(je recommence, cafouillage de clavier)
J'étais à Agades la semaine passéee, si, si! On s'y réjouit beaucoup du classement Unesco. Le Sultan Oumarou I. Oumarou avait fait le déplacement, il a dû les impressionner avec sa grande allure et la noblesse de ses boubous, et la décision a été prise à l'unanimité en 15 minutes.
Et maintenant quoi? Les aides culturelles internationales sont censées être un appoint à l'effort national. Or, le
Niger n'a pas un sou à consacrer au relèvement d'une ville mourante. La paupérisation générale du pays (que je connais depuis 30 ans), imputable certainement à une démographie exceptionnelle, ne laisse pas grand espoir de ce côté là. Et puis la "vieille" ville, tout en banco, fond de saison en saison. Les ruelles tortueuses, l'architecture "soudanaise" (avec les kékés qui sortent des murs), les modes de vie que l'on soupçconne dans les cours, tout est fait pour charmer en effet. Mais l'absence de services publics, l'abandon éhonté des ordures, les gains du sable, les fosses septiques à ciel ouvert dans la rue... laissent prévoir un travail gigantesque devant lequel tout le monde va baisser les bras, je le pressens avec une grande tristesse. Par exemple, la municipalité se demande comment elle va bien pouvoir creuser des égouts sans traumatiser ces constructions fragiles.
La solution? Disneyland. Le thème touareg serait très vendeur.
Mais, mais, ou seraient les visiteurs? Plus de touristes à Agades. La semaine dernière, nous étions TROIS en tout et pour tout: un jeune Japonais recuit, une Italienne qui a là-bas une famille d'accueil, et votre serviteur, qui a profité d'un vol humanitaire (payant, 190 000 CFA) de l'ONU. Pas d'autre avion. Le bus est possible (dixit l'Italienne), long et fatiguant, c'est tout. En voiture privée, les flics de Niamey vous arrêtent après une 20aine de kils. Les internationaux et ONG doivent voyager en convoi avec escorte militaire.
Bon, j'y reviendrais quand même...
El Papu
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