Results for "Rennes+ou+Saint+Malo+ou+Vilaine+|+127"
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How surprising this Sultanate of Oman is
Hey fellow travelers,
We’re a couple in our fifties who’ve been traveling independently for ages—mostly in Asia, a bit in Africa, very little in the Americas, and never ever in West Asia until November 2023, when we discovered the Sultanate of Oman.

If we waited so long to explore this part of the world, it’s because a few questions were nagging at us, like: Can two Landais party lovers like us survive 15 days without apéro 😄? Or, more seriously: Can a feminist like me enjoy traveling in such a conservative country?
That is the question (and I feel your pain with this unbearable suspense 😅).
Ready to dive in?
PS: Apologies in advance for the casual tone of this travel journal—it’s the one I shared with our loved ones in real time, which explains everything.
We’re a couple in our fifties who’ve been traveling independently for ages—mostly in Asia, a bit in Africa, very little in the Americas, and never ever in West Asia until November 2023, when we discovered the Sultanate of Oman.

If we waited so long to explore this part of the world, it’s because a few questions were nagging at us, like: Can two Landais party lovers like us survive 15 days without apéro 😄? Or, more seriously: Can a feminist like me enjoy traveling in such a conservative country?
That is the question (and I feel your pain with this unbearable suspense 😅).
Ready to dive in?
PS: Apologies in advance for the casual tone of this travel journal—it’s the one I shared with our loved ones in real time, which explains everything.
Été Covid, un ferry pour la Grèce (en famille) English translation pending
Bonjour à tous,
Voici mon carnet de voyage lors de cet été un peu spécial. Je limite volontairement sur vf à une ou deux photos par jour (certains trouveront que c'est encore trop...) C'est parti 🙂
Les billets étaient pris depuis novembre. Très incertain depuis ce printemps marqué par l'épidémie, ce voyage en Grèce est une bouffée d'air (chaud) après cette période de confinement et d'immobilisme. Nous reprenons donc la route en camion, vers la Grèce continentale. Routes montagneuses, sites antiques, eaux cristallines et ports de pêche, voici en quelques mots les contours d'un voyage riche en couleurs et en saveurs... Les cigales ? Elles ne s'arrêtent qu'à la nuit tombée...
18/07/2020 Jour : 478 km Total : 478 km Départ traditionnel et tardif de Vendée après une quinzaine de jours de vacances.
La cathédrale de Nantes est en feu, le périphérique est bloqué. Challans, Niort, Montluçon, nous prenons la poudre d'escampette en dehors des sentiers battus afin d'éviter le coût exorbitant des péages français. Petit parking très au calme à Rocles quelque part dans l'Allier entre La Prugnole et Blanchetière. Pour celles et ceux qui ne visualisent pas, nous sommes à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Moulins. Les enfants ramassent des bâtons qu'ils jettent dans le lac tandis que mes talents de bricoleur se confirment: le mitigeur nouvellement installé inonde le camion.

Voici mon carnet de voyage lors de cet été un peu spécial. Je limite volontairement sur vf à une ou deux photos par jour (certains trouveront que c'est encore trop...) C'est parti 🙂
Les billets étaient pris depuis novembre. Très incertain depuis ce printemps marqué par l'épidémie, ce voyage en Grèce est une bouffée d'air (chaud) après cette période de confinement et d'immobilisme. Nous reprenons donc la route en camion, vers la Grèce continentale. Routes montagneuses, sites antiques, eaux cristallines et ports de pêche, voici en quelques mots les contours d'un voyage riche en couleurs et en saveurs... Les cigales ? Elles ne s'arrêtent qu'à la nuit tombée...
18/07/2020 Jour : 478 km Total : 478 km Départ traditionnel et tardif de Vendée après une quinzaine de jours de vacances.
La cathédrale de Nantes est en feu, le périphérique est bloqué. Challans, Niort, Montluçon, nous prenons la poudre d'escampette en dehors des sentiers battus afin d'éviter le coût exorbitant des péages français. Petit parking très au calme à Rocles quelque part dans l'Allier entre La Prugnole et Blanchetière. Pour celles et ceux qui ne visualisent pas, nous sommes à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Moulins. Les enfants ramassent des bâtons qu'ils jettent dans le lac tandis que mes talents de bricoleur se confirment: le mitigeur nouvellement installé inonde le camion.

Road trip seule en van pendant un mois en Norvège English translation pending
Bonjour à tous! Il y a bien longtemps maintenant que je ne suis plus venue ici… mais certains d'entre vous m'ont aidé plusieurs fois à préparer des voyages.
Le thème du jour pour moi : un road trip en septembre avec mon van, toute seule. Alors voilà, la Norvège me tente beaucoup, je partirai de Suisse et je remonterais tranquillement jusqu'à la Norvège, certains d'entre vous ont-ils déjà fait ca sur un mois? Pour conduire seule tous les jours ce n'est pas trop pénible? Je pense aussi aux randos la bas, safe à faire toute seule? Je suis plutôt bonne randonneuse mais j'ai presque toujours voyagé au moins à deux alors il y a un petit facteur stress pour moi à voyage seule cette fois.
Et à part la Norvège, des idées de destinations pour un mois en van? Plutôt nature, montagne, lac...
Mes questions sont très vagues pour le moment, je cherche doucement les inspirations, et avec vos récits, vos témoignages, ca peut m'aider!
Bon déconfinement à tous! (Oui parce qu'avec ce mois sans solde que j'ai posé il y a 1 an j'espère aussi que la situation sanitaire me permettra de voyager en septembre)
Le thème du jour pour moi : un road trip en septembre avec mon van, toute seule. Alors voilà, la Norvège me tente beaucoup, je partirai de Suisse et je remonterais tranquillement jusqu'à la Norvège, certains d'entre vous ont-ils déjà fait ca sur un mois? Pour conduire seule tous les jours ce n'est pas trop pénible? Je pense aussi aux randos la bas, safe à faire toute seule? Je suis plutôt bonne randonneuse mais j'ai presque toujours voyagé au moins à deux alors il y a un petit facteur stress pour moi à voyage seule cette fois.
Et à part la Norvège, des idées de destinations pour un mois en van? Plutôt nature, montagne, lac...
Mes questions sont très vagues pour le moment, je cherche doucement les inspirations, et avec vos récits, vos témoignages, ca peut m'aider!
Bon déconfinement à tous! (Oui parce qu'avec ce mois sans solde que j'ai posé il y a 1 an j'espère aussi que la situation sanitaire me permettra de voyager en septembre)
Retour d'un mois au Vietnam, des montagnes du nord au delta du Mekong English translation pending
Après 2 premiers carnets de voyage publiés sur VF consacrés à des régions indonésiennes peu touristiques
"La traversée des Célèbes (Sulawesi) en photos"
ou même pas du tout touristique
"Les Moluques: splendeurs (et galères) d'un archipel inconnu des touristes
voici un nouveau récit abondamment illustré sur un voyage au Vietnam.
Même si de nombreux beaux carnets ont déjà été publiés sur le Vietnam, j’espère que ce voyage en images rappellera de bons souvenirs aux uns, fournira des renseignements utiles aux autres pour leur prochain voyage ou plus simplement vous fera passer un bon moment en parcourant ce magnifique pays.
Avant de partir, quelques rapides infos sur le contexte (certaines rubriques seront détaillées plus loin au fil du récit, par ex la météo à cette période) :
- voyage réalisé de mi-septembre à mi-octobre 2019 - onzième voyage en Asie du Sud Est- en couple comme chaque fois, c'est bp plus simple - déplacement en bus, taxi, minibus (limousine) et avion (1 fois) réservés sur place 1 ou 2 jours avant, et en voiture particulière la 1ere semaine - logements : du basique chez l'habitant à un très bel hôtel à Ho Chi Minh, avec une préférence pour les petits hôtels de charme - bp de temps passé sur les forums et les guides avant le départ pour recenser les lieux qui nous intéressent, puis parcours modifié au jour le jour en fc de la météo, des envies, de la fatigue, des rencontres, etc .. Avant le départ, on a une superbe liste de lieux "à voir absolument", et sur place on s'aperçoit que ce magnifique programme est bien trop ambitieux. On supprime alors tel ou tels endroits pour ne pas transformer le voyage en une épuisante course de vitesse. - on aime bien prendre notre temps, s’arrêter qqs jours si un lieu nous plait, sauter des visites "incontournables" si ça nous barbe (fatigue, chaleur, overdose de visites, ...). - à la suite de très bons conseils de forumeurs qui se reconnaitront (un grand merci a eux), on a fait une entorse à notre façon de voyager (aucune réservation avant le départ, excepté l’hôtel le jour de l'arrivée) en réservant 8 jours avec une agence locale pour parcourir les montagnes du nord avec chauffeur et guide francophone. Partir avec une agence était en effet la meilleure solution pour découvrir cette région dépourvue de bus en de nombreux endroits, et le guide est bien utile pour ne pas se perdre en randonnée.
Allez, on y va 🙂
Nos étapes : - Extrême nord (Ha Giang - Meo Vac) vers les ethnies montagnardes et rizières - Baie de Lan Ha "la jumelle de la baie d'Halong" - Hanoi - Tam Coc, "la baie d'Halong terrestre" - Hue - Hoi An - Delta du Mekong - Ho Chi Minh
Episode 1 : A la rencontre des ethnies des montagnes du nord
Pour nous qui voyageons seuls d'habitude, nous apprécions d'être attendu à l'aéroport d'Hanoi à 6h30 par Vinh notre guide Vinh et Near notre chauffeur, direction le nord. Aux 11h de vol, on ajoute donc 5-6h de voiture pour Bac Ha, dont la moité environ sur une belle autoroute déserte.
Bac Ha est une petite ville au milieu des montagnes, avec seulement qqs petits hotels de milieu de gamme et des guesthouse, ce qui fait qu'on y rencontre qqs touristes, mais sans excès. 2h après notre arrivée à Bac Ha, nous voila parti pour une 1ère randonnée au milieu des rizières qui dominent la ville.
Ce ne sont pas les plus belles de la région, mais on passe un très agréable moment à se dégourdir les jambes après le voyage dans un tel environnement.
Comme convenu avec l'agence, 2 à 3h de marche entre villages et rizières seront chaque jour au programme : nous découvriront des villages, rencontreront des habitants de plusieurs ethnies au hasard des chemins, et marcherons tout simplement dans de magnifiques paysages de rizières.
Ethnie Hmong bariolé
La région de Bac Ha est majoritairement habitée par de Hmong, ici Hmong à fleurs : (par la suite, si des erreurs se sont malheureusement glissées sur les noms d'ethnies, je ne me vexerai pas si les spécialistes rectifient 😉)

La récolte va bientôt commencer, les rizières commencent à passer du vert vif au jaune, nous les verrons jaune d'or dès le lendemain. Partout des paysans sont au travail : par l'intermédiaire de Vinh, nous échangeront à plusieurs reprises, eux qui sont aussi curieux sur nous que nous sur eux.
Le lendemain direction le marché de Can Cau a 45 min de Bac Ha (18km) sur une route zigzaguant dans un beau paysage de montagne (ce sera le régime de la semaine a venir).
67 ans de présence française ont laissé ces beaux souvenirs le long des routes :
Notre parcours a été étudié avec l'agence pour être sur les marchés de Can Cau le samedi, de Bac Ha le dimanche et de Lun Phin le mercredi suivant Le marché de Can Cau est situé en pleine nature, à flan de montagne.

Hmong des alentours viennent y vendre ou acheter toutes sortes de produits, vêtements, nourritures, animaux vivants, oiseaux, etc ... :



Hmong à fleurs(dessus et dessous)

Certains repartent avec des vêtements
d'autres avec un porc ou une chèvre (pour l'achat de buffle la mobylette n'est pas conseillée)
On est les seuls touristes. Le jour du marché est aussi l'occasion pour tous les villageois des alentours de se retrouver autour d'un thang cô (viande et intestins de bœuf dans un bouillon de sang, épices et herbes aromatiques) accompagné d’alcool de riz ou plus surprenant de Red Bull (!!) ... on n'arrête pas le progrès. On n'a pas gouté ce thang cô , le petit déjeuner n'étant pas loin .... excuse minable 😊

Red Bull et pipe
La suite très bientôt
Même si de nombreux beaux carnets ont déjà été publiés sur le Vietnam, j’espère que ce voyage en images rappellera de bons souvenirs aux uns, fournira des renseignements utiles aux autres pour leur prochain voyage ou plus simplement vous fera passer un bon moment en parcourant ce magnifique pays.
Avant de partir, quelques rapides infos sur le contexte (certaines rubriques seront détaillées plus loin au fil du récit, par ex la météo à cette période) :
- voyage réalisé de mi-septembre à mi-octobre 2019 - onzième voyage en Asie du Sud Est- en couple comme chaque fois, c'est bp plus simple - déplacement en bus, taxi, minibus (limousine) et avion (1 fois) réservés sur place 1 ou 2 jours avant, et en voiture particulière la 1ere semaine - logements : du basique chez l'habitant à un très bel hôtel à Ho Chi Minh, avec une préférence pour les petits hôtels de charme - bp de temps passé sur les forums et les guides avant le départ pour recenser les lieux qui nous intéressent, puis parcours modifié au jour le jour en fc de la météo, des envies, de la fatigue, des rencontres, etc .. Avant le départ, on a une superbe liste de lieux "à voir absolument", et sur place on s'aperçoit que ce magnifique programme est bien trop ambitieux. On supprime alors tel ou tels endroits pour ne pas transformer le voyage en une épuisante course de vitesse. - on aime bien prendre notre temps, s’arrêter qqs jours si un lieu nous plait, sauter des visites "incontournables" si ça nous barbe (fatigue, chaleur, overdose de visites, ...). - à la suite de très bons conseils de forumeurs qui se reconnaitront (un grand merci a eux), on a fait une entorse à notre façon de voyager (aucune réservation avant le départ, excepté l’hôtel le jour de l'arrivée) en réservant 8 jours avec une agence locale pour parcourir les montagnes du nord avec chauffeur et guide francophone. Partir avec une agence était en effet la meilleure solution pour découvrir cette région dépourvue de bus en de nombreux endroits, et le guide est bien utile pour ne pas se perdre en randonnée.
Allez, on y va 🙂
Nos étapes : - Extrême nord (Ha Giang - Meo Vac) vers les ethnies montagnardes et rizières - Baie de Lan Ha "la jumelle de la baie d'Halong" - Hanoi - Tam Coc, "la baie d'Halong terrestre" - Hue - Hoi An - Delta du Mekong - Ho Chi Minh
Episode 1 : A la rencontre des ethnies des montagnes du nord
Pour nous qui voyageons seuls d'habitude, nous apprécions d'être attendu à l'aéroport d'Hanoi à 6h30 par Vinh notre guide Vinh et Near notre chauffeur, direction le nord. Aux 11h de vol, on ajoute donc 5-6h de voiture pour Bac Ha, dont la moité environ sur une belle autoroute déserte.
Bac Ha est une petite ville au milieu des montagnes, avec seulement qqs petits hotels de milieu de gamme et des guesthouse, ce qui fait qu'on y rencontre qqs touristes, mais sans excès. 2h après notre arrivée à Bac Ha, nous voila parti pour une 1ère randonnée au milieu des rizières qui dominent la ville.

Ce ne sont pas les plus belles de la région, mais on passe un très agréable moment à se dégourdir les jambes après le voyage dans un tel environnement.
Comme convenu avec l'agence, 2 à 3h de marche entre villages et rizières seront chaque jour au programme : nous découvriront des villages, rencontreront des habitants de plusieurs ethnies au hasard des chemins, et marcherons tout simplement dans de magnifiques paysages de rizières.Ethnie Hmong bariolé

La région de Bac Ha est majoritairement habitée par de Hmong, ici Hmong à fleurs : (par la suite, si des erreurs se sont malheureusement glissées sur les noms d'ethnies, je ne me vexerai pas si les spécialistes rectifient 😉)


La récolte va bientôt commencer, les rizières commencent à passer du vert vif au jaune, nous les verrons jaune d'or dès le lendemain. Partout des paysans sont au travail : par l'intermédiaire de Vinh, nous échangeront à plusieurs reprises, eux qui sont aussi curieux sur nous que nous sur eux.

Le lendemain direction le marché de Can Cau a 45 min de Bac Ha (18km) sur une route zigzaguant dans un beau paysage de montagne (ce sera le régime de la semaine a venir).

67 ans de présence française ont laissé ces beaux souvenirs le long des routes :

Notre parcours a été étudié avec l'agence pour être sur les marchés de Can Cau le samedi, de Bac Ha le dimanche et de Lun Phin le mercredi suivant Le marché de Can Cau est situé en pleine nature, à flan de montagne.


Hmong des alentours viennent y vendre ou acheter toutes sortes de produits, vêtements, nourritures, animaux vivants, oiseaux, etc ... :




Hmong à fleurs(dessus et dessous)

Certains repartent avec des vêtements

d'autres avec un porc ou une chèvre (pour l'achat de buffle la mobylette n'est pas conseillée)

On est les seuls touristes. Le jour du marché est aussi l'occasion pour tous les villageois des alentours de se retrouver autour d'un thang cô (viande et intestins de bœuf dans un bouillon de sang, épices et herbes aromatiques) accompagné d’alcool de riz ou plus surprenant de Red Bull (!!) ... on n'arrête pas le progrès. On n'a pas gouté ce thang cô , le petit déjeuner n'étant pas loin .... excuse minable 😊

Red Bull et pipe

La suite très bientôt
Voyager spirituel - voyages en conscience et initiatiques English translation pending
La demande de voyages spirituels est en plein essor.Des agences de voyages se sont spécialisées dans les voyages en conscience et initiatiques. Certaines sectes ou individus malfaisants utilisent ces voyages à minima pour s'adonner à de la manipulation mentale voire recruter de nouveaux adeptes ou client captifs ; que ce soit en accord avec les dirigeants des organisateurs ou dans le cadre d'une infiltration.
Devient-il nécessaire de dresser une liste milivitude (http://www.derives-sectes.gouv.fr/) des agences dangereuses ?
Par ailleurs le volume d'activité de certaines agences sur le créneau égratigne leur crédibilité : est-il sérieux d'imaginer un tourisme spirituel de masse à des prix exorbitant ?
Merci de votre réflexion et votre aide pour cibler les bons séjours.
Votre avis sur la France English translation pending
La France (j'allais dire notre pays , c'était oublier que le site VF est canadien, enfin c'est pas loin concernant les francophones, il s'agit de nos cousins😎), donc voilà ma réflexion: que vous ayez beaucoup voyagé ou pas, loin ou pas, à vélo, avec sac à dos (certains diraient bagpacker), en solo, en bivouac sauvage, en fréquentant les hôtels deux ou quatre étoiles, avec agence ou autrement, vous situez la France à quel niveau en matière d’intérêt touristique ou de voyage, car selon son point de vue j'ai constaté que l'on peut faire la différence entre touriste et voyageur?
Je vous livre en matière de préambule mon sentiment, la France c'est le top du top et de plus en France il y a un paradis sur Terre (certains diront que c'est un pays indépendant) la Corse. Je précise je ne suis pas corse, mais lyonnais qui ne jure que par les Vosges.
Au plaisir de vous lire Luc
Transport taxi et voiture avec chauffeur au Sri Lanka English translation pending
Bonjour,
Nous partons en février au Sri Lanka pour 13 jours.
Notre programme (réservations d'hébergements) sera : Negombo (1 j.et demi), Kandy (2j.) , Sigiriya (2 j.), Polonnaruwa (2 j.), Colombo (1 j.),
Matara (4 j.).
J'aimerais connaître les tarifs d'
- un taxi de l'aeroport à Negombo (arrivée 4h30)
- une voiture avec chauffeur à la journée dans le triangle culturel
- une voiture avec chauffeur à Matara pour aller au Parc d' Udawalawa
Est-il possible d'aller de Negombo à Kandy en train: à quelle gare s'arrête le train qui vient de Colombo ?
Pour rejoindre l'aeroport depuis Matara, quel est le moyen de transport le plus rapide ?
Merci !
Air France: grève, surbooking English translation pending
Bonjour,
Grâce à AirFrance et aux grèves, au lieu de faire un vol Nantes -> Rome en passant par Paris, départ 14h30, arrivée 21h, nous avons appris 24h avant que le Nantes Paris a été annulé. Petit résumé du départ :
4h : levé de tout le monde, dur pour les enfants (4 ans et demi et 1 an et demi).
- 1h30 de voiture pour rejoindre Rennes, seule ville pour laquelle il restait des billets de train pour Paris.
- 3h de trains, nous arrivons donc à 9h10 à Paris.
On se dit que tout va bien, on a près de 5h à attendre avant le check in. Toutefois, vous vous en douter, 5h d'attente avec 2 petits, levé depuis 4h du matin, c'était déjà l'enfer.
Arrivé au checkin, billets en anomalies car nous n'avons pas pris l'avion à Nantes. Etonnant non vu que le vol a tout simplement été annulé. Direction donc le guichet anomalie et effarement de notre part : 4 personnes doivent gérer l'ensemble des personnes touchées par les grèves. Certaines personnes sont en pleurs, beaucoup semblent très fatigué.
On prend notre mal en patience et patientons 3h30, au bout de 2h de pleurs, les petits n'en peuvent plus, ils partent se promener avec la maman.
Arrivé au guichet, on nous dit que tout va bien, que les billets sont bons, mais que grâce à la politique de SUR BOOKING d'AIR FRANCE, nos places ont été vendues et qu'on ne peut pas partir. MERCI AIR FRANCE. Les personnes du guichet comprennent notre détresse et nous mettent dans le vol suivant, hop, c'est repartit pour 1h30 d'attente.
Résultats : - 1 vol annulé, places revendues, vol suivant prit. Levé à 4h du matin pour arriver avec 2h30 de retard. => On devait prendre une voiture sur place, on a eu une majoration de 50€ car on était trop en retard. => On a pas pu faire le check in dans notre location car il était bien trop tard.
Le meilleur pour la fin, parce qu'avec Air France, on est jamais au bout de nos surprises : On vient de recevoir la valeur du remboursement après avoir rempli ledit formulaire : 50€.
50 € pour 4 personnes et un vol annulé. Pour le train, on en a eu pour 300 €. Air France n'en a rien à foutre et ne le prend pas en compte pour le remboursement.
On va pas s'arreter la, on se renseigne niveau association de voyageurs, assocation de consommateurs pour aller plus loin.
MERCI AIR FRANCE !
On se dit que tout va bien, on a près de 5h à attendre avant le check in. Toutefois, vous vous en douter, 5h d'attente avec 2 petits, levé depuis 4h du matin, c'était déjà l'enfer.
Arrivé au checkin, billets en anomalies car nous n'avons pas pris l'avion à Nantes. Etonnant non vu que le vol a tout simplement été annulé. Direction donc le guichet anomalie et effarement de notre part : 4 personnes doivent gérer l'ensemble des personnes touchées par les grèves. Certaines personnes sont en pleurs, beaucoup semblent très fatigué.
On prend notre mal en patience et patientons 3h30, au bout de 2h de pleurs, les petits n'en peuvent plus, ils partent se promener avec la maman.
Arrivé au guichet, on nous dit que tout va bien, que les billets sont bons, mais que grâce à la politique de SUR BOOKING d'AIR FRANCE, nos places ont été vendues et qu'on ne peut pas partir. MERCI AIR FRANCE. Les personnes du guichet comprennent notre détresse et nous mettent dans le vol suivant, hop, c'est repartit pour 1h30 d'attente.
Résultats : - 1 vol annulé, places revendues, vol suivant prit. Levé à 4h du matin pour arriver avec 2h30 de retard. => On devait prendre une voiture sur place, on a eu une majoration de 50€ car on était trop en retard. => On a pas pu faire le check in dans notre location car il était bien trop tard.
Le meilleur pour la fin, parce qu'avec Air France, on est jamais au bout de nos surprises : On vient de recevoir la valeur du remboursement après avoir rempli ledit formulaire : 50€.
50 € pour 4 personnes et un vol annulé. Pour le train, on en a eu pour 300 €. Air France n'en a rien à foutre et ne le prend pas en compte pour le remboursement.
On va pas s'arreter la, on se renseigne niveau association de voyageurs, assocation de consommateurs pour aller plus loin.
MERCI AIR FRANCE !
Circuit Madagascar juillet 2015 English translation pending
Bonjour,
Voici le récit de notre magnifique périple à Madagascar en juillet dernier.
Il est possible de le retrouver avec les photos sur le site : http://lesblancond.pagesperso-orange.fr/
Bonne lecture
Les Blancond à Mada
Circuit du 11 juillet au 2 août 2015
Après nos périples en Namibie (2008), USA (2010), Brésil (2013), notre choix s’est porté cette année sur Madagascar, une destination dans nos têtes depuis longtemps mais que nous avions jusqu’à présent repoussée à une date ultérieure pour plusieurs raisons ( traitement antipaludéen pour les enfants et problèmes d’insécurité chronique relatés, le dernier en date à Nosy Be ayant été particulièrement violent avec le lynchage de 2 français ).
Le choix de la destination s’est fait en début d’année, Madagascar ayant été mis en concurrence avec la Namibie (déjà effectué en 2008) et l’Indonésie, plus particulièrement Florès. C’est Mada qui s’est imposé assez naturellement et à l’unanimité.
Après avoir consulté plusieurs agences locales, c’est Malagasy Tours qui nous a proposé le circuit qui convenait le mieux à nos souhaits, à la fois en terme de programme et de budget : un circuit mixte RN7 et Nord du pays avec 3 vols intérieurs ( Tuléar-Antananarivo, Antananarivo-Diego Suarez et Nosy Be-Antananarivo ) les 3 vols intérieurs ont été réservés par l’agence ( on ne sait jamais, en cas de problème, ce sera plus facile de se faire rembourser ) alors que le vol international a été réservé par internet ( vol Air France, l’autre compagnie assurant des vols directs étant Air Madagascar, compagnie n’assurant pas toutes les garanties en terme de fiabilité à tous les niveaux , sécurité et ponctualité ).
J’ai donc échangé assez longuement avec Seheno, de Malagasy Tours, pour finaliser le circuit et trouver un bon compromis entre une découverte en profondeur du pays tout en se ménageant un peu de temps de repos, en particulier 4 jours de farniente en fin de séjour, sur l’île de Nosy Komba.
Courant juin, en regardant les forums, j’apprends qu’une grève du personnel de la compagnie est en cours, la raison officielle étant le détournement des cotisations maladie et retraite du personnel de la compagnie par la direction, et par ailleurs des investissements hasardeux en avions que conteste le personnel, qui réclame la démission de l’équipe dirigeante.
Après quelques jours, voyant que la situation est bloquée, j’interroge l’agence sur les éventuelles conséquences pour notre circuit : pas de panique pour le moment, en 15 jours ça devrait évoluer.
Mais malheureusement, le 6 juillet, soit 5 jours avant le départ, je reçois un mail de Seheno m’informant que, le mouvement de grève étant toujours en cours, nous allons devoir renoncer aux vols intérieurs et construire un nouveau circuit tenant compte de cette contrainte.
Coup de massue et sueurs froides en perspectives !!!! On procède donc par éliminations : on commence par renoncer à la partie Nord, Tuléar-Nosy Be par la route étant complètement délirant en 4 jours puis on élimine une remontée de Tuléar par l’Ouest, là aussi les temps de route nous paraissant rédhibitoires. Le moins mauvais compromis nous paraît être finalement de remonter par la même route qu’à l’aller, trouver une étape balnéaire de 4 nuits et quelques étapes en chemin au retour pour éviter la monotonie. J’ai aussi demandé à prévoir quelques hôtels assez haut de gamme pour faire passer la pilule des longues heures de route inévitables à certaines étapes.
Vendredi 10 en fin de journée, soit la veille du départ et après 4 jours de réflexions et de nuits agitées, je valide un circuit avec une étape à Anakao en milieu de séjour, un arrêt à Ranomafana (non prévu au départ car peu intéressant d’après le routard), et 3 jours pour finir à Andasibe.
Quelle semaine, à jongler entre le boulot, les échanges avec Seheno et ceux entre nous pour valider les changements !!! On s’en souviendra…
Pour couronner le tout, les filles sont revenues de leur tournée de tennis à La Baule vendredi soir à 22h et j’ai dû retourner en catastrophe au labo jusqu’à 23h pour scanner des documents hyper urgents. On a souvent eu des départs mouvementés, mais celui-là bat tous les records !
Samedi 11 juillet. A 3h45, réveil en fanfare et c’est le grand départ pour l’aéroport de Guipavas ou nous retrouvons Ben. Nous décollons pour Roissy à 6h35 et arrivons sans encombre à 7h45, où toute l’équipe se retrouve au complet puisque Pierrot est arrivé la veille et a logé à l’Ibis. Nous décollons à 11h30, donc à l’heure, de Roissy et arrivons à 23h10 à Antananarivo après un vol sans histoires. Le plus dur est fait, se dit on et dans une heure nous devrions être couchés….illusion !! Nous sommes d’emblée confrontés à l’efficacité malgache dans toute sa splendeur : d’une part les démarches d’entrée dans le pays prennent un temps fou ( il faut passer à 2 postes où la rapidité est inversement proportionnelle au personnel dédié ) et surtout les bagages arrivent Mora Mora, tellement d’ailleurs que seulement 3 bagages sur les 6 sont arrivés ( ils manquent la valise de Ben et 2 de nos bagages, les vêtements étant par chance dans les 2 autres sacs ). Comme nous ne sommes pas les seuls, loin de là, c’est aussi un vaste foutoir au bureau de réclamation des bagages. Ce n’est donc que vers 2h30 que nous quittons l’aéroport avec notre guide Hery et notre chauffeur Feno qui nous attendent depuis plusieurs heures. Le temps de faire du change, de donner un pourboire misérable aux porteurs de bagages ( on n’a pas encore trop la notion de la valeur des ariarys et honnêtement il ne faut pas nous demander grand-chose à cette heure avancée et après ces émotions), Hery nous fait un topo rapide tout en nous offrant un plateau garni de nems, samoussas, beignets de poulets…., délicieux mais à cette heure on pense plus à notre lit qu’à notre estomac. Nous arrivons en quelques minutes à notre hôtel, « Le Bois Vert », où la température est très fraîche et où nous passons une première nuit courte mais oh combien réparatrice.
Dimanche 12 juillet : Antananarivo-Antsirabe. Vus les événements de la veille, le top départ de ce matin n’a été fixé qu’à 10h nous nous levons donc à 9h et, après le petit déjeuner, nous laissons à l’hôtel des photocopies de nos passeports et les clés et codes de nos bagages, pour qu’une personne de l’agence puisse aller à l’aéroport les récupérer. A 10h, c’est parti pour l’aventure dans notre minibus Mercedes Sprint vert flashy. La traversée de la capitale nous donne une idée de la pauvreté entrevue la veille lors de l’aéroport à l’hôtel. Après être passé devant des femmes qui lavent leur linge, devant un hôpital vide ( construit par le gouvernement de la transition, un mot qu’on entendra beaucoup durant le séjour, toujours pour parler de choses inutiles réalisées ou utiles qui n’ont pas été faites ), nous quittons progressivement Antanarivo petit à petit apparaît le paysage des hautes terres, avec son relief montagneux, sa terre rouge et ses rizières et autres cultures. La foule le long de la route est impressionnante et les arrêts nombreux : boutique pour faire le plein d’eau ( où nous entendons la chanson de Françoise Hardy « tous les garçons et les filles », probablement le tube du moment …), petit marché au bord de la route pour acheter des fraises locales ( où je me fais arnaquer car je donne le prix demandé de 10 000 ariarys pendant qu’Hery le négocie à la baisse ), vendeurs divers et variés ( artisanat local, objets en raphia, chapeaux, petites voitures….à des prix défiant toute concurrence ). Nous nous arrêtons le midi dans la ville du foie gras, Behenjy, dans un restaurant un peu kitsch, « le coin du foie gras », situé sur la hauteur, où les notables des environs ont manifestement l’habitude de déjeuner les dimanche midi. Le foie gras n’est pas mauvais du tout (nature ou parfumé à la vanille, au poivre ou au raisin ), et on déguste pour la première fois un filet de zébu et Ben et Pierre la bière vedette de Mada, la THB. Hery et Feno mangent sur une autre table. J’avais signalé à l’agence avant notre séjour que nous souhaitions prendre nos repas « seuls » car c’est toujours compliqué, et même parfois pénible, d’être constamment avec le guide, sans possibilité de se lâcher vraiment. Le fait de le prévoir avant le départ permet de ne pas froisser le guide qui pourrait le prendre comme un jugement personnel. Nous continuons notre périple en direction d’Antsirabe, en nous arrêtant régulièrement pour des photos de paysages ou des scènes de la vie quotidienne. Partout où nous nous arrêtons, alors qu’on pense être dans des coins déserts, c’est systématiquement une nuée d’enfants qui sortent de partout et nous entourent en criant « bonbons vazahas !!!! » On s’y attendait un peu mais parfois ça tourne à l’émeute. Après avoir dû renoncer ( pour mieux la faire au retour ) à la visite de la fabrique de marmites en aluminium à Ambatolampy, nous arrivons vers 17h à Antsirabe, alors que la nuit n’est pas loin. Nous effectuons la visite très intéressante de l’atelier de Mamy qui fabrique des vélos, voitures…avec du matériel de récupération. Derrière cette boutique se situe celle de la femme de Mamy qui vend de la broderie. Nous y achetons une grande nappe et Ben nous gratifie d’un striptease lors de l’essayage d’un teeshirt, qui déclenche l’hilarité dans toute l’assistance, notamment d’une vendeuse qui lui dit qu’elle a vu les horreurs de la guerre et n’est donc plus à ça prêt. Nous terminons la journée par la visite d’un artisan qui fabrique des objets en corne de zébu la démonstration de la fabrication est très instructive et bien sûr, comme il se doit, la visite se termine par un petit passage à la boutique où la fièvre acheteuse bat son plein. Nous arrivons à l’hôtel, « Couleur Café », vers 18h tenu par un breton des Côtes d’Armor, c’est un établissement très agréable, fait de plusieurs petites maisons, chaque chambre ayant sa cheminée, ce qui n’est pas du luxe compte tenu de la température sibérienne qui y règne à cette période de l’année ( c’est la ville la plus froide du pays ). Rendez-vous est donné par Hery à 19h pour le briefing du voyage et de notre guide du lendemain. Nos bouteilles d’apéritif ainsi que celles de Ben étant entre la France et Mada dans nos bagages « perdus », Pierre heureusement a les siennes et nous sauve d’une déshydratation majeure. On apprécie bien ce premier apéritif au coin du feu, tout en commentant cette première journée assez riche. Nous retrouvons notre guide comme convenu au restaurant où un petit rhum arrangé de bienvenue nous est offert par l’agence et où le carnet de voyage nous est remis. Notre guide local du lendemain, Arsène, vient nous expliquer le programme de la journée : balade de plusieurs heures dans les paysages de rizières des environs du village de Betafo. Il pratique un tourisme écoresponsable en faisant participer les villageois à la venue des touristes dans leurs villages reculés et en les rétribuant un peu pour cela. Nos chaussures de marche sont dans la valise «évaporée » mais d’après Arsène nos chaussures en toile devraient suffire. Après cette explication, Arsène nous quitte en nous donnant rendez-vous pour le lendemain. Hery termine ses explications sur l’ensemble du circuit et nous quitte à son tour. Ce soir, c’est dodo tout habillés ( Ben n’ayant pas ses bagages garde ses vêtements 24h sur 24 ) car le feu de cheminée est éteint et la chambre est glaciale malgré le petit digestif pris au retour du restaurant.
Lundi 13 juillet : randonnée dans les hautes terres. Ce matin, Arsène nous a donné rendez-vous à 9h, le temps pour lui d’acheter le nécessaire pour le pique-nique de midi. Il est accompagné de son frère qui se destine aussi au métier de guide. Nous prenons le minibus en direction de Betafo et nous nous arrêtons quelques kilomètres avant le village. C’est aujourd’hui lundi, jour du marché hebdomadaire, et toute la population se dirige en masse vers Betafo pour y vendre toutes sortes de produits. Nous entamons notre marche par la montée d’une colline assez raide qui nous donne un avant-goût du programme de la journée. Arsène est un excellent guide, très instruit, qui nous donne énormément d’informations sur les plantes, les us et coutumes. Arrivés au sommet d’une seconde colline, nous surplombons le village de Betafo plusieurs dizaines de mètres plus bas. La vue est grandiose, avec notamment les paysages de rizières en terrasses. D’en haut, Arsène aperçoit un regroupement de personnes d’après lui, il est probable que ce soit une cérémonie de retournement des morts, coutume locale qui se déroule à cette période de l’année. Nous continuons notre marche et finissons par arriver dans la vallée à un petit village où nous sommes accueillis par une joyeuse bande d’enfants. Ici, pas de « bonbons vazahas », les habitants n’ont pas encore été pervertis par le tourisme. Arsène leur a apporté des photos prises par des touristes venus précédemment dans le village c’est la franche rigolade. A notre tour, nous commençons à les mitrailler lors d’une séance photo, les enfants imitant Jackie Chan en prenant le pose. Les arrêts sont nombreux pour photographier des scènes de la vie quotidienne et nous commençons à maitriser 2 mots malgaches qu’on utilise toutes les 30 secondes, salam (a, é ou o , ce qui veut dire bonjour, qui se dit également d’une autre façon, manao ahoana) et velom ( a et é qui signifie au revoir ). Nous visitons une petite maison assez misérable, où toute la famille vit dans 2 pièces, une cuisine dont les murs sont dégoulinants de suie ( mais pourquoi les maisons n’ont-elles pas de cheminées ? On aura à peu près autant d’explications différentes que de fois où on a posé la question : pour garder la chaleur, pour protéger des termites ou des moustiques….en tout cas, ce n’est certainement pas pour préserver la santé des pauvres malgaches) et une mini-chambre commune à toute la famille. Ils vivent à l’étage, le rez de chaussée étant réservé pour les bêtes en particulier.

Peu après le village, nous progressons dans les rizières en marchant sur les « diguettes » Charlotte, qui est handicapée par une douleur au genou, met malencontreusement le pied dans l’eau. C’est le drame car ses Stan Smith neuves sont fichues et Charlotte est en pleurs, s’en voulant de ne pas avoir pris soin de ses chaussures neuves. Nous nous arrêtons pour le pique-nique dans un coin tranquille à l’abri du vent. Au menu : avocats délicieux avec une vinaigrette à l’oignon, samousas et fruits pour le dessert. Hery nous apprend que la valise de Ben est arrivée à bon port, contrairement aux nôtres dont on est toujours sans nouvelles ( alors qu’on a reçu dans la nuit un mail d’Air France nous signifiant que les bagages étaient en chemin ). C’est une bonne nouvelle pour Ben par contre, pour nous, les chaussures de marches, les vêtements à laisser à Madagascar, les bouteilles d’apéritif et plus grave, la Malarone et tous les médicaments attendront. Durant le repas, Arsène nous raconte l’histoire du Maki qui parle : c’est quoi ça ? « Une banane » répond le maki. « Merci Maki ». C’est quoi ça ? « un ananas » « merci maki » puis on lui montre le fruit qui ressemble à une grosse orange.. Anny et Ben tombent tous les 2 dans le panneau en répondant « un pamplemousse » auquel Arsène répond par un « merci Maki »…. Après le déjeuner, nous continuons à progresser vers Betafo Arsène nous confirme que le rassemblement de personnes sur la colline correspond bien à une cérémonie de retournement des morts et nous demande si on souhaite y assister, ce que nous acceptons, très curieux de connaître cette tradition qui ne se déroule que dans une partie du pays. Appelée Famadihana, cette coutume funéraire en particulier des hautes terres a lieu de juin à septembre de villages en villages, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser leurs morts lors de grandes fêtes cela donne lieu à 2-3 jours de festins où tous les membres de la famille et les amis sont invités. Après les avoir sortis du tombeau, la foule des parents et des amis s’empare des corps et les emportent dans une danse très rapide. Cette cérémonie a lieu tous les 3, 5 ou 7 ans et à cette occasion, les linceuls recouvrant les restes mortuaires sont renouvelés. Arrivés sur le lieu de la cérémonie, nous nous faisons toucher et même agripper par plusieurs personnes manifestement bien alcoolisées, ce qui met certains d’entre nous un peu mal à l’aise, ayant du mal à savoir s’ils sont honorés ( ce qui est a priori le cas ) ou si on les dérange. Ben est invité à visiter l’intérieur du tombeau. Puis c’est le moment des chants : certains dansent, d’autres portent les corps dans leur linceul tout en tournant 7 fois autour du tombeau un moment impressionnant et vraiment unique ! A la fin de la cérémonie, ils entonnent l’hymne malgache, avant de se disséminer petit à petit dans la campagne. Nous poursuivons ensuite notre descente vers Betafo où nous attend Feno. Il est plus de 16h et le marché est désormais terminé dommage car la concentration de personnes est vraiment impressionnante à cette heure avancée et cela devait être vraiment grouillant quand le marché battait son plein au cours de la journée. Sur le chemin du retour, nous demandons à nos guides de nous arrêter en ville à Antsirabe pour acheter des chaussures pour les filles, celles de Juliette lui faisant mal et les Stan Smith de Charlotte ….. Nous en trouvons d’occasion dans la rue, correctes et à un prix dérisoire. Par contre, quel contraste entre l’ambiance un peu glauque en ville et celle hyper chaleureuse dans les villages traversés tout au long de la journée. Une bien belle journée en tout cas, avec un guide cultivé et hyper intéressant, qui contraste avec Hery qui, bien que très attentionné et plein d’humour, manque de connaissances profondes. A l’arrivée à l’hôtel, la valise de Ben est là ! Plus que 2 bagages et nous serons au complet…
Mardi 14 juillet : Antsirabe – Antoetra. Ce matin, faute d’être certains de récupérer nos bagages, nous décidons de rationner la Malarone et de ne pas en prendre dans ces régions fraîches où les moustiques font manifestement grève eux aussi. Nous partons ce matin à 9h en direction d’Ambositra. Nous commençons par une petite balade en pousse pousse dans Antsirabe qui nous mène à la gare, la rue de l’Indépendance ( toutes les villes ont une rue et une place de l’Indépendance à Mada), l’hôtel des Thermes, et pour finir le centre-ville où nous nous arrêtons dans une boutique de pierres précieuses, chez Joseph. Difficile de trouver plus visqueux, gluant et mielleux que le dénommé Joseph qui a d’ailleurs transmis son « savoir-faire » dans le domaine à son personnel. On déteste ce genre d’ambiance où tout est exagéré ( le summum étant atteint avec 4 tortues radiées qui ont manifestement été mises au « garde à vous » pour notre arrivée ), mais on finit quand même par acheter quelques pierres semi-précieuses. Sur la route vers Ambositra, comme dans le reste du pays, 2 choses frappantes : les « arrêts flics » toutes les 30 mn au bord des routes ( on se demande à quoi ils servent à part racketter dès que possible ) et les taxis brousses et autres ORNI ( objets roulants non identifiés ), chargés à bloc à l’intérieur et sur le toit. On se demande comment ils peuvent rouler avec de tels chargements. D’ailleurs, très régulièrement on voit sur les routes des véhicules en panne, en cours de dépannage, avec une branche ou un feuillage 100 m avant pour signaler ( c’est leur triangle à eux ). Nous arrivons à Ambositra pour le déjeuner, au restaurant « chez Jonathan », un lieu d’anthologie grâce au chanteur qui y officie : Johny Gasy. A priori c’est un habitué des lieux et tout est réuni pour passer un moment mémorable : le look ( avec guitare ), la façon de chanter ( bouche semi-ouverte ), le répertoire ( Aline de Christophe, J’entends siffler le train, Que sera sera, chants tyroliens, Beatles, Capri c’est fini….) et pour clôturer le tout la voix ( nasillarde à souhait ). Notamment la version d’Aline nous provoque un énorme fou rire général. Un grand moment. Ça va d’ailleurs devenir la chanson de nos vacances ( et j’ai crié, crié….). En sortant du restaurant, nous nous faisons agripper par des vendeuses d’écharpes en soie. C’est la foire d’empoigne entre elles et c’est pénible d’acheter dans ces conditions. Dans la foulée nous allons visiter un atelier de marqueterie. Les objets en vente dans la boutique ( couvertures d’albums de Tintin notamment ) vont du laid au quelconque et pour la première fois nous quittons une boutique sans rien acheter. Quelques kilomètres après Ambositra, nous prenons l’embranchement et la piste en direction d’Antoetra, notre hôtel « Sous le Soleil de Mada » étant situé à mi-chemin. C’est le début du pays Betsileo les hommes arborent une tenue très typique, avec un couvre-chef et en guise de vêtement une longue étoffe drappée sur l’épaule rappelant les masais des hauts plateaux tanzaniens. Nous nous arrêtons en cours de piste pour voir travailler des chercheurs d’or l’une des femmes qu’on prend en photo fait le spectacle en se tortillant dans tous les sens. A chaque fois qu’on s’arrête en bord de route, il se passe quelque chose et les gens sont vraiment spontanés. Après 1 h de piste, nous arrivons à l’écolodge, tenu par Brigitte et Marc, vers 16h. C’est un ensemble de petites maisonnettes, construites selon le style zafimaniry ( nous sommes dans la région ). Après avoir pris possession de nos bungalows, nous partons faire une petite marche aux alentours de l’hôtel à la rencontre des villageois. C’est grâce à Brigitte et Marc que les enfants sont maintenant scolarisés. Ils les sensibilisent aussi au respect de l’environnement en faisant planter à chaque enfant un arbre par an.

Après une petite partie de pétanque, à partir de 18h c’est la discussion autour du feu de camp, où on regarde les étoiles et où Brigitte nous explique son analyse de la situation à Madagascar, très intéressante car venant de quelqu’un qui connaît le terrain tout en ayant un œil « extérieur ». Elle nous fait part de sa déception sur l’évolution du tourisme à Madagascar, le nombre de voyageurs annuels étant passés de 450 000 en 2009 à 200 000 actuellement, avec probablement une dégradation liée à la grève d’Air Madagascar. La raison principale est l’insécurité, qu’elle trouve excessivement mise en avant par les sites diplomatiques par rapport à la réalité sur place. Comme d’autres, elle nous dit aussi ( et nous avions eu la même réflexion ) que finalement c’est une bonne dictature qu’il faudrait pour remettre le pays dans le droit chemin. A 19h, les choses sérieuses commencent puisque c’est l’apéritif au rhum arrangé. C’est Marc qui tient le bar ( c’est d’ailleurs plutôt l’inverse car le pauvre a des problèmes de santé ) : grande gueule, il m’apostrophe d’emblée en me prenant pour un chinois je suis d’après lui le sosie (confirmé par Brigitte ) avec 20 ans de moins d’Assoun, un chinois d’Ambositra. Il joue un peu la provoc, ce qui peut surprendre voire déplaire à certains, mais on voit qu’il a le cœur sur la main. En tant que bretons ( lui est auvergnat ) nous avons notre réputation de piliers de bar à tenir et nous dégustons avec plaisir , accompagnés par des cacas pigeons ( gâteau apéro locaux ) plusieurs rhums arrangés ( cardamone, poivre, gingembre-cumbavas, pok pok….), les meilleurs de notre séjour haut la main. Marc et Brigitte nous racontent qu’ils sont partis il y a plus de 10 ans pour un tour du monde dont la première étape était Madagascar et ils n’y sont jamais repartis, conquis par l’accueil et la gentillesse malgaches. Le repas se passe dans la convivialité, autour d’une grande table d’hôtes, et nous sommes accompagnés par 2 nantaises et 3 couples de suisses très sympas. Une excellente soirée. La nuit est glaciale ( 4°C au réveil ! ) et la literie pas terrible mais on s’endort sans mal….
Mercredi 15 juillet : randonnée dans les villages zafimaniry. Au lever vers 7h, de la buée sort denotre bouche à l’intérieur du bungalow, ce qui donne une idée de la température les plus courageux passent à la douche ( n’est-ce pas Ben ?), mais je décide comme la plupart de passer mon tour. Si le froid devait durer tout le voyage, on en reparlera mais ce matin ce n’est vraiment pas le moment… Par ailleurs, contrairement à la veille, les nuages sont de la partie ( on est dans une région très humide souvent sujette à des nuages et de la pluie ) et nous accompagneront malheureusement toute la journée. A 8h, départ pour Antoetra pour une balade dans le pays Zafimaniry, connu pour son artisanat du bois, en particulier ses maisons assemblées sans le moindre clou ni la moindre vis, aux portes et aux volets finement sculptées. Nous avons rendez-vous avec notre guide Johny et arrivons sur place à 9h. Les présentations se font rapidement avec Johny, qui n’est pas du genre causant, contrairement à une nuée de jeunes qui s’accrochent à nous en nous demandant de leur acheter des souvenirs à notre retour du village d’Ifasina, but de notre balade. Comme toujours, il y en a qui sont plus dégourdis que les autres et arrivent à se « placer ». Chacun d’entre nous a son « camarade », en gros le premier enfant à avoir lié connaissance avec nous ( Frédéric pour Anny, Jean Marc pour Pierre, Pascal et Stanislas pour Ben, Emmanuel et Eric pour moi ). Ce sont tous des petits malins et ils parlent plutôt bien le français pour un coin aussi reculé. Aujourd’hui, c’est le jour du marché, mais entre les camarades qui nous collent et Johny qui a le feu aux fesses, on n���en profite presque pas et la visite est baclée. Nous entamons notre marche en direction d’Ifasina, village le plus proche, distant de 4 kilomètres par un chemin en montagnes russes en chemin, nous croisons des villageois qui se rendent au marché en nombre. Malheureusement le temps maussade ne nous fait pas apprécier cette randonnée à sa juste mesure, les couleurs des paysages étant un peu fades. A cause du temps, les caméléons ne sont pas non plus de sortie. Charlotte souffre de nouveau de son genou et Anny ne se sent pas très à l’aise sur ces chemins escarpés et glissants. En cours de route, nous somme rejoints par Stanislas, sourd et muet, qui va nous accompagner tout au long de la journée. Après 2 h de marche, nous arrivons enfin à Ifasina où une nouvelle fois nous sommes accueillis par une horde d’enfants ( Jean Marcel, Brigitte….). Toutes les maisons, contrairement à Antoetra, sont ici en bois et nous sommes invités à visiter la case du chef du village qui se dit honoré de notre visite et nous explique le fonctionnement de sa maison ( avec les 4 coins qui ont une signification particulière) où vivent également canards et cochons. Nous le quittons après quelques minutes, non sans lui avoir versé le droit d’entrée qui est de rigueur. A côté de la case ont été disposés différents objets en bois vendus à un prix modéré après nos achats, nous continuons la visite du village et alors qu’on repasse devant la case du chef 5 mn plus tard, tout l’artisanat a déjà été rangé !!
Nous faisons notre halte pique-nique peu après le village, pique-nique que nous partageons avec Stanislas qui n’en demandait pas tant. A mi-chemin, nos camarades arrivent avec des objets en bois qu’ils veulent nous vendre sur le chemin, soit disant pour éviter les problèmes au village nous décidons d’attendre avant d’acheter, mais une fois arrivés à Antoetra, entre les 2 boutiques d’artisanat et les camarades, c’est la foire d’empoigne et c’est même tout près de mal tourner tellement on sent une pression énorme. Juliette et Anny n’en peuvent plus et nous menaçons de partir sans rien acheter si les esprits ne se calment pas finalement on achète à nos camarades, après quoi on quitte le village avec un arrière-goût tellement la fin a été pénible pour tout le monde. Si ça continue, les touristes vont se détourner de cette destination pourtant potentiellement intéressante. On en parle à notre retour à Brigitte qui regrette que personne au village ne soit capable d’organiser la vente de cet artisanat dans un seul et même lieu où tout serait réuni, ce qui éviterait les pugilats. Avant le feu de camp, Charlotte, Juliette et Pierre font une partie de pétanque avec un jeune malgache, Jean Baptiste. Pendant ce temps, nous achetons des écharpes en soie à Brigitte au moins ici on peut prendre le temps de les choisir sans être assailli. A 18h, lors de notre discussion autour du feu, Hery nous informe que nous devons partir à 8h le lendemain car nous devons récupérer au 1er village sur la RN7 nos 2 derniers bagages enfin arrivés à bon port. Nous voilà enfin rassurés, notamment pour la Malarone qu’on va pouvoir reprendre à partir de demain. A 19h, nouvel apéritif au rhum arrangé, avec Marc qui nous raconte ses problèmes de santé opéré il y a quelques mois à la Réunion, il a l’air mal en point et ne paraît pas très optimiste sur l’avenir. On espère en tout cas qu’il ira mieux et pourra mener à bien ses projets au sein du village. Ce soir, nous devions être seuls pour le repas mais finalement 2 couples de belges se sont invités et un couple de réunionnais ( déjà venu l’an passé ) arrive à l’improviste, ce qui oblige Brigitte à leur trouver de la nourriture pour le diner. Au menu ce soir : un plat d’écrevisses, délicieuses dont on se régale tous. Pendant le repas, le fils des Réunionnais, Simon, nous joue des airs d’accordéon dans une très bonne ambiance comme la veille sa mère nous raconte avec moult détails leur périple en train entre Fianarantsoa et Manakara ( plus de 20 h ), avec notamment une scène hilarante où un français, harassé, est tombé du train en marche et où des passagers ont eu le temps d’aller le rechercher et le charger dans le train sans que quiconque ne se soit rendu compte et sans que le train n’ait eu besoin de ralentir. Pour finir la soirée, Marc nous invite encore à un dernier rhum arrangé on se souviendra de ce lieu hors du temps où nous avons rencontré dans gens formidables ! Jusqu’à la fin du séjour Ben se fera d’ailleurs chambrer régulièrement car pas une journée ne se passera sans qu’il évoque Brigitte dans la conversation.
Jeudi 16 juillet : Sous le Soleil de Mada-Fianarantsoa. A 8h, comme convenu, nous faisons nos adieux à Brigitte et Marc, après cette parenthèse inoubliable de 2 nuits après une heure de piste, nous arrivons au village d’Ivato où c’est le marché hebdomadaire et où nos bagages nous attendent. C’est un guide Malagasy Tours qui a fait la route en taxi brousse depuis Antananarivo et qui repart aussitôt dans l’autre sens, une fois sa mission effectuée. Nous déambulons quelques minutes dans les allées du marché et nous dégustons des sauterelles, franchement pas terribles. Alors que nous regagnons notre minibus, nous avons la surprise de voir arriver Brigitte avec sa dégaine improbable, dans sa 4L hors d’âge qui fait aussi taxi brousse puisqu’elle a pris des malgaches et des canards. Quelques mètres plus loin, on se dit que la 4L de Brigitte n’est finalement pas si mal puisqu’une autre 4L sur le bord de la route, dont on se demande comment elle peut encore rouler, a son réservoir d’essence réduit à un simple bidon au niveau du siège du passager….encore un exemple du sens de la débrouille des malgaches. Nous reprenons notre route vers le Sud, les nuages de la veille étant encore bien présents ( le ciel ne se dégagera que peu de temps avant Fianarantsoa ) malgré cela, les paysages sont magnifiques. Alors que nous roulons depuis moins d’1 heure sur la RN7, Hery reçoit un coup de téléphone : le guide a oublié de nous rendre la clé pour ouvrir le cadenas de notre sac tant pis, on trouvera bien un moyen de défoncer notre cadenas à l’hôtel ce soir…. Quelques kilomètres avant Fianarantsoa, nous nous arrêtons de nouveau à un marché Juliette et Charlotte décident de rester dans la voiture, pas très à l’aise dans ces ambiances de marché pourtant toujours très pittoresques, où elles subissent le regard insistant de certains, voire parfois des mains un peu baladeuses. Sur la route, nous assistons régulièrement à des scènes cocasses et nous suivons pendant de longues minutes un taxi brousse avec sur son toit plusieurs canards dans un grand panier, leur propriétaire allant même, alors que le véhicule roule toujours, remettre de l’ordre dans le panier. Les 30 derniers kilomètres avant Fiana sont épouvantables et la route est tellement défoncée qu’on avance au pas, un 4x4 étant ici indispensable pour rouler à vitesse correcte. Feno conduit très prudemment mais malgré tout nous sommes pas mal secoués et c’est assez éprouvant. Manifestement, le gouvernement de la transition et celui qui a suivi n’ont pas investi beaucoup d’argent dans la rénovation des routes pourtant indispensable au développement du pays. Les malgaches paraissent d’ailleurs nostalgiques du président Ravalomanana, renversé en 2009, qui lui avait compris la nécessité d’avoir des enfants scolarisés et un réseau routier digne de ce nom. Après 4h de route, nous arrivons à Fiana et nous arrêtons dans un restaurant pour le déjeuner. Là nous sommes immédiatement sollicités par un rasta malgache qui veut nous vendre des pierres précieuses, soit-disant recommandé par le Petit Futé ( pas le dernier en tout cas..) nous lui signifions que nous ne sommes pas intéressés mais il insiste pour nous les montrer, et c’est alors le début d’une séance interminable de déballage et remballage ( puisque nous ne lui achetons rien comme prévu ), sa mini-sacoche se révélant un puit sans fond. Dans l’après-midi, nous allons visiter la haute ville, avec une certaine appréhension, Hery nous ayant prévenu qu’on risquait d’être harcelés comme à Antoetra. La guide locale s’appelle Pauline, c’est une jeune orpheline qui a été recueillie par l’association du Père Pédro aujourd’hui elle vole de ses propres ailes et se destine à une carrière d’avocat. Finalement on n’est pas trop sollicités par les enfants et c’est plutôt une bonne surprise on est juste accueillis par un « Bienvenue chez les Chtis » suivi d’un « Salut Biloute » qui nous fait hurler de rire tellement c’est décalé par rapport au contexte. La visite est agréable et l’ensemble de cette ville nous laisse une impression très agréable, contrairement à d’autres grandes villes un peu glauques. Nous finissons la journée en allant chez Pierrot Men, photographe bien connu, chez qui nous achetons des cartes postales et des photos à encadrer. Dans la rue, c’est l’effervescence car les élections communales se préparent et c’est la propagande, c’est-à-dire des rassemblements et des défilés un peu partout, des gens habillés aux couleurs du parti du candidat, à grand renfort de sonos poussées à fond et de « fidio » ( en malgache « votez ») + le nom du candidat ( Léon Cu nous a marqué à Fiana ). Jusqu’à la fin du séjour, ces scènes de liesse seront quasiment incessantes et iront crescendo. En fin d’après-midi, nous arrivons à notre hôtel, la Villa Sylvestre situé en plein centre-ville, on a l’impression de rentrer dans un bunker, tout étant hyper sécurisé. Par contre, l’intérieur est très agréable avec un style colonial de bon goût et une grande terrasse. Notre premier objectif de la fin de journée est de détruire le cadenas de notre sac, ce que nous arrivons à faire, non sans peine, avec l’aide du gérant de l’hôtel, très sympa. A l’apéritif, on s’épanche un peu sur notre guide Hery, qui nous énerve un peu par son manque de culture et sa tendance à tout prendre à la légère au briefing de la journée du lendemain avec Hery, celui-ci nous demande s’il y a des choses à améliorer dans le voyage. Hasard ou nous a t-il entendu quand on discutait à l’apéritif sur la terrasse ? Toujours est-il qu’on lui dit que tout va bien, l’organisation du circuit nous convenant et les carences qu’on lui trouve n’étant de toute façon pas améliorables. Au repas du soir, au restaurant de l’hôtel, nous sommes les seuls clients. Ce soir c’est Pierre qui en prend pour son grade puisque le gérant de l’hôtel lui trouve une ressemblance frappante avec Albert de Monaco. Ce n’est pas la première fois qu’on trouve cette ressemblance et c’est vrai qu’en y regardant de plus près…. En tout cas, entre Assoun et Albert, Pierre et moi sommes habillés pour le voyage. Le repas est correct sans plus il manque une part de poulet, l’hôtel ayant cru qu’un de nous était végétarien. C’est Anny qui se dévoue pour prendre du poisson et en l’occurrence c’est un vrai sacrifice dans le cas présent. Quand on demande de quel poisson il s’agit, la serveuse, très gentille au demeurant, nous dit « du thon ». On voit tout de suite qu’il ne s’agit pas de thon mais d’un filet de poisson blanc, dur comme une semelle jamais nous n’avons vu un poisson aussi dur. Chacun se dévoue pour en manger un peu mais c’est pire que les yeux de barracuda dans Koh Lanta et on finit tous par cacher un morceau sous nos os de poulet.
Vendredi 17 juillet : Fiana-Tsaranoro. Nous partons vers 8h00 ce matin, ayant des timbres à acheter et de l’argent à tirer à la banque. Par ailleurs, nous avons convenu avec Hery la veille d’aller à l’orphelinat du Père Pedro pour faire des dons de vêtements que nous avons ramenés de France ( et récupérés la veille dans nos bagages retardés ) il ne connaît pas le chemin mais nous avons repéré le bâtiment la veille depuis la ville haute. Malheureusement, impossible de trouver l’orphelinat, le comble étant que manifestement personne dans le quartier où on cherche ne le connaît alors que le bâtiment vu la veille est immense. On est un peu furax de cet échec, d’autant qu’on a de gros doutes sur la volonté d’Hery de trouver vraiment cet orphelinat. Nous repartons rapidement en direction d’Ambalavao, dans des paysages grandioses. Nous nous arrêtons en chemin chez des petits artisans qui fabriquent des objets avec de la fibre de sisal. Arrivés à Ambalavao, nous visitons une fabrique de vers à soie ( intéressante ) et la fabrique de papier antaimoro, très recommandée dans les guides, mais que nous trouvons trop touristique et les articles vendus sont la plupart très laids à notre goût. Il est déjà l’heure du déjeuner ( le temps passe vite ! ) et nous nous arrêtons dans un restaurant où nous rencontrons encore les personnes déjà vues lors d’arrêts précédents pour le repas de midi. Manifestement très peu de restaurants conviennent aux vazahas qui se retrouvent tous au même endroit, ce qui permet aussi aux guides de se retrouver. Après avoir passé commande du repas, et en attendant d’être servis, nous allons faire un tour au marché du village, haut en couleur comme d’habitude, et nous en profitons pour acheter un stock de stylos pour distribuer aux enfants lors de notre périple. En début d’après-midi, nous quittons Ambalavao et arrivons quelques minutes plus tard à la réserve villageoise d’Anja où nous devrions voir nos premiers lémuriens tant attendus. Notre guide, Jean Baptiste est accompagné par un rabatteur qui va chercher les lémuriens ( encore qu’ici ça ne se justifie pas vraiment, le territoire étant restreint ). Nous découvrons enfin les lémuriens ( Lemur Catta dans cette réserve ), en nombre et facilement accessibles car très habitués aux humains on ne se lasse pas de les observer ( quelle agilité ! ) et de les photographier sous toutes les coutures. On a également l’occasion de voir un crocodile en pleine sieste sur un rocher au milieu de l’étang, et des caméléons d’un magnifique vert fluo. La balade, très agréable, se poursuit jusqu’au sommet d’une colline, la fin de l’escalade se faisant à l’aide de cordes. D’en haut la vue est splendide. Charlotte, déjà en petite forme depuis ce matin, paraît avoir de la fièvre et n’est vraiment pas fringante mais elle suit courageusement le mouvement. Nous redescendons dans la vallée en empruntant un autre chemin qui nous permet de voir des tombeaux et de circuler dans des grottes ayant servi il y a bien longtemps de refuges aux guerriers Betsileo ( la tribu de la région ) en guerre contre les Bara.

