Search VoyageForum
FR
Conseil itinéraire 1 mois en Thaïlande English translation pending
by Veroniva · 2014-03-18 · 73 replies
Bonjour, après avoir parcouru de nombreuses discussion et 2 guides, je viens demander conseil sur l'itinéraire envisagé... Nous serons en Thaïlande du 22 juillet au 20 aout. 2 adultes et 2 enfants de 9 et 10 ans. ce sera notre premier voyage en Asie!

arrivée à bkk à 7h du matin, départ directement pour kanchanaburi: louer une voiture ou prendre un taxi? 2 jours à kanchanaburi (en profiter pour aller voir les marchés flottants ? ou faut il mieux les visiter depuis bkk?) 2 jours chez Francois (faut il reserver longtemps à l'avance?) départ pour Chiang Mai : faut il retourner à bkk ou peut on facilement y aller directement? train ou voiture? s'arreter à Sukkhotai? à Ayuttaya? 4 jours à chiang Mai 4 jours circuit vers Mae Hong son: faut il louer une voiture ou prendre un guide qui s'occupe de tout?

vol de chiang mai vers les iles pour 7 jours: à priori Ko Phi Phi et Ko Lanta (ou Ko Samui et Ko Tao.... ): les 2 premières semblent féériques, mais soumises au mauvais temps à cette période, bien que de nombreuses lectures me laissent penser que ca n'arrive pas toujours.... du coup difficile de se décider à l'avance... quels vols réserver?????

terminer par 3-4 jours à bkk

Vous en pensez quoi? ca nous laisse 3-4 jours de battements pour faire face à des imprévus, à des envies de prolonger à un endroit ou à un autre.... mais du coup, comment faire pour les vols internes?

Faut il réserver maintenant les hotels?

Merci d'avance pour vos réponses!
Excursions à faire en Tunisie English translation pending
by Govro · 2014-03-06 · 13 replies
1ier voyage en tunisie, on m'a proposé port el kantaoui en mars , consirdérant la tempé, y aura t-il des excursions a privilégier????..........merci niki
Thaïlande du 2 juin au 23 juin English translation pending
by ElijahMel · 2014-02-24 · 56 replies
Coucou,

Voilà je vous contacte aujourd'hui pour avoir des infos pour mon voyage en thailande. Je m’appelle Mélanie et j'ai 21 ans 😊

Je pense vous faire ça en questions pour que les réponses soit plus clair :)

Je fais ce voyage pour un peu décompresser 😕, je profite de voyager avant de reprendre les études.

J'aimerais partir du 2 juin au 23 juin. Mon budjet s'élève dans les alentours de 1000 euros (sans billet d'avion. Mon budjet sur place donc ^^). Je peux évidemment plus mais j'aimerais rester dans une gamme de prix raisonnable :-) --

1) Je ne sais pas encore quel endroit de la Thaïlande ou aller. Un ami habite à Koh Samui (chaweng), mais j'ai peur que cette île soit trop touristique ? Même en juin ? Avez-vous un conseil d'une chouette île pour aller passer un bon moment ? ?

2) Pour le logement je ne sais pas encore comment faire. Pensez-vous que c'est mieux d'essayer de louer un petit bungallow, villa ... ou bien aller dans un hôtel ? (il me faudra internet assez proche ou je me trouverai) Avez-vous de bonne adresse, contact .... ?

3) Concernant les billet d'avion, vous avez un bon site pour les achetés ?

4) Concernant le visa, j'ai entendu dire que une fois à l'aéroport en Thaïlande, nous recevons un visa (touriste) de 1 mois ? Faut t'il aussi s'annoncer à l'ambassade belge à bangkok pour dire que nous sommes en Thaïlande ou pas ?

5) Est-il mieux de préparé son voyage ? un ami ma dit le mieux est de juste prendre les billet d'avion et de venir en "free-style" en Thailande et donc faire sur place le logement ...

6) Quel serait votre budjet pour ce voyage du : 2 juin au 23 juin ? En ne faisant pas d'excès et en mangeant thai.

Un grand merci d'avance pour vos réponses future ^^ :)
Fjords de Norvège English translation pending
by Etudian · 2014-02-10 · 175 replies
bonjour,

je fais une croisière fin juin, je voudrais savoir s'il est possible de faire des excursions par moi même pour éviter les pièges (tarif excessif) par rapport aux prestations. PARCOURS Kristiansand, hellesylt/geiranger, flaam, stavanger, goteborg

merci pour toutes vos informations🙂
Croisière les cités du soleil le 5 mai 2014 English translation pending
by Kjll · 2014-01-28 · 48 replies
Qui part avec nous le 5 mai 2014?
Thaïlande en novembre 2014 English translation pending
by Sanka31700 · 2014-01-27 · 7 replies
Bonjour à tous,

Nous sommes un jeune couple de 30 ans et prévoyons pour Novembre 2014 un voyage en Thaïlande, pays qui nous attire énormément et qui nous fait rêver. Nous partons durant un mois en sac à dos car nous voulons à tout prix éviter les bus blindés, les visites en file indienne imposées… nous voulons être libres dans nos choix, dans nos mouvements et dans nos déplacements.

Mais quand bien même, un voyage comme celui-ci demande un minimum d’organisation. Nous avons déterminé peu de destinations car nous ne voulons pas passer notre séjour à courir partout, c’est-à-dire vouloir tout voir et au final ne pas profiter à 100% des choses que ce pays va nous offrir. Nous souhaitons juste durant la dernière semaine nous poser sur une ile du sud, mais les 3 premières semaines restent libres.

A notre arrivée sur Bangkok, nous souhaitons aller à Kanchanaburi (Chutes d’Erawan et peut être le temple des tigres mais encore beaucoup d’hésitation car beaucoup d’avis divergent sur les forums) pendant 2 à 3 jours, ensuite retourner sur Bangkok pour prendre le train de nuit vers Chiang Mai. Nous comptons rester dans cette région peut être une quinzaine de jours car apparemment il y a plein de choses à voir et à y faire. Nous comptons d’ailleurs faire un treck de 3 jours dans la jungle, puis découvrir les alentours. Enfin, nous redescendrons dans le sud sur une île pas trop touristique durant une semaine (nous n’avons pas encore fait notre choix, mais sommes tentés par Koh Lanta) et pour finir 2 jours à Bangkok.

Je souhaiterais trouver des conseils (où dormir, où manger, quelles visites, quelles excursions…) mais également des contacts Français sur les villes de Kanchanaburi et Chiang Mai ainsi que vers les iles du Sud ou autres afin d’échanger… et j’avoue que je serais rassurée de « connaître » des Français à nos points de chute, même si selon les différents forums, la langue n’a pas l’air d’être une barrière. Je souhaite optimiser et profiter un maximum de ce voyage qui sera un voyage extraordinaire, j’en suis sûre !

Nous adorons la nature, l’aventure, tenter de nouvelles choses, découvrir la culture, la façon de vivre de ce pays. J’ai créé un compte Facebook uniquement dédié à ce voyage pour échanger sur ce sujet. Voici le lien :

https://www.facebook.com/sanka.thai.7

N'hésitez pas à partager vos liens, vos blogs ect...

En espérant vous retrouver très prochainement,

Vous remerciant déjà pour vos réponses et vos conseils.
La ville aux roses en pays Betsileo (Madagascar) English translation pending
by Mesrob · 2013-12-30 · 8 replies


Après avoir quitté Antsirabe, ‘la Vichy malgache’ du temps de la colonisation, pour prendre la direction du sud vers Ambositra, il faut empreinter la nationale sept. C’est l’axe routier incontournable permettant les transhumances touristiques en taxi-brousse bondé ou en 4X4 climatisé, pour traverser la région agricole du betsileo jusqu’à celle du grand sud, déshéritée et aride.... Cet axe nord-Sud avait fait l’objet d’un vaste projet ferroviaire éphémère, abandonné à l’aube d’une seconde guerre mondiale, gourmande en hommes et en capitaux ....

On est très vite charmé par une succession des paysages bucoliques s'entremêlant dans un patchwork de rizières en terrasses aux couleurs caméléonnes tirant du vert pomme au moment des repiquages à celui du jaune paille à l'approche des récoltes.... Les maisons en pisé ocre rouge des villages portent dans l'entrebâillement de leurs maigres ouvertures, des traces indélébiles de fumée et de suie provenant du foyer intérieur, sans cheminée existante, par tradition et par superstition….

La route, long serpent bitumeux se faufile, entre champs cultivés de maïs et de manioc, succédant à des parcelles forestières partiellement défigurées.

Les premières l’ont été à la suite d’incendies successifs et pour les autres, ce sont les coups de machettes répétés sur les troncs d’eucalyptus qui donnent ainsi cette vision pathétique d’un milieu forestier, vaste réserve en charbon de bois du pays, programmée pour disparaître progressivement…. La nationale traverse ainsi une immense plaine où les rizières remplissent l'oeil du voyageur d'un exotisme au parfum d’Asie . Cette impression est accentuée par la présence d’habitations aux toits de chaume de riz noyées au beau milieu de cette verdure, mélange de parcelles colorées rappelant les meilleurs spots touristiques .. A cet endroit bucolique, le bas-côté de la chaussée est occupé par des paysans vendant à la sauvette des légumes fraîchement cueillis et rangés méticuleusement sur des étals de fortune en attendant le client de passage … Le voyage est souvent interrompu par des contrôles routiers fréquents, transformés en péage informel. C’est une invitation discrète pour le conducteur local à glisser un billet dans les papiers présentés afin d’assurer un petit plus, au maigre ordinaire de ces vérificateurs nonchalants en uniformes à l'affût de la moindre occasion... Ils savent se montrer plus gourmands et tenaces encore, à l'approche des fêtes dépensières….



Au kilomètre 69, la route passe à côté d’un pont en béton armé, ‘Ilaka’, inauguré en 1953 et détruit en 2OO2 sous les ordres mégalomaniaques d'un ancien président, marin de formation promu amiral rouge des années noires du pays…

Ce geste belliqueux de ses partisans mercenaires à la sauce locale, n'aura servi qu'à détruire un bien collectif pourtant épargné par un climat érosif....avant d'être remplacé par un autre pont, quelques centaines de mètres plus loin, entièrement financé par une généreuse communauté européenne, roue de secours permanente, d'un certain nombre de carences locales….

Juste avant d'arriver à Ambositra, la route slalome au milieu de plantation d'eucalyptus, arbre dominant d'une île de plus en plus chauve, qui distille dans l'air chaud, des odeurs d'huile essentielle provenant d'un feuillage d'un vert cuivré…. La proximité de la ville est marquée par l'implantation des premières boutiques d'artisanat censées séduire le voyageur pressé de rentrer sur la capitale ou de descendre vers un sud lointain….. Une grande ligne droite séparant des grandes rizières en deux parties, annonce l'entrée de la ville où stationnent, dans un désordre coutumier, des taxi-brousses fatigués en partance vers Antsirabe et la capitale… Puis, la route empreinte un raidillon goudronné qui, à l'issue de deux virages successifs débouche sur l'artère principale de la ville. Cette voie principale peine, à certaines heures de la journée, à supporter un trafic disproportionné au regard de l'étroitesse de la chaussée conçue par un colonisateur constructeur auquel n’a succédé qu’une relève idéologique….

La ville est bâtie sur un mamelon dominant les rizières environnantes. Elle est constituée de maisons betsileo datant, pour la plupart, de cette époque coloniale dont certaines, en mauvais état, sont rafistolées de bric et de broc atténuant le charme indéniable qu’il s’en dégageait au temps de leur jeunesse perdue…

En contre-bas de la cité, des nombreux hameaux sont disséminés aux pieds des rizières où réside une majorité de petits artisans travaillant le bois à l’aide d’outils dérisoires, avec pour chacun, sa spécialité comme celle des figurines d’échec ou de la marqueterie à copie multiple voir de la corne de zébu travaillée à chaud…

L’approvisionnement en bois est devenu un véritable problème d’inquiétude pour ces artisans privés de leur matière première, liée à une déforestation des plus inquiétantes... Le bois de rose est devenu rare, extrêmement réglementé et cher, le bois d'ébène a lui quasiment disparu étant remplacé par une couche de cirage noir ou de noir de fumée sur des bois blancs...

Les bois fraîchement abattus sont travaillés sans un séchage, ni stockage préalables ce qui entraine un fendage fréquent des objets sculptés et de la marqueterie vendus..... Le meilleur d'entre ces artisans, étant sans conteste, un couple d'anciens universitaires, formés à l'archéologie, mais qui, par la faute d’une promesse non tenue pour travailler pour l'Unesco, se sont reconvertis dans la marqueterie originale et la lutherie d'une finesse élégante .

Cette agglomération est une cité paysanne tranquille du betsileo, point de passage obligé des transhumances sud et nord vivant essentiellement de ses activités d'artisanat et du travail de la terre…. Le passage de camions chargés de zébus destinés à l’approvisionnement de la capitale est journalier... Les bêtes transportées sont parqués en quinconce à l’arrière des véhicules tout en étant maintenues par des cordes pour éviter des blessures inutiles au cours de leur long transport. La traversée de la ville les contraint à l’obligation d’un arrêt à proximité de la gendarmerie pour être contrôlés afin d’en juguler, sans grande efficacité notoire, un trafic juteux d’animaux volés dans le sud…

Chaque samedi, jour de marché, la ville est prise dans un tourbillon de va-et-vient d'un monde paysan qui déferle tôt le matin en apportant ses productions familiales. Seules, les rues conduisant au commissariat de police sont réservées à cet événement, mais, il faut s'armer de patience pour avancer au milieu de ce flot de badauds bigarrés qui monopolise ces rues devenues, l'espace d'un matin, un immense marché à ciel ouvert ….

Le jour est à peine levé lorsque descendent les premiers vendeurs partis de leurs villages situés dans les montagnes environnantes à plusieurs heures de marche, en majorité des femmes par groupe de quatre ou cinq, échangeant histoires et ragots pour passer le temps d'une marche interminable….

Sur le marché même, c'est l'occasion des rencontres hebdomadaires où chacun discute avec son voisin d'un jour en disposant sa marchandise à même le sol sur des emplacements convenus à l'avance, présentée en petits tas pour les légumes ou dans des sacs de jute pour les pistaches ou le riz avec le fameux kapoka, boîte de lait vide servant d'unité de mesure….



Plus loin, des stands improvisés, sortes d'assemblages improbables en rondins de bois tordus, permettent la vente de marchandises "made in china", sacs à dos, chaussures, appareils de musique ou lunettes contrefaites….sans parler de vieilles fripes chiffonnées, commerce fleurissant issu de collectes européennes vendues au poids à des importateurs insulaires qui plombent à jamais une production locale, hier florissante mais aujourd’hui, réduite à peu…. Le centre ville est délimité à ses extrémités par deux marchés couverts Nord/Sud permettant aux habitants un approvisionnement rapide à quel endroit qu’ils se trouvent....



Un chemin circulaire encercle la ville permettant au promeneur tranquille d'observer le travail ingrat des rizières, du repiquage du riz réservé aux femmes, à celui du sarclage attribué aux hommes poussant une houe entre les plants alignés de riz déjà bien vigoureux…. Sur cette piste giratoire, dans un espace en friche et en broussailles, à quelques encablures du centre, des pauvres filles tapinent à l’affût ... En bordure de route, à proximité d'abris de misère recouverts de plastiques servant occasionnellement de lupanar champêtre, elles attendent de croiser du regard celui d'un passant, client potentiel de ces femmes sans ressources, aux destins de vie tragique, d'une noirceur absolue..

Les hôtels à touristes, au confort simple mais approprié pour un voyageur peu exigeant et pressé, sont disséminés dans la partie haute de la ville.... Avec une attention particulière pour le plus prisé d'entre eux, situé en direction d'un temple protestant, qui propose une dizaine de bungalows en bois.

Les panneaux en palissandre utilisés pour ces bungalows sont sculptés de fresques dans le plus pur style zafimaniry. Ils donnent ainsi aux visiteurs d’un jour, une impression recherchée d'authenticité de plus en plus diluée, aujourd’hui, sous les coups de butoirs d’une mondialisation envahissant même les endroits les plus discrets...

La place de la mairie est un espace goudronné planté d'un terrain de sport équipé, d’un unique côté, d'un panneau de basket fatigué dont il ne subsiste que le cercle métallique du panier… Des jeunes viennent régulièrement y disputer des parties entre copains sous le regard d'un public jeune, oisif, assis sur une tribune en béton. Cette construction domine l'ensemble du site partagé entre cet espace sportif et deux stèles commémorant l'indépendance et l’insurrection de 47, ciment historique d’une unité malgache rebelle à toute ingérence étrangère....

Tous les jours de la semaine, en fin d’après-midi, les pousses-pousse affluent sur cette place située à proximité des écoles en attendant de transporter les élèves jusqu’à leurs domiciles..... Souvent, il n’est pas rare de voir, quatre voir cinq petits écoliers monter dans un même pousse tandis que le tireur amorce le départ en prenant, sous les enthousiasmes communicatifs des enfants, des allures de courses de kermesse en dévalant la pente sous les regards amusés des passants...

Un peu plus loin, lorsqu'on redescend vers la rue circulaire commerçante, on passe devant le bâtiment neuf de l'alliance française. C’est l’unique lieu culturel où la petite bourgeoise locale inscrit ses enfants afin d’y entretenir, tant bien que mal, un bilinguisme en perte de vitesse avec une langue de Molière passée du stade culturel à celui, bien moins prestigieux d’une possible issue de secours d’un avenir insulaire fragile….

Le soir, les aboiements fréquents des chiens rôdeurs, se déplaçant dans la cité endormie au fil des longues heures de la nuit, agacent le dormeur insomniaque car ces bêtes ne mettront un terme à leur concert monotone qu'à l'approche des premières lueurs du jour ... Un panneau de béton en lettres peintes défraîchies indique "tuerie d'Ambositra", mais, il s'agit, en réalité, d'un abattoir municipal dont l’activité atypique mérite d’en comprendre son fonctionnement. A chaque aube de la semaine, d'autres aboiements de chiens très localisés succéderont à ceux de la nuit pour retentir uniquement dans la partie basse de la ville, ce sont les chiens des bouviers, chargés de rabattre les zébus depuis leurs enclos de nuit jusqu'à l'abattoir municipal, pour un ultime voyage ….

Ils s'acquittent de cette tâche avec ardeur, comme d'un jeu méritant une récompense, le droit à quelques morceaux de lambeaux de viandes chaudes lorsque ces bêtes seront égorgées. Et tout en pataugeant dans les rigoles de l'abattoir qui servent à l'évacuation de tous les liquides, ces chiens lapent le sang des bêtes égorgées pour ressortir au dehors munis de bottines rouges aux pattes et affublés d'une muselière écarlate…. Ce manège coloré dure le temps qu'un quota d'animaux abattus soit atteint tandis qu'au dehors, toute cette petite foule se presse en attendant que les employés terminent leur travail de dépeçage à l'intérieur, sous les derniers beuglements des bêtes saignées à vif…. Dans ce groupe attentiste, chacun repartira avec un bucrane, des pattes ou des sabots ainsi récupérés au profit de l'artisanat local....



Des quartiers entiers de viandes sont ainsi empilés dans les coffres de ces voitures, empêchant leur fermeture, déjà compromise à vide, pour aller approvisionner les boucheries de quartier…

A quelques encablures de là, sur la hauteur perchée, à l'abri des regards, un cimetière, abandonné aux broussailles impénétrables et au mauvais entretien évidant, laisse apparaître de nombreuses tombes de vahaza, modestes colons décédés durant l'occupation française et les premières années d’indépendance….

