Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Alan · 1 juillet 2006 à 16:31 · 6 photos 125 messages · 21 participants · 20 082 affichages | | | | À: Alan · 27 février 2007 à 22:49 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 81 de 125 · Page 5 de 7 · 1 955 affichages · Partager Si tu en fais "beaucuop", c'est parce que par ailleurs "on" en parle que très peu !
En dehors es personnes ayant vu le film La déchirure, le public occidental non averti ignore tout de cet événement, jusqu'à son existence même.
Pourtant, c'était au cours des années 1970. C'est récent. Mais ce fut bien peu médiatisé, c'est ça le problème !
Y a-il eu une discussion à l'ONU pour savoir si on devait envoyer des forces armées pour sécuriser et sa population ? | | | À: Alan · 28 février 2007 à 10:35 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 82 de 125 · Page 5 de 7 · 1 948 affichages · Partager Histoire de faire remonter ce topic qui me tient à coeur,
Merci Alan!
voici une déclaration de Samdech Hun Sen, relayé par l'agence Kampuchea presse à propos des Killing Fields, en date d'ajourd'hui.....
Si ce Samdech (je n'aime pas trop ce titre, qui veut dire prince/son excellence) pense vraiment ce qui'il dit, le procès aurait lieu bien longtemps deja.
Les questions que je me pose sur ce procès: est ce que ce procès n'est pas un moyen comme un autre pour certains de gagner de l'argent sur le dos des victimes? est ce que les dirigeants Cambodgiens ainsi que les certains pays concernés ( etats-unis, france, chine,...) ont vraiment la volonté que ce procès ait lieu? | | | À: AsiatDuCoin · 28 février 2007 à 20:27 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 83 de 125 · Page 5 de 7 · 1 944 affichages · Partager Les questions que je me pose sur ce procès:
- est ce que ce procès n'est pas un moyen comme un autre pour certains de gagner de l'argent sur le dos des victimes?
- est ce que les dirigeants Cambodgiens ainsi que les certains pays concernés (etats-unis, france, chine,...) ont vraiment la volonté que ce procès ait lieu?
...... certainement...... ! mais c'est aussi une manière d'en parler, et puis il ne faut pas cacher que des dizaines de millions de dollars ont été investis pour voir se mettre en place ces fameuses " chambres extraordinaires " et que trés certainement des khmers doivent se régaler financièrement...... quand on connaît le degré de corruption de ce pays...... !!! mais c'est également une façon de voir évoluer le système juridique de ce pays plus rapidement, et je pense aussi un moyen de faire connaître ce génocide aux yeux des plus jeunes, car une partie de cette jeunesse est toujours convaincue que ce génocide est une conséquence de " l'invasion vietnamienne " et non d'une guerre civile entre khmers de même sang.....
Aprés c'est sûr que les dirigeants Cambodgiens freinent des deux pieds, mais en même temps aux yeux des khmers ils passent pour des gens soucieux de faire connaître la vérité à tout un chacun...... cupidité, mauvaise foi, corruption, un cocktail khmer toujours d'actualité au pays du sourire quelque peu retrouvé...... | | | À: Alan · 1 mars 2007 à 10:50 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 84 de 125 · Page 5 de 7 · 1 933 affichages · Partager Alors que l’instruction du procès des anciens responsables khmers rouges vient de débuter, les médias du pays commencent à s’emparer du sujet. Après vingt ans d’un relatif silence, quelques articles ou quelques heures de programme y sont régulièrement consacrés. Les radios se montrent les plus dynamiques, certaines ayant créé des programmes spéciaux. La plus active est sans conteste Radio 102, la station du Women Media Center, qui diffuse depuis trois mois une émission hebdomadaire grâce au soutien de l’organisation américaine Open Society Initiative. Au programme de chacune des 24 émissions prévues : un invité, un reportage ou un portrait et, surtout, les appels des auditeurs invités à participer et à poser des questions. “Notre émission est comme un compte à rebours jusqu’au début des audiences. Nous essayons de mobiliser les gens pour qu’elles se tiennent le plus rapidement possible”, explique Chea Sundaneth, directrice du Women Media Center. Côté presse écrite, seul le Rasmey Kampuchea, un des journaux les plus populaires du pays, fait l’effort de tenir une chronique deux fois par semaine sur les Khmers rouges. Sarak Mony, chef du bureau de la rédaction, explique ce que l’imminence du jugement des responsables khmers rouges a entraîné comme changement dans la façon de traiter le sujet. “Auparavant, il nous arrivait de parler du régime khmer rouge, mais nous nous fondions sur des documents d’Etat datant des années 1980. Depuis la mise en place des chambres extraordinaires chargées de juger les exactions commises durant le régime du Kampuchéa démocratique, notre but est d’informer les lecteurs pour qu’ils comprennent la nécessité de ce procès et l’importance de leur participation. Mais nous prenons bien garde à ne pas attiser la colère ou l’esprit de vengeance”, Malgré l’absence de formation spécifique, la seule perspective du procès aurait déjà permis d’améliorer le traitement des sujets sur le régime khmer rouge, selon Youk Chhang, directeur du centre de documentation sur le génocide, le DC-Cam. L’approche journalistique serait plus professionnelle, davantage attachée aux faits. explique-t-il. Ce responsable du plus grand journal cambodgien regrette néanmoins qu’aucune formation n’ait été prévue pour les journalistes afin de les aider à comprendre la procédure. “On ne voit presque plus de sujets biaisés par la politique ou la subjectivité de l’auteur. Les journalistes semblent désormais prendre la peine de se fonder sur des documents de référence”, explique-t-il. Il fait remarquer néanmoins que les chaînes de télévision, un des vecteurs d’information les plus efficaces pour pénétrer dans les foyers, sont encore à la traîne. “Les chaînes de télévision n’ont créé aucune émission spéciale et se contentent de suivre l’actualité”, regrette-t-il. Chheang Bopha Cambodge Soir | | | À: Alan · 3 mars 2007 à 22:33 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 85 de 125 · Page 5 de 7 · 1 917 affichages · Partager www.lexpress.fr/...ssier.asp?ida=455935
LEXPRESS.fr du 28/02/2007 Cambodge Le génocide impuniSylvaine Pasquier Qui sera jugé pour les crimes commis par les khmers rouges? Près de huit mois après sa mise en place, le tribunal parrainé par les Nations unies n'est toujours pas opérationnele Nuremberg cambodgien aura-t-il jamais lieu? Le procès des chefs khmers rouges, responsables d'un génocide qui voua à la mort près de 1 Cambodgien sur 4, entre 1975 et 1979, risque de tourner court avant même d'avoir commencé. Mises en place à Phnom Penh en juillet 2006, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) - nom officiel du tribunal spécial parrainé par les Nations unies - ne sont toujours pas opérationnelles. Des divergences de fond opposent les magistrats internationaux - minoritaires en nombre - à leurs homologues cambodgiens. Alarmées par la nomination de juges locaux inféodés au pouvoir, dont celle du général Ney Thol, président de la cour martiale du royaume, les ONG redoutent les interférences politiques. Sans parler de la corruption qui infeste le régime du Premier ministre, Hun Sen... Les principaux chefs khmers rouges Décédés Pol Pot, alias Frère n° 1, né en 1925 ou 1928. Chef politique du mouvement et Premier ministre du Kampuchéa démocratique (KD). Décédé en avril 1998 près d'Anlong Veng (nord du pays).Son Sen, né en 1930. Ministre de la Défense du KD. Assassiné en juin 1997 à Anlong Veng, sur ordre présumé de Pol Pot.Ta Mok, dit «le Boucher», né en 1925. Chef militaire. Arrêté en 1999 et incarcéré à Phnom Penh. Mort en détention en juillet 2006.