Vers 16h, nous entamons la dernière partie de notre journée, qui doit nous conduire à la vallée du Tsaranoro, plus précisément au Camp Catta. Les 20 derniers kilomètres, de la piste défoncée, sont terribles et pas du tout adaptés à notre véhicule et il nous faut 2 heures pour parvenir à destination. La piste est superbe, surtout en cette fin de journée où le soleil couchant donne à la montagne et au ciel des teintes oranges-rouges. Notre arrivée au Camp Catta se fait de nuit et nous prenons possession de nos bungalows, un familial supérieur pour nous et un standard pour Ben et Pierre qui ont bien du mal à ouvrir leurs bagages tellement la pièce est microscopique. Comme nous le craignions, Charlotte à 39.4°C de fièvre et à peine arrivée au bungalow elle est prise d’une diarrhée soudaine sans avoir eu le temps d’arriver aux toilettes autant dire qu’elle passe à la case douche immédiatement après quoi on lui fait avaler un petit cocktail doliprane-tyorfan et 2 comprimés d’ofloxacine qui devraient la requinquer. Au cours du repas du soir, Jean Paul, le guide du camp vient nous voir pour le programme du lendemain compte tenu de l’état de Charlotte, nous préférons renoncer à la balade du Caméléon, qui dure 6 h et est assez escarpée, et plutôt faire une balade dans la forêt, jusqu’à la piscine puis au village, ce qui devrait être plus en accord avec ses capacités du moment. Charlotte étant fatiguée, je la reconduis au bungalow avant la fin du repas. Je remarque alors un feu assez important que j’identifie comme un feu de camp important le temps que nous finissions notre repas, la situation a évolué puisqu’il n’y a plus de doute désormais : il s’agit d’un incendie de forêt. Nous retrouvons Charlotte qui panique car elle a été alertée par les cris et le crépitement du feu. Pierre, Juliette et moi montons en haut du camp pour évaluer la situation : personne ne panique mais il y a 4 départs de feu ( l’incendie est criminel ) et la situation est suffisamment sérieuse pour qu’on envisage de sortir nos bagages. Sur le retour on croise la directrice du camp, manifestement hyper stressée, qui dit « c’est la merde, c’est la merde ». Juste après, un couple nous dit qu’il est préférable de sortir les bagages et les porter jusqu’au parking. Dans le même temps, on croise Ben, Anny et Charlotte qui sortent les valises n’ayant rien perdu de ma lucidité, je prends le temps d’emporter la bouteille de whisky qu’ils ont négligé de prendre et nous allons au parking où nous attend Feno. Il y a là également un autre guide qui d’emblée nous agace, à dire que c’est une tradition de faire du feu de broussaille à Madagascar et qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, et que de toute façon si la situation devenait critique on quitterait le camp en caravane en n’abandonnant personne. Petit à petit tous les résidents du camp arrivent il y a notamment un groupe de jeunes suisses qui font de l’escalade dans le massif depuis une semaine, une espagnole et sa fille qui ont perdu leur guide ( qu’elle retrouveront dans la soirée ), quelques couples, notamment 2 couples de français hyper antipathiques qui, pris de panique quittent immédiatement le camp avec leur guide pour partir je ne sais où. La situation semble se stabiliser, le vent étant quasiment absent, et même si d’où on est on ne peut avoir une vision précise de l’évolution du feu. Le fameux guide, si calme il y a 1 h, commence à s’impatienter et klaxonne à tout va, probablement pour rameuter les autres guides, plus courageux que lui, qui sont en train d’aider les gens de l’hôtel et du village qui se battent contre l’incendie avec de malheureux seaux d’eau. Après 1h30 environ sur le parking, Hery arrive en nous disant que le feu s’éloigne, confirmant notre impression à distance. Soudain, dans la même minute, le guide klaxonneur nous dit : « on part en caravane, on va à Ambalavao où on va chercher un hôtel sur place qui a un véhicule ? Ceux qui ont un véhicule vont à tel endroit et les autres vont à un autre endroit ». Voyant que ça ne va pas assez vite à son goût, il se met à trépigner sur place en disant « de la discipline, il faut de la discipline !!!! » Les autres guides, dont Hery qui nous a pourtant dit 2 mn avant que la situation était sous contrôle, ne pipent pas mot. Notre analyse ( en quelque secondes ) est la suivante : on voit un feu qui s’éloigne, il existe d’autres hébergements dans la vallée, et aller à Ambalavao avec notre véhicule est de l’inconscience, sachant qu’on a déjà mis 2 h de jour à effectuer les 20 kms de piste, qu’en plus on va devoir transporter 3 personnes supplémentaires qui sont d’ailleurs déjà installées dans notre minibus. D’autant qu’Ambalavao n’est pas sur notre route puisqu’on en vient et que de toute façon, si on y arrive, ce sera en milieu de la nuit, donc pour le sommeil, perdu pour perdu, autant rester dans les environs. Ce qui devait arriver arrive : Anny pète un plomb et je lui emboîte aussitôt le pas : « Il est hors de question de partir à Ambalavao, on préfère dormir dans la voiture ou dans un des autres hébergements de la vallée…. » On se fait aussitôt rabrouer par les clients du guide meneur qui nous traitent d’inconscients tout en mentionnant que les locaux connaissent mieux ce genre de situation que nous. Malgré tout, notre intervention a fait son petit effet puisque Hery nous annonce qu’ils vont faire un conseil entre guides pour reconsidérer la situation…Juliette et Charlotte sont elles « vénères » car leurs 2 parents leur ont mis la honte de leur vie…Hery revient quelques minutes plus tard en disant qu’on va aller au Tsara Camp un peu plus loin et qu’un fois sur place on négociera le logement pour la nuit. Heureusement, l’intervention de la directrice de l’hôtel décoince la situation : elle nous assure que le feu est sous contrôle, qu’il existe une barrière coupe-feu autour de l’hôtel qui a joué son rôle, et que de toute façon tout le personnel du camp va veiller toute la nuit et préviendra en cas de soucis. Nous voilà donc rassurés et c’est aussi un discours qui est plus en rapport avec ce qu’on observe. Il est 23h30 et nous allons pouvoir retourner nous coucher. Dans l’euphorie, Ben fait la bise à tout le monde, même à Hery qui reste un peu interloqué. Par contre, nous préférons laisser les bagages qui ont été chargés sur le toit par Feno on les récupèrera demain ( on apprendra le lendemain que Hery et Feno sont restés dormir dans le véhicule pour garder les bagages ). Dernière difficulté avant d’aller nous coucher : convaincre Charlotte de quitter le minibus et de retourner se coucher rien n’y fait, Anny et moi essayons tous les arguments mais elle est braquée. Heureusement, Pierre, le sauveur, qui n’a pas fait d’esclandre lui, arrive à lui faire entendre raison et la convainc de venir dormir dans leur bungalow, tout proche du parking. Elle aura un mal fou à s’endormir et ce n’est qu’en milieu de nuit que le sommeil aura raison d’elle. Chez nous, Juliette a descendu son matelas au rez de chaussée ( leur chambre est en mezzanine ) pour être rassurée. Personnellement, ces émotions ne m’empêchent pas d’être zen puisque je m’endors dans les 5mn j’ai juste été réveillé en pleine nuit par Anny, inquiète du bruit du feu et ayant l’impression qu’il se rapprochait. Dans un état second, je me suis levé, ai regardé de la salle de bain, et ai grommelé « c’est bon » en regagnant mon lit avant de retrouver immédiatement le sommeil. Quelle soirée en tout cas ! On se demande bien ce qui peut bien nous arriver encore après ces événements de ces derniers jours et le Camp Catta porte bien son nom…
Samedi 18 juillet – balade dans la vallée du Tsaranoro. Ce matin au réveil, tout le monde n’est pas en pleine forme faute de sommeil, mais vu ce qu’on a évité de peu (la caravane ), on fait tous bonne figure, d’autant que l’incendie s’est fortement calmé, de même que les intestins de Charlotte, qui est en bien meilleure forme ce matin, sa fièvre ayant disparu. Nous sommes accueillis à la sortie du bungalow par des lémuriens catta qui, comme à Anja, sont habitués à l’homme et peuvent être approchés assez facilement. Au petit déjeuner, nous avons la surprise de voir les 2 couples antipathiques partis en catastrophe hier au début de l’incendie finalement eux aussi sont semble t-il revenus à la raison…. On arrive un peu en retard pour le début de la balade, 8h30 au lieu de 8h00, mais nous avons des circonstances atténuantes Jean Paul n’est pas franchement fringant ce matin, c’est le moins qu’on puisse dire, ayant dû veiller une bonne partie de la nuit. Par ailleurs, il est dépité par l’inconscience des pyromanes qui ont détruit une partie de la forêt, avec les risques pour les animaux qui y vivent. Nous entamons notre marche dans la forêt puis continuons à cheminer le long des sentiers jusqu’à une piscine naturelle qui ne nous donne pas envie de nous baigner ; les animaux ( l��muriens, caméléons, criquets ) sont de la partie et la promenade agréable et sans difficultés. Arrivés à bonne distance de notre hôtel, nous nous arrêtons pour prendre un rafraîchissement dans un autre camp de la vallée de là nous voyons que l’incendie est en train de remonter au sommet de la falaise, le risque étant que les flammes retombent dans la vallée et enflamment une autre partie de la forêt. Lors de cette pause, Hery nous apprend que le fameux guide d’hier soir avait un peu forcé sur la bouteille, ce qui explique son attitude incohérente, et ce qui rend encore plus incompréhensible le mutisme des autres guides….ça nous conforte aussi un peu plus dans notre réaction.

Poursuivant notre parcours, nous parvenons à un petit village voisin où nous regardons travailler le forgeron, puis nous nous rendons au dispensaire où nous espérons cette fois pouvoir laisser nos habits. Malheureusement, le dispensaire est fermé le samedi après-midi mais par chance l’instituteur du village est en train de travailler sur l’ordinateur et il nous fait visiter le dispensaire. Après avoir discuté un peu avec lui, nous lui proposons de revenir un peu plus tard pour déposer nos vêtements, le camp étant distant d’une vingtaine de minutes. Nous laissons les filles au bord de la piscine du Camp Catta et revenons rapidement au dispensaire où l’instituteur nous reçoit et nous remercie pour les 2 sacs d’habits laissés alors que nous repartons, nous rencontrons l’infirmière avec qui nous discutons un moment. Elle tient le dispensaire avec une sage-femme les 2 sont payées par l’intermédiaire de l’association St Jérôme, une association basée à Marseille. Les moyens dont elles disposent sont assez limités mais il est difficile de recueillir suffisamment de dons et les dons ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Après cette belle rencontre, nous revenons au camp et certains vont à la piscine ( où nous rencontrons ceux qui nous ont rabroués hier soir, qui nous font là un grand sourire..), pendant que les autres vont photographier les lémuriens avant l’apéritif ( le nôtre, pas celui des lémuriens ). La nuit étant revenue, le feu est beaucoup plus impressionnant, d’autant qu’il est retombé de la falaise par ailleurs, un autre feu a démarré en face sans qu’on arrive à savoir si c’est un simple feu de broussaille. Du coup, Charlotte est hyper stressée et ne tient pas en place, passant sans cesse de la chambre à la salle de bain pour regarder à la fenêtre. Au fur et à mesure, les flammes commençant à s’atténuer, elle finit par se calmer et revenir à la raison. Le repas de ce soir ne restera pas dans les mémoires ( c’est l’hôtel où on a le moins bien mangé jusqu’à présent ), en particulier les crêpes flambées pour ceux qui ont eu le malheur d’en commander, qui baignent dans un jus immonde. Ce soir, le manque de sommeil de la veille se fait sentir et même Ben se couche à 21h30, fatigué par son séjour au Camp Catta.
Dimanche 19 juillet : Tsaranoro – Isalo. Nous quittons ce matin le camp à 8h, la route jusqu’à Ranohira étant longue et pénible ( sur les 2 premières heures jusqu’à la RN7). Sur la piste nous croisons beaucoup d’éleveurs de zébus qui promènent leur troupeau c’est dimanche et beaucoup de villageois se sont mis sur leur 31 pour se rendre à la messe. On est désormais dans le pays Bara et le paysage se fait de plus en plus aride et plat, ce qui tranche complètement avec les paysages des hautes terres rencontrés jusqu’alors. Sur la RN7, nous nous arrêtons dans un village où la messe est malheureusement finie mais nous demandons à visiter l’église ainsi que l’école où nous rencontrons l’apprenti pasteur ainsi que le pasteur ( on sent bien chez ce dernier sa position dominante par rapport à l’apprenti qui est muet quand le pasteur est là ). Anny fait cadeau à une petite fille, Véronique, d’un bracelet, la voyant le regarder avec insistance autour de son bras. Arrivés à Ihosy, et après avoir fait le plein d’essence, nous nous mettons en quête d’un hotely, c’est-à-dire d’un restaurant « local », pour le repas de midi. On veut tenter l’expérience mais pas facile d’en trouver un le dimanche midi. Après 2 aller-retour dans la rue principale, on jette notre dévolu sur « Tina » (c’est le nom de l’hotely ). La première impression donne le ton : des déjections de poulet sur les tables à l’extérieur, des toilettes sordides au fond du jardin on veut du local, on va en avoir….Le repas est aussi dans le ton : j’essaie un poulet gingembre et les autres un poulet grillé avec du riz blanc. Le poulet n’a que la peau et les os ( ils appellent ça du poulet bicyclette, ce qui est assez parlant ) la seule chose qui donne envie ce sont les carottes rapées. Seuls Ben et Charlotte ( moi je n’en ai pas ) refusent de les manger, craignant pour leurs intestins. Pour ce frugal repas, il nous en coûte 35 000 ariarys ( avec une grande THB et une bouteille d’eau ), soit un peu plus de 10 euros. On ne peut pas parler de bon rapport qualité prix dans le cas présent ( on ne sait pas très bien comment classer ce repas sur l’échelle de la qualité… ) mais en tout cas on ne s’est pas ruinés. La route d’Ihosy jusqu’à Ranohira est plutôt monotone nous arrivons après une longue montée sur l’Horombe, un immense plateau qui permet de voir à perte de vue à des dizaines de kilomètres à la ronde. C’est finalement assez tôt, vers 15h30, que nous arrivons à notre hôtel, « le Jardin du Roy », un établissement de grande classe situé dans un cadre magnifique par contre, très étonnant compte tenu du standing et de l’affluence touristique de l’Isalo, l’hôtel est quasiment désert ( et ce n’est pas le premier ), ce qui confirme vraiment les propos tenus par Hery concernant les nombreuses annulations de séjours ( a priori plus de 50% ) suite à la grève d’Air Madagascar ( ou plutôt Air Maty comme l’appelle Hery, c’est-à-dire Air Mort, ce qui en dit long sur l’espérance de vie de la Compagnie). Pendant que les filles restent à la piscine, nous partons explorer les environs de l’hôtel qui sont très étonnants parce qu’on ne s’attend pas à trouver une végétation aussi luxuriante ( pandanus, palmiers…) dans un endroit a priori sec et minéral. Nous nous promenons jusqu’au coucher du soleil, à l’heure où la roche prend une teinte rouge superbe. Le restaurant est à la hauteur du standing de l’hôtel et ça fait du bien de manger de la bonne nourriture après l’hotely de ce midi. Ce soir, Ben va enfin assouvir son fantasme : goûter à un vin malgache. Pourtant, les avis récoltés jusqu’à présent sont unanimes : c’est une picrate infecte, Marc du Soleil de Mada ayant été jusqu’à nous dire que le pire vinaigre est meilleur que le meilleur vin malgache. Personne n’est trop chaud, mais Ben voulant absolument tester cette expérience ultime, nous commandons une petite bouteille d’un rouge malgache en plus de notre habituelle bouteille de vin sud africain. Ben étant désigné d’office pour le goûter, le résultat ne se fait pas attendre : c’est aussi imbuvable que prévu, et même en faisant de gros efforts nous ne parvenons pas à finir la bouteille loin s’en faut. A la fin du repas, nous nous laissons tenter par une citronnelle ainsi que par des rhums arrangés offerts par la maison et que nous dégustons au bar. Ils souffrent un peu de la comparaison avec ceux de « Sous le Soleil de Mada » ( encore une bonne raison pour parler de Brigitte, n’est ce pas Ben ?). Nous finissons la soirée sur la terrasse de la chambre, à observer les chauve souris qui logent dans un arbre à proximité.
Lundi 20 juillet : canyon des makis et canyon des rats dans l’Isalo. A 8h, après un petit déjeuner hyper copieux, nous partons pour Ranohira où nous rejoignent notre guide local Alphonse et Olga, une jeune malgache qui a préparé nos repas et doit nous rejoindre sur le lieu du pique-nique pendant la marche. Alphonse a un rire impayable et comme il rit pour un rien ( en nous parlant du supermarché fou fou fou à l’entrée de Ranohira, ou quand on le compare au receveur dans les taxis brousse par exemple ), son rire finit par être communicatif et Charlotte ne résiste pas à la tentation de l’enregistrer sur son IPod. L’accès au canyon des makis et au canyon des rats n’est une fois de plus pas une mince affaire avec notre véhicule, et il nous faut 1h15 pour effectuer la piste de 17 kms jusqu’au départ de la randonnée du jour. Arrivés au vieux village de Ranohira, alors qu’on pense être seuls ( on ne verra d’ailleurs pas un touriste de la journée dans ce lieu soit disant touristique ), une nouvelle meute d’enfants arrive en essayant de nous vendre des petits objets en terre, représentant des zébus, crocodiles ou caméléons. Franchement, c’est assez laid et il y a des limites à acheter à tout le monde d’autant que si on fait plaisir à l’un d’eux, on va décevoir les autres. On se contente donc de distribuer des bonbons, et pour éviter l’anarchie, on met tout le monde en rang et chacun son tour pour la distribution.

Nous commençons la balade pour le canyon des makis nous rencontrons un couple qui fabrique du rhum local, nous traversons un ruisseau en passant sur un tronc d’arbre, ce qui donne lieu à des émotions à ceux qui ont un équilibre précaire. Petit à petit les enfants nous abandonnent et nous finissons par nous retrouver tranquilles. Dans la forêt à l’entrée du canyon des makis, nous apercevons très furtivement 2 variétés de lémuriens, des roux et des cattas. Puis nous nous engageons dans le canyon que nous parcourons pendant un bon moment, tout en passant sur des roches faciles à escalader. Ayant terminé d’explorer ce canyon, nous nous dirigeons vers le départ du canyon des rats. C’est en chemin, au bord d’un cours d’eau et dans un cadre verdoyant que nous attend Olga qui a dressé la nappe pour le pique-nique. Au menu : salade de pâtes, boulettes de zébu et salade de fruits. On se régale après cette matinée de marche qui a creusé les estomacs. Les enfants sont de retour comme par magie avec leurs objets à vendre l’une d’entre eux a un sacré caractère et donne du fil à retordre à Ben. « On verra tout à l’heure » lui dit-il. Pendant ce temps, alors qu’elle est en train de satisfaire un besoin naturel avec Anny, Charlotte se fait piquer à plusieurs reprises à l’arrière du genou, à travers sa genouillère. C’est très douloureux et déjà que la marche était laborieuse avec sa douleur au genou, ça devient quasi impossible. Elle finit d’ailleurs par renoncer au début du canyon des rats Anny décide de rester avec elle pour l’accompagner elle-même aurait probablement eu des difficultés à certains endroits assez escarpés du canyon. La hauteur des parois est ici plus impressionnante que dans le précédent. Là encore nous marchons jusqu’au bout du canyon où une piscine donne lieu à une bataille d’eau entre Juliette et Ben. Sur le chemin du retour nous observons sur la paroi des falaises des tombeaux provisoires et définitifs Alphonse nous explique qu’il n’y a ici qu’une seule cérémonie de retournement des morts et que c’est lors de cette fête que les corps sont amenés du tombeau provisoire au tombeau définitif, situé encore plus haut sur la falaise, et alors que les personnes qui les transportent sont souvent très éméchés par les festivités en cours. A cette occasion nous remarquons une chose : alors qu’on est persuadés depuis le début du séjour qu’il ne faut pas montrer du doigt ( notamment des tombeaux ) avec le doigt tendu mais plié, on remarque que ceci ne s’applique qu’à nous car les malgaches n’ont pas l’air d’y prêter attention autant dire qu’à partir de ce jour on ne s’astreint plus à cette précaution… Sur le chemin du retour, Charlotte a enfin accepté d’enlever sa genouillère, ce qui soulage la douleur au niveau des piqûres de guêpes. Arrivés à proximité du village, nous apercevons au loin la bande d’enfants, sagement assis à proximité d’une petite butte sur laquelle ils ont soigneusement alignés leurs objets en terre pour les mettre en valeur. Malgré cela, nous ne nous décidons pas à acheter quoi que ce soit. Alors que nous passons à nouveau sur le tronc d’arbre pour traverser le cours d’eau déjà emprunté à l’aller, Alphonse attire notre attention sur une masse de l’autre côté du cours d’eau : un énorme caméléon de plus de 50 cm que nous n’avions même pas aperçu nous le prenons en photo pendant quelques minutes, après quoi nous regagnons le minibus distant de quelques dizaines de mètres. Une nouvelle distribution de bonbons et nous voilà repartis sur la piste de 17 kms. A Ranohira, après un petit arrêt photo pour immortaliser le supermarché « fou fou fou », nous prenons congé d’Alphonse et nous lui donnons rendez-vous pour le lendemain où est prévue la balade à la piscine naturelle. Au restaurant de l’hôtel, le pavé de zébu restera dans les mémoires. Après le repas, comme la veille, nous buvons une citronnelle puis un rhum arrangé au bar. Ils passent une musique malgache sympa et rythmée, du groupe Jaojoby. Ben, qui a pour habitude de toujours ramener un CD des pays qu’il visite , va se mettre en quête d’un album de ce groupe.
Mardi 21 juillet : Isalo-Tulear. La veille au soir, j’ai eu le malheur de dire que les craintes qu’on avait sur les troubles digestifs à Mada étaient exagérées…Ce matin la moitié du groupe est sur le flanc : Juliette a été prise de diarrhées une bonne partie de la nuit, Pierre est malade au réveil ( diarrhées et vomissements ) et Anny a des douleurs gastro intestinales qui ne présagent rien de bon. Le cocktail tyorfan-ofloxacine s’impose. Après réflexion, on se dit que ce sont les crudités de l’hotely qui sont certainement responsables de cette gastro. Le petit déjeuner est prévu à 7h mais le moral des troupes est un peu morose, ce qui n’empêche pas Ben de cracher son thé à la figure de Charlotte, pris d’un fou rire en repensant à Johny Gasy et son « et j’ai crié, crié é… » A 7h30, nous partons pour Ranohira où nous retrouvons Alphonse qui n’a pas perdu sa bonne humeur. Avant de partir pour la balade, nous allons passer commande au restaurant de ce midi, « le Zébu grillé », pour éviter d’avoir à attendre, notre route vers Tulear étant longue. Autant dire que dans le contexte, c’est sans enthousiasme que se fait cette commande, Pierre et Juliette préférant commander du riz blanc. La balade vers la piscine naturelle est agréable, facile mais un peu fréquentée à notre goût ( c’est la première fois qu’on rencontre des touristes depuis le début des vacances lors de nos marches ). Nous avons l’occasion de voir un petit scorpion sur le chemin. Arrivés à la piscine naturelle, malheureusement prise d’assaut, Charlotte se baigne alors que je n’ai le courage de me mouiller que jusqu’à la taille. Malgré l’état de délabrement des troupes, tout le monde aura fait l’ensemble de la balade sans encombre, ce qui était loin d’être gagné d’avance ce matin au réveil. A 12h, nous voilà de retour au « Zébu grillé » où nous aurions pu nous abstenir de passer commande, étant les seuls clients. L’ambiance est un peu mortelle et nous expédions nos plats, pressés de quitter ce restaurant sans âme. Nous nous dirigeons ensuite vers Tulear par une route très monotone et les candidats à la sieste sont nombreux. Les 2 seuls lieux qui retiennent notre attention sont la traversée de la ville d’Ilakaka (ancien petit village tranquille devenu une ville grouillante et un peu malsaine suite à la découverte de gisements de saphir, des milliers de personne ayant tout quitté pour y faire fortune) et celle de la plaine des baobabs nous nous arrêtons quelques minutes pour photographier 2 beaux spécimens au bord de la route et nous en profitons pour donner 2 tee shirts à 2 jeunes qui passaient par là. Dans cette partie du pays se dressent le long des routes des tombeaux mahafaly érigés ça et là, parfois gigantesques, certains étant même plus beaux et richement décorés que les maisons habituelles de vivants des cornes de zébus ornent ces tombes, leur nombre étant proportionnel au nombre de bêtes tuées en l’honneur du défunt. Nous arrivons à Tuléar en fin d’après-midi et avons juste le temps de visiter le marché local comme nous l’avons constaté en traversant des villages, la misère paraît ici encore plus importante qu’ailleurs et nous sommes harcelés par des mendiants et des handicapés qui font la manche. C’est une ville grouillante où circulent par centaines pousse pousse et cyclo pousse. Lors de notre visite du marché, Charlotte tape dans l’œil d’un jeune malgache qui fait un signe à Pierre qui ne laisse pas d’ambiguité sur ses intentions. Elle décline l’offre…. Nous arrivons à la nuit tombée à notre hôtel « Villa Moringa », superbe établissement ( nous avons une suite familiale ). Avant le dîner, nous retrouvons Hery et Feno pour le briefing du lendemain eux ont eu les plus grandes difficultés à trouver un hôtel, la propagande battant son plein, avec notamment sur Tulear le Général, ancien premier ministre de la transition, qui se présente. Le repas du soir, excellent par ailleurs, se déroule dans une ambiance bizarre, étant seuls dans une grande pièce qui sonne un peu creux, avec des employés plus nombreux que nous. Une fois de plus on se demande où sont les touristes. Après le rhum arrangé offert par la maison, Anny dont les douleurs gastro-intestinales s’amplifient, et Pierre épuisé par sa gastro, vont se coucher. Charlotte, Juliette et moi allons faire un billard pendant que Ben envoie des mails pour donner de ses nouvelles, et la soirée se termine sur la terrasse autour d’un petit digestif.
Mercredi 22 juillet : Tulear-Anakao. Ce matin, c’est à mon tour d’être fébrile et dérangé au niveau gastro intestinal j’aurais peut-être dû éviter les cacahuètes d’hier soir servis à table… Nous avons tous été réveillés aux aurores par la trompette militaire nous sommes juste en face d’une caserne, ce qui nous donne l’occasion d’assister de notre terrasse à un spectacle gratuit qui vaut tous les films comiques et qui déclenche chez nous l’hilarité générale : les militaires se livrent à divers exercices avec leur arme, tout cela entrecoupé par des moments de franche rigolade en parallèle, l’un d’entre eux, dont on se demande s’il a été puni, avance puis recule à 4 pattes en faisant le canard tout en étant suivi par un instructeur. La scène la plus cocasse est l’arrivée d’un groupe en tenue de footing, certains d’entre eux avec un casque immense sur la tête rappelant celui de De Funès dans « la Grande Vadrouille ». Elle est belle l’armée malgache ! Hery nous apprend qu’il s’agit d’exercices pour une passation de pouvoir qui va avoir lieu dans la matinée. Aujourd’hui, c’est le départ pour Anakao où nous devons faire une parenthèse balnéaire de 4 jours. Nous allons donc nous ravitailler a minima avant de partir en allant chercher du pain, des bananes (comme d’habitude la vendeuse n’a pas de monnaie à nous rendre ) et de l’eau ( chez des indiens aimables comme une porte de prison ). Nous nous dirigeons ensuite vers l’embarcadère où le rendez-vous avec l’Anakao express est prévu à 9h30 à 9h45, le bateau arrive, déjà bien chargé, aucune brassière n’étant plus disponible pour nous. Il y a là des personnes de plusieurs nationalités, un travesti italien, des français de Guyane qui viennent faire du kite surf et qui, voyant le tee shirt de Ben acheté à Jericoacoara, nous demandent si on connaît Jeri, eux même étant des habitués. La mer est calme et la traversée jusqu’à Anakao, longue d’une heure, se passe sans encombre c’est la saison des baleines mais nous n’aurons pas la chance d’en voir. Le bateau dépose les touristes les uns après les autres devant leur hôtel ( chez Solange, Andrea…..) notre hôtel, l’Anakao Ocean Lodge est situé de l’autre côté de la baie et nous sommes les derniers à arriver à bon port. A notre arrivée, ce sont 20 personnes qui se tiennent au garde à vous sur la plage pour nous accueillir on n’en demandait pas tant ! Après les diverses explications sur le fonctionnement de l’hôtel, nous prenons possession de nos bungalows ( 1 pour Charlotte et Juliette, un pour Pierre et Ben, un pour Anny et moi ), superbes et joliment décorés. Nous repérons notamment des sculptures accrochées au mur, qu’on verrait bien chez nous… Assez rapidement, nous allons à la plage devant l’hôtel, impatients de nous baigner dans l’Océan Indien l’eau est plutôt fraîche ( pas plus de 22-23°C d’après nos estimations ) mais le bain très agréable. Ce midi, nous ne mangeons pas au restaurant mais pique niquons sur la plage pour faire honneur à la boîte de pâté Hénaff que Ben a emporté dans ses bagages un délice ! Après cela, me sentant un peu fébrile, je reste avachi sur ma serviette, ne tardant pas à m’endormir et même à ronfler selon certains, ce dont je doute.. Ben et Pierre partent courir sur la plage et reviennent après 30 mn, des ampoules sous les pieds et dégoulinants de transpiration. De mon côté, je finis par prendre mon courage à 2 mains et je pars faire une petite marche avec Anny, constatant qu’à proximité de l’hôtel on n’est pas très sollicités par les enfants. En fin d’après-midi, la fraîcheur arrivant rapidement, nous avons réservé un massage pour Juliette et Charlotte après une heure, elles en reviennent enchantées. De notre côté nous allons voir les objets d’art ( statues pour la plupart ) en vente à l’accueil certaines statues sont vraiment superbes ( elles sont fabriquées par un artiste malgache qui a son atelier à Antananarivo ) mais, n’arrivant pas à choisir ( il paraît que ma statue ressemble à un phallus géant !) nous remettons notre achat au lendemain. Il est 19h30, l’heure du repas du soir. Notre serveur arrive pour nous présenter le menu de ce soir faisant penser à un boxeur sur un ring, sautillant d’un pied sur l’autre, il commence sa présentation : « alors en entrée on a……, alors l’entrée c’est….. » Gros trou noir, il a oublié son texte, ça commence bien. Du coup, il commence par le plat et avec notre aide ( nous avions lu le menu à l’entrée ) il finit par s’en sortir. Le repas est lui excellent ( comme tous les plats dégustés pendant notre séjour à Anakao ), avec une cuisine de la mer, fine et pas trop copieuse. A la sortie, la cuisine étant ouverte sur la salle, nous passons féliciter les cuisiniers.
Jeudi 23 juillet : Anakao – Nosy Ve. Nous avons réservé la veille une excursion à la demi-journée vars Nosy Ve, île la plus connue des environs. A 8h30, nous partons en pirogue à voile en compagnie de nos « skippers », Bongo et Théo, qui ne parlent pas 2 mots de français. Ce matin, c’est pétole sur le plan d’eau et il nous faut 1 h pour atteindre péniblement Nosy Ve.

Bongo nous fait faire le tour de l’île qui est une réserve et un des rares lieux de nidification du paille en queue à queue rouge, magnifique oiseau. Le temps passe très vite et il est déjà 11h quand nous arrivons à notre point de départ c’est l’heure de la baignade tant attendue dans une eau turquoise. Pour le snorkeling, par contre, c’est quasiment le néant, d’autant que le courant puissant nous empêche de progresser comme on le souhaiterait. Après un peu plus d’1 heure à profiter de l’eau et de la plage, nous prenons le chemin du retour, avec un vent toujours aussi peu soutenu. Bongo, jusqu’alors plus que discret, commence à se lâcher un peu et se met à chanter et à pousser des cris bestiaux. Je ne sais pas pourquoi, mais le nom de Bongo nous rappelle soudain le Banga, une boisson de triste mémoire de notre jeunesse, et surtout la pub de l’époque « dans Bongo ya des fruits, juste c qu’il faut, dans Bongo ya de l’eau oui mais pas trop ya des fruiits, ya de l’eau o, c’est Bongo o ». C’est débile mais il en faut peu pour nous amuser. Arrivés vers 13h15, nous passons immédiatement à table pour un plat de poisson délicieux comme d’habitude. Walter, le directeur italien de l’hôtel est aux petits soins, très prévenant et c’est vraiment agréable de se sentir bichonnés. L’après-midi est consacrée à la plage que c’est agréable de ne rien faire parfois et de se prélasser. Seul Ben a encore le courage d’aller courir. Pour l’apéritif de ce soir, ayant du rhum mais pas de jus, nous allons commander au bar des jus d’ananas pour se faire un petit punch : délicieux et ça va devenir une habitude les soirs suivants. Pour le repas du soir, nouveau serveur et nouveau trou de mémoire au moment de nous présenter le menu, en l’occurrence un tartare de carangue et un filet de capitaine.
Vendredi 24 juillet : Anakao. Ce matin, Anny se lève énervée : apparemment j’ai ronflé comme jamais cette nuit, impossible à arrêter, d’où un sommeil écourté pour elle je n’ai pourtant pas fait plus d’abus que d’habitude hier soir, mais je fais profil bas en ce début de matinée… Pour se changer les idées, nous nous décidons à aller acheter nos statues, le groupe d’anglais arrivés hier ayant commencé à dévaliser le magasin. J’ai fait une croix sur « mon phallus » ( à force d’en parler on ne voit effectivement plus que ça ) et nous nous rabattons donc sur une autre sculpture avec 2 têtes, très sympa également. La matinée à la plage se déroule tranquillement, avec une sortie en pirogue pour Charlotte et moi, et un nouveau footing de 50 mn pour Ben, décidément acharné. Le midi, nous rencontrons les français de Guyane aperçus lors de notre transfert en bateau le vent n’est pas favorable au kite depuis l’arrivée mais ils espèrent une amélioration dans les prochains jours nous nous donnons rende-vous pour le lendemain sur Nosy Satrana où nous avons l’intention de passer la journée. Un peu avant 16h, nous avons décidé d’aller nous promener jusqu’au village d’Anakao. Les filles ne souhaitent pas nous accompagner et restent bronzer sur la plage. Sur les conseils de Walter, nous entamons notre marche par l’intérieur des terres. C’est très rapidement l’enfer car nous sommes harcelés par des enfants et même quelques adultes : bonbons vahazas, cadeaux vazahas, lunettes, montres, tongs, casquettes….tout y passe et malgré nos refus ils sont très insistants et ne nous lâchent qu’après avoir insisté lourdement. La promenade est franchement pénible ( est-ce l’habitude des touristes des hôtels voisins ?), d’autant que le village est très sale la plage n’est pas en reste, puisque nous assistons tour à tour à des gens qui font leurs besoins sur le sable après avoir creusé un petit trou, à une femme qui jette ses déchets de poulet au bord de l’eau et pour finir à un gros cochon rose qui se délecte de toute cette nourriture facile et déambule au bord de l’eau en mangeant tout ce qu’il peut trouver. Pas mécontents de quitter ce village de pêcheurs, nous revenons vers notre hôtel par le bord de mer. En chemin, nous distribuons les quelques vêtements qui nous restent à un couple de pêcheurs, et à 3 jeunes enfants. Avant le repas, nous allons réserver notre excursion du lendemain les touristes des derniers jours n’ayant vu des baleines que de loin, nous préférons choisir l’excursion à la journée vers Nosy Satrana en pirogue à voile. Comme tous les soirs, notre serveur-boxeur est présent pour le dîner, toujours aussi speed il commence à nous connaître et aime de plus en plus plaisanter. Ce soir, c’est du capitaine grillé qui est servi Anny et Ben craignent le pire car il nous est servi entier, mais j’arrive à leur préparer des morceaux sans arêtes et tout le monde se régale une nouvelle fois.
Samedi 25 juillet : Anakao-Nosy Satrana. Cette nuit, pas de ronflements intempestifs à signaler par contre, j’ai fait un cauchemar ( j’étais attaqué par une bête sauvage ) et me suis mis à crier au milieu de la nuit, rapidement calmé par Anny. A 8h45, nous retrouvons Bongo, un nouveau matelot et une femme qui s’occupe de l’intendance pour le pique-nique de ce midi. Une petite brise souffle ce matin, ce qui nous permet d’arriver en 30 mn à Nosy Satrana en traversant un lagon magnifique rappelant la Polynésie. Nous entamons le tour de l’île, en nous arrêtant de temps en temps pour une baignade rafraîchissante. L’île est déserte des tombeaux couronnent son sommet est. Walter nous a dit la veille que par marée basse, les troupeaux de zébu pouvaient passer de la grande terre à l’île mais en cette fin de matinée, la mer n’est pas assez reculée pour le permettre. Le temps passe vite à ne rien faire et l’île est assez étendue, et il est déjà 13h quand nous arrivons à notre point de départ. La table a été dressée sous « le » grand tamarinier, le seul arbre digne de ce nom sur Nosy Satrana. Bongo et ses 2 acolytes ont bien fait les choses puisqu’ils ont mis une nappe, des sièges « zafimaniry », et ils sont en train de nous faire griller des langoustes et des brochettes de capitaine accompagnées de pommes de terre. On est vraiment reçus comme des rois et la vue et l’odeur de ces grillades nous donnent l’eau à la bouche. Le goût est à la hauteur et on se régale de notre repas, en suçant bien tous les morceaux de carapaces pour ne rien perdre. On ne sait pas si c’est un trop plein de bonheur, mais Anny se lâche complètement et se met à dire sur un mode rap « pas taper, pas taper ». Pas la peine d’expliquer le pourquoi du comment, il faut y être pour le comprendre ( et même en y étant…)Après ce festin, nous allons profiter de la plage voisine où nous rencontrons de nouveau les Guyanais. Pour le kite ce n’est pas encore le jour ! Ils ont été ce matin à la recherche des baleines mais n’en ont pas aperçu, se contentant d’un banc de dauphins. Ils travaillent tous les 2 (ils sont accompagnés de leur fils ) dans l’enseignement et passent 2 mois à Mada ( ils ont fait le Mozambique l’an passé ), ce qui leur laisse le temps d’utiliser les moyens de transport locaux. Ils ont fait tout le nord en taxi brousse, avec bien entendu des arrêts pannes qui ont grandement rallongé le trajet. Ils doivent ensuite continuer jusqu’à Fort Dauphin en passant par la côte, ce qui sera probablement une nouvelle aventure. Nous échangeons sur nos impressions au sujet de Madagascar et nous sommes tous d’accord sur le fait que c’est incompréhensible que ce pays soit si pauvre et si arriéré alors qu’il dispose de ressources naturelles énormes, mais inexploitées. Une rencontre très sympa. Nous finissons l’après-midi sur la plage par une partie de volley et avant de reprendre la pirogue vers 16h15, Pierre et moi inventons une petite chorégraphie ridicule qui fait le plaisir de l’assistance, c’est-à-dire les 4 autres. Sur le trajet du retour, Ben et moi nous nous essayons à la voile, en équilibre plus ou moins instable tout en poussant des cris « bongoesques ». Après cette journée très sympa, le séjour à Anakao se termine déjà et nous regrettons de ne pas avoir passé une journée supplémentaire. Le départ de demain est prévu à 7h30 et il va falloir nous lever à 6h45. Nous dégustons notre dernier repas, accompagné comme toujours d’un vin sud-africain, persuadés qu’on ne retrouvera plus la même qualité de nourriture durant le reste du séjour. Ce soir, il n’y a plus grand monde, une famille de français avec 2 enfants, déjà vus au Jardin du Roy, un français seul que la famille a invité à sa table pour la soirée, et un dernier petit groupe d’étrangers demain l’hôtel sera presque vide, la grève d’Air Madagascar, bien que terminée, n’ayant pas permis de rétablir les vols aux jours et horaires prévus. En fin de soirée, autour d’un petit ti punch, nous refaisons un peu le monde et ne pouvons-nous empêcher de nous remémorer les vieux souvenirs de Tahiti de 1992 (est-ce le paysage de lagon vu aujourd’hui qui nous a rappelé le bon vieux temps, possible ). Même Pierre qui n’y était pas connaît ces histoires par cœur et doit commencer à trouver qu’on radote.
Dimanche 26 juillet : Anakao – Isalo. Ben et moi on se réveille un peu avec la gueule de bois, non pas qu’on ait abusé hier soir ( encore que quand on commence à parler de Tahiti, c’est qu’on n’en est pas loin…) mais on a été réveillés en pleine nuit par des hurlements à 4h une voix de femme criait très distinctement et sans accent en français : «ta gueule, espèce de taré, arrête….. », et ce pendant de longues secondes entrecoupées par des chuchotements d’une autre personne. C’est hyper violent et une fois le calme revenu je me mets à analyser la situation : il ne peut s’agir que de la famille de français y aurait-il eu quelque chose avec l’autre français ? Et puis progressivement je me fais un autre film : ne serait-ce pas Charlotte et Juliette qui se seraient disputées, même si je n’ai pas reconnu leur voix ? N’auraient-elles pas été agressées dans leur bungalow ? Evidemment, avec cette idée en tête, impossible de m’endormir et à 4h30 je sors avec ma lampe frontale pour voir si tout est normal dans leur bungalow rien à signaler et je me recouche et me rendors rapidement. Au réveil, je vais quand même les voir pour être certain que tout va bien : rien à signaler, elles n’ont rien vu, rien entendu ! En sortant de leur bungalow, je croise Ben l’air soucieux : « tu as entendu les cris ? » me dit-il « atroces ». Je lui réponds par l’affirmative. « C’était vous ? » Devant ma réponse négative, il insiste : « tu me jures que ce n’était pas vous ? » Lui aussi s’est fait un film, mais différent du mien : il a cru que, à cause de mes ronflements incessants, Anny a pété un plomb et a fini par me traiter de tous les noms. Il est sorti de sa chambre à 4h, n’a plus rien entendu mais n’a pu s’enlever cela de la tête et n’a pu se rendormir. C’est donc un grand soulagement pour lui de voir que ça n’a rien à voir avec nous, ce qui accrédite la thèse de la dispute au sein de la famille française, avec ou sans l’autre français ( on imagine évidemment des scénarios autour de cette thèse…). Les autres ont manifestement dormi comme des loirs et ne se sont rendus compte de rien. Juste le temps de manger le petit déjeuner et nous prenons le bateau pour Tulear, non sans avoir eu le droit une nouvelle fois à une haie d’honneur du personnel de l’hôtel comme lors de notre arrivée. Le français seul est également sur le départ nous n’osons pas lui demander s’il a lui aussi entendu les hurlements de la nuit. Il nous explique qu’il est arrivé à Madagascar avec son père mais que celui-ci a dû être évacué d’urgence vers la Réunion le lendemain de leur arrivée, victime d’une péritonite. Il a malgré tout continué son circuit et voyage donc seul depuis cet événement. Il nous raconte avoir eu la chance la veille lors d’une balade en pirogue avec un pêcheur du village de voir juste à proximité de l’embarcation des baleines, ce qui nous laisse quelques regrets. La mer est un peu plus formée qu’à l’aller et il nous faut 1h30 pour arriver à l’embarcadère où nous attendent Hery et Feno, qu’on est contents de retrouver après cette pause de 4 jours qui a fait du bien à tout le monde. Nous allons poster nos cartes postales écrites à Anakao et nous voilà repartis pour la remontée vers la Capitale, qu’on craint un peu, en particulier les longues heures de voiture sur une route souvent défoncée. Aujourd'hui, l’étape est assez courte puisqu’il faut 4h sur une route en bon état pour retourner au Jardin du Roy. Après 70 kms, nous nous arrêtons à un marché hebdomadaire où l’animation est à son comble en dehors des stands habituels nous avons droit aujourd’hui à des combats de coqs, jeux de cartes, dés et roulette ça joue sérieux et nous ne nous sentons pas forcément les bienvenus. Nous rachetons 2 cadenas en vue du retour et des cumbavas pour les ti punchs, n’ayant plus de citrons verts depuis la veille. La propagande continue à battre son plein et dans tous les villages traversés ce sont les derniers rassemblements avant les élections qui ont lieu en fin de semaine. Dans cette partie du pays, nous apercevons régulièrement des feux de broussaille, allumés par les éleveurs de zébus, censés permettre la repousse de jeunes herbes appréciées par le bétail. A l’heure de midi, nous arrivons au Parc National de Zombitse, un parc très peu connu et quasiment pas décrit ( à part dans le Petit Futé ) dans les guides. On imagine que la visite ne sera pas mémorable mais ça va au moins permettre de couper le trajet. Avant de débuter la visite, nous dégustons le pique-nique préparé par Hery et Feno : une salade de pommes de terre accompagnée de poisson fumé et de saucisses porc-zébu.

Après ce repas copieux, nous rencontrons nos 2 guides locaux ( l’un guide, l’autre rabat ), 2 frères prénommés Lucien et Sélin. Cette visite est une des bonnes surprise du voyage parce qu’en 1 h et en marchant 2 kilomètres, nous avons la chance de voir des papillons, des oiseaux, des lémuriens ( 3 variétés, 2 nocturnes et 1 diurne, des lémuriens , blancs magnifiques ), un gros caméléon, des baobabs géants, des plantes médicinales ( on apprend à cette occasion qu’une espèce de pandanus soigne la syphilis )…..C’est vraiment un parc à conseiller, facilement accessible, permettant de voir beaucoup d’espèces en peu de temps, et avec des guides adorables, ravis de pouvoir faire partager leurs connaissances et faire découvrir les richesses de leur pays. Arrivés à l’entrée du massif de l’Isalo vers 16h, nous faisons un petit détour par la « fenêtre de l’Isalo » pour la classique photo de fin de journée. Hery nous gratifie d’une blague bien emmenée et que personne n’a vu venir : « c’est qui le président avant Sarkosy ? » « Chirac » « Jacques Chirac a inauguré beaucoup de monuments à Madagascar ». Et, alors qu’on arrive sur le site de la Fenêtre de l’Isalo, il nous dit : « il est là le président » et c’est alors que se dresse devant nous dans la roche le profil de Chirac, ou plutôt de sa marionnette des guignols. Hery nous a bien manœuvrés sur ce coup et il n’est pas peu fier de lui. Nous faisons le tour du rocher pour trouver le meilleur angle de vue pour la photo et certains d’entre nous s’adonnent à un jeu dont le but est de parvenir à lancer en 7 coups au maximum un caillou dans le petit trou de rocher à côté de la grande fenêtre. En cas de réussite, on peut faire un vœu. Ben est le seul à réussir brillamment, dès son 2ème lancer. De retour au Jardin du Roy après 1 semaine, nous sommes accueillis chaleureusement par l’ensemble de l’équipe, à l’accueil, au bar, comme au restaurant. Le serveur du restaurant n’hésite d’ailleurs plus à plaisanter avec nous. Manifestement les affaires reprennent et les touristes sont de retour puisque ce sont 75 couverts qui sont prévus ce soir. Malheureusement, le pavé de zébu mémorable de la dernière fois n’est pas au menu où sont proposés des plats un peu plus typés, à savoir de la langue de zébu et du pavé de sanglier. Nous n’avons pas perdu nos bonnes habitudes et la soirée se termine par une citronnelle suivie d’un rhum arrangé.
Lundi 27 juillet : Isalo-Ranomafana. Aujourd’hui, c’est la grande journée de route puisque 7 heures sont prévues, ce qui laisse peu de place aux arrêts et aux visites. Nous appréhendons d’autant plus cette journée que c’est le retour vers les températures plus fraîches, voire l’humidité puisque Ranomafana a une réputation de microclimat humide, c’est-à-dire qu’il y a la saison des pluies et la saison où il pleut. Nous prenons notre petit déjeuner à 7h30 pour un départ à 8h00. Nous quittons avec un pincement au cœur le Jardin du Roy, sachant que pour les 2 prochaines nuits le standing de l’hôtellerie va chuter assez brutalement et qu’on avait pris goût au confort. Nous nous arrêtons rapidement pour photographier la « tête de la reine » dans l’Isalo, mais pour le reste, les haltes sont rares. Depuis quelques jours ( ça occupe quand on roule ), nous avons pris l’habitude à tour de rôle ( Ben, Pierre et moi occupons l’un après l’autre la place de passager avant ) de prendre des photos de la vie quotidienne tout en roulant tous les jours et même plusieurs fois par jour, Ben demande à Feno de soulever la vierge accrochée à son rétroviseur intérieur et lui fait nettoyer la vitre avant pour qu’il n’y ait aucune poussière parasite. C’est à ce genre de petits détails qu’on reconnaît les pros ! Une autre façon de nous occuper c’est d’apprendre le malgache avec Hery, du moins quelques mots : en dehors de Salama et Veloma, les expressions le plus souvent utilisées pendant le séjour sont i vaovao (comment ça va) auquel on répond par tsy misy vaovao ( rien de neuf ). Quelques autres mots appris ( et souvent vite oubliés ) : misaotra (merci), manao ahoana ianao ( comment ça va), tonga soa (bienvenue ), fady (interdit ), tsia (non ), tsara (beau), firy (combien), mazotoa homana (bon appétit) , moka (moustique), fidio (voter)….Aujourd’hui l’expression du jour est « malai lai »(orthographe non garantie ) qui signifie ça gratte. Ben aime beaucoup et tous les gens qu’il rencontre aujourd’hui ont droit systématiquement à Salama, i vaovao, malai lai, veloma. Le premier arrêt digne de ce nom a lieu à Ambalavao le temps qu’Hery se ravitaille dans un restaurant pour le pique-nique, nous faisons un rapide tour du marché. Ben, comme souvent, fait son show ( on se demande s’il est shooté à la coke depuis le début des vacances ) et se fait remarquer, notamment lorsqu’en partant il lance à tue-tête un « Veloma » qui fait rire tous les malgaches qui lui répondent en cœur. Quelques kilomètres après Ambalavao, nous nous arrêtons après 4 heures de route pour manger au bord de la route. Au menu : samousas, riz cantonnais et beignets de poisson pleins d’arêtes (ce qui bloque tout net Ben dans sa dégustation ). Ce n’est pas le meilleur pique-nique du voyage, loin s’en faut….Il nous reste des tee shirts à distribuer et nous en donnons à 3 jeunes qui nous observent depuis un moment, dont 2 se mettent à faire du karaté avec Pierre dont la souplesse légendaire fait encore des merveilles à cette occasion. Arrivés à Fiana à 15h, Hery a le mauvais goût de nous rappeler en plaisantant l’épisode du Père Pedro en général il a beaucoup d’humour mais pour cette fois il aurait pu s’abstenir et il évite de peu une remarque acerbe de notre part. Nous faisons un arrêt rapide à la poste, Ben ayant besoin d’acheter un timbre et de poster une dernière carte postale pendant ce temps, dans le minibus, nous prenons l’appareil photo de Ben et en profitons pour faire des selfies tout en faisant des grimaces, ce qui fait marrer des jeunes malgaches qui ont repéré notre manège. Fianarantsoa n’échappe pas à la propagande, et après Léon Cu, c’est une autre candidate qui fait parler d’elle : d’après Hery elle est connue comme le sosie de Nana Mouskouri alors que Ben et Pierre trouvent qu’elle est le portrait craché d’Audrey Pulvar. On aime toujours autant l’atmosphère de cette ville mais il nous faut continuer notre chemin et ce qu’on apprécie beaucoup moins c’est la portion de route défoncée déjà empruntée à l’aller. Par contre, après l’embranchement vers Ranomafana, les 30 derniers kilomètres se font sur une route sinueuse mais en bon état. Hery nous gratifie encore d’une blague absurde ( une devinette cette fois ) : pourquoi le mot banane commence par un B alors que normalement ça commence par un N ? On se creuse la tête pendant ¼ d’heure sans parvenir à trouver la bonne réponse. La réponse est en fait évidente : normalement commence par un N ! Mais telle qu’il l’a présentée, on est tous tombés dans le panneau. A cette devinette, Charlotte répond par 2 blagues carambar. En fin de parcours, Hery passe un coup de téléphone et on voit que quelque chose ne tourne pas rond après avoir raccroché, il s’avère que l’hôtel Centrest ne nous attend pas, tout comme le ravitaillement de ce midi au restaurant avait été oublié. Rien de grave cependant, l’hôtel n’est pas complet ( ce serait un comble ! ) et des chambres sont disponibles. Nous arrivons à l’hôtel peu avant 17 h, épuisés, mais ce n’est pas fini car une visite est prévue au jardin de plantes exotiques, notamment d’orchidées, propriété de l’hôtel et situé à 10 kms, ce qu’on ignorait. Il fait déjà presque nuit quand nous arrivons, le guide ne parle pas français et le jardin n’a rien d’exceptionnel, d’autant que les orchidées ne sont pas en fleur. C’est vraiment une visite sans grand intérêt, dont on aurait pu se passer après cette journée éprouvante. A la sortie, nous remercions notre guide qui à notre merci répond « non merci ». Désormais, nous répondrons aux mercis par un non merci jusqu’à la fin du séjour. Il fait bien sûr nuit noire quand nous arrivons à l’hôtel. Est-ce la réservation qui avait été oubliée ? En tout cas, nous nous retrouvons tous les 4 avec une chambre pour 4 avec des lits alignés et à peine la place pour étaler les bagages sans compter la marche dans les toilettes qui risque d’en gêner plus d’un pendant la nuit. N’ayant pas le courage de préparer notre traditionnel apéritif dans cette chambre, nous préférons le prendre à table au restaurant. Pour le repas, et alors que j’ai prévenu en arrivant « ici ne mangez surtout pas de poisson, vu l’éloignement de la mer », le menu est unique et heureuse surprise, le plat est une brochette de poisson avec du riz.. Ben qui a une sainte hantise des arêtes et qui a déjà dû recracher son beignet de poisson ce midi a la malchance de tomber une nouvelle fois sur une arête qui justement ( sans jeu de mot ) l’arrête net. Le dessert, une banane flambée, est lui excellent. Après ce repas correct sans plus, nous nous couchons assez tôt, fatigués par notre longue journée de route.
Mardi 28 juillet : Ranomafana – Ambositra. La nuit a été acceptable malgré la promiscuité et nous démarrons la journée par un bon petit déjeuner. Aucun d’entre nous n’a eu le courage d’aller aux thermes voisins aux aurores comme proposé par Hery. Un taxi brousse a fini son parcours pendant la nuit contre le mur en contrebas de l’hôtel et il aura du mal à avoir une seconde vie, vu son état. A 8h, notre guide local, Angelin, nous retrouve sur le parking de l’hôtel où nous prenons le minibus jusqu’à l’entrée du Parc National de Ranomafana. Les craintes concernant le mauvais temps et la pluie se sont envolées et nous laissons nos kways dans le véhicule. Angelin passe du temps à nous expliquer l’historique du parc, la forêt primaire et secondaire, et les différentes espèces présentes il est d’ailleurs un peu bavard à notre goût car, pendant qu’il nous donne ces explications, plusieurs groupes nous passent sous le nez et nous craignons de nous retrouver trop nombreux dans la forêt. Il nous informe qu’une rabatteuse, Myriam, est déjà dans la forêt à repérer les lémuriens. Myriam est apprentie guide et elle fait son baptême du feu avec nous en nous donnant des informations sur le mode de vie des lémuriens. Angelin de son côté passe auprès de chacun de nous en nous disant à voix basse de poser des questions à Myriam pour la confronter à la réalité du métier de guide. Les sentiers sont bien tracés, presque trop. Le premier animal aperçu est un mini gecko en forme de feuille, quasiment impossible à distinguer. Puis c’est au tour des lémuriens ou gidro en malgache ( encore un nouveau mot, se prononçant guidrou, le moyen mnémotechnique étant Guy Roux ). Nous commençons par des lémuriens dorés, puis c’est un groupe imposant de lémuriens à front roux qui arrivent droit sur nous, en sautant de branche en branche puis s’immobilisent à 1 m de nous pour s’abreuver dans le creux d’un arbre. Aussitôt rassasiés, ils repartent comme ils sont arrivés et disparaissent rapidement dans la forêt. Lors de la promenade, nous avons l’occasion de voir 2 autres espèces de lémuriens, 1 groupe de 2 lémuriens diurnes et 1 groupe de 3 nocturnes. La promenade en forêt est très agréable et nous traversons des bambouseraies et observons de magnifiques fougères arborescentes. Angelin se met soudain à entonner la Marseillaise qu’il connaît parfaitement, puis l’hymne malgache. Après 3h de marche, nous revenons au minibus où, comme d’habitude, Feno nous attend patiemment. Nous reprenons la route en direction d’Ambositra. A la fin de la RN25, peu de temps avant de retrouver la RN7 et sa portion défoncée, nous nous arrêtons au bord de la route, une famille étant en train de fabriquer des briques en latérite. Nous les interrogeons : ils fabriquent 1400 briques par jour et vendent chaque brique 14 ariarys. Le travail doit être très pénible et les hommes, les femmes comme les enfants mettent la main à la pâte. La maman est fière de dire que sa fille est dans les premières élèves de sa classe et nous l’encourageons à continuer et à ne surtout pas arrêter l’école. Nous leur offrons les quelques vêtements qui nous restent et repartons vers le Nord. Nous nous arrêtons peu de temps après pour le pique-nique au menu du jour : sandwiches. Comme d’habitude, des enfants ne tardent pas à s’agglutiner pas très loin de nous tout en maintenant une distance de « sécurité ». A la fin du repas, comme la veille, Feno et Hery distribuent les restes aux enfants, qui ne se font pas prier. En se rapprochant d’Ambositra, les paysages sont vraiment magnifiques, la terre rouge et les rizières donnant des contrastes de couleur étonnants. Par contre, comme à l’aller dans la même région, les nuages sont de la partie et le temps se couvre de plus en plus. Hery, qui y a pris goût, nous pose de nouveau une colle : donnez 7 noms féminins français qui se terminent par un t. Après de longues minutes de réflexion, nous arrivons à 6 : dent, nuit, jument, mort, part, forêt. Hery, décidément très joueur , plutôt que de nous donner le 7ème , nous met tranquillement sur la voie et on finit par trouver le dernier mot : dot !

