Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Alan · 1 juillet 2006 à 16:31 · 6 photos 125 messages · 21 participants · 20 079 affichages | | | | À: Alan · 29 août 2006 à 11:39 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 41 de 125 · Page 3 de 7 · 2 607 affichages · Partager Bonjour a tous! de retour du camboge, je reviens sur ce forum avec le souhait de le garder en activites, je pense que lse choses ne vont pas tarder a devenir interressante, mon point de vue est evolutif, ce proces presente peut etre un interet secondaire mais non negligeable, celui d' un apprentissage de certaines formes de democraties, et ca, c'est toujours bon a prendre! | | | À: Rogerbarthas · 29 août 2006 à 17:51 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 42 de 125 · Page 3 de 7 · 2 591 affichages · Partager  Merci à toi, et c'est vrai qu'il faut tout au moins rester vigilant sur l'évolution de ce procés et voir si une quelconque forme de démocratie va arriver à voir le jour au bout de celui ci........
A cette occasion, et comme beaucoup de khmers ont peur de témoigner, ou subissent des pressions..... une Association vient d'être mise sur pied pour leur venir en aide aussi bien à Phnom Penh qu'en France, il s'agit de :
Cambodge : encourager les victimes des Khmers rouges à porter plainte
C’est l’objectif que se fixe une association, présente à la fois à Phnom Penh et en France. Il s'agit très exactement du Comité des victimes des Khmers rouges et dont le président (un magistrat français) a tenu mercredi sa première conférence de presse pour faire connaître son entité. Selon ses propos, rapportés par Cambodge Soir, «La population est mal informée de ses droits et de ses devoirs. Beaucoup de gens ont peur de porter plainte ou de témoigner. Ce comité est là pour les encadrer et les encourager ». En fait, ce comité permet de porter plainte anonymement. «Un dispositif loin d'être superflu», commente le journal, «quand on mesure la crainte de représailles dont font part nombre de victimes».
par Nathalie Tourret/RFI.... | | | À: Alan · 30 août 2006 à 10:15 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 43 de 125 · Page 3 de 7 · 2 582 affichages · Partager Bonjour! Merci pour l'info, j'avais deja souligne dans les discussions, ce probleme de la peur, qui existe aussi chez les refugies expatries.Les canadiens ont bosses sur ce sujet, il y a deja quelques annees.Actuellement, Au Cambodge les chefs de villages sont invites a p_p ou on leur explique ce qu' ils doivent transmettre au retour dans le village, car l'idee meme de ce proces a declenche une vague de parano! Il s'agit de juger les crimes les plus graves, ca r il est bien evident qu'il est impossible de les juger tous et de plus la societe actuelle serait destabilisee;;;...LE PROBLEME, C'EST QUE DANS CE FUTUR PROCES (on n'y est pas encore)TOUT POSE PROBLEME!;...de la juridiction a l'harmonisation du droit international et du droit Cambodgien, a la subjectivite et aux interets contadictoires des uns et des autres;;;C'est quoi le plus grave?...Je ne crois pas que la disparition de TA MOK soit un gros problemes, il ya un max d'archives, photos, fims docs, etc;;;:Donc un boulot ENORME! C'est en ce sens que je vois un apprentissage de la democratie :dicussions, tractations, confrontations...MAIS que la COMMUNAUTE INTERNATIONALE N'OUBLIE PAS SA PART DE RESPONSABILITE A plus Roger | | | À: Rogerbarthas · 30 août 2006 à 16:40 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 44 de 125 · Page 3 de 7 · 2 571 affichages · Partager Article paru sur le Gavroche......
Les jeunes Franco-khmers veulent briser le silence de leurs parents
Nous avons hérité du génocide le goût des larmes et le traumatisme de nos parents. Une nouvelle génération de Franco-khmers élevée dans le silence des anciens. Un silence cathartique. Parce que parler fait trop mal. Parce que parler était passible d'exécution pendant le régime khmer rouge. J'ai 23 ans, je suis d'origine cambodgienne, et je n'ai jamais pu discuter de la guerre avec ma mère. Elle a survécu aux camps sous Pol Pot et garde pour elle les souffrances de cette époque.
Vingt-six ans après la fin du génocide, les réfugiés cambodgiens refusent toujours de raconter leur histoire à leurs propres enfants. Mon arrière grand-mère, Sreï Tout, a 104 ans et vit à Trappes (Yvelines, France). Lorsqu'elle évoque le régime de Pol Pot, elle se met à chuchoter. Elle craint toujours que les Khmers rouges viennent la chercher. Mêmes silences pour Lily, une jeune Franco-khmère dont la famille a été décimée sous Pol Pot. «Ma maman fondait en larmes à chaque fois que j'essayais de lui parler du conflit», explique-t-elle. La génération de nos parents a été profondément traumatisée. Au Cambodge, les survivants des camps sont suivis par des experts psychiatriques et soumis à des traitements thérapeutiques. Certains hôpitaux et associations de Phnom Penh proposent des cessions de relaxation et des cellules de paroles, pour expier les mauvais souvenirs. En France, les Khmers ne sont pas suivis et se protégent en occultant complètement les années Khmers rouges. Nos parents n'ont plus la force de se battre pour demander que justice soit faite. Ils ont peur, comme mon arrière grand-mère. Et, surtout, ils ne veulent plus repenser à cette période de leur histoire qui les a tant fait souffrir.
Si devant ce silence, beaucoup de jeunes Khmers ont préféré se détourner du problème et vivre leurs vies à la française, d'autres sont partis chercher au Cambodge les réponses que leurs parents leur refusaient.
A 20 ans, j'ai voulu voir de mes propres yeux le pays de mes origines. Les premiers pas sont les plus durs. J'ai rencontré à Phnom Penh beaucoup de Franco-khmers qui comme moi étaient déstabilisés par ce retour aux sources.
Sabrina a découvert le Cambodge en 2005. Elle avait 23 ans. Un an, passé à Phnom Penh dans l'humanitaire, a suffit pour que le regard de cette jeune institutrice change pour toujours. Un choc lorsqu'elle aperçoit des chiffonniers de quatre ou cinq ans errant seuls à la merci de la nuit. Un choc lorsque le mot "guerre" prend une forme bien réelle au musée du génocide de Tuol Sleng.
Pour Lily, la confrontation avec le pays sera plus brutale encore. La jeune fille qui, pendant dix ans, avait refusé ses origines, se découvre au Cambodge à mesure qu'elle découvre le pays. Elle fond en larmes devant la maison que sa famille occupait avant la guerre.
Comment accepter qu'aucune justice n'ait été faite, vingt-sept ans après la fin de la guerre? Sabrina ne comprend pas les accords de Paris de 1991, décrétant la concorde civile. Aucune distinction n'a été faite entre les victimes et leurs bourreaux, qui parfois sont voisins dans leur village.
