On baigne dans la grisaille ces jours-ci, mais bougeotte oblige, mon esprit s'est tourné vers celle qu'on surnomme "
la Cité des cinq clochers ", connue aussi comme une des plus vieilles villes de
Belgique avec ses soeurs
Tongres et Arlon :
la jolie petite ville de Tournai .située dans le Hainaut, à un saut de la frontière française et une centaine de km de
Bruxelles.
Vous pouvez y aller de
Bruxelles. Mais si vous êtes du côté de
Mons ou
Lille, ça vaut aussi la peine de venir y passer quelques heures.
Les cinq clochers, ce sont ceux -ci,
ceux de sa cathédrale, qui allie les styles roman et gothique. Depuis le 5e siècle, elle est la troisième à être construite sur le site actuel.
Le 14 août 1999, une tornade lui a causé d'importants dégâts, et a surtout révélé un déséquilibre dangereux pour sa survie.....elle se retrouve en travaux pour probablement plusieurs décennies. Avec l'avancement des travaux, on ne peut en visiter qu'une partie à la fois. Actuellement par exemple, bien que ses vitraux soient maintenus en place, il est impossible de les apprécier, une matière opaque se trouvant derrière eux et empêchant la lumière de passer.
Tout autour, des affiches expliquent comment elle était et sera :
En la contournant, on se retrouve
place du Vieux marché aux Poteries, devant un ensemble dans les tons bleus, réalisé par Marcel Wolfers en 1936, à l'initiative de Jules Destrée, qui souhaitait promouvoir les arts en
Wallonie.
Cet ensemble est inspiré d'un tableau de
Roger de le Pasture (1399-1464, né à
Tournai), connu aussi sous le nom de Rogier van der Weyden (son nom, en Flamand).
Il représente Saint-Luc en train de peindre la Vierge à l'Enfant.
Le centre historique n'étant pas bien grand, on trouve facilement
la grand-place, triangulaire, qui se prolonge par la
rue des Maux (c'est dans cette rue qu'on rendait justice à l'époque carolingienne, d'où son nom

)
Presque entièrement détruite les 16 et 17 mai 1940 par l'aviation allemande, elle a été reconstruite en styles anciens.
Des banderoles sur les façades rappellent
les différents métiers qui étaient exercés là. On trouve ainsi la maison des Bateliers, celle des Tisserands, des Apothicaires, de la Maréchalerie, des Tanneurs, des Tapissiers, des Tailleurs d'habits, des Potiers, des Serruriers, des Drapiers, de la Maroquinerie et Ganterie, des Sculpteurs, des Orfèvres, des Charpentiers, des Laboureurs...
Les maisons reconstruites abritent maintenant d'autres commerces, surtout dans le secteur de la restauration. En été, les terrasses de restaurants occupent une grande partie de la surface, tandis que des jets d'eau sortent du sol.
Parmi les grands bâtiments reconstruits, on trouve
La Halle aux draps où depuis le 12e siècle, les marchands venaient vendre les tissus, activité très prospère de la région. Détruite plusieurs fois, par la tempête, par les armes, par les bombes, elle est maintenant un lieu d'expositions culturelles et de réceptions :
Sur la
grand-place trône une haute
statue de Christine de Lalaing , princesse d'Espinoy, qui a mené le siège de 1581. A cette époque, une grande partie des Tournaisiens étaient devenus calvinistes, au grand dam du roi catholique Philippe II d'
Espagne. En l'abscence du gouverneur de
Tournai, Pierre de Melin, le roi Philippe II envoya le général Farnèse attaquer la ville. L'épouse du gouverneur, Christine de Lalaing, lui livra une forte résistance.
L'église que l'on voit à l'arrière de la statue est
l'église Saint-Quentin. On pense que son origine est liée à l'emplacement d'un cimetière gallo-romain.
En bordure de la
Grand-Place, se trouve l
e plus ancien beffroi de Belgique, créé au 12e siècle, en pierre bleue.
On peut le visiter et grimper les 257 marches qui relient 5 étages de pièces qui servaient autrefois de prison, de tour de guêt et d'hôtel de ville.
Son carillon (qui remplace celui d'origine) sonne encore toutes les heures.
Par beau temps, on a une super vue sur la place, la cathédrale et la région. Ça vaut la peine de grimper.
(l'hôtel de ville actuel occupe une partie de l'ancienne abbaye
Saint-Martin du 11e siècle.)
Un fleuve passe à
Tournai :
l'Escaut. Il n'est pas encore fort large et on a du mal à imaginer le fleuve qu'il sera devenu en arrivant à
Anvers.
A
Tournai, on peut se promener à pied ou à vélo sur ses rives droite et gauche, et de nombreux ponts métalliques permettent de passer d'une rive à l'autre.
Depuis le 18e siècle, son tracé a été rendu rectiligne, avec des quais abrupts.
Les nouveaux ponts sont en métal, contrairement au
Pont des Trous , construit en pierres et qui date du 13e siècle. Transformé au fil des siècles, il a été re-détruit en août 2019. Le nouveau Pont-des-Trous est attendu pour 2021. Il devrait ressembler à ceci :
www.rtbf.be/...our-2021?id=10314691