Avec, dans sa partie basse, une zone bien entretenue, celle d’un carré de tombes alignées au cordeau, surmontées de croix blanches aux cocardes tricolores repeintes des légionnaires français qui ont perdu la vie sur une île où l’état colonisateur s’est fourvoyé et dont certaines sont ornées du croissant musulman attestant du respect du communautarisme de chacun…..

Un ensemble de bâtisses en briques rouges entourés d’un haut mur d’enceinte jouxte ce cimetière en déshérence... Il s’agit du couvent de soeurs bénédictines, bâtiments en brique rouge d’une petite communauté d’environ vingt-cinq religieuses malgaches.. Par une porte d’entrée en tôle peinte en gris, on pénètre dans ce monastère qui tranche avec l’extérieur par un environnement joliment entretenu et une quiétude des lieux invitant à la méditation.... Cette communauté vit en autarcie avec une fabrication notoire de fromages au lait de vache mais aussi avec quelques productions maraichères provenant de leur jardin potager et de leur ferme... Elles logent les visiteurs sans aucun prosélytisme en leur proposant un hébergement simple accompagné d’une cuisine familiale qui mérite un détour pour ceux qui recherchent le calme et le silence du soir dans un lieu d’exception à l’écart d’un tourisme banalisé...



Plus loin, en empruntant une piste en direction de la partie montagneuse qui domine la ville, au pied d’un massif boisé, on peut découvrir une plantation de thé de forêt, unique production de ce type sur île....

L'appellation d'Ambositra ‘la ville des roses’ date du temps de la colonisation où les autorités locales avaient décidé de donner une image plus touristique à la bourgade en plantant des rosiers dans toute la commune…. De cette époque, il ne reste plus que quelques plants rescapés, dégénérés, qui poussent encore à l'état sauvage sur quelques talus.... La ville a abandonné son nom colonial dans les années 7O pour faire table rase d’un passé et d’une époque oubliés et révolus....

Cette ville possède de réels atouts à découvrir qui séduiront le voyageur amateur d'authenticité et de simplicité et cela, malgré sa réputation de capitale de l'artisanat qui pourrait laisser supposer, à tort, devoir supporter une importante fréquentation touristique ...

Elle a su conserver une atmosphère de terroir rizicole aux couleurs harmonieuses et douces en constituant un bel ensemble imprégné d’une ambiance bon enfant de la part de la population locale ... Et lorsqu’on s’échappe du centre ville animé, on peut entendre durant la journée, le bruit des outils sur le bois, maniés par ces artisans dans de modestes ateliers, à proximité des rizières....

Ambositra mériterait plus qu’un simple arrêt souvenir pour convenir à tous ceux qui sont à la recherche d’un bon équilibre entre campagne/ville de province avec un artisanat qui se mêle au dur labeur imposé par la culture hydraulique du riz....



C’est une pause agréable et nécessaire pour bien comprendre ce qui fait le quotidien de cette population betsileo, son charme discret avant d’aborder les paysages du sud ou de la cote est, aux environnements si différents......

Namibie seul ou avec un tour-opérateur? English translation pending
by Zibzib8 · 2013-12-15 · 46 replies
Bonjour bonjour !

Cela fait quelques années que j'ai envie d'aller en Namibie ... et ça pourrait se concrétiser pour 2014 ! Mon ami et moi avons demandé de l'argent pour nos 25 ans pour réaliser un beau voyage. Et ce pays est un des premiers sur ma liste !

Ma principale question est : vaut-il mieux voyager en Namibie via un Tour Opérateur (beaucoup de gens parle de tourmaline, moi j'ai trouvé un circuit sympa sur Terre d'aventure) ou est-ce que le voyage peut s'organiser seul ? Faut-il tout réserver à l'avance ? Bref que préférez-vous : seul ou accompagné ?

Dans la plupart des circuits proposés par les TO il y a beaucoup de route à faire ... est-il possible de faire un beau voyage sans faire 3h de route par jour ? Mais beaucoup de personnes sur les forums appréhendaient ces parcours longs avant leur voyage puis finalement ça n'a pas l'air de déranger.

Nous sommes 2 à choisir la destination de nos 25 ans, ce n'est donc pas fait ;) Mais convainquez-nous ! :D Merci d'avance et bonne soirée !
La fête continue dans les faubourgs de Bangkok English translation pending
by GeorgesOZ · 2013-12-05 · 6 replies
Et malgré les tensions politiques sérieuses en ce début de décembre 2013, la fête continue. Avant-hier soir, c’était à 20 kms de chez moi vers le sud de Bangkok (photos mises sur un autre poste « Mesures de Sécurité etc…. », voir Page 28 http://voyageforum.com/discussion/mesures-securite-urgence-etendues-en-thailande-d6269087-28/). Hier soir c’était à 35 kilomètres vers l’est…. Ces concerts présentent presque toujours une variété de spectacles de styles un peu différents, pour satisfaire tout le monde. Mais il y a (quand le style est bon) de multiples références aux traditions qui sont tissées d’épiques indiennes (hindouistes) et de folklore local sous une enveloppe bouddhiste. Nous sommes bien sûr en Thaïlande. Les premières photos le montrent bien. On fait des processions exactement comme celles qu’on peut voir sur les peintures murales des temples (le Phra Mahathat Kaen Nakhon, temple connu à Khon Kaen, en donne d’excellents exemples). Je m’excuse du flou des photos prises parfois d’assez loin, et je ne suis pas un pro ! Mais appréciez la beauté des costumes (vue rapprochée sur le phâa thùúng d’une danseuse). Même quand les scènes semblent être tirées du Lido u du Moulin Rouge, on garde ces références traditionnelles. Les anges hindouistes planent au-dessus des chanteurs ! Je ne sais pas si la ressemblance à Jintara Pornlap (chanteuse bien connue) est voulue, mais je la trouve amusante. J’en ai parlé à la danseuse en question dans les coulisses, mais « elle » a semblé être « étonnée » de ma remarque ….. d’une voix chargée d’hormones mâââles. Comme partout en Thaïlande, les kathoeys (« lady boys ») sont omniprésents ! Il y a toujours beaucoup d’interaction entre les artistes et la foule. Les gens viennent remettre de l’argent ou d’autres cadeaux. La guirlande de billets de banque au cou du chanteur, ce ne sont que des billets de 20 bahts, mais il n’est pas rare de voir des gens offrir des guirlandes faites de plusieurs billets de 1000 bahts, faisant de jolies sommes qui augmentent le salaire plutôt modeste des artistes. Il y a aussi beaucoup de spectacle dans la foule. Beaucoup de gens dansent, de cette façon énergétique typique du pays. Les kathoeys et homos de tous poils sont bien visibles et aiment s’exhiber. On voit des choses cocasses, parfois osées, au grand amusement de beaucoup mais on voit aussi des gens plus sérieux qui ne disent pas un mot et ne font pas un geste mais visiblement désapprouvent les frivolités et l’exhibitionnisme excessifs…. Je vous présente un personnage que j’aime bien, le vendeur (ou la vendeuse) de seiches séchées, une friandise populaire. Il y a bien entendu toute une variété de snacks à acheter sur la périphérie, y compris des insectes sautés au wok (ce sont des gens de l’Isàán). Tout ça est idéal pour bien donner soif et il ne manque jamais de bière, de whisky et de je ne sais pas trop quoi. À l’arrière de la scène, vue sur le repos d’un membre de la troupe, hamac installé dans un camion, dans le foutoir habituel. La fin du spectacle tire toujours en longueur. Tout le monde se salue, remercie, se serre les mains, parfois même s’embrasse, prie, et on sourit de toute part. Enfin, la foule se retire. Mais au milieu d’un champ de bataille digne de Waterloo (ou Austerlitz, ou Woodstock), quelques groupes posent des nattes sur le sol et s’installent pour bavarder, grignoter, boire, rire, et profiter du bon air de la nuit. Nous sommes maintenant entrés dans la saison dite « froide » et le climat est devenu extrêmement agréable.
Tandem Morpheus: pale copie ou bonne alternative au pinohase? English translation pending
by Sentave56 · 2013-11-10 · 24 replies
Bonjour

Je viens de découvrir, il y a peu, un nouveau tandem qui suscite mon questionnement. Il s'agit du tandem morpheus, de marque circe cycles. Il ressemble au tandem de chez hase que la plupart d'entre nous connaissent. J'aimerais savoir s'il existe des avis sur ce vélo. Je me pose notamment la question de la possibilité de faire de longue distance avec des roues de 20 pouces, d'autant plus chargé avec des bagages.

Merci beaucoup
Maladies en Thaïlande English translation pending
by Hansa · 2013-11-03 · 17 replies
Bonjour à tous,

Je suis entrain de planifier un voyage en Thaïlande (principalement ville et plages).

Ayant lu pas mal d'infos sur les différents risques de maladies dans ce pays (paludisme, malaria, rage, épathite, grippe aviaire), je souhaiterais avoir quelques retours d'expériences concernant les différents risques. Je viens de lire le post concernant les médicaments à emporter et j'ai pu constaté que vous n'emportez rien de particulier ; ce qui m'étonne un peu d'après les différents articles que j'ai pu lire sur les risques de maladie dans le pays. Est-ce exagéré ? A quoi faut-il faire particulièrement attention ? ...

Merci pour vos réponses.

A++
Randonnée à vélo côte de Beaupré English translation pending
by Gluballe · 2013-09-30 · 12 replies
Hello,

Lors de notre voyage au Québec l'été prochain, je voudrais prévoir une petite randonnée à vélo en famille (maximum 1 journée) au niveau de la côte de Beaupré. Ma question est de savoir si la côte de Beaupré convient bien à ce type d'activité. Relief pas trop accidenté, présence de piste cyclable, sentier accessible donnant accès à de beaux paysages, point de vue ... Quel serait le meilleur endroit de la côte de Beaupré pour ce type d'activité et où louer les vélos ?

Merci.
Deux belles excursions autour de Tam Coc English translation pending
by Larsay · 2013-09-22 · 4 replies
La première est la grotte Thien Ha (Galaxy Grotto). Découverte assez récemment, ce qui n'est pas étonnant, l'entrée étant toute petite à flanc de falaise au milieu d'une jungle de bambous. C'est au bord d'une grande rivière ; on marche sur 500 m sur une allée bétonnée, puis une dizaine de marches pour monter à l'entrée de la grotte, une dizaine pour redescendre jusqu'à une rivière souterraine qui serpente sous la montagnes sur 800m ; balade en barque, assez impressionnante et pas pour les claustrophobes car si la rivière est relativement large, le plafond est le plus souvent très bas. 2e grotte juste à côté, But, mais moins belle.

Pour y aller il vous faut d'abord savoir que ladite grande rivière serpente dans les montagnes (avec plusieurs tunnels) entre Thien Ha et Bich Dong-Tam Coc. Donc, 2 solutions :

- Ou vous êtes déjà à Tam Coc et vous pouvez y aller en prenant le bateau à l'embarcadère de BICH DONG (si vous prenez celui de Tam Coc, ça fait vraiment trop de bateau) ; arrangez à Tam Coc avant de partir une moto ou un taxi pour vous y ramener La balade totale en bateau prend 2h30-3 heures.

Si le bateau finit par vous fatiguer, vous pouvez y aller en moto et juste faire la balade en bateau dans la grotte. Pour une fois, c'est très bien indiqué. Pour y aller, prendre la route No 1 Sud jusqu'au 1er feu rouge (grand panneau au coin à droite "Duong Thien Ha Galaxy Grotto - Hang But - Ria - Nho Quan") ; tourner à droite au feu (route 12 B) ;vous allez arriver sur une grande rizière ; au milieu, panneau à droite "Duong Thien Ha Galaxy Grotto - Hang But". Je l'ai fait le matin, et suis allé ensuite déjeuner à Hoa Lu (facile d'y aller ; vous continuez la petite route qui prend à gauche de Thien Ha et longez la chaine de pics en vous repérant sur la très haute tour chinoise de la pagode de Bai Dinh, que l'on voit très bien à l'horizon)

- Si vous partez de Hanoi en voiture, un circuit très chouette à faire est Hanoi-les 2 temples de Hoa Lu-Thien Ha (déjeuner au restaurant de la grotte, un très chouette ensemble de 3 maisons thaïes)-la gotte-Bich Dong (la voiture vous dépose à Thein Ha et vous récupère à Bich Dong pour vous emmener à Tam Coc. Vous pouvez également faire cela en arrivant de Mai Chau ; le trajet est Mai Chau-Nho Quan-Pho Ria-Thien Ha.

Deuxième chouette balade, la forteresse des Ho (Thanh nha Ho), à Vinh Loc, 70 km au sud de Tam Coc. Construite en 1397, c'est la plus grande et la plus originale d'Asie du SE (au dire des experts, pas de moi !!!). Il ne reste que les énormes murailles sur un carré d'un kilomètre de côté, 2 portes monumentales au nord et au sud, et deux plus petites est et ouest; ca devait être impressionnant, car ça l'est toujours. Pour y aller, reprendre la route 12B mentionnée pour la grotte , au milieur du village de RIA, prendre une route qui par EN BIAIS à gauche (pas de panneau) ; c'est la No. 45 direction Kim Tan et Vinh Loc. Panneau de signalisation à Vinh Loc pour la forterresse (photos)

Bonnes promenades ! 😏
Vacances à Madagascar 2013 English translation pending
by Poissoncoq · 2013-08-24 · 13 replies
Salut à tous, je viens de rentrer après un mois passé à Mada plus précisément Tana, Diego et Nosy Be. Un très beau voyage et des souvenirs plein la tête, mon sport favori fut d'acheter des sucettes et des biscuits dans les gargotes pour distribuer aux enfants que je croisé et ça tout au long de mon séjour à 200ar la sucette ou le paquet de 2 biscuits vous faites des heureux pour pas cher ! Tana et sa misère c'est un choc dans la gueule quand on arrive mais on se sent plus en sécurité qu'à Diego et j'ai jamais flippé alors que je me suis trimballé dans des quartiers populaires ( Analekely, 67 ha ) montre au poignet, Ray Ban sur le nez et appareil photo à la main. Il suffit d'être accompagné d'un chauffeur guide et tout va bien pour visiter le pays, sur la route je m'arrêté régulièrement pour prendre des photos du paysages et des locaux qui vendent des fruits, des noix de cajou, qui coupent à la machette du cacao, qui cassent des cailloux, etc...C'est clair que visiter une famille qui casse des cailloux les prendre en photos et se barrer comme un voleur c'est pas cool c'est pour cela qu'à eux et certains je donner un peu d'argent toujours traduit par mon chauffeur guide qui leur disait de partager. Diégo hors mis les excursions j'ai pas aimé l'ambiance qui règne en ville en plus au moment ou j'y étais les foroches faisaient la une de la tribune de Diego (agressions, meurtres etc...) le soir c'est vraiment la zone de toute façon il y a que dalle à faire une fois que l'on est sorti du resto ! Nosy Be m'a beaucoup plus surtout les excursions dans les iles voisines qui sont magnifiques, le soir à Ambatoloaka c'est chaud bouillant surtout au bar le taxi Be un vrai ghetto le truc env 200 putes ! Mais bon elles te laissent tranquille si t'es pas intéressé malgré le fait qu'il y ai 10 fois plus d'offre que de demandes (40% de touristes en moins cette année) c'est vrai qu'il y a des vieux messieurs en quêtes de belles et jeunes mulâtres mais bon il y a aussi pas mal de couples d'occidentaux et aussi des jeunes voir des familles et puis les mecs qui sont là pour ça je leur jette pas la pierre ça reste un deal elles sont pas forcées non plus ! Perso j'ai payé quelques THB aux filles de la table d'à coté juste par sympathie et pour discuter avec notre table (2 couples ) et elles, surtout que la plupart ne consomment pas si elles sont seules. Pour les Françaises qui se sont faites agressées (elles étaient 3 et non 4 ) ça reste un acte isolé le gardien n'est pas de Nosy Be mais du sud de Mada et elles sont un peu insonciantes d'avoir louer un bungalow dans le nord de l'île au milieu de rien ! En ce qui concerne les touristes je fut étonné de voir autant d' Italiens, ils sont 4 fois plus nombreux que les Français, ils sont sur toutes les excursions et sont généreux avec les enfants ! j'ai terminé mon séjour au Royal Beach c'est un superbe hôtel avec une bonne cuisine mais en ce qui concerne les excursions c'est du vol ! 4 fois plus cher par rapport aux agences du centre ville ou rabatteurs sur la plage. Pour moi la meilleure table de la station c'est le resto de l'hôtel Sarimanok le Batumoch qui donne sur la plage et la meilleure gargote pour la langouste et le poisson c'est chez la Mama dans le centre et puis il y a le petit resto Zeburguer en face du taxi Be pour profiter de l'ambiance nocturne lol ! bon, pas cher, copieux et le personnel est d'une gentillesse extraordinaire. Les vendeurs sur la plage sont un peu lourd et les filles qui proposent les massages ( soft et hot ) aussi mais bon c'est la crise et c'est encore plus dur pour eux.

Mon ressenti, magnifique pays, des gens attachants (il faut pas hésiter à aller vers eux ) je reviendrais, Veloma.
Partage de bons plans sur Madagascar English translation pending
by Montagnard65 · 2013-08-01 · 40 replies
Bonjour à tous, Après avoir vécu 1 an et demi à Madagascar, ou j'en ai bien profiter pour sillonner le pays, je me suis dit que je me devais de partager mes bon plans à la communauté Voyageforum. Je suis sûr que ca pourra en aider certain dans l'organisation de leur voyage dans ce pays qui, on peut le rappeler en dépit de ses difficultés actuelles, est vraiment magnifique et varié dans ses paysages, découvertes, cultures, population, etc. (Avant de rentrer dans le vif du sujet, et pour éviter toute polémique, les adresses et commentaires sont totalement subjectif et n'engage que moi, à bon entendeur!) Je suis bien à évidemment prêt à répondre à toutes les questions sur ce post pour aider les futurs voyageurs à organiser leurs périples, car vu les distances et le temps qu'il faut pour les parcourir, vaut mieux bien choisir sa zone d'excursion! Les adresses sont présentés par Ville ou région (les numéros de tel et les prix ne sont peut être plus d'actualité...) :

AMBATONDRAZAKA Possibilité de prendre le train à partir de Moramanga jusqu'à Ambatondrazaka (14 000Ar). Guide pour balade dans le coin (“Nantenayna” au 032 77 976 20). Visite du Parc, tour du lac Isoatra, etc. ==> Je n'y suis finalement pas y allé dans ce coin, car peu de choses à faire, et absolument pas touristique, donc un peu galère à organiser...

