... je ne suis pas dans la tête de ceux (il y en a encore) qui se comportent en "colonialistes" (à chacun de savoir dans quel esprit il y va!)... je ne peux donc parler que pour moi :
la relation à l'argent dans ce genre d'échange est réellement le dernier de mes soucis, mais elle existe, c'est vrai : nous avons besoin d'eux, ils ont besoin de nous et cette transaction se paie en argent, en menus services et bricoles que nous pouvons éventuellement leur rendre et donner (si quelqu'un trouve mieux, qu'il me fasse signe!). Rien de choquant : tout le monde et content, on a traité la question de l'argent et on peut passer à autre chose : la rencontre
elle se fait ou ne se fait pas, et il ne faut pas en attendre ce qu'elle ne peut pas nous donner, mais pour moi partager pendant 3 ou 4 semaines un moment de ma vie (ce n'est plus du tourisme), ou plus exactement de
sa vie avec un horseman ou un porteur, avec lequel nous n'avons absolument rien en commun, est une part essentielle du plaisir que l'on peut trouver dans le voyage, à côté de la découverte d'une culture, de paysages, de montagnes ou de déserts, ou de celle des populations que nous croisons, qui d'ailleurs se seraient pas aussi intenses et aussi belles si nous les faisions par nous-mêmes... dans mon esprit comme dans les images ramenées de mes voyages, les souvenirs et les paysages ne seraient ainsi pas les mêmes s'ils n'avaient été partagés de cette façon
je pense même que le vrai "toubab" est au contraire celui s'invite chez les autres, dans leur pays, pour y chercher et y prendre son plaisir d'occidental sans avoir le respect de ses hôtes, de leur mode de vie et de leurs traditions... qui n'a pas envie de "se mélanger" et qui s'imagine qu'il peut tout faire par lui-même (y compris des conneries...) que ce soit dans un souci de performance (porter soi-même son sac de 20 kgs plein de trucs inutiles à 5000 m.) ou pire encore d'économies (on en voit de plus en plus) ou "plus pire" encore les deux à la fois (j'ai les noms...)
alors, et pour répondre à ta question : tradition ou nécessité économique ?
les deux, dans la mesure où ces gens porteurs ou horsemen ne font aujourd'hui que ce qu'ont fait leur ancêtres : parcourir les routes et chemins par tous les temps pour faire du commerce, que les marchandises ne soient plus les mêmes ne change rien à l'affaire pour moi...
moi non plus je ne connais pas encore cette région (je suis plus familier du
Népal et des porteurs) mais je sais déjà que je ne ferai pas le même voyage avec ou sans horseman..., et que ce que j'apprendrai de lui et grâce à lui aura certainement plus de valeur pour moi que la somme d'argent que je lui donnerai avec plaisir... ou ce que moi j'aurai à lui apprendre