Je doute que vous trouviez une voiture avec chauffeur à Trng Khan, petit bourg non-toursistiae. Louez à
Cao Bang, en descendant à l'excellent 3 étoiles JEANNE (c'était l'infirmièe de Chartron). Plisurs hôtels Gioc, dont un 3 étoiles + ; inutile de faire une résa, peu de gens passent un enuit à Ban Gioc alors que ça ce afit tranquille en une journée avec déjeuner aux chutes.
Pour mémoire, voici un rappel des terribles évènements de fin octobre 1950 :
LA BATAILLE DE LA RC 4
La RC 4, actuellement Route No. 4 A de Lang Son à
Cao Bang et 4 B de Lang Son jusqu'à la côte, est une route super-stratégique car elle longe toute la frontière chinoise entre le golfe du Tonkin et
Cao Bang à la pointe nord-est, dont les 3 « portes » de la
Chine que sont Mon Cai, Lang Son et
Cao Bang. Ceci explique entres autre qu’en 1979, les chinois ont bombardé par surprise et rasé ces 3 villes – en plus de
Lao Cai, la 4e « porte » - avant d’envahir le Nord et de prendre une retentissante volée (50 000 morts et plus de 400 chars détruits).
Beaucoup de touristes font la route de Lang Son à
Cao Bang sans trop savoir – ou pas du tout -- ce qui s’y est passé en 1950. Et pourtant, le 7 octobre 1950 devrait être une grande date dans l’histoire du monde moderne : en effet, pour la première fois, un peuple colonisé en rébellion a fait subir à une armée de colonisateurs une défaite sanglante qui, en ce qui concerne la
France, a annoncé la conclusion inéluctable, reculée de 4 ans par la bêtise des gouvernements de l’époque :
Dien Bien Phu. En fait, la Guerre d’Indochine a été perdue à Dong Khé en octobre 1950.
LES ACTEURS :
Du coté asiatique :
Ho Chi Minh et Giap, qui sont enfouis dans les calcaires du Nord-est depuis 1941, des bandes Vietminh sans rien, et Mao qui est en train de repousser les troupes de Chang
Kai Check sur la frontière sino-vietnamienne.
Du coté français, un gouvernement qui ne s’intéresse à l’Indochine que pour les milliards qu’elle rapporte, principalement au
Vietnam, les grosses sociétés exploitant les 3 pays (Banque d’Indochine, Brasseries et Glacières d’Indochine, Michelin -les plantations de caoutchouc- les sociétés d’import-export et de fret maritime, etc.), qui bloquent toutes réformes pour continuer à se remplir les poches, et un Corps Expéditionnaire, les meilleures troupes du monde de l’époque, avec notemment la Légion, les paras et les tabors marocains, menés par des chefs qui qui deviendront célèbres : Bigeard, Jeanpierre, Trinquier, Faulques, Ponchardier (ben oui, le frère du futur auteur des romans de la Série Noire “Le Gorille”), Elie de St Marc, Charton, etc., les anciens de la 2e DB de Leclerc et de la 1ère Armée de Lattre. Malheureusement pour eux, ce merveilleux outil militaire est commandé par un incapable complet, mais un protégé du maréchal Juin, le général Carpentier, que de Lattre avait viré pour incompétence en 1944. Cet énergumène considère qu’il n’a à connaître ni le terrain, pourtant capital dans une guerre comme celle-là, ni la troupe : c’est l’affaire des subalternes. Il reste dans son bureau de
Saigon à faire de superbes rapports expliquant au gouvernement que tout allait de mieux en mieux (curieux comme l’histoire se répète ; ce sont les mêmes mensonges perpétrés par les généraux US pendant la Guerre du
Vietnam, avec les mêmes résultats). En fait, juste avant le désastre, cet incapable affirmait au gouvernement qu’il “avait la situation bien en main et pourrait vraisemblablement renvoyer des troupes en
France sous peu”. Le résultat de cette nullité : en 1950, il avait rarement mis les pieds au Tonkin, à part pour de courtes réunions d’état-major, et il refusait d’écouter les hommes de terrain – et les services secrets français - qui, eux, savaient très bien ce qui se passait en réalité.