Peu avant Ambositra, nous voyons enfin quelques maisons avec cheminées, un peu incongrues à Mada. Après 4 h de route, nous arrivons enfin à destination et avant d’aller à l’hôtel nous faisons une halte pour observer un four à briques au bord de la route. L’hôtel est « l’Artisan », dont le gérant n’est autre que le propriétaire de l’atelier de marqueterie que nous avions visité à l’aller. C’est un établissement assez moyen, très bruyant et d’un confort correct sans plus. Le restaurant lui-même laisse à désirer. Un groupe local joue des airs pas très entraînants sur des instruments traditionnels leur CD est en vente 20 000 ariarys. La clientèle est diverse et variée : il y a des locaux, des touristes comme nous, mais aussi un groupe de mormons en costume cravate et des coréens très bruyants qui jouent avec leurs liasses de billets et dont on apprendra le lendemain qu’ils sont là pour acheter des pierres précieuses. Le dîner est le summum de notre voyage en terme de repas pris à l’hôtel là non plus, comme la veille, nous n’avons pas le choix et, après une soupe en entrée, le plat est un mélange de spécialités malgaches accompagnées de riz et de rougail-tomate : du zébu bouilli, du porc-pois chiches, manioc-porc, brèdes-porc. L’ensemble va du potable à l’immangeable, la palme du plus mauvais allant au manioc. C’est tellement peu dans nos goûts que chacun de nous met un temps infini à avaler ne serait-ce qu’une bouchée. On a l’impression en regardant le voisin qu’il est en train de brouter de l’herbe ou de mâcher un chewing gum géant. Autant dire que les assiettes sont presque pleines quand le serveur vient débarrasser la table on a beau se justifier comme on peut et bredouiller que c’était bon mais trop copieux, il a l’air atterré et c’est vrai que c’est désolant de gaspiller autant de nourriture dans un pays aussi pauvre. Après ce repas mémorable, nous allons nous coucher.
Mercredi 29 juillet : Ambositra-Antananarivo. Ce matin, le réveil est un peu laborieux, le dos ayant souffert de la dureté du matelas de notre lit. Par ailleurs, cette satanée marche ( comme au Centrest la veille ) entre la chambre et la salle de bain nous a joué des tours en pleine nuit et le gros orteil s’en souvient encore. Au lever, Charlotte, la plus grosse consommatrice de médicaments du voyage, qui n’en est plus à un problème près, s’est tapée dans la table de nuit et a un gros hématome à la cheville. Pour le petit déjeuner, c’est l’habituelle commande : 2 cafés, 3 thés et un chocolat, accompagnés de pain ( encore un exemple de l’influence française car c’est un des rares pays où le pain est du vrai pain comme chez nous ). Partis à 8h, nous rencontrons sur la route les habituels camions THB et STAR ( les bières locales ) et toujours ces taxis brousse chargés au maximum aujourd’hui, au cours de la journée, nous voyons à plusieurs reprises des taxis brousse portant sur le toit un cercueil orné d’un drapeau malgache Hery nous explique que le côté où se situe le drapeau permet de savoir s’il s’agit d’un retour du corps dans son village pour un enterrement ou pour un retournement des morts. Après 2 heures de route, nous arrivons à Antsirabe où nous visitons la confiserie Marcel après une démonstration de la fabrication des bonbons ( c’est de l’artisanal pur et dur ! ), nous achetons chacun plusieurs sachets à différents parfums, puis reprenons notre route vers Tana. Aujourd’hui, c’est le dernier jour de propagande autorisé, les élections communales ayant lieu vendredi, et c’est l’effervescence dans tous les villages traversés. A 13h, nous arrivons à Ambatolampy au restaurant « le rendez-vous des pêcheurs », qu’on devrait plutôt appeler « le rendez-vous des vazahas » car la clientèle est exclusivement composée de petits groupes de touristes accompagnés de leur guide. Après un plat (zébu pour les uns, bolognaises pour les autres ) accompagné pour Ben et Pierre par une Skol, moins bonne que la THB, nous repartons pour nous arrêter quelques centaines de mètres plus loin, à la fabrique de cocottes en aluminium. La visite, qui dure près d’une heure, est très intéressante et elle nous permet de voir toutes les étapes de la fabrication de ces fameuses cocottes qu’on retrouve partout dans l’île les ouvriers, pour certains des ados, travaillent dans des conditions épouvantables, dans la chaleur, la fumée, la poussière de métal, surveillés par une vieille pas commode. La médecine et l’inspection du travail, ils ne connaissent pas ici, et ces jeunes ne doivent pas faire de vieux os à travailler dans de telles conditions. La boutique est un peu décevante et nous nous contentons d’acheter un petit baobab pour le souvenir. La route jusqu’à la capitale se déroule sans encombre et nous arrivons à l’entrée de la ville peu avant 16h. Là nous assistons à une scène cocasse : au moment où nous arrivons à leur hauteur, 2 cortèges de propagande se croisent, des partisans de Marc Ravalomananna ( au pouvoir jusqu’à 2009 et que beaucoup voudraient voir revenir au pouvoir, c’est sa femme qui se présente à la mairie de Tana ) et ceux d’Andry Rajoelina ( le DJ comme ils l’appellent, ancien président de la transition à partir de 2009). C’est l’allégresse générale, c’est à qui va manifester de la façon la plus bruyante et nous-mêmes, dans notre minibus, nous les encourageons à en faire encore plus en levant les bras et en criant. Pensant être quasiment arrivés à notre hôtel, nous déchantons vite, Tana n’ayant rien à envier à Paris en terme de bouchons nous découvrons lors de la traversée de la ville la grande misère qui y règne, certains vivant sous des cartons, d’autres faisant un feu en pleine rue pour se réchauffer. Cette misère engendre bien sûr beaucoup d’insécurité et Hery nous conseille de bloquer nos portes, les agressions n’étant pas rares en pleine rue. Pour occuper le temps, la traversée de la ville nous paraissant interminable, nous nous mettons à photographier les voitures, notamment les taxis qui nous rappellent notre jeunesse : 2CV, 4L, Diane, 204, 404, …….tous les vieux modèles vivent ici une seconde jeunesse. Ben s’étonne qu’il n’y ait pas de feux tricolores ni de panneaux : il y en a eu à une époque mais ils ont tous été volés et le métal a été recyclé pour un autre usage… Après plus d’1 heure à avancer au pas, nous finissons par atteindre notre hôtel, le « Tamboho », un établissement luxueux situé dans une sorte de ghetto comprenant également un supermarché et de nombreuses boutiques de luxe, l’ensemble étant barricadé et surveillé. L’hôtel est situé dans un cadre superbe, au bord d’un lac en pleine ville. L’inconvénient de ce lac, ce sont les moustiques puisque dès qu’on sort de l’hôtel on est assaillis ( Charlotte et Juliette l’ont testé en allant à la piscine de l’hôtel ) en fin d’après-midi, nous allons faire quelques courses au supermarché, notamment pour les apéritifs des derniers jours ( on y trouve des « caca pigeon » comme chez Brigitte ). Les chambres du Tamboho sont vraiment très spacieuses et l’hôtel offre quelques services appréciables, notamment des boissons fraîches sont en libre-service dans les couloirs. Le restaurant lui n’est pas tout à fait à la hauteur du standing : au dîner, l’entrée et le plat sont corrects mais pas exceptionnels et c’est surtout le dessert, un ananas confit, qui fait l’unanimité contre lui : dur et hyper écoeurant.
Jeudi 30 juillet : Antananarivo-Andasibe. Contrairement au dîner de la veille, le petit déjeuner sous forme de buffet est délicieux c’est le meilleur de notre séjour. La journée étant chargée, Hery nous a donné rendez-vous à 7h30. Comme d’habitude, c’est le même rituel : avant le petit déjeuner, c’est-à-dire une trentaine de minutes avant le départ prévu, nous descendons nos bagages au minibus pour que Feno et Hery les installent sur le toit, ce qui permet de gagner du temps. Nous prenons la route du nord en direction de la colline sacrée d’Ambohimanga située à 15 kms de la capitale ; comme la veille la circulation est très dense et nous progressons lentement. En chemin, une construction attire notre attention il s’agit d’arènes immenses, aux couleurs du parti d’Andry le DJ, qui ont été construites pendant son « règne » et prévues pour des concerts. Un exemple parmi tant d’autre de la mégalomanie de ce Président de la Transition qui par contre a oublié lors de son mandat les routes et l’éducation. A 8h30, nous arrivons à Ambohimanga, la « colline bleue ». C’est sur cette colline qu’est édifiée l’ancienne cité sacrée, berceau du royaume Merina. A l’entrée du site, bien que ne comprenant pas le malgache, on voit que quelque chose ne va pas car la discussion entre la personne à l’entrée et Hery paraît agitée. Ayant vu la veille dans le Routard et le Petit Fûté que le site ouvrait à 9h, je demande si on est arrivés trop tôt. Hery répond que les horaires ont changé et qu’il nous faudra attendre 30 mn. En dehors du fait qu’on aurait pu dormir 30 mn de plus, on aurait apprécié qu’au lieu de nous raconter des bobards il nous dise qu’il s’est trompé, ce qui peut arriver à tout le monde. Cette attitude nous agace un peu. A 9h, notre guide locale Noro ( prononcer Nourou ) commence la visite d’1h, très intéressante. Il s’agit du seul site malgache classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Au sommet de la colline se trouve le Rova, enceinte fortifiée qui renferme la case où vécut le roi Andrianampoinimerina, 2 pavillons en bois avec étage ou venaient séjourner les reines Ranavalona I et II, un parc à bœufs et les bassins sacrés où se baignaient les reines. On est loin du faste des demeures de la même époque des rois et reines en France et dans d’autres pays européens. Une petite anecdote qui nous a fait rire : dans le pavillon en bois se trouvent des photos des 2 reines, l’une gentille, l’autre méchante. Alors que chaque reine a un air sérieux sur sa photo, Noro nous dit « vous voyez tout de suite sur les photos que l’une est gentille et l’autre méchante »…. Forcément, c’est plus facile quand on connaît l’histoire…On ne lui a pas demandé de dire à partir de la photo de passeport de Pierre ( où il ressemble à un terroriste ) s’il était gentil ou méchant…. Après cette visite d’un des rares sites historiques de Madagascar, il nous faut de nouveau traverser Tana pour emprunter la RN2 qui part vers l’est en direction de Tamatave pas de miracle, cette traversée est une nouvelle fois interminable, et nous ne sommes pas mécontents de nous engager sur la RN2 d’après Hery, la route est en bon état, ce qui se confirme dans les faits et nous progressons rapidement vers l’est. Les paysages sont moins intéressants que sur la RN7 et nous faisons le trajet d’une seule traite jusqu’à Moramanga, où nous arrivons à 13h30. C’est une ville où l’oncle de Ben, militaire, a vécu dans les années 50 il est d’abord venu après les événements de 1947 puis est revenu en 1958 au moment de la proclamation de l’indépendance. Nous nous arrêtons au restaurant « le Coq d’Or », un restaurant chinois. Au menu, c’est Misao pour Anny, Pierre, Juliette et Charlotte, Poulet-Coco pour Ben et canard laqué, soit disant la spécialité de la maison, pour moi. Le canard laqué n’a de laqué que le nom et il est tellement gras qu’on a bien du mal à trouver un morceau de maigre. Mauvais choix ! En sortant de table, Hery nous propose d’aller visiter le musée de la gendarmerie, ce qui ne nous enchante pas vraiment. Nous sommes accueillis par le gendarme de 1ère classe Zo ( qui ne se rappelle plus s’il est 1ère ou 2ème classe ). Le musée est composé de plusieurs sections : criminologie, histoire de la gendarmerie, véhicules de collection….C’est potentiellement intéressant mais nous ne sommes pas très motivés pour cette visite et vu le nombre de visiteurs annuels, ce musée n’attire pas grand monde. Après cette visite vraiment pas incontournable, nous continuons notre route vers Andasible où nous arrivons vers 16h. L’Andasibe Hôtel, établissement agréable, est situé en pleine forêt, à quelques centaines de mètres du parc national où nous irons demain. En cette fin d’après-midi, nous allons sans les filles nous promener à pied à Andasibe, village à l’ambiance western avec ses petites maisons en bois. Nous sommes surpris par l’indifférence des habitants qui contrairement à d’habitude ne nous saluent pas spontanément même les enfants ne nous gratifient pas de « Bonbons vazahas ». On a déjà remarqué cette attitude dans la journée quand, en traversant les villages, nous avons salué les habitants. Est-ce une certaine réserve naturelle dans cette partie du pays ou une habitude des touristes ? La visite du village est sympa et on finit quand même par distribuer quelques bonbons et crayons à des enfants.

Avant le repas du soir, nous retrouvons comme tous les soirs Hery et Feno pour le briefing du lendemain Hery nous annonce qu’après avoir rencontré notre guide local de demain, celui-ci lui a dit qu’avec notre véhicule il nous serait impossible de nous rendre à la Réserve de Mantadia, la piste pour s’y rendre étant impraticable sans 4x4. Nous nous contenterons donc de la réserve Indri Indri le matin et pour l’après-midi on trouvera une autre visite. Le dîner est correct mais nous commençons sérieusement à saturer de la nourriture locale et de ce côté-là il est temps qu’on rentre en France.
Vendredi 31 juillet : Réserve d’Andasibe. Le jour tant attendu est arrivé : c’est aujourd’hui qu’ont lieu ces fameuses élections communales dont Hery nous parle depuis plus de 15 jours et à cette occasion la journée a été décrétée fériée. Nous partons à 8h pour la visite. Ben fait la gueule ce matin car il ne retrouve plus la pierre précieuse achetée chez Joseph et cela fait déjà 2-3 jours que ça le travaille. Il est sûr de l’avoir laissée dans le minibus pendant notre escapade à Anakao et depuis il n’arrive pas à mettre la main dessus. La veille au soir, lors du briefing, il en a parlé à Feno et Hery en leur demandant s’ils pourraient regarder dans le minibus et voir si le petit paquet ne s’est pas « caché » dans un coin peu accessible. Devant leur réponse négative ce matin, il ne desserre pas les dents, persuadé de ne pas l’avoir perdu lui-même et commençant à avoir des doutes…Heureusement, il va se dérider au fur et à mesure de la matinée… Arrivés à l’entrée de la Réserve Indri Indri, nous sommes accueillis par notre guide local Patrice. Ici, pas de rabatteur, les lémuriens ayant des territoires connus des guides. Comme à Ranomafana, le temps est magnifique et la forêt humide ne l’est finalement pas tant que ça. Ça nous promet des lémuriens en pagaille ! Assez rapidement nous apercevons notre premier groupe de lémuriens, des propithèques à diadème. Nous les observons durant de longues minutes et dans d’excellentes conditions, le nombre limité de groupes de touristes ne gâchant pas le spectacle. Ce sont ensuite des lémuriens marrons ( fulvus ) et le clou du spectacle et la vedette de cette réserve est bien sûr l’Indri Indri, qu’on ne tarde pas à apercevoir après avoir entendu à plusieurs reprises ses cris perçants résonner dans la forêt ( ils peuvent s’entendre à 3 kms ). C’est le plus gros des lémuriens ( il peut peser plus de 10 kgs ) et il se distingue des autres espèces en ayant un moignon de queue. Ses grandes oreilles et son pelage noir et blanc lui donnent un aspect de grosse peluche. On ne se lasse pas de les regarder leur cri est encore plus impressionnant de près et est vraiment déchirant, ce qui explique sa portée de plusieurs kilomètres. Juliette et Ben, qui ont un gros zoom à leur appareil photo, ont réussi des clichés superbes et nous rendent un peu jaloux. Après cette longue observation des lémuriens, nous continuons notre exploration de la forêt en passant par un endroit appelé le Lac Vert. Les températures étant fraîches en cette saison, les caméléons restent cachés et ne se laissent malheureusement observer. Par contre, juste à côté du Lac Vert, nous avons la surprise de trouver un boa d’1 m de long, enroulé et en pleine sieste, légèrement en contrebas du chemin. Après cette découverte, nous poursuivons la visite dans la partie plus sauvage de la forêt où le relief est plus marqué et les sentiers moins tracés. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’apercevoir d’autres lémuriens lors de ce dernier tronçon. Une fois revenus au bord du Lac Vert, Patrice se met à sortir des sacs à pain et autres tissus brodés qu’il nous demande d’acheter pour aider les femmes de la communauté qui soit disant les ont tissés. On se sent un peu pris en otages car rien ne dit d’une part que cela vienne des femmes du village et d’autre part que ce ne sera pas lui qui va empocher le gain de la vente. Malgré tout, Pierre et nous lui achetons chacun un sac. Après 4h de marche et de découverte de cette magnifique réserve, nous arrivons au parking où Patrice nous montre un mini caméléon, quasiment impossible à distinguer de la branche d’arbre sur laquelle il est posé. Feno nous attend avec le pique-nique que nous mangeons sur les tables installées à cet effet à l’entrée du parking. Le menu est copieux comme d’habitude : taboulé, légumes, poulet laqué dont nous régalons. Faute de pouvoir visiter la réserve de Mantadia, nous nous rendons à 14h au Vakoma Forest Lodge distant de quelques kilomètres. Ce lodge héberge un parc privé et une réserve de lémuriens situés sur un petit ilôt privé. Nous commençons par la réserve de lémuriens que nous atteignons par un trajet de quelques mètres en canoé. A peine arrivée sur la berge, les lémuriens ( fauves et à crinière ) s’approchent de nous et sautent sur nos épaules, attirés par les morceaux de bananes qu’on a pris soin de préparer avant. Il y a là aussi des singes capucins adorables. Ça fait un peu zoo ces lémuriens semi-apprivoisés ( Ben n’apprécie pas trop ), mais ils déclenchent des éclats de rire et des cris de surprise, certains d’entre nous se sentant plus ou moins à l’aise avec 1 ou 2 lémuriens sur l’épaule. Après cette récréation, nous allons visiter la réserve privée, guidés par Feno, par le nôtre mais un guide local. Nous commençons notre parcours par l’étang aux crocodiles qui nous permet d’apercevoir de beaux spécimens allongés sur la berge. Ben a l’humeur légère en ce début d’après-midi et il fait des petits commentaires moqueurs aux explications de Feno tout en gardant un air très sérieux ( par exemple, Feno nous dit « les crocodiles font partie de la famille des reptiles » auquel Ben répond « ah bon, ce sont des reptiles ??!! »). Pierre et moi, un peu en retrait de la conversation, sommes bidonnés. Heureusement il se calme assez rapidement parce le guide aurait fini par se rendre compte. La végétation est superbe : grands eucalyptus, fougères arborescentes, plantes médicinales….Au cours de la visite du parc, nous voyons d’autres animaux en captivité, des tortues radiées, un boa que Feno met sur les épaules de Charlotte, seule volontaire du groupe, et un fosa ( on a d’abord compris « faux chat » c’est un carnivore endémique de Madagascar, prédateur des lémuriens ). Nous traversons à 2 reprises le cours d’eau sur une passerelle suspendue, en équilibre plus ou moins précaire, ce qui donne quelques émotions à ceux qui sont sujets au vertige. Au final, c’est une promenade plus agréable qu’on ne le pensait malgré le côté « aménagé » et peu sauvage du site. Nous sommes de retour à l’hôtel à 16h30 pour notre dernière soirée complète à Madagascar. Le repas du soir confirme notre saturation pour la nourriture pendant le repas, Ben va sur le site de sa pharmacie et observe son personnel tout en faisant des commentaires. Charlotte trouve cela très intéressant et comme on peut envoyer désormais des ordonnances par mail, elle prend Ben en photo avec une bouteille de vin et l’envoie à la pharmacie avec un commentaire « le bonjour de Madagascar » ça fait sérieux…. Nous nous couchons avec un petit pincement au cœur car demain c’est déjà le départ pour la France.
Samedi 1er août : Andasibe-Antananarivo. Juliette a été malade durant la nuit, ce qui ne laisse augurer rien de bon pour le voyage retour. Anny est aussi toujours dérangée depuis quelques jours. Nous quittons l’hôtel à 8h. En chemin, nous passons dans le village où habite Hery il nous montre sa maison au loin, une grande maison blanche assez proche à vol d’oiseau mais distante de 14 kms par la route depuis que le pont qui y conduisait s’est effondré. Comme par ailleurs le maire n’est pas son meilleur ami et qu’il vient d’être élu aux élections communales, les travaux risquent d’attendre longtemps…Hery nous dit que dans un futur proche il aimerait se présenter aux élections, participant déjà activement à la vie de sa commune. A Tana c’est la femme de Ravalomanana qui a été élue, ce qui est une bonne nouvelle pour Hery.

A mi-chemin, nous nous arrêtons à la réserve de Péreyras, sorte de mini zoo un peu déglingué qui a comme principal intérêt d’approcher de très près de nombreuses variétés de caméléons. Notre guide est Richard. Plusieurs espèces sont ici en captivité : boas, crocodiles, papillons, chauve-souris, lézards, grenouilles, tanrecs ( animal proche du hérisson, endémique à Madagascar et rencontré notamment à Andasibe )…Le clou du spectacle, ce sont donc les caméléons, de toutes tailles et de toutes les couleurs Ben et Charlotte en portent un dans leurs bras et sont frappés par la froideur de sa peau. Richard nourrit l’un d’entre eux de sauterelles pour qu’on puisse le prendre en photo, mais sa langue est tellement longue et sort avec une telle vitesse qu’on n’arrive jamais à trouver le cadrage qui convient. Après 1h de visite, nous reprenons la route vers Tana et nous arrivons vers 13h15 au Grill du Rova, sur la Haute Ville, sans avoir trop à subir les bouchons, la circulation étant plus fluide le samedi. La propriétaire du restaurant est la femme d’Olivier, le directeur de l’agence Malagasy Tours, qui est lui aussi présent et avec qui nous discutons un moment de choses et d’autres, les élections, la situation à Madagascar, la grève d’Air Mada, et bien entendu notre changement de circuit sur l’ensemble des clients de l’agence, c’est pour nous que les modifications ont été les plus importantes. Il nous signale aussi qu’il espère encore pouvoir négocier avec le Coco Komba à Nosy Komba qui refuse de nous rembourser la ½ pension et les transports alors que les frais n’ont pas été engagés. Pour cet avant dernier repas, nous mangeons avec Hery et Feno ça sent la fin du voyage…. Le guide local qui nous fait la visite de la haute ville se prénomme Hery John c’est un étudiant en histoire, très cultivé qui rend la visite passionnante par ses grandes connaissances. Après une visite du Palais de La Reine, détruit en 1995 par un incendie et reconstruit en partie depuis, nous déambulons dans les rues de la Haute Ville, d’où la vue sur Tana et ses environs est splendide. Lors de notre balade, nous croisons un groupe entonnant des chants pour fêter un événement, alors qu’un jeune enfant, en pleurs, ne partage pas vraiment l’allégresse générale. Il s’agit en fait d’une cérémonie de circoncision, tradition ancestrale à Madagascar. Hery John nous explique qu’elle est pratiquée désormais de plus en plus de manière moderne car moins douloureuse et plus hygiénique cependant, la méthode traditionnelle, à la maison, a encore la faveur de beaucoup, pour des raisons de coût ou de respect de la tradition. Lors de la cérémonie, après avoir été coupé par un guérisseur traditionnel, le prépuce est avalé cru par le grand père avec de la banane pour faire passer le tout… Après cette visite très instructive, nous retrouvons Feno, tranquillement installé à regarder un match de foot avec son beau-frère encore quelques heures et il sera enfin débarrassé de nous ! Nous redescendons dans la ville moyenne où la recherche d’un magasin pour acheter des pierres est un échec ( celui qu’on avait conseillé à Hery est fermé depuis plusieurs mois ) et nous arrivons enfin à la Basse Ville, grouillante même le samedi. Alors que nous passons dans une petite ruelle à la périphérie de la ville, Hery fait arrêter le minibus à Feno et en descend sans rien dire on comprend rapidement qu’on est devant son hotely et que ce sont sa femme, sa fille et son fils qui sont là. Nous les saluons de la main et Hery remonte très rapidement dans le véhicule avec le « cadeau » de Ben, c’est-à-dire un CD de Jaojoby ( et autres musiques malgaches ). C’est vraiment une attention très sympa de la part d’Hery, que l’effet de surprise a rendu encore plus agréable. Arrivés à la sortie de la ville, nous nous arrêtons quelques minutes au Marché de la Digue, marché artisanal dédié aux touristes ces derniers étant peu nombreux, nous nous faisons harceler par les vendeurs. Alors qu’Hery nous a prévenu qu’il fallait négocier à 30% de baisse les achats, nous constatons rapidement d’après certains articles déjà vus ailleurs qu’il faut plutôt diviser par 3 le prix annoncé. Ben trouve son bonheur et achète 3 masques quasi-identiques à ceux qu’on avait dans nos bungalows à Anakao, certainement réalisés par le même artiste. Quant à nous, nous nous contentons de petites 2CV. Nous avions dit à Hery que nous aimerions ramener de la vanille de bonne qualité on lui a conseillé une adresse située juste à côté du « Bois Vert », notre premier hôtel qui sera aussi le dernier puisqu’il a été réservé aujourd’hui pour un Day use. Nous nous rendons donc à la nuit tombée à la boutique, dans laquelle sont vendues des épices nous sommes accueillis avec un rhum arrangé à la vanille délicieux, puis une présentation nous est faite sur la fabrication de la vanille. Tout cela donne l’eau à la bouche et nous sommes motivés pour acheter des gousses…..malheureusement absentes…On est venus spécialement pour acheter de la vanille, pour finalement apprendre qu’ils sont en rupture de stock. Contre mauvaise fortune bon cœur, nous achetons de l’extrait ou de la poudre de vanille ainsi que du poivre. Au Bois Vert, 2 chambres nous ont été réservées et nous en profitons pour nous doucher et finir l’organisation des bagages par rapport à notre arrivée 3 semaines plus tôt, la température extérieure nous paraît beaucoup plus douce et on s’est déjà fait la réflexion les jours précédents. Est-ce une réalité ou nous sommes nous habitués au climat malgache ? Nous allons prendre notre dîner plus tard que d’habitude, notre départ pour l’aéroport étant prévu pour 22h15. La nourriture est très correcte mais beaucoup trop copieuse et le service est tellement lent qu’à peine fini notre repas, il est déjà temps de rejoindre Hery et Feno. Nous arrivons à l’aéroport à 22h30, soit plus de 3h avant notre vol prévu à 1h40. Nous faisons nos adieux à Hery et Feno après leur avoir remis leur pourboire ainsi que les commentaires pour l’agence. La file d’attente est encore un grand moment de la désorganisation malgache et on vit le même sketch qu’à l’aller, mais en pire. Il y a 2 bornes d’enregistrement électronique mais l’une d’entre elles ne fonctionne pas à la seconde borne, l’employée qui est là met un temps fou à saisir les données ( 10 mn par personne, sachant qu’on ne peut apparemment pas enregistrer tous les voyageurs d’une même réservation comme en France ) et nous laisse passer sans enregistrer. Aux guichets, il y a le nombre de personnes suffisant, mais là encore on ne comprend pas pourquoi ça avance à une allure d’escargot. Il nous faut 1h30 pour arriver à l’enregistrement des bagages et la file d’attente fait quasiment toute la longueur de l’aérogare avec des gens gesticulants, agacés par tant d’inefficacité. On finit par passer en salle d’embarquement et à 1h, l’embarquement commence. Là encore, c’est du gros délire et de l’irrationnel total puisqu’après avoir contrôlé nos cartes d’embarquement, une fois arrivés sur le tarmac, billet et passeport sont de nouveau vérifiés, et, cerise sur le gâteau, au pied de l’avion des tables sont installées pour un contrôle du contenu des bagages à main et une fouille au corps…A cette heure avancée, les passagers sont à bout. Un français derrière nous se lâche : « ils ne sont pas capables de faire des routes mais pour nous casser les c…. ils sont forts ». Bien entendu, avec une telle organisation, difficile d’envisager un décollage à l’heure et c’est avec une heure de retard que nous quittons Madagascar.
Dimanche 2 août : Antananarivo-France. Nous arrivons à Paris en fin de matinée, avec un peu de retard par rapport à l’horaire prévu. Pierre, et surtout Juliette, dont l’état ne s’est pas amélioré depuis la veille, ont vécu une nuit pour le moins agitée et les allers-retours aux toilettes ont été incessants. Juliette est apathique et la journée risque d’être longue pour elle, le transfert pour Brest n’étant pas prévu avant 16h30. Une fois les formalités de retour effectuées et les bagages (en totalité !! ) récupérés, nous quittons Pierre qui a un train pour Rennes à 14h. De notre côté, nous tuons le temps en attendant notre vol, et la fin du voyage se passe sans encombre et nous arrivons à Fouesnant peu avant 19h. On ne peut pas en dire autant de Ben : seul pendant le voyage à n’avoir quasiment pas eu de troubles digestifs, ça le prend dans le taxi qui le ramène de l’aéroport ( la salade verte de la veille au soir au Bois Vert ?) et il finit par se vider devant sa porte d’appartement sans parvenir à effectuer les derniers mètres qui le séparent de ses toilettes. Quant à Pierre, il a touché le gros lot nous recevons un SMS de sa part à 19h : son train est immobilisé sur la voie quelques kilomètres avant Rennes, un tracteur tombé sur la voie ayant été percuté par un autre train, bloquant totalement le trafic ferroviaire. Nous suivons en direct l’évolution de la situation et c’est finalement en car et avec 4h30 de retard qu’il arrive à bon port. Comme quoi il n’y a pas qu’à Mada qu’on rencontre des impondérables !! Un dernier épisode à relater, en relation avec le voyage : le remboursement du Coco Komba ! Le lendemain de notre retour, j’envoie un mail au Coco Komba pour connaître les raisons du non remboursement d’au moins une partie des sommes engagées ( 1100 euros dont presque 700 pour la ½ pension et les transferts ). L’hôtel me répond qu’ils n’ont été prévenus que la veille de notre arrivée prévue, soit le 27/7, de notre annulation ferme, alors que les achats de produits frais à Nosy Be avaient été effectués. Je m’étonne de cette réponse, ayant depuis belle lurette fait une croix sur cette partie du voyage. S’engagent alors pendant plus d’une semaine des échanges incessants de mails entre la direction de l’agence, le Coco Komba et moi. Lors du changement de notre circuit le 10/7, l’agence a annulé nos nuits au Coco Komba, que ces derniers ont refusé de rembourser. Les sommes versées étant perdues, Malagasy Tours a réactivé la réservation le 20, pour d’éventuels clients de dernière minute ( sans toutefois préciser à l’hôtel qu’il ne s’agissait pas de nous ), puis, faute de clients comme c’était prévisible, l’a de nouveau annulée le 27. Coco Komba, considérant avoir engagé des frais et subir par ailleurs un préjudice du fait des consos non bues ( notre réputation nous aurait-elle précédé ??) et des excursions non effectuées( !), refuse de rembourser quoi que ce soit. Après d’âpres négociations avec Olivier de l’agence, l’hôtel accepte de partager le remboursement de la ½ pension avec l’agence, à condition que ceci se fasse sous forme d’une remise de 5% sur les prochaines réservations de l’agence au Coco Komba. Trouvant que c’est une usine à gaz ( d’autant que ça revient à ce que l’agence nous rembourse en une fois pour de son côté ne se faire payer qu’en plusieurs ), Olivier mentionne que 350 euros à rembourser en 1 fois, ce n’est pas la mer à boire. Il précise aussi que, faute d’accord à l’amiable nous mettrons un avis salé sur le site Tripadvisor. C’en est trop pour l’hôtel qui accuse Olivier de chantage et refuse d’en faire plus. C’est donc à ce stade que se termine la discussion, l’agence nous remboursant 350 euros et l’hôtel rien….C’est franchement mesquin , d’autant que vu la conclusion de cette histoire et les mails musclés échangés, l’agence décide de ne plus travailler avec cet établissement. Je mets donc mon commentaire sur Tripadvisor ( le seul parmi des commentaires dithyrambiques ) auquel l’hôtel répondra quelques semaines plus tard, après m’avoir envoyé un mail explicatif ( on a tourné la page et on n’y répondra pas ).
Bilan du voyage. Ça a été un super voyage malgré le changement de circuit de dernière minute tout le monde a plutôt bien supporté les longues heures de route et le circuit s’est déroulé dans une excellente ambiance ( même les filles ne se sont quasiment jamais disputées ), y compris avec Hery et Feno. C’est un pays qui ne peut pas laisser indifférent, très pauvre mais avec des habitants d’une grande gentillesse et joie de vivre. Les paysages sont magnifiques et variés, de même que la faune. Toutes les étapes de notre périple ( y compris Ranomafana et Andasibe qui ont été rajoutées lors du changement de programme ) nous ont plu et aucune ne nous a paru inutile. Compte tenu de nos impressions et du fait que notre circuit initial a été sérieusement amputé, ce voyage en appelle certainement un autre, les centres d’intérêt étant multiples : Allée des Baobas et Tsingys, Ste Marie, Nord du pays avec Diego et les îles…Ce ne sera pas dans l’immédiat mais on y retournera c’est certain. Quant à l’insécurité, qui nous a un peu fait hésiter à choisir cette destination, nous ne l’avons pas du tout constatée durant notre séjour bien sûr il y a une grande misère, bien sûr l’ambiance est un peu glauque dans certaines villes ( Tulear, Tana..) mais jamais nous ne nous sommes sentis menacés. Il faut dire que nous n’avons pas tenté le diable en étant accompagnés par un guide, en ne sortant jamais la nuit et en évitant de montrer des signes extérieurs de richesse. Concernant l’organisation du circuit, rien à dire, l’agence Malagasy Tours est à recommander : sérieuse, très réactive ( changement de circuit, valises..) et tarifs proposés corrects. L’hôtellerie choisie était d’un excellent niveau et même parfois carrément luxueuse ( Anakao, Isalo notamment ). Un 4x4 n’aurait pas été de trop pour effectuer le parcours ( ah cette piste jusqu’au Camp Catta !! ) mais cela nous aurait obligé à avoir 2 véhicules et nous y aurions perdu en ambiance. Nos 2 accompagnateurs : Feno, le chauffeur, était très discret, peu bavard ( alors qu’il comprenait très bien le français y compris des blagues d’une haute teneur intellectuelle ), très gentil et excellent conducteur Hery, notre guide, avait toujours un bon mot pour rire, et était très disponible et prévenant par contre nous avons un peu regretté son manque de culture et de connaissances profondes de son pays, même si les guides locaux dans les parcs connaissaient eux parfaitement leur sujet.
Samedi 11 juillet. A 3h45, réveil en fanfare et c’est le grand départ pour l’aéroport de Guipavas ou nous retrouvons Ben. Nous décollons pour Roissy à 6h35 et arrivons sans encombre à 7h45, où toute l’équipe se retrouve au complet puisque Pierrot est arrivé la veille et a logé à l’Ibis. Nous décollons à 11h30, donc à l’heure, de Roissy et arrivons à 23h10 à Antananarivo après un vol sans histoires. Le plus dur est fait, se dit on et dans une heure nous devrions être couchés….illusion !! Nous sommes d’emblée confrontés à l’efficacité malgache dans toute sa splendeur : d’une part les démarches d’entrée dans le pays prennent un temps fou ( il faut passer à 2 postes où la rapidité est inversement proportionnelle au personnel dédié ) et surtout les bagages arrivent Mora Mora, tellement d’ailleurs que seulement 3 bagages sur les 6 sont arrivés ( ils manquent la valise de Ben et 2 de nos bagages, les vêtements étant par chance dans les 2 autres sacs ). Comme nous ne sommes pas les seuls, loin de là, c’est aussi un vaste foutoir au bureau de réclamation des bagages. Ce n’est donc que vers 2h30 que nous quittons l’aéroport avec notre guide Hery et notre chauffeur Feno qui nous attendent depuis plusieurs heures. Le temps de faire du change, de donner un pourboire misérable aux porteurs de bagages ( on n’a pas encore trop la notion de la valeur des ariarys et honnêtement il ne faut pas nous demander grand-chose à cette heure avancée et après ces émotions), Hery nous fait un topo rapide tout en nous offrant un plateau garni de nems, samoussas, beignets de poulets…., délicieux mais à cette heure on pense plus à notre lit qu’à notre estomac. Nous arrivons en quelques minutes à notre hôtel, « Le Bois Vert », où la température est très fraîche et où nous passons une première nuit courte mais oh combien réparatrice.
Dimanche 12 juillet : Antananarivo-Antsirabe. Vus les événements de la veille, le top départ de ce matin n’a été fixé qu’à 10h nous nous levons donc à 9h et, après le petit déjeuner, nous laissons à l’hôtel des photocopies de nos passeports et les clés et codes de nos bagages, pour qu’une personne de l’agence puisse aller à l’aéroport les récupérer. A 10h, c’est parti pour l’aventure dans notre minibus Mercedes Sprint vert flashy. La traversée de la capitale nous donne une idée de la pauvreté entrevue la veille lors de l’aéroport à l’hôtel. Après être passé devant des femmes qui lavent leur linge, devant un hôpital vide ( construit par le gouvernement de la transition, un mot qu’on entendra beaucoup durant le séjour, toujours pour parler de choses inutiles réalisées ou utiles qui n’ont pas été faites ), nous quittons progressivement Antanarivo petit à petit apparaît le paysage des hautes terres, avec son relief montagneux, sa terre rouge et ses rizières et autres cultures. La foule le long de la route est impressionnante et les arrêts nombreux : boutique pour faire le plein d’eau ( où nous entendons la chanson de Françoise Hardy « tous les garçons et les filles », probablement le tube du moment …), petit marché au bord de la route pour acheter des fraises locales ( où je me fais arnaquer car je donne le prix demandé de 10 000 ariarys pendant qu’Hery le négocie à la baisse ), vendeurs divers et variés ( artisanat local, objets en raphia, chapeaux, petites voitures….à des prix défiant toute concurrence ). Nous nous arrêtons le midi dans la ville du foie gras, Behenjy, dans un restaurant un peu kitsch, « le coin du foie gras », situé sur la hauteur, où les notables des environs ont manifestement l’habitude de déjeuner les dimanche midi. Le foie gras n’est pas mauvais du tout (nature ou parfumé à la vanille, au poivre ou au raisin ), et on déguste pour la première fois un filet de zébu et Ben et Pierre la bière vedette de Mada, la THB. Hery et Feno mangent sur une autre table. J’avais signalé à l’agence avant notre séjour que nous souhaitions prendre nos repas « seuls » car c’est toujours compliqué, et même parfois pénible, d’être constamment avec le guide, sans possibilité de se lâcher vraiment. Le fait de le prévoir avant le départ permet de ne pas froisser le guide qui pourrait le prendre comme un jugement personnel. Nous continuons notre périple en direction d’Antsirabe, en nous arrêtant régulièrement pour des photos de paysages ou des scènes de la vie quotidienne. Partout où nous nous arrêtons, alors qu’on pense être dans des coins déserts, c’est systématiquement une nuée d’enfants qui sortent de partout et nous entourent en criant « bonbons vazahas !!!! » On s’y attendait un peu mais parfois ça tourne à l’émeute. Après avoir dû renoncer ( pour mieux la faire au retour ) à la visite de la fabrique de marmites en aluminium à Ambatolampy, nous arrivons vers 17h à Antsirabe, alors que la nuit n’est pas loin. Nous effectuons la visite très intéressante de l’atelier de Mamy qui fabrique des vélos, voitures…avec du matériel de récupération. Derrière cette boutique se situe celle de la femme de Mamy qui vend de la broderie. Nous y achetons une grande nappe et Ben nous gratifie d’un striptease lors de l’essayage d’un teeshirt, qui déclenche l’hilarité dans toute l’assistance, notamment d’une vendeuse qui lui dit qu’elle a vu les horreurs de la guerre et n’est donc plus à ça prêt. Nous terminons la journée par la visite d’un artisan qui fabrique des objets en corne de zébu la démonstration de la fabrication est très instructive et bien sûr, comme il se doit, la visite se termine par un petit passage à la boutique où la fièvre acheteuse bat son plein. Nous arrivons à l’hôtel, « Couleur Café », vers 18h tenu par un breton des Côtes d’Armor, c’est un établissement très agréable, fait de plusieurs petites maisons, chaque chambre ayant sa cheminée, ce qui n’est pas du luxe compte tenu de la température sibérienne qui y règne à cette période de l’année ( c’est la ville la plus froide du pays ). Rendez-vous est donné par Hery à 19h pour le briefing du voyage et de notre guide du lendemain. Nos bouteilles d’apéritif ainsi que celles de Ben étant entre la France et Mada dans nos bagages « perdus », Pierre heureusement a les siennes et nous sauve d’une déshydratation majeure. On apprécie bien ce premier apéritif au coin du feu, tout en commentant cette première journée assez riche. Nous retrouvons notre guide comme convenu au restaurant où un petit rhum arrangé de bienvenue nous est offert par l’agence et où le carnet de voyage nous est remis. Notre guide local du lendemain, Arsène, vient nous expliquer le programme de la journée : balade de plusieurs heures dans les paysages de rizières des environs du village de Betafo. Il pratique un tourisme écoresponsable en faisant participer les villageois à la venue des touristes dans leurs villages reculés et en les rétribuant un peu pour cela. Nos chaussures de marche sont dans la valise «évaporée » mais d’après Arsène nos chaussures en toile devraient suffire. Après cette explication, Arsène nous quitte en nous donnant rendez-vous pour le lendemain. Hery termine ses explications sur l’ensemble du circuit et nous quitte à son tour. Ce soir, c’est dodo tout habillés ( Ben n’ayant pas ses bagages garde ses vêtements 24h sur 24 ) car le feu de cheminée est éteint et la chambre est glaciale malgré le petit digestif pris au retour du restaurant.
Lundi 13 juillet : randonnée dans les hautes terres. Ce matin, Arsène nous a donné rendez-vous à 9h, le temps pour lui d’acheter le nécessaire pour le pique-nique de midi. Il est accompagné de son frère qui se destine aussi au métier de guide. Nous prenons le minibus en direction de Betafo et nous nous arrêtons quelques kilomètres avant le village. C’est aujourd’hui lundi, jour du marché hebdomadaire, et toute la population se dirige en masse vers Betafo pour y vendre toutes sortes de produits. Nous entamons notre marche par la montée d’une colline assez raide qui nous donne un avant-goût du programme de la journée. Arsène est un excellent guide, très instruit, qui nous donne énormément d’informations sur les plantes, les us et coutumes. Arrivés au sommet d’une seconde colline, nous surplombons le village de Betafo plusieurs dizaines de mètres plus bas. La vue est grandiose, avec notamment les paysages de rizières en terrasses. D’en haut, Arsène aperçoit un regroupement de personnes d’après lui, il est probable que ce soit une cérémonie de retournement des morts, coutume locale qui se déroule à cette période de l’année. Nous continuons notre marche et finissons par arriver dans la vallée à un petit village où nous sommes accueillis par une joyeuse bande d’enfants. Ici, pas de « bonbons vazahas », les habitants n’ont pas encore été pervertis par le tourisme. Arsène leur a apporté des photos prises par des touristes venus précédemment dans le village c’est la franche rigolade. A notre tour, nous commençons à les mitrailler lors d’une séance photo, les enfants imitant Jackie Chan en prenant le pose. Les arrêts sont nombreux pour photographier des scènes de la vie quotidienne et nous commençons à maitriser 2 mots malgaches qu’on utilise toutes les 30 secondes, salam (a, é ou o , ce qui veut dire bonjour, qui se dit également d’une autre façon, manao ahoana) et velom ( a et é qui signifie au revoir ). Nous visitons une petite maison assez misérable, où toute la famille vit dans 2 pièces, une cuisine dont les murs sont dégoulinants de suie ( mais pourquoi les maisons n’ont-elles pas de cheminées ? On aura à peu près autant d’explications différentes que de fois où on a posé la question : pour garder la chaleur, pour protéger des termites ou des moustiques….en tout cas, ce n’est certainement pas pour préserver la santé des pauvres malgaches) et une mini-chambre commune à toute la famille. Ils vivent à l’étage, le rez de chaussée étant réservé pour les bêtes en particulier.

Peu après le village, nous progressons dans les rizières en marchant sur les « diguettes » Charlotte, qui est handicapée par une douleur au genou, met malencontreusement le pied dans l’eau. C’est le drame car ses Stan Smith neuves sont fichues et Charlotte est en pleurs, s’en voulant de ne pas avoir pris soin de ses chaussures neuves. Nous nous arrêtons pour le pique-nique dans un coin tranquille à l’abri du vent. Au menu : avocats délicieux avec une vinaigrette à l’oignon, samousas et fruits pour le dessert. Hery nous apprend que la valise de Ben est arrivée à bon port, contrairement aux nôtres dont on est toujours sans nouvelles ( alors qu’on a reçu dans la nuit un mail d’Air France nous signifiant que les bagages étaient en chemin ). C’est une bonne nouvelle pour Ben par contre, pour nous, les chaussures de marches, les vêtements à laisser à Madagascar, les bouteilles d’apéritif et plus grave, la Malarone et tous les médicaments attendront. Durant le repas, Arsène nous raconte l’histoire du Maki qui parle : c’est quoi ça ? « Une banane » répond le maki. « Merci Maki ». C’est quoi ça ? « un ananas » « merci maki » puis on lui montre le fruit qui ressemble à une grosse orange.. Anny et Ben tombent tous les 2 dans le panneau en répondant « un pamplemousse » auquel Arsène répond par un « merci Maki »…. Après le déjeuner, nous continuons à progresser vers Betafo Arsène nous confirme que le rassemblement de personnes sur la colline correspond bien à une cérémonie de retournement des morts et nous demande si on souhaite y assister, ce que nous acceptons, très curieux de connaître cette tradition qui ne se déroule que dans une partie du pays. Appelée Famadihana, cette coutume funéraire en particulier des hautes terres a lieu de juin à septembre de villages en villages, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser leurs morts lors de grandes fêtes cela donne lieu à 2-3 jours de festins où tous les membres de la famille et les amis sont invités. Après les avoir sortis du tombeau, la foule des parents et des amis s’empare des corps et les emportent dans une danse très rapide. Cette cérémonie a lieu tous les 3, 5 ou 7 ans et à cette occasion, les linceuls recouvrant les restes mortuaires sont renouvelés. Arrivés sur le lieu de la cérémonie, nous nous faisons toucher et même agripper par plusieurs personnes manifestement bien alcoolisées, ce qui met certains d’entre nous un peu mal à l’aise, ayant du mal à savoir s’ils sont honorés ( ce qui est a priori le cas ) ou si on les dérange. Ben est invité à visiter l’intérieur du tombeau. Puis c’est le moment des chants : certains dansent, d’autres portent les corps dans leur linceul tout en tournant 7 fois autour du tombeau un moment impressionnant et vraiment unique ! A la fin de la cérémonie, ils entonnent l’hymne malgache, avant de se disséminer petit à petit dans la campagne. Nous poursuivons ensuite notre descente vers Betafo où nous attend Feno. Il est plus de 16h et le marché est désormais terminé dommage car la concentration de personnes est vraiment impressionnante à cette heure avancée et cela devait être vraiment grouillant quand le marché battait son plein au cours de la journée. Sur le chemin du retour, nous demandons à nos guides de nous arrêter en ville à Antsirabe pour acheter des chaussures pour les filles, celles de Juliette lui faisant mal et les Stan Smith de Charlotte ….. Nous en trouvons d’occasion dans la rue, correctes et à un prix dérisoire. Par contre, quel contraste entre l’ambiance un peu glauque en ville et celle hyper chaleureuse dans les villages traversés tout au long de la journée. Une bien belle journée en tout cas, avec un guide cultivé et hyper intéressant, qui contraste avec Hery qui, bien que très attentionné et plein d’humour, manque de connaissances profondes. A l’arrivée à l’hôtel, la valise de Ben est là ! Plus que 2 bagages et nous serons au complet…
Mardi 14 juillet : Antsirabe – Antoetra. Ce matin, faute d’être certains de récupérer nos bagages, nous décidons de rationner la Malarone et de ne pas en prendre dans ces régions fraîches où les moustiques font manifestement grève eux aussi. Nous partons ce matin à 9h en direction d’Ambositra. Nous commençons par une petite balade en pousse pousse dans Antsirabe qui nous mène à la gare, la rue de l’Indépendance ( toutes les villes ont une rue et une place de l’Indépendance à Mada), l’hôtel des Thermes, et pour finir le centre-ville où nous nous arrêtons dans une boutique de pierres précieuses, chez Joseph. Difficile de trouver plus visqueux, gluant et mielleux que le dénommé Joseph qui a d’ailleurs transmis son « savoir-faire » dans le domaine à son personnel. On déteste ce genre d’ambiance où tout est exagéré ( le summum étant atteint avec 4 tortues radiées qui ont manifestement été mises au « garde à vous » pour notre arrivée ), mais on finit quand même par acheter quelques pierres semi-précieuses. Sur la route vers Ambositra, comme dans le reste du pays, 2 choses frappantes : les « arrêts flics » toutes les 30 mn au bord des routes ( on se demande à quoi ils servent à part racketter dès que possible ) et les taxis brousses et autres ORNI ( objets roulants non identifiés ), chargés à bloc à l’intérieur et sur le toit. On se demande comment ils peuvent rouler avec de tels chargements. D’ailleurs, très régulièrement on voit sur les routes des véhicules en panne, en cours de dépannage, avec une branche ou un feuillage 100 m avant pour signaler ( c’est leur triangle à eux ). Nous arrivons à Ambositra pour le déjeuner, au restaurant « chez Jonathan », un lieu d’anthologie grâce au chanteur qui y officie : Johny Gasy. A priori c’est un habitué des lieux et tout est réuni pour passer un moment mémorable : le look ( avec guitare ), la façon de chanter ( bouche semi-ouverte ), le répertoire ( Aline de Christophe, J’entends siffler le train, Que sera sera, chants tyroliens, Beatles, Capri c’est fini….) et pour clôturer le tout la voix ( nasillarde à souhait ). Notamment la version d’Aline nous provoque un énorme fou rire général. Un grand moment. Ça va d’ailleurs devenir la chanson de nos vacances ( et j’ai crié, crié….). En sortant du restaurant, nous nous faisons agripper par des vendeuses d’écharpes en soie. C’est la foire d’empoigne entre elles et c’est pénible d’acheter dans ces conditions. Dans la foulée nous allons visiter un atelier de marqueterie. Les objets en vente dans la boutique ( couvertures d’albums de Tintin notamment ) vont du laid au quelconque et pour la première fois nous quittons une boutique sans rien acheter. Quelques kilomètres après Ambositra, nous prenons l’embranchement et la piste en direction d’Antoetra, notre hôtel « Sous le Soleil de Mada » étant situé à mi-chemin. C’est le début du pays Betsileo les hommes arborent une tenue très typique, avec un couvre-chef et en guise de vêtement une longue étoffe drappée sur l’épaule rappelant les masais des hauts plateaux tanzaniens. Nous nous arrêtons en cours de piste pour voir travailler des chercheurs d’or l’une des femmes qu’on prend en photo fait le spectacle en se tortillant dans tous les sens. A chaque fois qu’on s’arrête en bord de route, il se passe quelque chose et les gens sont vraiment spontanés. Après 1 h de piste, nous arrivons à l’écolodge, tenu par Brigitte et Marc, vers 16h. C’est un ensemble de petites maisonnettes, construites selon le style zafimaniry ( nous sommes dans la région ). Après avoir pris possession de nos bungalows, nous partons faire une petite marche aux alentours de l’hôtel à la rencontre des villageois. C’est grâce à Brigitte et Marc que les enfants sont maintenant scolarisés. Ils les sensibilisent aussi au respect de l’environnement en faisant planter à chaque enfant un arbre par an.

Après une petite partie de pétanque, à partir de 18h c’est la discussion autour du feu de camp, où on regarde les étoiles et où Brigitte nous explique son analyse de la situation à Madagascar, très intéressante car venant de quelqu’un qui connaît le terrain tout en ayant un œil « extérieur ». Elle nous fait part de sa déception sur l’évolution du tourisme à Madagascar, le nombre de voyageurs annuels étant passés de 450 000 en 2009 à 200 000 actuellement, avec probablement une dégradation liée à la grève d’Air Madagascar. La raison principale est l’insécurité, qu’elle trouve excessivement mise en avant par les sites diplomatiques par rapport à la réalité sur place. Comme d’autres, elle nous dit aussi ( et nous avions eu la même réflexion ) que finalement c’est une bonne dictature qu’il faudrait pour remettre le pays dans le droit chemin. A 19h, les choses sérieuses commencent puisque c’est l’apéritif au rhum arrangé. C’est Marc qui tient le bar ( c’est d’ailleurs plutôt l’inverse car le pauvre a des problèmes de santé ) : grande gueule, il m’apostrophe d’emblée en me prenant pour un chinois je suis d’après lui le sosie (confirmé par Brigitte ) avec 20 ans de moins d’Assoun, un chinois d’Ambositra. Il joue un peu la provoc, ce qui peut surprendre voire déplaire à certains, mais on voit qu’il a le cœur sur la main. En tant que bretons ( lui est auvergnat ) nous avons notre réputation de piliers de bar à tenir et nous dégustons avec plaisir , accompagnés par des cacas pigeons ( gâteau apéro locaux ) plusieurs rhums arrangés ( cardamone, poivre, gingembre-cumbavas, pok pok….), les meilleurs de notre séjour haut la main. Marc et Brigitte nous racontent qu’ils sont partis il y a plus de 10 ans pour un tour du monde dont la première étape était Madagascar et ils n’y sont jamais repartis, conquis par l’accueil et la gentillesse malgaches. Le repas se passe dans la convivialité, autour d’une grande table d’hôtes, et nous sommes accompagnés par 2 nantaises et 3 couples de suisses très sympas. Une excellente soirée. La nuit est glaciale ( 4°C au réveil ! ) et la literie pas terrible mais on s’endort sans mal….
Mercredi 15 juillet : randonnée dans les villages zafimaniry. Au lever vers 7h, de la buée sort denotre bouche à l’intérieur du bungalow, ce qui donne une idée de la température les plus courageux passent à la douche ( n’est-ce pas Ben ?), mais je décide comme la plupart de passer mon tour. Si le froid devait durer tout le voyage, on en reparlera mais ce matin ce n’est vraiment pas le moment… Par ailleurs, contrairement à la veille, les nuages sont de la partie ( on est dans une région très humide souvent sujette à des nuages et de la pluie ) et nous accompagneront malheureusement toute la journée. A 8h, départ pour Antoetra pour une balade dans le pays Zafimaniry, connu pour son artisanat du bois, en particulier ses maisons assemblées sans le moindre clou ni la moindre vis, aux portes et aux volets finement sculptées. Nous avons rendez-vous avec notre guide Johny et arrivons sur place à 9h. Les présentations se font rapidement avec Johny, qui n’est pas du genre causant, contrairement à une nuée de jeunes qui s’accrochent à nous en nous demandant de leur acheter des souvenirs à notre retour du village d’Ifasina, but de notre balade. Comme toujours, il y en a qui sont plus dégourdis que les autres et arrivent à se « placer ». Chacun d’entre nous a son « camarade », en gros le premier enfant à avoir lié connaissance avec nous ( Frédéric pour Anny, Jean Marc pour Pierre, Pascal et Stanislas pour Ben, Emmanuel et Eric pour moi ). Ce sont tous des petits malins et ils parlent plutôt bien le français pour un coin aussi reculé. Aujourd’hui, c’est le jour du marché, mais entre les camarades qui nous collent et Johny qui a le feu aux fesses, on n���en profite presque pas et la visite est baclée. Nous entamons notre marche en direction d’Ifasina, village le plus proche, distant de 4 kilomètres par un chemin en montagnes russes en chemin, nous croisons des villageois qui se rendent au marché en nombre. Malheureusement le temps maussade ne nous fait pas apprécier cette randonnée à sa juste mesure, les couleurs des paysages étant un peu fades. A cause du temps, les caméléons ne sont pas non plus de sortie. Charlotte souffre de nouveau de son genou et Anny ne se sent pas très à l’aise sur ces chemins escarpés et glissants. En cours de route, nous somme rejoints par Stanislas, sourd et muet, qui va nous accompagner tout au long de la journée. Après 2 h de marche, nous arrivons enfin à Ifasina où une nouvelle fois nous sommes accueillis par une horde d’enfants ( Jean Marcel, Brigitte….). Toutes les maisons, contrairement à Antoetra, sont ici en bois et nous sommes invités à visiter la case du chef du village qui se dit honoré de notre visite et nous explique le fonctionnement de sa maison ( avec les 4 coins qui ont une signification particulière) où vivent également canards et cochons. Nous le quittons après quelques minutes, non sans lui avoir versé le droit d’entrée qui est de rigueur. A côté de la case ont été disposés différents objets en bois vendus à un prix modéré après nos achats, nous continuons la visite du village et alors qu’on repasse devant la case du chef 5 mn plus tard, tout l’artisanat a déjà été rangé !!