AMBOSITRA Divers: Guide (Olivier) pour le pays Zafamaniry: 033 12 247 52. Trek sur 3 jours, avec 2 nuits chez l'habitant dans 2 villages différents. Très sympa à faire, et assez authentique (s'il n'y a pas de touristes en même temps que vous (plusieurs variantes de balades existe, de 1 à plusieurs nuits))

ANTANANARIVO Restaurants sympa (pour la majorité pas forcément "authentique", mais on y mange bien et normalement on ne tombe pas malade;-) !: - Le rossini - La villa vanille - Le kudeta - La varangue - Le coréen - Le palladios - Le B - L’orion - le Carré - le triporteur (en mode table d’hotes → sur réservation) - la planque à Ivandry (cf ci-dessus)

ANTSIRABE Hôtels: - Green Park : Bungalows simples avec salle d’eau, beau jardin, assez calme et pas cher. - La résidence des camélias: Plusieurs catégories de chambres (à partir de 70k Ar). Les chambres sont spacieuses et propres mais ca peut parfois être un peu bruyant. Très bon petit déjeuner. - Le Trianon : style vieille France/époque coloniale, ambiance sympa, grandes chambres. 70 000Ar/chambre. Divers: Fromage fait en ville : 27000 Ar le gros morceau (il est bon même s'il se mesure évidemment pas au fromage francais), se situe dans la petite ruelle avant l'hôtel/discothèque Diamant (sur la gauche). Activités: Guide de la ville (Michel): 033 81 310 00 (20000 Ar pour 2h de balade), vous fait passer dans tous les coins de la ville, très sympa et authentique (il parle bien francais)

BELO SUR MER Hotels: - Tsara Belo :
http://www.tsara-belo.com/ Très bonne adresse. 80 000Ar le bungalow pour deux, bungalows très spacieux (chambre + salon + Sdb) alimentés en solaire. Fais aussi table d’hote (25 000 le repas complet) avec des produits frais. Possibilité de faire de nombreuses activités avec le patron. Activités: - Visite des chantiers de construction de boutre. - Visite des salines (a voir selon la saison). - Balade en mer pour pêche ou baignade dans les îles. Divers: Transfert en bateau depuis et vers Morondava. Contacter Alain au 033 03 36 425 (son bureau est dans l’hotel “Le renala”.

BRICKAVILLE Hotels: - Nirvana (033 11 016 60) - situé à Ambile près de la plage. - Bushhouse, situé sur le canal des Pangalana ; très bon hébergement et possibilité de rejoindre un village de pécheur au bord de la mer (ils font le transfert en bateau depuis Mananbato). Ensuite pour faire la remonter en bateau jusqu'à Tamatave, s'adresser au Palmarium (pour info la balade chez eux dans la "réserve" est bof) Divers: Taxi (4*4) pour faire Brickaville - Mananbato ou Ambile, M. Alexis : 032 04 954 12

Région de DIEGO SUAREZ / ANTSIRANANA Hotels: - La rosticceria, très correct, climatisé et en plein centre de la ville, parfois un peu bruyant. - Allamanda, très bien mais très cher. - Belle aventure : 70 000 Ar (chambre n°8)

Ramena - Le 5 trop près, à Ramena. Très bonne sitution (sur la plage), après la chambre est très simple mais il y a une salle d'eau. Vaut mieux réserver, il n'y a que trois chambres. 50 000 ar en saison basse sinon de 60 000 à 70 000 suivant si deux ou trois lits. 032 07 740 60. - Badamera : 45 000 Ar (buffet musical le dimanche midi)

Ankarana - Chez Aurélien, à l'Ankarana. Rustique mais pas cher. Personnel sympa. 10 000 Ar au bord de la nationale N°6 avec douche et toilettes communes ou 25 000 Ar plus au calme avec douche (si eau)

- Chez les soeurs..., à Joffreville (2km de l'entrée du parc de la montagne d'Ambre). Petites chambres propres, un peu bruyantes et sans charme mais accueil très sympa et très bon repas (demi pension) préparé par les soeurs.

Restaurants : - La Bodega (mojito à 5 000 Ar) - Le Melville (+++) → classe surplombant la mer mais à prix tout à fait correct. très bon plats et bon sorbets. - La gourmandise - La rosticceria - Mora mora - Le 5 trop près, à Ramena - Chez grand-mère Jeannette à Ramena → +++ mais réservez car elle n’a pas beaucoup de monde - Chez Maman Célestine à Ramena +++ (première gargotte qui fait l’angle à côté de l’arrêt des taxis brousse amenant à Diego) Entrée, plat, dessert pour 10 000 ar, très copieux et très bon! - La gargotte près de l'embarcadère à Ramena Bars: - La Bodega, bon cocktails et bonne ambiance. Boites: - La boite noire Les activités: - La plage de Ramena - Eviter d’aller faire de la plongée avec Mada scaf. Le type est dangereux, ne respecte pas la sécurité. Mauvaise expérience. - Les 3 baies (baie de Sakalava, des dunes, du pigeon). 5 000 ar. Peut se faire à pied en une après midi: manger au royal sakalava (très bonnes crevettes au coco! plats 15 000 ar) et partir faire la rando tranquilou. - La mer d'émeraude entre 40 000 et 60 000 ar. Possibilité de suivre les pêcheurs en palmes masque tuba dans la chasse au harpon pour le repas du midi. Nous avons eu la chance de voir des raies mouchetées et des tortues! - Le parc de l'Ankarana. Guide pisteur Florin: 032 79 091 95. - Le parc de la montagne d'ambre - Les tsingy rouges. Peut se faire en 4L avec Roger (demander à des chauffeurs de taxi dans Diego, il est connu pour ça). Divers: - Location de 4*4, meilleur rapport qualité/prix de la ville à l’hotel paradis du nord (demander Eric : +261 32 04 859 64 ou paradisdunord@moov.mg mais délai de réponse par mail aléatoire...). Donne de bons conseils pour planifier son trajet.

MAHAJANGA Transport: KOFMAD: Rodolphe: 033 14 930 59 Rado: 032 43 035 33 Hôtels: - Tropicana : Bon rapport qualité/prix, dans le centre ville, bungalows dans un jardin tropical avec petite piscine. - Chez Tranquilllle: Bungalows routard (douche et wc externe) 21000 ariary près du Baobab (vers la CNAPS). Piscine. 032 07 574 59. 020 62 950 33. Restaurants: - L’alambic: très bon restaurant avec des plats originaux pour pas trop cher.

MAHAMBO Hôtels: - Ylang Ylang: bungalows (40000 Ar) avec salle d’eau, simple mais un peu bruyant... Contact: 033 09 380 39 ou 033 08 268 22. - Pil Pil Manga: 15 000 ar la nuit avec douche et toilette en extérieur. Electricité aux panneaux solaires. - Les orchidées: 6 bungalows un peu excentrés des autres, face à la mer dans un cadre très tranquille (entre 40 et 50 000 Ar). Seul bémol, patron un peu envahissant/”spécial”. Contact : 032 79 001 31/ 032 85 334 61 ou frederic.masson@live.fr) - Le Cap Tif : bungalows avec sanitaires privés et eau chaud Restau avec plats de qualité! (bon rapport qualité / prix) Un peu difficile d’accès (éloigné du “centre” de Mahambo, à 6 km) Contact : José : 032 43 779 48/032 40 355 89 (bonmajo@hotmail.com) Activités: - Cours de surf (30 000 Ar les 2/3 heures), bien pour les débutants. Contacter Rodrigue au 032 56 170 45. Il loue aussi des bodyboards et masques/tubas.

MORONDAVA Hôtels: - Maeva, bon rapport qualité/prix (70 000Ar/chambre), situé sur Nosy Kely et face à la mer. Restaurants: - Couleur café, bon rappport/qualité prix, patron sympa. Situé sur Nosy Kely et face à la mer.

ANKIFY Hôtels : - Le Baobab : 40 euros + resto (bungalow n°7)

NOSY BE Hôtels: - Belle Plage: Bon rapport qualité/prix face à la mer près de Dzamandzar.

Nosy Komba - Nosy Komba Lodge, sur l'île de Nosy Komba, très beaux bungalows et très bons repas (demi pension) mais indispensable de réserver à l'avance. - Maki lodge resto (bon rhum noix pignons amandes) - Heure Bleue : Cher mais très bien. Restaurants: - le papillon - le belle plage, rapport qualité/prix honnete. Divers: Pour acheter de la bonne vanille de Sambava sur nosy be, appeler le 032 45 682 73. Vente uniquement au kilo 45000 Ar. Pour du bon rhum arrangé, il faut aller aux bungalows d'ambonara (25000 Ar les 70cl). Visiter: Nosy Iranja (l’ile aux tortues, avec une belle langue de sable la reliant à une autre ile) et

Nosy tanikely Pour sortir prendre un verre le soir: port de pecheurs d’Ambatoloaka Faire de la plongée sous-marine (150000Ar je crois pour un bapteme)

Andilana Hôtel : - Le Grand bleu : 30 / 45 / 65 euros piscine à débordement restau de l’hôtel pas génial (menu à 15 euros)

Ambatoloka - Chez Gérald et Francine : 44 / 55 euros - Chez Tantine : gargote sur la plage

SAINTE MARIE Hôtels: - Lakana hotel, bungalows sur la mer (très bon rapport qualité/prix) Restaurants: - Lakana Activités: Guide (Gérard au 032 55 108 55) pour se balader dans l’ile avec de nombreuses explications sur la faune et la flore.

RN7 : 1. FIANARANTSOA Train Fianar-Manakara, pas cher mais délai de trajet (et dépar) TRES aléatoire, j'ai personnellement mis 26h pour faire les 160km (bon après c'est un record, la moyenne est généralement à 12h). Très authentique, on passe dans des villages "vierges" et complètement excentré des routes, et au milieu des foret.

2. AMBALAVAO et l’ANDRINGINTRA Hotel : La résidence Betsileo : 35 000 ar/nuit → simple, petit dej OK mais ne pas y manger Les Bougainvilliers → standing au-dessus, à côté de la gre routière Parc + Trekking J-B TREKKING → agence organisant des circuits das l’andringitra ; contacter JB par téléphone (033.40.279.27 ou 034.08.890.97) Pour 3 jours, environ 500 000 ariary pour deux tout compris : location 4*4 pour aller à l’est du parc, retour en taxi brousse à Ambalvoa, nourriture pendant 3 jours (c’est top), matériel de camping, entrée dans le parc, guide et porteur. → circuit sr 4 jours moins chr car pas de nécesité de 4*4.

3. ISALAO Hotels : Chez Alice → pas cher et très bon rapport qulité prix Les toiles de l’isalao → 76 000 ar en comptant nuit taxes séjour + petit déjeuner pour 2 personnes. Très bon accueil et piscine agréable. Trek dans l’isalao : Guide Vincent : 033 01 577 56 (sympa et parle bien francais)

4. ANAKAO Hotel : Lalandaka : 020 94 922 21 ou 020 94 939 90 → très bien avec super cadre, bungalows avec vue mer et très bonne bouffe. 126 000 ariary pour deux en demi pension (nuit + 2 petit dejeuner + 2 diner). A faire : - manger des langoustes - excursions à nosy vé - voir des baleines (juin/septembre) - kitesurf (lalandaka), surf et plongée (l’atlantide)

PISTE COTIERE : ANAKAO-FORT DAUPHIN Chauffeur avec location 4*4 depuis fort dauphin Tony : 033 02 000 07 → très bon chauffeur, aussi mécanicien, parle bien français Jour 1 : ANAKAO-ITAMPOLO aec arrêt au parc Tsinampetsoa Nuit à “sud sud hotel”: 020 94 415 27 (60 000 ar la nuit) hotel au bord de la mer, cadre sympa, baignade possible Jour 2 : ITAMPOLO-LAVANONO Jour 3 : LAVANONO-FAUX CAP avec arrêt à la réserve de cap ste marie Nuit à l’hotel Cactus Hotel→ très simple mais cadre sympa et accueil familial Jour 4 : FAUX CAP-FORT DAUPHIN
La vallée de la Clarée: notre baptême des Alpes English translation pending
by Triztana · 2013-07-31 · 15 replies
Eh bien voilà, après l'an dernier un voyage dans les Lofoten où on s'est bien rendus compte qu'on était des novices assez boulets sur les bords, nous revoilà mon frère et moi repartis, sur les conseils de Marie31, cette fois moins loin : à Névache, dans la vallée de la Clarée. On est pas encore des oufs, on se fait doubler par des enfants et des personnes agées, mais on a bien mieux géré que l'an dernier !

Un petit récap en photos :-)

Je suis visiblement obligée de faire un post / jour parce qu'on peut pas insérer d'images dans le texte et si je les mets toutes à la fin ça n'a aucun sens... Ils auraient pu virer le petit bouton "insérer une image" plutôt que de dire ça une fois que t'as fini d'écrire ton truc 😠

Note bis : pour ceux que ça intéresse ci joint des cartes répères ^^, et pour ceux qui préfèrent lire en PDF v'la le lien mais c'est bien gros (ya déjà les cartes à la fin). CARNET ENTIER

14.07.2013 Après un repas en famille, nous prenons la route en début d'après midi pour Paris, où un train de nuit nous attend à 21h23 à Austerlitz. La gare est bien vide depuis l'accident de Brétigny il y a deux jours, mais par "chance" pour nous (si on peut dire...) seuls les trains de nuit vers le Sud-Est partent car ils ne passent pas par cette gare. Il fait chaud dans la capitale en ce jour de fête nationale et mon sandwich au camembert embaume la gare. Moyen bien placés dans le train, surtout pour Seb. Parfois c'est bien d'être naine...
Pelni La (pou) Belle (Indonésie 1999) English translation pending
by Naps · 2013-07-13 · 9 replies
Un texte tiré de mon blog, je me suis bien marré à l'écrire et j'espère que vous en ferez de même à le lire...

