Je continue à raconter :
Sangkhlaburi et un peu plus loin
La P Guesthouse a des chambres à 950 baths (AC) et à 250 baths (ventilo) pour les radins comme moi. C’est la guest ou tout les farangs vont, extrêmement bien située au bord du lac avec une vue magnifique. On pourrait rester des heures à regarder.
Pour mon immersion linguistique, ça ne convient pas du tout. Enfin, vu les circonstances, je n’avais pas le choix. C’est dommage, car ici, EXTRAORDINAIRE ET INEXPLICABLE : les thai parlent beaucoup mieux thai qu’à
Bangkok ! Quelques échanges se font enfin un peu moins difficilement.
Comme c’est low season, il faut se débrouiller tout seul, ca me va ; j’ai fait à pied une vingtaine de kilomètres tous les jours, je me suis perdue. Pas très original, j’ai vu les temples, et surtout le pont. Pont de bois le plus long de
Thaïlande, comme ça a déjà été dit ailleurs. Magnifique de loin, dessus, j’ai eu un peu peur en regardant entre les planches, les eaux sont très basses.
Ce qui me plait, c’est de me promener dans les rues et de regarder dans les maisons. Ce n’est pas du tout impoli, m’a-t-on dit, alors je ne me prive pas. Dehors, les femmes vaquent et discutent, les hommes, c’est plutôt la pétanque, beaucoup de vociférations, il y a aussi les passionnés d’un jeu à pions, je ne sais pas ce que c’est mais ça semble captivant. C’est très beau, ces maisons sur pilotis et les habitants s’intéressent gentiment aux farang.
Une jeune femme m’a accompagnée très longtemps, suivie elle même de trois petites filles à vélo. C’était bien joué, parce qu’elle avait une ombrelle /parapluie très utile et moi, bien sur, je n’avais rien prévu. Ici, on passe de très chaud à averse. Notre fier équipage a fait sensation et je me suis retrouvée un moment dans leur maison très simple, dans le village mon.
Le col des trois pagodes, sans vouloir casser le coup des tours opérateurs, ce qui est bien, ce n’est pas d’y être, c’est d’y aller, et pour çà, le songteo à 30 baths, c’est le mieux, on voyage avec des mamans qui allaitent leur bébés, des gens qui reviennent chargés du marché, là, il y avait un bricoleur qui avait ramené des grandes plaques découpées de bois et ça gênait un peu quand même, mais on ne va pas décourager le travailleur. La route est très, très belle et les gens qui la prennent, très touchants. Les trois pagodes sont en fait trois chedi tout à fait ordinaires, des enfants jouent au foot autour et le point de vue est sublime.
Quand je vois les contrôles perpétuels que subissent ici les Karen, je suis rétrospectivement presque gênée de l’accueil VIP que m’a fait la police thai...
J’ai beaucoup aimé cette région, la façon de sourire des gens me rappelle le
Cambodge. Ce n’est pas le fameux sourire siamois des thai, c’est celui de personnes qui en ont bavé, le visage sourit, les yeux, non.
Je suis restée là haut trois jours, et puis j’ai eu l’idée de passer à
Ganeshapark, qui est un peu plus bas sur le lac, un petit coup de fil, oui, je peux venir. Les éléphants, on est tout fier quand on est dessus mais quand on descend et qu’on voit les trois tonnes à coté de soi, on se sent devenir une petite chose ; cette rencontre avec les éléphants, dans le respect de l’animal a déjà été abondamment décrite par d’autres, je ne m’étends pas mais allez-y, surtout avec vos enfants.
Juste une minuscule réserve, le crin d’éléphant, c’est hyper irritant pour les mollets nus, je n’ose plus me montrer. Pour mon immersion linguistique, j’avoue, c’était catastrophique, mais 48 heures de francophonie, ça repose.