aller à l’aéroport comme nous, il faut savoir qu’à une station il faut sortir du métro et prendre le métro situé sur le quai en face. C’est très bien indiqué en chinois et en anglais.
Bilan de la journée : une dernière et belle journée sous le soleil ! Seul le quartier M50 n’a pas été intéressant à nos yeux. Le temple Zenhru et le marché aux fleurs ont été deux coups de cœur !
🙂LE RETOUR 20h nous arrivons enfin à l’aéroport, avec 4h d’avance. Nous déposons nos valises et nous déambulons dans l’aéroport en attendant que le temps passe… !
Nous rencontrons alors l’équipe de l’émission Turbo (M6) qui est venue faire son reportage pour le salon de l’automobile de Shanghai. Mon mari étant passionné d’automobiles nous discutons quelques minutes tous ensemble, ils rentrent eux aussi en France. Ils sont super sympas et très abordables. Ils prennent le vol juste avant nous.
Nos deux vols pour Paris partent avec 30 minutes d’écart, on attend sagement l’heure H… Dernier clin d’œil automobile, monsieur Alain Prost qui passe à deux mètres de nous juste avant l’embarquement… ! C’est une belle façon de finir ses vacances.
17h10 de trajet au total… Effectué sur China eastern line pour le Shanghai-Paris puis sur air France pour Paris-Nice. Entre Paris et Shanghai il y avait peu de films en français proposés, sinon confort classique. Nourriture convenable. Des turbulences pendant tout le trajet entre Shanghai et Paris m’ont sacrément dérangé… On a eu droit à être désinfecté juste avant notre arrivée à Paris : une hôtesse passe avec un aérosol dans tout l’avion et pulvérise au plafond. Alors quand on a mal dormi, plié en deux dans son siège, qu’à moitié réveillé on entend vaguement que le commandant annonce que les masques à oxygène peuvent tomber et qu’on est secoué à cause des turbulences, bonjour le réveil !
🙂BUDGET La croisière nous a couté 921€ pour deux avec les pourboires.
Le vol Nice- Shanghai via Paris (sans changer d’aéroport !) nous a couté 870€ pour deux adultes aller-retour. Attention de nombreux vols sont proposés avec changement d’aéroport à Paris. Il faut savoir qu’on a payé moins cher un Nice-Shanghai que si on avait pris un Paris-Shanghai.
L’ensemble des excursions, les transports, les deux nuits d’hôtel à Shanghai, tous les repas en dehors du bateau, les quelques souvenirs achetés sur place, nous ont couté environ 310€.
Tout compris on est autour de 2100€ pour 10 jours de dépaysement total et des vacances inoubliables.
Bon voilà je crois que j'ai fait le tour, n'hésitez pas si vous avez des questions !
Une dernière information gourmande, si jamais vous êtes à la recherche d’un endroit sympa pour manger pas loin du port, j’ai plusieurs adresses données par notre serveuse chinoise qui m’a expliqué que les membres du personnel chinois pendant les escales à Shanghai allaient manger dans ces restaurants, le centre-ville étant trop éloigné.
Les escales sont les suivantes : - SHANGHAI (Chine) - en mer - FUKUOKA (Japon) - KUMAMOTO(Japon) - en mer - SHANGHAI (Chine)
Je souhaite préciser que cet itinéraire n’était pas celui que nous avions réservé initialement (Shanghai, Jeju island, Busan, Kumamoto, en mer, Shanghai) mais cinq semaines avant le départ la Royal Caribbean a modifié l’itinéraire et a supprimé les deux escales coréennes et en a rajouté une au Japon…
Le but de ce compte rendu est d’aider les personnes qui comme nous préparent les visites avant le départ pour faire le maximum de choses par soi-même (sans acheter les visites proposées par le bateau) pour passer de belles vacances tout en restant raisonnable côté budget ! Bien entendu la compagnie propose des excursions pour ceux qui préfèrent se laisser guider et qui acceptent de payer le prix fort. Vous trouverez aussi des informations sur le bateau en lui-même.
Le compte rendu est organisé par partie : - explication sur l’exemption de visa pour la chine (le fameux 144h !), - précisions sur l'avant croisière et nos 2 jours de visite sur Shanghai, - détails de toutes les escales - précisions sur le bateau (restauration, excursions, spectacles...), - précisions sur la fin de croisière (débarquement) - la dernière journée de visite sur Shanghai, - le retour, - une partie budget. Bien entendu ce compte rendu n’engage que nous et n’est le reflet que de notre voyage et de nos centres d’intérêt.
Des sites internet très utiles pour préparer son voyage : - Google maps permet d’avoir des plans, permet de planifier ses trajets en métro (entre l’aéroport et l’hôtel par exemple ou entre l’aéroport et le port ou les choses intéressantes à visiter) - cruisemapper permet de situer l’emplacement du port, car avant de prévoir quoi voir il faut encore savoir où se situe le bateau ! - benenofukuoka est le blog d’une française habitant à Fukuoka. Son site est une réelle pépite pour Fukuoka mais aussi pour Kumamoto. - nishitetsu est le site officiel des transports pour Fukuoka , vous y trouverez les horaires et plan pour le bus et le train notamment en anglais.
🙂L’EXEMPTION DE VISA DE 144H POUR SHANGHAI
Voilà ce qui nous a empêché de dormir pendant plusieurs nuits… ! En version simplifié, un passager de croisière a le droit de bénéficier d’une exemption de visa d’une durée de 144h s’il vient d’un pays A (la France) et que sa destination finale est un pays B (le Japon ici), il est considéré en transit à Shanghai. Depuis janvier 2016 cette exemption a été allongée en durée (72h à 144h) et détail important elle ne concerne plus seulement les passagers prenant l’avion mais aussi les croisiéristes. Vous devez avoir sur vous impérativement la facture ou votre carnet de bord mentionnant l’itinéraire du bateau ainsi que les billets d’avion retour en version papier.
Cette exemption étant récente, personne n’est vraiment au courant… Voilà ce qui pour nous à alimenter la peur d’être refoulés à l’embarquement à Nice (comme j’avais pu lire sur certains témoignages !). Nous avons contacté Air France par mail (jamais de réponse) puis par téléphone (comment perdre 8€ pour rien) pour finalement entendre qu’ils n’étaient pas responsables si on n’avait pas de visa et qu’ils ne vendaient pas de billet de bateau… La compagnie aérienne China Eastern line n’était pas au courant non plus (compagnie aérienne basée à Shanghai quand même… !). L’ambassade de Chine est injoignable par téléphone ni par mail… L’ambassade de France à Shanghai n’a pas d’adresse mail ! Royal Caribbean m’a vaguement répondu que si l’immigration nous laissait passer, eux n’exigeait pas d’autres documents, bien entendu ils n’ont pas voulu me fournir un document écrit. J’ai lu sur des forums que d’autres compagnies de croisière exigent toujours des visas alors vérifiez bien avant de réserver vu le montant du visa pour la Chine et la démarche pas vraiment simple pour l’obtenir si on habite loin de Paris… Finalement, je vais rassurer ceux qui ne dorment pas depuis plusieurs nuits ou hésitent à réserver une croisière Royal Caribbean ou leur vol… Pour prouver nos droits, nous avions imprimé plusieurs documents attestant de cette exemption de visa (l’alliance skyteam dont air France et china eastern font partie, ministère des affaires étrangères, le site officiel du tourisme de Shanghai, et surtout l’immigration de Shanghai : http://sh-immigration.gov.cn/listPageEn.aspx?lx=40&id=4421 ). En fait nous n’avons pas eu besoin de les montrer.
Jour J, une nuit de plus à ne pas dormir, la fameuse peur que le réveil ne sonne pas… et toujours ce fichu visa ! Départ depuis Nice et là grande surprise, personne au comptoir d’Air France… Nous nous enregistrons donc sur des machines 2h avant le départ. On ne s’attendait pas à ça ! On retrouvera nos valises directement à Shanghai même si nous faisons escale à Paris. On passe comme d’habitude les contrôles et on se retrouve dans l’avion… Ni contents, ni rassurés car cette histoire d’exemption nous trotte toujours dans la tête… Concrètement juste avant l’arrivée à Shanghai, on nous a donné un formulaire dans l’avion qui finalement ne sert à rien de compléter. En sortant de l’avion, dans le hall, et avant de prendre vos valises, vous aller passer l’immigration. Un guichet tout à droite est spécialement prévu et bien indiqué en gros « 24h,144h transit ». Il n’y a pas foule ! Vous vous présentez à ce guichet en montrant la facture du bateau avec l’itinéraire. Dans notre cas on a aussi montré la facture de l’hôtel pour expliquer qu’on restait 2 nuits sur place avant de prendre le bateau. Ils parlent anglais et comprennent mais prennent bien le temps de lire tous les documents qu’on donne. Le douanier nous donne un papier bleu à remplir par personne. Et oh miracle (ceux qui cherchent des informations à ce sujet comprendront pourquoi j’écris « oh miracle » !) on obtient le fameux stickers collé sur notre passeport qui nous autorise à rester sur Shanghai pendant 6 jours. La procédure est un peu longue car ils ont photocopié les documents de la croisière et nos passeports. Derrière nous il y avait un couple de français qui prenait le quantum qui partait le jour même et eux ils ont obtenu un visa de transit de 24h gratuitement aussi.
🙂PRECISIONS SUR L'AVANT CROISIERE (vols, visite de Shanghai sur 2 jours complets, trajet jusqu’au port)
Départ le mardi 11 avril à 8h depuis Nice. Vol effectué sur Air France en deux fois : Nice-Paris puis Paris-Shanghai, sans changement d’aéroport. Nous nous étions gardés 3h30 d’escale à Paris pour pouvoir tranquillement changer de terminal et surtout ne pas être pris au dépourvu si on nous modifiait les horaires de vol (ce qui a été le cas mais de 5 minutes alors rien de bien grave !). Rien à redire concernant Air France, repas correct, oreiller et couverture pour le long courrier, film en français… Arrivée à Shanghai à 7h55 le matin du mercredi 12 avril.
Arrivé à l’aéroport, après avoir passé l’immigration puis récupéré nos valises, nous sommes partis à la recherche d’un ATM pour sortir de l’argent. Pour donner une indication, car cela est variable selon les banques, on a retiré 411€ et on a perdu 15€ de frais. On a comparé et c’est bien plus avantageux que de changer sur place (aéroport ou même en ville d’ailleurs). Après cela dépend de votre banque et du montant retiré car c’est un part fixe plus un pourcentage du montant retiré.
Nous avons effectué le trajet entre l’aéroport et l’hôtel en maglev (train magnétique roulant à 431km/h !) puis métro. On a acheté un one day pass avec maglev (environ 7€50 par personne) pour pouvoir faire un trajet en maglev puis en illimité pour le métro pendant 24h (et pas jusqu’à minuit, réellement 24h à partir du moment où on le valide). Vous pouvez aussi acheter un one day pass sans maglev (1€65 envrion par personne). Se déplacer en métro est facile, par contre il scanne les sacs à dos et valise à chaque station donc on perd 2 minutes mais rien de bien méchant. Côté fréquentation, parfois c’est presque vide, parfois il ne faut pas être agoraphobe ! Tout dépend de l’heure et de la station de métro.
Nous avons choisi l’hotel phoenix situé 17 South Yunnan Road, Near east yan`an Road, Huangpu. 97€ pour deux nuits sans petit déjeuner. L’hôtel a un bon rapport qualité prix, chambre propre, non fumeur. Il est idéalement placé pour visiter le yu-garden, le bund, à 5min du métro ! Situé dans une rue avec beaucoup de petits restaurants dont un communiquant avec l’hôtel (avec images pour choisir ce qu’on mange!) et une supérette au coin de la rue (parfait pour l’eau notamment). Rue très calme pour dormir. C’est simple et efficace et très très bien placé surtout. Quartier où on s’est senti en sécurité. Gros point positif, notre vol arrivant à 8h nous avons aussi sélectionné cet hôtel pour le fait de pouvoir déposer les valises dès 10h, et pareil le jour du départ on pouvait les laisser jusqu’à 12h pour pouvoir visiter un peu avant de prendre le chemin du port…
😏Jour 1 : SHANGHAI
Le programme de la journée était le suivant : visiter le jardin Yu garden, traverser le pont avec des angles, voir le temple du dieu de la ville, marcher le long du Bund, marcher sur Nanjing road puis revenir à l’hôtel en métro, faire une petite sieste (obligatoire après plus de 16h de trajet), puis voir le bund de nuit.
météo : beau et chaud, un ciel sans nuage ! Au soleil en manches courtes, à l’ombre on sortait le petit gilet polaire…Parfait pour faire du tourisme.
Après avoir déposé nos valises à l’hôtel vers 10h, nous avons marché jusqu’au quartier du Yu garden. C’est un endroit très touristique qui concentre beaucoup de petits commerces pour touristes, le jardin traditionnel et le temple du dieu de la ville. Nous avons visité le temple (10 rmb), joli mais pas très grand finalement, parfait pour commencer notre périple asiatique. Nous avons ensuite traversé la foule pour apercevoir le pont avec les angles droits, impossible à traverser tellement il était bondé… Le Yu garden (40 rmb soit 5€30) était plus calme. Le jardin est très joli, vraiment inhabituel pour nous, très vaste, un véritable labyrinthe. On a bien dû mettre 1h pour le visiter. Nous avons ensuite mangé dans un petit restaurant, avec des photos et des prix affichés clairement. Pour 60rmb à deux (8€), ce n’était pas cher pour un lieu si touristique.
Depuis le jardin, direction le bund. La ligne de métro n’étant pas à côté, nous avons marché pendant un très long moment tout le long de la yuangpu river. On s’est posé devant la fameuse vue de Shanghai : le Bund ! Puis nous avons marché sur nanjing road qui est une immense rue commerçante où l’on retrouve les grandes marques internationales (peu d’intérêt à nos yeux mais de toute façon c’était le chemin du retour à l’hôtel). Nous avons pris le métro (pour une station !) pour revenir à l’hôtel.
Vers 17h nous étions à l’hôtel pour pouvoir se reposer un petit peu afin de pouvoir ressortir à la tombée de la nuit.
Un peu plus reposés, nous sommes repartis vers le Bund à pied, puis nous avons à nouveau marché sur nanjing road. La nuit c’est différent. Le Bund est magique de nuit comme de jour. Pour notre première soirée nous avons mangé au restaurant de l’hôtel, très bon et pas cher et super copieux ! Environ 50 rmb (6€60) pour nous 2. Heureusement qu’on n’avait plus que 2 étages à monter car après avoir mangé pour quatre, on n’aurait pas pu traverser toute la ville !
bilan de notre journée: Une première journée riche en découverte, entre tradition (temple et jardin) et modernité (la vue du Bund et la nanjing road). Et le plaisir de manger local en plus !
😏jour 2 : SHANGHAI
Le programme de la journée était le suivant : visiter le village d’eauZhujiajiao donné pour 1h de bus depuis Shanghai, revenir sur Shanghai pour visiter les temples Longhua et Jing’an (finalement pas visité par manque de temps) puis se promener dans l’ancienne concession française.
météo : beau et chaud, comme le jour précédent ! Un vrai régal…
Après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner au lit rapide nous sommes partis à la recherche de l’arrêt de bus (à 15 minutes à pied de l’hôtel). Premier défi de la journée car c’est un bus que seuls les locaux prennent, sans numéro. L’arrêt de bus se situe près de l’intersection de la rue Pu'an et de la rue Jinling mais sur la rue Pu’an (côté parc). Le bus est rose et part toutes les 30 minutes (de 6h à 21h). Voici le nom de la ligne : Huzhu Express Line: HuZhu GaoSu KuaiXian 沪朱高速快线. Le billet de bus coute 12 rmb (envrion 1€60) par personne et par trajet, la personne demande le paiement pendant le trajet. Nous avons attrapé celui de 8h en courant un peu comme des sauvages car au début nous n’étions pas sur la bonne rue et les contrôleurs d’un autre bus nous ont montré qu’on devait revenir sur nos pas et tourner ! Heureusement que j’avais le nom de la ligne en chinois pour pouvoir leur montrer… Il restait deux places dans le bus, juste parfait pour nous ! Le bus était rempli par les locaux, ils nous ont regardés comme deux extra-terrestres… Le papy à côté de mon mari a essayé d’entamer la conversation en chinois, il nous a montré des photos du village d’eau, a pris nos documents pour les regarder. Drôlement curieux mais pas méchant. 1h30 plus tard nous arrivons, il s’agit du terminal du bus (il fait d’autres arrêts avant), impossible de se tromper. Il faut suivre la sortie piétonne, traverser la route, aller vers la gauche puis sur la droite en direction du parking pour les voitures. Tourner à gauche en longeant les petits commerces puis la première à droite, vous trouverez l’office du tourisme de Zhujiajiao sur votre droite. Surtout ne pas trop les déranger trop tôt, car quand j’y suis rentrée elles étaient trois, les trois plongées sur leur smartphone. Pour visiter le village vous avez plusieurs options. Soit tout faire en marchant, soit acheter un pass (3 pass possibles à différents prix pour pouvoir accéder à plus ou moins de lieux). Il vous donne une carte si vous choisissez un pass payant. Si vous voulez visiter simplement en deux ou trois heures en déambulant tranquillement je vous conseille d’imprimer une carte avant de partir ! Il y a bien une carte affichée à côté de l’office du tourisme mais elle n’est pas terrible côté précision. Finalement on continue notre chemin en suivant un peu les locaux et 5 minutes après nous sommes au pied du plus grand pont, le symbole souvent pris en photo. Le site en lui-même est assez étendu et si vous marchez un peu en dehors des quelques rues commerçantes principales comme nous (pour voir la véritable vie locale), il faut bien compter 3h pour visiter ce village encore habité. C’est une petite Venise chinoise où vous ne ferez sans doute pas les meilleurs affaires côté commerce mais vous avez l’embarras du choix (alimentaire, cosmétique, tissu, bazar…). Vous pouvez aussi faire un tour en barque.
Nous avons mangé dans un petit restaurant musulman situé en face du terminal des bus. En fait ce qui a attiré notre regard c’est que quelqu’un étirait la pâte pour faire (on a compris ensuite) des nouilles, on s’est arrêté pour regarder et finalement on est entré pour manger, là au moins ce n’était pas pour les touristes ! On est monté à l’étage, même avec des photos on avait bien du mal à savoir ce qu’on allait manger alors on a entamé la conversation avec notre voisin de table qui parlait anglais. C’est en demandant quel plat il fallait demander pour avoir des nouilles et de la viande qu’on a su que c’était un restaurant musulman (j’ai mis les pieds dans le plat en demandant s’il y avait du porc… je ne pouvais pas deviner !). On a pris un potage tout simple et un plat en sauce avec des nouilles et de l’agneau, le tout pour 25 rmb (soit 3€40 pour deux) ! Un vrai régal ! Dans le potage les nouilles étaient très fines, dans le plat plus épaisses, délicieuses dans les deux cas, et très copieux. On conseille, on envoie même la photo du restaurant si vous êtes intéressés, car c’était vraiment délicieux et à un prix défiant toute concurrence.
Vers 13h nous avons pris le bus en sens inverse, retour vers Shanghai. Seul petit problème, tous les bus présents dans le terminal étaient roses et aucun n’avait le nom qui correspondait à ce que j’avais sur mon papier… alors on a dû demander aux passagers en montrant le nom en chinois avant de trouver le bon bus (pas de conducteurs au volant avant le départ). C’est le système D…! Le trajet a duré 1h40, c’est très embouteillé sauf en pleine ville où c’est presque vide et extrêmement silencieux (voitures et scooters électriques pour la plupart). C’est dangereux quand on traverse, il faut bien ouvrir les yeux et ne pas se fier aux bruits…
Vu l’heure de retour et en sachant que les temples ferment à 16h30 ou 17h nous ne pouvions plus visiter les deux temples, nous avons choisi de voir le plus authentique (d’après les commentaires dans les guides touristiques) : Longhua. Nous avons pris le métro (one day pass à 18 rmb soit 2€40 par personne) pour environ 45 minutes de trajet. Se déplacer en métro ne coute quasiment rien, surtout qu’on utilisera ce même pass pour aller jusqu’au port le lendemain !
15h30 c’est le début de la visite du temple. On y restera 1h. Le lieu est grand et désert, parfait pour les photos ! C’est un joli temple arboré, la pagode à l’entrée est splendide tout comme la grande porte. On change d’univers en traversant les nuages d’encens à l’entrée. Le prix est de 10rmb (1€30).
On reprend le métro pour se diriger vers l’ancienne concession française. On marchera 2h entre Yan’an road et l’arrêt de métro Xintiandi en passant par Fuxing park. Les rues sont arborées ce qui donne du charme à ce quartier. On y trouve une partie avec des petits commerces hauts de gamme puis autour de l’arrêt de métro un grand centre commercial luxueux (sauf au sous-sol où on a un petit super marché haut de gamme tout de même). Quartier sans grand intérêt à nos yeux. Il y a la possibilité de voir ce grand quartier à vélo, d’ailleurs on peut visiter Shanghai entièrement à vélo car il y a des vélos en location dans toutes les rues, les vélos sont récents. Après il ne faut pas avoir peur du danger…
Nous rentrons en métro à l’hôtel, et nous cherchons un restaurant pour diner. On mangera finalement dans la rue de l’hôtel, dans un petit restaurant où de nombreux chinois font la queue (c’est souvent bon signe !). Le cuisinier fait frire sur le trottoir des tranches de porc pané dans une immense friteuse (très propre par contre). En fait il faut d’abord payer (soit en espèce soit en scannant un code avec son smartphone), on récupère un jeton puis on fait la queue. Quand on est arrivé à la caisse très sommaire le jeune homme nous a montré des photos de plusieurs plats, on a choisi le porc pané avec du riz « rice vegetable » et j’ai montré des raviolis (dumpling). Depuis la veille on voyait un peu partout des personnes en train de les farcir puis de les former alors on voulait gouter. On ne savait pas trop s’ils allaient arriver frits ou en bouillon, et finalement c’était en bouillon, peu gouteux, bon mais pas transcendant, tout dépend de la farce en fait. Le porc pané était très bon et croustillant, le riz est arrivé avec des légumes asiatiques cuisinés sautés, très bon et équilibré, et une fois encore super copieux pour les deux plats et pour pas cher.
bilan de notre journée: Une deuxième journée superbe. Le village d’eau est très joli et authentique si on se donne la peine d’aller plus loin que les rues très touristiques, le lieu a beaucoup de charme. Le temple Longhua est lui aussi très beau, bien plus vaste et plus vert que le temple vu la veille (du dieu de la ville). La partie concession française est inutile à voir (ce n’est que notre avis bien sûr). On a aussi pris beaucoup de plaisir à déguster des plats traditionnels comme les nouilles notamment.
😏jour 3 : SHANGHAI + embarquement à bord du Mariner of the seas
Au programme aujourd’hui : visite rapide du musée de Shanghai, changer des rmb en monnaie japonaise, se rendre au port pour embarquer.
météo : encore beau et chaud, vraiment idéal !
Petit déjeuner pris, en route pour le musée de Shanghai, à pied depuis l’hôtel… Encore une fois la situation de l’hôtel était vraiment parfaite. Le musée ouvre à 9h et est gratuit. On vous conseille d’attendre du côté de la fontaine car il y a beaucoup moins de monde qu’à l’entrée principale située exactement à l’opposé. En 1h nous avons visité le musée en entier d’un pas normal mais sans lire toutes les étiquettes non plus…. Le musée est intéressant, la partie concernant l’écriture est magnifique. Vous trouverez un plan en français au rez de chaussée.
Direction la bank of china, située pas très loin, car les taux étaient très bas pour convertir des yuans en yen japonais. Pour vous donner une idée, on a transformé 869 rmb en 14 000 yen, on a perdu 0€65… pour environ 115€ ! C’est juste un peu long, environ 20 minutes car ils photocopient le passeport et demande beaucoup d’information et la personne avait du mal car on n’avait pas d’adresse à lui donner vu qu’on prenait le bateau le jour même.
10h15 Retour à l’hôtel, on récupère nos valises et c’est parti pour le métro. Le trajet par google map est donné pour un peu moins de 2h. Ligne 8 puis ligne 3 jusqu’à Baoyang road. Au fur et à mesure on récupère du monde avec des valises, tout le monde va au port ! A la sortie du métro, sur votre gauche à côté du parking à scooter et vélo vous avez un arrêt de bus. Il s’agit d’un bus local qui récupère tous les passagers et qui va jusqu’à l’entrée du port. On a bien attenu 25 minutes avant qu’il n’arrive, et autant vous dire qu’il faut faire vite pour descendre du métro sinon vous attendrez le suivant. Le trajet coute 2 rmb (25c, la ruine !) à payer en entrant dans le bus. En arrivant au port, il faudra trainer les valises sur 1km environ, en marchant sur le côté gauche du pont.
12h30 c’est l’arrivée devant le bateau. Il y a des chinois partout, ça court, ça parle fort, ça se bouscule… On est loin de l’américain civilisé ! Sans vouloir faire de cliché bien sûr. On dépose nos valises puis on cherche où doit-on s’enregistrer. En fait on traverse d’abord un petit bâtiment plein à craquer mais qui semble ne pas nous concerner, on a cru comprendre que ce sont des bureaux non permanents des agences de voyage du coin qui ont vendu la croisière (beaucoup de chinois portent les colliers avec le nom des agences dessus). Finalement on se dirige vers la file pour les membres qui passent en priorité (on est membres emerald) et là on se retrouve coincé derrière une mamie en fauteuil roulant, en fait toute la famille veut embarquer en priorité avec elle (plutôt que de faire 2h d’attente on peut comprendre) donc ça hurle pour passer en force… Un membre du personnel nous prend en charge en voyant notre tête d’européen et nos papiers de réservation et nous amène directement au comptoir d’enregistrement. Je ne suis pas spécialement pour les privilèges mais là pour le coup passer devant tout le monde on a apprécié car le bâtiment était vraiment rempli ! On comprend pourquoi ils construisent deux autres énormes bâtiments (peut-être d’autres terminaux plus adaptés ?). Finalement on nous demande comme d’habitude nos passeports, mais aussi plus étonnant nos billets d’avion retour. On nous fait une photocopie des passeports en nous expliquant que c’est pour le Japon. On nous donne nos sea pass et c’est parti pour l’immigration. A nouveau on doit remplir un papier pour quitter la chine, ils inscrivent la date de départ sur le 144h obtenu à l’aéroport. La procédure est longue, ils observent minutieusement les billets d’avion retour. Oui oui, promis on quitte la Chine… ! On monte sur la passerelle, ultime contrôle, le personnel prendra des photos de nos billets d’avion retour puis vérifiera encore notre 144h… et nos passeports sont confisqués, et enfin nous voilà à bord ! Soulagement, c’est le début de « la suite des vacances »… ! Pour information il existe pour ceux qui arrivent le jour même, une navette Royal Caribbean entre l’aéroport et le port.
A peine arrivés à bord, nous déposons nos sacs à dos et allons directement à la salle à manger pour savoir où est notre table pour le restaurant du soir. En temps normal le numéro est inscrit sur la sea pass et ils essaient autant que possible de faire par langue, donc entre francophones. La salle est vide, on déambule et on rencontre finalement un responsable de salle qui nous dit que sur cette croisière les tables ne sont pas attribuées et qu’il faut venir à 20h pour choisir sa table… On revit alors la cohue de l’embarquement et on se dit « non ça risque d’être trop le bazar… » On tente alors un étage plus haut et on rencontre un autre chef de salle qui vient tout de suite nous voir. On lui dit qu’on ne parle pas chinois (il aurait pu s’en douter…) et qu’on souhaiterait une table pour deux, on lui explique également qu’il y a deux ans nous étions déjà à bord du Mariner of the seas et qu’on était sur une petite table pour deux, vraiment parfaite, située au pont 3 dans une petite salle… Qui ne tente rien n’a rien ! Et il nous regarde avec un grand sourire, et nous répond « ok no problem ! » et on descend pour noter le numéro de table sur notre sea pass. En ressortant de la salle on s’aperçoit alors que cette petite salle est réservée aux personnes qui ont des suites… ce qui n’est pas notre cas ! On ne sait pas si ce geste a été fait car on a une tête d’européen ou s’il a vu sur notre sea pass qu’on était membres emerald (je les avais dans les mains).
On monte alors au windjammer pour se restaurer. Le buffet est plein mais on trouve encore deux places. C’est copieux, très variés, très orientés asiatique pour certains plats (ce qui nous convient mais qui peut déplaire si on n’aime pas). On retrouve les classiques : hot dog, hamburger, frites, des plats en sauce, un morceau de bœuf grillé à la découpe, des crudités, des salades, des desserts, des fruits, du pain…
Après midi farniente…et installation dans notre modeste cabine !
Le lendemain, premier jour en mer, est très appréciable après nos visites sur Shanghai, un jour à rien faire cela repose un peu. Pour ceux qui arrivent le jour même, le premier jour en mer doit également être apprécié pour se remettre des 7h de décalage horaire avec le Japon (6h avec Shanghai). Le temps est vraiment brumeux, on ne voit pas la mer depuis le pont 12… !
🙂LES ESCALES
😏FUKUOKA 7h00 - 19h00 Le bateau est amarré en pleine ville, c’est difficile de faire mieux pour visiter par soi-même !
météo : beau et chaud, un ciel toujours sans nuage ! Encore une superbe journée.
Au programme de la journée : visiter Dazaifu dont deux de ses temples (Komyozenji et Tenmangu), rentrer sur Fukuoka pour visiter les ruines du château situées dans le parc Mazairu , le jardin japonais situé dans le parc Ohori et le parc en lui-même puis visiter les temples Tôchôji, Shôfukuji et Jotenji situés à Fukuoka.
Après un bon petit déjeuner (interdiction de sortir autre chose d’un point de vue alimentaire que des bouteilles d’eau du bateau en débarquant au Japon), nous descendons les escaliers tranquillement en direction de la sortie. Un membre d’équipage placé devant les escaliers nous arrête et nous demande si nous sommes des passagers… On trouve la question étrange mais finalement on explique que oui et que nous souhaitons descendre du bateau, elle nous laisse passer.
Nous débarquons du bateau en premier, nous rentrons dans le terminal d’un pas déterminé. On nous prend la température : 34°C pour mon mari, 35°C pour moi, l’officier a bien vu que son thermomètre a un petit problème mais il nous laisse passer ! On nous colle une grosse étiquette au dos de la photocopie du passeport (à faire chez soi, ou à demander à l’embarquement à Shanghai). Puis finalement on nous donne deux chaises et on nous demande d’attendre. En fait les japonais qui sortent du bateau d’une manière définitive sont prioritaires donc on attend sagement… Personne ne passera devant nous, en voyant les chinois arriver en masse, on demande alors si nous pouvons passer et on nous dit que oui. Finalement on passe officiellement l’immigration, les sacs sont fouillés.
Il faut savoir que pour pouvoir sortir du bateau à Kumamoto il est impératif de passer l’immigration à Fukuoka (avant 9h de mémoire) car pour le moment (projet en cours d’après les explications d’un membre d’équipage) à Kumamoto il n’y a pas de bâtiment pour l’immigration, on descend directement sur le quai.
Nous sortons du bâtiment vers 7h30 et nous cherchons où acheter les pass pour la journée (bus et métro illimités + un aller-retour en train). Il faut sortir du bâtiment, longer le parking du bus et rentrer dans le bâtiment situé à votre droite en sortant du bateau.
A l’accueil, ils vendent des pass à la journée (soit que bus et métro illimités à 820Y ,6€75, soit bus et métro illimités + un trajet aller-retour en train pour visiter le site de Dazaifu à 1340Y, 11€ environ) mais aussi des tickets à l’unité. Il faut bien faire le calcul avant d’acheter le one-day pass pour vérifier que c’est rentable, dans notre cas il a été largement amorti. Le trajet simple pour se faire déposer au centre ville coute 190Y. Le train pour aller à Dazaifu coute 800Y aller-retour. Le choix du pass se justifie pas le prix mais aussi par la simplicité d’utilisation, il faut simplement montrer au chauffeur du bus, ou au personnel avant d’accéder au quai (métro ou train). Pas besoin de manipuler de la monnaie à chaque fois qu’on sort du bus (on entre par le milieu du bus, on sort devant et on paie en sortant).
On prend donc le bus pour aller jusqu’à Tenjin Kita. Pendant le trajet nous discutons avec deux chinoises qui descendent elles aussi du bateau et veulent aller à Dazaifu mais ne savent pas comment faire, du coup on fait le voyage à 4. On a bien rigolé car elles pensaient qu’on était des danseurs sur le bateau (la veille il y a avait un superbe spectacle avec des danseurs et des chanteurs de type européen). A quatre nous cherchons la gare puis les quais. La gare est immense (boutiques, restaurants, arrêt de métro, quais pour les trains…) et est organisée sur plusieurs niveaux. Tout est bien indiqué en anglais et avec des petits dessins. Par contre pour facilement identifier le bon train et le bon quai on a utilisé les horaires car c’était la seule chose d’écrite qu’on pouvait comprendre ! Le trajet en train dure 35 minutes et il y a un changement à faire, c’est bien indiqué si on a pris le temps avant d’identifier la bonne ligne. Il faut savoir qu’il y a trois types de train qui font le trajet entre la gare et dazaifu (avec plus ou moins d’arrêt).