LE CADRE
Le Nord-Est est un capharnaüm de pics calcaires et de canyons ou vallées profondes, le tout couvert de jungles, truffé de grottes et sillonné par un dédale de petites routes et de pistes. De Lang Son à Dong Khé, à mi-chemin entre Lang Son et
Cao Bang, la route suit une vallée bordée de collines cultivées, et ne présente pas de points particulièrement dangereux. A partir de Dong Khé, c’est le coupe-gorge intégral : la route serpente d’un col à l’autre le long de la rivière avec de chaque côté des pitons calcaires couverts de jungle et la rivière en contrebas à droite. Toute manœuvre y est impossible. Un petit canon de montagne dans une grotte dominant la route –et il y en a des centaines- détruisant les camions de tête et de queue d’un convoi, et « Boom », plus de convoi. C’est ce que Giap savait bien, et Carpentier pas du tout, vu qu’il n’y avait jamais mis les pieds et refusait d’écouter les nombreux officiers, eux bien au courant de la situation, qui prédisaient une catastrophe et préconisaient l’évacuation de tous les postes entre
Cao Bang et l’imprenable Lang Son avant que les viets ne deviennent trop forts.
LES PRÉMICES
Début 1950, les troupes de Mao arrivent à la frontière du
Vietnam, repoussant les troupes nationalistes au Nord Tonkin, que les français parviennent à désarmer, et en
Thaïlande du Nord, où elles s’installent dans le Triangle d’or, et en plus des plantations de thé, organisent le trafic d’opium, dont elles contrôleront 80% de la production mondiale dans les années 60-80. Mao a maintenant récupéré les gigantesques dépôts d’armement américains et les camps du Yunnan, où il invite Giap à former des divisions entières, entraînées et surarmées par ses généraux. Les services secrets français, pas plus nuls que les autres, sont parfaitement au courant de la situation et en informent l’Etat Major, qui ne fait rien à part envoyer la Légion à
Cao Bang (le célèbre 2e BEP sous les ordres d’un fameux guerrier, le Colonel Charton) et dans des postes le long de la RC 4, dont les principaux sont That Khé, Na
Cham, et Dong Khé (plus de petits en haut de chacun des nombreux cols) ; maintenant bien équipé et entrainé, le Vietminh ne cesse de harceler les postes pour « se faire la main ». En 1950, certains convois de ravitaillement perdent jusqu’à 90% de leurs camions entre Dong Khé et
Cao Bang.
LE DRAME
Le 25 mai 1950, c’est le coup de semonce : les viets de la célèbre division d’élite 308 s’emparent de Dong Khé et coupent la RC4 en deux ; le commandement français découvre avec surprise (bien que les services secrets l’en ai informé) que le vietminh a maintenant des divisions entières supérieurement équipées. Le 27 mai, les paras du 3e BCCP sautent directement sur Dong Khé et le reprennent. Le 15 septembre, les viets reprennent le bourg, d’où on ne les délogera plus. Carpentier décide d’évacuer la RC 4 entre
Cao Bang et Lang Son, ce qui était fort possible par pont aérien, mais, toujours aussi futé, il décide que cela se fera.... par la route. Son plan est que les parachutistes reprendront Donh Khé une deuxième fois, qu’une colonne dirigée par le colonel Lepage remontera la route à partir de Lang Son et fera sa jonction avec la colonne qui va évacuer
Cao Bang, et tout ce monde rentrera tranquillement à Langson. Tout ce beau plan repose donc sur le fait que Dong Khé sera repris par les français.
Charton quitte donc
Cao Bang en emmenant tous les civils –ce qui explique en grande partie l’échec de l’évacuation, et il le savait mais avait refusé de les abandonner à un sort certain. Bien entendu, rien ne passe comme prévu : Malgré leur héroïsme, les paras du 1er BEP ne peuvent pas reprendre Dong Khé – donc la RC4 est toujours coupée - la colonne Lepage se fait tronçonner par les Viets et descend dans une cuvette au sud de Dong Khé, celle de Coc Xa, dominée par des falaises abruptes d’un côté et des montagnes couvertes de jungle de l’autre. Apprenant que Dong Khé est toujours aux mains des viets, le commandement – toujours à l’abri à Langson - ordonne à Chartron de prendre une piste de jungle isolée, celle de Quang Liet, qui contourne Dong Khé ; arrivé à la hauteur du bourg, en bon soldat, il fait monter tout le monde sur les crêtes dominant la cuvette, mais Lepage lui lance des messages d’appel au secours désespérés, et Chartron fait descendre également ses troupes dans la cuvette de Coc Xa pour essayer de le secourir. C’est le rendez-vous de la mort : le 7 octobre 1950, les 2 colonnes sont anéanties à Coc Xa. Bilan : 2 000 soldats français morts et 3 000 prisonniers dont on récupérera moins de 1000 à l’arrivée de de Lattre - surtout nord-africains, maintenant bien endoctrinés à la guerre anti-coloniale - Les autres ont péri d’inanition et de maladies dans les terribles camps vietminh dont Hélie de Saint Marc, qui a connu les deux, dira qu’ils étaient pires que les camps de concentration nazis. Une centaine d’hommes seulement échapperont au piège et parviendront à rejoindre That Khé après avoir erré des jours dans la jungle.