«Cet accord est très douloureux pour les victimes. Il est trop tôt pour pardonner, il faut d'abord que les crimes aient au moins été reconnus», explique la jeune institutrice. Elle attend le procès des Khmers Rouges pour trois raisons: rendre justice aux victimes, obtenir la reconnaissance internationale, nommer les responsables du génocide. Elle pense que les victimes souffriront toujours autant mais que cet effort est nécessaire pour la stabilité du pays. Lily souhaite voir s'établir le procès au nom de ses proches disparus. «Je pense que ma mère voudrait simplement que les assassins de la famille soient punis. C'est ce que demande les Khmers.» Cette envie de justice est commune à la majorité des jeunes Franco-khmers. Ils espèrent cependant que ce procès ne sera pas une mascarade. Des anciens cadres khmers rouges, tel Hun Sen, l'actuel Premier ministre, ou des gouverneurs des provinces de l'Est et de l'Ouest du Cambodge sont toujours membres du gouvernement.
Le procès, qui a débuté le 3 juillet dernier, devrait durer trois ans, selon les Nations Unies, et sera composé d’un jury international où figureront des juges cambodgiens. «Ce système de procès bicéphale devrait limiter les risques de dérives. Il faut cependant rester vigilant», estime Sabrina.
Nous sommes seuls dans nos réflexions, nos parents ne souhaitant plus se battre pour obtenir des réparations. Ils ont reconstruit leur vie dans un pays qu'ils ne connaissaient pas. D'anciens médecins, intellectuels cambodgiens, ayant tout perdu pendant la guerre, ont accepté de devenir ouvrier en France pour pouvoir offrir une éducation à leurs enfants. C'est à nous aujourd'hui de leur rendre hommage et de demander une justice en leur nom. Au Cambodge, de jeunes étudiants militent dans les rues, malgré les risques de répression, pour demander la tenue du procès des Khmers rouges. Nous n'avons pas le droit de ne rien tenter. Tant de Cambodgiens sont morts. Tant de Cambodgiens souffrent encore. Peut-être alors, nos parents prendront le temps de s'asseoir à nos côtés, et, parleront de ce 17 avril 1975, jour funeste où une génération de Cambodgiens perdit le sourire.
Guillaume Suon Petit | | | À: Alan · 30 août 2006 à 16:48 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 45 de 125 · Page 3 de 7 · 2 569 affichages · Partager Malheureusement, ce procés est également l'occasion idéale aussi pour promouvoir une nouvelle forme de tourisme à des fins lucratives, mais aux relents quelque peu nauséabonds, mais gageons que celui ci rencontrera un franc succés.......
Sur les traces de Pol Pot au Cambodge
AP/Anlong Veng, Cambodge
La tombe de Pol Pot et les autres vestiges du régime khmer rouge attirent un nombre croissant de visiteurs au Cambodge, avec la création de véritables circuits touristiques sur les traces du génocide des années 1970. Un phénomène qui suscite des critiques, certains parlant de «tourisme noir» et de «parc à thème khmer rouge».
La dernière étape du circuit est Anlong Veng, dans le nord-ouest du Cambodge, ancien bastion des Khmers rouges et de leur leader, Pol Pot, décédé en 1998. Son régime communiste du Kampuchea démocratique est responsable de la mort d'1, 7 million de Cambodgiens entre 1975 et 1979, victimes d'exécutions, de tortures, de la faim, du travail forcé ou encore de maladies.
L'actuel gouvernement cambodgien a ordonné la préservation des sites khmers rouges. Une quarantaine de maisons d'ex-dirigeants du régime vont être restaurées et un musée va être construit - les guides seront d'anciens soldats khmers.
«Pol Pot a été incinéré ici. Aidez nous s'il vous plaît à préserver ce site historique», lit-on sur une pancarte du ministère du Tourisme, près d'un petit monticule de terre surmonté d'un toit de métal rouillé. La hutte où il est mort a disparu. À trente mètres de là, des engins de terrassement creusent les fondations d'un centre de vacances financé par des capitaux sud-coréens, avec piscine. Quelques dizaines de mètres plus loin, un casino et un vaste marché accueilleront les visiteurs venus de Thaïlande.
L'ancien centre d'interrogatoires de Tuol Sleng, à Phnom Penh, et Choeung Ek, que l'on peut visiter pour l'équivalent de 2, figurent sur les itinéraires de presque tous les organisateurs de voyages au Cambodge. Ils espèrent attirer une grande partie des 1, 6 million de touristes attendus au Cambodge cette année.
Anlong Veng, dont le déminage a été terminé récemment, est peut-être le dernier «musée vivant» de l'horreur. Nombreux, parmi les 26 000 habitants de la ville, sont d'anciens combattants ou responsables du régime. Son ancien commandant militaire Ta Mok, explicitement surnommé «Le Boucher», vivait là jusqu'à sa mort le mois dernier.
Youk Chhang, directeur du Centre de documentation sur le Cambodge, espère que des endroits comme Anlong Veng «ne deviendront pas des Disneyland». L'ancien roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, n'apprécie pas que des ossements soient exposés pour «le plaisir des touristes».
Consternant...... | | | À: Alan · 30 août 2006 à 16:53 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 46 de 125 · Page 3 de 7 · 2 558 affichages · Partager Je crois qu'il faut preserver ces lieux de memoire, comme sont preserves Auschwitz ou d'autres camps de concentration, Oradour sur Glane, etc.
Maintenant il s'agit de le faire d'une facon digne, et c'est sur que les hotels avec piscine et "vue sur le camp" ou les casinos, je trouve ca franchement indecent. 