PREMIER TOME, CHAPITRE III

La frontière indo-malaise... Je la passai sans peine, à bord d'un beau bateau en bois. Le douanier moustachu m'appose le tampon d'entrée, tout va bien, il ne me reste plus qu'à attendre le ferry qui est censé m'emmener, pour ceux qui dormaient lors du précédent chapitre, de Bornéo à Sulawesi. Ch'ais pas pourquoi mais je me dis qu'il va être en retard... En me promenant dans le port j'avise un panneau où il est écrit « désolé, le bateau est en retard de... », mais rien de précisé. M'ouais, pour qu'ils soient allés jusqu'à faire un panneau à ce sujet m'est avis que les retards en question doivent pas être rares et même fréquents, ça confirme mes craintes. Et, le temps s'écoulant sans voir le bout d'une proue pointer le bout de son nez, mes craintes se trouvent en effet, et justifiées, et confirmées, et entérinées. La salle d'attente est bondée d'une joyeuse pagaille. Ça clope bien sûr dans tous les coins et dans tous les sens, ça tchatche assis sur les bancs en plastiques durs ou par terre, la marmaille crie et court un peu partout, les déchets, jetés n'importe où et n'importe comment, s'amoncellent rapidement. J'avise une place de libre et m'installe, espérons que l'attente ne dure pas trop parce que le plastique dur précédemment cité n'est pas très confortable pour mes petites fesses qui, pour jolies qu'elles soient aux dires de certaines, n'en sont pas moins pas très rembourrées. Je suis le seul pâlot et bien sûr je ne passe pas inaperçu, et très vite me voilà à donner quelques interviews car les indonésiens sont extrêmement curieux à notre sujet. Les sujets évoqués sont souvent les mêmes, à savoir en premier lieu de quel pays on vient, son nom, si on est marié et si on a des enfants ; et en second lieu des questions d'ordre plus général sur la vie dans les pays occidentaux, notamment l'histoire des quatre saisons. J'ai remarqué que ça les travaillait beaucoup car eux n'en ont que deux, la sèche et la mouillée, et puis ils ont du mal à conceptualiser la notion d'hiver. Quand je leur explique que c'est comme le compartiment à glace d'un frigo mais à grande échelle, et que, s'ils veulent venir un jour dans nos pays (vu que ça aussi ça revient souvent dans les conversations et que c'est même carrément un de leurs grands rêves), il faut qu'ils commencent par s'entraîner à dormir dans ledit compartiment, je déclenche des mouvements d'horreur, eux qui ont froid dès que la température descend en dessous des 28 degrés. Tout d'un coup ça commence à s'agiter et je comprends que le paquebot est là. J'ai dit paquebot ironiquement, mais en fait c'en est bel et bien un qui s'offre à mon regard médusé, j'en tombe à la renverse ! Oui, un bateau de croisière, comme dans la série bien connue, un vrai de vrai avec sept ou huit ponts, ben ça alors, j'aurais pas cru... Made in Allemagne m'apprend-on fièrement, gage, s'il en est, de sérieux. Et de maintenance indonésienne, ajouté-je en mon for intérieur, là ça doit être un peu moins sérieux à mon avis... Le bateau accoste, bon, allez, on y va. Mais en fait non, on peut pas y aller, l'accès à la jetée est barrée par de grandes grilles. Toute la foule se presse, dans une ambiance très cage aux fauves, et ça pousse, ça pressurise, ça bain de foule à qui mieux mieux, mais en pure perte car ça passe quand même pas, c'est bel et bien bloqué d'une barrière infranchissable en métal forgé à toute épreuve d'un bon quatre mètres de haut. Des gens commencent à descendre et certains indos, des jeunes bien sûr, escaladent déjà les grilles et se précipitent à l'assaut. J'en vois même un qui est en train de grimper par la corde d'amarrage, ça n'a l'air de rien en le disant mais imaginez-vous quand même que la corde en question n'est pas droite mais en position oblique (donc le gars monte couché les quatre fers en l'air), et que le fier pourfendeur des océans fait huit étages de haut... Puis soudain comme une clameur, on vient de lâcher les fauves, les grilles ont été ouvertes ! Ça court dans tous les sens, ça se précipite à hue et à dia, la bousculade est inimaginable pour l'occidental non averti et seuls les hommes valides y participent, on n'y voit ni un vieillard, ni une femme, ni un gamin. C'est qu'il faut être costaud pour cette confrontation, t'as pas intérêt à tomber mon pote car tu te retrouverais piétiné en deux-deux. Tu joues ta vie quoi... Vu d'en haut ça ferait comme un grand V à l'envers formé de centaines d'individus, V qui se rétrécit devant la passerelle d'abordage et ondule au gré, non pas du vent, mais des efforts des composants du V pour se frayer un passage. La raison de cet empressement c'est qu'ils veulent tous choper un bon coin dans la classe économie, et quand on sait que la compagnie vend plus de tickets qu'il n'y a de places on comprend cet empressement. On le comprend par contre moins quand on voit la fameuse classe mais n'anticipons pas, nous n'en sommes pas encore arrivés à ce stade du récit... Kelas ekonomi comme ils disent, pas cher, pas de numéro, pas de lit, pas de matelas, compter dix euros ou moins par vingt quatre heures, c'est la classe qu'utilisent la majorité des indos. Si vous aviez vu la tête que je faisais au milieu de tout ça ! C'est que je m'étais bêtement laissé happer par la marée humaine et n'avais plus eu d'autre choix que de suivre la vague, une fois entré dans le maelström on ne le quitte plus... Une petite anecdote mignonne : sur les escaliers qui mènent au saint des saints (le pont économie) il y a un garde avec un gros bâton qui latte tout le monde sans distinction. Bim Bam Boum, tiens père/oncle/frère aîné et le reste de la famille, ça va t'apprendre à vivre ! Comme dit plus haut vu que j'étais encore bleusaille dans cet exercice de survie en milieu hostile je m'étais mis dans la première mêlée, sans réfléchir, l'instinct grégaire du mouton de Panurge à l'état pur quoi. Et je vois le moustachu avec son bâton, mal engagée l'affaire. Arrive mon tour, il lève son bâton, je me crispe pour accompagner le coup et... il m'épargne, magnanimité probablement due au fait que je suis un bule (prononcez boulé, ça veut dire albinos ou face de craie, c'est comme ça qu'ils nous appellent). En tout cas, quand on voit ça alors qu'il s'agit simplement de monter à bord, on peut imaginer ce qu'il se passerait s'il y avait un vrai problème et que leurs vies étaient réellement en jeu. Remarque, si le bateau coulait je verrais assez bien les employés fermer les portes du pont économie (comme dans Titanic) parce que de toute façon il n'y a pas assez de places dans les canoës de sauvetage. Ils le font d'ailleurs tout le temps lors du contrôle des billets après chaque escale, au mépris de toutes les règles de sécurité (il faut dire à leur décharge qu'il y a beaucoup de gruge), une raison de plus qui explique pourquoi lors de mes voyages ultérieurs j'avais intégré qu'il valait mieux dormir au niveau du pont supérieur. Ben oui, s'il y a un problème pas de cohue, je suis juste à côté des chaloupes, il a l'air bête comme ça le naps mais il gamberge quand même un peu des fois. Une raison de plus dis-tu naps ? Mais quelles étaient les raisons premières ? Ah c'est bien, y en a au moins qui suit ! Les raisons premières, elles sont évoquées, et même dévoilées, n'ayons pas peur des mots, dans ce qui suit... À force d'embarquements tous plus chaotiques les uns que les autres, et après certaines expériences de voyage dont il va être question, j'avais fini par comprendre qu'en fait il faut laisser passer la première vague de locaux et que ça ne sert a rien de s'affoler pour les places. Parce que tu dors où tu peux, mais surtout pas au pont économie. Ça crie et ça braille jusqu'à pas d'heure, et à cinq heures et demi du mat' ça redémarre avec la télé à fond, le premier réveillé l'allume. C'est parti, tout le monde se lève, retour à la case cris et braillage. Ils fument tous comme des pompiers, crachent partout et jettent leurs détritus où bon leur semble, et si t'es pas loin des chiottes t'as gagné le pompon, tu pourras chanter de tête « le bruit et l'odeur » à la fin de la traversée. Ça pue, il fait chaud, vraiment pas l'idée qu'on se fait d'une croisière dans l'archipel indonésien qui, comme il est pourtant écrit dans les prospectus touristiques qui se respectent, est « le plus grand archipel du monde dont chaque île est comme une perle qui s'égrène sur une mer d'émeraude ». Z'ont pas du voir les employés balancer les sacs d'ordures à la baille ceux qui ont écrit ça ! Je me rappelle, la première fois que je les ai vus faire... Le gars ficelle de gros sacs poubelle, après avoir balayé un peu partout et réuni, sans mentir ou presque, des tas d'ordures si hauts qu'on dirait des immeubles, puis, par une écoutille au préalable ouverte, balance le tout à l'eau. J'ouvre des yeux effarés et le gars me regarde, ben quoi, qu'est ce qu'il y a le bule, t'as jamais vu ça ou quoi ? Ben non, j'avais jamais vu ça... Un peu partout dans le bateau il y a des panneaux où il est écrit « ne jetez pas les ordures à la mer », mais je crois qu'ils auraient dû ajouter « laissez nous donc le faire pour vous, chers estimables et estimés passagers ». Et plus tard, en discutant avec des gens qui habitent des îles plus ou moins sur le parcours de ces tas de ferraille et d'immondices flottants, j'apprendrai que souvent les sacs en question se retrouvent éventrés sur les plages, sympa... Une fois que tu t'es trouvé une place peinarde dans un couloir tu y installes ta natte que tu avais achetée au préalable, et là tu es déjà un peu plus au calme (si tant est que tu as réussi à trouver un coin pas trop bondé). T'as pas de natte ? Quel étourdi tu fais ! Ben va falloir dormir à même le sol alors... Remarque normalement d'après le règlement, qu'il m'a été donné de lire, chaque passager en classe économie a droit à un matelas gratuitement. Mais tu connais la différence entre la théorie et la pratique, et souvent l'équipage les loue. Quoique des fois en la jouant fine j'ai eu réussi à en obtenir un sans payer, mais encore faut-il qu'il en reste car c'est loin d'être toujours le cas. Bon, après tout ça y a le problème de la bouffe... Il faut avant la traversée avoir eu la présence d'esprit d'acheter des provisions, sinon on est condamné à faire la queue misérablement, dans une atmosphère de réfectoire de prison et de loi de la jungle car ça coupe la file d'attente à tout va, pour obtenir le Saint Graal, à savoir : un peu de riz blanc, deux haricots cuisinés à l'eau et une tête de poisson. La visite des cuisines est par contre hautement recommandée si on a sa bouffe et en conséquence pas besoin de manger ce qui sort de ladite cuisine. Notamment les cuistots, bottes en caoutchouc aux pieds, ça vaut le coup d'œil ! Ensuite, la douche... Les douches économie font plus penser à des chiottes qu'autre chose, là par contre je te les recommande pas. Les douches des troisième classe, un peu mieux mais encore assez réminiscentes d'un lieu d'aisance, le problème étant que les indos, quand ils ne pissent pas directement dans l'entrée (sur le mur ou par terre, ça dépend de la sensibilité de chacun et tous les goûts sont dans la nature), ont la sale habitude de pisser dans la douche (sans la rincer bien sûr), au lieu d'aller pisser dans les toilettes qui sont juste à côté, va comprendre pourquoi. La bonne combine : les douches de l'équipage au deuxième pont. Les seules à être relativement propres, car d'une part comme ce sont les leurs ils y font gaffe, et d'autre part la populace ignorant leur existence se trouve par là même dans l'incapacité d'y exporter son incontinence. Une fois ces formalités accomplies tu vas voir venir à toi les locaux, si ce n'était déjà fait. Ils travaillent en équipe, quand l'une a fini de t'interviewer une autre arrive, l'ennui étant que les questions sont quasiment toujours les mêmes. Au début c'est rigolo mais au bout de la dixième escouade ça lasse un peu dirais-je. Le problème c'est que je n'ai pas le cœur de les rabrouer. Déjà ils ont de tels sourires désarmants que je n'arrive pas à les envoyer promener, et puis je me dis que je suis dans leur pays, qu'ils n'ont pas souvent, si jamais, l'occasion de rencontrer un étranger, qui plus est un spécimen qui parle leur langue, et aussi que, si pour moi c'est la ixième interview, pour le ou les gars qui sont en face c'est la première. Soupir, allons-y... Et ne crois pas y échapper en faisant semblant de lire. J'ai essayé, ça les arrête pas, le keum te chope le bras : hé mister, mister s'appelle comment ? Mister vient d'où ? etc. Si tu fais style tu dors ça peut marcher, mais c'est pas gagné non plus. La seule chose qui les stoppe à coup sûr c'est si tu manges, parce que chez eux c'est pas poli de parler à quelqu'un en train de se sustenter, sauf que tu imagines bien qu'on ne peut pas se livrer à cette activité toute la journée, surtout si on a vu les cuisines quelques lignes plus haut. Après, des fois on rigole, et pas qu'un peu ! Un petit pot pourri des sujets de discussion ? Je vous préviens, ça va chauffer, j’espère que les enfants sont couchés. Et quand à vous, tenez-vous bien... Donc après les questions d'usage sur la famille etc. (voir plus haut), ça dégénère assez vite sur en dessous de la ceinture, sujet qui les intéresse vivement s'il en est, on pourrait même dire que ça les passionne (normal vu qu'il s'agit de passion). Pour commencer ils te demandent souvent si c'est vrai que chez nous les filles sont gratuites et que l'amour est libre. Et de là ça enchaîne... Dis mister, chez toi quand vous faites Tac Tac, vous faites ça n'importe où dans la rue ? Meuhhh non, quand même, on n'est pas des animaux ! Hé mister, c'est vrai que vous les bules vous avez des bicous plus gros que les nôtres (ça, ça les travaille à mort) ? Ben je sais pas, j'ai jamais vu les vôtres... Le mien, il est comme mon gros orteil mister ! Et moi mister, le mien il fait 12 centimètres ! Ah oui, en effet... Mais toi mister le tien il est comme le bras, je l'ai vu dans les films ! Attention, les gars que t'as vu dans ces films c'était pas moi, et puis moi il est comme ma cuisse, comme le bras c'est petite taille ! Là le mec te regarde avec des yeux mi-admiratifs, mi-horrifiés, et tu te sens obligé de lui dire que tu plaisantais... Une autre : mister, comment on fait pour tenir longtemps quand on fait Boum Boum ? Parce que moi deux minutes et c'est fini, j'arrive pas plus... Du coup on se lance dans un petit cours sur le sujet, mais que je ne rapporterai pas ici parce que je sens que je vais me faire engueuler. Des fois ça dérive sur le : mister connaît l'huile de cobra ? Nan, c'est quoi ? C'est de l'huile qui vient des USA, on s'en badigeonne le tchitchou et il devient plus gros. Je viens d'en acheter une bouteille, qu'est-ce que mister en pense ? Fais voir... Sur la bouteille on lit les précautions et recommandations d'usage mais, même si les ricains prennent parfois des libertés avec la version oxfordienne de leur langue, c'est écrit dans un si mauvais anglais que je doute que ça provienne des États-Unis... Autre variante, bio celle-là : mister, tu connais les feuilles de l'arbre machin chose qu'ils ont en Irian Jaya ? Non, c'est pour quoi ? Ben tu t'en enveloppes le zbibou et après un moment il double de taille ! Ça a l'air pas mal, père devrait essayer ! Non, ma femme est plus toute jeune la pauvre (car le type en question devait bien avoir la cinquantaine), je peux pas lui faire ça !

