Mimimicha · 14 avril 2014 à 22:53 · 395 photos 88 messages · 18 participants · 15 125 affichages | | | | Bonjour ! Vous êtes nombreux à m'avoir aidée lors de notre dernier voyage outre-atlantique. Voilà près d'un an que nous sommes rentrés de notre 2e voyage dans l' Ouest américain et je poste mon carnet en hommage à vos précieux conseils... Vous saurez vous reconnaître  Au retour du premier (début octobre 2012), tant attendu, je savais qu'il fallait revenir. Il ne se passait pas un jour sans que je rêve encore aux grands espaces, sans que je lise et relise tous les carnets qui "tombaient" sur les forums. Bref, une drogue. Qui a dit que nous étions des junkies ???? Je suis donc retournée à la pêche aux infos. Bien m'en a pris. D'ailleurs, merci encore à ceux qui m'ont bien aidée. Et quelque 7 mois après notre retour, nous reprenions la route.... euhhhh.... les airs  pour l'Arizona et le Nouveau-Mexique.
Cette fois, le trip sera moins long : 19 jours - 4200km, différent bien sûr, mais toujours aussi enchanteur. Après avoir pas mal tergiversé sur le sens du circuit, ce sera une boucle Phoenix- Phoenix et un vol avec Iberia. Au passage, je préfère Air France (et ses partenaires), mais cela n'engage que moi bien sûr.
D'abord, le résumé du circuit :
J1 - Lundi 13 mai 201 - Voyage et arrivée à PhoenixToulouse- Madrid- Chicago- PhoenixJ2 - Mardi 14 mai 2013 - De Phoenix à SEDONA- 160 miles (257 km)- Montezuma Castle - Visitor Center Oak Creek - Bell Rock - Sedona : Hôtel Kings Ransom - Tlaquepaque - Chapel of the Holy Cross - Cathedral Rock via (1) O'Beyond Road & (2) Verdey Valley School Road - Crescent Moon - Dîner El Rincon à Tlaquepaque J3 - Mercredi 15 mai 2013 - De Sedona à Willliams -- 132 miles (212 km)- Jerome - Prescott - Williams (The Grand Motel) - Visitor Center Williams - Dîner Rod's Steak House J4 - Jeudi 16 mai 2013 - Williams-Grand Canyon en train- Visitor Center du Gd Canyon - Pique Nique - Hermits Rest Route - Dîner au 66 Cruiser Cafe J5 - Vendredi 17 mai 2013 - De Williams à Winslow (Painted desert) - 241 miles (388 km)- Flagstaff- Winslow (Hôtel Americas Best Value) - Petrified Forest- Painted Desert- Dîner au restaurant The Falcon à Winslow J6 - Samedi 18 mai 2013 - Pow wow Birdsprings - 50 miles (80 km)- Winslow le matin, pow wow l'après-midi - Dîner dans la chambre J7 - Dimanche 19 mai 2013 - De Winslow à Bloomfield (via Gallup) - 311 miles (501 km)- Painted Desert- Gallup - Ah Shi Sle Pah  - Bloomfield : Super 8, Dîner dans la chambre J8 - Lundi 20 mai 2013 - De Bloomfield à Espanola - 224 miles (360 km)- Chaco Culture - Highway 96 - Espanola : Hôtel Days Inn - Dîner dans la chambre : China Kitchen J9 - Mardi 21 mai 2013 - De Espanola à Taos Kachina Lodge - 98 miles (158 km)- Santuario de Chimayo - Cordova - Truchas - Las Trempas - Talpa - Rancho de Taos : San Francisco de Asis Mission - Taos- Courses au Walmart - Installation Kachina Lodge - Rio Grande Gorge Bridge - Taos Pueblo- Taos Downtown- Dîner dans la chambre J10 - Mercredi 22 mai 2013 - De Taos à Santa Fe - 107 miles (172 km)- River Road vers Santa Fe : Rio Grande (trail La Minas) et Recreation Site - Velarde - La Mesilla - Santa Cruz- Camel Rock - Tesuque Pueblo - Installation au B&B EL Paradero - Visite de Old Town Santa Fe- Dîner au Restaurant El Pasqual's J11 - Jeudi 23 mai 2013 - Santa Fe - 9 miles (14 km)- San Miguel Church - Museum of Indian Arts & Culture - Wheelwright Museum - Pause à l'hôtel - The Palace of the Governors (+ musée) - Cathedral of San Francis of Assisi - Loretto Chapel - Dîner dans la chambre J12 - Vendredi 24 mai 2013 - De Santa Fe à Albuquerque - 147 miles (237 km)- Santuario de Nuestra Senora de Guadalupe ( Santa Fe) - Tent Rocks (2 trails) - Direction Sandia Peak via Turquoise Trail : Los Cerrillos et Madrid- Tinkertown Museum - Albuquerque : Dîner dans la chambre à l'hôtel El Andaluz J13 - Samedi 25 mai 2013 - Albuquerque - 24 miles (39 km)- Petit déjeuner dans Old Town- San Felipe de Neri - Turquoise Museum - Indian Pueblo Cultural Center (danses et musée) - Petroglyph National Monument - Dîner dans Old Town à la Casa de Ruiz - Soirée sur la route 66 dans un bar J14 - Dimanche 26 mai 2013 - D'Albuquerque à Las Cruces - 307 miles (494 km)- Santuario de Soccoro - Carizzozzo (courses et pique nique) - Alamogordo - White Sands- Las Cruces : Quality Inn and Suite - Mesilla ( Old Town) - Dîner au restaurant La Posta à Mesilla J15 - Lundi 27 mai 2013 - De La Cruces à Tombstone - 313 miles (504 km)- Old Mesilla - Shakespeare (ville fantôme) - Stop café dans un Subway - Tombstone- The Grand Hotel Tombstone- Bisbee - Dîner au Copper Queen à Bisbee J16 - Mardi 28 mai 2013 - De Tombstone à Tucson - 123 miles (198 km)- Mission San Xavier del Bac - Arizona Sonora Desert Museum - Sagaro National Park - Old Tucson (cathédrale Saint Augustin & Pima County Courthouse) - Tucson : Hôtel Best Western - Dîner au Guadalajara Grill J17 - Mercredi 29 mai 2013 - De Tucson à Phoenix - 222 miles (357 km)- Apache Trail (via Florence) : Museum, Goldfield Ghost Town, Tortilla Flat - Mystery Castle - Hôtel Howard Johnson : dîner dans la chambre - Scottsdale : soirée au Rusty Spur Saloon J18 - Jeudi 30 mai 2013 - Phoenix - 68 miles (109 km)Repos/Outlets/Bagages J19 - Vendredi 31 mai 2013 - DEPART | | | C'est parti !!!! J1 - Lundi 13 mai 2013Les bagages sont prêts bien sûr, la check list a été vue et revue maintes fois. 5 h du matin à l'aéroport de Toulouse, l'enregistrement n'est même pas ouvert. Après un embarquement sans ombrage, c'est le départ dans un petit avion (je ne me rappelle plus ce que c'était).