Malheureusement quand il est questions de billets verts, l'ethique est souvent passee au second plan. | | | À: Pierre73 · 30 août 2006 à 17:22 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 47 de 125 · Page 3 de 7 · 2 551 affichages · Partager Oui, en Europe celà est fait avec dignité et dans le respect de la souffrance des familles, et il est vrai que celà a valeur de témoignage pour les générations à venir, mais là je doute fort que les responsables khmers (tous anciens khmers rouges rappelons le.....) soient imprégnés de la fibre émotionelle pour éduquer les futures générations d'enfants " sortis du génocide "...... pas trés intéressant d'un point de vue rentabilité...... | | | À: Alan · 31 août 2006 à 9:10 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 48 de 125 · Page 3 de 7 · 2 542 affichages · Partager Il y a environ 3 ans, j'ai lu une info; le chiote de POL POT avait ete recupere et installe dans une guesthouse de SIEM REAP tenue par un barang et revenue a son usage premier !Cela faisait un tabac...L'info etait dans un hebdo francais credible.Roger | | | À: Alan · 3 septembre 2006 à 20:41 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 49 de 125 · Page 3 de 7 · 2 662 affichages · Partager
Une des rares photos des dirigeants khmers rouges originels : à gauche, « Frère Numéro Un » (Pol Pot) et, à droite, « Frère Numéro Deux » (Ieng Sary). Chine, fin des années 70. © AFP
CAMBODGE - LES KHMERS ROUGES DEVANT LEURS JUGES
Près de trente ans après la chute du régime des Khmers rouges et au terme de longues et pénibles tractations politiques, un tribunal va enfin commencer à juger les massacres perpétrés par la dictature nationaliste et ultra-maoïste de Pol Pot. Mais le doute est permis quant à l’issue de la procédure et la fin de la culture d’impunité. (JPEG) Une des rares photos des dirigeants khmers rouges originels : à gauche, « Frère Numéro Un » (Pol Pot) et, à droite, « Frère Numéro Deux » (Ieng Sary). Chine, fin des années 70. © AFP
Désignés par les Nations unies, 17 juges cambodgiens et 13 juges internationaux ont prêté serment le 3 juillet dernier à Phnom Penh pour commencer à instruire le procès, lequel pourrait débuter courant de 2007 et s’étaler sur au moins trois ans. La formule adoptée est unique en son genre : toutes les décisions doivent être prises à l’unanimité ou à la « super majorité », c’est-à-dire qu’elles nécessitent l’accord d’au moins un juge étranger. Il aura fallu sept ans de négociations entre l’ONU et le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, pour établir cette cour de justice.
On ne sait pas encore avec exactitude quels Khmers rouges seront jugés lors de ce procès. C’est que beaucoup d’anciens cadres du régime de Pol Pot occupent actuellement des postes en vue au Cambodge. Le Premier ministre actuel, Hun Sen, est lui-même un ancien officier khmer rouge. Pour éviter tout risque d’être inquiété, ces dirigeants ont mis tout en oeuvre pour que le tribunal se limite à juger les plus hauts dignitaires du régime khmer rouge (ceux qui ont planifié ou donné des ordres) et les principaux responsables des crimes les plus graves. Les dizaines de milliers d’anciens simples combattants khmers rouges qui s’étaient volontairement rendus aux nouvelles autorités n’ont donc pas grandchose à craindre de ce procès et ils continueront à vivre dans les communautés où ils se sont réinsérés. UNE MORT PROVIDENTIELLE
Le « Frère Numéro Un », Pol Pot, étant décédé en avril 1998, on trouve parmi les prévenus probables du procès des dirigeants tels que Nuon Chea (« Frère Numéro Deux », secrétaire général adjoint du Parti communiste), Khieu Samphan (qui a dirigé le Présidium d’État du Kampuchéa démocratique, c’est-à-dire l’État khmer rouge), Ieng Sary (« Frère Numéro Trois ») ou encore Duch (ancien directeur de la prison de Tuol Sleng, le plus important centre de détention et de torture du régime). Considéré comme l’un des principaux organisateurs des massacres, Ta Mok (devenu « Frère Numéro Trois » à la fin du régime) a échappé au procès car il est mort le 21 juillet dernier à l’hôpital militaire de Phnom Penh. Il s’était engagé à révéler beaucoup de secrets lors du procès, et plusieurs voix se demandent au Cambodge pourquoi il n’a pas été transféré plus tôt de sa prison à l’hôpital alors que son état de santé se dégradait sérieusement. Sa mort arrange-t-elle certaines personnes ? Exaspéré par ces interrogations, le Premier ministre Hun Sen a, dans son style caractéristique, menacé début août d’arrêter ceux qui ont diffusé des tracts accusant le gouvernement d’être à l’origine du décès de Ta Mok : « Ta Mok est mort. Que pouvait-on y faire puisque son coeur a lâché ? Il a atteint l’âge de 80 ans, soit plus que ma mère qui avait 78 ans. On accuse le gouvernement d’avoir voulu supprimer des preuves. Mais pour la mort de Milosevic en plein procès, pose-t-on la question au tribunal international de La Haye ? »
Ceux qui ont tout fait pour retarder la tenue d’un procès et limiter le nombre de Khmers rouges jugés se justifient parfois en évoquant la crainte de diviser la société cambodgienne en ravivant les rancoeurs liées aux exactions passées. « Nous pensons exactement le contraire, assure Youk Chhang, directeur du Centre de documentation du Cambodge [1]. Quand Ta Mok est décédé, quelques centaines l’ont pleuré mais le reste de la société pensait beaucoup de mal de lui. Or, nous sommes restés divisés : comme aucun tribunal n’a clairement établi ce qu’il a commis, les pro- et anti-Ta Mok ne se réconcilient pas. Il est mort comme prisonnier. Les victimes ne peuvent pardonner si rien n’est reconnu par une procédure légale. Cela fait 30 ans qu’on nous dit d’oublier et de se réconcilier, mais ça ne se passe pas naturellement. C’est pour ça qu’un tribunal est si important dans le processus de réconciliation ».
Le manque de confiance des Cambodgiens en leurs autorités et surtout en leur système judiciaire laisse toutefois planer de nombreux doutes. Ne vaudrait-il pas mieux consacrer le budget prévu pour ce procès (environ 60 millions de dollars) à des projets de développement ? « L’avantage de ce tribunal est qu’il constituera un forum où les Cambodgiens pourront parler de cette période si difficile de notre histoire, souligne Theary Seng, directrice du Centre pour le développement social et orpheline de ses deux parents tués par les Khmers rouges [2]. Il permettra aussi de parler d’acteurs qui ne seront pas jugés officiellement : le rôle des Etats-Unis, de la Chine, de certains individus du gouvernement. Ils ne seront pas jugés officiellement, mais bien dans l’opinion publique ».
La Chine, principal soutien financier et militaire du régime khmer rouge, craint de voir exposer au grand jour cet appui. Ong Thong Hoeung, un Cambodgien réfugié en Belgique qui a passé trois ans dans les camps de rééducation des Khmers rouges [3], met toutefois en garde contre un abandon de leurs responsabilités de la part de ses compatriotes. « Trop souvent, les Cambodgiens aiment penser que leurs malheurs sont dus aux étrangers. Dans le cas des Khmers rouges, il s’agit bel et bien de Cambodgiens qui ont massacré des Cambodgiens. L’utilité d’un tel tribunal n’est pas la vengeance, la punition des bourreaux, mais d’empêcher cette période de tomber dans l’oubli et d’envoyer un message fort aux dirigeants cambodgiens : contrairement à ce qui s’est toujours passé au Cambodge, il se peut que vous soyez un jour jugés pour vos actes ». INSTRUIRE LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS
Environ la moitié de la population cambodgienne a moins de 18 ans. Pour ces 7 millions d’enfants et adolescents nés après la fin du régime des Khmers rouges, les massacres de ces derniers paraissent parfois bien abstraits. Ils en ont entendu parler, mais cette histoire relativement récente n’est pas enseignée dans les écoles cambodgiennes et rares sont les familles où les parents parlent facilement de cette période. Certains jeunes ont du mal à croire que ces horreurs se soient produites, ils se demandent si ce ne sont pas des histoires racontées par certains politiciens. « C’est dur pour les jeunes : cette période khmer rouge est comme une ombre qui plane au-dessus d’eux, elle est l’excuse qu’on leur ressert continuellement pour justifier tous les maux du Cambodge actuel. Il faudrait un enseignement clair sur ce génocide, et le procès peut aider en ce sens », affirme Youk Chhang.