Arrivés sur place, nous traversons la rue commerçante de Dazaifu. On observe les stands qui font les fameux petits beignets fourrés à la pâte de haricot rouge sucrée. Un beignet coute 120Y (1€), c’est bon et vraiment différent de ce qu’on mange habituellement. Il y a beaucoup de stand et beaucoup de monde sur le site en lui-même. Sur le site il y a beaucoup de temple, plus ou moins grands. Nous avions décidé de voir les deux principaux : le Komyozenji et le Tenmangu. Le deuxième est le plus grand et le plus connu. Vous traverserez trois ponts pour le visiter, c’est très joli. Le komyozenji est plus petit et nous n’avons pu voir que le petit jardin minéral situé à l’entrée, le temple étant réservé à la prière le jour où nous y étions (un dimanche). Nous avons pris la peine de marcher un peu à l’arrière du Tenmangu pour aller jusqu’à un petit temple situé dans les hauteurs (20 minutes de marche). Nous sommes passés sous les célèbres portes rouges japonaises à travers la forêt, c’était désert… comme si la foule ne visitait que le Tenmangu. Après avoir visité les deux temples, nous sommes redescendus et nous avons marché jusqu’au petit parc d’attraction attiré par la musique… Nous nous sommes posés à regarder un magnifique spectacle de danse de différentes écoles. Les tenues étaient superbes et colorées. Cela devait être un évènement important car il y avait même des équipes de télévision. Rester au soleil était difficile tellement il faisait chaud…
Avant de rentrer à Fukuoka nous avons pris le temps de déguster un beignet fourré à la viande à 270Y, 2€22 (voir le site de benefukuoka pour avoir l’adresse exacte du restaurant car il n’est pas dans la rue principale mais un tout petit peu en retrait). C’était très bon, un peu délicat à déguster avec les baguettes par contre !
Retour à Fukuoka en train, après avoir regardé une autre représentation, dans la rue commerçante cette fois-ci (il y avait plusieurs endroits où les gens dansaient). C’était magnifique !
A la gare nous avons pris le métro pour aller jusqu’aux parcs Ohori et Mazairu qui sont l’un à côté de l’autre, toujours en montrant notre pass avant d’accéder au quai.
Les ruines du château ne sont pas immenses mais la porte encore entière laisse imaginer la taille du château qui existait avant. Nous nous sommes posés un moment sous les prunus encore en fleurs parmi les japonais qui finissaient leur pique-nique.
A 14h nous avons ensuite visité le jardin japonais situé au bout du lac du parc Ohori. L’entrée est à 240Y (1€97) par personne mais on n’a payé moins (on a payé le tarif groupe, va savoir pourquoi…). Il est petit mais très joli. Nous avons eu la chance d’assister à des séances photos de mariage en tenue traditionnelle. Les deux mariées étaient très belles. Le fait de venir un dimanche permet de voir les gens « vivrent ». Le parc ferme à 17h.Il faut compter 30 minutes pour visiter ce joli jardin voire plus si vous faites des photos.
Dans ce parc Ohori il y a aussi le musée d’art mais qui est fermé jusqu’en 2018.
Nous avons ensuite traversé le lac avant de rejoindre la station de métro. C’était drôle de voir les pédalos en forme de cygne… Vu l’heure nous avions encore le temps de visiter les temples Tochigi, Shôfukuji et Jotenji. Nous avons donc repris le métro jusqu’à l’arrêt Gion.
Le temple Tôchôji est juste en face de vous en sortant du métro. Avec sa belle pagode rouge vous ne pouvez pas le rater. La pagode est magnifique, il y a aussi un petit jardin japonais dans l’enceinte du temple. C’est gratuit et il ferme à 17h. Vous pouvez monter à l’étage pour voir un très grand bouddha.
Le temple Shôfukuji est situé à 5 minutes à pied de l’autre. C’est un style différent, beaucoup plus ancien, gratuit et toujours ouvert. Le parc est arboré et désert… C’est apaisant et très joli.
Enfin, 5 minutes de marche encore, et nous arrivons au temple Jotenji. Il s’agit d’un grand temple et de plusieurs plus petits. Certains sont fermés au public mais on peut voir en passant la tête un beau jardin minéral. Il n’y a personne, c’est très joli et apaisant.
Encore 5 minutes de marche et nous avons fait une boucle, retour à l’arrêt de métro Gion. Nous marchons en direction du port (attention ça roule à gauche !) pour trouver l’arrêt de bus qui nous emmènera jusqu’au bateau. Si vous êtes motivés et encore en forme vous pouvez aussi marcher, vous êtes à 2km du port presque toujours en ligne droite !
bilan de notre journée à terre : Une journée bien remplie et pourtant sans se presser ! Jamais nous n’aurions imaginé pouvoir visiter les 3 temples de Fukuoka en fin d’après-midi… Beaucoup de découverte, rien de redondant… On ne regrette pas le voyage jusqu’à Dazaifu, l’escale étant longue, ça vaut le coup !
😏KUMAMOTO 8h00 – 20h00
Le bateau est à quai au port de Yatsushiro. C’est à environ 40km de Kumamoto.
météo : pluie, pluie et pluie… une météo peu propice aux visites, mais bon on fera avec… Et encore on s’estime chanceux car les plus grosses averses seront quand nous sommes dans les transports en commun (train puis tram plus tard dans la journée !).
Au programme de la journée : prendre le taxi puis le train pour rejoindre Kumamoto, monter au 14ème étage de la mairie, faire le tour du château, visiter le jardin japonais suizenji, déambuler dans le centre commercial shimotori pas loin du château, rentrer au port.
L’heure de sortie autorisée était donnée pour 8h30. A 8h15 nous étions déjà prêts alors on descend les escaliers puis on se dit de toute façon on attendra chacun notre tour avant de pouvoir descendre du bateau. Et en fait, tout comme la veille, personne ne nous arrête. On se retrouve nez à nez avec l’immigration japonaise montée à bord pour faire les contrôles (car il n’y a pas de bâtiments, on descend directement sur le quai). Ils n’ont pas fini d’installer les tables alors on attend tranquillement. Quelqu’un nous aperçoit et toujours la même question, est ce que vous êtes des passagers ? Toujours la même chose, on explique que oui et qu’on veut simplement descendre. On a le droit à une fouille minutieuse (ils ont même ouvert le porte-monnaie de mon mari !). Je demande à un japonais de m’écrire le nom du port en japonais (pour pouvoir montrer au taxi le soir pour rentrer).
Pour rejoindre Kumamoto rapidement mais en limitant nos dépenses nous avions fait le choix de prendre le taxi jusqu’à la gare de shin-yatsushiro puis de prendre le train jusqu’à Kumamoto. Le prix du taxi entre le port et la gare est d’environ 3000Y (soit 25€ les 15 minutes). Il existe une navette gratuite qui vous prend au port et marque plusieurs arrêts dont le temple de la ville de Yatsushiro, le centre-ville et un grand centre commercial situé en dehors de la ville. Les navettes partent toutes les 30 minutes mais n’étaient pas en service avant 9h. Elles ne passent pas par la gare… On la prendra le soir pour éviter de repayer 25€ de taxi. En rentrant dans le taxi on vous donne un petit papier où il est écrit en anglais, chinois, japonais « je suis un passager de croisière, ramenez moi au port de Yatsushiro s’il vous plait ».
Arrivés à la gare un peu avant 9h, nous tombons sur les artistes qui avaient fait leur show la veille sur le bateau, un duo de comique anglo-japonais excellents ! On discute 5 minutes car le spectacle était vraiment délirant et ils nous expliquent qu’ils prennent le shinkansen.
On se pose quelques minutes pour réfléchir au problème du retour, on rentre dans l’office du tourisme situé dans la gare. Ils sont très gentils et nous donnent les horaires des trains, de la navette gratuite et le plan de la ville en anglais. Le soir on rentrera donc en s’arrêtant à l’arrêt de train suivant puis on marchera jusqu’au centre-ville puis on prendra la navette gratuite. Un peu long mais 100% gratuit…
En attendant, il faut déjà prendre le train local. Il faut compter 5€30 (650Y) par personne par trajet pour rejoindre Kumamoto. Si vous prenez le shinkansen c’est environ 20€ par personne et par trajet, mais c’est plus rapide. Les quais sont totalement isolés alors nous n’avons pas eu la chance de le voir sauf à travers des grilles perforées. Par contre plus loin on a pu voir un entrepôt de shinkansen, il y en avait des dizaines...
Bref, 9h45 nous arrivons à Kumamoto. Il pleut des cordes, nous regardons dans les petites boutiques dans la gare pour voir le prix d’un parapluie… On hésite car après faut se le trainer toute la journée, on regarde dehors et il ne pleut plus une goutte ! Les averses commencent et s’arrêtent aussi rapidement…On aura droit à ce phénomène météorologique plusieurs fois dans la journée.
On achète donc notre pass pour le tram dans la gare puis on sort. Le prix d’un trajet en tram est de 170Y, le pass illimité coute 500Y. L’arrêt de tram est facile à trouver, il est en face de la gare. 15 minutes après nous sortons du tram et nous montons au quatorzième et dernier étage de la mairie pour avoir une superbe vue sur le château sinistré. Cela peut sembler bizarre de rentrer dans un bâtiment administratif mais on a le droit. La vue est belle et cela vaut le détour car prendre de la hauteur est la seule façon de voir l’ensemble du site.
En sortant de la mairie nous faisons le tour du château en suivant les douves. Depuis le tremblement de terre d’avril 2016, la visite est limitée. On peut faire le tour du château mais on ne pénètre pas à l’intérieur. Tout est devenu gratuit par contre. Le tour du château prend une bonne heure et permet d’apprécier la vue sur les différents bâtiments encore entiers ou sur les ruines, c’est impressionnant de voir des murs entiers totalement éventrés… Les travaux sont estimés pour environ 20 ans et on comprend pourquoi en voyant l’ampleur des dégâts ! Malgré le tremblement de terre, la visite du château est un incontournable, il reste majestueux et impressionnant par sa taille. Heureusement il n’a pas plu pendant cette visite… Vous trouverez sur le site de benenofukuoka une carte du château avec les différents points de vue pour faire des photos.
Pendant le tour vous aurez l’occasion de voir deux petits temples. Le deuxième en bas du château était désert, la visite se fait en 5 minutes mais c’est agréable de le faire seuls.
Nous reprenons le tram en direction du suizenji garden. C’est un jardin japonais touristique, le deuxième incontournable de la ville. Il est beau et vallonné. Il y a une représentation du mont Fuji et un bel étang. Le prix est de 400Y par personne (3€20 environ). Il faut compter 1h dans le jardin pour visiter tranquillement. Même sous la pluie nous y sommes restés 1h… !
13h30 Nous reprenons le tram B et nous nous arrêtons à Torichosuji Station. C’est une belle rue commerçante couverte. On découvre les boutiques spécialisées dans le karaoké. C’est drôle et décalé pour nous. On cherche un petit restaurant local pour manger, le petit déjeuner commence à dater…. Finalement on mangera dans un bon petit restaurant, très propre, et très bon. On a mangé 5 raviolis grillés, du riz et du porc mariné et un bouillon avec des nouilles (des ramens) pour environ 8€. En fait ils faisaient de la publicité au milieu de la rue couverte et on s’est dit pourquoi pas, on a pris les coupons, on a eu du mal à trouver l’endroit mais cela en valait la peine ! Ils proposaient une carte avec des images, rien en anglais mais l’un des serveurs parlait anglais. On s’est débrouillé comme on pouvait, le serveur était adorable. Une très bonne adresse. Pareil on peut donner l’adresse si jamais…
15h, on se dirige vers la gare en tram. On reprend les billets mais cette fois-ci jusqu’à l’arrêt de train principal Yatsushiro. C’est un peu plus cher. C’est la ligne Kagoshima. Les gens attendent en ligne bien sagement rangés sur le quai. Je dérange avec un grand sourire notre voisine de devant en lui montrant notre billet pour être certains de bien monter dans le bon train… Tous les trains que nous avons pris au Japon étaient ponctuels !
Arrivés à Yatsushiro, nous marcherons environ 30 minutes (presque toujours tout droit) avant de trouver l’arrêt de la navette gratuite situé en face du temple. Nous avons traversé la ville et la rue commerçante, tout était désert, c’est vraiment un endroit où il n’y a rien à voir à part ce joli temple (enfin vu de l’extérieur car vu qu’il pleuvait à nouveau beaucoup nous sommes restés bien gentiment assis à l’arrêt de bus). Nous avons attendu environ 30 minutes car une des navettes a été annulée… Heureusement qu’on avait nos vestes de pluie car certains chinois en short et sandales devaient sacrément avoir froids.
Un peu avant 17h, la navette arrive, enfin ! Vu l’heure on décide alors de s’arrêter au centre commercial desservi par la navette pour voir si on trouve des petits souvenirs et utiliser nos derniers yens japonais. Nous y resterons 1h, c’est en réalité un supermarché et une bonne vingtaine de boutiques. Nous avons été très surpris en marchant dans le supermarché car forcément les produits ne sont pas les mêmes que chez nous. C’est vraiment dépaysant. Ils vendent par exemple des baguettes d’apprentissage pour apprendre aux enfants à manger avec des baguettes. Forcément chez nous ça serait plus compliqué à trouver… Une heure plus tard et quelques souvenirs achetés à l’effigie du Kumamon (un ours noir mignon emblématique de Kumamoto) nous attendons la navette. Manque de chance, elle est complète, nous devons patienter 30 minutes de plus dans le froid… Nous prendrons donc la dernière navette, puis nous roulons en direction du port. Nous sommes fatigués car la journée a été belle mais éreintante sous la pluie… Arrivés au port on découvre une bonne quinzaine de bus qui attendent chacun leur tout pour décharger les gens en excursion. Il pleut des cordes donc tout le monde reste dans les bus. Notre chauffeur explique que lui c’est la navette gratuite et qu’en gros il ne veut pas vraiment attendre 2h sur le quai et il double tout le monde… et nous dépose devant le bateau. On a eu de la chance d’avoir un chauffeur un peu gonflé !
bilan de notre journée à terre : Encore une belle journée ! Les différents éléments du château sont impressionnants, le jardin était beau, le repas excellent ! Même si la météo n’était pas avec nous, nous n’avons eu aucun regret d’aller jusqu’à Kumamoto car à Yatsushiro il n’y avait pas de quoi occuper toute la journée… C’est notre impression et aussi celles des deux chinoises qui avaient été à Dazaifu la veille avec nous, qu’on a retrouvé le soir même dans le bateau et qui étaient très déçus de ne pas avoir pris le train pour aller jusqu’à Kumamoto avec nous.
Les 2 escales sont vraiment intéressantes et permettent la découverte de sites très variés. Entre les temples, les parcs, les jardins et le château, tout se complète parfaitement et donne un joli petit aperçu rapide du Japon.
🙂DETAILS SUR LE BATEAU
Côté restauration...
Nous avons mangé au : - windjammer (buffet) : surtout testé au petit déjeuner et une fois à midi le premier jour à Shanghai. La nourriture est variée, on trouve de chaque côté du buffet un endroit spécialisé asiatique (le nom de ce buffet est Jade). Vous avez des croissants, du beurre, des confitures, des muffins, de la viennoiserie, du jambon, du bacon, des pommes de terres paillasson, des crudités, des fromages en tranche, des fruits, des yaourts, du lait en brick, du lait chaud, du chocolat au lait (sur demande !)… Bref beaucoup de choix et vous rajouter à ça des nouilles, du riz sautés, des bouillons, des marmites entières d’œufs durs ! On a remarqué quelque chose d’amusant, les chinois se jettent sur les laitages (yaourts et briquettes de lait) et les œufs durs au petit déjeuner. Ils doivent rire en voyant nos croissants…Chacun ses habitudes. Pour les habitués, ne chercher pas des english muffins, il n’y en n’a pas au départ de Shanghai. Et si vous voulez des baggles il faut les demander là où ils grillent le pain. Ils sont bien cachés !
- salle de restaurant : La carte du menu (en anglais mais avec des images) a changé. On trouve au choix 5 entrées, puis 4 plats non asiatiques puis 4 plats asiatiques. La carte des desserts comprend 4 desserts et des sorbets et glaces. On a retrouvé certaines entrées, les escargots notamment et certains plats qu’on avait déjà eus à bord d’autres bateaux de la même compagnie comme la souris d’agneau au romarin avec de la purée et des petits légumes. Pareil pour les desserts, on a retrouvé la crème brulée à la banane et le soufflé au chocolat et sa sauce au capuccino… Nous avons très bien mangé. Tous les soirs parmi les quatre plats non asiatique il y avait toujours un plat de pâtes avec des sauces variées.
- Lors de nos journées en mer, nous avons été mangés au Johnny rockets pour le déjeuner. En fait on paie 6.95$ par personne et on peut manger tout ce que l’on veut. Les hamburgers sont très bons, les frites et les oignons frits aussi. Le super sundae au chocolat… miam, un délice aussi ! La tarte aux pommes et à la canelle également ! Heureusement qu’on marche toujours beaucoup dans la journée et qu’on ne prend presque jamais les ascenseurs… ! Il y a juste un détail qui nous a fait sourire, comme il y a deux ans d’ailleurs, le personnel asiatique ne « colle » toujours pas par rapport à l’ambiance américaine du restaurant… ! Un autre détail, le restaurant était presque vide, on a mangé avec des officiers ou du personnel non asiatique pour les deux repas. Notre serveuse nous a expliqué que les chinoises voulaient garder la ligne et ne pas habituer les enfants à manger ce genre de nourriture. Du coup c’était super calme… ! Contrairement au windjammer les jours en mer qui était pris d’assaut…
2.Côté excursions... Nous avons l’habitude de programmer nos excursions par nous-même et cette croisière s’y prête vraiment ! Nous n’avons pas acheté d’excursions proposées par la compagnie Royal Caribbean. Je ne peux donc pas juger de la qualité.
Par contre à bord il n’y avait que 3 excursions proposées à la vente, c’est très peu : - 4h de visite à Fukuoka pour voir un temple, le jardin japonais du parc ohori, la tour de Fukuoka, 89$ - 4h de visite à Kumamoto pour voir un parc situé à côté du château et le suizenji garden, 99$ - 4h de visite à Shanghai puis ils vous déposent soit à l’hôtel soit à l’aéroport 75$.
Avant de partir il faut savoir qu’en réservant depuis le site américain j’avais vu qu’il proposait aussi à Fukuoka une excursion qui allait à Dazaifu, environ 100€ par personne mais apparemment elle n’était pas à la vente depuis le bateau.
J’ai gardé le descriptif en anglais des excursions, si quelqu’un le veut, dites le moi et j’envoie.
3.Côté spectacles... Nous avons assisté à plusieurs spectacles à bord du mariner of the seas, en général à 21h15, tous de très bonne qualité voire excellente !
Pour la première fois depuis qu’on voyage avec cette compagnie on a vu qu’il vendait un spectacle payant, pas cher (9$) mais pour le principe je préfère le dire. C’est un spectacle de cirque sur glace, il y a eu plusieurs représentations pendant les deux jours en mer. Nous n’y avons pas assisté.
On a vu un duo de comiques sans parole. On a vraiment beaucoup rigolé. Les chinois participent beaucoup plus que les européens pendant ce genre de spectacle. Pour vous donner une idée, un moment un des artistes prend une chaussure d’un passager et la renifle et fait semblant de montrer qu’elle ne sent pas bon, le passager s’est levé et lui a envoyé l’autre chaussure sur scène (par chance pas dans la tête !). Le comique anglais (rencontré à la gare) nous a expliqué qu’il adorait faire ses spectacles en Asie justement pour cette interaction avec le public chinois. Excellent show.
On a aussi vu un spectacle de danseurs et chanteurs qui restent sur le bateau. Beau spectacle, divertissant, vivant, coloré. Les décors sont travaillés.
On a assisté également à un concert au violon mais après 5 minutes nous avons quitté la salle de spectacle, trop fatigués pour vraiment en profiter. L’artiste n’est pas en cause… !
Enfin nous avons vu un spectacle d’un illusionniste chinois. Il était simplement impressionnant… ! Avec toujours la même question sans réponse : mais comment il fait… ? C’était scotchant ! Excellent show également.
4.Côté activités sportives sur le bateau... - mur d'escalade : pas tenté ! Mais tenté sur un autre bateau de la même compagnie et c’est vraiment sympa surtout un jour en mer ! Pour le coup avec la brume épaisse et le vent le premier jour en mer il ne devait pas y avoir grand monde… - piste de marche et course : pas utilisée ! Ni par nous ni par les autres d’une manière générale, faut bien avouer que le premier jour en mer on ne voyait pas l’autre bout du bateau tellement il y avait de la brume (la corne de brume a sonné toute la journée !) et pareil l’après-midi du deuxième jour en mer… - piscine du solarium : pas testée mais il y a toujours une personne qui surveille ce qui est agréable pour éviter les enfants turbulents… - jacuzzi : beau et grand mais pas testés non plus - terrain de golf : testé avec un énorme vent, juste pour le fun ! - terrain de basket : pas testé ! Mais utilisé à chaque fois que nous sommes passés pas loin.
Une petite remarque concernant la bibliothèque, elle a été transformée en pharmacie japonaise. C’est assez drôle car les étiquettes indiquant les langues des livres sont encore en place…
5.Le bateau en lui-même et quelques ressentis... en vrac !
Bateau assez grand avec beaucoup d’endroit pour se poser (sans forcément voir la mer par contre). La promenade intérieure reste agréable quand le temps est maussade. On a pris plaisir à faire quelques tours sur le pont extérieur tout en haut même avec un grand vent.
Aucun problème pour prendre des serviettes et avoir un transat de libre mais en même temps vu le temps cela se comprend…
Pour les personnes parlant peu ou mal anglais, il y a à l’accueil un tunisien qui s’appelle Idi et qui parle français. Il est très gentil, on l’avait rencontré il y a deux ans à bord du même bateau. Il y a aussi un indou toujours à l’accueil qui lui aussi parle français. Vous trouverez aussi quelques mauriciens surtout au niveau des cabines. Le journal de bord est en mandarin ou anglais, par défaut on prendra l’anglais. C’est la première fois qu’on a la carte du restaurant en anglais mais avec les images c’est tout à fait compréhensible si vous ne parlez pas un anglais irréprochable.
Les chinois sont assez calmes à bord. Sauf le premier jour où ils se pressent tous pour déposer 150$ sur leur compte à bord sinon ils ne peuvent pas débarquer du bateau au Japon (cette mesure ne concerne pas les gens qui ont enregistré une carte de crédit à bord). En fait un officier nous a expliqué qu’ils avaient été obligé de mettre cette procédure en place à cause de passagers chinois qui un jour d’escale étaient volontairement restés au Japon et n’étaient donc pas remontés à bord.
On voudrait en profiter pour dire qu’à de nombreuses reprises on a pu constater deux choses : - en ayant une tête d’européen, le personnel « non asiatique » vient vers nous avec le sourire pour nous demander si on a besoin de quelque chose ou tout simplement pour discuter (le dernier soir je me suis retrouvée à discuter en anglais avec un brésilien qui m’expliquait que c’était son compagnon qui faisait le rôle du policier sur la passerelle pendant la chanson YMCA), comme s’ils étaient contents de voir d’autres personnes que des chinois. Un autre exemple, un jour on attendait à la réception, il y avait au moins une vingtaine de personnes devant nous, et un membre du personnel (non asiatique) est venu directement me voir pour savoir ce qu’il pouvait faire pour nous. - en ayant une tête d’européen, l’ensemble du personnel asiatique a plutôt tendance à fuir (les photographes nous ont évités à plusieurs reprises, pareil pour les personnes qui font de la publicité pour les restaurants payants…) Ce ne sont que des ressentis bien sûr et on ne souhaite pas généraliser à l’ensemble du personnel qui peu importe sa nationalité est toujours assez souriant et efficace.
Enfin lors de la soirée habillée, nous étions presque les seuls à s’être habillés pour l’occasion. On s’est fait regarder comme deux ovnis en tenue de soirée ! A côté ne nous dans la salle de restaurant un homme était en short et en basket, sur un autre bateau il ne serait pas rentrés dans cette tenue là je pense…
Les chinois voyagent beaucoup en famille, alors il y avait beaucoup d’enfants à bord et beaucoup de personnes d’un âge avancé.
En partant de Kumamoto le commandant a fait une annonce en expliquant que la météo serait mauvaise pour la nuit, que le bateau était prévu pour naviguer sur une mer déchainée mais qu’on pouvait ressentir des secousses. Il a annoncé des creux de 3 à 6 mètres de hauteur, c’est légèrement anxiogène pour s’endormir tranquillement ! En fait cette nuit-là c’est vrai, le bateau a bien bougé. Mais rien d’insurmontable pour autant. Entre la brume et la houle, il devait y avoir du monde à la passerelle… !
Dernière chose, les chinois d’une manière générale achètent beaucoup de choses pendant les escales (couches pour bébé, produits de beauté, produits panasonic…) du coup le soir les contrôles à bord sont assez longs vu qu’ils scannent toutes les marchandises.
🙂DEBARQUEMENT Etant membres emerald on est censé sortir après les passagers en suite et avant tous les autres du coup, et finalement ça a été un peu la cohue car beaucoup de personnes n’ont pas respectés les lieux de rdv et les horaires qui vont avec… Gros problème d’organisation et manque de personnel pour gérer la porte de sortie.
Nous avions fait le choix de garder une valise pour pouvoir sortir du bateau avec. Nous avons placé l’autre valise devant la porte avant 22h comme demandé. Nous avons été récupérés nos passeports la veille du débarquement. Une seule personne peut aller chercher tous les passeports pour la cabine à condition d’avoir toutes les seapass.
A l’immigration en sortant du bateau on nous a demandé nos billets d’avion retour et de remplir une demande pour une exemption de visa de 144h puis finalement en lisant le document elle s’est aperçue que nous reprenions l’avion dans la nuit donc que nous n’avions pas d’hôtel donc elle nous a fait remplir les documents pour l’exemption de 24h. Notre vol étant à 00h05. Ce qui veut aussi dire que vous pouvez avoir deux exemptions de visa de 144h !
Pour sortir du port il existe une navette gratuite (free shuttle bus) qui vous dépose jusqu’à l’arrêt de métro de la ligne 3. On prend la navette, il faut porter ces valises dans le bus (pas pratique du tout car ce n’est pas un bus de ville et ils n’ouvrent pas les soutes!). 15 minutes après nous étions déposés à l’arrêt de métro.
De nombreux taxis attendent si vous préférez cette option.
🙂DERNIER JOUR DE VISITE DE SHANGHAI
Au programme de ce dernier jour : déposer les valises en consigne à la gare, visiter le temple Zenhru, visiter le marché aux fleurs, visiter le temple du bouddha de jade et voir le quartier artistique M50. Reprendre nos valises puis partir à l’aéroport en métro.
Il a déjà fallu acheter un one day pass métro à la station (2€22 par personne pour un pass illimité pour le métro).
Arrivés à la gare (assez grande, les couloirs sont interminables surtout en trainant les deux grosses valises !), nous avons cherchés des consignes. J’avais lu qu’il fallait compter envion 10 rmb sur plusieurs forums. J’ai demandé à un premier endroit il voulait 60 rmb pour les deux valises, j’ai demandé à un deuxième endroit il voulait 100 rmb pour les deux valises. Finalement après négociation on a payé 50rmb pour les deux grandes valises. Les consignes se trouvent à l’extérieur du batiment principal mais facilement repérable. Je pense qu’on aurait pu payer moins cher mais on ne voulait pas perdre une heure pour gagner au final 2€.
Le temple Zenhru est facilement accessible en métro, l’arrêt de métro s’appelle même zenhru temple… Il n’est absolument pas touristique et on traverse un petit quartier beaucoup plus populaire qu’au centre-ville de Shanghai pour y accéder. Si je ne devais choisir qu’un seul temple, je prendrai sans hésiter celui-là. Il est authentique mais ne chercher pas le rouge, ici les rubans sont jaunes… Sa pagode est belle et haute. Les bonsaïs sont magnifiques, le temple est grand et fleuris. On voit les appartements des moines au-dessus des salles de prières.
Caojiadu flower market est notre prochain arrêt, nous reprenons le métro pour rejoindre ce fameux marché aux fleurs. C’est un grand bâtiment où de nombreux marchands proposent leurs fleurs. Des vraies, des fausses, des cailloux, des milliers de petites plantes grasses, des compositions de roses pour les hôtels ou les réceptions, des tournesols géants, des bambous du bonheur… un rayon entier pour les aquariums, et des orchidées partout ! Un arrêt qui sort des sentiers classiques de visite mais qui mérite le détour ! Autant le dire nous étions presque les seuls non-chinois dans le bâtiment mais c’est vraiment unique ! Et là on se dit mais pourquoi on ne peut pas ramener quelques petites plantes grasses en France…quel dommage!
On reprend le métro en direction cette fois-ci du temple du bouddha de jade. Il est 13h30 et nous commençons à avoir faim. On regarde un peu les restaurants à la sortie du métro et on voit quelqu’un manger dans un bol en fonte posé dans un panier en osier, un plat très appétissant. On s’approche, on regarde les dessins, un peu les prix. Allez hop on rentre. Personne ne parle anglais, les dessins sont peu explicites… Je montre un plat en essayant au moins de savoir la viande qu’il y a dedans (des abats ou du poulet ?) et finalement le cuisinier part en cuisine pour revenir avec du porc mariné en tranche cru. On part sur ça puis une autre marmite avec du poulet. On nous donne deux bols de bouillon, qu’on n’a pas commandé mais bon on les mange. Très gouteux ! Puis arrivent les deux marmites avec de la salade, du riz, de la sauce soja au fond, la viande mariné… Très bon pour les deux mais celle au poulet est quasi immangeable tellement c’est piquant ! Les cuisiniers mangent à côté de nous, c’est la fin du service et nous font gouter des pommes de terre super fondante en sauce qu’ils ont dans leur plat, ils sont vraiment curieux et sympathiques. On a remarqué par contre qu’ils ne proposent jamais à boire de manière systématique, que ça soit à Shanghai ou au Japon. Les gens rentrent souvent avec leur boisson. Je ne sais pas si c’est que dans les petits restaurants pour les locaux ou si c’est une pratique généralisée ou si c’est parce qu’on a déjà du mal à se faire comprendre ne parlant pas chinois…
On marche ensuite, le ventre plein, vers le temple du bouddha de jade. L’entrée est de 20rmb par personne. Il y a plusieurs bâtiments, c’est en partie en chantier. C’est joli mais sans plus par rapport à Zenhru. Et surtout c’est rempli de groupes de touristes en voyage organisé. Les deux bouddhas taillés dans le jade sont somptueux par contre.
On marche alors vers le quartier artistique M50. Peut-être est-ce lié au fait que la plupart des galeries soient situées dans les étages mais nous n’arrivons pas à nous motiver à y entrer… On en visitera deux mais cette rencontre artistique est plutôt un raté. Le quartier est plus tourné « bon chic bon genre ». On s’arrête pour observer des tagueurs en pleine action.
On repart ensuite vers la gare en métro pour reprendre nos valises. On reprendra ensuite le métro , toujours avec nos pass, jusqu’à l’aéroport (sans maglev vu qu’on a le temps). Le trajet retour de la gare jusqu’à l’aéroport semble interminable. Sur la ligne 2 si vous la prenez pour aller à l’aéroport comme nous, il faut savoir qu’à une station il faut sortir du métro et prendre le métro situé sur le quai en face. C’est très bien indiqué en chinois et en anglais.
Bilan de la journée : une dernière et belle journée sous le soleil ! Seul le quartier M50 n’a pas été intéressant à nos yeux. Le temple Zenhru et le marché aux fleurs ont été deux coups de cœur !
🙂LE RETOUR 20h nous arrivons enfin à l’aéroport, avec 4h d’avance. Nous déposons nos valises et nous déambulons dans l’aéroport en attendant que le temps passe… !
Nous rencontrons alors l’équipe de l’émission Turbo (M6) qui est venue faire son reportage pour le salon de l’automobile de Shanghai. Mon mari étant passionné d’automobiles nous discutons quelques minutes tous ensemble, ils rentrent eux aussi en France. Ils sont super sympas et très abordables. Ils prennent le vol juste avant nous.
Nos deux vols pour Paris partent avec 30 minutes d’écart, on attend sagement l’heure H… Dernier clin d’œil automobile, monsieur Alain Prost qui passe à deux mètres de nous juste avant l’embarquement… ! C’est une belle façon de finir ses vacances.
17h10 de trajet au total… Effectué sur China eastern line pour le Shanghai-Paris puis sur air France pour Paris-Nice. Entre Paris et Shanghai il y avait peu de films en français proposés, sinon confort classique. Nourriture convenable. Des turbulences pendant tout le trajet entre Shanghai et Paris m’ont sacrément dérangé… On a eu droit à être désinfecté juste avant notre arrivée à Paris : une hôtesse passe avec un aérosol dans tout l’avion et pulvérise au plafond. Alors quand on a mal dormi, plié en deux dans son siège, qu’à moitié réveillé on entend vaguement que le commandant annonce que les masques à oxygène peuvent tomber et qu’on est secoué à cause des turbulences, bonjour le réveil !