Encore une : moi mister, quand je taquine la belette je mets deux capotes, comme ça mon truc il est plus gros ! Oui en effet, quelques microns de plus, y a pas de petit gain ! Il est temps de changer de sujet, pas que je me fasse accuser non plus de n'avoir que des conversations d'obsédé : mister, il y a le soleil dans le pays de mister ? Oui, bien sûr ! Et la lune ? De même ! Et les étoiles ? En effet ! Le gars ne dit plus rien, et je vois qu'il gamberge... J'ajoute, pour finir et avant qu'on ne me traite de raciste et/ou de je ne sais quelles bêtises, que je ne me moque pas des indos, je les aime bien, même si leurs manières puériles peuvent devenir un peu fatigantes à la longue. Nous aurions sûrement les mêmes conversations que celles évoquées plus haut si, comme eux, nous n'étions pas ou peu allés à l'école, avions été élevés dans un système où tout est fait pour éviter qu'on s'ouvre l'esprit, et vivions dans des îles où on est loin de tout et n'a aucune ouverture sur l'étranger. Et puis de toute façon, la valeur d'un homme ne se mesure pas au nombre d'années qu'il a passé à l'école, ni à sa fortune. C'est un peuple jeune qui adore se marrer, ils sont très demandeurs à ce niveau avec tout ce que ça implique de bon comme de mauvais (le bon c'est que la vie n'y est pas triste, le mauvais c'est que certains aiment bien se moquer et à fortiori des étrangers, et aussi qu’il y a un énorme manque de sérieux généralisé dans le pays avec les conséquences qu’on devine sans peine), et hyper bon public à tel point que naps et ses vannes à deux balles se prend des fois pour le comique du siècle. Une dernière, pour la route : mais vous savez les gars, chez nous nos femmes elles sont pas faites comme les vôtres en Indo ! Ah bon ? Ben oui, leur truc il est pas vertical mais horizontal ! Mais comment vous faites alors ? On se débrouille, on se met sur le côté, tout ça quoi... Ah dis donc, ça doit pas être évident ! Meuhhh non, je plaisantais voyons ! Et tout finit dans des rires, c'est l'Indonésie... Après tout ça une bonne nuit de récupération quand même, tu l'as bien méritée ! Quoique si tu te sens y a encore la séance de cinéma de vingt heures trente. Annonc��e au micro, elle met en scène de belles actrices (dixit le message), et il s'agit ni plus ni moins d'un film de fesses. Oh, pas un gros truc bien hard et bien sale mais une bonne pellicule érotique de derrière les fagots, et de quoi se rincer l’œil comme tu peux imaginer. Je le sais de source sûre car j'en ai été spectateur, et gratuitement en plus, un soir où un membre de l’équipage m'avait invité à visionner l'un de ces chefs-d’œuvre cinématographiques. Ça avait été intéressant, pas pour le film, parce que ce genre de choses ne m’intéressent pas en tant que spectateur (je préfère être acteur, mais sans spectateurs, je sais pas si tu me suis) et que j’étais parti au bout dix minutes, mais bien plutôt pour l'ambiance, très masculine, très moustachue et très enfumée. En indonésien ils appellent ça un échauffement, échauffement pour quoi je ne saurais dire vu la promiscuité qui règne à bord et vu que les toilettes ne sont pas très inspirants pour une galipette à deux ou un soulagement en solo. Il est temps maintenant d'aller te coucher, tu as eu une journée bien remplie ! Vers quatre heures du matin le micro beugle en distorsion l'appel à la prière (où quasi personne ne va mais au moins les apparences sont sauves, faut pas oublier qu'on est en terre musulmane), puis sur le coup des six heures tes voisins d'infortune vont te réveiller car c'est l'heure du petit déj', qu'ils ne manqueraient pour rien au monde et on les comprend : du riz blanc mal cuit, un œuf dur et un peu de sauce qui pique, ça excite les papilles tout ça et il serait dommage que mister loupe ce mets de choix parce qu’il dort. Dans certains bateaux il y a une grande affiche avec des photos de types qui ont la tronche explosée, et pas qu'un peu. Commentaire en bas : voilà ce qui arrive aux pickpockets !!! Discussion avec d'autres passagers : oui, l'autre jour ils ont chopé un voleur et ils l'ont jeté par dessus bord. Mais ils ont quand même prévenu le Kapten (capitaine) le lendemain. Ah bin ça va, sauf que le Kapten il a pas détourné le bateau pour autant. Et même s'il l'avait fait, sans coordonnées GPS tu penses un peu s'il aurait trouvé le pauvre gars... Alors tu multiplies tout ça par le nombre de jours pour lesquels tu as signé et tu obtiens une croisière inoubliable, crois-moi. Surtout que je t'ai pas tout dit (et ne te le dirai pas quoi qu'il en soit, ça remplirait des volumes entiers), il y a aussi les armées de cafards, les escales, et bien sûr le meilleur pour la fin : tous les imprévus genre un moteur qui tombe en panne ou le bateau qui se tanque sur un récif de corail, voilà qui met du piment dans une vie jusque là un peu morne et tristounette... Quoi ? Tu veux que je détaille ? Soupir encore, j'aurais dû rien dire. Bon, allez, c'est reparti ! Alors les cafards, ou les blattes, je sais pas trop (je suis pas entomologiste), sont légions. Les gros on les voit rarement, ils se planquent dans la cale. Par contre il y a donc ces légions de plus petits, sont-ce leurs rejetons, ou sont-ce une autre espèce, va savoir, mais ce que je sais c'est qu'ils courent partout et que contrairement à leurs aînés ou cousins les gros qui, eux, ne sortent pas quand il y a de la lumière (d'où la bonne combine de dormir la lumière allumée quand on est dans une chambre qui en est infestée, merci qui une nouvelle fois ?), ceux-là ont du développer une photophilie et s'adapter au fait que la lumière ne s'éteint jamais à bord (je te l'avais pas dit ? Exact, voici donc l'oubli réparé) et sont actifs vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C'est d'ailleurs à cette époque que j'avais pris le réflexe de vite refermer mon sac après l'avoir ouvert, pas envie d'avoir des passagers clandestins... Ce sont ce genre de choses qui nous rapprochent, nous les hommes des villes où la nature fait cruellement défaut et qui en sommes si cruellement coupés, de la même nature et de ses beautés insondables, sont-y pas mignons les petits cafardous ? Les escales, je m'en étais fait une justement pendant ce voyage et l'embarquement, vu d'en haut, ça valait vraiment le détour. Un ras de marée, un tsunami de têtes aux cheveux noirs essayant de monter à bord dans un beau ballet synchronisé en V majeur. Il y en a, les petits malins, qui essaient de tricher en escaladant la passerelle par les côtés. D'autres, arc-boutés sous leur charge, ne voient pas ce qui se passe devant eux mais poussent de bon cœur. Plus tous le reste de la troupe, sans oublier le moustachu bastonneur. Le plus surprenant étant que ça a l'air de bien leur plaire ce contact humain poussé à l'extrême, car on ne décèle que rarement de l'énervement ou des invectives. Bon et sinon, tu avais été au courant de l'Umsini qui s'était planté sur un récif de corail à Nabire en 2001 ? Je parie que non, en France ça n'avait même pas dû paraître dans la rubrique des chiens écrasés, pourtant ici je t'assure que ça avait été l'événement de l'année. Imagine l'Umsini en question, 140 m de long sur genre 30 ou 40 de large, 8 ponts, 2000 personnes à bord (enfin 2000 places, le nombre de passagers exact restant une inconnue dans cette savante équation), et évidemment tout l’équipement moderne qui va avec, GPS, cartes marines très précises etc. (t'es déjà allé dans la cabine de pilotage ? C'est intéressant), du bon matériel en somme. Seulement voilà, et désolé de persifler à nouveau mais tu commences à y être habitué, les officiers, je les connais les gabarits, ils sont souvent avec des filles. D'où je tiens cette information ? Je la tiens du fait qu'à ma grande époque (c'est à dire l'époque où la topographie de ces bateaux n'a plus eu de secret pour moi) je dormais quasiment à chaque fois dans le havre de paix et de tranquillité recouvert d'une moelleuse moquette qu'offre le petit couloir derrière leurs quartiers (au niveau du pont supérieur, ne t'inquiète pas, quoi qu'il arrive je ne suis jamais loin des chaloupes, je te l'ai déjà dit), et je voyais souvent passer ces messieurs avec des filles disons légères, pour ne pas dire de joie, d'après les locaux elles paient leur voyage en nature. Il m'a bien semblé voir aussi de la bibine, genre l'officier, dans son bel uniforme immaculé, une boutanche à la main et le rire gras, faisant pénétrer une créature (avant de pénétrer dans la créature j'imagine, mais je m'égare), que je subodorais n'être pas de sa famille, dans sa chambre. Et quel rapport avec l’affaire qui nous intéresse ? Patience, j’y viens… Tout ça pour dire que, malgré le GPS et tout le reste, ils ont trouvé moyen de planter leur paquebot sur un récif de corail et le rafiot resta là, plus possible de le bouger. Je subodore encore, et c'est là qu'intervient le persiflage précédemment cité, que le type en charge du bateau à ce moment devait soit être bourré, soit occupé à lutiner une petite, soit les deux à la fois, soit carrément déjà parti au septième ciel et dans ces instants-là, comme chacun sait, les responsabilités sont le cadet de nos soucis, ainsi est faite la race humaine (je me sens obligé de rajouter un peu de philosophie pour ne pas qu'on m'accuse d'évoluer au ras des pâquerettes, vu que je viens quand même de révéler certains aspects on ne peut plus triviaux de nos petites existences terrestres)... Gros titres dans les journaux, et grosse histoire au niveau national. Tentative de sortir le tcharafi, avec six cordes grosses comme le bras (je cite, d'après la feuille de choux), et devine quoi ? Elles ont cassé !!! Ben oui, pense un peu, six cordes pour un bateau comme ça, c'est comme si tu voulais tracter une voiture avec un fil à rôti... Le temps passa et ça a fini par faire une semaine que le machin était tanqué. D'après les journaux les passagers encore à bord (car ils n'avaient pas tous été évacués) avaient tout ce dont ils avaient besoin à disposition (nourriture, eau etc.), ce dont je doute fort. Pourquoi n'avaient-ils pas tous quitté le navire ? Paraît-il que c'était rapport à ce qu'ils avaient payé leur ticket jusqu'à Jayapura (qui était encore à facile un bon jour et demi de traversée) et qu'ils ne voulaient pas le perdre, parce que le service après-vente, tu me suis. Au final ils ont quand même réussi à sortir Umsini de sa prison corallienne, et il est parti à Singapour pour une révision. Pourquoi Singapour ? Ben c'est qu'il avait besoin d'une sacrée remise en état après toutes ces émotions et ma foi, les indos sont peut-être fiers de leur pays mais ils en connaissent aussi les limites au niveau fiabilité, si tu vois ce que je veux dire... L'intéressant c'est que je l'ai repris une fois cet Umsini, un peu après la catastrophe. Ce que j'y ai vu me fait dire qu'à mon humble avis les indos restés à bord lors des événements ont dû stresser, et pas qu'un peu, car tout était cassé, et pas qu'un peu non plus. Je sais que même dans les autres bateaux beaucoup de choses sont hors d'usage, comme les robinets que j'ai remarqué ne pas tenir plus que cinq ans après la mise en service (les ayant presque tous pris leurs tas de ferraille j'ai pu me livrer à quelques comparaisons, dans un esprit évidemment rigoureusement scientifique), les pommeaux de douche disparus, les portes qui ne ferment plus, les pissotières vrillées (ils pissent des cailloux les indos ? Non, je t'ai déjà dit qu'ils pissent dans les douches. Dans les pissotières ils vident leurs bols de nouilles, ça bouche, la maintenance débouche mais ça revide des nouilles et ça rebouche, et fatalement au bout d'un moment la maintenance aussi elle en a plein les nouilles et elle laisse tomber. Ensuite certains malins doivent s'amuser à finir le boulot et ça donne des urinoirs qui pendent sur leur tuyau d'évacuation) etc. ; mais là, c'était pas comparable. Car je l'avais déjà pris avant l'accident cet Umsini et donc je le connaissais, c'est le quatrième plus vieux de la flotte et partant de ce fait il était déjà bien moisi, mais pas à ce point : des tags partout, les lampes explosées, les parois des douches fracassées, les portes dégondées et pour se laver il n'y avait plus qu'un gros jerrycan qu'on remplissait au tuyau... Bon, je vous livre en vrac toutes ces considérations, mais je vais vous en demander à vous aussi de la considération, souvenez-vous qu'à l'époque où ce récit se déroule je n'avais pas été informé de tous ces paramètres vu que je n'en étais encore qu'à mon voyage inaugural. Et en conséquence je vous prierai de ne pas trop vous moquer de la maladresse dont je vais faire preuve dans les pages qui suivent, car j'allais de surprises en surprises, ou plutôt de chocs en chocs, retour à l'action proprement dite. Après avoir passé l'homme au bâton, et après avoir survécu à la montée de la passerelle comme certains survivent à la descente des marches à Cannes, je me retrouvai dans la place. Tout de suite j'essaie de monter sur les ponts supérieurs, probablement mû par une certaine intuition car je vous jure sur la tête de Pelni que je n'avais pas lu le texte ci-dessus. Le satpam (sorte de garde) m'arrête. Hep, mister va où ? Ben en haut, ça se voit pas ? Fais voir ton ticket ! Le voilà monsieur ! Désolé mister, c'est réservé aux passagers classe ! Là, je me sens obligé de faire une petite précision. Il n'a pas insinué que je n'étais pas classe, et n'aurait pas osé d'ailleurs vu ma prestance latine naturelle. Passager classe est une traduction littérale de l'indonésien et ça veut dire passager de première, deuxième ou troisième classe, par opposition au passager de classe économie que je suis et qu'ils appellent passager économie. Ce petit point de détail précisé revenons au récit... M'étant donc fait éconduire poliment il ne me restait plus, tel Daniel entrant dans la cage aux lions, qu'à prendre une grande inspiration et me jeter à l'eau du pont ekonomi. Bobobobobo, le tableau, comment vous décrire ça ? Ça va être dur car le vocabulaire humain est souvent trop limité par rapport la réalité… Il s'agit d'un grand dortoir, avec des séries de genre de strapontins surélevés (normal pour des strapontins me direz-vous, et vous avez raison) sur lesquels s'entassent des grappes humaines. C'est noir de monde, il y en a partout. Sur les promontoires comme j'ai dit, mais aussi à côté, en dessous, dans les couloirs, devant les chiottes, partout vous dis-je ! Plus des gens qui vont et viennent plus ou moins chargés de colis, sacs, ballots et que sais-je encore. Ça braille, ça hèle, ça rigole, ça fuse dans tous les sens, et bien sûr ça se moque de mister qui a l'air bien paumé au milieu de toute cette agitation baignant dans une atmosphère moite, mélange d'humidité, de fumée de kretek et d'autres fumets plus ou moins identifiables. Au moins la situation est claire, même si j'avais voulu dormir là-dedans j'aurais pas pu car il n'y a tout bonnement plus une place, sauf peut être un demi mètre carré pile à côté des latrines mais ça va, je passe mon tour. Je traverse tout l'étage, même constat partout. À l'avant du bateau il y a un escalier, mais il est bloqué par une grille cadenassée et les indos me disent : non mister, là c'est pour les passagers classe (même remarque que précédemment) ! Que faire ? Je tente les escaliers extérieurs, ça passe, j'arrive sur le pont supérieur. Je vais et je viens comme dit la chanson, c'est occupé partout sauf à des endroits en plein cagnard. Je compte trois portes, elles donnent sur des halls qui mènent aux escaliers intérieurs. Une a l'avant, elle est fermée à double tour. Une au milieu, elle est ouverte mais c'est, une fois de plus, noir de monde. Une à l'arrière, idem. Pas le choix, on va cuire au soleil… Je déroule mon tapis de sol, et me prépare à goûter un repos bien mérité après toutes ces émotions. De courte durée qu'il sera le repos, car voilà déjà la famille hello mister qui s'annonce. Ça démarre, au début ils me parlent timidement dans un anglais plus qu'approximatif et la plupart du temps limité à « where from ? » (d'où tu es ?) et « what is your name ? », quand pas seulement « name ? ». Puis ils se détendent quand ils voient que je maîtrise leur langue. Chouette, un mister qui parle indonésien ! Pour les conversations voir plus haut, je vais pas recommencer... Remarque, j'avais oublié de mentionner un autre sujet qui les intéresse particulièrement à savoir la question de l'argent. Bon ça va, j'ai compris, je reprends... Combien gagne mister ? Là c'est difficile de répondre. Je ne veux pas mentir mais je ne peux pas non plus le leur dire, pensez donc qu'un mois de SMIC de l'époque ça faisait plus qu'un an de salaire local. Il faut noyer le poisson : euhhhh ben tu sais, si je te disais combien on gagne chez nous ça te semblerait beaucoup, mais faut voir qu'en France tout est cher donc au final c'est un peu pareil, un café ça vaut tant, un paquet de clopes (la référence ultime dans le coin) c'est tant etc., et autres pirouettes du même acabit, la plupart du temps ça marche et ça me permet d'éviter de cracher le morceau. Et un dollar ça fait combien de roupies mister ? Je sais pas trop, chez moi on n'a pas des dollars, on a des francs ! Ah bon ? Je croyais que vous aviez des dollars. Mais vous faites pas partie de l'Amérique alors ? Pourtant vous parlez anglais ? Non, pas vraiment ! L'Amérique c'est le contient américain et nous c'est le continent européen, entre les deux y a genre 6000 bornes d'océan Atlantique. Et quant à la langue, on parle français. Tiens, écoute : je lui baragouine deux trois phrases dans notre belle langue, histoire qu'il comprenne qu'elle n'a rien à voir avec ce pauvre dialecte qu'est l'anglais. S'ils ne sont pas très calés en géopolitique, au niveau foot en revanche ils en savent beaucoup plus que moi qui ne m'intéresse pas du tout, mais alors pas du tout, à ce sport. Ils connaissent les noms de la plupart des joueurs des grandes équipes européennes et sont au courant des derniers matches de la ligue je ne sais quoi. En plus la France avec un grand F venait de gagner la coupe du monde, et le prestige des tricolores rejaillissait en plein sur ma modeste personne. Mister est français ? ZINEDINE ZI-DANE !!!!!!!! Plus connu que Chirac le Zinedine, et en plus il est musulman, d'où admiration-identification encore plus forte. Et ils ne comprennent pas que perso je m'en tamponne le coquillart de tout ça. Mister doit être fier d'être champion du monde ! Fier de quoi ? Moi je suis champion de rien du tout ! Mais si voyons, le pays de mister a gagné la coupe ! Bah ! J'ai rien gagné du tout, et d'une j'étais pas sur le stade, et de deux j'ai pas touché la prime ! Abîme d'incompréhension... Autre sujet d'interrogations, le billet d’avion. Il a coûté combien ? Là c'est plus facile, je dis la vérité tout en néguant (noyer en provençal) le poiscaille : je peux pas dire, je n'ai volé que jusqu'à Bangkok et j'ai fini par la route et la mer, atterrir directement à Jakarta ça revient trop cher ! OK mais quand même mister, vous avez des sous vous autres en Europe ! Oui, mais c’est pas tombé du ciel, figure-toi que par chez moi on bosse. Dans le temps on était aussi pauvres que vous, voire pire parce que chez nous il fait pas chaud toute l'année et que la nature est pas aussi généreuse qu'ici, il y avait même des famines. Ici, on plante une branche dans la terre et sans s'en occuper elle prend racine et donne un arbre. En France si tu veux des récoltes t'as intérêt à te bouger, et t'as intérêt à stocker en vue de l'hiver ! Pourquoi mister ? Pourquoi ? Tout simplement parce que l'hiver y a rien qui pousse, il fait trop froid. Vous ici, vous êtes des fainéants, je le sais, vous dites de vous-mêmes que vous avez la « budaya santai » (culture du laisser aller) ! Gros rires des locaux, ils savent bien que c'est vrai... Quand vous bossez une journée, le temps où vous travaillez vraiment c'est à peine une heure ou deux, et le boulot que vous faites il est pas droit parce que vous vous en foutez, vrai ou faux ? Re-rires... Si aujourd'hui vous avez bien gagné, demain vous n'irez pas travailler et vous vous la coulerez douce tant que les sous dureront, pas vrai ? Et dans les campagnes, souvent vous envoyez les femmes travailler les champs et vous les mecs vous restez au village à fumer la kretek et à boire du café, me trompé-je ? Ah ben dis donc mister, tu connais bien la culture indonésienne ! Connaître bien je sais pas, mais disons que je suis pas aveugle... Bon bien sûr je schématise, mais ce que je veux leur faire comprendre, sans rentrer dans un cours d'économie mondiale appliquée, c'est qu'on n'a rien sans rien et que c'est pas le tout que de vouloir avoir des sous, encore faut-il s'en donner les moyens. Oui, mais ici c'est dur mister, y a la corruption et tout le reste ! En France aussi il y en avait, seulement mes ancêtres se sont battus et ont fait des révolutions, et le gouvernement a été obligé de partager un peu plus équitablement les richesses. Vous ici vous êtes trop dociles, vos dirigeants vous marchent de longue sur la face et vous ne dites jamais rien, tout ce que vous savez faire c'est vos petits plans et vos petites combines en douce ! C'est vrai mister, mais quand même... Quand même de quoi ? Et les chinois alors ? - là j'enfonce le clou - Les chinois, ils sont arrivés ici en Indo à l'époque où la Chine crevait à moitié de faim, et ils avaient pas un radis. Et qu'est ce qu'ils ont fait ? Ils ont travaillé, et travaillé, et travaillé, comme des chinois quoi. Le résultat ? Beaucoup sont devenus riches alors que dans le même temps vous, qui êtes pourtant dans votre pays, vous n'avez rien fait et êtes toujours aussi pauvres, CQFD... Je comprends que vous n'aimiez pas trop bosser, mais dans ce cas il faut en accepter les conséquences et ne pas se plaindre ensuite ! En fait, jusqu'à il n'y a encore pas si longtemps ils acceptaient parfaitement vu qu'ils ne connaissaient que ça. Puis sont arrivés la télé, les films américains à deux balles, les médias, et ils ont commencé à voir comment on vivait dans nos pays. De là la donne a changé, sans parler du fait que tous ces films leur donnent une vision fausse de l'Occident car ce n'est pas tout le monde qui a une limousine de dix mètres de long et vit dans un duplex de 200 mètres carrés. Ils ne me croient d'ailleurs jamais quand je leur dis que je n'ai qu'un vélo, mister est riche et il a une belle voiture, c'est bien connu du reste, tout le monde sait ça en Indo. De nos jours Internet et les téléphones portables en ont remis une couche, mais en 1999 on n'en était pas encore arrivé à ce point et le moment n'est donc pas encore venu d'en parler... Dernier sujet d'importance, la religion. C'est quoi la religion de mister ? Oulalah, question difficile ! Disons que je suis croyant en ce sens que je suis convaincu qu'il existe quelque chose de supérieur à l'homme et que je respecte toutes les religions, mais je n'adhère à aucune ! Pourquoi ? Parce que même si la base est valable je pense que de nos jours elles sont toutes corrompues. Trop d'argent, trop de pouvoir, trop de combines, ça fait bien longtemps que le souffle des origines s'est perdu. Mais alors quand tu seras mort comment tu vas faire ? Elle va aller où ton âme ? Parce que si t'as pas de religion tu vas aller en enfer ! En es-tu bien sûr ? Pour moi on n'est pas jugé vis à vis de sa religion, mais vis à vis du bien et du mal qu'on a fait. J'ai rencontré des tas de croyants qui étaient de sales types, et en contrepartie des athées qui étaient de supers mecs ! Oui mister, mais faut quand même choisir une religion, c'est important ! Je vous fais grâce de la suite de ces discussions hautement théologiques, et notamment de la question de la pertinence ou non de la carotte et du bâton suivant les époques et les civilisations, une fois de plus un abîme d'incompréhension s'ouvre et laissons le Bon Dieu se gratter la tête pour savoir où il va me caser après ma mort... Et ainsi de suite, et ainsi de suite jusqu'à ce que, satisfaits, ils s'en aillent pour laisser la place à leurs confrères. Une équipe, une deuxième, une troisième et au bout de la je sais pas combientième je sature et déclare forfait, je m'allonge et fais celui qui dort... Un peu plus tard, tiens, des occidentaux ! Ils ont du monter à un port antérieur car je ne les avais pas encore vus. En anglais dans le texte : Salut ! Salut ! Les politesses d'usage puis on parle de trucs de blancs, de choses et d'autres comme on dit. Ils me demandent : mais tu dors où ? Ici même, sur ce tapis de sol sur lequel on est assis en train de cuire, et vous ? Nous, on est en première (mazette ! Me dis-je en mon for intérieur). Tu veux venir dans notre cabine ? Tu peux même prendre une douche si tu veux, on a une salle de bain. Ça c'est pas de refus, merci beaucoup, parce que les douches économie j'avais décidé d'en bifurquer ! Pas mal du tout ces cabines de première, si un jour j'ai une cops ça me dirait bien de m'en payer une, c'est romantique à souhait. Petite chambre à deux lits, salle de bain perso, tout ce qu'il faut pour ce genre d'aventure. Mais on n'en est pas là hélas, et après un moment je quitte mes hôtes et retourne à ma solitude (qui n'est pas si solitaire que ça si vous me suivez toujours). Viens l'heure de la graille et je descends à la cantine. Queue d'un kilomètre de long et vas-y que je te pousse et te repousse et te passe devant, sainte patience. Le résultat est une maigre et peu ragoûtante pitance que je mange, pas par plaisir mais parce qu'il faut bien se sustenter. Et ne me dites pas que je suis un blanquet délicat parce que les locaux eux aussi se plaignent, et ils ont raison, le prix du billet est quand même assez élevé en regard des standards locaux et sans aller jusqu'à servir des filets mignon il ne serait pas très difficile de faire un petit effort et de balancer au moins une mauvaise sauce pour donner un peu de goût… Une fois fini ce festin digne d'Épicure je rapporte, comme un bon petit occidental que je suis, le plateau repas en fer cabossé là où je l'ai pris et m'aperçois que je suis bien le seul car les autres ont été abandonnés ici ou là un peu partout, j'en verrai même dans les chiottes. Je remonte à mon palace sur le pont, le soleil a fini par tomber et la température aussi, y a du progrès. Ça repart de plus belle, mister par-ci, mister par-là, impossible d'être tranquille un moment. J'aimerais bien fixer l'horizon, les yeux perdus dans le vague, comme on dit dans les romans, histoire de voir l'effet que ça fait, mais impossible vous dis-je ! Tout d'un coup je me rappelle d'une conversation avec d'autres touristes qui m'avaient dit qu'ils avaient fini dans les cabines de sauvetage. Tiens oui, pas une mauvaise idée ça... Normalement l'accès en est interdit mais comme disent les indos : les règles c'est fait pour être transgressé ! Ahhhhhhhh, quel bonheur, enfin seul ! Je m'allonge et me détends…. Au bout de même pas cinq minutes : hello misterrrrr !!! Oh non, c'est pas possible, y en a qui m'ont suivi... Cette fois ça suffit, tant pis si je passe pour l’étranger mal poli de service mais fini les interviews, j'en peux plus. Les gars m'interrogent, je réponds pas, désolé, j'ai déposé le bilan. Je finis par m'endormir, avec le ciel pour toit, une banquette en fibre pour lit, et une bonne demi-douzaine d'indos autour de moi qui, ayant trouvé la combine bonne, ont décidé de squatter là eux aussi. Je passe sur la journée du lendemain parce qu'on m'a dit que dans les livres il fallait éviter les répétitions, paraît-il que ça lasse les lecteurs. Toujours est-il que les côtes s'annoncent, puis se dessinent pour de bon, et finalement nous voici arrivés au port de Pantoloan, à quelques kilomètres de Palu la capitale de la province de centre Sulawesi. Ça faisait déjà bien une heure que les indos s'entassaient devant les portes et jouaient au pousse-pousse, mais j'avais décliné l'offre et attendis sagement qu'on ait réellement accosté avant de me rejeter dans la mêlée, chat échaudé craint l’eau froide ! Pourquoi naps, pour descendre aussi c'est le foutoir ? D'après vous ? Sans commentaires, surtout que c'est plus coton dans ce sens vu les lois de la gravité... Une fois sur le plancher des vaches moins deux je l'embrasse, à l'instar de l'autre hypocrite que ses amis mafieux vont bientôt canoniser (quoi ? Je suis vraiment vilain de parler ainsi du saint homme et de la sainte institution qu'il représente ? Ouais t'as raison, j'espère qu'ils me donneront l'absolution quand j'expliquerai mieux le fond de ma pensée d'ici quelques chapitres). Je m'abstins toutefois, le sol étant, comme toujours dans ce genre d'endroit, vraiment trop immonde. Un mélange de boue, mégots de clopes, résidus de mouchages à la rugbyman et déchets en tous genres, tant pis pour la sainte canonisation. À ce stade je m'étais juré et, croyez-le ou pas, bien juré, que jamais au grand jamais plus jamais ça ! Sans savoir que c'était loin d'être la dernière, que je finirai par m'y habituer, par devenir un spécialiste de cet exercice de haute voltige, et même, même par apprécier... Et la Pelni me direz-vous ? Je vous l'ai déjà présentée en fait, et il n'a d'ailleurs été question que d'elle tout au long de ce chapitre, c'est le nom de la compagnie qui opère ces bateaux. Bon mais là pour l'instant ma préoccupation était de tracer la route le plus vite que possible, et d'oublier ce traumatisme dans mes petites îles avec vue sur l'équateur...