Un saut de puce tout tranquille, un peu plus d'une heure et nous voilà à Madrid puisque nous avons choisi Air Iberia. Une amie m'avait bien dit que l'aéroport de Madrid n'était pas facile. Mais bon, j'avais imprimé le plan et les aéroports, on connait.... Frimeuse va ! Une tout autre histoire. On a pal mal tourné avant de comprendre, bande de nuls que nous sommes : il ne faut pas chercher le numéro du terminal mais les lettres des portes d'embarquement. D'ailleurs, nous avons rencontré un petit jeune homme tout perdu, dont c'était le premier grand voyage en avion et qui allait faire un stage à Chicago. Il était tout content de nous suivre et à nous trois, nous avons réussi à prendre l'avion pour Chicago.
9h20 de vol sans turbulences. Cette fois, j'ai trouvé que c'était un peu long car le confort n'était pas top : nous n'avions pas d'écran TV personnel et les écouteurs me blessaient les oreilles. Et puis on est moins bien servi que sur Air France. Décidément je n'ai pas de chance avec les écouteurs. Lors du précédent voyage, ils ne marchaient pas.
L'arrivée sur Chicago est surprenante : une fumée noire nimbe les méga buildings au bord du lac. Encore une fois, policiers super sympas, qui plaisantent avec nous, douane quasi inexistante. J'avais peur que 2 h d'escale soient limite, mais pas du tout, même si nous devons marcher un max avant d'atteindre notre porte d'embarquement. L'aéroport O'Hare de Chicago est impressionnant de taille, mais aussi de beauté. Des tonnes de boutiques et de restos, une vraie petite ville.
Embarquement avec Airlines pour Phoenix sur un Mac DD très confortable (les places sont relativement larges - j'avais un souvenir de Mac DD dans lesquels on était comme des sardines, mais ce n'était pas aux US). Là, on m'a un peu embêtée avec mon "mini mini" sac à main (peut-on d'ailleurs appeler ça un sac à main ?) qui faisait double emploi avec mon appareil photo et j'ai dû l'écraser dans le sac à dos de JP. Quelques turbulences et beaucoup de nuages.... Inquiétude pour demain.
A l'arrivée à Phoenix, direction le site des car rentals par le shuttle. Nous sommes déchirés par le voyage : on n'a pas arrêté de changer d'heure, nous sommes debout depuis plus de 20 heures. J'avais réservé un Ford Escape, mais le pti gars de l'agence Alamo réussi à nous refiler un super 4x4 (un vrai, avec 4 roues motrices : un GMC Terrain); on claque plein de dollars. Bon, en regardant le prix, c'est normal sur cette gamme.... sauf qu'il semble que nous ayons des frais en plus sur la facture. On verra au retour (je peux d'ores et déjà dire que nous aurons beaucoup de chance car on nous remboursera la somme qui me paraît bizarre). En tous cas, notre véhicule est super confortable et nous n'avons pas regretté une seule fois d'avoir "cédé" sous la fatigue.
Dehors, une chape de plomb nous tombe sur les épaules, à peu près 40°C. Direction l'hôtel : le Howard Johnson Inn Phoenix Airport. On dépose les bagages. La chambre est plutôt sympa pour une étape aussi courte. Le gars de l'accueil super sympa nous indique une place où trouver à manger (il est quand même temps de se sustenter  ). On ne trouvera jamais et c'est éreintés, hagards, que nous nous replions sur des sandwiches trouvés à la station service du coin et que nous avalons vite fait dans notre chambre avant de nous écrouler. Plus de 24 heures que nous sommes sur le pont. Il est quoi là : 5 h du mat ou 7 h ? Je ne sais plus. | | | Hello Michèle!
Je t'ai suivi ailleurs, même en non inscrit, et je sais donc que ton carnet est génial! J'encourage tout le monde à te lire!
@++ | | | Hello L'Ami,
+1
moi aussi j'ai lu ce merveilleux carnet... et j'en profite pour "le remonter" ici sur VF.
Michèle a fait un sacré boulot de rédaction avec des photos qui donnent envie !
Alors ALLEZ Y, suivez ce post, c'est un régal.
à + Jean. | | | Merci Thibaud et Jean ! J'ai d'abord posté mon carnet sur Road qui était ma bible sur Road mais ce sont les amis de VF qui m'ont le plus aidée : je veux donc les remercier en leur montrant que leurs conseils ont été utiles. Mais j'ai du mal à insérer les photos : je n'ai pas encore saisi comment faire. Si vous pouvez m'aider d'ailleurs, ce serait super. Bonne journée, Michèle | | | J2 - Mardi 14 mai 2013 - Phoenix-Sedona - 257 kmLe jet lag auquel je suis très sensible se manifeste : réveillée toutes les 2 heures, je finis par me lever à 4h30. J'en profite pour programmer quelques infos sur le GPS. Comme JP, lui, dort comme une marmotte, nous partirons bien 1 heure plus tard que prévu, vers 8h. Il fait déjà vraiment très chaud dehors, lourd, mais le temps est nuageux... aie aie aie : ce sera comment vers Sedona ? Plus frais, ça on le sait, mais s'il te plaît Roi Soleil, ne te cache pas.
Bien sûr, il y a des contingences matérielles auxquelles nul n'échappe : les courses !! J'ai programmé l'adresse du Walmart le plus proche de notre route. "Vous êtes arrivés" me dit la "pétasse" de service (désolée, mais il n'y a pas d'autre mot). Ah oui ? Et où ???? Tu parles, c'est le dépôt. On tourne un peu, donc on reperd du temps. On finit par trouver un FRY's où le caissier nous établit une carte magasin*.
- * Nombre d'enseignes en délivrent : ne pas hésiter à les prendre, on peut avoir des réductions parfois intéressantes.
Et c'est parti pour le voyage !
Notre première étape : Montezuma CastleIl s'agit de ruines indiennes des tribus Sinagua qui, comme à Mesa Verde, ont quitté les lieux on ne sait pourquoi. Le site n'est pas aussi impressionnant ni aussi beau que Mesa Verde. Pour nous, cela n'aura été qu'une petite mise en bouche mignonnette.
Nous prenons la route vers Sedona. La Red Rock Scenic Byway est un spectacle à elle seule : des formations de grès rouges de tous les côtés.