Nous faisons notre halte pique-nique peu après le village, pique-nique que nous partageons avec Stanislas qui n’en demandait pas tant. A mi-chemin, nos camarades arrivent avec des objets en bois qu’ils veulent nous vendre sur le chemin, soit disant pour éviter les problèmes au village nous décidons d’attendre avant d’acheter, mais une fois arrivés à Antoetra, entre les 2 boutiques d’artisanat et les camarades, c’est la foire d’empoigne et c’est même tout près de mal tourner tellement on sent une pression énorme. Juliette et Anny n’en peuvent plus et nous menaçons de partir sans rien acheter si les esprits ne se calment pas finalement on achète à nos camarades, après quoi on quitte le village avec un arrière-goût tellement la fin a été pénible pour tout le monde. Si ça continue, les touristes vont se détourner de cette destination pourtant potentiellement intéressante. On en parle à notre retour à Brigitte qui regrette que personne au village ne soit capable d’organiser la vente de cet artisanat dans un seul et même lieu où tout serait réuni, ce qui éviterait les pugilats. Avant le feu de camp, Charlotte, Juliette et Pierre font une partie de pétanque avec un jeune malgache, Jean Baptiste. Pendant ce temps, nous achetons des écharpes en soie à Brigitte au moins ici on peut prendre le temps de les choisir sans être assailli. A 18h, lors de notre discussion autour du feu, Hery nous informe que nous devons partir à 8h le lendemain car nous devons récupérer au 1er village sur la RN7 nos 2 derniers bagages enfin arrivés à bon port. Nous voilà enfin rassurés, notamment pour la Malarone qu’on va pouvoir reprendre à partir de demain. A 19h, nouvel apéritif au rhum arrangé, avec Marc qui nous raconte ses problèmes de santé opéré il y a quelques mois à la Réunion, il a l’air mal en point et ne paraît pas très optimiste sur l’avenir. On espère en tout cas qu’il ira mieux et pourra mener à bien ses projets au sein du village. Ce soir, nous devions être seuls pour le repas mais finalement 2 couples de belges se sont invités et un couple de réunionnais ( déjà venu l’an passé ) arrive à l’improviste, ce qui oblige Brigitte à leur trouver de la nourriture pour le diner. Au menu ce soir : un plat d’écrevisses, délicieuses dont on se régale tous. Pendant le repas, le fils des Réunionnais, Simon, nous joue des airs d’accordéon dans une très bonne ambiance comme la veille sa mère nous raconte avec moult détails leur périple en train entre Fianarantsoa et Manakara ( plus de 20 h ), avec notamment une scène hilarante où un français, harassé, est tombé du train en marche et où des passagers ont eu le temps d’aller le rechercher et le charger dans le train sans que quiconque ne se soit rendu compte et sans que le train n’ait eu besoin de ralentir. Pour finir la soirée, Marc nous invite encore à un dernier rhum arrangé on se souviendra de ce lieu hors du temps où nous avons rencontré dans gens formidables ! Jusqu’à la fin du séjour Ben se fera d’ailleurs chambrer régulièrement car pas une journée ne se passera sans qu’il évoque Brigitte dans la conversation.
Jeudi 16 juillet : Sous le Soleil de Mada-Fianarantsoa. A 8h, comme convenu, nous faisons nos adieux à Brigitte et Marc, après cette parenthèse inoubliable de 2 nuits après une heure de piste, nous arrivons au village d’Ivato où c’est le marché hebdomadaire et où nos bagages nous attendent. C’est un guide Malagasy Tours qui a fait la route en taxi brousse depuis Antananarivo et qui repart aussitôt dans l’autre sens, une fois sa mission effectuée. Nous déambulons quelques minutes dans les allées du marché et nous dégustons des sauterelles, franchement pas terribles. Alors que nous regagnons notre minibus, nous avons la surprise de voir arriver Brigitte avec sa dégaine improbable, dans sa 4L hors d’âge qui fait aussi taxi brousse puisqu’elle a pris des malgaches et des canards. Quelques mètres plus loin, on se dit que la 4L de Brigitte n’est finalement pas si mal puisqu’une autre 4L sur le bord de la route, dont on se demande comment elle peut encore rouler, a son réservoir d’essence réduit à un simple bidon au niveau du siège du passager….encore un exemple du sens de la débrouille des malgaches. Nous reprenons notre route vers le Sud, les nuages de la veille étant encore bien présents ( le ciel ne se dégagera que peu de temps avant Fianarantsoa ) malgré cela, les paysages sont magnifiques. Alors que nous roulons depuis moins d’1 heure sur la RN7, Hery reçoit un coup de téléphone : le guide a oublié de nous rendre la clé pour ouvrir le cadenas de notre sac tant pis, on trouvera bien un moyen de défoncer notre cadenas à l’hôtel ce soir…. Quelques kilomètres avant Fianarantsoa, nous nous arrêtons de nouveau à un marché Juliette et Charlotte décident de rester dans la voiture, pas très à l’aise dans ces ambiances de marché pourtant toujours très pittoresques, où elles subissent le regard insistant de certains, voire parfois des mains un peu baladeuses. Sur la route, nous assistons régulièrement à des scènes cocasses et nous suivons pendant de longues minutes un taxi brousse avec sur son toit plusieurs canards dans un grand panier, leur propriétaire allant même, alors que le véhicule roule toujours, remettre de l’ordre dans le panier. Les 30 derniers kilomètres avant Fiana sont épouvantables et la route est tellement défoncée qu’on avance au pas, un 4x4 étant ici indispensable pour rouler à vitesse correcte. Feno conduit très prudemment mais malgré tout nous sommes pas mal secoués et c’est assez éprouvant. Manifestement, le gouvernement de la transition et celui qui a suivi n’ont pas investi beaucoup d’argent dans la rénovation des routes pourtant indispensable au développement du pays. Les malgaches paraissent d’ailleurs nostalgiques du président Ravalomanana, renversé en 2009, qui lui avait compris la nécessité d’avoir des enfants scolarisés et un réseau routier digne de ce nom. Après 4h de route, nous arrivons à Fiana et nous arrêtons dans un restaurant pour le déjeuner. Là nous sommes immédiatement sollicités par un rasta malgache qui veut nous vendre des pierres précieuses, soit-disant recommandé par le Petit Futé ( pas le dernier en tout cas..) nous lui signifions que nous ne sommes pas intéressés mais il insiste pour nous les montrer, et c’est alors le début d’une séance interminable de déballage et remballage ( puisque nous ne lui achetons rien comme prévu ), sa mini-sacoche se révélant un puit sans fond. Dans l’après-midi, nous allons visiter la haute ville, avec une certaine appréhension, Hery nous ayant prévenu qu’on risquait d’être harcelés comme à Antoetra. La guide locale s’appelle Pauline, c’est une jeune orpheline qui a été recueillie par l’association du Père Pédro aujourd’hui elle vole de ses propres ailes et se destine à une carrière d’avocat. Finalement on n’est pas trop sollicités par les enfants et c’est plutôt une bonne surprise on est juste accueillis par un « Bienvenue chez les Chtis » suivi d’un « Salut Biloute » qui nous fait hurler de rire tellement c’est décalé par rapport au contexte. La visite est agréable et l’ensemble de cette ville nous laisse une impression très agréable, contrairement à d’autres grandes villes un peu glauques. Nous finissons la journée en allant chez Pierrot Men, photographe bien connu, chez qui nous achetons des cartes postales et des photos à encadrer. Dans la rue, c’est l’effervescence car les élections communales se préparent et c’est la propagande, c’est-à-dire des rassemblements et des défilés un peu partout, des gens habillés aux couleurs du parti du candidat, à grand renfort de sonos poussées à fond et de « fidio » ( en malgache « votez ») + le nom du candidat ( Léon Cu nous a marqué à Fiana ). Jusqu’à la fin du séjour, ces scènes de liesse seront quasiment incessantes et iront crescendo. En fin d’après-midi, nous arrivons à notre hôtel, la Villa Sylvestre situé en plein centre-ville, on a l’impression de rentrer dans un bunker, tout étant hyper sécurisé. Par contre, l’intérieur est très agréable avec un style colonial de bon goût et une grande terrasse. Notre premier objectif de la fin de journée est de détruire le cadenas de notre sac, ce que nous arrivons à faire, non sans peine, avec l’aide du gérant de l’hôtel, très sympa. A l’apéritif, on s’épanche un peu sur notre guide Hery, qui nous énerve un peu par son manque de culture et sa tendance à tout prendre à la légère au briefing de la journée du lendemain avec Hery, celui-ci nous demande s’il y a des choses à améliorer dans le voyage. Hasard ou nous a t-il entendu quand on discutait à l’apéritif sur la terrasse ? Toujours est-il qu’on lui dit que tout va bien, l’organisation du circuit nous convenant et les carences qu’on lui trouve n’étant de toute façon pas améliorables. Au repas du soir, au restaurant de l’hôtel, nous sommes les seuls clients. Ce soir c’est Pierre qui en prend pour son grade puisque le gérant de l’hôtel lui trouve une ressemblance frappante avec Albert de Monaco. Ce n’est pas la première fois qu’on trouve cette ressemblance et c’est vrai qu’en y regardant de plus près…. En tout cas, entre Assoun et Albert, Pierre et moi sommes habillés pour le voyage. Le repas est correct sans plus il manque une part de poulet, l’hôtel ayant cru qu’un de nous était végétarien. C’est Anny qui se dévoue pour prendre du poisson et en l’occurrence c’est un vrai sacrifice dans le cas présent. Quand on demande de quel poisson il s’agit, la serveuse, très gentille au demeurant, nous dit « du thon ». On voit tout de suite qu’il ne s’agit pas de thon mais d’un filet de poisson blanc, dur comme une semelle jamais nous n’avons vu un poisson aussi dur. Chacun se dévoue pour en manger un peu mais c’est pire que les yeux de barracuda dans Koh Lanta et on finit tous par cacher un morceau sous nos os de poulet.
Vendredi 17 juillet : Fiana-Tsaranoro. Nous partons vers 8h00 ce matin, ayant des timbres à acheter et de l’argent à tirer à la banque. Par ailleurs, nous avons convenu avec Hery la veille d’aller à l’orphelinat du Père Pedro pour faire des dons de vêtements que nous avons ramenés de France ( et récupérés la veille dans nos bagages retardés ) il ne connaît pas le chemin mais nous avons repéré le bâtiment la veille depuis la ville haute. Malheureusement, impossible de trouver l’orphelinat, le comble étant que manifestement personne dans le quartier où on cherche ne le connaît alors que le bâtiment vu la veille est immense. On est un peu furax de cet échec, d’autant qu’on a de gros doutes sur la volonté d’Hery de trouver vraiment cet orphelinat. Nous repartons rapidement en direction d’Ambalavao, dans des paysages grandioses. Nous nous arrêtons en chemin chez des petits artisans qui fabriquent des objets avec de la fibre de sisal. Arrivés à Ambalavao, nous visitons une fabrique de vers à soie ( intéressante ) et la fabrique de papier antaimoro, très recommandée dans les guides, mais que nous trouvons trop touristique et les articles vendus sont la plupart très laids à notre goût. Il est déjà l’heure du déjeuner ( le temps passe vite ! ) et nous nous arrêtons dans un restaurant où nous rencontrons encore les personnes déjà vues lors d’arrêts précédents pour le repas de midi. Manifestement très peu de restaurants conviennent aux vazahas qui se retrouvent tous au même endroit, ce qui permet aussi aux guides de se retrouver. Après avoir passé commande du repas, et en attendant d’être servis, nous allons faire un tour au marché du village, haut en couleur comme d’habitude, et nous en profitons pour acheter un stock de stylos pour distribuer aux enfants lors de notre périple. En début d’après-midi, nous quittons Ambalavao et arrivons quelques minutes plus tard à la réserve villageoise d’Anja où nous devrions voir nos premiers lémuriens tant attendus. Notre guide, Jean Baptiste est accompagné par un rabatteur qui va chercher les lémuriens ( encore qu’ici ça ne se justifie pas vraiment, le territoire étant restreint ). Nous découvrons enfin les lémuriens ( Lemur Catta dans cette réserve ), en nombre et facilement accessibles car très habitués aux humains on ne se lasse pas de les observer ( quelle agilité ! ) et de les photographier sous toutes les coutures. On a également l’occasion de voir un crocodile en pleine sieste sur un rocher au milieu de l’étang, et des caméléons d’un magnifique vert fluo. La balade, très agréable, se poursuit jusqu’au sommet d’une colline, la fin de l’escalade se faisant à l’aide de cordes. D’en haut la vue est splendide. Charlotte, déjà en petite forme depuis ce matin, paraît avoir de la fièvre et n’est vraiment pas fringante mais elle suit courageusement le mouvement. Nous redescendons dans la vallée en empruntant un autre chemin qui nous permet de voir des tombeaux et de circuler dans des grottes ayant servi il y a bien longtemps de refuges aux guerriers Betsileo ( la tribu de la région ) en guerre contre les Bara.

Vers 16h, nous entamons la dernière partie de notre journée, qui doit nous conduire à la vallée du Tsaranoro, plus précisément au Camp Catta. Les 20 derniers kilomètres, de la piste défoncée, sont terribles et pas du tout adaptés à notre véhicule et il nous faut 2 heures pour parvenir à destination. La piste est superbe, surtout en cette fin de journée où le soleil couchant donne à la montagne et au ciel des teintes oranges-rouges. Notre arrivée au Camp Catta se fait de nuit et nous prenons possession de nos bungalows, un familial supérieur pour nous et un standard pour Ben et Pierre qui ont bien du mal à ouvrir leurs bagages tellement la pièce est microscopique. Comme nous le craignions, Charlotte à 39.4°C de fièvre et à peine arrivée au bungalow elle est prise d’une diarrhée soudaine sans avoir eu le temps d’arriver aux toilettes autant dire qu’elle passe à la case douche immédiatement après quoi on lui fait avaler un petit cocktail doliprane-tyorfan et 2 comprimés d’ofloxacine qui devraient la requinquer. Au cours du repas du soir, Jean Paul, le guide du camp vient nous voir pour le programme du lendemain compte tenu de l’état de Charlotte, nous préférons renoncer à la balade du Caméléon, qui dure 6 h et est assez escarpée, et plutôt faire une balade dans la forêt, jusqu’à la piscine puis au village, ce qui devrait être plus en accord avec ses capacités du moment. Charlotte étant fatiguée, je la reconduis au bungalow avant la fin du repas. Je remarque alors un feu assez important que j’identifie comme un feu de camp important le temps que nous finissions notre repas, la situation a évolué puisqu’il n’y a plus de doute désormais : il s’agit d’un incendie de forêt. Nous retrouvons Charlotte qui panique car elle a été alertée par les cris et le crépitement du feu. Pierre, Juliette et moi montons en haut du camp pour évaluer la situation : personne ne panique mais il y a 4 départs de feu ( l’incendie est criminel ) et la situation est suffisamment sérieuse pour qu’on envisage de sortir nos bagages. Sur le retour on croise la directrice du camp, manifestement hyper stressée, qui dit « c’est la merde, c’est la merde ». Juste après, un couple nous dit qu’il est préférable de sortir les bagages et les porter jusqu’au parking. Dans le même temps, on croise Ben, Anny et Charlotte qui sortent les valises n’ayant rien perdu de ma lucidité, je prends le temps d’emporter la bouteille de whisky qu’ils ont négligé de prendre et nous allons au parking où nous attend Feno. Il y a là également un autre guide qui d’emblée nous agace, à dire que c’est une tradition de faire du feu de broussaille à Madagascar et qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, et que de toute façon si la situation devenait critique on quitterait le camp en caravane en n’abandonnant personne. Petit à petit tous les résidents du camp arrivent il y a notamment un groupe de jeunes suisses qui font de l’escalade dans le massif depuis une semaine, une espagnole et sa fille qui ont perdu leur guide ( qu’elle retrouveront dans la soirée ), quelques couples, notamment 2 couples de français hyper antipathiques qui, pris de panique quittent immédiatement le camp avec leur guide pour partir je ne sais où. La situation semble se stabiliser, le vent étant quasiment absent, et même si d’où on est on ne peut avoir une vision précise de l’évolution du feu. Le fameux guide, si calme il y a 1 h, commence à s’impatienter et klaxonne à tout va, probablement pour rameuter les autres guides, plus courageux que lui, qui sont en train d’aider les gens de l’hôtel et du village qui se battent contre l’incendie avec de malheureux seaux d’eau. Après 1h30 environ sur le parking, Hery arrive en nous disant que le feu s’éloigne, confirmant notre impression à distance. Soudain, dans la même minute, le guide klaxonneur nous dit : « on part en caravane, on va à Ambalavao où on va chercher un hôtel sur place qui a un véhicule ? Ceux qui ont un véhicule vont à tel endroit et les autres vont à un autre endroit ». Voyant que ça ne va pas assez vite à son goût, il se met à trépigner sur place en disant « de la discipline, il faut de la discipline !!!! » Les autres guides, dont Hery qui nous a pourtant dit 2 mn avant que la situation était sous contrôle, ne pipent pas mot. Notre analyse ( en quelque secondes ) est la suivante : on voit un feu qui s’éloigne, il existe d’autres hébergements dans la vallée, et aller à Ambalavao avec notre véhicule est de l’inconscience, sachant qu’on a déjà mis 2 h de jour à effectuer les 20 kms de piste, qu’en plus on va devoir transporter 3 personnes supplémentaires qui sont d’ailleurs déjà installées dans notre minibus. D’autant qu’Ambalavao n’est pas sur notre route puisqu’on en vient et que de toute façon, si on y arrive, ce sera en milieu de la nuit, donc pour le sommeil, perdu pour perdu, autant rester dans les environs. Ce qui devait arriver arrive : Anny pète un plomb et je lui emboîte aussitôt le pas : « Il est hors de question de partir à Ambalavao, on préfère dormir dans la voiture ou dans un des autres hébergements de la vallée…. » On se fait aussitôt rabrouer par les clients du guide meneur qui nous traitent d’inconscients tout en mentionnant que les locaux connaissent mieux ce genre de situation que nous. Malgré tout, notre intervention a fait son petit effet puisque Hery nous annonce qu’ils vont faire un conseil entre guides pour reconsidérer la situation…Juliette et Charlotte sont elles « vénères » car leurs 2 parents leur ont mis la honte de leur vie…Hery revient quelques minutes plus tard en disant qu’on va aller au Tsara Camp un peu plus loin et qu’un fois sur place on négociera le logement pour la nuit. Heureusement, l’intervention de la directrice de l’hôtel décoince la situation : elle nous assure que le feu est sous contrôle, qu’il existe une barrière coupe-feu autour de l’hôtel qui a joué son rôle, et que de toute façon tout le personnel du camp va veiller toute la nuit et préviendra en cas de soucis. Nous voilà donc rassurés et c’est aussi un discours qui est plus en rapport avec ce qu’on observe. Il est 23h30 et nous allons pouvoir retourner nous coucher. Dans l’euphorie, Ben fait la bise à tout le monde, même à Hery qui reste un peu interloqué. Par contre, nous préférons laisser les bagages qui ont été chargés sur le toit par Feno on les récupèrera demain ( on apprendra le lendemain que Hery et Feno sont restés dormir dans le véhicule pour garder les bagages ). Dernière difficulté avant d’aller nous coucher : convaincre Charlotte de quitter le minibus et de retourner se coucher rien n’y fait, Anny et moi essayons tous les arguments mais elle est braquée. Heureusement, Pierre, le sauveur, qui n’a pas fait d’esclandre lui, arrive à lui faire entendre raison et la convainc de venir dormir dans leur bungalow, tout proche du parking. Elle aura un mal fou à s’endormir et ce n’est qu’en milieu de nuit que le sommeil aura raison d’elle. Chez nous, Juliette a descendu son matelas au rez de chaussée ( leur chambre est en mezzanine ) pour être rassurée. Personnellement, ces émotions ne m’empêchent pas d’être zen puisque je m’endors dans les 5mn j’ai juste été réveillé en pleine nuit par Anny, inquiète du bruit du feu et ayant l’impression qu’il se rapprochait. Dans un état second, je me suis levé, ai regardé de la salle de bain, et ai grommelé « c’est bon » en regagnant mon lit avant de retrouver immédiatement le sommeil. Quelle soirée en tout cas ! On se demande bien ce qui peut bien nous arriver encore après ces événements de ces derniers jours et le Camp Catta porte bien son nom…
Samedi 18 juillet – balade dans la vallée du Tsaranoro. Ce matin au réveil, tout le monde n’est pas en pleine forme faute de sommeil, mais vu ce qu’on a évité de peu (la caravane ), on fait tous bonne figure, d’autant que l’incendie s’est fortement calmé, de même que les intestins de Charlotte, qui est en bien meilleure forme ce matin, sa fièvre ayant disparu. Nous sommes accueillis à la sortie du bungalow par des lémuriens catta qui, comme à Anja, sont habitués à l’homme et peuvent être approchés assez facilement. Au petit déjeuner, nous avons la surprise de voir les 2 couples antipathiques partis en catastrophe hier au début de l’incendie finalement eux aussi sont semble t-il revenus à la raison…. On arrive un peu en retard pour le début de la balade, 8h30 au lieu de 8h00, mais nous avons des circonstances atténuantes Jean Paul n’est pas franchement fringant ce matin, c’est le moins qu’on puisse dire, ayant dû veiller une bonne partie de la nuit. Par ailleurs, il est dépité par l’inconscience des pyromanes qui ont détruit une partie de la forêt, avec les risques pour les animaux qui y vivent. Nous entamons notre marche dans la forêt puis continuons à cheminer le long des sentiers jusqu’à une piscine naturelle qui ne nous donne pas envie de nous baigner ; les animaux ( l��muriens, caméléons, criquets ) sont de la partie et la promenade agréable et sans difficultés. Arrivés à bonne distance de notre hôtel, nous nous arrêtons pour prendre un rafraîchissement dans un autre camp de la vallée de là nous voyons que l’incendie est en train de remonter au sommet de la falaise, le risque étant que les flammes retombent dans la vallée et enflamment une autre partie de la forêt. Lors de cette pause, Hery nous apprend que le fameux guide d’hier soir avait un peu forcé sur la bouteille, ce qui explique son attitude incohérente, et ce qui rend encore plus incompréhensible le mutisme des autres guides….ça nous conforte aussi un peu plus dans notre réaction.

Poursuivant notre parcours, nous parvenons à un petit village voisin où nous regardons travailler le forgeron, puis nous nous rendons au dispensaire où nous espérons cette fois pouvoir laisser nos habits. Malheureusement, le dispensaire est fermé le samedi après-midi mais par chance l’instituteur du village est en train de travailler sur l’ordinateur et il nous fait visiter le dispensaire. Après avoir discuté un peu avec lui, nous lui proposons de revenir un peu plus tard pour déposer nos vêtements, le camp étant distant d’une vingtaine de minutes. Nous laissons les filles au bord de la piscine du Camp Catta et revenons rapidement au dispensaire où l’instituteur nous reçoit et nous remercie pour les 2 sacs d’habits laissés alors que nous repartons, nous rencontrons l’infirmière avec qui nous discutons un moment. Elle tient le dispensaire avec une sage-femme les 2 sont payées par l’intermédiaire de l’association St Jérôme, une association basée à Marseille. Les moyens dont elles disposent sont assez limités mais il est difficile de recueillir suffisamment de dons et les dons ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Après cette belle rencontre, nous revenons au camp et certains vont à la piscine ( où nous rencontrons ceux qui nous ont rabroués hier soir, qui nous font là un grand sourire..), pendant que les autres vont photographier les lémuriens avant l’apéritif ( le nôtre, pas celui des lémuriens ). La nuit étant revenue, le feu est beaucoup plus impressionnant, d’autant qu’il est retombé de la falaise par ailleurs, un autre feu a démarré en face sans qu’on arrive à savoir si c’est un simple feu de broussaille. Du coup, Charlotte est hyper stressée et ne tient pas en place, passant sans cesse de la chambre à la salle de bain pour regarder à la fenêtre. Au fur et à mesure, les flammes commençant à s’atténuer, elle finit par se calmer et revenir à la raison. Le repas de ce soir ne restera pas dans les mémoires ( c’est l’hôtel où on a le moins bien mangé jusqu’à présent ), en particulier les crêpes flambées pour ceux qui ont eu le malheur d’en commander, qui baignent dans un jus immonde. Ce soir, le manque de sommeil de la veille se fait sentir et même Ben se couche à 21h30, fatigué par son séjour au Camp Catta.
Dimanche 19 juillet : Tsaranoro – Isalo. Nous quittons ce matin le camp à 8h, la route jusqu’à Ranohira étant longue et pénible ( sur les 2 premières heures jusqu’à la RN7). Sur la piste nous croisons beaucoup d’éleveurs de zébus qui promènent leur troupeau c’est dimanche et beaucoup de villageois se sont mis sur leur 31 pour se rendre à la messe. On est désormais dans le pays Bara et le paysage se fait de plus en plus aride et plat, ce qui tranche complètement avec les paysages des hautes terres rencontrés jusqu’alors. Sur la RN7, nous nous arrêtons dans un village où la messe est malheureusement finie mais nous demandons à visiter l’église ainsi que l’école où nous rencontrons l’apprenti pasteur ainsi que le pasteur ( on sent bien chez ce dernier sa position dominante par rapport à l’apprenti qui est muet quand le pasteur est là ). Anny fait cadeau à une petite fille, Véronique, d’un bracelet, la voyant le regarder avec insistance autour de son bras. Arrivés à Ihosy, et après avoir fait le plein d’essence, nous nous mettons en quête d’un hotely, c’est-à-dire d’un restaurant « local », pour le repas de midi. On veut tenter l’expérience mais pas facile d’en trouver un le dimanche midi. Après 2 aller-retour dans la rue principale, on jette notre dévolu sur « Tina » (c’est le nom de l’hotely ). La première impression donne le ton : des déjections de poulet sur les tables à l’extérieur, des toilettes sordides au fond du jardin on veut du local, on va en avoir….Le repas est aussi dans le ton : j’essaie un poulet gingembre et les autres un poulet grillé avec du riz blanc. Le poulet n’a que la peau et les os ( ils appellent ça du poulet bicyclette, ce qui est assez parlant ) la seule chose qui donne envie ce sont les carottes rapées. Seuls Ben et Charlotte ( moi je n’en ai pas ) refusent de les manger, craignant pour leurs intestins. Pour ce frugal repas, il nous en coûte 35 000 ariarys ( avec une grande THB et une bouteille d’eau ), soit un peu plus de 10 euros. On ne peut pas parler de bon rapport qualité prix dans le cas présent ( on ne sait pas très bien comment classer ce repas sur l’échelle de la qualité… ) mais en tout cas on ne s’est pas ruinés. La route d’Ihosy jusqu’à Ranohira est plutôt monotone nous arrivons après une longue montée sur l’Horombe, un immense plateau qui permet de voir à perte de vue à des dizaines de kilomètres à la ronde. C’est finalement assez tôt, vers 15h30, que nous arrivons à notre hôtel, « le Jardin du Roy », un établissement de grande classe situé dans un cadre magnifique par contre, très étonnant compte tenu du standing et de l’affluence touristique de l’Isalo, l’hôtel est quasiment désert ( et ce n’est pas le premier ), ce qui confirme vraiment les propos tenus par Hery concernant les nombreuses annulations de séjours ( a priori plus de 50% ) suite à la grève d’Air Madagascar ( ou plutôt Air Maty comme l’appelle Hery, c’est-à-dire Air Mort, ce qui en dit long sur l’espérance de vie de la Compagnie). Pendant que les filles restent à la piscine, nous partons explorer les environs de l’hôtel qui sont très étonnants parce qu’on ne s’attend pas à trouver une végétation aussi luxuriante ( pandanus, palmiers…) dans un endroit a priori sec et minéral. Nous nous promenons jusqu’au coucher du soleil, à l’heure où la roche prend une teinte rouge superbe. Le restaurant est à la hauteur du standing de l’hôtel et ça fait du bien de manger de la bonne nourriture après l’hotely de ce midi. Ce soir, Ben va enfin assouvir son fantasme : goûter à un vin malgache. Pourtant, les avis récoltés jusqu’à présent sont unanimes : c’est une picrate infecte, Marc du Soleil de Mada ayant été jusqu’à nous dire que le pire vinaigre est meilleur que le meilleur vin malgache. Personne n’est trop chaud, mais Ben voulant absolument tester cette expérience ultime, nous commandons une petite bouteille d’un rouge malgache en plus de notre habituelle bouteille de vin sud africain. Ben étant désigné d’office pour le goûter, le résultat ne se fait pas attendre : c’est aussi imbuvable que prévu, et même en faisant de gros efforts nous ne parvenons pas à finir la bouteille loin s’en faut. A la fin du repas, nous nous laissons tenter par une citronnelle ainsi que par des rhums arrangés offerts par la maison et que nous dégustons au bar. Ils souffrent un peu de la comparaison avec ceux de « Sous le Soleil de Mada » ( encore une bonne raison pour parler de Brigitte, n’est ce pas Ben ?). Nous finissons la soirée sur la terrasse de la chambre, à observer les chauve souris qui logent dans un arbre à proximité.
Lundi 20 juillet : canyon des makis et canyon des rats dans l’Isalo. A 8h, après un petit déjeuner hyper copieux, nous partons pour Ranohira où nous rejoignent notre guide local Alphonse et Olga, une jeune malgache qui a préparé nos repas et doit nous rejoindre sur le lieu du pique-nique pendant la marche. Alphonse a un rire impayable et comme il rit pour un rien ( en nous parlant du supermarché fou fou fou à l’entrée de Ranohira, ou quand on le compare au receveur dans les taxis brousse par exemple ), son rire finit par être communicatif et Charlotte ne résiste pas à la tentation de l’enregistrer sur son IPod. L’accès au canyon des makis et au canyon des rats n’est une fois de plus pas une mince affaire avec notre véhicule, et il nous faut 1h15 pour effectuer la piste de 17 kms jusqu’au départ de la randonnée du jour. Arrivés au vieux village de Ranohira, alors qu’on pense être seuls ( on ne verra d’ailleurs pas un touriste de la journée dans ce lieu soit disant touristique ), une nouvelle meute d’enfants arrive en essayant de nous vendre des petits objets en terre, représentant des zébus, crocodiles ou caméléons. Franchement, c’est assez laid et il y a des limites à acheter à tout le monde d’autant que si on fait plaisir à l’un d’eux, on va décevoir les autres. On se contente donc de distribuer des bonbons, et pour éviter l’anarchie, on met tout le monde en rang et chacun son tour pour la distribution.

Nous commençons la balade pour le canyon des makis nous rencontrons un couple qui fabrique du rhum local, nous traversons un ruisseau en passant sur un tronc d’arbre, ce qui donne lieu à des émotions à ceux qui ont un équilibre précaire. Petit à petit les enfants nous abandonnent et nous finissons par nous retrouver tranquilles. Dans la forêt à l’entrée du canyon des makis, nous apercevons très furtivement 2 variétés de lémuriens, des roux et des cattas. Puis nous nous engageons dans le canyon que nous parcourons pendant un bon moment, tout en passant sur des roches faciles à escalader. Ayant terminé d’explorer ce canyon, nous nous dirigeons vers le départ du canyon des rats. C’est en chemin, au bord d’un cours d’eau et dans un cadre verdoyant que nous attend Olga qui a dressé la nappe pour le pique-nique. Au menu : salade de pâtes, boulettes de zébu et salade de fruits. On se régale après cette matinée de marche qui a creusé les estomacs. Les enfants sont de retour comme par magie avec leurs objets à vendre l’une d’entre eux a un sacré caractère et donne du fil à retordre à Ben. « On verra tout à l’heure » lui dit-il. Pendant ce temps, alors qu’elle est en train de satisfaire un besoin naturel avec Anny, Charlotte se fait piquer à plusieurs reprises à l’arrière du genou, à travers sa genouillère. C’est très douloureux et déjà que la marche était laborieuse avec sa douleur au genou, ça devient quasi impossible. Elle finit d’ailleurs par renoncer au début du canyon des rats Anny décide de rester avec elle pour l’accompagner elle-même aurait probablement eu des difficultés à certains endroits assez escarpés du canyon. La hauteur des parois est ici plus impressionnante que dans le précédent. Là encore nous marchons jusqu’au bout du canyon où une piscine donne lieu à une bataille d’eau entre Juliette et Ben. Sur le chemin du retour nous observons sur la paroi des falaises des tombeaux provisoires et définitifs Alphonse nous explique qu’il n’y a ici qu’une seule cérémonie de retournement des morts et que c’est lors de cette fête que les corps sont amenés du tombeau provisoire au tombeau définitif, situé encore plus haut sur la falaise, et alors que les personnes qui les transportent sont souvent très éméchés par les festivités en cours. A cette occasion nous remarquons une chose : alors qu’on est persuadés depuis le début du séjour qu’il ne faut pas montrer du doigt ( notamment des tombeaux ) avec le doigt tendu mais plié, on remarque que ceci ne s’applique qu’à nous car les malgaches n’ont pas l’air d’y prêter attention autant dire qu’à partir de ce jour on ne s’astreint plus à cette précaution… Sur le chemin du retour, Charlotte a enfin accepté d’enlever sa genouillère, ce qui soulage la douleur au niveau des piqûres de guêpes. Arrivés à proximité du village, nous apercevons au loin la bande d’enfants, sagement assis à proximité d’une petite butte sur laquelle ils ont soigneusement alignés leurs objets en terre pour les mettre en valeur. Malgré cela, nous ne nous décidons pas à acheter quoi que ce soit. Alors que nous passons à nouveau sur le tronc d’arbre pour traverser le cours d’eau déjà emprunté à l’aller, Alphonse attire notre attention sur une masse de l’autre côté du cours d’eau : un énorme caméléon de plus de 50 cm que nous n’avions même pas aperçu nous le prenons en photo pendant quelques minutes, après quoi nous regagnons le minibus distant de quelques dizaines de mètres. Une nouvelle distribution de bonbons et nous voilà repartis sur la piste de 17 kms. A Ranohira, après un petit arrêt photo pour immortaliser le supermarché « fou fou fou », nous prenons congé d’Alphonse et nous lui donnons rendez-vous pour le lendemain où est prévue la balade à la piscine naturelle. Au restaurant de l’hôtel, le pavé de zébu restera dans les mémoires. Après le repas, comme la veille, nous buvons une citronnelle puis un rhum arrangé au bar. Ils passent une musique malgache sympa et rythmée, du groupe Jaojoby. Ben, qui a pour habitude de toujours ramener un CD des pays qu’il visite , va se mettre en quête d’un album de ce groupe.
Mardi 21 juillet : Isalo-Tulear. La veille au soir, j’ai eu le malheur de dire que les craintes qu’on avait sur les troubles digestifs à Mada étaient exagérées…Ce matin la moitié du groupe est sur le flanc : Juliette a été prise de diarrhées une bonne partie de la nuit, Pierre est malade au réveil ( diarrhées et vomissements ) et Anny a des douleurs gastro intestinales qui ne présagent rien de bon. Le cocktail tyorfan-ofloxacine s’impose. Après réflexion, on se dit que ce sont les crudités de l’hotely qui sont certainement responsables de cette gastro. Le petit déjeuner est prévu à 7h mais le moral des troupes est un peu morose, ce qui n’empêche pas Ben de cracher son thé à la figure de Charlotte, pris d’un fou rire en repensant à Johny Gasy et son « et j’ai crié, crié é… » A 7h30, nous partons pour Ranohira où nous retrouvons Alphonse qui n’a pas perdu sa bonne humeur. Avant de partir pour la balade, nous allons passer commande au restaurant de ce midi, « le Zébu grillé », pour éviter d’avoir à attendre, notre route vers Tulear étant longue. Autant dire que dans le contexte, c’est sans enthousiasme que se fait cette commande, Pierre et Juliette préférant commander du riz blanc. La balade vers la piscine naturelle est agréable, facile mais un peu fréquentée à notre goût ( c’est la première fois qu’on rencontre des touristes depuis le début des vacances lors de nos marches ). Nous avons l’occasion de voir un petit scorpion sur le chemin. Arrivés à la piscine naturelle, malheureusement prise d’assaut, Charlotte se baigne alors que je n’ai le courage de me mouiller que jusqu’à la taille. Malgré l’état de délabrement des troupes, tout le monde aura fait l’ensemble de la balade sans encombre, ce qui était loin d’être gagné d’avance ce matin au réveil. A 12h, nous voilà de retour au « Zébu grillé » où nous aurions pu nous abstenir de passer commande, étant les seuls clients. L’ambiance est un peu mortelle et nous expédions nos plats, pressés de quitter ce restaurant sans âme. Nous nous dirigeons ensuite vers Tulear par une route très monotone et les candidats à la sieste sont nombreux. Les 2 seuls lieux qui retiennent notre attention sont la traversée de la ville d’Ilakaka (ancien petit village tranquille devenu une ville grouillante et un peu malsaine suite à la découverte de gisements de saphir, des milliers de personne ayant tout quitté pour y faire fortune) et celle de la plaine des baobabs nous nous arrêtons quelques minutes pour photographier 2 beaux spécimens au bord de la route et nous en profitons pour donner 2 tee shirts à 2 jeunes qui passaient par là. Dans cette partie du pays se dressent le long des routes des tombeaux mahafaly érigés ça et là, parfois gigantesques, certains étant même plus beaux et richement décorés que les maisons habituelles de vivants des cornes de zébus ornent ces tombes, leur nombre étant proportionnel au nombre de bêtes tuées en l’honneur du défunt. Nous arrivons à Tuléar en fin d’après-midi et avons juste le temps de visiter le marché local comme nous l’avons constaté en traversant des villages, la misère paraît ici encore plus importante qu’ailleurs et nous sommes harcelés par des mendiants et des handicapés qui font la manche. C’est une ville grouillante où circulent par centaines pousse pousse et cyclo pousse. Lors de notre visite du marché, Charlotte tape dans l’œil d’un jeune malgache qui fait un signe à Pierre qui ne laisse pas d’ambiguité sur ses intentions. Elle décline l’offre…. Nous arrivons à la nuit tombée à notre hôtel « Villa Moringa », superbe établissement ( nous avons une suite familiale ). Avant le dîner, nous retrouvons Hery et Feno pour le briefing du lendemain eux ont eu les plus grandes difficultés à trouver un hôtel, la propagande battant son plein, avec notamment sur Tulear le Général, ancien premier ministre de la transition, qui se présente. Le repas du soir, excellent par ailleurs, se déroule dans une ambiance bizarre, étant seuls dans une grande pièce qui sonne un peu creux, avec des employés plus nombreux que nous. Une fois de plus on se demande où sont les touristes. Après le rhum arrangé offert par la maison, Anny dont les douleurs gastro-intestinales s’amplifient, et Pierre épuisé par sa gastro, vont se coucher. Charlotte, Juliette et moi allons faire un billard pendant que Ben envoie des mails pour donner de ses nouvelles, et la soirée se termine sur la terrasse autour d’un petit digestif.
Mercredi 22 juillet : Tulear-Anakao. Ce matin, c’est à mon tour d’être fébrile et dérangé au niveau gastro intestinal j’aurais peut-être dû éviter les cacahuètes d’hier soir servis à table… Nous avons tous été réveillés aux aurores par la trompette militaire nous sommes juste en face d’une caserne, ce qui nous donne l’occasion d’assister de notre terrasse à un spectacle gratuit qui vaut tous les films comiques et qui déclenche chez nous l’hilarité générale : les militaires se livrent à divers exercices avec leur arme, tout cela entrecoupé par des moments de franche rigolade en parallèle, l’un d’entre eux, dont on se demande s’il a été puni, avance puis recule à 4 pattes en faisant le canard tout en étant suivi par un instructeur. La scène la plus cocasse est l’arrivée d’un groupe en tenue de footing, certains d’entre eux avec un casque immense sur la tête rappelant celui de De Funès dans « la Grande Vadrouille ». Elle est belle l’armée malgache ! Hery nous apprend qu’il s’agit d’exercices pour une passation de pouvoir qui va avoir lieu dans la matinée. Aujourd’hui, c’est le départ pour Anakao où nous devons faire une parenthèse balnéaire de 4 jours. Nous allons donc nous ravitailler a minima avant de partir en allant chercher du pain, des bananes (comme d’habitude la vendeuse n’a pas de monnaie à nous rendre ) et de l’eau ( chez des indiens aimables comme une porte de prison ). Nous nous dirigeons ensuite vers l’embarcadère où le rendez-vous avec l’Anakao express est prévu à 9h30 à 9h45, le bateau arrive, déjà bien chargé, aucune brassière n’étant plus disponible pour nous. Il y a là des personnes de plusieurs nationalités, un travesti italien, des français de Guyane qui viennent faire du kite surf et qui, voyant le tee shirt de Ben acheté à Jericoacoara, nous demandent si on connaît Jeri, eux même étant des habitués. La mer est calme et la traversée jusqu’à Anakao, longue d’une heure, se passe sans encombre c’est la saison des baleines mais nous n’aurons pas la chance d’en voir. Le bateau dépose les touristes les uns après les autres devant leur hôtel ( chez Solange, Andrea…..) notre hôtel, l’Anakao Ocean Lodge est situé de l’autre côté de la baie et nous sommes les derniers à arriver à bon port. A notre arrivée, ce sont 20 personnes qui se tiennent au garde à vous sur la plage pour nous accueillir on n’en demandait pas tant ! Après les diverses explications sur le fonctionnement de l’hôtel, nous prenons possession de nos bungalows ( 1 pour Charlotte et Juliette, un pour Pierre et Ben, un pour Anny et moi ), superbes et joliment décorés. Nous repérons notamment des sculptures accrochées au mur, qu’on verrait bien chez nous… Assez rapidement, nous allons à la plage devant l’hôtel, impatients de nous baigner dans l’Océan Indien l’eau est plutôt fraîche ( pas plus de 22-23°C d’après nos estimations ) mais le bain très agréable. Ce midi, nous ne mangeons pas au restaurant mais pique niquons sur la plage pour faire honneur à la boîte de pâté Hénaff que Ben a emporté dans ses bagages un délice ! Après cela, me sentant un peu fébrile, je reste avachi sur ma serviette, ne tardant pas à m’endormir et même à ronfler selon certains, ce dont je doute.. Ben et Pierre partent courir sur la plage et reviennent après 30 mn, des ampoules sous les pieds et dégoulinants de transpiration. De mon côté, je finis par prendre mon courage à 2 mains et je pars faire une petite marche avec Anny, constatant qu’à proximité de l’hôtel on n’est pas très sollicités par les enfants. En fin d’après-midi, la fraîcheur arrivant rapidement, nous avons réservé un massage pour Juliette et Charlotte après une heure, elles en reviennent enchantées. De notre côté nous allons voir les objets d’art ( statues pour la plupart ) en vente à l’accueil certaines statues sont vraiment superbes ( elles sont fabriquées par un artiste malgache qui a son atelier à Antananarivo ) mais, n’arrivant pas à choisir ( il paraît que ma statue ressemble à un phallus géant !) nous remettons notre achat au lendemain. Il est 19h30, l’heure du repas du soir. Notre serveur arrive pour nous présenter le menu de ce soir faisant penser à un boxeur sur un ring, sautillant d’un pied sur l’autre, il commence sa présentation : « alors en entrée on a……, alors l’entrée c’est….. » Gros trou noir, il a oublié son texte, ça commence bien. Du coup, il commence par le plat et avec notre aide ( nous avions lu le menu à l’entrée ) il finit par s’en sortir. Le repas est lui excellent ( comme tous les plats dégustés pendant notre séjour à Anakao ), avec une cuisine de la mer, fine et pas trop copieuse. A la sortie, la cuisine étant ouverte sur la salle, nous passons féliciter les cuisiniers.
Jeudi 23 juillet : Anakao – Nosy Ve. Nous avons réservé la veille une excursion à la demi-journée vars Nosy Ve, île la plus connue des environs. A 8h30, nous partons en pirogue à voile en compagnie de nos « skippers », Bongo et Théo, qui ne parlent pas 2 mots de français. Ce matin, c’est pétole sur le plan d’eau et il nous faut 1 h pour atteindre péniblement Nosy Ve.

Bongo nous fait faire le tour de l’île qui est une réserve et un des rares lieux de nidification du paille en queue à queue rouge, magnifique oiseau. Le temps passe très vite et il est déjà 11h quand nous arrivons à notre point de départ c’est l’heure de la baignade tant attendue dans une eau turquoise. Pour le snorkeling, par contre, c’est quasiment le néant, d’autant que le courant puissant nous empêche de progresser comme on le souhaiterait. Après un peu plus d’1 heure à profiter de l’eau et de la plage, nous prenons le chemin du retour, avec un vent toujours aussi peu soutenu. Bongo, jusqu’alors plus que discret, commence à se lâcher un peu et se met à chanter et à pousser des cris bestiaux. Je ne sais pas pourquoi, mais le nom de Bongo nous rappelle soudain le Banga, une boisson de triste mémoire de notre jeunesse, et surtout la pub de l’époque « dans Bongo ya des fruits, juste c qu’il faut, dans Bongo ya de l’eau oui mais pas trop ya des fruiits, ya de l’eau o, c’est Bongo o ». C’est débile mais il en faut peu pour nous amuser. Arrivés vers 13h15, nous passons immédiatement à table pour un plat de poisson délicieux comme d’habitude. Walter, le directeur italien de l’hôtel est aux petits soins, très prévenant et c’est vraiment agréable de se sentir bichonnés. L’après-midi est consacrée à la plage que c’est agréable de ne rien faire parfois et de se prélasser. Seul Ben a encore le courage d’aller courir. Pour l’apéritif de ce soir, ayant du rhum mais pas de jus, nous allons commander au bar des jus d’ananas pour se faire un petit punch : délicieux et ça va devenir une habitude les soirs suivants. Pour le repas du soir, nouveau serveur et nouveau trou de mémoire au moment de nous présenter le menu, en l’occurrence un tartare de carangue et un filet de capitaine.
Vendredi 24 juillet : Anakao. Ce matin, Anny se lève énervée : apparemment j’ai ronflé comme jamais cette nuit, impossible à arrêter, d’où un sommeil écourté pour elle je n’ai pourtant pas fait plus d’abus que d’habitude hier soir, mais je fais profil bas en ce début de matinée… Pour se changer les idées, nous nous décidons à aller acheter nos statues, le groupe d’anglais arrivés hier ayant commencé à dévaliser le magasin. J’ai fait une croix sur « mon phallus » ( à force d’en parler on ne voit effectivement plus que ça ) et nous nous rabattons donc sur une autre sculpture avec 2 têtes, très sympa également. La matinée à la plage se déroule tranquillement, avec une sortie en pirogue pour Charlotte et moi, et un nouveau footing de 50 mn pour Ben, décidément acharné. Le midi, nous rencontrons les français de Guyane aperçus lors de notre transfert en bateau le vent n’est pas favorable au kite depuis l’arrivée mais ils espèrent une amélioration dans les prochains jours nous nous donnons rende-vous pour le lendemain sur Nosy Satrana où nous avons l’intention de passer la journée. Un peu avant 16h, nous avons décidé d’aller nous promener jusqu’au village d’Anakao. Les filles ne souhaitent pas nous accompagner et restent bronzer sur la plage. Sur les conseils de Walter, nous entamons notre marche par l’intérieur des terres. C’est très rapidement l’enfer car nous sommes harcelés par des enfants et même quelques adultes : bonbons vahazas, cadeaux vazahas, lunettes, montres, tongs, casquettes….tout y passe et malgré nos refus ils sont très insistants et ne nous lâchent qu’après avoir insisté lourdement. La promenade est franchement pénible ( est-ce l’habitude des touristes des hôtels voisins ?), d’autant que le village est très sale la plage n’est pas en reste, puisque nous assistons tour à tour à des gens qui font leurs besoins sur le sable après avoir creusé un petit trou, à une femme qui jette ses déchets de poulet au bord de l’eau et pour finir à un gros cochon rose qui se délecte de toute cette nourriture facile et déambule au bord de l’eau en mangeant tout ce qu’il peut trouver. Pas mécontents de quitter ce village de pêcheurs, nous revenons vers notre hôtel par le bord de mer. En chemin, nous distribuons les quelques vêtements qui nous restent à un couple de pêcheurs, et à 3 jeunes enfants. Avant le repas, nous allons réserver notre excursion du lendemain les touristes des derniers jours n’ayant vu des baleines que de loin, nous préférons choisir l’excursion à la journée vers Nosy Satrana en pirogue à voile. Comme tous les soirs, notre serveur-boxeur est présent pour le dîner, toujours aussi speed il commence à nous connaître et aime de plus en plus plaisanter. Ce soir, c’est du capitaine grillé qui est servi Anny et Ben craignent le pire car il nous est servi entier, mais j’arrive à leur préparer des morceaux sans arêtes et tout le monde se régale une nouvelle fois.
Samedi 25 juillet : Anakao-Nosy Satrana. Cette nuit, pas de ronflements intempestifs à signaler par contre, j’ai fait un cauchemar ( j’étais attaqué par une bête sauvage ) et me suis mis à crier au milieu de la nuit, rapidement calmé par Anny. A 8h45, nous retrouvons Bongo, un nouveau matelot et une femme qui s’occupe de l’intendance pour le pique-nique de ce midi. Une petite brise souffle ce matin, ce qui nous permet d’arriver en 30 mn à Nosy Satrana en traversant un lagon magnifique rappelant la Polynésie. Nous entamons le tour de l’île, en nous arrêtant de temps en temps pour une baignade rafraîchissante. L’île est déserte des tombeaux couronnent son sommet est. Walter nous a dit la veille que par marée basse, les troupeaux de zébu pouvaient passer de la grande terre à l’île mais en cette fin de matinée, la mer n’est pas assez reculée pour le permettre. Le temps passe vite à ne rien faire et l’île est assez étendue, et il est déjà 13h quand nous arrivons à notre point de départ. La table a été dressée sous « le » grand tamarinier, le seul arbre digne de ce nom sur Nosy Satrana. Bongo et ses 2 acolytes ont bien fait les choses puisqu’ils ont mis une nappe, des sièges « zafimaniry », et ils sont en train de nous faire griller des langoustes et des brochettes de capitaine accompagnées de pommes de terre. On est vraiment reçus comme des rois et la vue et l’odeur de ces grillades nous donnent l’eau à la bouche. Le goût est à la hauteur et on se régale de notre repas, en suçant bien tous les morceaux de carapaces pour ne rien perdre. On ne sait pas si c’est un trop plein de bonheur, mais Anny se lâche complètement et se met à dire sur un mode rap « pas taper, pas taper ». Pas la peine d’expliquer le pourquoi du comment, il faut y être pour le comprendre ( et même en y étant…)Après ce festin, nous allons profiter de la plage voisine où nous rencontrons de nouveau les Guyanais. Pour le kite ce n’est pas encore le jour ! Ils ont été ce matin à la recherche des baleines mais n’en ont pas aperçu, se contentant d’un banc de dauphins. Ils travaillent tous les 2 (ils sont accompagnés de leur fils ) dans l’enseignement et passent 2 mois à Mada ( ils ont fait le Mozambique l’an passé ), ce qui leur laisse le temps d’utiliser les moyens de transport locaux. Ils ont fait tout le nord en taxi brousse, avec bien entendu des arrêts pannes qui ont grandement rallongé le trajet. Ils doivent ensuite continuer jusqu’à Fort Dauphin en passant par la côte, ce qui sera probablement une nouvelle aventure. Nous échangeons sur nos impressions au sujet de Madagascar et nous sommes tous d’accord sur le fait que c’est incompréhensible que ce pays soit si pauvre et si arriéré alors qu’il dispose de ressources naturelles énormes, mais inexploitées. Une rencontre très sympa. Nous finissons l’après-midi sur la plage par une partie de volley et avant de reprendre la pirogue vers 16h15, Pierre et moi inventons une petite chorégraphie ridicule qui fait le plaisir de l’assistance, c’est-à-dire les 4 autres. Sur le trajet du retour, Ben et moi nous nous essayons à la voile, en équilibre plus ou moins instable tout en poussant des cris « bongoesques ». Après cette journée très sympa, le séjour à Anakao se termine déjà et nous regrettons de ne pas avoir passé une journée supplémentaire. Le départ de demain est prévu à 7h30 et il va falloir nous lever à 6h45. Nous dégustons notre dernier repas, accompagné comme toujours d’un vin sud-africain, persuadés qu’on ne retrouvera plus la même qualité de nourriture durant le reste du séjour. Ce soir, il n’y a plus grand monde, une famille de français avec 2 enfants, déjà vus au Jardin du Roy, un français seul que la famille a invité à sa table pour la soirée, et un dernier petit groupe d’étrangers demain l’hôtel sera presque vide, la grève d’Air Madagascar, bien que terminée, n’ayant pas permis de rétablir les vols aux jours et horaires prévus. En fin de soirée, autour d’un petit ti punch, nous refaisons un peu le monde et ne pouvons-nous empêcher de nous remémorer les vieux souvenirs de Tahiti de 1992 (est-ce le paysage de lagon vu aujourd’hui qui nous a rappelé le bon vieux temps, possible ). Même Pierre qui n’y était pas connaît ces histoires par cœur et doit commencer à trouver qu’on radote.
Dimanche 26 juillet : Anakao – Isalo. Ben et moi on se réveille un peu avec la gueule de bois, non pas qu’on ait abusé hier soir ( encore que quand on commence à parler de Tahiti, c’est qu’on n’en est pas loin…) mais on a été réveillés en pleine nuit par des hurlements à 4h une voix de femme criait très distinctement et sans accent en français : «ta gueule, espèce de taré, arrête….. », et ce pendant de longues secondes entrecoupées par des chuchotements d’une autre personne. C’est hyper violent et une fois le calme revenu je me mets à analyser la situation : il ne peut s’agir que de la famille de français y aurait-il eu quelque chose avec l’autre français ? Et puis progressivement je me fais un autre film : ne serait-ce pas Charlotte et Juliette qui se seraient disputées, même si je n’ai pas reconnu leur voix ? N’auraient-elles pas été agressées dans leur bungalow ? Evidemment, avec cette idée en tête, impossible de m’endormir et à 4h30 je sors avec ma lampe frontale pour voir si tout est normal dans leur bungalow rien à signaler et je me recouche et me rendors rapidement. Au réveil, je vais quand même les voir pour être certain que tout va bien : rien à signaler, elles n’ont rien vu, rien entendu ! En sortant de leur bungalow, je croise Ben l’air soucieux : « tu as entendu les cris ? » me dit-il « atroces ». Je lui réponds par l’affirmative. « C’était vous ? » Devant ma réponse négative, il insiste : « tu me jures que ce n’était pas vous ? » Lui aussi s’est fait un film, mais différent du mien : il a cru que, à cause de mes ronflements incessants, Anny a pété un plomb et a fini par me traiter de tous les noms. Il est sorti de sa chambre à 4h, n’a plus rien entendu mais n’a pu s’enlever cela de la tête et n’a pu se rendormir. C’est donc un grand soulagement pour lui de voir que ça n’a rien à voir avec nous, ce qui accrédite la thèse de la dispute au sein de la famille française, avec ou sans l’autre français ( on imagine évidemment des scénarios autour de cette thèse…). Les autres ont manifestement dormi comme des loirs et ne se sont rendus compte de rien. Juste le temps de manger le petit déjeuner et nous prenons le bateau pour Tulear, non sans avoir eu le droit une nouvelle fois à une haie d’honneur du personnel de l’hôtel comme lors de notre arrivée. Le français seul est également sur le départ nous n’osons pas lui demander s’il a lui aussi entendu les hurlements de la nuit. Il nous explique qu’il est arrivé à Madagascar avec son père mais que celui-ci a dû être évacué d’urgence vers la Réunion le lendemain de leur arrivée, victime d’une péritonite. Il a malgré tout continué son circuit et voyage donc seul depuis cet événement. Il nous raconte avoir eu la chance la veille lors d’une balade en pirogue avec un pêcheur du village de voir juste à proximité de l’embarcation des baleines, ce qui nous laisse quelques regrets. La mer est un peu plus formée qu’à l’aller et il nous faut 1h30 pour arriver à l’embarcadère où nous attendent Hery et Feno, qu’on est contents de retrouver après cette pause de 4 jours qui a fait du bien à tout le monde. Nous allons poster nos cartes postales écrites à Anakao et nous voilà repartis pour la remontée vers la Capitale, qu’on craint un peu, en particulier les longues heures de voiture sur une route souvent défoncée. Aujourd'hui, l’étape est assez courte puisqu’il faut 4h sur une route en bon état pour retourner au Jardin du Roy. Après 70 kms, nous nous arrêtons à un marché hebdomadaire où l’animation est à son comble en dehors des stands habituels nous avons droit aujourd’hui à des combats de coqs, jeux de cartes, dés et roulette ça joue sérieux et nous ne nous sentons pas forcément les bienvenus. Nous rachetons 2 cadenas en vue du retour et des cumbavas pour les ti punchs, n’ayant plus de citrons verts depuis la veille. La propagande continue à battre son plein et dans tous les villages traversés ce sont les derniers rassemblements avant les élections qui ont lieu en fin de semaine. Dans cette partie du pays, nous apercevons régulièrement des feux de broussaille, allumés par les éleveurs de zébus, censés permettre la repousse de jeunes herbes appréciées par le bétail. A l’heure de midi, nous arrivons au Parc National de Zombitse, un parc très peu connu et quasiment pas décrit ( à part dans le Petit Futé ) dans les guides. On imagine que la visite ne sera pas mémorable mais ça va au moins permettre de couper le trajet. Avant de débuter la visite, nous dégustons le pique-nique préparé par Hery et Feno : une salade de pommes de terre accompagnée de poisson fumé et de saucisses porc-zébu.

Après ce repas copieux, nous rencontrons nos 2 guides locaux ( l’un guide, l’autre rabat ), 2 frères prénommés Lucien et Sélin. Cette visite est une des bonnes surprise du voyage parce qu’en 1 h et en marchant 2 kilomètres, nous avons la chance de voir des papillons, des oiseaux, des lémuriens ( 3 variétés, 2 nocturnes et 1 diurne, des lémuriens , blancs magnifiques ), un gros caméléon, des baobabs géants, des plantes médicinales ( on apprend à cette occasion qu’une espèce de pandanus soigne la syphilis )…..C’est vraiment un parc à conseiller, facilement accessible, permettant de voir beaucoup d’espèces en peu de temps, et avec des guides adorables, ravis de pouvoir faire partager leurs connaissances et faire découvrir les richesses de leur pays. Arrivés à l’entrée du massif de l’Isalo vers 16h, nous faisons un petit détour par la « fenêtre de l’Isalo » pour la classique photo de fin de journée. Hery nous gratifie d’une blague bien emmenée et que personne n’a vu venir : « c’est qui le président avant Sarkosy ? » « Chirac » « Jacques Chirac a inauguré beaucoup de monuments à Madagascar ». Et, alors qu’on arrive sur le site de la Fenêtre de l’Isalo, il nous dit : « il est là le président » et c’est alors que se dresse devant nous dans la roche le profil de Chirac, ou plutôt de sa marionnette des guignols. Hery nous a bien manœuvrés sur ce coup et il n’est pas peu fier de lui. Nous faisons le tour du rocher pour trouver le meilleur angle de vue pour la photo et certains d’entre nous s’adonnent à un jeu dont le but est de parvenir à lancer en 7 coups au maximum un caillou dans le petit trou de rocher à côté de la grande fenêtre. En cas de réussite, on peut faire un vœu. Ben est le seul à réussir brillamment, dès son 2ème lancer. De retour au Jardin du Roy après 1 semaine, nous sommes accueillis chaleureusement par l’ensemble de l’équipe, à l’accueil, au bar, comme au restaurant. Le serveur du restaurant n’hésite d’ailleurs plus à plaisanter avec nous. Manifestement les affaires reprennent et les touristes sont de retour puisque ce sont 75 couverts qui sont prévus ce soir. Malheureusement, le pavé de zébu mémorable de la dernière fois n’est pas au menu où sont proposés des plats un peu plus typés, à savoir de la langue de zébu et du pavé de sanglier. Nous n’avons pas perdu nos bonnes habitudes et la soirée se termine par une citronnelle suivie d’un rhum arrangé.
Lundi 27 juillet : Isalo-Ranomafana. Aujourd’hui, c’est la grande journée de route puisque 7 heures sont prévues, ce qui laisse peu de place aux arrêts et aux visites. Nous appréhendons d’autant plus cette journée que c’est le retour vers les températures plus fraîches, voire l’humidité puisque Ranomafana a une réputation de microclimat humide, c’est-à-dire qu’il y a la saison des pluies et la saison où il pleut. Nous prenons notre petit déjeuner à 7h30 pour un départ à 8h00. Nous quittons avec un pincement au cœur le Jardin du Roy, sachant que pour les 2 prochaines nuits le standing de l’hôtellerie va chuter assez brutalement et qu’on avait pris goût au confort. Nous nous arrêtons rapidement pour photographier la « tête de la reine » dans l’Isalo, mais pour le reste, les haltes sont rares. Depuis quelques jours ( ça occupe quand on roule ), nous avons pris l’habitude à tour de rôle ( Ben, Pierre et moi occupons l’un après l’autre la place de passager avant ) de prendre des photos de la vie quotidienne tout en roulant tous les jours et même plusieurs fois par jour, Ben demande à Feno de soulever la vierge accrochée à son rétroviseur intérieur et lui fait nettoyer la vitre avant pour qu’il n’y ait aucune poussière parasite. C’est à ce genre de petits détails qu’on reconnaît les pros ! Une autre façon de nous occuper c’est d’apprendre le malgache avec Hery, du moins quelques mots : en dehors de Salama et Veloma, les expressions le plus souvent utilisées pendant le séjour sont i vaovao (comment ça va) auquel on répond par tsy misy vaovao ( rien de neuf ). Quelques autres mots appris ( et souvent vite oubliés ) : misaotra (merci), manao ahoana ianao ( comment ça va), tonga soa (bienvenue ), fady (interdit ), tsia (non ), tsara (beau), firy (combien), mazotoa homana (bon appétit) , moka (moustique), fidio (voter)….Aujourd’hui l’expression du jour est « malai lai »(orthographe non garantie ) qui signifie ça gratte. Ben aime beaucoup et tous les gens qu’il rencontre aujourd’hui ont droit systématiquement à Salama, i vaovao, malai lai, veloma. Le premier arrêt digne de ce nom a lieu à Ambalavao le temps qu’Hery se ravitaille dans un restaurant pour le pique-nique, nous faisons un rapide tour du marché. Ben, comme souvent, fait son show ( on se demande s’il est shooté à la coke depuis le début des vacances ) et se fait remarquer, notamment lorsqu’en partant il lance à tue-tête un « Veloma » qui fait rire tous les malgaches qui lui répondent en cœur. Quelques kilomètres après Ambalavao, nous nous arrêtons après 4 heures de route pour manger au bord de la route. Au menu : samousas, riz cantonnais et beignets de poisson pleins d’arêtes (ce qui bloque tout net Ben dans sa dégustation ). Ce n’est pas le meilleur pique-nique du voyage, loin s’en faut….Il nous reste des tee shirts à distribuer et nous en donnons à 3 jeunes qui nous observent depuis un moment, dont 2 se mettent à faire du karaté avec Pierre dont la souplesse légendaire fait encore des merveilles à cette occasion. Arrivés à Fiana à 15h, Hery a le mauvais goût de nous rappeler en plaisantant l’épisode du Père Pedro en général il a beaucoup d’humour mais pour cette fois il aurait pu s’abstenir et il évite de peu une remarque acerbe de notre part. Nous faisons un arrêt rapide à la poste, Ben ayant besoin d’acheter un timbre et de poster une dernière carte postale pendant ce temps, dans le minibus, nous prenons l’appareil photo de Ben et en profitons pour faire des selfies tout en faisant des grimaces, ce qui fait marrer des jeunes malgaches qui ont repéré notre manège. Fianarantsoa n’échappe pas à la propagande, et après Léon Cu, c’est une autre candidate qui fait parler d’elle : d’après Hery elle est connue comme le sosie de Nana Mouskouri alors que Ben et Pierre trouvent qu’elle est le portrait craché d’Audrey Pulvar. On aime toujours autant l’atmosphère de cette ville mais il nous faut continuer notre chemin et ce qu’on apprécie beaucoup moins c’est la portion de route défoncée déjà empruntée à l’aller. Par contre, après l’embranchement vers Ranomafana, les 30 derniers kilomètres se font sur une route sinueuse mais en bon état. Hery nous gratifie encore d’une blague absurde ( une devinette cette fois ) : pourquoi le mot banane commence par un B alors que normalement ça commence par un N ? On se creuse la tête pendant ¼ d’heure sans parvenir à trouver la bonne réponse. La réponse est en fait évidente : normalement commence par un N ! Mais telle qu’il l’a présentée, on est tous tombés dans le panneau. A cette devinette, Charlotte répond par 2 blagues carambar. En fin de parcours, Hery passe un coup de téléphone et on voit que quelque chose ne tourne pas rond après avoir raccroché, il s’avère que l’hôtel Centrest ne nous attend pas, tout comme le ravitaillement de ce midi au restaurant avait été oublié. Rien de grave cependant, l’hôtel n’est pas complet ( ce serait un comble ! ) et des chambres sont disponibles. Nous arrivons à l’hôtel peu avant 17 h, épuisés, mais ce n’est pas fini car une visite est prévue au jardin de plantes exotiques, notamment d’orchidées, propriété de l’hôtel et situé à 10 kms, ce qu’on ignorait. Il fait déjà presque nuit quand nous arrivons, le guide ne parle pas français et le jardin n’a rien d’exceptionnel, d’autant que les orchidées ne sont pas en fleur. C’est vraiment une visite sans grand intérêt, dont on aurait pu se passer après cette journée éprouvante. A la sortie, nous remercions notre guide qui à notre merci répond « non merci ». Désormais, nous répondrons aux mercis par un non merci jusqu’à la fin du séjour. Il fait bien sûr nuit noire quand nous arrivons à l’hôtel. Est-ce la réservation qui avait été oubliée ? En tout cas, nous nous retrouvons tous les 4 avec une chambre pour 4 avec des lits alignés et à peine la place pour étaler les bagages sans compter la marche dans les toilettes qui risque d’en gêner plus d’un pendant la nuit. N’ayant pas le courage de préparer notre traditionnel apéritif dans cette chambre, nous préférons le prendre à table au restaurant. Pour le repas, et alors que j’ai prévenu en arrivant « ici ne mangez surtout pas de poisson, vu l’éloignement de la mer », le menu est unique et heureuse surprise, le plat est une brochette de poisson avec du riz.. Ben qui a une sainte hantise des arêtes et qui a déjà dû recracher son beignet de poisson ce midi a la malchance de tomber une nouvelle fois sur une arête qui justement ( sans jeu de mot ) l’arrête net. Le dessert, une banane flambée, est lui excellent. Après ce repas correct sans plus, nous nous couchons assez tôt, fatigués par notre longue journée de route.
Mardi 28 juillet : Ranomafana – Ambositra. La nuit a été acceptable malgré la promiscuité et nous démarrons la journée par un bon petit déjeuner. Aucun d’entre nous n’a eu le courage d’aller aux thermes voisins aux aurores comme proposé par Hery. Un taxi brousse a fini son parcours pendant la nuit contre le mur en contrebas de l’hôtel et il aura du mal à avoir une seconde vie, vu son état. A 8h, notre guide local, Angelin, nous retrouve sur le parking de l’hôtel où nous prenons le minibus jusqu’à l’entrée du Parc National de Ranomafana. Les craintes concernant le mauvais temps et la pluie se sont envolées et nous laissons nos kways dans le véhicule. Angelin passe du temps à nous expliquer l’historique du parc, la forêt primaire et secondaire, et les différentes espèces présentes il est d’ailleurs un peu bavard à notre goût car, pendant qu’il nous donne ces explications, plusieurs groupes nous passent sous le nez et nous craignons de nous retrouver trop nombreux dans la forêt. Il nous informe qu’une rabatteuse, Myriam, est déjà dans la forêt à repérer les lémuriens. Myriam est apprentie guide et elle fait son baptême du feu avec nous en nous donnant des informations sur le mode de vie des lémuriens. Angelin de son côté passe auprès de chacun de nous en nous disant à voix basse de poser des questions à Myriam pour la confronter à la réalité du métier de guide. Les sentiers sont bien tracés, presque trop. Le premier animal aperçu est un mini gecko en forme de feuille, quasiment impossible à distinguer. Puis c’est au tour des lémuriens ou gidro en malgache ( encore un nouveau mot, se prononçant guidrou, le moyen mnémotechnique étant Guy Roux ). Nous commençons par des lémuriens dorés, puis c’est un groupe imposant de lémuriens à front roux qui arrivent droit sur nous, en sautant de branche en branche puis s’immobilisent à 1 m de nous pour s’abreuver dans le creux d’un arbre. Aussitôt rassasiés, ils repartent comme ils sont arrivés et disparaissent rapidement dans la forêt. Lors de la promenade, nous avons l’occasion de voir 2 autres espèces de lémuriens, 1 groupe de 2 lémuriens diurnes et 1 groupe de 3 nocturnes. La promenade en forêt est très agréable et nous traversons des bambouseraies et observons de magnifiques fougères arborescentes. Angelin se met soudain à entonner la Marseillaise qu’il connaît parfaitement, puis l’hymne malgache. Après 3h de marche, nous revenons au minibus où, comme d’habitude, Feno nous attend patiemment. Nous reprenons la route en direction d’Ambositra. A la fin de la RN25, peu de temps avant de retrouver la RN7 et sa portion défoncée, nous nous arrêtons au bord de la route, une famille étant en train de fabriquer des briques en latérite. Nous les interrogeons : ils fabriquent 1400 briques par jour et vendent chaque brique 14 ariarys. Le travail doit être très pénible et les hommes, les femmes comme les enfants mettent la main à la pâte. La maman est fière de dire que sa fille est dans les premières élèves de sa classe et nous l’encourageons à continuer et à ne surtout pas arrêter l’école. Nous leur offrons les quelques vêtements qui nous restent et repartons vers le Nord. Nous nous arrêtons peu de temps après pour le pique-nique au menu du jour : sandwiches. Comme d’habitude, des enfants ne tardent pas à s’agglutiner pas très loin de nous tout en maintenant une distance de « sécurité ». A la fin du repas, comme la veille, Feno et Hery distribuent les restes aux enfants, qui ne se font pas prier. En se rapprochant d’Ambositra, les paysages sont vraiment magnifiques, la terre rouge et les rizières donnant des contrastes de couleur étonnants. Par contre, comme à l’aller dans la même région, les nuages sont de la partie et le temps se couvre de plus en plus. Hery, qui y a pris goût, nous pose de nouveau une colle : donnez 7 noms féminins français qui se terminent par un t. Après de longues minutes de réflexion, nous arrivons à 6 : dent, nuit, jument, mort, part, forêt. Hery, décidément très joueur , plutôt que de nous donner le 7ème , nous met tranquillement sur la voie et on finit par trouver le dernier mot : dot !