En vie Nuon Chea, alias Frère n° 2, né en 1927. Idéologue et chef de la Sécurité du KD. S'est rallié au gouvernement de Phnom Penh en 1998. Vit près de Païlin. Ieng Sary, alias Frère n° 3, né en 1929. Ministre des Affaires étrangères du KD. Rallié au gouvernement de Phnom Penh en 1996, il a bénéficié d'une grâce royale. Possède une villa dans la capitale. Khieu Samphan, né en 1931. Chef de l'Etat du KD. S'est rallié au gouvernement de Phnom Penh en 1998. Vit à Païlin. Selon de récentes allégations, les quelque 180 Cambodgiens membres du personnel des CETC seraient contraints de reverser entre 20% et 30% de leur salaire à des «responsables gouvernementaux» pour pouvoir conserver leur emploi. Affirmant que les juges sont eux-mêmes impliqués, une organisation juridique, l'Open Society Justice Initiative (OSJI), basée à New York, réclamait à la mi-février une enquête urgente sur ces pratiques. Les officiels cambodgiens des CETC nient avec indignation. Or, «dans un cas au moins, confie une source qui requiert l'anonymat, un employé récalcitrant, chauffeur d'un magistrat étranger, a été licencié parce qu'il refusait, sur les conseils de celui-ci, de verser la dîme. Il a fallu que le juriste tape sur la table pour qu'il soit réengagé». Cependant, Sean Visoth, directeur administratif du tribunal, a aussitôt interdit l'accès des locaux aux représentants de l'OSJI - une ONG que son adjointe des Nations unies, Michelle Lee, tient au contraire pour «un partenaire de valeur». On attend les résultats d'un audit indépendant mené du 29 janvier au 2 février, dans les comptes des chambres. Mais les billets de banque remis dans une enveloppe à un fonctionnaire ne laissent guère de traces... Pour l'heure, un danger majeur plane sur le procès. Jusqu'ici, les deux groupes de magistrats n'ont pas réussi à adopter le code de procédure interne, indispensable à la poursuite du processus. Selon l'accord signé par les Nations unies et Phnom Penh en 2003, le tribunal doit appliquer la loi cambodgienne tout en respectant les normes internationales de justice. Gardiens des intérêts du pouvoir, qui veut maintenir le procès sous contrôle, les juges cambodgiens se cramponnent à la souveraineté nationale pour contrecarrer leurs homologues onusiens. L'un des plus actifs dans ce rôle serait Kong Srim, un protégé de l'influent vice-Premier ministre Sok An, homme de confiance de Hun Sen. Qu'il s'agisse des règles d'interrogatoire ou du rôle des procureurs, de sérieux désaccords subsistent. L'un des plus préoccupants concerne les modalités de participation d'avocats non cambodgiens. «Nous sommes violés par les étrangers», clamait en novembre dernier le bâtonnier Ky Tech, à la tête du barreau cambodgien. Il exige un droit de regard sur l'accréditation de tel ou tel de ces défenseurs.Une quinzaine d'accusés potentiels, dont certains toujours en fonction Ce mois de mars, à Phnom Penh, une rencontre de la dernière chance réunira les magistrats chargés de mettre au point le règlement intérieur. Les juristes internationaux ont averti qu'ils n'accepteraient pas une parodie de justice. «Nous nous attendions à ce blocage», souligne Billon Ung Boun Hor, secrétaire générale du Comité des victimes des Khmers rouges. Le temps presse. La plupart des hiérarques du régime de Pol Pot, fort avancés en âge, risquent de s'éteindre sans être jugés. En cas d'échec, qu'adviendra-t-il? Des démissions individuelles seraient la «pire des solutions», a expliqué Marcel Lemonde, cojuge d'instruction français, ajoutant que l'ensemble de ses pairs s'orientent plutôt vers une position commune: ils «se retourneraient [alors] vers l'ONU, en lui demandant d'envisager le retrait de la participation internationale au tribunal». Une décision qui sonnerait le glas d'un procès auquel, selon les enquêtes des ONG, 97% de la population seraient favorables. Marcel Lemonde espère ne pas en arriver là. L'un de ses collègues confiait récemment à un tiers être «optimiste à 50%» - c'est-à-dire également pessimiste - quant à la suite des événements. Selon une source bien informée, l' «impasse actuelle n'est qu'une manœuvre inspirée par le pouvoir cambodgien pour arracher le maximum de concessions». Sur quel point? «Il existerait une liste d'accusés potentiels, établie par des magistrats internationaux où figurent une quinzaine de noms, dont ceux de généraux cambodgiens en fonction. C'est au-delà de ce que Hun Sen peut tolérer». Ancien chef d'unité khmer rouge, l'omnipotent Premier ministre, au pouvoir depuis 1985, a bataillé des années avant d'accepter un procès dont il espère désormais tirer légitimité - à condition que celui-ci ne lui échappe pas. Aller à la rupture serait un désastre pour ses ambitions - dopées par la découverte de pétrole au large des côtes cambodgiennes. «Avide de reconnaissance, Hun Sen rêve aujourd'hui d'être invité à Washington», estime un survivant du génocide. Ces jours-ci, les Etats-Unis ont annoncé la reprise de l'aide américaine directe à Phnom Penh, interrompue depuis le coup d'Etat de 1997. C'est assez pour alarmer les partisans d'une véritable justice, celle qui mettrait fin, souligne l'écrivain Ong Thong Hœung, «à l'inacceptable impunité, qui est le cancer de la société cambodgienne». Trente ans d'attente 1975-1979Régime de terreur totalitaire instauré par les khmers rouges. Quelque 2 millions de Cambodgiens trouvent la mort.
