En vrac, pour t'être aimable...
C'est un véritable dialogue de sourds, cette discussion.
Tu es prisonnier de tes préjugés sur tes interlocuteurs, aveuglé par le mépris à l'égard de ceux qui critiquent cette société dont tu t'es fait le panégyriste.
Tu raisonnes sur un mode binaire, te rassurant avec des équations simples, simplistes, donc fausses.
Tu vis dans une pensée des cow-boys et des indiens, des gendarmes et des voleurs. Les bons et les méchants... ; bien sûr, les bons sont
toujours du même côté, celui de la société capitaliste porteuse de valeurs universelles, quasi-abouties, dans une dynamique de progrès continu. Les méchants sont ceux qui remettent en cause cette pensée des gentils, calmement ou violemment.
Oh, j'admets, tu laisses une petite marge de progression ("
société qui bien qu'imparfaite") ; l'histoire n'est pas encore finie, merci williama pour cette petite lueur d'espoir.
Ta pensée
exclut, jusqu'au moindre argument, à la moindre réflexion critique.
Les choses sont limpides. C'est rassurant, c'est certain. Vivre avec des convictions aussi solidement enracinées doit être d'un confort hors-classe.
Tu n'hésites pas à
transformer,
déformer les propos de tes contradicteurs.
À mettre en parallèle des informations qui n'ont rien à voir les unesavec les autres.
Par exemple : quel est le lien entre les deux propositions de ton discours, "
tu avoueras qu'il est paradoxal de lire certains(e) se plaindre aujourd'hui quela police à déserter les quartiers périphériques de Strasbourg. C'étaient les mêmes qui se plaignaient avant le sommet de l'omniprésence des uniformes dans une partie du centre de Strasbourg?"
Comment crées-tu cette opposition ? Je ne vois pas le lien logique... Bigleuse en plus d'être pleurnicheuse ?
Autre exemple :faut-il rappeler le ton badin que tu employais le 4 au soir pour parler de ces dégradations ?
"hey Manue, en ouvrant les volets, j'espère que tu n'habites pas en face de l'hôtel Ibis ou de la pharmacie ou encore de l'ancien bâtiment des douanes qui ont entièrement brûlés... En tous cas j'espère que tu n'y travaillais pas! car au sinon n'hésite pas à refermer les volets, et tu peux faire une grasse mat demain 
bon ok! ok! c'est p'tit bras de ma part! J'reconnais
" - message 166 : surprenante la manière dont tu manipules les faits
)
Tu
inventes des femmes, des enfants, des bébés dans un hôtel.
Une pensée unique à toute forme d'opposition. Allez, zou, tous des anarcho-boboïdes-machin-truc-chouette (tu devrais proposer tous ces néologismes à l'Académie française).
Un
modus operandi unique : la casse, la violence, l'envie de meurtre et j'en passe.
Tu
oublies ces femmes qui sont allées protéger l'école du quartier.
Tu
refuses d'entendre les condamnations unanimes des dégradations, violences et dégâts.
Ben oui, les méchants approuvent
forcément ces actes de violence : ce sont les méchants.
Comme tu refuses la moindre critique de l'action des forces de l'ordre. Ben oui, ils sont du bon côté, celui des gentils, donc
forcément, il n'y a pas à critiquer, ce qu'ils font est
forcément bien : ce sont les gentils.
Et... tu voudrais discuter ? Mais de quoi ?
Oui, dialogue de sourds, depuis le début.
Parce qu'aux tentatives d'argumentation, qui pourraient engendrer certaines concessions d'un côté ou de l'autre, tu restes dans le discours épidictique, et attends que quelqu'un compte les points pour accorder la victoire à l'un ou l'autre camp, les gentils ou les méchants. Qui aura été le plus persuasif ?
Parce que pour toi la violence, c'est
forcément le sang, les flammes, les cendres, la mort. Un Etat policier
forcément un Etat qui exécute physiquement ses opposants.
Parce que pour moi, la violence c'est
aussi d'autres fonctionnements. Un Etat policier l'antinomie d'un Etat de droit. Mais... ça, tu ne le vois pas. Parce qu'il n'y a pas
forcément de sang, de flammes, de cendres et la mort.
Oui, bien sûr, tout cela était exceptionnel. Mais oh combien révélateur !
C'est vrai, j'oublie : par principe, ce qui adviendra sera
forcément meilleur, la démocratie est un acquis que rien ni personne ne pourra
jamais remettre en cause. La vigilance, c'est de la paranoïa. Les inquiétudes et les interrogations, des oiseaux de mauvais augures. Baissons la garde, l'avenir est
forcément radieux.
C'est émouvant,... comme ton discours.
Ich habe geschwiegen...