Peu avant Ambositra, nous voyons enfin quelques maisons avec cheminées, un peu incongrues à Mada. Après 4 h de route, nous arrivons enfin à destination et avant d’aller à l’hôtel nous faisons une halte pour observer un four à briques au bord de la route. L’hôtel est « l’Artisan », dont le gérant n’est autre que le propriétaire de l’atelier de marqueterie que nous avions visité à l’aller. C’est un établissement assez moyen, très bruyant et d’un confort correct sans plus. Le restaurant lui-même laisse à désirer. Un groupe local joue des airs pas très entraînants sur des instruments traditionnels leur CD est en vente 20 000 ariarys. La clientèle est diverse et variée : il y a des locaux, des touristes comme nous, mais aussi un groupe de mormons en costume cravate et des coréens très bruyants qui jouent avec leurs liasses de billets et dont on apprendra le lendemain qu’ils sont là pour acheter des pierres précieuses. Le dîner est le summum de notre voyage en terme de repas pris à l’hôtel là non plus, comme la veille, nous n’avons pas le choix et, après une soupe en entrée, le plat est un mélange de spécialités malgaches accompagnées de riz et de rougail-tomate : du zébu bouilli, du porc-pois chiches, manioc-porc, brèdes-porc. L’ensemble va du potable à l’immangeable, la palme du plus mauvais allant au manioc. C’est tellement peu dans nos goûts que chacun de nous met un temps infini à avaler ne serait-ce qu’une bouchée. On a l’impression en regardant le voisin qu’il est en train de brouter de l’herbe ou de mâcher un chewing gum géant. Autant dire que les assiettes sont presque pleines quand le serveur vient débarrasser la table on a beau se justifier comme on peut et bredouiller que c’était bon mais trop copieux, il a l’air atterré et c’est vrai que c’est désolant de gaspiller autant de nourriture dans un pays aussi pauvre. Après ce repas mémorable, nous allons nous coucher.
Mercredi 29 juillet : Ambositra-Antananarivo. Ce matin, le réveil est un peu laborieux, le dos ayant souffert de la dureté du matelas de notre lit. Par ailleurs, cette satanée marche ( comme au Centrest la veille ) entre la chambre et la salle de bain nous a joué des tours en pleine nuit et le gros orteil s’en souvient encore. Au lever, Charlotte, la plus grosse consommatrice de médicaments du voyage, qui n’en est plus à un problème près, s’est tapée dans la table de nuit et a un gros hématome à la cheville. Pour le petit déjeuner, c’est l’habituelle commande : 2 cafés, 3 thés et un chocolat, accompagnés de pain ( encore un exemple de l’influence française car c’est un des rares pays où le pain est du vrai pain comme chez nous ). Partis à 8h, nous rencontrons sur la route les habituels camions THB et STAR ( les bières locales ) et toujours ces taxis brousse chargés au maximum aujourd’hui, au cours de la journée, nous voyons à plusieurs reprises des taxis brousse portant sur le toit un cercueil orné d’un drapeau malgache Hery nous explique que le côté où se situe le drapeau permet de savoir s’il s’agit d’un retour du corps dans son village pour un enterrement ou pour un retournement des morts. Après 2 heures de route, nous arrivons à Antsirabe où nous visitons la confiserie Marcel après une démonstration de la fabrication des bonbons ( c’est de l’artisanal pur et dur ! ), nous achetons chacun plusieurs sachets à différents parfums, puis reprenons notre route vers Tana. Aujourd’hui, c’est le dernier jour de propagande autorisé, les élections communales ayant lieu vendredi, et c’est l’effervescence dans tous les villages traversés. A 13h, nous arrivons à Ambatolampy au restaurant « le rendez-vous des pêcheurs », qu’on devrait plutôt appeler « le rendez-vous des vazahas » car la clientèle est exclusivement composée de petits groupes de touristes accompagnés de leur guide. Après un plat (zébu pour les uns, bolognaises pour les autres ) accompagné pour Ben et Pierre par une Skol, moins bonne que la THB, nous repartons pour nous arrêter quelques centaines de mètres plus loin, à la fabrique de cocottes en aluminium. La visite, qui dure près d’une heure, est très intéressante et elle nous permet de voir toutes les étapes de la fabrication de ces fameuses cocottes qu’on retrouve partout dans l’île les ouvriers, pour certains des ados, travaillent dans des conditions épouvantables, dans la chaleur, la fumée, la poussière de métal, surveillés par une vieille pas commode. La médecine et l’inspection du travail, ils ne connaissent pas ici, et ces jeunes ne doivent pas faire de vieux os à travailler dans de telles conditions. La boutique est un peu décevante et nous nous contentons d’acheter un petit baobab pour le souvenir. La route jusqu’à la capitale se déroule sans encombre et nous arrivons à l’entrée de la ville peu avant 16h. Là nous assistons à une scène cocasse : au moment où nous arrivons à leur hauteur, 2 cortèges de propagande se croisent, des partisans de Marc Ravalomananna ( au pouvoir jusqu’à 2009 et que beaucoup voudraient voir revenir au pouvoir, c’est sa femme qui se présente à la mairie de Tana ) et ceux d’Andry Rajoelina ( le DJ comme ils l’appellent, ancien président de la transition à partir de 2009). C’est l’allégresse générale, c’est à qui va manifester de la façon la plus bruyante et nous-mêmes, dans notre minibus, nous les encourageons à en faire encore plus en levant les bras et en criant. Pensant être quasiment arrivés à notre hôtel, nous déchantons vite, Tana n’ayant rien à envier à Paris en terme de bouchons nous découvrons lors de la traversée de la ville la grande misère qui y règne, certains vivant sous des cartons, d’autres faisant un feu en pleine rue pour se réchauffer. Cette misère engendre bien sûr beaucoup d’insécurité et Hery nous conseille de bloquer nos portes, les agressions n’étant pas rares en pleine rue. Pour occuper le temps, la traversée de la ville nous paraissant interminable, nous nous mettons à photographier les voitures, notamment les taxis qui nous rappellent notre jeunesse : 2CV, 4L, Diane, 204, 404, …….tous les vieux modèles vivent ici une seconde jeunesse. Ben s’étonne qu’il n’y ait pas de feux tricolores ni de panneaux : il y en a eu à une époque mais ils ont tous été volés et le métal a été recyclé pour un autre usage… Après plus d’1 heure à avancer au pas, nous finissons par atteindre notre hôtel, le « Tamboho », un établissement luxueux situé dans une sorte de ghetto comprenant également un supermarché et de nombreuses boutiques de luxe, l’ensemble étant barricadé et surveillé. L’hôtel est situé dans un cadre superbe, au bord d’un lac en pleine ville. L’inconvénient de ce lac, ce sont les moustiques puisque dès qu’on sort de l’hôtel on est assaillis ( Charlotte et Juliette l’ont testé en allant à la piscine de l’hôtel ) en fin d’après-midi, nous allons faire quelques courses au supermarché, notamment pour les apéritifs des derniers jours ( on y trouve des « caca pigeon » comme chez Brigitte ). Les chambres du Tamboho sont vraiment très spacieuses et l’hôtel offre quelques services appréciables, notamment des boissons fraîches sont en libre-service dans les couloirs. Le restaurant lui n’est pas tout à fait à la hauteur du standing : au dîner, l’entrée et le plat sont corrects mais pas exceptionnels et c’est surtout le dessert, un ananas confit, qui fait l’unanimité contre lui : dur et hyper écoeurant.
Jeudi 30 juillet : Antananarivo-Andasibe. Contrairement au dîner de la veille, le petit déjeuner sous forme de buffet est délicieux c’est le meilleur de notre séjour. La journée étant chargée, Hery nous a donné rendez-vous à 7h30. Comme d’habitude, c’est le même rituel : avant le petit déjeuner, c’est-à-dire une trentaine de minutes avant le départ prévu, nous descendons nos bagages au minibus pour que Feno et Hery les installent sur le toit, ce qui permet de gagner du temps. Nous prenons la route du nord en direction de la colline sacrée d’Ambohimanga située à 15 kms de la capitale ; comme la veille la circulation est très dense et nous progressons lentement. En chemin, une construction attire notre attention il s’agit d’arènes immenses, aux couleurs du parti d’Andry le DJ, qui ont été construites pendant son « règne » et prévues pour des concerts. Un exemple parmi tant d’autre de la mégalomanie de ce Président de la Transition qui par contre a oublié lors de son mandat les routes et l’éducation. A 8h30, nous arrivons à Ambohimanga, la « colline bleue ». C’est sur cette colline qu’est édifiée l’ancienne cité sacrée, berceau du royaume Merina. A l’entrée du site, bien que ne comprenant pas le malgache, on voit que quelque chose ne va pas car la discussion entre la personne à l’entrée et Hery paraît agitée. Ayant vu la veille dans le Routard et le Petit Fûté que le site ouvrait à 9h, je demande si on est arrivés trop tôt. Hery répond que les horaires ont changé et qu’il nous faudra attendre 30 mn. En dehors du fait qu’on aurait pu dormir 30 mn de plus, on aurait apprécié qu’au lieu de nous raconter des bobards il nous dise qu’il s’est trompé, ce qui peut arriver à tout le monde. Cette attitude nous agace un peu. A 9h, notre guide locale Noro ( prononcer Nourou ) commence la visite d’1h, très intéressante. Il s’agit du seul site malgache classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Au sommet de la colline se trouve le Rova, enceinte fortifiée qui renferme la case où vécut le roi Andrianampoinimerina, 2 pavillons en bois avec étage ou venaient séjourner les reines Ranavalona I et II, un parc à bœufs et les bassins sacrés où se baignaient les reines. On est loin du faste des demeures de la même époque des rois et reines en France et dans d’autres pays européens. Une petite anecdote qui nous a fait rire : dans le pavillon en bois se trouvent des photos des 2 reines, l’une gentille, l’autre méchante. Alors que chaque reine a un air sérieux sur sa photo, Noro nous dit « vous voyez tout de suite sur les photos que l’une est gentille et l’autre méchante »…. Forcément, c’est plus facile quand on connaît l’histoire…On ne lui a pas demandé de dire à partir de la photo de passeport de Pierre ( où il ressemble à un terroriste ) s’il était gentil ou méchant…. Après cette visite d’un des rares sites historiques de Madagascar, il nous faut de nouveau traverser Tana pour emprunter la RN2 qui part vers l’est en direction de Tamatave pas de miracle, cette traversée est une nouvelle fois interminable, et nous ne sommes pas mécontents de nous engager sur la RN2 d’après Hery, la route est en bon état, ce qui se confirme dans les faits et nous progressons rapidement vers l’est. Les paysages sont moins intéressants que sur la RN7 et nous faisons le trajet d’une seule traite jusqu’à Moramanga, où nous arrivons à 13h30. C’est une ville où l’oncle de Ben, militaire, a vécu dans les années 50 il est d’abord venu après les événements de 1947 puis est revenu en 1958 au moment de la proclamation de l’indépendance. Nous nous arrêtons au restaurant « le Coq d’Or », un restaurant chinois. Au menu, c’est Misao pour Anny, Pierre, Juliette et Charlotte, Poulet-Coco pour Ben et canard laqué, soit disant la spécialité de la maison, pour moi. Le canard laqué n’a de laqué que le nom et il est tellement gras qu’on a bien du mal à trouver un morceau de maigre. Mauvais choix ! En sortant de table, Hery nous propose d’aller visiter le musée de la gendarmerie, ce qui ne nous enchante pas vraiment. Nous sommes accueillis par le gendarme de 1ère classe Zo ( qui ne se rappelle plus s’il est 1ère ou 2ème classe ). Le musée est composé de plusieurs sections : criminologie, histoire de la gendarmerie, véhicules de collection….C’est potentiellement intéressant mais nous ne sommes pas très motivés pour cette visite et vu le nombre de visiteurs annuels, ce musée n’attire pas grand monde. Après cette visite vraiment pas incontournable, nous continuons notre route vers Andasible où nous arrivons vers 16h. L’Andasibe Hôtel, établissement agréable, est situé en pleine forêt, à quelques centaines de mètres du parc national où nous irons demain. En cette fin d’après-midi, nous allons sans les filles nous promener à pied à Andasibe, village à l’ambiance western avec ses petites maisons en bois. Nous sommes surpris par l’indifférence des habitants qui contrairement à d’habitude ne nous saluent pas spontanément même les enfants ne nous gratifient pas de « Bonbons vazahas ». On a déjà remarqué cette attitude dans la journée quand, en traversant les villages, nous avons salué les habitants. Est-ce une certaine réserve naturelle dans cette partie du pays ou une habitude des touristes ? La visite du village est sympa et on finit quand même par distribuer quelques bonbons et crayons à des enfants.

Avant le repas du soir, nous retrouvons comme tous les soirs Hery et Feno pour le briefing du lendemain Hery nous annonce qu’après avoir rencontré notre guide local de demain, celui-ci lui a dit qu’avec notre véhicule il nous serait impossible de nous rendre à la Réserve de Mantadia, la piste pour s’y rendre étant impraticable sans 4x4. Nous nous contenterons donc de la réserve Indri Indri le matin et pour l’après-midi on trouvera une autre visite. Le dîner est correct mais nous commençons sérieusement à saturer de la nourriture locale et de ce côté-là il est temps qu’on rentre en France.
Vendredi 31 juillet : Réserve d’Andasibe. Le jour tant attendu est arrivé : c’est aujourd’hui qu’ont lieu ces fameuses élections communales dont Hery nous parle depuis plus de 15 jours et à cette occasion la journée a été décrétée fériée. Nous partons à 8h pour la visite. Ben fait la gueule ce matin car il ne retrouve plus la pierre précieuse achetée chez Joseph et cela fait déjà 2-3 jours que ça le travaille. Il est sûr de l’avoir laissée dans le minibus pendant notre escapade à Anakao et depuis il n’arrive pas à mettre la main dessus. La veille au soir, lors du briefing, il en a parlé à Feno et Hery en leur demandant s’ils pourraient regarder dans le minibus et voir si le petit paquet ne s’est pas « caché » dans un coin peu accessible. Devant leur réponse négative ce matin, il ne desserre pas les dents, persuadé de ne pas l’avoir perdu lui-même et commençant à avoir des doutes…Heureusement, il va se dérider au fur et à mesure de la matinée… Arrivés à l’entrée de la Réserve Indri Indri, nous sommes accueillis par notre guide local Patrice. Ici, pas de rabatteur, les lémuriens ayant des territoires connus des guides. Comme à Ranomafana, le temps est magnifique et la forêt humide ne l’est finalement pas tant que ça. Ça nous promet des lémuriens en pagaille ! Assez rapidement nous apercevons notre premier groupe de lémuriens, des propithèques à diadème. Nous les observons durant de longues minutes et dans d’excellentes conditions, le nombre limité de groupes de touristes ne gâchant pas le spectacle. Ce sont ensuite des lémuriens marrons ( fulvus ) et le clou du spectacle et la vedette de cette réserve est bien sûr l’Indri Indri, qu’on ne tarde pas à apercevoir après avoir entendu à plusieurs reprises ses cris perçants résonner dans la forêt ( ils peuvent s’entendre à 3 kms ). C’est le plus gros des lémuriens ( il peut peser plus de 10 kgs ) et il se distingue des autres espèces en ayant un moignon de queue. Ses grandes oreilles et son pelage noir et blanc lui donnent un aspect de grosse peluche. On ne se lasse pas de les regarder leur cri est encore plus impressionnant de près et est vraiment déchirant, ce qui explique sa portée de plusieurs kilomètres. Juliette et Ben, qui ont un gros zoom à leur appareil photo, ont réussi des clichés superbes et nous rendent un peu jaloux. Après cette longue observation des lémuriens, nous continuons notre exploration de la forêt en passant par un endroit appelé le Lac Vert. Les températures étant fraîches en cette saison, les caméléons restent cachés et ne se laissent malheureusement observer. Par contre, juste à côté du Lac Vert, nous avons la surprise de trouver un boa d’1 m de long, enroulé et en pleine sieste, légèrement en contrebas du chemin. Après cette découverte, nous poursuivons la visite dans la partie plus sauvage de la forêt où le relief est plus marqué et les sentiers moins tracés. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’apercevoir d’autres lémuriens lors de ce dernier tronçon. Une fois revenus au bord du Lac Vert, Patrice se met à sortir des sacs à pain et autres tissus brodés qu’il nous demande d’acheter pour aider les femmes de la communauté qui soit disant les ont tissés. On se sent un peu pris en otages car rien ne dit d’une part que cela vienne des femmes du village et d’autre part que ce ne sera pas lui qui va empocher le gain de la vente. Malgré tout, Pierre et nous lui achetons chacun un sac. Après 4h de marche et de découverte de cette magnifique réserve, nous arrivons au parking où Patrice nous montre un mini caméléon, quasiment impossible à distinguer de la branche d’arbre sur laquelle il est posé. Feno nous attend avec le pique-nique que nous mangeons sur les tables installées à cet effet à l’entrée du parking. Le menu est copieux comme d’habitude : taboulé, légumes, poulet laqué dont nous régalons. Faute de pouvoir visiter la réserve de Mantadia, nous nous rendons à 14h au Vakoma Forest Lodge distant de quelques kilomètres. Ce lodge héberge un parc privé et une réserve de lémuriens situés sur un petit ilôt privé. Nous commençons par la réserve de lémuriens que nous atteignons par un trajet de quelques mètres en canoé. A peine arrivée sur la berge, les lémuriens ( fauves et à crinière ) s’approchent de nous et sautent sur nos épaules, attirés par les morceaux de bananes qu’on a pris soin de préparer avant. Il y a là aussi des singes capucins adorables. Ça fait un peu zoo ces lémuriens semi-apprivoisés ( Ben n’apprécie pas trop ), mais ils déclenchent des éclats de rire et des cris de surprise, certains d’entre nous se sentant plus ou moins à l’aise avec 1 ou 2 lémuriens sur l’épaule. Après cette récréation, nous allons visiter la réserve privée, guidés par Feno, par le nôtre mais un guide local. Nous commençons notre parcours par l’étang aux crocodiles qui nous permet d’apercevoir de beaux spécimens allongés sur la berge. Ben a l’humeur légère en ce début d’après-midi et il fait des petits commentaires moqueurs aux explications de Feno tout en gardant un air très sérieux ( par exemple, Feno nous dit « les crocodiles font partie de la famille des reptiles » auquel Ben répond « ah bon, ce sont des reptiles ??!! »). Pierre et moi, un peu en retrait de la conversation, sommes bidonnés. Heureusement il se calme assez rapidement parce le guide aurait fini par se rendre compte. La végétation est superbe : grands eucalyptus, fougères arborescentes, plantes médicinales….Au cours de la visite du parc, nous voyons d’autres animaux en captivité, des tortues radiées, un boa que Feno met sur les épaules de Charlotte, seule volontaire du groupe, et un fosa ( on a d’abord compris « faux chat » c’est un carnivore endémique de Madagascar, prédateur des lémuriens ). Nous traversons à 2 reprises le cours d’eau sur une passerelle suspendue, en équilibre plus ou moins précaire, ce qui donne quelques émotions à ceux qui sont sujets au vertige. Au final, c’est une promenade plus agréable qu’on ne le pensait malgré le côté « aménagé » et peu sauvage du site. Nous sommes de retour à l’hôtel à 16h30 pour notre dernière soirée complète à Madagascar. Le repas du soir confirme notre saturation pour la nourriture pendant le repas, Ben va sur le site de sa pharmacie et observe son personnel tout en faisant des commentaires. Charlotte trouve cela très intéressant et comme on peut envoyer désormais des ordonnances par mail, elle prend Ben en photo avec une bouteille de vin et l’envoie à la pharmacie avec un commentaire « le bonjour de Madagascar » ça fait sérieux…. Nous nous couchons avec un petit pincement au cœur car demain c’est déjà le départ pour la France.
Samedi 1er août : Andasibe-Antananarivo. Juliette a été malade durant la nuit, ce qui ne laisse augurer rien de bon pour le voyage retour. Anny est aussi toujours dérangée depuis quelques jours. Nous quittons l’hôtel à 8h. En chemin, nous passons dans le village où habite Hery il nous montre sa maison au loin, une grande maison blanche assez proche à vol d’oiseau mais distante de 14 kms par la route depuis que le pont qui y conduisait s’est effondré. Comme par ailleurs le maire n’est pas son meilleur ami et qu’il vient d’être élu aux élections communales, les travaux risquent d’attendre longtemps…Hery nous dit que dans un futur proche il aimerait se présenter aux élections, participant déjà activement à la vie de sa commune. A Tana c’est la femme de Ravalomanana qui a été élue, ce qui est une bonne nouvelle pour Hery.

A mi-chemin, nous nous arrêtons à la réserve de Péreyras, sorte de mini zoo un peu déglingué qui a comme principal intérêt d’approcher de très près de nombreuses variétés de caméléons. Notre guide est Richard. Plusieurs espèces sont ici en captivité : boas, crocodiles, papillons, chauve-souris, lézards, grenouilles, tanrecs ( animal proche du hérisson, endémique à Madagascar et rencontré notamment à Andasibe )…Le clou du spectacle, ce sont donc les caméléons, de toutes tailles et de toutes les couleurs Ben et Charlotte en portent un dans leurs bras et sont frappés par la froideur de sa peau. Richard nourrit l’un d’entre eux de sauterelles pour qu’on puisse le prendre en photo, mais sa langue est tellement longue et sort avec une telle vitesse qu’on n’arrive jamais à trouver le cadrage qui convient. Après 1h de visite, nous reprenons la route vers Tana et nous arrivons vers 13h15 au Grill du Rova, sur la Haute Ville, sans avoir trop à subir les bouchons, la circulation étant plus fluide le samedi. La propriétaire du restaurant est la femme d’Olivier, le directeur de l’agence Malagasy Tours, qui est lui aussi présent et avec qui nous discutons un moment de choses et d’autres, les élections, la situation à Madagascar, la grève d’Air Mada, et bien entendu notre changement de circuit sur l’ensemble des clients de l’agence, c’est pour nous que les modifications ont été les plus importantes. Il nous signale aussi qu’il espère encore pouvoir négocier avec le Coco Komba à Nosy Komba qui refuse de nous rembourser la ½ pension et les transports alors que les frais n’ont pas été engagés. Pour cet avant dernier repas, nous mangeons avec Hery et Feno ça sent la fin du voyage…. Le guide local qui nous fait la visite de la haute ville se prénomme Hery John c’est un étudiant en histoire, très cultivé qui rend la visite passionnante par ses grandes connaissances. Après une visite du Palais de La Reine, détruit en 1995 par un incendie et reconstruit en partie depuis, nous déambulons dans les rues de la Haute Ville, d’où la vue sur Tana et ses environs est splendide. Lors de notre balade, nous croisons un groupe entonnant des chants pour fêter un événement, alors qu’un jeune enfant, en pleurs, ne partage pas vraiment l’allégresse générale. Il s’agit en fait d’une cérémonie de circoncision, tradition ancestrale à Madagascar. Hery John nous explique qu’elle est pratiquée désormais de plus en plus de manière moderne car moins douloureuse et plus hygiénique cependant, la méthode traditionnelle, à la maison, a encore la faveur de beaucoup, pour des raisons de coût ou de respect de la tradition. Lors de la cérémonie, après avoir été coupé par un guérisseur traditionnel, le prépuce est avalé cru par le grand père avec de la banane pour faire passer le tout… Après cette visite très instructive, nous retrouvons Feno, tranquillement installé à regarder un match de foot avec son beau-frère encore quelques heures et il sera enfin débarrassé de nous ! Nous redescendons dans la ville moyenne où la recherche d’un magasin pour acheter des pierres est un échec ( celui qu’on avait conseillé à Hery est fermé depuis plusieurs mois ) et nous arrivons enfin à la Basse Ville, grouillante même le samedi. Alors que nous passons dans une petite ruelle à la périphérie de la ville, Hery fait arrêter le minibus à Feno et en descend sans rien dire on comprend rapidement qu’on est devant son hotely et que ce sont sa femme, sa fille et son fils qui sont là. Nous les saluons de la main et Hery remonte très rapidement dans le véhicule avec le « cadeau » de Ben, c’est-à-dire un CD de Jaojoby ( et autres musiques malgaches ). C’est vraiment une attention très sympa de la part d’Hery, que l’effet de surprise a rendu encore plus agréable. Arrivés à la sortie de la ville, nous nous arrêtons quelques minutes au Marché de la Digue, marché artisanal dédié aux touristes ces derniers étant peu nombreux, nous nous faisons harceler par les vendeurs. Alors qu’Hery nous a prévenu qu’il fallait négocier à 30% de baisse les achats, nous constatons rapidement d’après certains articles déjà vus ailleurs qu’il faut plutôt diviser par 3 le prix annoncé. Ben trouve son bonheur et achète 3 masques quasi-identiques à ceux qu’on avait dans nos bungalows à Anakao, certainement réalisés par le même artiste. Quant à nous, nous nous contentons de petites 2CV. Nous avions dit à Hery que nous aimerions ramener de la vanille de bonne qualité on lui a conseillé une adresse située juste à côté du « Bois Vert », notre premier hôtel qui sera aussi le dernier puisqu’il a été réservé aujourd’hui pour un Day use. Nous nous rendons donc à la nuit tombée à la boutique, dans laquelle sont vendues des épices nous sommes accueillis avec un rhum arrangé à la vanille délicieux, puis une présentation nous est faite sur la fabrication de la vanille. Tout cela donne l’eau à la bouche et nous sommes motivés pour acheter des gousses…..malheureusement absentes…On est venus spécialement pour acheter de la vanille, pour finalement apprendre qu’ils sont en rupture de stock. Contre mauvaise fortune bon cœur, nous achetons de l’extrait ou de la poudre de vanille ainsi que du poivre. Au Bois Vert, 2 chambres nous ont été réservées et nous en profitons pour nous doucher et finir l’organisation des bagages par rapport à notre arrivée 3 semaines plus tôt, la température extérieure nous paraît beaucoup plus douce et on s’est déjà fait la réflexion les jours précédents. Est-ce une réalité ou nous sommes nous habitués au climat malgache ? Nous allons prendre notre dîner plus tard que d’habitude, notre départ pour l’aéroport étant prévu pour 22h15. La nourriture est très correcte mais beaucoup trop copieuse et le service est tellement lent qu’à peine fini notre repas, il est déjà temps de rejoindre Hery et Feno. Nous arrivons à l’aéroport à 22h30, soit plus de 3h avant notre vol prévu à 1h40. Nous faisons nos adieux à Hery et Feno après leur avoir remis leur pourboire ainsi que les commentaires pour l’agence. La file d’attente est encore un grand moment de la désorganisation malgache et on vit le même sketch qu’à l’aller, mais en pire. Il y a 2 bornes d’enregistrement électronique mais l’une d’entre elles ne fonctionne pas à la seconde borne, l’employée qui est là met un temps fou à saisir les données ( 10 mn par personne, sachant qu’on ne peut apparemment pas enregistrer tous les voyageurs d’une même réservation comme en France ) et nous laisse passer sans enregistrer. Aux guichets, il y a le nombre de personnes suffisant, mais là encore on ne comprend pas pourquoi ça avance à une allure d’escargot. Il nous faut 1h30 pour arriver à l’enregistrement des bagages et la file d’attente fait quasiment toute la longueur de l’aérogare avec des gens gesticulants, agacés par tant d’inefficacité. On finit par passer en salle d’embarquement et à 1h, l’embarquement commence. Là encore, c’est du gros délire et de l’irrationnel total puisqu’après avoir contrôlé nos cartes d’embarquement, une fois arrivés sur le tarmac, billet et passeport sont de nouveau vérifiés, et, cerise sur le gâteau, au pied de l’avion des tables sont installées pour un contrôle du contenu des bagages à main et une fouille au corps…A cette heure avancée, les passagers sont à bout. Un français derrière nous se lâche : « ils ne sont pas capables de faire des routes mais pour nous casser les c…. ils sont forts ». Bien entendu, avec une telle organisation, difficile d’envisager un décollage à l’heure et c’est avec une heure de retard que nous quittons Madagascar.
Dimanche 2 août : Antananarivo-France. Nous arrivons à Paris en fin de matinée, avec un peu de retard par rapport à l’horaire prévu. Pierre, et surtout Juliette, dont l’état ne s’est pas amélioré depuis la veille, ont vécu une nuit pour le moins agitée et les allers-retours aux toilettes ont été incessants. Juliette est apathique et la journée risque d’être longue pour elle, le transfert pour Brest n’étant pas prévu avant 16h30. Une fois les formalités de retour effectuées et les bagages (en totalité !! ) récupérés, nous quittons Pierre qui a un train pour Rennes à 14h. De notre côté, nous tuons le temps en attendant notre vol, et la fin du voyage se passe sans encombre et nous arrivons à Fouesnant peu avant 19h. On ne peut pas en dire autant de Ben : seul pendant le voyage à n’avoir quasiment pas eu de troubles digestifs, ça le prend dans le taxi qui le ramène de l’aéroport ( la salade verte de la veille au soir au Bois Vert ?) et il finit par se vider devant sa porte d’appartement sans parvenir à effectuer les derniers mètres qui le séparent de ses toilettes. Quant à Pierre, il a touché le gros lot nous recevons un SMS de sa part à 19h : son train est immobilisé sur la voie quelques kilomètres avant Rennes, un tracteur tombé sur la voie ayant été percuté par un autre train, bloquant totalement le trafic ferroviaire. Nous suivons en direct l’évolution de la situation et c’est finalement en car et avec 4h30 de retard qu’il arrive à bon port. Comme quoi il n’y a pas qu’à Mada qu’on rencontre des impondérables !! Un dernier épisode à relater, en relation avec le voyage : le remboursement du Coco Komba ! Le lendemain de notre retour, j’envoie un mail au Coco Komba pour connaître les raisons du non remboursement d’au moins une partie des sommes engagées ( 1100 euros dont presque 700 pour la ½ pension et les transferts ). L’hôtel me répond qu’ils n’ont été prévenus que la veille de notre arrivée prévue, soit le 27/7, de notre annulation ferme, alors que les achats de produits frais à Nosy Be avaient été effectués. Je m’étonne de cette réponse, ayant depuis belle lurette fait une croix sur cette partie du voyage. S’engagent alors pendant plus d’une semaine des échanges incessants de mails entre la direction de l’agence, le Coco Komba et moi. Lors du changement de notre circuit le 10/7, l’agence a annulé nos nuits au Coco Komba, que ces derniers ont refusé de rembourser. Les sommes versées étant perdues, Malagasy Tours a réactivé la réservation le 20, pour d’éventuels clients de dernière minute ( sans toutefois préciser à l’hôtel qu’il ne s’agissait pas de nous ), puis, faute de clients comme c’était prévisible, l’a de nouveau annulée le 27. Coco Komba, considérant avoir engagé des frais et subir par ailleurs un préjudice du fait des consos non bues ( notre réputation nous aurait-elle précédé ??) et des excursions non effectuées( !), refuse de rembourser quoi que ce soit. Après d’âpres négociations avec Olivier de l’agence, l’hôtel accepte de partager le remboursement de la ½ pension avec l’agence, à condition que ceci se fasse sous forme d’une remise de 5% sur les prochaines réservations de l’agence au Coco Komba. Trouvant que c’est une usine à gaz ( d’autant que ça revient à ce que l’agence nous rembourse en une fois pour de son côté ne se faire payer qu’en plusieurs ), Olivier mentionne que 350 euros à rembourser en 1 fois, ce n’est pas la mer à boire. Il précise aussi que, faute d’accord à l’amiable nous mettrons un avis salé sur le site Tripadvisor. C’en est trop pour l’hôtel qui accuse Olivier de chantage et refuse d’en faire plus. C’est donc à ce stade que se termine la discussion, l’agence nous remboursant 350 euros et l’hôtel rien….C’est franchement mesquin , d’autant que vu la conclusion de cette histoire et les mails musclés échangés, l’agence décide de ne plus travailler avec cet établissement. Je mets donc mon commentaire sur Tripadvisor ( le seul parmi des commentaires dithyrambiques ) auquel l’hôtel répondra quelques semaines plus tard, après m’avoir envoyé un mail explicatif ( on a tourné la page et on n’y répondra pas ).
Bilan du voyage. Ça a été un super voyage malgré le changement de circuit de dernière minute tout le monde a plutôt bien supporté les longues heures de route et le circuit s’est déroulé dans une excellente ambiance ( même les filles ne se sont quasiment jamais disputées ), y compris avec Hery et Feno. C’est un pays qui ne peut pas laisser indifférent, très pauvre mais avec des habitants d’une grande gentillesse et joie de vivre. Les paysages sont magnifiques et variés, de même que la faune. Toutes les étapes de notre périple ( y compris Ranomafana et Andasibe qui ont été rajoutées lors du changement de programme ) nous ont plu et aucune ne nous a paru inutile. Compte tenu de nos impressions et du fait que notre circuit initial a été sérieusement amputé, ce voyage en appelle certainement un autre, les centres d’intérêt étant multiples : Allée des Baobas et Tsingys, Ste Marie, Nord du pays avec Diego et les îles…Ce ne sera pas dans l’immédiat mais on y retournera c’est certain. Quant à l’insécurité, qui nous a un peu fait hésiter à choisir cette destination, nous ne l’avons pas du tout constatée durant notre séjour bien sûr il y a une grande misère, bien sûr l’ambiance est un peu glauque dans certaines villes ( Tulear, Tana..) mais jamais nous ne nous sommes sentis menacés. Il faut dire que nous n’avons pas tenté le diable en étant accompagnés par un guide, en ne sortant jamais la nuit et en évitant de montrer des signes extérieurs de richesse. Concernant l’organisation du circuit, rien à dire, l’agence Malagasy Tours est à recommander : sérieuse, très réactive ( changement de circuit, valises..) et tarifs proposés corrects. L’hôtellerie choisie était d’un excellent niveau et même parfois carrément luxueuse ( Anakao, Isalo notamment ). Un 4x4 n’aurait pas été de trop pour effectuer le parcours ( ah cette piste jusqu’au Camp Catta !! ) mais cela nous aurait obligé à avoir 2 véhicules et nous y aurions perdu en ambiance. Nos 2 accompagnateurs : Feno, le chauffeur, était très discret, peu bavard ( alors qu’il comprenait très bien le français y compris des blagues d’une haute teneur intellectuelle ), très gentil et excellent conducteur Hery, notre guide, avait toujours un bon mot pour rire, et était très disponible et prévenant par contre nous avons un peu regretté son manque de culture et de connaissances profondes de son pays, même si les guides locaux dans les parcs connaissaient eux parfaitement leur sujet.
Discussion sur l'insécurité au Pérou English translation pending
Bonjour à tous les touristes,
j'aimerai démarrer une discussion réelle sur l'insécurité au Pérou ceci afin d'informer sur la réelle situation et pas sur un sentiment ou non d'insécurité car ceux qui connaissent vraiment l'Amérique du sud savent que c'est justement le piège de ces pays où cela arrive sans prévenir et de n'importe qui.
Je me suis dit que commencer par du concret comme ces vidéos du journal tv d'hier soir serait bien pour commencer.
je suis étonné enfin pas vraiment que personne ne parle de l'attaque qu'il y a eu à l'aéroport de Juliaca hier soir pourtant il y avait plein de touristes...
https://www.youtube.com/watch?v=nxjn-NWvufI
Une autre vidéo d'une invasion d'une maison "occupée par une famille" par 50 délinquant en plein Lince "quartier de classe moyenne"
https://www.youtube.com/watch?v=_sPiighhXyg
une autre qui montre les attaques à main armée dans les bus de Lima...
https://www.youtube.com/watch?v=2wcLR2F6zLQ
j'attends les témoignages qui me diront que c'est de l'imagination de ma part et que j'exagère la situation du Pérou... ou le contraire. N'ayez pas peur je ne mort pas, les débats contradictoires sont toujours enrichissant et j'espère que ces messieurs dames les senseurs me laisseront mener à bien cette discussion.
j'aimerai démarrer une discussion réelle sur l'insécurité au Pérou ceci afin d'informer sur la réelle situation et pas sur un sentiment ou non d'insécurité car ceux qui connaissent vraiment l'Amérique du sud savent que c'est justement le piège de ces pays où cela arrive sans prévenir et de n'importe qui.
Je me suis dit que commencer par du concret comme ces vidéos du journal tv d'hier soir serait bien pour commencer.
je suis étonné enfin pas vraiment que personne ne parle de l'attaque qu'il y a eu à l'aéroport de Juliaca hier soir pourtant il y avait plein de touristes...
https://www.youtube.com/watch?v=nxjn-NWvufI
Une autre vidéo d'une invasion d'une maison "occupée par une famille" par 50 délinquant en plein Lince "quartier de classe moyenne"
https://www.youtube.com/watch?v=_sPiighhXyg
une autre qui montre les attaques à main armée dans les bus de Lima...
https://www.youtube.com/watch?v=2wcLR2F6zLQ
j'attends les témoignages qui me diront que c'est de l'imagination de ma part et que j'exagère la situation du Pérou... ou le contraire. N'ayez pas peur je ne mort pas, les débats contradictoires sont toujours enrichissant et j'espère que ces messieurs dames les senseurs me laisseront mener à bien cette discussion.
Éthiopie: locaux et "harcèlement"? English translation pending
Hello,
Nous hésistons à partir en Ethiopie cet hiver. Mes craintes sont, aussi au regard de mes précédents voyages (en l'occurence plutôt en Afrique de l'Ouest), le rapport avec les locaux. J'ai bien supporté l'Inde, énormément aimé le Rajasthan mais évidemment particulièrement aimé le côté plus relaxant du Tamil Nadu ou autres zones où la confiance règne et où le rapport avec les locaux est, pour ainsi dire, très horizontal. Je tiens vraiment à ça. Je supporte bien les aspects "quémandeurs", mais moins l'absence de confiance et ai tout de même envie de me détendre.
Merci!
Nous hésistons à partir en Ethiopie cet hiver. Mes craintes sont, aussi au regard de mes précédents voyages (en l'occurence plutôt en Afrique de l'Ouest), le rapport avec les locaux. J'ai bien supporté l'Inde, énormément aimé le Rajasthan mais évidemment particulièrement aimé le côté plus relaxant du Tamil Nadu ou autres zones où la confiance règne et où le rapport avec les locaux est, pour ainsi dire, très horizontal. Je tiens vraiment à ça. Je supporte bien les aspects "quémandeurs", mais moins l'absence de confiance et ai tout de même envie de me détendre.
Merci!
A la découverte des fjords norvégiens - croisière Hurtigruten de Bergen à Kirkenes (juin 2015) English translation pending
Bonjour,
De retour d'une semaine de croisière sur l'Express côtier, et après avoir été bien aidée par la lecture des récits des voyageurs m'ayant précédée, voici ma modeste contribution à ce forum si sympathique et utile! Vous trouverez ci-dessous le récit de nos 7 journées de navigation dans les fjords de Norvège, de Bergen à Kirkenes, en juin 2015. J'ai également mis quelques photos, si vous souhaitez en voir plus et/ou avoir un texte plus aéré ce sera par ici : http://smilingaroundtheworld.com/tag/hurtigruten/ Tout en bas j'ai également fait une petite liste des plus, des moins et des astuces pour cette croisière. Allez hop, c'est parti !
Lundi 22 juin 2015 - : Embarquement sur l’Express Côtier !
C’est de Bergen que ma mère et moi embarquons le lundi après-midi à bord du Nordlys, Express Côtier de la flotte Hurtigruten. Nous arrivons à l’embarcadère fébriles et surexcitées, à nous les fjords, le cercle polaire et le soleil de minuit ! L’enregistrement, qui ouvre à 16H, est assez fluide. L’hôtesse prend nos valises et nous remet à chacune une carte magnétique qui sert à la fois de clé de cabine et de carte de paiement à bord. Nous avons ensuite droit à un petit briefing de sécurité plutôt bien fait, où prosaïquement on nous explique comment faire en cas de naufrage, et puis nous passons à la désinfection… Ils semblent assez psychorigides sur ce point, nous sommes littéralement obligés de nous laver les mains à la solution hydro-alcoolique sous le regard inquisiteur d’une Norvégienne qui ne rigole pas. Ils remettront ça à plusieurs reprises à bord, avant le resto, en remontant après les escales… Pfiou !
Bref, c’est donc bien briefées et désinfectées que nous finissons par embarquer. Les cabines ne sont pas encore disponibles et nous en profitons pour visiter le bateau. C’est grand et beau, avec des boiseries, des lustres… Plusieurs ponts permettent de profiter du soleil et de la vue. A l’avant un grand salon panoramique ouvre ses baies vitrées sur la mer. A côté du restaurant est affiché le plan de salle pour les dîners placés, et nous découvrons avec joie que nous avons une table côté fenêtre. Nous faisons nos curieuses et regardons quelques cabines par les hublots du pont (on en profite tant que leur accès reste encore interdit, on sait qu’il n’y a personne dedans ;-)). La plupart des cabines sont des cabines standard comme celle que nous avons réservée, mais leur taille varie pas mal quand même (entre 7 et 13m² à en croire le dépliant), nous croisons les doigts pour en avoir une grande. Nous découvrons également quelques belles suites avec lit double et corbeille de fruits, la classe !
Nos bagages nous attendent devant la porte de notre cabine. Nous ouvrons la porte et découvrons une cabine spacieuse et bien agencée, nous sommes plus que ravies ! En revanche, nos voisins de cabine semblent nettement moins enthousiastes… Des éclats de voix nous parviennent et lorsque nous jetons un œil nous comprenons le problème : ils ont deux grosses valises chacun, et même si leur cabine est elle aussi de bonne taille ils ont quelques soucis d’organisation de l’espace… Enfin, ils ne resteront pas longtemps nos voisins, quelques jours plus tard ils déménageront dans la plus grande suite du bateau ;-)
Avec tout cela l’heure tourne et il est bientôt temps d’aller dîner… direction donc la salle de restaurant, où un superbe buffet nous attend. Les plats sont variés, frais et bien présentés, nous nous régalons.
Nous retournons ensuite sur le pont afin d’assister au départ du bateau. Quelques personnes nous font de grands signes depuis le quai, et nous leur répondons tandis que lentement l’Express Côtier se met en mouvement… Bergen s’éloigne progressivement et nous prenons la mer, direction le grand Nord. Je suis bien trop excitée pour dormir et je passe ensuite un long moment sur le pont, à admirer le paysage et le coucher de soleil… Je sens que cette croisière va être magnifique.
Mardi 23 juin 2015 – : Alesund et le Geirangerfjord
La nuit est plutôt bonne et les escales nocturnes et matinales à Floro, Maloy et Torvik ne nous réveillent pas. Nous commençons la journée par un excellent petit-déjeuner buffet, sans nous attarder plus que cela au restaurant car à 9h une escale nous attend, j’ai nommé Alesund ! Entre le temps nécessaire à l’ouverture des portes, et la marge de sécurité pour le retour nous ne disposons en fait que d’un petit quart d’heure pour découvrir la ville… Nous nous hâtons en troupeau vers le centre, jetons un coup d’œil au port et rebroussons chemin. Nous aurons de nouveau ce soir 45 minutes d’escale, espérons que nous pourrons un peu approfondir les choses ! A côté de nous est amarré le Disney Magic, l’un des énormes paquebots de croisière Disney. A côté de ce mastodonte des mers, le Nordlys ressemblerait presque à un rafiot…
Nous nous enfonçons ensuite dans le Storfjord, l’un des plus longs fjords de Norvège. Sa branche la plus célèbre est le Geirangerfjord, qui est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Long d’une quinzaine de kilomètres ce superbe fjord est parsemé de cascades toutes plus belles les unes que les autres. C’est le clou de cette première journée de navigation et nous ne quittons pas le pont… Seul petit regret, le soleil ne nous fait pas l’honneur de sa présence. Au fond du Geirangerfjord se trouve le petit village de Geiranger, où nous ne faisons pas escale. Je pense que c’est une histoire de profondeur d’eau, nous nous arrêtons en plein fjord et les voyageurs qui partent en excursion et ceux qui arrivent sont acheminés jusqu’au Nordlys via un petit bateau. De notre côté, nous filons déjeuner… Le buffet du déjeuner ferme dans 30 minutes, et on ne voudrait tout de même pas mourir de faim ;-)
L’après-midi se passe sur un mode tranquille, entre admiration du paysage, blog, lecture et sieste… En début de soirée nous nous nous arrêtons de nouveau 45 minutes à Alesund, ce qui nous permet d’aller un peu plus loin que ce matin. Alesund a été détruite en 1904 et reconstruite selon la mode de l’époque, bilan : tout le centre est Art Nouveau ! Cela me rappelle Hastings et Napier, les villes Art Déco que nous avions découvertes en NZ. Nous nous baladons dans le centre en admirant les façades et les jolis détails, la ville semble agréable.
Nous retournons ensuite en direction de l’embarcadère, qui est bien animé. L’Express Côtier, outre ses passagers, transporte également de nombreuses marchandises et à chaque escale c’est un véritable ballet qui se met en place entre déchargements et chargements.
Le soir au dîner nous faisons la connaissance de nos voisines de table, qui s’avèrent être des compatriotes. Il s’agit d’une mère et de sa fille, âgées de 85 et 55 ans. Le contact passe tout de suite bien et nous passons le dîner à discuter (et, je l’avoue, à critiquer les serveurs qui passent leur temps à vouloir nous enlever notre corbeille de pain ou à vouloir débarrasser nos assiettes alors que nous avons encore la bouche pleine…) Bref, l’ambiance est bonne et nous sommes ravies d’avoir des voisines aussi sympas. Nous les retrouverons tous les soirs car le dîner est en placement obligatoire contrairement aux petit-déjeuner et déjeuner qui sont en placement libre.
Nous continuons notre route dans le Romsdalfjord et peu avant 22 heures nous croisons le MS Finnmarken, un autre navire Hurtigruten. Corne de brume et grands signes, la rencontre est célébrée comme il se doit… !
A Molde nous récupérons les passagers qui ont fait l’excursion de la « route des trolls ». Molde est une petite bourgade surtout connue pour son festival de jazz en juillet et ses cultures de roses. L’escale est plus courte que prévue et nous restons sur le pont.
Ce soir le ciel est couvert et il n’y a pas vraiment de coucher de soleil, seulement quelques échappées belles sur des collines, et les nuages qui se colorent d’une jolie manière… Je resterais des heures sur ce pont, à regarder les nuages et la mer.
Mercredi 24 juin 2015 – : Découverte de Tronheim et une bien belle après-midi de navigation…
La nuit est courte car ce matin nous avons une demi-journée d’escale à Trondheim, et nous voulons quitter le bateau à l’heure histoire d’avoir le temps d’en profiter. Nous ne sommes pas très fraîches, heureusement l’escale nocturne à Kristiansund ne nous a pas réveillées.
Le MS Polarlys est déjà à quai lorsque nous arrivons à Trondheim ; il est arrivé à 6H30, dans le sens nord-sud. Cette fois l’embarcadère est un peu plus loin du centre-ville, il faut compter vingt minutes de marche pour rejoindre le cœur de Tronheim. Des taxis attendent sur le quai, pour les moins valides (ou les moins courageux).
Avoir une matinée complète d’escale à Trondheim nous permet d’en avoir un bon aperçu. Tronheim est une ville agréable, semblant animée comme l’illustre le grand marché qui est en train de s’installer dans le centre-ville. Notre premier arrêt est pour la cathédrale Nidaros… qui nous laisse un peu sur notre faim en dépit de sa réputation. Si l’extérieur est effectivement très beau avec la façade entièrement décorée de statues, l’intérieur nous plaît moins… C’est très sombre, et même le chœur octogonal copié sur celui de Canterbury (et sous lequel reposerait St Olav) ne nous emballe pas plus que cela. Je termine la visite par l’ascension de l’une des tours afin de voir la vue, mais celle-ci n’est pas extraordinaire non plus. Enfin, cela me permet de voir les gargouilles de près, c’est déjà ça.
A quelques pas de la cathédrale se trouve le quartier de Bakklandet avec tous ses entrepôts colorés sur pilotis, et le chouette pont Bybrua qui enjambe la rivière. Les entrepôts sont désormais reconvertis en restos et boutiques, mais la balade et la vue sont vraiment chouettes… Ce sera notre coup de cœur à Tronheim !
Il nous reste un peu de temps alors nous poussons jusqu’à la forteresse de Kristiansen qui surplombe la ville. Ça grimpe, mais pas de panique si vous êtes en vélo : il y a un étonnant ascenseur à vélo, qui en dépit de ce que disent nos guides semble fonctionner. Et truc de fou, la visite de la forteresse est… gratuite, si, si ! Incroyable mais vrai ! Sur le chemin du retour nous ne pouvons pas nous empêcher de jeter un coup d’œil au Radisson, qui est superbe… Le hall est immense et ressemble à un musée d’art moderne, on garde l’adresse en tête.
En repartant de Trondheim nous voyons l’île des Moines, dont la fonction a changé au fil des époques : île des suppliciés sous les Vikings, puis monastère, puis prison, puis base secrète nazie durant la seconde guerre mondiale… et plage aujourd’hui.
Je passe ensuite une grande partie de l’après-midi sur le pont, car la navigation est de toute beauté. Nous longeons le chantier naval de Fosen, où ont été construits les MS Trollfjord (2002) et Midnatsol (2003), puis nous arrivons au phare de Kjeungskjaer, un phare octogonal considéré comme le plus beau de la côte norvégienne. Les paysages deviennent de plus en plus beaux au fur et à mesure que le navire trace sa route vers le Nord, nous naviguons entre des dizaines de petites îles, croisons des bateaux de pêcheurs, de petits phares et des maisons rouges typiques à foison… Nous naviguons très près des côtes et régulièrement nous apercevons des gens qui nous font signe. J’adore et je ne vois pas le temps passer…
L’après-midi est aussi marquée par deux « conférences » : la première à 15H fait la pub des croisières Hurtigruten selon les saisons (les images font rêver !), et à 18 heures un petit speech est organisé dans le salon panoramique pour faire le point sur la journée écoulée et préparer celle du lendemain. C’est assez sympa, même si l’un des objectifs de la chose semble d’être la vente d’excursions à prix d’or. Durant la réunion nous croisons le phare de Buholmrasa et attaquons la traversée en mer ouverte de Folda… ça risque de tanguer, et étant partie comme une débutante sans ma Cocculine j’appréhende un peu. On nous annonce également un jeu concours pour ce soir : demain nous allons franchir le cercle polaire arctique, et il s’agit de deviner l’heure exacte, à la seconde près, du croisement. Nous prenons notre meilleure inspiration pour coucher notre proposition sur le papier !
Peu après dîner nous arrivons à Rorvik, petit port où l’escale sera finalement trop courte pour que nous descendions. Ce soir est le dernier soir où le soleil se couche – enfin, en théorie car concrètement il est toujours dans les nuages et nous ne verrons rien du tout ! Par contre il n’y a plus de vraie nuit, le ciel reste clair… Heureusement que notre cabine a des rideaux opaques. Je voulais me coucher tôt aujourd’hui mais ce projet est réduit à néant par l’annonce du passage à côté de Torghatten, la montagne percée, aux alentours de minuit… Il est hors de question que je rate cela. Je crois que ce n’est pas sur cette croisière que je me reposerai ;-)
Jeudi 25 juin 2015 – : Navigation au-delà du cercle polaire, jusqu’au Trollfjord
Bronnoysund, Sandnessjoen, Nesna… Les escales défilent sans nous réveiller dans la nuit claire. Lorsque le réveil sonne à 6H30 je file me positionner dans le salon panoramique avec une tasse de thé : dans quelques dizaines de minutes nous allons franchir le cercle polaire arctique. Je garde les yeux fixés sur l’horizon, et dès que le Capitaine fait l’annonce je file sur le pont extérieur. Nous ne sommes pas nombreux, le froid et l’heure matinale semblent en avoir dissuadé un certain nombre ! Il est finalement 7H22 et 32 secondes lorsque nous franchissons le cercle polaire arctique, symbolisé par un globe installé sur un îlot. Pas facile de décrire mon état d’esprit à ce moment-là, en tout cas j’ai ressenti un déferlement d’émotions… Franchir le cercle polaire arctique avait toujours tenu du mythe absolu pour moi, et je trouve extraordinaire d’être là à ce moment précis. Je savoure l’instant !
Ma mère a préféré rester au chaud dans la cabine, mais elle a bien vu le globe elle aussi depuis notre hublot. Nous nous retrouvons pour le petit-déjeuner puis descendons un moment à terre lors de notre arrêt à Ornes, petit port de 1600 âmes. L’escale est brève (15 minutes) mais cela fait du bien de se dégourdir les jambes ! A côté de nous sur le quai un couple est sorti promener son chien. Nous sommes à quelques mètres du bateau lorsque la corne de brume résonne, c’est le signal du départ ! Nous sautons d’un bond sur la passerelle, sous le regard rigolard du steward.
Peu après 10 heures tous les passagers sont conviés sur le pont pour la cérémonie du baptême polaire. Celle-ci est animée par le Capitaine et par Neptune lui-même, qui après quelques appels de la foule sort en personne de l’océan. L’homme et le dieu commencent par remettre à la gagnante du concours – qui a trouvé l’heure du passage à une seconde près ! – un grand drapeau Hurtigruten, puis ils attaquent… les baptêmes, sous forme de louches d’eau et de glaçons versées dans le cou des volontaires. J’ai prévu le coup et j’ai mis mes vêtements de la veille… choix qui s’avère judicieux au vu du niveau de trempage post-baptême. Heureusement qu’il y a un petit verre de vin doux pour se réchauffer (et surtout une bonne douche ;-)) Me voilà donc officiellement baptisée, par Neptune en personne qui plus est ! Attention délicate, nous découvrirons un peu plus tard sur la porte de notre cabine nos deux certificats de passage du cercle polaire…
Nous déjeunons un peu plus tôt que d’habitude car à 12H30 nous accostons à Bodo, où 2H30 d’escale sont prévues. Au beau milieu du déjeuner un steward vient me faire la conversation, et me demande comment j’ai trouvé le baptême… avant de me révéler que Neptune, c’était lui :-D
Avec ses 50 000 habitants Bodo est la plus grande ville du Nordland. Nous faisons un saut à l’office du tourisme avant de partir visiter le musée de la ville, qui s’avère assez intéressant. Au rez-de-chaussée on trouve notamment l’un des rares tambours chamaniques au monde et des reconstitutions de scènes de vie. A l’étage les salles retracent l’histoire de Bodo à partir de la seconde guerre mondiale, où la ville a été presque entièrement détruite par un incendie. Deux salles attirent particulièrement mon regard : l’une présente tout un assortiment d’outils médicaux anciens, l’autre expose une collection entière de boîtes de sardines. Original ! Il y a aussi un petit film historique que nous n’avons malheureusement pas le temps de regarder en entier, mais qui est très bien fait et que je vous recommande si vous passez par Bodo.
Nous faisons ensuite un grand tour en ville, de l’église avec sa tour étonnante au port où les vendeurs de crevettes écoulent leur pêche du jour… Si Bodo ne brille pas par son architecture, elle est néanmoins une ville très agréable qui nous plaît bien !
De retour au bateau nous retrouvons les passagers qui avaient opté pour une excursion payante – cette fois-ci pour aller voir le Saltstraumen, le maelström le plus puissant au monde. Ce phénomène naturel semble impressionnant, mais ce sera pour une prochaine fois pour nous… L’excursion est en effet vendue 131 euros/personne pour 2h de bateau alors que le maelström se voit gratuitement depuis un pont situé à quelques kilomètres de Bodo. Nous reviendrons ! Nous nous installons sur le pont à notre habitude pour assister au départ du bateau et nous reprenons notre navigation, toujours plus vers le nord… Le temps est brumeux aujourd’hui, mais finalement cela va bien avec les paysages que nous croisons, entre petites maisons traditionnelles, îles désertes à foison, plages de sable fin (si, si…) et quelques raffineries tout de même.
Après le phare de Landegode nous attaquons la traversée de Vestfjord, en pleine mer. Direction Stamsund, sur les îles Lofoten ! La particularité de cette petite ville est de posséder la plus longue jetée en pierre d’Europe construite de la main de l’homme. Nous faisons quelques pas dessus, puis je pique un sprint pour jeter un coup d’œil au centre-ville sans louper le bateau… L’Express Côtier n’attendra pas ! En arrière-plan le spectacle des montagnes dans la brume est superbe.
Nous dînons avec nos amies françaises avec lesquelles le contact passe toujours aussi bien. Nous avons maintenant élaboré toute une stratégie pour avoir suffisamment de pain (on prend tout de suite chacune notre tranche réglementaire, puis on demande du rab dans la foulée) ^^ Durant le repas nous apercevons Henningsvaer, un petit village de pêcheurs, et puis nous croisons le MS Nordnorge.
En guise de promenade digestive, c’est Svolvaer que nous découvrons. La capitale des îles Lofoten, organisée autour de son port, semble comme blottie au pied de pitons rocheux. Nous nous baladons au hasard de nos envies, les Lofoten ont définitivement un goût de revenez-y…
Nous remontons sur le bateau ravies de notre petite balade, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Nous pénétrons dans le Raftsund, un fjord de 26km au beau milieu duquel se trouve comme une petite virgule : le Trollfjord. C’est sans hésitation que notre Capitaine s’engage dans ce fjord, uniquement accessible par mer calme, qui est l’un des plus étroits de Norvège.. Nous sommes à l’avant du bateau et n’en ratons pas une miette. Nous sommes entourés de montagnes de près de 1000m de hauteur, de-ci de-là une petite cascade se jette tout droit dans les eaux turquoises du fjord… et puis, nous arrivons au bout, et là nous débutons le demi-tour. Tourner dans un fjord si étroit –il est à peine deux fois plus large que la longueur du bateau - nécessite une grande habileté, et le Capitaine s’en tire haut la main. De là où nous sommes placées c’est très impressionnant, on dirait que le bateau va rentrer dans la falaise. Nous sommes scotchées !
Nous avons passé le cercle polaire et donc le soleil ne se couche plus, nous voilà vraiment au pays du soleil de minuit… Le ciel est très nuageux ce soir donc il n’y a pas grand-chose à voir. La luminosité par contre est étonnante, on se croirait réellement en pleine journée. Le fait de ne pas avoir de nuit a un côté très excitant, et j’ai bien du mal à aller me coucher�� Je m’endors finalement vers 1H30, les rideaux opaques de la cabine bien tirés ;-)
Vendredi 26 juin 2015 – : Grand Nord norvégien, Tromso et baleines (ou presque)
Une fois de plus nous dormons comme des bébés alors que l’Express Côtier trace sa route le long des côtes norvégiennes, s’arrêtant à Stokmarknes, Sortland puis Risoyhamn. A 6H45 nous faisons escale à Harstad, une petite ville de 24000 habitants, située sur l’île Hinnoya qui est la plus grande de Norvège. J’avais mis mon réveil mais je n’ai finalement pas le courage de me lever pour aller voir, je suis KO… C’est que ce n’est pas de tout repos cette croisière, à force de guetter le soleil de minuit on finit par se coucher tard ;-) Je me contente de jeter un coup d’œil par le hublot, avant d’aller assister au départ depuis le pont. Il y a du street art pas mal du tout sur les entrepôts qui bordent le quai. A côté de nous est amarré le Trollfjord.
Juste après nous passons devant Trondenes, avec l’église médiévale en pierre la plus septentrionale du monde. Vue de l’extérieur elle ne casse pas trois pattes à un canard… Nous profitons d’un petit-déjeuner relax sans escale immédiate après, puis nous filons en salle de conférence assister à la projection d’un petit film sur Tromso.
Il est 11 heures lorsque nous arrivons à Finnses, l’étape suivante. Nous avons une demi-heure pour faire un tour en ville, ce dont nous ne nous privons pas. La ville n’est pas extraordinaire, mais cela fait du bien de se dégourdir les jambes ! Nous marchons vers le centre jusqu’au lac, avant de revenir vers le bateau où le classique ballet des chargements/déchargements bat son plein. Deux chariots-élévateurs sont notamment à l’œuvre, et l’un des deux pilotes semble quelque peu en difficulté : chute de pare-brise, échec de chargement, il n’en rate pas une. C’est assez comique vu de notre place, en revanche son collègue a l’air totalement blasé ;-)
Nous passons sous le pont de Gisund qui relie Senja à bâbord avec le continent, puis apercevons Gibostad, un ancien comptoir commercial où Hurtigruten faisait autrefois escale. Un peu plus loin nous traversons Rystraumen, le courant marin le plus fort de notre croisière. Nous ne sentons absolument rien sur le bateau. Le paysage est magnifique, et il devient de plus en plus difficile de déscotcher du pont. Des cascades tombent de hautes montagnes enneigées jusque dans le fjord, les berges sont bordées de maisons traditionnelles colorées, comme hier nous voyons pas mal de plages de sable fin totalement inattendues ici…
Juste après déjeuner nous arrivons à Tromso (prononcer Tromseu), la plus grande ville du Grand Nord norvégien avec ses 70 000 habitants. C’est assez fou de découvrir une ville aussi vivante et dynamique à 400km au nord du cercle polaire arctique… Après avoir été un important centre marchand, elle fut le point de départ des grandes expéditions polaires. Bref, c’est une ville riche en Histoire et en histoires… Tromso faisait partie pour moi des incontournables de ce voyage, notamment pour sa cathédrale arctique à la forme si particulière. C’est par là que nous commençons notre visite. Le quartier de la cathédrale est séparé du centre-ville par un pont que nous traversons à pied. On clopine un peu, la marche intensive de Bergen nous a laissé quelques séquelles… Ma mère a mal aux talons et moi aux genoux… bonjour les éclopées ^^ Enfin, nous finissons par arriver devant la cathédrale qui est aussi magnifique que ce que j’espérais. Les 11 arches blanches sont censées évoquer les crevasses glaciaires et les aurores boréales. A l’intérieur un superbe vitrail qui représente le retour du Christ sur Terre et des lustres cristallins comme de la glace. C’est un coup de cœur !
Nous faisons ensuite un grand tour dans le centre-ville, où les boutiques à la mode voisinent avec des maisons anciennes. Sur les marches de la cathédrale un jeune couple fait des photos de mariage en costume traditionnel.
Nos pas nous conduisent ensuite jusqu’à la brasserie Mack, qui produit 18 sortes de bière… et en vend une cinquantaine dans le bar accolé, sous le regard d’un ours polaire empaillé. Nous faisons quelques emplettes pour l’apéro ce soir ! Un peu plus loin nous arrivons à Polaria, le centre du patrimoine arctique, à l’architecture particulière… Nous nous contentons d’un tour dans la gift shop.
La soirée sur le bateau se passe agréablement entre apéro à la cabine, petit résumé-conférence de la journée au salon panoramique et dîner avec nos copines françaises. Peu après 21 heures nous longeons les Alpes de Lyngen et croisons le MS Kong Harald.
Peu avant 23 heures nous accostons à Skjervoy pour la dernière escale du jour. Le port est comme désolé, avec son lot de bateaux rouillés qui se balancent le long des pontons bordés de vieux pneus. Cela commence à sentir le bout du monde…
Nous repartons et je m’installe avec Sophie (l’une de nos amies françaises) dans le salon panoramique, afin de guetter le soleil de minuit… On guette, on guette, mais le ciel est nuageux et les quelques trous ne sont pas là où l’on voudrait qu’ils soient ^^ Un groupe d’Indiens a rejoint le bateau à Tromso et ne semble pas avoir de cabine, ils sont tous dans le salon avec nous. Soudain, l’un d’entre eux se lève en criant « whale, whale », le doigt pointé vers une forme noire surgie des flots. Une baleine ! Tout le monde se précipite aux fenêtres… pour réaliser qu’il s’agit en fait d’un îlot rocheux. Quel fou rire ! Peu après minuit je renonce au guet et je file dormir… Je crois que le soleil de minuit, cela ne sera pas pour ce soir. Je retenterai ma chance demain…
Samedi 27 juin 2015 – : La beauté du Grand Nord, encore et encore… et le cap Nord ! (27 et 28 juin 2015)
Cette nuit ne fait pas exception à la règle et les escales à Oksfjord puis Hammerfest ne nous réveillent pas. Nous sommes contentes d’avoir passé une bonne nuit car aujourd’hui est un grand jour : nous allons au cap Nord ! Mais avant cela un challenge nous attend : il va falloir enchaîner petit-déj et déjeuner, le premier étant servi de 7H à 10H, et le second de 10H15 à 11H15… Il en faut plus que cela pour faire peur à nos estomacs, et nous attaquons donc la journée par un petit-déjeuner relativement matinal et léger avant d’aller éliminer tout cela dans les rues d’Havoysund, la première escale de la journée. Havoysund est une petite bourgade de 1300 habitants dont les petites maisons de bois colorées semblent sortir tout droit d’une carte postale. Nous faisons un tour dans la rue principale jusqu’au port, conquises par l’ambiance qui se dégage du lieu…
De retour à bord nous flânons un moment sur le pont tandis que le bateau s’engage dans le détroit de Mageroysund. Nous longeons à bâbord l’île Mageroya, de l’autre côté de laquelle se trouve le fameux cap Nord… Nous déjeunons léger à 10H15 ( !) - non sans nous faire quelques sandwiches… - et arrivons comme prévu à 11H15 à Honningsvag (surnommée « Little Chicago » du fait de l’animation de ses bars par le passé…), sous la pluie. C’est la déception complète… Nous nous étions habituées au froid et aux nuages, mais carrément de la pluie le jour de l’excursion au cap Nord, c’est moche ! Enfin, c’est comme ça… C’est la première excursion que nous faisons avec Hurtigruten, et nous sommes agréablement surprises par l’organisation de celle-ci. Des membres du staff nous indiquent le chemin à suivre jusqu’au bus, devant lesquels de petits panneaux indiquent la langue parlée à bord. Sur six bus, quatre sont 100% allemands ! Les deux autres sont respectivement anglais-norvégien et… anglais-allemand. C’est dans ce dernier bus que nous nous installons, en gardant tant bien que mal deux places pour nos amies françaises qui marchent moins vite que nous.
Notre guide est un français d’une vingtaine d’années qui passe l’été au cap Nord. Il est très sympa et nous donne tout un tas d’infos intéressantes sur la région et sur la vie quotidienne de ses habitants tandis que nous roulons en direction du cap. Nous longeons la plage locale (qui est surnommée Copacabana !), et où l’eau n’est pas finalement pas si froide, 18°C… 8°C le matin, 10°C l’après-midi :-D. Nous passons à côté d’une adorable île privée que son propriétaire a entièrement aménagée, elle est juste trop mignonne… Les paysages sont superbes, rien que pour cela l’excursion vaut le coup. Le guide nous rassure concernant la météo, hier c’était pire :-D Apparemment il y avait tellement de brouillard que l’on ne voyait rien du tout. Là, il mouillasse toujours mais la visibilité est bonne, nous reprenons espoir ! Nous apercevons même la « corne du cap Nord » au loin, il paraît que c’est plutôt rare…
Un peu plus loin nous longeons des séchoirs à poissons un peu particuliers d’après notre guide... C’est en effet là que les rennes s’entraîneraient à sauter la nuit ! Il paraît que ceux qui y parviennent ont le droit de participer à l’attelage du Père Noël ;-) Nous en voyons d’ailleurs quelques uns le long de la route, les premiers du voyage !
Avec toutes ces histoires nous ne voyons pas passer les 45 minutes de trajet, et nous sommes bien étonnées d’être déjà arrivées à destination. Nous voilà donc au point le plus sseptentrional de l’Europe, ou presque… Nous sommes en tout cas au cap Nord touristique. Le cap Nord géographique (« le vrai » !) se situe en fait un chouia à l’ouest, et nous pouvons d’ailleurs le voir. Face à nous, le Pôle Nord ! Nous sommes loin d’être les seuls sur place et il faut s’armer d’un peu de patience et de ruse pour parvenir à immortaliser l’instant sans trop de monde…
Outre le globe emblématique, le site possède pas mal d’attractions intéressantes dont un film sympa sur le cap Nord, des dioramas reconstituant les étapes de découverte du cap, une chapelle où il paraît que l’on peut se marier, et même… un musée thaïlandais, si, si ! Nous postons nos cartes postales dans la boîte aux lettres du complexe, elles seront ainsi tamponnées « cap Nord ».
Sur le chemin du retour nous faisons étape dans un campement sami (comprendre, une cahute/gift shop totalement touristique avec deux samis habillés en tenues traditionnelles et quelques rennes). Les rennes que nous avons vus sur le chemin appartiennent donc aux samis, et effectuent chaque année une migration importante pour aller vers les terres les plus accueillantes. Notre guide nous apprend également qu’afin de limiter les accidents de voiture liés aux rennes, le gouvernement norvégien envisage de faire comme son homologue finlandais : peindre les bois des rennes avec de la peinture phosphorescente ! Il fallait y penser !
De retour au bateau vers 15H Hurtigruten a tout prévu, une collation gâteau aux pommes/chantilly attend les passagers qui ont un petit creux… à prix d’or bien entendu, ce sera une constante de ce voyage. Pour notre part nous attaquons les petits sandwichs que nous avions confectionnés ce midi, nous sommes bien contentes de les avoir. Je m’installe sur le rebord de notre fenêtre pour les déguster, lorsque je me relève d’un bond : un superbe arc-en-ciel vient d’apparaître sur la mer ! Nous prévenons nos amies (qui sont à quelques cabines de nous, pratique) et nous filons sur le pont… C’est magnifique et totalement inattendu. A trois minutes près c’était raté, il s’estompe rapidement… Quelle chance nous avons !
L’après-midi s’écoule ensuite paisiblement entre petit speech pour les passagers qui achèvent leurs voyge demain à Kirkenes et dont nous faisons hélas partie, balades diverses dans le bateau et sur le pont et lecture dans un transat au soleil, qui confirme bel et bien sa présence. La navigation de cette après-midi sera ma préférée du voyage, le soleil est présent et je retrouve un peu de cette pureté de l’air et des couleurs qui m’avait tant marquée en Patagonie. Côté températures le soleil réchauffe l’atmosphère et le mercure monte jusqu’à 14°C, que calor ;-)
Les escales continuent durant l’après-midi, avec leurs lots de chargements et déchargements. Encore plus que dans le sud, l’Express Côtier a par ici un rôle absolument essentiel de transport de marchandises et de personnes. Nous nous arrêtons ainsi à Kjollefjord puis à Mehamn, toujours avec une luminosité superbe entre soleil et ciel plombé dans le lointain. Les villages sont de plus en plus isolés les uns des autres, et de moins en moins habités…. C’est l’effet « Grand Nord » ! Les petites maisons colorées semblent comme éparpillées au cœur de collines pelées par les vents et parsemées d’éoliennes.
Le dîner ce soir est un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un buffet de fruits de mer et crabe royal, qui pullule par ici. C’est peu dire que je me régale… Je fais ma cure de crabe, un délice absolu. Durant le repas nous croisons le MS Lofoten, le plus ancien de la flotte, et peu après 22 heures c’est le MS Midnatsol que nous rencontrons. On sent que le voyage touche à sa fin, le MS Midnatsol n’a qu’un jour de décalage avec nous… Pour ce dernier croisement le staff Hurtigruten met la dose côté ambiance, avec sono à fond, bannières décorées, ballons, pompons et drapeaux norvégiens… et corne de brume bien sûr !
Berlevag, petit port perdu au milieu des fjords, est notre dernière étape du jour. Le soleil si beau durant l’après-midi a rendu les armes face aux nuages, et c’est de nouveau très couvert ce soir. Point de soleil de minuit, nos amies françaises sont déçues car elles repartent demain matin… De notre côté nous restons encore 2 nuits à Kirkenes, notre dernière étape, alors on continue à croiser les doigts. Je me couche sans attendre minuit tellement c’est couvert et m’endors pendant que le bateau s’arrête silencieusement à Batsfjord, Vardo puis Vadso.
Le lendemain les choses vont très vite, entre bagages, petit-déjeuner et au-revoirs… Nous voilà arrivées à Kirkenes, point final de cette fabuleuse croisière. J’ai le cœur lourd de quitter le bateau et les personnes que nous y avons rencontrées, je n’aime décidément pas lorsque les bonnes choses se terminent… Nous quittons le bateau absolument enchantées de cette fabuleuse croisière, que je recommande à tous les amoureux de nature et de grands espaces.
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Les plus de cette croisière : - La beauté absolue des paysages, sans hésiter… Cette croisière fait traverser des paysages uniques et préservés, comme dans les livres… Elle offre par ailleurs des points de vue impossibles à avoir autrement sur la côte norvégienne - L’excursion au cap Nord, fantastique - La délicieuse nourriture du bateau. Nous nous sommes régalées lors des buffets, avec une mention spéciale pour le buffet « crabe royal » du dernier soir
Les moins : - Le fait de se sentir poussé à la consommation pour tout ce qui n’est pas inclus dans la croisière et notamment les boissons. L’eau à table n’était pas comprise avec les repas et il était interdit d’en apporter de sa cabine. De la même manière, pour avoir du thé et du café à volonté il fallait acheter la tasse thermos souvenir à… 40 euros, oui, oui. Si vous vouliez du vin à table, l’addition se montait à près de 300 euros pour la semaine de croisière… Ce qui pourrait vaguement se comprendre dans une croisière cheap devient totalement inadmissible pour une croisière aussi chère.
Les astuces : - L’eau dans la cabine est tout à fait potable, à bon entendeur… - Nous ne pouvons que recommander les cabines de l’arrière du 3è pont à babord – certes c’est du côté des chargements/déchargements, donc potentiellement plus bruyant qu’à tribord, mais nous étions aux premières loges pour regarder le spectacle depuis la fenêtre de la cabine aux petites heures de la nuit… Et il suffit de ne pas prendre la cabine la plus proche du ponton pour que ce soit tout à fait calme (et pourtant je suis sensible au bruit). Au-dessus de ces cabines, la salle de restaurant qui ferme à 22H, et en-dessous le parking des voitures… Bref, c’est archi-calme. En plus, dans le sens Bergen-Kirkenes beaucoup des choses à voir se trouvaient à bâbord (phares, balise du cercle polaire arctique, toutes les escales...), tout comme les croisements des autres navires Hurtigruten. Cela permet donc aux voyageurs ne voulant pas passer leur temps sur le pont de bien profiter des choses.
De retour d'une semaine de croisière sur l'Express côtier, et après avoir été bien aidée par la lecture des récits des voyageurs m'ayant précédée, voici ma modeste contribution à ce forum si sympathique et utile! Vous trouverez ci-dessous le récit de nos 7 journées de navigation dans les fjords de Norvège, de Bergen à Kirkenes, en juin 2015. J'ai également mis quelques photos, si vous souhaitez en voir plus et/ou avoir un texte plus aéré ce sera par ici : http://smilingaroundtheworld.com/tag/hurtigruten/ Tout en bas j'ai également fait une petite liste des plus, des moins et des astuces pour cette croisière. Allez hop, c'est parti !
Lundi 22 juin 2015 - : Embarquement sur l’Express Côtier !
C’est de Bergen que ma mère et moi embarquons le lundi après-midi à bord du Nordlys, Express Côtier de la flotte Hurtigruten. Nous arrivons à l’embarcadère fébriles et surexcitées, à nous les fjords, le cercle polaire et le soleil de minuit ! L’enregistrement, qui ouvre à 16H, est assez fluide. L’hôtesse prend nos valises et nous remet à chacune une carte magnétique qui sert à la fois de clé de cabine et de carte de paiement à bord. Nous avons ensuite droit à un petit briefing de sécurité plutôt bien fait, où prosaïquement on nous explique comment faire en cas de naufrage, et puis nous passons à la désinfection… Ils semblent assez psychorigides sur ce point, nous sommes littéralement obligés de nous laver les mains à la solution hydro-alcoolique sous le regard inquisiteur d’une Norvégienne qui ne rigole pas. Ils remettront ça à plusieurs reprises à bord, avant le resto, en remontant après les escales… Pfiou !
Bref, c’est donc bien briefées et désinfectées que nous finissons par embarquer. Les cabines ne sont pas encore disponibles et nous en profitons pour visiter le bateau. C’est grand et beau, avec des boiseries, des lustres… Plusieurs ponts permettent de profiter du soleil et de la vue. A l’avant un grand salon panoramique ouvre ses baies vitrées sur la mer. A côté du restaurant est affiché le plan de salle pour les dîners placés, et nous découvrons avec joie que nous avons une table côté fenêtre. Nous faisons nos curieuses et regardons quelques cabines par les hublots du pont (on en profite tant que leur accès reste encore interdit, on sait qu’il n’y a personne dedans ;-)). La plupart des cabines sont des cabines standard comme celle que nous avons réservée, mais leur taille varie pas mal quand même (entre 7 et 13m² à en croire le dépliant), nous croisons les doigts pour en avoir une grande. Nous découvrons également quelques belles suites avec lit double et corbeille de fruits, la classe !
Nos bagages nous attendent devant la porte de notre cabine. Nous ouvrons la porte et découvrons une cabine spacieuse et bien agencée, nous sommes plus que ravies ! En revanche, nos voisins de cabine semblent nettement moins enthousiastes… Des éclats de voix nous parviennent et lorsque nous jetons un œil nous comprenons le problème : ils ont deux grosses valises chacun, et même si leur cabine est elle aussi de bonne taille ils ont quelques soucis d’organisation de l’espace… Enfin, ils ne resteront pas longtemps nos voisins, quelques jours plus tard ils déménageront dans la plus grande suite du bateau ;-)
Avec tout cela l’heure tourne et il est bientôt temps d’aller dîner… direction donc la salle de restaurant, où un superbe buffet nous attend. Les plats sont variés, frais et bien présentés, nous nous régalons.