1997Hun Sen et Norodom Ranariddh, co-Premiers ministres du Cambodge, demandent l'aide des Nations unies pour juger les chefs khmers rouges.
1999Un groupe d'experts onusiens préconise la création d'un tribunal international ad hoc. Phnom Penh affirme sa préférence pour un procès devant une cour cambodgienne.
2000Accord de principe pour la participation de magistrats étrangers.
2001L'Assemblée nationale du Cambodge adopte un projet de loi instaurant une juridiction à «caractère international».
Février 2002Estimant que l'indépendance de ce tribunal n'est pas garantie, le secrétaire général de l'ONU interrompt les négociations.
Décembre 2002L'Assemblée générale onusienne adopte, à l'initiative de la France et du Japon, une résolution permettant la reprise des négociations.
2003 Signature d'un accord entre l'ONU et le gouvernement cambodgien pour un tribunal à participation internationale.
Juillet 2006Les magistrats cambodgiens et étrangers prêtent serment. | | | À: Alan · 5 mars 2007 à 9:57 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 86 de 125 · Page 5 de 7 · 1 908 affichages · Partager Les ossements à Choeung Ek sont des preuves importantes du génocide”, a dit hier le Premier ministre Hun Sèn à l’occasion de l’ouverture du chantier de construction du pont Prêk Chhrey, situé à 1 km au sud du Musée génocidaire de Choeung Ek.
Samdech Hun Sèn s’est ensuite opposé à la crémation des ossements des victimes du régime Khmer rouge pour que les âmes des victimes connaissent la paix. “Si ces ossements disparaissaient, nous ne pourrions pas juger les dirigeants Khmers rouges”, a-t-il souligné avant d’expliquer que la préservation de ces ossements et de tous les ossuaires disséminés dans le pays ne s’inscrit pas dans une stratégie de développement du tourisme, mais répond à la nécessité de conserver les preuves du génocide pour le procès.
Le chef du gouvernement cambodgien a, par ailleurs, dit qu’une fois construit, le pont Prêk Chhrey facilitera non seulement la circulation routière des habitants locaux, mais aussi la visite du Musée génocidaire de Choeung Ek qui a, selon lui, accueilli en 2006 140 000 visiteurs.
D’après les chiffres du Centre de documentation du Cambodge, 343 champs d’extermination et 19 440 fosses communes du régime génocidaire des Khmers rouges ont été découverts dans tout le pays. -- AKP
Strategie de developpement du tourisme! Bon, il y a de quoi "debattre"... mais si c'est une volonte politique alors il n'y a aucune raison pour justifier une non cremation des ossements! Dans la culture khmere le respect du aux morts est fondamental, les esprits des morts sous le regime KR sont des esprits errants !... Faut il se rendre dans ces lieux de memoire ? Je l'ignore...Par contre une visite au centre BOPHANA me semble indispensable meme si il semble qu'elle ne soit pas gratuite et qu'une nouvelle fois de l'argent se fait sur la souffrance et la mort des victimes! un lien: voyageforum.com/...earch_string=bophana ; | | | À: Rogerbarthas · 5 mars 2007 à 16:38 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 87 de 125 · Page 5 de 7 · 1 902 affichages · Partager Le tortionnaire DUCH serait susceptible d'etre liberer en novembre 2008 selon la loie Cambodgienne! C'est du moins ce qui se discute à PHNOM PENH! | | | À: Rogerbarthas · 6 mars 2007 à 15:35 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 88 de 125 · Page 5 de 7 · 1 893 affichages · Partager Cambodge : Procès des Khmers rouge en 2008 ?Initialement prévues pour juin 2007, les premières comparutions publiques des responsables du régime de Pol Pot n’auront sans doute pas lieu avant le début 2008 au Cambodge. A condition que les règlements internes soient acceptés par tous et adoptés lors de la prochaine réunion prévue en mars (voir post : trungdungvo.blog.lemonde.fr/...reunira-en-mars-... ) Parmi les accusés évidents : Nuon Chea, « frère numéro 2 », chargé de la sécurité, Ieng Sary, ex. ministre des Affaires étrangères du régime, son épouse Khieu Thirith, ex. ministre des Affaires sociales et Khieu Samphan, le « porte-parole » de Pol Pot. D’autres responsables au niveau légèrement inférieur pourront être mis en accusation. La liste reste, pour le moment, confidentielle mais les « milieux informés » parlent d’une vingtaine de personnes. Les noms qui y figurent étaient à l’origine du blocage de la dernière tentative de l’adoption des règlements internes permettant l’overture de l’instruction. 28 février 2007 Publié | | | À: Rogerbarthas · 6 mars 2007 à 17:37 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 89 de 125 · Page 5 de 7 · 1 886 affichages · Partager | | | À: Hialle · 9 mars 2007 à 6:54 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 90 de 125 · Page 5 de 7 · 1 869 affichages · Partager Procès des Khmers rouges : réunion de la dernière chance Les magistrats internationaux et cambodgiens planchent une nouvelle fois sur le règlement intérieur des Chambres extraordinaires chargées de juger les Khmers rouges. L'avenir du tribunal est en jeu. Le logotype des CETC Après un week-end prolongé à Bangkok, où ils ont tenté de s'entendre sur une stratégie commune, les magistrats internationaux du Comité de révision du règlement intérieur ont retrouvé mercredi leurs homologues cambodgiens à Phnom Penh pour tenter de s'entendre sur les règles de fonctionnement des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) . Leurs travaux doivent se conclure le 16 mars, avant d'être poursuivis, et avalisés dans le meilleur des cas, par l'ensemble des magistrats réunis en assemblée plénière. C'est la troisième fois depuis novembre que le Comité chargé du règlement intérieur se réunit, jusqu'ici sans succès.