- Avis aux futurs amateurs de belles balades dans cette région : notre expérience est très limitée. Souffrant qui du dos, qui des pieds et autres désagréments
, nous avons choisi de ne rester qu'un jour à Sedona. Lisez bien les retours d'expériences d'autres forumers : la région mérite plusieurs jours. Bell RockLors du court arrêt que nous faisons au Visitor Center, nous profitons de la fabuleuse première vraie vue sur ce superbe dôme. C'est un vortex (spirale d'énergie tellurique) - la région en est pleine.
- Citation prise dans Ulysse: "Votre aura a-t-elle besoin d'être restaurée ? Cherchez-vous le salut par le tantra primal, ou caressez-vous le rêve secret de passer une nuit de pleine lune en compagnie d'un ange....."
Pourquoi "vraie vue" ????? C'est parce qu'on le voit déjà depuis un bon moment ce Bell Rock !  Notre première halte nous faisait espérer que nos chakras s'ouvriraient et que notre condition physique s'améliorerait. Que nenni. Peut-être est-ce parce que nous ne sommes pas allés au bout ??? Quoi qu'il en soit, c'est sacrément beau !
Nous reprenons la route et la vallée est superbe, les jolis petits nuages blancs se transforment en gros nuages noirs qui nous laissent augurer quelques gouttes d'eau (voire plus ?) dans la journée. Quoi qu'il en soit, nous devons réduire le programme prévu car nous avons du retard et on ne pourra pas tout faire.
- Avis aux futurs amateurs de belles balades dans cette région : notre expérience est très limitée. Souffrant qui du dos, qui des pieds et autres désagréments
, nous avons choisi de ne rester qu'un jour à Sedona. Lisez bien les retours d'expériences d'autres forumers : il y a de superbes rando à faire. - La région mérite plusieurs jours.
Nous déposons les bagages à l'hôtel : le Kings Ransom Sedona et pique niquons dans la chambre pour gagner du temps. Il est déjà 15 heures, l'heure espagnole pour déjeuner quoi ! Et comme ici, tout est hispanisant...
Comme nous repassons par le centre de Sedona, nous nous arrêtons à Tlaquepaque, le quartier des artistes (bien sûr, il y en a plein dans cette ville new age). Un endroit bien agréable, très reposant avec ses patios et ses fontaines, ses balcons en fer forgé. Pour un peu, on se croirait en Andalousie.
Puis, Chapel of the Holy Cross. Parfaitement intégrée dans le paysage, elle intrigue. On penserait plus à un bâtiment à la gloire d'un quelconque gourou ou autre illuminé - vu la région - qu'à une église. Il y a un petit parking en bas de l'église. Nous grimpons au travers des cactées en fleurs pour découvrir un magnifique point de vue.
Le parking est là, tout en bas :
C'est pour quand l'averse ?
Pourvu que les vannes du ciel ne s'ouvrent pas avant Cathedral Rock !
Nous avons choisi deux approches : - D'abord par la O'Beyond Road,
- Puis par la Verdey Valley School Road qui se termine en piste, donnée pour impraticable les jours de pluie. Et justement, le ciel est de plus en plus noir, le vent se lève, faisant tourbillonner le sable, rouge à souhait comme toute la région. Oups, quelques gouttes de pluie. Viiiite, on repart, même si notre super GMC Terrain haut sur pattes doit pouvoir assurer.
Ce qui est bête, c'est que pour voir le soleil se coucher sur Crescent Moon, faut-il encore qu'il se relève, logique non ? Mais les dieux sont avec nous (ah non, ici, ce sont des anges.....  vous suivez ??) et le soleil pointe le bout de son nez, faisant flamboyer la route qui mène à Crescent Moon : Upper Red Rock Loop. Un enchantement.
Et là, au bout de la route, la cabane est là ! En avançant, on entend le frémissement de l'eau au pied de Cathedral Rock. Peu courageux, nous n'irons pas jusqu'à tremper ne serait-ce que le bout de nos orteils.
Quand nous repartons, le flamboiement est à son apogée. On voit bien la différence par rapport à la première photo.
On pourrait rester des heures à le contempler. Peut-être aurions-nous dû attendre la nuit pour rencontrer un ange  .
Il est temps de rentrer : nous avons réservé une table ce soir au Restaurant El Rincon* à Tlaquepaque. JP se régale de la spécialité maison dont j'ai oublié le nom mexicain un peu compliqué.
et moi d'une salade, oui mais quelle salade mes amis..... Avec un guacamole... J'en salive encore  .
- *J'avais lu de très bonnes critiques sur ce restaurant. Je confirme. Outre la qualité de la table, le cadre est adorable. Il vaut mieux réserver en saison ou le week-end.
Dommage : nous n'aurons pas vu Slide Rock Park, ni le point de vue à Midgely Bridge, ni la scenic view de l'aéroport, mais la journée a été bien remplie.
Nous sommes bien fatigués.... les margaritas du El Rincon (ici, on ne lésine pas sur la Téquila) en ont rajouté une couche. En parlant de couche, c'est l'heure!!!! | | | Quand je vois tes photos, je me dis que je suis passé à coté de pas mal de choses en Arizona ! Quelques jours pour visiter un Etat, c'est bien trop court ! | | | Rassure-toi : on passe toujours à côté de plein de choses. C'est vaste l' Arizona. En regardant les carnets de certains, on les envie de pouvoir y aller aussi souvent.... et ils nous font rêver, voyager par procuration  Bonne journée | | | J3 - Mercredi 15 mai 2013 - 132 miles (212 km)Encore le jet lag... Je vous l'ai dit, j'y suis très sensible. Debout 4h30. Et bien malgré ça, encore un départ tardif (8h30). Donc, on va zapper Clarksdale.... mais vu qu'il n'y a pas grand chose à voir, je ne ferai pas de scandale.
Direction JEROMELa route qui traverse la Verde Valley est vraiment magnifique. La vallée porte bien son nom. On est étonné de voir autant de verdure en étant si près de zones désertiques. Meuh non ce n'est pas une oasis !!!! N'empêche que, ne serait-ce les essences différentes, avec de ci de là quelques cactées en fleurs au bord de la route, on pourrait se croire dans n'importe quelle forêt d'Europe (pas du grand nord bien sûr). De bonnes grimpettes et de bons virages et voilà "LA" ville qui fut un temps la ville la plus cruelle des USA. On en frissonne encore dans les chaumières (enfin, je suppose). Jerome, c'est aussi une ancienne ville fantôme qui renaît de ses cendres, même si la mine - principale activité - est fermée depuis longtemps.
