J’étais à la Kumbhamela, un important pèlerinage hindou qui rassemble périodiquement plusieurs millions de personnes en
Inde. J’étais en train de dessiner une scène (voyage artistique) devant une tente de guru, lorsque j’ai ressenti une insupportable démangeaison à la nuque et à l’avant bras droit. J’ai commencé à me gratter. Un indien de quarante-cinquante ans, grisonnant, petite moustache, genre bon père tranquille, m’a apostrophé en me criant « Indian cockroach, Indian cockroach. Wash, wash !!! » (« cafard indien, cafard indien. Laver, laver !!! »). Il m’a pris par le bras pour m’emmener à gauche de la tente, vers un réservoir à eau, en continuant à me dire « wash, wash !!! » (laver, laver !!!). Le lieu était sombre.
La démangeaison était devenue insupportable et, ne sachant ce qui m’arrivait, j’ai été pris d’un sentiment de panique. J’ai posé mon sac sur le sol à côté de moi, en vue, et j’ai enlevé mon t-shirt pour me laver à grande eau la nuque et le bras à un des robinets qui sortait du réservoir.
J’étais donc à torse-nu. Un autre indien, situé derrière moi, s’est mis à crier « Here, here, it goes down » (« Ici, ici, il descent ! »), en essayant de chasser quelque chose du bas de mon dos. Puis il me dit « It’s in your pants. Take off, take off !!! » (« C’est dans votre pantalon ! enlevez-le, enlevez-le ! »). Toujours pris de panique, j’ai enlevé ma banane accrochée à ma taille et l’ai posée sur mon sac à côté de moi, toujours en vue. J’ai commencé à défaire ma ceinture pour enlever mon pantalon, lorsque je me suis arrêté en me disant que je n’allais pas me mettre presque nu devant tout le monde (plusieurs personnes regardaient la scène).
Un troisième indien m’a alors apostrophé en me disant « You’ve lost your money » (« vous avez perdu de l’argent »), en me montrant une dizaine de billets de banque étalés sur le sol à quatre ou cinq mètres derrière moi. J’ai été surpris car il ne me semblait pas avoir encore autant de billets sur moi, mais je me suis approché des billets et les ai ramassés, sans trop me poser de question. Il s’agissait de billets de dix roupies, de petites sommes, donc. Puis je suis revenu vers le robinet pour me laver.
Quelques minutes plus tard, les démangeaisons se sont un peu calmées et j’ai pu me rhabiller. J’ai repris mon sac et j’ai fait quelques pas pour retourner me changer à l’hôtel, lorsque je me suis rendu compte que je n’avais pas ma banane à la ceinture. Je me suis retourné pour la prendre, mais elle avait disparu.
J’imagine qu’elle a dû être volée lorsque je me suis retourné pour aller chercher les billets de banque par terre.
Puis je suis rentré à l’hôtel en rickshaw.
Le lendemain, je suis allé déclarer le vol à la police. Nous avons pu retrouver la caméra (CCTV) la plus proche et retrouver la séquence où on me voit ressortant de l’ombre après le vol, mais pas y entrer, en raison de problèmes d’éclairage (tombée de la nuit, phares de véhicules, etc.). Il n’a donc pas été possible de repérer les acteurs de ce vol. Mais c’était des pros, avec un scénario bien rôdé !