Selon une source proche des CETC, deux visions des choses s'opposaient jusqu'ici du côté international : les "puristes", qui jugent inacceptable toute tentative d'interférence du politique et refusent de faire la moindre concession sur le respect des standards internationaux, et les adeptes du compromis, plus enclins à accepter quelques entorses aux standards pour sauver le procès. "Ce séjour à Bangkok avait pour objectif de déterminer les points sur lesquels se battre et les compromis possibles", commente cette source. La question de fond qui traverse ces débats est de savoir si un tribunal respectant les standards internationaux peut s'accommoder de concessions aux intérêts du politique. Car si le gouvernement cambodgien veut d'un procès, il ne veut pas d'un procès qui lui échappe et se retourne un jour contre lui, rappelle Hisham Mousar, coordinateur des affaires relatives au procès des Khmers rouges à l'Association cambodgienne pour la défense des droits de l'homme et le développement (l'ADHOC) : l'adoption du règlement intérieur dépendra donc de la capacité des magistrats étrangers à s'accommoder de cette volonté de contrôle, voire à la contourner, cette seconde hypothèse supposant que Phnom Penh consente finalement à lâcher du lest, ce que les observateurs jugent peu probable.
Un des principaux points de blocage concerne le rôle de la Chambre préliminaire chargée de trancher les différends entre les deux coprocureurs (un Cambodgien et un étranger). Si les deux hommes ne s'entendent pas, par exemple, sur un nom figurant dans la liste des inculpés, c'est à la Chambre préliminaire de trancher, à l'issue d'un vote à la "supermajorité" qui suppose qu'au moins un magistrat international vote avec les magistrats cambodgiens, ou inversement. Les possibilités de blocage sont donc nombreuses. Toute la question est de savoir si dans un tel cas les poursuites s'arrêteront automatiquement - position défendue par la partie cambodgienne - ou se poursuivront. Autrement dit : accorde-t-on à la Chambre préliminaire le pouvoir d'interrompre des poursuites, alors que ses audiences sont secrètes et non contradictoires ? Certains magistrats internationaux s'y refusaient jusqu'ici et voulaient limiter les pouvoirs de cette Chambre préliminaire, perçue comme une "planque" idéale pour étouffer certaines affaires. Une autre possibilité consisterait à rendre ses audiences publiques, ce qui porterait gravement atteinte au principe du secret de l'instruction. A ces discussions techniques pour le moins ardues s'ajoutent les complications occasionnées par les traditions juridiques différentes des magistrats internationaux. Les Anglo-Saxons, peu familiers du système d'inspiration française en vigueur dans le royaume et donc au sein des CETC, ont ainsi des difficultés à admettre que la phase préliminaire, qui n'est pas publique, puisse bloquer des poursuites. Leurs contradicteurs rappellent que le procès des Khmers rouges est censé servir de modèle à l'ensemble du système judiciaire cambodgien, et qu'il serait donc mal venu de dénaturer la tradition juridique dont il s'inspire.
Un autre point sensible concerne la nomination des avocats. Le barreau cambodgien réclame cette responsabilité au nom de la souveraineté du Cambodge, certains préférant voir cette charge confiée à la Section d'appui à la défense, jugée plus indépendante. Dernière question importante : le rôle de la partie civile. Si certains veulent voir les victimes, représentées par des organisations issues de la société civile, participer pleinement aux débats avec la possibilité d'appeler leurs propres témoins à la barre, la partie cambodgienne était jusqu'ici plutôt réticente à l'idée d'accorder trop de pouvoirs à la société civile, préférant voir les procureurs conserver le contrôle des débats.
Le 5 mars, le Comité d'action pour les droits de l'homme (CHRAC), Open Society Justice Initiative (OSJI), la Fédération internationale des droits de l'homme, Forum Asia et le Collectif pour les victimes des Khmers rouges ont appelé dans un communiqué "les fonctionnaires des CETC à mettre de côté leurs affiliations politiques et leur adhérence aveugle à leur système légal – qu'il soit cambodgien, civil ou issu du Common Law (système anglo-saxon) – afin d'adopter le règlement intérieur". Ces ONG estiment que le règlement intérieur doit satisfaire aux standards internationaux de façon "non négociable" et être adopté "au plus tard en avril 2007" si les CETC veulent avoir une chance de mener les procès au terme de leur mandat de trois ans. Le juge d'instruction français Marcel Lemonde a quant à lui répété hier qu'un nouvel échec remettrait sérieusement en cause l'avenir même du tribunal. Soren Seelow - Cambodge Soir | | | À: Alan · 15 mars 2007 à 13:48 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 91 de 125 · Page 5 de 7 · 1 816 affichages · Partager info brute!