(à suivre...)
Conseils pour découvrir la Thaïlande English translation pending
by Elwillo · 2013-06-18 · 36 replies
Bonjour à tous,

Mon amie et moi allons partir au mois d'aout pour un peu plus de 2 semaines en Thailande. A la lecture des forums, nous sommes quelque peu effrayés car la Thailande semble être le pays de tourisme de masse par excellence et ce n'est pas ce que nous recherchons. Ce n'est pas notre 1ère fois en Asie. Nous sommes allés au Vietnam il y a 2 ans et avons réussi par nos propres moyens à nous dégager des routes touristiques les plus fréquentées. J'imagine que certains d'entre vous vont proposer d'autres destinations mais c'est un pays que nous souhaitons vraiment découvrir et en terme de budget celui-ci nous correspond. Donc notre question est simple: est-il possible de découvrir la Thailande en s'échappant quelque peu d'un tourisme qui existe mais qui ne nous correspond pas ? En effet nous recherchons davantage les ballades en montagne/campagne et la découverte d'une culture locale pas encore trop pervertie. En résumé pour ceux qui connaissent le Vietnam, nous avons beaucoup plus apprécié la baie d'Halong Terrestre que la baie sur jonque. Merci beaucoup pour vos réponses et conseils.

Elwillo
Que faire la journée et où sortir le soir à Tana? English translation pending
by Yoh1 · 2013-06-17 · 44 replies
Bonjour,

Dans 10 jours, je suis de passage à Tana quelques jours avec un ami. On connait un peu Mada (Nosy Be, Ste Marie, Tamatave) mais pas la capitale. Tout d'abord nous allons loger à l’hôtel Palissandre, si des personnes connaissent, qu'en pensez vous? (secteur, proximité, chambre, ...). Ensuite que pouvons nous faire la journée sans se faire tuer? Bien entendu j'en rajoute et fait référence aux divers débats entre ceux qui disent que Tana est un véritable coupe gorge et les autres qui expliquent que ca se passe bien si on prend quelques précautions... Quel est l’atmosphère actuelle avec les élections qui vont (peut être...) arriver?

Et dernière question, on compte bien sortir faire un peu la fête le soir, mais souhaitons éviter les endroits et ambiances "glauques", donc si vous avez des adresses "correctes" pour bars et discothèque, merci d'avance.

A mon retour, je raconterai comme ça s'est déroulé 😉
Itinéraire de cinq semqaines en Nouvelle-Calédonie en 2014 English translation pending
by Athénais · 2013-06-09 · 8 replies
Bonjour tout le monde ,

Je prépare " à bloc" notre prochain voyage au Caillou, qu'on va s'offrir pour mes 50 ans et nos 30 ans de mariage et j'aimerais bien votre avis sur celui-ci ( le voyage, pas le mariage ! ) . De plus, j'ai 2-3 p'tites questions additionnelles, donc le post sera fatalement long, désolée. 😉 (Merci d'avance à Ilederêve et Caroletdavid s'ils veulent bien me donner leurs avis et suggestions, je suis preneuse - quant à Moomin, bé on se verra dans pas long 😛)

En gros : Le voyage est prévu du 29.03 au 2.05, soit 5 semaines, avec un stop de 3 jours à Sydney pour visiter cette ville qui nous intéresse aussi. Donc nous arriverons à Nouméa le jeudi 03.04 et je pensais prendre une chambre à l'hôtel Le Lagon pour 3 nuits. Ces 3 premiers jours à Nouméa nous permettront de visiter la ville, de s'imprégner des couleurs, des odeurs, de visiter l'aquarium et le Centre Culturel Tjibaou (incontournables pour nous) et autres découvertes. A l'arrivée à Nouméa, je prévois en outre de louer une voiture de type B (Kil. illimité et ass.-risque chez Point-Rouge (ou Loca Choc si ca existe toujours ?) Pour une semaine de road-trip. A partir du dimanche 6.04 jusqu'au 12.04, nous partons " en brousse" avec ( plus ou moins) l'itinéraire suivant: Jour 1 - Nouméa - Boulouparis : 77 Km- Voir le "bonhomme", distillerie de niaouli, Caférie et escapade à l'ilot Ténia. Pas encore d'idée de logement (ou alors pousser peut-être jusqu'à Farino ou La Foa... à voir) Jour 2 Boulouparis- Koné- 193 KM Logement à Hôtel Colibri Jour 3: Koné - Poum - 156 km Nuit en bungalow au Malabou Jour 4 : Poum - Poindimié 246 km Accueil en Tribu chez les Lindéraliques. On m'a donné un tuyau "Chez Dydyme Kouné we Foinbanon". Il paraît que l'accueil et le gite sont super-sympas. Jour 5 :Poindimié - Sarraméa (avec un crochet par Ponérihouen pour la caférie) Sarraméa - 163 km Logement à l'hôtel Evasion 130 Jour 6 Sarraméa - Nouméa- 124 KM Rendre la bagnole et retour à l'hôtel Le Lagon

12.04.- Transfert en avion vers Lifou- Hébergement au Drehu Village - Voiture de location. 19.04- Lifou- Nouméa - vol de transfert vers Maré - Voiture de location prévue . Hébergement en Tribu chez les Luengoni * Chez Bella" Patel. 17.04 Toujours à Lifou, mais au Gîte Seday ( si possible la paillotte sur le rocher) 19.04 - Maré - Nouméa - vol de transfert vers Ouvéa Hébergement à l'hôtel "Paradis" pour 2 nuits, puis transfert "chez Dydyce" , une accueil en Tribu qui semble très chouette. 25.04 - Ouvéa- Nouméa- Kunié IDP- hébergement au Gite Nataïwatch. 29.04 - Retour à Nouméa- Hôtel le Lagon 30.04 - 12h50- Vol de retour via Sydney et Dubaï

On prévoit un budget d'environ 20 - 25'000 euros (tout compris) pour 2 personnes. On ne veut pas faire de grosses folies mais on veut pouvoir se faire plaisir... Voilà (à peu près) mon programme... Jouable? pas jouable? Merci par avance de vos trucs et astuces...🙂

Passons aux questions: 1) En partant en avril, on va malheureusement louper la période où les baleines à bosses viennent mettre bas du côté de Prony. Mais y a-t'il des chances que nous puissions croiser des requins-baleines à quelque part durant notre séjour? On est bien conscients que ce sont des animaux libres et sauvages, mais y a-t'il néanmoins des secteurs où nous aurions plus de chance de les apercevoir que d'autres ???

2) En 2014, nous avons appris qu'il va y avoir les élections provinciales et aussi un (ou plusieurs...) référendum pour l'Indépendance de la Nouvelle- Calédonie. Sachant que le mois dernier il y a eu des grèves et des manifestations contre " La Vie chère" ( que je comprends tout à fait, d'ailleurs...) pendant quinze jours, je voudrais savoir si, en arrivant au mois d'avril, on ne risque pas de se retrouver dans une "poudrière". Il me semble que les élections ont lieu en mai, mais merci de me le confirmer.

3) les allers-retours en avion entre Nouméa et les 3 Loyautés me gavent un peu, même si le trajet est relativement court. N'y a-t'il vraiment aucune possibilité de rallier les îles les unes avec les autres avec un bateau directement ???

4) Et si, vous connaissez une "station" où on pourrait passer la nuit et côtoyer des stockmen ou comment partager "un coup d'pêche" au crabe avec des broussards sympas (en éclusant une ou deux "Number One après coup..), je prends volontiers note...

Merci encore de m'avoir lue et j'attends avec plaisir vos commentaires, bonnes adresses ou astuces diverses. Dans l'intervalle, je vais me replonger dans " La Brousse en Folie" 😛

Cordiales salutations et tata ! Corine
Itinéraire Pékin - Xi'an - Kashgar English translation pending
by Gorkhette · 2013-06-07 · 31 replies
Bonjour à tous, J'ai comme projet de partir l'été prochain, sans doute début juillet, en Chine avec mon copain. Le but est de voir une amie à Xi'an et de voir Kashgar, avant que les hans que ne détruisent définitivement ce qu'il reste de la vieille ville.

À cause de mon boulot, je ne pourrai pas partir plus de 3 semaines. J'ai donc 23 jours au plus pour traverser la Chine d'est en ouest ! Et bien sûr, tout ça en ayant un bon aperçu de la Chine du nord et sans me ruiner...

Mon itinéraire est donc le suivant (le centre/sud, ce sera pour un autre voyage) : Jour 1: trajet Paris pékin Jours 2-6: 5 jours à Pékin (muraille, cité interdite, temple du ciel, etc.) Jours 7-8: pingyao (est-ce suffisant en deux jours ? A moins qu'un ne suffise ?) J'envisage un train de nuit entre pékin et Pingyao, ou un train rapide jusque taiyuan puis train jusque Pingyao, selon le meilleur rapport prix/vitesse. Jours 9-12 : 4 jours à Xi'an, trajet de Pingyao en train de nuit. Jours 13-16: Urumqi et Turpan (Xi'an Urumqi en avion sans doute , je n'ai pas assez de temps pour passer 24h dans un train..). Combien de temps pour Turpan à votre avis ? Deux jours, est-ce assez ou trop ? Jours 17–20 (ou 21): Kashgar. 4 jours (5 si je supprime le dernier jour à pekin) semble peut-être beaucoup, mais comme c'est loin, j'ai envie d'en profiter et de visiter les environs. Jour 21: vol retour vers Pékin Jour 22: journée à Pékin, repos et dernières visites Jour 23: vol retour

Qu'en pensez-vous ? Je sais que la Chine est immense, mais je veux en voir suffisamment sans pour autant trop courir.

Question budget, le nombre de vols intérieurs me semble inévitable, mais cher vu les distances (500€ environ pour les vols et trains de Pékin à kashgar et retour). Auriez-vous une idée pour limiter les dépenses ? J'ai bien envisagé le retour en faisant Urumqi-Tashkent-Paris, mais les quelques recherches que j'ai faite montrent des prix encore plus élevés que mon trajet..

Merci pour votre aide ! Florence
États-Unis: promo sur les locations de voiture à 124 euros les 23 jours English translation pending
by Gilou02 · 2013-05-25 · 398 replies
OUEST USA je viens de louer a San Francisco par le site EXPEDIA une voiture intermédiaire Chevrolet Impala pour 23 jours a 124 € TTC cela fait 5,58 € par jour , une eco c'est 97 € , une décapotable 172 € pour 23 j. ace prix pas de one way. Je vais surement me louer un 4x4 a Las Vegas pour faire les chemins hors piste, the white poket, Shafer trail, Alstom point . Dommage que les billets d'avion soit chère 750 € AR avec ebrookers, en janvier ils étaient a 450 € J'ai eu la confirmation de ma réservation par email . A ce prix c'est incroyable , Je me demande si cela n'est pas une erreur d'informatique ? C'est le même prix pour tous l'OUEST LAX , Las Vegas, etc Profiter en
Hausse des prix en Thaïlande English translation pending
by Pampita · 2013-05-21 · 61 replies
De retour en Thaïlande depuis quelques jours, je suis abasourdi par la hausse des prix qu'a connue ce pays. J'y ai vécu de 2002 à 2006 et, en l'espace de quelques années, les prix ont été multipliés par 3 ou 4 !! 😮😮😮 La nourriture est devenue hors de prix (y compris sur les marchés, les restaurants n'en parlons pas). Le reste a aussi augmenté, mais de manière moins marquée. La cause est à chercher du côté de l'augmentation générale des salaires décrétée parle gouvernement il y a deux ans je crois.

Bref, la Thaïlande comme destination bon marché, c'est fini mes amis... Si vous voulez un voyage cheap, préférez les autres pays d'Asie du sud-est.
A few days in Lesotho and Zambia: the (difficult) return
by Muriel18 · 2013-05-08 · 51 replies
After a first trip to South Africa in 2009 that enchanted us, we decided to return to this part of the world this year.

Given how much I enjoy reading others' travel journals, I'm mustering up the courage to try my hand at this kind of exercise (which I'm not used to at all 😕). Thanks, of course, to everyone who answered my questions and helped finalize this trip...

So, it's decided—it'll be Southern Africa... but where, with only two weeks of vacation? Victoria Falls, which we had to cancel in 2009 due to turbulent Zimbabwean elections, was automatically back on the itinerary (yes, I know some say "the falls, meh," but I wanted to see them 😛!). We added South Luangwa and ultimately swapped Chobe and Hwange for Lesotho. We have no experience driving a 4x4, which limited our routes in both countries, especially since it's not yet the dry season... but that didn’t stop us from bringing back amazing memories.

Sunday, April 14: After a smooth flight (and even quite comfortable in BA’s brand-new 747), we land early in the morning in Johannesburg. We pick up the car (a little Micra) and off we go toward Clarens, our first stop. We get back into the swing of driving (moving over to the right—sorry, to the left—to let others pass, flashing lights, hazard signals, "thank you," "you’re welcome"...).

I was expecting a small town, but Clarens looks more like a village: a large grassy square,

a few cars,



and dirt roads as soon as you leave the main street.



Still, we found the same quality of South African B&Bs here. We stayed at Patcham Place (the little white speck in the photo above is our Micra!).



We end the afternoon with a walk around Clarens and its surroundings. No doubt about it—it’s autumn...

Monday, April 15: We set off for Lesotho on nearly deserted roads, heading toward Malealea.



We quickly cross the border at Caledon Poort, and the atmosphere changes: more people on the roadside, animals, scattered huts... and lots of traffic police! We still managed to get stopped four times! Mostly, after checking our driver’s license, it was just to chat for ten minutes or so (police aren’t like that back home!). Well, one officer wanted to fine us for not waiting for him to wave us through after I stopped at a stop sign. After some tough negotiations, he let us go 😇.

We leave the main road and find ourselves in wilder landscapes.



The road narrows until it becomes a dirt track. A short climb to the gates of paradise:

... and then it’s just a matter of descending toward Malealea.

Malealea is like a village within a village. You’ll find different types of accommodations, a canteen-style restaurant (no menu choices, but the food is great, and it’s a fun way to chat with others around big tables), and lots of activities offered in partnership with the locals. We’re shown different rondavels to choose from... we pick this one:



Simple but clean and functional, with a private bathroom. On the bed, "real" Basotho blankets.

We decided to stay two nights to have a full day there.

Tuesday, April 16: We opted for a four-hour pony trek to the waterfall—nothing difficult, everything is done at a walking pace, with just a few "slightly" steep climbs and descents where you have to trust the Basotho ponies (no worries, they’re sure-footed 😏). The landscapes are truly stunning:





We walk down to the waterfall (which isn’t anything special—it’s the trek itself that’s worth it) and take the return path...



... crossing through Malealea village again.



We spend the rest of the day exploring the area, reading in the sun, and sipping marula coffee on the bar terrace. We really loved the family atmosphere in Malealea and how the locals were involved in the activities.

Wednesday, April 17: We hit the road again toward Katse. The owner of Malealea advised us against taking our car through Theba Tseka (I know Chris did it last year around the same time, but since we’re not very adventurous, we’ll go back through Maseru and Leribe—oh well, we’ll just take the same route back from Katse).

Quick aside unrelated to the story: putting together a travel journal is taking even longer than I thought 🤪... so, the rest will come a little later...
Résumé du Media Luna Resort and Spa, Roatan (4 au 11 avril 2013) English translation pending
by Messacal · 2013-04-13 · 16 replies
Nous avons voyagé en couple du 4 au 11 avril 2013. Le but du voyage était de se reposer et de pouvoir faire de la plongée en apnée et notre agente de voyage nous a proposé cet hôtel qui nous a permis de réaliser nos objectifs. Nous sommes partis de Montréal et nous avons atterri directement sur l’île du Roatan pour un vol d’une durée d’un peu moins de 5 heures. Il faut calculer environ 40 minutes pour se rendre à notre hôtel avec la navette dont une dizaine de minutes sur de la terre battue. L’hôtel est dans un secteur isolé! Donc, pas de vendeurs ni d’étrangers sur la plage de l’hôtel. D’ailleurs, elle est très petite, environ 150 pieds avec du sable, des roches et des coraux. Il faut prévoir des souliers d’eau pour y aller confortablement, malgré que j’y allais nu pied! On y allait pour y faire de l’apnée directement et c’était très beau : coraux, poissons multicolores. Le beau spot : à droite vers le quai de départ des bateaux. Il y a aussi des kayaks et des gilets de sauvetage disponibles à la plage. Nous n’avons jamais eu de problème de disponibilité avec les chaises sur le site, c’est plutôt avec les chaises à l’ombre qui est un peu plus difficile! Avis pour les plongeurs, vous pouvez laisser vos kits dans un hangar barré sur le quai et vous partez directement en bateau pour plusieurs sites de plongée.

Le site dispose de 126 « cabanas »; nous y avons très bien dormi à l’air climatisé et sans bruit des voisins. La nôtre (#115) n’avait pas la vue sur la mer et était assez loin du coin de la piscine pour la tranquillité (ceux près de la piscine entendait la musique de 16h à 23h!). De plus, il y a un balcon d’environ 250 pieds carré avec un hamac. Ce sont les mêmes prises de courant qu’au Québec.

Pour la nourriture, il y a un restaurant buffet et nous y avons bien mangé et varié pendant la semaine. Il n’y a pas abondance de choix, car tout ce qui se mange sur l’île arrive par bateau! Précision pour le restaurant à la carte, lorsqu’il fait beau (et surtout pas de vent!), c’est sur la terrasse près du quai des bateaux, sinon, c’est dans un coin du restaurant buffet et on se fait servir à la table. Il y a 3 choix de menu : poulet, poisson ou un autre que j’oublie… Je n’ai pas vu de snack bar comme il est écrit dans la fiche de Nolitours… cependant entre les heures de repas au bar, il y avait parfois des petites bouchées (tacos, croutons aux tomates, trempette, carré de pizza, …). Ce n’était donc pas la haute gastronomie, mais on mangeait bien! Les G.O. nous offraient des petites bouchées et des rafraîchissements à nos chaises en même temps qu’ils nous proposaient des activités (yoga, volley-ball de piscine, aqua-gym, cours de danse, …). Les 2 langues principales sur le site est l’anglais et l’espagnol. Pour le français, il y avait la G.O. Marion, la responsable de Nolitours Diane et la responsable des activités AQUA (plongée) Daniella. À ma connaissance, il n’y avait que des canadiens en vacances : notre groupe de Montréal et un groupe de Toronto. Les vols directs de l’Italie avaient terminé leur saison en fin mars. Côté excursion, nous avons pris le tour de l’île en français avec Marion qui nous donnait plein d’information : vue panoramique de la barrière de corail, visite d’une ferme d’iguanes, visite du Maya Eden (volières de papillons, singes en liberté, certains animaux en captivité, répliques de calendriers Maya, …), dîner au Henry Morgan hôtel à West Bay et marche sur sa grande plage de sable, visite au Rhum cake, marcher sur une rue « commerciale » à West End. Également, j’ai pris une excursion en bateau pour faire de l’apnée à 3 endroits différents et un BBQ (langouste, bœuf et poulet) sur une île déserte qui est à l’extrémité nord de l’île de Roatan. Pendant notre semaine, il a fait généralement beau soleil avec des passages nuageux, il faisait chaud (31 celsius), environ 10 minutes de pluie seulement lors de notre 2e journée. Certains soirs, c’était très venteux. En bref, ce fut une belle semaine de vacances reposante, dans un endroit propre, rustique, tranquille et en toute simplicité!
Projet d'itinéraire de vingt-quatre jours en Namibie English translation pending
by Bastien08 · 2013-04-06 · 58 replies
Bonjour bonjour,

Le projet "Namibie" avance. Nous sommes donc 6 adultes aux alentours de 26 ans (aie le nombre pour la location!) et nous partons du 3 au 28 octobre. Nous louerons des 4*4, nous n'avons pas d'expérience de ce type de véhicule. Nous sommes plutôt roots et avons l'intention de dormir à 95% des nuits dans des tentes lors de notre trajet de Windhoek à Victoria Falls. Nous laissons donc les voitures à Victoria Falls.