🙂BUDGET La croisière nous a couté 921€ pour deux avec les pourboires.
Le vol Nice- Shanghai via Paris (sans changer d’aéroport !) nous a couté 870€ pour deux adultes aller-retour. Attention de nombreux vols sont proposés avec changement d’aéroport à Paris. Il faut savoir qu’on a payé moins cher un Nice-Shanghai que si on avait pris un Paris-Shanghai.
L’ensemble des excursions, les transports, les deux nuits d’hôtel à Shanghai, tous les repas en dehors du bateau, les quelques souvenirs achetés sur place, nous ont couté environ 310€.
Tout compris on est autour de 2100€ pour 10 jours de dépaysement total et des vacances inoubliables.
Bon voilà je crois que j'ai fait le tour, n'hésitez pas si vous avez des questions !
Une dernière information gourmande, si jamais vous êtes à la recherche d’un endroit sympa pour manger pas loin du port, j’ai plusieurs adresses données par notre serveuse chinoise qui m’a expliqué que les membres du personnel chinois pendant les escales à Shanghai allaient manger dans ces restaurants, le centre-ville étant trop éloigné.
Bonjour à tous,
Après avoir lu pas mal de fils sur la Chine, voici venu pour moi le temps d’exposer mon projet et de l’ouvrir à vos remarques, avis et propositions.
Nous prévoyons de partir en Chine au mois d’avril 2014 pour une durée de 12 jours sur place. Nous partons en famille à 4 (avec deux enfants de 11 & 15 ans) de Paris. Ce sera pour nous une première approche de la Chine, et même une première approche de l'Asie.
Mon plan initial est le suivant (inclus les vols intérieurs): · J1 : Paris-Shanghai · J2-J6 : Shanghai : 5 jours · J7 : Xi’an : 2 jours · J9-J13 : Pèkin : 5 jours · J14 : Pékin - Paris
Je compte réserver un vol A/R Paris-Shanghai, Pékin-Paris, puis des vols locaux pour faire Shanghai - Xi’an et Xi’an - Pékin.
J’envisage de prendre des cours de chinois « en famille » en faisant venir quelqu’un à la maison, mais je n’ai pas encore vu l’aspect économique de la chose, ça restera peut-être que du domaine du « souhait »…
J’ai un doute que je souhaite dissiper très vite pour faire les réservations de vols dès que possible : Je m’interroge sur le fait de faire Shanghai et de rester plutôt concentré sur l’axe Pékin – Xi’an, en incorporant au voyage une excursion vers Chengdé par exemple (quelle durée prévoir ?) et une ou deux étapes pour le voyage entre Pékin et Xi’an (par exemple s’arrêter à Pingyao). Où peut-on s’arrêter qui soit « abordable » pour des personnes qui ne parlent pas chinois ?
Ca me semble intéressant de faire un séjour plus homogène de cet axe et de revenir plus tard pour faire par exemple Shanghai – Guilin – Hong-Kong, je reconnais qu’après les diverses lectures, les voyages en train m’angoissent un peu (pas de réservation avant 10jours, s’orienter dans des gares immenses etc.).
D’un autre coté, j’ai envie de voir Shanghai, d’aller faire un tour vers Suzhou & Zhouzhuangzen me bottent et mon idée première est : premier contact avec la Chine, avec un trajet classique sur l’essentiel de la Chine et une découverte crescendo du pays, de Shanghai en allant à Pekin via Xi’an (incontournable, je veux voir l’armée enterrée).
Qu'en pensez-vous ?
Je reviendrais ensuite pour le contenu des visites et hôtels/GH et autres détails pratiques conseils.
Merci pour vos aides et avis.
Après avoir lu pas mal de fils sur la Chine, voici venu pour moi le temps d’exposer mon projet et de l’ouvrir à vos remarques, avis et propositions.
Nous prévoyons de partir en Chine au mois d’avril 2014 pour une durée de 12 jours sur place. Nous partons en famille à 4 (avec deux enfants de 11 & 15 ans) de Paris. Ce sera pour nous une première approche de la Chine, et même une première approche de l'Asie.
Mon plan initial est le suivant (inclus les vols intérieurs): · J1 : Paris-Shanghai · J2-J6 : Shanghai : 5 jours · J7 : Xi’an : 2 jours · J9-J13 : Pèkin : 5 jours · J14 : Pékin - Paris
Je compte réserver un vol A/R Paris-Shanghai, Pékin-Paris, puis des vols locaux pour faire Shanghai - Xi’an et Xi’an - Pékin.
J’envisage de prendre des cours de chinois « en famille » en faisant venir quelqu’un à la maison, mais je n’ai pas encore vu l’aspect économique de la chose, ça restera peut-être que du domaine du « souhait »…
J’ai un doute que je souhaite dissiper très vite pour faire les réservations de vols dès que possible : Je m’interroge sur le fait de faire Shanghai et de rester plutôt concentré sur l’axe Pékin – Xi’an, en incorporant au voyage une excursion vers Chengdé par exemple (quelle durée prévoir ?) et une ou deux étapes pour le voyage entre Pékin et Xi’an (par exemple s’arrêter à Pingyao). Où peut-on s’arrêter qui soit « abordable » pour des personnes qui ne parlent pas chinois ?
Ca me semble intéressant de faire un séjour plus homogène de cet axe et de revenir plus tard pour faire par exemple Shanghai – Guilin – Hong-Kong, je reconnais qu’après les diverses lectures, les voyages en train m’angoissent un peu (pas de réservation avant 10jours, s’orienter dans des gares immenses etc.).
D’un autre coté, j’ai envie de voir Shanghai, d’aller faire un tour vers Suzhou & Zhouzhuangzen me bottent et mon idée première est : premier contact avec la Chine, avec un trajet classique sur l’essentiel de la Chine et une découverte crescendo du pays, de Shanghai en allant à Pekin via Xi’an (incontournable, je veux voir l’armée enterrée).
Qu'en pensez-vous ?
Je reviendrais ensuite pour le contenu des visites et hôtels/GH et autres détails pratiques conseils.
Merci pour vos aides et avis.
Mise en garde habituelle pour éviter toute déconvenue : le récit qui suit est bien davantage un recueil d’infos pratiques qu’un carnet de voyage …
Depuis longtemps, la Chine nous apparaissait, pour nous voyageurs individuels, comme une destination compliquée. Barrage de la langue, herméticité des idéogrammes, surpopulation locale, accueil indifférent voire inamical … C’est, en tout cas, ce que nos lectures nous faisaient ressentir. Pourtant, impossible de faire l’impasse. Une Histoire, une culture, une architecture trop riches pour qu’on puisse les ignorer. L’envie était là, à défaut de l’audace. Avec le recul et la maturité liés à notre expérience, nous voici prêts à entreprendre ce prétendument difficile voyage. Nous ne dérogerons pas à notre goût de la liberté, nous ne ferons quasiment aucune réservation, au risque de gérer quelques galères. Nous choisissons, pour cette 1ère approche, le Yunnan. Il nous a semblé que commencer par cette province rurale serait peut-être plus facile que de débarquer dans une grande mégalopole comme Pékin ou Shangaï, sans doute plus frénétique, plus impersonnelle, où le contact doit sûrement être encore plus difficile. Je ne sais pas si on a eu raison. Je ne le saurai qu’après avoir vu Pékin ou Shangaï. Mais en tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que toutes nos inquiétudes et nos a priori étaient totalement infondés. Le voyage fut facile et facilité, nous avons tenu notre programme (qui, sur le papier, me paraissait tellement trop ambitieux) sans aucune difficulté. Des galères ? Aucune ! Des souvenirs merveilleux ? Une multitude ! Une fois de plus, c’est par le voyage que nous faisons tomber les hauts murs de nos préjugés. Aujourd’hui, notre expérience nous sert finalement à une chose essentielle : oser. Et nous en sommes toujours largement récompensés. Ce carnet, plus qu’aucun autre sans doute, a essentiellement pour but de rassurer le futur voyageur. Peut-être aussi de l’aider un peu sur la logistique. Et s’il peut permettre à certains hésitants d’oser, alors il aura atteint son but.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 29 Mars – Arrivée du vol China Southern à Lijiang – 4 nuits à Lijiang Dim – Lijiang Lun – Baisha – Shuhe Mar – Lijiang Mer – Transfert vers Shaxi (via Jianchuan) – Nuit à Shaxi Jeu – Transfert vers Dali (via Jianchuan) – 2 nuits à Dali Ven – Chengzhu – Dali Sam – Dali – Train de nuit vers Kunming Dim – Transfert vers Yuanyang – 2 nuits à Xinjie (Yuanyang) Lun – Les rizières de Yuanyang Mar – Transfert vers Jianshui – 2 nuits à Jianshui Mer – TuanShan – Jianshui Jeu – Transfert vers Kunming – 2 nuits à Kunming Ven – La Stone Forest de Shilin Sam 12 Avril – Départ du vol China Southern vers Guangzhou (Canton) à 11h45
Je détaille minutieusement plus bas tous les transferts.
BUDGET : Cours : 10 Yuans (ou RMB) = 1,2 € Les ATM sont nombreux mais ne permettent de retirer qu’un montant limité (3 000 Yuans). Consignes en anglais. Nous avons également changé plusieurs fois des Euros, à bon taux, dans les Bank of China. Les préposés au change parlent anglais. Munissez-vous de votre passeport, un peu de paperasse … Attention, il faut prévoir beaucoup de cash. Notre CB Visa ne nous a servi qu’une seule fois en paiement, pour l’hôtel à Lijiang, et ça ne s’est pas fait sans mal … Pensez à vérifier votre plafond de retrait et/ou à emporter des Euros à changer sur place.
Dépenses préalables : Visa : 71 €/p Vols : 970 € l’A/R /p Train de nuit Dali/Kunming : 56 € pour nous 2 Dépenses sur place : Hébergement : 484 € pour 13 nuits – L’hôtel de Lijiang fausse la moyenne. Autres (repas, transports, entrées des sites …) : 774 € Budget total tout compris (hors achats de souvenirs perso) : 3396 €
Hormis l’hôtel de Lijiang, pas de grosses folies lors de ce voyage : on a choisi des hôtels moyens de gamme, très souvent mangé dans la rue et voyagé en bus. On peut serrer ce budget en choisissant des hôtels plus simples et en évitant totalement les restaurants, toujours beaucoup plus chers que les gargotes de rue (et pas forcément meilleurs). L’excursion à Shilin revient chère. Mais, franchement, difficile d’en faire l’impasse …
VISA : N’attendez pas le dernier moment, ça prend du temps pour constituer le dossier … http://www.otchine.com/Formalites_et_Visa.htm Il faut fournir une adresse en Chine pour la durée du séjour … Casse-tête ! Pour y remédier, nous avons réservé un hôtel à Kunming pour tout notre séjour via Booking.com, fourni la réservation et annulé (sans frais) dès le visa obtenu. Je ne pense pas avoir innové … Il est relativement cher : 71€
GUIDES : Lonely Planet Pour éviter l’achat (et l’encombrement) du guide complet sur la Chine, j’ai commandé la version numérique du seul chapitre sur le Yunnan et imprimé le pdf envoyé. Simple et très économique. Guide du Routard Les sites y sont mieux décrits que dans le LP. Les prix sont un peu plus à jour.
Ces 2 guides se complètent mais nous avons, de loin, préféré le GdR. Attention, la Chine évolue vite. Nombre d’adresses (restau) ont disparu.
Un guide papier est indispensable pour avoir la transcription en idéogrammes chinois des endroits où l’on souhaite aller. C’est suffisant mais indispensable. D’autant que nous ne pouvons pas compter sur la seule prononciation des mots transcrits en pinyin …
TRANSPORTS :
1 - Vols Paris/Guangzhou/Lijiang et Kunming/Guangzhou/Paris – China Southern/Air France Achetés mi décembre via GoVoyages. 970 € l’AR/p Au retour, à l’aéroport de Kunming, notre vol n’était pas affiché. Pas de panique ! Il semble que tous les vols nationaux de la China Southern soient enregistrés aux mêmes comptoirs, zone D. L’enregistrement de nos bagages pour Paris s’est fait mais non sans mal. Manque d’habitude apparemment. La jeune fille a été cherché de l’aide … Ca a pris du temps, mais tout s’est réglé et notre sac est bien arrivé à Paris (je n’en menais pas large quand même en l’attendant !) Un petit regret : celui de ne pas avoir prévu la visite de Guangzhou lors de notre escale au retour. La longue escale (plus de 10 heures) nous l’aurait permis. Nous n’avions que notre sac cabine, nous n’étions pas sous douane, le métro dessert l’aéroport. Ca aurait donc pu être assez facile. On a longuement hésité, trop longtemps … Un peu idiot d’avoir raté cette belle occasion.
2 – Transports locaux Voilà LE paragraphe important pour un tel voyage. Fastidieux mais important. Il n’aura d’intérêt que pour les voyageurs en partance. Je vais être honnête, j’étais très inquiète … On lit tellement de choses. Ca vous explique la taille de ce paragraphe, son but est de rassurer (et peut-être de faciliter un peu) !
PRELIMINAIRE Je pense essentiel de bien insister sur un point. Il existe différents types de bus : - les bus “grandes lignes” (35 places environ). Pour ceux-là, il faut acheter son billet au ticket office de la gare routière. La réservation est possible (à la gare, via l’hôtel, via une agence). Les places sont numérotées, les heures de départ sont fixes. Ce sont les seuls pour qui on aura véritablement un ticket (avec le prix, le n° de la place, l’heure de départ, la destination …) et les seuls qu’on peut réserver. - les minibus (20 places environ). Ils partent quand ils sont pleins. On grimpe, on s’installe et on paie sa place à bord du minibus. Pas de réservation possible. Pas de ticket souvenir … - les minivans IVECO (6-8 places). Même système que les minibus. - Enfin, et un peu à part, les bus de ville. On paie en glissant les billets dans la boite transparente près du chauffeur. 1 à 2 Y la course. Par exemple, à la petite gare routière de Xinjie (Yuanyang), il n’y a qu’un seul bus par jour pour Jianshui, à 16h30. Zut, ce n’est pas ce que nous lisons dans nos guides qui parlent de départs tout au long de la journée ! Petit moment de solitude, suivi d’un gros coup de gueule contre ces pu… de guides à la c.. Et soudain, on comprend !… mais oui, effectivement : il n’y a qu’un seul bus mais de nombreux minibus qui, eux, ne sont pas affichés. Attention donc à bien interpréter les indications des guides … Cela dit, tout cela est très clairement expliqué dans les pages d’entête du GdR … que j’ai découvertes quelques jours plus tard … Quand on a bien compris ça, c’est déjà plus simple …
Voici le détail de tous nos transferts, par ordre chronologique. Sauf indication contraire, nous n’avons jamais réservé. Nous montrions la transcription en idéogrammes de l’endroit où on voulait aller (au ticket office, à un chauffeur de minibus, au taxi, à un passager, à un passant … peu importe, toujours un excellent accueil). On ne s’est jamais fié à notre seule prononciation, par prudence, on préférait leur montrer les idéogrammes. Ca a toujours bien marché. En tout dernier lieu, Philippe vérifiait les idéogrammes affichés sur l’avant du bus. Oui, c’est bien Jianshui ! Pas de doute, on monte ! Sauf pour les bus, les horaires de départ sont indicatifs. Encore une fois, minibus et minivan partent quand ils sont pleins. Avons-nous eu de la chance, nous n’avons jamais attendu. Je ne les mentionne que pour nuancer la durée du transfert (la durée d’une course en taxi à 6h30 du matin n’est peut-être pas la même qu’à 10h …) GR = gare routière – GF = gare ferroviaire.
Lijiang : de l’aéroport à l’entrée de la vieille ville Taxi – 100 Y – départ vers 16h30 - durée ½ h Tarif affiché, on ne négocie pas. Je montre au chauffeur ma résa Booking.com imprimée en chinois. OK ! On démarre. Aux abords de la ville, il redemande à voir ma résa. Et téléphone, je le comprendrai plus tard, à l’hôtel. Ainsi, quand il se gare au parking d’une des entrées de la vieille ville, sommes-nous déjà attendus par un employé de l’hôtel qui va prendre le relai et nous guider en quelques minutes à l’hôtel. Voilà un bon début !
Lijiang – Baisha – Shuhe – Lijiang Excursion (prévoir 1 petite journée) o-o Lijiang – Baisha Minivan – 60 Y (60 ?! – explications ci-dessous) – départ vers 9h30 - durée ½ h Beaucoup de travaux autour de la place des roues à aubes ne facilitent pas notre recherche. On repère néanmoins les minivans. On est abordé par un chauffeur, on lui montre notre guide. 6 nous montre-t-il avec ses mains. OK, nous grimpons et … on part aussitôt …. Bizarre. On n’est que tous les 2 … On comprendra à l’arrivée que nous avons payé le minivan complet et qu’en fait de 6 Y, il attendait 60 Y … Nous paierons les 60 Y (pour nous 2) mais on ne nous y reprendra pas ! Erreur de débutant ! Il faut qu’on prenne nos marques ! A la décharge du conducteur, je suis convaincue qu’il n’a pas cherché à nous arnaquer. Je pense qu’il croyait sincèrement qu’on avait compris et accepté le deal pour partir aussitôt plutôt que d’attendre d’hypothétiques candidats au voyage. Et après tout … o-o Baisha – Shuhe Bus de ville n°6 – 1 Y L’arrêt se trouve sur la route goudronnée (il n’y en a pas 36 000) pas bien loin de l’entrée du temple. Nous descendons au moment où l’on voit que les panneaux marron indiquent Shuhe à droite et que le bus continue tout droit. Nous finirons à pied, 2 km quand même, pour rejoindre Shuhe … o-o Shuhe – Lijiang Bus de ville n°12 – 1 Y Sur la grande route (Shangri Av) à un bon km à la sortie du site de Shuhe. Pour vous mettre sur la voie, renseignez-vous auprès du bureau d’infos touristiques. Cela dit, c’est tout droit … Retour à Lijiang vers 16h
Lijiang – Jianchuan – Shaxi o-o Lijiang – GR de Lijiang Taxi – 15 Y – départ vers 7h20 – durée 10min Pris à une entrée de la ville, 10 min à pied de l’hôtel. o-o GR de Lijiang – GR de Jianshui Bus – 20 Y (+4 Y de comm) - départ fixe à 8h20 – durée 1h30 (via autoroute) Billets réservés la veille par l’hôtel et livrés à domicile (4 Y de plus de commission). Seule cette première portion a pu être réservée puisque la portion Jianshui-Shaxi se fait par minivan. Ne demandez donc pas à réserver un billet de bus pour Shaxi car on va vous regarder avec des yeux tout ronds ! C’est du vécu et maintenant je comprends bien pourquoi. Cf mon préliminaire. En cours de route, le chauffeur s’arrête et pose une question aux passagers, qui opinent de concert et sortent tous un billet de 5 Y. Sans comprendre, on fait pareil … La quiétude des passagers nous laissent penser qu’il ne s’agit pas d’une arnaque … En fait, le chauffeur proposait l’option autoroute moyennant la prise en charge du péage par les passagers. Gros gain de temps. Du coup, nous arrivons à Jianchuan avant 10h. o-o GR de Jianchuan – Shaxi Minivan – 10 Y – départ vers 10h - durée 1h Les minivans sont garés devant la GR de Jianchuan alors que les bus arrivent sur l’arrière, comme souvent. Il suffit donc de traverser la gare pour trouver les minivans. On arrive à l’entrée du village de Shaxi vers 11h. On descend vers la place centrale et vers l’hôtel en quelques minutes à pied. Voilà qui nous laisse une belle après-midi et une soirée à Shaxi. Ce sera suffisant.
Shaxi – Jianchuan – Dali o-o Shaxi - Jianchuan Minivan – 10 Y – départ vers 7h20 - durée 1h Repris au même endroit, à l’entrée du village (en amont). Nous n’irons même pas jusqu’à la GR de Jianchuan, le minivan s’arrête à un rond point, à l’entrée de Jianchuan. Un minibus attend, portes ouvertes, quasi plein. Il va à Dali. On transite … Coup de pot !... o-o Jianchuan – Dali Old Town Minibus – 40 Y – départ vers 8h30 - durée 2h (via autoroute) De nouveau, le chauffeur palabre avec les voyageurs qui lui donnent tous (nous y compris) 5 Y pour prendre l’autoroute. Cette fois, on biche car on a compris tout de suite ! Le minibus s’arrête devant la porte Est de la vieille ville. Nous sommes à pied d’œuvre et pouvons rejoindre l’hôtel choisi à pied. Nous arriverons à Dali Old Town à 10h30. Soit un transfert de 3 heures au total.
Dali – Zhoucheng – Dali Excursion (prévoir quelques heures) o-o Dali – Zhoucheng Minibus – 8 Y – départ vers 10h – durée 45 min Départ de la Porte Ouest o-o Zhoucheng – Dali Minibus – 8 Y Devant la grande porte de sortie du marché.
Dali – Kunming o-o Dali – GF de Dali Taxi - ??(oups !) Y – durée 25 min Taxi trouvé à la porte Sud On n’a jamais réussi à trouver les bus ou les taxis qui devaient passer à la porte Est … du coup, on a retraversé la ville et on s’est rabattu sur un taxi, porte Sud. Heureusement, nos sacs à dos sont légers et nous avions du temps à perdre. Et puis, après tout, quel bonheur que de traverser une dernière fois cette jolie ville ! o-o GF de Dali – GF de Kunming Train de nuit K9620 – 149 Y et 155 Y (couchettes molles, haute et basse) – départ 23h44 – durée 6h Billets de train réservés via internet depuis la France le 24/03 (12 jours avant) avec une demande de livraison des tickets à l’hôtel de Lijiang (j’ai envoyé par mail la confirmation Booking.com en chinois pour qu’ils aient l’adresse précise). http://www.chinatripadvisor.com/english/ Extrêmement simple et efficace avec quelques échanges de mails de validation. Un excellent service mais qui a un coût : les 2 billets coûtent 304 Yuans facturés 55 € soit 50% de plus que le coût net des billets … Au final, il est très probablement bien moins cher de réserver ses billets sur place par l’hôtel ou par une agence. Nous avons payé la simplicité et la tranquillité. Pour des couchettes, il me semble impératif de réserver. Aucun problème, nous avons même plutôt bien dormi. Un peu court mais bien. Attention, aucune gargote pour manger chaud à la gare.
Des renseignements très précieux ici : http://www.seat61.com/China.htm Je suis une fan inconditionnelle de ce site absolument remarquable !
Arrivés à la GF de Kunming, on enchaîne direct avec un long transfert : Kunming - Yuanyang o-o GF de Kunming – GR Sud de Kunming Bus de ville C71 – 5 Y – départ 6h20 – durée ½ h On trouve ce bus, juste à la sortie de la gare ferroviaire. Là, je dois dire que nous avons eu la chance d’avoir dans notre compartiment un Chinois qui parlait anglais et qui nous a aidés à trouver le terminal de bus. Il est dans l’enceinte de la GF, il ne faut que quelques minutes pour y parvenir. Le ticket office ne nous sert à rien (le C71 est un bus de ville, on paie dans le bus) ; j’ai essayé d’y acheter mes billets de bus pour Yuanyang, sans succès. Je ne sais pas trop pourquoi … On attend donc patiemment que les grilles s’ouvrent et on s’engouffre dans ce gros bus de ville. o-o GR Sud de Kunming – Yuanyang (Xinjie) Bus – 139 Y – départ fixe à 10h20 – durée 8h Avec le C71, nous arrivons à l’arrière de la gare. Pour acheter son ticket, il faut donc contourner la grande gare pour trouver le ticket office. A cette heure matinale, pas de queue. Nous prions pour qu’il reste des places dans le bus vers Yuanyang (1 seul le matin). Bingo ! Nous avons les places 25 et 26 (sur 35 places). Retour dans la salle d’attente pour quelques heures de patience. Nous trouvons un robinet d’eau bouillante pour nous permettre de remplir notre bol de nouilles déshydratées parfumées (petit magasin dans la salle d’attente). Ca nourrit … mais c’est tout. Arrivée à Yuanyang (Xinjie) à 18h30. Une fois de plus, nous sommes arrivés directement en ville, à pied d’œuvre. “Notre” hôtel est à 2 min à pied. Journée lourde et inintéressante mais qui nous a paru être une bonne optimisation pour notre périple.
Xinjie – Jianshui o-o Xinjie – GR de Jianshui Minibus – 45 Y – départ vers 8h00 – durée 3h30 Un seul bus par jour pour Jianshui (à 16h30) mais de nombreux minibus, garés devant la gare. Nous devrons changer de minibus à Nansha, 1 heure après le départ de Xinjie. Ca se fait tout seul, sur le bord d’une route. o-o GR de Jianshui - Hôtel Tuktuk – 20 Y pour nous 2 A 12h30, nous étions installés à l’hôtel
Jianshui – TuanShan – Pont du Double Dragon - Jianshui Excursion (prévoir une bonne matinée) o-o Jianshui – TuanShan Minivan n°4 jaune jusqu’à Huang Long Si – 3 Y – départ vers 7h50 – durée 15 min Ils partent du rond-point au Nord du Temple de Confucius, à côté du KFC et du Linan Hotel. On descend à Huang Long Si. Puis tuk tuk pour TuanShan – 10 Y pour nous 2 (pris à la sortie du minivan, il “nous” attendait) Arrivés à TuanShan à 8h35 o-o TuanShan – Pont du Double Dragon Minivan 10 Y … j’attends encore ma monnaie … On le trouve sur le parking de TuanShan. Coup de pot ?!... Il nous débarque en face du Pont. o-o Pont du Double Dragon – Jianshui Minivan 4 jaune – 3 Y – durée 15 min Un peu de mal à trouver où ils passent, les explications du GdR sont incompréhensibles. Il faut sortir du pont du côté des éléphants, suivre la route goudronnée vers la gauche, traverser une ancienne voie ferrée et continuer jusqu’à la route principale. C’est plus long à écrire qu’à faire ! Et là, vous patientez jusqu’au passage d’un minivan jaune. Il nous laisse à côté du KFC.
Jianshui – Kunming o-o Jianshui – GR de Jianshui Taxi – 7 Y (compteur) – départ vers 9h30 – durée 15 min On attendait un bus … qui tarde trop. Un taxi s’arrête devant nous … o-o GR de Jianshui – GR Sud de Kunming Bus – 73 Y – départ fixe à 10h05 – durée 3h40 Nous avons acheté le billet à 9h55 au ticket office de la gare ! Places 5 et 6 … c’est dire : le bus est vide ! o-o GR Sud de Kunming - Hôtel Taxi – 60 Y – durée 30 min ? Des rabatteurs dès notre sortie du bus nous entraînent vers les taxis. On n’arrive pas à s’en défaire. On tente de négocier les prix. Mal … C’est la seule fois où on a senti l’arnaque. Gros malaise, pas agréable.
Kunming – Shilin - Kunming Excursion (prévoir une journée) o-o Kunming – GR Est de Kunming Taxi – 24 Y (compteur) – départ vers 7h15 – durée 20 min Hélé dans la rue. o-o GR Est de Kunming – Terminal de bus Stone Forest à Shilin Bus – 27 Y – départ à 8h20 – durée 1h15 Pour ce bus, je ne suis pas sûre que l’heure de départ soit vraiment fixe. Arrivée au terminal de bus directement sur le site de la Stone Forest. Je détaille l’accès au site dans le paragraphe spécifique plus bas. o-o Terminal de bus Stone Forest – GR Est Kunming Bus – 27 Y – départ à 15h – durée 1h30 On achète les billets au ticket office. Sur le billet, un numéro écrit au stylo : c’est le n° de la plaque d’immatriculation du bus. Nous l’attendrons plus d’une heure … ce n’est pas ce que nous annonçaient les guides … Même chose ici : je ne suis pas bien sûre que l’horaire de départ soit fixe. Ca dépend peut-être de l’affluence … o-o GR Est de Kunming - Hôtel Bus de ville n°22 – 2 Y Facile à trouver : à la sortie de la GR, suivre les panneaux Bus Hub qui amènent au terminal des bus de ville. Les n° des bus de ville en partance sont affichés sur des panneaux numériques au dessus des quelques quais. C’est facile. On descend sur la Beijing Road, tellement facile à reconnaitre avec ses lampadaires futuristes.
Kunming : de l’hôtel à l’aéroport Taxi – 73 Y (compteur) – départ 6h30 – durée 30 min Nous hélons un taxi dans la Beijing Road, proche de notre hôtel. Vu qu’on est samedi (moins de circulation), vue l’heure matinale et surtout vue la marge qu’on a pris pour notre vol (Philippe s’est soumis mais il me le reproche encore !), on n’a pas cru nécessaire de réserver. On a eu raison. Le compteur est actionné immédiatement et 30 minutes plus tard nous étions arrivés. Nous avons eu le temps d’admirer la beauté de l’aéroport tout neuf de Kunming …
HEBERGEMENTS : Dans chacun de ces hôtels, nous avions à disposition de gros flacons de savon liquide, de shampooing, des mules jetables en papier-tissu, des petites bouteilles d’eau, une bouilloire électrique, parfois des sachets de thé. Sympa et agréable. Sauf à Lijiang, le petit déj n’était jamais inclus. Sauf à Lijiang, paiement cash. Une caution est parfois demandée, rendue au moment du check out. Enfin, sauf pour l’hôtel de Lijiang que j’avais réservé par Booking.com, nous n’avons pas réservé les autres. Il n’y a qu’à Dali que nous avons dû chercher un peu …
Lijiang Blossom Hill Inn – Joyland – 585 Y/nuit http://www.blossomhillinnlijiang.com/index.htm 4 nuits réservées par Booking.com fin décembre. Aucun pré-paiement. Paiement sur place en CB Visa, non sans mal, le terminal de paiement ne fonctionnait pas … Superbe grande maison, superbe chambre bourrée de charme, excellente literie (ça prendra vraiment tout son sens lors de la suite de notre circuit), accueil très chaleureux, belle situation dans Lijiang, au calme. Ca reste néanmoins un peu cher pour la prestation d’autant que Lijiang semble regorger d’hôtels comparables.
Shaxi Cato’s Inn – 238 Y/nuit (GdR) http://www.catosinn.com/en/index.asp?c=1 Situé dans la petite rue qui sort de la place, à gauche quand on est face au temple (avec les 2 grosses sculptures en façade). Moderne et sans aucun charme, mais confortable et propre.
Dali Sunny Guesthouse – 100 Y/nuit 56# Fuan Alley, Renming Road. http://www.agoda.com/...e/hotel/dali-cn.html Non référencé dans les guides, à 2 pas de l’hôtel Six, dans une ruelle perpendiculaire. Simple.
Xinjie (Yuanyang) Yun Ti Shunjie Hotel – 220 Y/nuit (GdR) Sur la place, à 2 pas de la gare routière de Xinjie. http://www.tripadvisor.fr/...g_County_Yunnan.html Assez impersonnel, l’hôtel a un côté stalinien … L’accueil est du même acabit, aucun effort. Réveil en musique à 6h30 par les fondus de gymnastique qui se déchaînent sur la place au rythme d’une musique tonique. Nous, on a trouvé ça plutôt sympa mais, amateurs de grasse mat’, cherchez ailleurs ... Pas de wifi.
Jianshui Linan Inn – 288 Y/nuit (GdR et LP) 32# Hanlin Street http://www.tripadvisor.fr/...i_County_Yunnan.html Un vrai gros coup de cœur. Une très jolie suite qui donne sur la galerie du 1er étage. Salle de bain très agréable. Il ne restait plus que cette chambre mais l’hôtel dispose de nombreuses chambres toutes différentes. Apparemment très prisé. Prix justifié, tout au moins pour cette immense chambre. Attention, à ne pas confondre avec le très grand et très moderne Linan Hotel, à quelques pas.
Kunming Mingtong Yingxian Youth Hostel – 168 Y/nuit (GdR) 94# Mingtong Alley http://www.tripadvisor.fr/...-Kunming_Yunnan.html Auberge de jeunesse. Comment ça, on n’a plus l’âge ?... Simple, un peu décrépi et tristounet mais propre et spacieux. Bien situé et pas cher. Pas de wifi
REPAS : Si vous pensez que vous ne mangerez que du riz en Chine, vous vous trompez … D’ailleurs, il ne va pas de soi, il faut souvent le commander. Pour notre plus grand bonheur, c’est le royaume des légumes. Profusion, variété, fraîcheur ! Cuisson al dente, tout ce qu’on aime. Parfois, un peu gras …
Quelques prix :
Bouteille d’eau (50cl) : 2 Y Jus de fruit frais : 20 Y Canette de coca : 10 Y Petits encas de rue (dont les fruits frais coupés) : 3 à 7 Y Portion de légume dans une gargote : 5 à 20 Y (à multiplier par le nombre de légumes choisis) Plat sans viande dans un restau : 10-20 Y Plat avec viande dans un restau : 30-60 Y
Le thé est souvent offert. Attention, quand il ne l’est pas, de façon assez surprenante, il peut être cher. Tout comme le café.