Un film du DC-Cam sur S-21 indigne Van Nath, un des survivants 09-03-2007 Le DC-Cam va diffuser dans les campagnes un documentaire sur le centre de torture de Tuol Sleng qui donne la parole à deux victimes rescapées et à un ancien gardien. Pour Van Nath, l’un des témoins clé de S-21, le DC-Cam “modifie” l’histoire en attirant exagérément l’empathie sur le gardien. Sur la couverture du DVD de "Derrière les murs de S-21", le visage de Him Huy, un des gardiens en chef de Tuol Sleng (DC-Cam)Derrière les murs de S-21, le nouveau film du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) disponible à partir de la semaine prochaine en DVD, retrace l’expérience, à travers leurs témoignages, de trois personnes dont les destins se sont croisés à Tuol Sleng : deux anciens prisonniers, Bou Meng et Chum Mei, et un des gardiens en chef, Him Huy. La jaquette du DVD - un grand portrait de Him Huy - ainsi que son titre dévoilent clairement le parti pris des auteurs : détenus et bourreaux du célèbre centre de torture étaient tous derrière les mêmes “murs”, tous prisonniers, à différents titres, de cette même “machine de mort” décrite par le film de Rithy Panh. Le film se conclut sur un gros plan du visage de Him Huy, le regard perdu et embué, et ces propos : “Je pense tous les jours à ceux qui sont morts [..]. Je ne voulais pas travailler là. J’ai demandé à être muté. Ils ont refusé. Je ne suis pas celui qu’il faut blâmer”.
Le directeur du DC-Cam et producteur du film, Chhang Youk, explique son projet par la volonté de proposer un documentaire accessible à l’ensemble de la population. Le format du film, 30 minutes, et sa construction sont selon lui plus adaptés aux attentes des gens de la campagne que ceux qui ont été tournés jusqu’ici sur le même sujet, au premier rang desquels S-21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh. Moins ambitieux, moins subtile, “Derrière les murs de S-21” peut aussi paraître plus tendancieux. Là où le film de Rithy Panh donnait à voir la “mécanique” derrière laquelle s’abritent aujourd’hui encore les anciens tortionnaires de Toul Sleng pour justifier leurs actes afin d’en souligner l’inhumanité, le film du DC-Cam tente d’attirer l’empathie sur le destin tragique d’un bourreau qui dit ne pas avoir eu le choix : ce sont ses larmes qui annoncent le générique et non celles de ses anciennes victimes.
“Le DC-Cam modifie l’Histoire” Un des rescapés de Tuol Sleng, le peintre Van Nath, témoin central du film de Rithy Panh, a appelé Chhang Youk dès qu’il a vu le film pour lui faire part de son indignation. “Je suis en profond désaccord. Him Huy n’était pas un simple gardien. On ne peut pas le laisser dire ça. Il ne peut réclamer justice comme les autres victimes”, explique-t-il. Dans Derrière les murs de S-21, Him Huy se présente tantôt comme un simple gardien, tantôt comme le chef d’un groupe de “messagers”, chargé de transmettre des courriers officiels : il assure qu’il n’allait pas chercher lui-même les prisonniers dans leurs cellules et se contentait de “prendre leurs noms”, même s’il finit par avouer qu’il a été contraint de tuer un détenu à Chœung Ek pour prouver sa fidélité à l’Angkar. Van Nath condamne la complaisance dont ont fait preuve les auteurs du film dans cette interview : “Ils ont donné l’occasion à Him Huy de se laver de ses fautes. Mais il a beau se maquiller, sa peau portera toujours les stigmates de la lèpre”. | | | À: Hialle · 16 mars 2007 à 16:03 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 92 de 125 · Page 5 de 7 · 1 808 affichages · Partager Je parlais dans un post recent du spt "sentiment post traumatique", voilà un article qui est susceptible d'eclairer...
Les témoins vont rappeler des souvenirs aux juges” 16-03-2007 Rath Ben, psychiatre d'origine cambodgienne installé aux Etats-Unis, est spécialisé dans les traumatismes de réfugiés. Il était récemment au Cambodge pour former des équipes du DC-Cam. Interview.Rath Ben, coordinateur d’un programme psychiatrique interculturel destiné aux réfugiés vivant dans l’Etat américain de l’ Oregon, était au Cambodge ces deux dernières semaines à l’invitation du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam). Il y a formé 19 personnes travaillant pour le programme VOT (Victimes of torture) du DC-Cam – ainsi que l’Autorité nationale de la santé mentale - afin de les aider à détecter les symptômes de traumatismes psychologiques chez les anciens Khmers rouges et leurs victimes interviewés par l’ONG. Mis à la disposition des Chambres extraordinaires par le DC-Cam, certains pourraient être amenés à témoigner lors des procès à venir.
Vous avez travaillé auprès de réfugiés cambodgiens aux Etats-Unis. Présentent-ils les mêmes traumatismes que les victimes des Khmers rouges restées au Cambodge?Dans le cadre de mon programme, nous avons suivi plus de 1 200 réfugiés originaires du Cambodge, du Viêt-nam, du Laos, de Bosnie, d’ Ethiopie, etc. Tous présentent globalement les mêmes symptômes. La seule différence entre les victimes des Khmers rouges vivant au Cambodge et aux Etats-Unis, c’est que ces derniers ont dû s’adapter à une nouvelle vie, une nouvelle langue, ce qui ajoute un choc culturel. Passée une première période de six mois que nous appelons la “lune de miel” au cours de laquelle ils découvrent toutes les nouveautés, la télévision, etc., leur mémoire ancienne leur revient et ils peuvent tomber en dépression.
Quels sont les symptômes les plus fréquents, tant chez les victimes que chez les anciens Khmers rouges?Les syndromes post-traumatiques peuvent se traduire par des flashes back, des insomnies, des problèmes de concentration... Certains sont toujours sur leurs gardes, revivent sans cesse les événements, sursautent au moindre bruit. Il y a aussi des cas de réactions psychotiques. Le problème des anciens Khmers rouges, c’est qu’ils ne comprennent souvent pas ce qui s’est passé. Beaucoup refoulent et ont des réactions psychosomatiques. Ils vont chez le médecin en se plaignant d’un mal de dos, et se voient répondre qu’ils n’ont rien. Un certain nombre de victimes ou d’anciens Khmers rouges tentent de “régler” par eux-mêmes leurs traumatismes. Ils se tournent alors vers de “mauvaises” alternatives comme l’alcool, la drogue ou le jeu qui aggravent leur état physique et leur niveau de vie et génère de la violence domestique.
