Imagination ou réalité, fiction ou histoire vraie.
Tout se mêle et si les personnages ont réellement existé, si leur histoire est en partie vraie, j’ai retranscrit librement ce que Surya m’a raconté dans son anglais aussi précaire que le mien.
L’ai-je déjà posé sur vf ? Je ne le retrouve pas. Peut-être sur le petit forum que Wapiti a crée pour continuer nos histoires rocambolesques qui duraient des pages et des pages et qui n’avaient plus l’heur de plaire sur vf.
Qu’importe.
J’ai eu des nouvelles de Bavani, c’est fou la vie n’est-ce-pas ?
C’est pour cette raison que je ressors son histoire.
Je m’installe dans la rubrique -divers-, j’aime être éloignée du bruit.
Quand la maison est envahie par des cavalcades, des rires, des disputes, de musique, je vais dans la grange transformée en miellerie, il fait frais, ca sent la cire et le miel, et, dans le désordre des cadres de ruches, des hausses et des pots entassés, je me recentre.
Ici, dans -divers- personne ne vitupère, je peux laisser glisser mes doigts sur le clavier tout tranquillement.
Allez trêve de digressions.
A la fin du cahier, je vous dirai ce qu’est devenue cette petite fille.
Bavani
« Bavani, arrête de rêver, travaille »
Je rêve pas, je pense.
Ma maîtresse, c'est Surya et elle a demandé d'écrire une histoire.
Elle nous aime pas, j'ai entendu quand elle parlait à la maîtresse de la classe des petits.
Elle disait : je reste ici parce que les blancs ils payent mieux que dans les écoles du gouvernement mais c'est une honte d'enseigner aux gipsys. De la sale engeance des rues.
Je suis pas une gipsy, je suis une Narikuravar.
Grand-mère, elle m'a dit : tu vas aller dans cette école, tu vas apprendre bien l'anglais et quand tu reviendras, tu seras plus riche que les autres parce que tu mendieras mieux avec les touristes.
Grand-mère, elle fabrique des colliers et les vend, et souvent elle vend rien du tout.
Des touristes, y'en a beaucoup dans ma ville qui est Tiruvanamalai.
Avant, je vivais derrière le temple avec papa et maman. On avait notre coin et on était bien, surtout quand maman faisait cuire le riz sur le brasero. Après on se couchait et j'appuyais mon dos sur le ventre énorme de maman et que ça bougeait dedans. Un jour, maman, elle m'a dit : reste ici, je reviendrais très vite. J'ai attendu beaucoup et ni papa et ni maman sont revenus. Après beaucoup de temps, papa est venu et on est allé à Salem chez ma grand-mère qui est la maman de papa.
J'ai dit : elle est où maman ?
« Tais-toi, deux, c'était trop »
« Deux quoi. Il a pas dit »
Alors je suis allée à Salem dans la hutte de grand-mère et y'avait pas de riz et Muriga il est venu me chercher avec son minibus.
Maintenant je vis ici. On mange beaucoup de fois par jour, du riz jaune et après du riz blanc pour digérer et des œufs et des bananes.
Et il faut étudier.
Papom *
.../...
Papom : en langage commun c'est l'équivalent de -à plus-