Bonjour,
- les Thaïs ne se "disent" pas bouddhistes, ils le sont (Petit Véhicule), pour ceux qui sont concernés. Etre bouddhiste en ce cas ne signifie pas vouloir devenir un bouddha, mais reconnaître les principes de base du bouddhisme comme constitutifs, et s'efforcer d'abord (dans la mesure de ses moyens) de discerner la pensée juste et l'action juste.
De la pensée idéale à l'action réelle, il y a souvent un océan.
Consommer des animaux n'est pas une action injuste, puisqu'elle est destinée à nourrir son corps et à le maintenir en bonne santé, ce qui est une pensée juste.
Prendre du plaisir à tuer l'animal, ou bien le tuer d'une manière cruelle est une action injuste.
Tuer est un acte violent bien entendu, mais c'est la justesse du but qui l'emporte en quelque sorte.
Le végétarien n'est pas un "meilleur " bouddhiste pour autant, mais il considère que sa pensée et son alimentation sont "justes".
Le bouddhisme évolue constamment, le point de vue du Dalaï-lama a d'ailleurs évolué sur le principe de non-violence, estimant que l'on peut être amené à user de violence dans des conditions données, si cette violence est issue d'une pensée juste. Malheureusement, l'histoire nous démontre que même si l'on ne se choisit pas d'ennemi, l'ennemi nous choisit.
- Les Tibétains bouddhistes (Grand véhicule) ne sont pas tous végétariens, on mange régulièrement de la viande. C'est plus un mode alimentaire dû au climat qu'un véritable choix, en l'occurrence.
De la même façon qu'en
Thaïlande on pratique la crémation, mais au
Tibet elle est réservée aux dignitaires, car le bois est rare.
Assister d'ailleurs au rite des "funérailles célestes" est à mes yeux un spectacle d'une violence extrême.
D'autre part, les historiens du bouddhisme s'accordent tous sur les points suivants:
- la pensée du bouddha ne nous est parvenue que par l'intermédiaire de la communauté primitive qui l'a conservée oralement pendant de nombreuses décennies, puis retranscrite à l'écrit bien plus tard. Personne ne peut donc affirmer ce que fut cette pensée originelle, on ne peut que se baser sur sa transcription écrite tardive dont on a fait des exégèses, pratique toujours répandue de nos jours.
- rapidement après la mort du Bouddha Gautama, la communauté s'est scindée en plusieurs courants, reconnaissant tous les quelques principes de base du bouddhisme, mais en tirant des sens et des usages différents. Ceux-ci continuent d'évoluer et de s'adapter en fonction des lieux et des personnes.
Il existe autant de bouddhismes que de bouddhistes est d'ailleurs une phrase qui revient souvent.
Une partie de cette communauté première a pris souche à Ceylan, puis essaimé sur l'
Asie du sud-est et donc en
Thailande.
Considérée comme la plus proche de l'enseignement primitif, elle est devenue "religion d'état", ce qui a mis plusieurs siècles, et prospérant sur les croyances préexistantes du terrain (tout comme d'ailleurs le bouddhisme se positionna dans un environnement hindouiste).
Les différentes pratiques et courants (zen, etc...) ne sont pas "meilleurs" ou "opposables", ils sont "différents". Ce peut être un jeu intellectuel de les comparer.
Ils ont évolué au fil du temps, des rencontres avec des groupes déjà définis, des Leaders, des sociétés, et même des climats et des reliefs.
Je ne suis personnellement pas intéressé sur le débat sémantique "religion ou pas", je ne vois pas bien ce que ça apporte, et quend j'entends "religion sans dieu", c'est faux en ce qui concerne le bouddhisme Theravada, puisque les niveaux de réincarnation mentionnent l'existence de "divinités", très fameuses dans la croyance populaire. Et dans les séries TV!