Les traumatismes de cette génération ont-ils des conséquences graves sur leurs enfants?Après la deuxième Guerre mondiale, les victimes de l’holocauste réfugiées aux Etats-Unis ne parlaient pas de leur expérience personnelle à leurs enfants. C’est la même chose pour toutes les victimes de ce type d’atrocités. Les enfants se heurtent à un mur de silence et ne parviennent pas à établir une communication avec leurs parents. Les victimes des Khmers rouges sont dans un rapport d’ “hypercontrôle” avec leurs enfants. Si ces derniers font des bêtises, ils se font engueuler mais on ne leur explique rien. Le mode d’éducation traditionnel est une cause [de cette absence de communication], mais le traumatisme pèse beaucoup. Quand ces enfants ont à leur tour des enfants, ils adoptent le comportement inverse en cherchant à tout expliquer, tout partager, et leur laissent une trop grande liberté. J’ai observé le même phénomène aux Etats-Unis et au Cambodge.
En quoi consistait votre mission au DC-Cam?L’équipe du programme VOT mène des entretiens avec d’anciennes victimes et d’anciens Khmers rouges. Ils ont déjà mené des entretiens documentés avec 300 personnes qui seront mises à la disposition du tribunal. Mais ils ne savaient pas comment réagir aux symptômes post-traumatiques qui se manifestaient chez ces personnes, et le DC-Cam m’a donc appelé pour les former. Je leur ai appris à détecter ces syndromes et à les rapporter aux autorités ou aux ONG compétentes. Je leur transmets une approche holistique : on ne traite pas que des symptômes par des médicaments. Il faut envisager le contexte social et familial. Il faut également associer les traitements occidentaux aux remèdes traditionnels en recourant à la méditation, à l’intervention des bonzes et des kru... Mais je les ai aussi aidés à gérer leurs propres réactions : pendant les entretiens, ils peuvent ressentir une empathie très forte. Il peut y avoir des phénomènes de transfert et les enquêteurs peuvent se vivre eux-mêmes comme des victimes.
Pensez-vous que les procès qui s’annoncent auront une vertu curative? Les procès vont au moins répondre à des questions restées sans réponse. Le Cambodge a besoin de se réconcilier, que certaines personnes admettent leurs responsabilités. Il y a des avis contradictoires au sein de la population : faut-il oublier ou se souvenir ? Peu importe. La nation doit panser ses plaies, et il faut établir au moins quelques responsabilités, même symboliques. Les procès vont probablement aggraver les symptômes chez certains. Il faut le savoir et c’est normal. Toute situation de stress comme un accident ou la perte d’un proche augmente les symptômes chez les personnes victimes de traumatismes. C’est pourquoi il faut préparer ceux qui seront appelés à témoigner à ce qui va se passer dans la salle d’audience. Il ne faut pas les y pousser.
Vous parlez des témoins, mais les magistrats eux-mêmes ont été des victimes directes ou indirectes des Khmers rouges. Sont-ils à même de travailler en toute objectivité?Les juges aussi ont traversé ces épreuves. Les témoins vont leur rappeler des souvenirs. Comment vont-ils juger? La question se pose aussi pour les procureurs, les avocats.
Pensez-vous qu’ils auraient dû passer des tests psychologiques avant de commencer à travailler? Je ne sais pas. Mais ils doivent être neutres. Le tribunal devrait prendre ce problème en considération. Propos recueillis par Soren Seelow | | | À: Rogerbarthas · 23 mars 2007 à 15:58 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 93 de 125 · Page 5 de 7 · 1 801 affichages · Partager Alors que le proces est toujours suspendu à d'eventuels accords...une parole semble neanmoins se liberer au Cambodge...Pour preuve cet article de " CAMBODGE SOIR"
Les Khmers rouges déclinés en émissions de radio par des étudiants 23-03-2007 Des étudiants du département médias et communication de l’Université royale de Phnom Penh (URPP) ont réalisé le mois dernier des émissions radio consacrées aux Khmers rouges. Ce programme est décliné en quatre thèmes : art et culture sous les Khmers rouges, être jeune sous les Khmers rouges et la vie aujourd’hui des anciens Khmers rouges à Anlong Veng et la façon dont les gens perçoivent les procès à venir. Ces émissions, retransmises sur FM 102, seront rediffusées dans les prochaines semaines. Dans le cadre du même programme, des émissions télévisées sur le même thème en cours de réalisation seront diffusées après le Nouvel an khmer. Entretien avec quelques-uns de ces journalistes en herbe.
Lim Chandara, 23 ans “J’ai interviewé ma tante qui a travaillé dans une unité mobile quand elle avait 13 ans. J’aurais pu interviewer ma mère, dont je connais l’histoire, mais c’était trop intime. Ma tante m’a raconté que les Khmers rouges la forçait à creuser des canaux, construire des routes, travailler dans les champs, etc., tout ce qu’un enfant ne devrait pas faire. Il y avait treize enfants dans son unité. Ils étaient sévèrement punis quand ils perdaient du temps. Elle a été séparée de sa famille et n’avait pas le droit de voir sa mère. C’était dur. Elle avait des sanglots quand elle me racontait ça. Cela m’a troublée. Je n’en avais jamais parlé avec elle. Quand j’allais la voir, d’habitude, on parlait d’autre chose. Mais en réalisant cette émission, je me suis rendu compte qu’elle avait très envie de m’en parler. ça a changé notre relation. Nous sommes plus proches aujourd’hui. Désormais je sais que même si elle a toujours l’air heureuse, elle est profondément blessée.”