Sûr, on est bien dans l'Ouest, l'Ouest profond, typique, sans ostentation, et nous avons flâné un bon moment dans les rues.
Qui a vu un Visitor Center encore plus petit ?
Direction PRESCOTTJe tenais à passer par cette petite ville réputée pour avoir gardé son authenticité. C'est très coquet et nous en aurons vite fait le tour. Arrivant sans indication précise, le hasard (le flair ? Bon, on vote pour le flair c'est plus flatteur) nous a amenés en un éclair juste sur la rue que je voulais voir : Whiskey Row, où sont alignés tous les saloons. La déception (il en faut de temps en temps) : Ce n'est pas une heure où les saloons débordent d'activité. En soirée, ça doit donner ! Yep !
Comme nous passons moins de temps que prévu à Prescott, nous arrivons à WILLIAMS à 14h30.
Je tenais absolument cette année à voir une petite portion de cette mythique road.
Et que serait LA route sans ces magnifiques "trucks". Je l'avais déjà dit un jour, mais là, j'en suis sûre : L'expression " tu es beau comme un camion" vient des US !
Pique nique avec les restes d'hier (des restes comme ça, on en redemande) dans la chambre de l'hôtel : The GRAND MOTEL de Williams. Alors là, il mérite une mention spéciale. Si, si ! Je n'irai pas jusqu'à dire MINABLE - encore que - mais pas loin. Enfin, il a l'air propre et puis vu le tarif démentiellement bas que j'ai obtenu, fallait pas attendre des miracles.
Direction la gare pour évaluer le temps de marche pour demain et surtout prendre les billets que j'ai réservés pour le Grand Canyon. Petite visite du Visitor Center (nous jetons toujours un oeil dans les visitor centers : on y glane des infos sympas et c'est l'occasion de papoter avec les gens du cru).
Un petit tour de ville... enfin "tour" c'est beaucoup dire parce que Williams, c'est essentiellement une rue : la route66. Bien sûr, on ne saurait être à Williams sans aller déguster une bière dans un bar très sixties.... en l'occurrence, le Vulcano.
Retour à l'hôtel pour un peu de repos.... Je n'avais pas vu tout à l'heure à quel point la chambre était moche, exiguë, sombre. Compensation (dérisoire, je sais, mais dans ces cas là, tout ce qui est mieux est bien) : l'hôtel est juste en face du Rod's Steak House dont on dit tant de bien. Nous n'avons pas été déçus. Nous avons pris une salade et surtout un T Bone (un pour deux, largement suffisant) succulent.
Nous sommes tellement fatigués que nous nous écroulons à 9h30, incapables d'aller nous immerger dans l'ambiance de la route 66 le soir. Image attachée: | | | J4 - Jeudi 16 mai 2013 - Grand Canyon RailwayDebout à ?... 4h30.. Je n'en parlerai plus, il me faudra attendre deux nuits de plus pour trouver mon rythme. Allez, encore un petit coup de pub pour le Grand Motel : - soit je fais simple avec  - soit je complique. Allez, je fais la version longue : hier soir, le lit n'avait pas été fait. Pour la douche, il vaut mieux avoir des produits de secours : pas de savon. Ce matin, l'eau est tiède tendant sur le froid. Le taulier (pour moi, ce mot est moche et correspond tout à fait au personnage qui gère l'hôtel), qui au demeurant n'arrive pas avant 8 h, a bien fait comprendre à JP que non, elle n'était pas froide. Il nie l'évidence le bougre ! Et le petit déjeuner.... Bien sûr, le tableau ne serait pas complet sans lui. Sous une pergola ouverte, en plein courant d'air, ce qui peut être sympa en plein été. Aujourd'hui, ça va, mais demain ??? Quelques viennoiseries de supermarché, bien grasses. Pas de pain à griller, pas de beurre ou de confiture : des gâteaux gras dans des boîtes en plastique.
Mais il y a toujours du sympa : l'hôtel est en bord de route et depuis notre chambre, nous entendons de grands vroom vroom en bruit de fond. Il s'agit d'un méga rassemblement de bikers Harley, tous vétérans du Vietnam qui font étape à Williams (entre autres) pour rejoindre Washington. Mazette ! Nous avons manqué leur parade hier, mais le départ de ce matin n'est pas mal, avec musique et tout et tout.
Nous avons rendez-vous à la gare pour assister à un spectacle cow boy avant d'embarquer.
Nous ne comprenons pas tout le sens comique de cette scénette d'un petit quart d'heure, mais les Américains qui nous entourent sont morts de rire.
Et puis, c'est le départ (9h30). Le long de la voie, les gens nous adressent de grands bonjours (ou au revoir).
Je sais, c'est très cliché, mais en reprenant ses yeux d'enfants, on y croit !
Le train se traine (ben oui) et les paysages s'étirent doucement sous nos yeux.
Et puis, on nous occupe : un chanteur indien nous ravit avec de vieux airs du far west, accompagné à la guitaire, et surtout avec une très très jolie voix.
La photo, là, c'est pour la chemise et la ceinture
La gare se trouve au pied de l'Hôtel El Tovar. Nous allons directement au Visitor Center pour voir ce que l'on peut faire en 3 heures, temps qui nous est imparti. Une évidence s'impose : ce sera la Hermits Rest Route. Nous sommes tout de suite "chez nous", mais sans l'accoutumance qui va avec. La charge émotionnelle est tout aussi grande que la fois précédente. C'est tout simplement à couper le souffle. Et puis, les couleurs diffèrent par rapport à septembre : plus de vert dans le Canyon; même le Colorado, nous le verrons plus loin, est moins "colored", moins rouge.
Il ne faudrait pas en oublier le boire et le manger. Nous allons chercher de quoi nous sustenter à l' Arizona Room (noter au passage qu'ils ont de très bons sandwiches) et nous nous installons face au Canyon. Une famille de 2/3 écureuils fripons et dévergondés nous assaillent. Il est absolument interdit de leur donner à manger : tu parles, ils se servent tout seuls ces voleurs ! Il y en a même un qui a réussi à croquer ma pomme, pourtant bien à l'abri dans le sac à dos.
Des petites balades à pied le long du Rim, quelques étapes avec le shuttle qui dessert tous les points de vue, nous en prenons plein les mirettes : Powell Point, Hoppi Point
A Mohave Point, on discerne bien les méandres du Colorado.
Nous hésitons : avons-nous le temps de pousser jusqu'à Pima Point ? Yes ! Il ne faudra que 20 min de bus pour rentrer. On voit bien le Colorado, et même un bateau qui vient de passer les rapides
Il faut à présent rejoindre la gare sans tarder. Le shuttle, puis une bonne marche, d'autant que JP se fourvoie en descendant trop tôt sur les voies..... faut remonter maintenant Pff Pff Pff.... Ouf : 15h15 pour un départ à 15h30. Super timing, is'nt ?