Un procès juste aiderait les Cambodgiens à se réconcilier avec une partie de leur passé douloureux, mais n’effacera pas leurs nombreux problèmes actuels, issus d’une mauvaise gestion du pays depuis la fin des conflits. Theary Seng : « Les Cambodgiens sont confronté quotidiennement à de nombreuses injustices : pauvreté, faim, expulsions de leur logement, absence d’emplois, brutalité de la police, filles prises dans la prostitution, tribunaux corrompus, etc. Personne n’est contre un jugement des Khmers rouges, mais pour beaucoup de Cambodgiens, ce procès n’est qu’une question de plus dans un océan d’injustices plus immédiates et actuelles ».
Notes
[1] Le Centre de Documentation du Cambodge est l’un des principaux centres de collecte d’informations sur le régime khmer rouge. Il a rassemblé des centaines de milliers de documents en vue du procès. Il mène aussi des forums de réconciliation dans le pays et tente d’aider les victimes à retrouver leurs familles. Plus d’infos sur son site : welcome.to/dccam
[2] Theary Seng a publié un livre autobiographique sur son enfance sous les Khmers rouges, intitulé Daughter of the Killing Fields (Fusion Press 2005). Elle dirige une ONG cambodgienne, le Centre pour le Développement social, dont le site est www.csdcambodia.org/
[3] Ong Thong Hoeung est l’auteur d’un récit autobiographique sur sa vie au Cambodge sous le régime de Pol Pot : J’ai cru aux Khmers rouges (Buchet/Castel 2003 | | | À: Alan · 4 septembre 2006 à 13:44 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 50 de 125 · Page 3 de 7 · 2 646 affichages · Partager EXTRAITde CAMBODGE NOUVEAU AOUT 2006, Oui le gouvernement veut le proces,.Maintenant c'est a la cour d'agir, elle a tous les moyens, depuis six mois ils n'ont rien fait! Youk Chang directeur du DC-Cam (ref article plus haut) "Il faut pour ce proces faire preuve d'imagination, NOUS AVONS A FAIRE CE QUI N'A JAMAIS ETE FAIT,...et si on arrive a quelque chose, ce ne sera pas de l'energie depensee en pure perte; LE ROLE DES CAMBODGIENS SERA DETERMINANT" (Marcel Lemonde: juge francais mandate au proces). | | | À: Alan · 13 octobre 2006 à 12:28 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 51 de 125 · Page 3 de 7 · 2 603 affichages · Partager Afin de ne pas les oublier, afin de savoir si quelqu'un a des infos recentes, je reviens sur ce post | | | À: Alan · 5 novembre 2006 à 15:39 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 52 de 125 · Page 3 de 7 · 2 583 affichages · Partager Bonjour, dans le post avait ete evoque l'idee d'effets secondaires que ce proces pouvait engager dans un processus de democratisation...j'apprends qu'a partir de 2007 les chefs de village seront elus par les conseils municipaux et non plus designes par le gouvernement! QUESTION: qui designera le conseil municipal? | | | À: Rogerbarthas · 5 novembre 2006 à 18:48 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 53 de 125 · Page 3 de 7 · 2 575 affichages · Partager Oui, et dans le même orde d'idée tu sais comme moi que les prochaines élections municipales auront lieu en Avril 2007 et que la bataille s'annonce déjà féroce..... le parti du premier ministre, le PCC Parti du Peuple Cambodgien, fait la course aux votants pour obliger ceux ci à prendre la carte du parti, et à Takeo par exemple l'aprovisionnement en eau est tout simplement coupé pour ceux qui font de la résistance...... ainsi le PCC s'octroie par la force un quasi monopole afin de renforcer son emprise sur le pays et donc sur le peuple.....
Démocratie.....  on peut l'écrire mais en voir des effets...... 
Une bonne nouvelle..... Somaly Man vient d'être félue femme cambodgienne de l'année 2006 par le magazine US Glamour.... pour son combat contre l'exploitation sexuelle des enfants et des femmes en Asie du Sud-Est.....
Concernant le procés des khmers rouges, voici juste un commentaire de notre cher premier ministre Hun Sen....
Samdech Hun Sèn, Premier ministre du gouvernement royal du Cambodge, a réaffirmé le processus du jugement des ex-dirigeants Khmers rouges.
"Nous savons bien notre obligation de rendre justice au peuple cambodgien victime du régime génocidaire [de Pol Pot]"
a dit Samdech Hun Sèn, lors de la clôture le 21 octobre du forum ouvert sur le 15ème anniversaire des accords sur le règlement politique commun des conflits au Cambodge. C'est pour cette raison que, a-t-il poursuivi, le gouvernement royal se détermine à accomplir toutes les tâches nécessaires pour juger les ex-dirigeants Khmers rouges. Cependant, il a rappelé que ceux qui aient exigeait le jugement des ex-dirigeants Khmers rouges sont ceux qui avaient pardonné ces criminels, les avait nourri pour qu'ils puissent continuer la guerre et qu'ils aient le siège à l'ONU. Il a précisé que la raison et la morale ne permettraient pas à ceux qui avaient commis les crimes de génocide contre le peuple cambodgien pendant le période Khmer rouge de 1975-1979 de dégager leur responsabilité. Samdech Hun Sèn a remercié à cette occasion tous les partenaires pour leur aide et soutien au processus de jugement.-- AKP | | | À: Rogerbarthas · 5 novembre 2006 à 19:41 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 54 de 125 · Page 3 de 7 · 2 571 affichages · Partager Il y a environ 3 ans, j'ai lu une info; le chiote de POL POT avait ete recupere et installe dans une guesthouse de SIEM REAP tenue par un barang et revenue a son usage premier !Cela faisait un tabac...L'info etait dans un hebdo francais credible.Roger
non, je l'ai vu, (ce n'est pas un scoop), il a été incinérer sous nos yeux, avec des vieux bois et pneus, photo thuan AFP
| | | À: Thuan · 5 novembre 2006 à 20:27 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 55 de 125 · Page 3 de 7 · 2 567 affichages · Partager  .... un chiote c'est un wc et c'est de celà que parlait Roger, pas de Pol pot...... donc éventuellement tu aurais pu mettre une photo des wc de Pol Pot...... | | | À: Thuan · 5 novembre 2006 à 20:37 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 56 de 125 · Page 3 de 7 · 2 566 affichages · Partager Bonjour, je n'ai jamais doute de la mort de pol pot...je trouvais seulement infantile d'avoir recuperer la cuvette de ses w.c a des fins de publicite commerciale pour attirer des gens dans une guest-house...je vous remercie toi et alan de laisser vivre ce post, c'est helas peut etre la seule chose que l'on puisse faire en la memoire de toutes ces morts inocentes. | | | À: Rogerbarthas · 11 novembre 2006 à 16:40 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 57 de 125 · Page 3 de 7 · 2 545 affichages · Partager Voici un éclairage intéressant sur le rôle du prince Sihanouk et sa possible mise en avant du mouvement khmer rouge et l'avénement de ce qui allait être un des plus atroces génocides du siècle passé...... certaines personnes demandent d'ailleurs sa mise en accusation devant le tribunal qui vient d'être instauré....