Nous avons beaucoup fréquenté les petits restaurants de rue, les gargotes comme je les appelle un peu abusivement (pour les différencier des restaurants traditionnels). Ils sont toujours largement ouverts sur la rue, débordant même sur le trottoir. Ici, pas de menu, pas de nappe, pas de décorum, un rouleau de PQ sur la table en guise de serviette. Parfois, le plat unique est préparé devant nous et notre seule intervention consistait à choisir le type de nouilles, le bouillon, les aromates … Parfois, ils sont dotés d’un grand frigo-vitrine où les produits frais (légumes et viande) attendent le client. A Dali, les produits sont en devanture, étalés sur la rue, dans des bacs d’eau fraîche. On y trouve alors aussi du poisson frais (ultra frais puisque vivant). Plaisir des yeux (car ces étalages sont montés avec beaucoup de soin et de goût) avant le plaisir du palais. On choisit ses produits en les montrant du doigt. Le cuisinier les emporte et les cuisine à sa façon. Les légumes sont frits au wok, cuits al dente. Mais … comment va-t-il les associer ? Quel aromate va-t-il ajouter ? Quelle épice ?... Pour notre part, nous avons toujours choisi un assortiment de légumes (de 3 à 5) car peu portés sur la viande et le choix d’un poisson vivant est au dessus de nos forces. Les légumes sont variés, magnifiques et ultra frais. Le résultat a toujours été une heureuse surprise, parfois tellement bonne que nous revenions le soir pour faire le même choix. Osez les champignons, tous, c’est un vrai régal. Essayez aussi la racine de lotus, cette grosse racine ocre qui, une fois tranchée donne de jolies rondelles blanches pleines de trous. C’est délicieux ! Chaque plat arrive sur une assiette qu’on est sensé partager (Philippe, tu en veux ?... oui ?... ah … zut). Accompagné de riz et de thé, c’était un véritable festin ! Une seule erreur : le concombre amer (concombre un peu plus court que les nôtres, vert très clair et plein de pustules). C’est vraiment amer ! La patronne en rit encore ! On paie selon le nombre et le type de produits choisis. Entre 5 et 20 Y la portion de légume. A Dali, c’est bien sûr plus cher qu’à Xinjie, mais dans tous les cas, c’est toujours très raisonnable. Les 2 extrêmes : à Dali, nos orgies nous coutaient environ 75 Y (pour nous 2) avec, entre autres, asperges vertes et champignons ; à Xintié, nous ne dépassions pas les 30 Y (toujours pour nous 2) avec champignons, racine de lotus, fèves …
Nous avons aussi testé quelques restaurants traditionnels, plus cossus (recommandés par le GdR). Ils sont aménagés dans de superbes vieilles demeures de bois, avec des tables installées tout autour d’un grand patio, en rez-de-chaussée et sur une galerie. Pour le cadre, ça vaut le coup. Maintenant, la cuisine nous a souvent déçus : parfois trop épicée, trop grasse, trop d’escarbilles d’os (le poulet est fracassé) … Voici 2 adresses qui offrent un cadre inoubliable, à défaut de la cuisine … A Dali : MeiziJing Jiujia (en descendant Renmin Lu, 1ère ruelle à droite après Fuxing Lu) Poisson de rivière et poulet au gingembre. Petite bouteille d’alcool de prune (80Y). Trop pimenté, trop de bouts d’os pointus. L’alcool de prune est doux et parfumé. On emportera la petite bouteille pour la terminer tranquillement. (180 Y tout compris) A Kunming : Kunming Lao Fangzi (dans le marché aux fleurs. Jeu de piste pour y aller) Menu avec photos. Des vapeurs délicieux et 2 plats, l’un vraiment succulent, l’autre immangeable tant il est gras et pimenté … (142 Y pour nous 2)
Mes plus grands souvenirs restent, de loin, les restaurants de rue.
L'ITINERAIRE :
Lijiang Ce premier contact avec la Chine fut pour nous extraordinaire. Une vieille ville labyrinthe, tout en rues pavées piétonnes, tortueuses, tout en maisons de bois et de pierre. Les portes de bois rouge carmin sont souvent sculptées. Les pans des toits de tuiles rondes et grises se redressent fièrement, donnant une allure aérienne unique aux temples comme aux maisons. Partout, des canaux serpentent, l’eau claire coule vivement, alimentant parfois 3 bassins, toujours utilisés, pour la consommation, les légumes, le linge. De vieux ponts aux pierres patinées les enjambent. Enfin des lanternes rouges, tellement chinoises, apportent une touche finale et créent une ambiance unique, pittoresque, magique. C’est exactement cette image de vieux villages chinois qu’on est venu chercher. Bien sûr, en approchant du centre (Square Street), on déchante un peu … toutes les maisons sont alors devenues boutiques, vouées uniquement au commerce avec des touristes à 99% asiatiques vraiment trop nombreux … Les objets qui s’y vendent sont kitsch, totalement quelconques. Et pourtant, on réussit à faire abstraction de cette dérive, en levant les yeux vers les toits, vers les temples, et surtout, et simplement, en fuyant les rues trop courues. Il suffit de quelques minutes, à peine, pour retrouver le charme, la quiétude, la beauté et l’âme des rues de Lijiang. Toute la partie Sud offre de très jolis quartiers, avec son lot d’écoles d’où montent les récitations en chœur des élèves, de terrains vagues où jouent des enfants, de vieux Chinois qui s’affrontent au Mah Jong dans la rue, de Chinoises qui vendent leur belle récolte sur le bord du canal où s’épanouissent de splendides arums, de petites échoppes, de demeures superbes fleuries de glycines ou de roses, de petits ponts de bois qui serpentent au dessus de la rivière … Il faut oser se perdre dans Lijiang. Un plan, une boussole, la carte de l’hôtel dans la poche et perdez-vous ! Tournez le dos aux enfilades de boutiques sans intérêt. Cela dit, ne jugez pas trop vite la place carrée. Si elle est absolument insupportable le soir avec ses karaokés hurlants et ses lumières aveuglantes, elle est bourrée de charme, tôt le matin, quand tout est fermé et qu’elle est déserte.
Le marché nous a offert dès le tout 1er soir, un vrai festin. Oui, on est très gourmand ! La découverte des spécialités culinaires, ou plus simplement encore, des habitudes alimentaires fait pour nous partie du plaisir de voyager. Ici sur ce marché, des dizaines de cuisiniers préparent chacun leur spécialité sur des plaques de cuisson, tout autour d’une grande halle garnie de tables et de bancs de bois. Il suffit de les regarder cuisiner avec adresse, de choisir et de déguster. Puis d’y revenir pour passer à une nouvelle aventure gustative. Pas cher du tout, 10 à 20 Y le petit bol de carton. Ca permet de tout goûter. On commence prudemment par des nouilles avec des œufs, pour passer au mélange de champignons, puis on essaye une soupe de nouilles, un baba (espèce de grosse tortilla, spécialité de Lijiang) ... Les petits œufs (de caille ?) cuits sur un gros champignon sont aussi succulents qu’ils sont beaux ! Quant aux vapeurs verts de légumes et d’aromates, mais quel régal ! Et pour arroser tout ça, un jus de canne ou de noix de coco … Cette caverne d’Ali Baba de la cuisine de rue est merveilleuse pour le voyageur qui débarque puisqu’il suffit de regarder, de saliver et de montrer du doigt. Pourtant ultra-touristique, nous avons adoré l’ambiance de ce marché aux mille gargotes où l’accueil des cuisiniers est chaleureux et amical ! Il a ravi nos yeux et nos papilles.
Chaque visiteur est tenu de payer une “taxe écologique”. 80 Y. Le billet jaune nous sera vendu dès notre arrivée, par notre hôtel. Conservez-le sur vous, il vous sera demandé à plusieurs endroits. Notamment, à l’entrée du Parc de l’Etang du Dragon Noir. Ne manquez pas ce parc : un étang, un pont de pierre, un temple et une montagne enneigée en toile de fond. Oui, c’est bien la photo emblématique qu’on voit partout dès lors qu’on parle du Yunnan. Ce n’est pas pour rien, c’est beau à pleurer. Nous avons osé nous re-présenter à l’entrée 2 jours plus tard (car il faisait soleil cette fois). Pleins d’espoir, nous présentons de nouveau nos billets jaunes au gardien … Yes ! Il nous laisse entrer de nouveau ! Chouette ! Erreur du gardien, permissivité indulgente, ou simplement juste droit ?… je ne sais pas trop. On n’a pas demandé, trop heureux de pouvoir retourner voir ce merveilleux lac. Résidence de la famille Mu (60 Y) : belle résidence où s’étagent les pavillons, les jardins, les cours. La restauration est un peu clinquante. En haut de la colline, belle vue sur les toits de Lijiang. Marché Zhongyi : petit marché bien authentique. Beaucoup d’ingrédients de la médecine chinoise. Vraiment sympa. Pavillon Wanggu (50 Y) : la pagode est moderne et assez laide. Les tours du tambour et de la cloche sont, elles, très jolies. Superbe vue sur Lijiang.
Nous avions hésité à aller jusqu’à Baisha en vélo. En chemin, nous ne l’avons pas regretté … La route ne nous a pas paru très intéressante. Mais peut-être y a-t-il un autre accès pour les vélos … Baisha est un vieux village, pas touristique du tout à quelques km de Lijiang. Nous avons été débarqués sur la place centrale du vieux Baisha. Toute petite place pavée, juste après un grand portail. On cherche un peu pour trouver le vieux temple (30 Y) et ses fresques. En fait, il suffit de rejoindre la route goudronnée (au bout de la rue pavée qui part à droite quand on est sur la petite place, porte dans le dos). Il est tout de suite à gauche. Beau temple, un peu désuet, qui manque cruellement d’entretien, mais dont se dégagent une histoire, une âme. Après le factice de Lijiang, ça recadre les choses … Les fresques sont … défraîchies. Le tour de Baisha est rapide, le village est vraiment tout petit. Même sans plan, impossible de s’y perdre. Le bus 6 passe sur la route goudronnée et va nous déposer non loin de Shuhe. Nous devrons terminer à pied le long d’une large avenue. J’ai lu quelque part que l’entrée était payante, on n’a rien vu (et pas cherché non plus du coup). Changement de décor. Nous voici dans un village à la Disney ! Le site (du moins à l’entrée) est totalement reconstitué, rutilant, trop neuf, trop clinquant. Ca ne manque pas d’un certain charme, mais certainement pas celui de l’authenticité. Nous nous promenons dans des ruelles pimpantes, nous y faisons même une agréable pause repas. Nous ne boudons pas notre plaisir, c’est factice, mais encore une fois, ça ne manque pas d’un autre charme. Nous finissons par arriver sur la place carrée, tout au Nord Ouest. Là, un vieux pont de pierre nous conduit vers le vieux village qui lui, n’a pas été retapé. Redoublement de bonheur. Cette fois, le charme de l’authentique vient s’ajouter au charme de l’esthétique. De petits potagers cernent ce bel endroit à ne surtout pas rater.
Nous n’avons pas regretté notre long séjour de 4 nuits à Lijiang. Ca nous a permis de démarrer doucement notre voyage, de commencer à prendre nos marques en Chine. 3 jours pleins nous ont permis de découvrir les incontournables de Lijiang, de pousser vers les environs (Baisha et Shuhe) et surtout de flâner longuement dans les quartiers Sud, encore préservés du tourisme de masse. Et puis, le matin, Lijiang s’éveille doucement. Les rues désertes, bordées par cet alignement de portes sculptées rouge carmin, sont magnifiques. Sur les pavés, un vieil homme pousse son vélo, une vielle femme portefaix emportent ses 2 paniers chargés de légumes frais vers le marché, tous 2 portent le calot bleu sur leur cheveux gris ... L’image de la Chine ancestrale. On y est.
Lijiang est une auberge espagnole. Vous trouverez (très facilement) autant de raisons de la décrier que de la vanter. Je vous ai donné mon point de vue. Vous en lirez d’autres …
Shaxi Petit village, tout petit village, qui se visite en 1 ou 2 heures … La place centrale est sublime : un vieux temple d’un côté, un théâtre ancien en face, 2 arbres pluri-centenaires au centre. Et partout des maisons de bois, certaines transformées avec goût et mesure en échoppe, en petit restaurant. Pas grand-chose à faire, pas grand-chose à visiter, juste le temple (20 Y), le théâtre est fermé. Aux abords de la ville, un petit autel et un vieux pont de pierre marquent le départ d’une route caravanière. Emouvant. Shaxi n’est pas un lieu qui se visite, c’est un lieu qui se goûte. S’imprégner de son ambiance, se laisse porter, ne rien faire d’autre que se poser sur cette incroyable place, regarder les mamies assises sur leur banc discuter entre elles, profiter d’un lieu, encore préservé, chargé d’histoire et d’histoires. Nous avons cru comprendre (au vu d’affiches prétentieuses) qu’un quartier du village est en cours de transformation pour donner naissance à un truc ressemblant à un complexe hôtelier … C’est la mort annoncée de Shaxi. Nous prendrons nos repas dans le petit restau sur la place (à droite du temple). Belle et bonne adresse. 2 plats avec viande et 2 jus frais, 95 Y. Une seule nuit à Shaxi est suffisante. Bien sûr, pour ceux qui ont du temps et veulent se ressourcer, c’est l’endroit idéal pour une retraite.
Dali Nous voilà ici dans une ville moderne au plan en damier. Les rues sont larges, commerçantes, avec des demeures de toute beauté, des portes monumentales extraordinaires. Une ambiance très différente de Lijiang ; les 2 sont incomparables. C’est moins confiné, plus moderne, mais très agréable à vivre. Pas le même tourisme d’ailleurs qu’à Lijiang : on est plus ici dans le tourisme de routards, de baba cools, que dans le tourisme de grands groupes organisés. On rencontre d’ailleurs beaucoup plus d’occidentaux et on trouve plus d’infos en anglais. Les karaokés ont cédé la place à des joueurs de guitare, des chanteurs, des tamtams … On préfère nettement !
Ne ratez pas la jolie rue piétonne Hong Long Jin. Bordée par des restaurants et des bars, ouverts sur le canal qui dégringole en cascade au milieu de la rue. Très touristique, mais très sympa. Pause cocktail (50-60 Y). Très bons !... Beaucoup de stands de petits encas : des espèces de rouleaux de printemps, des sandwiches au tofu et aux herbes, des crêpes omelettes, des fruits frais coupés … Tout est bon. Entre 3 et 7 Y. Et une profusion de petits restau qui présentent leurs produits sur leurs trottoirs (voir plus haut § repas). Simplement divin !
Balade au bord du lac. Nous prenons le bus de ville n°2 (1,5 Y) à la porte Nord pour aller jusqu’à CaiCun. Longue balade au bord du lac. Nous ne traverserons pas. Retour par le même bus.
2 marchés à ne pas rater : o-o au Sud Est du carrefour de Renmin et Fuxing petit marché autour d’une halle en pierre où s’abritent les bouchers. Tout autour, de magnifiques légumes vendus par des paysans aux visages burinés, aux costumes traditionnels, aux sourires spontanés et sincères. Un très beau moment, très authentique. Un marché comme on les aime. Un de nos plus beaux, même s’il est assez petit. Que les légumes sont beaux ! Nous avons fait des dizaines de photos de légumes ! Et de beaux portraits aussi 😉 o-o au Nord de la Porte Ouest, le long de Bo’ai Road, à l’Ouest grand marché : même organisation, la viande au centre, les légumes sur le pourtour.
Une petite adresse sympa : Gogo Café dans Remin, à l’Ouest de Fuxing. Excellents cocktails à 40 Y Plats avec de la viande à 30 Y Petit déjeuner sympa (pancake à 20 Y !) Une belle adresse pour toutes les occasions.
Excursion à Zhoucheng : le marché se tient sur la magnifique place centrale, face au temple. Pas très animé, mais les paysannes y portent un très beau costume traditionnel, avec un bonnet haut en couleurs et en perles. Par un léger forcing tout en sourire, nous n’avons pas pu échapper à la visite de la fabrique artisanale de batik. L’occasion de voir de près de l’indigo. Et l’occasion aussi de traverser ce village bien miséreux. Même sans être amateurs, nous avons trouvé cette visite intéressante. Quelques heures suffisent pour cette excursion plaisante.
Yuanyang En fin d’après-midi, nous flânons sur la grande place, à la recherche d’infos pour parcourir les rizières le lendemain. Nous l’espérions, c’est arrivé : une jeune femme nous aborde. Et, sans un seul mot d’anglais, nous explique sa proposition. Pas bien compliqué … on se doute qu’elle n’est pas en train de nous proposer un survol de Pékin en montgolfière … On fait vite affaire, ses tarifs nous conviennent. 300 Y pour la “journée” de voiture (2 fois quelques heures en fait). OK. Nous allons nous laisser porter pour cette journée d’excursion dans les rizières, lui faisant confiance sur le circuit. Le lendemain matin, nous la retrouvons comme prévu à 6h devant l’hôtel. C’est à bord d’un confortable monospace que nous partons dans la nuit noire pour profiter du lever de soleil sur Duoyishu. En chemin, nous nous arrêtons au ticket office : 100 Y/p. Ticket unique, valable 1 jour pour la région. A conserver précieusement sur soi. Le site de Duoyishu est aménagé. Bien aménagé. De jolies plateformes en bois s’étagent sur la colline, comme en réponse aux terrasses en face. Elles permettent aux nombreux touristes (ah oui, on n’est pas seul !) de profiter de la vue sur ce décor époustouflant. Sans se gêner. Certes, c’est bien sûr moins naturel mais j’imagine que, vue l’affluence, cet aménagement a été indispensable. Partant de là, reconnaissons que c’est joliment construit. Il fait frisquet. Le soleil apparait dans un émouvant murmure d’approbation et de respect qui monte de la foule. Le disque rouge provoque des reflets superbes sur les rizières en eau. PhotoS. Au pluriel, vous imaginez bien ! A 7h20, nous quittons le site et rejoignons la douceur de la voiture. En route, nous nous arrêterons à différents points de vue intéressants (dont la splendide Bada). Nous admirons aussi les maisons champignons dont le toit est si original. Le soleil réchauffe enfin l’atmosphère. En cours de route, petit déjeuner d’un bol de nouilles dans une gargote avec notre chauffeur. Et retour à Xinjie vers 10h40. On profite de l’après-midi pour parcourir le marché coloré et étagé de Xinjie. On retrouve notre voiture à 16h pour les points de vue du soir, au coucher de soleil. N’oubliez pas votre ticket, il va encore servir ! Devinez pourquoi je dis ça … 😊 Nous partons cette fois vers Laohuzui, avec toujours quelques arrêts en route pour des points de vue “mineurs”. Là encore, site aménagé. Une plateforme haute et une plus basse, que l’on atteint par une très longue volée de marches (15 min environ). Le soleil est encore haut dans le ciel, les reflets sur les rizières créent un patchwork de camaïeu allant du bronze au vert tendre … C’est déjà splendide. Nous passerons 2 heures à profiter de cet endroit unique. Nous partirons avant le coucher du soleil qui n’a pas prévu d’embraser le ciel aujourd’hui. Qu’importe ! C’était déjà extraordinaire ! Nous serons de retour à Xinjie vers 19h45. Nous payons le chauffeur, ravis de cette journée et de la prestation. Si vous avez plus de temps que nous, je vous encourage vivement à opter pour un trek dans ces rizières. C���est sans aucun doute la meilleure façon de les découvrir. Sur place, nous avons vu la dynamique Sophia qui nous a assez convaincu de la qualité de son offre (mais attention, pas testé !) http://blog.sina.com.cn/sophiaguide
A Xinjie, on a particulièrement apprécié le petit restaurant Xiao Cheng, en contrebas de la place.
Jianshui Très jolie petite ville. On peut apprécier de s’y poser plus longuement qu’on ne l’a fait. Puisqu’ils proposaient une petite réduc, nous avons acheté à l’hôtel les tickets d’entrée pour - le temple de Confucius : 50 Y au lieu de 60 - la résidence de la famille Zhu : 45 Y au lieu de 50 - le village de TuanShan : 45 Y au lieu de 50 Le temple de Confucius comme la résidence Zhu occupent 2 bonnes heures chacun. La visite du village de TuanShan est assez surprenante puisqu’on parcourt un vieux village, habité, dont les maisons sont ouvertes à la visite. On rentre donc chez les gens. Impression un peu bizarre. Certaines maisons sont extrêmement bien entretenues et mises en valeur, d’autres malheureusement servent parfois de débarras et l’on sent que les moyens nécessaires à l’entretien minimal manquent. Dommage … Le village de TuanShan se couple facilement avec le très spectaculaire Pont du Double Dragon et occupent à eux 2 une bonne matinée fort agréable. Ca laisse encore le temps de flâner et de découvrir la surprenante mode chinoise en termes de chaussures à travers les innombrables magasins de Jianshui ! LOL ! Etape trop courte pour aller jusqu’à la grotte des hirondelles. Pas sûre qu’on ait raté grand-chose …
2 adresses intéressantes (hors guides). D’abord, une gargote, originale, à 2 pas de la Tour Face Au Soleil (dans JianZhong Lu, tout de suite à droite avec la tour dans le dos) Une grande salle totalement ouverte sur la rue, remplie de tables rondes. A l’entrée un stand de nouilles. Comme souvent, on y choisit d’abord son type de nouilles (riz, blé, plates, enroulées …) puis son bouillon. Devant mon indécision, la vendeuse prend l’heureuse initiative d’en mettre un peu de chaque. Un tout petit peu de piment (ils savent !), des aromates. Je paie : 3 Y le gros bol ! On va s’asseoir, on remue, on mange avec des baguettes, aussi proprement que possible. Surprise ! C’est froid ! Et délicieux, rafraichissant, nourrissant. Tellement bon que j’ai redoublé ! 3 Y ! 36 centimes d’€ ! Ensuite, un restaurant traditionnel : Je n’ai pas le nom. Hanlin Street, en face du n°12. Belle demeure tout en bois. Restaurant bien aménagé sur 2 niveaux, avec un joli balcon. Carte présentée sur une tablette électronique où l’on fait défiler les photos, il suffit de cocher ce qu’on choisit. 1ère fois que je vois ça ! Bonne cuisine et prix doux (86 Y pour nous 2 avec 4 plats et 1 bière).
Shilin Petit moment de solitude quand nous descendons du bus. Nous sommes bien sur le parking du terminal de bus sur le site de Stone Forest … mais où aller ?... Le LP est muet, le GdR confus … En fait, comme souvent, le parking des bus se trouve sur l’arrière de la gare. Il faut donc commencer par la traverser pour se retrouver devant, puis descendre la route vers le Nord (une boussole !) en suivant les panneaux Entrance (ce qui parait logique). On arrive alors aux tickets offices. Un petit guichet destiné aux touristes. Chouette ! Sur les 2 employés, le 1er ne parle pas anglais, le 2e parle un anglais totalement incompréhensible … Bon … retour aux gestes, qui, comme toujours suffisent ! On achète le plan du site (10 Y) et on se dirige vers les guichets : les 3 de gauche pour l’entrée du parc (175 Y), les 3 de droite pour les voiturettes électriques (25 Y l’A/R, j’insiste : A/R). On prend tout. On grimpe dans la voiturette qui nous mène à l’entrée. Route longue et sans intérêt, on ne regrette pas nos 25 Y. Gardez votre ticket pour le retour … La magie opère tout de suite après avoir passé les tourniquets pour rentrer sur le site. Et sera de plus en plus forte. C’est un endroit incroyable ! Une féérie de pics karstiques. Les sentiers sont bien aménagés, les nombreuses poubelles qui les jalonnent ainsi que les employés attentifs permettent d’avoir un lieu très propre. Attention, une fois sur le site, nous n’avons vu aucun moyen de nous restaurer. Et heureusement en fait. Emportez votre eau et votre encas. Beaucoup de monde. Mais comme toujours, seulement aux endroits stratégiques. Sur la place des pierres gravées et au belvédère. Dès qu’on s’éloigne, on est seul. Nous avons tourné plus de 3h30 dans ce parc. C’est vraiment magique. Bien sûr il faut absolument quitter la route goudronnée, la Ring Road (empruntée par les voiturettes pour les visites guidées) et s’enfoncer dans la forêt par les petits sentiers de pierre. Les passages sont parfois époustouflants. Dans Major Forest Area, notre endroit préféré fut Sword Pond. Mais on n’a pas tout vu !... La majorité des touristes (asiatiques ici aussi) choisissent les tours guidés. Du coup, rien n’est fait pour ceux qui choisissent la découverte seuls. Le plan n’est d’aucune aide puisque les nombreux panneaux indicateurs dans le parc ne correspondent que rarement aux indications du plan, qui d’ailleurs est orienté avec l’Est en haut. Il nous a déjà fallu ¼h pour nous en rendre compte … Un peu dommage tout ça. Nous avons fini par accepter de déambuler sans but, de nous perdre, avec la boussole pour seul garant. Il n’y a aucun risque, nous n’avons vu aucun squelette séché … Bien sûr, on peut déplorer que cet endroit soit devenu un parc hyper aménagé. C’est la rançon de la gloire … Mais, ça n’a pas justifié, pour nous en tout cas, de l’écarter et nous ne regrettons pas cette excursion qui, pourtant, revient cher : 254 Y/p avec le bus et la voiturette.
Kunming Nous y avons passé très peu de temps. Kunming est en pleins travaux dû au métro et peut-être aussi à d’autres travaux de rénovation (comme le quartier du marché aux oiseaux). Pour autant, le peu qu’on en a vu nous a laissé une impression agréable. La ville est calme, peu de circulation, pas de klaxon. De beaux gratte-ciel, une très belle avenue que la Beijing Road, surtout le soir quand les lampadaires art déco sont allumés, quelques rues piétonnes animées … Sympa pour terminer un voyage.
ET SI C’ETAIT A REFAIRE : En 2 semaines, on a dû faire des choix. Comme toujours. On a choisi de rester 4 nuits à Lijiang et d’abandonner les gorges du Saut du Tigre et Shangri-La … On ne l’a pas regretté, mais on ne sait pas ce qu’on a raté … Par contre, et là on sait ce qu’on a raté, 1 ou 2 jours de plus à Yuanyang nous auraient permis d’envisager un trek dans les rizières sans doute plus intéressant qu’un rapide tour des “points de vue”.
DIVERS : L’accueil : nous étions inquiets. Je craignais un accueil réservé, froid, inamical voire irrespectueux. Il n’en fut rien. Encore, toujours des a priori !... Qu’il fait bon de voyager ! La grande majorité des Chinois nous a offert de beaux sourires et nous donnait volontiers les informations recherchées (toujours en montrant le nom en idéogrammes sur nos guides). Quelques rencontres plus rêches (notamment les chauffeurs de bus de ville, peut-être moins patients) mais rien de bloquant. Mon inquiétude était totalement infondée. La communication : ils ne parlent pas anglais. On était prévenus, on l’a vérifié. Même dans les petites agences de voyage … La prononciation des noms transcrits en pinyin n’est pas simple ; bien souvent, si nous essayions de parler, ils ne nous comprenaient pas. Le meilleur moyen : montrer dans le guide la transcription en idéogrammes de ce qu’on cherche (une destination, un lieu, un hôtel, un restaurant, un site …). Et accepter le jeu de piste, c'est-à-dire avancer pas à pas, multiplier les contrôles. Essayer aussi de reconnaître sur le pare-brise du bus les idéogrammes de la destination voulue. Ca devient presque un jeu d’observation. De la même façon, nous avons montré la carte de l’hôtel à Lijiang, une fois perdus dans ce grand labyrinthe ; notre billet de bus dans la grande gare routière de Lijiang pour trouver où le prendre … Nous n’hésitions pas à montrer, montrer, montrer et à tripler les vérifications. Partant de là, ça a très bien marché et nous n’avons eu aucune galère. Dans les Bank of China et à l’aéroport lors du check-in, ils parlent anglais. La carte bancaire : très peu utilisée sauf pour retirer du cash. Sur les ATM, un 1er écran vous permet de switcher sur des consignes en anglais. Le climat à cette époque : vraiment vraiment froid la première semaine (Lijiang et Dali). 2ème semaine beaucoup plus douce. Vêtements : polaires, gants, Kway (contre la pluie et le vent) indispensables la 1ère semaine L’affluence touristique à cette époque : énormément de touristes locaux et asiatiques Les problèmes de santé : ràs et pourtant on s’est lâché sur les fruits et légumes – Pensez à toujours avoir avec vous votre papier-toilette, il n’y en a jamais dans les wc publics. Les moustiques : ràs Les photos : beaucoup ! beaucoup trop ! Les portraits sont parfois plus difficiles à obtenir qu’ailleurs mais, majoritairement, ils acceptent avec gentillesse. Comme toujours, le visage s’illumine d’un immense sourire quand vous leur montrez leur photo sur l’écran. Attendez-vous aussi à être vous-même beaucoup pris en photo par les touristes locaux. A Forest Stone, sur le belvédère, séance photo de plus de 10 min ! Trop drôle ! Les achats perso : rien de bien remarquable Le Wifi : très répandu, gratuit La boussole : petite boussole de pacotille qu’on glisse dans notre poche, elle nous accompagne depuis toujours dans tous nos voyages, vieille habitude prise pendant nos randonnées pédestres. Ici peut-être un peu plus qu’ailleurs, elle nous a bien servi. Avec elle, nous nous perdions sans crainte (dans les ruelles de Lijiang, dans la Stone Forest …). Ou juste pour savoir de quel côté de la rue prendre le bus.
On a beaucoup aimé : 🙂 Evidemment, et en tout 1er lieu, ces images de la Chine comme on les rêvait : les temples aux toits en ailes d'hirondelles, les maisons tout en bois, les lanternes, les merveilleux visages burinés sous des coiffes traditionnelles, les sourires échangés, les places, ancestrales, chargées d’histoire, dans le moindre petit village, les marchés colorés, animés, gais, les paysages stupéfiants … Chaque jour nous a apporté son lot d’éblouissement. Je n’attendais pas un tel dépaysement, une telle richesse. Un contact bien plus facile, plus patient, plus indulgent, plus attentif que je ne l’imaginais avec la population locale Ne jamais se faire arnaquer (transports, gargotes) Un sentiment de sécurité, partout Les légumes, magnifiques, tant sur les marchés (plaisir des yeux) que dans nos assiettes (plaisir des papilles) !
On a moins aimé : 😕 Leur habitude de cracher en allant chercher bruyamment ce qui doit être éjecté La minceur des matelas Les wc publics, parfois trop publics (sans porte).
En conclusion : C’était une première approche. Après 25 ans de voyage, nous nous sentions enfin prêts à “affronter” la Chine et les Chinois. D’affrontement, il n’y a pas eu ! Ce ne fut que du bonheur. Dire que cette 1ère expérience a été réussie serait un euphémisme. Certes, le barrage de la langue nous a empêchés d’avoir de longues conversations (mais en a-t-on jamais eues ?... pas trop notre truc en fait). Mais en aucun cas, ça ne fut un frein lors de notre voyage. Le Yunnan est très touristique, d’un tourisme asiatique essentiellement. Mais il suffit de s’éloigner de quelques dizaines de mètres pour retrouver calme, authenticité et sérénité.
Nous n’avons pas changé les Yuans qui nous restaient. C’est tout dire. Nous comptons bien poursuivre notre découverte de cet immense pays. Bien vite.
Depuis longtemps, la Chine nous apparaissait, pour nous voyageurs individuels, comme une destination compliquée. Barrage de la langue, herméticité des idéogrammes, surpopulation locale, accueil indifférent voire inamical … C’est, en tout cas, ce que nos lectures nous faisaient ressentir. Pourtant, impossible de faire l’impasse. Une Histoire, une culture, une architecture trop riches pour qu’on puisse les ignorer. L’envie était là, à défaut de l’audace. Avec le recul et la maturité liés à notre expérience, nous voici prêts à entreprendre ce prétendument difficile voyage. Nous ne dérogerons pas à notre goût de la liberté, nous ne ferons quasiment aucune réservation, au risque de gérer quelques galères. Nous choisissons, pour cette 1ère approche, le Yunnan. Il nous a semblé que commencer par cette province rurale serait peut-être plus facile que de débarquer dans une grande mégalopole comme Pékin ou Shangaï, sans doute plus frénétique, plus impersonnelle, où le contact doit sûrement être encore plus difficile. Je ne sais pas si on a eu raison. Je ne le saurai qu’après avoir vu Pékin ou Shangaï. Mais en tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que toutes nos inquiétudes et nos a priori étaient totalement infondés. Le voyage fut facile et facilité, nous avons tenu notre programme (qui, sur le papier, me paraissait tellement trop ambitieux) sans aucune difficulté. Des galères ? Aucune ! Des souvenirs merveilleux ? Une multitude ! Une fois de plus, c’est par le voyage que nous faisons tomber les hauts murs de nos préjugés. Aujourd’hui, notre expérience nous sert finalement à une chose essentielle : oser. Et nous en sommes toujours largement récompensés. Ce carnet, plus qu’aucun autre sans doute, a essentiellement pour but de rassurer le futur voyageur. Peut-être aussi de l’aider un peu sur la logistique. Et s’il peut permettre à certains hésitants d’oser, alors il aura atteint son but.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 29 Mars – Arrivée du vol China Southern à Lijiang – 4 nuits à Lijiang Dim – Lijiang Lun – Baisha – Shuhe Mar – Lijiang Mer – Transfert vers Shaxi (via Jianchuan) – Nuit à Shaxi Jeu – Transfert vers Dali (via Jianchuan) – 2 nuits à Dali Ven – Chengzhu – Dali Sam – Dali – Train de nuit vers Kunming Dim – Transfert vers Yuanyang – 2 nuits à Xinjie (Yuanyang) Lun – Les rizières de Yuanyang Mar – Transfert vers Jianshui – 2 nuits à Jianshui Mer – TuanShan – Jianshui Jeu – Transfert vers Kunming – 2 nuits à Kunming Ven – La Stone Forest de Shilin Sam 12 Avril – Départ du vol China Southern vers Guangzhou (Canton) à 11h45
Je détaille minutieusement plus bas tous les transferts.
