J24 – 7 oct – Rte vers Québec – 160 km (env)
Le nom est bien le
Boisé Joli (avec un «
é»). C’est important parce que le Bois Joli, c’est autre chose: l’érablière.
Il est niché dans un écrin de verdure au-dessus du fleuve où il doit faire bon siroter un verre ou lire un peu l'été quand le temps est doux.
Les chambres sont spacieuses, décorées simplement et bien pensées pour le rangement.
La salle de bain est dans le couloir, mais nous sommes seuls.
On a accès à la cuisine et à la salle à manger (ce qui n'est pas le cas dans tous les B&B) et nous avons bien apprécié de ne pas avoir à ressortir pour dîner hier soir.
Nous avons passé une bonne nuit dans nos chambres spacieuses à la déco simple, bien pensées pour le rangement.
Enfin quand je dis «une bonne nuit», c’est pour les 3 autres. Parce que pour moi, ça y est, bronchite!
Il fait un temps à ne pas mettre une grenouille dehors, soit-elle de bénitier.
Bien sûr, on annule le passage au Parc de la Chute de la Rivière Chaudière qui était prévu en arrivant à
Québec.
A certains moments de la journée, la visibilité sera tellement nulle que nous serons à deux doigts de nous arrêter. A d’autres, nous aurons droit à de belles éclaircies.
Nous prenons tout notre temps autour d’un petit déjeuner qui restera dans les mémoires, en papotant avec Thierry.
Thierry fait des confitures de tout. Oui, oui, tout! Des fruits bien sûr comme tout le monde, notamment avec ces fameux bleuets (j’aime bien le nom canadien). Mais aussi des fleurs et tout un tas de plantes diverses et variées dont je n’ai jamais entendu parler. Il doit bien y avoir une dizaine de pots sur la table. Et que dire de ses œufs pochés parsemés de petites herbes.... J’en salive encore!
Pour l’heure, la priorité c’est de trouver un médecin. Thierry nous dit que la seule solution ici c’est l’hôpital. Mazette! Nous voilà partis JP et moi sous une pluie battante, avec des bourrasques de vent à décorner des bœufs.
Heureusement, pas d’attente, car il faut d’abord faire une préinscription avant de consulter. Sauf que.... il faut payer 600 $ pour l’ouverture du dossier. L’infirmière me conseille de voir plutôt un pharmacien. Ce dernier m’annonce que nous sommes nombreux à avoir les mêmes symptômes et me donne de quoi sinon me guérir, du moins me soulager pour la suite du séjour. Heureusement, la bête est dure.... Le traitement en
France sera forcément plus lourd et il me faudra quelques semaines pour récupérer.
Erablière du Bois-Joli
Je me rappelle avoir lu un échange croquignolet sur le forum au moment où je préparais mon voyage, car nous sommes nombreux à vouloir voir un peu comment ça se passe la confection de ce breuvage mythique.
C’était du genre:
Les Canadiens «
Mais non, c’est pas la saison»
Les Français «
Ben en France, on visite bien des vignobles en hiver et c’est pas la saison»
Je n’ai pas osé le «
Ne nous prenez pas pour des billes, on sait qu’on ne va pas avoir droit au sacro-saint rituel de la cabane à sucre».
Allez, je vous mets tous d’accord: en cherchant un peu, on peut aussi visiter une érablière hors saison, et ce serait dommage de s’en passer car c’est riche d’enseignement.
Bref, nous retournons dare-dare récupérer nos amis au gîte pour visiter l'érablière où Thierry nous a pris un rendez-vous pour 11h30. Nous le quittons avec l’impression de l’avoir toujours connu, et notre au revoir sonne comme «à bientôt». Mais c’est bien loin le
Canada pour se faire une bouffe le mois prochain

.
La propriétaire nous attendait pour une visite guidée très intéressante.
On y découvre un savoir-faire ancestral qui tient quasiment à l’art, utilisé bien avant l’arrivée des Européens.
Nous sommes surpris par la simplicité du système de récolte.
L'atelier de préparation et de production à l'arrière du bâtiment paraît lui aussi bien simple au regard de la qualité du produit fourni.
En fait, tout réside dans la technique: du matériel simple, un art consommé.
Pour faire évaporer l’eau: trop chaud, ça va pas - pas assez chaud, non plus.
Il faut aussi adapter la température à la pression atmosphérique et vérifier la densité du produit.
J’ai pas mal oublié, et je ne suis pas très douée pour ce genre d'explication, mais franchement, voilà bien une chose à ne pas manquer au
Canada. Et si vous avez la chance d'y être en période de récolte, ce sera beaucoup plus parlant.
Egalement au programme, une dégustation qui nous a permis de découvrir les différentes saveurs de sirop d’érable et ses différentes couleurs: du plus clair au plus sombre, les plus foncés ayant un goût plus prononcé.
Il y a aussi tout un tas de produits dérivés du sucre.
Nous avons laissé ici une belle petite note, et on en aurait pris plus si cela ne pesait pas tant dans les bagages.
Saint-Jean-Port-JoliOn ne peut même pas visiter ce petit village si charmant. Juste un passage à la banque et on manque s’envoler en sortant de la voiture.
Le village est la capitale mondiale de la sculpture sur bois. Partout, ce ne sont qu’ateliers et galeries d’art.
- Musée de Sculpture sur Bois des Anciens Canadiens
Je conseille vraiment de s’y arrêter, il est fabuleux. Une collection phénoménale de sculptures de toutes les tailles, tous les styles.
Nous y passons tellement de temps que nous arrivons à
L’Islet vers 16h, et nous n’avons pas encore déjeuné. Va falloir y remédier. On trouve un petit resto sympa dont j’ai oublié le nom, dommage, je sais qu’on en a été ravis.
Nous reprenons la route 132 de village en village.
- Le Musée Maritime du Québec: nous faisons juste le tour du bateau pendant une éclaircie.
Plus loin, sur le fleuve une étrange nuée blanche attire notre attention.
Ce sont des centaines (des milliers?) d’oies qui font un boucan d'enfer. Depuis la voiture, on observe longuement ce ballet incessant qui s'étire sur des kms à la ronde. Je n’avais jamais vu une telle quantité d’oiseaux.
Nous arrivons tard à
Levis, en face de
Québec, et là, tout faux. Shame on me! Je me demande si je vais m’étendre sur le sujet, car ça va me griller – gros défaut de préparation sur ce coup. Tant pis, je me lance: on a tourné pendant un temps infini pour trouver un pont.... alors qu’il suffisait de prendre le traversier. Sauf que nous devons attendre ¾ d’heure pour le prochain.
Nous décidons de faire quelques km pour faire un détour et nous arrivons à
Québec à la nuit noire.
Trop fatigués pour apprécier les lumières de la ville, nous regrettons déjà ces belles régions que nous avons traversées et où la vie semble si douce, si humaine.
Jocelyne, la dame du
B&B Les Quatre Saisons, inquiète, se demandait si on allait bien arriver. Sympa, elle m’a réservé la suite (en tant que «Coach») pour le même prix et nous y serons comme des coqs en pâte.
Le soir, nous dînons tous les 4 dans notre suite – heureusement qu’on avait fait quelques courses à St Jean avant de partir!
Une adresse à retenir, ce gîte où nous resterons 3 nuits.
L’accueil et le confort sont au top.
Les petits déjeuners sont très honorables.
On est à distance raisonnable du centre à pied.
Et, une chance pour
Québec il y a un petit parking privatif derrière.
Attention, la maison est sur 3 étages, et les escaliers sont raides.
La suite est au dernier étage.