Les Victimes du Génocide des Khmers Rouges
V G K R
(Association loi 1901)
Contacts : 01 43 94 04 72 – 01 64 40 57 55 – 06 19 70 69 14
Dossier présenté par V G K R –
Le génocide cambodgien était-il inévitable ?
Aujourd’hui encore tout le monde paraît considérer le génocide cambodgien comme une sorte de fatalité à laquelle le Cambodge ne pouvait pas échapper. Et, malgré d’innombrables articles et de très nombreux ouvrages publiés sur ce sujet depuis une trentaine d’années, on ne pose toujours pas la question de savoir si ce génocide était réellement inévitable. Or l’étude des faits montre, d’une manière irréfutable, que cette tragédie aurait pu parfaitement ne pas avoir lieu. Et même qu’elle n’aurait jamais dû pouvoir se produire.
En effet le mouvement des Khmers Rouges (1) avait pratiquement cessé d’exister au Cambodge au début de l’année 1970, avant la destitution du Prince Sihanouk en Mars de la même année (18.3). Car la répression ordonnée par le Prince (alors Chef de l’Etat) contre ce mouvement, pendant les années 1967, 68 et 69, avait finalement été très efficace (2). Les Khmers Rouges avaient été ainsi littéralement laminés et réduits à un nombre insignifiant. Nombre estimé à l’époque (début 1970) à 2 000 tout au plus pour l’ensemble du territoire cambodgien.
Ils étaient donc bien incapables d’entreprendre une quelconque action d’envergure, ils ne constituaient absolument plus une menace pour la sécurité intérieure du royaume.
Ceci a été confirmé d’ailleurs par Pol Pot lui-même, ainsi que par Nuon Chea, cités par le chercheur australien David Chandler dans son ouvrage très documenté « Pol Pot, Frère numéro un » (Plon, 1993 – pages 138- 139 et 303). Il suffisait aussi d’avoir été présent au Cambodge en Janvier et Février 1970 pour constater que le pays était encore paisible, et qu’il était possible de circuler presque partout en toute sécurité. Notamment pour se rendre par la route à Siem Reap – Angkor (à 314 kms. au nord de Phnom-Penh).
En fait, comme l’ont reconnu précisément Pol Pot et Nuon Chea, les quelques bandes de Khmers Rouges qui végétaient encore dans les forêts n’avaient presque aucun armement et ne contrôlaient aucune portion du territoire cambodgien. Leurs chefs « historiques » étaient des fugitifs, ou bien avaient trouvé asile à Pékin et on n’entendait plus parler d’eux. En outre eux-mêmes et leur mouvement étaient à peu prés totalement inconnus à l’étranger (3), et n’étaient même pas soutenus vraiment par les communistes chinois et nord-vietnamiens – soucieux de préserver leurs bonnes relations avec le Cambodge du Prince Sihanouk.
La question se pose donc de savoir comment ce mouvement moribond, devenu quasiment inexistant, a-t-il pu renaître et finalement s’emparer du pouvoir en 1975 ?
La réponse est simple, et il n’y en a pas d’autre : c’est parce que les Khmers Rouges ont été ressuscités par le Prince Sihanouk lui-même en Mars 1970 à Pékin, après sa destitution par le Parlement cambodgien le 18 Mars 1970.
Le Prince, en effet, s’est alors allié avec eux pour former un gouvernement en exil et leur a apporté sa caution totale. En plus, avec ses appels frénétiques sur la radio de Pékin dès le 23 Mars 1970, il leur a amené de nouvelles recrues – surtout des jeunes paysans incultes du nord du pays, qui crurent servir la cause du Prince et de la monarchie en se joignant aux Khmers Rouges. Et il n’a agi ainsi que par dépit d’avoir été écarté du pouvoir et, plus encore, pour se venger (4) de ceux qui l’en avaient écarté et voulaient instaurer un régime républicain (La République Khmère, proclamée le 9 Octobre 1970).
Sans lui les Khmers Rouges seraient restés dans leur néant. Ils auraient été, au mieux, utilisés par les forces nord-vietnamiennes comme coolies-porteurs ou exécuteurs des basses-œuvres dans les provinces cambodgiennes envahies et occupées par ces forces étrangères en Avril 1970. C’est sous leur protection qu’ils ont pu ensuite se constituer une armée, qui n’a d’ailleurs commencé à jouer un rôle militaire qu’à partir de l’année 1973 (5).
Il apparaît ainsi, d’une manière évidente, que c’est le Prince Sihanouk qui – par ses déplorables agissements à Pékin depuis Mars 1970 jusqu’à Avril 1975 (6) – a ouvert la voie au génocide et qu’il porte ainsi une responsabilité accablante dans la genèse de cette effroyable tragédie qui a causé la mort de 2 millions de Cambodgiens.
Il est donc permis de penser qu’il devrait, logiquement et en toute justice, avoir à assumer cette responsabilité devant la tribunal qui a été institué le 3 Juillet 2006 pour juger les principaux responsables du génocide. Il aurait alors à être jugé par ce tribunal en tant que complice de crimes contre l’humanité.
Notes
1) - C’est le Prince Sihanouk lui-même qui a donné aux communistes et maoïstes cambodgiens des années 60 le nom de Khmers Rouges. A partir de 1967, quand ceux-ci commencèrent à mener des actions ouvertement subversives à Phnom-Penh et dans quelques provinces, il les a qualifiés à plusieurs reprises de « Khmers dékhmérisés ». Notamment dans un message radiodiffusé à la nation en date du 5 Octobre 1967, promettant de combattre ceux-ci jusqu’à leur « annihilation » même s’il devait « y laisser sa peau » (sic).
2) - Sur la lutte menée par le régime sihanoukiste contre les Khmers Rouges avant 1970, voir notamment les ouvrages suivants : David Chandler (ouvrage déjà cité), Philip Short « Pol Pot, the history of a nightmare » (Ed. John Murray, Londres, 2004), Bernard Hamel « Sihanouk et le drame cambodgien » (Ed. l’Harmattan, 1993).