BUDGET : Cours : 10 Yuans (ou RMB) = 1,2 € Les ATM sont nombreux mais ne permettent de retirer qu’un montant limité (3 000 Yuans). Consignes en anglais. Nous avons également changé plusieurs fois des Euros, à bon taux, dans les Bank of China. Les préposés au change parlent anglais. Munissez-vous de votre passeport, un peu de paperasse … Attention, il faut prévoir beaucoup de cash. Notre CB Visa ne nous a servi qu’une seule fois en paiement, pour l’hôtel à Lijiang, et ça ne s’est pas fait sans mal … Pensez à vérifier votre plafond de retrait et/ou à emporter des Euros à changer sur place.
Dépenses préalables : Visa : 71 €/p Vols : 970 € l’A/R /p Train de nuit Dali/Kunming : 56 € pour nous 2 Dépenses sur place : Hébergement : 484 € pour 13 nuits – L’hôtel de Lijiang fausse la moyenne. Autres (repas, transports, entrées des sites …) : 774 € Budget total tout compris (hors achats de souvenirs perso) : 3396 €
Hormis l’hôtel de Lijiang, pas de grosses folies lors de ce voyage : on a choisi des hôtels moyens de gamme, très souvent mangé dans la rue et voyagé en bus. On peut serrer ce budget en choisissant des hôtels plus simples et en évitant totalement les restaurants, toujours beaucoup plus chers que les gargotes de rue (et pas forcément meilleurs). L’excursion à Shilin revient chère. Mais, franchement, difficile d’en faire l’impasse …
VISA : N’attendez pas le dernier moment, ça prend du temps pour constituer le dossier … http://www.otchine.com/Formalites_et_Visa.htm Il faut fournir une adresse en Chine pour la durée du séjour … Casse-tête ! Pour y remédier, nous avons réservé un hôtel à Kunming pour tout notre séjour via Booking.com, fourni la réservation et annulé (sans frais) dès le visa obtenu. Je ne pense pas avoir innové … Il est relativement cher : 71€
GUIDES : Lonely Planet Pour éviter l’achat (et l’encombrement) du guide complet sur la Chine, j’ai commandé la version numérique du seul chapitre sur le Yunnan et imprimé le pdf envoyé. Simple et très économique. Guide du Routard Les sites y sont mieux décrits que dans le LP. Les prix sont un peu plus à jour.
Ces 2 guides se complètent mais nous avons, de loin, préféré le GdR. Attention, la Chine évolue vite. Nombre d’adresses (restau) ont disparu.
Un guide papier est indispensable pour avoir la transcription en idéogrammes chinois des endroits où l’on souhaite aller. C’est suffisant mais indispensable. D’autant que nous ne pouvons pas compter sur la seule prononciation des mots transcrits en pinyin …
TRANSPORTS :
1 - Vols Paris/Guangzhou/Lijiang et Kunming/Guangzhou/Paris – China Southern/Air France Achetés mi décembre via GoVoyages. 970 € l’AR/p Au retour, à l’aéroport de Kunming, notre vol n’était pas affiché. Pas de panique ! Il semble que tous les vols nationaux de la China Southern soient enregistrés aux mêmes comptoirs, zone D. L’enregistrement de nos bagages pour Paris s’est fait mais non sans mal. Manque d’habitude apparemment. La jeune fille a été cherché de l’aide … Ca a pris du temps, mais tout s’est réglé et notre sac est bien arrivé à Paris (je n’en menais pas large quand même en l’attendant !) Un petit regret : celui de ne pas avoir prévu la visite de Guangzhou lors de notre escale au retour. La longue escale (plus de 10 heures) nous l’aurait permis. Nous n’avions que notre sac cabine, nous n’étions pas sous douane, le métro dessert l’aéroport. Ca aurait donc pu être assez facile. On a longuement hésité, trop longtemps … Un peu idiot d’avoir raté cette belle occasion.
2 – Transports locaux Voilà LE paragraphe important pour un tel voyage. Fastidieux mais important. Il n’aura d’intérêt que pour les voyageurs en partance. Je vais être honnête, j’étais très inquiète … On lit tellement de choses. Ca vous explique la taille de ce paragraphe, son but est de rassurer (et peut-être de faciliter un peu) !
PRELIMINAIRE Je pense essentiel de bien insister sur un point. Il existe différents types de bus : - les bus “grandes lignes” (35 places environ). Pour ceux-là, il faut acheter son billet au ticket office de la gare routière. La réservation est possible (à la gare, via l’hôtel, via une agence). Les places sont numérotées, les heures de départ sont fixes. Ce sont les seuls pour qui on aura véritablement un ticket (avec le prix, le n° de la place, l’heure de départ, la destination …) et les seuls qu’on peut réserver. - les minibus (20 places environ). Ils partent quand ils sont pleins. On grimpe, on s’installe et on paie sa place à bord du minibus. Pas de réservation possible. Pas de ticket souvenir … - les minivans IVECO (6-8 places). Même système que les minibus. - Enfin, et un peu à part, les bus de ville. On paie en glissant les billets dans la boite transparente près du chauffeur. 1 à 2 Y la course. Par exemple, à la petite gare routière de Xinjie (Yuanyang), il n’y a qu’un seul bus par jour pour Jianshui, à 16h30. Zut, ce n’est pas ce que nous lisons dans nos guides qui parlent de départs tout au long de la journée ! Petit moment de solitude, suivi d’un gros coup de gueule contre ces pu… de guides à la c.. Et soudain, on comprend !… mais oui, effectivement : il n’y a qu’un seul bus mais de nombreux minibus qui, eux, ne sont pas affichés. Attention donc à bien interpréter les indications des guides … Cela dit, tout cela est très clairement expliqué dans les pages d’entête du GdR … que j’ai découvertes quelques jours plus tard … Quand on a bien compris ça, c’est déjà plus simple …
Voici le détail de tous nos transferts, par ordre chronologique. Sauf indication contraire, nous n’avons jamais réservé. Nous montrions la transcription en idéogrammes de l’endroit où on voulait aller (au ticket office, à un chauffeur de minibus, au taxi, à un passager, à un passant … peu importe, toujours un excellent accueil). On ne s’est jamais fié à notre seule prononciation, par prudence, on préférait leur montrer les idéogrammes. Ca a toujours bien marché. En tout dernier lieu, Philippe vérifiait les idéogrammes affichés sur l’avant du bus. Oui, c’est bien Jianshui ! Pas de doute, on monte ! Sauf pour les bus, les horaires de départ sont indicatifs. Encore une fois, minibus et minivan partent quand ils sont pleins. Avons-nous eu de la chance, nous n’avons jamais attendu. Je ne les mentionne que pour nuancer la durée du transfert (la durée d’une course en taxi à 6h30 du matin n’est peut-être pas la même qu’à 10h …) GR = gare routière – GF = gare ferroviaire.
Lijiang : de l’aéroport à l’entrée de la vieille ville Taxi – 100 Y – départ vers 16h30 - durée ½ h Tarif affiché, on ne négocie pas. Je montre au chauffeur ma résa Booking.com imprimée en chinois. OK ! On démarre. Aux abords de la ville, il redemande à voir ma résa. Et téléphone, je le comprendrai plus tard, à l’hôtel. Ainsi, quand il se gare au parking d’une des entrées de la vieille ville, sommes-nous déjà attendus par un employé de l’hôtel qui va prendre le relai et nous guider en quelques minutes à l’hôtel. Voilà un bon début !
Lijiang – Baisha – Shuhe – Lijiang Excursion (prévoir 1 petite journée) o-o Lijiang – Baisha Minivan – 60 Y (60 ?! – explications ci-dessous) – départ vers 9h30 - durée ½ h Beaucoup de travaux autour de la place des roues à aubes ne facilitent pas notre recherche. On repère néanmoins les minivans. On est abordé par un chauffeur, on lui montre notre guide. 6 nous montre-t-il avec ses mains. OK, nous grimpons et … on part aussitôt …. Bizarre. On n’est que tous les 2 … On comprendra à l’arrivée que nous avons payé le minivan complet et qu’en fait de 6 Y, il attendait 60 Y … Nous paierons les 60 Y (pour nous 2) mais on ne nous y reprendra pas ! Erreur de débutant ! Il faut qu’on prenne nos marques ! A la décharge du conducteur, je suis convaincue qu’il n’a pas cherché à nous arnaquer. Je pense qu’il croyait sincèrement qu’on avait compris et accepté le deal pour partir aussitôt plutôt que d’attendre d’hypothétiques candidats au voyage. Et après tout … o-o Baisha – Shuhe Bus de ville n°6 – 1 Y L’arrêt se trouve sur la route goudronnée (il n’y en a pas 36 000) pas bien loin de l’entrée du temple. Nous descendons au moment où l’on voit que les panneaux marron indiquent Shuhe à droite et que le bus continue tout droit. Nous finirons à pied, 2 km quand même, pour rejoindre Shuhe … o-o Shuhe – Lijiang Bus de ville n°12 – 1 Y Sur la grande route (Shangri Av) à un bon km à la sortie du site de Shuhe. Pour vous mettre sur la voie, renseignez-vous auprès du bureau d’infos touristiques. Cela dit, c’est tout droit … Retour à Lijiang vers 16h
Lijiang – Jianchuan – Shaxi o-o Lijiang – GR de Lijiang Taxi – 15 Y – départ vers 7h20 – durée 10min Pris à une entrée de la ville, 10 min à pied de l’hôtel. o-o GR de Lijiang – GR de Jianshui Bus – 20 Y (+4 Y de comm) - départ fixe à 8h20 – durée 1h30 (via autoroute) Billets réservés la veille par l’hôtel et livrés à domicile (4 Y de plus de commission). Seule cette première portion a pu être réservée puisque la portion Jianshui-Shaxi se fait par minivan. Ne demandez donc pas à réserver un billet de bus pour Shaxi car on va vous regarder avec des yeux tout ronds ! C’est du vécu et maintenant je comprends bien pourquoi. Cf mon préliminaire. En cours de route, le chauffeur s’arrête et pose une question aux passagers, qui opinent de concert et sortent tous un billet de 5 Y. Sans comprendre, on fait pareil … La quiétude des passagers nous laissent penser qu’il ne s’agit pas d’une arnaque … En fait, le chauffeur proposait l’option autoroute moyennant la prise en charge du péage par les passagers. Gros gain de temps. Du coup, nous arrivons à Jianchuan avant 10h. o-o GR de Jianchuan – Shaxi Minivan – 10 Y – départ vers 10h - durée 1h Les minivans sont garés devant la GR de Jianchuan alors que les bus arrivent sur l’arrière, comme souvent. Il suffit donc de traverser la gare pour trouver les minivans. On arrive à l’entrée du village de Shaxi vers 11h. On descend vers la place centrale et vers l’hôtel en quelques minutes à pied. Voilà qui nous laisse une belle après-midi et une soirée à Shaxi. Ce sera suffisant.
Shaxi – Jianchuan – Dali o-o Shaxi - Jianchuan Minivan – 10 Y – départ vers 7h20 - durée 1h Repris au même endroit, à l’entrée du village (en amont). Nous n’irons même pas jusqu’à la GR de Jianchuan, le minivan s’arrête à un rond point, à l’entrée de Jianchuan. Un minibus attend, portes ouvertes, quasi plein. Il va à Dali. On transite … Coup de pot !... o-o Jianchuan – Dali Old Town Minibus – 40 Y – départ vers 8h30 - durée 2h (via autoroute) De nouveau, le chauffeur palabre avec les voyageurs qui lui donnent tous (nous y compris) 5 Y pour prendre l’autoroute. Cette fois, on biche car on a compris tout de suite ! Le minibus s’arrête devant la porte Est de la vieille ville. Nous sommes à pied d’œuvre et pouvons rejoindre l’hôtel choisi à pied. Nous arriverons à Dali Old Town à 10h30. Soit un transfert de 3 heures au total.
Dali – Zhoucheng – Dali Excursion (prévoir quelques heures) o-o Dali – Zhoucheng Minibus – 8 Y – départ vers 10h – durée 45 min Départ de la Porte Ouest o-o Zhoucheng – Dali Minibus – 8 Y Devant la grande porte de sortie du marché.
Dali – Kunming o-o Dali – GF de Dali Taxi - ??(oups !) Y – durée 25 min Taxi trouvé à la porte Sud On n’a jamais réussi à trouver les bus ou les taxis qui devaient passer à la porte Est … du coup, on a retraversé la ville et on s’est rabattu sur un taxi, porte Sud. Heureusement, nos sacs à dos sont légers et nous avions du temps à perdre. Et puis, après tout, quel bonheur que de traverser une dernière fois cette jolie ville ! o-o GF de Dali – GF de Kunming Train de nuit K9620 – 149 Y et 155 Y (couchettes molles, haute et basse) – départ 23h44 – durée 6h Billets de train réservés via internet depuis la France le 24/03 (12 jours avant) avec une demande de livraison des tickets à l’hôtel de Lijiang (j’ai envoyé par mail la confirmation Booking.com en chinois pour qu’ils aient l’adresse précise). http://www.chinatripadvisor.com/english/ Extrêmement simple et efficace avec quelques échanges de mails de validation. Un excellent service mais qui a un coût : les 2 billets coûtent 304 Yuans facturés 55 € soit 50% de plus que le coût net des billets … Au final, il est très probablement bien moins cher de réserver ses billets sur place par l’hôtel ou par une agence. Nous avons payé la simplicité et la tranquillité. Pour des couchettes, il me semble impératif de réserver. Aucun problème, nous avons même plutôt bien dormi. Un peu court mais bien. Attention, aucune gargote pour manger chaud à la gare.
Des renseignements très précieux ici : http://www.seat61.com/China.htm Je suis une fan inconditionnelle de ce site absolument remarquable !
Arrivés à la GF de Kunming, on enchaîne direct avec un long transfert : Kunming - Yuanyang o-o GF de Kunming – GR Sud de Kunming Bus de ville C71 – 5 Y – départ 6h20 – durée ½ h On trouve ce bus, juste à la sortie de la gare ferroviaire. Là, je dois dire que nous avons eu la chance d’avoir dans notre compartiment un Chinois qui parlait anglais et qui nous a aidés à trouver le terminal de bus. Il est dans l’enceinte de la GF, il ne faut que quelques minutes pour y parvenir. Le ticket office ne nous sert à rien (le C71 est un bus de ville, on paie dans le bus) ; j’ai essayé d’y acheter mes billets de bus pour Yuanyang, sans succès. Je ne sais pas trop pourquoi … On attend donc patiemment que les grilles s’ouvrent et on s’engouffre dans ce gros bus de ville. o-o GR Sud de Kunming – Yuanyang (Xinjie) Bus – 139 Y – départ fixe à 10h20 – durée 8h Avec le C71, nous arrivons à l’arrière de la gare. Pour acheter son ticket, il faut donc contourner la grande gare pour trouver le ticket office. A cette heure matinale, pas de queue. Nous prions pour qu’il reste des places dans le bus vers Yuanyang (1 seul le matin). Bingo ! Nous avons les places 25 et 26 (sur 35 places). Retour dans la salle d’attente pour quelques heures de patience. Nous trouvons un robinet d’eau bouillante pour nous permettre de remplir notre bol de nouilles déshydratées parfumées (petit magasin dans la salle d’attente). Ca nourrit … mais c’est tout. Arrivée à Yuanyang (Xinjie) à 18h30. Une fois de plus, nous sommes arrivés directement en ville, à pied d’œuvre. “Notre” hôtel est à 2 min à pied. Journée lourde et inintéressante mais qui nous a paru être une bonne optimisation pour notre périple.
Xinjie – Jianshui o-o Xinjie – GR de Jianshui Minibus – 45 Y – départ vers 8h00 – durée 3h30 Un seul bus par jour pour Jianshui (à 16h30) mais de nombreux minibus, garés devant la gare. Nous devrons changer de minibus à Nansha, 1 heure après le départ de Xinjie. Ca se fait tout seul, sur le bord d’une route. o-o GR de Jianshui - Hôtel Tuktuk – 20 Y pour nous 2 A 12h30, nous étions installés à l’hôtel
Jianshui – TuanShan – Pont du Double Dragon - Jianshui Excursion (prévoir une bonne matinée) o-o Jianshui – TuanShan Minivan n°4 jaune jusqu’à Huang Long Si – 3 Y – départ vers 7h50 – durée 15 min Ils partent du rond-point au Nord du Temple de Confucius, à côté du KFC et du Linan Hotel. On descend à Huang Long Si. Puis tuk tuk pour TuanShan – 10 Y pour nous 2 (pris à la sortie du minivan, il “nous” attendait) Arrivés à TuanShan à 8h35 o-o TuanShan – Pont du Double Dragon Minivan 10 Y … j’attends encore ma monnaie … On le trouve sur le parking de TuanShan. Coup de pot ?!... Il nous débarque en face du Pont. o-o Pont du Double Dragon – Jianshui Minivan 4 jaune – 3 Y – durée 15 min Un peu de mal à trouver où ils passent, les explications du GdR sont incompréhensibles. Il faut sortir du pont du côté des éléphants, suivre la route goudronnée vers la gauche, traverser une ancienne voie ferrée et continuer jusqu’à la route principale. C’est plus long à écrire qu’à faire ! Et là, vous patientez jusqu’au passage d’un minivan jaune. Il nous laisse à côté du KFC.
Jianshui – Kunming o-o Jianshui – GR de Jianshui Taxi – 7 Y (compteur) – départ vers 9h30 – durée 15 min On attendait un bus … qui tarde trop. Un taxi s’arrête devant nous … o-o GR de Jianshui – GR Sud de Kunming Bus – 73 Y – départ fixe à 10h05 – durée 3h40 Nous avons acheté le billet à 9h55 au ticket office de la gare ! Places 5 et 6 … c’est dire : le bus est vide ! o-o GR Sud de Kunming - Hôtel Taxi – 60 Y – durée 30 min ? Des rabatteurs dès notre sortie du bus nous entraînent vers les taxis. On n’arrive pas à s’en défaire. On tente de négocier les prix. Mal … C’est la seule fois où on a senti l’arnaque. Gros malaise, pas agréable.
Kunming – Shilin - Kunming Excursion (prévoir une journée) o-o Kunming – GR Est de Kunming Taxi – 24 Y (compteur) – départ vers 7h15 – durée 20 min Hélé dans la rue. o-o GR Est de Kunming – Terminal de bus Stone Forest à Shilin Bus – 27 Y – départ à 8h20 – durée 1h15 Pour ce bus, je ne suis pas sûre que l’heure de départ soit vraiment fixe. Arrivée au terminal de bus directement sur le site de la Stone Forest. Je détaille l’accès au site dans le paragraphe spécifique plus bas. o-o Terminal de bus Stone Forest – GR Est Kunming Bus – 27 Y – départ à 15h – durée 1h30 On achète les billets au ticket office. Sur le billet, un numéro écrit au stylo : c’est le n° de la plaque d’immatriculation du bus. Nous l’attendrons plus d’une heure … ce n’est pas ce que nous annonçaient les guides … Même chose ici : je ne suis pas bien sûre que l’horaire de départ soit fixe. Ca dépend peut-être de l’affluence … o-o GR Est de Kunming - Hôtel Bus de ville n°22 – 2 Y Facile à trouver : à la sortie de la GR, suivre les panneaux Bus Hub qui amènent au terminal des bus de ville. Les n° des bus de ville en partance sont affichés sur des panneaux numériques au dessus des quelques quais. C’est facile. On descend sur la Beijing Road, tellement facile à reconnaitre avec ses lampadaires futuristes.
Kunming : de l’hôtel à l’aéroport Taxi – 73 Y (compteur) – départ 6h30 – durée 30 min Nous hélons un taxi dans la Beijing Road, proche de notre hôtel. Vu qu’on est samedi (moins de circulation), vue l’heure matinale et surtout vue la marge qu’on a pris pour notre vol (Philippe s’est soumis mais il me le reproche encore !), on n’a pas cru nécessaire de réserver. On a eu raison. Le compteur est actionné immédiatement et 30 minutes plus tard nous étions arrivés. Nous avons eu le temps d’admirer la beauté de l’aéroport tout neuf de Kunming …
HEBERGEMENTS : Dans chacun de ces hôtels, nous avions à disposition de gros flacons de savon liquide, de shampooing, des mules jetables en papier-tissu, des petites bouteilles d’eau, une bouilloire électrique, parfois des sachets de thé. Sympa et agréable. Sauf à Lijiang, le petit déj n’était jamais inclus. Sauf à Lijiang, paiement cash. Une caution est parfois demandée, rendue au moment du check out. Enfin, sauf pour l’hôtel de Lijiang que j’avais réservé par Booking.com, nous n’avons pas réservé les autres. Il n’y a qu’à Dali que nous avons dû chercher un peu …
Lijiang Blossom Hill Inn – Joyland – 585 Y/nuit http://www.blossomhillinnlijiang.com/index.htm 4 nuits réservées par Booking.com fin décembre. Aucun pré-paiement. Paiement sur place en CB Visa, non sans mal, le terminal de paiement ne fonctionnait pas … Superbe grande maison, superbe chambre bourrée de charme, excellente literie (ça prendra vraiment tout son sens lors de la suite de notre circuit), accueil très chaleureux, belle situation dans Lijiang, au calme. Ca reste néanmoins un peu cher pour la prestation d’autant que Lijiang semble regorger d’hôtels comparables.
Shaxi Cato’s Inn – 238 Y/nuit (GdR) http://www.catosinn.com/en/index.asp?c=1 Situé dans la petite rue qui sort de la place, à gauche quand on est face au temple (avec les 2 grosses sculptures en façade). Moderne et sans aucun charme, mais confortable et propre.
Dali Sunny Guesthouse – 100 Y/nuit 56# Fuan Alley, Renming Road. http://www.agoda.com/...e/hotel/dali-cn.html Non référencé dans les guides, à 2 pas de l’hôtel Six, dans une ruelle perpendiculaire. Simple.
Xinjie (Yuanyang) Yun Ti Shunjie Hotel – 220 Y/nuit (GdR) Sur la place, à 2 pas de la gare routière de Xinjie. http://www.tripadvisor.fr/...g_County_Yunnan.html Assez impersonnel, l’hôtel a un côté stalinien … L’accueil est du même acabit, aucun effort. Réveil en musique à 6h30 par les fondus de gymnastique qui se déchaînent sur la place au rythme d’une musique tonique. Nous, on a trouvé ça plutôt sympa mais, amateurs de grasse mat’, cherchez ailleurs ... Pas de wifi.
Jianshui Linan Inn – 288 Y/nuit (GdR et LP) 32# Hanlin Street http://www.tripadvisor.fr/...i_County_Yunnan.html Un vrai gros coup de cœur. Une très jolie suite qui donne sur la galerie du 1er étage. Salle de bain très agréable. Il ne restait plus que cette chambre mais l’hôtel dispose de nombreuses chambres toutes différentes. Apparemment très prisé. Prix justifié, tout au moins pour cette immense chambre. Attention, à ne pas confondre avec le très grand et très moderne Linan Hotel, à quelques pas.
Kunming Mingtong Yingxian Youth Hostel – 168 Y/nuit (GdR) 94# Mingtong Alley http://www.tripadvisor.fr/...-Kunming_Yunnan.html Auberge de jeunesse. Comment ça, on n’a plus l’âge ?... Simple, un peu décrépi et tristounet mais propre et spacieux. Bien situé et pas cher. Pas de wifi
REPAS : Si vous pensez que vous ne mangerez que du riz en Chine, vous vous trompez … D’ailleurs, il ne va pas de soi, il faut souvent le commander. Pour notre plus grand bonheur, c’est le royaume des légumes. Profusion, variété, fraîcheur ! Cuisson al dente, tout ce qu’on aime. Parfois, un peu gras …
Quelques prix :
Bouteille d’eau (50cl) : 2 Y Jus de fruit frais : 20 Y Canette de coca : 10 Y Petits encas de rue (dont les fruits frais coupés) : 3 à 7 Y Portion de légume dans une gargote : 5 à 20 Y (à multiplier par le nombre de légumes choisis) Plat sans viande dans un restau : 10-20 Y Plat avec viande dans un restau : 30-60 Y
Le thé est souvent offert. Attention, quand il ne l’est pas, de façon assez surprenante, il peut être cher. Tout comme le café.
Nous avons beaucoup fréquenté les petits restaurants de rue, les gargotes comme je les appelle un peu abusivement (pour les différencier des restaurants traditionnels). Ils sont toujours largement ouverts sur la rue, débordant même sur le trottoir. Ici, pas de menu, pas de nappe, pas de décorum, un rouleau de PQ sur la table en guise de serviette. Parfois, le plat unique est préparé devant nous et notre seule intervention consistait à choisir le type de nouilles, le bouillon, les aromates … Parfois, ils sont dotés d’un grand frigo-vitrine où les produits frais (légumes et viande) attendent le client. A Dali, les produits sont en devanture, étalés sur la rue, dans des bacs d’eau fraîche. On y trouve alors aussi du poisson frais (ultra frais puisque vivant). Plaisir des yeux (car ces étalages sont montés avec beaucoup de soin et de goût) avant le plaisir du palais. On choisit ses produits en les montrant du doigt. Le cuisinier les emporte et les cuisine à sa façon. Les légumes sont frits au wok, cuits al dente. Mais … comment va-t-il les associer ? Quel aromate va-t-il ajouter ? Quelle épice ?... Pour notre part, nous avons toujours choisi un assortiment de légumes (de 3 à 5) car peu portés sur la viande et le choix d’un poisson vivant est au dessus de nos forces. Les légumes sont variés, magnifiques et ultra frais. Le résultat a toujours été une heureuse surprise, parfois tellement bonne que nous revenions le soir pour faire le même choix. Osez les champignons, tous, c’est un vrai régal. Essayez aussi la racine de lotus, cette grosse racine ocre qui, une fois tranchée donne de jolies rondelles blanches pleines de trous. C’est délicieux ! Chaque plat arrive sur une assiette qu’on est sensé partager (Philippe, tu en veux ?... oui ?... ah … zut). Accompagné de riz et de thé, c’était un véritable festin ! Une seule erreur : le concombre amer (concombre un peu plus court que les nôtres, vert très clair et plein de pustules). C’est vraiment amer ! La patronne en rit encore ! On paie selon le nombre et le type de produits choisis. Entre 5 et 20 Y la portion de légume. A Dali, c’est bien sûr plus cher qu’à Xinjie, mais dans tous les cas, c’est toujours très raisonnable. Les 2 extrêmes : à Dali, nos orgies nous coutaient environ 75 Y (pour nous 2) avec, entre autres, asperges vertes et champignons ; à Xintié, nous ne dépassions pas les 30 Y (toujours pour nous 2) avec champignons, racine de lotus, fèves …
Nous avons aussi testé quelques restaurants traditionnels, plus cossus (recommandés par le GdR). Ils sont aménagés dans de superbes vieilles demeures de bois, avec des tables installées tout autour d’un grand patio, en rez-de-chaussée et sur une galerie. Pour le cadre, ça vaut le coup. Maintenant, la cuisine nous a souvent déçus : parfois trop épicée, trop grasse, trop d’escarbilles d’os (le poulet est fracassé) … Voici 2 adresses qui offrent un cadre inoubliable, à défaut de la cuisine … A Dali : MeiziJing Jiujia (en descendant Renmin Lu, 1ère ruelle à droite après Fuxing Lu) Poisson de rivière et poulet au gingembre. Petite bouteille d’alcool de prune (80Y). Trop pimenté, trop de bouts d’os pointus. L’alcool de prune est doux et parfumé. On emportera la petite bouteille pour la terminer tranquillement. (180 Y tout compris) A Kunming : Kunming Lao Fangzi (dans le marché aux fleurs. Jeu de piste pour y aller) Menu avec photos. Des vapeurs délicieux et 2 plats, l’un vraiment succulent, l’autre immangeable tant il est gras et pimenté … (142 Y pour nous 2)
Mes plus grands souvenirs restent, de loin, les restaurants de rue.
L'ITINERAIRE :
Lijiang Ce premier contact avec la Chine fut pour nous extraordinaire. Une vieille ville labyrinthe, tout en rues pavées piétonnes, tortueuses, tout en maisons de bois et de pierre. Les portes de bois rouge carmin sont souvent sculptées. Les pans des toits de tuiles rondes et grises se redressent fièrement, donnant une allure aérienne unique aux temples comme aux maisons. Partout, des canaux serpentent, l’eau claire coule vivement, alimentant parfois 3 bassins, toujours utilisés, pour la consommation, les légumes, le linge. De vieux ponts aux pierres patinées les enjambent. Enfin des lanternes rouges, tellement chinoises, apportent une touche finale et créent une ambiance unique, pittoresque, magique. C’est exactement cette image de vieux villages chinois qu’on est venu chercher. Bien sûr, en approchant du centre (Square Street), on déchante un peu … toutes les maisons sont alors devenues boutiques, vouées uniquement au commerce avec des touristes à 99% asiatiques vraiment trop nombreux … Les objets qui s’y vendent sont kitsch, totalement quelconques. Et pourtant, on réussit à faire abstraction de cette dérive, en levant les yeux vers les toits, vers les temples, et surtout, et simplement, en fuyant les rues trop courues. Il suffit de quelques minutes, à peine, pour retrouver le charme, la quiétude, la beauté et l’âme des rues de Lijiang. Toute la partie Sud offre de très jolis quartiers, avec son lot d’écoles d’où montent les récitations en chœur des élèves, de terrains vagues où jouent des enfants, de vieux Chinois qui s’affrontent au Mah Jong dans la rue, de Chinoises qui vendent leur belle récolte sur le bord du canal où s’épanouissent de splendides arums, de petites échoppes, de demeures superbes fleuries de glycines ou de roses, de petits ponts de bois qui serpentent au dessus de la rivière … Il faut oser se perdre dans Lijiang. Un plan, une boussole, la carte de l’hôtel dans la poche et perdez-vous ! Tournez le dos aux enfilades de boutiques sans intérêt. Cela dit, ne jugez pas trop vite la place carrée. Si elle est absolument insupportable le soir avec ses karaokés hurlants et ses lumières aveuglantes, elle est bourrée de charme, tôt le matin, quand tout est fermé et qu’elle est déserte.
Le marché nous a offert dès le tout 1er soir, un vrai festin. Oui, on est très gourmand ! La découverte des spécialités culinaires, ou plus simplement encore, des habitudes alimentaires fait pour nous partie du plaisir de voyager. Ici sur ce marché, des dizaines de cuisiniers préparent chacun leur spécialité sur des plaques de cuisson, tout autour d’une grande halle garnie de tables et de bancs de bois. Il suffit de les regarder cuisiner avec adresse, de choisir et de déguster. Puis d’y revenir pour passer à une nouvelle aventure gustative. Pas cher du tout, 10 à 20 Y le petit bol de carton. Ca permet de tout goûter. On commence prudemment par des nouilles avec des œufs, pour passer au mélange de champignons, puis on essaye une soupe de nouilles, un baba (espèce de grosse tortilla, spécialité de Lijiang) ... Les petits œufs (de caille ?) cuits sur un gros champignon sont aussi succulents qu’ils sont beaux ! Quant aux vapeurs verts de légumes et d’aromates, mais quel régal ! Et pour arroser tout ça, un jus de canne ou de noix de coco … Cette caverne d’Ali Baba de la cuisine de rue est merveilleuse pour le voyageur qui débarque puisqu’il suffit de regarder, de saliver et de montrer du doigt. Pourtant ultra-touristique, nous avons adoré l’ambiance de ce marché aux mille gargotes où l’accueil des cuisiniers est chaleureux et amical ! Il a ravi nos yeux et nos papilles.