Mais la journée n'est pas finie ! Images attachées: | | | Hello Michèle
Je suis du voyage ! Et je sens qu'on va se régaler... Les J1 et J2 me rappellent quelques souvenirs pas si lointains : juillet 2013, arrivée Phoenix puis une journée à Sedona. La chaleur, le jetlag (moi aussi j'y suis sensible), les courses... Bell rock, Tlaquepaque, la belle chapelle dans son écrin de roches rouges, la magie de Cathedral Rock, ça y est, j'y suis à nouveau !   On a zappé Montezuma Castle et aussi Slide Rock. Il n'y avait pas de fleurs sur les cactus par contre, de gros nuages gris dans le ciel... il faut dire que même si ça inquiète un peu sur place, sur les photos, le rendu est plutôt sympa.
J'attends la suite avec impatience, parce que le sud de l' Arizona et le Nouveau-Mexique, c'est sûr, un jour j'irais y traîner mes godasses  .
A bientôt Laure | | | Suite Jeudi 16 mai - Retour du Grand Canyon en trainNous reprenons le train, mais cette fois dans le compartiment de luxe appelé "Grand View" (petit plaisir qui a un coût quand même). Mais bof ! Nous pourrons mieux profiter du paysage à travers les vitres panoramiques. Nous avons droit à un petit encas (little snack) et des boissons. Il règne une atmosphère bon enfant et calme dans ce tout petit espace au confort désuet. N'appelle-t-on pas ce train le "Vintage Train" ? Cette fois, nous avons droit à un chanteur de country plutôt sympa et pas mauvais du tout.
Soudain, sur le bas-côté, nous apercevons 3 bandits à cheval. Le train s'arrête : normal, il s'agit d'une attaque.
En repartant, on voit qu'il ne reste plus qu'un desperado sur son cheval. Les autres sont montés à bord et tentent de rançonner les voyageurs.
Heureusement, le shérif est là :
Tout ce petit manège a excité l'assemblée. Lorsqu'on vient nous servir du champagne (californien peut-être, mais c'est vraiment agréable) JP prend la place de la serveuse, tout le monde lui tend son verre. L'ambiance est à son comble. Surtout lorsque la serveuse secoue bien discrètement la bouteille avant de la lui donner à ouvrir. Heureusement, pull de rechange dans le sac à dos.
Nous arrivons vers 18h à la gare.
Juste le temps de se rafraîchir et se reposer un peu et il sera l'heure d'aller dîner. Car même s'ils ne ferment pas aussi tôt que dans le Wyoming et l' Utah, faut pas trop traîner.
Nous dînerons au 66 Cruiser Cafe, dont la renommée n'est plus à faire chez les amateurs de la Route 66. | | | Hi Laure ! C'est toujours un plaisir ce partage d'expériences. Bonne soirée, Michèle | | | J5 - Vendredi 17 mai 2013 - Petrified Forest/Painted Desert- 241 miles (388 km)
Dernière nuit dans notre palace ! Yes ! Sous la tonnelle, transis par le vent glacial (bon OK : frais), les conversations vont bon train entre les voyageurs. Ce qui est amusant, c'est que d'habitude, c'est plutôt l'échange d'expérience sur les visites qui préside dans ces assemblées spontanées. Mais là, tout tourne autour de l'hôtel : tout le monde est abasourdi.
Nous prenons la route à 8h30 en direction de Flagstaff.
FlagstaffNous en visitons le centre historique. Peut-être cette petite ville de la Route 66 mériterait-elle un peu plus d'attention que ce qu'en disent les guides ou certains voyageurs. En tous cas, elle nous a bien plu.
On the road again, nous roulons des miles et des miles au travers de plaines désertiques. De loin en loin, on voit tourbillonner la poussière en autant de mini-tornades rose-orangé. Cette autoroute est en fait l'ex Route 66 et de nombreuses évocations de la "Mother Road" comme on dit ici en sont la preuve. Le temps se réchauffe, déjà 28.5°C, mais le vent souffle fort ; on sent bien que les nuages hésitent encore sur la couleur qu'ils vont adopter dans la journée.
The Wigwam Hotel, au bord de la route:
Nous arrivons un peu tôt à Winslow où j'ai réservé une chambre à l'hôtel Americas Best Value, mais le gentil monsieur de l'accueil active les choses pour que nous puissions nous installer dans une chambre qui nous paraît luxueuse tant nous étions marqués par notre boui-boui. Pique nique rapide et direction la Petrified Forest et le Painted Desert.
Petrified ForestLe soleil est un peu timide lorsque nous commençons la visite. Je m'attendais à quelque chose de plus impressionnant, dans le genre gigantisme. Pour un peu, je dirais: "tous ces km pour ça?"
Mais non, ce qui impressionne, c'est ce travail de la nature : 200 millions d'années nous regardent !
- La région était à l'époque "recouverte d'arbres géants qui furent enfouis sous des dépôts sédimentaires riches en silice. ce qui favorisa la conservation de leur structure. La silice remplaça lentement la matière végétale et fossilisa les troncs." (sic)
De façon triviale : des arbres devenus pierre, et c'est en s'approchant au plus près que l'on peu juger de la puissance de dame nature. Des couleurs magnifiques : orange, mauve (améthystes), rose, bleu, des cristaux blancs... Une mise en bouche : Giant Logs, où l'on trouve le plus grand arbre du site appelé "Old Faithful".... tiens tiens, ça vous dit quelque chose ? On en est loin pourtant.
Puis Crystal Forest, un circuit un peu plus long et avec une variété de couleurs beaucoup plus riche
Mais c'est au plus près que l'on peut voir le véritable travail de fossilisation.
Mais Petrified Forest, c'est aussi les beaux paysages de Mesa Blue, qui laissent augurer de ce que sera le Painted Desert.
| | | Suite J5 - 17 mai : Painted Desert
A partir de Blue Mesa, on entre dans le Painted Desert.
Cest déjà assez fabuleux, mais ce n'est rien à côté des sites plus au nord
Mais il faut encore rouler avant d'atteindre réellement Painted Deert.
Au beau milieu de nulle part, une plaque commémorative nous rappelle que la Route 66 passait ici, et cette carcasse de voiture est un "monument dédié".