Thy Heang, 23 ans “Je me suis intéressée à la vie d’un artiste, le joueur de chapeï Prach Chhoun, pendant le régime khmer rouge. Je savais qu’à cette époque on ne pouvait pas se révéler sous son vrai jour, assumer son identité quand on était professeur, intellectuel... et je me suis demandé ce qu’il en était pour les artistes qui sont si importants pour notre culture, notre identité. Prach Chhoun, qui dit être le seul des 16 joueurs de chapeï à avoir survécu aux Khmers rouges, était à cette époque chargé de nourrir les cochons et de couper du bois. Il n’avait ni le droit de pratiquer son instrument ni de chanter. J’ai appris lors de cet entretien que tout le monde en ce temps vivait sous le contrôle de quelqu’un d’autre, tout acte devait répondre à un ordre. Personne n’avait confiance en personne. Les enfants étaient éduqués pour trahir leurs parents. Aussi, même quand quelqu’un lui demandait de chanter, il refusait de peur d’être tué. Seul un des chefs khmers rouges de sa zone l’emmenait parfois à l’écart du village, en forêt, pour lui demander de chanter, pour lui seul ou des compagnons d’armes. En dehors de ces moments-là, toute forme d’art était bannie : seules les chansons de l’Angkar étaient autorisées...”
Leng Ratanak, 21 ans “J’ai profité d’une visite de Toul Sleng organisée par le DC-Cam pour interroger des Chams. Je me suis rendu compte que leur sort avait été encore pire que celui des Khmers. Ils n’avaient pas le droit de pratiquer leur religion et étaient parfois forcés de manger du porc. Ils ont beaucoup souffert. Je leur ai demandé ce qu’ils souhaitaient aux anciens dirigeants khmers rouges, ils m’ont dit : ‘la mort’, même s’il savent que la peine capitale n’est pas prévue dans le règlement des Chambres extraordinaires.”
Ung Bun Y, 21 ans “J’ai interrogé des couples qui avaient été mariés de force par l’Angkar. J’ai été étonné par le grand décalage entre les pratiques des Khmers rouges et la tradition khmère. Certains se sont séparés depuis, d’autres sont restés ensemble. Je suis également allé à Anlong Veng pour rencontrer d’anciens Khmers rouges. Je voulais les interroger sur la façon dont ils voyaient les procès de leurs anciens chefs. J’ai pris contact avec des menuisiers fidèles de Ta Mok, mais ils m’ont répondu qu’ils n’étaient pas au courant de ce qu'il se passait à Phnom Penh. Et quand je leur demandais si Ta Mok avait tué des gens, ils disaient : ‘Je ne sais pas’. J’ai donc décidé de décrire leur vie actuelle à Anlong Veng. C’était très intéressant. Je me suis rendu compte que ces gens n’aimaient pas la guerre, qu’ils préféraient de loin leur vie présente, tranquille. A la question de savoir s’ils approuveraient une éventuelle condamnation des anciens responsables khmers rouges, ils m’ont simplement répondu : ‘Si le tribunal veut les condamner, c’est normal, ils ont perdu la guerre’.” Ung Chamrœun et Soren Seelow | | | À: Alan · 25 mars 2007 à 11:32 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 94 de 125 · Page 5 de 7 · 1 785 affichages · Partager Bonjour, C'est une période de ma jeunesse, les médias en ont parler, mais j'étais très jeune pour en comprendre toutes les subtilités; ce récit est poignant. un grand merci pour tous ces informations, Bonne journée Franca | | | À: Alan · 26 mars 2007 à 13:30 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 95 de 125 · Page 5 de 7 · 1 779 affichages · Partager Paru dans Cambodge soir!
Une juge avertit du risque d’échec faute d'accord sur la participation des avocats étrangers 26-03-2007 La juge autrichienne Claudia Fenz, a rappelé vendredi que le tribunal pour juger les anciens dirigeants khmers rouges était menacé en cas d'absence d'accord sur la participation des avocats étrangers.Vendredi, un des juges en réserve mandaté par les Nations-unies au sein des Chambres extraordinaires visant à juger les anciens dirigeants khmers rouges (CETC), l'Autrichienne Claudia Fenz, a tiré la sonnette d'alarme, rappelant que le tribunal était menacé en cas d'absence d'accord sur la participation des avocats étrangers. “Nous entrerons dans une phase très critique si le Barreau du Cambodge ne reconsidère pas d'ici fin mars sa décision d'imposer des frais d'enregistrements prohibitifs”, a-t-elle déclaré depuis le Proche-Orient où elle se trouve dans le cadre d'une autre mission. “Cette décision est essentielle.” Dernièrement, après de longues tergiversations, les discussions entre un groupe resserré de magistrats locaux et internationaux ont fini par porter leurs fruits, permettant aux deux parties de se mettre d'accord sur les principaux points d'un réglement intérieur pour les Chambres. Mais le Barreau cambodgien, dirigé par l'avocat d'affaires Ky Tech, réclame toujours que les avocats étrangers lui reverse, pour la première année, la somme de 4 900 dollars pour exercer lors des procès. Une exigence à laquelle s'oppose la partie internationale. “Il ne s'agit pas d'une question d'argent mais de principe”, expliquait la semaine dernière le juge Marcel Lemonde sur les ondes de la radio Voice of America. “Les accusés et les victimes ont le droit de choisir librement leur défenseur, or ce droit d'inscription limiterait le nombre des avocats capables de les représenter. Cela contreviendrait aux garanties d'équité du tribunal.”
La question ne relève cependant plus des magistrats, qui peuvent simplement faire entendre leurs recommandations et avertir qu'un nouveau délai prolongé finirait d'achever la crédibilité du tribunal. Reach Sambath, porte-parole des CETC, indiquait hier n'avoir pas d'information à divulguer, et renvoyait vers Ky Tech, du Barreau cambodgien, et Rupert Skilbeck, mandaté par l'Onu pour diriger les avocats de la défense, chargés de régler cette question. “Officiellement, cela se négocie entre ces deux-là, mais dans les faits, cela se passe plutôt entre les Nations unies et le gouvernement, analyse une source proche des CETC. Ky Tech, au Barreau, n'est pas spécialement intéressé par le procès : c'est une personnalité proche du pouvoir prête à brandir des prétextes, et à encaisser ainsi les coups à la place du gouvernement.”