Chaque visiteur est tenu de payer une “taxe écologique”. 80 Y. Le billet jaune nous sera vendu dès notre arrivée, par notre hôtel. Conservez-le sur vous, il vous sera demandé à plusieurs endroits. Notamment, à l’entrée du Parc de l’Etang du Dragon Noir. Ne manquez pas ce parc : un étang, un pont de pierre, un temple et une montagne enneigée en toile de fond. Oui, c’est bien la photo emblématique qu’on voit partout dès lors qu’on parle du Yunnan. Ce n’est pas pour rien, c’est beau à pleurer. Nous avons osé nous re-présenter à l’entrée 2 jours plus tard (car il faisait soleil cette fois). Pleins d’espoir, nous présentons de nouveau nos billets jaunes au gardien … Yes ! Il nous laisse entrer de nouveau ! Chouette ! Erreur du gardien, permissivité indulgente, ou simplement juste droit ?… je ne sais pas trop. On n’a pas demandé, trop heureux de pouvoir retourner voir ce merveilleux lac. Résidence de la famille Mu (60 Y) : belle résidence où s’étagent les pavillons, les jardins, les cours. La restauration est un peu clinquante. En haut de la colline, belle vue sur les toits de Lijiang. Marché Zhongyi : petit marché bien authentique. Beaucoup d’ingrédients de la médecine chinoise. Vraiment sympa. Pavillon Wanggu (50 Y) : la pagode est moderne et assez laide. Les tours du tambour et de la cloche sont, elles, très jolies. Superbe vue sur Lijiang.
Nous avions hésité à aller jusqu’à Baisha en vélo. En chemin, nous ne l’avons pas regretté … La route ne nous a pas paru très intéressante. Mais peut-être y a-t-il un autre accès pour les vélos … Baisha est un vieux village, pas touristique du tout à quelques km de Lijiang. Nous avons été débarqués sur la place centrale du vieux Baisha. Toute petite place pavée, juste après un grand portail. On cherche un peu pour trouver le vieux temple (30 Y) et ses fresques. En fait, il suffit de rejoindre la route goudronnée (au bout de la rue pavée qui part à droite quand on est sur la petite place, porte dans le dos). Il est tout de suite à gauche. Beau temple, un peu désuet, qui manque cruellement d’entretien, mais dont se dégagent une histoire, une âme. Après le factice de Lijiang, ça recadre les choses … Les fresques sont … défraîchies. Le tour de Baisha est rapide, le village est vraiment tout petit. Même sans plan, impossible de s’y perdre. Le bus 6 passe sur la route goudronnée et va nous déposer non loin de Shuhe. Nous devrons terminer à pied le long d’une large avenue. J’ai lu quelque part que l’entrée était payante, on n’a rien vu (et pas cherché non plus du coup). Changement de décor. Nous voici dans un village à la Disney ! Le site (du moins à l’entrée) est totalement reconstitué, rutilant, trop neuf, trop clinquant. Ca ne manque pas d’un certain charme, mais certainement pas celui de l’authenticité. Nous nous promenons dans des ruelles pimpantes, nous y faisons même une agréable pause repas. Nous ne boudons pas notre plaisir, c’est factice, mais encore une fois, ça ne manque pas d’un autre charme. Nous finissons par arriver sur la place carrée, tout au Nord Ouest. Là, un vieux pont de pierre nous conduit vers le vieux village qui lui, n’a pas été retapé. Redoublement de bonheur. Cette fois, le charme de l’authentique vient s’ajouter au charme de l’esthétique. De petits potagers cernent ce bel endroit à ne surtout pas rater.
Nous n’avons pas regretté notre long séjour de 4 nuits à Lijiang. Ca nous a permis de démarrer doucement notre voyage, de commencer à prendre nos marques en Chine. 3 jours pleins nous ont permis de découvrir les incontournables de Lijiang, de pousser vers les environs (Baisha et Shuhe) et surtout de flâner longuement dans les quartiers Sud, encore préservés du tourisme de masse. Et puis, le matin, Lijiang s’éveille doucement. Les rues désertes, bordées par cet alignement de portes sculptées rouge carmin, sont magnifiques. Sur les pavés, un vieil homme pousse son vélo, une vielle femme portefaix emportent ses 2 paniers chargés de légumes frais vers le marché, tous 2 portent le calot bleu sur leur cheveux gris ... L’image de la Chine ancestrale. On y est.
Lijiang est une auberge espagnole. Vous trouverez (très facilement) autant de raisons de la décrier que de la vanter. Je vous ai donné mon point de vue. Vous en lirez d’autres …
Shaxi Petit village, tout petit village, qui se visite en 1 ou 2 heures … La place centrale est sublime : un vieux temple d’un côté, un théâtre ancien en face, 2 arbres pluri-centenaires au centre. Et partout des maisons de bois, certaines transformées avec goût et mesure en échoppe, en petit restaurant. Pas grand-chose à faire, pas grand-chose à visiter, juste le temple (20 Y), le théâtre est fermé. Aux abords de la ville, un petit autel et un vieux pont de pierre marquent le départ d’une route caravanière. Emouvant. Shaxi n’est pas un lieu qui se visite, c’est un lieu qui se goûte. S’imprégner de son ambiance, se laisse porter, ne rien faire d’autre que se poser sur cette incroyable place, regarder les mamies assises sur leur banc discuter entre elles, profiter d’un lieu, encore préservé, chargé d’histoire et d’histoires. Nous avons cru comprendre (au vu d’affiches prétentieuses) qu’un quartier du village est en cours de transformation pour donner naissance à un truc ressemblant à un complexe hôtelier … C’est la mort annoncée de Shaxi. Nous prendrons nos repas dans le petit restau sur la place (à droite du temple). Belle et bonne adresse. 2 plats avec viande et 2 jus frais, 95 Y. Une seule nuit à Shaxi est suffisante. Bien sûr, pour ceux qui ont du temps et veulent se ressourcer, c’est l’endroit idéal pour une retraite.
Dali Nous voilà ici dans une ville moderne au plan en damier. Les rues sont larges, commerçantes, avec des demeures de toute beauté, des portes monumentales extraordinaires. Une ambiance très différente de Lijiang ; les 2 sont incomparables. C’est moins confiné, plus moderne, mais très agréable à vivre. Pas le même tourisme d’ailleurs qu’à Lijiang : on est plus ici dans le tourisme de routards, de baba cools, que dans le tourisme de grands groupes organisés. On rencontre d’ailleurs beaucoup plus d’occidentaux et on trouve plus d’infos en anglais. Les karaokés ont cédé la place à des joueurs de guitare, des chanteurs, des tamtams … On préfère nettement !
Ne ratez pas la jolie rue piétonne Hong Long Jin. Bordée par des restaurants et des bars, ouverts sur le canal qui dégringole en cascade au milieu de la rue. Très touristique, mais très sympa. Pause cocktail (50-60 Y). Très bons !... Beaucoup de stands de petits encas : des espèces de rouleaux de printemps, des sandwiches au tofu et aux herbes, des crêpes omelettes, des fruits frais coupés … Tout est bon. Entre 3 et 7 Y. Et une profusion de petits restau qui présentent leurs produits sur leurs trottoirs (voir plus haut § repas). Simplement divin !
Balade au bord du lac. Nous prenons le bus de ville n°2 (1,5 Y) à la porte Nord pour aller jusqu’à CaiCun. Longue balade au bord du lac. Nous ne traverserons pas. Retour par le même bus.
2 marchés à ne pas rater : o-o au Sud Est du carrefour de Renmin et Fuxing petit marché autour d’une halle en pierre où s’abritent les bouchers. Tout autour, de magnifiques légumes vendus par des paysans aux visages burinés, aux costumes traditionnels, aux sourires spontanés et sincères. Un très beau moment, très authentique. Un marché comme on les aime. Un de nos plus beaux, même s’il est assez petit. Que les légumes sont beaux ! Nous avons fait des dizaines de photos de légumes ! Et de beaux portraits aussi 😉 o-o au Nord de la Porte Ouest, le long de Bo’ai Road, à l’Ouest grand marché : même organisation, la viande au centre, les légumes sur le pourtour.
Une petite adresse sympa : Gogo Café dans Remin, à l’Ouest de Fuxing. Excellents cocktails à 40 Y Plats avec de la viande à 30 Y Petit déjeuner sympa (pancake à 20 Y !) Une belle adresse pour toutes les occasions.
Excursion à Zhoucheng : le marché se tient sur la magnifique place centrale, face au temple. Pas très animé, mais les paysannes y portent un très beau costume traditionnel, avec un bonnet haut en couleurs et en perles. Par un léger forcing tout en sourire, nous n’avons pas pu échapper à la visite de la fabrique artisanale de batik. L’occasion de voir de près de l’indigo. Et l’occasion aussi de traverser ce village bien miséreux. Même sans être amateurs, nous avons trouvé cette visite intéressante. Quelques heures suffisent pour cette excursion plaisante.
Yuanyang En fin d’après-midi, nous flânons sur la grande place, à la recherche d’infos pour parcourir les rizières le lendemain. Nous l’espérions, c’est arrivé : une jeune femme nous aborde. Et, sans un seul mot d’anglais, nous explique sa proposition. Pas bien compliqué … on se doute qu’elle n’est pas en train de nous proposer un survol de Pékin en montgolfière … On fait vite affaire, ses tarifs nous conviennent. 300 Y pour la “journée” de voiture (2 fois quelques heures en fait). OK. Nous allons nous laisser porter pour cette journée d’excursion dans les rizières, lui faisant confiance sur le circuit. Le lendemain matin, nous la retrouvons comme prévu à 6h devant l’hôtel. C’est à bord d’un confortable monospace que nous partons dans la nuit noire pour profiter du lever de soleil sur Duoyishu. En chemin, nous nous arrêtons au ticket office : 100 Y/p. Ticket unique, valable 1 jour pour la région. A conserver précieusement sur soi. Le site de Duoyishu est aménagé. Bien aménagé. De jolies plateformes en bois s’étagent sur la colline, comme en réponse aux terrasses en face. Elles permettent aux nombreux touristes (ah oui, on n’est pas seul !) de profiter de la vue sur ce décor époustouflant. Sans se gêner. Certes, c’est bien sûr moins naturel mais j’imagine que, vue l’affluence, cet aménagement a été indispensable. Partant de là, reconnaissons que c’est joliment construit. Il fait frisquet. Le soleil apparait dans un émouvant murmure d’approbation et de respect qui monte de la foule. Le disque rouge provoque des reflets superbes sur les rizières en eau. PhotoS. Au pluriel, vous imaginez bien ! A 7h20, nous quittons le site et rejoignons la douceur de la voiture. En route, nous nous arrêterons à différents points de vue intéressants (dont la splendide Bada). Nous admirons aussi les maisons champignons dont le toit est si original. Le soleil réchauffe enfin l’atmosphère. En cours de route, petit déjeuner d’un bol de nouilles dans une gargote avec notre chauffeur. Et retour à Xinjie vers 10h40. On profite de l’après-midi pour parcourir le marché coloré et étagé de Xinjie. On retrouve notre voiture à 16h pour les points de vue du soir, au coucher de soleil. N’oubliez pas votre ticket, il va encore servir ! Devinez pourquoi je dis ça … 😊 Nous partons cette fois vers Laohuzui, avec toujours quelques arrêts en route pour des points de vue “mineurs”. Là encore, site aménagé. Une plateforme haute et une plus basse, que l’on atteint par une très longue volée de marches (15 min environ). Le soleil est encore haut dans le ciel, les reflets sur les rizières créent un patchwork de camaïeu allant du bronze au vert tendre … C’est déjà splendide. Nous passerons 2 heures à profiter de cet endroit unique. Nous partirons avant le coucher du soleil qui n’a pas prévu d’embraser le ciel aujourd’hui. Qu’importe ! C’était déjà extraordinaire ! Nous serons de retour à Xinjie vers 19h45. Nous payons le chauffeur, ravis de cette journée et de la prestation. Si vous avez plus de temps que nous, je vous encourage vivement à opter pour un trek dans ces rizières. C���est sans aucun doute la meilleure façon de les découvrir. Sur place, nous avons vu la dynamique Sophia qui nous a assez convaincu de la qualité de son offre (mais attention, pas testé !) http://blog.sina.com.cn/sophiaguide
A Xinjie, on a particulièrement apprécié le petit restaurant Xiao Cheng, en contrebas de la place.
Jianshui Très jolie petite ville. On peut apprécier de s’y poser plus longuement qu’on ne l’a fait. Puisqu’ils proposaient une petite réduc, nous avons acheté à l’hôtel les tickets d’entrée pour - le temple de Confucius : 50 Y au lieu de 60 - la résidence de la famille Zhu : 45 Y au lieu de 50 - le village de TuanShan : 45 Y au lieu de 50 Le temple de Confucius comme la résidence Zhu occupent 2 bonnes heures chacun. La visite du village de TuanShan est assez surprenante puisqu’on parcourt un vieux village, habité, dont les maisons sont ouvertes à la visite. On rentre donc chez les gens. Impression un peu bizarre. Certaines maisons sont extrêmement bien entretenues et mises en valeur, d’autres malheureusement servent parfois de débarras et l’on sent que les moyens nécessaires à l’entretien minimal manquent. Dommage … Le village de TuanShan se couple facilement avec le très spectaculaire Pont du Double Dragon et occupent à eux 2 une bonne matinée fort agréable. Ca laisse encore le temps de flâner et de découvrir la surprenante mode chinoise en termes de chaussures à travers les innombrables magasins de Jianshui ! LOL ! Etape trop courte pour aller jusqu’à la grotte des hirondelles. Pas sûre qu’on ait raté grand-chose …
2 adresses intéressantes (hors guides). D’abord, une gargote, originale, à 2 pas de la Tour Face Au Soleil (dans JianZhong Lu, tout de suite à droite avec la tour dans le dos) Une grande salle totalement ouverte sur la rue, remplie de tables rondes. A l’entrée un stand de nouilles. Comme souvent, on y choisit d’abord son type de nouilles (riz, blé, plates, enroulées …) puis son bouillon. Devant mon indécision, la vendeuse prend l’heureuse initiative d’en mettre un peu de chaque. Un tout petit peu de piment (ils savent !), des aromates. Je paie : 3 Y le gros bol ! On va s’asseoir, on remue, on mange avec des baguettes, aussi proprement que possible. Surprise ! C’est froid ! Et délicieux, rafraichissant, nourrissant. Tellement bon que j’ai redoublé ! 3 Y ! 36 centimes d’€ ! Ensuite, un restaurant traditionnel : Je n’ai pas le nom. Hanlin Street, en face du n°12. Belle demeure tout en bois. Restaurant bien aménagé sur 2 niveaux, avec un joli balcon. Carte présentée sur une tablette électronique où l’on fait défiler les photos, il suffit de cocher ce qu’on choisit. 1ère fois que je vois ça ! Bonne cuisine et prix doux (86 Y pour nous 2 avec 4 plats et 1 bière).
Shilin Petit moment de solitude quand nous descendons du bus. Nous sommes bien sur le parking du terminal de bus sur le site de Stone Forest … mais où aller ?... Le LP est muet, le GdR confus … En fait, comme souvent, le parking des bus se trouve sur l’arrière de la gare. Il faut donc commencer par la traverser pour se retrouver devant, puis descendre la route vers le Nord (une boussole !) en suivant les panneaux Entrance (ce qui parait logique). On arrive alors aux tickets offices. Un petit guichet destiné aux touristes. Chouette ! Sur les 2 employés, le 1er ne parle pas anglais, le 2e parle un anglais totalement incompréhensible … Bon … retour aux gestes, qui, comme toujours suffisent ! On achète le plan du site (10 Y) et on se dirige vers les guichets : les 3 de gauche pour l’entrée du parc (175 Y), les 3 de droite pour les voiturettes électriques (25 Y l’A/R, j’insiste : A/R). On prend tout. On grimpe dans la voiturette qui nous mène à l’entrée. Route longue et sans intérêt, on ne regrette pas nos 25 Y. Gardez votre ticket pour le retour … La magie opère tout de suite après avoir passé les tourniquets pour rentrer sur le site. Et sera de plus en plus forte. C’est un endroit incroyable ! Une féérie de pics karstiques. Les sentiers sont bien aménagés, les nombreuses poubelles qui les jalonnent ainsi que les employés attentifs permettent d’avoir un lieu très propre. Attention, une fois sur le site, nous n’avons vu aucun moyen de nous restaurer. Et heureusement en fait. Emportez votre eau et votre encas. Beaucoup de monde. Mais comme toujours, seulement aux endroits stratégiques. Sur la place des pierres gravées et au belvédère. Dès qu’on s’éloigne, on est seul. Nous avons tourné plus de 3h30 dans ce parc. C’est vraiment magique. Bien sûr il faut absolument quitter la route goudronnée, la Ring Road (empruntée par les voiturettes pour les visites guidées) et s’enfoncer dans la forêt par les petits sentiers de pierre. Les passages sont parfois époustouflants. Dans Major Forest Area, notre endroit préféré fut Sword Pond. Mais on n’a pas tout vu !... La majorité des touristes (asiatiques ici aussi) choisissent les tours guidés. Du coup, rien n’est fait pour ceux qui choisissent la découverte seuls. Le plan n’est d’aucune aide puisque les nombreux panneaux indicateurs dans le parc ne correspondent que rarement aux indications du plan, qui d’ailleurs est orienté avec l’Est en haut. Il nous a déjà fallu ¼h pour nous en rendre compte … Un peu dommage tout ça. Nous avons fini par accepter de déambuler sans but, de nous perdre, avec la boussole pour seul garant. Il n’y a aucun risque, nous n’avons vu aucun squelette séché … Bien sûr, on peut déplorer que cet endroit soit devenu un parc hyper aménagé. C’est la rançon de la gloire … Mais, ça n’a pas justifié, pour nous en tout cas, de l’écarter et nous ne regrettons pas cette excursion qui, pourtant, revient cher : 254 Y/p avec le bus et la voiturette.
Kunming Nous y avons passé très peu de temps. Kunming est en pleins travaux dû au métro et peut-être aussi à d’autres travaux de rénovation (comme le quartier du marché aux oiseaux). Pour autant, le peu qu’on en a vu nous a laissé une impression agréable. La ville est calme, peu de circulation, pas de klaxon. De beaux gratte-ciel, une très belle avenue que la Beijing Road, surtout le soir quand les lampadaires art déco sont allumés, quelques rues piétonnes animées … Sympa pour terminer un voyage.
ET SI C’ETAIT A REFAIRE : En 2 semaines, on a dû faire des choix. Comme toujours. On a choisi de rester 4 nuits à Lijiang et d’abandonner les gorges du Saut du Tigre et Shangri-La … On ne l’a pas regretté, mais on ne sait pas ce qu’on a raté … Par contre, et là on sait ce qu’on a raté, 1 ou 2 jours de plus à Yuanyang nous auraient permis d’envisager un trek dans les rizières sans doute plus intéressant qu’un rapide tour des “points de vue”.
DIVERS : L’accueil : nous étions inquiets. Je craignais un accueil réservé, froid, inamical voire irrespectueux. Il n’en fut rien. Encore, toujours des a priori !... Qu’il fait bon de voyager ! La grande majorité des Chinois nous a offert de beaux sourires et nous donnait volontiers les informations recherchées (toujours en montrant le nom en idéogrammes sur nos guides). Quelques rencontres plus rêches (notamment les chauffeurs de bus de ville, peut-être moins patients) mais rien de bloquant. Mon inquiétude était totalement infondée. La communication : ils ne parlent pas anglais. On était prévenus, on l’a vérifié. Même dans les petites agences de voyage … La prononciation des noms transcrits en pinyin n’est pas simple ; bien souvent, si nous essayions de parler, ils ne nous comprenaient pas. Le meilleur moyen : montrer dans le guide la transcription en idéogrammes de ce qu’on cherche (une destination, un lieu, un hôtel, un restaurant, un site …). Et accepter le jeu de piste, c'est-à-dire avancer pas à pas, multiplier les contrôles. Essayer aussi de reconnaître sur le pare-brise du bus les idéogrammes de la destination voulue. Ca devient presque un jeu d’observation. De la même façon, nous avons montré la carte de l’hôtel à Lijiang, une fois perdus dans ce grand labyrinthe ; notre billet de bus dans la grande gare routière de Lijiang pour trouver où le prendre … Nous n’hésitions pas à montrer, montrer, montrer et à tripler les vérifications. Partant de là, ça a très bien marché et nous n’avons eu aucune galère. Dans les Bank of China et à l’aéroport lors du check-in, ils parlent anglais. La carte bancaire : très peu utilisée sauf pour retirer du cash. Sur les ATM, un 1er écran vous permet de switcher sur des consignes en anglais. Le climat à cette époque : vraiment vraiment froid la première semaine (Lijiang et Dali). 2ème semaine beaucoup plus douce. Vêtements : polaires, gants, Kway (contre la pluie et le vent) indispensables la 1ère semaine L’affluence touristique à cette époque : énormément de touristes locaux et asiatiques Les problèmes de santé : ràs et pourtant on s’est lâché sur les fruits et légumes – Pensez à toujours avoir avec vous votre papier-toilette, il n’y en a jamais dans les wc publics. Les moustiques : ràs Les photos : beaucoup ! beaucoup trop ! Les portraits sont parfois plus difficiles à obtenir qu’ailleurs mais, majoritairement, ils acceptent avec gentillesse. Comme toujours, le visage s’illumine d’un immense sourire quand vous leur montrez leur photo sur l’écran. Attendez-vous aussi à être vous-même beaucoup pris en photo par les touristes locaux. A Forest Stone, sur le belvédère, séance photo de plus de 10 min ! Trop drôle ! Les achats perso : rien de bien remarquable Le Wifi : très répandu, gratuit La boussole : petite boussole de pacotille qu’on glisse dans notre poche, elle nous accompagne depuis toujours dans tous nos voyages, vieille habitude prise pendant nos randonnées pédestres. Ici peut-être un peu plus qu’ailleurs, elle nous a bien servi. Avec elle, nous nous perdions sans crainte (dans les ruelles de Lijiang, dans la Stone Forest …). Ou juste pour savoir de quel côté de la rue prendre le bus.
On a beaucoup aimé : 🙂 Evidemment, et en tout 1er lieu, ces images de la Chine comme on les rêvait : les temples aux toits en ailes d'hirondelles, les maisons tout en bois, les lanternes, les merveilleux visages burinés sous des coiffes traditionnelles, les sourires échangés, les places, ancestrales, chargées d’histoire, dans le moindre petit village, les marchés colorés, animés, gais, les paysages stupéfiants … Chaque jour nous a apporté son lot d’éblouissement. Je n’attendais pas un tel dépaysement, une telle richesse. Un contact bien plus facile, plus patient, plus indulgent, plus attentif que je ne l’imaginais avec la population locale Ne jamais se faire arnaquer (transports, gargotes) Un sentiment de sécurité, partout Les légumes, magnifiques, tant sur les marchés (plaisir des yeux) que dans nos assiettes (plaisir des papilles) !
On a moins aimé : 😕 Leur habitude de cracher en allant chercher bruyamment ce qui doit être éjecté La minceur des matelas Les wc publics, parfois trop publics (sans porte).
En conclusion : C’était une première approche. Après 25 ans de voyage, nous nous sentions enfin prêts à “affronter” la Chine et les Chinois. D’affrontement, il n’y a pas eu ! Ce ne fut que du bonheur. Dire que cette 1ère expérience a été réussie serait un euphémisme. Certes, le barrage de la langue nous a empêchés d’avoir de longues conversations (mais en a-t-on jamais eues ?... pas trop notre truc en fait). Mais en aucun cas, ça ne fut un frein lors de notre voyage. Le Yunnan est très touristique, d’un tourisme asiatique essentiellement. Mais il suffit de s’éloigner de quelques dizaines de mètres pour retrouver calme, authenticité et sérénité.
Nous n’avons pas changé les Yuans qui nous restaient. C’est tout dire. Nous comptons bien poursuivre notre découverte de cet immense pays. Bien vite.
Bonsoir, voici mes dernières informations (aujourd'hui) pour l'obtention du visa chinois.(30 jours, une entrée)
Passeport valable 6 mois après le séjour désiré. 2 pages contiguës vierges Photo identité récente et homologuée Formulaire de demande Billet avion A.R. Programme du séjour Réservations Hôtels. Attestation assurances (Europ assistance, carte bancaire, etc..) Attestation ressources( bulletins de salaires, relevés bancaires, attestations retraites ou autres, impôts sur le revenu) Justification de domicile (EDF etc...) Carte identité. Prendre rendez-vous par internet (Visa for China). Délai normal d'obtention 6 jours,101 €
Attention, pour ceux qui vont ailleurs avant, le visa est daté du jour de la date du dépôt et non pas de la date du retrait! Il est valide (donc utilisable pendant 3 mois) et pour une durée de trente jours à partir de l'entrée sur le territoire chinois.
Passeport valable 6 mois après le séjour désiré. 2 pages contiguës vierges Photo identité récente et homologuée Formulaire de demande Billet avion A.R. Programme du séjour Réservations Hôtels. Attestation assurances (Europ assistance, carte bancaire, etc..) Attestation ressources( bulletins de salaires, relevés bancaires, attestations retraites ou autres, impôts sur le revenu) Justification de domicile (EDF etc...) Carte identité. Prendre rendez-vous par internet (Visa for China). Délai normal d'obtention 6 jours,101 €
Attention, pour ceux qui vont ailleurs avant, le visa est daté du jour de la date du dépôt et non pas de la date du retrait! Il est valide (donc utilisable pendant 3 mois) et pour une durée de trente jours à partir de l'entrée sur le territoire chinois.
Bonjour,
Nous sommes deux, et nous comptons nous rendre au Tibet, vers le mois de décembre, janvier. Nous allons prendre un avion de Birmanie à Chengdu, à Chengdu, j'ai entendu dire qu'il y avait des agences qui organisent des tours pour le Tibet? Avez-vous un bon plan pour une organisation des moins cheres possibles?
J'ai entendu parler de Lazy Bones Hostel qu'en pensez-vous? Elle organise le permis d'entrée aussi?
Ensuite je voudrais savoir si parmis les agences, il est possible de donner des exemples d'itinéraires à cette agence? nous ne voulons pas d'un parcours déjà organisé, parce que nous voulons voyager par la train jusqu'à Lhassa, puis faire 7 à 10 jours de parcours au Tibet jusqu'à arriver à la frontière népalaise pour s'y rendre?
Les moindres informations sur le Tibet, et le passage chengdu-Lhassa seront les bienvenues!!!
Merci pour vos réponses
Nous sommes deux, et nous comptons nous rendre au Tibet, vers le mois de décembre, janvier. Nous allons prendre un avion de Birmanie à Chengdu, à Chengdu, j'ai entendu dire qu'il y avait des agences qui organisent des tours pour le Tibet? Avez-vous un bon plan pour une organisation des moins cheres possibles?
J'ai entendu parler de Lazy Bones Hostel qu'en pensez-vous? Elle organise le permis d'entrée aussi?
Ensuite je voudrais savoir si parmis les agences, il est possible de donner des exemples d'itinéraires à cette agence? nous ne voulons pas d'un parcours déjà organisé, parce que nous voulons voyager par la train jusqu'à Lhassa, puis faire 7 à 10 jours de parcours au Tibet jusqu'à arriver à la frontière népalaise pour s'y rendre?
Les moindres informations sur le Tibet, et le passage chengdu-Lhassa seront les bienvenues!!!
Merci pour vos réponses
Faisant suite à une conversation qui n’avait pas sa place dans un autre topic, je crée donc ce topic pour continuer la conversation ici.
Voici le dernier post de Yangguizi et le mien. C’est donc à toi de réagir Yangguizi et à ceux qui désirent alimenter le débat évidemment et je serais ravis qu’il y en ai beaucoup d’autres qui se joignent à ces réflexions…
yangguizi : Tiens, le vouvoiement est de rigueur maintenant? Malgré la démonstration faite plus haut à notingtong, je partirai du principe que le "vous" s'adresse uniquement à moi et non pas à l'ensemble des intervenants.
Bien que mes propos aient infiniment moins de légitimité que ceux d'un aussi éminent sinologue que... "vous", et n'ayant pas moi eu l'honneur de fréquenter les geôles chinoises, je me permettrais tout de même de vous rappeler que je n'ai jamais dit que la Chine était un modèle de démocratie et de respect des droits de l'homme. Mais puisque vous avez commencé à jouer sur les mots et à disserter sur le sens le plus strict des mots (ex: xénophobie), je me suis permis de faire de même avec le totalitarisme. Et pourquoi d'ailleurs me serais-je gêné? Non, bien sûr que non la Chine n'est plus totalitaire, elle n'a absolument aucun dogme à faire passer à son peuple, si ce n'est peut-être l'hilarante théorie des trois représentations.
Oui, bien sûr que oui il se commet en Chine de graves atteintes aux droits de l'homme. Mais la répression anti-dissidents n'en constitue qu'une infime partie. L'immense majorité des violations concerne de simples citoyens ayant eu la malchance de mettre le doigt - volontairement ou non - dans l'engrenage judiciaire chinois, qui est hors d'âge sur la plupart du territoire. D'autres ont eu la malchance d'être la victime de collusions d'intérêt politico-économiques et se sont vu spoliés de leurs maigres biens, sans possibilité sérieuse de recours. Les cas sont innombrables, et le récent scandale politico-financier qui a ébranlé les structures du pouvoir à Shanghai est une démonstration éclatante que "la vitrine" n'est pas épargnée.
Dans toute cette masse, la répression des délits d'opinion semble bien silencieuse, bien qu'on ne puisse la nier. Mais la plupart des chinois sont ainsi faits qu'ils n'ont absolument aucune opinion sur la gestion et la conduite du pays, et qu'ils n'ont absolument rien à foutre des dogmes ou des non-dogmes qu'on veut ou qu'on ne veut pas leur inculquer aujourd'hui. Le seul dogme c'est celui de l'ascension sociale... et surtout économique. Devenir membre du Parti n'est qu'une formalité pour qui veut progresser au-delà des limites de sa propre ascension. Mais nous parlons là des hautes sphères, ou tout du moins des sphères qui ne concernent pas le péquin moyen. Pour la plupart des gens, l'ascension sociale existe et est massive, et n'a absolument rien à voir avec le Parti. La plupart des gens qui font aujourd'hui partie de la classe moyenne ont un sort infiniment plus enviable que leurs parents ou grands-parents. Vous allez sans doute me rétorquer que le fait de vivre à Shanghai, contrairement à vous qui êtes allé récemment à Tianjin, enlève toute légitimité à mes propos. Et bien je vais vous apprendre quelque chose d'incroyable: j'ai déjà mis les pieds hors de Shanghai!
Et ce que j'y ai vu ne m'a vraiment pas donné l'impression de voir un pays totalitaire. Moins développé et plus conservateur que Shanghai, oui, mais les signes de modernisation économique et sociale sont maintenant presque partout.
Ma réponse On est bien d'accord sur les lignes générales mais pas le détail
Je ne suis pas d’accord sur ton analyse de l'ascension sociale. Si pour pouvoir monter sur le plus petit échelon de la "hiérarchie" sociale, il faut être membre du Parti, c’est une acceptation du dogme. Que cette acceptation soit une formalité faite avec plus ou moins (souvent moins) de réelle adhésion au dogme, cela n’en est pas moins un « contrat » dogmatique que tu signe avec le pouvoir. Si pour pouvoir continuer dans ton ascension sociale ou même y rester, il t’es strictement interdit de condamner le régime (donc le dogme), il t’es strictement interdit de communiquer avec l’étranger des « secrets d’état » comme ils les nomment (secret d’état étant par exemple l’histoire de la minorité ouïghour) sous peine de perdre ton statut social et te retrouver en taule pour 15 ans, alors OUI la Chine est totalitaire puisque pour faire quoi que se soit il FAUT être d’accord, du moins en apparence, avec le dogme.
Les chinois sont les spécialistes de la façade, tu le sais, donc ils détournent. Mais à mes yeux, et aux yeux de beaucoup d’analystes, la Chine reste une dictature totalitaire. J’ai du mal à dire la « Chine » alors que je devrais dire « le pouvoir chinois » ou « le Parti » parce que les chinois eux, ce qu’ils veulent majoritairement comme tout le monde, c’est plus de libertés, plus dans la gamelle, etc.
Alors concernant le développement social de la Chine je ne suis du tout pas d’accord avec toi. Heureusement que le sort des chinois est plus enviable aujourd’hui qu’il y a 30 ans… Je suis encore moins d'accord avec toi sur répressions des "délits" (hum hum) d'opinion, ... Mais mais mais… Je te propose de continuer cette conversation enrichissante dans un topic sur la Chine, ou dans un autre sur un « réflexion » parce qu’on s’éloigne vachement du topic de départ. Qu’en dis-tu ?
Tu as raison, je t'ai vouvoyé, par réflexe, mais c’est bien à toi que je parlais.
Voici le dernier post de Yangguizi et le mien. C’est donc à toi de réagir Yangguizi et à ceux qui désirent alimenter le débat évidemment et je serais ravis qu’il y en ai beaucoup d’autres qui se joignent à ces réflexions…
yangguizi : Tiens, le vouvoiement est de rigueur maintenant? Malgré la démonstration faite plus haut à notingtong, je partirai du principe que le "vous" s'adresse uniquement à moi et non pas à l'ensemble des intervenants.