Niveau logistique: J'ai fouillé un peu sur internet. Il y aurait chez Asco un land rover defender pour 6 personnes mais pas de tente sur le toit. Ca serait envisageable de prendre ce type de véhicule avec tout ce qu'il faut à l'intérieur et une location de tente pour 6 personnes et nos bagages? J'ai du mal à y croire.... Apparemment, vu notre nombre, pas de chance, le mieux est d'avoir deux véhicules. Quel serait le meilleur combo (4*4 4 places et un de 2? 2 de 4 places?)? Les deux avec des tentes sur le toit ou des tentes au sol c'est envisageable?

Pour le drop off des 4*4, est-il intéressant de les garder pour faire un petit tour à Chobe? Ou faut-il mieux les laisser à Kasane 3 jours avant la fin de mon voyage?

Quand vous êtes partis? Vous avez intégré tous vos points GPS par rapport à la carte de la Nambie TrackforAfrica....?

Niveau itinéraire:

J'ai dégrossi un peu l'itinéraire, voila ce que ca donne, il y a bien sûr des choix à faire. J'ai fait un itinéraire très chargé mais j'ai deux jours supplémentaires à mettre quelque part... Par contre, cela manque un peu de précision par endroit. J'ai pas encore pris en compte les arrêts indispensables pour les courses.

Départ le 03/10 de Paris et Arrivée le 04/10 à Windhoek vers 15h20.

J1 - 04/10: Préparation du voyage et repos Windhoek: Récupération des 4*4, courses.

Que me conseillez vous comme nuit pour cette premiere nuit? Une nuit aux alentours de Windhoek? Dans Windhoek?

J2 - 05/10/2013 : Windhoek – Sossusvlei - Sesriem Trajet pour voir les dunes au coucher du Soleil, nuit au camping de Sesriem si possible

J3 - 06/10/2013 : Sesriem - Sossusvlei Lever du soleil sur les dunes, site de Sossusvlei et Dead Vlei Canyon de Sesriem dans l’après midi.

J4 - 07/10/2013 : Naukluft Parc - Swakpmund Après une nuit pas loin, faire l’olive trail puis route vers Swakopmund

J5 - 8/10/2013 : Swakopmund – Walvis bay – Spitzkoppe Safari marin + Sandwich Harbour ? Est-ce qu’une excursion à Sandwich Harbour vaut le coup d’œil ? On est pas des pros de la conduite 4*4, ca se tente ? Ca serait dommage de payer si on a les 4*4 . L’idée est d’arriver la veille en fin d’après midi se balader le matin, arriver le midi à Walvis bay faire une activité de surf des sables en début d’après midi et prendre la route vers le Spitzkoppe.

J6 - 9/10/2013 : Spitzkoppe – Erongo mountains Après il y a des pétroglyphes mais j’avoue que ca me tente pas trop Qu’est ce qu’on pourrait faire comme étape entre Erongo Mountains et la suite ? Balade dans le Brandberg ? J’aurais bien aimé longé un peu la skeleton coast en passant par Cape Cross c’est jouable de redescendre ? Si oui dans quel sens est ce plus logique ?

Un Erongo mountains, Henties Bay – Cape Cross- Torra Bay – Twylfontein c’est faisable ?

J7 - 10/10/2013 : Spitzkoppe – Twyfelfontein – Palmwag

J8 - 11/10/2013 : Palmwag – Ogongo – Opuwo

J9 - 12/10/2013 : Opuwo – Epupa falls Route vers Epupa falls nuit à Epupa

J10 - 13/10/2013 : Epupa falls

J11 - 14/10/2013 : Epupa falls – Sesfontein - Kamanjab

J12 - 15/10/2013 : Kamanjab – Okaukuejo Etosha

J13 - 16/10/2013: Halali Etosha

J14 - 17/10/2013: Namukoni Etosha

J15 - 18/10/2013: Namukoni – Tsumeb – Grootfontein On ferait bien des petites haltes ( Ville de Tsumeb, Hoba...)

J16 - 19/10/2013: Grootfontein – Rundu – Mahango Nuit à Mahango

J17 - 20/10/2013: Mahango - Bande de Caprivi Visite du parc, halte sur la bande de caprivi. nuit à Kongola

J18 - 21/10/2013: Visite parc Susuwe et Riviere Kwando

J19 - 22/10/2013:Riviere Kwando – Katima mulilo Riviere Kwando route vers Kasane

On lacherait les 4*4 ici ou on les garderait jusqu'à la fin?

J20 - 23/10/2013: Parc de Chobe

J21 - 24/10/2013: Parc de Chobe

J22 - 25/10/2013 : ? Jour supplémentaire à mettre

J23 - 26/10/2013 : ? Jour supplémentaire à mettre

J24 - 27/10/2013: Victoria falls

J25 - 28/10/2013 : Matinée et avion à Victoria Falls

Est ce que je peux optimiser davantage mon trajet (1 nuit en moins à Etosha?)?

J'ai un peu de mal à optimiser l'aller pour Epupa falls et surtout le retour vers Etosha... ou s'arrêter? surtout entre Sesfontein et l'entrée du parc... Ca se ferait en combien de temps? De même pour Spitzkoppe jusque Epupa... un tour par cape cross? Je sais pas trop. Je suis pas forcément fan des peintures... Donc je sais pas trop...

Que me conseillez vous pour les deux jours en plus? Decharger certaine étape? un tour à Purros? Faire une excursion de Mahango vers le delta okavango? Prolonger dans le parc de Chobe? Est ce qu'on peux s'enfoncer plus au bostwana?

C'est un itinéraire assez classique. On aimerait bien sortir un peu des sentiers battus de temps en temps. Quels sont les incontournables sur ce trajet? Pierre avait deja dû me parler de la petite route de sable pour aller au bord de l'eau (Guma je crois)...

J'aimerais bien voir la faisabilité et le prix de faire un safari de nuit à Etosha et j'aurai bien un safari guidé à un endroit une fois...

Dès que j'aurais affiné le circuit, je commencerai à me pencher sur les hébergements. Mais si vous avez des incontournables en camping sur l'itinéraire, je suis preneur😎

Merci beaucoup pour vos avis, ca va grandement m'aider... :)

Bastien
Transition énergétique: à vélo en plus grand nombre English translation pending
by Facteur4 · 2013-03-29 · 139 replies
Lors de mon dernier voyage à vélo : voyageforum.com/...post=5898281#5898281 j'ai loué un tricycle couché. Avec ce type de vélo on se sent encore plus exposé à la circulation. Il serait souhaitable que de nombreux axes routiers possèdent une bande cyclable pour assurer les déplacements en sécurité. Alors que le gouvernement français nous donne la parole. Nous pouvons tous demander que les déplacements à vélo soient pris en compte pour qu'ils deviennent quotidiens pour le plus grand nombre et attractifs pour les touristes. Ce mode de déplacement doux bon pour la Santé et pour l'Environnement répond aux objectifs de la transition énergétique C'est au gouvernement d'agir pour qu'il le fasse en sécurité pour tous.
Marrakech et désert en mai avec deux petits enfants English translation pending
by Moine46 · 2013-03-21 · 45 replies
Bonjour,

Nous sommes 2 adultes et 2 enfants (5 ans et 16 mois), et souhaitons aller au maroc début mai pour 10-12 jours. Nous pensions visiter Marrakech quelques jours puis aller vers le désert pour y faire une demi journée dans les dunes à dos de chameaux. J'ai quelques questions à vous poser : -Pensez vous qu'une demi journée en porte bébé sur le chameaux début mai ça soit faisable pour l'enfant de 16 mois? Je n'ai aucune idée de la température, ni du risque de chute. -Où aller pour voir le désert? J'ai vu Tagounite sur les cartes qui serait pas "trop" loin de Marrakech. -On ne voudrait pas changer tout les jours d'endroit pour dormir, et donc lors du voyage vers le désert faire environ 1h30 de route le matin, une visite, et 1h30 de route le soir pour aller dormir. Puis peut être rester là où on a dormit un jour ou deux avant de repartir de la même manière. Donc connaissez vous des lieux sympa sur la route? Et sur celle du retour?

Merci d'avance pour vos réponses !
De France aux Antilles en porte-conteneurs - 2ème partie (Transat de Saint-Nazaire à Fort de France) English translation pending
by Jjmmsa · 2013-03-01 · 7 replies
DEPART DE SAINT-NAZAIRE

Lundi 26 Novembre 2012 - 1er jour de traversée

08 h 00, la manutention a repris de plus belle, trois portiques s'occupent du Fort Sainte-Marie. Et c'est justement la travée la plus proche de ma cabine qui est concernée. Depuis Rouen, cette travée est complètement vide y compris la cale. Toute la matinée, ce ne sont pas moins de 90 conteneurs qui vont être chargés en passant à raser le sabord de ma cabine (un sabord c'est carré ou rectangulaire, un hublot c'est circulaire), obscurcissant le ciel à chaque passage. A en donner le tournis.

15 h 20, je suis sur l'aileron de passerelle pour aider le commandant et le pilote à l'appareillage. Une manœuvre, cette fois-ci, sans remorqueur, uniquement à l'aide des propulseurs d'étrave et de poupe. Les amarres sont larguées les unes après les autres, le bateau décolle lentement du quai et gagne l'axe du chenal en passant sous le pont de Saint-Nazaire. Nous longeons plusieurs quartiers de la ville, des plages, des petites falaises brunes avant que le chenal n'oblique vers le Sud. Dernière vision de la terre avant longtemps.

16 h 35, le pilote débarque à l'extrémité du long chenal. Le Fort Sainte-Marie est en eau libre, cap à l'ouest. Au large, le vent n'a pas beaucoup molli. La mer est toujours bien formée, le bateau passe en force et tape de temps à autre dans les vagues en formant de jolies gerbes d'embruns.

Pointe à Pitre, la prochaine escale est encore loin. Et à partir de maintenant, il faut s'installer dans la durée.

17 h 45, fin de mon "quart". La nuit tombe rapidement et je pars à la chasse aux petits bruits dans la cabine…

18 h 15, ouverture de "La cave", qui est le magasin hors taxes du bord, géré par le commandant lui-même. Pas beaucoup de parfums dans cette boutique duty free, mais essentiellement des produits destinés à améliorer l'ordinaire de l'équipage et des passagers…

Remonté à la passerelle après le dîner. La mer est très forte, tout en puissance le bateau tape dans les vagues. On sent bien le choc et quelques secondes plus tard on voit une grosse gerbe jaillir de l'étrave jusqu'au-dessus des conteneurs, et être rabattue sur l'autre bord par la violence du vent.

Le Fort Sainte-Marie tangue et roule, il est difficile de tenir debout. En tout début de voyage, ces mauvaises conditions de mer cueillent tout le monde à froid, et il faut du temps pour s'y accoutumer. Lors du dîner, deux passagers font la grimace…

Après le dîner, sur la passerelle, j'ai encore bien discuté avec le lieutenant roumain, intrigué par mon expérience de la voile. Habitué des gros navires, il n'imagine pas que l'on puisse traverser un océan, ni parfois subir un tel temps sur un bateau de 11 ou 12 mètres. Il est étonné, comme moi je le suis dans l'autre sens par le gigantisme, la vitesse, la puissance du bateau qui se joue des mêmes éléments. Le partage du même milieu mais deux approches différentes.

A minuit, nous avons quitté le plateau continental pour naviguer au-dessus des grands fonds de l'Atlantique. Même si les vagues sont moins escarpées, le vent souffle presque dans l'axe, force 8 à 9. Le bateau roule et tape toujours. La nuit s'annonce agitée.

L'ATLANTIQUE

Mardi 27 Novembre 2012 - 2ème jour de traversée

Depuis hier soir 22 h 00, nous naviguons au-dessus des grands fonds. La haute marche entre les abysses atlantiques et le plateau continental du Golfe de Gascogne n'est pas sans influence sur l'état de la mer en cas de gros temps. La longue houle et les vagues escarpées perdent un peu de leur rudesse. S'il roule encore et est bien secoué, le bateau ne tape plus dans les vagues les plus hargneuses.

A minuit, nous avons passé l'heure du bord en heure T.U., c'est-à-dire reculé les montres d'une heure. Cette opération aura lieu cinq fois durant la traversée pour compenser le décalage horaire. Deux gros avantages : une heure de grasse matinée supplémentaire et une arrivée aux Antilles sans perturbation de l'horloge interne. Avantages que n'offre pas le voyage en avion.

A 03 h 00, nous avons croisé le trafic allant du cap Finisterre (Nord-Ouest de l'Espagne) à Ouessant. Tous les navires venant de Méditerranée, d'Afrique de l'Ouest, d'Amérique du Sud et qui remontent vers les ports du nord, et inversement, suivent cette route. J'avoue n'avoir pas eu le courage de me lever pour aider le lieutenant et le timonier de quart à faire la veille au milieu des autres cargos…

08 h 00, longitude du cap Finisterre. Bof ! Ciel chargé et bas, vent toujours fort, visibilité douteuse. La mer est hérissée de crêtes blanches jusqu'au bout de l'horizon. Pas suffisant pour remonter le moral des passagers qui attendent impatiemment l'embellie.

L'après-midi, les grains se succèdent en rangs serrés. Le Fort Sainte-Marie, droit sur sa trajectoire, ne fait rien pour les éviter. En hauteur, on les voit bien arriver. Au loin, l'horizon se voile, la mer s'aplatit sous la pluie et change de couleur, la pluie bat violemment sur les baies vitrées de la passerelle. Et le calme revient derrière le grain, une brève éclaircie nous offre un timide arc-en-ciel, quelques minutes de tranquillité et le grain suivant arrive déjà. Du fait de la vitesse du bateau, la cadence à laquelle nous arrivent ces grains me surprend, la rapidité à laquelle on les traverse, aussi.

Début de soirée, le vent et la mer semblent vouloir s'apaiser et prendre une direction qui nous soit plus favorable. Le baromètre amorce une timide remontée.

En cours de journée, je monte de temps en temps à la passerelle voir l'évolution des choses, jeter un œil sur la table à carte où les points GPS sont méthodiquement reportés toutes les heures. La table à cartes a toujours fait partie pour moi, du voyage en mer et du départ vers ailleurs.

Pourtant bien plus précis, les GPS, radars et cartes numériques, devenus indispensables, n'ont pas ce pouvoir de faire rêver. La carte papier synthétise d'un seul coup d'œil la navigation en cours. Elle concrétise le rythme d'une traversée en redonnant aussi la vraie dimension du monde et des océans. Si j'aime regarder une carte marine, je ne jette qu'un œil informatif sur un écran GPS, un radar ou une carte numérique, sans être capable de pouvoir m'y attarder.

J'aime bien passer un moment à la passerelle après le dîner. Il fait nuit, j'y retrouve mon ami, le lieutenant roumain. Un personnage cultivé et intéressant, parlant parfaitement le français, jovial et avenant, il contraste avec tous les autres marins ou officiers roumains du bord qui semblent porter avec tristesse, fatalité et résignation tout le poids de leur Histoire, sans un mot ni un sourire.

Il a 25 ans de marine marchande derrière lui. Passionné par son métier, il prend visiblement du plaisir à partager ce qu'il sait sur le bateau, la navigation, les instruments, l'organisation du bord ou ses responsabilités. Mon cursus nautique l'intrigue car la voile n'est pas dans la culture roumaine et il ne connait pas. Souvent, c'est lui qui revient vers moi et me pose des questions, en faisant des allers et retours entre voiliers et cargos.

DES BOÎTES, DES BOÎTES…

Mercredi 28 Novembre 2012 - 3ème jour de traversée

Encore une heure de décalage des montres cette nuit. Nous sommes maintenant en TU-1. La mer s'est calmée, la fin de nuit a été si paisible qu'un des passagers se croyait (encore ou déjà) à quai. Il est vrai que nous sommes loin des conditions d'inconfort d'il y a deux jours tant la mer s'est apaisée.

Ce matin, le second capitaine organise une visite guidée à notre attention. C'est lui qui est en charge de la gestion de la cargaison et nous explique que les conteneurs sont repérés en X, Y et Z (par travée, rangée et étage) par des numéros que l'on retrouve gravés sur les cloisons des cales. C'est grâce à ces X, Y et Z que les portiqueurs chargent la bonne boîte au bon endroit.

Le plan de chargement est établi préalablement par l'armateur mais c'est le second capitaine qui finalise le positionnement des conteneurs en fonction des contraintes mécaniques que la cargaison fait subir au bateau, en fonction des boîtes contenant des matières dangereuses, des reefers, du port de débarquement, etc..

Par informatique, les conteneurs sont également repérés par des codes de couleur selon les ports de provenance ou de destination, les matières dangereuses qui ne peuvent pas cohabiter ensemble, les branchements aux prises électriques pour les reefers. De puissants logiciels optimisent le remplissage des ballasts équilibrant l'assiette du bateau lors du chargement ou déchargement.

Aux escales, le second capitaine a aussi un gros travail administratif à exécuter avec l'armateur, la douane, les autorités portuaires, les sociétés de manutention avant que le bateau ne puisse larguer les amarres.

Il nous emmène ensuite dans le cœur du bateau, un dédale de coursives étroites ponctuées de portes étanches qu'il faut enjamber. Des files de câbles ou de canalisations courent sur les cloisons ou aux plafonds. Nous sommes dans la cale, assourdis par le grincement des conteneurs frottant les uns contre les autres, le puissant ronflement des appareils de ventilation qui tournent à plein régime, (dans la cale, il faut aussi refroidir le système de réfrigération des reefers… !). Le niveau sonore élevé nous plonge dans une ambiance industrielle.

Nous progressons vers l'avant passant d'une travée de conteneurs à l'autre et arrivons vers l'étrave dans un large espace occupé par des gros tubes en diagonale où passent les chaînes d'ancre. C'est un vaste local servant à stocker tout le matériel dont le bosco a besoin, amarres, câbles, caisses de matériel de rechange, consommables, etc… Sur un tas d'aussières en vrac, un cercueil est négligemment posé… Au cas où !

Nous repassons à l'extérieur et montons au poste de manœuvre avant. Le seul endroit calme du bateau où l'on n'entend plus que le bruit du vent et le chuintement du bulbe d'étrave fendant obstinément la mer. En navigation, l'endroit est donc plutôt paisible. Au port, d'énormes treuils servent raidir les aussières et moins utilisés, deux autres cabestans permettent de remonter les ancres au moyen de chaînes largement calibrées.

Nous terminons la visite par le local incendie au pied du château et de l'hôpital… On n'a pas trouvé l'infirmière !

Avant le dîner, le commandant nous fait l'honneur du salon des officiers pour un pot d'accueil des plus sympathiques où chacun peut mieux se connaître en discutant un verre à la main avec le chef-mécanicien, et deux jeunes lieutenants. Toutes les meilleures traditions de la Marine ne sont pas encore perdues.

DÉJÀ LES AÇORES !

Jeudi 29 Novembre 2012 - 4ème jour de traversée

Pas de décalage horaire cette nuit. En début de matinée, au milieu de l'Atlantique, nous croisons sans le voir le CMA CGM Fort Saint-Louis qui fait la route inverse, à 37 milles sur notre bâbord, c'est-à-dire tout près de nous, à l'échelle de l'océan.

Les rencontres avec d'autres bateaux sont des évènements plutôt rares tant la mer est immense et les routes différentes. Et comme par hasard, le second bateau rencontré dans la journée suit une route de collision obligeant à changer le cap jusqu'à ce que le danger soit écarté.