Mais quel dommage que le temps soit si gris à présent : j'avais programmé le sens de la visite pour être à Pintado Point à la Golden hour, mais ce sera plutôt la cloudy hour: de Lacey Point à Pintado et Tawa (on ne parle pas assez de ce dernier à mon avis). Comme son nom l'indique, Painted Desert, c'est un vrai tableau. Une palette de couleurs invraisemblable : des ocres, des mauves, des oranges, des verts, des gris aussi, parfois presque blancs, en touche, comme un trait de pinceau pour éclairer un tableau. Par moment, on pourrait douter : ils ont les moyens les Américains, hein ? 
Au soleil couchant, ces sites doivent être renversants. Encore que, comme la lumière change sans arrêt avec ce ciel incertain, c'est quand même fabuleux. Tellement d'ailleurs que JP a l'intention d'y revenir en partant demain matin si le soleil est au rendez-vous (c'est pratiquement sur notre route, juste un petit détour).
Désolée, il y a beaucoup de photos, mais je m'y revoyais....  On a adoré.
De retour à l'hôtel vers 19h (une heure de route). Un peu de repos et direction le Restaurant : le Falcon (conseillé par un cousin américain dont un collègue est de Winslow - le monde est minuscule) : le resto où les locaux aiment se rendre. Sans prétention, mais le steack de JP et mon poulet étaient très bons, prix dérisoire.
See you ! | | | J6 - Samedi 18 mai 2013 - POW WOW - 50 miles (80 km)
L'intérêt de la journée est un Pow Wow autour duquel j'avais établi l'itinéraire. J'avais pris contact avec l'organisateur, Jason, qui m'avait envoyé toutes les informations nécessaires. Comme ça ne commence qu'à midi, nous avons le temps de flâner un peu et nous en profitons pour nous balader dans Winslow.
Passage obligé au Visitor Center, installé dans l’ancienne Trade Post indienne. Vraiment très beau, avec des meubles d’époque. Le centre de la ville, où tout évoque la Route 66, est très accessible. Le point de ralliement est le « Standing on the Corner », avec une statue érigée à la gloire des Eagles dont la chanson « Take it easy » a rendu Winslow célèbre dit-on. Pour être franche, je ne me rappelais plus du tout des Eagles. C'est que ça remonte ça : 1972 quand même  .
Le Pow Wow.
Sans les indications très précises de Jason, du genre « après un croisement où il y a un arbuste à gauche, etc. puis ce sera indiqué », nous aurions passé la journée à sauter sur les pistes.
Nous sommes accueillis par Jason qui nous donne gentiment des chaises pliantes et nous indique où nous installer. Des abris disposés en rond, avec, au centre, un groupe d’indiens qui chantent en tapant sur des tambours.
Jason nous présente à la communauté. Nous sommes les seuls touristes (et ça se voit) : les seuls autres "blancs" sont avec les indiens (des couples mixtes). Par respect pour cette cérémonie, je choisis de ne pas prendre de photos. JP fait quelques enregistrements non filmés : on pourra revivre l'ambiance.
Bref, un pow wow très intimiste. On est loin des images d’Epinal d’indiens superbement emplumés : juste quelques accessoires de perles et de plumes, et surtout tout le monde a une couverture sur le dos. La vraie vie des Indiens d’aujourd’hui, qui rendent hommage à tous leurs vétérans des guerres passées.
Un ancien para du Vietnam vient discuter avec nous : on ne comprend pas bien ce qu’il dit, il a l’air un peu à l’Ouest, bourré peut-être? Il demande du feu à JP, et là on comprend : vu la taille du pétard, il doit consommer de sacrées doses et il n’en est certainement pas à son premier aujourd’hui. On sent bien que les organisateurs n’apprécient pas du tout son comportement et ils tentent gentiment – certainement par respect, au regard des médailles qui lui couvrent la poitrine – mais fermement, de lui faire éteindre son joint. Sans succès.
On peut avoir l’impression a priori que la mélopée est toujours la même. Mais non. Au bout d’un moment, on s’aperçoit qu’il y a des modulations. Les chants sont lancinants et poignants. C’est très émouvant. Les vétérans sont mis à l’honneur au centre de la piste, chacun expliquant sa vie ; ça, c’est un peu long car ils sont très bavards (surtout notre vétéran du Vietnam). Tour à tour, les gens viennent déposer quelques billets à leurs pieds.
Tout autour de ce que j’appelle l’arène, les femmes revêtues de châles très longs dansent sur place au son des tambours.
Une bien belle expérience, mais le temps se dégrade. De violentes bourrasques font voler les billets dans l’arène.
Nous quittons le pow wow vers 16 h. Quelques courses au Walmart du coin et retour à l’hôtel Image attachée: | | | J7 - Dimanche 19 mai 2013 - Ah Shi Sle Pah* - 311 miles (501 km)
*Normalement, destination phare de la journée.... Mais on verra ça !!!
Pour une fois, nous arrivons à partir assez tôt : 7h. Pourquoi ? Mais pour revoir le Painted Desert pardi ! D'autant que le soleil brille de tous ses feux. Et nous refaisons le circuit inverse. Ah ! ces couleurs flamboyantes!
Imaginez un peu au soleil couchant.... 
Une longue route aujourd'hui, mais le temps est clément et, comme toujours aux USA, le moindre mile est un régal.
Et nous voici au Nouveau-Mexique !
J'espère que vous avez bien noté : Land of Enchantment.... ça dépend pour qui !
Direction Gallup, véritable centre d’échanges commerciaux pour les indiens.
L’endroit où trouver du vrai artisanat à un prix intéressant. Le hic : c’est dimanche. Et bien non, tout n’est pas ouvert 24h/24, 7 jrs/7 aux USA. Il y a quand même 2/3 magasins ouverts. Je passerai près d’une heure dans le « Indian Touch of Gallup », à choisir des bagues pour nos filles adorées. Tout est tellement beau ! Chaque modèle est unique. L’atelier est derrière le magasin d’exposition. Sympa et compatissant, le vendeur offre un café à JP pour le faire patienter en discutant.
AH SHI SLE PAHJ'avais promis une destination surprise et pas banale à JP qui ne sera pas déçu du voyage.  La route et longue, mais sans encombre. Les indications glanées sur Voyage.Forum sont bonnes et nous nous engageons sur les pistes où nous faisons de jolies rencontres.
La preuve que c'est bon : c'est Bruno de Voyage Forum justement qui m'a donné ce repère.
Et puis, c'est facile d'accès et nous avons un super gros vrai 4x4 !!! (je n'y connais rien, mais il paraît qu'il est très bien).
Nous nous engageons vers une piste qui s'avère ne pas être la bonne. Pas de problème : demi-tour cahotant devant quelques vaches surprises qui nous regardent béatement. Chouette ! De l'animation !
Pour l'heure, pas d'affolement, profitons quand même du paysage !
Nous nous engageons sur une autre piste.