Bien que mes propos aient infiniment moins de légitimité que ceux d'un aussi éminent sinologue que... "vous", et n'ayant pas moi eu l'honneur de fréquenter les geôles chinoises, je me permettrais tout de même de vous rappeler que je n'ai jamais dit que la Chine était un modèle de démocratie et de respect des droits de l'homme. Mais puisque vous avez commencé à jouer sur les mots et à disserter sur le sens le plus strict des mots (ex: xénophobie), je me suis permis de faire de même avec le totalitarisme. Et pourquoi d'ailleurs me serais-je gêné? Non, bien sûr que non la Chine n'est plus totalitaire, elle n'a absolument aucun dogme à faire passer à son peuple, si ce n'est peut-être l'hilarante théorie des trois représentations.
Oui, bien sûr que oui il se commet en Chine de graves atteintes aux droits de l'homme. Mais la répression anti-dissidents n'en constitue qu'une infime partie. L'immense majorité des violations concerne de simples citoyens ayant eu la malchance de mettre le doigt - volontairement ou non - dans l'engrenage judiciaire chinois, qui est hors d'âge sur la plupart du territoire. D'autres ont eu la malchance d'être la victime de collusions d'intérêt politico-économiques et se sont vu spoliés de leurs maigres biens, sans possibilité sérieuse de recours. Les cas sont innombrables, et le récent scandale politico-financier qui a ébranlé les structures du pouvoir à Shanghai est une démonstration éclatante que "la vitrine" n'est pas épargnée.
Dans toute cette masse, la répression des délits d'opinion semble bien silencieuse, bien qu'on ne puisse la nier. Mais la plupart des chinois sont ainsi faits qu'ils n'ont absolument aucune opinion sur la gestion et la conduite du pays, et qu'ils n'ont absolument rien à foutre des dogmes ou des non-dogmes qu'on veut ou qu'on ne veut pas leur inculquer aujourd'hui. Le seul dogme c'est celui de l'ascension sociale... et surtout économique. Devenir membre du Parti n'est qu'une formalité pour qui veut progresser au-delà des limites de sa propre ascension. Mais nous parlons là des hautes sphères, ou tout du moins des sphères qui ne concernent pas le péquin moyen. Pour la plupart des gens, l'ascension sociale existe et est massive, et n'a absolument rien à voir avec le Parti. La plupart des gens qui font aujourd'hui partie de la classe moyenne ont un sort infiniment plus enviable que leurs parents ou grands-parents. Vous allez sans doute me rétorquer que le fait de vivre à Shanghai, contrairement à vous qui êtes allé récemment à Tianjin, enlève toute légitimité à mes propos. Et bien je vais vous apprendre quelque chose d'incroyable: j'ai déjà mis les pieds hors de Shanghai!
Et ce que j'y ai vu ne m'a vraiment pas donné l'impression de voir un pays totalitaire. Moins développé et plus conservateur que Shanghai, oui, mais les signes de modernisation économique et sociale sont maintenant presque partout.
Ma réponse On est bien d'accord sur les lignes générales mais pas le détail
Je ne suis pas d’accord sur ton analyse de l'ascension sociale. Si pour pouvoir monter sur le plus petit échelon de la "hiérarchie" sociale, il faut être membre du Parti, c’est une acceptation du dogme. Que cette acceptation soit une formalité faite avec plus ou moins (souvent moins) de réelle adhésion au dogme, cela n’en est pas moins un « contrat » dogmatique que tu signe avec le pouvoir. Si pour pouvoir continuer dans ton ascension sociale ou même y rester, il t’es strictement interdit de condamner le régime (donc le dogme), il t’es strictement interdit de communiquer avec l’étranger des « secrets d’état » comme ils les nomment (secret d’état étant par exemple l’histoire de la minorité ouïghour) sous peine de perdre ton statut social et te retrouver en taule pour 15 ans, alors OUI la Chine est totalitaire puisque pour faire quoi que se soit il FAUT être d’accord, du moins en apparence, avec le dogme.
Les chinois sont les spécialistes de la façade, tu le sais, donc ils détournent. Mais à mes yeux, et aux yeux de beaucoup d’analystes, la Chine reste une dictature totalitaire. J’ai du mal à dire la « Chine » alors que je devrais dire « le pouvoir chinois » ou « le Parti » parce que les chinois eux, ce qu’ils veulent majoritairement comme tout le monde, c’est plus de libertés, plus dans la gamelle, etc.
Alors concernant le développement social de la Chine je ne suis du tout pas d’accord avec toi. Heureusement que le sort des chinois est plus enviable aujourd’hui qu’il y a 30 ans… Je suis encore moins d'accord avec toi sur répressions des "délits" (hum hum) d'opinion, ... Mais mais mais… Je te propose de continuer cette conversation enrichissante dans un topic sur la Chine, ou dans un autre sur un « réflexion » parce qu’on s’éloigne vachement du topic de départ. Qu’en dis-tu ?
Tu as raison, je t'ai vouvoyé, par réflexe, mais c’est bien à toi que je parlais.
Ladiz and Gentlemen,
Plus insolite que de me voir derrière un manche de casserole, plus rare qu'un colibri obèse, et plus soudain que l'apparition de poux sur la tête d'un enfant dans sa première année d'école, c'est le retour de la plume maudite, la renaissance de l'itinérance relatée faîte (jeune) homme, enfin, un nouvel article, une nouvelle plongée dans les couloirs tortueux d'un temps que les moins de dix mois ne peuvent pas connaître. Bienvenue dans la mémoire bien remplie de l'encrier à deux pattes qui se croyait sec. Bienvenue en Chine.
La gare de Pékin pourrait ne plus avoir de secrets pour moi, je pourrais parler le mandarin couramment et me faufiler sans que rien ne viennent empiéter mon espace aérien, on pourrait vivre dans un monde parfait. Belle anerie!! J'ai beau avoir cerné les "x" et les "y" de la terrible équation qui me sépare de mon quai, rien qu'à tenter de la résoudre entièrement, j'en ai des ampoules au casque!
Les fourmis s'activent en tous sens en se rentrant dedans gaiement si nécessaire. La voix de la compagnie ferroviaire souffle les cinquantièmes hurlants et résonne dans l'immense hall d'accueuil dans des sons qui n'ont malheureusement que peux à voir avec ce que nous a habituée la SNCF. Ici, pas de "suite à un problème technique", pas de "le train en direction de Xi'an est en partance à la voie ..." non plus. Le jeu de piste se poursuit sans que les indices ne s'amoncèlent. Non, il n'y a pas à tortiller, le Père Fourrat, à Pékin, connais pas...
La course d'orientation débute d'abord par un slalom où les obstacles se succèdent chaque dix centimètres, se faisant tous forts, il semblerait, de me barrer le passage à chaque pas. Prends la course aux achats de Noël un 24 décembre dans l'après-midi, imagine devoir traverser cette frénésie une enclume grosse comme une meule de foin sur les épaules et multiplie la difficulté de se mouvoir par dix. J'en viendrais presque à croire qu'après la journée de la Terre, la journée de la Femme, c'est maintenant la journée du mawashigeri-coup-de-pied-circulaire et les occasions de la célébrer se succèdent à un rythme faisant passer quelque transe hardcore pour de la musique de chambre. Je suis un marsouin en mission, je fends la foule, la baillonette sur le qui-vive.
En main, je sers fort mon précieux billet, sésame vers des contrées plus apaisante ce qui ne devrait pas être bien difficile étant donné que j'évolue momentanément dans le goulot d'étranglement qui sert de SAS entre le paradis et l'enfer. Beaucoup d'appelés et peu d'élus. Qui reste à quai reste à quai, qui monte dans le bon wagon montre son arrière train au reste de la gare comme Rocky lève les bras après une série de marche avalée sur les auriculaires. Le plus dur, ici, étant encore de le trouver, le bon wagon. T'as beau avoir les petits doigts d'un champion olympique, t'es pas encore rendu, use plutôt ta tête et garde tes doigts pour brandir des cartons de couleurs vives, ils sont nombreux les casse-noisettes qui les méritent!!! Spontanément, je cherche des yeux un employé du réseau ferré à même de me sortir de là, moi l'aiguille dans une cotte de mailles. Là non. Là non plus. Lui, non plus, c'est un chauffeur de taxi qui tente la tactique de la sangsue, carton rouge, rouge de là!! Sur le millier de gens qui partagent en permanence mon mètre carré de surface vitale, personne ne porte de petit gilet distinctif, de casquette caractéristique, de sifflet. A en juger avec mes yeux pourtant habitués à la décadence organisationnelle, la gare pékinoise est la cerise apocalyptique sur un gateau anarchique. J'ai beau avoir encore une heure et demie devant moi, je frémis déjà à l'idée de faire chou blanc et de rentrer la queue entre les jambes chez Dara dont j'aurais finalement bien besoin pour me sortir du labyrinthe infernal. La compagnie ferroviaire chinoise serait-elle une bête sans visage? Un monstre à l'intelligence propre fonctionnant sans intervention humaine? Voyant que je fais fausse route, je me plante sous un panneau XXXXXL dont je pense qu'il indique les départs. J'entreprends alors à mon tour la stratégie dîte de la glue. Dès que j'aperçois un visage à peu prêt sympathique, je le poursuis en maintenant fermement mon billet à quelques centimètres de ses yeux. Gage à lui de m'indiquer mon chemin, où pas de chance, on inverse les roles, c'est sur toi que ça tombe.
La première personne avec laquelle j'entame cette danse improvisée me montre les limites du système. Lui ne porte pas d'enclume et prends ses jambes à son cou devant la parodie d'éponge flétrie et dégoulinante que je suis en train de devenir au fur et à mesure des minutes. Pas la peine de courir, ils sont un milliard!! Au suivant. De retour sous mon panneau, un vieil homme me sourit. De re-chef, j'accours tendant bien haut mon sésame pour qu'il ne se méprenne pas sur mes intentions. Patiemment, ses yeux vont et viennent entre le billet et le panneau. Il a du travail, il doit y avoir dans la centaine de trains au départ dans les 90 minutes qui suivent. Un sourire édenté plus loin, ses doigts se muent d'abord en flèche pour m'indiquer une direction puis en chiffres pour m'informer du quai correspondant à mon fantasme immédiat, un monde où tout est facile; d'habitude le quotidien. Je le remercie chaleureusement, ce qui est presque un crime au milieu de cette fournaise, et détale... à la vitesse d'un flan au galop. J'ai beau savoir où mettre le cap, l'horizon ne s'est pas subitement dégagé pour laisser apparaître un tapi rouge réservé aux VIP, voyageurs impatients de partir. A la place, je tente de suivre le flot, expérience rendue quasi-impossible par le fait que personne ne marche dans la même direction qu'un autre. Ca pousse, ça gueule, ça se racle la gorge avant de cracher à deux centimètres de mes oreilles, ça sentirait la lavande si ça ne sentait pas déjà la sueur.
J'arrive devant une grande porte derrière laquelle se cache une des innombrables salles d'attente. A l'intérieur, tout est à l'unisson pour qu'on croit à une grève longue durée. Les gens baillent, dorment à même le sol dans des ordures qui s'amoncèlent plus vite que la cadence à laquelle le personnel de ménage ne balaye malgré une volonté affichée de redoubler d'efforts. A voir ça, j'ai comme l'impression de ne pas être le seul à ne pas avoir de siège et que certains prennent de l'avance sur une nuit qui s'annonce au moins aussi épique que la soirée. C'est qu'il faut que je vous rappèle que pour ce baptème en train chinois, je suis pire que le cul entre deux chaises, c'est à dire le cul entre rien du tout. Pas de fauteuil, pas de banc, pas même une planche, je me prépare à onze heures de position debout entre la nuit et la matinée, pour peu qu'on puisse dire qu'une sardine tienne debout dans sa boîte, ce qui n'est pas gagné, pauvre de moi!!!
Imitant mes voisins, je m'assois et patiente, ça je sais faire!! Champignon olympique de patience le bolet Retailleau!! Une heure passe, vivement que la torture commence!! Je suis à quelques menus détails prêts comme un détenu dans le couloir de la mort à attendre pendant des années que le bourreau veuille bien passer à table pour que je passe sur la chaise. Quelques menus détails, j'avais prévenu, qu'on ne me fasse pas un procès, je plaide coupable!!!
Puis, une porte s'ouvre, des officiels s'affairent, ça fleure bon le départ!! Les partants sont mis en ordre de marche. Et ça, les chinois, pas besoin de leur dire deux fois!! En une seconde, là où on pourrait penser qu'un nouveau carnage va s'opérer, une large file d'attente bien docile se met en place. Les couples avec enfants passent devant. Suivent les personnes agées avant que le reste du troupeau ne puisse avancer à son tour. Noyé dans la masse, je tente de respirer, c'est déjà ça. Pour la première fois de la soirée, tout le monde marche dans le même sens, et ça, c'est déjà une petite victoire!! Cela dit, comme souvent, j'ai beau avoir gagné une insignifiante bataille, reste à mener une guerre de front. Gauche-droite, gauche-droite, gauche-droite.
La file de gens, tous au moins aussi chargés que moi, serpente le long d'un couloir qui surplombe les voies. Puis c'est la nôtre. J'hésite une nouvelle fois à crier victoire, et puis non. Sur le quai, c'est une nouvelle foire d'empoigne qui se dévoile. Comme le train, de la loco-mao-tive à la queue, donne l'impression de faire dans les deux kilomètres de long, je m'abstiens de m'y hâter. La guerre commence, s'il ne doit en rester qu'un... je veille à ce que ça ne soit pas mon voisin.
- "Allez-y monsieur, allez-y madame, vous êtes pressés? Moi non plus!!"
Comme l'enfant que j'étais qui ne veut pas aller à la Bourboule en colonie de vacances avec les bonnes soeurs, je traîne des pieds et laisse passer tous ceux qui veulent aller plus vite que la musique. Je serais bien assez tôt privé de mes libertés les plus élémentaires, comme celle de pouvoir dîner, n'étant en retard que de quelques minutes, la faute à une partie de baballe dont l'enjeu dépasse l'entendement quand on a fait voeu d'ennui en ce qui concerne les autres. L'histoire m'en est témoin. Mais revenons à nos mao-utons.
Une fois sur le quai, pas de doute possible quant à l'identité de mon wagon. Tout du long ça se clarsème, tout du long ou presque. Une seule voiture reste prise d'assault par les voyageurs, à votre avis? A l'intérieur, c'est un spectacle pas banal mais ô combien prévisible auquel j'assiste. Vous avez demandé le front, ne quittez pas. Le wagon est doté de sièges tout ce qu'il y a de plus normaux. Sur ceux-ci s'entassent déjà des familles entières. Ils ont beau être conçus, comme à l'habitude, pour deux personnes, ça n'empêche qu'on y tient finalement aussi bien à cinq, CQFD. Et ce qui marche en bas fonctionne aussi en haut. Sur les rampes qui servent de porte-bagages, c'est encore pire! Comment est-ce que ça ne va pas finir pas rompre sous le poids des valises à roulettes qui tiennent là un colloque sur l'opportunité de vivre les unes sur les autres plutôt que chacune de son côté? Ca se tasse, s'entasse jusqu'à superpressurisation de la cabine. En cas de malaise, gageons que l'une d'entre elles viendra juste dans votre visage en lieu et place d'un masque à oxygène!! Mieux vaut prévenir que guérir? Pas ici... D'autant qu'ils sont nombreux les candidats au crash frontal. Dans l'allée centrale, il y a encore une armée de volontaires qui cherchent en vain un siège à leur cul. Comment on va tous pouvoir tenir là-dedans? Voilà un mystère bien bien bien mystérieux. Mais soluble!!! Il en rentre encore!!! D'ailleurs, à l'extérieur, la queue ne rétrécie pas. Tous patientent pour pénétrer par l'unique porte qui est ouverte et derrière laquelle ça fleure déjà bon le César. Pas l'empereur, le compresseur...
Pour ma part, je patiente aussi. Ailleurs. Je fume une cigarette à quelques mètres de là, plein d'une admiration craintive quant au spectacle proposé, comme en préambule à ma mise à mort. Onze heures... Et ça continue de rentrer!!!
Puis, sans coup férir, la "chance" frappe à la porte. L'autre. Celle qui est restée fermée de l'autre côté, pas folle la chance! Une petite dizaine de personnes se démènent encore pour faire partie intégrante de la Boucherie. Voyant l'opportunité, dans un seul geste, tous se retournent et se ruent sur la pauvre agent à la tête bien pleine qui a pris la peine d'ouvrir une seconde porte d'accès. Tous plus un. Tel Clark Kent qui est tellement pressé d'en découdre avec les forces du mal qu'il en oublie qu'il porte son collant sous son slip, je me saisis de mes sacs aussi vite que la nature peut me le permettre dans une folle chorégraphie et bondis vers la lumière au bout du tunnel. C'est que ma place est là et pas ailleurs, je le sens, je le sais. Et je ne suis pas le seul. Tous ceux qui sont là sont comme hypnotisés par la porte nouvellement ouverte. Les bonnes manières sont remises au placart, ça joue des fesses, des coudes, des épaules. Chacun se bat à grand renfort de valises pour être en première ligne d'une mélée qui défie un train entier. David contre Goliath? Allez, pousse David!!!!
Dans la grande bataille dîte de l'entonoir, j'arrive en troisième position, pas mal quand on voit les enragés qui d'ébattent tout autour. Par miracle, à notre entrée, cette partie du wagon est libre, à nous de nous y emboîter le plus chastement possible. Comme prévu, les deux premiers entrés s'assoient contre la porte fermée qui donne sur la voie avec leur maigre paquetage comme dossier. En ce qui me concerne, je suis un escargot de Bourgogne au milieu des limaces. Mon sac à dos est aussi gros qu'un chinois, il va falloir serrer si je veux moi aussi donner du plancher à mon fessier. Et pour serrer je serre!!!! Tant et si bien que je peux un tant soit peu me positionner à plat même si avec mes genoux dans la luette. Au moins pour un temps ça fonctionne, pourvu seulement qu'une crampe ne s'invite pas à la table des négociations!! Une table qui n'en finit d'ailleurs pas de se garnir à mesure que les derniers pénètrent dans ce Tétris humain où le moindre espace libre est la proie des charognards et des chasseurs. Au final, dans les 3,5m² qui d'ordinaire font office de lieu de passage, on compte 10 personnes, soit autour de trois personnes avec valises au mètre carré, ce qui est bien mais pas top... Merci mr Euphèse d'avoir inventé l'euphémisme!! Euphémie, aussi.
A 23h30 au lieu de 23h, le train démarre. Au moins dans mon wagon, chacun sait pourquoi on est en retard...
Une fois notre vitesse de "croisière" atteinte, on peut se laisser aller à faire connaissance entre voisins. Les échanges verbaux ont beaux être extrèmement limités, les sourires autant que les échanges de chips ou de biscuits sont de mise. Déjà qu'ils n'ont pas d'argent pour se payer un siège dans un train, je ne vais pas les blamer d'avoir sêcher les cours d'anglais si toutefois ils ont eu la possibilité d'en avoir ce qui est loin d'être sûr.
La veillée ne dure qu'un temps. Aidés par une position à peine moins précaire que la mienne, la faute à mon sac trop gros pour être honnète, un à un, mes voisins tombent comme des mouches, bercés par le ronronnement du train qui y met tant d'entrain que j'ai du mal à entendre quoi que ce soit lorsque j'écoute ma musique à plein régime. Ca non plus, ça ne veut pas, dommage... Là dessus, en mauvais sportif de haut niveau, je suis comme rattrapé par mon physique. Le placart à balais que je dois partager semble rétrécir à moins que ce soit mes jambes qui grandissent. Je n'ai d'autre solution pour lacher un peu de lest que de me lever et d'effectuer quelques étirements bienvenus. Seulement, j'aurais dû y réfléchir à deux fois. Comme dit l'adage de cour de récré', "qui va à la chasse perd sa place"! Et il n'y a pas de "qui va à la pêche la repêche" qui tienne. Sitôt je suis debout que mes colocataires, comme s'ils n'attendaient que ça feignant le sommeil, se déplient sans pour autant quitter leur poste. A la question "qui a horreur du vide", la réponse était "un chinois endormi". Pas simple... Me voilà donc comme con, pantois devant mon erreur de débutant, condamné à rester debout. Bien que je m'y étais préparé psychologiquement, c'est quand même une tuile en acier trempé dans le crépit qui me tombe sur le coin de la tronche. J'ai beau être matinal, j'ai mal!! J'ai mal d'autant que tous les recoins qui se dévoilent à mon regard ont été pris d'assault. Sous les banquettes, ça dort. Dans l'allée, ça dort. Même dans les toilettes, ça dort et pourtant ça n'empêche personne d'aller uriner!!! Et je ne vous parle pas de l'odeur qui s'en échappe pour maintenant envahir notre pré carré!!! Elle est loin la lavande, elle est loin la Provence, et à vue de nez, on ne s'en rapproche pas!! La seule bonne nouvelle dans cet océan putréfié, au moins pour moi, c'est que le petit coin de paradis dans lequel je compte les secondes est une zone fumeur. J'ajoute donc moi aussi ma pierre à l'édifice quant à la construction d'un monde meilleur et plus respirable. Je suis tellement fatigué que j'en oublie d'en être désolé! A la guerre comme à la guerre...
Ca dure comme ça pendant environ cinq heures au terme desquelles un des joyeux ronfleurs choisit, ni vu ni connu, d'aller faire sa commission. Pour s'extraire de sa CGT, Couchette Grand Tluxe, il n'a, malheureusement pour lui, pas d'autre alternative que de réveiller d'autres dormeurs la bouche ouverte. Il ne se prive d'ailleurs pas. Vas-y que je te pousse, que je te piétine, que je t'escalade. Puis il disparait. Tant pis pour lui, l'homme est un loup pour l'homme, à priori d'autant plus quand il est à la limite de l'épuisement. Les quelques chinois qui viennent de se faire tirer du "lit" avec délice sont tout à mon confort, ils mîment "vas-y, dépêche-toi!! Assiez-toi et fais semblant de dormir; la queue du Mickey pourrait ne pas repasser de sitôt!! D'ailleurs, en ce qui me concerne, je préfère encore subir une explosion de vessie caractérisée et faire de l'endroit une zone de quarantaine que de laisser ma place à quiconque!! Une erreur est si vite arrivée! Go go go!!!!!! Action, réaction!!!!!!!!"
Il n'en a pas fallu plus pour je fasses le sournois. L'invitation était trop belle. L'erreur d'inatention aussi. Depuis ma bévue d'autour de minuit, à force de rester debout, j'ai bien ruminé et sais maintenant qu'il ne faut pas me la faire. Jeune singe est devenu vieux singe à qui on ne peut plus faire la grimace à moins de se faire piquer sa place à son tour. Quand Jo-la-vessie-trop-petite-pour dormir-par-terre sort de la salle du trône, le rideau tombe, je suis assis sur mes genous, dans une position la plus foetale possible, et si pour accentuer l'effet, je devais laisser filer un petit filet de bave, il ne faudrait pas me le demander deux fois. Je suis assis par terre et suis prêt à tout pour y rester!! Au grand jeu des chaises musicales, nous avons un nouveau gagnant, bien joué couillon!!!
Enfin je dors. Du sommeil du pas si juste, mais je dors. Cependant je sais d'avance que, que je dormes douze secondes ou douze heures, j'en sortirais dans le même état lamentable qu'avant de fermer les yeux, voire pire. Pas besoin d'être voyant pour anticiper cet état de défaite. Pas besoin non plus d'attendre bien longtemps pour le vérifier...
98% des passagers de ce train sont dans un confort que je pourrais qualifier d'enviable. Ô comme la nuit de ces gens là a dû être douce et réparatrice. Pas étonnant qu'ils se réveillent tous dès les premières lueurs du jour, attendant un petit déjeuner qu'on leur apporterait sur un chariot roulant. C'est qu'on s'habitue vite et bien au confort!! Que leur volonté soit faîte, sur la terre comme sur les rails. Dès 7h du matin, le personnel s'affaire. Comment je pourrais le savoir? C'est que le chariot roulant n'est pas une légende. Ca a besoin de place un chariot roulant. De ma place en l'occurence! Je suis dans le passage. Une tape sur l'épaule et me voilà au courant. Préparation à l'ouverture forcée des paupières. Pas le temps, ouverture. Douleur. Je ne sais plus où j'habite ce qui n'est pas très loin de la vérité en cette fin de nuit où je n'ai pour gîte qu'un coin de plancher que j'ai au préalable subtilisé à un pauvre bougre. Heureusement que mon sac est encore là, ça fait au moins un point de repère pour me remettre les idées en place, ce qui conjugué à la tête des gens achève de me convaincre que je dois être quelque part en Chine!!
- "Ca y est, je sais, au bout du brouillard il doit y avoir Xi'an!! Xi'an que l'on devrait peut-être atteindre dans les trois minutes!!"
Ah non, vérification faîte, c'est plutôt dans les quatres heures... Quatre heures au terme desquelles si je ne me transforme pas en zombie, ce sera déjà ça de gagner!! C'est que passer les frontières en qualité de zombie, ça doit demander des trésors d'ingéniosité et de discrétion!!
Pendant ces quatre heures bonus, je m'efforce donc de tenir la barre, de tenir le vent, hissez haut!! Tous mes voisins se réveillent les uns après les autres avec la même mine déconfite que moi, c'est rassurant. Quant à Xi'an, si je ne rate pas la station pour cause de coma profond, ce sera déjà ça de gagner!! Aujourd'hui, si la question c'est "dormir ou conduire? Dormir ou manger? Dormir ou boire? Dormir ou même respirer?", la réponse est toujours la même, je comprends ce que le gars voulait dire quand il mimait "pisser ou dormir?"!!
A tous, bonne journée, bonne nuit.
A ceux qui prennent le train et qui s'en plaignent, montrez-moi votre fessard que je vous montre à quel point il est ergonomique du point de vue de mon soulier taille 42 et demie.
A ceux qui viennent de prendre du plaisir, il serait temps de (re)découvrir que celui-ci est comme une rue à double sens. Si tu laisses un commentaire quel qu'il soit, gageons que ça me mette du baume au coeur à l'ouvrage ou quelque chose dans le genre...
Plus insolite que de me voir derrière un manche de casserole, plus rare qu'un colibri obèse, et plus soudain que l'apparition de poux sur la tête d'un enfant dans sa première année d'école, c'est le retour de la plume maudite, la renaissance de l'itinérance relatée faîte (jeune) homme, enfin, un nouvel article, une nouvelle plongée dans les couloirs tortueux d'un temps que les moins de dix mois ne peuvent pas connaître. Bienvenue dans la mémoire bien remplie de l'encrier à deux pattes qui se croyait sec. Bienvenue en Chine.
La gare de Pékin pourrait ne plus avoir de secrets pour moi, je pourrais parler le mandarin couramment et me faufiler sans que rien ne viennent empiéter mon espace aérien, on pourrait vivre dans un monde parfait. Belle anerie!! J'ai beau avoir cerné les "x" et les "y" de la terrible équation qui me sépare de mon quai, rien qu'à tenter de la résoudre entièrement, j'en ai des ampoules au casque!
Les fourmis s'activent en tous sens en se rentrant dedans gaiement si nécessaire. La voix de la compagnie ferroviaire souffle les cinquantièmes hurlants et résonne dans l'immense hall d'accueuil dans des sons qui n'ont malheureusement que peux à voir avec ce que nous a habituée la SNCF. Ici, pas de "suite à un problème technique", pas de "le train en direction de Xi'an est en partance à la voie ..." non plus. Le jeu de piste se poursuit sans que les indices ne s'amoncèlent. Non, il n'y a pas à tortiller, le Père Fourrat, à Pékin, connais pas...
La course d'orientation débute d'abord par un slalom où les obstacles se succèdent chaque dix centimètres, se faisant tous forts, il semblerait, de me barrer le passage à chaque pas. Prends la course aux achats de Noël un 24 décembre dans l'après-midi, imagine devoir traverser cette frénésie une enclume grosse comme une meule de foin sur les épaules et multiplie la difficulté de se mouvoir par dix. J'en viendrais presque à croire qu'après la journée de la Terre, la journée de la Femme, c'est maintenant la journée du mawashigeri-coup-de-pied-circulaire et les occasions de la célébrer se succèdent à un rythme faisant passer quelque transe hardcore pour de la musique de chambre. Je suis un marsouin en mission, je fends la foule, la baillonette sur le qui-vive.
En main, je sers fort mon précieux billet, sésame vers des contrées plus apaisante ce qui ne devrait pas être bien difficile étant donné que j'évolue momentanément dans le goulot d'étranglement qui sert de SAS entre le paradis et l'enfer. Beaucoup d'appelés et peu d'élus. Qui reste à quai reste à quai, qui monte dans le bon wagon montre son arrière train au reste de la gare comme Rocky lève les bras après une série de marche avalée sur les auriculaires. Le plus dur, ici, étant encore de le trouver, le bon wagon. T'as beau avoir les petits doigts d'un champion olympique, t'es pas encore rendu, use plutôt ta tête et garde tes doigts pour brandir des cartons de couleurs vives, ils sont nombreux les casse-noisettes qui les méritent!!! Spontanément, je cherche des yeux un employé du réseau ferré à même de me sortir de là, moi l'aiguille dans une cotte de mailles. Là non. Là non plus. Lui, non plus, c'est un chauffeur de taxi qui tente la tactique de la sangsue, carton rouge, rouge de là!! Sur le millier de gens qui partagent en permanence mon mètre carré de surface vitale, personne ne porte de petit gilet distinctif, de casquette caractéristique, de sifflet. A en juger avec mes yeux pourtant habitués à la décadence organisationnelle, la gare pékinoise est la cerise apocalyptique sur un gateau anarchique. J'ai beau avoir encore une heure et demie devant moi, je frémis déjà à l'idée de faire chou blanc et de rentrer la queue entre les jambes chez Dara dont j'aurais finalement bien besoin pour me sortir du labyrinthe infernal. La compagnie ferroviaire chinoise serait-elle une bête sans visage? Un monstre à l'intelligence propre fonctionnant sans intervention humaine? Voyant que je fais fausse route, je me plante sous un panneau XXXXXL dont je pense qu'il indique les départs. J'entreprends alors à mon tour la stratégie dîte de la glue. Dès que j'aperçois un visage à peu prêt sympathique, je le poursuis en maintenant fermement mon billet à quelques centimètres de ses yeux. Gage à lui de m'indiquer mon chemin, où pas de chance, on inverse les roles, c'est sur toi que ça tombe.
La première personne avec laquelle j'entame cette danse improvisée me montre les limites du système. Lui ne porte pas d'enclume et prends ses jambes à son cou devant la parodie d'éponge flétrie et dégoulinante que je suis en train de devenir au fur et à mesure des minutes. Pas la peine de courir, ils sont un milliard!! Au suivant. De retour sous mon panneau, un vieil homme me sourit. De re-chef, j'accours tendant bien haut mon sésame pour qu'il ne se méprenne pas sur mes intentions. Patiemment, ses yeux vont et viennent entre le billet et le panneau. Il a du travail, il doit y avoir dans la centaine de trains au départ dans les 90 minutes qui suivent. Un sourire édenté plus loin, ses doigts se muent d'abord en flèche pour m'indiquer une direction puis en chiffres pour m'informer du quai correspondant à mon fantasme immédiat, un monde où tout est facile; d'habitude le quotidien. Je le remercie chaleureusement, ce qui est presque un crime au milieu de cette fournaise, et détale... à la vitesse d'un flan au galop. J'ai beau savoir où mettre le cap, l'horizon ne s'est pas subitement dégagé pour laisser apparaître un tapi rouge réservé aux VIP, voyageurs impatients de partir. A la place, je tente de suivre le flot, expérience rendue quasi-impossible par le fait que personne ne marche dans la même direction qu'un autre. Ca pousse, ça gueule, ça se racle la gorge avant de cracher à deux centimètres de mes oreilles, ça sentirait la lavande si ça ne sentait pas déjà la sueur.
J'arrive devant une grande porte derrière laquelle se cache une des innombrables salles d'attente. A l'intérieur, tout est à l'unisson pour qu'on croit à une grève longue durée. Les gens baillent, dorment à même le sol dans des ordures qui s'amoncèlent plus vite que la cadence à laquelle le personnel de ménage ne balaye malgré une volonté affichée de redoubler d'efforts. A voir ça, j'ai comme l'impression de ne pas être le seul à ne pas avoir de siège et que certains prennent de l'avance sur une nuit qui s'annonce au moins aussi épique que la soirée. C'est qu'il faut que je vous rappèle que pour ce baptème en train chinois, je suis pire que le cul entre deux chaises, c'est à dire le cul entre rien du tout. Pas de fauteuil, pas de banc, pas même une planche, je me prépare à onze heures de position debout entre la nuit et la matinée, pour peu qu'on puisse dire qu'une sardine tienne debout dans sa boîte, ce qui n'est pas gagné, pauvre de moi!!!
Imitant mes voisins, je m'assois et patiente, ça je sais faire!! Champignon olympique de patience le bolet Retailleau!! Une heure passe, vivement que la torture commence!! Je suis à quelques menus détails prêts comme un détenu dans le couloir de la mort à attendre pendant des années que le bourreau veuille bien passer à table pour que je passe sur la chaise. Quelques menus détails, j'avais prévenu, qu'on ne me fasse pas un procès, je plaide coupable!!!