LA HONTE
Après le drame, la honte intégrale, la panique noire des français. Alors que Lang Son était imprenable, le chef de la garnison, le colonel Constans, décide de l’abandonner « par surprise », donc en ne faisant sauter ni les énormes forts ceinturant la ville, ni les dépôts de tout, qui sont tellement gigantesques qu’ils suffiront à alimenter une division entière de Giap pendant un an. Panique également à
Hanoi, que les français commencent à évacuer. De Lattre, nommé Chef du Corps expéditionnaire et Gouverneur général de l’Indochine, sauvera la situation en 3 batailles sanglantes : Vin Yenh à l’ouest de
Hanoï, Mao Khé au nord, et Ninh Binh au sud mais, dès le 7 octobre 1950, la guerre d’Indochine est perdue, Giap contrôlant maintenant toute la zone nord-est d’où soldats (y compris de nombreux techniciens chinois et même des troupes) et surtout convois de ravitaillement motorisés au lieu de portage passeront sans problème jusqu’à
Dien Bien Phu.
Il ne reste rien du gros poste français de Dong Khé à part un petit blockhaus en moellons et quelques soutes à munitions. Par contre, une balade magnifique est à faire pour visiter le QG de
Ho Chi Minh et Giap pendant la bataille de la RC 4, situé dans le village de Duc Long. Pour y arriver, continuer la rue passant devant le fort et aller tout droit jusqu’au village. Au bout de la route, petit panneau indiquant un chemin à gauche ; vous le prenez et arrivez dans un dédale de pistes bétonnées avec grottes en veux-tu en voilà ; c’est le fameux QG. La maison jaune sur pilotis était là où dormaient Giap et
HCM ; vous la contournez et montez les marches ; les grottes sont disséminées à droite et à gauche. Retourner sur la route et continuer à gauche pour arriver à un petit musée intéressant de la bataille d’octobre 1950.
La cuvette de Coc Xa au sud de Dong Khé
Journée inoubliable ! Prendre la RC 4 direction
Cao Bang ; à un rond-point, prendre à gauche la vieille RC 4 et monter le col de Nguom Kim, site des plus terribles embuscades de la « Route sanglante » ; les panoramas sont époustouflants. A la borne kilométrique «
Cao Bang 32 km » (il y a 2 maisons à droite et une à gauche), prendre une petite route à gauche (vérifier bien que vous prenez la bonne en demandant tout simplement « Coc Xa », prononcé Coc Sa) ; cette route devient rapidement une piste ; continuez jusqu’à ce que vous ne puissiez pas aller plus loin en 4x4 ; vous êtes dans une vallée idyllique avec, de gauche à droite, les fameuses falaises calcaires de Coc Xa qui ont bloqué les français, la piste, une petite rivière, des rizières, et des collines boisées. Dans le petit village Tay, il y a à gauche une maison-épicerie-bar ; vous avez 2 choix : 4 km à pied pour arriver au pied de la falaise de Coc Xa où les français se sont fait « coxer », ou vous demandez au marchand de vous appeler des motos ; les jeunes locaux, souriant et connaissant l’histoire de la bataille, sont tout contents de se faire 100 000 D par moto (nous y sommes allés en moto et sommes rentrés à pied tellement c’est magnifique - y compris les belles Tay en train de repiquer le riz).
Si vous voulez passer une nuit à Dong Khé, le seul hôtel correct est le Mai Hien à l’entrée de la ville et le seul restaurant correct est le Nha Hang Bao Van au centre du bourg.