Sur cette lutte, en fait une très dure répression, il convient de rappeler à titre d’exemple ce que le Prince Sihanouk avait déclaré, à propos des Khmers Rouges, dans un discours prononcé dans la province de Kompong Thom le 19 Août 1968 : « j’en ai déjà fait tuer plus d’un millier, et cela ne m’a pas empêché de dormir... ».
3) - A notre connaissance aucun ouvrage parlant des Khmers Rouges n’a été publié en France ou dans d’autres pays occidentaux avant 1970. Et en 1970, selon une source très bien informée, le correspondant de l’Agence soviétique Tass à Phnom-Penh avouait ne pas savoir qui étaient les Khmers Rouges et ajoutait que Moscou n’avait pu lui fournir aucun renseignement à leur sujet.
4) - Un désir de vengeance clamé par lui (N. Sihanouk) dès Avril 1970 dans des déclarations fulminantes faites aux correspondants de presse occidentaux à Pékin. Et aussi dans une interview accordée à M. Alain Peyrefitte (à Pékin également) avant la chute de Phnom-Penh et publiée dans «Paris Match» du 3 Mai 1975. Cette interview contient des propos d’une rare cruauté à l’égard de tous ceux dont il voulait se venger. En particulier les Phnompenhois, avec l’annonce de leur déportation préméditée.
5) - C’est-à-dire après les accords de Paris du 27 Janvier 1973 sur le Vietnam, dont l’article 20 stipulait que toutes les forces étrangères (nord-vietnamiennes en l’occurrence) devaient se retirer du Cambodge (ainsi que du Laos).
6) - Rappelons à ce sujet qu’en Mars 1973 le Prince Sihanouk a poussé sa complicité avec les Khmers Rouges jusqu’à se déguiser en «maquisard» pour aller visiter leurs «zones libérées» dans le nord du Cambodge. | | | À: Alan · 12 novembre 2006 à 11:00 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 58 de 125 · Page 3 de 7 · 2 534 affichages · Partager Bonjour ALAN, les deux textes que tu as presentes sont sources pour moi et j'espere pour d'autres de nombreuses reflexions...En 72, j'etais etudiant et au quartier latin on pouvait trouver des documents de la propagande du GRUNK (gouv royal d'union nationale do cambodge)vice 1er minitre Khieu samphan et ministe de la defense nationale, Cc'est lui qui deviendra president de le republique khmere avec pour 1er ministre Pol POT...Dans les docs, les references au Roi sont largement presentees, ilfait figure de caution (volotaire ou pas de sa part?Bcp de cambodgiens repondent invol;;;?)...C'est vrai que l'on a presque rien sur 60/70 Le merite du "PORTAIL"de bizot est d'aborder la periode en 70...le dernier texte que tu presentes sous evalue peut etre le role determinant du viet cong, le premier lui fait reference aux americains qui ont arme les KR au plus fort du genocide...Quant au regime KR, il achetait au debut et aussi en suite les armes en Chine, remunerees en riz (principale cause des famines) la monnaie ayant etees abolies Les responsabilites internationales sont enormes, France y compris, le premier a reconnaitre le regime GRUNK est VGE,.QUE DIRE du PCF qui a forme politiquement K S et P P...?Bcp, bcp de questions. Je suis par contre persuade que LA MEMOIRE des victimes exige autre chose que de la poilitique politicienne.Les historiens ont du pain sur la planche!Merci des infos... | | | À: Alan · 12 novembre 2006 à 17:17 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 59 de 125 · Page 3 de 7 · 2 521 affichages · Partager Par Raoul-Marc JENNAR, Docteur en études khmères et auteur de l'ouvrage les Constitutions du CAMBODGE (53 / 93)...
Quand, en décembre 1978, après trois années d’attaques des Khmers rouges contre son territoire, le Vietnam envahit le Kampuchéa démocratique – nom donné par les Khmers rouges au Cambodge –, le monde découvre les crimes de masse des années Pol Pot . Toutefois, au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU), une alliance se noue entre les Etats-Unis, la Chine et leurs alliés pour condamner un « changement de régime issu d’une intervention étrangère ». Les Cambodgiens ont eu le tort d’être libérés de la barbarie par un allié de l’Union soviétique !La nouvelle République populaire du Kampuchéa (RPK) n’est donc pas reconnue. C’est l’ambassadeur khmer rouge Thiounn Prasith qui va conserver, pendant les quatorze années qui suivent, le siège du Cambodge à l’ONU. Les bourreaux représentent leurs victimes, alors même que, dans les zones encore sous leur contrôle, ils continuent de massacrer des populations. Pour Washington, les principaux dirigeants de l’ex-Kampuchéa démocratique sont considérés comme des « personnalités non communistes » qu’il faut soutenir dans leur lutte contre l’occupation vietnamienne. Occidentaux et Chinois reconstituent, en Thaïlande, l’armée de Pol Pot.Dès lors, la Commission des droits de l’homme de l’ONU refuse, en 1979, de se prononcer sur un rapport contenant neuf cent quatre-vingt-quinze pages de témoignages sur les violations massives des droits fondamentaux au Kampuchéa démocratique. Pendant la décennie suivante, les efforts de la RPK, de survivants comme Dith Pran et de militants des droits humains comme M. David Hawk pour obtenir le jugement des dirigeants khmers rouges sont systématiquement bloqués par l’institution internationale.Lorsque commencent les négociations de paix en 1989, et conséquence de la volonté d’y associer les Khmers rouges – dont on sait qu’elle conduira à l’échec de la pacification du Cambodge par l’ONU –, l’impasse est faite sur les crimes commis par le régime de Pol Pot. Les termes « crimes contre l’humanité » et « génocide » sont bannis de tout document officiel. Les accords de Paris sur le Cambodge (1991) utilisent la formule « les politiques et les pratiques du passé » pour désigner l’élimination de près d’un tiers de la population cambodgienne.Pour les survivants, un procès est une nécessité. Car ces événements n’ont pas, à ce jour, été sanctionnés par une juridiction neutre et impartiale. Il en résulte non seulement une impunité intolérable (comment exercer la justice au quotidien quand les plus grands criminels vivent en liberté ?), mais aussi un champ ouvert aux révisionnistes de tous bords. Que le mouvement des Khmers rouges ait pu faire l’objet, en 2003, de la part du président d’un des trois partis représentés à l’Assemblée nationale, de félicitations « pour son action au cours des trente dernières années » indique à quelles dérives peut conduire cette carence judiciaire.Sans doute un « tribunal populaire révolutionnaire » a-t-il jugé, en 1979, le Kampuchéa démocratique à travers deux de ses dirigeants : Pol Pot et M. Ieng Sary, son vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères, condamnés à mort par contumace. Ce procès, qui a permis à de nombreux survivants de témoigner, est toutefois entaché dans la mémoire collective cambodgienne par le fait qu’il s’est tenu sous l’influence