Puis, une porte s'ouvre, des officiels s'affairent, ça fleure bon le départ!! Les partants sont mis en ordre de marche. Et ça, les chinois, pas besoin de leur dire deux fois!! En une seconde, là où on pourrait penser qu'un nouveau carnage va s'opérer, une large file d'attente bien docile se met en place. Les couples avec enfants passent devant. Suivent les personnes agées avant que le reste du troupeau ne puisse avancer à son tour. Noyé dans la masse, je tente de respirer, c'est déjà ça. Pour la première fois de la soirée, tout le monde marche dans le même sens, et ça, c'est déjà une petite victoire!! Cela dit, comme souvent, j'ai beau avoir gagné une insignifiante bataille, reste à mener une guerre de front. Gauche-droite, gauche-droite, gauche-droite.
La file de gens, tous au moins aussi chargés que moi, serpente le long d'un couloir qui surplombe les voies. Puis c'est la nôtre. J'hésite une nouvelle fois à crier victoire, et puis non. Sur le quai, c'est une nouvelle foire d'empoigne qui se dévoile. Comme le train, de la loco-mao-tive à la queue, donne l'impression de faire dans les deux kilomètres de long, je m'abstiens de m'y hâter. La guerre commence, s'il ne doit en rester qu'un... je veille à ce que ça ne soit pas mon voisin.
- "Allez-y monsieur, allez-y madame, vous êtes pressés? Moi non plus!!"
Comme l'enfant que j'étais qui ne veut pas aller à la Bourboule en colonie de vacances avec les bonnes soeurs, je traîne des pieds et laisse passer tous ceux qui veulent aller plus vite que la musique. Je serais bien assez tôt privé de mes libertés les plus élémentaires, comme celle de pouvoir dîner, n'étant en retard que de quelques minutes, la faute à une partie de baballe dont l'enjeu dépasse l'entendement quand on a fait voeu d'ennui en ce qui concerne les autres. L'histoire m'en est témoin. Mais revenons à nos mao-utons.
Une fois sur le quai, pas de doute possible quant à l'identité de mon wagon. Tout du long ça se clarsème, tout du long ou presque. Une seule voiture reste prise d'assault par les voyageurs, à votre avis? A l'intérieur, c'est un spectacle pas banal mais ô combien prévisible auquel j'assiste. Vous avez demandé le front, ne quittez pas. Le wagon est doté de sièges tout ce qu'il y a de plus normaux. Sur ceux-ci s'entassent déjà des familles entières. Ils ont beau être conçus, comme à l'habitude, pour deux personnes, ça n'empêche qu'on y tient finalement aussi bien à cinq, CQFD. Et ce qui marche en bas fonctionne aussi en haut. Sur les rampes qui servent de porte-bagages, c'est encore pire! Comment est-ce que ça ne va pas finir pas rompre sous le poids des valises à roulettes qui tiennent là un colloque sur l'opportunité de vivre les unes sur les autres plutôt que chacune de son côté? Ca se tasse, s'entasse jusqu'à superpressurisation de la cabine. En cas de malaise, gageons que l'une d'entre elles viendra juste dans votre visage en lieu et place d'un masque à oxygène!! Mieux vaut prévenir que guérir? Pas ici... D'autant qu'ils sont nombreux les candidats au crash frontal. Dans l'allée centrale, il y a encore une armée de volontaires qui cherchent en vain un siège à leur cul. Comment on va tous pouvoir tenir là-dedans? Voilà un mystère bien bien bien mystérieux. Mais soluble!!! Il en rentre encore!!! D'ailleurs, à l'extérieur, la queue ne rétrécie pas. Tous patientent pour pénétrer par l'unique porte qui est ouverte et derrière laquelle ça fleure déjà bon le César. Pas l'empereur, le compresseur...
Pour ma part, je patiente aussi. Ailleurs. Je fume une cigarette à quelques mètres de là, plein d'une admiration craintive quant au spectacle proposé, comme en préambule à ma mise à mort. Onze heures... Et ça continue de rentrer!!!
Puis, sans coup férir, la "chance" frappe à la porte. L'autre. Celle qui est restée fermée de l'autre côté, pas folle la chance! Une petite dizaine de personnes se démènent encore pour faire partie intégrante de la Boucherie. Voyant l'opportunité, dans un seul geste, tous se retournent et se ruent sur la pauvre agent à la tête bien pleine qui a pris la peine d'ouvrir une seconde porte d'accès. Tous plus un. Tel Clark Kent qui est tellement pressé d'en découdre avec les forces du mal qu'il en oublie qu'il porte son collant sous son slip, je me saisis de mes sacs aussi vite que la nature peut me le permettre dans une folle chorégraphie et bondis vers la lumière au bout du tunnel. C'est que ma place est là et pas ailleurs, je le sens, je le sais. Et je ne suis pas le seul. Tous ceux qui sont là sont comme hypnotisés par la porte nouvellement ouverte. Les bonnes manières sont remises au placart, ça joue des fesses, des coudes, des épaules. Chacun se bat à grand renfort de valises pour être en première ligne d'une mélée qui défie un train entier. David contre Goliath? Allez, pousse David!!!!
Dans la grande bataille dîte de l'entonoir, j'arrive en troisième position, pas mal quand on voit les enragés qui d'ébattent tout autour. Par miracle, à notre entrée, cette partie du wagon est libre, à nous de nous y emboîter le plus chastement possible. Comme prévu, les deux premiers entrés s'assoient contre la porte fermée qui donne sur la voie avec leur maigre paquetage comme dossier. En ce qui me concerne, je suis un escargot de Bourgogne au milieu des limaces. Mon sac à dos est aussi gros qu'un chinois, il va falloir serrer si je veux moi aussi donner du plancher à mon fessier. Et pour serrer je serre!!!! Tant et si bien que je peux un tant soit peu me positionner à plat même si avec mes genoux dans la luette. Au moins pour un temps ça fonctionne, pourvu seulement qu'une crampe ne s'invite pas à la table des négociations!! Une table qui n'en finit d'ailleurs pas de se garnir à mesure que les derniers pénètrent dans ce Tétris humain où le moindre espace libre est la proie des charognards et des chasseurs. Au final, dans les 3,5m² qui d'ordinaire font office de lieu de passage, on compte 10 personnes, soit autour de trois personnes avec valises au mètre carré, ce qui est bien mais pas top... Merci mr Euphèse d'avoir inventé l'euphémisme!! Euphémie, aussi.
A 23h30 au lieu de 23h, le train démarre. Au moins dans mon wagon, chacun sait pourquoi on est en retard...
Une fois notre vitesse de "croisière" atteinte, on peut se laisser aller à faire connaissance entre voisins. Les échanges verbaux ont beaux être extrèmement limités, les sourires autant que les échanges de chips ou de biscuits sont de mise. Déjà qu'ils n'ont pas d'argent pour se payer un siège dans un train, je ne vais pas les blamer d'avoir sêcher les cours d'anglais si toutefois ils ont eu la possibilité d'en avoir ce qui est loin d'être sûr.
La veillée ne dure qu'un temps. Aidés par une position à peine moins précaire que la mienne, la faute à mon sac trop gros pour être honnète, un à un, mes voisins tombent comme des mouches, bercés par le ronronnement du train qui y met tant d'entrain que j'ai du mal à entendre quoi que ce soit lorsque j'écoute ma musique à plein régime. Ca non plus, ça ne veut pas, dommage... Là dessus, en mauvais sportif de haut niveau, je suis comme rattrapé par mon physique. Le placart à balais que je dois partager semble rétrécir à moins que ce soit mes jambes qui grandissent. Je n'ai d'autre solution pour lacher un peu de lest que de me lever et d'effectuer quelques étirements bienvenus. Seulement, j'aurais dû y réfléchir à deux fois. Comme dit l'adage de cour de récré', "qui va à la chasse perd sa place"! Et il n'y a pas de "qui va à la pêche la repêche" qui tienne. Sitôt je suis debout que mes colocataires, comme s'ils n'attendaient que ça feignant le sommeil, se déplient sans pour autant quitter leur poste. A la question "qui a horreur du vide", la réponse était "un chinois endormi". Pas simple... Me voilà donc comme con, pantois devant mon erreur de débutant, condamné à rester debout. Bien que je m'y étais préparé psychologiquement, c'est quand même une tuile en acier trempé dans le crépit qui me tombe sur le coin de la tronche. J'ai beau être matinal, j'ai mal!! J'ai mal d'autant que tous les recoins qui se dévoilent à mon regard ont été pris d'assault. Sous les banquettes, ça dort. Dans l'allée, ça dort. Même dans les toilettes, ça dort et pourtant ça n'empêche personne d'aller uriner!!! Et je ne vous parle pas de l'odeur qui s'en échappe pour maintenant envahir notre pré carré!!! Elle est loin la lavande, elle est loin la Provence, et à vue de nez, on ne s'en rapproche pas!! La seule bonne nouvelle dans cet océan putréfié, au moins pour moi, c'est que le petit coin de paradis dans lequel je compte les secondes est une zone fumeur. J'ajoute donc moi aussi ma pierre à l'édifice quant à la construction d'un monde meilleur et plus respirable. Je suis tellement fatigué que j'en oublie d'en être désolé! A la guerre comme à la guerre...
Ca dure comme ça pendant environ cinq heures au terme desquelles un des joyeux ronfleurs choisit, ni vu ni connu, d'aller faire sa commission. Pour s'extraire de sa CGT, Couchette Grand Tluxe, il n'a, malheureusement pour lui, pas d'autre alternative que de réveiller d'autres dormeurs la bouche ouverte. Il ne se prive d'ailleurs pas. Vas-y que je te pousse, que je te piétine, que je t'escalade. Puis il disparait. Tant pis pour lui, l'homme est un loup pour l'homme, à priori d'autant plus quand il est à la limite de l'épuisement. Les quelques chinois qui viennent de se faire tirer du "lit" avec délice sont tout à mon confort, ils mîment "vas-y, dépêche-toi!! Assiez-toi et fais semblant de dormir; la queue du Mickey pourrait ne pas repasser de sitôt!! D'ailleurs, en ce qui me concerne, je préfère encore subir une explosion de vessie caractérisée et faire de l'endroit une zone de quarantaine que de laisser ma place à quiconque!! Une erreur est si vite arrivée! Go go go!!!!!! Action, réaction!!!!!!!!"
Il n'en a pas fallu plus pour je fasses le sournois. L'invitation était trop belle. L'erreur d'inatention aussi. Depuis ma bévue d'autour de minuit, à force de rester debout, j'ai bien ruminé et sais maintenant qu'il ne faut pas me la faire. Jeune singe est devenu vieux singe à qui on ne peut plus faire la grimace à moins de se faire piquer sa place à son tour. Quand Jo-la-vessie-trop-petite-pour dormir-par-terre sort de la salle du trône, le rideau tombe, je suis assis sur mes genous, dans une position la plus foetale possible, et si pour accentuer l'effet, je devais laisser filer un petit filet de bave, il ne faudrait pas me le demander deux fois. Je suis assis par terre et suis prêt à tout pour y rester!! Au grand jeu des chaises musicales, nous avons un nouveau gagnant, bien joué couillon!!!
Enfin je dors. Du sommeil du pas si juste, mais je dors. Cependant je sais d'avance que, que je dormes douze secondes ou douze heures, j'en sortirais dans le même état lamentable qu'avant de fermer les yeux, voire pire. Pas besoin d'être voyant pour anticiper cet état de défaite. Pas besoin non plus d'attendre bien longtemps pour le vérifier...
98% des passagers de ce train sont dans un confort que je pourrais qualifier d'enviable. Ô comme la nuit de ces gens là a dû être douce et réparatrice. Pas étonnant qu'ils se réveillent tous dès les premières lueurs du jour, attendant un petit déjeuner qu'on leur apporterait sur un chariot roulant. C'est qu'on s'habitue vite et bien au confort!! Que leur volonté soit faîte, sur la terre comme sur les rails. Dès 7h du matin, le personnel s'affaire. Comment je pourrais le savoir? C'est que le chariot roulant n'est pas une légende. Ca a besoin de place un chariot roulant. De ma place en l'occurence! Je suis dans le passage. Une tape sur l'épaule et me voilà au courant. Préparation à l'ouverture forcée des paupières. Pas le temps, ouverture. Douleur. Je ne sais plus où j'habite ce qui n'est pas très loin de la vérité en cette fin de nuit où je n'ai pour gîte qu'un coin de plancher que j'ai au préalable subtilisé à un pauvre bougre. Heureusement que mon sac est encore là, ça fait au moins un point de repère pour me remettre les idées en place, ce qui conjugué à la tête des gens achève de me convaincre que je dois être quelque part en Chine!!
- "Ca y est, je sais, au bout du brouillard il doit y avoir Xi'an!! Xi'an que l'on devrait peut-être atteindre dans les trois minutes!!"
Ah non, vérification faîte, c'est plutôt dans les quatres heures... Quatre heures au terme desquelles si je ne me transforme pas en zombie, ce sera déjà ça de gagner!! C'est que passer les frontières en qualité de zombie, ça doit demander des trésors d'ingéniosité et de discrétion!!
Pendant ces quatre heures bonus, je m'efforce donc de tenir la barre, de tenir le vent, hissez haut!! Tous mes voisins se réveillent les uns après les autres avec la même mine déconfite que moi, c'est rassurant. Quant à Xi'an, si je ne rate pas la station pour cause de coma profond, ce sera déjà ça de gagner!! Aujourd'hui, si la question c'est "dormir ou conduire? Dormir ou manger? Dormir ou boire? Dormir ou même respirer?", la réponse est toujours la même, je comprends ce que le gars voulait dire quand il mimait "pisser ou dormir?"!!
A tous, bonne journée, bonne nuit.
A ceux qui prennent le train et qui s'en plaignent, montrez-moi votre fessard que je vous montre à quel point il est ergonomique du point de vue de mon soulier taille 42 et demie.
A ceux qui viennent de prendre du plaisir, il serait temps de (re)découvrir que celui-ci est comme une rue à double sens. Si tu laisses un commentaire quel qu'il soit, gageons que ça me mette du baume au coeur à l'ouvrage ou quelque chose dans le genre...
Bonjour!
Mon copain et moi prévoyons partir en Chine du 24 décembre 2011 au 24 janvier 2012! Nous sommes vraiment au début de la préparation de notre voyage, Ayant l'habitude de voyager en Amérique Latine ou les prix sont vraiment petit et ayant voyagé en Thaïlande ou tout est vraiment pas cher...je ne sais pas trop à quoi m'attendre avec la Chine. Je sais que notre billet d'avion Montréal Beijing sera au moins 1200$ Canadien... Mais j'aimerais avoir une idée globale des prix pour les routards! Pas de dodo dans les dortoirs mais les hostels m'intéressent pour les chambres privés! Sinon quels est le prix des vrai hotesl? Nous avons l'intention de faire les classiques car ça sera notre premier voyage en Chine. Nous pensons faire Beijing-Shanghai et Hong Kong tout en s'éloignant des villes....notre itinéraire n'est pas complété! J'aimerais juste avoir un aperçu des prix des hôtel, nourriture, transport, visite.... Et n'hésitez pas a résumer votre voyage!! pour nous donner des idées!! Je veux tout savoir!!! 😊
Bonjour,
Mon copain et moi souhaitant partir faire un voyage en ASie d'une durée de 8 mois avec un depart prévu au alentour du 10 Mai, nous savons que c'est pas la meilleur période pour partir mais malheuresement nos travail nous permettent de partir que à cette époque là . Tout d'abord il faut savoir que notre voyage se déroulera en mode Globe trotter, routard, dc en sac à dos et en prenant les logements le moins cher ...
Alors je vous donne notre itineraire et j'aimerais avoir vos avis, nous allons essayer de passer a travers les fortes moussons. 10 Mai arrivé en chine 15 Mai arrivé en Mongolie ( par vois terrestre ) 1 juin on retourne en Chine ( on dessent tout la chine par la côte est , Guillin, Shangai, Xi'an, Beijing) 25 juin arrivé au Viet nam on redessent le viet nam (Hanoi, ninh binh, hué, nha trang hô chi minh delta du mekong 15 juillet Cambodge (phnom penh, slem reap ) 30 juillet thailande (bangkok) 15 aout Laos , on remonte le Laos jusqu'a houelsal 1 septembre on retourne pour deux semaines en thailande on dessent tout la thailande 15 septembre dirrection la Malaise 30 septembre indonesie 15 octobre direction l'inde fin decembre retour en france
Il faut savoir que nous passerons toutes les frontieres par voix terrestre, à l'expetion du vol de l'indonesie vers L'inde.
Que pensez-vous de notre itineraire ? nous partirons avec un budget de 7000 euros chacun ?
Es que vous pensez qu'au niveau des moussons ca va passer ?
Si vous avez d'autre idées d'itineraire on prend tout ! Si vous avez des conseils a nous donné hésité pas !
Je vous remercie d'avance par l'aide que vous pouriez nous apporté!
Julie
Mon copain et moi souhaitant partir faire un voyage en ASie d'une durée de 8 mois avec un depart prévu au alentour du 10 Mai, nous savons que c'est pas la meilleur période pour partir mais malheuresement nos travail nous permettent de partir que à cette époque là . Tout d'abord il faut savoir que notre voyage se déroulera en mode Globe trotter, routard, dc en sac à dos et en prenant les logements le moins cher ...
Alors je vous donne notre itineraire et j'aimerais avoir vos avis, nous allons essayer de passer a travers les fortes moussons. 10 Mai arrivé en chine 15 Mai arrivé en Mongolie ( par vois terrestre ) 1 juin on retourne en Chine ( on dessent tout la chine par la côte est , Guillin, Shangai, Xi'an, Beijing) 25 juin arrivé au Viet nam on redessent le viet nam (Hanoi, ninh binh, hué, nha trang hô chi minh delta du mekong 15 juillet Cambodge (phnom penh, slem reap ) 30 juillet thailande (bangkok) 15 aout Laos , on remonte le Laos jusqu'a houelsal 1 septembre on retourne pour deux semaines en thailande on dessent tout la thailande 15 septembre dirrection la Malaise 30 septembre indonesie 15 octobre direction l'inde fin decembre retour en france
Il faut savoir que nous passerons toutes les frontieres par voix terrestre, à l'expetion du vol de l'indonesie vers L'inde.
Que pensez-vous de notre itineraire ? nous partirons avec un budget de 7000 euros chacun ?
Es que vous pensez qu'au niveau des moussons ca va passer ?
Si vous avez d'autre idées d'itineraire on prend tout ! Si vous avez des conseils a nous donné hésité pas !
Je vous remercie d'avance par l'aide que vous pouriez nous apporté!
Julie
A- INFORMATIONS PRATIQUES ET IMPRESSION
Concernant mon récent voyage en Chine, j’étais surpris de trouver si peu d’informations sur les forums francophones ou anglophones. Je comprends la raison maintenant ! La chine n’est pas du tout un pays touristique pour les non chinois ! j’ai pu le constater sur place en ne croisant quasiment aucun touriste étranger, seul mon voyage en Papouasie nouvelle guinée a été encore moins susceptible d’en rencontrer !1000 messages sur la Chine sur VF depuis 2 années dont +/- 150 sur le Yunnan et +/- 50 sur le Sichuan. 95% des touristes étrangers passent par une agence ! un peu comme en Ethiopie.
C’est la mode du « blog du voyage » ou l’on parle de sa vie « MOI JE » « MOI JE » …. Ou l’on met aucune information pratique et aucune critique sur le pays visité…… (si vous connaissez un bon blog de voyage non égoïste et individualiste faîtes-moi signe svp).
C’est pénible les vforistes qui écrivent un « itinéraire prévu » souvent irréalisable en demandant des conseils et qui ne font jamais aucun retour de leur voyage…. Pour un guide de voyage francophone ou anglophone récent sur la chine et en particulier la chine du centre c’est la BEREZINA pour 3 raisons!! Les guides sur la chine ne sont pas rentables…. La Chine est un pays qui avance à une vitesse folle depuis 15 ans et un guide qui sort le 1 janvier donc fait selon une enquête de l’année précédente sera obsolète dés sa sortie concernant les prix et les infrastructures ! Le Yunnan et Sichuan sont moins visités que Pekin Shangai Xian ou Hong Kong Concernant le budget pour visiter la Chine ce n’est pas donner à toutes les bourses !! C’est cher de visiter la Chine en 2015 ! La croissance à 10% depuis 15 années a fait augmenter le coût de la vie, c’est fini les usines à bas coût en chine. Le prix des sites touristiques font exploser le budget ! si on est en voyage de 2 à 3 semaines ça va encore mais pour les toudumondiste c’est HORS BUDGET ! d’ailleurs j’ai déjà rencontré dans d’autre voyages des toudumondistes qui visitent de – en – les sites touristiques….. Procurez-vous une carte étudiante internationale si vous le pouvez…. Le prix du VISA qui est passé à 100 euros récemment avec 50 documents à communiquer ! jamais vu un visa aussi cher Le logement en dortoir ou hôtel bas moyen de gamme reste toute fois abordable de 6 euros à 20 euros la nuit dans cette partie de la Chine La nourriture est devenu cher … bien sûr j’ai trouvé des resto locaux ou l’on remplit son estomac pour 3 euros mais ce n’est pas le cas partout……Pour le choc culturel, l’attitude des chinois avec les touristes, le transport et la barrière de la langue voici mon opinion et quelques indications Ne vous inquiétez pas pour la langue tout est traduit en anglais dans les aéroports gares ferroviaires ou lieux touristiques, seul les billets de bus ne sont pas traduit en anglais.
Pour acheter un billet de train on peut l’acheter sur internet mais problème de langue donc on va sur place dans la gare ou il y’a des machines en chinois et anglais ! cela permet de trouver son train et les horaires ainsi que de vérifier si il reste de places car voyager en train en Chine est très populaire et c’est souvent plein ! donc on gagne du temps avant d’aller au guichet ! les chinois vont tous vouloir passer devant vous ils en ont rien à faire du touriste ! à vous de vous faire respecter ! c’est un peu la même chose en inde ….
IL est important de savoir que les contrôles de sécurité sont important dans les gares donc ARRIVER 30 minutes à 1 heure avant le départ du train. Pas de remboursement possible si on manque le train, un changement de billet possible. D’ailleurs, la France devrait s’inspirer de la chine pour la sécurité dans les gares avec contrôle de bagage au scanner et contrôle du billet avec portillon….
Pour les billets de bus, avant d’aller au guichet marqué sur un papier ou smartphone la destination en chinois et la date : moins difficile de trouver des places dans un bus que dans le train. Les bus longue distance sont confortables mais les bus courte moyenne distance pas vraiment des bus du 21 siècle…. Les caissières (métier féminin à 100% en chine) sont pour la plupart assez patiente avec l’étranger c’est juste les chinois qui font la queue qui sont exécrables….
L’attitude des chinois vis-à-vis des touristes est assez « étonnante » même si j’ai eu l’opportunité de rencontrer des chinois sympathiques…. On reproche aux français d’être peu accueillants avec les touristes mais croyez-moi les français sont sympa à côté….. Quand tu demandes de l’aide on te regarde bizarrement…. J’ai voyagé sur les 5 continents dans des pays qui ne parlaient pas l’anglais aussi mais je n’ai jamais eu ce sentiment d’être invisible… le côté positif c’est qu’on est tranquille et aucun problème de sécurité… Encore une fois il y’à des chinois sympathiques mais en dehors des grandes villes
Ce blog datant de 2013 donne des informations toujours d’actualité sur les transports
http://www.novo-monde.com/article-transport-en-chine.php
Ou encore utiliser ce site pour acheter billet d’avion ou même de train (mais retrait au guichet compliqué) : les billets d’avion sont plus cher à acheter sur les sites francophones classiques !
http://fr.ctrip.com/ LA METEO / 80 % des attractions touristiques en CHINE sont des paysages ! Celle-ci est primordiale pour réussir votre voyage en CHINE ! Il faut être chanceux pour avoir du soleil et bien choisir sa saison en fonction de la région que l’on visite…. INTERNET voici ce qui ne fonctionne pas : tout ce qui concerne Google (gmail youtube android store) ainsi que Facebook et twitter. Pour le moteur de recherche utiliser BING. Si vous êtes accro installez un VPN avant de partir ça marche très bien. Bing est moins performant que Google au niveau moteur de recherche. Pour le WIFI dans les stations de bus, gare et dans le train tout est indiqué en chinois donc très difficile de l’utiliser il demande le numéro de téléphone chinois ainsi que d’installer un logiciel….. Dans les auberges ou hôtel aucun problème. SECURITE / surement le pays le plus sûr que j’ai visité personne ne vous volera rien et même les chauffeurs de taxi sont honnêtes sauf exception !!
Concernant mon récent voyage en Chine, j’étais surpris de trouver si peu d’informations sur les forums francophones ou anglophones. Je comprends la raison maintenant ! La chine n’est pas du tout un pays touristique pour les non chinois ! j’ai pu le constater sur place en ne croisant quasiment aucun touriste étranger, seul mon voyage en Papouasie nouvelle guinée a été encore moins susceptible d’en rencontrer !1000 messages sur la Chine sur VF depuis 2 années dont +/- 150 sur le Yunnan et +/- 50 sur le Sichuan. 95% des touristes étrangers passent par une agence ! un peu comme en Ethiopie.
C’est la mode du « blog du voyage » ou l’on parle de sa vie « MOI JE » « MOI JE » …. Ou l’on met aucune information pratique et aucune critique sur le pays visité…… (si vous connaissez un bon blog de voyage non égoïste et individualiste faîtes-moi signe svp).
C’est pénible les vforistes qui écrivent un « itinéraire prévu » souvent irréalisable en demandant des conseils et qui ne font jamais aucun retour de leur voyage…. Pour un guide de voyage francophone ou anglophone récent sur la chine et en particulier la chine du centre c’est la BEREZINA pour 3 raisons!! Les guides sur la chine ne sont pas rentables…. La Chine est un pays qui avance à une vitesse folle depuis 15 ans et un guide qui sort le 1 janvier donc fait selon une enquête de l’année précédente sera obsolète dés sa sortie concernant les prix et les infrastructures ! Le Yunnan et Sichuan sont moins visités que Pekin Shangai Xian ou Hong Kong Concernant le budget pour visiter la Chine ce n’est pas donner à toutes les bourses !! C’est cher de visiter la Chine en 2015 ! La croissance à 10% depuis 15 années a fait augmenter le coût de la vie, c’est fini les usines à bas coût en chine. Le prix des sites touristiques font exploser le budget ! si on est en voyage de 2 à 3 semaines ça va encore mais pour les toudumondiste c’est HORS BUDGET ! d’ailleurs j’ai déjà rencontré dans d’autre voyages des toudumondistes qui visitent de – en – les sites touristiques….. Procurez-vous une carte étudiante internationale si vous le pouvez…. Le prix du VISA qui est passé à 100 euros récemment avec 50 documents à communiquer ! jamais vu un visa aussi cher Le logement en dortoir ou hôtel bas moyen de gamme reste toute fois abordable de 6 euros à 20 euros la nuit dans cette partie de la Chine La nourriture est devenu cher … bien sûr j’ai trouvé des resto locaux ou l’on remplit son estomac pour 3 euros mais ce n’est pas le cas partout……Pour le choc culturel, l’attitude des chinois avec les touristes, le transport et la barrière de la langue voici mon opinion et quelques indications Ne vous inquiétez pas pour la langue tout est traduit en anglais dans les aéroports gares ferroviaires ou lieux touristiques, seul les billets de bus ne sont pas traduit en anglais.
Pour acheter un billet de train on peut l’acheter sur internet mais problème de langue donc on va sur place dans la gare ou il y’a des machines en chinois et anglais ! cela permet de trouver son train et les horaires ainsi que de vérifier si il reste de places car voyager en train en Chine est très populaire et c’est souvent plein ! donc on gagne du temps avant d’aller au guichet ! les chinois vont tous vouloir passer devant vous ils en ont rien à faire du touriste ! à vous de vous faire respecter ! c’est un peu la même chose en inde ….
IL est important de savoir que les contrôles de sécurité sont important dans les gares donc ARRIVER 30 minutes à 1 heure avant le départ du train. Pas de remboursement possible si on manque le train, un changement de billet possible. D’ailleurs, la France devrait s’inspirer de la chine pour la sécurité dans les gares avec contrôle de bagage au scanner et contrôle du billet avec portillon….
Pour les billets de bus, avant d’aller au guichet marqué sur un papier ou smartphone la destination en chinois et la date : moins difficile de trouver des places dans un bus que dans le train. Les bus longue distance sont confortables mais les bus courte moyenne distance pas vraiment des bus du 21 siècle…. Les caissières (métier féminin à 100% en chine) sont pour la plupart assez patiente avec l’étranger c’est juste les chinois qui font la queue qui sont exécrables….
L’attitude des chinois vis-à-vis des touristes est assez « étonnante » même si j’ai eu l’opportunité de rencontrer des chinois sympathiques…. On reproche aux français d’être peu accueillants avec les touristes mais croyez-moi les français sont sympa à côté….. Quand tu demandes de l’aide on te regarde bizarrement…. J’ai voyagé sur les 5 continents dans des pays qui ne parlaient pas l’anglais aussi mais je n’ai jamais eu ce sentiment d’être invisible… le côté positif c’est qu’on est tranquille et aucun problème de sécurité… Encore une fois il y’à des chinois sympathiques mais en dehors des grandes villes
Ce blog datant de 2013 donne des informations toujours d’actualité sur les transports
http://www.novo-monde.com/article-transport-en-chine.php
Ou encore utiliser ce site pour acheter billet d’avion ou même de train (mais retrait au guichet compliqué) : les billets d’avion sont plus cher à acheter sur les sites francophones classiques !
http://fr.ctrip.com/ LA METEO / 80 % des attractions touristiques en CHINE sont des paysages ! Celle-ci est primordiale pour réussir votre voyage en CHINE ! Il faut être chanceux pour avoir du soleil et bien choisir sa saison en fonction de la région que l’on visite…. INTERNET voici ce qui ne fonctionne pas : tout ce qui concerne Google (gmail youtube android store) ainsi que Facebook et twitter. Pour le moteur de recherche utiliser BING. Si vous êtes accro installez un VPN avant de partir ça marche très bien. Bing est moins performant que Google au niveau moteur de recherche. Pour le WIFI dans les stations de bus, gare et dans le train tout est indiqué en chinois donc très difficile de l’utiliser il demande le numéro de téléphone chinois ainsi que d’installer un logiciel….. Dans les auberges ou hôtel aucun problème. SECURITE / surement le pays le plus sûr que j’ai visité personne ne vous volera rien et même les chauffeurs de taxi sont honnêtes sauf exception !!
Annonce à tous ceux qui ont prévu un séjour au Tibet dans les jours, les semaines, les mois à venir...
Le Gouvernement Chinois a changé les règles d'immigration au Tibet : Il n'est désormais plus possible de se rendre au Tibet si vous ne formez pas un groupe d'au moins quatre personnes de nationalité identique. Cette règle s'applique aussi bien aux voyageurs qui s'y rendraient par les airs ou par la terre.
Donc si vous avez déjà réservé un séjour au Tibet, renseignez-vous auprès de l'agence qui organise votre voyage.
Le Gouvernement Chinois a changé les règles d'immigration au Tibet : Il n'est désormais plus possible de se rendre au Tibet si vous ne formez pas un groupe d'au moins quatre personnes de nationalité identique. Cette règle s'applique aussi bien aux voyageurs qui s'y rendraient par les airs ou par la terre.
Donc si vous avez déjà réservé un séjour au Tibet, renseignez-vous auprès de l'agence qui organise votre voyage.
Bonjour,
J'hésite beaucoup entre la Chine ou le Vietnam comme 1er voyage en Asie. J'avais pensé faire les deux, mais nous n'avons que 5 semaines maximum. Je ne veux pas être dans le rush en n'ayant pas assez de temps pour visiter et relaxer et je pense que pour la Chine ce serait peut-être un peu juste. Nous partirons à la mi-décembre. Ce que je recherche: le dépaysement, de beaux paysages, voir la mer, goûter à une nouvelle cuisine, rencontrer des gens chaleureux (je suis allée en Nouvelle-Zélande et les gens étaient d'une gentillesse). Pour mon copain, c'est son premier voyage et je veux lui donner la piqure!
Merci beaucoup de m'éclairer un peu entre ces deux destinations!
J'hésite beaucoup entre la Chine ou le Vietnam comme 1er voyage en Asie. J'avais pensé faire les deux, mais nous n'avons que 5 semaines maximum. Je ne veux pas être dans le rush en n'ayant pas assez de temps pour visiter et relaxer et je pense que pour la Chine ce serait peut-être un peu juste. Nous partirons à la mi-décembre. Ce que je recherche: le dépaysement, de beaux paysages, voir la mer, goûter à une nouvelle cuisine, rencontrer des gens chaleureux (je suis allée en Nouvelle-Zélande et les gens étaient d'une gentillesse). Pour mon copain, c'est son premier voyage et je veux lui donner la piqure!
Merci beaucoup de m'éclairer un peu entre ces deux destinations!