Et là, tout part en vrille. Nous traversons un wash et continuons sur une piste de sable. Au bout de quelques mètres, nous arrivons dans un coin parsemé de saletés en tous genres, une mini-décharge quoi ! Faut faire demi-tour dare-dare !
Et là, la CATA ! Ensablés. J’aurais dû descendre et guider JP vers un endroit plus stable. Seules deux roues touchent le sol. La voiture est en travers de la piste, deux roues en l’air, la roue avant droite s’enfonce de plus en plus.
Nous récoltons tout ce qui traîne pour mettre derrière les roues : vieilles moquettes et autres cochonneries. Faisant fi des bestioles qui infectent la région : araignées (je suis terriblement arachnophobe), scorpions et autres serpents, nous grattons à mains nues sous la roue. Heureusement, aucune de ces sales bestioles ne montre le bout de son nez.
Le temps passe. Le ciel se couvre et une tempête de sable nous attaque.
Nooooon ! S’il y a un orage, le wash sera impraticable, même avec le 4X4. Heureusement ça se calme.
Franchement, pas rassurée du tout : surtout, ne pas céder à l’énervement, encore moins à la panique. J’ai une réaction complètement irrationnelle : je vais aller chercher du secours. Mais bien sûr ! Des miles et des miles avant de trouver le moindre signe de vie. Au cas où quelque farfelu traînerait dans le coin, je klaxonne comme une folle pendant plusieurs minutes.
Eurêka : si on monte la voiture avec le cric (ouf, il y en a un) et qu’on trouve de quoi mettre sous la roue, ça devrait le faire. Nous vidons le coffre. Nos bagages sont entassés sur le sable. J’espère qu’ils sont suffisamment étanches et qu’aucune bestiole ne s’y infiltrera. Et nous voilà repartis dans le sable. Je trouve une planche (une, pas deux), pas trop pourrie. Un gros clou dépasse.... Attention, dans le bon sens le clou ! Plus un tapis de genêts desséchés.
Et là, miracle, après plus de 2 heures d’effort, on réussit à sortir.
Et bien dans tout ça, on n’a pas fait une seule photo, tant nous étions ailleurs. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est qu’il n’y a pas eu le moindre signe de dispute. Parce que dans ces cas-là, des tempéraments aussi sanguins que les nôtres, ça fume. C’est dire si l’heure était grave !
Et voici en quittant notre zone de détresse (on était certainement à quelques centaines de mètres du site) :
On fera encore une belle rencontre en repartant
et nous contemplons le ciel menaçant qui aurait pu nous coincer dans notre coin de désert.
J’avais pensé aller sur Bisti Badlands, mais inutile de dire que nous n’avions qu’une seule idée en tête : se retrouver à l’hôtel et prendre une bonne douche. JP a les mains en sang à force de gratter le sable, j’ai mal au dos d’avoir poussé le mastodonte. Le soir, on se fera livrer des pizzas à l’hôtel : le Super 8 de Bloomfield. Pour une journée surprise, je n’aurais pas pu faire mieux. Je sais, j'ai honte ! | | | J8 - Lundi 20 mai 2013 - Chaco Culture National Monument - 224 miles (360 km)
Nous nous sommes accordé une petite grasse-matinée pour récupérer de la terrible journée d’hier et c’est frais et dispos que nous démarrons à 9h pour Chaco Culture !
A 110 km au sud de Bloomfield, la route bifurque vers une County Road qui se transforme en mauvaise piste sur 22 km. Encore une fois, vive le 4x4. Certains font la route avec un véhicule normal, mais ça doit sauter pas mal.
Après les pistes d'hier, c'est une autoroute !
Halte au Visitor Center. La ranger, très sympa, a envie de discuter. Tant mieux, nous adorons aussi. Elle se dit impressionnée par ma présentation : She’s the planner at home ? » dit-elle à JP. Elle se moque là ? Ben, faut voir....
On en profite pour parler de la journée d’hier. Ah Shi Sle Pah, elle ne connaît pas. Mon très mauvais accent sûrement : je lui montre le nom par écrit. Non ! Son collègue indien, lui, connaît. Il me dit que le site a été fermé.... Si d’un côté ça me rassure sur mon incapacité, je me demande quand même s’il a raison car plusieurs personnes y sont allées pas si longtemps avant. Je sais bien que la nature reprend vite ses droits mais quand même. Et puis, le fameux site, il est libre d’accès non ? Sacré certes, mais je ne vois pas comment il pourrait fermer. Mystère.
Revenons-en à Chaco Culture.Les reconstitutions présentées dans le Visitor Center sont magnifiques. La lecture de l’histoire de Chaco est édifiante et permet d’apprécier la visite à son maximum. Il s’agit, comme à Mesa Verde, d’un site Anasazi. Pour certains, c’était un lieu de rassemblement temporaire. Quoi qu’il en soit, comme tous les sites Anasazi, on ne sait pas vraiment pourquoi il a été abandonné : la sécheresse ??? Je ne vais pas rentrer dans les détails, ce carnet ne se veut pas « culturel ».
Chaco Culture à l’heure actuelle, ce ne sont bien sûr que des ruines de plusieurs villages, mais il faut voir la qualité de ces constructions et faire un petit effort d’imagination pour se projeter quelques centaines d’années en arrière et imaginer les milliers de personnes qui vivaient là. Le soleil n’est pas éclatant, mais il y a suffisamment de percées à travers les nuages pour rendre la visite très agréable. On zappe le premier trail (Una Vista) qu’on fera plutôt en partant : on se méfie un peu du ciel.
Voici les sites parcourus : Chetro Ketl, Pueblo Bonito, Pueblo del Arroyo, Casa Rinconada.
Ils avaient plusieurs façons de bâtir, c'est très étudié. Des siècles plus tard, les murs tiennent encore.
Les accès ne devaient pas toujours être faciles !
Et bien, si ce n’est pas de la chance ça ! Quelques gouttes nous surprennent juste en arrivant à la voiture. Du coup, nous abandonnons Una Vista, mais ce n’était pas le plus beau.
Il est 14h et nous n’avons pas d’autre choix que de pique-niquer à l’abri dans la voiture : trop de vent.
Nous prenons la route pour Espanola, avec bien entendu les 22 km de piste. Le ciel est très chargé à présent et plus on avance, plus il devient noir.
Lorsque nous arrivons sur la Highway 96 - qui mérite un détour à elle-seule – il pleut des cordes et cela gâche un peu le spectacle.
Nous nous arrêtons au lac d’Albiquiu, tellement beau même sous une pluie battante ! Il est 16 h et il ne fait que 8°C.
