Mercredi 8 juin : visite de Bergen : soleil et soleil, escale de 10h à 18hPlan distribué à la sortie du bateau
Bergen est la deuxième plus grande ville de
Norvège. Son destin est intimement lié à la mer. Plaque tournante des échanges commerciaux entre un littoral démesuré – du cercle polaire au Hardangerfjord - et le nord de l'Europe, elle a été longtemps l'un des premiers comptoirs de la Hanse.
Quoi donc la Hanse ? : au même titre que
Londres, Brugges ou Novgorod,
Bergen fut l'une des places principales de la puissante ligue hanséatique (Hanse), association de cités commerçantes de la Baltique et de la mer du nord dont les activités s'étendirent du 12ème au 17ème siècle. A
Bergen, elle dispose d'un monopole sur le commerce de la morue qu'elle échange contre les indispensables céréales de la Baltique. Le déclin de la Hanse s'amorce vers la fin du 15ème siècle, mais l'allemand restera utilisé dans le commerce et par l'Eglise jusqu'à la fin du 19ème siècle.
Grand ciel bleu pour notre arrivée à
Bergen, un port immense, tellement encombré que pour faire les 400 mètres pour en sortir, il nous faudra emprunter une navette. Après, tout est fléché pour arriver au centre, et tels des belettes malignes, nous décidons d'aller en tout premier lieu au
funiculaire Floibanen, bien avant les premiers cars de touristes. Nous montons dans le train à crémaillère pour arriver en quelques minutes au sommet d'une des sept collines qui entourent la ville. Paysage panoramique sur la ville et le fjord, les îles et les ponts suspendus qui relient les terres entre elles. Cette colline est habitée par des trolls et des sorcières, qu'il est interdit de nourrir. Et les petits trolls s'appellent les « trollalas », c'est marqué sur les panneaux.
Par un chemin boisé avec vue, (panneau 2, puis 4, puis 6 à gauche après le bâtiment, en tournant le dos à la ville), nous redescendons tranquillement vers le centre en 40'. En sortant de la forêt, nous admirons les belles maisons en bois avec jardins fleuris (ici, c'est la saison des tulipes et des lilas). Pique-nique dans une jolie cour verdoyante, sur une table en bois, et on se rendra compte un peu plus tard que c'est la cour d'une école primaire ! Le monsieur de l'entretien, venu réparer la table, nous dit de terminer tranquillement, il va d'abord s'occuper des bancs !
Et on descend par des escaliers un peu raides qui coupent des virages, jusqu'au
quartier de Bryggen, tout près du port. Ce quartier, réservé aux marchands de la Hanse, entre le marché aux poissons et la forteresse, était une ville dans la ville, enclose de murs, fermée de portes étroitement surveillées, régie par ses propres lois et gouvernée par une institution propre. Peuplée uniquement d'allemands qui ne devaient pas se mêler aux norvégiens, la présence de femmes était d'ailleurs interdite. Par crainte des incendies dans ce quartier tout en bois, le feu était interdit : pas de chauffage, pas de lumière.
Un café sur une place, visite des étroits passages en bois et des boutiques, nous dépensons nos derniers noks (très facile, de dépenses ces couronnes, car la vie est 40% plus chère que chez nous !) Penser à demander la facture pour le remboursement des taxes.
Balade sur le port, admirant les voiliers en bois, les morutiers, les ferrys et autres bateaux, jusqu'au magnifique trois mâts, tellement grand qu'il a du mal à entrer dans le viseur. Demain commence d'ailleurs le festival des journées hanséatiques, avec un grand rassemblement de vieux gréements. L’église était fermée pour travaux.
Nous avons beaucoup de chance avec la météo, à
Bergen, il pleut 300 jours par a, et nous avons pu nous glisser dans les jours ensoleillés.
Visite du musée hanséatique, fenêtre sur le monde des marchands de la Hanse, dans un bâtiment de bois brut de 1704, qui met en évidence le contraste qui existait entre les conditions de vie et de travail des marins et des apprentis, et celle des dirigeants. Visite du bureau, des appartements, du cabinet à alcool et de la chambre d'été de la direction, ainsi que les quartiers des apprentis (dès 11 ans), qui se partageaient un lit pour deux, la salle de stockage des poissons, où plus de 4 450 tonnes de morue étaient traitées et conditionnées chaque mois. Le bâtiment de trois étages, un peu de guingois, est très sombre, avec des escaliers étroits, et surtout y flotte toujours une terrible odeur de morue...
Retour en plein soleil,
wifi dans le café du musée, un tour sur le
marché Torget pour y admirer (et humer) crabes royaux aux pinces géantes, poissons et fruits de mer, mousse de caviar, et steak de baleine : une des raisons pour laquelle la
Norvège n'a pas souhaité intégrer l'union européenne est que le pays tient à sa chasse à la baleine, interdite partout ailleurs (sauf donc en
Norvège et au
Japon). No comment...
Retour au bateau via le port et les rues typiques pavées de galets ronds, aux murs joliment tagués. Au port, navette comme à l'aller, et puis, on profite du soleil pour lézarder sur les ponts et dans les piscines, et râler après les six cars d'excursionnistes très en retard, qui nous feront quitter le port avec près d'une heure trente de retard...
Images attachées: