Bonne lecture Michel,
Coincés dans un avion pendant 12 heures
«Nous avons été pris en otages», s'indigne l'un d'eux, le Montréalais André Girard.
Les passagers des vols 170 et 172 de la compagnie Cubana Airlines devaient atterrir à l'aéroport
Montréal-Trudeau, samedi soir. En raison de la tempête de neige, les deux appareils en provenance de
La Havane et de
Varadero ont été détournés vers
Ottawa.
«Nous étions sur la piste et le commandant nous a informés qu'il attendait la permission de rejoindre la passerelle où on peut débarquer», raconte M. Girard, un passager du vol 170.
Mais l'attente a duré plus de 12 heures. Les voyageurs n'avaient accès à aucune nourriture. Il ont seulement pu boire un peu d'eau. «Nous n'avions aucune information de la part du commandant et des hôtesses. C'était l'ignorance totale.»
Quand les toilettes de l'un des avions ont cessé d'être utilisables, un jeune homme a eu l'idée d'appeler le 911. Le préposé lui a alors conseillé d'appeler les policiers de l'aéroport. Peu de temps après, les passagers regagnaient finalement le sol.
Ils ont été accueillis par des policiers de l'aéroport d'
Ottawa et des représentants d'Air Canada, a indiqué à
La Presse Ginette Lefebvre, passagère du vol 172. «Apparemment, ils étaient là de façon bénévole.»
André Girard s'est entretenu avec un représentant de l'aéroport. «Il m'a dit que Cubana refusait de payer les droits d'atterrissage.»
La directrice des communications de l'aéroport n'a pas voulu confirmer cette information. Mais que 300 passagers restent coincés pendant une demi-journée dans un avion «n'était pas notre décision», a dit Krista Kealey. Dans ce genre de situation, le déchargement des avions doit se faire par un sous-traitant.
«Apparemment, eux autres n'en avaient pas», a précisé à Radio-
Canada Paul Benoit, président et chef de la direction de l'aéroport d'
Ottawa. Deux passerelles étaient prêtes à accueillir les avions.»
De son côté, Cubana Airlines affirme que l'aéroport ne voulait pas laisser les passagers sortir. «On ne comprend pas pourquoi. Nous étions prêts à payer», a assuré à
La Presse la superviseure commerciale Monique Vignola.
Quel que soit le coupable, Ginette Lefebvre considère qu'il est inconcevable de laisser des gens en captivité aussi longtemps. «On s'en fiche si Cubana ne voulait pas payer. Il y avait 300 humains pris dans des avions. Des gens avec un passeport canadien. Je trouve ça cheap. Dans l'avion, la tension montait.» La femme de 49 ans a été prise de panique. Mais elle s'est consolée sur son sort quand elle a vu que des parents restaient debout pour que leurs quatre enfants puissent dormir. Lors de notre entretien téléphonique, Mme Lefebvre s'inquiétait de savoir si le passager handicapé de son vol avait pu récupérer son fauteuil roulant. Le personnel de Cubana avait refusé de lui laisser son fauteuil durant le vol, préférant qu'il reste dans la soute à bagages. Or, les valises n'ont pas suivi les passagers quand ils sont revenus à
Montréal en autobus, dimanche après-midi. Hier, Mme Lefebvre n'avait toujours pas retrouvé ses effets personnels.
En attendant, la Drummondvilloise et d'autres passagers songent à entreprendre un recours collectif.
Je ne vois pas pourquoi cette histoire serait inventée
Manon