vietnamienne. Or la propagande des Khmers rouges n’a pas cessé, jusqu’à l’extinction du mouvement en 1998, d’attribuer aux Vietnamiens les massacres du régime de Pol Pot. Et cette explication a fourni et continue de fournir une réponse appréciée par la jeunesse cambodgienne – 51 % de la population a moins de 18 ans.On doit donc considérer comme très positif que le procès, finalement décidé par le gouvernement du Cambodge et les Nations unies en 2003, et qui devrait commencer en 2007, se tienne sur place et dans la langue du pays.C’est par une lettre à son secrétaire général, en juin 1997, que les autorités cambodgiennes demandent « l’aide de l’ONU et de la communauté internationale afin de juger ceux qui ont été responsables de génocide et de crime contre l’humanité pendant le régime des Khmers rouges ». « Etablir la vérité » et « juger les responsables » sont les deux objectifs définis dans cette requête à laquelle accède l’Assemblée générale de l’ONU à la fin de l’année. De nombreuses difficultés vont ensuite surgir, qui réclameront sept ans de négociations. Une amnistie royaleL’ONU propose un tribunal international. Le Cambodge préfère une juridiction nationale assistée de magistrats et de conseillers étrangers. L’ONU exige alors le respect de critères juridiques internationaux, demande des garanties sur l’arrestation des suspects et réclame la participation de magistrats internationaux à tous les stades de la procédure. Un problème se pose en effet : les magistrats cambodgiens sont tous juges et parties, dans la mesure où ils sont tous des survivants du régime de Pol Pot et des parents de victimes. En outre, il est manifeste que la magistrature cambodgienne, reconstituée après 1979, est loin d’atteindre un niveau adéquat de compétence et d’indépendance.Une loi votée en 2001 est amendée en 2004 pour que le fonctionnement de ces « chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens [CEC] destinées à juger les auteurs des crimes commis sous le régime khmer rouge » – nom officiel du tribunal – soit acceptable par l’ONU : l’instruction sera sous la responsabilité conjointe d’un procureur cambodgien et d’un procureur proposé par l’ONU, assistés chacun d’un juge d’instruction de même origine ; la chambre de première instance et la Cour suprême seront composées de juges cambodgiens et internationaux. chaque fois, l’accord d’un magistrat international sera requis.Il faudra encore deux ans avant que le budget – 56 millions de dollars – soit réuni par l’ONU et par le gouvernement cambodgien et que les magistrats (dix-sept cambodgiens et huit internationaux) prennent leurs fonctions. Les accusés seront poursuivis pour violations du droit pénal cambodgien, du droit humanitaire international et des traités ratifiés par le Cambodge. Ce tribunal sera compétent pour juger des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des violations de la convention de La Haye sur le patrimoine culturel.Certains nient qu’il y ait eu génocide. Or cette qualification paraît incontestable s’agissant de l’élimination de près de 40 % de la population de confession musulmane, les Chams, pour la seule raison qu’ils étaient chams. Elle semble tout aussi avérée pour les milliers de personnes exécutées parce qu’elles n’avaient pas « une âme khmère dans un corps khmer » : Khméro-Thaïs, Sino-Khmers et surtout Khméro-Vietnamiens ou suspects de sympathie pour le Vietnam.Du gouvernement de Pol Pot, de la direction de l’Angkar – l’« Organisation », nom par lequel se désignait le Parti communiste du Kampuchéa démocratique – et de l’appareil de sécurité – le Santebal (police politique) et le centre de torture et d’exécution S-21 –, sont encore en vie : M. Khieu Samphan (chef de l’Etat) ; M. Nuon Chea (connu sous le nom de « Frère no 2 », il était l’homme le plus puissant après Pol Pot) ; M. Ieng Sary (vice-premier ministre) ; Mme Khieu Thirith (épouse de M. Ieng Sary, ministre et membre du comité central) ; M. Thiounn Mumm (ministre) ; M. Keat Chhon (ministre) (5 ) ; M. Thiounn Prasith (ambassadeur à l’ONU, il est l’homme qui connaît le mieux le rôle joué par les Etats-Unis entre 1979 et 1990). Encore en vie également, M. Kang Kek Ieu, alias « Douch », responsable du centre S-21. Enfin, MM. Sou Met et Meah Mut, qui commandaient respectivement la force aérienne et la force navale. A l’exception de M. Thiounn Prasith, qui semble bénéficier d’une protection américaine, tous résident au Cambodge. Mais tous feront-ils l’objet d’une instruction à charge et à décharge ? C’est une des grandes inconnues du procès. Elle résulte de la manière dont la pacification est intervenue entre le départ de l’ONU, en 1993, et la reddition du dernier bastion khmer rouge, en 1998. M. Ieng Sary a rallié le gouvernement en 1996 et a même bénéficié d’une amnistie royale après sa condamnation de 1979. MM. Khieu Samphan et Nuon Chea se sont rendus fin 1998. MM. Sou Met et Meah Mut ont intégré les forces armées cambodgiennes. Seul « Douch » se trouve en prison. Le nombre et la qualité des personnes poursuivies permettront de juger la crédibilité de ce procès.Autre question : l’instruction proposera-t-elle de déclarer organisations criminelles l’Angkar – organisation administrative suprême du régime –, au nom de laquelle les massacres ont eu lieu, et le Santebal ? Ou à tout le moins le comité permanent du comité central du Parti communiste du Kampuchéa démocratique qui a décidé et planifié les massacres ? Ce choix permettrait de poursuivre tout individu au seul motif qu’il faisait partie de ces instances, vingt-sept ans avant que l’instruction du procès commence, le 3 juillet 2006. Entre-temps, Pol Pot, Son Sen (ministre de la défense et responsable du Santebal), Yun Yat (ministre), Thiounn Thioeunn (ministre), Ta Mok (chef du commandement militaire) et son adjoint Ke Pauk sont morts. Ils avaient tous bénéficié de la protection de la « communauté internationale » entre 1979 et 1993. Son Sen faisait même partie du Conseil national suprême créé par les accords de Paris (1991) et chargé d’incarner, pendant la période de transition, la souveraineté nationale !Les Etats-Unis ont accepté le principe d’un procès à condition que le tribunal ne soit compétent que pour les crimes commis au Cambodge entre le 17avril1975 et le 6 janvier 1979. Ne seront donc pas jugés les responsables étrangers de la tragédie, avant comme après la période du Kampuchéa démocratique. Aucun haut responsable civil ou militaire thaïlandais ne sera appelé à la barre, alors que ce pays n’a cessé de s’ingérer dans les affaires cambodgiennes, dès 1953, alors qu’il n’a rien négligé pour déstabiliser le Cambodge neutraliste avant 1970, et qu’il a servi de base arrière à l’armée de Pol Pot de 1979 à 1998.Les dirigeants de Singapour, qui fut la plaque