puisque mon excursion a
Mysore est arrivee jusqu'aux oreilles de certains forumistes qui ne parlent que d'ampoules (celles des lampes, pas celles sous les pieds

), voici un court

recit de cette escapade fort sympa. Nettoyez vos lunettes et sortez vos Kway !
Et la lumiere fut
Mysore c’est un nom qui fait rever,
Mysore c’est un palais,
Mysore c’est le bois de santal,
Mysore c’est la campagne apres la modernite d’Electronic City.
Mysore, c’est « l’excursion obligatoire » pour qui va a
Bangalore.
Mysore, ce fut ma premiere expedition il y a 4 ans deja,
Mysore ce fut la visite incontournable lors d’une trop courte semaine en janvier,
Mysore de nouveau me voila.
Pour une fois,
Mysore ce ne sera pas en tata-mobile ou ambassador chauffeur a la journee, mais en bus sur deux jours.
Et
Mysore, pour une fois, un dimanche soir.
Parce que le dimanche soir a
Mysore, et qu’une fois par semaine, et seulement 1 heure sur 168, c’est un moment unique, magique, innoubliable...
En scene, moteur, action !
Contexte : Un dimanche soir, aux alentours de 18h30
Decors : Un palace de Maharadja. Un palais immense, magnifique, orne de piliers et de portes sculptees, de murs charges de peintures, de portraits de maharadjas et leurs descendances ; un palais ou on se met a rever de la vie de princes et leurs cohortes de serviteurs, des elephants royaux, des receptions sans fin, des soies, des broderies, des mets raffines...
Fond sonore : un concert de musique indienne au pied du palais.
Acteurs : une foule d’indiens, en famille sur les pelouses autour d’un pique-nique. D’autres sur l’allee centrale, en groupes de jeunes, a papoter de tout et de rien. Des vendeurs de chips et pop-corn, de ballons de baudruche qui passent et repassent inlassablement. Une ambiance de 14 juillet, il fait bon, pas encore trop de moustiques, se poser sur l’herbe fraiche est un bonheur.
Action : Des fenetres commencent a s’allumer une par une, on pense assister a un concert de Jean Michel Jarre, mais on se trompe completement !
Les lumieres aux fenetres, ce n’est qu’un leure, histoire de faire patienter...
Que la lumiere soit...
Et la lumiere fut !
En un seul moment 97 000 lampes s’allument, le palais en face de nous prend vie, les deux temples a l’est et l’ouest voient leurs gopurams se reveler dans le ciel, les grandes barrieres derriere notre dos eclatent de luminosite. Nous sommes litteralement entoure de lumiere, de connaissance selon la religion hindoue. C’est tout simplement hallucinant, en un instant passer de l’obscurite et du calme a cette abondance de neons et l’agitation de tout le monde devant tant de merveilles.
Un 14 juillet je disais, feu d’artifice version indienne !
Etrange ensuite de retrouver le noir des rues pour retourner a l’hotel !
A
Mysore, il y a un marche ou il fait bon se promener...
On y arrive le matin tot, les etals ne sont pas encore tous ouverts. On flane en discutant avec les vendeurs d’encens, on traverse le coins aux noix de coco, puis les poudres colorees pour les pooja, puis le quartier aux fleurs en guirlandes infinies. Enfin les legumes, petits pois, lady finger, choux, carrottes, concombres. Des fruits aussi bien sur, bananes, mangues, pasteques, pommes, en pyramides bien ordonnees.
Le marche se reveille, les porteurs la tete lourdement charges slaloment jusqu'à bon port, les gamines empilent les fruits, les garcons preparent les colliers de fleurs.
Un tour, tiens, un nouveau commercant est ouvert, du vert, du jaune, du rouge, un rayon de soleil, 10 minutes a attendre que cette femme charge son panier sur la tete pour la prendre en photo. Un autre tour encore, tellement ce marche est beau, tranquille, agreable. Et un autre encore, les marchands commencent a nous connaître ! Et encore un vendeur de parfum qui nous embaume, santal sur le bras droit, jasmin sur la main gauche, rose de l’autre cote... Ca commence a faire un drole de melange sur mon corps !