Samuel Bartholin (avec AFP) | | | À: Rogerbarthas · 27 mars 2007 à 12:32 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 96 de 125 · Page 5 de 7 · 1 769 affichages · Partager A mon avis ce que je fais ce juge Ky Tech n'est qu'un jeu pour ralentir le procès. Ceux qui gouvernent le Cambodge n'ont aucun interet à ce que ce procès ait lieu et c'est eux qui decident s'il devait avoir un procès ou pas. Ce petit juge ne fait que suivre les ordres!
J'aimerais bien que ce procès ait lieu un jour mais pas dans les conditions actuelles. Ce procès sert surtout à renchrir les puissants, les victimes: circulez y a rien à voir! | | | À: AsiatDuCoin · 27 mars 2007 à 14:53 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 97 de 125 · Page 5 de 7 · 2 535 affichages · Partager bonjour, savoir attendre.. mais qu'il ait lieu correctement. Franca | | | À: Franca · 28 mars 2007 à 10:44 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 98 de 125 · Page 5 de 7 · 2 530 affichages · Partager savoir attendre.. mais qu'il ait lieu correctement.
Je ne suis pas certains que le proces ait lieu correctement un jour. Bientot les Khmers Rouges encore vivants et "jugeables" (Khieu Samphan, Noun Chea etc...) vont mourrir. Qui va-t-on juger apres leur mort? Et les KR non jugeables, le roi Sihanouk et Ieng Sary (minstre des affaires etrangeres KR et beau-frere de Pol Pot) sont intouchables car ils ont recu le pardon royal! Ieng Sary est devenu un tres bon pote de Hun Sen, l'autre Khmer Rouge qui a le plein pouvoir depuis 1983 sur l'avenir du Cambodge.
De toute facons, meme si le proces ait lieu et que certains vont etre condamnés, ils seront probablement graciés soit par le roi soit par Hun Sen. Ils sont tous amis (et parfois ennemis) de longue date et ils s'entraident! | | | À: AsiatDuCoin · 9 avril 2007 à 11:35 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 99 de 125 · Page 5 de 7 · 2 515 affichages · Partager Namasté
meme si certains kmers rouges ne sont plus de ce monde, il faut quand que le jugement ait enfin lieu, ne serait ce que pour les victimes, elles ont droit au moins à une justice et une reconaissance, tant de souffrances qui marqueront à jamais plusieurs décennies de cambodgiens, ils leur doivent au moins cela.
Bonne journée Franca | | | À: Franca · 23 avril 2007 à 13:58 Re: Ouverture du procès des Khmers rouges à Phnom Penh... Message 100 de 125 · Page 5 de 7 · 2 498 affichages · Partager Pour l'instant la situation reste bloquée sur Phnom Penh ! Une info "people" mais pas anodine !...
Khmers rouges: Khieu Samphan affirme que Jacques Vergès le représentera au procès pour génocide
PHNOM PENH, Cambodge (AP) - Khieu Samphan, ancien numéro un du Kampuchea démocratique, a déclaré vendredi que l'avocat français Jacques Vergès le représenterait dans le procès pour génocide qui doit viser les responsables du régime khmer rouge ayant dirigé le Cambodge dans les années 70.
Agé de 72 ans, Khieu Samphan a expliqué à l'Associated Press que Jacques Vergès «avait proposé son aide» pour le «représenter dans la course judiciaire car il est conscient», a-t-il dit, «que je n'ai pas du tout d'argent».
L'avocat français a notamment défendu le terroriste vénézuelien Carlos, le tueur en série présumé Charles Sobhraj et l'ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie. Les tentatives visant à contacter Me Vergès sont restées vaines dans l'immédiat.
Aucun des anciens dirigeants khmers rouges n'a encore été jugé pour les atrocités perpétrées durant le régime de 1975-1979. On estime que pendant cette période, au moins 1, 7 million de Cambodgiens ont été exécutés, sont morts de faim, de maladie ou de mauvais traitements liés aux travaux forcés dans des camps installés à la campagne. Le chef de ce mouvement inspiré par une idéologie ultra-maoïste, Pol Pot, est décédé en 1998.
Khieu Samphan a affirmé qu'il avait été en contact avec Me Vergès et lui avait demandé son aide. «Il m'a rendu visite et est resté dans ma maison pendant quatre nuits à la fin du mois dernier. Il est venu avec son propre argent», a déclaré l'ancien dirigeant khmer rouge, qui vit à Pailin (285km au nord-ouest de Phnom Penh, la capitale).
Il a ajouté qu'il avait rencontré Jacques Vergès alors qu'il était étudiant en France dans les années 50. «Lui et moi avions l'habitude d'assister à des réunions de comités d'étudiants contre le colonialisme. C'est ce qui nous a lié en amitié», a-t-il dit, ajoutant que l'avocat lui rendrait de nouveau visite lorsqu'il deviendrait nécessaire de préparer sa défense en prévision du procès.
A l'issue de cinq ans de négociations, des responsables du Cambodge et des Nations unies se sont mis d'accord en décembre sur des mesures visant à établir le tribunal devant lequel seraient jugés les anciens dirigeants khmers rouges. Mais la création de la juridiction a pris du retard en raison du manque de fonds et de l'instabilité politique. Dans une annonce surprise en décembre, Khieu Samphan avait pour la première fois reconnu que des massacres avaient été commis sous le régime khmer rouge, tout en niant toute implication dans les tueries. Vendredi, il a affirmé qu'il «ne savait rien sur (le génocide) avant» de voir récemment le documentaire sur le centre de détention baptisé S-21 à Phnom Penh, où des milliers de personnes ont été torturées et tuées. AP cr/v194
© AP - The Associated Press. | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 601 visiteurs en ligne depuis une heure! |