Nous retournons ensuite sur le pont afin d’assister au départ du bateau. Quelques personnes nous font de grands signes depuis le quai, et nous leur répondons tandis que lentement l’Express Côtier se met en mouvement… Bergen s’éloigne progressivement et nous prenons la mer, direction le grand Nord. Je suis bien trop excitée pour dormir et je passe ensuite un long moment sur le pont, à admirer le paysage et le coucher de soleil… Je sens que cette croisière va être magnifique.

Mardi 23 juin 2015 – : Alesund et le Geirangerfjord
La nuit est plutôt bonne et les escales nocturnes et matinales à Floro, Maloy et Torvik ne nous réveillent pas. Nous commençons la journée par un excellent petit-déjeuner buffet, sans nous attarder plus que cela au restaurant car à 9h une escale nous attend, j’ai nommé Alesund ! Entre le temps nécessaire à l’ouverture des portes, et la marge de sécurité pour le retour nous ne disposons en fait que d’un petit quart d’heure pour découvrir la ville… Nous nous hâtons en troupeau vers le centre, jetons un coup d’œil au port et rebroussons chemin. Nous aurons de nouveau ce soir 45 minutes d’escale, espérons que nous pourrons un peu approfondir les choses ! A côté de nous est amarré le Disney Magic, l’un des énormes paquebots de croisière Disney. A côté de ce mastodonte des mers, le Nordlys ressemblerait presque à un rafiot…
Nous nous enfonçons ensuite dans le Storfjord, l’un des plus longs fjords de Norvège. Sa branche la plus célèbre est le Geirangerfjord, qui est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Long d’une quinzaine de kilomètres ce superbe fjord est parsemé de cascades toutes plus belles les unes que les autres. C’est le clou de cette première journée de navigation et nous ne quittons pas le pont… Seul petit regret, le soleil ne nous fait pas l’honneur de sa présence. Au fond du Geirangerfjord se trouve le petit village de Geiranger, où nous ne faisons pas escale. Je pense que c’est une histoire de profondeur d’eau, nous nous arrêtons en plein fjord et les voyageurs qui partent en excursion et ceux qui arrivent sont acheminés jusqu’au Nordlys via un petit bateau. De notre côté, nous filons déjeuner… Le buffet du déjeuner ferme dans 30 minutes, et on ne voudrait tout de même pas mourir de faim ;-)

L’après-midi se passe sur un mode tranquille, entre admiration du paysage, blog, lecture et sieste… En début de soirée nous nous nous arrêtons de nouveau 45 minutes à Alesund, ce qui nous permet d’aller un peu plus loin que ce matin. Alesund a été détruite en 1904 et reconstruite selon la mode de l’époque, bilan : tout le centre est Art Nouveau ! Cela me rappelle Hastings et Napier, les villes Art Déco que nous avions découvertes en NZ. Nous nous baladons dans le centre en admirant les façades et les jolis détails, la ville semble agréable.
Nous retournons ensuite en direction de l’embarcadère, qui est bien animé. L’Express Côtier, outre ses passagers, transporte également de nombreuses marchandises et à chaque escale c’est un véritable ballet qui se met en place entre déchargements et chargements.
Le soir au dîner nous faisons la connaissance de nos voisines de table, qui s’avèrent être des compatriotes. Il s’agit d’une mère et de sa fille, âgées de 85 et 55 ans. Le contact passe tout de suite bien et nous passons le dîner à discuter (et, je l’avoue, à critiquer les serveurs qui passent leur temps à vouloir nous enlever notre corbeille de pain ou à vouloir débarrasser nos assiettes alors que nous avons encore la bouche pleine…) Bref, l’ambiance est bonne et nous sommes ravies d’avoir des voisines aussi sympas. Nous les retrouverons tous les soirs car le dîner est en placement obligatoire contrairement aux petit-déjeuner et déjeuner qui sont en placement libre.
Nous continuons notre route dans le Romsdalfjord et peu avant 22 heures nous croisons le MS Finnmarken, un autre navire Hurtigruten. Corne de brume et grands signes, la rencontre est célébrée comme il se doit… !

A Molde nous récupérons les passagers qui ont fait l’excursion de la « route des trolls ». Molde est une petite bourgade surtout connue pour son festival de jazz en juillet et ses cultures de roses. L’escale est plus courte que prévue et nous restons sur le pont.
Ce soir le ciel est couvert et il n’y a pas vraiment de coucher de soleil, seulement quelques échappées belles sur des collines, et les nuages qui se colorent d’une jolie manière… Je resterais des heures sur ce pont, à regarder les nuages et la mer.
Mercredi 24 juin 2015 – : Découverte de Tronheim et une bien belle après-midi de navigation…
La nuit est courte car ce matin nous avons une demi-journée d’escale à Trondheim, et nous voulons quitter le bateau à l’heure histoire d’avoir le temps d’en profiter. Nous ne sommes pas très fraîches, heureusement l’escale nocturne à Kristiansund ne nous a pas réveillées.
Le MS Polarlys est déjà à quai lorsque nous arrivons à Trondheim ; il est arrivé à 6H30, dans le sens nord-sud. Cette fois l’embarcadère est un peu plus loin du centre-ville, il faut compter vingt minutes de marche pour rejoindre le cœur de Tronheim. Des taxis attendent sur le quai, pour les moins valides (ou les moins courageux).
Avoir une matinée complète d’escale à Trondheim nous permet d’en avoir un bon aperçu. Tronheim est une ville agréable, semblant animée comme l’illustre le grand marché qui est en train de s’installer dans le centre-ville. Notre premier arrêt est pour la cathédrale Nidaros… qui nous laisse un peu sur notre faim en dépit de sa réputation. Si l’extérieur est effectivement très beau avec la façade entièrement décorée de statues, l’intérieur nous plaît moins… C’est très sombre, et même le chœur octogonal copié sur celui de Canterbury (et sous lequel reposerait St Olav) ne nous emballe pas plus que cela. Je termine la visite par l’ascension de l’une des tours afin de voir la vue, mais celle-ci n’est pas extraordinaire non plus. Enfin, cela me permet de voir les gargouilles de près, c’est déjà ça.
A quelques pas de la cathédrale se trouve le quartier de Bakklandet avec tous ses entrepôts colorés sur pilotis, et le chouette pont Bybrua qui enjambe la rivière. Les entrepôts sont désormais reconvertis en restos et boutiques, mais la balade et la vue sont vraiment chouettes… Ce sera notre coup de cœur à Tronheim !

Il nous reste un peu de temps alors nous poussons jusqu’à la forteresse de Kristiansen qui surplombe la ville. Ça grimpe, mais pas de panique si vous êtes en vélo : il y a un étonnant ascenseur à vélo, qui en dépit de ce que disent nos guides semble fonctionner. Et truc de fou, la visite de la forteresse est… gratuite, si, si ! Incroyable mais vrai ! Sur le chemin du retour nous ne pouvons pas nous empêcher de jeter un coup d’œil au Radisson, qui est superbe… Le hall est immense et ressemble à un musée d’art moderne, on garde l’adresse en tête.
En repartant de Trondheim nous voyons l’île des Moines, dont la fonction a changé au fil des époques : île des suppliciés sous les Vikings, puis monastère, puis prison, puis base secrète nazie durant la seconde guerre mondiale… et plage aujourd’hui.
Je passe ensuite une grande partie de l’après-midi sur le pont, car la navigation est de toute beauté. Nous longeons le chantier naval de Fosen, où ont été construits les MS Trollfjord (2002) et Midnatsol (2003), puis nous arrivons au phare de Kjeungskjaer, un phare octogonal considéré comme le plus beau de la côte norvégienne. Les paysages deviennent de plus en plus beaux au fur et à mesure que le navire trace sa route vers le Nord, nous naviguons entre des dizaines de petites îles, croisons des bateaux de pêcheurs, de petits phares et des maisons rouges typiques à foison… Nous naviguons très près des côtes et régulièrement nous apercevons des gens qui nous font signe. J’adore et je ne vois pas le temps passer…

L’après-midi est aussi marquée par deux « conférences » : la première à 15H fait la pub des croisières Hurtigruten selon les saisons (les images font rêver !), et à 18 heures un petit speech est organisé dans le salon panoramique pour faire le point sur la journée écoulée et préparer celle du lendemain. C’est assez sympa, même si l’un des objectifs de la chose semble d’être la vente d’excursions à prix d’or. Durant la réunion nous croisons le phare de Buholmrasa et attaquons la traversée en mer ouverte de Folda… ça risque de tanguer, et étant partie comme une débutante sans ma Cocculine j’appréhende un peu. On nous annonce également un jeu concours pour ce soir : demain nous allons franchir le cercle polaire arctique, et il s’agit de deviner l’heure exacte, à la seconde près, du croisement. Nous prenons notre meilleure inspiration pour coucher notre proposition sur le papier !
Peu après dîner nous arrivons à Rorvik, petit port où l’escale sera finalement trop courte pour que nous descendions. Ce soir est le dernier soir où le soleil se couche – enfin, en théorie car concrètement il est toujours dans les nuages et nous ne verrons rien du tout ! Par contre il n’y a plus de vraie nuit, le ciel reste clair… Heureusement que notre cabine a des rideaux opaques. Je voulais me coucher tôt aujourd’hui mais ce projet est réduit à néant par l’annonce du passage à côté de Torghatten, la montagne percée, aux alentours de minuit… Il est hors de question que je rate cela. Je crois que ce n’est pas sur cette croisière que je me reposerai ;-)
Jeudi 25 juin 2015 – : Navigation au-delà du cercle polaire, jusqu’au Trollfjord
Bronnoysund, Sandnessjoen, Nesna… Les escales défilent sans nous réveiller dans la nuit claire. Lorsque le réveil sonne à 6H30 je file me positionner dans le salon panoramique avec une tasse de thé : dans quelques dizaines de minutes nous allons franchir le cercle polaire arctique. Je garde les yeux fixés sur l’horizon, et dès que le Capitaine fait l’annonce je file sur le pont extérieur. Nous ne sommes pas nombreux, le froid et l’heure matinale semblent en avoir dissuadé un certain nombre ! Il est finalement 7H22 et 32 secondes lorsque nous franchissons le cercle polaire arctique, symbolisé par un globe installé sur un îlot. Pas facile de décrire mon état d’esprit à ce moment-là, en tout cas j’ai ressenti un déferlement d’émotions… Franchir le cercle polaire arctique avait toujours tenu du mythe absolu pour moi, et je trouve extraordinaire d’être là à ce moment précis. Je savoure l’instant !
Ma mère a préféré rester au chaud dans la cabine, mais elle a bien vu le globe elle aussi depuis notre hublot. Nous nous retrouvons pour le petit-déjeuner puis descendons un moment à terre lors de notre arrêt à Ornes, petit port de 1600 âmes. L’escale est brève (15 minutes) mais cela fait du bien de se dégourdir les jambes ! A côté de nous sur le quai un couple est sorti promener son chien. Nous sommes à quelques mètres du bateau lorsque la corne de brume résonne, c’est le signal du départ ! Nous sautons d’un bond sur la passerelle, sous le regard rigolard du steward.
Peu après 10 heures tous les passagers sont conviés sur le pont pour la cérémonie du baptême polaire. Celle-ci est animée par le Capitaine et par Neptune lui-même, qui après quelques appels de la foule sort en personne de l’océan. L’homme et le dieu commencent par remettre à la gagnante du concours – qui a trouvé l’heure du passage à une seconde près ! – un grand drapeau Hurtigruten, puis ils attaquent… les baptêmes, sous forme de louches d’eau et de glaçons versées dans le cou des volontaires. J’ai prévu le coup et j’ai mis mes vêtements de la veille… choix qui s’avère judicieux au vu du niveau de trempage post-baptême. Heureusement qu’il y a un petit verre de vin doux pour se réchauffer (et surtout une bonne douche ;-)) Me voilà donc officiellement baptisée, par Neptune en personne qui plus est ! Attention délicate, nous découvrirons un peu plus tard sur la porte de notre cabine nos deux certificats de passage du cercle polaire…
Nous déjeunons un peu plus tôt que d’habitude car à 12H30 nous accostons à Bodo, où 2H30 d’escale sont prévues. Au beau milieu du déjeuner un steward vient me faire la conversation, et me demande comment j’ai trouvé le baptême… avant de me révéler que Neptune, c’était lui :-D
Avec ses 50 000 habitants Bodo est la plus grande ville du Nordland. Nous faisons un saut à l’office du tourisme avant de partir visiter le musée de la ville, qui s’avère assez intéressant. Au rez-de-chaussée on trouve notamment l’un des rares tambours chamaniques au monde et des reconstitutions de scènes de vie. A l’étage les salles retracent l’histoire de Bodo à partir de la seconde guerre mondiale, où la ville a été presque entièrement détruite par un incendie. Deux salles attirent particulièrement mon regard : l’une présente tout un assortiment d’outils médicaux anciens, l’autre expose une collection entière de boîtes de sardines. Original ! Il y a aussi un petit film historique que nous n’avons malheureusement pas le temps de regarder en entier, mais qui est très bien fait et que je vous recommande si vous passez par Bodo.
Nous faisons ensuite un grand tour en ville, de l’église avec sa tour étonnante au port où les vendeurs de crevettes écoulent leur pêche du jour… Si Bodo ne brille pas par son architecture, elle est néanmoins une ville très agréable qui nous plaît bien !
De retour au bateau nous retrouvons les passagers qui avaient opté pour une excursion payante – cette fois-ci pour aller voir le Saltstraumen, le maelström le plus puissant au monde. Ce phénomène naturel semble impressionnant, mais ce sera pour une prochaine fois pour nous… L’excursion est en effet vendue 131 euros/personne pour 2h de bateau alors que le maelström se voit gratuitement depuis un pont situé à quelques kilomètres de Bodo. Nous reviendrons ! Nous nous installons sur le pont à notre habitude pour assister au départ du bateau et nous reprenons notre navigation, toujours plus vers le nord… Le temps est brumeux aujourd’hui, mais finalement cela va bien avec les paysages que nous croisons, entre petites maisons traditionnelles, îles désertes à foison, plages de sable fin (si, si…) et quelques raffineries tout de même.

Après le phare de Landegode nous attaquons la traversée de Vestfjord, en pleine mer. Direction Stamsund, sur les îles Lofoten ! La particularité de cette petite ville est de posséder la plus longue jetée en pierre d’Europe construite de la main de l’homme. Nous faisons quelques pas dessus, puis je pique un sprint pour jeter un coup d’œil au centre-ville sans louper le bateau… L’Express Côtier n’attendra pas ! En arrière-plan le spectacle des montagnes dans la brume est superbe.
Nous dînons avec nos amies françaises avec lesquelles le contact passe toujours aussi bien. Nous avons maintenant élaboré toute une stratégie pour avoir suffisamment de pain (on prend tout de suite chacune notre tranche réglementaire, puis on demande du rab dans la foulée) ^^ Durant le repas nous apercevons Henningsvaer, un petit village de pêcheurs, et puis nous croisons le MS Nordnorge.
En guise de promenade digestive, c’est Svolvaer que nous découvrons. La capitale des îles Lofoten, organisée autour de son port, semble comme blottie au pied de pitons rocheux. Nous nous baladons au hasard de nos envies, les Lofoten ont définitivement un goût de revenez-y…
Nous remontons sur le bateau ravies de notre petite balade, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Nous pénétrons dans le Raftsund, un fjord de 26km au beau milieu duquel se trouve comme une petite virgule : le Trollfjord. C’est sans hésitation que notre Capitaine s’engage dans ce fjord, uniquement accessible par mer calme, qui est l’un des plus étroits de Norvège.. Nous sommes à l’avant du bateau et n’en ratons pas une miette. Nous sommes entourés de montagnes de près de 1000m de hauteur, de-ci de-là une petite cascade se jette tout droit dans les eaux turquoises du fjord… et puis, nous arrivons au bout, et là nous débutons le demi-tour. Tourner dans un fjord si étroit –il est à peine deux fois plus large que la longueur du bateau - nécessite une grande habileté, et le Capitaine s’en tire haut la main. De là où nous sommes placées c’est très impressionnant, on dirait que le bateau va rentrer dans la falaise. Nous sommes scotchées !

Nous avons passé le cercle polaire et donc le soleil ne se couche plus, nous voilà vraiment au pays du soleil de minuit… Le ciel est très nuageux ce soir donc il n’y a pas grand-chose à voir. La luminosité par contre est étonnante, on se croirait réellement en pleine journée. Le fait de ne pas avoir de nuit a un côté très excitant, et j’ai bien du mal à aller me coucher�� Je m’endors finalement vers 1H30, les rideaux opaques de la cabine bien tirés ;-)
Vendredi 26 juin 2015 – : Grand Nord norvégien, Tromso et baleines (ou presque)
Une fois de plus nous dormons comme des bébés alors que l’Express Côtier trace sa route le long des côtes norvégiennes, s’arrêtant à Stokmarknes, Sortland puis Risoyhamn. A 6H45 nous faisons escale à Harstad, une petite ville de 24000 habitants, située sur l’île Hinnoya qui est la plus grande de Norvège. J’avais mis mon réveil mais je n’ai finalement pas le courage de me lever pour aller voir, je suis KO… C’est que ce n’est pas de tout repos cette croisière, à force de guetter le soleil de minuit on finit par se coucher tard ;-) Je me contente de jeter un coup d’œil par le hublot, avant d’aller assister au départ depuis le pont. Il y a du street art pas mal du tout sur les entrepôts qui bordent le quai. A côté de nous est amarré le Trollfjord.
Juste après nous passons devant Trondenes, avec l’église médiévale en pierre la plus septentrionale du monde. Vue de l’extérieur elle ne casse pas trois pattes à un canard… Nous profitons d’un petit-déjeuner relax sans escale immédiate après, puis nous filons en salle de conférence assister à la projection d’un petit film sur Tromso.
Il est 11 heures lorsque nous arrivons à Finnses, l’étape suivante. Nous avons une demi-heure pour faire un tour en ville, ce dont nous ne nous privons pas. La ville n’est pas extraordinaire, mais cela fait du bien de se dégourdir les jambes ! Nous marchons vers le centre jusqu’au lac, avant de revenir vers le bateau où le classique ballet des chargements/déchargements bat son plein. Deux chariots-élévateurs sont notamment à l’œuvre, et l’un des deux pilotes semble quelque peu en difficulté : chute de pare-brise, échec de chargement, il n’en rate pas une. C’est assez comique vu de notre place, en revanche son collègue a l’air totalement blasé ;-)
Nous passons sous le pont de Gisund qui relie Senja à bâbord avec le continent, puis apercevons Gibostad, un ancien comptoir commercial où Hurtigruten faisait autrefois escale. Un peu plus loin nous traversons Rystraumen, le courant marin le plus fort de notre croisière. Nous ne sentons absolument rien sur le bateau. Le paysage est magnifique, et il devient de plus en plus difficile de déscotcher du pont. Des cascades tombent de hautes montagnes enneigées jusque dans le fjord, les berges sont bordées de maisons traditionnelles colorées, comme hier nous voyons pas mal de plages de sable fin totalement inattendues ici…

Juste après déjeuner nous arrivons à Tromso (prononcer Tromseu), la plus grande ville du Grand Nord norvégien avec ses 70 000 habitants. C’est assez fou de découvrir une ville aussi vivante et dynamique à 400km au nord du cercle polaire arctique… Après avoir été un important centre marchand, elle fut le point de départ des grandes expéditions polaires. Bref, c’est une ville riche en Histoire et en histoires… Tromso faisait partie pour moi des incontournables de ce voyage, notamment pour sa cathédrale arctique à la forme si particulière. C’est par là que nous commençons notre visite. Le quartier de la cathédrale est séparé du centre-ville par un pont que nous traversons à pied. On clopine un peu, la marche intensive de Bergen nous a laissé quelques séquelles… Ma mère a mal aux talons et moi aux genoux… bonjour les éclopées ^^ Enfin, nous finissons par arriver devant la cathédrale qui est aussi magnifique que ce que j’espérais. Les 11 arches blanches sont censées évoquer les crevasses glaciaires et les aurores boréales. A l’intérieur un superbe vitrail qui représente le retour du Christ sur Terre et des lustres cristallins comme de la glace. C’est un coup de cœur !

Nous faisons ensuite un grand tour dans le centre-ville, où les boutiques à la mode voisinent avec des maisons anciennes. Sur les marches de la cathédrale un jeune couple fait des photos de mariage en costume traditionnel.
Nos pas nous conduisent ensuite jusqu’à la brasserie Mack, qui produit 18 sortes de bière… et en vend une cinquantaine dans le bar accolé, sous le regard d’un ours polaire empaillé. Nous faisons quelques emplettes pour l’apéro ce soir ! Un peu plus loin nous arrivons à Polaria, le centre du patrimoine arctique, à l’architecture particulière… Nous nous contentons d’un tour dans la gift shop.
La soirée sur le bateau se passe agréablement entre apéro à la cabine, petit résumé-conférence de la journée au salon panoramique et dîner avec nos copines françaises. Peu après 21 heures nous longeons les Alpes de Lyngen et croisons le MS Kong Harald.
Peu avant 23 heures nous accostons à Skjervoy pour la dernière escale du jour. Le port est comme désolé, avec son lot de bateaux rouillés qui se balancent le long des pontons bordés de vieux pneus. Cela commence à sentir le bout du monde…
Nous repartons et je m’installe avec Sophie (l’une de nos amies françaises) dans le salon panoramique, afin de guetter le soleil de minuit… On guette, on guette, mais le ciel est nuageux et les quelques trous ne sont pas là où l’on voudrait qu’ils soient ^^ Un groupe d’Indiens a rejoint le bateau à Tromso et ne semble pas avoir de cabine, ils sont tous dans le salon avec nous. Soudain, l’un d’entre eux se lève en criant « whale, whale », le doigt pointé vers une forme noire surgie des flots. Une baleine ! Tout le monde se précipite aux fenêtres… pour réaliser qu’il s’agit en fait d’un îlot rocheux. Quel fou rire ! Peu après minuit je renonce au guet et je file dormir… Je crois que le soleil de minuit, cela ne sera pas pour ce soir. Je retenterai ma chance demain…
Samedi 27 juin 2015 – : La beauté du Grand Nord, encore et encore… et le cap Nord ! (27 et 28 juin 2015)
Cette nuit ne fait pas exception à la règle et les escales à Oksfjord puis Hammerfest ne nous réveillent pas. Nous sommes contentes d’avoir passé une bonne nuit car aujourd’hui est un grand jour : nous allons au cap Nord ! Mais avant cela un challenge nous attend : il va falloir enchaîner petit-déj et déjeuner, le premier étant servi de 7H à 10H, et le second de 10H15 à 11H15… Il en faut plus que cela pour faire peur à nos estomacs, et nous attaquons donc la journée par un petit-déjeuner relativement matinal et léger avant d’aller éliminer tout cela dans les rues d’Havoysund, la première escale de la journée. Havoysund est une petite bourgade de 1300 habitants dont les petites maisons de bois colorées semblent sortir tout droit d’une carte postale. Nous faisons un tour dans la rue principale jusqu’au port, conquises par l’ambiance qui se dégage du lieu…

De retour à bord nous flânons un moment sur le pont tandis que le bateau s’engage dans le détroit de Mageroysund. Nous longeons à bâbord l’île Mageroya, de l’autre côté de laquelle se trouve le fameux cap Nord… Nous déjeunons léger à 10H15 ( !) - non sans nous faire quelques sandwiches… - et arrivons comme prévu à 11H15 à Honningsvag (surnommée « Little Chicago » du fait de l’animation de ses bars par le passé…), sous la pluie. C’est la déception complète… Nous nous étions habituées au froid et aux nuages, mais carrément de la pluie le jour de l’excursion au cap Nord, c’est moche ! Enfin, c’est comme ça… C’est la première excursion que nous faisons avec Hurtigruten, et nous sommes agréablement surprises par l’organisation de celle-ci. Des membres du staff nous indiquent le chemin à suivre jusqu’au bus, devant lesquels de petits panneaux indiquent la langue parlée à bord. Sur six bus, quatre sont 100% allemands ! Les deux autres sont respectivement anglais-norvégien et… anglais-allemand. C’est dans ce dernier bus que nous nous installons, en gardant tant bien que mal deux places pour nos amies françaises qui marchent moins vite que nous.
Notre guide est un français d’une vingtaine d’années qui passe l’été au cap Nord. Il est très sympa et nous donne tout un tas d’infos intéressantes sur la région et sur la vie quotidienne de ses habitants tandis que nous roulons en direction du cap. Nous longeons la plage locale (qui est surnommée Copacabana !), et où l’eau n’est pas finalement pas si froide, 18°C… 8°C le matin, 10°C l’après-midi :-D. Nous passons à côté d’une adorable île privée que son propriétaire a entièrement aménagée, elle est juste trop mignonne… Les paysages sont superbes, rien que pour cela l’excursion vaut le coup. Le guide nous rassure concernant la météo, hier c’était pire :-D Apparemment il y avait tellement de brouillard que l’on ne voyait rien du tout. Là, il mouillasse toujours mais la visibilité est bonne, nous reprenons espoir ! Nous apercevons même la « corne du cap Nord » au loin, il paraît que c’est plutôt rare…
Un peu plus loin nous longeons des séchoirs à poissons un peu particuliers d’après notre guide... C’est en effet là que les rennes s’entraîneraient à sauter la nuit ! Il paraît que ceux qui y parviennent ont le droit de participer à l’attelage du Père Noël ;-) Nous en voyons d’ailleurs quelques uns le long de la route, les premiers du voyage !
Avec toutes ces histoires nous ne voyons pas passer les 45 minutes de trajet, et nous sommes bien étonnées d’être déjà arrivées à destination. Nous voilà donc au point le plus sseptentrional de l’Europe, ou presque… Nous sommes en tout cas au cap Nord touristique. Le cap Nord géographique (« le vrai » !) se situe en fait un chouia à l’ouest, et nous pouvons d’ailleurs le voir. Face à nous, le Pôle Nord ! Nous sommes loin d’être les seuls sur place et il faut s’armer d’un peu de patience et de ruse pour parvenir à immortaliser l’instant sans trop de monde…

Outre le globe emblématique, le site possède pas mal d’attractions intéressantes dont un film sympa sur le cap Nord, des dioramas reconstituant les étapes de découverte du cap, une chapelle où il paraît que l’on peut se marier, et même… un musée thaïlandais, si, si ! Nous postons nos cartes postales dans la boîte aux lettres du complexe, elles seront ainsi tamponnées « cap Nord ».
Sur le chemin du retour nous faisons étape dans un campement sami (comprendre, une cahute/gift shop totalement touristique avec deux samis habillés en tenues traditionnelles et quelques rennes). Les rennes que nous avons vus sur le chemin appartiennent donc aux samis, et effectuent chaque année une migration importante pour aller vers les terres les plus accueillantes. Notre guide nous apprend également qu’afin de limiter les accidents de voiture liés aux rennes, le gouvernement norvégien envisage de faire comme son homologue finlandais : peindre les bois des rennes avec de la peinture phosphorescente ! Il fallait y penser !
De retour au bateau vers 15H Hurtigruten a tout prévu, une collation gâteau aux pommes/chantilly attend les passagers qui ont un petit creux… à prix d’or bien entendu, ce sera une constante de ce voyage. Pour notre part nous attaquons les petits sandwichs que nous avions confectionnés ce midi, nous sommes bien contentes de les avoir. Je m’installe sur le rebord de notre fenêtre pour les déguster, lorsque je me relève d’un bond : un superbe arc-en-ciel vient d’apparaître sur la mer ! Nous prévenons nos amies (qui sont à quelques cabines de nous, pratique) et nous filons sur le pont… C’est magnifique et totalement inattendu. A trois minutes près c’était raté, il s’estompe rapidement… Quelle chance nous avons !
L’après-midi s’écoule ensuite paisiblement entre petit speech pour les passagers qui achèvent leurs voyge demain à Kirkenes et dont nous faisons hélas partie, balades diverses dans le bateau et sur le pont et lecture dans un transat au soleil, qui confirme bel et bien sa présence. La navigation de cette après-midi sera ma préférée du voyage, le soleil est présent et je retrouve un peu de cette pureté de l’air et des couleurs qui m’avait tant marquée en Patagonie. Côté températures le soleil réchauffe l’atmosphère et le mercure monte jusqu’à 14°C, que calor ;-)
Les escales continuent durant l’après-midi, avec leurs lots de chargements et déchargements. Encore plus que dans le sud, l’Express Côtier a par ici un rôle absolument essentiel de transport de marchandises et de personnes. Nous nous arrêtons ainsi à Kjollefjord puis à Mehamn, toujours avec une luminosité superbe entre soleil et ciel plombé dans le lointain. Les villages sont de plus en plus isolés les uns des autres, et de moins en moins habités…. C’est l’effet « Grand Nord » ! Les petites maisons colorées semblent comme éparpillées au cœur de collines pelées par les vents et parsemées d’éoliennes.