Clic cet homme en train de boire un chai, clac cette femme au beau sari, clic ce monsieur en train de faire ses comptes, clac cet encens qui brule. Deja 2 heures que nous sommes la, plusieurs pellicules aussi (a deux quand meme !). Et regarde, dehors il y aussi des vendeurs de bananes, puis de mangues, puis de feuilles de tabac, puis d’oranges. Attention au velo qui passe pres de toi, recule un rickshaw veut faire sa manœuvre ! Un sourire d’une demoiselle, un regard d’un garcon...On ne s’en lasse pas, on pourrait rester une journee a regarder ce monde vivre, si simplement....
L’expedition du jour.
Pour qui n’est pas motorise, Somnatphur, ce n’est pas la porte d’a cote. Deja sortir vivant de la gare routiere de
Mysore est un exploit, vu le peu de place pour les pietons entre les bus parques dans tous les sens. Dans le premier bus on y est serre, il fait chaud, mais qu’importe !
Bannur. Il semble que tous les blancs qui s’arretent ici vont a Somnatphur, et c’est vrai ! Donc tout le monde est la pour nous aider : non ce bus n’y va pas, il va a Mandya. Celui la non plus, celui la toujours pas. 5 bus et 20 minutes plus tard. Ce bus, oui, c’est ce bus qu’il faut prendre. C’est aussi le bus que tous les gens sur la place du village veulent attraper. Commence donc une veritable foire d’empoigne pour grimper dans le bus, digne de la bourse de
New York, c’est vraiment chacun pour soi ! Normallement les femme grimpent a l’avant et les hommes a l’arriere, je comprends mieux pourquoi ! Une fois a l’interieur, debout, je n’ai pas besoin de me tenir aux barres, tellement je suis serree et coincee !
L’arrivee a Somnatphur, c’est un choc apres cette frenesie et ce monde dans le bus. Deux-trois pates de maisons, des champs a perte de vue, et ce calme ! On n’entend que les oiseaux, c’est quand meme agreable comme musique d’ambiance.
Keshava Temple, temple hoysala comme ses deux sœurs
Belur et Halebeddu, construit en 1268 sur une plateforme en forme d’etoile. Un joyau de sculptures finement travaillees, tous les murs exterieurs sont couverts de rangees de motifs : elephants, fleurs de lotus, animaux, guerriers, scenes du Ramayana et du Mahabharata. Puis au-dessus, d’innombrables versions de Vishnu, reconnaissable a ses attributs : la conque, le disque solaire et la massue. Quelque fois en presence de sa femme Lakshmi qui apporte la prosperite, d’autre fois sous la forme de Krishna un de ses avatars, parfois avec Garuda (aigle) son vehicule.
Ce temple, au milieu de ce village, en pleine campagne, c’est un havre de paix qui respire la spiritualite et la serenite de la pierre, on regarde les sculptures, toutes differentes, discernant ci et la un detail qui nous interpelle.
Et quand il faut rejoindre l’agitation des transports en commun, c’est un peu a contre-cœur, apres un petit tour dans le village, escortes des sourires des gamins (et de demande de « pen-roupies » qui vont avec...).
Pendant une heure, sur des routes de campagne, mais peut-on seulement appeler des routes ces chemins de terre et de nids de poule, je contemple le paysage, palette de rouge et de vert, discute par sourires interpose avec le chauffeur, supporte mentallement les hommes en suspension a la porte du bus que je peux observer a travers le retroviseur...
Le retour a
Bangalore est plus difficile. Il fait nuit et il pleut comme un jour de mousson en
Inde. Tous les rickshaws sont plein, tout le monde s’agglutine donc sous les abrisbus en faisant de grands signes de bras, tout le monde scrupte ces 3-roues jaunes a la recherche d’un siege de libre. Bon, ca marche pas, il faut donc changer de strategie. A l’attaque donc, sous la pluie, on marche, on fait des gestes immenses, on s’arrete aux stops, celui la, non plein, celui la alors, plein aussi, celui la, il veut pas s’arreter, on remarche encore, quete toujours infructueuse. Quand le tee-shirt est bien mouille, on peut enfin savourer ce rickshaw qui nous transporte enfin, bien que la ballade elle-même soit aussi humide, etant peu protege par une bache de fortune... A cote de nous, deux jeunes sur une moto, sac en plastique sur la tete. A chaque pause, le motard vide ses chaussures remplies a raz bord !
Vive la pluie, vive la mousson, vive l’
Inde !