tournante de l’approvisionnement de l’armée de Pol Pot après 1979, ne seront pas davantage mis en cause. Pas plus que les gouvernements européens, conduits par le Royaume-Uni, impliqués dans la fourniture d’armes et de munitions aux Khmers rouges entre 1979 et 1991. Ni M. Henry Kissinger pour sa responsabilité dans les bombardements de mars 1969 à mai 1970, dans le coup d’Etat du 18 mars 1970 qui a renversé Sihanouk, et dans l’invasion du Cambodge en avril 1970. Et pas davantage le président américain James Carter et son conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski, qui ont fait le choix, en 1979, de condamner la libération du Cambodge par le Vietnam, d’imposer à ce pays un embargo total et de soutenir la reconstitution de l’armée de Pol Pot. Un choix qui est demeuré celui des administrations de Ronald Reagan et de M. George Bush (père) jusqu’en 1990... | | | À: Alan · 23 novembre 2006 à 14:48 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 60 de 125 · Page 3 de 7 · 2 493 affichages · Partager Allocution prononcée par M. Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'occasion du dîner d'État offert en l'honneur de sa Majesté le Roi NORODOM Sihamoni du Cambodge. Palais de l'Élysée, Paris, le lundi 20 novembre 2006
Sire, En Vous souhaitant la plus chaleureuse et cordiale bienvenue, mon épouse et moi-même nous faisons les interprètes de toutes les Françaises et de tous les Français, honorés que vous ayez choisi la France pour votre première visite d'État. La relation entre le Cambodge et la France, c'est cette belle et exceptionnelle amitié que célébrait, déjà, il y a tout juste un siècle, l'éclatante visite à Paris de Sa Majesté le roi Sisowath et que marquèrent par la suite tant de visites, tant d'échanges et tant de souvenirs. C'est une appartenance commune à la Francophonie, dont Sa Majesté le Roi père fût l'initiateur aux côtés des Présidents Bourguiba, Senghor et Amani Diori. Je Vous remercie de transmettre au Roi Sihanouk, un grand ami de la France auquel m'attache des liens personnels depuis si longtemps, ainsi qu'à la Reine Monique, un message d'estime, de confiance, d'amitié et d'affection profonde. C'est ce message que portait déjà le général de Gaulle en s'adressant, voici quarante ans, à Votre père et à son peuple réunis au Stade national de Phnom Penh. Comment ne pas citer les mots par lesquels il souligna alors nos affinités : "De part et d'autre, une histoire chargée de gloires et de douleurs, une culture et un art exemplaire, une terre féconde, aux frontières vulnérables, entourée d'ambitions étrangères et au-dessus de laquelle le péril est sans cesse suspendu". Comment ne pas se remémorer l'appel qu'il lança pour conjurer les périls, plaider pour la paix et soutenir la volonté du Cambodge de rester en dehors du conflit qui ravageait son grand voisin. Cet appel prémonitoire ne fût pas entendu. Entraînée malgré elle dans un conflit qui n'était pas le sien, martyrisée par d'implacables bourreaux, la nation khmère fût près de périr tout entière. De longues et tragiques années d'enfermement et de folie génocidaire pour le Cambodge. Une des pages les plus sombres pour l'histoire de l'humanité. Permettez-moi, en ce jour, devant vous, de rendre un solennel hommage aux millions de victimes du génocide ; de former le vœu que jamais leur souvenir ne s'efface ; le vœu qu'il soit, pour toutes les générations présentes et à venir, le rappel constant des dérives implacables où peuvent mener l'illusion totalitaire et la démesure du pouvoir. Sire, Après le temps de la déchirure, c'est à Paris que le Cambodge retrouva la paix, la vie, l'espoir, l'unité nationale autour de son Roi par la conclusion des Accords du 23 octobre 1991. Avec l'aide des Nations Unies, la nation khmère s'est reconstruite. La France est fière de se tenir encore et toujours à ses côtés pour l'aider à vivre dans la paix et la prospérité. La paix repose sur l'engagement de tous à parachever l'œuvre de réconciliation nationale. Elle passe par l'instauration résolue de la démocratie, le renforcement de l'état de droit, le respect des droits de l'Homme. Mais nous savons que les cœurs et les esprits ne pourront trouver la paix tant que les responsables du génocide n'auront pas été jugés. C'est là un impératif fondamental de justice. C'est là le devoir des Chambres extraordinaires mises en place avec l'appui de la communauté internationale. Sire, Pour que le peuple Khmer accède à la prospérité, Vous souhaitez renforcer l'éducation et la santé, moderniser l'agriculture, développer les infrastructures, ouvrir le Cambodge sur son environnement régional et sur le monde, mettre en valeur son incomparable potentiel touristique. Dans cette démarche, Vous pouvez compter sur l'appui de la France. Le Cambodge est et restera en tête des priorités de notre coopération. Vous pouvez aussi compter sur le soutien de nos entreprises. Elles croient en l'avenir du Cambodge, comme en témoigne la présence parmi nous ce soir des principaux responsables économiques français. J'encourage les Françaises et les Français à redécouvrir les incomparables beautés de Votre Royaume, notamment le site d' Angkor dont les temples, rêves de pierre et de végétation, demeurent les clés de l'âme Khmère. Avec passion et compétence, l'École française d'Extrême-Orient en a préservé l'héritage. Grâce à elle, nous continuons d'admirer l'imposante majesté d' Angkor Vat ou la statuaire énigmatique du Bayon. Permettez-moi également de saluer l'ensemble des acteurs de notre coopération, et notamment les ONG, qui se sont engagées aux côtés du Cambodge. Leur mobilisation a transformé la vie quotidienne de milliers de Cambodgiens et des projets ambitieux ont pu voir le jour, en particulier dans le domaine de la santé avec l'Université des sciences de la santé de Pnhom Penh, l'hôpital Calmette ou l'institut Pasteur.
Je veux également exprimer ma reconnaissance au rôle irremplaçable joué par la communauté des Français d'origine cambodgienne. Nombreuse et talentueuse, elle apporte un irremplaçable souffle de dynamisme et de compréhension aux relations entre nos deux nations. Sire, La France sait à quel point l'unité, la paix et la prospérité du Cambodge reposent sur la haute autorité morale incarnée par son souverain. Aussi, je lève mon verre en l'honneur de Votre Majesté et en la réussite de Son règne. Je le lève à la santé de Leurs Majestés le Roi Père et la Reine Monique. Je le lève à la santé de la nation khmère et à l'amitié séculaire qui unit nos deux peuples. Vive le Cambodge ! Vive la France ! Vive l'amitié franco-cambodgienne ! |
Je pense que ce document a toute sa place dans notre sujet de discussion meme si il depasse la seule question du genocide...
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