Le dîner ce soir est un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un buffet de fruits de mer et crabe royal, qui pullule par ici. C’est peu dire que je me régale… Je fais ma cure de crabe, un délice absolu. Durant le repas nous croisons le MS Lofoten, le plus ancien de la flotte, et peu après 22 heures c’est le MS Midnatsol que nous rencontrons. On sent que le voyage touche à sa fin, le MS Midnatsol n’a qu’un jour de décalage avec nous… Pour ce dernier croisement le staff Hurtigruten met la dose côté ambiance, avec sono à fond, bannières décorées, ballons, pompons et drapeaux norvégiens… et corne de brume bien sûr !
Berlevag, petit port perdu au milieu des fjords, est notre dernière étape du jour. Le soleil si beau durant l’après-midi a rendu les armes face aux nuages, et c’est de nouveau très couvert ce soir. Point de soleil de minuit, nos amies françaises sont déçues car elles repartent demain matin… De notre côté nous restons encore 2 nuits à Kirkenes, notre dernière étape, alors on continue à croiser les doigts. Je me couche sans attendre minuit tellement c’est couvert et m’endors pendant que le bateau s’arrête silencieusement à Batsfjord, Vardo puis Vadso.
Le lendemain les choses vont très vite, entre bagages, petit-déjeuner et au-revoirs… Nous voilà arrivées à Kirkenes, point final de cette fabuleuse croisière. J’ai le cœur lourd de quitter le bateau et les personnes que nous y avons rencontrées, je n’aime décidément pas lorsque les bonnes choses se terminent… Nous quittons le bateau absolument enchantées de cette fabuleuse croisière, que je recommande à tous les amoureux de nature et de grands espaces.
*****
Les plus de cette croisière : - La beauté absolue des paysages, sans hésiter… Cette croisière fait traverser des paysages uniques et préservés, comme dans les livres… Elle offre par ailleurs des points de vue impossibles à avoir autrement sur la côte norvégienne - L’excursion au cap Nord, fantastique - La délicieuse nourriture du bateau. Nous nous sommes régalées lors des buffets, avec une mention spéciale pour le buffet « crabe royal » du dernier soir
Les moins : - Le fait de se sentir poussé à la consommation pour tout ce qui n’est pas inclus dans la croisière et notamment les boissons. L’eau à table n’était pas comprise avec les repas et il était interdit d’en apporter de sa cabine. De la même manière, pour avoir du thé et du café à volonté il fallait acheter la tasse thermos souvenir à… 40 euros, oui, oui. Si vous vouliez du vin à table, l’addition se montait à près de 300 euros pour la semaine de croisière… Ce qui pourrait vaguement se comprendre dans une croisière cheap devient totalement inadmissible pour une croisière aussi chère.
Les astuces : - L’eau dans la cabine est tout à fait potable, à bon entendeur… - Nous ne pouvons que recommander les cabines de l’arrière du 3è pont à babord – certes c’est du côté des chargements/déchargements, donc potentiellement plus bruyant qu’à tribord, mais nous étions aux premières loges pour regarder le spectacle depuis la fenêtre de la cabine aux petites heures de la nuit… Et il suffit de ne pas prendre la cabine la plus proche du ponton pour que ce soit tout à fait calme (et pourtant je suis sensible au bruit). Au-dessus de ces cabines, la salle de restaurant qui ferme à 22H, et en-dessous le parking des voitures… Bref, c’est archi-calme. En plus, dans le sens Bergen-Kirkenes beaucoup des choses à voir se trouvaient à bâbord (phares, balise du cercle polaire arctique, toutes les escales...), tout comme les croisements des autres navires Hurtigruten. Cela permet donc aux voyageurs ne voulant pas passer leur temps sur le pont de bien profiter des choses.
Combien de temps à Roissy de terminal 2G à 2A? English translation pending
Bonjour à tous,
Je fais appel à vos expériences en matière de temps de correspondance à Roissy. Ma fille de 15 ans arrive à 8h20 au Terminal 2 G, elle décolle à 11h00 à partir du Terminal 2 A pour rejoindre Toronto avec Air Canada. Elle devra récupérer ses bagages au 2G avant de rejoindre le 2A (navette puis marche). Les services d'aéroport de Paris m'affirment que le temps de correspondance est bien trop court et qu'elle risque fort, quasi à coup sûr, de rater son avion. Les services d'Air France m'affirment que les 2h40 sont largement suffisantes. Ils me disent qu'ils préconisent 3 heures pour un changement d'aéroport (Orly-Roissy), 1 heure pour une correspondance au sein d'un même terminal (sans récupération de bagage) et qu'ici il ne s'agit que de se déplacer au sein d'un même terminal. Bref, à moins de 2 semaines de son départ, j'hésite entre annuler le premier vol (discours Aéroport de Paris) et le maintenir (discours Air France). Autre chose : pas de prise en charge possible de ma fille par les services de l'aéroport car 1) elle n'est pas majeure et 2) à 15 ans elle ne relève plus du dispositif "mineur non accompagné" (renseignements Aéroport de Paris).
Je suis vraiment preneuse de vos retours d'expérience !
Merci par avance !
Je fais appel à vos expériences en matière de temps de correspondance à Roissy. Ma fille de 15 ans arrive à 8h20 au Terminal 2 G, elle décolle à 11h00 à partir du Terminal 2 A pour rejoindre Toronto avec Air Canada. Elle devra récupérer ses bagages au 2G avant de rejoindre le 2A (navette puis marche). Les services d'aéroport de Paris m'affirment que le temps de correspondance est bien trop court et qu'elle risque fort, quasi à coup sûr, de rater son avion. Les services d'Air France m'affirment que les 2h40 sont largement suffisantes. Ils me disent qu'ils préconisent 3 heures pour un changement d'aéroport (Orly-Roissy), 1 heure pour une correspondance au sein d'un même terminal (sans récupération de bagage) et qu'ici il ne s'agit que de se déplacer au sein d'un même terminal. Bref, à moins de 2 semaines de son départ, j'hésite entre annuler le premier vol (discours Aéroport de Paris) et le maintenir (discours Air France). Autre chose : pas de prise en charge possible de ma fille par les services de l'aéroport car 1) elle n'est pas majeure et 2) à 15 ans elle ne relève plus du dispositif "mineur non accompagné" (renseignements Aéroport de Paris).
Je suis vraiment preneuse de vos retours d'expérience !
Merci par avance !
Sri Lanka: notre déception (regards insistants, personnes intéressées, etc) English translation pending
Bonjour,
Nous sommes un couple actuellement en voyage autour du monde, et je venais vous faire part de notre profonde déception concernant le Sri Lanka. Nous souhaitons partir peut-être prématurément pour la Thaïlande, mais nous avons besoin de conseils.
J'ai assez voyagé (voir mon profil), mais jamais en Asie. Il s'agissait de notre première étape dans ce pays, où nous sommes encore actuellement (à proximité de Kandy).
Je n'ai jamais eu cette sensation, dans aucun pays traversé à travers le monde. Je m'explique : Les gens sont irrespectueux. Principalement avec votre femme. Ma femme a une vingtaine d'années, elle est blonde aux yeux bleus, et les sri-lankais ne se gènent pas pour la mater de la tête au pied, de la siffler, de lui sourire, de faire des réflexions. Les regards insistants, c'est toute la journée ! C'est juste un manque de respect absolu ! Je n'ai jamais vu ça de ma vie. Je suis désolé, mais on dirait des pervers !
Autre point, nous avons été aidés plusieurs fois, lorsqu'on était un peu pommé, dans les gares, avant de prendre le train, entre deux tuk-tuk, mais à chaque fois les personnes avaient un intérêt derrière, pour vous placer une ghest-house, un restaurant, ou quoi que se soit qui peut leur rapporter de l'argent. Même les employés des offices de tourisme font la même chose !
Je ne parle même pas du harcèlement et des coups de klaxon tous les 15 mètres parce que vous êtes blancs et que vous pouvez potentiellement lâcher de l'argent.
Pour finir, les transports en commun sont une catastrophe absolue. Pour se déplacer sur les points les plus touristiques du pays, il faudra prendre des trains, des vieux bus bondés à ras bord pendant des heures, etc ... Tout le monde n'en a pas l'envie, chacun sa façon de voyager.
Bref, je respecte tous les points de vue. Beaucoup y trouveront sûrement de quoi s'épanouir. Je vous demande simplement de respecter le mien.
J'en profite pour donc pour une question : Est-ce la même chose en Thaïlande ? Qu'en est-il là bas ? Nous voulons juste nous fondre dans la masse, profiter d'activités sans avoir à entreprendre des expéditions, être tranquille quoi ! Profiter de la vie sans avoir à se soucier des pervers qui matent votre femme pendant que vous lui tenez la main tranquillement dans la rue.
Merci des conseils.
Nous sommes un couple actuellement en voyage autour du monde, et je venais vous faire part de notre profonde déception concernant le Sri Lanka. Nous souhaitons partir peut-être prématurément pour la Thaïlande, mais nous avons besoin de conseils.
J'ai assez voyagé (voir mon profil), mais jamais en Asie. Il s'agissait de notre première étape dans ce pays, où nous sommes encore actuellement (à proximité de Kandy).
Je n'ai jamais eu cette sensation, dans aucun pays traversé à travers le monde. Je m'explique : Les gens sont irrespectueux. Principalement avec votre femme. Ma femme a une vingtaine d'années, elle est blonde aux yeux bleus, et les sri-lankais ne se gènent pas pour la mater de la tête au pied, de la siffler, de lui sourire, de faire des réflexions. Les regards insistants, c'est toute la journée ! C'est juste un manque de respect absolu ! Je n'ai jamais vu ça de ma vie. Je suis désolé, mais on dirait des pervers !
Autre point, nous avons été aidés plusieurs fois, lorsqu'on était un peu pommé, dans les gares, avant de prendre le train, entre deux tuk-tuk, mais à chaque fois les personnes avaient un intérêt derrière, pour vous placer une ghest-house, un restaurant, ou quoi que se soit qui peut leur rapporter de l'argent. Même les employés des offices de tourisme font la même chose !
Je ne parle même pas du harcèlement et des coups de klaxon tous les 15 mètres parce que vous êtes blancs et que vous pouvez potentiellement lâcher de l'argent.
Pour finir, les transports en commun sont une catastrophe absolue. Pour se déplacer sur les points les plus touristiques du pays, il faudra prendre des trains, des vieux bus bondés à ras bord pendant des heures, etc ... Tout le monde n'en a pas l'envie, chacun sa façon de voyager.
Bref, je respecte tous les points de vue. Beaucoup y trouveront sûrement de quoi s'épanouir. Je vous demande simplement de respecter le mien.
J'en profite pour donc pour une question : Est-ce la même chose en Thaïlande ? Qu'en est-il là bas ? Nous voulons juste nous fondre dans la masse, profiter d'activités sans avoir à entreprendre des expéditions, être tranquille quoi ! Profiter de la vie sans avoir à se soucier des pervers qui matent votre femme pendant que vous lui tenez la main tranquillement dans la rue.
Merci des conseils.
Points GPS pour le Gobi (Mongolie) English translation pending
Suite à un 1er voyage super dans l'ouest de la Mongolie en 2010, en couple et en autonomie, je suis en train de préparer un autre, cette fois vers le Gobi puis l'Est, pour l'été prochain.
A partir des infos du Lonely, je repère sur Google Earth les points GPS intermédiaires, mais certaines zones ne sont pas assez lisibles pour me permettre de choisir le bon intinéraire, en particulier entre Bayanlig et Kermen Tsav. Je sais que c'est faisable, puisque certains tours organisés le font.
Faut-il passer par Bayangovi et Shinejinst ? ou une piste permet-elle de descendre sud-ouest de Bayanlig à Kermen Tsav ?
Si les 2 sont possibles, quel est le mieux côté variété des paysages ? Et puis-je avoir les points gps cruciaux ? .
Ainsi que ceux des gorges de Gunii Khondii et des buttes de Yasnee Tsav...
L'extinction de ce qui brûle, carnet d'un stage infirmier au Cambodge English translation pending
Bonjour à tous,
Lecteur assidu du forum qui s'est avéré une aide précieuse lors de la préparation de ce voyage, j'ai finalement décidé de sauter le pas et de livrer à mon tour mon expérience et mes impressions. Au retour d'un stage infirmier dans un hôpital de Phnom Penh, j'ai rassemblé mes notes dans un court récit, afin de garder une trace de ces deux mois incroyables passés au Cambodge. Passionné de littérature de voyage, je me suis pris au jeu de l'écriture et bien vite, ce carnet de bord est devenu un compte-rendu très subjectif de ce que j'ai pu voir lors de mon échappée asiatique. J'y parle de ce que j'y ai vécu en tant qu'étudiant infirmier mais aussi de mon émerveillement lors de mes escapades à la découverte du pays.
Je vous en poste les premières lignes, en espérant que cela vous donnera envie d'en lire davantage. Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le faire savoir et je mettrai la suite avec plaisir ! Je m'excuse par avance des coquilles, surement nombreuses, et des longueurs dans le texte, qui en rebuteront surement certains et qui correspondent à mon état d'esprit au moment où je l'ai rédigé. Avec un peu de chance, ce retour permettra de passer le temps à ceux qui sont sur le départ et rappellera peut-être des souvenirs aux autres, qui ont déjà râpé leurs sandales sur les pistes d'Angkor et les trottoirs de Phnom Penh.
L'extinction de ce qui brûle Carnets d'un étudiant infirmier au Cambodge
« La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir les hommes : il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines. » Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes
I De l’art de plier bagages
Combien d’heures passées, la tête entre les mains, à m’esquinter les yeux avec ferveur en dévorant les récits de Monod, Lévi-Strauss et autres explorateurs au long cours ? Combien de temps passé à les suivre dans leurs pérégrinations, promenant mon regard fiévreux sur un atlas fatigué en rêvant d’ailleurs lointains, d’archéologie exotique et de médecine tropicale ? J’ai appris ma géographie en accompagnant par la pensée ces scientifiques, aventuriers et voyageurs de tous poils dans leurs périples lointains, ivre de la musique de ces noms synonymes d’ailleurs : Adrar mauritanien, route des Incas, Terre de Feu, jungle indonésienne... « La toponymie est un moyen de transport », écrit Sylvain Tesson. Mes nuits deviennent blanches, à force de me surprendre en pleine lecture de ces récits de voyages. Je me laisse hypnotiser par les aventures indochinoises de Pierre Loti, redécouvrant les temples d’Angkor dans une terreur sacrée, et de Malraux pillant les mêmes avec une religieuse application. Fasciné, je suis les tours de roues des écrivains-voyageurs qui traversent à vélo cette Asie mystérieuse et envoûtante, en me faisant la promesse d’aller moi aussi, un jour, user mes semelles sur les chemins de ces contrées de légende.
Voyant se profiler à l’horizon la fin de mes études en soins infirmiers, je me livre à une introspection. Difficile de dire avec précision ce qui m’a décidé à devenir soignant sans échapper aux poncifs du genre. Peut-être est-ce la proximité avec les soignés, cette possibilité de mettre du sens dans mes actions et de me frotter aux buissons épineux de la vie et de ses accidents de parcours pour pouvoir avancer à mon tour ? En apprenant que certains se saisissent de leur dernière année pour partir voir comment l’on soigne aux antipodes, une idée me taraude, s’infiltre peu à peu pour hanter mes nuits et ne plus me laisser de repos. Partir ? Oui, mais où ? Avant même que la question ne se fasse jour, un nom brûle déjà mes lèvres. Cambodge, ce pays de mystères que j’ai tant de fois visité en pensée. Une ronde infinie de questions me paralyse : comment faire ? Que vais-je bien pouvoir apprendre là-bas ? Ne vaut-il pas mieux laisser le rêve de côté et se contenter de trouver un stage en France ? Pourtant, la monotonie de mon quotidien me pèse, je ne me satisfais plus des cours interminables sur les arcanes de la santé publique, ni de ces longues journées d’ennui dans un service de rééducation. A nouveau, une phrase de Tesson me revient : « A trop réfléchir aux raisons qui poussent à partir, on néglige de boucler son sac. » Ma décision est prise.
Fasciné depuis longtemps par cette destination, je ne tarde pas à rassembler les informations qui me manquent pour saisir les problématiques auxquelles le Cambodge est confronté. Ravagé par un génocide il y a seulement quarante ans, le royaume tente de relever la tête en oubliant l’horreur, le regard tourné vers un avenir encore incertain. Déterminé à devenir, lui aussi, un dragon au sein du marché asiatique, il a entamé une course folle vers sa modernisation, prêt à tout pour rattraper en marche le train de la mondialisation. Les malchanceux laissés sur les rails sont aussi nombreux qu’inaudibles, victimes de l’écart toujours croissant entre richesse et pauvreté, dont les retentissements se font ressentir jusque dans l’accès aux soins. Dans un pays où les accidents de la voie publique tuent cinq personnes par jour et où le traumatisme crânien est la première cause de mortalité aux urgences, la traumatologie revêt une importance significative. La chirurgie sera donc mon carton d’invitation pour partir à la rencontre des cambodgiens. Trois jours suffisent pour ficeler un dossier vantant les mérites de cette expérience internationale en usant du jargon de circonstance. Camille, amie précieuse et partenaire infatigable de treks en tous genres se joint à l’aventure. Sa spontanéité et sa bonne humeur ne seront pas de trop pour surmonter les moments de doute à venir.
En attendant les réponses à nos demandes d’autorisation et de financement, nous sommes pris de vertige devant ce saut dans l’inconnu qui nous attend. Qu’attendre d’un tel voyage, au-delà de la découverte d’une culture aux antipodes de la sienne ? Tout. Et rien. C’est parfois la meilleure manière d’éviter la déception née de l’incompatibilité du fantasme avec la réalité. En partant là-bas, j’ai bon espoir que le milieu des soins nous permettra d’en apprendre davantage sur le rapport des cambodgiens à la vie mais aussi à la mort, à la souffrance et au handicap. Je suis curieux de connaître leur façon d’appréhender le sacré et de savoir quel rôle la spiritualité et la philosophie jouent dans leur vie, pour les aider à surmonter les aléas d’une vie parfois très rude. Ce voyage est aussi l’occasion de prendre du recul, d’éclairer sous un nouveau jour notre manière de penser le soin en Occident.
Quelques semaines plus tard, l’accord de la direction de l’école claque comme le coup de feu annonçant le départ de la course : j’ai des fourmis dans les jambes depuis longtemps mais le départ est pris. Avides de découvertes, de rencontres et de nouvelles pierres pour nous construire, nous faisons nos sacs, le cœur déjà loin à l’Est.
II La colline de Madame Penh
Premiers pas sur le tarmac de l’aéroport. Un millier d’odeurs se disputent l’accès à nos narines en même temps que nos corps ont la sensation de plonger dans un bain d’eau chaude, tandis que nous forçons notre passage à travers cet air moite qui nous colle à la peau. Dans la lumière rasante de la fin de journée, nous pressentons Phnom Penh : tel un animal mythologique, sa présence s’impose avant même qu’on ne puisse la voir. Nous la devinons à sa rumeur, concerto pour klaxons et moteurs à bout de souffle, ainsi qu’à son parfum: effluves évanescentes de viande grillée et d’encens, additionnée de l’âcre odeur de l’huile de vidange. Ce premier contact nous laisse déboussolés, interdits, immobiles avec nos sacs à la main, comme attendant d’être tirés d’un rêve étrange. Reprenant nos esprits, nous nous jetons sur un chauffeur de tuk-tuk comme des naufragés sur un morceau de bois flottant et filons vers le centre, à travers le chaos de la circulation. Cramponnés à tout ce qui dépasse dans l’habitacle, nous nous en remettons à la dextérité du conducteur, qui fend le flot de véhicules sur sa monture pétaradante, sorte de Moïse des temps modernes traversant la mer du trafic phnom penhois.
Nous échouons finalement dans une auberge au décor de pub irlandais. En Asie, ces établissements à mi-chemin entre l’hôtel bon marché et l’auberge de jeunesse pullulent, proposant au voyageur fatigué le confort d’un lit à la propreté variable et la cuisine correspondante. Le propriétaire de notre point de chute, un américain jovial, semble y avoir trouvé le décor d’une existence confortable et tranquille. Nos valises déposées, nous décidons d’aller prendre le pouls de la ville, transformée par la nuit en un dédale de rues éclairées anarchiquement par quelques enseignes clignotantes et des lampadaires fatigués. Il fait 27° et sur les trottoirs, la vie déborde des logements exigus où la famille ne tient pas sans se marcher dessus. Ici, un homme ventripotent regarde la télé en short, là des passants sont rassemblés autour d’un restaurant ambulant duquel émane des effluves appétissantes, alors que des gamins jouent dehors en pyjama, sans que l’on sache au juste de quelle échoppe crasseuse ils sont sortis tels des diables d’une boîte. En revenant du quai Sisowath, nous faisons la connaissance des rats de Phnom Penh : gros comme de jeunes chats, ils traversent à toute vitesse le parc arboré qui nous ramène vers le centre. Soudain, un enfant s’approche, tout sourire, et me lâche un « hello » sonore en me tendant la main. J’esquisse d’abord un mouvement de recul, pensant que le môme va me réclamer un dollar, mais il n’en est rien. Il repart satisfait après m’avoir serré la main à l’occidentale, comme dans les séries américaines. Note à moi-même : goûter au voyage c’est libérer son esprit du poids de ses préjugés pour laisser de la place aux rencontres à venir... Plus tard dans la soirée, je m’assois dans un fauteuil en rotin sur le toit de la guesthouse. En face, le palais royal perce l’épaisseur de la nuit de ses centaines de guirlandes lumineuses. Autour de moi, Phnom Penh, perle de l’Asie, étale son bric à brac d’architecture coloniale, de façades décrépies et de pierres centenaires qui servent de refuge à un million cinq cent mille habitants. Dans cette atmosphère onirique de bout du monde, je me sens tout à coup arrivé.
Nos premiers jours dans cette mégalopole miniature sont occupés à nous trouver un logement dans l’ancien quartier français, à proximité de l’hôpital qui doit nous accueillir. Notre quête aboutit finalement dans un établissement aux prix modestes, où nous dégottons une chambre correcte (un seul préservatif usagé sous le lit !). Le gérant, un cambodgien anglophone à l’abdomen proéminent paraît ravi d’accueillir deux nouveaux occidentaux à qui il pourra vendre ses nouilles et ses boissons fraîches. Notre quartier général trouvé, nous partons rapidement à la découverte de la ville, profitant de ces quelques jours de flottement avant le début de notre stage pour l’arpenter en long, en large et en travers. Nous nous laissons porter par nos pas, ivres de l’atmosphère créée par le parfum des fleurs cuisant doucement au soleil et de la poussière en suspension, filtrant la lumière du soleil sur les grandes avenues du centre. Nous errons dans les ruelles jonchées de détritus où, le soir venu, s’organisent des matchs de volley endiablés entre adversaires torse-nus, jeunes adultes grandis trop vite et retrouvant, l’espace de quelques heures, une innocence perdue. Je repense à Nietzsche, qui disait que la maturité de l’homme consiste à retrouver le sérieux qu’il avait au jeu étant enfant…
Un dimanche, notre vagabondage quotidien nous mène au Wat Phnom, le plus vieux temple de la ville. Situé dans un écrin de verdure au beau milieu de la ville et à deux pas du Mékong, il semble parfaitement intégré dans l’espace urbain qui l’entoure. Lieu sacré dédié au Bouddha, son grand stupa immacul�� renferme les restes du dernier empereur d’Angkor, qui a fui son palais lors de l’invasion Siam du XVème siècle. Selon la légende, une certaine Daun Penh, ou « Grand-mère Penh », aurait aperçu, flottant dans le Mékong, un tronc d’arbre dans lequel reposaient des statues sacrées. Les dieux avaient littéralement abandonné Angkor. Avec l’aide de quelques villageois, madame Penh recueilli les objets sacrés et les installa dans un petit temple au sommet d’une butte en terre érigée pour l’occasion. La ville alentour s’étoffa et devint Phnom Penh, « la colline de madame Penh ». Au sommet de ce monticule d’une trentaine de mètres, les murs blancs du temple veillent sur la ville, indifférents aux aléas de l’Histoire. Il s’agit d’un lieu de rassemblement, où l’on vient autant pour s’attirer les faveurs du Bouddha en lui déposant quelques offrandes que pour venir s’asseoir à l’ombre des grands arbres qui entourent le lieu saint. Dans les feuillages des longaniers, quelques singes s’échangent les nouvelles du jour alors que des mélodies traditionnelles émanent du sommet de la colline, s’élevant vers le ciel comme une fumée d’encens.
Poursuivant notre exploration, nous atteignons le musée national des beaux-arts. Conçu par l’Ecole Française d’Extrême-Orient au début du siècle dernier, il s’inspire à la fois de l’architecture traditionnelle khmère et du style colonial. Il constitue la preuve que certains ont fait le choix de respecter le pays dont ils étaient les hôtes, plutôt que de le marquer au fer rouge d’une domination occidentale nauséabonde. Le palais royal, lui, n’aura pas bénéficié de la même attention : dès leur entrée dans le pays, les sujets du Roi de France ont gravé leurs fleurs de lys sur ses magnifiques dalles en argent. Nous parcourons les salles de ce musée, à peine aussi grand qu’une aile du Louvre. En plus d’être un oasis de fraîcheur dans l’atmosphère brûlante de la ville, il renferme de véritables trésors extraits des temples à travers le pays pour les protéger des pillards. Des statues pré-angkoriennes nous toisent de leurs regards énigmatiques, alors qu’un peu plus loin, des linteaux de pierre racontent le fracas des batailles antiques, danses frénétiques où les chars affrontent sans merci les éléphants de guerre. De temps à autre, une femme âgée nous propose de lui acheter une fleur de lotus ou quelques bâtonnets d’encens pour les déposer au pied d’une statue de Bouddha ou d’une représentation d’Harihara, déité syncrétique unifiant les figures de Vishnu et de Shiva. Quelques moines en toges safran venus visiter le musée s’arrêtent au passage et saluent avec respect les images sacrées. Pour les voyageurs que nous sommes, la scène est étrange : imagine-t-on des nonnes déposer des bougies aux pieds de la Vierge à L’enfant de Da Vinci ? Ici, les avatars du divin, pour être des œuvres d’art, n’en continuent pas moins d’être vénérées, inscrivant ce musée dans la vie spirituelle et culturelle du pays, au même titre que ses temples. Au détour d’une allée ouverte sur le luxuriant jardin central, la figure de Prajnaparamita, déesse de la parfaite sagesse du Bouddhisme, m’arrête en plein élan. La finesse de ses traits, l’aura de mystère et de beauté qui s’en dégagent m’hypnotisent et me figent. Je me perds dans la contemplation de son visage, transpirant la sérénité. Peut-on tomber amoureux d’un bloc de pierre ? Dehors, de jeunes moines se reposent autour d’un bassin à l’ombre de leurs parapluies orange. Ils discutent tranquillement, indifférents aux cliquetis des photographes en herbe trop contents de pouvoir immortaliser la scène, qui figurera en bonne place dans leur diaporama de vacances.
Pour nous imprégner davantage de la vie de Phnom Penh, nous visitons ses marchés, foisonnant de vie. Le Phsar Thom Thmey, d’abord, grand marché central de l’époque française dont la coupole art déco fait partie des vingt plus grandes au monde. Le marché russe, ensuite, dédales d’allées sombres et surchauffées où un bric à brac invraisemblable remplit l’espace du sol au plafond. On y trouve tout ce qu’il est humainement possible de vendre : depuis les étoffes aux couleurs éclatantes jusqu’aux pièces de viande se balançant à hauteur du visage, en passant par l’électronique chinoise, les pièces de mécanique, les vêtements contrefaits et les répliques d’œuvres d’art. Attaque en règle des cinq sens, qui frise l’overdose sous les assauts répétés de ces stimuli incessants.
Le soir nous rentrons à la guesthouse, fourbus par les kilomètres faits à pied plutôt qu’en tuk-tuk afin de favoriser notre immersion dans la ville et aussi d’économiser quelques dollars précieux. Notre auberge est une sorte d’oasis urbain où les backpackers fatigués et les expatriés gouailleurs se retrouvent à la tombée du jour comme des animaux à un point d’eau. Enfoncé dans un fauteuil, je me livre à une ethnologie sauvage de cette faune hétéroclite entre deux verres de tequila bon marché – n’ayant pas le cœur d’essayer le Mékong Whisky, la production locale. Des individus que tout sépare se côtoient dans cette version cambodgienne de l’auberge espagnole. Ici une voyageuse aux habits colorés lit en silence, indifférente aux borborygmes d’un finlandais éméché venu chercher une énième bière tandis qu’un américain schizophrène s’occupe à faire taire les voix qui résonnent dans sa tête en monologuant dans un coin. Tous, du rabatteur au visage creusé par la métamphétamine jusqu’au jeune touriste hébété semblent trouver leur compte dans cette ambiance de liberté façon beatnik, arrosée d’alcool, de substances indéterminées et d’une quête d’absolu un peu vaine. Dans la moiteur de la nuit tropicale, les mouvements semblent se diluer dans l’air, les corps ne plus faire qu’un avec le bain dans lequel ils sont immergés. Dans cette atmosphère féconde qui infiltre chacun de mes pores, je griffonne inlassablement sur mon carnet, couchant sur papier les impressions laissées par ce voyage dans l’Ailleurs, les mégots de mes Alain Delon – les acteurs se fument au Cambodge – s’entassant dans un cendrier sur la table basse. Demain est une page vierge qu’il me tarde de remplir.
Lecteur assidu du forum qui s'est avéré une aide précieuse lors de la préparation de ce voyage, j'ai finalement décidé de sauter le pas et de livrer à mon tour mon expérience et mes impressions. Au retour d'un stage infirmier dans un hôpital de Phnom Penh, j'ai rassemblé mes notes dans un court récit, afin de garder une trace de ces deux mois incroyables passés au Cambodge. Passionné de littérature de voyage, je me suis pris au jeu de l'écriture et bien vite, ce carnet de bord est devenu un compte-rendu très subjectif de ce que j'ai pu voir lors de mon échappée asiatique. J'y parle de ce que j'y ai vécu en tant qu'étudiant infirmier mais aussi de mon émerveillement lors de mes escapades à la découverte du pays.
Je vous en poste les premières lignes, en espérant que cela vous donnera envie d'en lire davantage. Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le faire savoir et je mettrai la suite avec plaisir ! Je m'excuse par avance des coquilles, surement nombreuses, et des longueurs dans le texte, qui en rebuteront surement certains et qui correspondent à mon état d'esprit au moment où je l'ai rédigé. Avec un peu de chance, ce retour permettra de passer le temps à ceux qui sont sur le départ et rappellera peut-être des souvenirs aux autres, qui ont déjà râpé leurs sandales sur les pistes d'Angkor et les trottoirs de Phnom Penh.
L'extinction de ce qui brûle Carnets d'un étudiant infirmier au Cambodge
« La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir les hommes : il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines. » Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes
I De l’art de plier bagages
Combien d’heures passées, la tête entre les mains, à m’esquinter les yeux avec ferveur en dévorant les récits de Monod, Lévi-Strauss et autres explorateurs au long cours ? Combien de temps passé à les suivre dans leurs pérégrinations, promenant mon regard fiévreux sur un atlas fatigué en rêvant d’ailleurs lointains, d’archéologie exotique et de médecine tropicale ? J’ai appris ma géographie en accompagnant par la pensée ces scientifiques, aventuriers et voyageurs de tous poils dans leurs périples lointains, ivre de la musique de ces noms synonymes d’ailleurs : Adrar mauritanien, route des Incas, Terre de Feu, jungle indonésienne... « La toponymie est un moyen de transport », écrit Sylvain Tesson. Mes nuits deviennent blanches, à force de me surprendre en pleine lecture de ces récits de voyages. Je me laisse hypnotiser par les aventures indochinoises de Pierre Loti, redécouvrant les temples d’Angkor dans une terreur sacrée, et de Malraux pillant les mêmes avec une religieuse application. Fasciné, je suis les tours de roues des écrivains-voyageurs qui traversent à vélo cette Asie mystérieuse et envoûtante, en me faisant la promesse d’aller moi aussi, un jour, user mes semelles sur les chemins de ces contrées de légende.
Voyant se profiler à l’horizon la fin de mes études en soins infirmiers, je me livre à une introspection. Difficile de dire avec précision ce qui m’a décidé à devenir soignant sans échapper aux poncifs du genre. Peut-être est-ce la proximité avec les soignés, cette possibilité de mettre du sens dans mes actions et de me frotter aux buissons épineux de la vie et de ses accidents de parcours pour pouvoir avancer à mon tour ? En apprenant que certains se saisissent de leur dernière année pour partir voir comment l’on soigne aux antipodes, une idée me taraude, s’infiltre peu à peu pour hanter mes nuits et ne plus me laisser de repos. Partir ? Oui, mais où ? Avant même que la question ne se fasse jour, un nom brûle déjà mes lèvres. Cambodge, ce pays de mystères que j’ai tant de fois visité en pensée. Une ronde infinie de questions me paralyse : comment faire ? Que vais-je bien pouvoir apprendre là-bas ? Ne vaut-il pas mieux laisser le rêve de côté et se contenter de trouver un stage en France ? Pourtant, la monotonie de mon quotidien me pèse, je ne me satisfais plus des cours interminables sur les arcanes de la santé publique, ni de ces longues journées d’ennui dans un service de rééducation. A nouveau, une phrase de Tesson me revient : « A trop réfléchir aux raisons qui poussent à partir, on néglige de boucler son sac. » Ma décision est prise.
Fasciné depuis longtemps par cette destination, je ne tarde pas à rassembler les informations qui me manquent pour saisir les problématiques auxquelles le Cambodge est confronté. Ravagé par un génocide il y a seulement quarante ans, le royaume tente de relever la tête en oubliant l’horreur, le regard tourné vers un avenir encore incertain. Déterminé à devenir, lui aussi, un dragon au sein du marché asiatique, il a entamé une course folle vers sa modernisation, prêt à tout pour rattraper en marche le train de la mondialisation. Les malchanceux laissés sur les rails sont aussi nombreux qu’inaudibles, victimes de l’écart toujours croissant entre richesse et pauvreté, dont les retentissements se font ressentir jusque dans l’accès aux soins. Dans un pays où les accidents de la voie publique tuent cinq personnes par jour et où le traumatisme crânien est la première cause de mortalité aux urgences, la traumatologie revêt une importance significative. La chirurgie sera donc mon carton d’invitation pour partir à la rencontre des cambodgiens. Trois jours suffisent pour ficeler un dossier vantant les mérites de cette expérience internationale en usant du jargon de circonstance. Camille, amie précieuse et partenaire infatigable de treks en tous genres se joint à l’aventure. Sa spontanéité et sa bonne humeur ne seront pas de trop pour surmonter les moments de doute à venir.
En attendant les réponses à nos demandes d’autorisation et de financement, nous sommes pris de vertige devant ce saut dans l’inconnu qui nous attend. Qu’attendre d’un tel voyage, au-delà de la découverte d’une culture aux antipodes de la sienne ? Tout. Et rien. C’est parfois la meilleure manière d’éviter la déception née de l’incompatibilité du fantasme avec la réalité. En partant là-bas, j’ai bon espoir que le milieu des soins nous permettra d’en apprendre davantage sur le rapport des cambodgiens à la vie mais aussi à la mort, à la souffrance et au handicap. Je suis curieux de connaître leur façon d’appréhender le sacré et de savoir quel rôle la spiritualité et la philosophie jouent dans leur vie, pour les aider à surmonter les aléas d’une vie parfois très rude. Ce voyage est aussi l’occasion de prendre du recul, d’éclairer sous un nouveau jour notre manière de penser le soin en Occident.
Quelques semaines plus tard, l’accord de la direction de l’école claque comme le coup de feu annonçant le départ de la course : j’ai des fourmis dans les jambes depuis longtemps mais le départ est pris. Avides de découvertes, de rencontres et de nouvelles pierres pour nous construire, nous faisons nos sacs, le cœur déjà loin à l’Est.
II La colline de Madame Penh
Premiers pas sur le tarmac de l’aéroport. Un millier d’odeurs se disputent l’accès à nos narines en même temps que nos corps ont la sensation de plonger dans un bain d’eau chaude, tandis que nous forçons notre passage à travers cet air moite qui nous colle à la peau. Dans la lumière rasante de la fin de journée, nous pressentons Phnom Penh : tel un animal mythologique, sa présence s’impose avant même qu’on ne puisse la voir. Nous la devinons à sa rumeur, concerto pour klaxons et moteurs à bout de souffle, ainsi qu’à son parfum: effluves évanescentes de viande grillée et d’encens, additionnée de l’âcre odeur de l’huile de vidange. Ce premier contact nous laisse déboussolés, interdits, immobiles avec nos sacs à la main, comme attendant d’être tirés d’un rêve étrange. Reprenant nos esprits, nous nous jetons sur un chauffeur de tuk-tuk comme des naufragés sur un morceau de bois flottant et filons vers le centre, à travers le chaos de la circulation. Cramponnés à tout ce qui dépasse dans l’habitacle, nous nous en remettons à la dextérité du conducteur, qui fend le flot de véhicules sur sa monture pétaradante, sorte de Moïse des temps modernes traversant la mer du trafic phnom penhois.
Nous échouons finalement dans une auberge au décor de pub irlandais. En Asie, ces établissements à mi-chemin entre l’hôtel bon marché et l’auberge de jeunesse pullulent, proposant au voyageur fatigué le confort d’un lit à la propreté variable et la cuisine correspondante. Le propriétaire de notre point de chute, un américain jovial, semble y avoir trouvé le décor d’une existence confortable et tranquille. Nos valises déposées, nous décidons d’aller prendre le pouls de la ville, transformée par la nuit en un dédale de rues éclairées anarchiquement par quelques enseignes clignotantes et des lampadaires fatigués. Il fait 27° et sur les trottoirs, la vie déborde des logements exigus où la famille ne tient pas sans se marcher dessus. Ici, un homme ventripotent regarde la télé en short, là des passants sont rassemblés autour d’un restaurant ambulant duquel émane des effluves appétissantes, alors que des gamins jouent dehors en pyjama, sans que l’on sache au juste de quelle échoppe crasseuse ils sont sortis tels des diables d’une boîte. En revenant du quai Sisowath, nous faisons la connaissance des rats de Phnom Penh : gros comme de jeunes chats, ils traversent à toute vitesse le parc arboré qui nous ramène vers le centre. Soudain, un enfant s’approche, tout sourire, et me lâche un « hello » sonore en me tendant la main. J’esquisse d’abord un mouvement de recul, pensant que le môme va me réclamer un dollar, mais il n’en est rien. Il repart satisfait après m’avoir serré la main à l’occidentale, comme dans les séries américaines. Note à moi-même : goûter au voyage c’est libérer son esprit du poids de ses préjugés pour laisser de la place aux rencontres à venir... Plus tard dans la soirée, je m’assois dans un fauteuil en rotin sur le toit de la guesthouse. En face, le palais royal perce l’épaisseur de la nuit de ses centaines de guirlandes lumineuses. Autour de moi, Phnom Penh, perle de l’Asie, étale son bric à brac d’architecture coloniale, de façades décrépies et de pierres centenaires qui servent de refuge à un million cinq cent mille habitants. Dans cette atmosphère onirique de bout du monde, je me sens tout à coup arrivé.
Nos premiers jours dans cette mégalopole miniature sont occupés à nous trouver un logement dans l’ancien quartier français, à proximité de l’hôpital qui doit nous accueillir. Notre quête aboutit finalement dans un établissement aux prix modestes, où nous dégottons une chambre correcte (un seul préservatif usagé sous le lit !). Le gérant, un cambodgien anglophone à l’abdomen proéminent paraît ravi d’accueillir deux nouveaux occidentaux à qui il pourra vendre ses nouilles et ses boissons fraîches. Notre quartier général trouvé, nous partons rapidement à la découverte de la ville, profitant de ces quelques jours de flottement avant le début de notre stage pour l’arpenter en long, en large et en travers. Nous nous laissons porter par nos pas, ivres de l’atmosphère créée par le parfum des fleurs cuisant doucement au soleil et de la poussière en suspension, filtrant la lumière du soleil sur les grandes avenues du centre. Nous errons dans les ruelles jonchées de détritus où, le soir venu, s’organisent des matchs de volley endiablés entre adversaires torse-nus, jeunes adultes grandis trop vite et retrouvant, l’espace de quelques heures, une innocence perdue. Je repense à Nietzsche, qui disait que la maturité de l’homme consiste à retrouver le sérieux qu’il avait au jeu étant enfant…
Un dimanche, notre vagabondage quotidien nous mène au Wat Phnom, le plus vieux temple de la ville. Situé dans un écrin de verdure au beau milieu de la ville et à deux pas du Mékong, il semble parfaitement intégré dans l’espace urbain qui l’entoure. Lieu sacré dédié au Bouddha, son grand stupa immacul�� renferme les restes du dernier empereur d’Angkor, qui a fui son palais lors de l’invasion Siam du XVème siècle. Selon la légende, une certaine Daun Penh, ou « Grand-mère Penh », aurait aperçu, flottant dans le Mékong, un tronc d’arbre dans lequel reposaient des statues sacrées. Les dieux avaient littéralement abandonné Angkor. Avec l’aide de quelques villageois, madame Penh recueilli les objets sacrés et les installa dans un petit temple au sommet d’une butte en terre érigée pour l’occasion. La ville alentour s’étoffa et devint Phnom Penh, « la colline de madame Penh ». Au sommet de ce monticule d’une trentaine de mètres, les murs blancs du temple veillent sur la ville, indifférents aux aléas de l’Histoire. Il s’agit d’un lieu de rassemblement, où l’on vient autant pour s’attirer les faveurs du Bouddha en lui déposant quelques offrandes que pour venir s’asseoir à l’ombre des grands arbres qui entourent le lieu saint. Dans les feuillages des longaniers, quelques singes s’échangent les nouvelles du jour alors que des mélodies traditionnelles émanent du sommet de la colline, s’élevant vers le ciel comme une fumée d’encens.
Poursuivant notre exploration, nous atteignons le musée national des beaux-arts. Conçu par l’Ecole Française d’Extrême-Orient au début du siècle dernier, il s’inspire à la fois de l’architecture traditionnelle khmère et du style colonial. Il constitue la preuve que certains ont fait le choix de respecter le pays dont ils étaient les hôtes, plutôt que de le marquer au fer rouge d’une domination occidentale nauséabonde. Le palais royal, lui, n’aura pas bénéficié de la même attention : dès leur entrée dans le pays, les sujets du Roi de France ont gravé leurs fleurs de lys sur ses magnifiques dalles en argent. Nous parcourons les salles de ce musée, à peine aussi grand qu’une aile du Louvre. En plus d’être un oasis de fraîcheur dans l’atmosphère brûlante de la ville, il renferme de véritables trésors extraits des temples à travers le pays pour les protéger des pillards. Des statues pré-angkoriennes nous toisent de leurs regards énigmatiques, alors qu’un peu plus loin, des linteaux de pierre racontent le fracas des batailles antiques, danses frénétiques où les chars affrontent sans merci les éléphants de guerre. De temps à autre, une femme âgée nous propose de lui acheter une fleur de lotus ou quelques bâtonnets d’encens pour les déposer au pied d’une statue de Bouddha ou d’une représentation d’Harihara, déité syncrétique unifiant les figures de Vishnu et de Shiva. Quelques moines en toges safran venus visiter le musée s’arrêtent au passage et saluent avec respect les images sacrées. Pour les voyageurs que nous sommes, la scène est étrange : imagine-t-on des nonnes déposer des bougies aux pieds de la Vierge à L’enfant de Da Vinci ? Ici, les avatars du divin, pour être des œuvres d’art, n’en continuent pas moins d’être vénérées, inscrivant ce musée dans la vie spirituelle et culturelle du pays, au même titre que ses temples. Au détour d’une allée ouverte sur le luxuriant jardin central, la figure de Prajnaparamita, déesse de la parfaite sagesse du Bouddhisme, m’arrête en plein élan. La finesse de ses traits, l’aura de mystère et de beauté qui s’en dégagent m’hypnotisent et me figent. Je me perds dans la contemplation de son visage, transpirant la sérénité. Peut-on tomber amoureux d’un bloc de pierre ? Dehors, de jeunes moines se reposent autour d’un bassin à l’ombre de leurs parapluies orange. Ils discutent tranquillement, indifférents aux cliquetis des photographes en herbe trop contents de pouvoir immortaliser la scène, qui figurera en bonne place dans leur diaporama de vacances.
Pour nous imprégner davantage de la vie de Phnom Penh, nous visitons ses marchés, foisonnant de vie. Le Phsar Thom Thmey, d’abord, grand marché central de l’époque française dont la coupole art déco fait partie des vingt plus grandes au monde. Le marché russe, ensuite, dédales d’allées sombres et surchauffées où un bric à brac invraisemblable remplit l’espace du sol au plafond. On y trouve tout ce qu’il est humainement possible de vendre : depuis les étoffes aux couleurs éclatantes jusqu’aux pièces de viande se balançant à hauteur du visage, en passant par l’électronique chinoise, les pièces de mécanique, les vêtements contrefaits et les répliques d’œuvres d’art. Attaque en règle des cinq sens, qui frise l’overdose sous les assauts répétés de ces stimuli incessants.
Le soir nous rentrons à la guesthouse, fourbus par les kilomètres faits à pied plutôt qu’en tuk-tuk afin de favoriser notre immersion dans la ville et aussi d’économiser quelques dollars précieux. Notre auberge est une sorte d’oasis urbain où les backpackers fatigués et les expatriés gouailleurs se retrouvent à la tombée du jour comme des animaux à un point d’eau. Enfoncé dans un fauteuil, je me livre à une ethnologie sauvage de cette faune hétéroclite entre deux verres de tequila bon marché – n’ayant pas le cœur d’essayer le Mékong Whisky, la production locale. Des individus que tout sépare se côtoient dans cette version cambodgienne de l’auberge espagnole. Ici une voyageuse aux habits colorés lit en silence, indifférente aux borborygmes d’un finlandais éméché venu chercher une énième bière tandis qu’un américain schizophrène s’occupe à faire taire les voix qui résonnent dans sa tête en monologuant dans un coin. Tous, du rabatteur au visage creusé par la métamphétamine jusqu’au jeune touriste hébété semblent trouver leur compte dans cette ambiance de liberté façon beatnik, arrosée d’alcool, de substances indéterminées et d’une quête d’absolu un peu vaine. Dans la moiteur de la nuit tropicale, les mouvements semblent se diluer dans l’air, les corps ne plus faire qu’un avec le bain dans lequel ils sont immergés. Dans cette atmosphère féconde qui infiltre chacun de mes pores, je griffonne inlassablement sur mon carnet, couchant sur papier les impressions laissées par ce voyage dans l’Ailleurs, les mégots de mes Alain Delon – les acteurs se fument au Cambodge – s’entassant dans un cendrier sur la table basse. Demain est une page vierge qu’il me tarde de remplir.
Destination soleil en février English translation pending
bonjour
je suis littéralement effondrée !!! depuis un bon petit moment je recherche une destination de vacances au soleil , je me suis dirigée vers la thailande puis également republique dominicaine (2 endroits que nous n avons pas encore eu l occasion d aller )nous devons partir pour les vacances de fevrier nous etions 3 a la bas mon mari ma fille et moi mais attendant que mon mari me donne son approbation (question boulot il ne sait jamais si oui ou non il va pouvoir partir ) voila maintenant que nous ne somme plus que 2 ma fille et moi mais je ne trouve rien dans mon budget !!! une semaine voir 2 a 3 jours de plus si plus loin en pension complete a compter du 23 /02 pour un budget de 1300 maximum et bien rien !!!! si ou alors les circuits ! mais ma fille ne veut pas faire 400 km par jour elle veut profiter du soleil et se balader sans devoir se lever aux aurores quelles autres destinations pourrais je cibler ?? quelqu un peut il me donner un filon pour trouver ? je pensais que plus on attendait et plus on avait de chance de trouver moins cher mais je m aperçois que rien de tout ca n est vrai meme en Belgique les agences sont aussi cheres voir plus alors qu ils ne sont pas en vacances !!!!
merci a vous toutes les propositions m intéressent a partir du moment ou elles ne dépassent pas mon budget
😉
je suis littéralement effondrée !!! depuis un bon petit moment je recherche une destination de vacances au soleil , je me suis dirigée vers la thailande puis également republique dominicaine (2 endroits que nous n avons pas encore eu l occasion d aller )nous devons partir pour les vacances de fevrier nous etions 3 a la bas mon mari ma fille et moi mais attendant que mon mari me donne son approbation (question boulot il ne sait jamais si oui ou non il va pouvoir partir ) voila maintenant que nous ne somme plus que 2 ma fille et moi mais je ne trouve rien dans mon budget !!! une semaine voir 2 a 3 jours de plus si plus loin en pension complete a compter du 23 /02 pour un budget de 1300 maximum et bien rien !!!! si ou alors les circuits ! mais ma fille ne veut pas faire 400 km par jour elle veut profiter du soleil et se balader sans devoir se lever aux aurores quelles autres destinations pourrais je cibler ?? quelqu un peut il me donner un filon pour trouver ? je pensais que plus on attendait et plus on avait de chance de trouver moins cher mais je m aperçois que rien de tout ca n est vrai meme en Belgique les agences sont aussi cheres voir plus alors qu ils ne sont pas en vacances !!!!
merci a vous toutes les propositions m intéressent a partir du moment ou elles ne dépassent pas mon budget
😉
Activités à privilégier Rovaniemi mi-décembre English translation pending
bonsoir !!
c 'est decidé nous partons pour Rovaniemi du 14/12 au 18/12/13 . nous avons choisis un vol sec + hotel city en petit dejeuner .
on arrive a 13h30 a Rovaniemi et on repart a 14h de Rovaniemi le 18/12 .
je pense avoir lu beaucoup de vos post pour m aiguiller mais ils me manque encore quelques reponses .
au niveau des cativitées nous aimerions ( un peu comme tout le monde je pense ..)
- visiter le village du père noel et santa park en 1 journée ????
-faire un safari ferme de renne et ferme de chien 1 journée aussi j ai vu plusieurs agences qui le propose mais j aimerais vos avis sur ces agences justement , laquelle choisir ?
_aller skier a ounasvaara ?? 1/2 journée ou 1 journée ????
- visiter le musé a Rovaniemi , le jour de notre arrivé je pense , on arrive a 13h30 , on loue un vehicule a l aeroport .
il nous reste peu de temps alors quoi privilegier comme activités selon vous ? zoo , motoneige ...nous sommes un couple avec un enfant de 7 ans .
ha j oubliais ! dernieres questions : etant donné que le jour tombe vite , est il quand meme possible de faire des activitées ou faut il mieux rentrer a l hotel ?
aurons nous de la neige a cette epoque de l année ? car sinon je repousse au mois de janvier !!!!
merci pour vos infos qui me seront précieuses !!
Concours photo VF août 2013: supports d'écriture English translation pending
Bonjour,
Je ne fais que reporter ici le lancement du concours photo d'août de Jakatite. 🙂
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Bonjour à tous les artistes photographes de ce forum,
encore un grand merci pour vos votes et commentaires, mais voici venu le temps le plus difficile pour moi 🤪 ORGANISER...et je suis loin d'être aussi douée que certain(e)s d'entre vous
voici enfin le titre tant attendu, supports d'écritures.
J'imagine que vous avez des collections de lettres, symboles ou chiffres, gravés sur des papyrus, dans le sable, sur des troncs de bambous, sur des pierres, ou imprimés sur des drapeaux de prières, des livres de prières de toutes les religions...
Les dates fatidiques: envoi des photos dès maintenant, jusqu'au 23 août, à minuit
Vos votes: du 24 août au vendredi 30 ( A MIDI et pas à minuit ) car je serai en voyage en Asie et les cyber cafés ne seront pas ouverts à 6 heures du matin là-bas !!!
N'oubliez pas de mentionner dans votre choix : le pseudo ainsi que le N° de la photo choisie
premier choix 3 points
2 ème 2 points
3 ème 1 point
Merci à toute personne désireuse de me soutenir ... j'accepte de jouer le jeu et d'organiser le prochain concours, ainsi que de compter et publier les votes, mais qui va me donner un coup de main pour l'infrastructure et le diaporama ??? Vous avez l'air si douéEs que j'ose esp��rer un peu d'aide, sinon je dois passer la main mais à qui ???
A bientôt, je me réjouis de découvrir vos belles prises de vues.
Jacqueline
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - PS: on discute là-bas, pas ici. 😠 Le diaporama (s'il y a des amateurs... welcome !) 🙂
Je ne fais que reporter ici le lancement du concours photo d'août de Jakatite. 🙂
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encore un grand merci pour vos votes et commentaires, mais voici venu le temps le plus difficile pour moi 🤪 ORGANISER...et je suis loin d'être aussi douée que certain(e)s d'entre vous
voici enfin le titre tant attendu, supports d'écritures.
J'imagine que vous avez des collections de lettres, symboles ou chiffres, gravés sur des papyrus, dans le sable, sur des troncs de bambous, sur des pierres, ou imprimés sur des drapeaux de prières, des livres de prières de toutes les religions...
Les dates fatidiques: envoi des photos dès maintenant, jusqu'au 23 août, à minuit
Vos votes: du 24 août au vendredi 30 ( A MIDI et pas à minuit ) car je serai en voyage en Asie et les cyber cafés ne seront pas ouverts à 6 heures du matin là-bas !!!
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2 ème 2 points
3 ème 1 point
Merci à toute personne désireuse de me soutenir ... j'accepte de jouer le jeu et d'organiser le prochain concours, ainsi que de compter et publier les votes, mais qui va me donner un coup de main pour l'infrastructure et le diaporama ??? Vous avez l'air si douéEs que j'ose esp��rer un peu d'aide, sinon je dois passer la main mais à qui ???
A bientôt, je me réjouis de découvrir vos belles prises de vues.
Jacqueline
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On part en vadrouille en Thaïlande! English translation pending
24 février - On s’thaï en Thaïlande !
Ahhhh, février… L'odeur de la raclette, la fierté se lisant dans mes yeux pétillants lorsque je réussis à descendre cette ô-combien-terrifiante-piste-noire... Pas de doute, ça sent la poudreuse, les soirées au chalet, le ski, le vin chaud, la goutte au nez... Les vacances aux sports d’hiver, quoi ! Et toi, ne reste pas planté là ! Ohé… Oui, c’est bien à toi que je parle ! Ne sois pas gêné, j’ai volontairement laissé ouvert pour que tu puisses monter à bord… Installe-toi confortablement, mets l’interrupteur en mode vacances et c’est parti !! Ça y est, tu as chaussé tes moonboots moumoute ? Et ton petit baume rose pour les lèvres, tu y as pensé ? Oui ? C’est bon ?... Ben je t’arrête de suite, car dans le top 50 de mes rêves d’enfant qui persistent, le ski arrive très très loin derrière le pouvoir de me transformer en superman, me marier avec Sharon Stone ou encore aller en Thaïlande… Et vu qu’ça fait un tantinet ringard de se trimballer avec un slip rouge au dessus d’un pantalon bleu et que Sharon Stone n’a jamais daigné répondre à ma lettre d’amour, ben c’est décidé, on part en vadrouille au pays du sourire pour trois longues semaines. Là, ce sera vraiment la grande vadrouille !
« Et sinon, tu pars avec qui ? Tu as préparé un itinéraire ? Et comment tu bougeras sur place ? » Ça, c’est le genre de questions que tout le monde me pose… J’imagine que ça te turlupine également… Donc allons-y : à l’origine de l’origine, si on remonte encore plus loin que la question de l’œuf et de la poule, seule Sandrine et moi devions partir en Thaïlande… en 2004 ! Cette année-là, le rock’n’roll venait d’ouvrir ses ailes et quelques poules se refilaient la grippe aviaire en Thaïlande. Game over, voyage annulé. Depuis ces temps anciens, il s’en est passé des choses, comme par exemple la naissance de nos deux mini-routardes qui vadrouillent donc maintenant avec nous. Et puis, contraint et forcé, j’ai dû également ajouter mes parents à la liste, eux qui en avaient marre de ne voyager que par le biais de mes carnets de route … Désolé, vraiment pas eu le choix sur c’coup-là ! Concernant l’itinéraire, il a été vraiment compliqué à mettre en place. En trois semaines, impossible de tout voir ! Trois jours ici, deux jours là-bas… Comment aller de tel endroit à tel autre ? Mais si je vais là, je ne pourrai pas aller là-bas… Certains choix ont été déchirants… Il a fallu par exemple annoncer à mon père que nous n’irions pas à Koh Lanta… Il n’a pas pleuré mais c’était limite limite ! Devant tant de tristesse, je n’ai eu d’autre choix que de revoir une fois de plus mon itinéraire… Papa, ne t’en fais pas, Koh Lanta, on y va ! Au final, j’ai concocté un mix de tout ce qu’il y a à voir : le nord, ses montagnes couvertes de jungle et ses tribus, le sud, ses îles et ses plages de rêve, et le centre et ses temples ! Pour se déplacer, on utilisera les moyens de transports locaux allant du tuk-tuk à l'avion en passant par les taxis, les bateaux longue queue, les bus, les scooters, les trains, les vans, les motoneiges, les éléphants, les ferrys, les songthaews… (cherchez l’erreur)...
Allez, le départ est imminent ! La liste de médicaments à prendre est prête, la liste de nos vols, la liste de nos étapes, la liste des articles de toilette, la liste des adresses pour les cartes postales, la liste des numéros de carte de crédit, et enfin la liste de toutes les listes !!! Carte de paiement ?...ok….Cash ?...ok… Passeports ?... ok… Capotes ?...ok… Naaaan, j’déconne ! Allez, les testaments sont signés, on est prêt à décoller !!! En plus, nos proches sont super contents pour nous : « C’est trop loin, plus de douze heures de vol ! Et avec deux enfants, en plus ! Et pis tu verras, là-bas, les gens ont un langage bizarroïde et ils sourient tout le temps. C'est louche, ça, des gens qui sourient tout le temps. J’suis sûr que c’est une technique de diversion pour mieux te dépouiller à la première occasion ! Et la cuisine, t’es au courant pour la cuisine ? Elle va t’anesthésier les amygdales pour le restant de tes jours ! Ils mettent autant de piment pour que tu ne te rendes pas compte qu’ils te servent du chien… Et sinon, t’as pas peur de te faire kidnapper ? Parce que dans les tribus du nord, ils paraissent bien gentils comme ça, mais j’ai entendu dire qu’ils te faisaient mijoter dans leur grande marmite dès que tu avais le dos tourné… » Allez, rendez-vous à l’aéroport de Roissy, terminal 2F et n’oublie pas tes mouchoirs ! Mais non, ne pleure pas, je serai bientôt de retour...
25 février - Un jour, j’irai à Bangkok avec toi Pour Sandrine, il est l’heure de profiter de la plage en plein hiver et de se pavaner en sirotant des pina coladas. Pour Anna et Sasha, il est l’heure de côtoyer des éléphants, des singes, des tigres, des cafards... Pour mes parents, il est l’heure d’aller se faire masser la couenne et de découvrir la vie de routard. Pour moi, il est l’heure de rencontrer les thaïlandais et de croquer ce pays à pleines dents. Et pour toi alors ?... Ben, il est l’heure de lire mon carnet de route et de sentir ! Non, tu ne sens rien ? Dilate un peu plus tes narines et sens pourtant comme ça sent bon ! Ben oui, ça sent bon les vacances, pardi ! Bon, avant de partir, nous pensons bien évidemment à faire nos deux petites prières traditionnelles. Avec Sandrine, on se met donc à genoux devant notre petit lit et entonnons en cœur: « Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, je t’implore de ne pas faire grève aujourd’hui même si, je le sais, c’est devenu ton passe-temps favori. Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, merci de te contenter de tes petits six mille euros mensuels même si dix heures de travail par semaine, je comprends que cela soit très fatiguant… »
Quant à la seconde, même si elle n’a pas toujours fonctionné, nous la récitons quand même : « Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, je m’incline devant ta puissance et te supplie de ne pas me refaire le même coup que la dernière fois. Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, si vraiment tu as une grosse envie, retiens-toi pendant trois semaines avant d’envoyer la sauce pour éventuellement nous empêcher de revenir… » Nos petites prières ont apparemment fonctionné car notre grand oiseau blanc a pu quitter le sol parisien pile poil à l’heure ! Mais avant de te raconter les péripéties de notre marathon jusqu’à Bangkok (enfin, si on atterrit, car là, je t’écris de l’avion et peut-être que personne ne lira jamais ma prose…), il a bien fallu que je m’organise pour emmener ma petite tribu jusqu’à Paris… Oui, oui, je sais, c’est vraiment balaise l’organisation d’un voyage...
Bon, déjà, c’est Sandrine qui s’est occupé de préparer les sacs. De ce côté-là, je ne m’inquiète pas, elle pense à tout… mais ne porte rien ! Ouuuh, ça, ça ne va pas lui plaire… Ensuite, pour économiser une place de parking pendant trois semaines, j’ai prévu de partir à six dans un seul véhicule. On ne se prive pas, c’est la sécurité routière qui régale ! C’est bon, tout le monde est prêt ? Les sacs sont dans le coffre ? Allez, j’entre l’adresse du parking de l’aéroport dans le GPS et paf, première question blonde du voyage : « Papa, tu as entré l’adresse de notre hôtel à Bangkok ? » Tu vois, Sandrine, même si elle n’a que cinq ans, c’est à cause de ce genre de question que j’aimerais qu’à notre retour, on fasse un test de paternité… Bref, nous arrivons à l’aéroport dans les temps et commençons les formalités habituelles. Comme d’hab’, j’ai droit à une fouille corporelle intégrale, … Enfin, presque… Le touché rectal n’est pas inclus...
Pour ce qui est des vols, quoi te dire ? Bon, ok, comme je ne suis pas radin en bons plans, en voici un rien que pour ta pomme : Nous avons voyagé sur Air India. Et bien je recommande ! Outre le prix du billet intéressant, l’espace entre les sièges est énorme et me laisse, à moi et mes petites gambettes, toute la place pour prendre mes aises et piquer un petit roupillon. En plus, il y a une super ambiance à bord. Tout le monde chante en cœur des chansons paillardes, les hôtesses dansent en sous-vêtements et le pilote fait des loopings. Bon, pour les loopings, tu auras compris que c'étais une blague, n’est-ce pas ? Nous avons quitté Paris à 21h30 et avons atterri à New Dehli à 10h, heure locale. La petite aiguille de ma rolex a fait direct un bon en avant de 4h30... Ensuite, on a redécollé à 13h40. Là, on survol le delta du Gange et on arrivera à Bangkok en vie, je l’espère, à 19h20, toujours en heure locale. Et paf, 1h30 de plus que je n’aurai pas pu vivre dans ma petite vie… Bilan des débats : deux heures de voiture, deux heures d’attente, puis quinze heures d’avion… Reste encore à atterrir, récupérer les bagages, passer de nouveau devant le FBI des contrôles de passeports, … Ajoute à cela une heure de taxi et on aura retracé nos vingt dernières heures… Moi je dis, on est des héros !!!



Allez, dernier virage... PNC aux portes… Désarmement des toboggans… Vérification de la porte opposée... Ça y est, je foule enfin le tarmac thaïlandais ! C’est un petit pas pour l’homme, mais un nouveau grand pas dans ma vie de globe trotteur… Euh… Par contre, la dernière petite brise glaciale humée avant de grimper dans l’avion en France n’est plus qu’un lointain souvenir… Là, je comprends concrètement que je suis loin, très loin de mon pays natal… Welcome in Bangkok ! A ce sujet, sais-tu que Bangkok n’est pas le vrai nom de la ville ? Le vrai nom est… Attention, retiens bien ta respiration : Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit. Le Guinness des records le classe comme étant le nom de lieu le plus long au monde... A peu de chose près, si mon thaï appris en vingt-cinquième langue à l’école ne me trahit pas, la traduction pourrait donner ça : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dont l'énorme Palais Royal ressemble à la demeure céleste, règne du dieu réincarné et construite par Vishnukarn. Pour plus de simplicité et une meilleure fluidité dans mon récit, je continuerai simplement à l’appeler Bangkok... J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur !
Alors, … Maman, as-tu bien rempli ta petite fiche pour l’immigration ? Anna, arrête de poser pour les photos ! Papa, pas envie d’aller aux toilettes ? Et est-ce que tout le monde a récupéré son sac ? C’est bon ? Ok, direction la station de taxis ! Le truc que tout le monde te dira si tu veux aller de l’aéroport au centre de Bangkok, c’est qu’il faut descendre à la station des taxis, donner l’adresse de ton hôtel à un des guichets où on te donnera le numéro d’un taxi officiel qui mettra le compteur. Pas d’arnaque possible, pas d’entourloupe assurée ! Confiant, j’arrive donc aux fameux guichets et y donne l’adresse de mon hôtel. Là, la dame me sort sèchement : « Vous êtes six, ça fera donc sept cents baths en liquide… - Madame, I’m Franck the great traveller, I'm not a pigeon ! On ne me la fait pas, à moi ! Je sais qu’en passant par votre guichet, j’aurai un taxi avec compteur et que ça nous reviendra à environ trois cent cinquante baths ! - Oui, mais là, vous êtes six. Pas de compteur. Ça fera sept cents baths !…» Et là, ma mère qui me dit : « Qu’est-ce qu’elle dit la dame ? - Rien, maman, la dame me dit qu’elle me prend pour un télétubbies… » Un petit coup d’œil au guichet de droite, personne… Un petit coup d’œil au guichet de gauche, personne… J’y vois plus clair dans son jeu… Seul son guichet est ouvert et elle en profite pour m’entuber comme un grand monsieur bien membré… Ça, c’est sans compter sur mon esprit de pitbull : « Madame, je vous renouvelle ma requête qui m’apparaît légitime. J’ambitionne obtenir de votre part un taxi avec compteur comme vous êtes censée m’en octroyer un… Comprenez bien que j’ai perçu votre tentative d’escroquerie mais que celle-ci est vouée à l’échec. Je ne vous en tiendrai toutefois pas rigueur. Merci d’avance. - N’insiste pas blanc bec, c’est sept cents baths cash ou à ton Bangkok, ben tu t‘y rendras à pied avec tes mioches sous l’bras ! » Je veux bien être courtois, mais faut arrêter de prendre les gens pour des biiiiiiiip, quand même ! Mais bon, pas d’autre choix que d’accepter son deal… Et puis j’ai dix heures de transport dans chaque œil, tout le monde est cuit à la coque, … donc allons-y pour sept cents baths… Là, elle fait signe à un type qui se pointe aussi sec. Elle lui refile comme prévu un papier avec le nom de notre hôtel… et v’la t’y pas qu’le gars lui r’file un p’tit billet pour la remercier de m’avoir bien farci le colon. En voyant c’que j’vois, j’ai raison de penser c’que j’pense !
Là, on saute dans le fameux taxi qui saute lui-même dans les embouteillages… D’ailleurs, que ceux qui détestent la circulation et le trafic à Paris veuillent bien se dénoncer et aillent au coin les mains derrière la tête... La ville déploie ses tentacules, les échangeurs routiers s'entremêlent, les panneaux publicitaires sont aussi grands qu’un terrain de foot, les bouchons se dévoilent sur des kilomètres… Une heure ! C’est le temps qu’il nous aura fallu pour atteindre le Rambuttri Village, l’hôtel dans lequel j’ai réservé deux chambres doubles à huit cents baths l’unité. En me présentant à l’accueil, la p’tite dame tente de me refiler des chambres un peu plus chères. Elle me propose deux options. La première, de dormir dans une chambre plus grande « with fan ». Là, forcément, je m'imagine passer la nuit avec une adolescente hystérique scandant mon nom et me demandant des autographes en arrachant ma chemise. Mais renseignement pris, il ne s'agit pas de ce genre de fan, juste un truc avec trois hélices tournant au plafond pour vous donner un semblant d'air. Ou alors une autre chambre avec « air con ». Dit comme ça, ça ne donne pas tellement envie d'autant que c'est plus cher. Payer plus pour avoir l'air intelligent, je n’dis pas, mais là... Pourtant, il paraît que la majorité des gens choisissent cette option pour rester au froid... Non merci madame, du froid, on en vient. On s’en tiendra donc à ce que j’ai réservé...
Allez, une p’tite douche et on redescend plonger dans le bruit et la moiteur de la rue. Ok, dit comme ça, ça ne donne pas très envie… Et pourtant… La première impression de notre quartier est positive. Après quelques minutes, la seconde l’est aussi ! C’est animé, c’est coloré, … Plein de vendeurs de babioles, des masseurs en pleine rue, … et surtout des gargotes dans tous les coins ! Autant il est facile de trouver des vendeurs de hot-dogs aux Etats-Unis, autant il est facile de trouver n’importe quoi à manger dans les rues de Bangkok. Une bouteille de gaz, une casserole, un chien qui traine, ça fait un resto ! Et si on se mangeait un pad thaï ? Pour ta culture gastronomique, le pad thaï est un repas traditionnel thaïlandais que l’on trouve partout. C’est paraît-il bathement bon et surtout bathement pas cher ! D’après ce que j’ai lu, environ trente baths l’assiette, soit soixante quinze centimes d’euros. Ok, six pad thaï, s’il vous plait ! Par contre, l’inflation nous a suivis jusqu’ici. Le pad thaï est maintenant à quarante baths (un euro) ! Et voilà, à peine arrivés et le budget vacances a déjà pris une méchante claque… On en profite également pour boire notre première Singha, Chang, Leo ou Tiger. Pas besoin de te préciser que ce sont des bières et non des concurrents de Tropicana ! Pad thaï et Chang dans la rue… Et bien je dois t’avouer que le mélange est sacrément bon ! On se régale à s’en éclater le ceinturon et on n’en laisse pas une nouille...

