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Mise à jour: 02/08/2006 08:31
Nuages à l'horizon (Journal de
Montréal) Marco Fortier
Le Journal de
Montréal La mort imminente de Fidel Castro risque de plonger
Cuba dans le chaos, après un demi-siècle de règne sans partage par le leader communiste, estiment des analystes.
Le successeur désigné du lider maximo, Raul Castro, frère de Fidel, a peu de chance de résister au vent de changement qui souffle déjà dans l'île de 11 millions d'habitants, croient les experts de la question cubaine.
«Je ne vois pas comment le régime pourra survivre plus de deux ou trois ans. Et ma crainte, c'est que ça se termine très mal», affirme le politologue Jacques Lévesque, spécialiste de l'ère soviétique et auteur d'un livre sur la révolution cubaine.
«Le changement de régime risque de se passer de façon beaucoup plus dure qu'en
Europe de l'Est», ajoute le professeur de science politique à l'UQAM.
Tempête en vue Comme bien des observateurs, Jacques Lévesque est convaincu que Fidel Castro mourra des suites de son intervention chirurgicale à l'intestin. Son frère Raul a beau afficher une bonne santé à 75 ans, il fait face lui aussi à un avenir bien sombre, croit M. Lévesque.
La petite île des
Caraïbes, devenue une des destinations de vacances préférées des Québécois, s'apprête à affronter une tempête pire que tous les ouragans qui ont frappé ses plages au fil des ans.
Peu importe ce qu'il fera une fois à la tête de
Cuba, le successeur de Fidel aura la vie dure, estime Jacques Lévesque.
S'il maintient la main de fer contre les
États-Unis et contre les dissidents cubains, Raul Castro risque de provoquer un soulèvement de la population. Et s'il relâche la dictature et ouvre la porte à la démocratie, il risque d'être emporté par la vague des réformes, comme le dernier leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev, analyse Jacques Lévesque.
Leader en sursis «Le problème de Raul Castro, c'est qu'il n'a ni le charisme ni l'ambition de son frère», explique Karine Prémont, chercheuse associée à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.
«Il a toujours été quelqu'un de l'ombre. Peu connu, effacé, il soulève des doutes sur sa capacité à gouverner», précise-t-elle.
Le simple fait que Raul Castro ait évité tout conflit apparent avec son frère en plus de 47 ans de règne témoigne de son manque de personnalité et de leadership, souligne Jacques Lévesque.
Ça regarde mal pour le prochain chef, qui devra affronter une population rendue à bout par la pauvreté et l'absence de liberté, estime le spécialiste.
Les dissidents, tant parmi les habitants de l'île de
Cuba que les exilés à
Miami, sont déterminés à en finir avec le régime, souligne de son côté Karine Prémont. Les exilés sont bien organisés, bien financés et comptent sur le soutien des
États-Unis, ajoute-t-elle.
Bref, tous les éléments sont en place pour une explosion de la poudrière et pour une série de règlements de compte bien peu compatibles avec le sable, la mer et les palmiers.