Même si moins explosive que jadis, la situation est loin d'être normalisée au
Népal. De nombreux politiques népalais croient que le climat actuel n'est pas propice à la tenue d'élections en novembre, même si tous admettent la nécessité de les tenir. Le report une première fois de ces élections a généré énormément de tensions au sein de la coalition au pouvoir il y a quelques mois.
Les Teraï au sud du pays est régulièrement secoué par des grèves et des manifestations de masse qui ont donné lieu à actes violents et ont fait plus de morts que les manifestations populaires d'avril 2006 qui ont forcé le roi à rétablir le Parlement. Les revendications des populations du Teraï ont un caractère ethnique puisqu'elles opposent les populations madhesi majoritaires dans le sud du pays, peu représentées dans les instances politiques, et les populations des collines qui exercent un rôle prépondérant dans les affaires du pays. Sans oublier les nombreuses revendications des plusieurs groupes sociaux défavorisés et certaines factions dissidentes maoïstes qui opèrent au Teraï. En outre, certains observateurs croient que les revendications du sud du pays sont encouragées et soutenues par les royalistes qui n'ont aucun intérêt à ce que se tiennent les élections pour la formation d'une Assemblée constituante, laquelle aurait pour premier mandat de statuer sur le maintien ou non de la monarchie. La situation me semble pour le moins délicate et pourrait dégénérer si le Gouvernement n'arrive pas à négocier rapidement des compromis acceptables aux différentes communautés.
Pour leur part, les maoïstes, même s'ils font partie du Gouvernement, ont annoncé leur intention d'organiser des manifestations à la grandeur du pays à l'approche des élections si la monarchie n'est pas abolie avant la tenue de celles-ci... non violentes affirment-ils ! Ce à quoi s'opposent la plupart des autres partis politiques importants. Une situation somme toute un peu compliquée et passablement volatile.
Ceci dit, on peut normalement s'attendre à ce que les principaux circuits de trekking soient passablement à l'abri des perturbations s'il venait à y en avoir. Ce fut le cas dans le passé, même en pleine guerre civile. Les Népalais, quelque soit leur allégeance politique, ne s'en sont jamais pris aux touristes, sachant tous que le tourisme est une activité économique essentielle. Plusieurs centaines de milliers de Népalais en vivent.
Conclusion personnelle : une situation présentant de nombreux impondérables, pas catastrophique mais pas idéale non plus. C'est à suivre !