Bonjour diddy11
Disons d'abord que les
États-Unis sont sans doute à ce jour, le seul pays industrialisé où il n'existe aucune forme d'assurance-maladie et d'assurance-hospitalisation publique et gratuite universelle.
Par système d'assurance-santé "gratuit et universe" on entend, tout d'abord, un ensemble complet, relativement facile d'accès, de services personnels de santé auxquels toutes les tranches de la population ont droit. On entend, ensuite que, dans ce système, les patients n'aient rien (ou presque rien) à débourser au moment ou les services sont obtenus. Finalement, un tel système étant, par définition, distributif et non rétributif, son financement doit reposer sur le fait qu'au sein de la population les plus riches soient imposés d'avantage que les plus pauvres.
Aux
États-Unis, ces conditions ne sont pas remplies. La participation effective du gouvernement dans le domaine de la santé peut se résumer à deux programmes: Medicare et Medicaid. Le premier est destiné aux personnes âgées et le second aux tranches les plus pauvres de la population. Or, aucun de ces deux programmes ne peut être qualifié d'universel dans la mesure où ni les services de consultation et d'interventions médicales, ni les séjours à l'hôpital ne sont entièrement couverts. Les bénéficiaires doivent fréquemment débourser des montants plus ou moins importants lorsque le coût des services dont ils ont besoin est supérieur au budget que le gouvernement alloue pour ce genre de services.
Or, dans le but de réduire ses coûts, le gouvernement américain a créé, au début des années 80, les "Diagnostic Related Groups" (DRG), 467 pathologies-types dont chacune utilise des méthodes et des ressources médicales similaires et pour lesquels groupes le gouvernement fédéral calcule un ''coût national moyen''. Le gouvernement négocie ainsi avec chaque hôpital, pour les patients de Medicare et de Medicaid, autant de budgets sectoriels qu'il y a de DRG
Dès lors, si pour un DRG donné les frais médicaux ou d'hospitalisation d'un bénéficiaire sont supérieurs au coût moyen établi par le gouvernement, le montant excédentaire devra être déboursé par le patient ou l'hôpital. Si, par contre, le montant alloué à un hôpital pour un DRG excède la demande, l'hôpital peut garder la différence. L'impact de cette approche sur la qualité des services laisse songeur.
Si l'on regarde les diverses sources de financement des principaux pourvoyeurs en soins de santé aux
États-Unis, on constate que la contribution du gouvernement ne représente que 41% de l'ensemble des dépenses en soins de santé aux
États-Unis, l'État ne finançant en moyenne les hôpitaux qu'à 53% et les honoraires des médecins à 33% des coûts globaux. En revanche, les assurances privées paient à elles seules 41% des frais d'hospitalisation et 48% des honoraires médicaux. Le système d'assurance-santé américain devient ainsi essentiellement l'affaire du secteur privé et les administrateurs d'hôpitaux ainsi que la plupart des médecins, sont davantage intéressés à faire affaire avec les compagnies d'assurance-santé privées.
Une grande partie des assurances médicales et des assurances-hospitalisation privées proviennent directement des employeurs et des entreprises dans le cadre de programmes de HMO (Health Maintenance Organizations). Ces programmes, mis au point conjointement par les employeurs, les employés et diverses compagnies d'assurances, consistent à offrir aux travailleurs des primes d'assurance-santé sous forme d'avantages marginaux, plutôt que des augmentations de salaires ou d'autres avantages financiers.
Ceci e peut devenir une aubaine fiscale, les mieux nantis y trouvant leur profit.
Ce système occupe donc de plus en plus d'espace, Aujourd'hui, environ 12% de la population américaine bénéficie de ces programmes et, dans certaines régions comme à
Minneapolis-St Paul, ce taux peut aller jusqu'à 50%. Ce n'est cependant qu'une minorité des entreprises et des employeurs qui offre de tels avantages; beaucoup d'Américains doivent débourser de leurs poches une ou plusieurs primes d'assurance-santé à des compagnies privées si elles veulent être assurées et une grande partie de la population américaine n'est simplement pas assurée pour des soins médicaux et hospitaliers.
En 1988, environ 32 millions de personnes aux
États-Unis ne bénéficiaient d'aucune forme d'assurance-santé, privée ou publique. Depuis, des chiffres contradictoire permettent de comprendre que le débat a pris congé de la vraie statistique et ne véhicule que de la propagande. Disons qu'il y a entre 25 et 50 millions d'Américains qui n'ont pas cette couverture. Ces ''non-assurés'' ne sont pas tous des "pauvres"; il s'agit souvent de gens temporairement sans-emploi, travailleurs autonomes en transition qui ne bénéficient donc pas, pendant une période plus ou moins longue, de programmes HMO. Ils vivent dangereusement.
Les habitudes de vie, les disparités régionales de comportement jouent aussi un rôle. Les habitants du nord-est sont plus assurés que ceux du sud-ouest, les jeunes changent plus souvent d'emploi et sont donc plus souvent entre deux trapèzes.. Les personnes âgées sont les mieux couvertes, puisqu'environ 98% d'entre elles bénéficient du programme public Medicare.
Aux
États-Unis, les services de santé sont considérés comme une industrie au même titre que les entreprises commerciales plutôt que comme des services essentiels comme l'éducation où la sécurité publique. Le gouvernement américain préfère laisser ''l'industrie de la santé'' américaine au secteur privé, ne se portant responsable que des segments les plus vulnérables et les moins nantis de la population et, pour ceux-là, il est loin d'offrir la couverture gratuite et universelle des régimes canadiens
Une horreur? Pourtant, même si ce système semble une abomination à nos yeux, toutes les enquêtes réalisées aux U.S.A indiquent que, même si le gouvernement américain décidait de mettre en place un système d'assurance-santé universel, une grande partie de la population - environ 40 % - opterait pour une assurance-santé privée.
Voici donc une réponse qui je l'espère te conviendra...,
ainsi qu'à "Monsieur GilesB", qui croyant certainement la sienne beaucoup plus intelligente et instruite que ma remarque de ce matin... l'a faite supprimer par la modération... (Il est vrai que la sienne est particulièrement intéressante
pour l'étudiant en médecine que tu es et qui a du faire une grande découverte
en la lisant...


...)
Très bonne soirée à toi...