Le lieutenant navigation et le timonier de quart assurent une veille visuelle permanente jour et nuit, ce qui est un facteur de sécurité. Ils sont aidés par le radar qui le cas échéant, leur indique à quelle distance et dans quel laps de temps aura lieu la collision éventuelle avec un autre bateau. A eux d'agir au bon moment pour que cela ne se produise pas.

Deux fois par jour, dans le cadre d'un partenariat entre la compagnie et Météo France, un des membres d'équipage gonfle à l'hélium un ballon muni d'une sonde météorologique. Un fois lâché le ballon grimpe dans la stratosphère et explose vers 30.000 mètres d'altitude. Pendant son ascension puis sa chute, la sonde enregistre la température, la pression atmosphérique, le taux d'humidité, la vitesse et la direction du vent, etc. Ces informations sont retransmises à bord en continu et ensuite réexpédiées à Evelyne Dhéliat ou Nathalie Rihouet pour que vous ayez des informations météo fiables à la télé. Il en est ainsi sur les quatre bateaux de la ligne.

11 h 40, l'attraction du jour se dévoile progressivement. Tout au bout de l'horizon, sur notre avant tribord, on devine en filigrane à quarante milles, les silhouettes de Corvo et Flores, deux îles très isolées au nord-ouest de l'archipel des Açores. Lentement, leur contour se précise, abrupt pour Corvo et en pente plus douce pour Flores.

13 h 00, nous passons à 10 milles, au plus près de Flores, couverte de prairies verdoyantes. On arrive à deviner les constructions blanches de sa capitale, Santa Cruz. La proximité de la terre permet de téléphoner en direct à la famille et la communication est parfaitement claire.

16 h 15, exercice incendie obligatoire. Une sonnerie stridente met tout le bateau en alerte. Tous les passagers doivent se rassembler aussitôt à la passerelle. Le feu s'est déclaré dans un conteneur dans la cale à l'avant du bateau. Les échanges par talkies-walkies fusent. Bien sûr, l'exercice est émaillé de contretemps pour mettre les équipes de sécurité en situation. Finalement, le feu virtuel est éteint et tout est rentré dans l'ordre.

L'incendie est ce qui est le plus redouté à bord de tous les bateaux. Pourtant, ce n'est jamais l'eau qui manque autour ! La propagation du feu peut être extrêmement rapide et la chaleur peut provoquer des réactions en chaîne immaîtrisables. D'autant que le bateau transporte aussi de multiples matières chimiques dangereuses qui ne réagissent pas bien ensemble. Vous n'imaginez pas tous les risques que je prends durant ce voyage. Il suffit juste d'une fois. Et ces exercices périodiques sont faits pour éviter le pire.

QUE FAIRE A BORD ?

Vendredi 30 Novembre 2012 - 5ème jour de traversée

Il n'y a pas eu de changement de l'heure du bord à minuit. Et ce matin, le jour n'en finit pas de se lever. En réalité, c'est la pleine lune qui éclaire la cabine.

Lever à 07 h 00 et montée immédiate à la passerelle. Il fait encore bien nuit et la lune tombante se reflète largement sur la mer. Il y a quelque chose de différent ce matin, un changement imperceptible dans l'air du temps, une douceur relative de la température, une humidité plus palpable, des nuages plus légers et quand le jour finit de se lever, une autre densité dans la couleur de la mer. Le vent a repris de la force mais sa direction a changé aussi, passant au sud-est, trois-quarts arrière du bateau.

La température de la mer augmente régulièrement, 21.8 °C ce matin, et depuis l'une des coursives extérieures j'ai aperçu les premières sargasses, ces algues qui naissent dans la mer du même nom, bien au large de la Floride, et qui se baladent dans l'Atlantique au gré des courants. Autant de signes ténus, nous indiquant que nous changeons de zone climatique et que l'hiver… est bientôt derrière nous.

Je suis maintenant bien dans le rythme de ce voyage au long cours. Les notions de jours et de distances s'estompent progressivement. Le temps se dilue à mesure que le bateau progresse. Je ne sais déjà plus trop quand j'ai quitté Saint-Nazaire, ni combien de milles il reste à parcourir pour rallier Pointe à Pitre. Je ne me pose même pas la question. Est-ce si important de le savoir ?

Chaque jour à bord, il n'y a que les repas qui soient les points obligés auxquels les passagers se retrouvent pour échanger. En dehors de cela, aucune règle, aucune contrainte horaire, et chacun dispose de lui-même selon ses goûts et ses envies du moment : broderie, lecture, visionnage de DVD, randonnée sur les coursives extérieures, ascension des escaliers, information auprès de l'équipage, sieste, etc, etc… Que sais-je encore ? Une seule occupation : l'auto gestion !

Mon rythme à moi : après le p'tit dej, je vais à la passerelle pour vérifier s'il y a toujours de l'eau dans la mer et discuter de la situation avec le lieutenant roumain, puis un tour sur le pont du bateau, (430 mètres de parcours du combattant tant les obstacles fonctionnels sont nombreux et cinq étages à pied, bien qu'il y ait un ascenseur). Retour en cabine pour la tenue à jour des notes sur le déroulement du voyage. De nouveau à la passerelle avant le déjeuner, et sieste après celui-ci pour… récupérer.

L'après-midi se déroule à peu près au même rythme avec des passages plus fréquents à la passerelle pour regarder l'horizon pourtant vide, observer l'évolution des conditions météo, me pencher sur la table à cartes ou les instruments de navigation.

Après le dîner, long moment de méditation dans l'obscurité de la passerelle avant d'entamer une discussion philosophique avec le lieutenant roumain, puis descente en cabine pour transfert des photos et vidéos prises dans la journée.

Eh bien, malgré que certaines durent vingt-cinq heures, à cette cadence, il me semble que chaque journée est trop courte.

Et pendant ce temps le Fort Sainte-Marie, imperturbable, seul au milieu de l'Atlantique, taille sa route : 460 milles régulièrement parcourus chaque jour (852 km).

LA CROISIÈRE S'AMUSE (-t-elle ?)

Samedi 1er Décembre 2012 - 6ème jour de traversée

00 h00, encore un décalage de la montre du bord, réglée à TU-2, trois heures de différence avec la France.

Un gros grain ce matin au réveil et une épaisse couche de nuages gris barre l'horizon. L'air s'adoucit progressivement, il fait 21°C et il devient agréable de rester sur les ailerons de passerelle pour contempler tranquillement le paysage.

Nous sommes trois passagers à avoir demandé à visiter la salle des machines. Munis de bouchons d'oreilles, nous sommes pris en charge par un lieutenant pour descendre dans les tréfonds du Fort Sainte-Marie. Ca commence très fort, car nous pénétrons d'emblée dans une immense salle où le bruit et la chaleur nous assaillent déjà. Face à nous, l'énorme moteur principal de 8 cylindres assure la propulsion du bateau dans un boucan d'enfer. Nous sommes dans les entrailles du Léviathan, nous évoluons dans la démesure.

En dehors du moteur principal, il faut également gérer 4 énormes groupes électrogènes spécialement dédiés aux reefers qui consomment beaucoup d'électricité au retour des Antilles, des groupes pour ventiler l'atmosphère, climatiser l'air, dessaliniser l'eau de mer, produire du chaud, du froid, de la vapeur, etc, etc…

Les bruits de tous ces appareils s'ajoutent, se mélangent les uns aux autres. Toute cette mécanique dégage beaucoup de chaleur en tournant et rend l'atmosphère de cette salle étrangement pesante.

Après avoir bien transpiré à fond de cale, le retour à l'extérieur est un soulagement. C'est la première fois où la température est très douce et agréablement supportable. Je suis monté à plusieurs reprises à la passerelle, dont un long moment sur l'aileron bâbord en fin d'après-midi à discuter avec les deux autres passagers et le commandant qui n'est pas avare d'informations sur la marine marchande. Très intéressant à écouter. Le soleil s'est couché dans les nuages en produisant des effets orangés presque dramatiques.

19 h 00, soirée barbecue autour de la piscine. Là, il faut oublier tous les clichés que la série TV "La croisière s'amuse" à instillé dans l'inconscient candide et crédule des téléphages… La piscine est un trou de 4x4 m en tôle peinte en bleu foncé, située au pied d'une grue et à proximité d'une rangée de conteneurs. Et pas de fauteuils transat moelleux pour siroter nonchalamment un cocktail sirupeux servi par un steward empressé. Il faut oublier tout ça !

Pour le barbecue : apéritif, gambas, merguez, bœuf, cuisses de poulet à griller soit même au-dessus d'un demi-bidon de 200 litres rempli de braise. De quoi être rôti bien avant la viande… Nous avons partagé ce repas avec tout l'équipage, officiers et matelots roumains, assis sur des bancs en bois, face aux tables recouvertes de nappes en papier. Là encore, pas de sophistication dans le service. Cela n'a pas empêché de vivre un agréable moment de convivialité à se raconter histoires et anecdotes.

Et après le barbecue, pas de soirée romantique accoudé au bastingage du pont-promenade sous le clair de lune… Il n'y a tout simplement pas d'endroit équivalent pour cela à bord !

Plus sérieusement, comme chaque soir, je suis monté à la passerelle. Pas de vent sur l'aileron, l'air y était vraiment agréable, j'y suis resté un bon moment… à discuter avec le lieutenant roumain. Le porte-conteneurs, ce n'est pas "La croisière s'amuse" !

SOUS LE TROPIQUE

Dimanche 02 Décembre 2012 - 7ème jour de traversée

00 h 00, avant-dernier décalage de la montre du bord. Nous sommes passés à TU-3, soit quatre heures de différence avec la France.

Tenue d'été ce matin. On sent la chaleur en sortant du château. Le soleil brille généreusement, les petits cumulus sont bien alignés dans le ciel, la mer a pris une couleur bleu marine très dense et les poissons volants sont de sortie. Autant de signes qui ne trompent pas, nous sommes tout près d'entrer dans la zone tropicale. Ce que confirment les relevés de températures, air : 25.5°C, mer : 26.8°C.

Après le petit-déjeuner, je pars en randonnée autour du bateau en suivant prudemment un itinéraire ponctué d'obstructions diverses qui ne permettent pas de marcher bien vite. Arrivé sur la plage avant, je m'installe un long moment sur la petite plate-forme qui domine l'étrave. C'est le seul endroit du bateau où l'on n'entende pas un bruit. Le silence complet, un vrai luxe à bord.

De ma plate-forme, je n'ai même pas besoin d'étendre les bras à l'horizontale pour devenir le roi du Monde, comme dans une scène d'un film célèbre… (Il est vrai que les icebergs sont très rares dans la région).

Je vais ainsi passer une bonne partie de la journée entre le pont, l'étrave et la passerelle à profiter de la douceur du climat, à fixer l'horizon. A ce rythme, il est vraiment impossible de s'ennuyer.

17 h 08, nous franchissons allègrement le Tropique du Cancer par 23°27' Nord. C'est une ligne fictive parallèle à l'Equateur, reliant tous les points du globe où le soleil est au zénith le jour de l'été. Pas de cérémonie spéciale pour le passage de cette ligne ; dommage, cela méritait bien un coup de rhum.

DE L'AUTRE CÔTÉ

Lundi 03 Décembre 2012 - 8ème jour de traversée

Minuit, dernier décalage de la montre du bord. Nous sommes maintenant à l'heure antillaise, TU-4, cinq heures de différence avec la métropole.

Réveil dans la grisaille. Des nuages noirs lourds de menaces s'accumulent au-dessus de l'horizon. Dans la matinée, je me hasarde à faire ma rando quotidienne autour du navire. Je n'ai pas été bien loin, je n'ai eu que le temps de trouver refuge au poste de manœuvre, à l'arrière du bateau, quand un violent grain est tombé brutalement, aplatissant la mer et ramenant la visibilité à rien. Il en a été ainsi toute la matinée.

Aujourd'hui est le dernier vrai jour de navigation avant Pointe à Pitre, où nous arriverons demain aux petites heures. Le voyage n'est pas fini, mais la traversée, elle, se termine ! Et je ne peux pas dire que cela me mette en joie. Hier, avant-hier, avec le voilier c'était quatre fois plus de temps, mais la sensation ressentie à la veille de l'arrivée reste toujours la même : qu'elle soit courte ou longue, la traversée aurait pu durer plus longtemps.

C'est à chaque fois pareil : est-il nécessaire que cela s'arrête si vite ? Pourquoi ? Parce que, mentalement, ce voyage s'inscrit dans la durée, j'ai intégré cette durée et trouvé à bord le rythme me convient pour y parvenir.

Avec ce cargo, j'ai remis les Antilles à la bonne place sur la surface du globe, en distance et aussi en temps. Les Antilles ne se situent pas à l'extrémité de la piste d'Orly, elles sont bien de l'autre côté de l'océan Atlantique, au bout de 3.430 milles (6.353 km) et quasiment huit journées complètes de navigation depuis Saint-Nazaire. La traversée, c'est le voyage lui-même !

Et ce qui devait arriver, arrivât ! En début d'après-midi, le lieutenant de quart a sorti la carte d'atterrissage de la Guadeloupe et commencé à reporter les points dessus… J'ai bien demandé au commandant de ralentir, j'ai l'impression de ne pas avoir été entendu.

J'ai terminé la rando entamée ce matin, je suis resté un long moment assis sur la petite plate-forme qui surplombe l'étrave. Silence, soleil, pas trop de vent et l'océan immense… Je suis venu me faire la dernière piqure d'eau de mer avant l'arrivée…

De quart en fin de journée sur la passerelle. Nous croisons la route d'un vieux gréement, une grande goélette de 33 mètres qui se rend (au moteur, malheureusement), à Saint-Martin. De la passerelle, elle parait minuscule. Sa coque et sa mâture se détachent en silhouette dans la lumière du soleil qui décline trop rapidement. Ce moment-là aussi, aurait pu durer !

LA GUADELOUPE

Mardi 04 Décembre 2012 - 9ème et dernier jour de traversée

Pas de décalage horaire cette nuit. A minuit, il reste 89 milles à parcourir ; autant dire, rien !

04 h 30, réveil et montée immédiate à la passerelle pour aider le commandant. Le bateau est en avant lente devant l'îlot de Gosier à quelques encablures de Pointe à Pitre, en attendant l'embarquement du pilote prévu à 05 h 00.

Après avoir remonté le chenal qui serpente entre les îlets et les cayes, nous accostons au quai de Jarry en même temps que le jour se lève sur la ville. Tout doucement le profil de la côte émerge dans le contre-jour du petit matin. La température est douce sur l'aileron. Une belle arrivée !

Une belle arrivée après une jolie traversée. Les heures mouvementées du début sont déjà oubliées pour ne garder que le meilleur… Un beau parcours de 4.315 milles depuis Dunkerque (7.990 km), dont 3.430 milles de traversée pure (6.353 km).

Avant que tout ne soit complètement terminé, avec deux autres passagers, nous louons une voiture pour nous rendre à Basse Terre, chef-lieu de la Guadeloupe. Je ne connais pas cette ville et en dehors de la découverte, j'ai le secret espoir de trouver un spot Wi-Fi.

Rapidement, je comprends que je dois adapter mon mode de pensée à la philosophie locale et faire avec, ou plutôt faire sans. Je me fais promener d'un quartier à l'autre, de renseignements obsolètes en coups foireux, pour me rendre à l'évidence, je ne me connecterai pas à Internet aujourd'hui… Tant pis pour Internet, place à la découverte !

Cette chasse au spot Wi-Fi m'a donc permis de parcourir une petite ville tranquille par rapport aux souvenirs qu'il me reste de Pointe à Pitre : des rues étroites, bordées de vieilles maisons de style colonial dont certaines construites en pierre de lave, tout comme l'église. Un marché couleur locale. Une mairie toute blanche et au bout d'une large esplanade engazonnée, un monument aux Morts de la Grande Guerre, également blanc, se détache sur fond de Soufrière. Une longue esplanade en bord de mer, qu'une employée de la mairie, comparera à la Promenade des Anglais, pour que je comprenne bien.

Nous déjeunons au-delà de la "Promenade des Anglais" dans un petit restau de la marina de Rivière Sens les pieds dans l'eau, face à quelques bateaux de plaisance. Bah oui, on y revient toujours ! Ce restaurant s'appelle "Kafé Signes" sous-titré "Pou palé sans pawol" (véridique). Il est géré par une association d'aide et d'insertion de muets et malentendants. Le service est remarquable par sa discrétion bien sûr, mais plus sérieusement par l'extrême amabilité et la gentillesse de tout son jeune personnel, qui nous avait préparé une excellente assiette de produits de la mer.

Sur la route du retour, nous faisons un crochet vers les chutes du Carbet, au flanc du volcan de la Soufrière. Pour y parvenir, une petite route sinue à travers des paysages vallonnés et luxuriants. La nature ayant repris ses droits, ce site n'est plus vraiment accessible à pied, suite à un ancien séisme et des inondations. Cela nous permet néanmoins de suivre un parcours à travers la forêt humide guadeloupéenne : fougères arborescentes, lianes, plantes épiphytes sur les arbres, etc. Je n'ai pas de talents de botaniste, mais tout est démesuré, troncs, tiges et feuilles. Cela pousse sans problème.

Appareillage fixé à 23 h 00, arrivée en Martinique demain matin à 05 h 00. En prévision d'une courte nuit, je m'octroie un peu de repos après le dîner. Avant que le réveil ne sonne, dans un demi-sommeil, je réalise péniblement que le bateau est en route. Les lumières de Pointe à Pitre s'éloignent dans le sillage du Fort Sainte-Marie. Je n'ai toujours pas compris comment le commandant a pu appareiller avec une heure d'avance sans mon aide ! Vexant !

FORT DE FRANCE

Mercredi 05 Décembre 2012

Ayant raté le dernier appareillage de ce périple, hors de question de manquer l'ultime accostage ce matin à Fort de France. D'autant que mon épouse me tire de mon sommeil à 04 h 00 par téléphone pour me dire qu'elle me suit à la trace sur MarineTraffic et me confirme que j'arrive bien en Martinique. Bah oui, pendant qu'il est 09 h 00 du matin en France, il fait nuit noire aux Antilles !

Je m'octroie donc une grasse matinée jusqu'à 04 h 45 avant de monter à la passerelle rejoindre le commandant qui est déjà à son poste. "Bonjour commandant ! Cette fois, je suis bien réveillé. Vous pouvez compter sur moi !". Il a bien compris la signification de cette aide qui tient évidemment plus du gag que de l'efficacité réelle. C'est pour moi, une façon détournée de lui exprimer mon intérêt pour la navigation et tout ce qui rapporte à la marche du bateau.

Le Fort Sainte-Marie pénètre à petite vitesse dans la baie de Fort de France. Depuis l'aileron bâbord dans l'air tiède, je savoure, je distille ces dernières minutes de navigation devant les lumières de la ville qui défilent lentement.

06 h 10, le bateau est à quai, amarres capelées. L'ordre fuse dans les talkies walkies : "TPLM ! Terminé pour la machine !"… Terminé pour moi !

La voiture de location que j'avais réservée pour la suite des vacances ne sera pas disponible avant l'après-midi. A cause des lourds bagages, difficile d'aller et venir librement en attendant. Je suis donc contraint de rester à bord toute la matinée, ce qui me permet de poursuivre la mise à jour de mes notes de voyage.

En réalité, cela m'arrange bien, je ne suis pas pressé de débarquer…

1ère partie : de Dunkerque à Saint-Nazaire: http://voyageforum.com/v.f?do=post_edit;post=5847958;

Advanced search

Your search

More filters

Filters

By member

Display