Sur ce, s’rait p’têtre temps d’aller digérer tout ça dans notre lit… On a un décalage horaire à combattre, nous ! En tout cas, j’espère que la lecture de cette journée t’a plu. Si c’est le cas, parles-en à tes amis. Par contre, si ce n’était pas à ton goût, crois bien en l'expression de mes regrets sincères pour t’avoir fait perdre ton temps et sois assuré que je ferai mon possible pour m’améliorer autant que le permettront mes capacités intellectuelles réduites pour nos aventures de demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
« Et sinon, tu pars avec qui ? Tu as préparé un itinéraire ? Et comment tu bougeras sur place ? » Ça, c’est le genre de questions que tout le monde me pose… J’imagine que ça te turlupine également… Donc allons-y : à l’origine de l’origine, si on remonte encore plus loin que la question de l’œuf et de la poule, seule Sandrine et moi devions partir en Thaïlande… en 2004 ! Cette année-là, le rock’n’roll venait d’ouvrir ses ailes et quelques poules se refilaient la grippe aviaire en Thaïlande. Game over, voyage annulé. Depuis ces temps anciens, il s’en est passé des choses, comme par exemple la naissance de nos deux mini-routardes qui vadrouillent donc maintenant avec nous. Et puis, contraint et forcé, j’ai dû également ajouter mes parents à la liste, eux qui en avaient marre de ne voyager que par le biais de mes carnets de route … Désolé, vraiment pas eu le choix sur c’coup-là ! Concernant l’itinéraire, il a été vraiment compliqué à mettre en place. En trois semaines, impossible de tout voir ! Trois jours ici, deux jours là-bas… Comment aller de tel endroit à tel autre ? Mais si je vais là, je ne pourrai pas aller là-bas… Certains choix ont été déchirants… Il a fallu par exemple annoncer à mon père que nous n’irions pas à Koh Lanta… Il n’a pas pleuré mais c’était limite limite ! Devant tant de tristesse, je n’ai eu d’autre choix que de revoir une fois de plus mon itinéraire… Papa, ne t’en fais pas, Koh Lanta, on y va ! Au final, j’ai concocté un mix de tout ce qu’il y a à voir : le nord, ses montagnes couvertes de jungle et ses tribus, le sud, ses îles et ses plages de rêve, et le centre et ses temples ! Pour se déplacer, on utilisera les moyens de transports locaux allant du tuk-tuk à l'avion en passant par les taxis, les bateaux longue queue, les bus, les scooters, les trains, les vans, les motoneiges, les éléphants, les ferrys, les songthaews… (cherchez l’erreur)...
Allez, le départ est imminent ! La liste de médicaments à prendre est prête, la liste de nos vols, la liste de nos étapes, la liste des articles de toilette, la liste des adresses pour les cartes postales, la liste des numéros de carte de crédit, et enfin la liste de toutes les listes !!! Carte de paiement ?...ok….Cash ?...ok… Passeports ?... ok… Capotes ?...ok… Naaaan, j’déconne ! Allez, les testaments sont signés, on est prêt à décoller !!! En plus, nos proches sont super contents pour nous : « C’est trop loin, plus de douze heures de vol ! Et avec deux enfants, en plus ! Et pis tu verras, là-bas, les gens ont un langage bizarroïde et ils sourient tout le temps. C'est louche, ça, des gens qui sourient tout le temps. J’suis sûr que c’est une technique de diversion pour mieux te dépouiller à la première occasion ! Et la cuisine, t’es au courant pour la cuisine ? Elle va t’anesthésier les amygdales pour le restant de tes jours ! Ils mettent autant de piment pour que tu ne te rendes pas compte qu’ils te servent du chien… Et sinon, t’as pas peur de te faire kidnapper ? Parce que dans les tribus du nord, ils paraissent bien gentils comme ça, mais j’ai entendu dire qu’ils te faisaient mijoter dans leur grande marmite dès que tu avais le dos tourné… » Allez, rendez-vous à l’aéroport de Roissy, terminal 2F et n’oublie pas tes mouchoirs ! Mais non, ne pleure pas, je serai bientôt de retour...
25 février - Un jour, j’irai à Bangkok avec toi Pour Sandrine, il est l’heure de profiter de la plage en plein hiver et de se pavaner en sirotant des pina coladas. Pour Anna et Sasha, il est l’heure de côtoyer des éléphants, des singes, des tigres, des cafards... Pour mes parents, il est l’heure d’aller se faire masser la couenne et de découvrir la vie de routard. Pour moi, il est l’heure de rencontrer les thaïlandais et de croquer ce pays à pleines dents. Et pour toi alors ?... Ben, il est l’heure de lire mon carnet de route et de sentir ! Non, tu ne sens rien ? Dilate un peu plus tes narines et sens pourtant comme ça sent bon ! Ben oui, ça sent bon les vacances, pardi ! Bon, avant de partir, nous pensons bien évidemment à faire nos deux petites prières traditionnelles. Avec Sandrine, on se met donc à genoux devant notre petit lit et entonnons en cœur: « Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, je t’implore de ne pas faire grève aujourd’hui même si, je le sais, c’est devenu ton passe-temps favori. Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, merci de te contenter de tes petits six mille euros mensuels même si dix heures de travail par semaine, je comprends que cela soit très fatiguant… »
Quant à la seconde, même si elle n’a pas toujours fonctionné, nous la récitons quand même : « Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, je m’incline devant ta puissance et te supplie de ne pas me refaire le même coup que la dernière fois. Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, si vraiment tu as une grosse envie, retiens-toi pendant trois semaines avant d’envoyer la sauce pour éventuellement nous empêcher de revenir… » Nos petites prières ont apparemment fonctionné car notre grand oiseau blanc a pu quitter le sol parisien pile poil à l’heure ! Mais avant de te raconter les péripéties de notre marathon jusqu’à Bangkok (enfin, si on atterrit, car là, je t’écris de l’avion et peut-être que personne ne lira jamais ma prose…), il a bien fallu que je m’organise pour emmener ma petite tribu jusqu’à Paris… Oui, oui, je sais, c’est vraiment balaise l’organisation d’un voyage...
Bon, déjà, c’est Sandrine qui s’est occupé de préparer les sacs. De ce côté-là, je ne m’inquiète pas, elle pense à tout… mais ne porte rien ! Ouuuh, ça, ça ne va pas lui plaire… Ensuite, pour économiser une place de parking pendant trois semaines, j’ai prévu de partir à six dans un seul véhicule. On ne se prive pas, c’est la sécurité routière qui régale ! C’est bon, tout le monde est prêt ? Les sacs sont dans le coffre ? Allez, j’entre l’adresse du parking de l’aéroport dans le GPS et paf, première question blonde du voyage : « Papa, tu as entré l’adresse de notre hôtel à Bangkok ? » Tu vois, Sandrine, même si elle n’a que cinq ans, c’est à cause de ce genre de question que j’aimerais qu’à notre retour, on fasse un test de paternité… Bref, nous arrivons à l’aéroport dans les temps et commençons les formalités habituelles. Comme d’hab’, j’ai droit à une fouille corporelle intégrale, … Enfin, presque… Le touché rectal n’est pas inclus...
Pour ce qui est des vols, quoi te dire ? Bon, ok, comme je ne suis pas radin en bons plans, en voici un rien que pour ta pomme : Nous avons voyagé sur Air India. Et bien je recommande ! Outre le prix du billet intéressant, l’espace entre les sièges est énorme et me laisse, à moi et mes petites gambettes, toute la place pour prendre mes aises et piquer un petit roupillon. En plus, il y a une super ambiance à bord. Tout le monde chante en cœur des chansons paillardes, les hôtesses dansent en sous-vêtements et le pilote fait des loopings. Bon, pour les loopings, tu auras compris que c'étais une blague, n’est-ce pas ? Nous avons quitté Paris à 21h30 et avons atterri à New Dehli à 10h, heure locale. La petite aiguille de ma rolex a fait direct un bon en avant de 4h30... Ensuite, on a redécollé à 13h40. Là, on survol le delta du Gange et on arrivera à Bangkok en vie, je l’espère, à 19h20, toujours en heure locale. Et paf, 1h30 de plus que je n’aurai pas pu vivre dans ma petite vie… Bilan des débats : deux heures de voiture, deux heures d’attente, puis quinze heures d’avion… Reste encore à atterrir, récupérer les bagages, passer de nouveau devant le FBI des contrôles de passeports, … Ajoute à cela une heure de taxi et on aura retracé nos vingt dernières heures… Moi je dis, on est des héros !!!



Allez, dernier virage... PNC aux portes… Désarmement des toboggans… Vérification de la porte opposée... Ça y est, je foule enfin le tarmac thaïlandais ! C’est un petit pas pour l’homme, mais un nouveau grand pas dans ma vie de globe trotteur… Euh… Par contre, la dernière petite brise glaciale humée avant de grimper dans l’avion en France n’est plus qu’un lointain souvenir… Là, je comprends concrètement que je suis loin, très loin de mon pays natal… Welcome in Bangkok ! A ce sujet, sais-tu que Bangkok n’est pas le vrai nom de la ville ? Le vrai nom est… Attention, retiens bien ta respiration : Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit. Le Guinness des records le classe comme étant le nom de lieu le plus long au monde... A peu de chose près, si mon thaï appris en vingt-cinquième langue à l’école ne me trahit pas, la traduction pourrait donner ça : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dont l'énorme Palais Royal ressemble à la demeure céleste, règne du dieu réincarné et construite par Vishnukarn. Pour plus de simplicité et une meilleure fluidité dans mon récit, je continuerai simplement à l’appeler Bangkok... J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur !
Alors, … Maman, as-tu bien rempli ta petite fiche pour l’immigration ? Anna, arrête de poser pour les photos ! Papa, pas envie d’aller aux toilettes ? Et est-ce que tout le monde a récupéré son sac ? C’est bon ? Ok, direction la station de taxis ! Le truc que tout le monde te dira si tu veux aller de l’aéroport au centre de Bangkok, c’est qu’il faut descendre à la station des taxis, donner l’adresse de ton hôtel à un des guichets où on te donnera le numéro d’un taxi officiel qui mettra le compteur. Pas d’arnaque possible, pas d’entourloupe assurée ! Confiant, j’arrive donc aux fameux guichets et y donne l’adresse de mon hôtel. Là, la dame me sort sèchement : « Vous êtes six, ça fera donc sept cents baths en liquide… - Madame, I’m Franck the great traveller, I'm not a pigeon ! On ne me la fait pas, à moi ! Je sais qu’en passant par votre guichet, j’aurai un taxi avec compteur et que ça nous reviendra à environ trois cent cinquante baths ! - Oui, mais là, vous êtes six. Pas de compteur. Ça fera sept cents baths !…» Et là, ma mère qui me dit : « Qu’est-ce qu’elle dit la dame ? - Rien, maman, la dame me dit qu’elle me prend pour un télétubbies… » Un petit coup d’œil au guichet de droite, personne… Un petit coup d’œil au guichet de gauche, personne… J’y vois plus clair dans son jeu… Seul son guichet est ouvert et elle en profite pour m’entuber comme un grand monsieur bien membré… Ça, c’est sans compter sur mon esprit de pitbull : « Madame, je vous renouvelle ma requête qui m’apparaît légitime. J’ambitionne obtenir de votre part un taxi avec compteur comme vous êtes censée m’en octroyer un… Comprenez bien que j’ai perçu votre tentative d’escroquerie mais que celle-ci est vouée à l’échec. Je ne vous en tiendrai toutefois pas rigueur. Merci d’avance. - N’insiste pas blanc bec, c’est sept cents baths cash ou à ton Bangkok, ben tu t‘y rendras à pied avec tes mioches sous l’bras ! » Je veux bien être courtois, mais faut arrêter de prendre les gens pour des biiiiiiiip, quand même ! Mais bon, pas d’autre choix que d’accepter son deal… Et puis j’ai dix heures de transport dans chaque œil, tout le monde est cuit à la coque, … donc allons-y pour sept cents baths… Là, elle fait signe à un type qui se pointe aussi sec. Elle lui refile comme prévu un papier avec le nom de notre hôtel… et v’la t’y pas qu’le gars lui r’file un p’tit billet pour la remercier de m’avoir bien farci le colon. En voyant c’que j’vois, j’ai raison de penser c’que j’pense !
Là, on saute dans le fameux taxi qui saute lui-même dans les embouteillages… D’ailleurs, que ceux qui détestent la circulation et le trafic à Paris veuillent bien se dénoncer et aillent au coin les mains derrière la tête... La ville déploie ses tentacules, les échangeurs routiers s'entremêlent, les panneaux publicitaires sont aussi grands qu’un terrain de foot, les bouchons se dévoilent sur des kilomètres… Une heure ! C’est le temps qu’il nous aura fallu pour atteindre le Rambuttri Village, l’hôtel dans lequel j’ai réservé deux chambres doubles à huit cents baths l’unité. En me présentant à l’accueil, la p’tite dame tente de me refiler des chambres un peu plus chères. Elle me propose deux options. La première, de dormir dans une chambre plus grande « with fan ». Là, forcément, je m'imagine passer la nuit avec une adolescente hystérique scandant mon nom et me demandant des autographes en arrachant ma chemise. Mais renseignement pris, il ne s'agit pas de ce genre de fan, juste un truc avec trois hélices tournant au plafond pour vous donner un semblant d'air. Ou alors une autre chambre avec « air con ». Dit comme ça, ça ne donne pas tellement envie d'autant que c'est plus cher. Payer plus pour avoir l'air intelligent, je n’dis pas, mais là... Pourtant, il paraît que la majorité des gens choisissent cette option pour rester au froid... Non merci madame, du froid, on en vient. On s’en tiendra donc à ce que j’ai réservé...
Allez, une p’tite douche et on redescend plonger dans le bruit et la moiteur de la rue. Ok, dit comme ça, ça ne donne pas très envie… Et pourtant… La première impression de notre quartier est positive. Après quelques minutes, la seconde l’est aussi ! C’est animé, c’est coloré, … Plein de vendeurs de babioles, des masseurs en pleine rue, … et surtout des gargotes dans tous les coins ! Autant il est facile de trouver des vendeurs de hot-dogs aux Etats-Unis, autant il est facile de trouver n’importe quoi à manger dans les rues de Bangkok. Une bouteille de gaz, une casserole, un chien qui traine, ça fait un resto ! Et si on se mangeait un pad thaï ? Pour ta culture gastronomique, le pad thaï est un repas traditionnel thaïlandais que l’on trouve partout. C’est paraît-il bathement bon et surtout bathement pas cher ! D’après ce que j’ai lu, environ trente baths l’assiette, soit soixante quinze centimes d’euros. Ok, six pad thaï, s’il vous plait ! Par contre, l’inflation nous a suivis jusqu’ici. Le pad thaï est maintenant à quarante baths (un euro) ! Et voilà, à peine arrivés et le budget vacances a déjà pris une méchante claque… On en profite également pour boire notre première Singha, Chang, Leo ou Tiger. Pas besoin de te préciser que ce sont des bières et non des concurrents de Tropicana ! Pad thaï et Chang dans la rue… Et bien je dois t’avouer que le mélange est sacrément bon ! On se régale à s’en éclater le ceinturon et on n’en laisse pas une nouille...

Sur ce, s’rait p’têtre temps d’aller digérer tout ça dans notre lit… On a un décalage horaire à combattre, nous ! En tout cas, j’espère que la lecture de cette journée t’a plu. Si c’est le cas, parles-en à tes amis. Par contre, si ce n’était pas à ton goût, crois bien en l'expression de mes regrets sincères pour t’avoir fait perdre ton temps et sois assuré que je ferai mon possible pour m’améliorer autant que le permettront mes capacités intellectuelles réduites pour nos aventures de demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
Départ pour la Thaïlande en février 2013, combien avez-vous payé vos billets d'avion? English translation pending
Bonjour à tous,
Comme ça par curiosité je me demander combien avez vous payer pour aller en Thaïlande en février 2013.
Cela serait sympa de comparer et puis comme ça on sera qui ira a cette période si des gens cherchent éventuellement des compagnons de voyage.
Si vous voulez répondre a ma question, n'oubliez pas de préciser: - vos dates de voyages - la date ou le mois de réservation du billet - le nombre de personnes - la compagnies choisie - le site sur le quel vous avez réservé
Voila cela aidera peut être les futur voyageur a avoir une idée de quand vaut il mieux réserver.
Comme ça par curiosité je me demander combien avez vous payer pour aller en Thaïlande en février 2013.
Cela serait sympa de comparer et puis comme ça on sera qui ira a cette période si des gens cherchent éventuellement des compagnons de voyage.
Si vous voulez répondre a ma question, n'oubliez pas de préciser: - vos dates de voyages - la date ou le mois de réservation du billet - le nombre de personnes - la compagnies choisie - le site sur le quel vous avez réservé
Voila cela aidera peut être les futur voyageur a avoir une idée de quand vaut il mieux réserver.
Nous voilà revenus du Maroc English translation pending
Quel Beau Pays ! que de belles rencontres nous avons fait là bas !
nous sommes arriver à Marrakech et sommes aller dormir à ait ourir à l’hôtel le coq hardi (avec piscine) car il fait tres chaud et lourd à Marrakech ! puis départ à ait ben haddou ! faire attention ou vous laisser la voiture si vous vous y rendez par ce moyen là ! car nous l'avons garer à coté de la mosquée ! et nous nous sommes fait débrancher quelque chose dessus pendant notre visite ! de plus les guides sont hors de prix ! et disent tous la même choses ! mieux vaut faire la visite seul ! puis arriver à Skoura (gîte la palmeraie) un endroit ou il fait bon vivre avec des gens merveilleux ! déconnexion totale beaucoup de balades à faire (vallée des amandiers, vallée des roses, la palmeraie, le souk (le lundi) ......) puis visite de la vallée des doigts de singe (magnifique) et boulmane de dades ! ensuite arrêt a askaoun (auberge askaoun tres bien et pas cher). Nous sommes ensuite remonter vers Agadir (temps d’arrêt 10 mins) trop touristique pour nous ! une nuit à tamri puis 4 jours au camping "le calme" à 15 kms d'essaouira (très bien aussi) fati est super ! puis 3 jours à l’hôtel "smara" bof bof hygiène limite mais ville magnifique ! et 4 jours à Marrakech à l’hôtel toulousain (très bien)
nous avons adorer notre voyage ! beaucoup de gens de là bas nous manque déjà ! ainsi que des rencontre franco-belge et vendéenne
fanny, david, clara
nous sommes arriver à Marrakech et sommes aller dormir à ait ourir à l’hôtel le coq hardi (avec piscine) car il fait tres chaud et lourd à Marrakech ! puis départ à ait ben haddou ! faire attention ou vous laisser la voiture si vous vous y rendez par ce moyen là ! car nous l'avons garer à coté de la mosquée ! et nous nous sommes fait débrancher quelque chose dessus pendant notre visite ! de plus les guides sont hors de prix ! et disent tous la même choses ! mieux vaut faire la visite seul ! puis arriver à Skoura (gîte la palmeraie) un endroit ou il fait bon vivre avec des gens merveilleux ! déconnexion totale beaucoup de balades à faire (vallée des amandiers, vallée des roses, la palmeraie, le souk (le lundi) ......) puis visite de la vallée des doigts de singe (magnifique) et boulmane de dades ! ensuite arrêt a askaoun (auberge askaoun tres bien et pas cher). Nous sommes ensuite remonter vers Agadir (temps d’arrêt 10 mins) trop touristique pour nous ! une nuit à tamri puis 4 jours au camping "le calme" à 15 kms d'essaouira (très bien aussi) fati est super ! puis 3 jours à l’hôtel "smara" bof bof hygiène limite mais ville magnifique ! et 4 jours à Marrakech à l’hôtel toulousain (très bien)
nous avons adorer notre voyage ! beaucoup de gens de là bas nous manque déjà ! ainsi que des rencontre franco-belge et vendéenne
fanny, david, clara
Plat/dessert de cuisine japonaise? English translation pending
Bonsoir,
N'ayant jamais manger Japonnais, je voudrai tester cette cuisine. A part les Sushis, quels plats vous me conseillez ? Qu'elle est le meilleur plat/desert... ?
Certaines personnes disent que sa rend malade, est-ce vrai ou des conneries ?
A part la Kirin, qu'est-ce qu'il y a comme biere japonnaise ? Combien fait la Kirin 5°/6° ?
Merci
N'ayant jamais manger Japonnais, je voudrai tester cette cuisine. A part les Sushis, quels plats vous me conseillez ? Qu'elle est le meilleur plat/desert... ?
Certaines personnes disent que sa rend malade, est-ce vrai ou des conneries ?
A part la Kirin, qu'est-ce qu'il y a comme biere japonnaise ? Combien fait la Kirin 5°/6° ?
Merci
Voyage sac à dos à 1 €/jour au Maroc? English translation pending
Salut à tous ,
j' envisage de partir au maroc, sac à dos, avec 1 euro par jour.
pensez-vous que cela est-il possible?
peut-on conter sur la générosité des gens?
quelques conseils pour bien marchander?
si vous voyez d'autres choses?
merci à tous
j' envisage de partir au maroc, sac à dos, avec 1 euro par jour.
pensez-vous que cela est-il possible?
peut-on conter sur la générosité des gens?
quelques conseils pour bien marchander?
si vous voyez d'autres choses?
merci à tous
Ville sympathique en France pour cet été? English translation pending
Bonjour à tous,
Je fais appel à votre avis! Je suis actuellement à Londres mais je vais peut-être revenir en France cet été. Je cherche donc un endroit sympa où habiter. Voici quelques uns de mes critères. - Exclusion de ces villes : Dunkerque, Paris, Lille, Marseille, Nancy - Ville de taille moyenne, style Nancy - Ville qui bouge bien : autant niveau culturel (cinéma, musée, expos, etc.)que loisirs (bars, boites de nuit etc.) - Ville avec une population jeune assez importante - Région où il y a de beaux paysages - Où les loyers et la vie en général ne sont pas excessifs (quoique après plusieurs mois à Londres, plus rien ne me semblera cher) - Avec un peu de soleil quand même
Je vous laisse à vos claviers;
Merci beaucoup!!
Je fais appel à votre avis! Je suis actuellement à Londres mais je vais peut-être revenir en France cet été. Je cherche donc un endroit sympa où habiter. Voici quelques uns de mes critères. - Exclusion de ces villes : Dunkerque, Paris, Lille, Marseille, Nancy - Ville de taille moyenne, style Nancy - Ville qui bouge bien : autant niveau culturel (cinéma, musée, expos, etc.)que loisirs (bars, boites de nuit etc.) - Ville avec une population jeune assez importante - Région où il y a de beaux paysages - Où les loyers et la vie en général ne sont pas excessifs (quoique après plusieurs mois à Londres, plus rien ne me semblera cher) - Avec un peu de soleil quand même
Je vous laisse à vos claviers;
Merci beaucoup!!
Agadir et la vallée du Paradis English translation pending
Bruxelles 5° -AGADIR 30°:(1)
Quand l’hiver persiste en Europe, AGADIR est une destination à 3 heures 15 de BRUXELLES, faite pour nous rappeler que la vieille Europe n’est pas la mieux lotie à 50 ° de latitude NORD.
Quand vous avez franchi l’avenue Hassan II pour vous extraire du front de Mer, parcouru l’avenue du général Kettani pour rejoindre le nouveau Talborjt, un panneau de pharmacie vous rappelle qu’on est le I9 avril et qu’il fait 30° …
Le ciel est totalement bleu…il fait bleu dans nos cœurs, comme le bleu des berbères du Souk ou le bleu de Fès, au choix….
Agadir, comme Marrakech, comme Fès, est une ville bicéphale…
Le front de mer, la marina laissée aux touristes et aux pratiques consommatoires du tourisme de masse, une fois l’avenue Hassan II franchie, le Maroc reprend ses droits, nonchalamment certes, mais avec le dynamisme de la capitale économique du Grand Sud, ses entrepôts, son port, son grand souk et son petit souk, ses avenues marchandes, ses quartiers résidentiels bordés de bougainvillées, de frangipanier et d’hibiscus…
La note coloniale est encore présente, le français est parlé partout, même si les marocains se sont mis aussi à l’allemand, et l’autochtone déborde de gentillesse, on ne sent pas le souffle de l’économie en péril, les chantiers s’activent un peu partout, qui à rénover le grand souk, qui à donner à la nouvelle marina des airs de Port grimaud ou de Port Canto…
Ou de Miami pour la sécurisation des parcelles privatives et des appartements…Zara hommes, Zara femmes, La Madrague, ME EX, des enseignes de déjà vu sous l’ancienne Casbah qui prend des airs de colline hollywoodienne…
http://www.youtube.com/redirect?q=http%3A%2F%2Ftourisme.byethost13.com%2F&session_token=MIejBs3t8y6Ik8mLzzim2eCyleF8MTMzNjYzNzkxNEAxMzM2NTUxNTE0
Quand l’hiver persiste en Europe, AGADIR est une destination à 3 heures 15 de BRUXELLES, faite pour nous rappeler que la vieille Europe n’est pas la mieux lotie à 50 ° de latitude NORD.
Quand vous avez franchi l’avenue Hassan II pour vous extraire du front de Mer, parcouru l’avenue du général Kettani pour rejoindre le nouveau Talborjt, un panneau de pharmacie vous rappelle qu’on est le I9 avril et qu’il fait 30° …
Le ciel est totalement bleu…il fait bleu dans nos cœurs, comme le bleu des berbères du Souk ou le bleu de Fès, au choix….
Agadir, comme Marrakech, comme Fès, est une ville bicéphale…
Le front de mer, la marina laissée aux touristes et aux pratiques consommatoires du tourisme de masse, une fois l’avenue Hassan II franchie, le Maroc reprend ses droits, nonchalamment certes, mais avec le dynamisme de la capitale économique du Grand Sud, ses entrepôts, son port, son grand souk et son petit souk, ses avenues marchandes, ses quartiers résidentiels bordés de bougainvillées, de frangipanier et d’hibiscus…
La note coloniale est encore présente, le français est parlé partout, même si les marocains se sont mis aussi à l’allemand, et l’autochtone déborde de gentillesse, on ne sent pas le souffle de l’économie en péril, les chantiers s’activent un peu partout, qui à rénover le grand souk, qui à donner à la nouvelle marina des airs de Port grimaud ou de Port Canto…
Ou de Miami pour la sécurisation des parcelles privatives et des appartements…Zara hommes, Zara femmes, La Madrague, ME EX, des enseignes de déjà vu sous l’ancienne Casbah qui prend des airs de colline hollywoodienne…
http://www.youtube.com/redirect?q=http%3A%2F%2Ftourisme.byethost13.com%2F&session_token=MIejBs3t8y6Ik8mLzzim2eCyleF8MTMzNjYzNzkxNEAxMzM2NTUxNTE0
Canada: Dans le Grand Nord en traîneau à chiens... sur la banquise et dans la forêt boréale English translation pending
C’est l’hiver ! Journées grises, froides, glacées et parfois enneigées … Et tout de suite certains se prennent à rêver de lagons exotiques, de sable blanc et d’eaux turquoises. On peut les comprendre !
Mais les frimas hivernaux peuvent aussi évoquer des rêves ou des souvenirs de Grand Nord et de dépaysantes régions situées au-delà du Cercle Polaire Arctique, notre imaginaire les associe toujours à l’hiver et à son rigoureux climat.
Contempler le Grand Blanc au rythme d’un traîneau �� chiens est certainement un des meilleurs moyens de découvrir les lointaines contrées boréales.
A travers mes souvenirs d’aventures glacées, je vous emmène dans le Grand Nord … et bien que mes deux randonnées en traîneau à chiens se soient déroulées dans un même pays, le Canada, ces expériences se sont avérées cependant très différentes.


Alors prêts pour la balade en traîneau en compagnie d’Inuit en Terre de Baffin (Nunavut) ou pour celle, façon trappeur près d’Inuvik (Territoires du Nord Ouest) ? Enfilez la cagoule, les moufles, les boots et la parka … vous ne sentirez même plus le froid agressif et ses – 20 C ! Place à l’émerveillement …
En traîneau sur la banquise … avec des Inuit
Il se nomme Jayko, c’est un Inuk (Inuk est le singulier d’Inuit) de Kangiqtugaapik, un village perdu sur la côte est de la Terre de Baffin (70 ° Nord, Territoire du Nunavut). Et ce matin, notre inuk s’apprête à atteler ses chiens à son qamotik (traîneau). Jayko sera donc notre conducteur d’attelage car ici, on ne laisse ni son traîneau et encore moins ses turbulents chiens aux mains d’un amateur … Une longue expérience de la banquise étant un préalable à toute randonnée dans ces contrées extrêmes ! Une bonne dextérité est de mise pour attacher les quinze chiens de l’équipage sans emmêler les cordes d’autant qu’il y a quelques récalcitrants !

Les « dogs » les plus expérimentés seront placés en tête de meute, les plus jeunes sur les côtés. En terre esquimaude, la disposition des chiens est toujours en éventail : si l’un d’eux venait à tomber dans un trou d’eau il n’entraînerait pas le reste de l’attelage. Cependant il n’y a rien à craindre en ce début avril, la couche de glace est conséquente et ce ne sont pas les pâles rayons du soleil diffusant une luminosité opaque à travers la brume qui risquent de dégeler la banquise.
Grognements, aboiements, on perçoit une certaine impatience parmi les chiens. Juste le temps de se placer maladroitement sur les lattes de bois et le traîneau s’élance dans le Grand Blanc ! Un passage sur une couche de neige plus épaisse et les patins s’enfoncent dans la poudreuse, voilà que l’allure ralentie. « Ain ! Ain ! Ain ! » Jayko encourage l’attelage et le trot s’accélère. Un vent de côté souffle maintenant soulevant la neige par vagues successives, le refroidissement que provoque cette poussière de glace refroidit mon visage pourtant bien protégé. Le nez pique et coule, les yeux pleurent et les cils se chargent de perles de glace. C’est évident : une découverte de l’Arctique, cela se mérite ! Quant aux chiens, habitués à ces conditions polaires, ils tirent la langue et leur museau est tapissé de givre.

Vaillants, courageux et pleins d’énergie, tels se révèlent les chiens esquimaux qui nous tractent. Des chiens issus de croisement entre les races groenlandaises, malamutes et huskies. Imaginez leur labeur : plus de 40 km parcourus chaque jour en tirant un qamotik lourd de près de 500 kg. Des caresses et des récompenses à l’étape ? Non, non, juste un morceau de phoque gelé en guise de repas et une nuit à la belle étoile « polaire ». Une vraie vie de chien !

Nous avons droit nous aussi à notre ration de phoque ; les meilleurs morceaux, bien entendu ! Un fumet évoquant le poisson se répand dans notre refuge. Cuits simplement dans l’eau, les morceaux mijotent à présent dans une sauce brune. Le phoque, qui a une texture de viande à la forte saveur de gibier, est accompagné d’un bout de banique, le pain local fabriqué avec de la farine et de la fécule de pommes de terre. Finalement un plat agréable qui nous change des nouilles déshydratées du pique-nique de la mi-journée. Il vous est facile d’imaginer que l’eau tiède des thermos n’est pas parvenue à réchauffer les pâtes qui sont restées désespérément « croustillantes » !
Poursuivons ce matin notre original périple. L’allure du traîneau est parfaite, entre 10 et 15 km/h, cela nous laisse tout le loisir de contempler les superbes paysages du fjord de Clyde Inlet. Nous effectuons un parcours sinueux entre une succession époustouflante d’immenses parois rocheuses, de glaciers et de sommets enneigés : un univers minéral et glacé étincelant sous la luminosité intense du soleil. L’air est pur, la visibilité infinie et le ciel d’un bleu profond.

En arrivant à l’extrémité du fjord, à près de 100 km du village, c’est un vent de face que nous affrontons, mordant le visage et engourdissant les extrémités. Un vent qui émousse, lisse et sculpte la surface de la neige, ici en miniature une crête, là une dune... Neige ou sable ? Désert polaire ou saharien ? Le vent produit partout les mêmes effets, effaçant toute trace en quelques heures, comme si Dame Nature avait décidé que les terres extrêmes devaient rester vierges de toute marque humaine.

Marcher dans la neige... Mais surtout marcher sur l’eau ou plutôt sur la mer transformée en banquise ; un des plus fascinants plaisirs que procure l’Arctique en cette saison. De loin, tout est d’un blanc uniforme et aveuglant sous le soleil, mais de plus près, la banquise s’avère morcelée, fissurée, craquelée et hérissée de plaques de glace translucide.

Car la mer ne se fige pas en un seul instant, le vent, les courants et les marées brisent les premiers blocs qui s’accumulent en amas près des rivages donnant l’aspect de vagues immobiles. Ces forces créent des tensions, des craquements, des ruptures et de profondes failles dans l’épaisse couche de glace. C’est un spectacle de « tremblement de mer et de glace » qu’offre la banquise aux yeux de l’observateur. Un autre menu plaisir consiste à marquer une pause, rester immobile à l’abri du vent, et ne plus entendre le crissement aigu si particulier que provoquent les pas dans la neige glacée des régions polaires. Là, c’est le silence arctique que l’on écoute, une absence de son qui devient vite assourdissante. Une sensation unique !

Sur la petite colline qui domine un de nos refuges d’étape, le vent a chassé la fine pellicule de neige, les blocs de pierres apparaissent, un champ ou plutôt un désert de pavés granitiques sombres, striés, noirs, bruns, gris et parfois roses... ce n’est plus sur la mer que je marche, mais sur la Lune ? Cependant un détail me ramène à la raison, derrière un rocher, quelques brindilles séchées vacillent sous l’effet du vent : les restes de la végétation de l’été passé. Nous sommes bien sur Terre.
Au fur et à mesure que nous progressons, les sommets des montagnes apparaissent moins hauts, plus arrondis, le fjord gagne en largeur, l’embouchure approche et la banquise de mer aussi. Unique, au milieu de l’immensité blanche, se dresse un iceberg, piégé par la transformation de l’eau en banquise. Sa surface glacée offre au regard une palette infinie de teintes bleutées qu’accentuent les rayons du soleil. Sublime !

L’animal est présent partout au Nunavut … enfin, sur les blasons, sur les rares documents touristiques et surtout dans tous les esprits. Nous sommes bien au pays de l’ours ! Qu’on en rêve ou le redoute, qu’on veuille l’observer ou le chasser, tout le monde l’évoque avec passion. Mais sur la banquise, le seigneur de l’Arctique se fait discret, l’animal se sait poursuivi par les chasseurs. Chaque année, une réunion au sein de la communauté locale détermine le quota d’ours polaires autorisé à être abattus. Dès le premier jour de notre randonnée en traîneau, nous verrons quelques traces de pattes, dans la neige, sur le bord du fjord ou bien disparaissant derrière un rocher.

Le lendemain, dans une cavité sous la glace, nos accompagnateurs inuit trouvent les restes du repas d’un ours : une peau de bébé phoque. Voilà maintenant d’autres empreintes, de différentes tailles : une mère et son petit né à l’automne sont passés par ici. Alors, va-t-on enfin le voir le prédateur des lieux ? Oh ! La réponse de notre accompagnateur est toujours la même : « Vallaijuq !»> (Peut-être). En abordant la banquise, plus au large, loin des montagnes, la probabilité de rencontrer l’animal mythique est en principe plus élevée. Mais comment le repérer dans cette immensité blanche parfois uniforme et souvent chaotique, hérissée de plaques et creusée de failles … Vous commencez sans doute à comprendre que l’ours blanc observé dans son univers polaire restera pour moi un rêve !

J’aurai l’occasion de rencontrer un magnifique spécimen, ce sera sur le chemin du retour, dans le Centre des visiteurs Unikkaarvik de la capitale du Nunavut à Iqaluit… mais ce majestueux ours était empaillé ! Assurément, il n’y avait aucun risque à l’approcher.
Avec les chiens dans la forêt boréale … comme un musher !
Autre lieu, autre tradition et autre attelage mais toujours au milieu de paysages enneigés et figés par la glace. Nous sommes encore dans le Grand Nord mais cette fois dans les Territoires du Nord Ouest canadien, près de la petite ville d’Inuvik. Principales différences avec mon expérience précédente sur la banquise, ici, place à la forêt boréale et surtout chaque participant dirige son propre traîneau et donc ses chiens.

Elle s’appelle Judi, passionnément amoureuse de sa meute d’husky blanc, c’est elle qui avant de s’élancer nous donne quelques conseils de pilotage. Evidemment, on ne s’improvise pas musher et ses brèves instructions me sont indispensables ! L’attelage est composé de quatre magnifiques et vigoureux husky, quant au traîneau, juste à côté des patins où l’on doit poser les pieds on a à disposition : - une sorte de semelle en caoutchouc avec crampons qui sert de frein lorsque le traîneau prend de la vitesse dans les descentes, - une griffe pour l’arrêt et à utiliser aussi pour faire virer les chiens, - une ancre à bien enfoncer dans la neige pour immobiliser l’attelage … comme sur un bateau ! Belle sophistication pour ce simple traîneau du Grand Nord !

Passons maintenant à la présentation des chiens, l’énergique moteur du traîneau. Le leader aux envoutants yeux bleus est placé à l’avant et à droite de ses congénères. Des « dogs » qui ne cessent de s’agiter, ils sont apparemment plus qu’impatients de fouler la poudreuse glacée. Une dernière recommandation avant le départ : pour virer à droite on doit crier « tchiii … » et pour la gauche « tchaaa … », enfin, une exclamation qui sonne à peu près ainsi ! Et Judi de terminer les conseils en nous insistant à régulièrement féliciter les chiens, ils ne sont pas avare de « Good boy » ou « Good dog » … sincèrement, il paraît qu’ils apprécient. Suis-je prêt ? A peine le temps de m’interroger que la griffe soulevée et ce sont les molosses qui bondissent … avant de ralentir le train, deux d’entre eux éprouvent dès le départ une envie de quelques besoins pressants et puis comme la neige est tombée en abondance pendant la nuit, la piste est rendue moins glissante … c’est peut être mieux ainsi pour le musher débutant que je suis !

Concentré sur ces husky et tenant fermement la barre on en oublierait presque d’admirer le paysage. Pourtant l’environnement est superbe, un lac gelé puis une piste sinueuse à travers la forêt boréale où l’on se faufile entre les conifères. Ajoutez pour compléter le tableau la présence d’un radieux soleil qui bien entendu ne réchauffe guère l’atmosphère (- 15°C) mais cela fait partie de l’ambiance grand nordique qui convient idéalement à la balade.
Voilà que l’on aborde une petite descente. Pied sur le frein ! afin que le traîneau ne vienne butter sur la croupe des chiens. On aperçoit maintenant entre les sapins la glace du fleuve Mackenzie et en bas une courbe à négocier. Euh … « tchiii ! tchiii ! » et Alaska (mon chien leader) de virer sans broncher vers le droite. Super ! Et me voila tenu de hurler « Good dog ! », il a respecté mon ordre … enfin, je crois que c’est plutôt par habitude de la piste. Il ne faudrait quand même pas que je me prenne déjà pour un vrai musher ! Une grande ligne droite sur la glace du fleuve, le traîneau prend de la vitesse, l’émulation entre les chiens des quatre attelages leur donne des envies de compétition et la randonnée de prendre des allures de course, grisant !

Un peu plus loin, le fleuve pétrifié par le froid polaire de la région est transformé en une route de glace, quelques véhicules et même d'imposants poids lourds y circulent à près de 80 km/heure … le côté pratique des mois d’hiver dans ces contrées où toutes les îles du delta sont accessibles par ces surprenantes routes de glace … éphémères, le temps de la saison hivernale.

Dernière piste avant de retrouver le bercail, le train s’accélère à nouveau pour une ultime course entre les traîneaux. Est-ce le simple plaisir de cette balade nature au pays de Croc Blanc ou déjà l’ivresse de Grand Nord qui me gagne ? Je me surprends à crier à tue tête : « Good boys ! Good boys ! … ». Finalement, je n’ai qu’un (minuscule) regret, moi, l’amateur de photos, je n’ai pu immortaliser tous ces moments et ces vues si photogéniques. Mais une des principales recommandations de Judi avant le départ était : « Penser à toujours bien tenir le traîneau ! » Evidemment, il est difficile de faire plusieurs à la fois ! Vraiment, qu’elle a été sympa cette randonnée en traîneau ! Un des nombreux bons moments de ce dépaysement arctique.

Retour au chalet en attendant un autre grand moment d’un voyage sous ces latitudes, certains soirs le ciel arctique s’offre en spectacle et quel spectacle ! Souvenir d’une soirée au bord du fleuve Mackenzie. Là, sur la berge les derniers rayons de soleil embrasent l’horizon, ils donnent même quelques reflets dorés sur la coque métallique de ce bateau abandonné transformé en épave.

Le ciel est parfaitement dégagé, assurément des conditions idéales pour admirer les fameuses aurores boréales … Le crépuscule se fait désirer dans l’arctique même en avril où il n’apparaît qu’aux alentours de 23 heures, l’attente est longue d’autant que la journée a été chargée en découvertes. Il est maintenant minuit et demi et quelques lueurs commencent à illuminer la voute céleste, en quelques minutes, c’est un des plus féeriques spectacles des nuits boréales auquel je vais assister.


Sur l’écran géant bleu nuit du ciel, c’est un festival de gigantesques lumières qui se mettent à danser. Des guirlandes et des voiles jaunes ou vertes ondulent lentement, apparaissent puis s’estompent comme par magie … un véritable enchantement, merveilleux, mystérieux mais éphémère. Seul le froid ambiant avec ces – 20°C me ramènera à une réalité plus terre à terre et m’incitera à gagner l’atmosphère feutrée et bien plus chaude du chalet.
Ma dernière vision de cet arctique canadien ? Une vue aérienne à travers le hublot de l’avion qui vient de décoller d’Inuvik en direction de Whitehorse (capitale régionale du Yukon). Le delta du Mackenzie apparaît tel un patchwork alternant entre forêts sombres, étendues blanches et méandres des cours d’eau. Je distingue maintenant la route de glace serpentant sur le fleuve gelé puis les repères s’estompent peu à peu comme perdus dans l’immensité du Grand Blanc. Le voyage est devenu un souvenir …

Après la lecture de ce texte, une question vous vient peut être à l’esprit. Qu’elle est entre ces deux expériences de traîneau celle qui m’a la plus séduit ? Celle sur la banquise ou bien celle où j’ai piloté moi-même l’attelage ? L’ambiance polaire en compagnie des Inuit s’est avérée être un vrai rêve éveillé et un formidable dépaysement. Quant à la randonnée à la manière d’un trappeur-musher, elle était plus « fun » et plus active ! Mais finalement, je ne peux faire un choix entre ces deux aventures … en parcourant mon récit de souvenirs, vous vous êtes certainement aperçu que mon enthousiasme paraissait identique pour ces deux découvertes.
Jean
Contempler le Grand Blanc au rythme d’un traîneau �� chiens est certainement un des meilleurs moyens de découvrir les lointaines contrées boréales.
A travers mes souvenirs d’aventures glacées, je vous emmène dans le Grand Nord … et bien que mes deux randonnées en traîneau à chiens se soient déroulées dans un même pays, le Canada, ces expériences se sont avérées cependant très différentes.


Alors prêts pour la balade en traîneau en compagnie d’Inuit en Terre de Baffin (Nunavut) ou pour celle, façon trappeur près d’Inuvik (Territoires du Nord Ouest) ? Enfilez la cagoule, les moufles, les boots et la parka … vous ne sentirez même plus le froid agressif et ses – 20 C ! Place à l’émerveillement …
En traîneau sur la banquise … avec des Inuit
Il se nomme Jayko, c’est un Inuk (Inuk est le singulier d’Inuit) de Kangiqtugaapik, un village perdu sur la côte est de la Terre de Baffin (70 ° Nord, Territoire du Nunavut). Et ce matin, notre inuk s’apprête à atteler ses chiens à son qamotik (traîneau). Jayko sera donc notre conducteur d’attelage car ici, on ne laisse ni son traîneau et encore moins ses turbulents chiens aux mains d’un amateur … Une longue expérience de la banquise étant un préalable à toute randonnée dans ces contrées extrêmes ! Une bonne dextérité est de mise pour attacher les quinze chiens de l’équipage sans emmêler les cordes d’autant qu’il y a quelques récalcitrants !

Les « dogs » les plus expérimentés seront placés en tête de meute, les plus jeunes sur les côtés. En terre esquimaude, la disposition des chiens est toujours en éventail : si l’un d’eux venait à tomber dans un trou d’eau il n’entraînerait pas le reste de l’attelage. Cependant il n’y a rien à craindre en ce début avril, la couche de glace est conséquente et ce ne sont pas les pâles rayons du soleil diffusant une luminosité opaque à travers la brume qui risquent de dégeler la banquise.
Grognements, aboiements, on perçoit une certaine impatience parmi les chiens. Juste le temps de se placer maladroitement sur les lattes de bois et le traîneau s’élance dans le Grand Blanc ! Un passage sur une couche de neige plus épaisse et les patins s’enfoncent dans la poudreuse, voilà que l’allure ralentie. « Ain ! Ain ! Ain ! » Jayko encourage l’attelage et le trot s’accélère. Un vent de côté souffle maintenant soulevant la neige par vagues successives, le refroidissement que provoque cette poussière de glace refroidit mon visage pourtant bien protégé. Le nez pique et coule, les yeux pleurent et les cils se chargent de perles de glace. C’est évident : une découverte de l’Arctique, cela se mérite ! Quant aux chiens, habitués à ces conditions polaires, ils tirent la langue et leur museau est tapissé de givre.

Vaillants, courageux et pleins d’énergie, tels se révèlent les chiens esquimaux qui nous tractent. Des chiens issus de croisement entre les races groenlandaises, malamutes et huskies. Imaginez leur labeur : plus de 40 km parcourus chaque jour en tirant un qamotik lourd de près de 500 kg. Des caresses et des récompenses à l’étape ? Non, non, juste un morceau de phoque gelé en guise de repas et une nuit à la belle étoile « polaire ». Une vraie vie de chien !

Nous avons droit nous aussi à notre ration de phoque ; les meilleurs morceaux, bien entendu ! Un fumet évoquant le poisson se répand dans notre refuge. Cuits simplement dans l’eau, les morceaux mijotent à présent dans une sauce brune. Le phoque, qui a une texture de viande à la forte saveur de gibier, est accompagné d’un bout de banique, le pain local fabriqué avec de la farine et de la fécule de pommes de terre. Finalement un plat agréable qui nous change des nouilles déshydratées du pique-nique de la mi-journée. Il vous est facile d’imaginer que l’eau tiède des thermos n’est pas parvenue à réchauffer les pâtes qui sont restées désespérément « croustillantes » !
Poursuivons ce matin notre original périple. L’allure du traîneau est parfaite, entre 10 et 15 km/h, cela nous laisse tout le loisir de contempler les superbes paysages du fjord de Clyde Inlet. Nous effectuons un parcours sinueux entre une succession époustouflante d’immenses parois rocheuses, de glaciers et de sommets enneigés : un univers minéral et glacé étincelant sous la luminosité intense du soleil. L’air est pur, la visibilité infinie et le ciel d’un bleu profond.

En arrivant à l’extrémité du fjord, à près de 100 km du village, c’est un vent de face que nous affrontons, mordant le visage et engourdissant les extrémités. Un vent qui émousse, lisse et sculpte la surface de la neige, ici en miniature une crête, là une dune... Neige ou sable ? Désert polaire ou saharien ? Le vent produit partout les mêmes effets, effaçant toute trace en quelques heures, comme si Dame Nature avait décidé que les terres extrêmes devaient rester vierges de toute marque humaine.

Marcher dans la neige... Mais surtout marcher sur l’eau ou plutôt sur la mer transformée en banquise ; un des plus fascinants plaisirs que procure l’Arctique en cette saison. De loin, tout est d’un blanc uniforme et aveuglant sous le soleil, mais de plus près, la banquise s’avère morcelée, fissurée, craquelée et hérissée de plaques de glace translucide.

Car la mer ne se fige pas en un seul instant, le vent, les courants et les marées brisent les premiers blocs qui s’accumulent en amas près des rivages donnant l’aspect de vagues immobiles. Ces forces créent des tensions, des craquements, des ruptures et de profondes failles dans l’épaisse couche de glace. C’est un spectacle de « tremblement de mer et de glace » qu’offre la banquise aux yeux de l’observateur. Un autre menu plaisir consiste à marquer une pause, rester immobile à l’abri du vent, et ne plus entendre le crissement aigu si particulier que provoquent les pas dans la neige glacée des régions polaires. Là, c’est le silence arctique que l’on écoute, une absence de son qui devient vite assourdissante. Une sensation unique !

Sur la petite colline qui domine un de nos refuges d’étape, le vent a chassé la fine pellicule de neige, les blocs de pierres apparaissent, un champ ou plutôt un désert de pavés granitiques sombres, striés, noirs, bruns, gris et parfois roses... ce n’est plus sur la mer que je marche, mais sur la Lune ? Cependant un détail me ramène à la raison, derrière un rocher, quelques brindilles séchées vacillent sous l’effet du vent : les restes de la végétation de l’été passé. Nous sommes bien sur Terre.
Au fur et à mesure que nous progressons, les sommets des montagnes apparaissent moins hauts, plus arrondis, le fjord gagne en largeur, l’embouchure approche et la banquise de mer aussi. Unique, au milieu de l’immensité blanche, se dresse un iceberg, piégé par la transformation de l’eau en banquise. Sa surface glacée offre au regard une palette infinie de teintes bleutées qu’accentuent les rayons du soleil. Sublime !

L’animal est présent partout au Nunavut … enfin, sur les blasons, sur les rares documents touristiques et surtout dans tous les esprits. Nous sommes bien au pays de l’ours ! Qu’on en rêve ou le redoute, qu’on veuille l’observer ou le chasser, tout le monde l’évoque avec passion. Mais sur la banquise, le seigneur de l’Arctique se fait discret, l’animal se sait poursuivi par les chasseurs. Chaque année, une réunion au sein de la communauté locale détermine le quota d’ours polaires autorisé à être abattus. Dès le premier jour de notre randonnée en traîneau, nous verrons quelques traces de pattes, dans la neige, sur le bord du fjord ou bien disparaissant derrière un rocher.

Le lendemain, dans une cavité sous la glace, nos accompagnateurs inuit trouvent les restes du repas d’un ours : une peau de bébé phoque. Voilà maintenant d’autres empreintes, de différentes tailles : une mère et son petit né à l’automne sont passés par ici. Alors, va-t-on enfin le voir le prédateur des lieux ? Oh ! La réponse de notre accompagnateur est toujours la même : « Vallaijuq !»> (Peut-être). En abordant la banquise, plus au large, loin des montagnes, la probabilité de rencontrer l’animal mythique est en principe plus élevée. Mais comment le repérer dans cette immensité blanche parfois uniforme et souvent chaotique, hérissée de plaques et creusée de failles … Vous commencez sans doute à comprendre que l’ours blanc observé dans son univers polaire restera pour moi un rêve !

J’aurai l’occasion de rencontrer un magnifique spécimen, ce sera sur le chemin du retour, dans le Centre des visiteurs Unikkaarvik de la capitale du Nunavut à Iqaluit… mais ce majestueux ours était empaillé ! Assurément, il n’y avait aucun risque à l’approcher.
Avec les chiens dans la forêt boréale … comme un musher !
Autre lieu, autre tradition et autre attelage mais toujours au milieu de paysages enneigés et figés par la glace. Nous sommes encore dans le Grand Nord mais cette fois dans les Territoires du Nord Ouest canadien, près de la petite ville d’Inuvik. Principales différences avec mon expérience précédente sur la banquise, ici, place à la forêt boréale et surtout chaque participant dirige son propre traîneau et donc ses chiens.

Elle s’appelle Judi, passionnément amoureuse de sa meute d’husky blanc, c’est elle qui avant de s’élancer nous donne quelques conseils de pilotage. Evidemment, on ne s’improvise pas musher et ses brèves instructions me sont indispensables ! L’attelage est composé de quatre magnifiques et vigoureux husky, quant au traîneau, juste à côté des patins où l’on doit poser les pieds on a à disposition : - une sorte de semelle en caoutchouc avec crampons qui sert de frein lorsque le traîneau prend de la vitesse dans les descentes, - une griffe pour l’arrêt et à utiliser aussi pour faire virer les chiens, - une ancre à bien enfoncer dans la neige pour immobiliser l’attelage … comme sur un bateau ! Belle sophistication pour ce simple traîneau du Grand Nord !

Passons maintenant à la présentation des chiens, l’énergique moteur du traîneau. Le leader aux envoutants yeux bleus est placé à l’avant et à droite de ses congénères. Des « dogs » qui ne cessent de s’agiter, ils sont apparemment plus qu’impatients de fouler la poudreuse glacée. Une dernière recommandation avant le départ : pour virer à droite on doit crier « tchiii … » et pour la gauche « tchaaa … », enfin, une exclamation qui sonne à peu près ainsi ! Et Judi de terminer les conseils en nous insistant à régulièrement féliciter les chiens, ils ne sont pas avare de « Good boy » ou « Good dog » … sincèrement, il paraît qu’ils apprécient. Suis-je prêt ? A peine le temps de m’interroger que la griffe soulevée et ce sont les molosses qui bondissent … avant de ralentir le train, deux d’entre eux éprouvent dès le départ une envie de quelques besoins pressants et puis comme la neige est tombée en abondance pendant la nuit, la piste est rendue moins glissante … c’est peut être mieux ainsi pour le musher débutant que je suis !

Concentré sur ces husky et tenant fermement la barre on en oublierait presque d’admirer le paysage. Pourtant l’environnement est superbe, un lac gelé puis une piste sinueuse à travers la forêt boréale où l’on se faufile entre les conifères. Ajoutez pour compléter le tableau la présence d’un radieux soleil qui bien entendu ne réchauffe guère l’atmosphère (- 15°C) mais cela fait partie de l’ambiance grand nordique qui convient idéalement à la balade.
Voilà que l’on aborde une petite descente. Pied sur le frein ! afin que le traîneau ne vienne butter sur la croupe des chiens. On aperçoit maintenant entre les sapins la glace du fleuve Mackenzie et en bas une courbe à négocier. Euh … « tchiii ! tchiii ! » et Alaska (mon chien leader) de virer sans broncher vers le droite. Super ! Et me voila tenu de hurler « Good dog ! », il a respecté mon ordre … enfin, je crois que c’est plutôt par habitude de la piste. Il ne faudrait quand même pas que je me prenne déjà pour un vrai musher ! Une grande ligne droite sur la glace du fleuve, le traîneau prend de la vitesse, l’émulation entre les chiens des quatre attelages leur donne des envies de compétition et la randonnée de prendre des allures de course, grisant !

Un peu plus loin, le fleuve pétrifié par le froid polaire de la région est transformé en une route de glace, quelques véhicules et même d'imposants poids lourds y circulent à près de 80 km/heure … le côté pratique des mois d’hiver dans ces contrées où toutes les îles du delta sont accessibles par ces surprenantes routes de glace … éphémères, le temps de la saison hivernale.

Dernière piste avant de retrouver le bercail, le train s’accélère à nouveau pour une ultime course entre les traîneaux. Est-ce le simple plaisir de cette balade nature au pays de Croc Blanc ou déjà l’ivresse de Grand Nord qui me gagne ? Je me surprends à crier à tue tête : « Good boys ! Good boys ! … ». Finalement, je n’ai qu’un (minuscule) regret, moi, l’amateur de photos, je n’ai pu immortaliser tous ces moments et ces vues si photogéniques. Mais une des principales recommandations de Judi avant le départ était : « Penser à toujours bien tenir le traîneau ! » Evidemment, il est difficile de faire plusieurs à la fois ! Vraiment, qu’elle a été sympa cette randonnée en traîneau ! Un des nombreux bons moments de ce dépaysement arctique.

Retour au chalet en attendant un autre grand moment d’un voyage sous ces latitudes, certains soirs le ciel arctique s’offre en spectacle et quel spectacle ! Souvenir d’une soirée au bord du fleuve Mackenzie. Là, sur la berge les derniers rayons de soleil embrasent l’horizon, ils donnent même quelques reflets dorés sur la coque métallique de ce bateau abandonné transformé en épave.

Le ciel est parfaitement dégagé, assurément des conditions idéales pour admirer les fameuses aurores boréales … Le crépuscule se fait désirer dans l’arctique même en avril où il n’apparaît qu’aux alentours de 23 heures, l’attente est longue d’autant que la journée a été chargée en découvertes. Il est maintenant minuit et demi et quelques lueurs commencent à illuminer la voute céleste, en quelques minutes, c’est un des plus féeriques spectacles des nuits boréales auquel je vais assister.


Sur l’écran géant bleu nuit du ciel, c’est un festival de gigantesques lumières qui se mettent à danser. Des guirlandes et des voiles jaunes ou vertes ondulent lentement, apparaissent puis s’estompent comme par magie … un véritable enchantement, merveilleux, mystérieux mais éphémère. Seul le froid ambiant avec ces – 20°C me ramènera à une réalité plus terre à terre et m’incitera à gagner l’atmosphère feutrée et bien plus chaude du chalet.
Ma dernière vision de cet arctique canadien ? Une vue aérienne à travers le hublot de l’avion qui vient de décoller d’Inuvik en direction de Whitehorse (capitale régionale du Yukon). Le delta du Mackenzie apparaît tel un patchwork alternant entre forêts sombres, étendues blanches et méandres des cours d’eau. Je distingue maintenant la route de glace serpentant sur le fleuve gelé puis les repères s’estompent peu à peu comme perdus dans l’immensité du Grand Blanc. Le voyage est devenu un souvenir …

Après la lecture de ce texte, une question vous vient peut être à l’esprit. Qu’elle est entre ces deux expériences de traîneau celle qui m’a la plus séduit ? Celle sur la banquise ou bien celle où j’ai piloté moi-même l’attelage ? L’ambiance polaire en compagnie des Inuit s’est avérée être un vrai rêve éveillé et un formidable dépaysement. Quant à la randonnée à la manière d’un trappeur-musher, elle était plus « fun » et plus active ! Mais finalement, je ne peux faire un choix entre ces deux aventures … en parcourant mon récit de souvenirs, vous vous êtes certainement aperçu que mon enthousiasme paraissait identique pour ces deux découvertes.
Jean
Informations pratiques pour les États-Unis English translation pending
Bonjour,
L'été prochain je n'irai pas aux USA mais je me pose quand même les questions suivantes:
- Est-ce-que Tioga pass sera ouverte?
- Quand dois-je changer mes euros en USD et surtout est-ce-que l'euro va continuer à baisser?
- Est-ce-que je dois louer mon véhicule directement aux USA ou bien par un loueur? Avez-vous des anecdotes et des bons plans? Est-ce-que un 4x4 est nécessaire sachant que je n'irai pas sur les pistes?
- Quand dois-je acheter mes billets d'avion pour les payer le moins cher possible?
- J'ai l'intention de ne pas laisser de pourboire au restaurant. Est-ce-que je risque de finir avec du goudron et des plumes?
- Est-ce-qu'il y a une suite 2806 dans chaque hotel?
J'aurai d'autres questions prochainement.
Merci. Joyeuses fêtes à tous les VFouestusa 😎
FreD-XIII
J'aurai d'autres questions prochainement.
Merci. Joyeuses fêtes à tous les VFouestusa 😎
FreD-XIII
Quatre jours à Stockholm fin décembre: bons plans? English translation pending
Bonsoir à tous-tes,
C'est décidé! Mon compagnon et moi avons réservé un séjour à Stockholm du 27 au 30 décembre, soit 3 nuits et 4 jours...
Mais ne connaissant PAS DU TOUT cette ville, ni ce pays, j'aurais besoin de vos CONSEILS!
Que faire en 4 jours à Stockholm à cette période?? Que faut-il prévoir (très froid?😎) etc.
J'ai lu sur différents forums que la ville pouvait être un peu morte à cette époque, mais entre marché de noel, boutiques, musées et découverte de la ville, je ne me fais pas trop de soucis... ai-je raison?!!!😕😄
JE VOUS REMERCIE PAR AVANCE 🙂
C'est décidé! Mon compagnon et moi avons réservé un séjour à Stockholm du 27 au 30 décembre, soit 3 nuits et 4 jours...
Mais ne connaissant PAS DU TOUT cette ville, ni ce pays, j'aurais besoin de vos CONSEILS!
Que faire en 4 jours à Stockholm à cette période?? Que faut-il prévoir (très froid?😎) etc.
J'ai lu sur différents forums que la ville pouvait être un peu morte à cette époque, mais entre marché de noel, boutiques, musées et découverte de la ville, je ne me fais pas trop de soucis... ai-je raison?!!!😕😄
JE VOUS REMERCIE PAR AVANCE 🙂
Problème pour Antelope Canyon et Arches National Park (Ouest américain) English translation pending
Salut les Amis,
Je suis avec mon pere, nous sommes actuellement au Grand Canyon, et nous allons faire les Parc de l'Ouest. Nous sommes arrivé hier depuis Vegas.
J'ai deux questions: - Est ce que le parc de l'Arche est une obligation car cela nous amenes à faire 6h de route aller plus 6h retour. Donc est ce que ce Parc est un incontournable? - Et LA GROSSE QUESTION: Nous avons envie d'aller à ANTELOPE CANYON mais on arrive pas à voir comment faire? Et ou il se trouve. J'ai vu des images, mais j'arrive pas a le localiser sur des cartes! Il est pret de quel parc? Comment y aller?
1000 merci Yohann
Je suis avec mon pere, nous sommes actuellement au Grand Canyon, et nous allons faire les Parc de l'Ouest. Nous sommes arrivé hier depuis Vegas.
J'ai deux questions: - Est ce que le parc de l'Arche est une obligation car cela nous amenes à faire 6h de route aller plus 6h retour. Donc est ce que ce Parc est un incontournable? - Et LA GROSSE QUESTION: Nous avons envie d'aller à ANTELOPE CANYON mais on arrive pas à voir comment faire? Et ou il se trouve. J'ai vu des images, mais j'arrive pas a le localiser sur des cartes! Il est pret de quel parc? Comment y aller?
1000 merci Yohann