Vu le temps, on s’est moins arrêtés que d’habitude et nous arrivons plus tôt que prévu à Espanola : on va pouvoir s’occuper tranquillement des photos, des mails, etc... Zut, la wifi ne marche pas. Le jeune homme de l’accueil semble toucher sa bille en la matière mais rien à faire, ça ne marche pas. Solution: nous changer de chambre pour être plus près du relais. Sympa non ? Le souk, car on avait déjà tout déballé.
J’ai repéré le « China Kitchen » à 2 blocs de l’hôtel. Nous optons pour le dîner en « take out ». Le service est un peu long, on s’en moque, on est en vacances  ! La nourriture est excellente et nous avons à manger pour 2 jours. Nos corps manifestent à retardement leur mécontentement de la journée d’hier  , mais on ne va pas se laisser embêter par de vieux os râleurs. Massage, aspirine, leur compte est bon ! | | | J9 - Route des Pueblos (High Road) - 98 miles (158 km)
Nous voilà en plein cœur du Nouveau Mexique ! On va découvrir ce curieux mélange de cultures : indienne, espagnole et anglo-saxonne. La journée d’aujourd’hui sera consacrée à la route des Pueblos, de Chimayo à Taos.
Les Pueblos sont un groupe de peuples occupant le nord-est de l’ Arizona et le nord-ouest du Nouveau Mexique. Il existe 19 tribus au Nouveau-Mexique. Leur histoire est assez complexe, et je suis sûre que vous trouverez des lectures intéressantes à leur sujet. Les villages sont essentiellement faits en adobe.
- « L'adobe est de l'argile qui, mélangée à de l'eau et à une faible quantité de paille hachée ou d'un autre liant, peut être façonnée en briques séchées au soleil. » (sic) Nous les verrons plus loin, à Taos Pueblo.
Nous allons « butiner » de pueblo en pueblo. L’hôtel est à un petit quart d’heure du Sanctuaire de Chimayo, notre première étape.
Le Sanctuaire de Chimayo
Il paraît qu’il y a eu ici des guérisons miraculeuses, ce qui l’a fait surnommer « La Lourdes des Amériques ». Vu la petitesse du site et la taille des US, je n’ose pas imaginer ce que ça doit donner les jours de pèlerinage. Comme nous arrivons tôt, avant l’ouverture même (une première pour nous !), nous pouvons profiter des jardins en toute tranquillité.
Si les indiens conservent certaines de leurs coutumes (sans parler de leur statut administratif particulier – voir les réserves), ils n’en sont pas moins chrétiens pour la plupart, et très pratiquants. On peut en juger à la multitude de petites croix qui parsèment le grillage autour du jardin.
Mais que les jardins sont mignons!
Comme je le disais, le mélange des cultures est omniprésent. Parfois, les évocations ne sont pas toujours au bénéfice des colons. Mais je me garderai de tout commentaire sur la colonisation dans ce carnet.
Et la petite chapelle de l'autre côté, n'est-elle pas à croquer ?
Nous reprenons une route sinueuse qui serpente à travers des forêts de pins. Au loin, sur les sommets, il y a encore de la neige. Il faut dire que la région est quand même assez élevée : Chimayo est à 1850 mètres. Il y a d’ailleurs pas mal de stations de ski au Nouveau-Mexique. Il fait frais, sans plus et le soleil est encore là.
La Trampas, avec la minuscule église San José de Gracia
Le Pueblo de Picuris : nous n'entrons pas : 15$ pour quelques photos..... Nous n'en voyons que l'extérieur.
Talpa : Nuestra Senora de San Juan de Los Largos del Rio Chiquito. Si, si? Son nom est inversement proportionnel à sa taille.
Et sur la route, on s'attend à tout moment à voir débouler les desperados.
Rancho de Taos, avec son impressionnante San Francisco de Asis Mission Toute en adobe, bien sûr, et comme la route arrive par l'arrière, quel mastodonte !
Curieux non ? Allons voir de l'autre côté.
Et le petit jardin
En route à présent pour Taos, qui sera notre point de chute ce soir, à l’hôtel Kachina Lodge (j’en parlerai plus tard). Image attachée: | | | Mais que fait donc cette image attaché en bas du précédent post ??? J'ai dû faire une fausse manip. Bref, continuons cette journée au Nouveau-Mexique : Nous sommes donc le mardi 21 mai 2013 et nous arrivons à Taos.
Après avoir déposé les bagages (c’est sur notre route) et fait quelques courses (intendance oblige), on file vers le Rio Grande Bridge.Alors qu’on a l’impression d’être dans une plaine, on débouche soudain sur un bête pont sans prétention.
Que nenni, ce n’est pas un bête pont : nous sommes sur le plateau volcanique de Taos et il est là, le Rio Grande, tout en bas, dans cette énorme faille, 200 mètres en contrebas. « Sensation au vertige s’abstenir » est-il écrit un peu partout dans les guides. Et sans parler des vibrations à chaque véhicule qui passe. Mais avec un JP au bout de la main, je me hasarde à faire quelques pas, un peu plus loin, encore plus loin.
"Tu’m crois pas" ? J’ai des preuves !
Enfin Taos Pueblo, le clou de la journée ! Un véritable village indien tout en adobe, avec des échelles partout pour monter aux terrasses. On retrouve les principes d’architecture de Mesa Verde et Chaco. Sauf qu'à Mesa Verde, c'est plutôt un habitat troglodyte, dans les falaises, mais le principe reste le même. Il faut payer un droit de photo : on accroche le reçu de façon bien visible à l’appareil. Attention, ça ne plaisante pas.
Regardez bien le four sur la photo ci-dessous : on le retrouve dans tous les jardins actuels des indiens au Nouveau-Mexique, même dans les maisons récentes.
Et puis un pueblo ne saurait se passer d'église :
Tiens ? ça ressemble à du déjà vu en plus petit !
Et pour finir avec les Pueblos, voici à quoi ressemblent les fameuses briques dont je parlais plus haut.
Avant de rentrer à l'hôtel, nous visitons Taos Downtown. Taos est la ville de Kit Carson. Sa maison a été transformée en musée, mais il ferme à 17h. D'ailleurs, tout semble fermer à 17h.
Une attention particulière au Kachina Lodge, qui sort un peu de l'ordinaire. Il ne faut pas s'attendre à du grand luxe. Il n'y a ni frigo, ni micro-onde. Mais la Wifi est au top. Les lits sont confortables. C'est surtout le cadre qui est sympa.
L'entrée :
Après une journée encore bien remplie, nous dînons dans la chambre avec les restes chinois d'hier soir. | Carnets similaires sur les États-Unis: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 626 visiteurs en ligne depuis une heure! |